Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Publications en exclusivité (3146)

Trier par
administrateur théâtres

Musica vita est … La raison des sortilèges musicaux

– Causerie musicale –

Avec Jean-Yves Clément entretenant brillamment l’entretien, voici le duo improbable de Michel Onfray le Normand et la vierviétoise Eliane Reyes, pianiste émérite, nommée récemment chevalier de l’Ordre des Arts et de Lettres en pays de douce France. Mais  le lieu, dites-vous ?  Cela se passait au cœur d’une abbaye,  une des plus anciennes fondations monastiques de Belgique qui abrite le Musée Guillaume Apollinaire : Labbaye de Stavelot qui date du VIIe siècle.

L’image contient peut-être : 1 personne

 La causerie  émaillée de moments musicaux intenses sous les doigts de la fée Eliane a lieu dans le réfectoire des moines , dans une atmosphère d’abbaye de Thélème. Michel Onfray, fondateur de l’Université Populaire  rêve d’une une communauté philosophique construite sur l’amitié et dans laquelle les adhérents s’engagent à construire leur existence comme une œuvre d’art…


70538729_10217263753999607_5623047552736690176_n.jpg?_nc_cat=102&_nc_oc=AQlgk491Wwx8TFJaTTbLffMc5_ujTs5Uk9c3ELclMbXyO5a4nfsqSe5mDiBPOcRBPoGHnW7ZTTOmEfb-iUFHhVNj&_nc_ht=scontent.fbru1-1.fna&oh=03c8f9fbcd206323155b7c850771b623&oe=5DF8F699&profile=RESIZE_710x

Pour Michel Onfray, la Musique commence à émouvoir le futur enfant, dès la vie intra-utérine. Il évoque les bruits organisés ou non, «  engrammés »  dans le système nerveux de l’enfant, dont il restera à l’évidence nombre de traces mémorielles… La musique naît donc avec la vie. La nature est le monde sonore par excellence et J.S. Bach, plus que tout autre compositeur, a su, dans sa musique superbement  organisée, capter la vibration du cosmos. Donner une sorte de cartographie du ciel. On comprend que Michel Onfray, bien que se réclamant de l’athéisme, ne rejette pas la transcendance. Il parle de l’immanence de la musique où se mêlent étroitement le matériel et l’immatériel pour créer une sculpture artistique du Monde sonore. Il souligne aussi l’inévitable interaction des pulsions physiologiques qui scandent l’écriture musicale du compositeur et qui influent forcément sur l’état physiologique de l’auditeur. Il y a le savoir-faire de l’interprète qui, ce soir d’exception, a joué « Jesu bleibet meine Freude » de façon bouleversante. Le tempérament d’Eliane Reyes, revisite le célèbre morceau de Bach dans une interprétation veloutée, voluptueuse, sensuelle, comme  vivifiée  par le romantisme, et la féminité.  Son  jeu nous revient au visage, comme une signature musicale. Musica vita est.

L’image contient peut-être : 2 personnes, dont Eliane Reyes, personnes souriantes, intérieur

Il apparaît que plus on se met à l’écoute du monde avec bienveillance, plus on le questionne, plus on devient philosophe. Plus on se nourrit de musique. Ah le mythe d’Orphée et le lien de Platon avec la musique! Ce qui est sûr c’est que la musique ne fait pas bon ménage avec le Diable. Entendez par là, la soif de pouvoir, le rêve de puissance, l’orgueil, la jalousie, la cupidité. Dans la valse de Chopin interprétée ensuite par Eliane, Michel Onfray a entrevu, une sorte de moment de suspension, « une levée»,  précise Eliane, qui préside à l’intuition philosophique. Ici, on peut entendre la vivante hypothèse   de « l’éternel retour »  point commun entre Nietzsche et le bouddhisme. « Une invagination du temps ».

L’image contient peut-être : 2 personnes

Michel Onfray se réfère au philosophe Schopenhauer pour qui « La musique traduit, dans sa libre explosion du sein de la conscience humaine, tous les mouvements du vouloir vivre qui anime l’univers. Elle est la langue universelle, aussi claire que l’intuition elle-même ; et pourtant, grâce à ce qu’elle touche de si près à l’essence des choses, elle a en elle on ne sait quoi d’ineffable et de mystérieux. « Elle passe à côté de nous comme un paradis familier, quoique éternellement lointain, à la fois parfaitement intelligible et tout à fait inexplicable, parce qu’elle nous révèle tous les mouvements les plus intimes de notre être, mais dépouillés de la réalité qui les déforme » (Le monde comme volonté et comme représentation, Livre III, §52) »

On écoutera ensuite la transcription  de « La mort d’Isolde » de Wagner  par Liszt, les yeux absolument fermés. Les trémolos de douleur sont soulignés par des accords légers des arpèges qui ressuscitent la vie. On sent son cœur battre plus fort dans le crescendo des sonorités qui  semble étreindre un inaccessible infini. Du désespoir sans fond, émerge le souffle lumineux.


Le chapitre suivant traite du romantisme, où la petitesse de l’homme disparaît dans le spectacle sublime de la nature, et s’éteint face à la toute-puissance de la Mort. Mais voici « le Dieu fluvial riant de l’eau qui le chatouille  » dans les Jeux d’eau de Ravel. Eliane Reyes envoie dans son interprétation de Ravel une musique apollinienne, hédoniste, composée de salves de scintillements sonores dans un temps suspendu. Pour Onfray, L’embarquement pour Cythère de Debussy doit verser dans le cérébral, l’abstraction, l’éthéré… Oh que non se rebiffe la pianiste ! Eliane propose pour l’île joyeuse, un jeu sensuel, dionysiaque, liquide, concret où naissent les morsures du désir, les plages inaccessibles, les criques secrètes du plaisir pour le yin et la souffrance, résilience, et danse de feu pour le yang. Eliane Reyes has it all. Le dandy Onfray, a théorisé – avec l’humour qu’on lui connait -, la musicienne Eliane a joué. Le public s’est exalté. La soirée est inoubliable et signe la foi du philosophe en la bienveillance universelle et la musique qui l’accompagne. Après la belle interprétation du bis, la gymnopédie de Satie, aux couleurs de l’été indien enveloppé d’un sourire de madone, on remercie l’organisateur de la rencontre, Virgile Gauthier.

L’image contient peut-être : 3 personnes, personnes souriantes, personnes debout et intérieur

Dominique-Hélène Lemaire, pour Arts et Lettres

Michel Onfray à l’Abbaye de Stavelot – le vendredi 13 septembre 2019 à 20h

Lire la suite...

12273312866?profile=original

"... Simone, elle est la fille de Marie Haillecourt  et de Marcel Seytres ; Elle, est la seconde, une petite sœur est morte huit mois avant sa naissance à elle le 14 mars 1924. Simone est têtue, frondeuse, souvent en opposition avec ses parents... À 17 ans, son père, pour tenter de la dissuader du mariage qui se profile à l’horizon avec Hervé Dumas, l'envoie dans une prison dorée : un studio à Monaco... Simone est fière, orgueilleuse, mais plastronner ne suffit pas... Elle épouse Hervé Dumas à Marseille en 1942 ; Monte à Paris en 1948, rencontre Didi (Henri Megglé) rue de Tournon... La personnalité de Simone Seytres est à l'origine de mon récit...

Extraits :

« Noël 1960 est fêté chez ma grand mère paternel, rue de Tournon, à Paris, dans cette grande maison bourgeoise, réunissant oncles tantes cousins et cousines. Le grand père Armand est mort en Mai 1959. C'est une fête de famille, la dernière, ma grand-mère meurt le 16 Février 1961.

Je me souviens avoir reçu en cadeau un louis d'or, que j'ai perdu le jour même ; dans mon souvenir j'en été très honteuse ; après l'avoir cherché vainement dans tout l'appartement, qui était fort grand avec un plancher en bois ciré, je me suis réfugiée près de la Fiancée du Nil, le moulage d'une statut originale, réalisée par le sculpteure égyptien Mahmoud MOUKTAR.  Le moulage en plâtre de la fiancée du Nil réalisé en 1929, et exposée pour l'ouverture du Musée du même nom inauguré au Caire le 27 Mars 1952, a été offert à mon Grand-père, alors qu'il habitait encore en Égypte. J'étais en amour devant cette femme si harmonieuse et douce, grande comme une vraie femme, à-genoux en bordure du Nil, couronnée d'une tête de faucon. Mon Père a hérité de cette statut, puis ce fut moi à mon grand bonheur.

"...Mes grands-parents, leurs parents, ont vécus longtemps en Égypte. Mon grand père a été naturalisé français au début du XXème siècle - Ainsi je suis un peu Égyptienne... 

Chapitre 16.

De merveilleux vagabonds en résidence à Château-Vallon (Extrait)

Je souris en pensant à ma vie de petite princesse, celle que j’ai imaginée pour moi il y a des années, princesse dans un château en ruines. Y étais-je heureuse ? Chez moi, je suis entourée par deux tableaux de Château-Vallon peints par Igor en 1949 ;

Il y a aussi un pastel réalisé par Lella, les couleurs sont passablement déla­vées mais je retrouve la délicatesse et la minutie de ses gestes ; et par une gouache de mon frère Didier peinte en 1955, ce dessin représente une scène familiale lumi­neuse et colorée devant la façade principale du château. Didier s’est peint à la fenêtre de la chambre-grenier et il regarde ses sœurs.

Dans cette grande chambre fraîche en été et avant qu’elle ne devienne l’antre de Girard et Lella, maman invite ses filles à y faire sécher des pétales de fleurs réservés pour la préparation d’un vinaigre parfumé. (...)

C’est la belle époque, celle de la confiance. Celle d’avant 1961 ! Nous serons cinq enfants, cinq frères et sœurs. Nous nous aimerons, nous aimerons nos parents, notre vie, la vie avec Didi et Simone. Avec Didier (mon frère aîné) nous n’en connaissons pas encore tous les aléas.

Lella et Henri Girard se sont rencontrés en 1949 et se sont liés d’amitié avec Henri et Simone en 1950 dans l’Île Saint-Louis où ils cohabitent tous les quatre. Une confiance véritable et réciproque unit les deux couples, et c’est ainsi que Didi leur confie les clefs de Château-Vallon.

Émerveillés par la beauté du site, ils y arriveront pour goûter au succès du Salaire de la peur, le dernier ouvrage de Georges Arnaud. Précédant de quelques jours Didi et Simone, hôte et hôtesse du lieu, Lella « Cette fille folle venue joindre sa tendresse à ma détresse… » témoigne de leur cheminement rocambolesque :

« Descendus en train jusqu’à Toulon, puis en autocar jusqu’à Valbertrand, nous rejoignons le château à pied (…) Je nous revois poussant une voiture-à-bras qu’on nous avait prêtée (…) » 

Tirant et poussant votre carriole sur une petite route bordée de pierres sèches, de figues en fleurs de barbaries, de ronces et de champs de vignes, vous passez devant La Ferrane, maison familiale des Megglé, puis devant la carrière de sable où travaillent des ouvriers étrangers. La route grimpe légèrement jusqu’au Clos de Château-Vallon, maison sentinelle au pied de ce vieux fortin qui émerge des pins et des genévriers. (Extrait)

Opération séduction !

J'ai 15 ans et Didi (mon père) propose de m'emmener en vacances en Dordogne chez une amie d'enfance. Les conséquences de la déportation sont encore très douloureuses à vivre pour lui et l'air de la Dordogne lui fera du bien.

Trop heureuse d'être enfin séparée de ma sœur si affable, si drôle, face à une Caroline boudeuse, j'accepte cette proposition, et maman ne s'y oppose pas ! Je les rejoindrai à Sanary plus tard. En Dordogne je découvre un père charmant, gentil, serviable, et comme il n'y a qu'un pas pour admettre que Simone (ma mère) est vraiment rabat-joie, je le franchis allègrement ! La maison est magnifique, pleine de lierre, de boiserie, de chocolat chaud, de grillades, d'attention, et je rencontre mon premier amour ! L'avant-veille de mon départ, Thalie, l'amie de papa, une adorable jeune femme mère d'un petit garçon de trois ans, organise une grande fête... Je suis aux anges.

"...à Sanary je pense avoir été "involontairement" odieuse avec maman, lui décrivant la disponibilité de Thalie, de Didi, et la présence de ce si gentil bambin, etc, etc.

Les vacances se terminent. Maman est sombre, triste, mon père repart à Paris, laissant seule Maman et ses quatre enfants.."

Extrait de la lettre à l'Auteure par Jacqueline Martinez

« À navire rompu, tous les vents sont contraires », dit un vieux proverbe italien. Que de vents contraires ont balayé ces pages que tu as noircies et moi défrichées. Le vent qui chante au petit matin dans la garrigue d’Ollioules, celui qui brûle à midi sur les roches de Sanary, celui qui caresse la peau au soleil couchant ; le vent glacial des tempêtes familiales, celui qui bouleverse à chaque déménagement.

Des vents contraires certes, mais jamais indécents. Pris tous ensemble, ils deviennent pare-feu et ne concèdent rien. Pas le moindre interstice où viendraient s’embusquer des yeux malveillants à la recherche d’un indice croustillant, dégueulasse, sur toute une vie ainsi mise en pâture. Le voyeurisme guette tout travail autobiographique comme si le questionnement de soi signifiait inévitablement une mise à mort.... 

Le livre se commande en ligne auprès de mes éditrices ou dans toutes bonnes librairies. Il est répertorié par la FNAC.

Lire la suite...

DISPARITION...

Le pouvoir est illusoire

On croit qu'on peut, on n'est rien!

Une goutte d'eau qui va choir

Et il fait un temps de chien!

Puis vent emportera...

Jusqu'aux empreintes de nous

Quand nous ne serons plus là

Pour rêver à l'amour fou...

J.G.

Lire la suite...
administrateur littératures

Internet, toile gigantesque, gargantuesque même par certains aspects, faisant la part belle aux réseaux dits sociaux tels que facebook, twitter, linkedin,...Internet, du bon et du moins bon dans lequel on s'immerge parfois jusqu'à la dépendance, un monde en soi pour certains, l'apnée car dans les moments de connexion, l'entourage proche disparaît: on ne voit plus, on n'entend plus, on ne parle plus aux autres, c'est l'hyperconnectivité au détriment de la communication, la vraie, l'authentique. "Réseaux @sociaux?" était la thématique brûlante des Rencontres Littéraires du 27 août 2019, sur le devant trois auteurs qui n'ont pas eu peur du grand plongeon: Tania Neuman-Ova, Frank Andriat et Thierry-Marie Delaunois.

Après avoir écrit pendant des années des textes et poèmes sur les personnes qui croisaient son chemin et sur d'authentiques faits d'actualité, Tania Neuman-Ova, de Bruxelles, s'est tournée vers le roman et ce soir elle nous plonge dans "Miss Patchouli", son premier opus: la famille de Lilou et Richard est en pleine tourmente, Lilou se sent perdue et Alana vit sa crise d'adolescence. Rebelle, elle porte le surnom de Miss Patchouli. Perd-elle en fait tout contrôle? Le récit se déroule sur deux plans, les souvenirs et la situation actuelle, les situations tendues au rendez-vous, l'enfer des réseaux sociaux inéluctable, le harcèlement au passage ainsi que l'effacement de tout repère. Une rebelle en apnée?

Ecrivain belge connu pour ses ouvrages tels que La Remplaçante et Rue Josaphat, romancier et enseignant, tous ses écrits étant soit témoignage soit hommage à la vie, l'amour, les autres sans lesquels rien ne serait possible, Frank Andriat nous immerge dans "Je voudr@is que tu...": Salomé, treize ans, aime chatter avec ses copains et copines de tout et de rien; Internet, c'est la vie réelle, la porte ouverte sur le monde et sur les autres. Faisant la connaissance de Michaël, seize ans, beau et bronzé, elle ira de surprise en surprise. Ceux avec qui l'on chatte sont-ils en fait toujours ceux que l'on croit?

Auteur de onze publications dont sept romans, chroniqueur littéraire et collaborateur culturel, l'humain avant tout et la passion des dialogues au coeur, Thierry-Marie Delaunois nous présente quant à lui "Connectée": après avoir usé d'un gsm de seconde zone jusqu'à ses seize ans, l'hypersensible et relativement naïve Marie obtient enfin son premier smartphone et aussitôt plonge à la découverte de la toile mais ce n'est pas sans heurts et malheurs surtout après ce terrible coup du sort qu'elle subit... Sorte de roman-choral, l'ouvrage met aussi en scène sa mère Béatrice, Thomas, professeur de français, un fleuriste et sa famille ainsi qu'un énigmatique personnage vivant reclus. Un présumé terroriste?

Après une introduction de Gérard Adam digne de figurer dans les annales - il nous a brillamment dressé une brève évolution de l'écrit depuis l'apparition de l'imprimerie -, c'est Thierry-Marie Delaunois qui a ouvert le bal avec sa Marie qui, aux prises avec le Net, n'en mène pas large, l'auteur s'exprimant posément sur les affres existentielles et virtuelles de son héroïne; ensuite la Salomé de Frank Andriat  est entrée dans la danse, si l'on veut, Salomé qui aime discuter, qui comme Marie ne peut ni anticiper ni prévoir tous les pièges, l'écrivain lui aussi très au fait des sueurs que peut générer le Net, ce monstre tentaculaire; enfin la Alana de Tania Neuman-Ova est venue compléter le tableau, elle également vivant des situations parfois bien pénibles narrées avec brio par l'autrice.

Arnaques, harcèlement, insultes, faux profils, traquenards, tentatives de séduction...se connecter en toute quiétude est-ce envisageable? Des témoignages sont tombés au cours de cette soirée très conviviale et très interactive, venant de tous parts: côté auteurs, côté animateur, côté public. Ah ces réseaux sociaux, quand vous nous tenez...

Thierry-Marie Delaunois, auteur, chroniqueur, le 28 août 2019.

Lire la suite...

12273304653?profile=original

“L’écriture de mon sixième roman...je n’avais au départ aucun plan ni aucune véritable structure en tête et comme je bougeais constamment à cette époque-là (printemps - été 2014), je n’avais du coup avec moi qu’un bloc de feuilles et deux stylos! Imaginez le travail qui a suivi, une fois le manuscrit entièrement rédigé à la main! Je me souviens avoir débuté un jour l’écriture du premier chapitre sur le coin d’une table dans un Quick Restaurant bruxellois et avoir clôturé mon ouvrage également sur le coin d’une table mais d’une chambre d’hôtel parisien. Une seule scène en tête au départ, ensuite l’histoire s’est construite au fur et à mesure…” Thierry-Marie Delaunois, propos recueillis en novembre 2016, quelques jours après la parution de “Auprès de ma blonde” aux éditions Chloé des Lys.

   Inspiration, imagination, concentration et persévérance caractérisent le parcours pourtant semé d’embûches de notre auteur, à son actif onze publications. Sept romans de fiction, deux recueils, une pièce de théâtre dense et une nouvelle, une production investie d’une profonde humanité, la complexité des relations humaines au coeur de son oeuvre, la fibre littéraire manifeste, son style en témoigne, son amour du dialogue et des répliques vives et spirituelles traversant l’ensemble de ses ouvrages tel une vague déferlant sur la plage à marée haute. Ses publications s’étalent sur une bonne douzaine d’années, sa plume ne jetant que rarement l’ancre.

Mais qui est notre écrivain? Né à Soignies (Belgique), fils d’un père philologue classique (UCL) et d’une mère régente germanique (+), Thierry-Marie Delaunois présente un parcours peu ordinaire, sortant des sentiers battus.En effet la diversité de ses fonctions successives pourrait en étonner plus d’un: employé administratif, assistant de laboratoire clinique, rédacteur, assistant en informatique dans une école de promotion sociale, collaborateur au sein d’une société d’assurances, un temps représentant en articles diversifiés, rien ne semblait présager d’une future plume prolixe bien que notre auteur rédigeait déjà par intermittences de courtes réflexions et considérations dans le courrier des lecteurs de divers journaux locaux et nationaux. Avant le début de l’ère du numérique.

   Auteur, chroniqueur littéraire et événementiel (notamment des Rencontres Littéraires de Bruxelles se déroulant à l’Espace Art Gallery), depuis janvier collaborateur culturel au sein d’un magazine, membre du réseau Arts et Lettres fondé par Robert Paul et membre de l’Association des Ecrivains Belges de langue française (A.E.B.), Thierry-Marie Delaunois consacre actuellement une grande partie de son temps à la mise en valeur de nos Lettres dont il dit: “Véritable expression de notre profondeur et de nos émois face aux dérives et aux travers de notre monde, elles témoignent sans conteste de notre combat au quotidien sur tous les fronts et de notre survie, mission première: enseigner et transmettre!”

   Ses publications:

“Reflets”, suspense policier, éditions Bénévent, 2007. Deux jeunes femmes aux prises avec un assassin...et la police!

”Troubles et incertitudes”, drame psychologique, éditions Bénévent, 2008. Arthur finira-t-il par succomber aux charmes de Chloé?

”Y croire…”, drame romantique, éditions Bénévent, 2011. Un seul regard suffit-il pour tomber amoureux?

”L’île joyeuse”, suite à “Troubles et incertitudes”, éditions Edilivre, 2013. Que dissimule la jeune Yin? Un souvenir traumatisant?

”Raconte-moi Mozart…”, drame psychologique, éditions Edilivre, 2013. L’histoire d’une rencontre improbable.

”Au fil d’Isis”, recueil de nouvelles et de poésie, éditions Edilivre, 2015. Qui est donc Isis de Saint-Cognac?

“Auprès de ma blonde”, suspense psychologique, éditions Chloé des Lys, 2016. Un parc, un lac, une belle blonde, une tragédie imminente?

”Les trois épreuves d’Isis”, recueil de nouvelles et de poésie, éditions Edilivre, 2017. L’odyssée tumultueuse d’une femme entre Paris et Bruxelles.

“Sur sa faim!”, pièce tragi-comique en trois actes, éditions Edilivre, 2018. Stéphanie et son mari se prennent la tête. Pour des broutilles?

“Syncope”, nouvelle, éditions Lamiroy - Collection Opuscule, 2018. Deux soeurs jumelles de huit ans disparaissent subitement...un kidnapping?

“Connectée”, drame psychologique, Les Associations Bernardiennes, 2019. Après avoir subi un choc sévère, Marie, seize ans, cherche le salut sur la toile. Un septième roman, dernière parution en date de l’auteur qui tente de nous faire prendre conscience ici des dangers liés à une utilisation abusive et inadéquate du numérique, particulièrement des réseaux sociaux.

   “Que serait notre monde sans Arts ni Lettres? Serait-il aride, vide de toutes formes de créativité, d’expression, d’émotion, d’exaltations? J’ai toujours eu en moi, paraît-il, la fibre littéraire mais le véritable appel ne s’est produit qu’en 2004 à la suite d’un dramatique événement qui m’a sérieusement marqué.” peut-on lire sur un flyer consacré à l’auteur. Le lecteur qui connaît quelque peu l’oeuvre de Thierry-Marie Delaunois ne peut ici qu’approuver: l’écriture est bel et bien l’une des voies qui semble le mieux correspondre à la personnalité de l’écrivain que l’on a qualifié par-ci par-là d’homme de lettres ou de l’être, et grand admirateur des auteurs classiques et de leur style, Thierry-Marie la suit à présent allegro non troppo, écoute et sensibilité au coeur. Peut-on toujours souhaiter bon vent à sa plume?

N.D.L.R.

Lire la suite...

VIDE...

 Vide comme la bouteille au lendemain de la fête

Comme la corbeille versée au matin des poubelles...

Comme la vie qui s'étiole et nous laisse tout bête

Oubliant un instant notre âme de rebelle!

L'été court vers sa fin et nos ambigüités...

Soleil ou bien la pluie, s'embrouillent les envies...

Monte le sentiment de la finalité

Si le diable s'amuse, se perd aussi la vie!

Alors, vidons bouteilles et froissons les papiers

Les souvenirs s'entassent au fond de nos poubelles...

A quoi peut-il servir de rester en dernier

Pour être loin de toi lorsque le jour s'éveille?

J.G.

Lire la suite...

Envolée...

 Douceur, chaleur, moiteur...

Le décompte de l'été...

Et cette rage au cœur

De vouloir profiter!

Dans le jardin paisible

Où pépient les oiseaux

Quelques souvenirs audibles

A l'ombre des arbrisseaux

Chercher, penser, rêver...

Poursuivre encore un peu

et se sentir bercé

Dans des bras amoureux...

Au fond de l'âme en peine

Une lueur d'espoir

Vers la vie nous entraine...

S'il suffisait d'y croire!

La terre, la mer ou l'air?

Qu'importe l'élément...

Au diable les mystères

Danser avec le temps!

J.G.

Lire la suite...
administrateur partenariats

Le goût du chocolat.

12273314893?profile=original

De retour de vacances, un manque cruel se fait sentir...on est belge ou on ne l'est pas, mais il y a plus que cela.

Le chocolat Côte d'Or, c'est mon enfance, mes parents, le petit déjeuner sur la table de la cuisine avec le vrai pain du vrai boulanger, le lait de la ferme en face, le bon beurre bien jaune, l'odeur du chocolat fondu sur la taque de la cuisinière à charbon, ma mère en tablier, on n'était pas riche, mais on était heureux, et ce chocolat, c'était notre luxe à nous.

Et chaque bouchée, encore, me le rappelle....

Et si tout a changé, que la mondialisation est passée par là, que le charbon a disparu, ainsi que le vrai lait et le vrai pain, que mon enfance s'est envolée, les jours heureux sont à jamais gravés dans ma mémoire. Ils ont fait de moi ce que je suis, et ce que j'ai transmis à mes enfants, le lien du chocolat en fait partie et ils se souviennent tout comme moi de ces saveurs de l'enfance chez leurs grands-parents.

Nostalgie, quand tu nous tiens...

Lire la suite...

Sortie de mon nouveau livre : Le fauve.

12273314498?profile=original

Le Fauve...

L'innocence, c'est ce qui te permet d'aller avec un peu de confiance dans la vie.
C'est ce qui te permet d'aimer vraiment les gens, la vie tout simplement.
J'étais un enfant comme les autres, sociable, pas plus mauvais, pas plus violent...
Cette innocence, je viens de la perdre !

Qui a la base m'a fait perdre cette innocence ?
Mon père alcoolique et violent ? Ou ma mère, bien trop soumise ?
Les copains désœuvrés, en bas de ma cité HLM ?
Les flics ou les juges ? La prison ?

Oh, je ne me plains pas ! Non ! J'assume mes erreurs, mes mauvais choix !
Je sais qu'il n'y a plus d'alternatives pour moi !
Percés par les balles des flics.

Mais tout de même, tout gosse, une main tendue aurait suffi.
Je ne l'ai pas trouvé !
Celles qui se sont tendues l'ont fait pour mettre un calibre dans la mienne.

Je n'étais pas un enfant méchant, loin de là ! Je voulais juste qu'on m'aime un peu !
Je voulais qu'on me porte l'attention que mérite tout enfant, tout adolescent.
Qu'on me traite comme un enfant, mais certainement pas comme le dernier des rats !
Le fait est là, de l'enfant doux, affectueux, conciliant que j'étais, ils ont fait un fauve.

Mais je vous raconterai ça dès septembre (2019)...

Disponible en prévente sur : Le livre en papier

Lire la suite...


C’est en 1849 que Kierkegaard publie cet ouvrage. Sous forme de trois "Discours" d'édification religieuse, il s'adresse aux affligés, les invitant à la contemplation des lys des champs et des oiseaux du ciel, divins maîtres selon l' Evangile de saint Matthieu. L' affligé repousse en effet la pitié humaine qui le tourmente, l' humilie et le conduit en outre à faire des "comparaisons": mais seul, au milieu de la nature, il est délivré de l' anxiété de la comparaison, car les êtres de la nature, entièrement différents, ne peuvent susciter son envie. La vue du lys et de l' oiseau le détourne de sa peine et lui rend le calme, lui apprenant à "se contenter de sa condition humaine".

Les lys sont merveilleusement parfaits dans leur simplicité: combien l'homme ne le serait-il pas davantage du fait qu'il est une créature humaine, chef-d'oeuvre de la création! Mais, séduit par son propre esprit insatisfait et capricieux, qui finit par lui faire oublier sa qualité humaine, l'incitant à se plaindre des différences entre l'homme et l'homme, ainsi poussé vers d'inaccessibles chimères, il finit par sombrer dans le découragement. L'enseignement du lys, à qui le tourment de la comparaison et de la jalousie est inconnu, délivre l'esprit de l'homme des préoccupations mondaines. L' oiseau, qui vit au jour le jour, insoucieux du lendemain, le libère de cet ordre matériel, car qui le nourrit, sinon Dieu? Aussi l'homme apprend-il qu'il est également nourri par le Père céleste: même lorsqu'il aura rempli ses greniers du fruit de son travail, il ne devra pas s'imaginer avoir subvenu de lui-même à ses besoins. Toutes nos préoccupations naissent de notre manie de comparer: l'homme se compare à son semblable et compare entre eux les jours de sa vie. Mais les lys et les oiseaux nous enseignent à être simplement et joyeusement nous-mêmes. Ils sont le ravissement divin de l'affligé, car la nature détient une capacité infinie de persuasion. Par les lys et les oiseaux, l'homme est amené à considérer "la munificence de la condition humaine".

Un penseur païen a déjà parlé de la supérieure dignité de l'homme, de la noblesse que lui donne la station droite, attitude de commandement. Mais ce docte oubliait Dieu. Le mérite d'une telle dignité ne revient pas à l'homme. Dieu l'a créé et il est semblable à Dieu, non par sa forme sensible et périssable, mais par la gloire invisible de l'esprit: l'homme peut avoir la révélation du Créateur et l'adorer, ce que jamais ne pourra faire la nature, privée de conscience. Et de même, l' oiseau, insouciant du lendemain, n'a pas le sens du temps et de l' éternité propres à la conscience humaine: aussi son influence est-elle bénéfique, mais inconsciente. Du seul fait qu'il peut travailler, souffrir, adorer, l'homme est infiniment supérieur aux lys et aux oiseaux, lesquels finissent même par s'attirer la compassion de l'affligé, venu vers eux pour être consolé. Car la vie de la nature est splendide mais éphémère, et sa beauté renferme une tristesse inexprimée. La liberté lui étant inconnue, elle sert la gloire de Dieu sans l'avoir choisi. La faculté de choix n'est réservée qu'à l'homme, lui seul peut choisir entre Dieu et Mammon: telle est sa gloire, tel est le caractère admirable de sa condition, par ailleurs extrêmement périlleuse. L'homme est donc infiniment supérieur à la magnificence de la nature, car il est libre, pouvant de son propre chef adhérer au royaume de Dieu: les lys des champs et les oiseaux du ciel lui ont appris "le bonheur réservé à la condition humaine".

Cet ouvrage admirable de simplicité et de force persuasive, vise à déterminer les catégories de "personne" ou d' "individu", essentielles à la pensée, religieuse mais anti-ecclésiastique, idéaliste mais anti-hégélienne, de Kierkegaard. Pour lui, l'homme authentique, l'homme pur et simple, n'atteint son "être" propre qu'en se mesurant à l' éternel, hors des rapports trompeurs de la vie sociale.

Lire la suite...

ROUGE...

Rouge, comme le liquide précieux qui coule dans nos veines

Comme la rose odorante au petit matin blême...

Comme le feu dévorant que ton regard rejette

Comme le soleil couchant qui dans la nuit se jette!

Rouge, comme les idées parfois que la colère professe

Comme des joues qui s'embrasent et l'émotion confessent!

Comme au milieu des blés ces fleurs trop fragiles

Qui posent la question des guerres inutiles!

Rouge, comme un désir brûlant qui cherche apaisement

Comme le peintre éploré qui découvre l'instant

Oubliant la douceur, laisse éclater son cœur

Et nous démontre ainsi qu'il ne sert d'avoir peur!

J.G.

Lire la suite...

12273313892?profile=originalIl n’est plus secret gardé de prétendre que la méfiance fait partie de mon environnement. Si l’on me dit qu’untel ou qu’unetelle écrit remarquablement, je me refuse à le croire sans y avoir posé le regard.

Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, mais de prendre le risque de décrire un ouvrage pour raison que l’écrivaine soit belle, que l’auteur porte le verbe haut perché, qu’il est petit, drôle, élégant, tremblotant ou même agonisant serait prendre le lecteur pour un idiot.  En raison du respect que je lui porte (au lecteur pas à l’idiot), je me dois de fréquenter un minimum de neutralité.  Pourquoi vous assommer avec ce genre de propos ?  En raison des quelques lignes qui vont suivre, en raison qu’il me semblait important de préciser que je n’ai aucune intention d’offrir un cadeau promotionnel à un ouvrage s’il ne m’avait pas séduit.

Lui, il n’est pas grand, il n’est pas petit non plus…  Ce n’est pas encore un homme et cependant, il semble dépasser, et de loin, la maturité de certains exposants rencontrés au fil de mon voyage autour de la francophonie. 

C’est dans le Salon organisé par sa maman, l’écrivaine et Chroniqueuse Virginie Rebujent, que j’ai fait la connaissance de son premier roman.  Il me l’a tendu d’une main ferme, sans fausse pudeur, mais tout de même, on sentait dans ce geste une forme de réserve, de timidité et si je ne lui avais pas sollicité un autographe, probablement qu’il n’y aurait pas songé.  S’il m’a tendu le fruit de son travail ce n’est pas par orgueil, au contraire, depuis longtemps (tout est relatif) je lui avais demandé de me réserver la primeur de ce livre qu’il m’avait annoncé.  Était-ce vantardise d’adolescent ?  Je ne pouvais le dire, j’avais comme un pressentiment.  Dans le secret de mes délires, j’étais en attente.  Étais-je fou d’y croire ?  Non, je l’en croyais capable, un éclat dans le regard démontrait qu’il n’abandonnerait pas le chemin qu’il venait d’emprunter.  S’il me donna raison, j’ignorais si ses écrits méritaient l’engouement de ses parents.  Allez savoir, entre le cœur et la raison, qui peut prétendre renier le fruit de son éducation ?

Clovis Rebujent-Rouquette est, si l’on en croit la définition du dictionnaire, encore un enfant.  La tête solidement posée sur les épaules (c’est une image, ne m’écrivez pas pour critiquer cette phrase en me décrivant l’anatomie, je sais très bien qu’il y a le cou, etc.) semblait méditer derrière une pile de livres.  Des heures durant, immobile et souriant, il attendait le lecteur sous un soleil méchant…  Plus loin, à l’abri des éléments, certaines plumes vieillissantes ergotaient sur les points et les virgules en revendiquant la perfection de l’écriture.  Ma mauvaise humeur fit germer l’envie de demander si cette perfection avait quelque chose à dire ou, au contraire, servait de somnifère aux lecteurs pris au piège de ce genre de babillage.  Cancre j’étais, cancre je suis resté, je préfère la liberté du ciel quitte à souffrir devant les révisions.  Le lendemain, après une journée de patience, Clovis revenait à sa table tandis que certains donneurs de leçon brillaient par absence.

Clovis Rebujent-Rouquette m’a donc offert son premier roman.  Pris au piège je ne savais que faire.  Je déteste les esprits faux, les compliments gratuits, j’allais donc le lire en offrant mon avis comme je le fais pour n’importe quel ouvrage.  Certes, je n’ai aucune intention de blesser (qui suis-je pour oser approcher le rôle du confident ?), mais en posant « ma » vérité, celle d’un lecteur pas si différent des autres.  J’avoue que ma lecture se fit plus critique que je ne l’aurais voulu.  En voulant éviter de tomber dans la démagogie, j’ai triché par excès de sévérité.  Ce n’est pas juste, et cependant, de cette attitude naîtra une conclusion sans appel.  Ce livre est une réussite.  Certes, vous y découvrirez quelques petits péchés de jeunesse (il y a des vieux qui n’ont jamais pu s’en débarrasser), mais la vie n’est elle pas faite pour nous permettre d’évoluer ?

Voici donc mes conclusions en vous rappelant cependant que je ne suis ni juge ni Dieu, juste un homme qui partage ses passions.

Avant d’ouvrir le livre, les yeux découvrent l’équilibre d’un premier de couverture construit avec intelligence.  Rien de trop, couleurs harmonieuses, titre se fondant dans une chorégraphie légère. 

Après ce petit plaisir, on tourne les pages pour découvrir l’histoire…  Le texte est surprenant de maturité.  Écriture incisive, modelant l’intrigue à l’aide d’un phrasé dépouillé.  La lecture se fait sans heurt…   Les personnages suivent leurs destins, l’intrigue vous invite à continuer et continuer encore jusqu’à ce que la dernière page se présente.  À cet instant précis, on dépose le livre les yeux collés au plafond, en espérant qu’une suite ne tardera pas à fleurir.

Je vous parlais de péchés de jeunesse, rien de grave, juste le temps que l’écrivain prenne ses marques.  Un peu moins d’empressement dans la narration offrirait un voyage de plus longue haleine.  C’est un peu comme si les détails dérangeaient le narrateur.  J’aimerais sentir les effluves des paysages traversés.  J’aimerais découvrir les vibrations des « non-dits ».  Bien entendu, ce ne sont que des détails, ils viendront avec le temps, ils viendront quand les obligations de la vie permettront à l’auteur d’avoir le temps de s’étendre plus longuement.  N’empêche, qu’importe les faiblesses ; c’est tout de même un instant précieux que de découvrir le premier roman d’un auteur qui semble avoir un bel avenir.  L’écrivain, Clovis, pourrait mettre en place un nouveau style à condition de prendre conscience de la force de son talent sans tomber dans la facilité de croire qu’il est devenu le nouveau grain d’oraison qui va changer le monde.  C’est à l’instant de la reconnaissance qu’il faudrait se remettre en question.  Clovis est un auteur en devenir, un écrivain sur lequel je pose la main en  toute confiance, car j’imagine qu’un jour on se le disputera, mais, à une condition, c’est qu’il garde l’humilité, qu’il se garde des compliments faciles et qu’à chaque mot écrit, il pose la question fondamentale :  Ais-je tout donné comme au premier jour ?  Vais-je me faire aimer par celle ou celui qui n’a rien à gagner à me couvrir de lauriers ?

Bienvenu dans le monde de la difficulté.  Clovis, parce que je te considère comme un fils adoptif, que puis-je écrire qui ne serait fébrile ?  Je pose le clavier en toute humilité  et je quémande aux dieux d’épargner  l’innocence.  Te voici plongé dans un milieu qui ne pardonne rien, surtout pas le talent car le talent dérange.  Prend garde de ne pas te faire briser par l’orgueil, ce pauvre costume usité par ceux qui ne mérite en rien nos regards.  Reste digne de ceux qui te lisent, c’est eux qui te font vivre…  En attendant, merci pour ce cadeau

Lire la suite...

L’actualité littéraire n’est pas un chemin dénué d’obstacles. En effet, si l’on considère le nombre d’ouvrages publiés chaque année, nous sommes amené à faire des choix même si ces choix tentent de partager l’originalité. Au fil du temps, les yeux se posent sur des récits de vie, des témoignages poignants et si l’on en parle en mode homéopathique c’est que nos choix se posent lorsque le cœur s’anime…

Si J’ai découvert « L’échelle des Zagoria » édité par Académia c’est un peu par hasard.  Certes, un exemplaire presse m’avait été envoyé par la maison d’édition, mais tout de même, d’autres ouvrages attendaient ma lecture et malheureusement, mes journées ne font pas éternelles.  C’est donc dans la précipitation, parce qu’il y avait un avion à prendre, que j'étais en retard, que j’ai saisi le premier livre en attente.  Somme toute, le destin faisant bien son travail, j’ai abordé l’écriture de Marie-Bernadette Mars avec ce petit chatouillement au ventre, ce qui ne trompe jamais, car par ce signal,  on devine que ce livre mérite d’être compagnon précieux.

« L’échelle des Zagoria » par la qualité d’écriture est une sorte d’ensorcèlement et probablement la preuve que la solidarité intergénérationnelle est une source dans laquelle on peut trouver le plus tendre des trésors.  Une histoire d’amour, de tendresse, de respect certainement.  Ce livre allait m’aspirer au point que j’en oublierai de compter le temps et qu’une hôtesse me rappela à l’ordre en diffusant mon nom pour un dernier appel. Je me suis précipité avant que ne se ferme le comptoir d’embarquement.  Cette distraction me fit sourire, elle se mariait à merveille aux premiers chapitres.

Ainsi, sous l’ombre de l’oubli se met en place une quête de souvenirs ancestraux.  Le récit nous place en témoin, témoin d’une petite fille entourant sa grand-mère avec toute la tendresse qu’il est possible d’offrir lorsque la maladie transforme les souvenirs, change le caractère et use la patience.  Comme un spectacle triste qui panache les textes, se dévoile une copie du vivant, une copie qui ne porte pourtant plus les parfums d’autan.

Le roman de Marie-Bernadette Mars nous offre une sorte d’initiation ou plutôt, oui c’est cela, une quête à la recherche des silences du passé. Il a fallu que l’oubli s’en mêle, que les souvenirs se mélangent, qu’une grand-mère prenne conscience que la dégénérescence provoquée par la maladie risquerait, peut-être, de dévoyer la vérité. Un sursaut de lucidité, une éclaircie qui permet à Stamatia de proposer à Léa d’entreprendre un voyage aux Zagoria. Voyage par procuration au cœur des souvenirs désertés par amour et vers lesquelles elle n’est jamais retournée. Nous voici plongé au cœur de la Grèce, de l’histoire, de ces débordements qui broderont l’Europe en rappelant qu’il n’y a pas si longtemps que cela, la liberté s’appelait "espérance" et qu’il n’était pas toujours sage de possèder le "franc parlé".

« L’échelle des Zagoria »  est un livre que l’on déguste avec les yeux, le nez et toutes les perceptions.  Les femmes sont au cœur de la narration et pour cause, Marie-Bernadette Mars est, semble-t-il, sensible à la condition de la femme à travers les lieux et les époques.  Je vous avoue que ce roman mérite que l’on arrête le temps.  Lire et s’arrêter de lire,  poser de temps en temps les yeux sur la ligne d’horizon afin d’affronter mille et une questions sur ce que pourraient être les relations humaines.  Ah qu’il serait heureux de vivre si l’on possédait le courage de tourner nos priorités vers ceux qui nous ont élevés.  Et puis, il y a l’accueil, les portes ouvertes, le respect de l’autre…  Voilà, je ne vais pas plus loin, je vous laisse à cette découverte, une oasis posée là, sans faire de bruit mais dans laquelle coule une eau si fraîche qu’on la déguste en signe d’oraison.

Lire la suite...
Le XIX ème siècle, surtout dans sa seconde moitié, se révèle être un siècle paradoxal : d’une part, l’on assiste à l’émergence de nombreux états nations concurrents et antagonistes ; d’autre part, l’unité culturelle de l’Europe se trouve à un moment d’apogée. La Belgique, au carrefour de l’Europe et des forces d’unité culturelle et de fragmentation politique qui la traversent, n’échappe évidemment pas à ce paradoxe. La naissance d’un nouvel État Nation. En 1815, faisant suite à l’effondrement de l’empire napoléonien, le Congrès de Vienne décide la réunion de la Belgique et de la Hollande en un royaume des Pays-Bas. Cette union, contre nature, provoque une opposition culturelle, religieuse et linguistique de la part des Belges. Celle-ci conduit rapidement à une insurrection bruxelloise qui amène en 1830 la proclamation de l'indépendance de la Belgique. L’indépendance de la Belgique est reconnue par la conférence de Londres de 1831 qui garantit la neutralité au nouvel État. Léopold Ier prête serment à la Constitution le 21 juillet 1831 et en devient le premier souverain : le royaume de Belgique est né. La création de ce nouvel état nation n’est pas un phénomène isolé en Europe. Qu’il suffise pour s’en convaincre de songer à l’Italie (1848), à la Pologne(1815-1918), à l’Allemagne( 1815-1834-1871), à la Serbie (1878), à la Bulgarie (1878-1908), à la Grèce (1830)… L’affirmation de la Nation par l’Histoire… Dans ce mouvement d’éveil des nationalismes, l’histoire fut souvent appelée à la rescousse pour affirmer la nation. Les historiens belges n’échappèrent pas à cette démarche. C’est ainsi que Henri Moke (1803-1862) dans son Histoire de la Belgique qu’il publie en 1839 annonce clairement son intention : «… au-dessus de la ville et de la province, j’ai toujours cherché à faire entrevoir l’unité nationale qui se préparait lentement, mais à laquelle le pays devait parvenir un jour ». Comme Jacques Stiennon le souligne de manière remarquable, les historiens belges ou de la Belgique comme Gérard (1863), Wauters ( 1817-1898), Gachard (1800 1885), Stecher (1820-1909) ou Kurth (1847-1916) « avaient sans doute compris que dans un pays qui venait de conquérir depuis peu son indépendance, l’idée nationale allait se développer avec une acuité particulière et que le jeune État belge allait, pour justifier son existence, rechercher des arguments dans l’arsenal de l’histoire… » [1] Cette entreprise trouva sans doute son expression la plus significative dans l’Histoire de Belgique (1900) du grand historien Henri Pirenne qui dès le premier alinéa de son introduction fixe clairement ses idées : « il s’agit de retracer l’histoire de Belgique au Moyen Âge en faisant surtout ressortir son caractère d’unité ».[2] …et par la peinture… Les peintres belges contribuèrent aussi à ce grand mouvement d’affirmation de la Nation. C’est ainsi que nombre d’entre eux recherchèrent des thèmes qui pouvaient justifier l’existence même de la jeune Belgique. Ainsi les figures et les évènements de la période bourguignonne[3] , considérée comme prospère et politiquement stable, furent parmi les sujets privilégiés de ce courant de la peinture belge. Les portraits de Philippe le Bon ou de Marie de Bourgogne se multiplient. Aujourd’hui encore l’hémicycle du Sénat propose aux visiteurs des scènes de la Cour des Ducs de Bourgogne, en particulier de Philippe le Bon, peints par Louis Gallait. Henry Leys (1815-1869) peint en 1862 L’Institution de la Toison d’Or, œuvre qui glorifie cet ordre chevaleresque et nobiliaire fondé en 1429 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et destiné à propager la foi catholique. Certes l’Histoire est revisitée pour en conserver les moments heureux éliminant les guerres fratricides ou les périodes de famine. Les moments douloureux sont seulement retenus lorsqu’ils permettent de développer la fibre patriotique. C’est ainsi que se multiplièrent les compositions évoquant les moments de la résistance aux espagnols. Ainsi Le peintre Louis Gallait, installé à Paris où il avait des commandes pour Versailles, n’oubliait pas son pays et envoyait en primeur à Bruxelles, des tableaux monumentaux aux sujets dignes d’intéresser les belges et de leur rappeler leur glorieux passé comme L’Abdication de Charles Quint, de très grand format et remarquée au Salon de 1841.[4] De même par Les Derniers Honneurs rendus aux comtes d’Egmont et de Hornes, par le Grand Serment de Bruxelles (1851), Louis Gallait nous rappelle la tyrannie du Duc d’Albe.[5] L’œuvre fit sensation en 1851 au Salon de Bruxelles puis à Tournai lors de son acquisition. Le tableau représente une foule compacte qui se presse et assiste à une exécution. Le sujet, épisode dramatique de l’oppression espagnole aux Pays-Bas, est symbolisé par la présence vers le centre d’un espion du Duc d’Albe et d’un militaire au chevet des Comtes d’Egmont et de Hornes décapités à Bruxelles le 5 juin 1568. La toile décrit le moment où, la nuit suivante, les arbalétriers de la ville vinrent leur rendre hommage. Henry Leys fait également revivre ce passé, en particulier dans La Furie espagnole où il évoque avec une fougue toute romantique les épisodes glorieux et douloureux de cette période espagnole. Mais cette volonté artistique de renouer avec le passé s’exprime aussi par un retour aux styles des œuvres des grands artistes du passé et plus particulièrement à celui de Pierre Paul Rubens. Certains n’hésitèrent d’ailleurs pas à parler de « prérubenisme ». [6] Cette « passion rétrospective », pour reprendre l’expression de Charles Baudelaire[7] , se retrouve d’abord chez Henri Leys mais aussi chez Gustave Wappers à l’académie d’Anvers, Joseph Lies ,Nicaise De Keyser ou James Tissot. Les « prérubenistes » flamands reviennent ainsi par souci de l’exactitude et de l’analyse à l’art des maîtres septentrionaux des XVème et XVIème siècles. Ils en souhaitent retrouver l’inspiration, la fraîcheur et la force. Le plus souvent, il se contente d’en imiter l’écriture et les tics.[8] Les artistes ne se contentent cependant pas d’une plongée vers ce passé préfigurant la Belgique. Ils magnifient aussi les journées révolutionnaires de 1830 qui amenèrent la Belgique à l’indépendance. Ainsi le tableau de Gustave Wappers Épisode des journées de septembre 1830 –ressemblant à une caricature de La Barricade de Delacroix- est saluée dans l’Europe entière. Cette oeuvre conjugue parfaitement l’élan romantique et l’élan patriotique. Peint au moment d’une contre offensive hollandaise, le tableau représente un tas de corps blessés et mourants réunis autour du drapeau belge. La scène se déroule sur la Grand Place de Bruxelles, symbole des libertés conquises au fil des siècles. Camille Lemonnier parla à son propos de « … la Marseillaise d’un peuple nouveau …». Paul Fierens tempéra quelque peu le propos en parlant plutôt de Brabançonne mais non sans rappeler que si « La Brabançonne n’est pas un chef d’œuvre, nous ne l’entendons pas sans émotion. N’est-ce pas une émotion du même ordre qui s’empare de nous quand nous regardons la grande toile de Wappers ?»[9] Si Épisode des journées de septembre 1830 est le plus emblématique de ce type de tableaux et de composition, d’autres peintres viseront à éblouir le spectateur et à magnifier ces moments où la Belgique se crée. Songeons à Auguste Chauvin (1810-1884), à Charles Coubre (1821-1895) à qui nous devons Départ des volontaires liégeois sous la conduite de Charles Rogier ou L’arrivée de Charles Rogier et des volontaires liégeois à Bruxelles ou encore à Henri de Caisne qui peint en 1835 La Belgique couronnant ses enfants.La Belgique y est représentée sous les traits d’une femme entourée de personnages célèbres de l’histoire de la Belgique ( Godefroid de Bouillon, Philippe le Bon…) et à ses pieds le lion belge. …la sculpture et l’architecture. La sculpture urbaine participa également de ce mouvement d’affirmation de la nation par l’Art. Tantôt il s’agit d’éblouir et d’instruire le nouveau citoyen belge en rendant présent dans la ville les moments prestigieux de son passé. À Bruxelles, Eugène Simonis installe place Royale la statue à cheval deGodefroid de Bouillon, duc de Basse-Lorraine (1089-1095) qui fut le principal chef de la première croisade et fonda le royaume de Jérusalem (1099) qu’il gouverna avec le titre d'«avoué du Saint-Sépulcre». À Liège, Louis Jehotte nous laisse un Charlemagne à cheval dans un style métissé de néo-classicisme et de romantisme. Tantôt ce sont des monuments à la gloire de ceux qui firent l’indépendance de la Belgique. En 1838, Guillaume Geefs exécuta, à la suite d’un concours, l’allégorie de La Belgique triomphante qui occupe le centre de la place des martyrs à Bruxelles. Cette sculpture fût pendant un certain temps dépréciée à cause de sa prétendue ressemblance avec la Vénus de Milo. Aujourd’hui cette proximité apparaît cependant à l’œil averti assez vague et lointaine. En 1859 c’est Joseph Poelaert qui conçoit et inaugure la colonne du Congrès à Bruxelles qui rappelle l’adoption en 1831 de la constitution belge par le Congrès National. La colonne est surmontée d’une sculpture de Léopold Ier que nous devons à Guillaume Geefs. Dans le domaine de l’architecture, Baudelaire dans Pauvre Belgique n’hésite pas à parler de « pastiches du passé » ou pour les églises de « contrefaçons du passé ».[10] Si cette volonté de restauration du passé dans l’architecture n’est pas spécifique à la Belgique –songeons à l’œuvre de Viollet-le-Duc- , l’intention de concourir par ce rappel du passé à la cohésion nationale est évidente et ce, tout en respectant les hiérarchies symboliques de la ville. « Ces styles se paraient d’une valeur sémantique d’équivalence dans l’espace homogène de la ville moderne : ainsi, en Belgique, le néo-gothique fut l’expression du religieux, le néo-flamand Renaissance celle du sentiment civique et nationale (hôtels de ville), le néo-grec baroque celle de la dignité judiciaire (palais de Justice de Poelaert). À noter que l’éclectisme traduisait aussi la hiérachie sociale, soulignant dans l’ordonnacement des styles le coût des matériaux. Liés à la résurgence du sentiment national, les prolongements de l’historicisme en Belgique parurent spectaculaires … »[11] Le XIXème, au delà des nationalismes. Ce survol de l’art belge enchassé dans les aspirations nationales de la Belgique naissante pourrait donner une image injuste du XIXème siècle et de l’art qui le traverse. Sur le plan politique, il serait injuste de le réduire à celui du capitalisme triomphant et des nationalismes qui conduirent l’Europe à Verdun puis Auschwitz. Sur le plan artistique, il serait injuste de ne voir le XIXème siècle que comme celui qui « a rêvé d’être tous les autres et qui n’a pas eu … le simple courage d’être lui-même, de se connaître tout d’abord de s’accepter sans réticences et de se produire à visage ouvert. »[12] Bien évidemment, il ne faut pas cacher la face sombre de l’Europe du XIXème siècle : colonialisme, conditions de vie misérable pour la plupart des citoyens, âpretés des rivalités nationales et la folle course aux armements qui nous projetèrent vers l’abîme. Mais le XIXème siècle européen fût aussi celui de l’innovation, des découvertes scientifiques, des conquêtes sociales et des libertés fondamentales et des sources esthétiques de notre siècle. Formidable unité culturelle et même politique que cette seconde moitié du XIXème siècle puisqu’il fallut attendre 1989 pour que le record de la plus longue période de paix de l’histoire de l’Europe fut battu. La Belgique a participé activement à toute cette épopée et à tous ces mouvements européens. Sans évoquer les autres champs de l’activité humaine, songeons dans le domaine de l’art à Horta et l’Art Nouveau, à Ensor, à Meunier, à Khnopff, à Spilliaert, à Rops, Rik Wauters…qui contribuèrent à forger l’esthétique moderne de l’Europe. Oui la Belgique du XIXème siècle est bien la fille des nationalismes mais elle participe aussi de notre Europe, fille de cette époque. Bibliographie. 1. Monographies. Dumont (G-H), Histoire de la Belgique, Bruxelles,Le Cri,1995. Eemans (M), Les trésors de la peinture européenne, Bruxelles, éditions Meddens, 1996. Mabille (Xavier), Histoire politique de la Belgique. Facteurs et acteurs de changement, éd. Complétée, Bruxelles, CRISP, 1992). Pomian (K), L’Europe et ses nations, Paris, Gallimard, 1992. Smeets (A), L’art flamand d’Ensor à Permeke,Bruxelles, éditions Meddens, 1992. Vercauteren (F), Atlas historique et culturel de l’Europe, Bruxelles, éditions Meddens, 1962. 2. Ouvrages collectifs. La Belle Europe, Le temps des expositions universelles 1851-1913, Bruxelles, Tempora, 2001. Encyclopédie artistique belge, L’Art, 2 Tomes, Bruxelles, La Renaissance du Livre, date de la nouvelle édition non précisée. Encyclopedia Universalis, V° Belgique. Histoire mondiale de l’Art., Verviers, Marabout université, 6 volumes, 1966. Huit siècles de Peinture. Trésors des Musées Belges, Bruxelles, Arcade, 1969. Paris-Bruxelles ; Bruxelles-Paris, Anvers-Paris, Fonds Mercator-Réunion des Musées Nationaux, 1997. La Wallonie, le pays et les hommes, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1978. Notes [1] Stiennon (J), Les régions wallonnes et le travail historique de 1805 à 1905, in la Wallonie, le pays et les hommes, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1978, p 458. [2] Cité par Stiennon (J), op.cit., p 460. [3] C’est sous les ducs de Bourgogne (XIVe-XVe s.) qu’est tentée l’unification des Pays-Bas dont l’histoire se confond avec celle des principautés belges, fief français (Flandre) ou États du Saint Empire romain germanique. [4] Un Salon est une exposition collective périodique d'artistes vivants. Le premier Salon officiel, réservé aux académiciens, se tint au Louvre en 1667. [5] Le Duc d’Albe est un général de Charles Quint et de Philippe II (Piedrahíta 1508 - Lisbonne 1582) et Gouverneur des Flandres (1567-1573) où il exerça par l'intermédiaire du Conseil une violente répression contre les protestants, qui fut à l'origine de la révolte des Pays-Bas. [6] Fierens (P), La peinture au dix-neuvième siècle, in Encyclopédie artistique belge, L’Art, Tome 2, Bruxelles, La Renaissance du Livre, date de la nouvelle édition non précisée, p 447 [7] cité par Lacambre(G), Le voyage dans le temps, in Paris-Bruxelles ; Bruxelles-Paris, Anvers-Paris, Fonds Mercator-Réunion des Musées Nationaux, 1997, p 78. [8] Fierens (P), op.cit., p 447. [9] Fierens (P), op.cit., p 439. [10] Zazzo (A), L’historicisme comme méthode, in Paris-Bruxelles ; Bruxelles-Paris, Paris-Anvers, Fonds Mercator-Réunion des Musées Nationaux, 1997, p 74. [11] Zazzo (A), op.cit., p75. [12] Fierens (P), op.cit., p 410.
Lire la suite...
administrateur théâtres

 My Fair Lady à Bruxelles 

Auriez-vous eu par hasard vent de  l’exposition sur la vie d’Audrey Hepburn, « Intimate Audrey »* , créée cette année à Bruxelles par son fils Sean Hepburn Ferrer, pour fêter  les  90 ans de sa mère, dans la ville natale de l’artiste ?  Celle-ci se tient  depuis le  1er mai et jusqu’au 25 août 2019 dans l’Espace Vanderborght. Sielle est passée inaperçue  et qu’elle ne vous a pas particulièrement fait dresser l’oreille, voici pour  l’artiste  comme pour nous, un merveilleux cadeau.

Il est  offert par le festival « Bruxellons » qui propose un « My Fair lady » éblouissant, vigoureux comme aux premières heures, débordant de verve et de bienveillance. Une splendide façon de fêter les 20 ans du festival !   Sous la direction artistique de Daniel Hanssens qui s’est saisi du sujet des charmes de la phonétique  anglaise et de la fable sociale,  ce cadeau vous attend au château du Karreveld à Molenbeek, dans une version de comédie musicale bruxelloise inédite, peaufinée et impeccable.

L’image contient peut-être : une personne ou plus et intérieur

La mise en scène est de Jack Cooper et Simon Paco. C’est un spectacle de haut niveau qui plaira au beau monde comme aux chats de gouttière. Tout y est beau et soigné : les décors, les costumes, la scénographie, les ensembles, les chorégraphies, le chant, et bien sûr la phonétique : irréprochable! Même transposée en français !

L’histoire

Qui ne se souvient donc pas des remarquables  talents d’actrice d’Audrey Hepburn en 1964 et de  sa présence  hypnotique  à l’écran, dans cette comédie musicale unique en son genre, même si pour les chansons,  sa voix avait été doublée ?   Elle sera à jamais associée au personnage d’Eliza Doolittle en interprétant  le parcours fabuleux  de l’insolente jeune vendeuse de violettes à l’accent cockney épouvantable, qui guettait quelques sous auprès de  grands bourgeois au  sortir de l’Opéra… dans le très pittoresque  Covent Garden du début du XXe siècle. Incroyable coup du sort,  Le colonel Pickering lui achète une fleur et son ami distingué phonéticien se prend au jeu de vouloir faire passer la gueuse pour une duchesse grâce à la qualité de ses manières et de son langage.

L’origine du spectacle

Georges Bernard Shaw avait commencé à écrire sa pièce « Pygmalion »  au printemps 1912.  La pièce  fut jouée la première fois en 1913 en allemand, en Autriche, avant d’atteindre les feux de la rampe à  Londres un an plus tard. Mais, toute sa vie, jusqu’en 1950, date de sa mort,  Georges Bernard Shaw refusa que l’on adaptât sa pièce « Pygmalion » en opérette, repoussa  tout essai d’adaptation cinématographique, hormis  celle de 1938 avec Gabriel Pascal, où il conserva une supervision constante de l’adaptation. Penguin is Penguin (books) of course, le texte c’est le texte ! Librement inspiré du mythe grec de Pygmalion et de Galatée (popularisé par le poète romain Ovide dans ses Métamorphoses), « Pygmalion » et  « My fair Lady » partagent beaucoup de points communs avec la satire sociale de Shakespeare, « The Taming of the Shrew », dans laquelle un homme brutal apparemment (mais pas tout à fait) se mesure à  une femme à l’esprit libre. Si bien que Georges Bernard Shaw se disputa avec les metteurs en scène qui osèrent à maintes reprises  vouloir donner une fin romanesque à l’histoire en l’ouvrant  sur le mariage du Professeur Higgins et de sa protégée.

Foin des romances à deux balles

Si la jeune femme s’est construite grâce au professeur, l’admire sincèrement, et a vécu une relation unique avec lui,  elle est devenue une autre personne et s’affranchit totalement de son influence. Shaw tient en effet à dénoncer la société anglaise où les femmes se laissaient soumettre. Si les femmes de plus de 30 ans peuvent voter en Angleterre dès 1918, Il faut attendre la loi de 1928 qui donna le droit de vote aux femmes à 21 ans quel que soit leur état de fortune. Vote For Women! La mise en scène  n’a pas raté l’occasion de le souligner !

Les textes

Cette version bruxelloise francophone** de la comédie musicale est fidèle aux textes et à l’époque. Quel bonheur ! La libre traduction de Stéphane Laporte est d’une grande  saveur et d’une belle empathie littéraire. La musicalité de la langue anglaise a trouvé des échos francophones pleins de charme et de vivacité.   Cette adaptation soignée sous la direction d’Olivier Moerens  donne une performance remarquablement aiguisée du flegme anglais, incarné par le très rusé professeur Henry Higgins dont l’excellent Frank Vincent  tire une interprétation très juste.  Le personnage  est  archi plein de lui-même, archi fier de sa condition de « vieux célibataire confirmé »,  psychologiquement  à côté de ses satanées pantoufles en matière de sentiments, inconscient du mal qu’il fait, mais étrangement sympathique. 

Sous les étoiles

 L’humour pétille sous les étoiles dans la cour du château du Karreveld. Les petites gens sont aussi bien campées dans le verbe, que les habitués d’Ascott.  Décernons aussi  de multiples  médailles pour les fabuleux costumes signés Béatrice Guilleaume et la scénographie de Francesco Deleo, les divines coiffures d’Olivier Amerlinck,  les maquillages et perruques de Véronique Lacroix. Aux chorégraphies Kylian Campbell, aux lumières Laurent Kaye.  A la direction musicale de l’orchestre, des solistes et des chœurs, la pétulante  Laure Campion assistée parJulie Delbart. L’image est retransmise sur des écrans discrets pour ceux qui s’intéressent à la magie de la baguette.  Un orchestre live de 12 musiciens   joue en effet dans la Chapelle du Château, respect aux instruments… mais  ils viendront  saluer le public qui trépigne de bonheur.

L’image contient peut-être : 5 personnes, personnes assises, personnes debout et chapeau

Les voix

La vigoureuse gouvernante du Professeur Higgins, Mrs. Pearce,  a de l’ascendant. Elle  lui rappelle « qu’on ne ramasse pas une fille comme on ramasse un galet sur la plage !» Elle est une voix de la raison. Elle  représente la voix traditionnelle, maternelle, de la classe « inférieure ». Elle se rapproche rapidement d’Eliza qu’elle entend protéger…  Un rôle à la mesure de Laure Godisiabois au mieux de sa forme.

Mme Higgins, la mère du professeur représente aussi la voix de la raison. Elle est jouée par Jeanine Godinas, royale. Emouvante, et  sensible lorsqu’elle se prend d’amitié pour Eliza. Comme dans sa jeunesse, elle est féministe en  diable et finalement  insensible aux peines de cœur de son fils qui n’a toujours pas grandi malgré ses exploits linguistiques!

 La troisième voix de la raison est  bien sûr celle de  Mr. Pickering (François Langlois), subtilement paternel,  nanti de cette bienveillance qui lui fait traiter la bouquetière comme une duchesse, contrairement à son ami Henry Higgins !

Et puis il y a la voix du coeur, celle du « love at first sight », sublimement  «  love me tender ! » : Samuel Soulie dans le rôle de Freddy. Eliza succombera-t-elle ? Elle demande à voir…

Le rôle-titre

Eliza Doolittle,  affligée d’un parler populaire à couper au couteau, d’une phonétique branlante, d’une grammaire inexistante et d’un vocabulaire de charretier,  succombe à la promesse condescendante du rusé  linguiste, rêvant d’élévation sociale. Il   parie  que son entraînement intensif à la grammaire,  style et élocution transformeront Eliza en  objet désirable – l’œuvre dont il tombe en fait amoureux-  employable, une fois l’expérience réussie, pourquoi pas dans un magasin de fleurs avec pignon sur rue ? Mais le pari gagné, Eliza Doolittle se retrouve seule. Elle se rebiffe et s’en va en claquant la porte. Bel exemple d’expérience sociolinguistique réussie,  elle  est  dans une position délicate. Que va-t-elle devenir ? Comment subvenir à ses  besoins avec le genre de compétences qui lui ont été données ?  Elle est devenue « autre ».  Il n’y a pas que la main de l’homme qui fasse mûrir le fruit ! L’interprétation irréprochable de l’artiste française Marina Pangos est empreinte d’humanité profonde. Elle fait rire, elle fait pleurer, elle fait réfléchir, se poser des questions. Fera-t-elle fléchir la misogynie universelle ?  Ce rôle central est un catalyseur d’interrogations. Le maintien est celui d’une reine. Le jeu est sûr, la voix est belle, la métamorphose sublime, le résultat de la performance admirable : une force théâtrale et musicale surprenantes. Pourtant, à vrai dire, l’intrigue était finalement bien mince!

Mais pas que

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes assises, chaussures et nuit

Le père de la jeune femme a aussi bien des choses à nous dire et à partager. La vis comica de l’éboueur  Doolittle (Daniel Hanssens) emporte par sa faconde et sa jovialité. Les petits ont autant d’arrangements que les grands bourgeois. A ses dépens,  le très philosophe Monsieur  Alfred Doolittle pleure la perte de sa liberté envolée, une fois contaminé par  l’argent  reçu d’un improbable héritage et dont il ne saurait se départir ! Le voilà obligé de vivre pour les autres au lieu de ne vivre que pour lui-même !   Mais malgré les coups de griffes à la bourgeoisie bien établie,  la bonne humeur reste. C'est le plus bel héritage de ce spectacle hors pairs, fable vivifiante et festive.

Dominique-Hélène Lemaire Arts et Lettres

crédit photos: Gregory Navarra

My Fair Lady

De Lerner & Loewe

MISE EN SCÈNE: JACK COOPER ET SIMON PACO – UNE COPRODUCTION DE BULLES PRODUCTION, COOPER PRODUCTION ET LA COMÉDIE DE BRUXELLES –
25 REPRÉSENTATIONS DU 11 JUILLET AU 7 SEPTEMBRE 2019


*Tous les bénéfices iront à Eurordis-Rare Diseases Europe et aux hôpitaux Brugmann et Bordet de Bruxelles.**On peut consulter  une version du texte néerlandophone sur écrans discrets.
Lire la suite...

UNE QUESTION...

La vie ce n'est pas assez

Et c'est tellement trop parfois!

Entre présent et passé

Le futur fait-il la loi?

La question est insoluble

Car elle dépend du hasard

et qu'importe qu'on l'affuble

Des fantasmes les plus bizarres!

Si nous n'étions que jouets

Aux mains d'un Dieu tout puissant

Nous n'aurions plus comme projet

Que de nous fondre dans le temps!

Ce goût pour la liberté

Qui fait partie de nos gènes

S'il nous a été donné...

Il doit en valoir la peine?

J.G.

Lire la suite...
administrateur littératures

Ce 25 juin, la chaleur quasi caniculaire n' a pas empêché la nouvelle Rencontre littéraire de se dérouler comme prévu en les murs de l'Espace Art Gallery qui exceptionnellement avait baissé son volet pour éviter que l'assistance ne "rôtisse" au cours de la soirée, thème du jour: "Ici, là-bas, ailleurs" d'après le beau titre d'un roman de Anne Philippe comme nous l'a longuement expliqué en introduction Gérard Adam, l'animateur des Rencontres littéraires, les lectures d'extraits des ouvrages présentés étant assurées ce soir par Nicolas Coeck, artiste et comédien.

Auteur de pièces, de poèmes, de nouvelles et de scénarios de courts-métrages, de bandes dessinées et de romans, animant aussi des ateliers d'écriture, Michaël Lambert nous a présentés "Buiten", roman dans lequel un licenciement vécu tel une ultime libération devient le point de départ de tous les possibles: le narrateur, son épouse et sa fille deviennent des migrants qui ont choisi de descendre vers le sud. Le roman d'une rencontre improbable, bouleversant d'émotion, où pétillent joie et vitalité.

Historien, archiviste, professeur diplômé de l'ULB, directeur général adjoint au ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles et auteur d'articles touchant à l'histoire du vingtième siècle, Jean-François Füeg nous a quant à lui fait découvrir "Les oreilles des éléphants", un récit non chronologique de moments de vie, d'une belle fluidité, tournant autour d'une famille "parfaite". De la tendre enfance jusqu'à l'homme d'âge mûr à la mort de la mère.

Chanter-auteur-compositeur à la voix envoûtante, initié aux arts traditionnels et au chant afro-soul-pop et hip-hop, également la danse dans la peau, Zam "Martino" Ebale nous a parlé de son côté de "Zam" qui est le récit de sa propre vie: descendant de lépreux et d'une danseuse traditionnelle, reconnu au Cameroun et engagé dans l'insertion sociale des jeunes défavorisés, Zam s'est exilé, fuyant la loi homophobe de son pays d'origine, le bouddhisme lui ayant permis de transcender la souffrance.

Un roman, un recueil de souvenirs, un récit de vie.

D'une voix claire et distincte, Michaël Lambert, très souriant, nous a entraînés sur les routes du quotidien qui devient étrange, du drame, du non sens. "Le sud est un aimant à voyageurs" mais à chacun son Eldorado au bout du compte! C'est déjanté mais très plaisant, les extrait lus de "Buiten" en témoignent, la liberté et la sécurité également des thèmes-clés parcourant son ouvrage.

Digne et élégant, la voix joviale et puissante, Jean-François Füeg nous a plongés au coeur d'une belle mosaïque de gènes, aux origines sociales diversifiées. C'est un événement familial quelque peu insolite qui a déclenché l'écriture de son livre où les non dits ont la part belle, l'incommunicabilité manifeste mais l'universalité traversant toute son oeuvre.

Charismatique et la voix envoûtante (il le confirme ici!), Zam "Martino" Ebale nous a menés vers une contrée où règnent la danse et le chant, l'immigration, l'ambigüité sexuelle, les rejets et autres préjugés émaillant son parcours, un parcours difficile, semé d'embûches, qui n'a pas empêché l'artiste de s'ouvrir aux autres cultures. Les témoignages sont réellement bouleversants mais quand l'on se dresse pour faire face aux lois, comment pourrait-il en être autrement?

C'est par une mélodie d'une profondeur exceptionnelle interprétée a cappella par l'auteur, danseur et chorégraphe, puis une lecture inspirée de Guy Stuckens, que s'est clôturée la rencontre, une rencontre chaude et chaleureuse dont on se souviendra longtemps. Inspiration, aspiration, élévation...

Thierry-Marie Delaunois, auteur et chroniqueur

Lire la suite...

SURSAUT...

L'absence est un vertige qu'il nous faut surmonter

Elle est cette blessure qu'il faudra refermer

Et quoique l'on puisse dire au seuil du non-retour

Nous devrons faire avec, quelque soient nos détours...

Alors si un soleil par miracle nous inonde

Et que dans un sourire on voit rouler le monde

Prendre ces doux instants avec un grand respect

Nous n'aurons pas deux fois la chance d'un même trajet!

Il est tant de merveilles qui échappent à nos yeux

Tellement de vraie douceur qui nous rendrait heureux

Pourquoi la distraction abime-t-elle nos efforts

Et toutes ces craintes idiotes, cette peur d'avoir tort?

Pouvoir crier très fort aux portes du grand âge

Jouir de chaque instant est une sainte rage!

C'est simplement comprendre que s'effritent les jours

Vouloir être capable de ce regain d'amour!

J.G.

Lire la suite...

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles