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« Villa dolorosa » Genre : chronique intemporelle

Sur les planches du Théâtre des Martyrs, dans une agréable scénographie et des costumes signés Renata Gorka voici un partage  généreux et désespéré!

Oh le beau Samovar !   C’est le  cadeau  d’anniversaire détesté dans «  Villa dolorosa » (2009), une  comédie dramatique de l’auteur allemande Rebekka Kricheldorf qui met en scène une génération Y résignée, en panne d’inspiration devant la déliquescence du monde et l’absurdité du quotidien. Érosion des valeurs: les cadres aux murs sont intégralement vides. Pourtant les parents défunts ont abreuvé leur descendance de culture et l’on projetée dans ce que l’on appelle l’élite intellectuelle.  Las, les  jeunes  Freudenbach  sont totalement désœuvrés et pétris de mal-être. Ils n’ont aucune prise sur le présent. Soit ils batifolent dans le passé, soit, ils errent comme des âmes en peine dans un  improbable futur.   Les dessertes croulent sous la valse des bouteilles, l’alcool coule à flots. Le spleen est devenu du cuivre en fusion dont les reflets nimbent tous les costumes. Malgré la musique, l’enfer est proche.

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Et pourtant la villa est si belle, avec son vieux Chesterfield si accueillant, sa splendide verrière donnant sur un jardin plein d’exotisme, et le saule imaginaire est …tellement pleureur. Mais sous le tapis, la pourriture gagne, ni poudre de Perse ni naphtaline n’en viendront à bout. Et les filles dont le patronyme signifie « Rivière de joie »,  s’ébattent dans le grand espace vide, dans un rythme endiablé,  se mettant à nu comment si elles étaient à la plage. Se coupant la parole, gloussant, pleurant, se saoulant,  dysfontionctionnant à qui mieux mieux, liées par le sang, les désillusions, et les désirs excentriques, dans un jeu vertigineux et sans merci semé de rires et de pardons mutuels. Mais la fête d’anniversaire  est chaque fois  un  bien triste simulacre.  Où il apparaît que peut-être l’homme n’est pas doué pour le bonheur. Surtout si le bonheur, c’est l’utopie travail et celle des enfants heureux.   

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Dans ce huis-clos déboussolé et délirant, le monde est  vide et désenchanté, à la manière de celui des « Trois sœurs » de Tchékhov. C’est le nôtre. En plus grave encore?  Olga dans son tailleur de prof ( ah! l’admirable France Bastoen!) est toujours cette femme fidèle à elle-même, qui, bien que névrosée, tente de tenir l’équilibre familial à bout de bras, Irina ( Anne-Pascale Clairembourg) à elle toute seule un symbole d’une jeunesse en mal d’avenir, Macha ( Isabelle Defossé, plus tragique que jamais), cette amoureuse tourmentée, mal mariée avec Fiodor alias Martin qui habite l’appart d’en face. Compliqué ! Quand, toute jeune, elle est partie avec lui,  «C’étaient les hormones ! » avoue-t-elle.  Maintenant elle meurt de désir pour le ténébreux et placide Georg ( Nicolas Luçon), marié par ailleurs, avec une neurasthénique sans cesse au bord du suicide.

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Quand à la Natalia, la fiancée pétulante, celle-ci est ramassée dans un parc, puis devient la compagne d’Andreï ( incarné par le très charnel Thierry Hellin), leur frère à toutes, en constant  mal d’écriture, et à court d’argent. Elle s’appelle très prosaïquement Janine. Une « pauvre » lance-t-il en s’excusant. Certainement la plus craquante et la plus galvanisante de la bande. Elle affiche une tendresse inconditionnelle pour son loser de  mari, pour ses adorables enfants à la santé fragile, pour cette maison qui se lézarde.  Mais qui sait ? Peut-être est-elle la plus riche de toutes? Celle qui fuit le privilège de glandouiller, réfléchir,  être en dépression. Celle qui n’a renié ni le travail, ni les enfants.

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La cruauté et le désespoir ont  même envahi la langue. Un parler piquant, syncopé, brut, ivre,  désillusionné, fait de bombes et de propos cinglants. Ultra modernes, comme la solitude du même nom. Tout le monde parle en même temps, comme si la « vita dolorosa »,  devait être expulsée au plus vite  de leur être martyrisé.  Mais quand s’écoutent-ils vraiment? Le public, lui, est toute oreille, devant ce déferlement d’affects si magnifiquement interprétés. La luxuriance des mouvements  du corps et des postures fascine par leur modernité et leur présence. Cette pièce flirte avec   l’intensité d’un thriller fracassant : le dehors fait peur, la villa les protège, mais elle s’avère de plus en plus fragile. Seul leur lien familial les console, ou les airs d’opéra, une chance !  Le jeu partagé est extraordinaire et longtemps on pensera à la voix, à la silhouette, aux postures de  l’intrépide Janine ( l’exquise Deborah Rouach, on l’adore!), alerte et brillante,  qui refuse de frire dans le chaudron du temps immobile.

La pièce 4 étoiles de la semaine: «Villa Dolorosa», une découverte jouissive

Georges Lini dirige avec brio les désirs inassouvis de sa brochette de comédiens si bien choisis. Solistes émouvants,  les orphelins de la vie  vibrent à l’unisson dans cette épopée moderne du désenchantement. C’est magnifique et foisonnant.  

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Et si le paradis perdu était tout simplement de recommencer à travailler et à aimer? Champagne… ou vodka?

Mise en scène Georges Lini

Dominique-Hélène Lemaire, pour Arts et Lettres

De Rebekka Kricheldorf « VILLA DOLOROSA » Théâtre des Martyrs Bruxelles – 20.09 > 06.10.  Trois anniversaires ratés Librement inspiré des “Trois sœurs” de Tchekhov

Personnages:

« La famille » : Irina Freudenbach, 28 ans Olga Freudenbach, 37 ans Mascha Klepstedt-Freudenbach, 25 ans Andrej Freudenbach, 38 ans

Les « outsiders » rebaptisés Georg, 45 ans et  Janine, 20 ans

Compagnie Belle de Nuit

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Sentinelle figée

12273316670?profile=original Photo M. L.

Sentinelle figée

Surréelle, étrangement belle, une cheminé de fée
Suspendue entre terre et ciel, cette demoiselle coiffée
Défie les hommes, la pesanteur, la forêt qui l’enserre
Sceptre dressé, dans sa cheire cachée, lovée, solitaire
Equilibriste, elle retient son chapeau, fière
Face au vent, aux eaux de ruissellement
Statufiée tel le commandeur, elle résiste noblement
Figure de pierre hautaine et désespérée
Elle attend patiemment que le temps s’écoule à son pied
Pour un dernier festin, golem déboulonné.

Michel Lansardière

Cheire : ancienne coulée de lave.
Golem : colosse de glaise (aux pieds d’argile, forcément) dénué de libre arbitre.

12273316864?profile=originalCheminée de fée, Cotteuges, Puy-de-Dôme (Photo M. L.)
Lent phénomène d’érosion…
Inexorablement s’en retourne à la mer.

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Oui, j’ose l’écrire, « Bleu Pyrène » s’est invité comme le ferait un amour foudroyant, un rendez-vous offert par une œuvre qui mériterait peut-être le titre d’œuvre majeure.  Est-ce en raison d’une histoire qui nous porte vers l’originalité ?  Est-ce pour la qualité de narration ?  Les mots se bousculent et peinent à exprimer les fondements d’un coup de foudre pour un ouvrage d’une rare qualité narrative.      

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La couverture n’a rien d’ostentatoire, au contraire, d’une agréable sobriété, elle semble posée sur l’ouvrage comme le serait un gardien discret. Pas de couleur, juste un peu de gris étendu sur un blanc dominant. Cette tempérence invite le curieux à concentrer le regard sur une fenêtre chapeautée par une treille soigneusement taillée.

Cette discrétion ou cette réserve attire notre attention. Papier de qualité, un détail certes, mais un détail qui semble dire qu’ici le lecteur est respecté par moult détails exquis. Malgré notre curiosité, cette approche ne doit pas nous faire oublier que si le contenant nous invite à la découverte, le contenu ne peut démériter sous peine de discréditer la présentation choisie par l’éditeur.

Petit sourire en découvrant une citation de Sénèque : Tirons notre courage de notre désespoir même… Sourire ? Oui, j’imagine que Denise Déjean comprendra, je songeais à ces sommets gravis pour trouver porte close. C’est peut-être pour cette raison que l’on devient chroniqueur littéraire. Probablement, comme le serait la fièvre qui vous invite à continuer et continuer encore, à l’identique d’un chercheur d’or. Comme lui, nous sommes quelquefois perdus, souvent solitaires, réprouvés parfois, inlassablement à l’affut d’une pépite qui se dévoilerait un jour. Et c’est souvent le cas, comme ça, sans s’être annoncée, au moment précis des inévitables remises en question. Étrange statut social, impossible à définir, basé sur le bénévolat et qui porte la responsabilité de commenter le plaisir de lecture en fonction de ses goûts, de ses combats de vie, de ses sautes d’humeur et faut-il l’avouer, de lassitude lorsque l’intérêt ne trouve rien d’intéressant pour assouvir sa curiosité.

Je vous confiais que c’est peut-être pour cette raison que l’on accepte d’être au service d’une passion. En refermant     « Bleu Pyréne » que nous offre Denise Déjean, je découvre l’horizon qui me pousse à continuer ma quête. « Bleu Pyrène » est un petit bijou. Le texte est joliment construit. Il semble façonné en dialecte précis, jamais précipité, juste l’harmonie des mots soigneusement posés sans tomber dans la facilité des banalités.

« Qui était cette femme, si belle, aux foulards vaporeux ? » On pourrait résumer l’ouvrage par cette simple accroche, mais ce serait léger. « Bleu Pyrène » est un condensé de femmes. Oui, je sais, l’expression est osée et pourtant… Ce récit, semble offrir sans avoir l’air d’y toucher, les clefs de la féminité. Femme, sa force et ses faiblesses, ses combats et ses détresses. Femme enfant, femme qui grandit, assoiffée de liberté, confrontée aux normes de société, à ses désirs, ses révoltes, son féminisme pas si féminin que cela puisqu’en y regardant de près, on remarque qu’Adam et Ève portent chacun de son côté les cicatrices oubliées par des siècles empoussiérés. On prétend que la femme est fragile, je n’en suis pas certain… Discréditée parfois, rabaissée quelquefois, battue ou dominée elle n’en reste pas moins l’indispensable maillon de vie sans qui rien ne serait possible. Honte à celui qui porte la main sur elle, honte à celui qui blesse par ses paroles. Mais vous l’aurez compris, voici que je m’égare… « Bleu Pyrène » est un récit précieux. Il ouvre nos regards sur un vocabulaire richement construit. Un ouvrage certes, un roman certainement et par-dessus tout, un régal pour le lecteur. Attention, en découvrant cette œuvre vous serez surtout surpris par la densité des sujets abordés. L’air de rien, en simple effleurement, l’auteure dévoile des silences sociétaux. Inutile d’en rajouter, vous l’aurez compris, « Bleu Pyrène » est un petit chef d’œuvre à lire sans modération.

Philippe De Riemaecker

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EPICURE...

Si le temps court trop vite

Et qu'on oublie de vivre

Que les soucis s'invitent

Jusqu'à nous rendre ivre...

Où est passée la rage

Et les âmes rebelles?

Le monde est bien trop sage

Pour que la vie soit belle!

Sommes-nous devenus moutons

Qui courent vers la falaise?

La manipulation

C'est là qu'est le malaise!

Alors ouvrir les yeux

Flirter avec l'espoir

Et se sentir heureux

De ne plus vouloir croire!

Transcender les secondes

Et en faire des joyaux

Et que tourne le monde

Enfin devenu beau!

S'il nous faudra mourir

Que se soit donc repus

Surfant sur le souvenir

De bons moments vécus!

J.G.

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administrateur théâtres

Alexis et Edmond, un monde de connivences…

Nous voici à Paris, en décembre 1875,  à l’époque où une grandiloquente Sarah Bernhardt déclame « La Princesse Lointaine » au Théâtre de la Renaissance. L’ennui est prodigieux. Edmond Rostand n’a pas le sou, deux jeunes enfants à nourrir et une fidèle épouse sage comme une image. Ses pièces sont une suite de fours sans précédent. Tout le monde court ventre à terre voir du Labiche ou du Feydeau. Les messieurs, en passant par la case des « Belles Poules ». Question d’époque ?


N’est pas Poquelin qui veut! Coquelin, nouveau directeur du Théâtre de la Porte-Saint-Martin a déserté  la Comédie-Française, pour se mettre à son compte en toute liberté, mais il est pourchassé par les huissiers. Premier clin d’œil autobiographique d’Alexis Michalik qui a fui le Conservatoire, dit-il, pour devenir freelance ?  Sauf que les  opus De Michalik ont fait immédiatement  pleuvoir sur lui  tous les Molières et nous ont portés au plus fort de la jouissance théâtrale. Comme ce fabuleux « Porteur d’histoire » l’an dernier joué au Public et à l’Atelier Jean Vilar.

Michalik a  donc flashé sur Cyrano de Bergerac et se lance dans une amplification théâtrale foisonnante et  savoureuse autour de son auteur, Edmond Rostand. Michalik fait flèche de tout bois dans de innombrables tableaux surprenants entourant la genèse de la pièce.  A la fois souffrance et exultation, rien ne sort de la plume sans urgence, c’est le propre de la création… Le tout  se trouve  émaillé de substantifique moelle, celle des extraits les plus  chavirants ou les plus drôles de la pièce de Rostand. Entre pastiche et vérité, il y a le rêve de la création littéraire et des tonnes de références culturelles incongrues.


Côté pastiche, on est servi ! Une vraie salade russe. La belle Roxane aux boucles blondes  est jouée par une actrice prétentieuse que l’on croirait sortie des contes de Perrault. Elle est affublée de deux producteurs corses  glauques qui  en sont entichés au point de servir de papas gâteau a son jeune fils adoré, François.  Au passage, on rencontre Tchekhov  qui fréquente  le poulailler rose qu’ils entretiennent: « Les Belles Poules ». Tchékov a soit-disant l’accord de sa femme car il  prétend qu’il va mourir sous peu! …Maintenant ou plus tard, de toute façon on va mourir un jour ! Les deux Georges, Georges Feydeau  et Georges Courteline  se prennent pour  Dupont et Dupond. Un certain Maurice  offre un  « boléro » pour la première… L’âme du « Dindon » se coince dans les claquements de portes.  Gallégeades théâtrales  ( champagne ou verveine ? ) persillée de joyeusetés telle  le patron noir du café, Honoré, bien sûr,  qui remet à sa place un fâcheux qui l’a traité de « nègre ». L’occasion de déclamer  sur tous les tons… la magnifique tirade du nez!  Voilà  quelques exemples  pétillants des  chapelets de connotations littéraires et malicieuses.

Au dos du décors et au plus profond de l’action il reste …l’éternel panache, cette note bleue qui chante  la hauteur des sentiments pour tout ce qui est muse ou idéal féminin,  versus l’usure domestique de l’amour quotidien. Mais par-dessus tout, voici une vibrante ode à  l’Esprit frappeur. Entre tous, l’Art théâtral, est le couronnement et le fondement de l’art vivant, loin des écrans de tout poil et autres «  réalités »   virtuelles. Le lieu par excellence de l’enthousiasme, comme le définit Madame de Staël. A bon entendeur, Salut !


La distribution impeccable rassemble une élite de la scène belge. Douze comédiens en goguette pour incarner pas moins de 38 personnages… De très connus :  Maxime Anselin, la très joviale Perrine Delers, Inès Dubuisson, l’incomparable Itsik Elbaz, l’illustre Antoine Guillaume. Mais aussi: Tristan Schotte ( Edmond Rostand) , la délicieuse  Elsa Tarlton  (Jeanne et Rosine), Rézal Siellez, Sandrine Laroche, Mwanza Gautier ( inénarrable Monsieur Honoré) et David Dumont. Le tout sous l’aimable regard de Michel Kacenelenbogen, dans sa mise en scène virevoltante. Et un  beau nombre de rappels enthousiastes. Presque comme au soir de la Première… le 28 décembre 1897.

Dominique-Hélène Lemaire    pour Arts et Lettres

Au théâtre le Public

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« EDMOND », la pièce aux 5 Molières d’Alexis Michalik, Comédie héroïque

Texte et direction artistique : Alexis Michalik.
Mise en scène : Michel Kacenelenbogen. Avec : Tristan Schotte (Edmond Rostand), Maxime Anselin (Jean Coquelin), Perrine Delers (Maria Legaut), Inès Dubuisson (Rosemonde Rostand), David Dumont (Léo Volny et le passant), Itsik Elbaz (Constant Coquelin), Mwanza Goutier (Monsieur Honoré), Antoine Guillaume (Georges Feydeau), Sandrine Laroche (Sarah Bernhardt), Réal Siellez (Marcel Floury), Elsa Tarlton (Jeanne), François-Michel van der Rest (Ange Floury).

DU 05/09/19 AU 30/11/19

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Musica vita est … La raison des sortilèges musicaux

– Causerie musicale –

Avec Jean-Yves Clément entretenant brillamment l’entretien, voici le duo improbable de Michel Onfray le Normand et la vierviétoise Eliane Reyes, pianiste émérite, nommée récemment chevalier de l’Ordre des Arts et de Lettres en pays de douce France. Mais  le lieu, dites-vous ?  Cela se passait au cœur d’une abbaye,  une des plus anciennes fondations monastiques de Belgique qui abrite le Musée Guillaume Apollinaire : L’abbaye de Stavelot qui date du VIIe siècle.

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 La causerie  émaillée de moments musicaux intenses sous les doigts de la fée Eliane a lieu dans le réfectoire des moines , dans une atmosphère d’abbaye de Thélème. Michel Onfray, fondateur de l’Université Populaire  rêve d’une une communauté philosophique construite sur l’amitié et dans laquelle les adhérents s’engagent à construire leur existence comme une œuvre d’art…


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Pour Michel Onfray, la Musique commence à émouvoir le futur enfant, dès la vie intra-utérine. Il évoque les bruits organisés ou non, «  engrammés »  dans le système nerveux de l’enfant, dont il restera à l’évidence nombre de traces mémorielles… La musique naît donc avec la vie. La nature est le monde sonore par excellence et J.S. Bach, plus que tout autre compositeur, a su, dans sa musique superbement  organisée, capter la vibration du cosmos. Donner une sorte de cartographie du ciel. On comprend que Michel Onfray, bien que se réclamant de l’athéisme, ne rejette pas la transcendance. Il parle de l’immanence de la musique où se mêlent étroitement le matériel et l’immatériel pour créer une sculpture artistique du Monde sonore. Il souligne aussi l’inévitable interaction des pulsions physiologiques qui scandent l’écriture musicale du compositeur et qui influent forcément sur l’état physiologique de l’auditeur. Il y a le savoir-faire de l’interprète qui, ce soir d’exception, a joué « Jesu bleibet meine Freude » de façon bouleversante. Le tempérament d’Eliane Reyes, revisite le célèbre morceau de Bach dans une interprétation veloutée, voluptueuse, sensuelle, comme  vivifiée  par le romantisme, et la féminité.  Son  jeu nous revient au visage, comme une signature musicale. Musica vita est.

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Il apparaît que plus on se met à l’écoute du monde avec bienveillance, plus on le questionne, plus on devient philosophe. Plus on se nourrit de musique. Ah le mythe d’Orphée et le lien de Platon avec la musique! Ce qui est sûr c’est que la musique ne fait pas bon ménage avec le Diable. Entendez par là, la soif de pouvoir, le rêve de puissance, l’orgueil, la jalousie, la cupidité. Dans la valse de Chopin interprétée ensuite par Eliane, Michel Onfray a entrevu, une sorte de moment de suspension, « une levée»,  précise Eliane, qui préside à l’intuition philosophique. Ici, on peut entendre la vivante hypothèse   de « l’éternel retour »  point commun entre Nietzsche et le bouddhisme. « Une invagination du temps ».

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Michel Onfray se réfère au philosophe Schopenhauer pour qui « La musique traduit, dans sa libre explosion du sein de la conscience humaine, tous les mouvements du vouloir vivre qui anime l’univers. Elle est la langue universelle, aussi claire que l’intuition elle-même ; et pourtant, grâce à ce qu’elle touche de si près à l’essence des choses, elle a en elle on ne sait quoi d’ineffable et de mystérieux. « Elle passe à côté de nous comme un paradis familier, quoique éternellement lointain, à la fois parfaitement intelligible et tout à fait inexplicable, parce qu’elle nous révèle tous les mouvements les plus intimes de notre être, mais dépouillés de la réalité qui les déforme » (Le monde comme volonté et comme représentation, Livre III, §52) »

On écoutera ensuite la transcription  de « La mort d’Isolde » de Wagner  par Liszt, les yeux absolument fermés. Les trémolos de douleur sont soulignés par des accords légers des arpèges qui ressuscitent la vie. On sent son cœur battre plus fort dans le crescendo des sonorités qui  semble étreindre un inaccessible infini. Du désespoir sans fond, émerge le souffle lumineux.


Le chapitre suivant traite du romantisme, où la petitesse de l’homme disparaît dans le spectacle sublime de la nature, et s’éteint face à la toute-puissance de la Mort. Mais voici « le Dieu fluvial riant de l’eau qui le chatouille  » dans les Jeux d’eau de Ravel. Eliane Reyes envoie dans son interprétation de Ravel une musique apollinienne, hédoniste, composée de salves de scintillements sonores dans un temps suspendu. Pour Onfray, L’embarquement pour Cythère de Debussy doit verser dans le cérébral, l’abstraction, l’éthéré… Oh que non se rebiffe la pianiste ! Eliane propose pour l’île joyeuse, un jeu sensuel, dionysiaque, liquide, concret où naissent les morsures du désir, les plages inaccessibles, les criques secrètes du plaisir pour le yin et la souffrance, résilience, et danse de feu pour le yang. Eliane Reyes has it all. Le dandy Onfray, a théorisé – avec l’humour qu’on lui connait -, la musicienne Eliane a joué. Le public s’est exalté. La soirée est inoubliable et signe la foi du philosophe en la bienveillance universelle et la musique qui l’accompagne. Après la belle interprétation du bis, la gymnopédie de Satie, aux couleurs de l’été indien enveloppé d’un sourire de madone, on remercie l’organisateur de la rencontre, Virgile Gauthier.

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Dominique-Hélène Lemaire, pour Arts et Lettres

Michel Onfray à l’Abbaye de Stavelot – le vendredi 13 septembre 2019 à 20h

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"... Simone, elle est la fille de Marie Haillecourt  et de Marcel Seytres ; Elle, est la seconde, une petite sœur est morte huit mois avant sa naissance à elle le 14 mars 1924. Simone est têtue, frondeuse, souvent en opposition avec ses parents... À 17 ans, son père, pour tenter de la dissuader du mariage qui se profile à l’horizon avec Hervé Dumas, l'envoie dans une prison dorée : un studio à Monaco... Simone est fière, orgueilleuse, mais plastronner ne suffit pas... Elle épouse Hervé Dumas à Marseille en 1942 ; Monte à Paris en 1948, rencontre Didi (Henri Megglé) rue de Tournon... La personnalité de Simone Seytres est à l'origine de mon récit...

Extraits :

« Noël 1960 est fêté chez ma grand mère paternel, rue de Tournon, à Paris, dans cette grande maison bourgeoise, réunissant oncles tantes cousins et cousines. Le grand père Armand est mort en Mai 1959. C'est une fête de famille, la dernière, ma grand-mère meurt le 16 Février 1961.

Je me souviens avoir reçu en cadeau un louis d'or, que j'ai perdu le jour même ; dans mon souvenir j'en été très honteuse ; après l'avoir cherché vainement dans tout l'appartement, qui était fort grand avec un plancher en bois ciré, je me suis réfugiée près de la Fiancée du Nil, le moulage d'une statut originale, réalisée par le sculpteure égyptien Mahmoud MOUKTAR.  Le moulage en plâtre de la fiancée du Nil réalisé en 1929, et exposée pour l'ouverture du Musée du même nom inauguré au Caire le 27 Mars 1952, a été offert à mon Grand-père, alors qu'il habitait encore en Égypte. J'étais en amour devant cette femme si harmonieuse et douce, grande comme une vraie femme, à-genoux en bordure du Nil, couronnée d'une tête de faucon. Mon Père a hérité de cette statut, puis ce fut moi à mon grand bonheur.

"...Mes grands-parents, leurs parents, ont vécus longtemps en Égypte. Mon grand père a été naturalisé français au début du XXème siècle - Ainsi je suis un peu Égyptienne... 

Chapitre 16.

De merveilleux vagabonds en résidence à Château-Vallon (Extrait)

Je souris en pensant à ma vie de petite princesse, celle que j’ai imaginée pour moi il y a des années, princesse dans un château en ruines. Y étais-je heureuse ? Chez moi, je suis entourée par deux tableaux de Château-Vallon peints par Igor en 1949 ;

Il y a aussi un pastel réalisé par Lella, les couleurs sont passablement déla­vées mais je retrouve la délicatesse et la minutie de ses gestes ; et par une gouache de mon frère Didier peinte en 1955, ce dessin représente une scène familiale lumi­neuse et colorée devant la façade principale du château. Didier s’est peint à la fenêtre de la chambre-grenier et il regarde ses sœurs.

Dans cette grande chambre fraîche en été et avant qu’elle ne devienne l’antre de Girard et Lella, maman invite ses filles à y faire sécher des pétales de fleurs réservés pour la préparation d’un vinaigre parfumé. (...)

C’est la belle époque, celle de la confiance. Celle d’avant 1961 ! Nous serons cinq enfants, cinq frères et sœurs. Nous nous aimerons, nous aimerons nos parents, notre vie, la vie avec Didi et Simone. Avec Didier (mon frère aîné) nous n’en connaissons pas encore tous les aléas.

Lella et Henri Girard se sont rencontrés en 1949 et se sont liés d’amitié avec Henri et Simone en 1950 dans l’Île Saint-Louis où ils cohabitent tous les quatre. Une confiance véritable et réciproque unit les deux couples, et c’est ainsi que Didi leur confie les clefs de Château-Vallon.

Émerveillés par la beauté du site, ils y arriveront pour goûter au succès du Salaire de la peur, le dernier ouvrage de Georges Arnaud. Précédant de quelques jours Didi et Simone, hôte et hôtesse du lieu, Lella « Cette fille folle venue joindre sa tendresse à ma détresse… » témoigne de leur cheminement rocambolesque :

« Descendus en train jusqu’à Toulon, puis en autocar jusqu’à Valbertrand, nous rejoignons le château à pied (…) Je nous revois poussant une voiture-à-bras qu’on nous avait prêtée (…) » 

Tirant et poussant votre carriole sur une petite route bordée de pierres sèches, de figues en fleurs de barbaries, de ronces et de champs de vignes, vous passez devant La Ferrane, maison familiale des Megglé, puis devant la carrière de sable où travaillent des ouvriers étrangers. La route grimpe légèrement jusqu’au Clos de Château-Vallon, maison sentinelle au pied de ce vieux fortin qui émerge des pins et des genévriers. (Extrait)

Opération séduction !

J'ai 15 ans et Didi (mon père) propose de m'emmener en vacances en Dordogne chez une amie d'enfance. Les conséquences de la déportation sont encore très douloureuses à vivre pour lui et l'air de la Dordogne lui fera du bien.

Trop heureuse d'être enfin séparée de ma sœur si affable, si drôle, face à une Caroline boudeuse, j'accepte cette proposition, et maman ne s'y oppose pas ! Je les rejoindrai à Sanary plus tard. En Dordogne je découvre un père charmant, gentil, serviable, et comme il n'y a qu'un pas pour admettre que Simone (ma mère) est vraiment rabat-joie, je le franchis allègrement ! La maison est magnifique, pleine de lierre, de boiserie, de chocolat chaud, de grillades, d'attention, et je rencontre mon premier amour ! L'avant-veille de mon départ, Thalie, l'amie de papa, une adorable jeune femme mère d'un petit garçon de trois ans, organise une grande fête... Je suis aux anges.

"...à Sanary je pense avoir été "involontairement" odieuse avec maman, lui décrivant la disponibilité de Thalie, de Didi, et la présence de ce si gentil bambin, etc, etc.

Les vacances se terminent. Maman est sombre, triste, mon père repart à Paris, laissant seule Maman et ses quatre enfants.."

Extrait de la lettre à l'Auteure par Jacqueline Martinez

« À navire rompu, tous les vents sont contraires », dit un vieux proverbe italien. Que de vents contraires ont balayé ces pages que tu as noircies et moi défrichées. Le vent qui chante au petit matin dans la garrigue d’Ollioules, celui qui brûle à midi sur les roches de Sanary, celui qui caresse la peau au soleil couchant ; le vent glacial des tempêtes familiales, celui qui bouleverse à chaque déménagement.

Des vents contraires certes, mais jamais indécents. Pris tous ensemble, ils deviennent pare-feu et ne concèdent rien. Pas le moindre interstice où viendraient s’embusquer des yeux malveillants à la recherche d’un indice croustillant, dégueulasse, sur toute une vie ainsi mise en pâture. Le voyeurisme guette tout travail autobiographique comme si le questionnement de soi signifiait inévitablement une mise à mort.... 

Le livre se commande en ligne auprès de mes éditrices ou dans toutes bonnes librairies. Il est répertorié par la FNAC.

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DISPARITION...

Le pouvoir est illusoire

On croit qu'on peut, on n'est rien!

Une goutte d'eau qui va choir

Et il fait un temps de chien!

Puis vent emportera...

Jusqu'aux empreintes de nous

Quand nous ne serons plus là

Pour rêver à l'amour fou...

J.G.

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administrateur littératures

Internet, toile gigantesque, gargantuesque même par certains aspects, faisant la part belle aux réseaux dits sociaux tels que facebook, twitter, linkedin,...Internet, du bon et du moins bon dans lequel on s'immerge parfois jusqu'à la dépendance, un monde en soi pour certains, l'apnée car dans les moments de connexion, l'entourage proche disparaît: on ne voit plus, on n'entend plus, on ne parle plus aux autres, c'est l'hyperconnectivité au détriment de la communication, la vraie, l'authentique. "Réseaux @sociaux?" était la thématique brûlante des Rencontres Littéraires du 27 août 2019, sur le devant trois auteurs qui n'ont pas eu peur du grand plongeon: Tania Neuman-Ova, Frank Andriat et Thierry-Marie Delaunois.

Après avoir écrit pendant des années des textes et poèmes sur les personnes qui croisaient son chemin et sur d'authentiques faits d'actualité, Tania Neuman-Ova, de Bruxelles, s'est tournée vers le roman et ce soir elle nous plonge dans "Miss Patchouli", son premier opus: la famille de Lilou et Richard est en pleine tourmente, Lilou se sent perdue et Alana vit sa crise d'adolescence. Rebelle, elle porte le surnom de Miss Patchouli. Perd-elle en fait tout contrôle? Le récit se déroule sur deux plans, les souvenirs et la situation actuelle, les situations tendues au rendez-vous, l'enfer des réseaux sociaux inéluctable, le harcèlement au passage ainsi que l'effacement de tout repère. Une rebelle en apnée?

Ecrivain belge connu pour ses ouvrages tels que La Remplaçante et Rue Josaphat, romancier et enseignant, tous ses écrits étant soit témoignage soit hommage à la vie, l'amour, les autres sans lesquels rien ne serait possible, Frank Andriat nous immerge dans "Je voudr@is que tu...": Salomé, treize ans, aime chatter avec ses copains et copines de tout et de rien; Internet, c'est la vie réelle, la porte ouverte sur le monde et sur les autres. Faisant la connaissance de Michaël, seize ans, beau et bronzé, elle ira de surprise en surprise. Ceux avec qui l'on chatte sont-ils en fait toujours ceux que l'on croit?

Auteur de onze publications dont sept romans, chroniqueur littéraire et collaborateur culturel, l'humain avant tout et la passion des dialogues au coeur, Thierry-Marie Delaunois nous présente quant à lui "Connectée": après avoir usé d'un gsm de seconde zone jusqu'à ses seize ans, l'hypersensible et relativement naïve Marie obtient enfin son premier smartphone et aussitôt plonge à la découverte de la toile mais ce n'est pas sans heurts et malheurs surtout après ce terrible coup du sort qu'elle subit... Sorte de roman-choral, l'ouvrage met aussi en scène sa mère Béatrice, Thomas, professeur de français, un fleuriste et sa famille ainsi qu'un énigmatique personnage vivant reclus. Un présumé terroriste?

Après une introduction de Gérard Adam digne de figurer dans les annales - il nous a brillamment dressé une brève évolution de l'écrit depuis l'apparition de l'imprimerie -, c'est Thierry-Marie Delaunois qui a ouvert le bal avec sa Marie qui, aux prises avec le Net, n'en mène pas large, l'auteur s'exprimant posément sur les affres existentielles et virtuelles de son héroïne; ensuite la Salomé de Frank Andriat  est entrée dans la danse, si l'on veut, Salomé qui aime discuter, qui comme Marie ne peut ni anticiper ni prévoir tous les pièges, l'écrivain lui aussi très au fait des sueurs que peut générer le Net, ce monstre tentaculaire; enfin la Alana de Tania Neuman-Ova est venue compléter le tableau, elle également vivant des situations parfois bien pénibles narrées avec brio par l'autrice.

Arnaques, harcèlement, insultes, faux profils, traquenards, tentatives de séduction...se connecter en toute quiétude est-ce envisageable? Des témoignages sont tombés au cours de cette soirée très conviviale et très interactive, venant de tous parts: côté auteurs, côté animateur, côté public. Ah ces réseaux sociaux, quand vous nous tenez...

Thierry-Marie Delaunois, auteur, chroniqueur, le 28 août 2019.

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“L’écriture de mon sixième roman...je n’avais au départ aucun plan ni aucune véritable structure en tête et comme je bougeais constamment à cette époque-là (printemps - été 2014), je n’avais du coup avec moi qu’un bloc de feuilles et deux stylos! Imaginez le travail qui a suivi, une fois le manuscrit entièrement rédigé à la main! Je me souviens avoir débuté un jour l’écriture du premier chapitre sur le coin d’une table dans un Quick Restaurant bruxellois et avoir clôturé mon ouvrage également sur le coin d’une table mais d’une chambre d’hôtel parisien. Une seule scène en tête au départ, ensuite l’histoire s’est construite au fur et à mesure…” Thierry-Marie Delaunois, propos recueillis en novembre 2016, quelques jours après la parution de “Auprès de ma blonde” aux éditions Chloé des Lys.

   Inspiration, imagination, concentration et persévérance caractérisent le parcours pourtant semé d’embûches de notre auteur, à son actif onze publications. Sept romans de fiction, deux recueils, une pièce de théâtre dense et une nouvelle, une production investie d’une profonde humanité, la complexité des relations humaines au coeur de son oeuvre, la fibre littéraire manifeste, son style en témoigne, son amour du dialogue et des répliques vives et spirituelles traversant l’ensemble de ses ouvrages tel une vague déferlant sur la plage à marée haute. Ses publications s’étalent sur une bonne douzaine d’années, sa plume ne jetant que rarement l’ancre.

Mais qui est notre écrivain? Né à Soignies (Belgique), fils d’un père philologue classique (UCL) et d’une mère régente germanique (+), Thierry-Marie Delaunois présente un parcours peu ordinaire, sortant des sentiers battus.En effet la diversité de ses fonctions successives pourrait en étonner plus d’un: employé administratif, assistant de laboratoire clinique, rédacteur, assistant en informatique dans une école de promotion sociale, collaborateur au sein d’une société d’assurances, un temps représentant en articles diversifiés, rien ne semblait présager d’une future plume prolixe bien que notre auteur rédigeait déjà par intermittences de courtes réflexions et considérations dans le courrier des lecteurs de divers journaux locaux et nationaux. Avant le début de l’ère du numérique.

   Auteur, chroniqueur littéraire et événementiel (notamment des Rencontres Littéraires de Bruxelles se déroulant à l’Espace Art Gallery), depuis janvier collaborateur culturel au sein d’un magazine, membre du réseau Arts et Lettres fondé par Robert Paul et membre de l’Association des Ecrivains Belges de langue française (A.E.B.), Thierry-Marie Delaunois consacre actuellement une grande partie de son temps à la mise en valeur de nos Lettres dont il dit: “Véritable expression de notre profondeur et de nos émois face aux dérives et aux travers de notre monde, elles témoignent sans conteste de notre combat au quotidien sur tous les fronts et de notre survie, mission première: enseigner et transmettre!”

   Ses publications:

“Reflets”, suspense policier, éditions Bénévent, 2007. Deux jeunes femmes aux prises avec un assassin...et la police!

”Troubles et incertitudes”, drame psychologique, éditions Bénévent, 2008. Arthur finira-t-il par succomber aux charmes de Chloé?

”Y croire…”, drame romantique, éditions Bénévent, 2011. Un seul regard suffit-il pour tomber amoureux?

”L’île joyeuse”, suite à “Troubles et incertitudes”, éditions Edilivre, 2013. Que dissimule la jeune Yin? Un souvenir traumatisant?

”Raconte-moi Mozart…”, drame psychologique, éditions Edilivre, 2013. L’histoire d’une rencontre improbable.

”Au fil d’Isis”, recueil de nouvelles et de poésie, éditions Edilivre, 2015. Qui est donc Isis de Saint-Cognac?

“Auprès de ma blonde”, suspense psychologique, éditions Chloé des Lys, 2016. Un parc, un lac, une belle blonde, une tragédie imminente?

”Les trois épreuves d’Isis”, recueil de nouvelles et de poésie, éditions Edilivre, 2017. L’odyssée tumultueuse d’une femme entre Paris et Bruxelles.

“Sur sa faim!”, pièce tragi-comique en trois actes, éditions Edilivre, 2018. Stéphanie et son mari se prennent la tête. Pour des broutilles?

“Syncope”, nouvelle, éditions Lamiroy - Collection Opuscule, 2018. Deux soeurs jumelles de huit ans disparaissent subitement...un kidnapping?

“Connectée”, drame psychologique, Les Associations Bernardiennes, 2019. Après avoir subi un choc sévère, Marie, seize ans, cherche le salut sur la toile. Un septième roman, dernière parution en date de l’auteur qui tente de nous faire prendre conscience ici des dangers liés à une utilisation abusive et inadéquate du numérique, particulièrement des réseaux sociaux.

   “Que serait notre monde sans Arts ni Lettres? Serait-il aride, vide de toutes formes de créativité, d’expression, d’émotion, d’exaltations? J’ai toujours eu en moi, paraît-il, la fibre littéraire mais le véritable appel ne s’est produit qu’en 2004 à la suite d’un dramatique événement qui m’a sérieusement marqué.” peut-on lire sur un flyer consacré à l’auteur. Le lecteur qui connaît quelque peu l’oeuvre de Thierry-Marie Delaunois ne peut ici qu’approuver: l’écriture est bel et bien l’une des voies qui semble le mieux correspondre à la personnalité de l’écrivain que l’on a qualifié par-ci par-là d’homme de lettres ou de l’être, et grand admirateur des auteurs classiques et de leur style, Thierry-Marie la suit à présent allegro non troppo, écoute et sensibilité au coeur. Peut-on toujours souhaiter bon vent à sa plume?

N.D.L.R.

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VIDE...

 Vide comme la bouteille au lendemain de la fête

Comme la corbeille versée au matin des poubelles...

Comme la vie qui s'étiole et nous laisse tout bête

Oubliant un instant notre âme de rebelle!

L'été court vers sa fin et nos ambigüités...

Soleil ou bien la pluie, s'embrouillent les envies...

Monte le sentiment de la finalité

Si le diable s'amuse, se perd aussi la vie!

Alors, vidons bouteilles et froissons les papiers

Les souvenirs s'entassent au fond de nos poubelles...

A quoi peut-il servir de rester en dernier

Pour être loin de toi lorsque le jour s'éveille?

J.G.

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Envolée...

 Douceur, chaleur, moiteur...

Le décompte de l'été...

Et cette rage au cœur

De vouloir profiter!

Dans le jardin paisible

Où pépient les oiseaux

Quelques souvenirs audibles

A l'ombre des arbrisseaux

Chercher, penser, rêver...

Poursuivre encore un peu

et se sentir bercé

Dans des bras amoureux...

Au fond de l'âme en peine

Une lueur d'espoir

Vers la vie nous entraine...

S'il suffisait d'y croire!

La terre, la mer ou l'air?

Qu'importe l'élément...

Au diable les mystères

Danser avec le temps!

J.G.

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administrateur partenariats

Le goût du chocolat.

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De retour de vacances, un manque cruel se fait sentir...on est belge ou on ne l'est pas, mais il y a plus que cela.

Le chocolat Côte d'Or, c'est mon enfance, mes parents, le petit déjeuner sur la table de la cuisine avec le vrai pain du vrai boulanger, le lait de la ferme en face, le bon beurre bien jaune, l'odeur du chocolat fondu sur la taque de la cuisinière à charbon, ma mère en tablier, on n'était pas riche, mais on était heureux, et ce chocolat, c'était notre luxe à nous.

Et chaque bouchée, encore, me le rappelle....

Et si tout a changé, que la mondialisation est passée par là, que le charbon a disparu, ainsi que le vrai lait et le vrai pain, que mon enfance s'est envolée, les jours heureux sont à jamais gravés dans ma mémoire. Ils ont fait de moi ce que je suis, et ce que j'ai transmis à mes enfants, le lien du chocolat en fait partie et ils se souviennent tout comme moi de ces saveurs de l'enfance chez leurs grands-parents.

Nostalgie, quand tu nous tiens...

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Sortie de mon nouveau livre : Le fauve.

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Le Fauve...

L'innocence, c'est ce qui te permet d'aller avec un peu de confiance dans la vie.
C'est ce qui te permet d'aimer vraiment les gens, la vie tout simplement.
J'étais un enfant comme les autres, sociable, pas plus mauvais, pas plus violent...
Cette innocence, je viens de la perdre !

Qui a la base m'a fait perdre cette innocence ?
Mon père alcoolique et violent ? Ou ma mère, bien trop soumise ?
Les copains désœuvrés, en bas de ma cité HLM ?
Les flics ou les juges ? La prison ?

Oh, je ne me plains pas ! Non ! J'assume mes erreurs, mes mauvais choix !
Je sais qu'il n'y a plus d'alternatives pour moi !
Percés par les balles des flics.

Mais tout de même, tout gosse, une main tendue aurait suffi.
Je ne l'ai pas trouvé !
Celles qui se sont tendues l'ont fait pour mettre un calibre dans la mienne.

Je n'étais pas un enfant méchant, loin de là ! Je voulais juste qu'on m'aime un peu !
Je voulais qu'on me porte l'attention que mérite tout enfant, tout adolescent.
Qu'on me traite comme un enfant, mais certainement pas comme le dernier des rats !
Le fait est là, de l'enfant doux, affectueux, conciliant que j'étais, ils ont fait un fauve.

Mais je vous raconterai ça dès septembre (2019)...

Disponible en prévente sur : Le livre en papier

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C’est en 1849 que Kierkegaard publie cet ouvrage. Sous forme de trois "Discours" d'édification religieuse, il s'adresse aux affligés, les invitant à la contemplation des lys des champs et des oiseaux du ciel, divins maîtres selon l' Evangile de saint Matthieu. L' affligé repousse en effet la pitié humaine qui le tourmente, l' humilie et le conduit en outre à faire des "comparaisons": mais seul, au milieu de la nature, il est délivré de l' anxiété de la comparaison, car les êtres de la nature, entièrement différents, ne peuvent susciter son envie. La vue du lys et de l' oiseau le détourne de sa peine et lui rend le calme, lui apprenant à "se contenter de sa condition humaine".

Les lys sont merveilleusement parfaits dans leur simplicité: combien l'homme ne le serait-il pas davantage du fait qu'il est une créature humaine, chef-d'oeuvre de la création! Mais, séduit par son propre esprit insatisfait et capricieux, qui finit par lui faire oublier sa qualité humaine, l'incitant à se plaindre des différences entre l'homme et l'homme, ainsi poussé vers d'inaccessibles chimères, il finit par sombrer dans le découragement. L'enseignement du lys, à qui le tourment de la comparaison et de la jalousie est inconnu, délivre l'esprit de l'homme des préoccupations mondaines. L' oiseau, qui vit au jour le jour, insoucieux du lendemain, le libère de cet ordre matériel, car qui le nourrit, sinon Dieu? Aussi l'homme apprend-il qu'il est également nourri par le Père céleste: même lorsqu'il aura rempli ses greniers du fruit de son travail, il ne devra pas s'imaginer avoir subvenu de lui-même à ses besoins. Toutes nos préoccupations naissent de notre manie de comparer: l'homme se compare à son semblable et compare entre eux les jours de sa vie. Mais les lys et les oiseaux nous enseignent à être simplement et joyeusement nous-mêmes. Ils sont le ravissement divin de l'affligé, car la nature détient une capacité infinie de persuasion. Par les lys et les oiseaux, l'homme est amené à considérer "la munificence de la condition humaine".

Un penseur païen a déjà parlé de la supérieure dignité de l'homme, de la noblesse que lui donne la station droite, attitude de commandement. Mais ce docte oubliait Dieu. Le mérite d'une telle dignité ne revient pas à l'homme. Dieu l'a créé et il est semblable à Dieu, non par sa forme sensible et périssable, mais par la gloire invisible de l'esprit: l'homme peut avoir la révélation du Créateur et l'adorer, ce que jamais ne pourra faire la nature, privée de conscience. Et de même, l' oiseau, insouciant du lendemain, n'a pas le sens du temps et de l' éternité propres à la conscience humaine: aussi son influence est-elle bénéfique, mais inconsciente. Du seul fait qu'il peut travailler, souffrir, adorer, l'homme est infiniment supérieur aux lys et aux oiseaux, lesquels finissent même par s'attirer la compassion de l'affligé, venu vers eux pour être consolé. Car la vie de la nature est splendide mais éphémère, et sa beauté renferme une tristesse inexprimée. La liberté lui étant inconnue, elle sert la gloire de Dieu sans l'avoir choisi. La faculté de choix n'est réservée qu'à l'homme, lui seul peut choisir entre Dieu et Mammon: telle est sa gloire, tel est le caractère admirable de sa condition, par ailleurs extrêmement périlleuse. L'homme est donc infiniment supérieur à la magnificence de la nature, car il est libre, pouvant de son propre chef adhérer au royaume de Dieu: les lys des champs et les oiseaux du ciel lui ont appris "le bonheur réservé à la condition humaine".

Cet ouvrage admirable de simplicité et de force persuasive, vise à déterminer les catégories de "personne" ou d' "individu", essentielles à la pensée, religieuse mais anti-ecclésiastique, idéaliste mais anti-hégélienne, de Kierkegaard. Pour lui, l'homme authentique, l'homme pur et simple, n'atteint son "être" propre qu'en se mesurant à l' éternel, hors des rapports trompeurs de la vie sociale.

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ROUGE...

Rouge, comme le liquide précieux qui coule dans nos veines

Comme la rose odorante au petit matin blême...

Comme le feu dévorant que ton regard rejette

Comme le soleil couchant qui dans la nuit se jette!

Rouge, comme les idées parfois que la colère professe

Comme des joues qui s'embrasent et l'émotion confessent!

Comme au milieu des blés ces fleurs trop fragiles

Qui posent la question des guerres inutiles!

Rouge, comme un désir brûlant qui cherche apaisement

Comme le peintre éploré qui découvre l'instant

Oubliant la douceur, laisse éclater son cœur

Et nous démontre ainsi qu'il ne sert d'avoir peur!

J.G.

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12273313892?profile=originalIl n’est plus secret gardé de prétendre que la méfiance fait partie de mon environnement. Si l’on me dit qu’untel ou qu’unetelle écrit remarquablement, je me refuse à le croire sans y avoir posé le regard.

Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, mais de prendre le risque de décrire un ouvrage pour raison que l’écrivaine soit belle, que l’auteur porte le verbe haut perché, qu’il est petit, drôle, élégant, tremblotant ou même agonisant serait prendre le lecteur pour un idiot.  En raison du respect que je lui porte (au lecteur pas à l’idiot), je me dois de fréquenter un minimum de neutralité.  Pourquoi vous assommer avec ce genre de propos ?  En raison des quelques lignes qui vont suivre, en raison qu’il me semblait important de préciser que je n’ai aucune intention d’offrir un cadeau promotionnel à un ouvrage s’il ne m’avait pas séduit.

Lui, il n’est pas grand, il n’est pas petit non plus…  Ce n’est pas encore un homme et cependant, il semble dépasser, et de loin, la maturité de certains exposants rencontrés au fil de mon voyage autour de la francophonie. 

C’est dans le Salon organisé par sa maman, l’écrivaine et Chroniqueuse Virginie Rebujent, que j’ai fait la connaissance de son premier roman.  Il me l’a tendu d’une main ferme, sans fausse pudeur, mais tout de même, on sentait dans ce geste une forme de réserve, de timidité et si je ne lui avais pas sollicité un autographe, probablement qu’il n’y aurait pas songé.  S’il m’a tendu le fruit de son travail ce n’est pas par orgueil, au contraire, depuis longtemps (tout est relatif) je lui avais demandé de me réserver la primeur de ce livre qu’il m’avait annoncé.  Était-ce vantardise d’adolescent ?  Je ne pouvais le dire, j’avais comme un pressentiment.  Dans le secret de mes délires, j’étais en attente.  Étais-je fou d’y croire ?  Non, je l’en croyais capable, un éclat dans le regard démontrait qu’il n’abandonnerait pas le chemin qu’il venait d’emprunter.  S’il me donna raison, j’ignorais si ses écrits méritaient l’engouement de ses parents.  Allez savoir, entre le cœur et la raison, qui peut prétendre renier le fruit de son éducation ?

Clovis Rebujent-Rouquette est, si l’on en croit la définition du dictionnaire, encore un enfant.  La tête solidement posée sur les épaules (c’est une image, ne m’écrivez pas pour critiquer cette phrase en me décrivant l’anatomie, je sais très bien qu’il y a le cou, etc.) semblait méditer derrière une pile de livres.  Des heures durant, immobile et souriant, il attendait le lecteur sous un soleil méchant…  Plus loin, à l’abri des éléments, certaines plumes vieillissantes ergotaient sur les points et les virgules en revendiquant la perfection de l’écriture.  Ma mauvaise humeur fit germer l’envie de demander si cette perfection avait quelque chose à dire ou, au contraire, servait de somnifère aux lecteurs pris au piège de ce genre de babillage.  Cancre j’étais, cancre je suis resté, je préfère la liberté du ciel quitte à souffrir devant les révisions.  Le lendemain, après une journée de patience, Clovis revenait à sa table tandis que certains donneurs de leçon brillaient par absence.

Clovis Rebujent-Rouquette m’a donc offert son premier roman.  Pris au piège je ne savais que faire.  Je déteste les esprits faux, les compliments gratuits, j’allais donc le lire en offrant mon avis comme je le fais pour n’importe quel ouvrage.  Certes, je n’ai aucune intention de blesser (qui suis-je pour oser approcher le rôle du confident ?), mais en posant « ma » vérité, celle d’un lecteur pas si différent des autres.  J’avoue que ma lecture se fit plus critique que je ne l’aurais voulu.  En voulant éviter de tomber dans la démagogie, j’ai triché par excès de sévérité.  Ce n’est pas juste, et cependant, de cette attitude naîtra une conclusion sans appel.  Ce livre est une réussite.  Certes, vous y découvrirez quelques petits péchés de jeunesse (il y a des vieux qui n’ont jamais pu s’en débarrasser), mais la vie n’est elle pas faite pour nous permettre d’évoluer ?

Voici donc mes conclusions en vous rappelant cependant que je ne suis ni juge ni Dieu, juste un homme qui partage ses passions.

Avant d’ouvrir le livre, les yeux découvrent l’équilibre d’un premier de couverture construit avec intelligence.  Rien de trop, couleurs harmonieuses, titre se fondant dans une chorégraphie légère. 

Après ce petit plaisir, on tourne les pages pour découvrir l’histoire…  Le texte est surprenant de maturité.  Écriture incisive, modelant l’intrigue à l’aide d’un phrasé dépouillé.  La lecture se fait sans heurt…   Les personnages suivent leurs destins, l’intrigue vous invite à continuer et continuer encore jusqu’à ce que la dernière page se présente.  À cet instant précis, on dépose le livre les yeux collés au plafond, en espérant qu’une suite ne tardera pas à fleurir.

Je vous parlais de péchés de jeunesse, rien de grave, juste le temps que l’écrivain prenne ses marques.  Un peu moins d’empressement dans la narration offrirait un voyage de plus longue haleine.  C’est un peu comme si les détails dérangeaient le narrateur.  J’aimerais sentir les effluves des paysages traversés.  J’aimerais découvrir les vibrations des « non-dits ».  Bien entendu, ce ne sont que des détails, ils viendront avec le temps, ils viendront quand les obligations de la vie permettront à l’auteur d’avoir le temps de s’étendre plus longuement.  N’empêche, qu’importe les faiblesses ; c’est tout de même un instant précieux que de découvrir le premier roman d’un auteur qui semble avoir un bel avenir.  L’écrivain, Clovis, pourrait mettre en place un nouveau style à condition de prendre conscience de la force de son talent sans tomber dans la facilité de croire qu’il est devenu le nouveau grain d’oraison qui va changer le monde.  C’est à l’instant de la reconnaissance qu’il faudrait se remettre en question.  Clovis est un auteur en devenir, un écrivain sur lequel je pose la main en  toute confiance, car j’imagine qu’un jour on se le disputera, mais, à une condition, c’est qu’il garde l’humilité, qu’il se garde des compliments faciles et qu’à chaque mot écrit, il pose la question fondamentale :  Ais-je tout donné comme au premier jour ?  Vais-je me faire aimer par celle ou celui qui n’a rien à gagner à me couvrir de lauriers ?

Bienvenu dans le monde de la difficulté.  Clovis, parce que je te considère comme un fils adoptif, que puis-je écrire qui ne serait fébrile ?  Je pose le clavier en toute humilité  et je quémande aux dieux d’épargner  l’innocence.  Te voici plongé dans un milieu qui ne pardonne rien, surtout pas le talent car le talent dérange.  Prend garde de ne pas te faire briser par l’orgueil, ce pauvre costume usité par ceux qui ne mérite en rien nos regards.  Reste digne de ceux qui te lisent, c’est eux qui te font vivre…  En attendant, merci pour ce cadeau

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L’actualité littéraire n’est pas un chemin dénué d’obstacles. En effet, si l’on considère le nombre d’ouvrages publiés chaque année, nous sommes amené à faire des choix même si ces choix tentent de partager l’originalité. Au fil du temps, les yeux se posent sur des récits de vie, des témoignages poignants et si l’on en parle en mode homéopathique c’est que nos choix se posent lorsque le cœur s’anime…

Si J’ai découvert « L’échelle des Zagoria » édité par Académia c’est un peu par hasard.  Certes, un exemplaire presse m’avait été envoyé par la maison d’édition, mais tout de même, d’autres ouvrages attendaient ma lecture et malheureusement, mes journées ne font pas éternelles.  C’est donc dans la précipitation, parce qu’il y avait un avion à prendre, que j'étais en retard, que j’ai saisi le premier livre en attente.  Somme toute, le destin faisant bien son travail, j’ai abordé l’écriture de Marie-Bernadette Mars avec ce petit chatouillement au ventre, ce qui ne trompe jamais, car par ce signal,  on devine que ce livre mérite d’être compagnon précieux.

« L’échelle des Zagoria » par la qualité d’écriture est une sorte d’ensorcèlement et probablement la preuve que la solidarité intergénérationnelle est une source dans laquelle on peut trouver le plus tendre des trésors.  Une histoire d’amour, de tendresse, de respect certainement.  Ce livre allait m’aspirer au point que j’en oublierai de compter le temps et qu’une hôtesse me rappela à l’ordre en diffusant mon nom pour un dernier appel. Je me suis précipité avant que ne se ferme le comptoir d’embarquement.  Cette distraction me fit sourire, elle se mariait à merveille aux premiers chapitres.

Ainsi, sous l’ombre de l’oubli se met en place une quête de souvenirs ancestraux.  Le récit nous place en témoin, témoin d’une petite fille entourant sa grand-mère avec toute la tendresse qu’il est possible d’offrir lorsque la maladie transforme les souvenirs, change le caractère et use la patience.  Comme un spectacle triste qui panache les textes, se dévoile une copie du vivant, une copie qui ne porte pourtant plus les parfums d’autan.

Le roman de Marie-Bernadette Mars nous offre une sorte d’initiation ou plutôt, oui c’est cela, une quête à la recherche des silences du passé. Il a fallu que l’oubli s’en mêle, que les souvenirs se mélangent, qu’une grand-mère prenne conscience que la dégénérescence provoquée par la maladie risquerait, peut-être, de dévoyer la vérité. Un sursaut de lucidité, une éclaircie qui permet à Stamatia de proposer à Léa d’entreprendre un voyage aux Zagoria. Voyage par procuration au cœur des souvenirs désertés par amour et vers lesquelles elle n’est jamais retournée. Nous voici plongé au cœur de la Grèce, de l’histoire, de ces débordements qui broderont l’Europe en rappelant qu’il n’y a pas si longtemps que cela, la liberté s’appelait "espérance" et qu’il n’était pas toujours sage de possèder le "franc parlé".

« L’échelle des Zagoria »  est un livre que l’on déguste avec les yeux, le nez et toutes les perceptions.  Les femmes sont au cœur de la narration et pour cause, Marie-Bernadette Mars est, semble-t-il, sensible à la condition de la femme à travers les lieux et les époques.  Je vous avoue que ce roman mérite que l’on arrête le temps.  Lire et s’arrêter de lire,  poser de temps en temps les yeux sur la ligne d’horizon afin d’affronter mille et une questions sur ce que pourraient être les relations humaines.  Ah qu’il serait heureux de vivre si l’on possédait le courage de tourner nos priorités vers ceux qui nous ont élevés.  Et puis, il y a l’accueil, les portes ouvertes, le respect de l’autre…  Voilà, je ne vais pas plus loin, je vous laisse à cette découverte, une oasis posée là, sans faire de bruit mais dans laquelle coule une eau si fraîche qu’on la déguste en signe d’oraison.

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