Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Publications en exclusivité (3151)

Trier par
administrateur théâtres

"Les Dieux veillent sur ceux qui leur ressemblent ..."

 

Mythe et intemporalité

Un empereur romain sous l'apparence d'un centaure, moitié dieu, moitié humain qui partagera son manteau avec un pauvre? Une atmosphère sombre qui conviendrait le mieux aux pièces de Maeterlinck  ou à d’autres poètes symboliques. Un enchantement de la nuit  de la Saint-Jean où tout est permis? Des créatures géantes effrayantes surgissant de grottes sombres  d’où affleurent  des gisements minéraux, où la passion consume à la fois humains et  animaux monstrueux. Le public est  emmené dans un lieu improbable et légendaire, une sorte d’utopie, un  Lucus romanus mysteriosus!  Rien de plus sacré en tous les cas, que le désir surréaliste de l'empereur de mettre en œuvre ses valeurs romaines fondamentales de respect, loyauté et compassion. Sa détermination à n'agir que pour le bien de la ville et à ne jamais vouloir régner par la terreur. Il s’oppose aux pires trahisons en accordant pardon et amnistie. Il est la grâce même. 

 Markus Suihkonen, de La Clemenza di Tito

La mise en scène décalée de « La Clemenza di Tito » de Mozart  par  Cécile Roussat et Julien Lubek à l'Opéra Royal de Wallonie-Liège a  agi comme  un réveil en fanfare.  Néanmoins, le deuxième acte  réduit  la mise en scène fantasmagorique  à une roche centrale mobile  le tout baignant dans des écailles luminescentes de tortues. «  Et les écailles lui tombèrent des yeux » Une référence à la conversion de saint Paul ? L’atmosphère poétique et tragique se retrouve épurée dans un mélange poignant. Thomas Rösner, le chef d'orchestre est à l'écoute des metteurs en scène créatifs, il cisèle des nuances romantiques  sur le  conte épique mozartien. Pierre Iodice, chef de chœur liégeois toujours inspiré et talentueux, a préparé le chœur. Ils sont tous de noir vêtus, pour  se glisser  discrètement et chanter derrière les musiciens dans la fosse. Question de nous replonger dans l’époque où l’on vit ?

Markus Suihkonen, de La Clemenza di Tito

 Côté noir, le cauchemar  enchaîne  la jalousie,  la soif de mariage et de pouvoir, le tout entre les mains de Vitellia. - La rédemption viendra avec le remords. - Elle est jalouse du mariage imminent de Tito avec Bérénice, reine de Judée. Elle convoite le trône, mais est aimée de l’inoffensif Sesto, le frère de Servilia, une fille romaine que Tito choisit d’épouser  pour  contenter son peuple. Cependant,  la loyale Servilia rejette la proposition impériale car elle est  sincèrement  amoureuse d’Annio, le confident de Sesto.  Bien sûr, Tito valorise la vérité avant les flatteries et  bénit  Annio et Servilia. Pendant ce temps, Vitellia n'a pas  compris le changement de cap de l’empereur et ne rêve que de le faire assassiner. Elle enjoint à Sesto de commettre l’acte fatal sans se soucier des sentiments qu’il éprouve pour son ami, mais il le fera pour lui plaire !  La révolte gronde, le Capitole brûle, Sesto croit avoir commis le meurtre irréparable, mais l'homme qu'il a poignardé n'est pas l'empereur. Sesto est arrêté. Et enfin, lorsque Vitellia se rend compte que Sesto ne l’a pas trahie lors de ses interrogatoires, elle éprouve du remords. Elle ne peut plus supporter l’idée de devenir l'épouse de l'empereur et  révèle son rôle dans le complot. Tito est déçu une nouvelle fois par la trahison mais décide de ne pas être envahi par la colère et pardonne à tout le monde, réaffirmant son désir d'agir pour le bien de la ville. Dans ce précieux  opéra  si édifiant, Tito devient le modèle même de la bonne gouvernance, un statut  rêvé et inventé par Mozart.

 Une imagination débordante

Le duo de la mise en scène Roussat-Lubek a  transformé  la cruelle Vitellia en une figure de lionne diabolique toute vêtue de rouge,   surmontée d’une perruque abracadabrante qu’elle démêle seulement lorsqu'elle se rend compte à quel point elle a été destructrice. Sesto, emprunte des cornes de bélier pour faire … le  mouton. Servilia est une fragile princesse de conte de fées vêtue d’une  robe  de mariée Art Nouveau suivie d’une rivière sans fin  de voiles scintillants. Annius est devenu un ange blanc chatoyant, à moitié ailé qui nous rappelle soit le monde de la Renaissance, soit celui de Jean Cocteau. Publius, le chef de la garde prétorienne, est devenu une créature verdâtre avec d'immenses mains squelettiques rappelant des personnages cauchemardesques d'Andersen ou de Tolkien. ... ou le puissant personnage du Temps dans "L’Oiseau Bleu" de Maeterlinck et les aiguilles du temps? Les gestes de mains de tous les personnages sont spécialement parlants et sont  axés sur le pouvoir de la communication, y compris quelques tendres invitations bouleversantes faites par un jeune enfant  à Tito.  Ce contact, un souvenir lointain  du  geste de Dieu vers l’Homme dans la Chapelle Sixtine? Quoi qu'il en soit, la célébration du corps humain culmine à merveille, quand une bande d’acrobates extraordinairement doués  à la corde ou au cerceau, semble tomber du ciel. On peut dire qu’ils connaissent les ficelles du métier. Leur intervention  silencieuse met constamment en évidence des messages importants. En quelque sorte,  ils encerclent font  circuler l'énergie du texte. En quelque sorte, ces  êtres extraordinaires sont devenus partie intégrante  du corps de la musique et révèlent en chair et en os tout ce qu’il  a  d'humanité nue. Une mention spéciale doit également être faite  pour le travail des lumières qui  abreuvent  tout mouvement de la scène.  Signé Roussat-Lubek, une fois de plus.   

Markus Suihkonen, de La Clemenza di Tito

Une musique enivrante

Mais bien sûr, ce sont les nombreuses belles arias mozartiennes qui retiennent toute notre attention. La basse finlandaise Markus Sihkonen  ponctue les mouvements du destin. L'ensemble de l'opéra semble  constamment  émerger  des ténèbres (avec les premières notes de Vitellia si proches de la voix parlée, chantée par Patrizia Ciofi) et se diriger progressivement vers une fin  lumineuse célébrant le pardon inconditionnel. La discussion animée du deuxième acte entre Sesto et Tito est particulièrement émouvante, de même que l'interprétation royale de Patrizia Ciofi  dans  le dernier revirement de conscience de Vitellia. Anna Bonitatibus est parfaite en tant que Sesto vivant et très humain. Une voix chaude, qui n'est plus du tout celle d’un mouton mais un amant passionné, partagé entre son amitié et son amour. Tantôt exaltée, tantôt abattue, sa voix puissante prend son essor et claironne et  plane comme un aigle à large envergure! Et Cecilia Montanari  incarne un Annio  aérien et voltigeant. Ceci dit, notre interprétation préférée est celle de style typiquement italien  de l'élégant Leonardo Cortellazzi, qui développe le rôle principal de Tito avec une splendeur tranquille et atteint une  puissance presque  transcendantale. "Les Dieux veillent  sur ceux qui leur ressemblent ..."   

Dominique-Hélène Lemaire

Opéra Royal de Wallonie-Liège

 15 mai >  24 mai 2019

Lire la suite...
administrateur théâtres

Salvador Dalí et René Magritte : deux icônes du surréalisme en dialogue

Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique consacrent une exposition exceptionnelle à Salvador Dalí et René Magritte. Pour la toute première fois, les rapports et influences entre les deux plus grandes icônes du surréalisme sont étudiés et  mis en lumière. Il en ressort un authentique dialogue de potaches métissé de  compétition artistique. 

90 ans après leur rencontre...

Plus de 40 musées internationaux et collections privées ont prêté leurs œuvres aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB).Tous deux, Dalí et Magritte s’attachent à défier le réel, à questionner notre regard et à bousculer nos certitudes. L’exposition révèle leurs liens personnels mais aussi leurs approches philosophiques et esthétiques à travers plus de 100 peintures, sculptures, dessins et photographies...

La visite commence par une expérience immersive, la tête dans les nuages. La célèbre œuvre "Le temps menaçant" de Magritte étant absente de l'exposition, les organisateurs, quelque peu déçus, ont décidé de la recréer en images de synthèse, explique Michel Draguet, commissaire de l'exposition. Il s'agit d'une peinture que Magritte a réalisée lors de son séjour en août 1929 en Espagne, à Cadaqués, le port d'attache de Salvador Dali. Un été qui verra entrer la Méditerranée dans l'œuvre du Belge et se révélera décisif pour lui.

Tout au long du parcours, les deux icônes du surréalisme interagissent autour de thématiques qui les unissent, telles que "le rêve et l'hallucination", "les portraits", "les paysages", "dedans >< au-delà", ... Ce "dialogue de tableau à tableau témoigne d'une fabuleuse proximité dans la différence", souligne Michel Draguet. "La relation qui unit Magritte à Dali et Dali à Magritte est sans doute l'une des plus fécondes" de ce mouvement artistique.

Notez que  cette exposition se veut aussi accessible aux personnes aveugles ou malvoyantes, grâce notamment à quatre postes tactiles qui décrivent en braille des œuvres significatives des artistes, reproduites en relief. Plusieurs activités seront aussi organisées dans le cadre de l’événement.

Plus d'info | Billets

Espaces créatifs Accessibles en permanence  et gratuits. Co-créez avec Dalí et Magritte dans 4 espaces d’expérimentations artistiques, didactiques, et ludiques. Dormez les yeux ouverts! Traversez les  90 ans après leur rencontre. Plus de 40 musées internationaux et collections privées ont prêté leurs œuvres aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB).paysages infinis : dedans et au-delà! Jouez avec les mots, les images et les illusions! Créez, superposez, en un mot, « anamorphosez »! Daliriant ou Dalirant?  

cr0330_the_annunciation_manipulcmyk_kopie_large@2x.jpg

Anniversaire des dix ans du Musée Magritte :  le 24 novembre 2019

24.11 2019

Journée festive!  Save the date! Visitez gratuitement la plus grande collection d’œuvres du célèbre surréaliste belge et découvrez la nouvelle sélection du Musée. Visites contées, ateliers d’écriture, workshops,  "Take the pose" et pleins d’autres activités attendent petits et grands!

Plus d'infos

Intro Expo 12.10 | 9.11 | 7.12 | 18.1 | 8.2

En 30 minutes, le conférencier de ce bref exposé déploie l’essentiel des faits, références et analyses qui vous permettent de savourer pleinement l’exposition Dalí & Magritte. Familiarisé avec l’univers des deux artistes, vous abordez le parcours de l’exposition à votre rythme et selon vos envies…

Plus d'infos

Image result for daliVisite-lectures:  qu’a dit Dali ?

20.10 |10.11 | 12.01 | 09.02

Visite-lectures dans l’exposition, par un trio de guide-lecteurs native-speakers : Inès della Calle, Jack Ghosez & Myriam Dom. Des extraits choisis dans les biographies de Dali et dans ses écrits, La vie secrète de Salvador Dali, Visages cachés, seront lus en français et en espagnol et agrémentés de commentaires, dans des mises en scène aussi daliniennes que magritiennes !

Plus d'infos

Visites en famille

20.10 | 22.12 | 28.12

Venez découvrir en famille l’exposition consacrée à deux icônes du surréalisme.
Pour la toute première fois, les rapports et influences entre les deux plus grandes icônes du surréalisme sont mis en lumière. L’exposition révèle leurs liens personnels mais aussi philosophiques et esthétiques à travers plus de 80 peintures, sculptures, photographies, dessins, films et pièces d'archives.

Plus d'infos

Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
3 rue de la Régence - 1000 Bruxelles
Tél.: +32 (0)2 508 32 11
Fax: +32 (0)2 508 32 32


 

 

Lire la suite...

ENERGIE POTENTIELLE

Meggie Lombart Edition Meggie LOMBART ISBN 978260225907

Déroutant en premier abord, énergie potentielle semble mener le lecteur comme le ferait une série…  Le livre tient en haleine probablement parce qu’on aimerait en connaître le dénouement.

J’avoue avoir eu du mal à m’accrocher à l’histoire, les circonstances peut-être ?  Toujours est-il qu’il m’a fallu quelques pages pour entrer dans le récit.  Certes, dans l’ensemble ce roman est  bien construit, cependant il me semble qu’il manque un je ne sais quoi qui lui aurait permis d’être transcendant.  L’histoire est un « huit-clos », un récit d’amour sacrifié, espérant renaître de ses cendres sur base d’un chantage au suicide.

« Alex en entrant dans une pièce trouve Marion devant une baie ouverte s’apprêtant à sauter du trentième étage.  Le premier tente de sauver la seconde et cette dernière, par ce chantage, semble vouloir créer une sorte d’électrochoc dans l’esprit de son ex-compagnon. »  C’est peut-être ce qui m’a dérangé dans ce récit, cette forme de contrainte qui, dans la vraie vie, conduirait vers le chaos.  A mon regard, le décor est mal posé et c’est dommage puisque c’est le fil rouge sur lequel repose un duel psychologique.  Est-il réaliste de se ternir au-dessus du vide, trente étages tout de même, en manipulant le verbe ?  Ce détail me semble irréaliste et dénature, à mon avis, un livre bien écrit.

Justement en parlant d’écriture, elle est intéressante.  Les antagonistes se cherchent, se trouvent et puis se perdent en approches asynchrones. Ce jeu de cache-cache sentimental offre quelques rebondissements. On comprendra rapidement que les non-dits, seront le coeur du récit, cependant jusque ou serait on prèt à s’envoler pour sauver ce qui n’a jamais été réelement construit?

Ce roman gagnerait à être adapté pour le théâtre, les dialogues s’y prêtent et le mouvement d’acteur s’appropriant l’espace de la scène permettrait la mise en valeur des dialogues.

Ceci écrit, l’auteur porte le lecteur vers une situation de malaise.  Est-ce voulu ?  Je le crois, pour cette raison on peut prétendre que ce roman mérite nos regards. 

Le pitch :

« Trentième étage d’un immeuble, une baie vitrée ouverte sur le vide.  Marion s’apprête à sauter lorsqu’Alex entre dans la pièce.

S’ensuit alors un duel psychologique entre ces deux êtres emmurés dans leurs principes, prisonniers de leur liberté, mais, paradoxalement, englués dans un conformisme.

Comment en sont-ils arrivés là aujourd’hui ?  Auront-ils la force d’avouer leurs faiblesses pour franchir les barrières de leur égo ?  Pourront-ils dénouer l’écheveau de leurs faux-semblants ? »

Lire la suite...

Encore

Je souris encore
au reflet
fatigué
du miroir
sans regret
pour celle
que j’ai été
je me dis encore
à voix basse
les mêmes mots
de feu
..........................
Martine Rouhart

Lire la suite...

LES SOUVENIRS...

Les souvenirs sanglots

Les souvenirs caresse...

Ceux imbibés de brume

Et ceux dans un éclair de lune!

Ils font parfois sourire

Souvent pleurer...

Ils nous ont patinés, malaxés,

Malmenés, éclairés!

Ils sont la glaise

Qui nous a façonnés...

Où le nuage qui nous a fait rêver!

Les souvenirs anciens

Avec l'enfance renouent les liens

Ils semblent être démence

Pourtant nous font du bien!

Aujourd'hui dans tes yeux...

Je les capture!

Ils défilent à travers toi

Le présent les étreint

Dans un désir sans frein!

Oui, l'amour est sans fin...

J.G.

Lire la suite...
administrateur théâtres

Fugueuses, ces gueuses… au théâtre Le Public

Vieille prune et jeune pêche, comment faire bon ménage. Sans rire… Faites gaffe à vos mères et grand-mères… Ne les jetez ni aux orties ni aux glaïeuls ! Offrez-leur plutôt des roses…

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes debout et nuit

Jusqu’au 22 juin le spectacle affichait complet, et du 6 septembre au 12 octobre 2019 la salle du Théâtre Le Public, n’a pas désempli. Vous avez vos couvertures ? La salle des voûtes souterraines est pleine. Deux axes de gradins NS et EW se croisent, question de ne pas perdre le Nord, et au centre, un plateau circulaire mobile, – ciment ou bitume ? – attend l’action. Avec un art consommé de la mise en scène, Michel Kacenelbogen et son assistante à la mise en scène, Hélène Catsaras, exploitent dans un esprit d’école buissonnière, la partition comique des « FUGUEUSES » de Pierre Palmade et Christophe Duthuron. Cette comédie bourrée de verve a été jouée de multiples fois, par d’illustres duos, de Line Renaud et Muriel Robin (2007) à nos jours, partout en royaume …de France et de Navarre.

Aucune fausse note. Ces fugueuses, de vraies gueuses ! L’élégance contrastée des actrices Martine Willequet et Nicole Olivier font en tous cas la joie du spectateur. On adore le regard immensément pétillant de l’une sous ses lunettes de directrice d’école, intrépide et égoïste, et le collier de perles bon chic bon genre de la jeune bourgeoise sans la moindre faute de goût, dont pas une mèche ne dépasse de sa sage barrette. Par monts et par vaux elles gardent une pêche d’enfer, malgré les vicissitudes. Pièce culte féministe ? Le texte rythmé et enlevé, toujours aussi convainquant après tant d’interprétations, fait rire de bonheur.

Le bonheur de la libération et de la joie d’exister. Spinoza ?

Peu d’accessoires à part les vielles casseroles à abandonner, et de lourdes valises de souvenirs pour la jeune échappée et un sac-à dos ulta-léger pour celle qui a fui dans sa chemise de nuit, les Glaïeuls, home sweet home ! Les voilà en pleine nuit sur la route, inconscientes, comme deux fugueuses ado, prêtes à repartir à zéro. C’est là que les vieilles valeurs en prennent un coup et basculent tout à coup puisque c’est l’instinct de survie qui prend les commandes. Finalement, pas besoin de couvertures, la chaleur humaine est là, malgré les innombrables chamailleries des nouvelles copines.

Ce spectacle revêt une drôlerie non envahissante, a une saveur d’air frais et de cavale bien improvisée. Chaque scène est un bouquet d’affects bien dosés, ponctués par la musique joyeuse années 80 de Pascal Charpentier. La scénographie de Noémie Vanheste fait la part belle aux décors sonores : le stop sur la nationale, la forêt profonde, la ferme, l’eau du pont, en un mot, l’aventure …

Pour mémoire : Antagonistes, Margot a tout juste 40 ans et Claude, prénom épicène, fait le double. L’une fuit la condition de femme de.., mère de …, et autres servitudes, l’autre a tâté du demi-mouroir organisé appelé « les Glaïeuls » où ses enfants l’ont fourrée. La suite, c’est le voyage… Vous voudriez quoi ?

Dominique-Hélène Lemaire

safe_image.php?w=540&h=282&url=https%3A%2F%2Fplus.lesoir.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fdpistyles_v2%2Fena_16_9_extra_big%2F2019%2F06%2F13%2Fnode_230386%2F26647857%2Fpublic%2F2019%2F06%2F13%2FB9719926322Z.1_20190613133135_000%2BG2SDRBBNT.1-0.jpg%3Fitok%3DskCpLSvh&cfs=1&upscale=1&fallback=news_d_placeholder_publisher&_nc_hash=AQCXMhLhRwQLS50o&profile=RESIZE_710x

FUGUEUSES

De Pierre Palmade et Christophe Duthuron.
Mise en scène : Michel Kacenelenbogen. Avec : Nicole Oliver et Martine Willequet.

Assistante à la mise en scène : Hélène Catsaras / Scénographie et costumes : Noémie Vanheste / Décoratrice : Eugénie Obolensky / Lumière : Alain Collet / Musique originale : Pascal Charpentier


 Réservations : 0800 944 44 ou http://bit.ly/FugueusesS26
 Gregory Navarra

DU 06/09/19 AU 12/10/19

Lire la suite...

003_2019_gf.jpg?profile=RESIZE_710xNovembre marquera ma dernière étape d’un voyage littéraire au cœur de la francophonie.  Périple annuel, riche en rencontres et d’émerveillements devant le bouillonnement culturel mis en place autour de la langue française.  Buzet sur Baïse sera ma dernière étape avant de revenir en Belgique pour participer comme chaque année au Salon Mon’s Livre. 

Cette dernière halte aux portes du Bordelet, m’invitera au cœur d’une petite cité peuplée d’un peu plus de mille deux cents habitants.  Cette petite ville rayonne par la richesse de ses activités culturelles.  Plaisir de se plonger dans ce chaleureux terroir, reconnu par la qualité de son vin à tel point que l’on prétend que Bacchus en personne s’y réserve quelques festivités pour le plus grand plaisir de ses vignerons. 

C’est donc ici, à Buzet sur Baïse, que j’aurai le plaisir et l’honneur de rencontrer l’actrice et écrivain Evelyn Dress marraine de l’édition 2019.  Après une rencontre téléphonique, rendez-vous est pris pour une interview personnalisée qui vous est destinnée, vous qui suivez mes périples.. 

Le Salon du livre de Buzet sur Baïse a ceci de particulier qu’il se déroule sur 3 jours.  Trois journées éclectiques, car si le dimanche est dédié à la littérature, le vendredi et le samedi offrent la projection d’un film en compagnie du réalisateur ou d’une personnalité de marque.  Ce concept invite les spectateurs à participer aux débats qui suivent la projection et, pour les plus téméraires, rencontrer les artistes le jour du salon littéraire.  Les lecteurs les plus fidèles se souviendront que j’avais souligné en 2017 la projection d’un sac de Bille « Joseph Joffo » ainsi qu’en 2018, la présence du réalisateur belge Eric Dagostino venu présenter « La nef des fous » en compagnie de l’un des personnages  emblématiques du film « chef Jean ».

Quand est-il pour 2019 ?  Admirable idée de la part des organisateurs d’inviter le réalisateur Jean Périssé  qui viendra présenter en avant-première son dernier film « La fabuleuse histoire de Monsieur Riquet ». 012273.jpg?profile=RESIZE_710x

Plus qu’un évènement, la projection de ce film rejoint la symbolique, puisque si la ville de Buzet sur Baïse se situe sur la rive gauche de la Garonne à 4 kilomètres de la confluence de la Baïse elle se voit courtisée par le canal latéral à la Garonne, un canal français de petit gabarit datant du XIXe siècle qui relie Toulouse à Castets-en-Dorthe (Gironde) près de Bordeaux.  Ce canal est l'indispensable prolongement du canal du Midi offrant à la ville de Toulouse accès à la Méditerranée.  On se souviendra qu’il y a plus de trois siècles Pierre-Paul Riquet relèvera un défi titanesque en mettant en chantier l’un des plus grands défit du XVIIe siècle c'est-à-dire, d'acheminer l'eau de la montagne Noire jusqu'au seuil de Naurouze, le point le plus élevé du canal.  Louis XIV autorisera le début des travaux par un édit royal d'octobre 1666.

Les touristes ne s’y trompent pas, nombreux sont ceux qui choisissent de naviguer d’écluse en écluse découvrant le sud de la France par ces voies d’eau qui semblent conduire vers l’infini tant ses ramifications paraissent nombreuses.  Mais combien connaissent l’histoire de la réalisation de ces travaux titanesques ?

 Inutile de souligner que j’attends cet évènement avec une impatience difficile à contenir.  Une opportunité de connaître les motivations d’un destin exceptionnel  et d’une personnalité qui modifiera les paysages du sud de la France apportant par la même occasion un essor économique qui n’en finit pas de fleurir encore aujourd’hui par le foisonnement d’activités dédiées au tourisme.

Revenons au Salon du livre de Buzet sur Baïse.  Le destin nous offre quelquefois de jolies surprises.  Parmi les auteurs présents, je découvre le nom de l’écrivain belge Jean-Pierard (Le volcan sous le robinet).  Écrivain et musicien de Jazz, Jean-Pierard fut l’une des pierres angulaires des « Minuits de la poésie » rencontre du verbe se tenant il y a de nombreuses années sur les sommets de la citadelle de Namur (Belgique).  J’y avais en son temps participé, Jean s’en souvenait et devant mon étonnement me décrivit moult détails  que seuls les participants pourraient connaître.  À Buzet sur Baïse, la littérature belge est bienvenue, j’en veux pour preuve que si l’année 2018 offrait le rôle de marraine de l’édition à Juliette Nothomb, 2019 accueillera de jolies plumes telle que notre compatriote Patricia Fontaine venant présenter son dernier roman : Pile & face.  La littérature belge se porte merveilleusement bien, nos voisins français le reconnaissent et cet engouement mérite d’être souligné et d’être remercié. Il ne faut jamais oublier que l'ouverture reste la pierre angulaire d'un échange culturel bouillonnant.  Afin que les oeuvres en provenance de toute la Francophine circulent au-delà des frontières, il est important de dépasser les horizons qui entourent nos clochers.  Je reste convaincu que c'est par l'ouverture que les artistes trouvent une place à travers le monde.

Philippe De Riemaecker

Lire la suite...

A FLEUR DE VIE...

Un ciel si bleu, septembre exulte!

L'été recueille ses derniers feux

Quand soleil chante, douleurs s'occultent

Et la douceur s'empare du jeu...

Un beau regard tel un cadeau

Au bord du cœur s'éveille l'ardeur

Et se font plus légers les fardeaux

On dit adieu aux vieilles peurs...

Être mature et en goguette

Réaliser des rêves fous

Ne plus être une girouette

Et voir le monde à ses genoux!

Quand l'amour nourrit l'expérience

Et qu'il se targue de bonheur

C'est qu'on n'a plus qu'une exigence...

Respirer la vie comme une fleur!

J.G.

Lire la suite...

Ce reflet de lumière

Seul avec la lune
on s’use les yeux
et le cœur

à tenter de comprendre

ce reflet de lumière
ce miroir des pensées

un nuage passe
l’efface
ou c’est le jour
qui nous apaise
...........................
Martine Rouhart

Lire la suite...

Ces chancellements qui m'ont vu grandir

Ces chancellements
qui m’ont vu grandir
je les prenais
pour des heures perdues
des fleurs de regret
Maintenant je suis
comme l’eau des rivières
grossies par les pluies
je poursuis ma route
sans suspendre le pas
un chemin solitaire
dans la chaleur diffuse
de quelques autres
Que de temps il faut
pour comprendre qui on est
........................................
Martine Rouhart

Lire la suite...

Il vient

Il vient
sur la pointe des pieds
me touche
de son aile
de grand oiseau endormi
Il est au bord
de la fenêtre
à la lisière des cils
presque silencieux
à peine un cri d’hirondelle
ce jour
qui va encore
me donner
à rêver
................................
Martine Rouhart

Lire la suite...
administrateur littératures

24 septembre 2019, 19h, les prémices d'une soirée de Rencontres Littéraires "bien de chez nous" au coeur de l'Espace Art Gallery où se côtoient désormais Arts et Lettres.

Gérard Adam, l'animateur hors pair et profondément investi des Rencontres, a formulé la thématique de cette soirée: "Ceux de chez nous", les trois écrivains sous les feux des projecteurs: Rose-Marie François, Daniel Charneux et Bozidar Frédéric, une fois de plus un choix judicieux.

Poète, philologue, romancière et dramaturge ayant à son actif une trentaine de livres dont plusieurs traduits en plus de dix langues, Rose-Marie François nous présente son roman "La Belle Enceinte, Nos amours de Flandre et de Picardie", l'oeuvre étant préfacée par l'écrivain et académicien Jacques De Decker. Le jeune Jan Frans a fui sa campagne rongée par la famine pour trouver fortune dans les charbonnages de Picardie; Jean-François, lui, est professeur d'hébrec (hébreux + grec), mais les deux (faux) frères aiment la belle Victorine... Une écriture hors du temps d'une écrivaine passionnée dès l'enfance par les langues étrangères.

Romancier et nouvelliste, auteur inspiré de deux romans, directeur de publication de nouvelles montoises, Daniel Charneux nous propose "Maman Jeanne", un roman imprégné d'abandon et de folie nous relatant le destin tragique d'une femme sans grâce qui a vécu un amour interdit. La parole est donnée à Jeanne, l'épouse d'un négociant qui se retrouvera rapidement veuve avec trois fils sur les bras, dont un lourdement handicapé. Charneux a obtenu un prix pour son roman "Une semaine de vacance."

Un Master en sciences du travail en poche ainsi qu'une formation en ressources humaines et en sophrologie, formateur en langue française, récitant et animateur de rencontres littéraires, Bozidar Frédéric nous présente ce soir "Ciel Seraing", un premier roman polar se déroulant dans un cadre social. Nous suivons ici l'enquête ultime et poignante d'un commissaire de police proche de la retraite. Le décor: le Seraing de Frédéric du temps de la fermeture de la phase à chaud. Né sur une île de Croatie, Bozidar y a passé son adolescence avant de réaliser son rêve: pouvoir naviguer en tant qu'officier de marine.

"Trois excellents livres!" nous annonce d'emblée Gérard Adam qui nous citera Georges Brassens au passage. Trois récits qui nous évoquent des statuts et situations de femme peu enviables et même pénibles.

Avec "Maman Jeanne", nous assistons à la reconstruction d'une vie, l'auteur utilisant ses propres souvenirs parfois imprégnés de secrets, une émotion à fleur de peau, quelque chose de Maupassant enveloppant son oeuvre. La forme du monologue n'est point absente; discret et posé, l'auteur nous révèle que, désoeuvrée, Jeanne entrera au service d'un curé auprès duquel elle trouvera tendresse, bonté et compréhension, ce qui ne sera pas sans conséquence car naîtra un quatrième enfant. L'enfant du péché. Charneux s'est ici inspiré de son arrière grand-mère pour son personnage de Jeanne, il nous l'apprendra.

De la traque sous différentes formes, des personnages "en miroir" - Jan Frans qui semble fuir alors que Jean-François est en quête -, d'autres encore traités par deux tels Rose et Victorine, le textile et la porcelaine en écho, "La Belle Enceinte" de Rose-Marie François est tout à la fois un conte, un récit, une épopée irracontable selon les dires de Gérard Adam, un labyrinthe habité également de nombreux méandres. Vive et volubile, François nous décrit non sans feu Victorine, femme à poigne, un des principaux personnages de son oeuvre qui ne manque point d'un certain ésotérisme, une descente dans les profondeurs de l'âme et une recherche de lumière s'offrant à nous en parallèle. En singulier contraste.

Qualifié de polar gigogne par notre animateur, "Ciel Seraing" est lui habité de tension, la présence de Ninjas dans le récit n'étant point faite pour nous rassurer. Autres particularités: le thé y est très présent, en cérémonie très codifiée; notre commissaire aime quant à lui pouvoir se ménager des siestes qui se révèlent inspirantes, constructives, mais ce n'est pas tout. D'un naturel pittoresque, Frédéric nous présente son ouvrage comme étant un polar aussi politique que social, et il  trouve son origine dans le petit monde d' une entreprise pendant sa chute, sa fin, l'auteur se plaçant sans hésiter aux côtés des victimes de cet effondrement.

En fin de compte une soirée entre passé et présent? Effectivement nous avons bien voyagé et avec ceux de chez nous! Le prochain périple? Le 29 octobre à 19h!

Thierry-Marie Delaunois, le 27 septembre 2019

Lire la suite...
administrateur théâtres

Les parfums de fleurs de couteau. Rite funéraire. Sous le chapiteau,  toute la Méditerranée en pleurs. Mantilles noires,  mains jointes, les visages chantent un Kyrie Eleison bouleversant. Lux perpetua luceat eis. Pour qui ?  On entoure la veuve.  Le fils voudrait que la mère lui rende son couteau. Tout est là : le désir, la terre et le sang. On plonge d’un coup dans l’univers de Garcia Lorca. Derrière les bribes de mélopée  qui vous prennent  au ventre, surgit le fil rouge,  l’instituteur rouge et libre penseur, ami du poète qui égrènera  son hommage tout au long du spectacle. Cela aussi c’est un rite funéraire.

Le décor est fait d’une roulotte, un fois le voile noir levé,  d’un plateau circulaire de bois blond sur lequel les chaises s’envolent comme des brassées de feuilles mortes.   Décidément, Dominique Serron adore cela! C’est beau, on attend le développement. C’est alors que l’on est pris  par la  bourrasque théâtrale. Le parcours  prend le rythme d’une  traque. Le spectateur s’accroche aux racines pour ne pas tomber.  Il est hors d’haleine, il vient de comprendre que trois histoires  différentes s’entremêlent comme des battements de cœur régulier, pour souligner les thèmes favoris du poète espagnol. C’est ingénieux, parfois dur à suivre, mais tellement palpitant. Il va de soi que les dix-sept  comédiens -danseurs,-chanteurs  changent de peau et d’histoire à chaque tournant… L’inventive Dominique Serron à la mise en scène s’amuse et se repaît des apparences, des visions fugaces, fouaillant toujours  pour atteindre le drame pur. Les yeux des spectateurs sont éblouis par les scènes de village, les chiens, la pleine lune,les malédictions,  la discussion des brodeuses, le deuil omniprésent, le rêve de vie encore plus tenace, la campagne crucifiée par la sécheresse, les préparatifs de noces, le rapport fétide filles-mère, les personnages déchaînés,  la folie, le mal, les danses, les ensembles vocaux. Le corps à corps des amants  ennemis, un paroxysme de tension dramatique,  est un sommet de la  mise en scène. Béjart en aurait fait tout un spectacle.

 Cette trilogie rurale de Lorca qui regorge de mauvais présages: « Les noces de sang », « La maison de Bernarda Alba » et « Yerma » se trouve  ainsi déclinée en musiques chorales, danses et textes  si brûlants de non-dits palpables qu'ils  émeuvent au plus  intime. Cette trilogie  devient une bacchanale envoûtante. Utile de souligner  combien Garcia Lorca  a été  un poète  de la libération féminine, lui qui est tombé sous les balles des phalangistes, quelques mois après l’écriture de ces  trois chef d’œuvres qui dépeignent  l’âme féminine et l’Andalousie profonde. 

Chapiteau Des Baladins du Miroir
Boulevard Baudouin Ier
1340 Louvain-La-Neuve
Téléphone :
0800/25 325 - Réservation préférable
Tarif :
10 à 22€
Public :
à partir de 12 ans
Internet :
https://atjv.be/Desir-Terre-et-Sang

D’après l'œuvre de Federico Garcia Lorca - Adaptation et mise en scène : Dominique Serron - Avec (en alternance) : Irène Berruyer / Léonard Berthet-Rivière / Andréas Christou / Stéphanie Coppé / Elfée Dursen / Monique Gelders / Aurélie Goudaer / Florence Guillaume / François Houart / Geneviève Knoops / Sophie Lajoie / Léa Le Fell / Gaspar Leclère / Diego Lopez Saez / David Matarasso / Virginie Pierre / Géraldine Schalenborgh / Léopold Terlinden / Juliette Tracewski / Julien Vanbreuseghem / Coline Zimmer (Sous réserve de modification. Voir www.atjv.be) 

Du 19 septembre au 1er octobre 2019

 

Lire la suite...
administrateur théâtres

             Vous avez bien vu: deux spectacles le même jour! Et une tournée jusque fin 2020! 

Emotions, au Centre Culturel d’Auderghem,  une généreuse  ouverture  de saison !

A l’endroit, le collège et ses misères, à l’envers, l’héroïque mousquetaire qui parle en taisant ses sentiments, se déclare en écrivant, se bat contre moulins à vent, cueille  des étoiles, élégant, courtois et  libre, tutoyant  la lune comme nul ne sait le faire. Un tissu de bonheur.

L’image contient peut-être : une personne ou plus et personnes sur scène

Merveilleux  spectacle de rentrée pour tous ces jeunes qui passent la grande porte de  l’adolescence. Nouveaux dans la nouvelle école,  le collège ou le lycée, se reconnaîtront-ils dans Colin, Maxence, Adélaïde, Benoît  et les autres ? Tous nés après 2000…les voilà obligés de se découvrir,  devant une prof de français charismatique, fou de  théâtre  et qui leur sert du Cyrano sur un plateau qu’ils se  devront de conquérir. Le goût du sublime, le rêve de l’amour, la langue riche et raffinée, sont autant de mets qu’ils vont dévorer à belles dents sous la houlette bienveillante  du prof, un authentique passeur de culture, version française du grand Keating. La mort de la société des poètes disparus  en moins.   Pourtant  le jeune Colin a la mort de son père sur l’estomac, il a perdu tous ses moyens, rentre les épaules, redoute qu’on lui parle, veut se faire invisible et communique de façon à peine audible, redoublant la moindre syllabe. Va-t-il  réussir à renaître, se transformer, s’envoler enfin ?

Mais la  magie du texte de Cyrano veille. Les adolescents sont éblouis et se jettent corps et âme dans le feu des planches. Même Colin, statufié par la peur de l’autre, finit par se dégeler. Surprise: on comprend que Colin, dans le secret de sa chambre,  retrouve ses moyens grâce à sa guitare et chante  l’amour en pensant à son père disparu. Foin des logopèdes et autres psy, le sentiment d’amour ne demande   donc bien sûr qu’à s’envoler… Le prof génial l’a  bien compris, et fait éclore la personnalité blessée du jeune Colin, ravi de s’envoler, puisqu’il adore les papillons et la plus jolie fille du collège. « …Quels mots me direz-vous ? »

Fascinante magie de Nicolas. L’incipit  en voix off  intrigue : « Une histoire, c’est des personnages, et croire à une histoire, c’est faire une pause de soi et laisser la place à l’autre personnage…» Toute une philosophie. A chaque jeu d’épaule, de regard, ou de posture,  le comédien au port de danseur fait surgir des fragments de personnages qui ont le temps de lâcher leurs répliques dans un flux d’énergie virevoltante. Durée : 1 h 15. Mines, mimiques, bruitages, humour, compassion se disputent avec un verbe qui déferle de toutes parts, comme l’émotion. Comment fait-il ? Le décor est inutile : le noir complet,  une chaise d’école et un projecteur, cela suffit. Il a la comédie dans la peau!

L’image contient peut-être : 1 personne, nuit

Nicolas Devort, auteur et comédien virtuose, en est à son 780e spectacle depuis le off d’ Avignon qui  l’encensa pendant 7 ans consécutifs! Il est seul  en scène devant un parterre bruyant de jeunes super excités de se retrouver, parfois pour la première fois,  au théâtre. On leur parle, ils trépignent. On joue, ils chuchotent, on termine, ils en voudraient encore, tant le talent de Nicolas les a séduits. Ils se précipiteront pour acheter son livre, un viatique pour certains? Ce prodigieux défilé tableaux de leurs congénères  et des adultes qui gardent leur porte fermée est si habilement troussé, qu’il a emporté leur adhésion inconditionnelle. Et puis, le charme personnel, avouons-le!

Dominique-Hélène Lemaire, Arts et Lettres

Dans la peau de Cyrano, de et par Nicolas Devort. Lumières : Jim Gavroy et Philippe Sourdive Le jeudi 26 septembre 2019 à 20h30 Au Centre Culturel d’Auderghem

Lire la suite...
administrateur théâtres

"Le roman d'Antoine Doinel" au théâtre Grand Varia

Urgence! Nous courons lâcher notre article !...

...Par monts et par vaux

Nous courons lâcher notre article ! Ah ! si les ballons pouvaient partir à l’assaut du ciel pour faire l’article de cette rare pépite trouvée au Grand Varia, hier soir ! On en a plein les yeux, plein les oreilles, ce spectacle enchaîne les vibrations : du son à la lumière, jouant sur le mouvement, le corps et la sonorité du  verbe, évitant comme la peste les astuces de la technologie moderne. Bon débarras !

Tout se passe de planches en planches, comme par magie, dans un vagabondage temporel ultra-savoureux. Le téléphone a retrouvé sa cabine et son fil, le pneumatique renaît, on se sent libéré, l’énergie circule, libre comme l’air du temps. On respire, on hume la présence théâtrale, et c’est le cinéma qui revient ! Le ballet des sentiments est incessant. Mais le seul qui vaille la peine, palpitant comme l’oiseau, c’est l’amour, des griffonnages d’écolier élevé par sa grand-mère, aux baisers volés, au temps dilapidé. Un ravissement.

On craignait la lourdeur encyclopédique de l’entreprise … on est séduit par son absolue légèreté. On savoure l’enchevêtrement malicieux de centaines d’instants sublimes, tous croqués avec délices comme dans un jardin défendu.

Que de pétillements d’époque joyeuse nimbent l’enfance triste du poète cinéaste. Son credo, c’est l’art de la rencontre, celui de la séduction, celui de la recherche de l’absolu. Une jeunesse éternelle l’habite. Une jeunesse oubliée nous caresse l’âme, incognito. Un vent vivifiant a donc balayé les planches du Grand Varia au soir du 27 septembre, fête romane, par excellence. On revient le cœur habillé de bonheur.

Poétique, Insolite, Festif, Jubilatoire, Bondissant, Créatif, ce spectacle inédit nous invite à Sortir du Temps. A rejoindre dare-dare les Enfants Terribles. D’ailleurs, si l’on faisant comme si on était à l’opéra… personne ne trouverait le temps long ! Entrons donc de plein pied dans la vie de celui dont l’imaginaire était peuplé d’histoires qui le racontaient en mille bouts de pellicule, en centaines de répliques d’anthologie crépitantes. De plein pied, puisque les spectateurs sont assis en groupes comme dans un immense café-théâtre qui arborerait une demi-douzaine de plateaux communiquants. Les chaises pivotent, comme pour mieux embrasser le spectacle, pour mieux profiter des 360 degrés à la ronde. Et les surprises d’après l’entracte... abondent  d'amour et de fleurs. Et pas seulement d’anthologie.

1959-1979. Sachez seulement que ce sont pas moins de cinq œuvres de François Truffaut qui communiquent entre elles et s’interpénètrent pour livrer une immense fresque du jeune 20e siècle délivré enfin de l’horreur de la guerre mondiale, ravi de découvrir le cinoche, le Coca-Cola et la vie estudiantine amoureuse et libre. C’est leur vertu et le génie kaléidoscopique du metteur en scène, Antoine Laubin qui composent par touches ultra-sensible l’attachant personnage d’ Antoine Doinel, alias François Truffaut ! A en tomber ! Un merci infini aux comédiens qui de la tête aux pieds - ah ! les merveilleuses chaussures et les  mèches folles  - se sont investis corps et âme dans l’aventure : Valérie Bauchau, Caroline Berliner, Coraline Clément, Adrien Drumel, Philippe Jeusette, Sarah Lefèvre, Jérôme Nayer, Renaud Van Camp, Adeline Vesse. En cohésion parfaite. 

La suite ? In situ !

L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes souriantes, personnes debout et texte

Du 24 septembre au 12 octobre 2019 Théâtre Varia
Rue du Sceptre, 78 1050 Ixelles  http://www.varia.be
reservation@varia.be
+32 2 640 35 50  

L’image contient peut-être : 3 personnes, texte

Lire la suite...

HEURES EXQUISES...

Si différents que nous soyons

La vie réserve ses surprises...

Elle peut éloigner les ronrons...

Et nous mener aux heures exquises!

Il en a fallu du chemin

Pour que j'arrive enfin à toi

Inattendu est le destin

Et la merveille de l'émoi!

Comme la rose avant que d'éclore

N'en finit pas d'être en bouton...

Avons patiné âmes et corps

Sommes enfin prêts à la fusion!

J.G.

Lire la suite...

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles