Nos enfants sont nos procurations. Nous n'ignorons pas, arrivés à l'âge adulte que notre existence est courte. A voir défiler les décennies nos prises de conscience se font de plus en plus réelles quant à ce sujet. Arrivés à l'âge de vingt ans, souvenons-nous quelle fut notre surprise avouée d'y être déjà ! Alors la nature, une nouvelle fois, ne nous a pas abandonné. Détentrice de tous les miracles elle nous a permis de gagner du temps, de revenir en arrière même, de réaliser ce que nous n'avons pu nous-mêmes réaliser faute d'audace suffisante ou de manque d'adresse. Elle nous a communiqué la clé de l'énigme : les enfants. Les enfants d'abord, puis les petits enfants plus tard mais d'abord les enfants. Ces derniers sont les porteurs de nos rêves les plus fous. Ils deviendront médecins au service de l'humanité souffrante, juges pour punir les bandits, policiers pour stopper les voleurs, avocats pour défendre la veuve et l'orphelin, même pompiers pour gravir d'immenses échelles et vaincre nos vertiges clairement assumés. Nous veillerons à ce qu'ils soient beaux et bons afin qu'ils plaisent, comprenant que nous-mêmes plaisons de moins en moins, devinant que la nature faisant si bien les choses assure de ce côté ce roulement nécessaire. Nos enfants sont nos procurations. Ils deviendront la suite de nous, portant ce message sans cesse renouvelé : " travaille bien et tu réussiras ! ". Tu réussiras ce que je n'ai pas réussi, ce que je n'ai pas compris, ce que je n'ai pas eu le temps, ce qui m'a égaré, ce que j'espère tu vaincras pour devenir ce grand personnage que j'eusse aimé devenir. Tu es ma procuration et ma signature.
Et pour ceux qui n'ont pas désiré connaître la magie du fil conducteur ou ayant été empêchés ou que ce fil se soit dramatiquement rompu, il leur reste à poser le regard sur tant d'yeux abandonnés qui ne demandent eux aussi qu'à réussir leur chemin.
Toutes les publications (16063)
Lettre à ma Muse !
Ô Muse !
En des zones insondables, ma poésie navigue,
Elle erre en des endroits où chavire mon coeur !
De l'ombre à la lumière, en des jeux de couleur,
Jets d'eau ou claires fontaines, elle irrigue,
Mes routes insensées.
Entre les murs de l'âme, existent des émotions,
Où l'esprit se recueille au fronton des silences !
Où les mots n'ont plus sens et n'ont plus de raison,
Car l'Être devient juge en son âme et conscience,
Dans la sérénité.
En des silences infinis, il est des sensations,
Que les rimes poétiques n'atteindront jamais !
La caresse des yeux, la douceur d'un baiser,
Le parcours d'une main que procure le frisson,
Qui rime avec aimer.
Ô Muse !
Lorsque deux coeurs battent à l'unisson,
Nul besoin de le dire, il suffit de s'aimer !
Nul besoin de poème, ni peinture, ni chansons,
Un chant d'amour unique ne meurre jamais,
Il dure l'éternité.
Ô Muse !
Aux confins de l'esprit est un endroit magique,
Où l'amour est silence entre les murs de l'âme,
Image symbolique sans rimes poétiques,
Où pénètre deux coeurs possédant le Sésame,
Dont toi seule a la clé.
José Delattre. 08/11/2017.
Texte protégé
https://i.pinimg.com/originals/ae/0e/63/ae0e63727125d8f371f874c4874ed7c1.jpg
Rendirent nos saisons heureuses,
Des êtres qui nous étaient chers.
Ne sont plus dans cet univers.
Certaines lois sont odieuses.
La douleur devient supportable.
Le soulagement est permis.
De trouver de nouveaux amis,
Des procédés rendent capable.
Le réel certes s'impose,
Oblige à faire des efforts,
Bien trop souvent, cause des torts.
Le virtuel offre, propose.
La solitude accueillante
Laisse la joie l'ensoleiller.
Tout partage tient éveillé,
Crée une énergie stimulante.
9 novembre 2017
Une jolie beauté,
Telle une guerrière,
Bien camouflée,
En peinture de guerre.
Dénaturée, peut-être bien !
Elle cache sa force, c'est un besoin,
Derrière un masque, ne montre rien.
Ses couleurs, elle en prend soin,
Derrière, comme un présent,
Se cache un cœur doux et tendre,
Sur lequel, elle ne veut s’épandre.
N’est pas là où l’on croit, la vraie beauté,
Pour se protéger, cette finalité,
Se cacher est devenu fatalité,
Voire même une nécessité...
Derrière cette incroyable sculpture,
Se trouve la plus gentille créature,
N’en appelle en votre âme & conscience,
Il faudra creuser et prendre patience !
Avant de cerner cette perle rare,
Celle qui vous fascine du regard,
Quand la confiance sera gagnée,
Le masque alors pourra tomber !
Seuls tes vrais amis brûlent leur masque pour toi
(Julien Puri - Marseille, 2000)
Delattre L. © LouMiss 07.11.16
Image du Net
Texte protégé à découvrir sur le blog https://loumissangelpoesie.blogspot.be/2016/11/apparence.html
Sur une branche
Assez étrange
J'ai accroché
Toutes mes pensées
J'ai déposé
Le cœur léger
Toutes ces idées
Tristes et parfumées
En accroche-cœur
Porte bonheur
Elles se balancent
Avec élégance
La délivrance
A de l'importance
A cœur ouvert
Dans cet univers
Je confie ma vie
Dans mes poésies
Et c'est à cœur joie
Sans apparat
Que ma plume voyage
Au gré de vos pages
Le cœur sur la main
Aujourd'hui et demain
Mes messages carmin
Croisent vos chemins
Est-ce mon destin ?
Là-haut sur cette branche
Comme une évidence
Mon cœur balance
Au gré du temps
Sans importance
Désormais je sais
Toute la beauté
De la sérénité
Et le cœur Net
En vague à l'âme
Je laisse ma trame
Vous conter fleurette
Qu'il soit léger
Ou bien trop serré
Mon cœur d’artichaut
De l'intuition à l'émotion
Vous porte au chaud
De ses pensées tendresses
Il vous caresse
Laurence D. © LouMiss 12.07.17
Image du Net
Texte protégé à découvrir sur blog http://loumisspensees.blogspot.be/2017/07/mon-cur-exponentiel.html
Celles ou ceux qui sont intéressés (ées) peuvent me contacter sur ma page ou en commentaire sur ce billet. Je leur enverrai l'imprimé de souscription.
Liens à consulter : https://www.youtube.com/user/annedavid89
et aussi : http://artsrtlettres.ning.com/profile/ANNEDAVID
et bien sûr : https://www.facebook.com/LACHANTEUSEDU89/
Quand la dernière feuille sera tombée
Au pied de son arbre, assassinée
Et que ce dernier sera tronçonné
Pour en faire les ultimes papiers
Quand le poumon suprême de l'humanité
Aura été irrémédiablement condamné
A expirer son absolu et irrévocable soupir
Laissant crayons et pages blanches en souvenirs
Quand l'homme de ses mains noircies
Rédigera ses mots et maux sur ces pages
Expiant les péchés et le naufrage de toutes ces vies
En avouant ces vérités et mensonges qu'il cache
Et enfin quand la dernière mine sera usée
Dévoilant tous ces aveux confessés
Sur cette oeuvre, déballage de fatales décisions
Tel un sacrilège, un blasphème à la création !
Avant de refermer l'ouvrage
Comme pour la rémission de nos âmes
Ecrit, sur le feuillet final
En lettres de sang...
Mea-Culpa !
Delattre L.© LouMiss 23.04.17
Image du Net signée
Texte protégé à découvrir sur le blog https://loumissangelpoesie.blogspot.be/2017/04/le-dernier-livre.html
Afin de tomber en sommeil,
Je chantonne une berceuse,
Emplie des mots d'une amoureuse
Dont le rêve reste pareil.
Les sons créent un immense espace.
Ils me mènent en un ailleurs.
J'y éprouve des coups de coeur,
Participe à ce qui se passe.
Des personnes autour de moi,
Des proches, des amis, sans doute,
M'accueillent pour un bout de route.
Certains me causent des émois.
Je vis, en étant endormie.
Me sont attribués des rôles.
Je les trouve plus ou moins drôles,
Ne peux les jouer à demi.
Ô l'énergie de l'existence!
De la nuit à un nouveau jour,
C'est l'incessant aller-retour.
Me rend sereine le silence
.
7 novembre 2017
De tant de gris de noir et de mélancolie
Le coeur se lasse
J'ai voulu repeindre le ciel en bleu
Et me suis trompée de saison
Que le ciel me pardonne
AA
Il s'étire
Baille l'ennui
Le corps lévitant
Ceinturé de brume
Il vole
Avec une merveilleuse élasticité
D'un détonant tourbillon
Il se projette hors du temps
Et frôle les limites de la vie
Lumière de la nuit
Pour connaître la nuit il faut avoir vu le jour et sa vie,
Et enfin le soir qui en est la porte d'entrée.
Comme tout naturellement la brillante lueur qui naît
Se voit-elle aller, paraît-il, vers un peu moins d'énergie !
Mais la nuit n'est pas un grand trou noir
Où il faudrait craindre d'y voir.
Ou encore y passer le clair de son temps à dormir,
Tirer les rideaux, fermer les volets pour ne rien voir venir.
Non, la nuit existe pour les curieux, les inquiets, les penseurs,
Voyant en le sommeil une perte de temps,
Sans oublier d'heureux" fêtards qui grillent les heures
Comme des pétards qui claquent à tout vents.
Mais ceux-là ont encore beaucoup à apprendre de la nuit,
Ils se trompent d'heure, le manteau nocturne n'est pas pour eux.
Qu'ils entendent la chouette qui hulule, voient la biche qui se hasarde sans bruit
Ou le hérisson qui ose enfin ouvrir les yeux !
Car le silence sous la voûte étoilée, l'orage, les nuages noirs
N'ont de pareils que lorsque le voile de la nuit est tiré.
Et nos sens apaisés des aléas et du temps creusé
Font de la nuit un refuge serein qui ressemble à l'espoir.
"Nuit blanche"
"Dans la tiédeur de la nuit"
"Nuit"
La nuit ne s’endort jamais,
elle écoute nos pensées
berce nos rêves
nous ouvre les yeux
Elle parle tout bas
dehors dans le noir
aux choses invisibles
qui lui répondent,
allume le ciel,
éveille l'eau dormante,
soulève des fantômes,
fait bouger les ombres
La nuit avance pas-à-pas,
ensommeillée,
au petit matin
ce n’est pas le jour qui vient
c’est elle qui s’en va
Martine Rouhart
"Ciel coloré de la nuit"
"Une ville la nuit"
En hommage à un poète Arts & Lettres
ayant généreusement contribué à l'aventure "Partenariats"
"Quand revient la nuit"
"Nuit sur la Sérénissime"
"Jour et nuit je pense à toi"
"Lumière dans la nuit"
Haïkus
Je ne peux dormir,
Douillettement dans mon lit
Je pars en voyage.
...
Mon guide me mène,
Ouvre les portes fermées,
A toutes les clés.
...
Mon ami arrive
Il va jouer du violon.
Ma joie est immense.
...
J’écoute ravie;
Des airs de valses m'enchantent
Mon âme s’endort.
...
24 mai 2009
"Nocturne"
"Minuit sur la Seine de Paris"
Un partenariat
Arts
Lettres
Il est une fée des chansons.
C'est une muse enchanteresse.
Elle engendre émois et tendresse.
Je voudrais des perles de sons.
C'est une muse enchanteresse.
Les âmes vibrent, à l'unisson.
Je voudrais des perles de sons,
Toute pluie lave la tristesse.
Les âmes vibrent à l'unisson
Lors passe un courant d'allégresse.
Toute pluie lave la tristesse.
Viendra une riche moisson.
Lors passe un courant d'allégresse,
D'espoir, d'énergisants frissons.
Viendra une riche moisson.
Le temps s'émaillera de sons.
15/1/2004
Je suis et serai toujours surpris des chaînes librement consenties que portent en général "les gens " et vous rassure en faire partie pour ne choquer personne ! Dans bien des domaines. Vivre avec la même personne toute sa vie, lui infliger l'image du vieillissement, en faire son infirmier(e), l'amener dans sa tombe après toutes les souffrances réciproques et poser son image sur le buffet de la cuisine en lui parlant toute la journée. En n'oubliant pas de faire de ses enfants les spectateurs et les acteurs de ce système ! Il y a aussi la carrière que les "gens " ne négligent pas. Bien préparée par de judicieux conseils elle doit aller jusqu'au bout. Hors de question de changer de métier. L'employé de la poste mettra des cachets sur des lettres toute sa vie, attendra la fin de la semaine pour promener son chien puis les congés payés, pourra s'endetter et enfin finir vieilli et aigri au guichet de la même poste pour toucher sa retraite ! Pas la moindre lueur d'évasion, de rêve, dans cette imagination ternie par la peur de la découverte. Les exemples sont si nombreux ! Il faut dire que d'une manière générale la nouveauté fait peur. Beaucoup jugent préférable de supporter les douleurs qu'ils connaissent bien et ainsi pensent-ils bien les maîtriser plutôt que s'en défaire et voguer vers des cieux plus agréables. Que risqueraient-ils, s'appauvrir, y perdre la vie ? C'est déjà fait ! Ce serait en outre oublier de compter sur les capacités nombreuses qu'ils étouffent en eux.
Je terminerai par cette lettre que je leur adresse. Ne vous convainquez pas qu'à l'endroit où vous vivez c'est le plus beau, que ce que vous faites tous les jours est une punition méritée, qu'il n'y a plus d'air pur, qu'il vous faut des passages cloutés pour trouver votre chemin. Convainquez-vous d'avantage d'avoir des jambes et une tête, que la création vous a fait grâce de ces cadeaux aux fins d'y accomplir vos rêves et cessez de parler à des photos. Rompez enfin les chaînes qui ne sont qu'illusoires et retrouvez la cour de récréation et ... le sourire si vous l'avez perdu ! Voilà ce qui ne m'a jamais quitté depuis mon enfance : trouver de bonnes raisons à mes rhumatismes !
La reposante accoutumance
Favorise l'inappétence.
Vouloir en sortir est tentant,
Faisant l'usage d'un talent.
Croire au pouvoir de l'énergie
Fait que l'on accepte un défi.
Il est des moyens efficaces.
Or parfois survient une grâce.
Le vieillissement, c'est certain
Affaiblit l'allant et l'entrain
Un succès n'est plus enviable
Si l'échec apparaît probable.
Or tant que je vivrai, bien sage,
En accueillant certains présages,
Ne resterai pas sans agir.
Me fait rêver mon avenir.
4 novembre 2017
Le dictateur romain Lucio Silla chef de file des optimates, qui s'opposent aux populares de Marius, s’est octroyé tous les pouvoirs en écartant physiquement ses opposants. Il les a vaincus au cours de deux guerre civiles, ayant par ailleurs récolté les lauriers d’une victoire lors d’une expédition en Grèce contre le roi Mithridate VI. La Rome antique sert d’écran sur lequel se projettent les inquiétudes politiques du XVIII siècle. Dans l’opéra de Mozart, Silla, interprété dans la production du théâtre de la Monnaie par le ténor Jeremy Ovenden, a tué Mario, le père de Giunia et a exilé son bien-aimé Cecilio - le castrat original de Mozart a les traits de la soprano Anna Bonitatibus. Sylla exige de Giunia qu’elle l’épouse. Incarnée par la talentueuse soprano néerlandaise Lenneke Ruiten, fidèle à la scène du Théâtre de de la Monnaie, la belle Guinia est séquestrée, elle est au désespoir et tente de mettre fin à ses jours. Elle trouve un allié en Cinna - une sulfureuse Simona Saturová, qui s’avère être une sorte d’agent double splendidement manipulateur, masculin ? féminin ? -, qui rêve de faire renverser le tyran. Cecilio, qu’elle croyait mort, réapparaît dès le début de l’acte I et rend à tous, l’espoir d’un renversement proche… Les complots réussiront-ils ? Action directe, soumission, ou mort consentie? Après une analyse fouillée de l’origine du mal, à travers les états d’âme des protagonistes et leurs rivalités sentimentales sur fond de conflit politique, la vertu sera finalement exaltée à la fin du troisième acte, car Silla, coup de théâtre, surprend la scène d’adieu des deux amoureux promis à la mort et se laisse peut-être gagner par la grâce, pardonne, renonce à ses châtiments et, magnanime, s’élève au-dessus des conflits. Brillant ! Tout comme plus tard, dans « La clémence de Titus » (1791)
Puisant l’énergie créatrice dans ses tourments d’adolescent et ses démêlés avec son père omnipotent, Mozart compose ce drame amoureux et politique à seize ans à peine. C’est son troisième opera seria, noble et sérieux après « Mitridate, re di ponto »(1770) et « Ascanio in Alba »( 1771) au Teatro Regio Ducal de Milan. Mais la partition où se succèdent les airs et récitatifs habituels innove et introduit une grande richesse orchestrale, de nombreux duos bouleversants et ajoute l’intervention du chœur. On est devant un joyau musical …qu’il suffirait peut-être d’entendre les yeux fermés en version concertante, tant l’œuvre semble parfaite et tant la palette et la densité des sentiments des solistes de cette splendide production est chatoyante, expressive et variée.
Le metteur en scène allemand Tobias Kratzer a choisi un nouvel écran sur lequel projeter les inquiétudes politiques du XXIe siècle. Il a pris le cadre épuré d’une villa hors de prix. Au milieu d’une impénétrable forêt, deux étages, en forme de cube de lumière et de ciment monté sur un podium constituent la retraite secrète et solitaire du dictateur. Elle est gardée par des chiens loups. …Un seul, en l’occurrence et qui ne fait pas vraiment peur, mais le symbolisme est limpide. Signé Rainer Sellmaier, le décor (contemporain) joue continuellement sur les ombres et les lumières avec de très beaux effets de stores vénitiens et de violents jeux d’écrans. Il joue sur les tombes (romantiques) dans le parc entouré de murs et d’une grille sévère, et joue sur de lugubres sapins (de forêt noire) accentuant l’impression d’enfermement. La villa est truffée de micros et de caméras de surveillance dans une approche bien Orwellienne. Le dictateur, incapable de vrais sentiments ou de quelconque empathie, vit à travers son obsession des écrans. Son pouvoir sera anéanti lors qu’il cassera brutalement sa commande à distance dans un dernier mouvement de colère. Deux personnages secondaires exposent ses choix possibles. Les pulsions de mort : c’est Aufidio (Carlo Allemano)… sorte de spectre d’un autre âge, voire un vampire ? Ou l’ami inexistant…? Quoi qu’il en soit, il incarne l’esprit du mal. L’autre c’est la jeune sœur du dictateur, Celia (Ilse Eerens) qui survit grâce à sa maison de poupées et est amoureuse de Cinna. Elle exalte les pulsions de vie, d’espoir et de paix… Mais l’atmosphère reste macabre tout de même. Les choristes balancent et rampent entre Lumpenprolétariat et monstres d’Halloween. Nous voilà donc dans un opéra bien noir qui brasse vampirisme et pulsions de monstre machiste. Il pourrait tweeter: « Celui qui ne m’aime pas mérite tous les châtiments ! » Un enfant gâté, jamais arrivé à maturité?
La mise en scène rappelle les thrillers gothiques ou …American Psycho. On se met à rechercher un écran contre des humeurs violentes en se recentrant sur l’orchestre ou les solistes aux voix divines. Un antidote pendant que défilent déclarations d’amour-haine, scènes de plus en plus sanglantes, scènes de sexe ou de mort, de cruauté, de colère, d’humiliations… de suicide ou de toute puissance ? Peut-être, mu par son envie de dénoncer les maux du siècle, Thomas Kranzer en fait-il un peu trop. Car la dérive attend le metteur en scène quand, contre toute attente, après des vidéos de viol explicite sur grand écran, la villa se fait cerner par les forces de l’ordre et attaquer comme si l’enjeu était de traquer un vulgaire terroriste… Stupéfaction des auditeurs soudainement enlisés dans l’horreur, la danse macabre ? Agressés par un éclat de rire infernal? Dommage pour ceux qui désiraient savourer la joie musicale qui les reliait au génial Mozart grâce à l’incomparable complicité du chef d’orchestre Antonello Manacorda et à la beauté du pardon.
|
Perles de pluie
Gouttes de cristal
Larmes de vie
Source d'étoiles
Coulent en beauté
Juste à effleurer
L'ombre d'un baiser
Aux brumes fruitées
Bulles transparentes
Lueur éclatante
S'enfilant doucement
En collier de diamants
Clapotis délicats
Parapluie à petits pois
Bien au sec sous abri
Ou sous la pluie sans soucis
Jolies paillettes scintillantes
Miroitant le soleil levant
Reflets de nacre de rosée
En camaïeu de pastels adorés
Cascades pures et claires
Captant la moindre lumière
Tous ces petits bijoux
Sont tout autour de nous
Alors, régalez-vous !
Delattre L. © LouMiss 20.03.17
Image du Net
Texte protégé à découvrir sur le blog https://loumissangelpoesie.blogspot.be/2017/03/perles-de-pluie.html
COULEURS DE MUSIQUE, MUSIQUE DES COULEURS : L’ART DE HOANG HUY TRUONG
Du 28-10 au 15-10-17, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) a proposé une exposition consacrée au peintre vietnamien, Monsieur HOANG HUY TRUONG intitulée SYMPHONIE DE COULEURS.
L’art de HOANG HUY TRUONG est un mariage de formes éclectiques, variant entre calligraphie et abstraction. L’art de cet artiste a pour effet de déclencher le « sentiment de la forme », en ce sens que la représentation de l’évoqué est suggéré par un travail, en apparence confus, qui se révèle en réalité, d’une précision mathématique saisissante. La spécificité de l’œuvre exposée réside dans le fait qu’elle est le résultat d’une sensibilité à la fois picturale et musicale. En effet, l’artiste est également un excellent pianiste classique.
Le mode d’expression de l’artiste est dominé par trois types d’écritures :
1) une première écriture axée sur la couleur en fusion
2) une seconde écriture centrée sur la calligraphie
3) une troisième écriture que l’on peut considérer comme un ensemble intermédiaire associant fusion chromatique et calligraphie.
REPRESENTATION SOLAIRE (80 x 1OO cm- technique mixte sur papier)
est, à partir du noir, une variation chromatique sur le jaune et le vert. La note noire sert d’élément dynamique permettant l’harmonie des deux autres couleurs par la mise en exergue d’une sensibilité restituant l’âme de la matière par des tonalités créées, à certains moments, grâce au pastel. L’ensemble baignant dans une irrésistible légèreté. Ce qui a pour résultat de conférer à l’œuvre l’aspect d’une matérialité évanescente, laquelle est rendue par le travail minutieux apporté au papier, le matériau principal servant de base à l’artiste. Le résultat de ce travail consiste à provoquer le sentiment d’une explosion solaire arrêtée sur l’image. Cette explosion solaire a lieu à l’intérieur d’un cadre délimité par un trait noir puissant, séparant le phénomène chromatique de la fusion du reste de la composition. L’œuvre a été réalisée en deux étapes : l’artiste a commence à partir de l’intérieur pour ensuite aborder l’extérieur du cadre. Il a d’ailleurs débuté par le jaune avant d’aborder le noir dans le but de faire ressortir le jaune. Pour l’artiste, le noir et le jaune sont deux couleurs qu’il qualifie de « positives ».
Rappelons, en passant, que la couleur jaune a toujours intrigué tant les historiens de l’Art que les psychologues, en ce sens qu’elle engage le pathos d’une façon démentielle : pensez, notamment, à Turner et à Van Gogh, pour ne citer qu’eux concernant l’interprétation de cette couleur.
DECLINAISONS CHROMATIQUES (69 x 84 cm-technique mixte sur papier)
participe de la première écriture (citée plus haut) axée sur la couleur en fusion.
REVE DE LUNE (50 x 65 cm-technique mixte sur papier)
associe deux écritures : une première constituée par une calligraphie ésotérique et une deuxième qui reprend le discours de la variation chromatique.
Tandis que TAPIS ORIENTAL (50 x 40 cm-technique mixte sur papier)
axe son jeu sur une opposition entre le rouge et le noir que la technique de l’artiste rend fascinante. La composition est constituée de cinq plages s’enserrant à l’intérieur d’un cadre, elles-mêmes comprise à l’intérieur du tableau. L’intérieur même de ce cadre est également dominé par différents types d’oppositions :
1) l’opposition chromatique rouge/noir
2) l’opposition chromatique rouge/calligraphie hiéroglyphique de couleur blanche
3) l’opposition entre chromatisme et symbolisme, en ce sens que sur chaque espace figure une « grecque » de couleur rouge en forme de spirale à l’intérieur d’une zone noire. Tandis qu’une « grecque » noire se trouve enserrée à l’intérieur d’une zone rouge. Outre l’opposition rouge/noire se profile, discrète, une autre opposition : celle de la « grecque » opposée à la spirale. La « grecque » est considérée par les historiens de l’Art comme l’image de la rationalité définissant la civilisation grecque (bien qu’un nombre considérable de « grecques » se retrouvent représentées dans divers arts dits « traditionnels » tels que les arts africains et précolombiens). En revanche, l’image de la spirale représente l’infini, c'est-à-dire l’opposé de la rationalité, communément exprimée.
CECI N’EST PAS UN ESCALIER (49 x 41 cm-technique mixte sur papier).
Malgré le titre de nature « magrittienne », la philosophie de cette œuvre se base sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un escalier mais de l’image qui pourrait être celle d’un escalier en distorsion, associée à celle d’un autre élément faisant partie intégrante de la vie de l’artiste, et qui pourrait être celle du piano.
Car, comme nous l’avons spécifié plus haut, le peintre est également pianiste. Observons l’agencement des couleurs délicates, mariées à l’arrière-plan faisant ressortir le sujet.
FIGURINES AFRICAINES (80 x 1OO cm-technique mixte sur papier)
représente une démarche du plus haut intérêt, puisqu’elle s’avère être la projection d’une culture sur une autre. En effet, le peintre d’origine et de culture asiatique aborde un système de pensée plastique où tout repose à la fois sur le volume et sur la courbe.
L’artiste ne reprend que ce qu’il considère être l’essentiel de son discours, à savoir la courbe. Mais il la reprend de façon fragmentée, évoluant, presque en lévitation dans l’espace. Il la réinterprète « à l’asiatique », c'est-à-dire en accordant la priorité à l’élément courbé, considéré comme un « vide », devant fusionner avec un « plein » (invisible). Cette œuvre est, en quelque sorte, un ensemble de courbes en lévitation, prophétisant la forme à venir.
BLEU ORIENTAL (50 x 65 cm-technique mixte sur papier)
est une variation sur le bleu (en dégradés) marié au blanc dans l’évanescence d’un paysage lacustre, alternant pleins et vides par la seule force du chromatisme. Outre le bleu, de légers traits noirs dynamisent, ca et là, la composition en jouant sur la musique des contrastes. Ici encore, le « sentiment » de la forme est révélé par l’apport du trait appliqué dans la plus extrême finesse : les pleins existent mais ne sont qu’esquissés. Les vides, aériens, glissent sur le blanc constituant l’espace. Précisons que l’idéogramme, au centre de la toile, ne comporte aucune signification spécifique. Nous sommes ici face à une méditation. Une méditation constituée de pleins et de vides. Une œuvre abstraite comme l’est la musique. Nous savons que l’artiste est également pianiste. La musique, particulièrement le classique, est une méditation. Une méditation sonore également constituée de pleins et de vides ainsi que de silences. La création devient, pour l’artiste, une symbiose où les sons se confondent avec les lumières laissées sur la toile par le pinceau. Et cette symbiose se poursuit dans la non différenciation entre l’oreille qui perçoit le son et les doigts qui dirigent le pinceau.
Sa peinture, même si elle s’inscrit dans un registre contemporain, respire le classique par sa finesse et sa légèreté. Sa profondeur aussi car son côté « méditatif » se rencontre, notamment, dans la musique d’un Bach ou d’un Schubert.
A titre exemplatif, l’artiste a aboli de son répertoire pianistique la musique contemporaine. Tandis qu’en matière de peinture, l’abstraction donc la matière « contemporaine » est abordée avec bonheur. Cela peut sembler paradoxal car d’aucuns pourraient imaginer le contraire : la figure humaine en tant que référant de la culture classique éclipserait l’abstraction, moderne et de surcroit, contemporaine. Mais il n’en est rien! L’artiste adopte l’abstrait à condition de le marier à sa culture originelle pour autant qu’il puisse l’adapter à sa propre conception de l’Art, à savoir de le soumettre aux impératifs de son imagination. Car, comme il aime à le répéter, paraphrasant Einstein : « l’imagination est plus importante que la connaissance ».
Dès lors, il peint « avec son cerveau et non avec la technique ». Celle-ci n’est qu’un support à la création de l’idée. Au plus l’oreille est à l’écoute, au plus s’améliore la musique. Il en va de même avec la peinture qui demeure tributaire de la capacité du peintre à regarder. D’ailleurs, l’artiste a une conception purement personnelle du mot « perspective ». Lorsqu’il l’a employé pour la première fois en indiquant une de ses toiles où aucune forme de « perspective » à proprement parler n’était visible, il nous a fallu un certain temps pour comprendre que ce mot ne se référait nullement à la théorie visuelle de la Renaissance mais bien à son idée tout à fait personnelle sur la façon d’aborder la toile. Suite au désir d’améliorer sa technique pianistique, l’artiste s’est posé la question de savoir « comment entendre », immédiatement suivie de « comment regarder », en ce qui concerne le peintre. Toutes proportions gardées, il s’agit là d’un processus presque kantien de penser la création. La seule différence concernant le but que visait Kant, ce n’était pas la création mais la connaissance. Le peintre se demande « comment regarder ? ». Le philosophe, dans sa « Critique de la Raison pure », se demande, non pas « comment connaître » mais bien « que puis-je connaître ? ». Evidemment, il y a de grandes différences dans les développements de ces questionnements. Néanmoins, « regarder » et « connaître », ne participent-ils pas de la même volonté cognitive ?
Dès lors, la tentation de vouloir effectuer, ne fût-ce qu’un timide rapprochement philosophique, ne peut qu’effleurer l’esprit. Musique et peinture dans un même prolongement sonore et gestuel…en réalité, cette dichotomie entre création musicale et picturale, cache un refus inconditionnel de l’académisme, en ce sens que si la partition du répertoire classique ne souffre d’aucune forme d’improvisation, la façon d’aborder l’espace pictural, permet toutes les variations possibles. La peinture est à la musique ce que le jazz est au classique : une possibilité d’enchaîner une infinie succession d’accords pour aboutir, non pas au refus mais bien à l’éclatement de la mélodie. A’ sa libération des carcans qui l’emprisonnent. A tel point, qu’en matière de peinture, il refuse de dessiner d’après la réalité, exprimant ainsi son refus de l’académisme. L’artiste peint en écoutant la musique. Et, chose intéressante (peut-être même révélatrice de ce que nous ignorons pour le moment), le classique n’est pas forcément le style qu’il écoute en peignant. Tous les styles musicaux existants l’accompagnent dans sa démarche créatrice.
Issu d’une famille de musiciens, HOANG HUY TRUONG, bien que largement autodidacte, a suivi des cours de peinture mais les a abandonnés rapidement car il estimait qu’ils bloquaient son esprit. Comme le montre FIGURINES AFRICAINES (cité plus haut), il s’est beaucoup intéressé aux autres cultures en les interprétant selon sa sensibilité propre. Néanmoins, il a débuté son périple cognitif à partir de l’Orient ancien et de la Grèce classique : TAPIS D’ORIENT (cité plus haut), comportant, notamment des « grecques » et des hiéroglyphes égyptiens, également réinterprétés à sa manière en les distordant à sa guise, est un autre exemple de sa volonté à se retrouver dans l’Autre. Il pratique tant la musique que la peinture depuis sa plus tendre enfance.
L’artiste utilise une technique mixte, composée, notamment, de fusain, de crayon carène, de pastel et bien entendu de papier qu’il froisse pour le faire bien ressortir, provoquant ainsi chez le visiteur l’image d’une sculpture picturale. En matière de musique, ses compositeurs préférés sont Bach, Chopin et Ravel. Tandis que Picasso et Van Gogh (que nous avons cité plus haut) sont, entre autres, ses peintres préférés.
HOANG HUY TRUONG nous invite à écouter sa peinture musicale. Chaque trait, chaque vide suivi d’un plein, chaque explosion de couleur est une invitation à écouter la méditation qui couve en nous-mêmes et ne demande qu’à éclore, au tréfonds d’un silence.
Lettres
N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.
Robert Paul, éditeur responsable
A voir:
Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza
L'artiste et François Speranza: Bara interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles
(Octobre 2017) photo Jerry Delfosse)
Biographie:
TRUONG Hoang Huy est né en 1987 au Vietnam dans une famille de musiciens et d'artistes. Son grand-père Tran Huu Quang était peintre, sculpteur, professeur et écrivain d’histoire. Son oncle Tran Vuong Thach est chef d’orchestre de la salle Philarmonique de l’opéra d’Ho Chi Minh-Vietnam. Un autre oncle, Tran Thanh Tung, est compositeur.
Huy Truong a commencé la peinture et le piano (avec sa mère Tran Anh Tu qui est professeur de piano) en même temps à l’âge de 4 ans. Il a gagné de nombreux prix pour ses peintures comme le concours National Vietnam " Net Ve Xanh ", " the 31 st International Children’s Art Exhibition 2001 – Bronze Awards " au Japon, …
A 5 ans, il a gagné le prix " Crystal " (catégorie pour plus jeunes) du concours Piano festival " Nu Duong Cam " à Ho Chi Minh ville. Il est entré à l’âge de 7 ans au conservatoire d’Ho Chi Minh dans la classe de Nguyen Thien Phuong Hanh (sous-directeur de la section au piano). A l’âge de 9 ans, il a participé à nouveau au concours Piano festival " Nu Duong Cam " et il a gagné le 2ième prix.
En 1997, il est choisi comme meilleur étudiant du conservatoire d’Ho Chi Minh pour participer au XXième Concours International Per Giovani où il obtient le 1er prix " Jeune Talent " en Italie.
Il est invité par la chaine de télévision Ho Chi Minh – Vietnam pour une interview sur sa jeunesse pianistique. Il a participé à beaucoup de concerts de piano au conservatoire d’Ho Chi Minh et plusieurs
ont été enregistrés par la chaine de télévision d’ Ho Chi Minh. L’Académie nationale d’Ho Chi Minh l’a invité pour accompagner au piano la chorale des enfants au Festival International de Shanghai – Chine. Le conservatoire d’Ho Chi Minh l’a choisi pour jouer dans un concert de bienvenu lors de la visite de John. F. Kerry.
Il a reçu le diplôme d’honneur comme étudiant excellant au conservatoire d’Ho Chi Minh de l’ex Président du Vietnam, Truong Tan Sang.
Il a reçu en 2005 un graduat d’excellence au Piano " jeune talent " avec Dang Hong Quang (directeur de la session au piano) au conservatoire d’Ho Chi Minh.
En 2005, il continue sa carrière en Europe. Il a réussi les deux examens d’entrée de piano au conservatoire d’Amsterdam, Pays-Bas, et au conservatoire Royal de Liège, Belgique.
Il a choisi d’étudier au conservatoire Royal de Liège où son oncle était chef d’orchestre et où il obtient un Master dans la classe de François Thiry, Hélène Fazius et Gabriel Teclu en 2010. Il est actuellement suivi au Conservatoire Royal de Bruxelles par le pianiste Mikhaïl Faerman (1er prix du Concours Reine Elisabeth en 1975) et Stephane Ginsburgh. Il a participé à de nombreux concerts et master classes avec les plus grands interprètes classiques pour affiner sa technique: Jacques Rouvier, Akiko Ebi, Françoise Thinat, Alan Weiss, Diane Andersen, Johan Schmidt, Joaquin Soriano, Ralf Nattkemper, Friedemann Rieger, Uta Weyand, André de Groote, Haruhi Hata, Jun Kanno, Daniel Blumenthal.
En 2014, l’ambassadeur du Vietnam Pham Sanh Chau à Bruxelles l’a invité pour participer au concert de piano avec 2 artistes vietnamiens, le violoniste Tang Thanh Nam et la pianiste Ly Giai Hoa, donné à l’occasion du 69ième anniversaire de la fête nationale du Vietnam au Bozar à Bruxelles.
En 2014 - 2015, il continue d’améliorer sa technique pianistique avec la pianiste française Brigitte Bouthinon-Dumas (conservatoire de Paris) qui est l’auteur de nombreux ouvrages pédagogiques de référence dont " Mémoire d’Empreintes ".
En 2016 : la période du concept Piano et peinture :
4 juin 2016 : Récital piano et vernissage à Eupen .Adresse: Gospertstrasse 56, 4700 Eupen – Belgique.
30 juillet 2016 : concert piano dans la Vieille Eglise St. Laurent Diekirch – Luxembourg.
21 Août 2016 : présentation de ses peintures avec les Choeurs et Orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie dans l’Eglise Saint-Remacle à Verviers sous la direction musicale de Cyril Englebert et des chefs des choeurs : Pierre Iodice et Jean – Michel Allepaerts.
12 Octobre 2016 : Vernissage " Quand le piano peint " au Gallery Resto-Boutique à Bruxelles (quartier Louise). Adresse : 7 rue du Grand Cerf, 1000 Bruxelles.
5 novembre 2016 : Récital piano et exposition au Musée des Beaux –Arts de Verviers – Belgique.
En 2017 :
19 février 2017 : Piano master class pour les étudiants au conservatoire à Ho Chi Minh ville – Vietnam.
20 avril 2017 : Exposition " Primary Colors " avec 2 artistes : Boris Mestchersky et Anna Eva Radicetti à la galerie Peep Art .Adresse : rue des Minimes 33, quartier du Sablon -Bruxelles.
09 juin 2017 : Exposition d'ensemble " Association Koekelbergeoise Artistique " (AKA) sous l'égide de Monsieur Philippe Pivin, Député-Bourgmestre, et du collège échevinal de la Commune de Koekelberg. Une initiative de Madame Sylvie Andry, Echevine de la Culture française. Adresse : Maison Stepman, Boulevard Léopold II, 250 - 1081 Koekelberg.
27 septembre 2017 : Exposition à L’Espace Art Gallery .Adresse : 35 rue Lesbroussart – 1050 Bruxelles
Quand le piano peint (document à télécharger)
Le Souvenir est un tissu fragile
Et j'ai cousu depuis sur ses étoiles d'or
Tant de jours et de nuits à rechercher cette île
Où l'enfance m'attend comme un port.
Le Souvenir a des phrases muettes
Et quelquefois le soir elles se taisent pour moi
Pareils à des mouchoirs palpitent dans ma tête
Les morceaux de rêves d'autrefois. ( N.M)
Se rappeler tous les souvenirs de notre passé nous fait un bien fou même si à l’époque, ils furent moins drôles. Cela prouve qu’ils ont été importants dans notre vie et que, même inconsciemment, nous en avons tiré les leçons. Tout peut toujours être refait et repensé autrement. Si j’avais su, si j’avais pu. Mais je pense que l’on choisit sa vie avec les mêmes erreurs, les mêmes souffrances que l’on a déjà vécues. Ce que l’on fuit le plus est parfois de nouveau à notre porte et l’on s’en arrange ainsi parce que c’est la vie qui le veut.
Nos désirs ne sont pas toujours réels, ils font parties de nos rêves et hélas, nous ne faisons rien pour les réaliser parce que nous sommes modelés autrement. Nous reproduisons notre enfance à l’infini avec des nuances heureuses ou malheureuses, ce que nous avons vécu est gravé et nous trouvons la réalité parfois plus légère parce que déjà connue.
Mon père disait toujours : elle ne sait pas lire, elle ne sait pas écrire… voilà bien des paroles difficiles à entendre quand on est petit. Je garde donc ces mots comme une croix. Qui peut dire la réalité de ces mots et pourtant, ces qq mots m’ont fait terriblement souffrir et le font encore.
J’aurai pu choisir un métier tourné vers les lettres puisque c’est ce que j’aime. De quoi aurai-je eu l’air en disant à mon père, je fais faire des études de lettre. Alors j’ai pris les chiffres. Je ne regrette pas ce choix, j’ai beaucoup aimé toutes ces additions et ces soustractions. La passion n’a jamais été là non plus.
Toutes ces heures de lecture, dans un coin du pensionnat, m’ont apporté beaucoup plus que si j’étais restée chez mes parents, que les paroles assassines de mon père m’ont été plus salutaires que des mots d’encouragement de sa part. Peut- être avait-il raison ? Et cette douleur a fait de moi ce que je suis. Quel chien battu n’aime pas son maître !
Amour ou haine…
Mon domicile n’est-il pas devenu à son tour un coin de pensionnat où je continue à rêver comme au temps de ma jeunesse ? A l’abri, je m’enferme inconsciemment pour me retrouver dans un monde de mots, de textes, de lecture..
Maintenant personne ne m’empêche de faire ce que je veux. En principe, c’est exact et c’est ce que je crois mais j’ai ce moule collé sur moi et qui m’oblige à agir comme il se doit, comme la norme oblige. En épouse, en mère, en amie mais pas en femme libre. La liberté ne m’a pas été donnée quand j’étais petite, elle ne faisait pas partie de l’éducation.
J’ai donné beaucoup de liberté à mes filles à ma façon, elles ne le comprennent pas encore et elles se cherchent . Je crois que c’est plus difficile pour elles de faire des choix que pour moi d’obéir.