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                         Théâtre des  Chemins et  de l’asbl Des Mots pour  dire...

Poésie au  Crépuscule

  Un moment privilégié pour se retirer du brouhaha  du monde

 

OU ?

IMAGIN’AIR
 
Place Fernand Cocq, 6

 1050    Bruxelles
 Bus 54 et 71

  
                       
  
La troisième Poésie au  Crépuscule   aura lieu le 
Jeudi 1er  septembre 2011 à  18 h  (jusqu’à   19h30)



Jean-Luc Wauthier


Né à Charleroi en 1950, Jean-Luc Wauthier a  enseigné  la Littérature à l' Ecole normale de Nivelles  (Haute Ecole  PH Spaak).  Il  est, depuis depuis 2004, vice-président du Centre international de  l’Association des critiques littéraires. En  2008, il a été élu Président de la Maison internationale de la  Poésie-A Haulot  (Bruxelles).

Il  a publié près de vingt ouvrages - poésie, nouvelles, essais - et un   roman, Le  Royaume , aux Editions de l' Age d' Homme où a paru, en 1999, « La soif et l’oubli ».
Il  a reçu, en 1998, le Prix international Lucian Blaga décerné par le Centre culturel roumain pour l’ensemble de  son œuvre poétique ainsi qu’en 1987 le prix Polak (de l’Académie), en  1993 le  prix international René Lyr, en  2001 le Prix international Gauchez-Philippot et, en 2009, les Prix  européens Virgile (Paris) et Ménada( Macédoine).
En  décembre 2003, réédition de l'ensemble de son travail poétique, paru  entre 1976 et 1993  sous  le titre "Fruits de l'ombre”.(Editions de l'Arbre à paroles (Amay,  Belgique). Rédacteur  en chef du Journal des Poètes depuis 1991, il y illustre et  défend la poésie du monde entier. Il  est aussi Administrateur des Biennales internationales de  Poésie. Trois  livres traduits en Romain et en Croate, traductions de textes en de nombreuses langues.


A  la parution de son recueil “L’envers du ciel”   (Ed. Batut  d’Haussy 2007), il écrivait: Pour  moi, la poésie est à la littérature ce que la musique de chambre est à  la musique : sa part la plus secrète, la  plus exigeante et  la plus essentielle. Loin d’user d’une parole pointue ou à la mode mon  souhait est de faire de l’écriture, dans l’intensité,  un  partage d’émotions et d’interrogations. Je  pense en outre que la poésie est une des meilleures manières de vivre  sans être détourné de soi-même pour autant  qu’on y voie,  non  pas une consécration mais, pour évoquer Thomas    Mann ,une consolation.

« Le poète apporte non  pas des preuves, mais des traces. Seules les traces font rêver » écrivait quant à  lui René  Char…



Entretien  avec Lucien  Noullez.

 

Lucien Noullez est né à  Bruxelles en 1957. Il est enseignant, poète, et critique littéraire. Sa  poésie, souvent inspirée par la musique et  par  sa lecture quotidienne de le Bible, cherche moins à « vouloir dire » qu’à  surprendre les petites fissures par lesquelles le réel se rappelle  à  la conscience, sous la chape de la normalité collective. Il a reçu quelques  prix littéraires. Il en a également loupé beaucoup. 

 

 

La  séquence Livre   Entr’Ouvert  :  Albert   Ayguesparse  (1900-1996) “La traversée des âges”  (Ed. L’arbre à paroles 1992).

 

Écrivain belge de langue  française, son œuvre se développe en deux parallèles  complémentaires : la poésie et le roman. Alors  qu’il découvre quasi d’emblée, avec D’un jour à   l’autre (1940),  la forme et l’ambition de son  univers romanesque, sa poésie évoluera  graduellement du lyrisme en vers réguliers au questionnement angoissé  en vers libre et en prose poétique. Souvent  couronné, membre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature   françaises  de Belgique, Albert Ayguesparse a exercé une  grande influence sur plusieurs générations  d’écrivains. 

Jean-Luc Wauthier, qui a bien connu Albert Ayguesparse, évoquera son oeuvre de  poète

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Utrillo, une poétique de la ville 1 Commentaire  

De Maurice Utrillo, peintre paysagiste français de l'école de Paris, la légende populaire et quelques biographes trop zélés ont fait un peintre maudit. En sacrifiant à la description d'une vie que la… Affichage »

L'art moderne en Belgique

À la césure du XIXème et du XXème siècle, l'avant-garde artistique a essaimé partout en Europe, en un foisonnement de mouvements, d'écoles, de tendances modernistes. L’art moderne belge reste marqué… Affichage »

Le Bauhaus

Fondé en 1919 par Walter Gropius à Weimar, le Bauhaus (littéralement : " maison du bâtiment ") étendit ses recherches à tous les arts majeurs et appliqués, en vue de les intégrer à l'architecture. Se… Affichage »

Paul Klee 1 Commentaire 

Musique, écriture, peinture ? Pour Klee, l'interrogation domine les années d'apprentissage et détermine, jusqu'au terme, sa pratique créatrice. S'il renonce rapidement à la carrière d'instrumentiste,… Affichage »

Les discours sur l’art de Bernard Berenson, collectionneur, esthète...

Pour Bernard Berenson, l'art a sans doute une histoire, mais cette histoire n'a guère d'intérêt si elle devient l'affaire d'érudits professant ex cathedra  dans de sombres universités. Comme le… Affichage »

Toulouse-Lauterc et les filles tombées dans la débine

Toulouse-Lautrec, c'est une vie. Une vie singulière, entièrement commandée par un événement initial, accidentel, aux conséquences effroyables. Comme cet homme ainsi marqué d'un sceau fatal fut un art… Affichage »

Raoul Dufy 1 Commentaire 

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Puvis de Chavannes

Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898) n'est pas le peintre froid et académique dont l'image s'est peu à peu imposée au public au cours du XXe siècle. Jusqu'à la dernière décennie de sa vie, son oeuvr… Affichage »

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Renoir: le bonheur de l'instant et la vie triomphante

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L'oeuvre de Mondrian (de son vrai nom Pieter Cornelis Mondriaan) est l'une des plus radicales qui soient de tout l'art du XXe siècle, ce qui explique sans doute pourquoi on l'a longtemps si mal… Affichage »

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Portrait de Matisse par André Derain (1905)   Bien qu'il n'ait pas atteint la popularité de Picasso, Matisse est certainement un des trois ou quatre hommes qui ont le plus profondément marqué l… Affichage »

Rembrandt et la figure du Christ

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Cézanne

Cézanne, dont la renommée n'avait pas dépassé les limites d'un cercle restreint d'artistes et d'écrivains pendant presque toute sa carrière, se révéla vers la fin de sa vie comme l'un des peintres q… Affichage »

Biographie de Van Gogh 1 Commentaire 

Bien qu'il ait manifesté dès l'enfance des dispositions pour le dessin, Van Gogh ne s'est engagé dans la peinture qu'à l'âge de vingt-sept ans, après une série d'expériences professionnelles et humai… Affichage »

Les Lettres de Van Gogh à son frère Théo 2 Commentaires 

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Van Gogh: Les dernières chambres

Van Gogh. Les dernières chambres. (104 pages)Par Wouter van der Veen Les Editions Arthénon à Strasbourg Avec la très courtoise autorisation de l'auteur Van Gogh Les dernières chambres Affichage »

 

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12272747259?profile=original« Les Immémoriaux » est un récit de Victor Segalen (1878-1919), publié à compte d'auteur sous le pseudonyme de Max Anély à Paris au Mercure de France en 1907; réédition sous sa forme définitive chez Plon en 1956, avec deux cartes et 40 illustrations, la plupart tirées de l'oeuvre de Paul Gauguin.

 

Première partie. "Le Récitant".Terii, jeune prêtre païen, achève sa période d'initiation. Il répète les "beaux parlers originels" maoris. Soudain les mots lui manquent: funeste présage qu'il associe immédiatement à l'arrivée dans l'île des "hommes à la peau blême" animés d'une croyance nouvelle. "Les Hommes au nouveau parler". Sur un rivage éloigné de l'île, Terii observe les coutumes de ces étrangers, travailleurs tristes et silencieux. "Le Prodige". Aux grandes fêtes données en l'honneur d'Oro, Terii est banni de la communauté des récitants pour avoir oublié, en public, les paroles sacrées, et, afin d'échapper à la colère de son peuple, feint un prodige et disparaît. "Les Maîtres-du-jouir". Les "hommes au nouveau parler" présentent leur religion, leur Dieu, leurs rites aux Maoris qui, d'abord séduits, les chassent au bruit de leurs festivités.

 

Deuxième partie. "Le Parler ancien." Terii a quitté l'île en pirogue, accompagnant Paofaï, l'un des chefs des récitants, parti à la recherche du "parler ancien".

Troisième partie. "L'Ignorant". Revenu à Tahiti, il n'est plus qu'un vieillard, surpris par le peuple qu'il retrouve converti au christianisme. "Les Baptisés". Peu à peu il pénètre les nouveaux rites et participe à la cérémonie collective du baptême. "Les Hérétiques". Devenu Iakoba, son zèle est grand pour la religion nouvelle: il dénonce les hérétiques. "La Loi nouvelle". Il renie son ancien maître resté, lui, fidèle aux anciens dieux. "La Maison du Seigneur". Devenu diacre, il va construire une église sur un autre rivage.

 

Dans ce "roman" d'une forme si personnelle et inhabituelle (le narrateur s'efface totalement, ne se laissant entrevoir que sous les traits supposés du scripteur qui recueille, sous leur forme brute, les dernières traditions de la civilisation et des croyances maories), Victor Segalen jette déjà un pont entre le Réel et l'Imaginaire (voir René Leys et Équipée). L'auteur tient à maintenir l'ambiguïté, et en usant d'une langue étrange, parfois hermétique, à égarer le lecteur le long de cette frontière incertaine qu'il s'attache à explorer.

 

Il est possible en effet de lire les Immémoriaux comme une somme ethnologique, une simple transcription - dans une traduction respectant autant que possible la syntaxe et les noms propres du parler maori - des rites d'une civilisation orale sur le point de sombrer définitivement au moment où Victor Segalen découvre Tahiti (y débarquant en 1903, il note dans son journal de voyage: "Ici comme ailleurs, la race se meurt"). Mais là réside le paradoxe fondamental du livre: puisqu'il met à l'épreuve de l'écrit ce qui n'était qu'oral, il crée, met en forme, organise (voir la disposition en parties chronologiques, en chapitres thématiques), donne au réel une cohérence de type narratif (remarquons ici le rôle symbolique, dans une économie romanesque, de la perte de parole de Terii au premier chapitre, qui annonce son renoncement volontaire au parler des anciens dans la dernière partie du livre), et se situe sans équivoque du côté de l'imaginaire.

 

Ce que l'on retient alors des Immémoriaux, c'est le voyage, le dépaysement poétique que permet une langue qui se situe à mi-chemin entre un langage connu (l'orthographe, la grammaire du français) et un langage imaginé dans la forme écrite qui lui est donnée (les noms de dieux, de lieux, les expressions imagées qui rendent compte des réalités étrangères, les adaptations des sonorités des langues européennes au parler maori, la métamorphose inattendue des noms bibliques, etc.).

 

Tout cela met l'accent sur le langage comme enjeu: le passage de la langue orale, fragile (voir les tresses nouées qui sont le seul moyen d'enregistrer les "beaux parlers" originels) à la langue écrite (les "feuillets à signes parleurs"), à la mémoire artificielle mais définitive qui impose, en imposant la fiabilité de sa forme, son contenu également. Au coeur de ce récit donc, qui constitue à certains égards une contre-initiation, se situe tout naturellement une sorte de poème en prose énigmatique, un long ruban d'images interrompu par la mort du vieux prêtre qui en était le dépositaire et dont la déchirure annonce précisément la mort de la civilisation qu'il portait (le parler ancien). Les "Immémoriaux", ce sont ceux qui sont détruits parce qu'ils ont tout oublié. "Vous avez perdu les mots qui vous armaient et faisaient la force de vos races et vous gardaient mieux que les gros mousquets de ceux-ci": telles sont les dernières paroles du dernier des récitants, Paofaï, condamné à mort ("la Loi nouvelle").

 

Si l'on note enfin que Victor Segalen a reconnu lui-même en avoir davantage appris par les textes et les croquis de Paul Gauguin sur la civilisation maorie que par son expérience personnelle ("Je puis dire n'avoir rien vu du pays et de ses Maoris avant d'avoir parcouru et presque vécu les croquis de Gauguin" - lettre à G. D. de Monfreid), le livre bascule définitivement du côté des voyages aux pays de l'Imaginaire, dans un de ces décors en trompe-l'oeil, chers à Segalen.

 

 

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La newsletter Août 2011 d'Olivier Lamboray

Olivier Lamboray inaugure une nouvelle "Newsletter" mensuelle.

 
Sa lettre d'information est rédigée en anglais, mais vous disposez d'un bouton de traduction dans toutes les langues (traduction machine)

Vous pouvez vous y abonner, accéder aux contenus de ses lettres antérieures et suivre ses fils RSS.

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Vous avez également la possibilité de procéder à un petit renvoi Twitter.

Dear Friend

Time is moving up with speed and I am pleased to launch my monthly newsletter to keep you informed of the evolution of my work , my running exhibitions and the coming ones, my new videos of my paintings, and soon to be launched my first advertising...
Feel free to reply me or ask me any questions if you have any, I'll be pleased to answer you.

The July Stuff & Taff

I have been working , again , on another amazing masterpiece of architecture, in Brussels, close to the Ixelles' ponds, so inspiring, where, under a full moon , a love story is at its peak...is it a departure, and the difficulty to leave her behind? Or did I just came back and in the hurry to be in her arms, I left the suitcase on the street... But, one way or another, it is this precise moment of being into your arms, I close my eyes, and we are freed in eternity, a very strong feeling inside, where time stops and nothing esle matter than this intense energy bounding us..some lights here and there, a window open, adding the mysteries surrounding this Moment of Eternity!
Even Laly Superstar is patiently waiting, respecting the privacy of the scene
...Time dissapears in this passionate instant...

Moment_d_ternit__web.jpg

 


And to refresh my mind from the huge amounts of bricks and tiles, I escaped in a surreal dream, painting  my own sur-reality, under the authority of Famous Belgian surrealist, Monsieur Renée Magritte at the command of this very belgian Tram...Our Belgian Culture of Surrealism , a pure "local" travel into what seems to be so deeply inscrusted in our country heritage....
My Lovely wife still under the charm of the "AMOUR" words carried by the moon while I am in this poetic journey . Even my machinist cousin holds on to the dream....sharing the same love of oldies....and  tradition...


Surr_alisme_web_big.jpg

I'll be back to you next month with more work and may be a face lift of my website, some probable videos and may be even an advertising if August has enough days and hours to fullfill my dream, announcments of coming exhibitions in October, November and December, a full schedule full of surprises....

This is my first newsletter, hopefully , I'll be able to free up myself a bit along these tracks and be more "Me"..

Allez catch you letter master & wish you all the best untill we meet again under Brussels fantaisies

Olé~
www.olamboray.com

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12272744683?profile=original« Les faux-monnayeurs «  est un roman d'André Gide (1869-1951), publié à Paris partiellement dans la Nouvelle Revue française de mars à juin 1925, et en volume chez Gallimard la même année (mis en vente en février 1926).

 

Gide rédige son roman, auquel il a commencé de travailler dès 1919 et dont l'idée est plus ancienne encore, entre octobre 1921 et juin 1925. Il s'agit, de l'aveu même de l'auteur, du seul «roman» qu'il ait composé, ses autres ouvrages de fiction étant des «récits» ou des «soties». Les Faux-Monnayeurs constituent pour Gide une sorte de testament littéraire: «Il me faut, pour écrire bien ce livre, me persuader que c'est le seul roman et le dernier livre que j'écrirai» (Journal des «Faux-Monnayeurs», 1927).

 

 

Première partie. «Paris». Le jeune Bernard Profitendieu, ayant découvert par hasard qu'il est un bâtard, quitte le foyer familial. M. Profitendieu, juge d'instruction, après une conversation avec son collègue Molinier - le père du meilleur ami de Bernard, nommé Olivier - au sujet d'une affaire impliquant des mineurs, rentre chez lui et trouve la lettre d'adieu de Bernard. Ce dernier vole, à la gare Saint-Lazare, la valise d'Édouard, écrivain et oncle d'Olivier. Vincent, le frère aîné d'Olivier, a eu une aventure amoureuse au sanatorium de Pau avec Laura, épouse de Douviers. Laura et Vincent sont maintenant à Paris et la jeune femme est enceinte mais Vincent ne l'aime plus. Il est désormais l'amant de Lilian Griffith que son ami Passavant, un écrivain à succès, lui a fait connaître. Édouard est venu à Paris car il a reçu un appel de détresse de Laura. On apprend dans le journal d'Édouard - trouvé par Bernard dans la valise - que celui-ci et Laura partageaient de tendres sentiments, mais que la jeune femme a pourtant épousé Douviers sur les conseils d'Édouard. Bernard décide d'aider Laura et lui rend visite. Édouard fait la connaissance de l'adolescent et l'engage comme secrétaire. Pendant ce temps, Passavant propose à Olivier de diriger une revue littéraire. Un vieux professeur de piano, La Pérouse, charge Édouard de rechercher son petit-fils Boris en Suisse.

 

Deuxième partie. «Saas-Fée». Bernard, qui a accompagné Édouard et Laura à Saas-Fée, en Suisse, écrit à Olivier et lui raconte leur rencontre avec Mme Sophroniska, sa fille Bronja et Boris. Édouard cause de ses projets littéraires avec ses compagnons et note la présence d'un certain Strouvilhou. Bernard avoue son amour à Laura mais celle-ci le repousse. Édouard décide de placer Boris dans la pension Vedel-Azaïs où Bernard est embauché comme surveillant. Olivier, quant à lui, est devenu le secrétaire de Passavant.


Troisième partie. «Paris». Georges, le jeune frère d'Olivier et de Vincent, écoule avec ses amis de la fausse monnaie. Strouvilhou, un anarchiste, est à la tête de l'affaire. Bernard devient l'amant de Sarah Vedel, la jeune soeur de Laura. Olivier tente de se suicider. Édouard et Olivier s'avouent et partagent enfin un amour qu'ils éprouvent depuis longtemps l'un pour l'autre. Édouard commence à rédiger son roman. Laura retourne auprès de son mari. Vincent tue Lilian. Boris apprend par une lettre que celle qu'il aime, Bronja, est morte. Les élèves de la pension Vedel, qui martyrisent Boris, imaginent une cruelle plaisanterie à l'issue de laquelle le jeune garçon, victime consentante en raison de son désespoir, est tué. Georges se repent et est pardonné. Bernard réintègre le foyer familial.

 

L'intrigue des Faux-Monnayeurs, tout comme celle des Caves du Vatican, le roman précédent de Gide, est fort complexe. Elle se présente comme une sorte de vaste système combinatoire dont les divers éléments finissent par se rassembler, au gré de coïncidences multiples. Peu soucieux de vraisemblance et de réalisme, Gide réalise une composition subtile et stylisée - l'écrivain Édouard veut présenter dans son ouvrage l'«effort pour [...] styliser la réalité» - qui remet ironiquement en question la tradition romanesque. L'entreprise gidienne participe des interrogations du moment relatives au genre romanesque et procède d'un refus identique à celui que l'on trouve exprimé en 1924 dans le premier Manifeste du surréalisme d'André Breton. A bien des égards, les Faux-Monnayeurs, roman qui porte en lui la contestation du roman, sont, selon la formule de Sartre, un «antiroman» et annoncent le Nouveau Roman.

 

Construction compliquée dont l'Art de la fugue de Bach offre une métaphore - «ce que je voudrais faire, c'est quelque chose qui serait comme l'Art de la fugue», dit Édouard -, les Faux-Monnayeurs requièrent une active collaboration de la part du lecteur. Gide note dans le Journal des «Faux-Monnayeurs» qu'il n'écrit «que pour être relu»; il précise qu'il entend «s'y prendre de manière à lui [le lecteur] permettre de croire qu'il est plus intelligent que l'auteur». Ainsi le système narratif propose souvent une sorte de duplication légèrement décalée des péripéties: trois adultères, deux duels et trois suicides sont par exemple relatés; Bernard écrit à Olivier qu'il est le secrétaire d'Édouard et Olivier écrit à Bernard qu'il est celui de Passavant; la nuit que passe Olivier avec Édouard est aussi celle que Bernard passe avec Sarah. Ce procédé de variation vaut aussi pour les personnages, souvent redoublés: il y a deux romanciers (Édouard et Passavant), deux grands-pères (le vieil Azaïs et La Pérouse), deux bâtards (Bernard et l'enfant de Laura). En outre, les faits parviennent au lecteur par le biais de multiples points de vue: «L'indice de réfraction m'importe plus que la chose réfractée», écrit Gide à R. Martin du Gard le 29 décembre 1925. A travers dialogues ou missives, les personnages deviennent temporairement narrateurs, si bien qu'un même fait peut recevoir divers éclairages, simultanés ou successifs: l'aventure amoureuse de Vincent et Laura est racontée par Olivier à Bernard, par Lilian à Passavant, puis dans des lettres de Bernard à Olivier, de Lilian à Passavant... L'intrigue se nourrit également de divers modèles littéraires. Avec Bernard Profitendieu, qui quitte le giron familial pour découvrir l'existence et accéder à la constitution de sa propre identité à travers les événements dont il est témoin, les deux professions qu'il exerce et les deux femme qu'il aime, les Faux-Monnayeurs tracent le parcours d'une initiation et rappellent le roman d'apprentissage. De plus, les différentes intrigues amoureuses qui se nouent octroient une large place à l'aventure sentimentale. Enfin, l'énigme de la bande des faux-monnayeurs, résolue grâce à la découverte progressive de divers indices, confère au livre des allures de roman policier.

 

Complexes tant par les faits qu'ils relatent que par les procédés narratifs dont ils usent, les Faux-Monnayeurs trouvent en partie leur centre dans le personnage de Boris - «Tout aboutit au suicide du petit Boris; directement tout y amène» (lettre à Martin du Gard, 9 juin 1925) -, de même que les Caves du Vatican avaient Amédée Fleurissoire pour «carrefour». Toutefois, Gide précise ailleurs que le coeur du roman est bien plutôt à chercher dans la construction en abyme sur laquelle il est fondé: «Il n'y a pas, à proprement parler, un seul centre à ce livre, autour de quoi viennent converger mes efforts; c'est autour de deux foyers, à la manière des ellipses, que ces efforts se polarisent. D'une part, l'événement, le fait, la donnée extérieure; d'autre part, l'effort même du romancier pour faire un livre avec cela. Et c'est là le sujet principal, le centre nouveau qui désaxe le récit et l'entraîne vers l'imaginatif» (Journal des «Faux-Monnayeurs»).

Roman dans le roman et roman du roman, l'oeuvre d'Édouard, qui s'intitule les Faux-Monnayeurs, tout comme celle de Gide - celui-ci refuse toutefois qu'on le confonde avec son personnage -, est au service d'une méditation sur la problématique frontière entre la réalité et l'imaginaire. Le roman d'Édouard aura en effet pour sujet «la lutte entre les faits proposés par la réalité, et la réalité idéale». Gide note dans son Journal, le 20 décembre 1924, une remarque qui pourrait s'appliquer à nombre de personnages des Faux-Monnayeurs: «Le monde réel me demeure toujours un peu fantastique [...]. C'est le sentiment de la réalité que je n'ai pas. Il me semble que nous agissons tous dans une parade fantastique et que ce que les autres appellent réalité, que leur monde extérieur n'a pas beaucoup plus d'existence que le monde des Faux-Monnayeurs.» En outre, le procédé de la mise en abyme permet au roman de se commenter lui-même. Ainsi, l'effort pour «styliser» la réalité que se propose de fournir Édouard, Gide le met en oeuvre dans les Faux-Monnayeurs. Le cadre romanesque, jamais décrit, réside entièrement dans le pouvoir mythique ou symbolique des noms de lieux. Les personnages sont eux aussi l'objet d'une sorte d'abstraction dans la mesure où ils n'existent que par leur voix: «J'ai cherché l'expression directe de l'état de mon personnage - telle phrase qui fût révélatrice de son état intérieur - plutôt que de dépeindre cet état» (Journal des «Faux-Monnayeurs»).

 

Les Faux-Monnayeurs sont le roman de la crise du roman mais aussi de la crise de la jeunesse, ou plutôt d'une certaine jeunesse, intellectuelle et bourgeoise, partagée entre ses valeurs chrétiennes et nationales et la tentation de l'anticonformisme et de la révolte. Plus largement, l'oeuvre aborde des sujets chers à Gide et déjà présents dans les romans antérieurs: la famille, la religion, le bien et le mal, la sincérité, la liberté et, on l'a vu, le rapport entre la littérature et le monde réel. Elle porte cependant plus loin que les ouvrages précédents deux composantes que ces derniers contenaient en germe: l'une, formelle, est le procédé moderne de la mise en abyme; l'autre, thématique, est l'expression directe de l'homosexualité.

 

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Alcools

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Apollinaire par Marie Laurencin

"Alcools" est le premier grand recueil poétique d'Apollinaire qui n'a publié, avant 1913, qu'un seul ouvrage de poésie: le Bestiaire ou Cortège d'Orphée (1911), mince plaquette tirée à cent vingt exemplaires et illustrée par des gravures de Raoul Dufy. Alcools rend compte toutefois d'un long trajet poétique puisque le recueil rassemble des textes écrits entre 1898 et 1913, que l'auteur retravaille et modifie souvent pour la publication en volume. La critique fut en général peu enthousiaste, voire très agressive - Georges Duhamel, dans le Mercure de France du 15 juin 1913, taxe le recueil de «boutique de brocanteur» - et Apollinaire fut blessé de cette incompréhension à l'égard de son oeuvre.

 

Alcools s'ouvre sur un long poème écrit en 1912 et intitulé "Zone". Le premier vers de ce texte inaugural, riche et multiple, ancre d'emblée le recueil dans la modernité: «A la fin tu es las de ce monde ancien». Viennent ensuite "le Pont Mirabeau" puis "la Chanson du mal-aimé", longue complainte divisée en six sections. Les vingt-sept poèmes suivants, de longueur et d'inspiration variées, se présentent comme une succession d'unités autonomes, mais les titres laissent présager la présence d'images et de thèmes récurrents: "Saltimbanque" et "la Tzigane" se font écho et suggèrent à la fois le voyage et l'errance - de même que "le Voyageur", "l'Adieu" ou "le Vent nocturne" -, la solitude et la marginalité - tout comme "l'Ermite" ou "le Larron". Le déclin et la mort sont inscrits dans des titres tels que "Crépuscule", "la Maison des morts" et "Automne", auquel s'associent "les Colchiques"; un univers légendaire se dessine à travers "la Blanche Neige", "Salomé" et "Merlin et la Vieille Femme"; des noms féminins tels que "Annie", "Clotilde", "Marizibill", "Marie", "Salomé" et "Rosemonde" jalonnent la progression du recueil.

 

Ce dernier comporte ensuite une section intitulée «Rhénanes» et composée de neuf textes d'inspiration germanique parmi lesquels figure le célèbre poème consacré à "la Loreley". Après trois poèmes assez brefs - "Signe", "Un soir" et "la Dame" -, le long poème "les Fiançailles", divisé en neuf parties dépourvues de titres, évoque de façon poignante la fuite du temps, la solitude et le dénuement.

Le recueil propose de nouveau deux textes brefs - "Clair de lune" et "1909" - puis un long poème en six parties, "A la Santé", issu de la triste expérience de la détention effectuée en septembre 1911 par Apollinaire à la prison de la Santé. Enfin, "Automne malade", "Hôtels" et "Cors de chasse" précèdent l'ultime poème du recueil, "Vendémiaire", dans lequel le poète éternise son chant: «Hommes de l'avenir souvenez-vous de moi.»

 

Apollinaire avait d'abord songé à intituler son recueil Eau-de-vie. Alcools est toutefois plus net, provocant et moderne, et rapporte l'acte poétique, dans la continuité de Baudelaire et de Rimbaud, à un dérèglement des sens: «Écoutez mes chants d'universelle ivrognerie» ("Vendémiaire"). Les références explicites à la boisson enivrante sont fréquentes dans le recueil: «Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie / Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie» ("Zone"), «Nous fumons et buvons comme autrefois» ("Poème lu au mariage d'André Salmon"), «Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme» ("Nuit rhénane"). De même, l'univers d'Alcools est jalonné de nombreux lieux pourvoyeurs de boissons: des «tavernes» ("Zone"), des auberges - celle du "Voyageur" est «triste» et celles des "Saltimbanques" sont «grises» -, des brasseries -«Beaucoup entraient dans les brasseries» ("la Maison des morts"), «Elle [...] buvait lasse des trottoirs / Très tard dans les brasseries borgnes» ("Marizibill"). D'un symbolisme multiple, que le pluriel du titre élargit encore, l'alcool désigne l'universelle soif du poète, le paroxysme de ses désirs: «Je buvais à pleins verres les étoiles» ("les Fiançailles"), «Je suis ivre d'avoir bu tout l'univers / [...] Écoutez-moi je suis le gosier de Paris / Et je boirai encore s'il me plaît l'univers» ("Vendémiaire"). Extrême et intarissable, cette soif, souvent euphorique, court toutefois le risque de demeurer inassouvie: «Mondes [...] / Je vous ai bus et ne fus pas désaltéré» ("Vendémiaire"). L'alcool suggère en outre la transgression, la possibilité de faire fi des tabous et des normes, en somme les audaces d'une poésie novatrice et moderne.

 

La poésie d'Alcools se déploie en effet souvent dans la fantaisie et la rupture à l'égard des normes, mais elle se plie également à certaines règles. C'est ce mélange de nouveauté et de tradition, de surprise et de reconnaissance qui fait l'originalité du recueil. Si, sur le plan prosodique, Apollinaire conserve en général la rime et la régularité métrique - avec une nette prédilection pour l'octosyllabe et l'alexandrin -, c'est en raison d'une nécessité interne à sa poésie et non par souci d'obéir à une quelconque contrainte extérieure. La poésie d'Alcools s'enracine dans le chant qu'elle cherche à rejoindre par son souffle propre. Les enregistrements qui demeurent du poète témoignent d'ailleurs de cette parenté: Apollinaire, lisant ses textes, semble chanter. Or la rime et le mètre ne sont pas seuls à contribuer à la musicalité du recueil. La répétition, savamment agencée, confère à de nombreux poèmes un rythme qui les rapproche du cantique. "Le Pont Mirabeau", par la reprise du refrain - «Vienne la nuit sonne l'heure / Les jours s'en vont je demeure» - et celle, juste avant la dernière occurrence du refrain, du premier vers - «Sous le pont Mirabeau coule la Seine» - a l'aspect d'une litanie tragique et conjuratoire. Dans "la Chanson du mal-aimé", la reprise d'une strophe majestueuse par son adresse et solennelle par la référence biblique qu'elle contient - «Voie lactée ô soeur lumineuse / Des blancs ruisseaux de Chanaan» - donne au poème une dimension incantatoire. Ailleurs, la répétition, plus légère et joyeuse - celle par exemple de la tournure, elle-même répétitive, «Le mai le joli mai» dans "Mai" -, confère au poème des allures de chanson populaire, voire de comptine.

 

Toutefois, rien n'est jamais stable dans cette poésie qui refuse le confort mélodique et préfère l'incertitude. Le poème intitulé "les Colchiques" installe la régularité de l'alexandrin tout en y inscrivant de subtiles fractures: la disposition graphique démembre le mètre - «Les vaches y paissant / Lentement s'empoisonnent» -, certains vers ont plus de douze syllabes - «Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica» - si bien que, finalement, la lecture hésite face à d'autres vers dont on peut faire des alexandrins, au prix de quelques élisions audacieuses - par exemple: «Qui batt(ent) comme les fleurs battent au vent dément» -, mais que l'on peut également considérer comme irréguliers. De même, dans "Marie", un alexandrin unique vient soudain perturber la régularité du poème par ailleurs entièrement composé d'octosyllabes. La prosodie d'Alcools cultive la discordance qui déstabilise, ébranle, introduit comme un déchirement. A l'échelle du recueil pris dans son ensemble, le poème "Chantre", constitué d'un vers unique, qu'Apollinaire appelait drôlement «vers solitaire» - «Et l'unique cordeau des trompettes marines» - produit un effet similaire.

 

Ces fractures sont à l'image de l'expérience, le plus souvent douloureuse et angoissée, qui se dévoile à travers Alcools. Divers poèmes sont d'ailleurs, de l'aveu d'Apollinaire lui-même, directement liés aux circonstances biographiques. Ainsi "la Chanson du mal-aimé" exprime le désarroi du poète dans son amour malheureux pour une jeune Anglaise, Annie Playden. Toutefois, la matière poétique transcende l'anecdote, notamment grâce à la richesse des images. Certaines, récurrentes dans le recueil, contribuent à son unité, voire à l'envoûtement qui en émane peu à peu lors d'une lecture continue. Ainsi, le flux de l'eau est fréquemment, mais de façon toujours renouvelée, associé au temps qui passe, à la fois irréversible -«Passent les jours et passent les semaines / Ni temps passé / Ni les amours reviennent / Sous le pont Mirabeau coule la Seine» ("le Pont Mirabeau") - et immuable - «Je passais au bord de la Seine / Un livre ancien sous le bras / Le fleuve est pareil à ma peine / Il s'écoule et ne tarit pas / Quand donc finira la semaine» ("Marie").

 

L'automne, saison fascinante et tragique, évoque le déclin de toute chose - «Et que j'aime ô saison que j'aime tes rumeurs / Les fruits tombant sans qu'on les cueille / Le vent et la forêt qui pleurent / Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille / [...] La vie / S'écoule» ("Automne malade") -, la séparation des amants -«Sais-je où s'en iront tes cheveux / Et tes mains feuilles de l'automne / Que jonchent aussi nos aveux» ("Marie") - et la mort - «L'automne a fait mourir l'été» ("Automne"). Ces images sont certes traditionnelles mais la poésie d'Alcools les renouvelle par le traitement qu'elle leur réserve. Amplement utilisée, la comparaison engendre un monde propre qui transmue le poème en vision, souvent violente: «Le soleil ce jour-là s'étalait comme un ventre / Maternel qui saignait lentement sur le ciel / La lumière est ma mère ô lumière sanglante / Les nuages coulaient comme un flux menstruel» ("Merlin et la Vieille Femme"). Ailleurs, la métaphore, dont l'allitération renforce l'efficacité, transfigure ce même spectacle initial d'un coucher de soleil en une scène de décapitation: «Soleil cou coupé» ("Zone").

 

L'univers d'Alcools est en outre résolument ancré dans la modernité, singulièrement celle du monde urbain. La grande ville est présente dans "la Chanson du mal-aimé" - «Un soir de demi-brume à Londres» - ou dans "le Pont Mirabeau" dont le titre évoque explicitement Paris. Le ton est donné dès le premier poème, "Zone", aux références et à la terminologie très contemporaines: «les automobiles», «les hangars de Port-Aviation», «les affiches», «cette rue industrielle», «des troupeaux d'autobus», «le zinc d'un bar crapuleux». Quant au dernier poème, "Vendémiaire", il dresse une sorte de panorama urbain universel: «J'ai soif villes de France et d'Europe et du monde / Venez toutes couler dans ma gorge profonde.»

 

Les lieux où se déploie cette poésie sont cependant variés, car le voyage est l'un des thèmes dominants d'Alcools. Des titres de poèmes tels que "le Voyageur" ou "Hôtels" en témoignent. Ceux que l'on appelle les «gens du voyage» sont également présents dans les titres - "Saltimbanques", "la Tzigane" - et dans les poèmes - «Un ours un singe un chien menés par des Tziganes / Suivaient une roulotte traînée par un âne» ("Mai"); «Des sorciers venus de Bohême» ("Crépuscule"). Le voyage est en outre fréquemment rapporté à l'expérience personnelle: «Maintenant tu es au bord de la Méditerranée / [...] Tu es dans le jardin d'une auberge aux environs de Prague / [...] Te voici à Marseille au milieu des pastèques / Te voici à Coblence à l'hôtel du Géant / Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon / Te voici à Amsterdam avec une jeune fille [...]» ("Zone"). Le voyage dans l'espace va de pair avec celui dans le temps. Le passé du poète est représenté - Alcools se plaît à l'évocation, souvent pathétique, des souvenirs - mais aussi celui de l'humanité, par le biais des mythes, nombreux dans le recueil. Ces mythes sont de sources très diverses - la Bible, les contes populaires, les légendes gréco-latines, orientales, celtiques, germaniques, etc. - et contribuent, par leur exotisme et leur étrangeté, au charme mystérieux et nostalgique qui émane d'Alcools.

 

Spatial ou temporel, le voyage est signe de liberté et peut donc être associé à la fête et à la richesse: les saltimbanques «ont des poids ronds ou carrés / Des tambours des cerceaux dorés» ("Saltimbanques"). Il signale la toute-puissance de l'imagination poétique: «Vers le palais de Rosemonde au fond du Rêve / Mes rêveuses pensées pieds nus vont en soirée / [...] mes pensées de tous pays de tous temps» ("Palais"). Or cet aspect positif du voyage, qui abolit limites et entraves, a son envers négatif. Dépourvu de but déterminé, le voyage est avant tout errance, symbole d'une douloureuse méconnaissance de soi: «Temps passés Trépassés Les dieux qui me formâtes / Je ne vis que passant ainsi que vous passâtes / Et détournant mes yeux de ce vide avenir / En moi-même je vois tout le passé grandir» ("Cortège").

 

Grâce à la richesse de sa prosodie, de ses constructions et de ses images, Alcools exerce une indéniable fascination. Celle-ci ne doit pourtant pas faire oublier le caractère fondamentalement pessimiste et désespéré du recueil.

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Albert TERKEN   1919 - 1992   

Né à Sidney (Australie), a débuté comme

dessinateur lithographe.

 

12272749488?profile=originalAprès des études à St. Luc et à l’Académie de Bruxelles où il remporta différentes distinctions importantes dont un premier prix de dessin avec la plus grande distinction, un prix de peinture et un premier prix de composition, il s’adonna entièrement à la peinture et travailla comme lithographe et aquafortiste.12272750073?profile=original

 

Il obtint également le prix de la Coopérative Artistique et un hommage lui fut rendu par la Ville de Bruxelles à l’occasion du millénaire de Bruocsella.

 

La Biennale de Malte d’Art International lui a décerné en 1997 un Special Distinction Award.

 

Il fit beaucoup de portraits, comme ceux de Michel Simon et de Nelly Beguin, et des compositions telles que le Lundi des Fous, La Fuite en Egypte, Don Quichotte, l’Orchestre, différentes nativités, des Fantasias, une Piéta, un calvaire et de nombreux sujets sportifs acquis par différents champions.

 

C’est aussi un peintre de plein air. Il a fait de nombreuses expositions personnelles aux Galeries Le Régent, Van Loo, la Maison des Architectes, Rubens, le Mont des Arts, la Maison communale et la Maison des Arts de Schaerbeek, la Maison des Artistes à Anderlecht, à Gand, Vresse s/Semois, Namur, dans les Ardennes Flamandes, Courtrai, Lavaux Ste Anne, à Caen, à Paris au Musée Molière.

 

12272750278?profile=originalPlus récemment, ses toiles ont été exposées en 1994 au Centre culturel Rops à Namur et au Centre culturel de Neder-Over-Hembeek, et en 1998, au Kotje à Anderlecht et au Centre culturel de Vichte près de Courtrai.

 

Il a participé à de nombreuses expositions d’ensemble, notamment à Bruxelles, Gand, Vresse-sur-Semois, Profondeville.

 

Ses toiles ont été acquises par de nombreux collectionneurs artistiques ainsi que par l’Etat, les communes d’Anderlecht et de Schaerbeek.

 

Des œuvres se trouvent en France, Australie, Zaïre, Transylvanie, Venezuela, Canada, Hollande ; une station de chemin de croix se trouve à l’église de Vresse s/Semois.

 

Il est répertorié dans diverses monographies et revues d’art : De Begische Beeldenende Kunstenaars, Artistes et galeries, Arts Antiques Auctions, Belgian Artists, Signatures, Arto, le Bénézit (France).

 

 

Maguy HOEBEKE    1918 - 2009    

12272750665?profile=originalFit ses études à l’Académie Royale de Bruxelles,

d’abord en dessin où elle obtint un premier prix, puis en peinture nature ce qui lui valut également un premier prix.

 

Quelques portraits, des paysages d’hiver, des marines, des vergers lumineux.12272751093?profile=original

 

Elle peignit à la Mer du Nord, sur les côtes bretonnes et normandes, mais aussi dans le Brabant, la Fagne, en Champagne, en Cévennes, en Espagne et en Tunisie.

 

De nombreuses expositions personnelles sont à son actif : telles dans les salles Portenaert, au Studio à la galerie Van Loo  avenue Louise, Rubens, la Maison des Architectes, au Mont des Arts, la Maison des Artistes à Anderlecht.

 

En province, à Ostende, Gand, Renaix, Courtrai et différents lieux des Ardennes flamandes, à Vresse s/Semois ; à Paris au Musée Molière et à Caen.

 

Plus récemment, en 1995, au Centre Rops à Namur et, en 1998, au Kotje à Anderlecht.

 

En 1998, elle expose au Centre culturel de Vichte (Courtrai) et, en 1999, en son atelier et à la Biennale « Art en Wallonie ».

 

12272751294?profile=originalElle participe également à de nombreux salons d’ensemble dans les mêmes galeries ainsi que dans les communes de Schaerbeek, Anderlecht, Dilbeek, au Centre Culturel à Neder-Over-Heembeek, à Bruxelles, Grand’Place « La Nativité dans l’Art Contemporain ».

 

Ses toiles figurent dans différentes collections du pays ; ainsi, une station du chemin de croix se trouve à l’église de Vresse s/Semois et d’autres œuvres en France, au Canada, aux Etats Unis et en Transylvanie.

 

Plusieurs de ses toiles ont été acquises par les communes de Schaerbeek et d’Anderlecht.

 

Elle est répertoriée dans diverses monographies et revues d’art : De Begische Beeldenende Kunstenaars, Artistes et galeries, Arts Antiques Auctions, Belgian Artists, Signatures, le Bénézit (France).

 

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Sur les sandales de tes pas.

Sur les sandales de tes pas, mon aimée,

Je posais mon pied menu, pour grandir de toi,

Et marcher sur tes durs sentiers, affamée,

De partager tes souvenirs avec émoi.

 

Ton manteau noir montait la côte du partir,

Jusqu’au chez toi non loin des châtaigneraies,

Nous séparant, désolation du repentir,

D’avoir dans tes cheveux blancs tracé des raies.

 

Tu te retournais sans cesse vers l’enfant blond,

Aux yeux bleus azur et griffes de tigresse,

Qui tous les jours s’impatientait, tournait en rond,

Pétillante de joie, pleine d’allégresse.

 

Les signes de la main et de la menotte,

S’échangeaient, hou hou, jusqu’enfin ne plus se voir,

Je rentrais triste tête de gelinotte,

Craignant à chaque fois de ne plus te revoir.

 

Les années passaient sur ton dos qui courbait,

La ligne du temps m’échappait et l’image,

De la séparation peu à peu se gravait,

Dans la montée de la côte de l’âge.

 

La douleur à l’avance de ton sourire,

Absent de ma vie à jamais, jour fatal,

Du chagrin pesant que mon âme soupire,

Me déchirait déjà le cœur de son signal.    

 

Les jours ont séchés ton corps usé de vie,

Vaine, je te regardais mourir pas à pas,

Mèmère t’accompagner j’avais envie,

De me coucher, sur les sandales de tes pas.

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12272746858?profile=original"Le voyage du condottiere" est un récit en trois parties d'André Suarès (1868-1948), publié à Paris chez Cornély en 1910 ("Vers Venise") et chez Émile-Paul en 1932 ("Fiorenza" et "Sienne la bien-aimée").

 

Vers Venise. A trente-trois ans, Jan-Félix Caërdal, le Condottiere de la beauté, se passionne pour l'Italie. Son besoin d'action s'accomplit dans la contemplation esthétique. Musicien des âmes, il découvre dans l'art l'expression de sa double postulation pour l'héroïsme et la sainteté. Après Bâle, où Holbein trahit son athéisme accompli, Milan grouille d'une vie pleine d'énergie. Léonard de Vinci transfigure la réalité par le symbole: chez lui, la forme donne vie à l'être. Les villes italiennes expriment les passions de tout un peuple: berceau de Monteverdi, l'ardente Crémone s'enivre de mélancolie; la chartreuse de Pavie dresse son décor compliqué; Parme et son monotone Corrège, infidèles à l'esprit de Stendhal, et la sombre Mantoue déçoivent. Passé Vérone, emplie du souvenir de Juliette, c'est Padoue et saint Antoine, terrible ascète; Venise arachnéenne, figure de son désir! Plénitude de Saint-Marc! Ravenne la Byzantine concentre des joyaux de lumière et ouvre les portiques des pins vers l'Adriatique. Franchir le Rubicon, posséder la terre... Le voyage est action, comme l'homme: saisi par une insatiable fureur de vivre, le Condottiere mène campagne dans le monde de la beauté.

 

Fiorenza. Gênes la magnifique, Pise l'irréelle incarnée, Lucques... Toutes ces villes s'ouvrent comme des livres merveilleux à qui connaît leur histoire. Florence inspire une émotion épurée. Que de génies! Donatello féconde les formes, Fra Angelico invente une beauté surnaturelle, Vinci approche l'absolu, Botticelli crée des lignes exquises. Et Giotto, et Michel-Ange, éternel titan... Mais Machiavel et son naïf système, Dante et son adulation aveugle de la Rome antique l'ennuient. Florence semble un musée, un roman où l'on cherche ses enfants; adieu, donc. Quel mérite y aurait-il à tout admirer?

 

Sienne la bien-aimée. Tous deux natifs d'Ombrie, le peintre Piero della Francesca incarne le Verbe et saint François d'Assise dispense un amour empreint d'une charité adorable. Enfin le voyageur atteint l'objet de son désir, Sienne, la parfaite, qui prend la forme de son attente. Plus ancienne que Florence dans la quête de la beauté, elle touche au sublime dans l'équilibre des proportions. Catherine s'y brûla dans une foi ardente. Guido Riccio enseigne au Condottiere l'"ardente sérénité" et l'accomplissement dans le silence: la suprême beauté naît de l'harmonie entre soi et le monde. C'est ici que la beauté comble l'attente de l'amour. En quittant Sienne, le Condottiere emporte avec lui une ville dont il ne sera jamais absent.

 

Le Voyage du Condottiere témoigne d'une immense culture artistique, héritée de nombreux voyages en Italie et mise au service de l'initiation à la beauté et, par voie de conséquence, à l'absolu. Le narrateur évoque la quête du condottiere moderne, double de lui-même: au travers de la contemplation passionnée des oeuvres d'art, il épuise le patrimoine culturel du quattrocento et du cinquecento italiens pour aller vers la connaissance de soi. Reniant l'héritage de Rome, sa démesure vulgaire, il tente d'approcher le spirituel au travers de la sublimation des formes: l'art invente une harmonie suprême, miroir des âmes, accomplissement de l'idée. Aussi le voyage en Italie s'impose-t-il comme un prétexte à la quête de soi. Du multiple, il conviendra d'extraire l'essence de la beauté: le Condottiere la trouve à Sienne où l'esthétique renonce à toute emphase et exprime l'amour épuré de tout narcissisme. Florence, Venise, Sienne constituent la trinité secrète, les trois pôles de son désir; il s'y promène comme il étreindrait un corps de femme et de cette union, de cette symbiose du corps et de l'esprit, naît la conviction d'une prédilection pour la cité ombrienne. Puisque les villes expriment l'âme d'une époque et d'un milieu, le choix de l'une d'elles révèle les déterminations inconscientes du héros: tel un nouveau Pâris, le Condottiere décerne le prix de la beauté à Sienne, sublimation du projet esthétique. Il y rencontre son maître le condottiere Guido Riccio, qui, aux armes préféra l'accomplissement de soi dans la passion.

 

Ce projet métaphysique ne peut se réaliser qu'au terme d'une investigation complète de toutes les formes d'art. Musique, poésie, architecture, sculpture, peinture: toutes les Muses sont convoquées pour retracer l'itinéraire d'une Italie transformée en un immense musée vivant. Dans un style classique qui ne répugne pas à l'exaltation mais qui sait frapper par ses formules, l'auteur explore avec minutie et exhaustivité tous les musées, toutes les églises, tous les hauts lieux touristiques pour les constituer en témoins d'une humanité pensante. Le passé s'impose comme la source d'une compréhension intime du présent; il se confond avec lui et lui donne sa richesse, car Suarès mène de front les études de moeurs et les analyses esthétiques. Aussi, à chaque pas, les vieux murs évoquent-ils une figure disparue, des personnages historiques fixés dans l'imaginaire collectif par la légende comme saint Antoine de Padoue, saint François d'Assise, sainte Catherine de Sienne; des artistes sublimes dont la science d'un auteur esthète restitue le visage, l'histoire et la technique, au travers d'évocations très fouillées de leurs créations... Ainsi, saisie entre son passé et son présent, l'Italie vit d'une existence à part entière sous la plume de Suarès, dont le héros de fiction incarne le conquérant des temps modernes, l'esprit à la recherche d'une beauté vivante. Il faut épuiser le champ de tous les possibles pour atteindre l'absolu. Certes, le lecteur éprouve souvent quelque lassitude, comme accablé par les descriptions incessantes des trésors italiens, et l'impression diffuse de compulser un guide touristique relevé par les notations très justes d'un exceptionnel amateur d'art. Mais, l'ensemble demeure un témoignage singulier d'un amour total pour une humanité en quête d'elle-même au travers d'un dépassement du réel. Décrivant l'Italie, Chateaubriand y projetait sa propre figure. Stendhal évoquait l'Italie qu'il rêvait. Suarès tente de convoquer toutes les figures du génie pour alimenter le feu de sa passion.

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administrateur théâtres

12272750887?profile=originalIl  y a d’un côté le public et de l'autre, les  trois murs étincelants mais  étouffants d’une  cuisine modèle impeccablement tenue. Tout juste si,  par simple illusion d’optique on ne les voit pas se pencher subrepticement pour avaler cette femme volubile encore jeune, dont la vie a été remplacée par la routine. La femme est banale mais heureusement profondément actrice.  Elle  est, malgré le cadre,  exquise, fougueuse,  incapable de rester en place, craquante de sincérité et de naturel, débordante de convivialité. Elle en est venue  au cours des années, à converser vaillamment avec le mur, le verre de vin blanc à la main, face à  son improbable interlocuteur. Peut-elle encore imaginer ce qu'il y a derrière le mur?

 

Un autre mur,  Joe, son mari lui dit bien de temps en temps «  qu’il l’aime », mais ce sésame n’ouvre paradoxalement  que sur les humiliations répétées, voire, le mépris  ou l’indifférence. Elle l'observe et le voit  en effet parler de façon bien  plus aimable à tous les étrangers qu’il rencontre!   Elle raconte avec délices  les éblouissements des débuts de vie de couple, les ravissements d’enfants en bas âge et  puis, moins drôle,  toutes les trahisons de la vie. Elle s’interroge:  va-t-elle oser sauter le pas, comme quand elle était enfant et qu’elle sautait du toit, pour partir  seule, en voyage de 15 jours en Grèce avec sa copine Jane, qui lui a maintes fois dit de larguer tout et lui a  même offert le billet de ses rêves ? Ses récits de vie et ses interrogations sont poignants, y  mêlant sans cesse le  réalisme des gestes domestiques quotidiens. Elle réalise soudain : « ma vie est un crime contre Dieu car je ne m’en suis pas servie, ne sachant pas quoi en faire ! » Elle est devenue inutile!

 

Doit-elle  « faire ce qu’elle voulait faire ou faire ce qu’elle devait faire ? » Elle découvrira que « les rêves ne sont jamais là où on les attend. »  Mais sautons  tout de suite à la fin de  l’histoire : «  Elle a subitement su qu’elle ne rentrerait pas vers Manchester avec la valise ! ». Elle a largué tous les démons qui l’enchaînaient. Elle ne traîne désormais  plus rien d’encombrant, elle se sent légère !  Elle compatit : « Joe aussi traîne sa vie comme un poids ! » Willy Russel – c’est un homme qui écrit –  a installé une  Shirley Valentine radieuse, décapée de toutes les  scories vénéneuses qui l’étouffaient, face à la mer Egée, sur un rocher … avec qui elle ne peut s’empêcher bien sûr de parler !  Question d’habitude.  Le rocher est couleur banquise, tout le reste du décor est noir.  Elle est belle comme une aigue-marine.

 

Entre l’immensité du ciel et de la terre,  elle  a enfin retrouvé sa dignité d’être humain, son identité  de « Shirley Valentine ».  V comme V Day, alors qu’elle n’était devenue qu’un avatar  oublié de grand mouvement du monde !  Là, assise buvant du vin  à  une table au bord de la mer - son égérie - elle déclarera d’une voix de star, à son mari qui vient la rechercher : « Bonsoir. La femme que tu veux voir n’existe plus. Celle qui était ton épouse  n’existe plus.  Celle qui était la mère de tes enfants, n’existe plus non plus. Celle à qui tu parles , c’est une femme que tu ne connais pas, Shirley Valentine, Amoureuse de la Vie. »

 

 C’est ce que Willy Russel veut pour la société entière : le changement, le réVeil, la ...Vie, quoi ! Au lieu de la manipulation et de  l’anesthésie générale des êtres humains en particulier, par les normes et les diktats de la consommation. Il ose brandir la liberté et souhaite que  les gens se réveillent de leur torpeur ! Et Shirley de souligner que  « les seules aventures de vacances que j’ai eues,  c’est avec moi, et je commence à m’aimer. »  Tout un Programme, une révolution,  à 42 ans !

 

Marie -Hélène Remacle, qui fonce dans cette pièce comme une météorite, nous  a offert un spectacle éblouissant d’humanité et de drôlerie. Pas étonnant que certains spectateurs ou spectatrices reviennent voir le même spectacle plusieurs fois!

 

http://www.bruxellons.net/shirley2011.html

 

http://www.comedien.be/Marie-Helene-Remacle

 





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administrateur théâtres

12272749893?profile=original17-31 Juillet 2011. MUSICA MUNDI  n’est plus à présenter, mais rappelons tout de même à ceux qui ne connaissent pas encore ce fleuron international de la vie musicale belge,  les grandes lignes de ce projet fantastique, créateur de chance pour des jeunes talents musiciens sous la houlette de plus grands noms.  

 C’est donc la 13e édition d’un stage et festival de musique de chambre international ouvert aux jeunes talents âgés de 10 à 18 ans. Il a été créé dans le but, d’une part, de développer le talent de ces jeunes musiciens à la personnalité unique, et d’autre part, de leur permettre de rencontrer d’autres musiciens qui ont déjà acquis une certaine renommée. Les lieux de rencontre sont prestigieux : le Château du Lac à Genval, le Château de la Hulpe, le Concert Noble et l’hôtel Lido à Rixensart, où sont logés gracieusement les jeunes talents.

Parmi les artistes qui ont honoré de leur présence les précédentes éditions du stage et festival de musique de chambre international Musica Mundi citons, entre autres : Maxim Vengerov, Mischa Maisky, Gidon Kremer, Ivry Gitlis, Katia & Marielle Labèque, Heinrich Schiff, Leif Ove Andsnes, Paul Badura-Skoda, Itamar Golan, les King’s Singers, le Petersen string quartet, le Talich string quartet, et le St.Petersbourg string quartet.

 

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Dans le cadre du festival de Musica Mundi au château du Lac à Genval, nous sommes allés écouter  hier avec ravissement Christian Zacharias.

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"Je suis né le 27 avril 1950 à Jamshedpur en Inde, d'un père ingénieur, Friedrich-Wilhelm Zacharias, et de sa femme Susanna, née Haase. Mon père, originaire de la Prusse de l'Est, émigra rapidement à l'étranger et c'est ainsi qu'il passa près de vingt ans de sa vie en Inde, où il épousa ma mère, originaire de Danzig. En 1952, ma famille qui compte encore ma soeur Katarina, retourna en Allemagne et s'installa à Karlsruhe. Là, je commençais l'école et reçu mes premiers cours de piano à l'âge de sept ans. Mon maître de musique au Gymnase, qui reconnut et soutint très tôt mon don, me facilita l'entrée à l'école supérieure de musique de Karlsruhe, où, dès 1961, j'étudiai avec Irène Slavin, une russe exilée. J'obtins, parallèlement à mes études scolaires, les diplômes des branches théoriques musicales (harmonie, contrepoint, analyse, orchestration, composition), si bien qu'en 1969, une année seulement après ma majorité, je pus achever mes études musicales avec les diplômes de professeur de musique et de pianiste de concert. Suivirent des études auprès de Vlado Perlemuter à Paris et ma participation à divers concours de musique, dont Genève et Van Cliburn aux Etats-Unis, où j'obtins le Deuxième Prix, et au concours Ravel à Paris où je reçus le Premier Prix. Depuis 1975, je pus vivre de mon activité de concertiste indépendant et dès lors, ma carrière m'a mené à pratiquement tous les orchestres et centres musicaux importants dans le monde."

 

Voici le  magnifique programme qu’il nous a présenté :

C.P.E. Bach : Sonate en la mineur
C.P.E. Bach : Sonate-Rondo en ut mineur
Brahms : Quatre Klavierstücke opus 119
Beethoven : Sonate pour piano n°31 en la bémol majeur opus 110
Brahms : Sonate pour piano n°3 en fa mineur opus 5

D’aucuns disent « Il comprend tout, il voit tout !... Et lorsque Christian Zacharias joue, c'est clair, net, précis, limpide... il arrive même à nous faire supposer que l'œuvre est facile... et lorsque j'ai la chance de pouvoir aller l'entendre, aucune note ne m'échappe... et ces notes-là, elles sont belles !... » Nous ne pouvons qu’acquiescer car nous avons assisté à un festin musical.

 

Dans la  salle grandiose de l’hôtel du Lac il y a cette fenêtre qui, à la façon chinoise s’ouvre sur une chute d’eau silencieuse, des bambous de différentes espèces, des roches  et des mousses. Recueillement.  Le piano à queue trône devant cet espace poétique du jour qui décroît cependant que s’allument des  illuminations  nocturnes discrètes. Discrète aussi, l’arrivée du pianiste dont le jeu léger des pièces de C.P.E Bach fait penser à des gouttelettes frémissantes, des bruissements d’ailes, de la délicatesse, des annotations cristallines. Il y a des quintes et des trilles humoristiques, des ricochets farceurs, un ballet de pattes de souris. Dans le second morceau les babillages de notes contrastent avec des accords nets et denses d’une magnifique sonorité.  Sous des dehors O combien austères, le pianiste développe toute la finesse de la musique de façon presque juvénile. Une vraie dentelle ancienne.

Avec l’opus 119 de Brahms c’est la confidence qui prime, la douceur et même la langueur, tout en ne se départant jamais de cette légèreté lumineuse du début du concert. Le deuxième mouvement s’accélère, une danse ou une berceuse ? Flots de  romantisme et cela se termine comme  le rayon vert à la surface de la mer ou l’observation attendrie d’une respiration endormie. Le 3eme mouvement emporte dans des rêves ou des chimères lâchées comme un troupeau joyeux. Le final reprend passionnément les thèmes de l’ouverture.

 

On aurait pu penser que pour Beethoven, le pianiste oserait une certaine violence de sentiments. Au contraire, ses doigts sont des étoiles filantes, les notes, des cascades de voie lactée… Une musique de grande légèreté encore qui semble évoquer l’innocence pure de l’enfant. La main droite énonce des notes claires tandis que la gauche étouffe sa puissance. Puis les portes claquent, un adolescent découvre la fermeté d'accords rebelles.  Le troisième mouvement devient sombre, empreint de mélancolie. L’âge d’or révolu ? La perte de l’insouciance. Sous ses doigts on assiste à la naissance d’accents très profonds soudains révélés au monde. Méditation. Puis il a ce retour au thème principal : temps retrouvé ? Crescendo de bonheur, élan de tendresse, plénitude même. Et malgré des accords écrasants aux accents de Fatum, le final est un jaillissement de notes joyeuses débordantes et libres. Le public est sous le charme. Autant de douceur, des mains de ce grand homme viril étonnent. Une fabrique de bonheur et de beauté.

La sonate en 5 mouvements de Brahms démontre toujours autant d’aisance et de maîtrise. Jouerait- il    ici son moreau de prédilection ? Une fougue nouvelle s’empare du pianiste. Mais celle-ci s’oppose à nouveau avec des intermèdes ruisselants de douceur où  le musicien semble presque s’évanouir. Voltiges ralenties, plaisir musical évident. Une légèreté presque féminine s’empare des deux mains. On pense à la fragilité de fleurs de cerisier, à des  pétales de délicatesse. Les derniers grains quittent le sablier à regrets, c‘est le retour de tons graves, la concentration est extrême, jusqu’à l’épuisement des basses avant une ultime caresse finale. Le troisième mouvement s’emporte. Le jeu est vif et brillant, sonore et frappé. Mais le 4e renoue avec « cette douceur avant toute chose », comme si son but était d’effacer coûte que coûte, note par note toute la violence et la misère du monde. Musique et douceur se confondent.  Il s’enivre de la saveur de la musique comme d’un parfum entêtant. C’est tout juste si  on ne voit pas tomber des plumes de cygne sur le pianiste et son instrument. Ces instants sont magiques.  Le dernier mouvement est un   bouquet d’été : monumental,  royal, tout en camaïeux riches et exubérants.
 Un bis bien sûr : «  Les arabesques » de Schumann. Il  virevolte une fois de plus entre le Ying et le Yang, de façon savante et décontractée. Ce festival de saveurs douces et lumineuses a fait lever la salle entière à la dernière note  pour applaudir à tout rompre l’art poétique de ce musicien extraordinaire.  

Il vous reste un dernier soir pour vous joindre à cette atmosphère  envoûtante très particulière  de têtes blondes et cheveux gris et c’est la soirée de gala :

«  Course and Festival GALA Concert   »  le 31 juillet à 19 heures au château du Lac.                      (Black tie)

 

http://www.musicamundi.org/fr/index2.htm

 

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Horta à la Maison Autrique

Jusqu'au 31 décembre 2011

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L'exposition consacrée à Victor Horta par la Maison Autrique se propose de voir ou revoir les moments clés d'une œuvre architecturale aujourd'hui disparue. Cette démarche s'inscrit dans ce mouvement de mémoire renaissante de l'Art Nouveau déjà bien marqué en région bruxelloise depuis plusieurs années.

On a peine à croire qu'une œuvre architecturale célébrée en son temps, ancienne d'un peu plus d'un siècle et construite avec un savoir-faire magistral dans des matériaux de qualité se soit révélée si fragile. Son histoire pourrait être le thème d'une fable moderne.

 

Biographie

exposition

Horta naît à Gand le 6 janvier 1861, voici très exactement 150 ans. Dès l'âge de 12 ans tout son esprit était tourné vers les choses de l'architecture. Jusqu'en 1891 il travaille par intermittence dans les bureaux d'Alphonse Balat (Serres Royales de Laeken) qui lui donne la connaissance du vrai classique. La commande de l'édicule Lambeaux (Parc du Cinquantenaire) en 1889, obtenue grâce à Balat, marque véritablement le début de sa carrière à Bruxelles. Horta a 32 ans lorsque Eugène Autrique et Emile Tassel lui accordent leur confiance et par conséquent la liberté de créer une architecture nouvelle caractérisée par l'abandon des styles et l'application généralisée des matériaux apparents.

Les commandes de maisons particulières vont se succéder : Frison, Winssinger, Solvay, Van Eetvelde... Jusqu'à la Maison du Peuple en 1895, que lui confie le Parti Ouvrier Belge, et le jardin d'enfants des Marolles commandé par le bourgmestre de Bruxelles Charles Buls.

En 1898 Horta est assez fortuné pour se construire sa propre maison et son atelier Rue Américaine à Saint-Gilles. A l'apogée de sa carrière, tant dans la construction que dans la décoration et le mobilier, Horta est devenu l'architecte à la mode. Les propriétaires de grands magasins font naturellement appel à lui : Innovation, Grand Bazar, Wolfers.

Non sans difficultés, il se consacre à l'enseignement et à la refonte des cours d'architecture de l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Mais la première guerre mondiale interrompt ses activités. Exilé d'abord en Angleterre puis aux U.S.A., il en reviendra avec des conceptions architecturales complètement changées. Lui qui avait produit une architecture exigeant d'innombrables heures de travail était arrivé à la conclusion qu'il fallait désormais simplifier. Le concept de maison artistique a été balayé par la guerre. Horta décide de vendre sa maison et son atelier pour s'installer Avenue Louise dans un immeuble qu'il modifie. Il entame le projet du Palais des Beaux-Arts et retravaille les plans de la Gare Centrale.

Horta est chargé d'honneurs mais est devenu amer. Il sait que l'Art Nouveau est désormais raillé, démodé. Après avoir brûlé la plupart de ses dessins dans les années qui précédent, il décède le 8 septembre 1947.

Les citations en italique sont largement extraites des « Mémoires » de Victor Horta cités par Françoise Aubry dans son livre « Horta ou la passion de l'architecture » (Ludion, Bruxelles 2005)

 

Thématiques

exposition

La Maison du Peuple

Rue Joseph Stevens (Place Emile Vandervelde), Bruxelles

Horta voulait construire un palais qui ne serait pas un palais mais une « maison » où l'air et la lumière seraient le luxe si longtemps exclus des taudis ouvriers ; une maison où serait la place de l'administration, d'un café où les consommations seraient en rapport avec les aspirations des dirigeants combattant l'alcoolisme. Des salles de conférence pour élargir l'instruction, et, couronnant le tout, une « immense » salle de réunions pour la politique et les congrès du parti et aussi pour les distractions musicales et théâtrales des membres. (p.95, § 3, l.1)
La Maison du Peuple fut inaugurée le 1er avril 1899. En 1911 et 1912 des transformations lui firent perdre sa couleur rouge dominante. En 1965, elle fut démolie et certaines parties jugées importantes furent démontées. Les vestiges récupérés connurent alors bien des tribulations jusqu'à disparaître presque entièrement, à l'exception de rares éléments comme ceux montrés ici.

 

Anna Boch

En 1895, l'artiste peintre et collectionneuse avertie Anna Boch demande à Horta la décoration et la transformation de certaines parties de sa maison, 75 Avenue de la Toison d'Or.
Les projets successifs pour les tapis révèlent bien la logique constructive de l'ornement qui n'est pas pure fantaisie. Il est rare qu'Horta ait conservé autant de croquis pour une commande à laquelle il travailla durant trois ans.
Les plans de transformation ont été conservés aux archives communales de Saint-Gilles ; les projets de tapis, aux archives du Musée Horta et les croquis de la main d'Anna Boch, à la Maison des Arts de Schaerbeek.

Les grands magasins

Avec l'Innovation Rue Neuve, et comme à la Maison du Peuple, Horta conquiert un remarquable équilibre dès la façade, estimant que jamais construction ne reçut plus complète et plus fidèle application de la théorie que la façade doit être la résultante de l'intérieur. (p.124, 3 dernières lignes) Cette façade depuis longtemps camouflée réapparut aux yeux du public lors du tragique incendie de l'Innovation en 1967.

Pour les magasins du sculpteur orfèvre Wolfers, Rue d'Arenberg, le programme du bâtiment était complexe. Réaliser le plan en tirant tout le parti artistique et constructif possible, c'était démontrer une compétence et une expérience considérables pour sortir au mieux des intérêts de tous. (p.194, fin du § 1) Horta avait dû livrer un nombre de plans inusités en raison de la complication de la structure métallique qui variât à chaque étage. (p.195, § 2, 3 dernières lignes)
Considérablement transformés, les magasins Wolfers abritent actuellement les locaux de la KB.

Seul survivant des grands magasins bruxellois construits par Horta, les Magasins Waucquez de la Rue des Sables sont devenus le Centre Belge de la Bande Dessinée.

Le pavillon du Congo

Elaboré essentiellement en 1898 par Horta pour l'Exposition universelle de Paris en 1900, ce Pavillon du Congo resta à l'état de projet.

Hôtel Aubecq

520 Avenue Louise, Bruxelles

L'Hôtel Aubecq était une des œuvres dont Horta s'enorgueillissait. Jamais client et architecte ne furent plus reconnaissants l'un envers l'autre, jamais non plus famille ne fut mieux d'accord pour aimer la maison et y vivre. (p.120, dernier §)
La maison fut démolie en 1950, comme la plupart des hôtels de maître de l'Avenue Louise ; le mobilier dispersé entre musées et collectionneurs. Une partie de la façade, démontée, attend toujours un remontage, ainsi en témoignent les deux travaux d'étudiants en architecture de la Cambre que nous présentons ici et qui datent des années 1970.

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