Primé meilleur spectacle de danse 2009/2010 par les Prix de la Critique !
Voici : l’assaut des cieux ! Au théâtre Marni
Ce magnifique spectacle largue toutes les amarres des conventions. Depuis quand jette-on quelques matelas au fond d’une scène pour que s’y réveillent des ouvriers ? Des prisonniers, des chômeurs ? Des réfugiés, des conjurés? Ils sont six au pied du mât du bateau ivre, ils vont à l’assaut des cieux, revisitent le rêve d’Icare, convient le peuple ailé, par le geste, le mouvement, le mime et le jeu. Tiens voilà un faucon: tout en plumes et en vol plané! Grâce, mystère poignant de la vie. A moins que ce ne soit pour Prométhée…
Arthur Rimbaud nous souffle: « J'ai tendu des cordes de clocher à clocher, des guirlandes de fenêtre à fenêtre, des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse. » Illuminations. Elévation, les six danseurs veulent percer le mystère de ce ciel s’il existe. Ils sont libres, jeunes, musclés, barbus, vêtus d’aventure et de blue jeans . Ils deviendront par la danse tous les miroitements du Bleu infini. Ils se délivrent de la pesanteur! Le talc vole, les mains et les pieds blanchissent ! A chacun son voyage. Depuis les acrobatiques figures frôlant la mort sur le mât chinois, jusqu’aux jeux innocents de marelle. Un christophore? Un géant radieux ? Le courage humain pour appréhender les mystères n’a pas de limites. The sky is the limit !
Élans, culbutes, transports. Arc-en-ciel inlassables, les corps à corps sont souples, presque aquatiques, mais pas d’étreintes, l’autre échappe toujours…vaines luttes. Les danseurs ont beau se mettre des étoiles aux pieds, des chaussons magiques, les pyramides éphémères basculent, Ciel où es-tu ? Les danses infusent et deviennent harmonies, mais la mort fondra soudain sur les danseurs sans prévenir. Non ce n’était pas de l’orgueil, comme Icare. L’espoir, tout simplement ! Une fatalité roulera leurs corps épars sur la terre hostile, terrassés par le désespoir et un souffle destructeur. Mais les voilà qui se relèvent avec courage pour aller mourir debout, dans la lumière et l’éternité du sable qui coule.
Et la musique ?
Une composition moderne de Yves De Mey…. Elle évoque les travaux et les jours, les constructions de sable, la lutte contre l’enlisement le triste terre à terre, tandis qu’Haendel, puissance musicale mythique transporte chorégraphie et spectateurs dans la surprise de l’envol. Dans un premier chant : « Rejoice ! » il nous mène droit au ciel avec la voix sublime d’une jeune femme de 20 ans, une véritable révélation, qui remplaçait ce soir-là Elise Gabele. D’autres chants lyriques suivront, postés aux portes du ciel, épanouis, ailés, d’une vérité et d’une profondeur sublimes.
Conception et chorégraphie Claudio BERNARDO
Création et interprétation Benjamin KAHN, Diogo DOLABELLA, Mikael BRES, Ondrej VIDLAR, Benoit FINAUT, Steven BERG,
Chant et conseil musical Elise GABELE,
Musique originale Yves DE MEY, Musique Georg Friedrich HAENDEL, Henry PURCELL, Jim MORRISSON