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Confidences trop intimes  de Jérôme Tonnerre

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Parce qu'elle s'est trompée de porte, Anna s'est retrouvée à confier ses déboires conjugaux à un conseiller fiscal, William Faber, coincé, cravaté et blême. Touché par sa détresse - troublé aussi - l'homme n'a pas le courage de lui avouer qu'il n'est pas psy, contrairement à son voisin de palier. De rendez-vous en rendez-vous, de confessions en confessions, un étrange rituel s'instaure entre eux, les rendez-vous s’amoncellent. L’addiction mutuelle s’installe. William est à chaque fois ému par la jeune femme, et fasciné d'entendre ce qu'aucune femme ne livre jamais.  Qui est donc Anna ? Qui est dupe ? Qui joue  quel jeu ? Le  psy qui habite à côté, finit par faire une thérapie d’Anna par procuration en recevant William contre espèces sonnantes et trébuchantes.  Ce sont les moments les plus savoureux ! Le psy est point pour point celui qu’on imagine dans les caricatures les plus délirantes.  Le psy : « N’oubliez pas, le premier organe sexuel, c’est l’oreille ! » Et alors que William veut soudain abandonner son aventure amoureuse à peine amorcée…il lui souffle : « La pureté analytique vous interdit de changer de rôle ! » Et autres balivernes succulentes de psy.

 

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Ce sont donc les deux personnages secondaires  qui donnent du relief à ces rencontres: l’ex- femme de William : Jeanne, chaleureuse, et gentiment jalouse de la mystérieuse visiteuse, et ce psy magnifiquement campé, caustique à souhait  et interprété avec excellence par Michel Israël.

Mais à la manière des thérapies, la pièce piétine, barbotte un peu. Il y a de bons mots, de fines réparties, des mystifications. Mais la succession des scènes alternativement dans le même décor des appartements jumeaux dotés des mêmes meubles - une fois chez le psy une fois chez le fiscaliste - rendent l’affaire un peu monotone. Soulignons par contre la qualité de la musique : entre valses de Vienne, Hitchcock et «  in the mood for love », celle-ci donne à l’ensemble   un modelé pittoresque.

 La valse hésitation de William s’éternise cela fait rire intérieurement ou attire la compassion sur ce  personnage grave qui a oublié de vivre.   Affublé d’une cravate sévère, vieux garçon rangé  et méthodique,  il ne se départit que rarement de son sérieux d’enfant sage et triste, comme s’il était  puni par la vie et  imperméable au désir.   Deux fenêtres blêmes deviennent presque des personnages à part entière. Elles l’ont vu naître,  le surveillent et  le feront enfin sortir de ses gonds.

 L’air de rien, sans y toucher,  c’est quand même lui, William, qui  a  patiemment reconstruit Anna, incapable de se passer de ses cigarettes jusqu’à sa guérison. Anna est  son Pygmalion, mais on  aurait  néanmoins souhaité à William une rencontre avec une fille de plus d’épaisseur, de verve et de charme, pour faire drôle plutôt que doux-amer. Qu’elle eût été  plus malheureuse de sa relation perdue avec son mari, plus affolée, plus désespérée aurait donné  un peu de sauvagerie à ce vaudeville de divan par ailleurs bien mené.  

 

CONFIDENCES TROP INTIMES

de JÉRÔME TONNERRE d’après le film de PATRICE LECONTE
Mise en scène: BERNARD YERLÈS / avec ALAIN LEEMPOEL, CATHERINE CONET , HÉLÈNE COUVERT et MICHEL ISRAËL

 

DU 27/10/11 AU 03/12/11

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administrateur théâtres

12272772659?profile=original  En ce moment, au Théâtre de la Place des Martyrs Un Cyrano qui va droit à l’âme. (d'Edmond Rostand)

 

Depuis sa création, il y a bientôt 20 ans, Théâtre en Liberté aime les spectacles qui allient panache et poésie ; des réalisations imagées, mouvementées, où l’esprit de troupe s’épanouit dans un plaisir du beau texte, de la musique, de l’escrime… Bref du théâtre total. Plus que jamais, entre des productions théâtrales assises dans le confort et des productions où la forme esthétique l’emporte sur le fond, où les gadgets scéniques remplacent les vraies valeurs du théâtre, il y a une place pour un théâtre « populaire ». Non un théâtre « démagogique » voulant plaire à tout prix et par n’importe quel moyen, mais un théâtre où l’équipe réunie dans une même foi apporte au public un spectacle où le divertissement va de pair avec la réflexion et l’esprit de révolte qui est celui de notre héros.

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Une troupe au service d'une pièce magique.

 

Avec Cyrano, nous voulons réunir dans une troupe partageant le même enthousiasme, des créateurs, des comédiens, des techniciens susceptibles d’apporter au public, la qualité de rêves et d’émotions qu’il est en droit d’attendre d’un théâtre vivant. Tous, ensemble, nous voulons faire un Cyrano non pas confiné dans un respect sclérosant mais où le souci de la tradition s’enrichit des précieux apports de la modernité théâtrale et donnant toujours au théâtre cette place privilégiée qui est la sienne : ouvrir les portes de l’imaginaire, de la poésie, du rêve…

 

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Une version dépouillée, concentrée sur un homme blessé qui combat la bêtise et les préjugés.

 

Notre Cyrano sera « débarrassé de ses paillettes, de ses plumes, de ses mots excessifs ». Pas pour une opération d’appauvrissement, mais au contraire pour « en retrouver la poésie, les sentiments, comme lorsqu’on dégage la toile d’un peintre de son cadre, pour mieux profiter du tableau »

 

Cyrano est avant tout un révolté contre la stupidité, la banalité, contre les comportements obligés, dictés par la société, contre l’utilisation que les gens en place font de leur pouvoir.

 

Les tirades de Cyrano ont une modernité formidable, très vite, on se rend compte que les travers que Cyrano combat, sont les mêmes que ceux qui gangrènent nos sociétés : l’opportunisme, l’arrivisme, le népotisme, la compromission. Tous ces abus qui se retrouvent aujourd’hui dans le monde des affaires, la politique, le monde des idées. Et certains, comme Cyrano, continuent à les combattre, non pas à la pointe de l’épée, mais avec d’autres armes, avec peu de résultats quelquefois, parce que les défauts de la société sont puissants comme ceux qui les entretiennent.

 

 

Assumer sa différence

 

 

Cyrano est, en fait, un antihéros qui est l’image même de l’échec. Antihéros qui a apparemment tout raté dans la vie et jusque dans la mort, Cyrano n’est pas un « gagneur » comme les héros de Sulitzer, il n’est pas davantage le « tombeur » qui séduit les femmes dans les feuilletons télévisés, il a seulement du cœur et de la fierté.

Et si c’était cela, pour une large part, qui faisait le succès de Cyrano ?

Il y a dans l’existence d’autres valeurs humanistes que l’argent, le pouvoir ou la beauté, que « réussir dans la vie » à la manière des Ducs du XVIIe et des « cadres dynamiques » d’aujourd’hui.

 

« Voyez-vous, lorsqu’on a trop réussi sa vie, on  sent – n’ayant rien fait mon Dieu, de vraiment mal ! Milles petits dégoûts de soi, dont le total ne fait pas un remord, mais une gène obscure ».

 

L’interprétation est fabuleuse. Dont acte. Cela commence en musique par des baladins en costumes dans le style de la plus pure commedia dell'arte - racines obligent  -  qui circulent dans le public et entraînent le regard vers une scène dont on ne lèvera pas le rideau avant les trois coups traditionnels. Une mise en oreille à l’ancienne, qui met  le public tout à l’écoute.

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 Et puis c’est le verbe magnifique qui déferle avec des intonations riches, justes, travaillées avec grande intelligence. Les trois personnages principaux n’ont rien de théâtral, ils ont tout des voix intérieures que l’on imagine à la lecture du texte. Et c’est une chose rare de sentir une telle adéquation entre la lecture et l’interprétation.

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 Roxane est bien une précieuse, mais pas ridicule du tout car elle a perdu beaucoup de sa vanité. Elle  arbore jeunesse, passion  et charme tendre avec une fougueuse intensité. Elle aime. Cyrano est l’humanité même, il aime.  Christian, que d’aucun pourraient moquer pour ses manques de verbe est tout aussi humain … même si son destin n’est que d’être beau comme le  Pâris de la guerre de Troie. Il aime. Les scènes de fleuret, de pâtisseries,  d’amour perché sur une échelle, ou de lune qu’un poète attrape au bout de sa verve, sont pétillantes d’esprit et de mouvement. Le public aime.  Les décors, tout le contraire des costumes éblouissants sont sommaires, vont à l’essentiel. Un arbre cache la forêt. C’est le flux théâtral qui prime... et la mise en scène qui fait voltiger les tableaux de maître, construits, équilibrés, graphiques, impressionnants. Et voici le  fleuve d’applaudissements qui coule et déborde de toutes parts!

 

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CYRANO DE BERGERAC - E. Rostand

Théâtre en Liberté

Du 27 octobre au 10 décembre 2011

Dim : 27 novembre et 04 décembre

 

 





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1 - Koblalariak

Barrengo kantaz,

Egungo existentzia

Bidean du arnas.

Koblalariak

Pertsonak eta gauzak,

Uneak eta egunak

Bertsotan urrats.

 

Dans ton âme

Poète, Rhapsode, Félibre,

Tu saisis

La quotidienne quintessence

Tu mets dans tes vers

Les Etres et les Choses

Tu donnes Vie

Aux jours et aux moindres instants

 

 

2 - Koblalariak

- kitarra kantariak -

Egunak poesiz

Gauak intziriz

Pasatzen ditu,

Koblalariak …

 

Ô Poète !

- Guitare chanteuse –

Tu passes tes journées

Dans la poésie

Et tes nuits,

Dans la douleur …

 

 

3 - Bertso kantariak

zelaiaren nagia

- herriaren katea

ta libertatea -

 

Poète, Rhapsode, Félibre

Tu as toujours chanté

la langueur de la plaine

- un pays enchaîné

et sa liberté –

 

 

4 - Kantatu ohi du.

Ah, koblalariak

Bertsoen hariaz …

 

Ah ! Versificateur

Grâce à la poésie …

 

 

Ce texte est un poème d'hommage aux versificateurs. Ce sont des improvisateurs qui se retrouvent pour des fêtes et qui ont pour objet d'improviser en chansons sur des musiques populaires, des thèmes, des rythmes et des rimes imposés.

En français, cela s'appelle des joutes oratoires.

 

Pour info, cette chanson que j'ai enregistrée au début des années 1990 sur l'album paru chez Universal, n'est plus disponible dans le commerce.

En revanche, vous pouvez vous adresser auprès des médiathèques de votre ville et en faire la demande.

Quant aux amis(es) résidant en Belgique, cet album est normalement disponible à la Médiathèque de la Communauté Française de Belgique 6, place de l'Amitié à Bruxelles

 

A très bientôt et merci de m'avoir accueilli dans l'univers des "Arts et Lettres" 

 

Peio Serbielle

http://peioserbielle.com/accueil.php

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Quelques trésors de Bruxelles

Trésors de Bruxelles: la Commission européenne

Ajouté par Robert Paul le 18 Octobre 2011 à 14 46 — Aucun commentaire

 

Trésors de Bruxelles: la Place du Musée

 

 

Ajouté par Robert Paul le 18 Octobre 2011 à 14 43 — Aucun commentaire

 

Trésors de Bruxelles: la Bourse

 

Ajouté par Robert Paul le 18 Octobre 2011 à 14 39 — Aucun commentaire

 

Trésors de Bruxelles: le Théâtre du Vaudeville

 

Ajouté par Robert Paul le 18 Octobre 2011 à 14 36 — Aucun commentaire

 

Trésors de Bruxelles: la rue des Bouchers

 

Ajouté par Robert Paul le 18 Octobre 2011 à 14 32 — 2 Commentaires

 

Trésors de Bruxelles: le Palais royal - Vue de nuit

Ajouté par Robert Paul le 18 Octobre 2011 à 14 28 — Aucun commentaire

 

Trésors de Bruxelles: le Palais royal

 

Ajouté par Robert Paul le 18 Octobre 2011 à 14 23 — Aucun commentaire

 

Trésors de Bruxelles: le Mont des Arts

 

 

Ajouté par Robert Paul le 18 Octobre 2011 à 14 20 — Aucun commentaire

 

Trésor de Bruxelles: Les Galeries royales Saint-Hubert

 

 

Ajouté par Robert Paul le 18 Octobre 2011 à 14 13 — Aucun commentaire

 

 

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Voilà un an déjà...

Voilà un an déjà qu’est sorti mon livre « le Conte du Pays de Nan ». Un deuxième manuscrit vient d’être envoyé pour lecture à un éditeur bruxellois, et j’espère pouvoir le finaliser l’an prochain. J’ai repris ici quelques commentaires publiés depuis octobre 2010 sur mon premier essai (écrit au Japon de 1984 à 1986). Ils m’ont encouragé à reprendre et poursuivre mon travail d’écriture. D’autres critiques m’ont été promises. Si donc vous aussi avez lu mon texte, n’hésitez pas à m’envoyer vos impressions, questions ou critiques à mon adresse courriel (daniel.moline@ skynet.be). Elles seront toujours les bienvenues.

Daniel Moline

 

12272763882?profile=originalLe Conte du Pays de Nan
Editions Thélès, 3 septembre 2010, 233 p.- ISBN : 9782303003063

 

Présentation de livre par l’éditeur :
Un jeune homme, Guershom, est envoyé de Belgique jusqu’au centre du monde. Il se retrouve là-bas à attendre seul. Il y fait la rencontre de Ponko, une jeune femme qui se perd dans son image. Il assiste à la mort d’un chien. Cet événement le marque et le rend très tendu. Il arrive en enfer. Il possède un nouveau corps et se voit dépossédé des artifices de la civilisation, ce qui lui permettra de vivre l’aventure de l’amour, le va-et-vient du bien. Il ne sait comment trouver Dieu maintenant, enivré par toutes les filles qui l’entourent. Doté de sang-froid dans son ancienne vie, c’est désormais du sang-chaud qui coule dans ses veines. Le paradis, l’enfer, le purgatoire ne sont jamais loin… Un roman étrange et pénétrant, où chaque lieu exprime différents niveaux d’humanité. Sur les pas de Dante, ce roman propose, dans un foisonnement d’idées et de mots, une plongée créative à travers différents espaces. Mais derrière les symptômes se cache une cohérence plus tragique et sérieuse, une réflexion sur l’animalité et la lucidité. Daniel Moline vit en Belgique. Il a vécu au Japon de nombreuses années, pendant lesquelles il a été peintre et chargé de cours à l’université de Kobe.

Présentation de l’auteur sur Amazon.fr :
Depuis son arrivée au Japon en 1973, Daniel Moline n'a cessé de peindre et d'écrire. "Le Conte du Pays de Nan" est son premier texte publié. L'œuvre de Spinoza et le film de Nagisa Oshima "l'Empire des sens" sorti en 1976 semblent avoir joué un rôle déterminant dans sa réflexion sur le rapport complexe entre désir et connaissance, et sa recherche de l'unité affect-concept qui fait la force ultime du langage. L'impact de ces deux chefs-d'œuvre que sont "L'Ethique" et "L'Empire des sens" traverse ce Conte qu'il acheva d'écrire - pour l'essentiel - en 1986, avec la conscience aiguë de n'avoir pu résoudre le conflit. A cela il faudrait ajouter "Les Cinq Rouleaux" d'Henri Meschonnic, publié en 1970 aux Editions Gallimard, que l'auteur emporta avec lui au Japon. Cette présentation originale de cinq textes bibliques abondamment cités dans le Conte l'a manifestement séduit et inspiré jusque dans le mot de la fin.

 

Publié dans Critiques libres
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Critique rédigée par France Guerre (34 ans)

 

12272764283?profile=originalUn paradis soustrait


Ce livre n’est pas facile à lire, mais bon Dieu, quel livre ! Il est étrange, dans tous les sens du mot : inclassable, indéfinissable, inquiétant, déroutant, voire incompréhensible. Un vrai livre pour ceux qui aiment perdre leurs pères et leurs repères. Ne cherchant manifestement ni à plaire ni à déplaire au lecteur éventuel, l’auteur semble d’abord avoir écrit pour lui. A chaque page, ce livre résiste à qui essaie de le penser. Il n’y a pas d’entrée. Les chemins ne vont nulle part. Ça n’a pas de sens. Impossible de savoir où l’on est, à qui on a affaire, quel est ce paradis soustrait. Un homme rencontre trois femmes. Le texte se contente d’évoquer ces rencontres, procède par allusions sans faire mention de choses précises, fait croire qu’il cache du sens pour mieux nous égarer. Il offre une multitude d’itinéraires possibles dont les tracés, comme en un labyrinthe, formeraient des histoires jusqu’au point qui pose un sens interdit. S’organise-t-il ainsi de manière à provoquer et à décevoir chacune de nos trajectoires interprétatives ? Et pourtant il n’est pas insensé. Il a en lui une force. Il pose une question de vie ou de mort. Il est à la fois politique, éthique, mystique et poétique. Et si l’œil s’y perd avec la raison, comme dans le jardin des délices de Jérôme Bosch, l’oreille pourrait peut-être bien s’y retrouver dans l’enchaînement serré des mots. C’est peut-être un livre à lire et goûter à voix basse, à relire plusieurs fois avant d’y entrer pour le goûter vraiment ?

 

Critique rédigée par Laozi (40 ans)

 

12272764701?profile=originalErrances narratives et perte de sens au fond d’un véritable locus voluptatis


Voici un conte dont les chaines sonores et le pointillé coloré sont si déroutants qu’il semble appartenir à une autre épistémè que la nôtre. 23 juin 1975, 135 degrés de longitude est, 35 degrés de latitude nord, les Cinq rouleaux d’Henri Meschonnic… On ne peut être plus précis. Mais au cœur même de ces localisations chiffrées qui distinguent l’objectif du subjectif, il introduit l’inquiétante insécurité des folies du réel lui-même. En faisant jouer l’un sur l’autre le réel et la fiction - (ce pays de Nan, cette ville, ce bruit, ces ombres, cette femme, est-ce une illusion ou quelque chose de réel ?) - il trouble inlassablement l’opposition sur laquelle s’appuie l’affirmation positiviste de la réalité. Ce n’est pas tout. Sa lisibilité est radicalement mise en cause par la mouvance indéfinie des singularités naissantes de son lexique sous la détermination des idées. Se gardant de trop construire comme nous y porte notre syntaxe, l’auteur a donné un côté résolument parataxique à son récit, au point qu’il est difficile d’y distinguer le principal de l’accessoire. Au lieu de déterminer progressivement un objet de récit, il s’est mis volontairement à divaguer, cette divagation étant à entendre de façon rigoureuse comme débordant du lot de sens imparti aux divers mots. Comme on poursuit des yeux des oiseaux en vol, il s’est contenté de pointer avec ses mots vers ce par quoi tient le monde et qui fait la vie inépuisable dans la moindre procès des choses. N’ayant ni objet à décrire ni vérité à défendre, délivré de la pression du sens, il a voulu laisser les existants du récit aller d’eux-mêmes jusqu’au bout de leurs possibilités et ne pouvait que faire signe de loin, d’une rencontre à l’autre. Ce qui devait finir par rendre la parole énigmatique à force de dire son propre essor sans circonscrire. Voilà donc un roman qui se perd par excès de précision, où tous les sujets sont laissés non identifiés, où le héros lui-même erre comme un animal patûre une prairie. Ses sentiments sont sans motif apparent. Des repères lui ménagent des possibilités d’avancer, mais ils sont tous, comme en un rêve, déliés de signification assurée, et toute indication un peu précise est aussitôt estompée par ce qui la prolonge. Narrativités interminables, discursivités de plaisirs, ivresse de créer une multitude de possibles dans un cosmos incertain de ses postulats. Cela laisse-t-il quelque valeur à ce qui se dit ainsi au gré ? Je n’en sais rien. Mais j’ai le sentiment que cet auteur a commencé ici l’exploration d’une ressource de la parole que nous avons perdue dans nos discours déterminants.

 

Publié sur Amazon. fr et Critique Livre
Critique rédigée par Robert Scherelle, 23 septembre 2011
Critique lue : 510 fois

 

12272765077?profile=original135 degrés de longitude est, 35 degrés de latitude nord


23 juin 1975, 135 degrés de longitude est, 35 degrés de latitude nord. Au grand plaisir de ses yeux, un homme entre dans l'espace clos de Nishiwaki. Cette ville au centre du monde (N35 E135) est pour lui un véritable locus voluptatis. Il y multiplie les rencontres avec des femmes. Il s'y perd. Le conte s'enfonce dans l'ombre et s'opacifie à mesure que se détaille l'épiphanie de ses délices et de ses douleurs. Fuite délibérée de ce à quoi on ne peut donner de nom et dont on ne peut faire un objet de connaissance ? L'homme suit de loin, ou bien retarde, ou bien dénie le moment où le plaisir va sonner la mort du sens. Il joue indéfiniment à cache-cache avec le grand amour. Il se donne l'illusion de cet amour alors qu'il ne cesse de s'en retirer et de s'en éloigner par une distance que renforce chaque nouvelle rencontre qu'il fait. Est-ce trop ou pas assez pour faire une histoire ? Frôlant le grippage, le récit promet un secret à la place d'un autre. Il fait croire qu'il pourrait donner à voir autre chose que ce qu'il donne à entendre. Mais son mensonge ne donne rien à voir. Il est plutôt de tenir, préservé du sens, le seul plaisir d'entendre. Pour nous faire marcher en silence. Il ne dit rien d'autre que le rapport secret qu'entretient cette écriture avec des plaisirs soustraits aux significations. Circulez, chers passants promis à la lointe mort! Et allez-y d'un pas hardi! car s'il n'y a, en ce non-lieu, plus rien à dire, il vous reste le plaisir infini de vous y perdre !

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administrateur théâtres

12272763266?profile=original« Grand ECArt » de Stephen Belber mis en scène au théâtre de la Madeleine à Paris et maintenant à Bruxelles au CENTRE CULTUREL D’AUDERGHEM

 

Une pièce où l’on parle de A comme Amour ou  A comme Art ;  du contrôle de soi, du travail et de la discipline de la danse, « c’est sidérant, bouleversant, la rigueur » ; de ce que peuvent bien se dire un flic et un danseur (homosexuel à ses heures),  de haschisch et autres substances hallucinogènes (c’est l’époque),   des années soixante et particulièrement de l’année 1963, «  période de défoulement total »; des milieux artistiques, « tout le monde couchait avec tout le monde ! » ; du merveilleux métier qu’est l’enseignement,  « voilà pourquoi j’enseigne: accoucher la magnificence de l’esprit humain »; de sexe, de tricot et de danse « qui sont interchangeables » ; de l’usure des couples ; du rêve de vie de chaque individu,  et du grand écart, figure de danse, et  phénomène qui sépare tant les fils et les pères que les individus dans les couples mariés ou non. On dirait presque un titre canadien !  Foule sentimentale, sortez vos mouchoirs et riez de bon cœur.

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Un spectacle désopilant, mais absolument  pas pour enfants, nous prévient Thierry Lhermite lui-même ! Cela se passe dans l’appartement 52, dernier étage d’un gratte-ciel Newyorkais. On y parle beaucoup de la prestigieuse Julliard School. Cette comédie dramatique et  psychologique  touche à la fois nos fibres profondes et nous fait sincèrement rire tant le jeu des acteurs et le décor fantaisiste se liguent pour accumuler une tension  merveilleusement bien menée qui interroge ce fameux grand écart, dans tous les sens du terme.

 

À New York, Toby, ce célèbre chorégraphe excentrique et solitaire, devenu professeur de danse à la Julliard School suite à un accident qui brisa sa carrière de danseur étoile, reçoit donc  la visite d'un étrange couple de Seattle venu l'interroger sur le milieu de la danse dans les années soixante. Une banale  enquête sociologique qui va le distraire de sa solitude  croit-il. Mais cette  rencontre devient très vite  explosive.   Comment ces trois protagonistes mus au départ par la seule curiosité,  peuvent s’engouffrer dans une hostilité réciproque et sauvage… est révélateur de la nature humaine et montre à souhait qu’il suffit de très peu pour déclencher une guerre.

 
L'interview prend  une tournure très inquisitrice car elle porte sur les mœurs sexuelles très libres de l’époque hippie mais surtout sur les partenaires variés et  nombreux du chorégraphe. De quoi créer un malaise de plus en plus désagréable pour le vieux danseur.   A vous de découvrir  les motifs  secrets  de cette visite déterminante, en présence des protagonistes, servis par  des comédiens magnifiques sur  les planches du centre culturel d’Auderghem. On ne voudrait en aucun cas vendre la chandelle d’une pièce finalement fort émouvante. Vous serez servis en surprises et en vérités psychologiques et artistiques.


Auteur : Stephen Belber
Artistes : Thierry Lhermitte, Valérie Karsenti, François Feroleto
Metteur en scène : Benoît Lavigne

Du lundi 17 au samedi 22 octobre 2011 à 20h30 et dimanche 23 octobre à 15h30

http://www.cc-auderghem.be/index.php/nos-spectacles/paris-theatre-1112.html

 

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administrateur théâtres

"Le pain dur " de Paul Claudel au Théâtre Jean Vilar

12272763084?profile=originalLe pain dur  au Théâtre Jean Vilar

 

De : Paul Claudel , première  mise en scène en 1949 par le théâtre de l’Atelier à Paris : André Barsack

Mise en scène 2010 : Agathe Alexis, Alain Alexis Barsacq

Avec Agathe Alexis, Robert Bouvier, Grégory Fernandes, Georges Goubert, Carine Baillod, Hervé Van der Meulen

 

Le plateau est âpre et presque vide à part une pile de livres imposants que personne n’ouvrira et qui sert parfois de perchoir aux personnages féroces, comme autant d’oiseaux de proie. Quelques chaises  en forme de cadres vides viennent parfois s’abriter derrière une table qui ressemble à celle d’une  dernière scène d’une époque vidée de sa substance. Il y a du vin, mais pas de pain, même dur. Dieu brille par son absence. Sur le côté droit de la scène il y a un Christ à l’humanité saillante, mais  mutilé de ses membres qui sera vendu au poids du  bronze, quatre francs le kilo. Car nous sommes dans une ancienne abbaye, acquise par  le cynique Turelure (Hervé van der Meulen),  vieillard avare, dénué du moindre sentiment, et qu’il veut transformer en  papeterie.

 

 Il y a un mal-aimé qui débarque. C’est son fils, Louis (Robert Bouvier) qui s’est engagé dans l’aventure colonialiste algérienne et se transformera en fils parricide pour dix mille francs,  guidé par deux femmes avides. L’une, c’est Sichel (Agathe Alexis) juive athée rêvant d’une terre juive où elle aurait  enfin des attaches. C’est la maîtresse de Turelure, ce capitaine de l’industrie et de la finance dont l’histoire n’est faite que de compromissions et de retournements de veste. Elle est aussi  la fille d’un financier avec qui l’âpre vieillard  fera affaire peu honnête. L’autre, c’est Lumir (Carine Baillod), la ravissante  jeune  polonaise politiquement engagée, sapée dans une redingote  de terroriste en herbe,   fascinée par la réunification de la Pologne à accomplir, une vraie Jeanne d’Arc illuminée, mais privée elle aussi de Dieu.  Toutes ces marionnettes qui campent l’époque  ont le cœur vide comme le plateau. Le rythme des  dialogues butte ad nauseam sur une seule chose : Mes, Tes, Ses, Les dix mille francs, véritable pierre d’achoppement.

 

La description clinique de cette époque malade de spiritualité se développe avec des allures de gangrène. Il n’y a pas une goutte d’amour parmi ces personnages, tout est sec et dur. On est dans une froideur matérialiste, scientifique, progressiste mais qui va où ? Vers la mort du père, sûrement, lui qui croyait tirer les marrons du feu !  Vers une sorte d’inceste, puisque le fils épousera la maîtresse du père. Vers la fuite du seul idéal, puisque la jeune polonaise après une magnifique scène d’ultimatum mi-amoureux, mi-politique,  fuira à la poursuite de son idéal nationaliste. La coupe est donc amère à boire pour le spectateur qui ne trouve aucun personnage à qui s’attacher. Il ne peut que constater à quel point  la société de 1830 (et la nôtre) se cassent les dents sur un pain plus dur que la pierre!

 

Le jeu des comédiens, virtuoses de la langue et du geste, est  diabolique et sûr. Totalement  épanoui, il  rassasie les amoureux de la scène et du texte bien dit. Mais préparez-vous à une marche dans le désert de l’amour.  Car Paul Claudel, dans ce deuxième volet d’une trilogie historique écrite entre 1908 et 1916  s’ingénie à  nous rendre sensible cet abandon des valeurs de la spiritualité qui mine les personnages bien qu’ils s’en défendent, attise leurs tourments, dévie l’objet de leurs désirs,  provoque la violence et tue les sentiments. Il n’existe nulle part d’eux-mêmes où pourrait s’enraciner de l’amour.

 

Une coproduction Compagnie Agathe Alexis et Compagnie des Matinaux - compagnies conventionnées par le Ministère de la Culture - DRAC Ile-de-France.


Lieu : Théâtre Jean Vilar
Dates
: du 18 au 28 octobre 2011
Durée : 2h15 sans entracte

http://www.atjv.be/fr/saison/detail/index.php?spectacleID=461

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Petit préambule  

                    

                      Voici quelques impressions ressenties à l'écoute d'un enregistrement discographique de Laurent Korcia offert à un ami, en l'honneur de sa date anniversaire, afin de tenter de le persuader pour qu'il délaisse ad vitam aeternam (quelle prétention de notre part !) la "musique d'ameublement" qu'il cautionne, source de pollution sonore, du genre "Rondo Veneziano" ou André Rieu, audition renforcée par la lecture de la  magistrale plaquette de présentation signée Olivier Bellamy.
                     Personnellement, il nous a été donné de découvrir Laurent K., bien avant que les feux des projecteurs illuminent sa personnalité, ayant eu le privilège de l'entendre, "jouvenceau" en tant qu'invité de Pascal Dumay au Festival-Académie des Arcs, en compagnie de Laurent Cabasso, avec lequel, il formait à l'époque, un duo charismatique flamboyant.
                     Nous sommes donc fières, d'avoir pu assister à son éclosion méritée, et faisons tout pour privilégier les programmes de musique vivante, gage d'émotions, auxquels participe ce dernier, à l'instar de ce conseil épicurien, qui nous préconise ceci :
                     "Hâtons-nous de succomber à la tentation, avant qu'elle ne s'éloigne."

 

 

" L'Indifférence est une paralysie de l'âme,

 Une mort prématurée."

Anton Tchekhov.

 

 

                         Il nous plait, à l'instar d'une précieuse recommandation humaniste de Georges Duhamel , de vous faire partager quelques uns de nos sujets d'exaltation de prédilection, bref, une once de nos émotions et objets de ferveur, dans l'utopie de tenter de lutter contre la tiédeur, un certain "unanimisme" en vogue, qui n' a cependant rien, mais vraiment rien à voir avec celui chanté par l'auteur des " Hommes de bonne volonté"[1], dans un monde qui devient, hélas, de plus en plus stéréotypé, formaté, voire fréquemment insipide et indigne, appauvrissant l'imaginaire de chacun, pire, contribuant à brider la vision, le potentiel inventif des générations futures, notre relève, et donc dépourvu de singularité, singularité qui constitue immanquablement, la richesse, si ce n'est la noblesse d'une société composée de membres hétérogènes, et qui devrait néanmoins, représenter le fondement même, l'essence d'un être vivant "en germination" dans son individualité, appelé à s'exprimer aussi librement que possible (caractéristique s'amenuisant de jour en jour, selon notre humble avis, en ce début du XXIème siècle) faisant fi des " tendances" et des sentiers battus et rebattus ("Il n'y a rien qui se démode plus vite que la mode" nous certifiait Jean Cocteau),  sans être jamais blasé ou las, enraciné dans une "habitude "sclérosante, proche d'un esprit de "fonctionnariat"...

                       Or, le comble du luxe, nous semble t'il, ne réside-il pas, pour l'interprète-passeur nourrissant l'ambition, sinon la mission, de servir les créateurs en transmettant leur "facture", c'est à dire le sens et la stylistique  contrastées de leurs "Bonnes Chansons"[2] intemporelles, forgées incontestablement d' "ombre et de lumière", de conserver intacte " la Flamme haute"[3] de son inclination originelle, au gré d'une maturation artistique indissociable de son propre cheminement humain, dès premiers instants à l'ultime où il formule son vœu spirituel, au prix d'épreuves et de souffrances parfois traversées, s'efforçant de ne point sacrifier ses idéaux ni d'user d'autre part d'artifices trompeurs, également vierge de toute tentation de " clonage" en reproduisant  un modèle admiré, si seulement la Providence, dame parfois avaricieuse en diable, de prodigalité, offre à ce dit "passeur", l'opportunité de devenir lui même, demeurant "fidèle" à sa nature intrinsèque, en contournant les rets de l'opportunisme, de la fatuité tendus par une pléiade de flagorneurs, et qui le ferait volontiers se perdre dans le miroitement d'un narcissisme sclérosant :

                     "Miroir, mon beau miroir, dis moi si je suis le plus beau" !

                      C'est la raison pour laquelle, nous vous invitons à présent, à consulter le texte promis, composé en guise d'introduction pour un programme discographique[4], et traitant de l'implication en matière de "chants incantatoires", critique signée Olivier Bellamy en l'honneur d'un disciple d'Orphée, animé d'un feu incandescent, détenteur d'une sensibilité doublée d'une sensualité "à fleur de peau", autant "moine que voyou"[5], double facettes rendant ce dernier aussi  fort que vulnérable, et qui, entre nous soit dit, rejoint sur nombre de points, notre propre "étude" concernant le sujet complexe de la "justesse" en art, son rôle au sein de notre civilisation dite "supérieure", et ce, sachant pertinemment, que quiconque  ne peut se targuer de détenir" la Vérité".

                     Car indéniablement, de tempérament  Laurent Korcia, n'en manque point ! Subtile alliance entre l'inné et l'acquis, il représente l'incarnation même de  l'artiste "engagé" et complexe, intègre dans sa foi, et qui traversera les âges, n'en doutons pas, laissant pour la postérité l'empreinte de ses interprétations artistiques à l'identité prononcée, se moquant comme d'une guigne, si vous me permettez l'expression, du diktat érigé par certains esprits conventionnels, iconoclaste semblant éprouver une intense jubilation  à faire voler en éclats étiquettes et classifications, tant et si bien que l'on pourrait aisément lui attribuer ces deux maximes, paraissant avoir été conçue expressément pour lui,  l'une de Charles Koechlin  à propos du compositeur Claude Debussy :

                     "Faire de l'art une religion, mais sans dogme préétablis",

                      L'autre de Guy de Maupassant,

                      "Être dans le vent est une ambition de feuilles mortes".

                      Duo de credo qu'il serait en mesure de compléter par cette "Sagesse  arabe "anonyme, prodiguant à autrui ce conseil  d'une quête d'épanouissement :

                     "Suis ton cœur pour que ton visage rayonne durant ta vie."

                    

                      Nous vous souhaitons  donc, de prendre autant de plaisir à  découvrir cet éloge  que nous ("Plaisir, vous qui toujours remplacez le bonheur", déclarait la poétesse Anna de Noailles, s'unissant, en formulant une devise de cette dimension, à un auguste prédécesseur, le peintre Nicolas Poussin, qui, quant à lui, était intimement convaincu, que : "Le but de l'art, c'est la délectation" ) enthousiasme ressenti et qu'il est crucial "d'alimenter", tel un feu sacré inextinguible, quelles que soient les disciplines abordées ou approfondies, en adéquation de la pensée intemporelle d'une mystique [6] de l'ère médiévale, qui proclamait la profession de foi suivante, à graver en exergue du livre d'or de toute destinée :

                     "Il faut d'abord avoir soif."

 

                     "En art, on dit qu'il faut "avoir du style ". C'est la moindre des choses ! Posséder un style est beaucoup plus rare. En littérature, deux par siècles, disait Céline, qui était sévère. Au violon, les élus sont à peine plus nombreux (Kreisler, Heifetz...). Enfin, avoir son "style" est un privilège accordé aux fortes personnalités. On pense à Gitlis, Kremer...Les animaux étranges, les inclassables.

                     Aujourd'hui, Laurent Korcia appartient à cette race- en voie de disparition- d'artiste que l'on reconnait au premier coup d'oreille parce qu'ils ne ressemblent à personne. Il est la bête noire des orchestres routiniers, des chefs pressés, des pianistes  paresseux. De son Stradivarius "Zahn" de 1719, prêté  par LVMH, il tire des sonorités envoûtantes. Qu'il joue  le concerto de Brahms à la  salle Pleyel ou une belle mélodie populaire à la télévision, Laurent Korcia reste le même? Certes, la somme de connaissances et de technique diffère considérablement d'une œuvre à l'autre, mais la finalité est bien, comme le disait Beethoven de" partir du cœur et d'aller au cœur".

                     De mémoire d'ébène ou d'épicéa, on n'a jamais entendu Laurent Korcia émettre un son poli, absent, ou simplement neutre. Il ignore le consensus, ce poison de l'art. Il ne souhaite pas plaire à tout le monde, mais il mourrait pour concerner chacun? C'est très différent. Tout en lui est engagé, tendu, intègre, rayonnant.

                   À l'image d'un Samson François, Laurent Korcia est un imaginatif, qui a ses fulgurances, ses illuminations, en marge des pièges de la vanité qui ralentit la musique et pèse inutilement.

                   Peu d'artistes ont le courage d'aller jusqu'au bout de leur propre nuit. "Jouer comme si c'était la première ou la dernière fois" conseille Ivry Gitlis. Voilà ce que Laurent Korcia a toujours fait, aussi naturellement qu'on respire, sans imaginer agir autrement.

                  À l'heure où la carrière impose de se cacher derrière son savoir-faire pour durer, Laurent Korcia, qui possède pourtant la plus fabuleuse des techniques  la remet en question chaque soir et joue sa peau à chaque concert. Pour le public, c'est une expérience unique car, que l'on soit ou non familier de la musique, chacun est transporté, transformé.

                  Un grand artiste, c'est avant tout un artiste libre. libre de ses choix, libre de ses passions, libre de ses folies. "La liberté, ça se conquiert, ce n'est pas donné d'avance " estime Laurent Korcia. Laurent Korcia est un musicien qui nous touche profondément car au-delà du charme, des sortilèges, des couleurs fauves et des parfums envoutants de son violon, il demeure, depuis ses premières gammes, jusqu'au dernier son qui vient de mourir sous ses doigts, un artiste d'essence tragique."

 

                                                                                    Olivier Bellamy, 2009

 

 

 

 



[1]  : "Hommes de bonne volonté", titre emprunté à l'œuvre  littéraire de Jules Romains. 

[2]  : Allusion au recueil poétique de Paul Verlaine.

 

[3]  : Détournement similaire d'un corpus dû à la plume d'Émile Verhaeren.

 

[4]  : En référence à l'album discographique intitulé "Cinéma" de la maison EMI Classics, publication datant de l'année 2009

 

[5]  : "Moine ou voyou", emprunt à la formule Claude Rostand pour Francis Poulenc, ce compositeur à multiples facettes...  

[6]  : Allusion à la figure de Sainte Catherine de Sienne. 

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administrateur théâtres

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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet

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Dans cette Mamma Medea, au titre si innocent,  nous assistons à un bombardement de sensations à vif et à un plongeon dans les enfers brûlants de la passion sauvage, de la barbarie élevée en mode de vie et des sentiments contradictoires  portés à leur  incandescence. Le théâtre du Rideau nous emmène dans une interprétation fulgurante des paroxysmes  délirants du vieux mythe de la sauvage Médée, réénergisé par l’écriture bouillante  de l’auteur flamand Tom Lanoye.

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Une figure littéraire  remarquée et estimée à travers toute  l’Europe. Le génie du verbe y est, est-il un héritier de Hugo Claus ?  La puissance évocatrice du  texte est incomparable. Il y a une  richesse verbale volcanique et une violence inégalée dans les souffrances des protagonistes qui captive l’attention. La traduction française est splendide. Le texte en langue originale, moins sauvage parce que silencieux,  clignote comme à l’opéra. Une guitare et des chants multilingues constituent quelques pauses  méditatives  bienvenues. La musique  n’adoucit-elle pas  les mœurs ? La mise en scène est d’une liberté et d’une férocité incontestables. Tout est dans l’affect déversé sur le plateau comme le chaos de notre monde.  Mais rien ne sert de décrire le spectacle en long et en large, il faut aller sentir  de tout votre être, si vous osez,  cette production théâtrale tout-à-fait hors du commun. La distribution est sans faille et chacun des personnages est à la fois grandiose, à l’échelle des dieux mythologiques,  et dramatiquement vulnérable et  humain. Down to earth.

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L’histoire :

 

Nous sommes en Colchide chez le roi Aeétès, un tyran barbare. Jason et ses compagnons Argonautes  sont venus récupérer la toison d’or gardée par un serpent aux mille yeux. Le héros grec  doit d’abord subir une épreuve apparemment  insurmontable, celle de dompter deux terrifiants taureaux aux pieds d’airain, de labourer un champ  sacré consacré à Arès, semer dans ce champ les dents d’un dragon et tuer l’armée de guerrier géants qui en sortirait. Médée, la fille du roi  et la nièce de Circé devient follement  amoureuse de Jason et  trahissant  son père, aide Jason par ses conseils avisés. Le défi téméraire réussit à Jason mais le roi a juré  de se venger et de l’exterminer avec ses compagnons. Médée  endort le serpent gardien de la toison d’or par son chant magique et  s’enfuit avec Jason vers  Iolcos, en Thessalie. Elle lui fait tuer son propre frère Absyrtos lancé à sa poursuite par le roi de Colchide. Pour éloigner la malédiction qui les poursuivra après un acte si atroce, les deux amants n’hésitent pas à  procéder à un rituel barbare sur les marches du temple d’Artémis.  Après un séjour tumultueux à Iolcos  où Médée se livre à toutes sortes de crimes par amour pour Jason,  Jason finit par être chassé. Médée, Jason et leurs fils trouvent refuge à Corinthe auprès du roi Créon. Mais  Médée sombre dans la folie, car Jason a décidé de la bannir et d’épouser Créuse,  la fille du roi Créon. Répudiée, bafouée et désespérée, Médée assassine Créuse  en lui tissant une robe assortie d’un diadème en or qui se transformeront en flammes  au premier essayage. Le père périt dans les flammes en voulant sauver sa fille.  Jason  est fou de rage. Une  querelle dévorante poussera Médée et Jason à assassiner leurs propres enfants.

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La tragédie  antique a été tordue et rendue à notre échelle actuelle. Elle secrète avec force  la profonde douleur  des déchirements intimes pour fabriquer une œuvre théâtrale vibrante et totalement bouleversante. 

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Du 11 au 29 octobre 2011

Avec : Anne-Claire, Claire Bodson,  Adieb Drumel, Pierre Haezaert, Francesco Italiano, Philippe Jeusette, Nicolas Legrain, Mathilde Rault, Yannick Renier, Fabrice Rodriguez et les enfants Jules Brunet, Arthur De Waele, Tibo De Waele, Balthasar Monfè

mise en scène Christophe Sermet

Photos de : ©Marc Debelle

dossier pédagogique: http://www.rideaudebruxelles.be/saison1112/mamma/files/DS_mamma.pdf


Lieu : Au Kriekelaar - Rideau de Bruxelles
86 rue Gallait  1030  Schaerbeek  - 02 737 16 01

http://www.rideaudebruxelles.be/index.php

 

 

 

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administrateur théâtres

12272764654?profile=originalDu 22 septembre au 22 octobre 2011

Le tour du monde en 80 jours au Théâtre royal du Parc

Day ONE « Phileas Fogg était de ces gens mathématiquement exacts, qui, jamais pressés et toujours prêts, sont économes de leurs pas et de leurs mouvements. Il ne faisait pas une enjambée de trop, allant toujours par le plus court. Il ne perdait pas un regard au plafond. Il ne se permettait aucun geste superflu. On ne l'avait jamais vu ému ni troublé. C'était l'homme le moins hâté du monde, mais il arrivait toujours à temps. Toutefois, on comprendra qu'il vécût seul et pour ainsi dire en dehors de toute relation sociale. Il savait que dans la vie il faut faire la part des frottements, et comme les frottements retardent, il ne se frottait à personne. »

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Une introduction qui donne le ton. Ironique en diable. Tout l’art de Jules Verne sera de démonter, rouage par rouage la belle mécanique de cet homme imperturbable et froid (Alain Leempoel) où nul grain de sable ne peut - en principe - se glisser. Mais que se passera-t-il  à la fin, en vertu des grands sentiments ?  Sous ses dehors de   séduisant gentleman cambrioleur, le sire est raide et  triste, et il nous fait franchement rire aux éclats.

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 La représentation théâtrale qu’en fait Thierry Debroux  est un spectacle de grand  Guignol explosif, pour grands et petits,  à la fois majestueux et pétillant de malice, et suspendu entre deux époques, toutes deux délirantes.  Chacun y trouvera son compte. Il y a des paroxysmes d’inventivité et de volubilité, sinon de haute voltige.   Il faudra attendre la chute  de  la prodigieuse histoire pour connaître la chute du héros de marbre de son socle d’impassibilité. Mais en attendant le dénouement bien connu, quel plaisir des yeux, grâce à la valse incessante des décors extraordinaires et aux mouvements spectaculaires  des comédiens, quel plaisir  des oreilles pour l’esprit qui suit avec délectation et bonheur les  mille et une réparties, allusions comiques, dialogues extravagants, sauces locales, fumets exotiques, connotations musicales subtiles ou satiriques, et autres anachronismes qui fusent  en continu de la bouche des comédiens.

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Othmane Moumen  est fascinant dans son rôle de Passepartout. Il est partout à la fois aussi coquin qu’un écureuil en délire.  La joute  perpétuelle entre Jean Passepartout (« Je suis français ! ») et le détestable flic Monsieur Fix (Stéphane Fenocchi) est pur divertissement théâtral : des héros à la manière de David et Goliath. Cela fait immanquablement plaisir de voir le petit se jouer du géant ! On aura donc  fait le plein de bonne humeur et de rire en attendant que le personnage principal daigne enfin se dérider, grâce au Miracle Féminin. Ce Miracle Féminin qui tout d’un coup déboule dans ce club exclusif et très sélect uniquement réservé aux hommes  fera définitivement exploser la notion du temps au profit de celle de l’amour. Adieu aux  montres, horloges et clepsydres de malheur! C’est  Jasmina Douieb dans le rôle d’Aouda, princesse des planches.  12272766259?profile=original

Moralité : Avoir une princesse indienne dans ses bagages  ne nuit pas !

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Day LAST « Ainsi donc Phileas Fogg avait gagné son pari. Il avait accompli en quatre-vingts jours ce voyage autour du monde ! Il avait employé pour ce faire tous les moyens de transport, paquebots, railways, voitures, yachts, bâtiments de commerce, traîneaux, éléphant. L'excentrique gentleman avait déployé dans cette affaire ses merveilleuses qualités de sang-froid et d'exactitude. Mais après ? Qu'avait-il gagné à ce déplacement ? Qu'avait-il rapporté de ce voyage ? Rien, dira-t-on ? Rien, soit, si ce n'est une charmante femme, qui - quelque invraisemblable que cela puisse paraître - le rendit le plus heureux des hommes ! 

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En vérité, ne ferait-on pas, pour moins que cela, le Tour du Monde ?  »  

 

http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2011_2012_001

 

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administrateur théâtres

 

12272763279?profile=original« La source des femmes» sortie en Belgique le 9 novembre (avant- première aux Beaux Arts de Bruxelles le 5 octobre)

 

Fils d'un journaliste juif déporté et sauvé Radu Mihaileanu  est né à Bucarest en Roumanie le 22 Avril 1958. A  22 ans, il fuit le régime politique de son pays et s'installe en France.  Il signe en 1992 son premier film, Trahir, comme réalisateur et scénariste. Ce film narre le combat d’un individu contre une puissance totalitaire.   Son  deuxième film, Train De Vie reçoit un très bon accueil au Festival de Venise. En 2005, avec Va, Vis Et Deviens, Radu Mihaileanu devient producteur, et remporte le prix du Public et le prix Européen à Paris. Une histoire réelle de réfugiés juifs éthiopiens rapatriés par Israël  dont le protagoniste est un jeune garçon échappé d’un camp de réfugiés au Soudan et  qui réussit à se proclamer  juif et orphelin et est accueilli dans une famille adoptive française en Israël. Ce long-métrage plein d’humanité évoque les problèmes d’intégration, le racisme, les différences culturelles, la perte des racines.  En  2006 il reçoit le César du Meilleur Scénario Original pour ce troisième film. En 2009, Radu Mihaileanu signe la mise en scène du film  Le Concert, long-métrage avec Mélanie Laurent.

 

 Le voici maintenant  à Cannes pour le film La Source Des Femmes présenté en Compétition du 64ème Festival International Du Film De Cannes 2011 avec 5 nominations :

- Palme d'Or (Radu Mihaileanu)

- Grand Prix (Radu Mihaileanu)

- Prix du Jury (Radu Mihaileanu)

- Prix du Jury Oecuménique (Radu Mihaileanu)

- Prix de la Jeunesse (Radu Mihaileanu)

 

Leïla Bekhti et Biyouna  jouent à la perfection le rôle de deux femmes de générations différentes,  qui vont entamer une guerre contre le machisme, l’inégalité profonde des femmes, dans la société médiévale qui sévit dans ce petit village marocain sans eau et sans électricité. Du Maroc à L’Afghanistan c’est dans doute le même combat : une révolution à accomplir. Parfois une étincelle, infiniment petite,  suffit à allumer un brasier de changements.  Elles sont déterminées, malgré l’opposition de quelques unes et la crainte justifiée de leurs maris.   Elles veulent dénoncer des pratiques qui n’ont rien  à voir avec l’Islam, mais tout à voir  avec cette supériorité masculine atavique, le corvéage sans merci des femmes, les mariages forcés à un âge indécent,  le droit de les violer, de les répudier, de les battre et de leur refuser l’accès à l’éducation… sous prétexte de sorcellerie.

L’idée géniale de ces femmes  c’est  donc de faire la grève del'amour et du sexe tant que les hommes ne s’arrangeront pas pour amener de l’eau au village. Eux qui  forcent leurs femmes à se transformer en bêtes de somme, pour transporter tous les jours, l’eau que l’on ne peut trouver qu’à une source perdue dans la montagne, n'imaginaient pas qu'un jour elles puissent se rebeller et trouver un tel moyen de pression.

Les porteuses d’eau se sont épuisées sur les chemins arides de ce pays « où coule une source d’eau qui  se tait. » Au propre et au figuré. « Mais l’eau  qui apporte la vie emporte aussi  la vie, déplore l’une d’entre elles, qui a malheureusement glissé et  perdu  sur le chemin caillouteux, le bébé qui allait naître.  Et le cœur des hommes est sec et sans amour,   à cause du chômage et de la sécheresse de l’environnement. Les conditions de vie font qu’ils  ne participent plus du tout à la vie économique du village et se prélassent à ne rien faire.  Cela doit changer. Le village est en train de mourir, il s’agit de survie, comme de celle des infiniment petits, ces insectes en voie de disparition  qu’un entomologiste au cœur aussi sec que le leur,  est venu étudier sur place.

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Le film s’accomplit comme une sorte de conte, fourmillant d’humour, d’inventivité, non sans rappeler celle des mille et une nuits. La danse, le chant lancera la première offensive. Les hommes sirotant leur thé à une terrasse seront ahuris devant la montée des exigences qu’ils nommeront aussitôt sacrilèges et se défendront bec et ongles pour garder leurs privilèges. Le ton est malicieux, déterminé, dicté par l’amour et non par la tradition. Les femmes sont généreuses, belles, pétillantes d’intelligence et armées de courage, comme dans un conte. Les images sont superbes, le cœur du spectateur se nourrit de l'allégresse communicative de ces femmes qui croient à la justice de  leur combat.  

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Tout le propos du film sera celui d’une source d’eau qui parle et se fait entendre, enfin. Et la source des femmes, c’est l’amour, qui lui aussi doit se faire entendre, enfin. L’être humain n’est pas fait pour vivre à genoux et est capable de merveilleux. Voilà pour ce conte oriental réaliste et contemporain de l'infiniment petit. Comme les femmes le disent dans l’histoire, «  beaucoup de fourmis tirent un lion ». Le lion c’est l’histoire de l’humanité.

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administrateur théâtres

ADULTERES de WOODY ALLEN Au théâtre Varia

ADULTERES de  WOODY ALLEN  Au théâtre Varia

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Woody Allen n'a pas fait que des films : il a aussi écrit des pièces de théâtre. Voici deux de ses  intrigues mises en scène par Marcel Delval. Du 4 au 27 octobre 2011 à 20h30 sauf les mercredis à 19h30 - relâche les lundis et dimanches. CREATION au Grand Varia.

Avec: Bernard Cogniaux, Joséphine de Renesse, Pierre Dherte, Alicia Frochisse, Marie-Paule Kumps, Valéry Massion, Hélène Theunissen.

 « Pour inaugurer la saison, nous avons choisi de rire de nous-mêmes, de nos hypocrisies et de nos convenances, de nos hautes trahisons, de nos petites lâchetés et même de nos cruautés, avec la création de ADULTERES de WOODY ALLEN, un spectacle au titre explicite, composé de deux courtes pièces mises en scène par Marcel Delval. Une fantaisie évidemment névrotique, un rien féroce, un brin impitoyable et bien truculente. »

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Un thème, deux variations :

Part 1 : ‘Central Park West’
Les Riggs ont une adresse des plus chics. Sauf que leur appartement, où l'épouse, Phyllis exerce en tant que psychanalyste, est sens dessus dessous : dans la bagarre conjugale avec Sam, une statue ethnique a même perdu son pénis démesuré...  C’est le soir et arrive Carol la meilleure amie. The best friend. Confrontation. Trahisons en séries, violents règlements de comptes, vacheries vengeresses, dialogues de sourds,  écarts de parole,  déballages conjugaux sordides s’échapperont au fur et à mesure de cette boîte de Pandore d’un genre très connu : l’Adultère.

 Un thème éculé, revisité des milliers de fois par le vaudeville classique et contemporain. Cette fois-ci, les huit comédiens  nous ramènent sans ménagements au  fond de platitude  qui sous-tend les relations adultérines. Plus d’un se sentira gêné. Si dans la vie d’aucuns osent se fourvoyer dans les buissons de la passion extra conjugale,  le théâtre met totalement  à nu et pointe le sordide et souligne le  caractère éphémère de l’Amour ! Répandues au sol la jeunesse et la passion premières. Renversés les élans d’amour et la tendresse, remplacés par des amours furtives et coupables. 

 La jeune Juliet  (Alicia Frochisse) sortie-d’on-ne-sait-zou est un véritable pavé dans la mare qui crée une onde de choc encore plus pernicieuse, car plus cynique que tous, du haut de ses presque 18 ans. Et Howard de renchérir : « le mariage c’est la mort de l’espoir ! » Carol garde l'humour: «  Il ne faut jamais coucher avec un juriste, il te coince toujours sur le vocabulaire. »  Les spectateurs, presque assis sur la scène, sans jamais être pris à partie, se sentent impliqués dans cette vague de  tromperie généralisée et la perte d’idéal. Une comédie plutôt amère que douce. Et voir un spectacle sous les feux de la rampe ou dissimulés dans le noir, ce n’est pas la même chose.

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Part 2 :  'Old Saybrook’

Autre lieu: les mêmes acteurs vont rejouer le même thème avec des personnages différents, plus caricaturaux encore, à coups de costumes et perruques extravagantes. Hypocrisie endémique : James Ensor où es-tu ?  Tout lasse, tout passe, … sauf l’Adultère.  Une charmante  petite ville coloniale du Connecticut.  Sheila et Norman ont invité à un barbecue David et Jenny, la sœur de  Sheila qui plaidera: «  A part, le sexe, c’était platonique ! ». La découverte d'un journal intime et l'arrivée des anciens propriétaires  vont corser les fantasmes et animer - élément nouveau, ouf ! - la créativité d’un auteur en mal d’écriture. 

 

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La distribution  des acteurs belges qui se sont amusés follement à interpréter ces deux pièces est impeccable. Soulignons l’interprétation éblouissante et quasi viscérale de Marie-Paule Kumps, le ton olympien d’Hélène Theunissen  et ses rages homériques, et l’inénarrable Bernard  Cogniaux, Howard  le paumé qui retrouve son entrain sexuel loin de sa femme  et Pierre Dherte un beau salaud, très attachant aux dires de ces dames. Marcel Delval (l’écrivain) quant à lui se pointe sur les planches  dans la deuxième variation, comme un deus ex machina et à l’instar de Woody Allen joue un des personnages qu’il a créés. Le coup de théâtre c’est ce  couple  improbable « d’intrus » interprétés par les excellents Joséphine de Renesse et Valéry Massion et qui jouent avec conviction les  bombes à retardement.  La libération de  toutes leurs émotions refoulées  semble tout droit sortie de la foule … des spectateurs. De la vie elle-même, sans l’aide du théâtre, avec les accents confondants du vécu !

 Arrivez les premiers en haut de l’escalier et choisissez les sofas accueillants tout blancs en bordure de chaque côté de la  scène. Non seulement vous aurez un festival de bons mots et de réparties houleuses mais vous serez dans la pure émotion, par la proximité avec les comédiens. Des close-ups comme au cinéma…mais en live, de douze personnages délurés et de huit comédiens totalement investis. 

Que dire si tout cela avait été joué dans l’élan de la  langue originale? Car la traduction a parfois des côtés moins savoureux que l’anglo-saxon  d’origine avec ses intonations subtilement moelleuses. Il y a des mots et parfois un humour difficilement traduisibles, sauf avec une certaine rugosité, qui  finit par écorcher la volubilité et le  rythme!

 

 

Théâtre Varia Rue du Sceptre 78 1050 Ixelles, Belgique  

 

REPORTAGE-VIDEO David Courier et Denis Caudron - Intervenants
- Marcel Delval, metteur en scène

http://www.telebruxelles.be/portail/emissions/les-journaux/le-journal/16087-qsdf

 

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Monographies proposées par

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12272760090?profile=original                    Jean Paul Bodin  (peintre  -  France)

 

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Patrick de Sagazan
 (peintre - France)

 

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Dan Montelet
  (peintre maquettiste - France)

 

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Emma Lapassouze
  (peintre - France)

 

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Behrouz Riahi, photographe
  (photographe - Belgique)

 

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Muriel Cayet
  (peintre  - France)

 

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Vient de paraître: L’enfant terrible de la littérature Autobiographies d'enfants cachés

Composé par Adolphe Nysenholc

Collection Mosaïque chez Didier Devillez-Éditeur-Institut d'Études du Judaïsme
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Etudes
Des écrivains qui ont subi la Shoah, enfants, ont gardé longtemps le silence.
Le présent livre montre comment ces révoltés silencieux bousculent souvent les codes de la littérature dans leurs autobiographies, comme Perec en France, Raymond Federman aux Etats-Unis, Appelfeld en Israël.
Traqués, cachés aux quatre coins de l’Europe, les jeunes, qu’on a toujours cru chanceux d’avoir échappé à l’horreur de la déportation,  révèlent, en faisant œuvre de mémoire et dans les langues les plus diverses, une souffrance spécifique, farouche.

 

On verra mieux comment, malgré la pudeur derrière laquelle ils continuent à se cacher,  les auteurs arrivent, par leur art du récit, à faire passer le vécu indicible de la période où l’on a voulu leur mort.
Des chercheurs qualifiés de France, d’Allemagne, des Etats-Unis, de Belgique, offrant ici sur eux des études passionnantes, prospectent en pionniers un champ littéraire nouveau dans l’espace de l’autofiction.

 
Table des Matières  

Introduction
     Adolphe Nysenholc  :  Le silence                                       
 

 

Etudes de cas
1975    W ou le souvenir d’enfance  de Georges Perec
    Claude Burgelin   « Rester caché, être découvert »        
1978     Quand vient le souvenir de Saul Friedländer
     Nathalie Zajde   « L'enfant qui meurt et qui renaît »                       
1979    The Voice in the closet de Raymond Federman
    Judith Nysenholc « Enfant caché, en traduction »                                      
1988    Touch Wood !
     Renée Roth-Hano  « La vie continue »                                               
1993    J'existe, je me suis rencontré de Gotlib
     Marion Feldman « Entre exposition et protection »                    
1999    Histoire d’une vie et autres romans d’Aharon Appelfeld    
     Myriam Ruszniewski-Dahan « Comment écrire le sens perdu ? »
1999  La Traversée des fleuves de Georges-Arthur Goldschmidt
     Alfred Strasser « Un enfant caché venu d’Allemagne »                  
2003    Le Caillou de lune d’Ettel Hannah
     Yvette Marin « L'enfant juif caché et la découverte de soi »                   
2007     Bubelè l’enfant à l’ombre
     Adolphe Nysenholc   « Ecrire : vrai ou faux ? »            
Documents
     Renée Fainas Werhmann, « Souvenir de Perec enfant »
     Thomas Gergely 1951. Un enfant de six ans écrit sa guerre dans son cahier
Etudes transversales
     Adolphe Nysenholc « Enfants marranes et récits romancés »           
     Aurélia Kalisky « Quand tremblent les pactes. Poétique(s) de l’enfance traquée »                                                        
Signatures                                                                 
Bibliographie              
Table des matières                            
 
320 p.      25 €
ISBN : 978-2-87396-131-2

Peut-être commandé en librairie
ou à l’Institut d’Etudes du Judaïsme, 17 avenue F.D. Roosevelt, 1050 Bruxelles, tél. 00 32 2 650.33.48, n°compte : BE29 3101 5185 1364

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