L’Éternel a pris sa palette
La chargeant de nouvelles couleurs
Quelques touches dispersées sur la terre
Et l’automne apparu soudain.
Impressions d’automne (1/4)
Amicalement Ben-Kâ
L’Éternel a pris sa palette
La chargeant de nouvelles couleurs
Quelques touches dispersées sur la terre
Et l’automne apparu soudain.
Impressions d’automne (1/4)
Amicalement Ben-Kâ
http://areaw.org/martine-rouhart-separations/
Martine Rouhart, Séparations
Publié le 21 novembre 2015 | Par Joseph
Martine Rouhart, Séparations, Ed. Dricot, 244p., 16€.
Le quatrième roman de Martine Rouhart a vraiment tout pour entraîner le lecteur et faire de sa lecture une manière d’apprentissage. Le pari est d’associer le lecteur à nombre de destins ordinaires. De lui faire partager émotions et récits de vie.
Le titre, à lui seul, renvoie à nombre de séparations, deuils, lâchages, démissions … de ses personnages principaux.
Le lecteur suit ainsi l’histoire de deux amies, Cécile et Anna, l’une Belge, l’autre Parisienne, et par incidences, celle de leur famille respective. C’est ainsi que nous entrons d’emblée dans les relations sentimentales, conjugales, amicales d’êtres attachants, de jeunes et, de parents (Guillaume, Jacques, Gabrielle, Liliane) soucieux de l’avenir parfois fragile de leurs enfants.
Par le biais d’une écriture qui doit beaucoup à la psychologie descriptive et d’une intrigue qui s’ouvre aux villes et aux décors du monde, l’auteure arrive à donner vie à des personnages bien de notre époque : on y croise l’univers d’un musicien (Robert, l’amoureux de Cécile), celui d’un médecin d’hôpital (Simon, le frère de Cécile) ; on y fait siennes les thématiques que la romancière injecte à sa fiction : le temps, la maladie d’Alzheimer, l’euthanasie…
L’on retiendra surtout ces beaux passages où l’amitié, le premier amour, la jalousie s’exercent au sein des relations. Luna (la maîtresse de Guillaume), Anna (la fille de Guillaume et Liliane), par exemple, illustrent à la perfection les tensions à l’œuvre au cœur des familles
Les destins des personnages ancrés dans la réalité du temps nous semblent dès lors proches et nous y sommes sensibles, tant la romancière réussit, au-delà des parcours croisés – au fil des divers chapitres -, à donner force et forme à ce qu’est la vie d’un être, sans cesse soumis à des séparations qui le forment ou le déforcent.
Elle a donc réussi son pari.
Philippe Leuckx
Savez vous que vous êtes une fort belle personne,
un bel homme ? Votre corps me touche rien qu'en
le contemplant, en l'imaginant ;
ma féminité est à son apogée alors !
Votre esprit est à la rencontre
à chaque instant du miens ;
ils se touchent en secret.
Ah, si nos situations personnelles
avaient été différentes, plus simples,
sans-doute vous aurais-je demandé en mariage.
Que de cheminement, d'efforts,
de maturité acquise,
de larmes, pour comprendre cette impossibilité,
l'accepter, sans pour autant renoncer à vous aimer.
Savez vous que cet amours là,
m'a appris un nouveau langage,
oh combien lumineux, chaud en même temps
qu'audacieux ; l'ascensionnel !
L'écriture.
Que mon cœur n'est que désobéissance,
pour nous, mais point indiscipliné.
Oui, discipliné il l'est,
car il ne fait qu'écouter et entendre cette
sonorité précieuse et bleue,
qu'infuse le grand silence !
Un cœur obéissant n'est-il pas déjà à moitié mort ?
Je pense à vous ce soir.
NINA
Je sors juste d'une formation qui s'est déroulée au sein du foyer de vie
où j'exerce le métier d'Aide-Médico-Psychologique depuis trois ans déjà !
Journée chargée, de 7h à 16h45 sans coupure du fait du repas thérapeutique
avec les résidents que j'accompagne au quotidien.
Je suis un tantinet "claquée", mais bon, c'était fort intéressant !
J'ai hâte de vous revoir ce vendredi après-midi, pour vous parler des inquiétudes
qui me gâchent parfois certaines de mes journées ; de l'hypocondrie un peu !
Mais lorsque je pense aux victimes des attentats qui se sont perpétrés à Paris et
à leurs proches, je considère que mes peurs sont ridicules ; en fait, j'ai peur de
mourir, de ne plus voir ma fille, Jean et vous-même : les personnes dans ma vie qui
me sont essentielles, si importantes. C'est en cela que la vie revêt un caractère "absurde".
Pourtant, je ne suis pas déprimée, ni triste : juste une peur et de l'inquiétude.
Je suis une "fille" simple et assoiffée de vie mais cette peur que tout s'arrête un jour
me frappe parfois.
Je reconnais que c'est idiot.
Je vous souhaite une agréable soirée malgré le contexte ces jours-ci difficile et tendu.
Là, je suis dans le bus, non loin des Buttes Chaumont, je regagne la Gare du Nord, c'est
plus berçant, plus reposant que le métro.
En fait, je voudrais l'éternité mais sur terre ; celle des être que j'aime aussi !
La seule pensée de ne plus contempler le sourire de ma fille, de ne plus partager l'instant
précieux auprès de mon époux, de vous, de ne plus savourer une bonne bière pression et blonde
en mangeant un jambon-beurre dans un café, m'est inconcevable !
Aimer la vie et la vouloir toujours me semble plutôt positif et en même temps risqué du fait de
sa fugacité !
Pour moi l'instant est gigantesque et la vie Minuscule : paradoxe total.
La vie est un peu "une descente en parachute" plus ou moins longue pour atterrir au sol ; j'opterais
plutôt pour un voyage en parapente, au dessus de la mer chaude, puis pour un atterrissage sur une
petite île ; des arbres, des chats et des oiseaux partout !
Des livres y pousseraient tout seuls à l'instar de fleurs indisciplinées, toutes bleues : le langage de la
terre douée d'une instinctive intelligence !
Il me semble que le "réel" meure un jour, contrairement à "l'imaginaire" ; angoissés les artiste ?
Alors ils créent .....
Bien à vous.
NINA
A LIRE : cet INTERVIEW de l'auteure de la biographie "Etienne DRIOTON, l'EGYPTE, une passion" par Marie Grillot
Il fut l'un des plus grands égyptologues du XXe siècle. Il était Chanoine honoraire de la cathédrale de Nancy. C'était un proche du roi Farouk. Il savait regarder, observer son entourage... Il avait de l'humour... Il aimait l'Egypte....
https://www.facebook.com/Égypte-actualités-423633907711768/
http://egyptophile.blogspot.fr/2015/11/michele-juret-nous-permet-de-mieux.html
Ci-dessous : Etienne Drioton et le roi Farouk à Karnak en 1937 (fonds Maimbourg)
Capucine écrit.
Sans trop de rimes, ses mots ont un rythme.
Il y en a tant qui écrivent aussi.
Chacun ses rimes, chacun sa prose.
Il y en a tant qui n'écrivent jamais,
qui portent en eux
des trésors d'imagination.
Capucine écrit.
Et parfois se dit:
A quoi bon?
Il y en a tant qui écrivent aussi.
Sur tout, sur rien.
Tout s'écrit.
Mais est-ce que tout se lit?
Il y en a tant qui ne lisent pas.
Capucine écrit.
Il y en a tant qui écrivent aussi.
Si on s'unissait pour écrire la Paix...
" Que faire donc ? " Jouis, dit la raison païenne ;
Jouis et meurs ; les dieux ne songent qu’à dormir.
- Espère seulement, répond la foi chrétienne ;
Le ciel veille sans cesse, et tu ne peux mourir. »
Entre ces deux chemins j’hésite et je m’arrête.
Je voudrais, à l’écart, suivre un plus doux sentier.
Il n’en existe pas, dit une voix secrète ;
En présence du ciel, il faut croire ou nier.
Puisque je ne puis croire aux promesses du prêtre,
Est-ce l’indifférent que je vais consulter ?
Voilà donc les débris de l’humaine science !
Et, depuis cinq mille ans qu’on a toujours douté,
Après tant de fatigue et de persévérance,
C’est là le dernier mot qui nous en est resté !
Pourquoi donc, ô Maître suprême,
As-tu créé le mal si grand,
Que la raison, la vertu même,
S’épouvantent en le voyant ? »
CREPUSCULE ...Aux épris de la paix de par le monde …Le temps semble prendre congéLes saisons déstabilisées basculent lourdementSur les récifs des continents à la dériveLa terre devient stérile in - uteroOù les animaux finissent par disparaîtreLes arbres squelettiques meurentDans la dignité de l’éphémère existenceTous crient à la damnation divine ! ! !Même l’homme se trouve démuni…*****Rien ne pointe à l’horizon du lendemainLa nuit opaque se propage furtivementComme une pieuvre géante surgie des abyssesQui prend la forme démoniaque de LuciferDe la fin du règne des fécondationsTerribles tourments et ouragansZones de turbulence et des aléas climatiquesMenacent le reste du monde standardisé*****Les prières des femmes et des enfantsDes vieillards et des arbresN’arrivent plus à fléchir la destinéeFin tragique d’un monde infernalLe refus généralisé devant nos crimesNos tueries, nos razzias, nos accrochages…Nos sentiments humains sont piétinésNos cœurs malades étouffésNos richesses convoitées et usurpéesPar les cataclysmes et les misères*****Guerres fratricides qui sèment l’épouvanteEmanations toxiques qui souillent nos poumonsMilitarisation à outrance et désertificationFrontières et territoires de la haineLe pétrole a couleur de sang et de feuDes pays ravagés par la pourriture du progrèsLa corruption touche tous les EtatsL’O.N.U. monopolisée dresse le bilanLa puissance du Veto et de la surenchère*****La négation culmine et détruit toutRésultat de la spoliation des décisionsDes peuples périssent sous les blocusHémorragiques: malédictions des EmbargosDes peuples toisent d’autres peuplesDes peuples exterminent d’autresLa loi de la jungle de la fin du siècleDe l’armement sophistiqué face aux jets de pierresDe la prosternation devant le défi de belligéranceLa rébellion manifeste les désaccordsLa foi satanique de la horde de pouvoirLa soif de vengeance se trame sans répit…*****Démonstration de force et impunitéLa pitié a quitté son misérable terroirPour débarquer hors du prisme : temps/espaceHors des spots publicitaires cathodiquesLoin des déchirures intestines et viscéralesLoin des terres incultes et désertéesLoin des hôpitaux sans médicamentsLoin des malades agonisantsLoin des écoles sans bancs, sans cahiersLoin des enseignants sans élèvesLoin des foyers sans chaleur, sans nourritureLoin des berceaux des enfants sans soinsLoin des mères qui crient à la désolationEt du crépuscule de la fraternitéLa convivialité : mot déracinéDe l’arbre généalogique des hommes…*****Partout le monde devient un kaléidoscope automatiséLe constat du règne de l’individu robotiséProgrammé à l’échelle des Etats satellitesSe meut dans l’insolence de la désintégrationProcès du terrorisme des Etats et des bombardementsParoxysme de la barbarie et de la violenceTéléguidée par la suprématie des mains de veloursLe déclin des civilisations s’accumule Dans le coma des avocats désarmés…*****Liberté, droit à la parole, droit à la vieDroit humain… : rien que des motsDans le parloir des geôles des EtatsMascarade des jugements fantômesTout baigne dans l’arrière – scèneDe la spectaculaire déambulation oratoireSous les feux des caméras visibles et invisiblesTout rampe dans la moiteur et la peurFace aux dictateurs… régénérés… © Kacem LOUBAYMardi 15 Décembre 1998Khénifra / MarocLoubay_k@yahoo.frLe poète de l’autre rive
Enfant, j’ai égaré ma fée
J’ai inventé un autre jeu.
Et j’ai aimé mon invention
Depuis que d’autres jeux j’ai inventés !
A vingt ans, j’ai inventé un jeu fou
A trente, un jeu-rêve
A quarante, un jeu d’Or.
Mais à cinquante, qui ne le sait ?!, commence la vie !
Alors je me suis mise à jouer,
Après avoir cru l’avoir inventé
seule et avec l’autre, le jeu-vie !
Loin du miroir, loin du temps,
Importe peu la fresque en rides
Et la lactescence de ma noire chevelure !
Puisque au détour d’une cavale
S’est posé dans ma paume l’amour
Epervier à ses heures
Et, au crépuscule, troubadour
Qui vadrouille de souvenir en souvenir
Son jeu-vie de chaque jour.
Scribe quinquagénaire à la plume nerveuse
Je joue à la marelle des mots
Voguant parmi les éternelles marées et rivages
Semant dans leur limon la question du verbe!
Et puis j’attends…
Ici, les gerbes en or font de la vie une fable
Là, poèmes et légendes
Suturés de silences et de refrains
Ondes marines et de labour
Qui font sur ma peau brune
Couleur de datte mûre
Courir de tièdes frissons.
Même l’aurore ne distingue plus
Si la fillette au regard coquin
Rêve encore ou la folie l’a emportée
Au loin se lève le cri de la marée
Ramenant l’enfant qui joue
A la rive de la réalité
Mais comme si ne se souciant de rien
Au loin, et je la vois !,
Ma fée entame sa résurrection !
Monia Boulila
Un brouillard surprenant
une aquarelle d'Adyne Gohy
a inspiré
En Champagne
un poème
de
Raymond Martin
Solitude des amours mortes des ceps rabougris sous le manteau brumeux de l’oubli.
Envol de croassements lugubres et massifs au-dessus de la terre Palatine.
L’horizon dessine des êtres difformes qui s’évanouissent sous l’aube violine et frémissante.
Le chevalier poète à la rose, hante-t-il encore de nos jours cette terre crayeuse, généreuse ?
Voit-on encore des traces de ses valeureux destriers caparaçonnés d’un drap de Damas ?
Entendons-nous encore les murmures de ses vers enflammés pour la Dame de Castille ?
« L’autre matin, entre un bois et un verger, une bergère j’ai trouvé. Pour se distraire,
Elle chantait une chanson de printemps : « Ici le mal d’amour me tient. »
Je m’empresse aussitôt pour écouter son chant, et lui dis sans délais :
« Belle, Dieu vous donne le bonjour ! »
Aussitôt et sans hésiter, elle me rendit mon salut.
Elle avait de la fraîcheur et de belles couleurs.
Et j’eus envie de l’aborder :
« Belle, si vous m’aimez, vous aurez de moi riche toilette.
Elle me répond - Mensonge !
Les chevaliers sont des menteurs !
J’aime mieux Perrin, mon berger
Qu’un gentilhomme menteur !....... »
Amour m’aura livré maints durs assauts.
Chanson, va vite et le cœur léger,
Et salue mes gens de Champagne.
Cette noble terre de souvenirs toujours palpables, en éternel devenir rayonne en Majesté.
Son terroir généreux offre à celui qui ose souffrir la juste récompense, mais tant attendue.
Une léthargie semble habiter le sol, qui ne demande qu’un coup de soc pour renaître.
Tout semble désordonné en ce tableau un peu désœuvré des ceps dépourvus de sarments.
Le temps passe mais son œuvre offrira : Emeraudes et rubis à ces ceps régénérés.
La dextérité de l’homme sera récompensée par un breuvage tout en finesse et fraîcheur.
Raymond Martin
Inspiré par une aquarelle de : Adyne Gohy.
Merci à Thibaut IV de Champagne pour ses vers courtois.
Juin 2015.
Un partenariat d'
Arts
Votre ombre tombe avec légèreté,
sur le soleil que j'ai de vous toujours ;
Mon visage est un ciel me disiez-vous,
a une mémoire fabuleuse
et ressent sur lui encore le butinage
de vos baisers "orangeade",
puis aussi vos yeux posés sur lui,
avec l'aisance infiniment libre,
des oiseaux bleus de voyage.
Il est midi, Je reviens de la plage,
les cheveux en bataille, aussi roux qu'autrefois,
le corps en vrac, écrin de vous toujours,
et mon cœur s'émerveille et s'affole
de vous aimer encore,
avec cette force inouïe,
à l'instar d'une amoureuse débutante ;
grâce à vous, plus riche qu'un bijoutier de la
Place Vendôme mon cœur est devenu !
Dedans bruissent, tous les instants traversés ensemble,
les souvenirs de nous, nos éclats de rires mêlés,
nos chagrins parfois partagés ;
le plus précieux de l'existence !
NINA
Anne-Michèle Hamesse à Martine Rouhart
1 min · Région de Bruxelles-Capitale ·
"Séparations"
Editions Dricot, 2015
Martine Rouhart
Fiction et réalité s’enchevêtrent savamment dans ce roman très attachant de Martine Rouhart.
On s’y sent tout de suite en connivence avec l’auteur et ses personnages. Des thèmes universels, les abandons, les ruptures, la fin de l’amour sont évoqués ici tout en nuances, les émotions sont vraies, on les ressent profondément.
Car c’est de notre existence même qu’il est question, déclinée ici par le biais de ces tranches de vie empruntées à l’un ou à l’autre et qui toutes entrent en résonance avec nos propres expériences, nous avons tous plus ou moins enduré certaines épreuves que ce roman raconte
L’écriture de Martine Rouhart emprunte beaucoup à la vie, elle s’adonne avec passion à l’écriture qui lui offre des milliers de double vies à portée de mains.
Ces autres vies, autant de cadeaux pour le lecteur, des bonheurs d’écriture qu’il emporte avec lui comme des trésors.
Ainsi ces : "il ne lui avait rien laissé que son absence" et autres "des centaines d’anges passèrent" ou ce "il quitta le salon emmenant la lumière avec lui" ou encore, mais il y en a tant et tant : "les plaisirs bariolés de la Méditerranée"…."les grands silences blancs de la montagne"…
Tous les arts se rejoignent, ainsi un bon tableau donne l’envie d’y entrer pour s’y promener, de même "Séparations" nous entraîne dans une balade d’émotions cernée de beaux paysages, vous parcourez ces pages comme on remonte la mémoire, émus de reconnaître des sentiments éprouvés dans le passé et qui ressurgissent au fil des pages.
Dans les décors du livre vous êtes chez vous, vous respirez des senteurs oubliées il y a quelque chose de proustien dans ce temps perdu qui défile et pourtant l’écriture est simple, dépouillée d’artifices, la petite musique de Sagan n’est pas loin, cette tristesse douce qui baigne les histoires de toutes nos histoires
Il y avait un défi à écrire un tel roman à la construction rigoureuse, puzzle à la mécanique minutieuse où chaque pièce compte, avec une acuité d’observation sans faille, des similitudes troublantes, des facettes innombrables.
Un pari gagné sans nul doute.
Car tout ce savoir-faire n’empêche jamais l’émotion de déborder des pages.
Par quelle magie ? C’est tout simplement ce qui s’appelle le talent.
Anne-Michèle Hamesse
Novembre 2015
DECADENCE …Réveille-toi mon ami de ta torpeurLe rêve ne mène nulle partVois-tu, le monde fléchitIl se cabre comme un chevalLaisse tes yeux reprendre leur siègeDerrière des orbites exiléesTon regard doit franchirL'hécatombe de la guerreLes bombes à fragmentationsDélivrées des avions fantômes*****De la nourriture prescriteDe l'ordonnance des ONG et ConsortsDe l'UNICEF, FAO, CROISSANT ROUGECROIX ROUGE et INSTANCES HUMANITAIRESEt de toutes les Branches PacifistesSont descendues sans parachuteA tous ces ultimes Damnés de la TERRE*****Les parias des civilisationsL'overdose du meurtre collectifProgrammées à distanceRappel du Mythe de la PuissanceDe la jouissance de tous les dramesEt le sang / symboleAu lieu de suivre les artères, les veinesDes corps en suspension éternelleDe la verticalité de la forme initialeSemblent survivre dans toutes les positionsEloignés de la façon la plus brutalePour se déverser partoutAuprès des cadavres, des mutilés*****Que dit le rêve au rêveDe l'illusion de l'utopie de la fraternité moderneLe monde vit d'écartement, de rébellionsLors de la flagellation des peuplesPar les forces obscuresDes psychopathes en EtatDe Liberté inconditionnelleEcris homme des ténèbresL'histoire récente et tragiqueDe tous les systèmes d'agressionsDe répressions des autres peuplesSigne de tes mains qui tremblentLa décadence de L'Homme Contemporain. © kacem loubayDimanche 28 Octobre 2001Khénifra / Maroc loubay_k@yahoo.frLe poète de l’autre rive
Il pleut sans discernement
Sans élégance, sans parfum...
Il pleut sans pudeur, bêtement
Et même l'espoir est défunt!
Il pleut!
Des bruines d'antan me souviens
Légères et pénétrantes
Faisant chanter le matin
Avant que nos lèvres mentent...
Il pleut!
Y a eu des jours d'orage
Qui soulagent les tensions
Qui même au bout de leur rage
Nous ramènent à la raison!
Il pleut!
Une envie de cheveux mouillés
Un désir de plonger nue
De manger des œufs brouillés
De se sentir éperdue...
Il pleut!
Besoin de fermer les yeux
De retrouver les saveurs
Qu'on éprouve quand on est deux
Quand la pluie... c'est du bonheur!
Il pleut!
Je me fous de la météo
Demain le ciel sera bleu
Et ce moral à zéro
Calmement y mettre le feu...
J.G.
C'est le dernier né des livres de Rébecca Terniak.
Texte de Rébecca Terniak
Divers poésies et chants
Aquarelles de Michèle Pouilly
40 pages couleur dont 20 aquarelles originales,
format 240 x 240 mm
Ed. La Lyre d’Alizé, juillet 2015
Novoprint Juillet 2015 - 22 €
Pour enfants jusqu’à 12 ans et familles
Propos
Sans laisser de trace apparente
Un ver, qui entré dans un fruit
S'en est nourri et puis a fui,
Laisse une substance écoeurante.
Ses dégâts ne sont pas tragiques.
Il n'a pas craché de venin.
Le gourmand ne met pas la main
Sur des fruits voisins identiques.
La contagion existe bien.
Il faut changer des habitudes
Et acquérir des certitudes.
Ce que l'on croit ne prouve rien.
À craindre, le présent contraint.
Est arrivé l'imprévisible;
Une folie irrésistible
Guide les êtres qu'elle atteint.
Les simples d'esprit vulnérables,
Lors de lavages de cerveaux,
Accueillent des projets nouveaux
D'une violence insoupçonnable.
Prudence dans la bergerie!
Des justes certes clairvoyants,
Des soldats armés jusqu'aux dents,
Unis, guettent la barbarie.
18 novembre 2015
Émerveillement et bonheur,
Un attendrissant coup de coeur!
Face à une immense sculpture
Ma joyeuse émotion perdure.
Une oeuvre de bronze et de cuivre
Or subrepticement y vibre
L'énergie qui donne la vie.
Je médite l'âme ravie.
La splendeur est indescriptible
Or la révéler est possible.
Les photos au pouvoir secret
Restituent la réalité.
17 novembre 2015
Ce lundi 16 novembre 2015, à 8.20h en entrant en classe, je savais que rien ne serait jamais plus comme avant.
Nous avons immédiatement abordé le sujet avec les élèves dans toutes les classes et à tous niveaux. C'était une demande des élèves, traumatisés, quel que soit leur âge ( de 12 à 20 ans). Les profs qui n'étaient pas capables de répondre à leurs attentes n'en ont pas parlé, en revanche tous ceux qui étaient disposés à le faire l'ont fait, sinon il aurait été impossible de donner cours. Répondre aux questions posées par les elèves, dédramatiser, rectifier l'info, rendre l'espoir, mettre du baume au coeur. Ils m’ont demandé pour faire un dessin, aux couleurs de la France, avec les mots paix, amour; liberté etc...Ils feront l'objet d'un immense panneau qui sera exposé dans un endroit clé de l'école, et notre sapin de Noël de 3m dans la cour sera cette année aux trois couleurs de la France et orné de mots et de colombes blanches...ce qu'ils ont décidé. Oui, l'école est de nos jours le repère face aux dérives de la société et du monde. Plus que jamais, nous les enseignants avons la mission d'éducation, alors que les familles souvent démissionnent. Mes élèves sont de plus de 30 nationalités différentes, de confessions différentes, c'est une richesse, il faut la protéger.
Ce mardi 17 novembre 2015, en rentrant à 17h.
Je n'en puis plus de lire des statuts haineux, d'entendre des imbécilités, de lutter contre les amalgames. Je me retrouve comme le 12 septembre 2001, à décortiquer avec mes élèves les événements de la veille, à remettre les pendules à l'heure, à panser les plaies d'une jeunesse effrayée, abasourdie par les propos tenus un peu partout sur les réseaux sociaux, dont ils sont friands, dont ils ne mesurent pas encore les dommages qu'ils peuvent causer, dont ils se servaient jusque là pour partager leur petit monde d'adolescents "bisounours". La jeunesse s'est réveillée avec une gueule de bois et elle souffre. Beaucoup de mes élèves sont de confession musulmane. Ils sont salis, choqués, leurs valeurs sont aussi bafouées que celles du citoyen à l'arbre généalogique celte, gaulois, ménapien, nervien, aduatique ou burgonde. L'école reste le dernier rempart contre les amalgames, par l'éducation qu'elle dispense et promeut, elle reste garante de la liberté et de la démocratie. La bête s'est exprimée aujourd'hui devant moi. Je l'ai trucidée et continuerai encore et toujours.
Ce mardi 24novembre 2015, voici les premiers dessins !
La Palestine fait toujours son apparition, et je ne censure pas, mais relie aux événements tout le symbole d'une lutte universelle pour la paix . Les mots Pray et For sont aux couleurs de la France et de la Belgique.
Tout réside dans la tolérance.
Il s’agit d’u roman de l'abbé Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795), publié 1788.
L'abbé Jean-Jacques Barthélemy était fort savant. Numismate, historien, linguiste, connaissant à peu près tout ce qui se pouvait connaître en son temps sur le monde antique, il travailla durant trente ans au Voyage du jeune Anacharsis, qui recueillit un énorme succès, et connut maintes rééditions et traductions.
L'ouvrage est précédé d'une longue "Introduction au voyage de la Grèce", où toute l'histoire grecque, depuis l'"état sauvage et les colonies orientales" jusqu'à la prise d'Athènes, est retracée. Le jeune Scythe Anacharsis quitte son pays (chap. 1). Il traverse Byzance, Lesbos, l'Eubée, Thèbes, où il voit Épaminondas et Philippe de Macédoine (2-5). Il gagne Athènes (6-7), puis Corinthe (9). Athènes est longuement décrite: sa constitution, ses fêtes, l'éducation qu'y reçoivent les enfants (11-26). Puis c'est la Thessalie (35), l'Épire (36), l'Élide et la Messénie (38-40), la Laconie et Sparte (42-51), la légendaire Arcadie (52), l'Argolide (53). On revient à Athènes (55-59 et 65-67). On évoque les affaires de Sicile (60), les mystères d'Éleusis (68), le théâtre grec (69-71), Rhodes, Samos, Délos (73-79). Tout s'achève à Chéronée: la Grèce est vaincue, puis Alexandre succède à Philippe; Anacharsis regagne sa Scythie natale (82).
Ce Voyage témoigne d'une extraordinaire érudition. A preuve toutes les notes accumulées à chaque page, qui indiquent les sources de chacun des détails de la narration, et les longues tables chronologiques, qui suivent et justifient l'ouvrage. Barthélemy a voulu tout dire sur le monde grec de 363 à 337 avant JC. Comme plus tard les auteurs du Tour de France de deux enfants, il a oeuvré pour que ces connaissances fussent présentées de façon riante, englobées et entraînées dans une fiction comparable à un roman. La composition est d'ailleurs assez subtile, les passages didactiques ("la Bibliothèque d'un Athénien") étant divisés en plusieurs morceaux isolés les uns des autres. L'auteur a choisi un Scythe, pareil aux Siamois de Dufresny, aux Persans de Montesquieu, à tous ces Hurons qui découvraient la France dans les contes des Philosophes. Il a tenté de conduire à une philosophie, proche de celle de Rousseau. Les Arcadiens sont purs et valeureux; Anacharsis, à la fin, est écoeuré de voir la liberté grecque expirer sous les coups des rois de Macédoine: "Je revins en Scythie, affirme-t-il, dépouillé des préjugés qui m'en avaient rendu le séjour odieux [...]. Dans ma jeunesse, je cherchai le bonheur chez les nations éclairées; dans un âge plus avancé, j'ai trouvé le repos chez un peuple qui ne connaît que les biens de la nature."
Avec toute cette science, avec ces habiletés et ces ambitions, Barthélemy nous a donné une oeuvre un peu languissante. Son héros n'a guère de consistance; il ne connaît aucune aventure personnelle; il va d'un lieu à l'autre, comme un touriste qui aurait son guide à la main. Le style est euphonique, bien cadencé, mais il manque de couleur et de concret; on accumule les adjectifs stéréotypés: les poètes sont "excellents", les villes "opulentes", et "riches" les moissons. Nous sommes bien loin, malgré les apparences, de la magie et de la profondeur du Télémaque. Il n'en reste pas moins que ce livre a beaucoup fait pour le "retour à l'antique" au temps de Louis XVI et de la Révolution, et a donné à une ou deux générations une image nouvelle de la Grèce, bien différente de celles que Ronsard, Racine ou Fénelon avaient proposées.
Quand tout est détruit, cassé et qu’il ne reste que des larmes, des cris de douleur, des corps sans vie. Le monde s’éveille et quitte son insouciance, son indifférence. Il lui faut du sang pour bouger, se secouer. Le sang des innocents sacrifiés sur les trottoirs, les terrasses de la ville. Nous sommes en France, à Paris.
Des slogans, des pancartes s’élèvent, se hissent et rappellent à tous, les mêmes évènements, les mêmes paroles « plus jamais ça » « Je suis Charlie » « Je suis Paris. »
Dans une douleur apocalyptique commence le ballet des sirènes hurlantes, des lumières clignotantes et des hommes en blanc qui courent. Le temps est précieux et sollicite des efforts inhumains. Le rouge du sang des innocents baigne tout. Des gémissements, des cris, des sanglots, des soubresauts se font entendre. Les secours sont enfin arrivés. Combien de minutes pour un geste sauveur. Le temps prend une toute autre dimension couché sur le sol froid d’une mort annoncée.
Dans la solennité des lieux, des hommes et femmes survivent à l’indicible, à la tuerie. Instant d’indulgence du hasard, ils sont là, respirent dans cette masse de corps couchés. L’horreur se délecte de ce moment. Le monde, transformé en haine par des bras armés de mitraillettes, de fusils, pleure.
Qui justifie un tel carnage ? La perte d’amis, de frères, de sœurs en pleine fleur de l’âge à la terrasse d’un café ou dans un dancing. Miroir potache, ébauche factice qui détruit des vies à un concert ou un match de foot ? C’est notre vie.
La folie toujours plus barbare de certains lâches. Des commanditaires crépusculaires, sanguinaires, qui à l’abri des balles, tuent par délégation.
Les souffrances se sont rependues dans la ville, et en quelques minutes dans le monde. La technologie moderne transmet les cris d’horreur et les images macabres. Les cœurs se serrent, les larmes coulent. Et le doute s’installe. Pour certains, le besoin de savoir est plus fort. Un course folle s’engage et si et si…
Et chacun compte les siens pour se rassurer. Un Sms tinte et tout rentre dans l’ordre. Mais pour d’autres, c’est le silence, lourd, pesant, étouffant. Il faut vivre avec l’espoir encore un moment. Un coup de téléphone et l’attente prend fin. Ils cherchent toujours, affolés, à se détacher de l’inévitable. Ils sont anéantis. Les heures passent et l’espoir disparaît. Ceux que l’on cherche avec amour ne donneront plus jamais de nouvelles.
Aux bords des trottoirs se groupent, se rassemblent des personnes étranges, livides, aux yeux rougis, témoins indispensables pour l’histoire. Ils seront les voix contre l’oubli. Devant ce carnage, ils souffrent, éprouvent compassion, sympathie, humanité.
Et le ballet reprend en sens inverse, les sirènes retentissent, bruyantes, assourdissantes et les véhicules emmènent les vivants dans les hôpitaux. Ce sont des blessés de guerre qui arrivent aux urgences. Une guerre qui ne les concerne pas.
Le temps s’est arrêté sur l’aiguille de l’incompréhension. Comme à l’aube du premier jour, le temps, figé dans nos esprits, accueille les premiers balbutiements de nos réflexions. Ceux-ci grandiront et ébaucheront avec intelligence une solution. Nous honorerons nos morts dans la dignité et leurs sacrifices ne seront pas vains.