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Dans le cadre de la prochaine Tournée NAIZ de Peio Serbielle, nous recherchons des villes-étapes (Publics scolaires, Médiathèques, Festivals Courts-métrages, Festivals Nature, etc...) susceptibles d'accueillir le film "XAN NAIZ NI - Voyage en Terres Sauvages". Les projections sont suivies de rencontres avec 2 des auteurs de ce film, Marc Large et Peio Serbielle

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Ce Court-métrage grand public est une superbe introduction sur le Pays Basque et le Sud de l'Occitanie (Béarn, Landes), un conte merveilleux et une très belle fresque onirique avec des paysages époustouflants à l'image de ces Terres basque et Occitane.

Regardez, écoutez et faites-nous part de vos impressions ...

Site du film XAN NAIZ NI

 

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Hommage à Emile Kesteman

 
Survenu à la veille des fêtes, le décès d'Emile Kesteman m'a beaucoup peiné.
 
"Peiné", à vrai dire, me semble un mot bien faible car je considérais un peu ce personnage extra-ordinaire comme mon "parrain littéraire", celui qui, à l'issue d'une interview que je faisais de lui, m'avait suggéré, avec force persuasion, de tenter mon entrée au sein de l'A.E.B. Je venais imprudemment de lui parler de mon premier roman...
 
En guise d'hommage personnel, vous trouverez ci-après l'interview que j'avais faite d'Emile Kesteman en février 2000 et qui avait été publiée dans le Sgraffito n° 21 du 1er trimestre 2000. (Reproduit avec l'autorisation du GERPM-SC.)
 

 

 

Rencontré pour vous...

EMILE KESTEMAN

  

Sgraffito a rencontré pour vous, monsieur Emile KESTEMAN.

Il fut successivement enseignant, conseiller scientifique puis président du corps académique de l’Institut Marie Haps, chargé de cours au Ministère des Affaires Etrangères...

Aujourd’hui, il est le « gardien » du Musée Camille Lemonnier comme Prométhée le fut du feu.

Mais il est également Vice-Président de l’Association des Ecrivains belges de langue française et de la F.I.D.E.L.F. (Fédération internationale des Ecrivains de langue française), et Président de l’Association Grenier Jane Tony et du Cercle d’Histoire locale d’Ixelles.

 

- Monsieur Kesteman, pourriez-vous nous raconter tout d’abord ce qu’a été votre parcours professionnel?...

- J’ai été pendant 43 ans professeur, et notamment professeur dans l’enseignement secondaire où j’ai enseigné le français dans des Athénées flamands. Et j’ai eu la chance de voir percer quelques-uns de mes élèves: Annemie Neyts-Uyttebroeck, Willy Claes et Tony Vandeputte de la F.E.B. (Fédération des Entreprises de Belgique)  entre autres...

Ensuite, je suis passé à l’enseignement supérieur. Très exactement à l’Institut Marie Haps où j’ai enseigné indistinctement la traduction du français au néerlandais et du néerlandais au français pour les futurs licenciés traducteurs et interprètes.

Au bout d’un an, je suis devenu conseiller scientifique de ce même institut. J’avais alors la direction générale des mémoires de licence, ce qui m’a permis de me frotter à tous les départements de langue que nous possédions. N’allez cependant pas vous imaginer que je possédais pour autant toutes ces langues! Mais enfin, je me frottais régulièrement aux départements anglais, allemand, espagnol, italien, russe...

Ensuite, j’ai enseigné la littérature française qui était un cours général que les étudiants devaient suivre en seconde candidature. Ainsi que le cours de philosophie esthétique que les étudiants suivaient en première candidature et où, naturellement, j’ai eu beaucoup de satisfactions: c’était un cours où il y avait trois cents étudiants; je leur donnais un cours théorique mais je les obligeais à faire un tas de travaux pratiques, par exemple: suivre les activités d’une galerie d’art, visiter trois monuments religieux, visiter trois monuments civils, visiter l’atelier d’un peintre...

J’ai fait cela pendant 23 ans. Ensuite j’ai été, pendant 6 ans, président du corps académique de l’ensemble de l’institut. Parce que, à côté de la section de la licence de traducteurs-interprètes, il y a une section de logopédie - les « orthophonistes comme on dit en France! -, une section de psychomotricité, de biologie, de psychologie. C’est d’ailleurs d’une de ces sections que sort la princesse Mathilde...

Parallèlement à cette activité-là, j’étais chargé de cours au Ministère des Affaires Etrangères où pendant 23 ans, j’ai préparé les stagiaires de la diplomatie de langue flamande à présenter l’examen de français approfondi. Et là, j’ai eu des gens tels que Marc Van Craen qui est à la tête du service de l’A.G.C.D., Jan Willems qui est Grand Maréchal de la Cour, Ghislain d’Hoop, Attaché de cabinet adjoint auprès du Roi...

Enfin, - et cela me tient beaucoup à cœur! -, j’ai été l’initiateur, avec d’autres professeurs, de « Convergences »...

- Alors, je compte sur vous pour nous expliquer ce qu’était « Convergences »...

- Vers les années soixante, des professeurs de Louvain, de Gand et de Bruxelles se sont réunis régulièrement autour des thèmes chers à Teilhard de Chardin. Nous avons notamment lutté pour une société plus ouverte et plus libre où les passages d’un clan à l’autre étaient facilités.

Nous nous sommes intéressés, entre autres, à l’expansion universitaire. Ces principes sont aujourd’hui appliqués au niveau des licences à Anvers...

- Vous êtes Président de l’Association Grenier Jane Tony...

- Parallèlement à mes activités professionnelles, je me suis fort occupé du Grenier Jane Tony où, depuis 20 ans, chaque mois, j’essaie de créer un lieu et du temps pour que des poètes aient la possibilité de se dire en toute liberté.

Nous avons réussi à créer là un véritable groupe multiculturel puisque nous avons dans nos rangs un Italien, un Espagnol, un Croate, un Marocain... Tout le monde y est d’ailleurs le bienvenu du moment qu’on ait un certain talent et un certain niveau.

Mais entendons-nous bien! Ce qui m’intéresse, moi, ce n’est pas que les gens A, B ou C ne soient pas A, B ou c, mais bien A au carré, B au carré ou C au carré!... Et quelles que soient leurs tendances, qu’ils aient une conscience plus éclairée de leur message et de leurs opinions.

Mon exigence était aussi vraie du temps où j’enseignais. Car un professeur se doit d’être un « passeur ». Il n’est pas bon de décalquer sa personnalité et ses convictions à ses élèves...

- Votre association publie d’ailleurs une revue des cahiers poétiques: « Les Elytres du Hanneton »... (1)

- Au fond, je dis toujours et partout que la littérature française de Belgique développe un très grand dynamisme.

Malheureusement, elle se développe dans des sphères le plus souvent confidentielles. C’est vrai que la littérature de Belgique n’est pas un succès au point de vue commercial. Mais pour moi, le principal, c’est cette espèce de lien que j’ai avec la langue française, cette langue qui est mon outil pour m’exprimer, pour m’explorer, pour explorer mon moi, le moi qui n’est pas mon « individu » mais qui est lié à la société autour de moi. Et donc j’ai toujours attaché énormément d’importance à mes relations sociales, quand j’étais dans l’enseignement secondaire, avec mes élèves, quand j’étais dans l’enseignement supérieur, avec mes étudiants, et au Ministère des Affaires Etrangères, avec les futurs diplomates...

- Aujourd’hui, vous êtes le Vice-Président de l’Association des Ecrivains belges...

- L’Association des Ecrivains belges, c’était l’ancienne dénomination. Les dernières années, sous la pression de l’évolution politique du pays et de sa fédéralisation, nous avons préféré l’appellation « Association des Ecrivains belges de langue française » pour marquer notre rattachement à la Communauté française. On peut être de langue française et tout de même être un ennemi de la Communauté française, ce que naturellement je ne voudrais pas suggérer que les écrivains qui sont membres chez nous soient.

Cette association a été fondée en 1902 et un journaliste français, Souguenet, y était mêlé. Elle a été créée comme coopérative pour aider les écrivains belges à publier leurs livres. Ce qui signifie qu’à l’époque déjà, ils éprouvaient les pires difficultés qu’ont les Belges francophones à éditer des livres... Et c’est vrai, les conditions ne sont guère favorables pour les écrivains belges de langue française.

Il y a quelques années, on enseignait la littérature française de Belgique uniquement, comme cours obligatoire,... dans une université flamande, la Vrije Universiteit Brussel. Ailleurs, ce cours-là n’était nullement obligatoire... Conséquence: en Belgique, on pouvait devenir professeur de français sans rien connaître de la littérature de notre propre pays!...

Ensuite, les manuels que l’on utilisait, eh bien, étaient conçus et édités à Paris! Evidemment, la littérature belge de langue française était réduite à sa portion congrue. On parlait d’Emile Verhaeren, de Maurice Maeterlinck. C’était à peu près tout!... Oh, on parlait peut-être aussi de Michaux... mais en omettant de dire qu’il était Belge!

Naturellement, il faut reconnaître aussi que lutter contre une littérature telle que la littérature française qui présente une telle continuité, c’est difficile...

Nos voisins du nord ont plus de facilités à s’opposer à la littérature néerlandaise venant des Pays-Bas. Et dans la partie nord du pays, les anthologies sont conçues et éditées en Flandre. Et par conséquent, il y a un juste équilibre entre la littérature flamande et la littérature hollandaise.

Mais ils ont aussi leurs problèmes. Par exemple, pas mal de maisons d’éditions émigrent aux Pays-Bas...

C’est, hélas, tout aussi vrai de ce côté: Dupuis, Casterman et même Actes Sud...

Le grand reproche que j’adresse à l’organisation de l’édition en Belgique, c’est que ces maisons éditent, impriment mais ne possèdent pas de diffuseurs... Ce qui nous embarrasse très fort quand nous devons défendre la position du livre dans des congrès internationaux...

Dernièrement, je devais parler des droits d’auteurs; j’ai fait quelques rapides calculs et j’ai découvert qu’en Belgique d’expression française, il n’y avait guère que quelques écrivains capables de vivre de leur plume. Julos Beaucarne par exemple, mais qui est un monument du folklore wallon... Ou Amélie Nothomb qui n’attend pas ses droits d’auteur pour pouvoir vivre...

L’Association des Ecrivains belges de langue française, d’abord, n’avait pas de local fixe. Cela ne date que depuis 1946 lorsque le bourgmestre Eugène Flagey a mis cette maison à notre disposition.

Et depuis, notre association organise et anime, chaque mois, une soirée des lettres. A cette occasion, trois livres sont chaque fois présentés, avant le vin de l’amitié offert par la Présidente, France Bastia.

L’organisation édite une revue « Nos lettres » où nous publions des comptes-rendus consacrés aux livres de nos presque quatre cents membres, les activités des écrivains belges au jour le jour, la liste des prix littéraires qui sont assez nombreux.

 

Chacun peut d’ailleurs devenir membre des « Amis de la littérature » en versant sa cotisation  annuelle de 1000 F au compte de l’Association des Ecrivains belges de langue française n° 000-0092202-52.

 

- Mais cette maison des Ecrivains est également un fabuleux musée...

- Lorsque les Ecrivains belges se sont installés dans cette maison construite par le baron Jolly dans les années 1889, Marie Lemonnier qui cherchait un endroit pour rassembler les souvenirs de son père, a donné le cabinet de travail, toutes les collections artistiques et les livres et manuscrits de son père, à la Commune d’Ixelles, avec la prière que l’Association des Ecrivains belges s’occupe de la conservation de ces documents.

Chacun a bien rempli sa tâche, je crois, et a conservé ces objets avec beaucoup de fidélité.

Ce que j’ai fait depuis 6 ans, c’est accentuer le rôle social du Musée. J’ai pris contact avec les facultés de Philosophie et Lettres où existent des sections de Philologie Romane, avec les sections de journalisme. Mais également avec une multitude d’écoles primaires...

 Et depuis, pas mal d’étudiants qui, en général, sont ici reçus comme on reçoit quelqu’un dans une bibliothèque, viennent travailler dans cette maison. Il m’est arrivé d’avoir ici jusqu’à trois étudiants en permanence qui préparaient des mémoires, l’un  sur la stratégie d’édition de Camille Lemonnier, un autre sur les monuments érigés à la mémoire de Lemonnier, et le troisième, déjà licencié en Philologie Romane et maître pour une université portugaise, qui prépare chez nous un doctorat...

Nous avons ici également une étudiante de l’Université de Madrid qui profite des initiatives du plan Erasmus qui, tout en suivant des cours à l’Université Libre de Bruxelles, vient faire un stage dans cette maison...

Depuis que je pratique cette politique d’ouverture, nous avons participé à quinze expositions. Nous venons de participer à l’exposition James Ensor et allons prochainement prendre part à celle du Musée Van Gogh à Amsterdam, consacrée à Xavier Mellery.

Et puis je constate l’intérêt croissant pour l’œuvre de Lemonnier. Des professeurs de l’Université de Toulouse prennent contact avec moi pour que la RTBF veuille bien prêter le film sur Lemonnier de Guy Lejeune. On m’écrit de New-York...

Grâce à ces relations développées depuis 6 ans, l’intérêt des éditeurs va croissant. Les éditions Séguier ont republié le livre « L’hystérique » par exemple. Les Eperonniers vont publier « L’histoire des gros et des maigres ». Et Labor s’intéresse également à quelques romans de Camille Lemonnier...

 

- Selon vous, quel est le chef-d’œuvre à lire absolument de Camille Lemonnier?

- Sans le moindre doute possible, « Un mâle »!...

 Pour évoquer la riche personnalité du grand écrivain Camille Lemonnier (1844-1913), le musée présente son cabinet de travail reconstitué avec une grande fidélité (sur le témoignage de peintures), et, rassemblées dans une salle d’exposition, les œuvres d’art lui ayant appartenu. Ses portraits par Emile Claus, Constantin Meunier, Guillaume Van Strydonck, des tableaux dus à Théo Van Rysselberghe, Isidore Verheyden, Juliette et Rodolphe Wytsman, Eugène Verdyen... présentent un échantillon de l’art du XIXe siècle. Une série de documents, de correspondances et d’autographes de Victor Hugo, Alphonse Daudet, Maurice Barrès, Emile Zola..., et d’éditions rares, donnent un aperçu de la vie littéraire belge et française de 1850 à 1913. (2).

 

- Vous êtes également le Président  du Cercle d’Histoire locale d’Ixelles...

- Je me suis toujours intéressé à l’Histoire de la ville. J’ai notamment donné des conférences dans les cercles de 3e âge et dans tous les quartiers de Bruxelles. Je me suis intéressé aux églises historiques de Bruxelles, telles que celle du Sablon, la cathédrale des Saints Michel et Gudule, Saint-Nicolas-Bourse, Notre-Dame du Bonsecours, Notre-Dame de la Chapelle... J’ai très souvent initié les futurs diplomates flamands en faisant un commentaire en français de quartiers hauts en couleurs telles que les Marolles par exemple...

Et à ce propos, un Flamand bon teint m’avait dit, à un certain moment:

« - Ecoutez, monsieur, je commence maintenant à comprendre qu’on puisse aimer Bruxelles!... ».

Ma famille est originaire d’Ixelles. Ma mère y est née. C’est donc que mes grands-parents maternels y habitaient aussi! A noter que ma grand-mère était une Saligo et mon grand-père un Wagner!...

J’avais également un oncle paternel qui habitait Ixelles. Il avait installé un laboratoire pharmaceutique et était le créateur d’un médicament fameux, la Kestomatine, appellation dérivée bien sûr du nom Kesteman!... C’était un remède à l’origine inventé pour faciliter la digestion des nourrissons, mais que l’on a très vite utilisé pour la digestion des personnes âgées. L’allongement de la vie refait de nous des nourrissons!... Cet oncle était aidé par un autre de mes oncles, un certain Raphaël...En hébreu, Raphaël signifie « porteur de remède »!...

Mais au fond, si je suis mêlé au Cercle d’Histoire locale d’Ixelles, c’est parce que, au Comte d’Egmont, un café bien connu du Sablon qu’on appelait autrefois « Chez Tantine », je rencontrais régulièrement Michel Hainaut. Cet homme qui a été Chef de Cabinet des Affaires Culturelles d’Ixelles, connaissait mes accointances avec la commune d’Ixelles, très anciennes avec l’histoire de mes parents.

Avec Michel Hainaut et d’autres amis, et surtout sous la haute direction du professeur Jean Steingers, un historien de l’U.L.B., nous avons fondé ce cercle d’Histoire locale. Nous avions élu comme Président un ancien journaliste de la RTBF, Gustave Fischer qui, malheureusement, vient de démissionner. Et c’est ainsi que je lui ai succédé.

Ce cercle s’est intéressé naturellement à ce qui relevait de la culture à Ixelles... Le programme qu’il élabore est varié: cela va des visites de quartiers à des, manifestations plus ponctuelles...

Exemples de parcours, le quartier de la place Brugmann, l’église de l’Annonciation, la rue Camille Lemonnier, le quartier du Luxembourg avec sa gare, véritable modèle d’urbanisme du 19e siècle, les squares de Meeûs et de l’Industrie et certains bâtiments comme l’ancienne demeure du Premier Ministre Auguste Bernaerts (actuel Institut Supérieur Marie Haps) ou encore l’appartement de l’écrivain flamand Joris-Albert Gauris (Marnix Gijsen), ancien ministre plénipotentiaire de Belgique à Washington. Sans oublier bien entendu ni le quartier Saint-Boniface, ni la visite des bords des étangs d’Ixelles, visite qui se termine à l’abbaye de la Cambre...

Les manifestations plus ponctuelles, se déroulent pour le moment au Centre Mundeleer. C’est là que le Cercle d’Histoire locale organise des vernissages d’expositions de peintures ou sculptures. Il y a des conférences également.

Pour cet aspect-là , nous avons fait appel à Marc Danval, un spécialiste du Jazz, collaborateur de la RTBF.

Il m’est arrivé aussi d’inviter une éditrice et de l’interroger sur sa conception de l’édition. Il s’agissait de Luce Wilquin qui s’est d’abord établie en Suisse avant de se fixer dans la région d’Hannut...

Parfois aussi, nos visites nous entraînent à l’extérieur de la commune. Nous nous sommes déplacés pour l’exposition des premières cartes-vues à la bibliothèque Victor Wittokiana de Woluwe-Saint-Lambert...

Nous éditons également une revue, « Mémoire d’Ixelles » où des articles sont consacrés à des aspects culturels et historiques, ou bien des études d’Emile Delaby consacrées aux monuments funéraires du cimetière d’Ixelles.

Il arrive souvent que des habitants d’Ixelles nous demandent des éclaircissements sur tel ou tel point de l’Histoire ou à propos de telle ou telle personnalité. Nous effectuons alors des recherches. Michel Hainaut a rassemblé une documentation extrêmement variée concernant Ixelles et nous pouvons en disposer à notre guise.

- Quels sont les rapports que le Cercle entretient avec les autorités communales?

- Les relations privilégiées que nous entretenons avec l’administration communale nous ouvrent un chemin facile au travers des archives et nous permettent de dévoiler des détails souvent inconnus du grand public. Le fait que Philippe Bovy, notre secrétaire, et Eric Machtelinckx, notre trésorier, soient fonctionnaires à la Commune d’Ixelles nous aide évidemment  beaucoup.

Au cabinet de l’Echevine de la Culture, Marinette de Cloedt, on a créé une cellule « Cercle d’Histoire locale d’Ixelles » qui nous permet de collaborer de concert avec l’Echevinat à certaines manifestations culturelles ou artistiques.

Tenez, il y a eu dernièrement une manifestation pour la paix, intitulée « Les tambours de la Paix ». J’y représentais à la fois la Maison des Ecrivains et le Cercle d’Histoire locale d’Ixelles. Ça m’a permis d’adresser quelques mots aux enfants des écoles. Et je ne résiste pas au plaisir de vous les redire ici.

« Avant nous, des générations d’Ixellois ont construit, aménagé, créé. Mais il ne faut pas leur attribuer toutes les vertus que, grâce à des rencontres nouvelles, grâce à la Communauté Européenne, nous venons de découvrir.

Les enfants d’aujourd’hui sont plus réalistes, plus informés, comprennent mieux que la paix dépend de l’acceptation de nos différences.

Sans renoncer à être nous-mêmes, on peut affirmer que nos richesses d’êtres humains, de femmes et d’hommes, d’élèves de nos écoles, résident dans notre diversité. Notre univers, c’est le monde entier et ceux que nous rencontrons dans ce quartier si caractéristique de cette ville où nous vivons, jouons et rions...

C’est la joie qui est porteuse de paix.

 

Propos recueillis par

Jacques LAMBERT


 

(1) Association Grenier Jane Tony, « Le Zavel », 7, place du Grand Sablon, 1000 Bruxelles.

Siège social: La Fleur en Papier Doré, 55, rue des Alexiens, 1000 Bruxelles.

Editions  « Les Elytres du Hanneton ».

 

(2) Le Musée Camille Lemonnier situé, 150, chaussée de Wavre 1050 Bruxelles est ouvert les lundi, mercredi et vendredi de 10 à 12 h., et les mercredi et vendredi de 14 à 16 h..

Les autres jours, visite sur demande. Tél.: 02 512 29 68.

 

(3) Cercle d’Histoire locale d’Ixelles: M. Philippe Bovy (secrétaire), 13, rue Mercélis, 1050 Bruxelles.

Tél: 02.515.64.11

Edite « Mémoire d’Ixelles ».

Tél. du Président: 02.512.29.68

 

(4) Centre Mundeleer, 13, rue Mercelis, 1050 Bruxelles.

 

 


 

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Hommage à Emile Kesteman Partie I

Emile Kesteman est décédé le 21 décembre 2011.

Il était mon ami, ami sûr et attentionné envers tous les écrivants. C'est une grande perte pour tous les écrivains en Belgique dont il fut le mentor éclairé. 

Je tiens ici à évoquer tant que peu se faire son oeuvre écrite. Je me servirai pour cela de la partie lui consacrée dans un de mes 74 CD-ROM dédiés aux écrivains que j'ai eu la chance de côtoyer. 

Je retrouve ici, non sans émotion ces photos et textes contenus dans mon "Testament des Poètes"

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Penchons-nous d'abrod sur sa bibliographie

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Son premier livre: "Et les sarments bourgeonneront" parut en 1958 aux Editions Ceuterick.

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En voici quelques extraits:

Habillées.

Formaient

Un cercle

Très,

Très petit

Et se trouvaient

Sans se toucher

Fort près,

Le plus près possible,

L'une de l'autre

Pour dire

Et redire

A mi-voix

Un secret.


Je voulais échapper à la ville, à son air confiné et à ses façades poussiéreuses. Je me dirigeais vers le bois pour y trouver la solitude et le silence; pour y retrouver la nature, qui reste pour moi une source d'équilibre, une garantie de santé morale, intellectuelle et physique.

En descendant la dernière rue, avant de pénétrer sous les arbres d'une longue allée, je rencontrai Jacques. C'était un jeune homme mince et blond, aux cheveux légèrement  bouclés. Il m'aborda et venait d'acheter des bonbons.

Voilà bien longtemps que je ne l'avais plus rencontré et même je l'avais complètement  oublié. En réalité, je ne l'avais jamais connu de très près. Je savais qu'il avait été enragé de sports, qu'il avait habilement lié des relations avec un maître de conférences à l'époque de ses études universitaires et que ses relations l'avaient servi pour l'obtention de ses
diplômes, dans ses connaissances de la langue anglaise et dans sa nomination comme professeur. Il ne s'ouvrait pas facilement et cherchait ses divertissements en dehors de la famille. Il y avait chez lui une indifférence assez forte à l'égard de ce qui était dévouement gratuit. Voilà au moins, l'image que je m'en faisais et je fondais mon opinion sur mon
expérience et sur les bribes de conversation que j'avais avec mon frère.

Car, mon frère était un ami de Jacques.

Il avait été fiancé; s'était mêlé à la vie des célibataires dans le grand Anvers. Mais tout cela était fini depuis longtemps. Et maintenant il promenait son âme désabusée, mais résignée, à travers les pays de l'Europe, entre un athénée d'une très petite ville de province, une maison à la périphérie de la cité et un stade de football. Il ne savait pas très bien où aller: au match, au bois, ou... je l'aurais mené où je voulais. La route nous guida et nous attira loin dans la campagne. Je n'apercevais pas les champs, ni les arbres -je parlais de l'école, des collègues et de la littérature contemporaine. Puis nous sommes repassés par un ancien  relais où on nous servit un filtre. La conversation alla bon train jusqu'au moment où nous nous quittâmes. Il me laissa l'impression d'un être sérieux qui n'a pas trouvé de but capable de l'engager à fond dans une action. Il y avait en lui un vide qu'il n'essayait pas de combler, un isolement dont il était sorti parce qu'il me connaissait depuis longtemps. Les voyages ne l'avaient pas formé, mais détérioré, abîmé parce qu'on ne l'avait pas habitué à être attentif à la vie de l'âme; parce qu'il lui manquait cette générosité qui rend la sympathie possible; parce que son existence ne s'inscrivait pas dans une longue tradition qui rend l'équilibre au sommet plus facile.


Litanie des Boutons

Délivrez-nous

Du froid, Boutons des pardessus;

De la pluie et de la neige,

Boutons des imperméables;

De l'air rustique et paysan,

Boutons des vestes et des gilets.

Cachez

A l'oeil du profane

Les culottes

Du curé

Et son chandail troué,

Couvrez

L'épaule

De la midinette

Et préservez

La vertu

Du vieux monsieur

A l'oeil

Toujours en éveil.

Boutons

Du soutien,

Gardez au corps féminin

Sa netteté

Et son attrait.

Et enfin,
Boutons

De je ne sais quoi,

Boutons

Des brayettes,

Préservez le vieillard impotent

Des derniers outrages

Ainsi que le professeur

Distrait

Après la récréation.

Boutons de costumes

Et des pardessus;

Boutons des robes

Et des manteaux;

Boutons des parures

Et des sous-vêtements,

Que serait notre vie

Sans la vôtre?

Vous y mettez

De la distinction,

De la vie

Et de la dignité;

Vous êtes

Ce que le point

Est

A la lettre i.


Discours de Tyl

Sous l'arbre

Noir

De l'hiver finissant,

Par un soleil

Radieux

Et sous un ciel

Bleu,

un oiseau pépiait.

Nele

Auprès de moi

Ecoutait

Les douces paroles

Que je lui disais.

Et je sentais

Que la nature,

Comme Dieu,

Nous voulait unis.

Nele

Ecoutait

Et se taisait,

Mais son regard

Bleu

Me parlait

Du soleil

Et de la mer,

Des horizons

Que je ne connaissais pas.

Et son silence

M'était encore

L'écho

Le plus éloquent;

Car

Ce qu'elle sentait

Et ce qu'elle voulait

Me dire

Etait ineffable.

Nele,

Ma douce Nele,

Ne meurs pas;

Mais vis

A mes côtés

Pour que je reste

Fidèle

A la mère Flandre,

A ma langue,

Et à ma religion.

La Chanson de Nele

Tyl est venu me voir,

Tyl m'a parlé,

Et il m'a regardée,

Sous les arbres

Dans le bois

Solitaire

Et vallonné.

Tyl est venu me voir,

Tyl m'a parlé,

Tyl m'a regardée.

Et je lui ai souri;

Et je l'ai oublié

Le vaste monde

Parce que

J'aime par-dessus tout

L'intimité

De deux coeurs.

J'ai souri,

Mes yeux ont souri

Et les pommettes rosées

De mon visage;

Et tout mon corps

Lui a souri.

Tyl est venu me voir,

Tyl m'a parlé,

Tyl m'a regardée.

Et j'ai vu

Au fond de ses yeux

Briller

La flamme

De son amour tout pur

Et impérissable.

Tyl est venu me voir,

Tyl m'a parlé,

Tyl m'a regardée.

Et je suis heureuse,

Je suis heureuse,

Heureuse,

Je vous le dirais

Sans cesse.

Laissez-moi, Seigneur, exprimer ce que je vois et ce que je sens,

La beauté du monde, mais aussi son néant

Afin que ces corps, sur le seuil du charnier,

S'élève jusqu'à vous, la fleur

Pure, rouge et vivace

De notre amour immense.

Un jour viendra où cet amour,

Epuré par la souffrance,

Montera comme une flamme vers Vous.

Et cette flamme viendra se joindre

Aux innombrables semences de feu

Que vous aviez confiées aux hommes,

Et qui maintenant, fécondées et germées,

Brûlent en votre Coeur infini.


Naissance

Et voilà

Qu'en votre foyer

Geneviève

Vient rejoindre

Anne et Françoise,

Pour multiplier

Les rires et les cris

Et donner

A votre amour

Ce que lui confère

Une vie nouvelle,

L'équilibre serein

Et le mystérieux approfondissement.

Son deuxième ouvrage: NamestelK Lemel publié encore aux Editions Ceuterick à Louvain en 1970:

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En voici quelques extraits:

Tantôt sur le quai, il avait songé à tous ces gens qu'il rencontre chaque jour dans le train. Des parlementaires, les uns distingués en train de rédiger des discours; d'autres plus rustres, mais plus près du peuple, encore sensibles à son bien-être. Des gens arrivés à forces de courbettes, les uns craignant de montrer leur vide intérieur, d'autres n'en étant pas du tout conscients. Des copains, des collègues, des ronds-de-cuir, des insipides, des velléitaires... A certains moments le compartiment est un endroit où l'on cause agréablement, mais il se transforme parfois en fourgon ou en voiture à bestiaux. "Velut pecus...", disait déjà Salluste. Et Namestek Lemel n'avait jamais oublié ces premières phrases que l'auteur romain consacre à la conjuration de Catilina. A l'université d'ailleurs, il avait eu la chance de rencontrer un professeur de latin doublé d'un poète. Ainsi avait-il accompagné Virgile dans les Enfers où les amants séjournent près des rivages myrteux, mais il avait aussi pénétré avec Juvénal dans la réalité quotidienne et sordide de la vie à Rome. Il aimait ces scènes, sans fard ni masque, croquées sur le vif; cette poésie qui éclate dans les endroits où l'on ne s'attend pas à les voir fleurir. Dans les haras des riches Romains, dans les locaux mal éclairés où des esclaves savants s'éreintaient la santé, les yeux et les bras à endoctriner les enfants pour des rémunérations trop réduites.


(...) Ses dîners bruxellois, il aimait les prendre chez les Toyp, des amis, professeurs comme lui. Le mari était un peintre surréaliste -si un artiste de sa classe peut être caractérisé par une étiquette comme celle-ci. Car ce mot ne disait pas la profonde originalité de cet homme, qui dans le silence de son atelier et ses soirs de méditation poursuivait une oeuvre personnelle, loin des succès de foule; ce qu'il ne recherchait pas le moins du monde. Mais il essayait d'exprimer - plus dans ses dessins encore que dans ses peintures- le monde tel qu'il le voyait: triste, dramatique, livré à l'hypocrisie, à l'horreur et à la naïveté, vidé de ce que toute âme bien née appelle la vie. La colombe de la paix disparaissait dans un nuage de fumée et, de nos mains d'adolescents flétris, le sang coulait.


Mais cette conception de la vie, où la notion de paternité n'entrait nullement, ne le conduisait pas au suicide. Il y avait l'art et cette soif dont sont tourmentés pour leur bonheur et leur enrichissement les vrais artistes, la soif de communiquer leur vision personnelle, unique, irréductible à aucune autre. Il y avait sa femme, devenue quasi son seul modèle, à qui il communiquait son feu sacré et qu'il avait tirée de l'ornière bourgeoise avant qu'elle n'y meure. Il y avait son gosse et son chez soi où tout était, comme pour Baudelaire près de sa soeur bien-aimée, harmonie, douceur et émerveillement. L'art 
éclatait dans les dessins qui pendaient aux murs, dans les tissus des tentures et dans les cailloux, innombrables, auxquels son talent donné des visages de femmes aux regards les plus variés. L'oeil jouait dans son oeuvre un rôle important. C'est lui qui scrutait les démarches du subconscient; c'est lui qui observait vos moindres réactions, vos moindres gestes en ce qu'ils révélaient de votre vie intérieure. Il disait ce que l'on ressentait confusément; il vous confiait ce que vos lèvres n'osaient dire et vous apportait ainsi une nouvelle libération dont nos vies, si encombrées de complexes, ont un brûlant besoin.


Namestek Lemel avait beaucoup réfléchi à ce monde qui vivait autour de lui. Et il ne cessait d'y trouver, pour son esprit curieux, avide et inquiet, une nourriture qui profitait à sa santé morale et intellectuelle. Il aimait de penser en d'autres catégories que celles admises dans le monde de ses éducateurs. Je ne dis pas le monde de son enfance; car Namestek descendait d'une famille où, en dehors des traditions de foi, on avait toujours été ouvert aux conceptions de vie les plus différentes. Et même à l'égard de l'Eglise on avait adopté une attitude de déférente indépendance. On ne confondait d'ailleurs jamais ce qui constituait l'essence de sa mission et les vues trop particulières, souvent mesquines, dans lesquelles certains de ses représentants l'avaient fait entrer au cours des siècles. Quant à sa mère, elle descendait d'une famille éprise d'art et de culture, passionnée pour l'histoire de France Elle avait toujours vécu dans un monde où la Foi jouait un rôle. Mais le climat seul en était imbibé, et cette Foi ne se traduisait plus par une pratique entièrement soumise aux directives de l'Eglise.

Namestek était arrivé à la conviction que la fréquentation du monde où il vivait lui était devenue indispensable; car il est difficile de sortir de soi, de ses façons de penser si les autres ne vous y obligent pas. L'homme tombe si facilement dans cette immobilité paralysante qui caractérise le dogmatisme outré de tant de gens.


Et pourtant quelle nécessité de dépasser les formules des dogmes pour en saisir l'essence; pénétrer dans la complexité du réel, du vivant et ne pas s'arrêter aux signes dont nous nous servons pour l'exprimer. D'ailleurs, il est absurde de prétendre avoir trouvé toute la vérité, la vérité intégrale dans tous les domaines. Même si par grâce ou par hasard, nous l'avions saisie à un moment, il faudrait sans cesse se transformer pour continuer à la saisir. Dans le
réel tout évolue et tout fuit. Il faut infatigablement faire un effort de concentration; essayer de fixer ce qui déjà est passé et n'offrira jamais que des analogies avec des phénomènes de l'avenir. Je me vois face au réel comme l'enfant chassant des papillons ou même, si vous me permettez la comparaison, comme Dindenault, incapable de garder dans sa barque les moutons attirés dans l'eau par la ruse de Panurge.

Quelle que soit notre intelligence, quel que soit le zèle dont nous faisons preuve, quels que soient les moyens dont nous disposons, nous finirons toujours par être vaincu. L'objet de notre recherche est trop vaste, trop varié et trop mouvant. Et sans doute en est-il bien ainsi pour nous introduire dans un domaine plus caché et plus mystérieux du réel, où nous ne
pénétrerions pas sans l'acceptation de nos limites, clef de notre bonheur.

Les Toyp, Ela, les voyageurs du train ne constituent pas à eux seuls un monde; mais ce sont des êtres qui pour Namestek Lemel, placé dans une situation, prenaient d'un point de vue particulier, une très grande importance. Ils se détachaient dans une certaine mesure des êtres innombrables qu'il connaissait ou côtoyait chaque jour. Ils étaient pour lui des antennes d'autres mondes tous aussi réels où il ne pénétrait pas. Car l'homme est limité dans le temps et l'espace. Lui, à son tour, vivait dans des groupes possédant une véritable unité organique. Et il était sans aucun doute pour les Toyp et Ela une voix et un oeil, venant d'ailleurs, mais cette voix était sans arrogance et cet oeil discret dans son regard pénétrant. Il ne concevait plus l'univers sans une compénétration; sans une certaine osmose entre des groupes organiques qui se constituaient au hasard des vicissitudes de la vie. Et il vivait dès lors avec enthousiasme dans le temps présent où le passé se rencontrait et l'avenir se préparait.


"Nul ne peut communier avec le Père s'il ne garde sa Parole... celui qui croit être sans péché n'est pas dans la vérité... Mais si tu reconnais tes fautes, tu entres de nouveau dans la Vie du Père." Namestek se souvenait souvent des paroles de St Jean qu'il avait lues et méditées. Et bien que dans son adolescence, il se fût plus adressé à Luc pour nourrir sa vie spirituelle, pour l'instant il revenait sans cesse aux textes du disciple bien-aimé où la charité éclatait telles les eaux d'un fleuve qui, portant un limon fertile, viennent le déposer sur un sol aride et desséché. Cela lui permettait de se sentir si près d'un pasteur, son ami, et il était fort conscient des valeurs qu'ils avaient en commun. Elles étaient d'un trop haut
prix pour ne pas se laisser guider par cette unité qui existait malgré la diversité des religions.

Namestek ne se privait d'aucun moyen en son pouvoir pour investiguer la vie et enrichir la sienne; cela correspondait à une irrésistible vocation qui prenait un caractère sacré; à quoi beaucoup de ses coreligionnaires n'étaient pas du tout sensibles.

Mais pendant des périodes plus ou moins longues, ses occupations, son état physique lui permettaient de s'adonner régulièrement à des méditations; elles n'étaient pas un exercice imposé du dehors; aucune autorité même ne l'y invitait. C'étaient plutôt des actes positifs d'amour pour celui par qui tout s'explique et qui fait descendre la paix dans nos coeurs.
Cette paix qui ne peut se confondre avec l'immobilisme, mais qui est en éveil continuel, inquiétude en veilleuse. Cette paix qui ne peut se satisfaire d'une impression, mais qui chaque jour, à chaque instant, doit être conquise par l'incarnation parfois douloureuse d'un idéal.

En des soirs de recueillement, devant la lampe du sanctuaire dont la flamme rouge scintillait dans une nef obscure, Namestek prenait conscience de ces exigences. Et il n'était pas dupe de ses sentiments, ni de son imagination, puissante pourtant. Non! ce qui l'intéressait, c'était la vérité ontologique de tout cela.

Alors il connut des moments où il se sentait prêt à tout sacrifier; je m'expliquerais mieux si je disais qu'il jugeait tout à sa juste valeur; il entrait dans la vérité des ordres; il ne confondait pas l'absolu, ni le contingent; l'accident, ni la substance.

Et ainsi, quand un jour un de ses amis religieux lui dit: "Il ne faudrait pas tourner le dos au monde pour entrer en contact avec l'autre. c'est le fait des "ascétistes". Mais offrir au Père le monde, auquel on s'est attaché en mesurant sa vraie valeur; et en ne confondant pas l'en-soi et le contingent." Namestek était pleinement préparé à comprendre ces paroles et à se sentir une fois de plus libéré par cette amitié plus ancrée et plus intensément vécue.

Janvier 1959.

A suivre

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Décès d’Emile Kesteman

 

 

Je voudrais pour cercueil

 

Un coffre de piano

 

De piano à queue

 

Pour être couché à l'aise

 

Sur la table d'harmonie.

 

Emile Kesteman

 

 

Mardi 27 décembre à 11 heures, l'Association des Écrivains belges de langue française, la Commune d'Ixelles ainsi que des représentants du monde littéraire disaient adieu à Emile Kesteman.

 

Né à Saint-Josse-ten-Noode, le 6 juillet 1922. Vice-président de l’Association des écrivains belges de langue française. Conservateur du Musée Camille Lemonnier. Ancien président du Grenier Jane Tony et initiateur de la revue « Les Elytres du Hanneton ».

 

L’Association belge des professeurs de français, en la personne de sa présidente, a tenu à s’associer au très bel hommage qui lui a été rendu. Longtemps, en effet, le Conseil d’administration de l’ABPF a siégé à la Maison des Écrivains, chaussée de Wavre et pouvait parfois saluer l’infatigable travailleur, occupé peut-être à composer ces vers sous le regard de Camille Lemonnier :

 

           Je veux rompre

           Avec la vie sédentaire

           Devenir un nomade

           Sous le soleil

           Du point d’interrogation

           Et fuir l’anonymat

           Auquel je me heurte

           Dans l’habitude

           La routine

           Le rôle que l’on joue

           Les briques d’une ville

           Les limites d’un amour

           Trop intégré

           Dans la société des hommes   E. K.

Ce billet de blog pour rappeler à tous ceux qui l'ont croisé ,

la mémoire d'un poète généreux et désintéressé.

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EMILE KESTEMAN... BRUXELLOIS NON PEUT-ETRE :

UN HOMME DE LETTRES A MATONGE

 

Lundi 1er décembre 1997

Un homme de lettres à Matonge

Chaque matin, sur le coup de 8 h 30, il prend son café dans la loge de la concierge avec son grand ami Michel Hainaut, écrivain discret du cercle d'histoire locale d'Ixelles. C'est sa façon d'aborder, dans la chaleur complice de la «jatte» offerte par la gardienne, la journée bien remplie qui l'attend à l'ombre des souvenirs de Camille Lemonnier. A 76 ans, Emile Kesteman a cessé de faire partie des «actifs» depuis une dizaine d'années. L'ironie involontaire de la formule administrative saute aux yeux quand on connaît l'énergie et l'enthousiasme qu'il déploie à faire vivre l'association des écrivains belges de langue française dont il est vice-président ! Sa présence bénévole, chaque matin, dans le bel édifice de la Maison des Ecrivains, perle néo-classique au coeur de Matonge, en témoigne. Dans cette maison que Camille Lemonnier n'a jamais occupée (il vécut chaussée d'Ixelles, chaussée de Vleurgat et rue du Lac), parmi tous les souvenirs légués par sa fille aux bons soins de l'Association des écrivains belges de langue française qui occupent les lieux depuis l'après-guerre, Emile Kesteman oeuvre inlassablement à la promotion des lettres belges.

- Je hante ce quartier depuis ma prime jeunesse, confie Emile Kesteman. Trois de mes oncles ont tenu des pharmacies rue de la Paix et chaussée d'Ixelles pendant des décennies, c'était ma deuxième famille. Je connais la moindre rue, le moindre bâtiment de ce coin de Bruxelles. Pendant les journées du patrimoine, je guide souvent des groupes, entre la maison communale ixelloise, place Fernand Cocq, qui était le pavillon de la Malibran, la place de la Tulipe et son ancien marché couvert, la rue de la Paix que nos bourgeois ont voulu copier de Paris, la place Saint-Boniface et son buste de Charles Woeste, détracteur acharné du prêtre Daens, les dix façades de Blérot au carrefour des rues Saint-Boniface et Solvay, la maison de Françoise Mallet-Joris et bien sûr notre musée Camille Lemonnier au numéro 150 de la chaussée de Wavre.

LA MÉMOIRE DES QUARTIERS

Intarissable sur l'histoire des quartiers de Bruxelles, Emile Kesteman évoque avec tendresse ses origines familiales, sa grand-mère maternelle Virginie Saligo, apparentée au folkloriste Albert Marinus, qui tenait un magasin de rouleaux de papier à tapisser dans les Marolles tandis que son mari donnait des cours de violon à l'académie de Bruxelles, toute cette lignée maternelle riche en musiciens, en professeurs de solfège, et qui donna également aux lettres belges l'écrivain Prosper Henri Devos.

- C'était un journaliste du Touring-Club et un fonctionnaire anderlechtois. Il possède encore sa statue, un peu défraîchie, au parc Astrid. Son oeuvre évoque déjà les rencontres entre peintres et écrivains dans les vieux cabarets de la ville. Il est mort sur le champ de bataille en 1914-1918.

Né d'un père ostendais éduqué en français, comme c'était alors la coutume dans la bourgeoisie flandrienne, Emile Kesteman manie sans problème la langue de Vondel, apprise à Alost et à Tirlemont, au gré des affectations paternelles.

- Mes parents se sont mariés à Sainte-Gudule et mon père, employé à la compagnie du gaz, a été nommé à gauche et à droite avant de revenir à Bruxelles. J'ai étudié la philologie romane à Louvain, pendant la guerre, car l'université de Bruxelles était fermée. Par la suite, comme les postes de professeur de français étaient plutôt confiés à des classiques, qui pouvaient aussi enseigner le latin, je me suis spécialisé à Paris, dans une école rattachée à la Sorbonne, dans l'enseignement du français aux étrangers.

Commence alors pour cet amoureux de la langue et de la culture française, une longue carrière de prof de français pour néerlandophones. Il comptera parmi ses élèves Willy Claes, Annemie Neyts, Herman et Eric Van Rompuyt et Tony Vandeputte. Dispensant également son enseignement aux futurs diplomates belges de langue néerlandaise, il visite rituellement avec eux le Sablon et les Marolles.

- Le Sablon représente un chapitre important de ma vie. Je l'ai beaucoup fréquenté pendant ma carrière d'enseignant, certains de mes élèves y sont devenus antiquaires et m'ont introduit dans ce microcosme. J'y ai organisé de nombreuses manifestations littéraires pendant les marchés des antiquaires. Une fois retraité de l'enseignement, j'ai commenté pendant plusieurs années des visites guidées de l'église du Sablon. Aujourd'hui encore, Le Grenier de Jane Tony se réunit régulièrement dans un établissement de la place.

Depuis le début des années 50, Emile Kesteman est en effet en contact avec les cercles et les associations littéraires de la capitale. Introduit par son cousin Paul Kervan, collaborateur de Fantômas, il hante le théâtre de Toone, alors abrité au Lievekenshoek, place de la Chapelle, où officie le poète André Léger.

UNE MODE INÉDITE

Il fréquente assidûment le Grenier aux Chansons de Jane Tony, qui accueille au Marché aux Peaux des après-midis littéraires où les plus grands poètes belges confrontent leurs oeuvres. Il organise des expositions de reliure au cabaret de l'Image Nostre-Dame, impasse des Cadeaux, et hante en habitué la Fleur en Papier Doré, rue des Alexiens.

- La Fleur en Papier Doré avait été fondée par Gérard Van Bruaene, un grand original, poète, comédien, antiquaire, philosophe et j'en passe ! Il était également le patron du In den Hoeve, à Uccle. Comme marchand d'art, il avait vendu les premières toiles de Magritte, qui par la suite est souvent venu à la Fleur en Papier Doré avec ses amis surréalistes, Scutenaire, Marien et quelques autres. Moi, j'étais un assidu des permanences poétiques, à l'étage. Nous y avons implanté la mode du café-théâtre, alors inédite à Bruxelles.

Bien entendu, un pareil amour des lettres ne pouvait rester stérile et Emile Kesteman n'a cessé, depuis quarante ans, de publier des recueils de poèmes.

- Je ne pouvais tout de même pas exiger de mes potaches qu'ils écrivent bien sans me prêter moi-même à l'exercice !

PASCALE CARRIER

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administrateur théâtres

12272774482?profile=original« J‘voudrais pas crever avant …d’avoir goûté la saveur de la mort ! »

 

Jérôme Savary nous a présenté hier soir à l’Aula Magna de Louvain-la-Neuve un spectacle de cabaret grand format, réussi, chaleureux, drôle, incisif,  divertissant et enlevé. Aussi un rendez-vous avec l’histoire récente.  Le master of ceremonies fait revivre le Club Saint-Germain-des-prés de la fin des années ’40 et rallume les étoiles comme le conseille si vivement Guillaume  Apollinaire. C’est le personnage touchant de BORIS VIAN qui brillera toute la soirée. Jeune pour l’éternité, il est mort à 39 ans en 1959, des suites d’une fragilité cardiaque bien connue depuis sa plus tendre enfance.

 

Boris, alias Bison Ravi,  est poète, ingénieur, chanteur, trompettiste, et archétype des années 50 et du Paris de la Rive gauche. Il nous offre un univers de jazz, de poésie, de provocations,  d’insolence irrévérencieuse. Avec son complice, Henri Salvador, il fait découvrir le rock’roll aux français… une musique pourtant vieille de 50 ans en Louisiane ! Boris Vian, c’est aussi un engagement politique contre la guerre. « L’uniforme est un avant-projet de cercueil » LA CHANSON DU DÉSERTEUR, chantée par une femme, nous a inondés d’émotion. LE TANGO DES BOUCHERS DE LA VILLETTE nous farcit de répulsion. LA JAVA DES BOMBES ATOMIQUES nous arrache des rires.

 

 

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 Jérôme Savary, ne fait pas seulement revivre le poète tendre et provocateur mais aussi le Che (passage le moins réussi), Elvis Presley (puisque lui aussi est mort dans la fleur de l’âge), Les Frères Jacques (ils s’appelaient tous Jacques) Jean-Paul Partre (comme dans l’Ecume des jours ) et l’auguste Simone de Beauvoir ( Il vaut mieux boire que Beauvoir) , Roland Topor. On se retrouve  33 rue Dauphine, au Tabou avec Magali, chanteuse sensuelle à la cuisse galbée qui nous chante avec brio  «  MOZART AVEC NOUS ». On a rendez-vous avec le coquelicot fané de Mouloudji et « SURABAYA JOHNNY … et moi qui t’aime tant » mené par Nina Savary la fille de Savary ! Bref, il fait revivre tout un monde de noctambules se déchaînant sur des airs de be-bop et un monde  d’empêcheurs de penser en rond.

 

Quand on est tout blasé,
Quand on a tout usé
Le vin, l'amour, les cartes
Quand on a perdu l'vice
Des bisques d'écrevisse
Des rillettes de la Sarthe
Quand la vue d'un strip-tease
Vous fait dire: "Qué Bêtise !
Vont-y trouver aut' chose"
Il reste encore un truc
Qui n'est jamais caduque
Pour voir la vie en rose

Une bonne paire de claques dans la gueule
Un bon coup d'savate dans les fesses
Un marron sur les mandibules
ça vous r'f'ra une deuxième jeunesse
Une bonne paire de claques dans la gueule
Un direct au creux d'l'estomac
Les orteils coincés sous une meules
Un coup d'pompe en plein tagada

 

 Nostalgie du sieur Jérôme, héros d’une époque révolue?  Il y a sur scène aussi, on l’oublie un peu trop,  ce merveilleux orchestre au charme cuivré qui fabrique une magie musicale délicate et envoûtante et ce clown attendrissant : Antonin Morel…12272775865?profile=original

                                                         

 

 

Boris Vian, une trompinette au paradis

De : Jérôme Savary

Avec Nina Savary, Jérôme Savary, Antonin Maurel, Marco Oranje, Sabine Leroc, Les Franciscains Hot Stompers
Direction musicale et piano : Philippe Rosengoltz
Deux soirées de réveillon dans une ambiance de folie créatrice ! 18h30 – 21h

Un spectacle présenté par Atelier Théâtre Actuel en accord avec La Compagnie Jérôme Savary.

Lieu : Aula Magna
Dates : du 28 au 31 décembre 2011
Durée : 1h40
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http://www.atjv.be/

 

 

 

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administrateur théâtres

 

12272774680?profile=originalMy name is Billie Holiday  de et avec Viktor Lazlo

 

« La tristesse est là, désormais inséparable de la chanteuse ; on entend à chaque pause de la voix, dans les plis de la mélodie, un à quoi bon ? lancinant, le pourquoi pas ? d’une inquiétude sourde ; on devine ses yeux fermés sur un pleur intérieur, sa tête un peu penchée de côté, comme tendue vers une autre voix mystérieuse, ses mains enserrant le micro, tremblant imperceptiblement. On entre dans sa mélancolie comme y entrent ses partenaires, respectueux de ce qu’ils sentent en elle de vulnérabilité et de douleur profonde, et lui faisant écho sobrement. Ce n’est pas encore la détresse ; une lassitude plutôt, la volupté du laisser-faire, une sorte de nostalgie envahissante contre laquelle on sait qu’on ne peut rien - que pleurer. Elle chante, car elle a ce don bouleversant, cette capacité à transformer les larmes en notes de musique et à égrener ses sanglots en arpèges. »

Les Chants de l’aube de Lady Day

Danièle Robert

 

Au Public en cette fin d’année 2011, un spectacle de fête et d’émotion, pour les yeux et les oreilles, célèbre une voix légendaire, celle de la  chanteuse américaine Billie Holiday. Malgré une vie traumatisante dès la prime enfance, l’absence du père (Clarence Holiday, 17 ans), la débrouille forcée de la mère (Sadie Fagan, 13ans), des violences répétées tout au long de sa vie et la déchéance dans laquelle elle sombre à cause de l’alcool et les drogues, elle sera une diva fascinante et une figure unique dans l’histoire du jazz. « Ma mère m’a aimée dès qu’elle senti un coup de pied dans son ventre alors qu’elle frottait par terre. » « Ma mère était mon grand amour, c’était mon mac ». A propos de Clarence : « Some day he will come along. I’ll do my best to make him stay ». Question universelle :  Pourquoi les enfants maltraités aiment-ils toujours leurs tortionnaires ? 1936, Billie  a 21 ans : «You go to my head   and you linger like a haunting refrain, And I find you spinning 'round in my brain Like the bubbles in a glass of champagne. » «Though I'm certain that this heart of mine Hasn't a ghost of a chance In this crazy romance You go to my head, you go to my head»

 

  Entourée par quatre musiciens de jazz très attachants et complices, Viktor Laszlo nous offre sa voix troublante, sa démarche de reine, ses postures sensuelles, son mystère pour conter, chanter et incarner la résilience de l’exceptionnelle chanteuse. « Comment est-ce possible d’arriver si loin et de se détruire autant ? ».  Viktor Laszlo use de tout son charme pour adapter les chansons de la diva noire et dialogue  même de temps en temps avec elle grâce à la fée vidéo. Parfois on peut les imaginer en duo, à moins que Viktor Laszlo, perchée sur un tabouret ne refasse en solo la bande son d’un document du siècle dernier. Comme Billie Holiday, sa voix est déchirée et déchirante, le rythme est fait de ce swing si particulier alternant avec une mélancolie profonde et très intime.

Le pianiste égrène des notes perlées, ce sont des perles de sang pour la chanson la plus poignante :  Strange Fruit en hommage aux noirs punis par pendaison. Difficile de retenir ses larmes.  You’ve changed, Don’t explain, Fine and mellow…. Love for sale, Summertime, Georgia … , ces chansons  nous plongent dans l’émotion et le vécu tragique  de l’artiste. Toutes les chansons sont aimablement  traduites en français dans le programme mais tout  le charme est dans la version originale qui remue le cœur et le corps tout entier. On est sous le charme de deux femmes qui se sont rejointes par la poésie et la musique pour traduire la colère, le désespoir et la folie de l’amour. Il n’y a pas de plus beau cadeau pour fêter la fin de 2011 et faire un retour inoubliable sur une des richesses du 20e siècle.

 

 

Southern trees bear a strange fruit
Blood on the leaves and blood at the root
Black body swinging in the Southern breeze
Strange fruit hanging from the poplar trees

Les arbres du Sud portent un étrange fruit,
Du sang sur les feuilles et du sang aux racines,
Un corps noir qui se balance dans la brise du Sud,
Étrange fruit suspendu aux peupliers.

Pastoral scene of the gallant South,
The bulging eyes and the twisted mouth,
Scent of magnolia sweet and fresh,
Then the sudden smell of burning flesh!

Scène pastorale du valeureux Sud,
Les yeux exorbités et la bouche tordue,
Parfum de magnolia doux et frais,
Puis l'odeur soudaine de chair brûlée !

Here is fruit for the crows to pluck,
For the rain to gather, for the wind to suck,
For the sun to rot, for the trees to drop,
Here is a strange and bitter crop.

C'est un fruit que les corbeaux cueillent, 
rassemblé par la pluie, aspiré par le vent,
Pourri par le soleil, laché par les arbres,
C'est là une étrange et amère récolte.
 
 
 
 

Spectacle musical

MY NAME IS BILLIE HOLIDAY

de et avec VIKTOR LAZLO
avec Viktor Lazlo (chant et narration), Michel Bisceglia (piano et direction musicale), Werner Lauscher (contrebasse), Marc Lehan (drums), Nicolas Kummert (saxophones)

DU 13/12/11 AU 07/01/12

Réveillon de Nouvel An au théâtre


Réveillon de Nouvel An au théâtre 

31 décembre 2011,

une soirée chaleureuse pour

les amoureux de théâtre !

 

Commencez votre soirée dans des bulles de champagne,

assistez ensuite, à 21h00, à une représentation de votre choix…

 

Georges Dandin in Afrika d’après Molière

Quand j’avais 5 ans je m’ai tué d’Howard Buten

My name is Billie Holiday  de et avec Viktor Lazlo

 

La place de spectacle et la coupe de champagne au Public pour 35€

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administrateur théâtres

Bernard Foccroulle

Mardi 20.12.2011 20:00

Cathédrale St-Michel

Bernard Foccroulle, orgue

Georg Böhm Praeludium in d, Vater unser im Himmelreich, Partite diverse sopra "Wer nur den lieben Gott läst walten", Christ lag in Todesbanden
Johann Sebastian Bach Praeludium & Fuge, BWV 549a, Partite diverse sopra "O Gott, du frommer Gott", BWV 767, Fantasia sopra "Christ lag in Todesbanden", BWV 718, Passacaglia & Fuge, BWV 582

 

 

12272778081?profile=originalotre compatriote Bernard Foccroulle, organiste prestigieux qui a dirigé le théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles entre 1992 et 2007 dirige maintenant le festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence, qui a réuni plus de 60.000 spectateurs en 2010. En cadeau de Noël il nous a offert ce 20 décembre un programme exceptionnel consacré à Georg Böhm et à Jean-Sébastien  Bach dans la cathédrale Saint-Michel à  Bruxelles.

Jean-Sébastien Bach vécut dans sa jeunesse à Ohrdruf  où Georg Böhm, de 24 ans son aîné, fit de brillantes études.  On raconte qu’en 1700 Bach, alors âgé de 15 ans, parcourut près de 300 kilomètres à pied pour rejoindre Georg Böhm à Lunebourg. Bach y passa avec lui trois années déterminantes d’apprentissage musical. Nous avons eu l’occasion de découvrir l’étendue du talent de  Böhm, fait d’intériorité, d’austérité, de clarté  et de profondeur.  Le recueillement de l’assemblée est total. Entre chaque pilier de la cathédrale on aperçoit les lumières scintillantes des crèches du monde. C’est un mode d’espérance que souligne « le prélude en ré mineur ». Après la dévotion humble  du  « Vater unser in Himmelreich » on est happé par le rythme joyeux et festif de «Wer nur den lieben Gott lässt walten ». « Christ lag in Todesbanden », par contre, nous plonge  dans une atmosphère méditative et lourde qui s’ouvre finalement sur la sérénité car la musique de Böhm donne l’impression d’un ruissellement divin d’une grande fraîcheur  jusqu’à  la pure exultation des dernières notes.

Mais voici Bach. Avec la perception nette de croisements de plusieurs voix comme dans un chœur. Le  « prélude et fugue en ré mineur » donne l’impression d’une immense profondeur de champ. On se trouve au milieu d’une forêt de sonorités en mille et unes tranches. Exubérance, richesse, on est emporté par la fugue joyeuse pour s’arrêter sur des accords pleins de majesté en finale. « O Gott, du frommer Gott » BWV 767 commence avec les légers souffles de l’orgue conversant avec les trompettes. Des salves d’échos se perdent dans l’immensité de la cathédrale ou peut-être de l’univers. Il y a une grande justesse des sons, une fluidité émouvante, qui s’évanouit soudain  sur une dernière longue vibration.  Voici le même titre que celui de Böhm,  « Christ lag in Todesbanden » BWV 718, qui commence comme uns longue marche lente  respirant la  dignité. La musique nous entraînerait bien à muser mentalement  cette œuvre  que l’on découvre, mais sans beaucoup se tromper tant le dialogue entre ce que l’on croit être la main gauche et la trompette est du plus pur naturel. Une musique qui coule de source ! La limpidité des deux mélodies qui se répondent se termine sur une grande note tenue. Et de se laisser entraîner dans le courant.  Elles laissent maintenant  la place à un monologue un peu sombre repris par la libération joyeuse de flûtes. Le thème est répété avec bonheur par une foule d’instruments et en divers modes. Altos, sopranos, notes profondes de violoncelles…  A  la fin on croit entendre un hautbois dont il sortirait une lumière tamisée et douce. La conclusion est un bouquet victorieux  façon grandes orgues nuptiales.

Quant au dernier morceau, la passacaille BWV582, il nous envole dans la fantaisie et la jubilation. Un moment bouillonnant d’énergie et de virtuosité. La musique explore le mystère. Et si la musique était une pierre, ce serait un diamant étincelant. On se laisse prendre par cette dernière suite  ascensionnelle et resplendissante, car on ne suit plus. Homme tu es si petit!

http://www.bozar.be/activity.php?id=11072&selectiondate=2011-12-20

 

 

document:

Dans la fantaisie sur le choral de Pâques

Christ lag in Todesbanden BWV 718, la dialectique mort/résurrection est clairement traduite par l’opposition entre la première et la deuxième partie. Pour évoquer la mort du Christ (et plus précisément pour fi gurer la mise au tombeau ?), Bach commence par faire entendre un motif descendant, lent et douloureux, qui accompagne la mélodie du choral qui est ornée de manière très expressive. Puis sur les mots « Des wir sollen fröhlich sein » (c’est pourquoi nous nous réjouirons), le tempo devient rapide, l’écriture mélodique ascendante. Le verset « Nous louerons Dieu et lui serons reconnaissants » est traité à la manière d’une gigue ; « Et nous chanterons Alleluia » donne lieu à un dialogue animé et joyeux entre les deux claviers, un dialogue en écho qui rappelle la fantaisie sur le même choral composée par Tunder. La coda fait entendre trois fois le thème du choral correspondant au mot « Alleluia », dans une atmosphère jubilatoire.

 

La Passacaille en ut mineur BWV 582 est un autre monument insurpassé. On sait que le jeune

Bach copia la Passacaille et les deux Chaconnes de Buxtehude. Chacune de ces trois pièces a

laissé des traces très nettes dans cette grande Passacaille où Bach, sans jamais s’écarter de la

tonalité d’ut mineur, fait preuve d’une science accomplie dans la progression de la forme, le

travail des motifs, le modelé de la texture polyphonique. Bach rejoint ici la tradition médiévale

de l’oeuvre musicale conçue comme refl et de la perfection de la Création. La musique est

discours, certes, mais ici elle se rapproche davantage de l’architecture : chaque détail nourrit

la forme globale, chaque variation est un microcosme qui contient en puissance la matière de

l’ensemble, de la même manière que l’oeuvre elle-même renvoie à un macrocosme qui nous

dépasse infiniment.

Bernard FOCCROULLE

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administrateur théâtres

A Ceux d'Arbre et Lettres

                                                                                           Toi,

     mon

     ami Qu'en

      dis-tu si, pour

       Noël, je fais

      un bel arbre dans

        mon cœur ?

         Au lieu des cadeaux, j’accro-

     -cherai le nom de tous

     mes amis. Les amis loin-

      -tains et proches, les vieux et

   les nouveaux,

     Ceux que je vois chaque jour

      Et ceux que je vois rarement.

    Ceux qui parfois sont oubliés,
       les constants et
 les  intermittents,
Ceux des heures difficiles et ceux des heures gaies,
Ceux qui sans le vouloir m'ont fait de la peine
Ceux que je connais profondément,
Ceux dont je ne connais que les apparences,
Ceux que j’ai pu aider et ceux auxquels je dois beaucoup,

 Ceux d'arts et florilèges. Ceux d'Arbre et Lettres. Ceux dont je me souviens encore,

 les noms de tous ceux qui sont déjà passés dans ma vie. Un arbre avec des racines très    très profondes
Pour que leurs noms ne sortent jamais de mon cœur,   . . . Un  arbre  aux  branches    très,

très grandes

Pour que les nouveaux noms venus du monde entier

                                                    se joignent à ceux qui existent déjà.


       Un arbre avec

       une ombre

très douce  et agréable afin que notre amitié
Soit un éclat de joie à travers les épines de la vie.

Joyeuses fêtes à toi, je te lance ces paillettes qui se collent toujours partout. 

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administrateur théâtres

"La fin du monde" de Sacha Guitry (Comédie Claude Volter)

La fin du monde  de Sacha Guitry Comédie Claude Volter

 

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                                             Après nous…

Un toast à l’argent,

Le suprême agent,

Dit le Titan de la banque,

La richesse est tout,

Retournons l’atout,

Ce n’est pas l’enjeu qui manque.

Pressons si fort

Qu’en moelle d’or

Tout fonde,

Crédit, journaux,

Chemins et canaux,

Terre, onde.

Saignons sur bilan,

L’avenir à blanc.

Après nous la fin du monde ! 

                        (Paris, 1871.)

 

Sautez dans votre calèche ou votre fiacre, et demandez le château de Troarn. Chambres d’hôte de charme aux noms prestigieux : Charles IX (bof), Voltaire (piquant), Charlotte Corday (sans la baignoire) ….  Mais c’est surtout l’esprit et  la conversation avec le maître des lieux qui vaudra la promenade.  Une langue magnifique, des intonations princières,  dans un décor en décrépitude il est vrai, mais ô combien chargé d’histoire. On inviterait bien le capitaine Fracasse ! Le duc désargenté est un partenaire de choix pour se gausser de l’administration, du fisc, des huissiers et autres notaires dévoreurs de votre bel argent. Toute sa personne trônant sur un escalier horriblement kitsch nous offre des moments théâtraux  délectables qui dépeignent la fin d’un monde. « On ne saisit pas le Duc de Troarn ! » « Je vais être assiégé par la troisième république ! »

 

  Un seigneur sans le sou et que l’on va bientôt mettre à la porte du château de ses ancêtres, à moins que suivant l’idée géniale d’un sien cousin et prince d’église, il ne fasse chambres d’hôtes! Il en profitera pour retrouver le goût de la farce et pimenter l’affaire.  Dans cette pièce de Sacha Guitry,  on ne retrouvera pas les   mille et un traits acérés du misogyne qui s’offrit … cinq épouses car il écrivit cette pièce en  réponse spirituelle aux instances qui le pourchassaient de leur courroux pour des questions de cassette plus que de conquêtes féminines.  

 

 Bonheur désuet : les personnages sont une palette d’individus tous mieux campés les uns que les autres. L’huissier, Maître Charognard, ex-maître d’hôtel de la princesse de Monaco, ne manque pas d’allure. C’est un ahurissant Gérald Wauthia. Sa gestuelle est assurément croquée sur les  meilleurs sketchs de l’illustre  Honoré Daumier.

 

Monseigneur Le Landier, à l’embonpoint révélateur,  fort sensible aux histoires de soubrettes,  n’est pas en reste : sa robe violette et ses manières onctueuses ont de quoi faire rire à larges rasades. Il est passé maître en mensonges pieux, bien sûr ! Le Duc de Troarn, autrement dit Gibelin de père en fils, est une statue de bonne humeur qui pourfend morosité et hypocrisies de tout poil. Il résiste à tout : aux femmes surtout. Sa cousine, la marquise d’Aumont de Chambley,  sa fidèle vieille bonne revêche et amoureuse, Amélie, jouée à l’époque par Pauline Carton, et, of course, Adèle Pégrilleux, la riche héritière qui l’aime à la folie. Vierge rébarbative, diplômée et musicienne, elle lui résoudrait  tous ses problèmes d’argent s’il consentait à l’épouser sur les conseils de son avisée cousine.  La Marquise : « Comment vivez-vous ? Le Duc : Je vis le mieux du monde ! Avez-vous vu mon potager ? Et mes poules, les avez-vous comptées ? J'en ai deux cents…» Il ajoute froidement : « D’un parc j’ai fait un bois, d’un monsieur j’ai fait un homme ! » Vous appelez cela un discours réactionnaire? Il est libre, Gibelin,  et ne boude pas son plaisir! L’argent le fait …rire! 

 

Par contre, Mademoiselle  Mimosa qui  joue la femme sublime a de quoi réveiller le gentleman qui s’était retiré du monde finissant. Le Duc : «  Une femme - mais c'est toujours quelque chose. Et si vous n'êtes pas autre chose qu'une femme, tant mieux. C'est encore plus beau …Vous dites « pas grand'chose » quand vous avez tous les pouvoirs ! Vous pouvez faire faire un chef d'œuvre à un peintre - une bêtise à un brave homme - une folie à un banquier - vous pouvez faire commettre un crime - empêcher d'en commettre un autre - vous pouvez faire le bonheur d'un homme - le malheur de cinq ou six femmes !...Regardez donc ce que vous avez fait de moi en quelques heures !...Vous m'avez rajeuni d'un siècle ou deux. Pas grand'chose, une femme ? » Elle ressemble à s’y méprendre à celle  qui le 21 février 1935 épouse Sacha Guitry, homme de   50 ans,  de 22 ans son aîné. Il annonça leur mariage en déclarant : « J'ai le double de son âge, il est donc juste qu'elle soit ma moitié »  Tiens… une réplique de la pièce…

 

Une pièce donc, pleine de charme, d’esprit et de bonne humeur. Le choix des acteurs pour ces huit personnages hauts en couleur est particulièrement heureux. On ressort donc du spectacle, les yeux rieurs et l’esprit rassasié de bonheur verbal car dans l’affaire on a eu même droit au richissime américain, un Adamson  admirablement campé par Marcel  Delval et qui ne parle pas un mot de français bien sûr mais peut s’entretenir en latin ad libitum avec le monseigneur goguenard.  

 

Mise en scène : Danielle Fire  /Décor : Christian Guilmin / Avec : Michel de Warzée, Stéphanie Moriau, Nathalie Hons, Gérard Duquet, Jacqueline Nicolas, Gérald Wautia, Marcel Delval, Xavier Percy.

                                                
 Comédie Claude Volter
Avenue des Frères Legrain 98 - 1150 Bruxelles

du 07/12/2011 au 31/12/2011

http://www.comedievolter.be/

 

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Les fêtes galantes


La Chaconne d'Arlequin de Lully

C'est un recueil poétique de Paul Verlaine (1844-1896), publié à Paris chez Lemerre en 1869. Certains poèmes avaient été auparavant publiés dans diverses revues: "Clair de lune", sous le titre de "Fêtes galantes", et "Mandoline", sous le titre de "Trumeau", dans la Gazette rimée du 20 février 1867; "A la promenade", "Dans la grotte", "les Ingénus", "A Clymène", "En sourdine", "Colloque sentimental" dans l'Artiste, le 1er juillet 1868, sous le titre collectif de "Nouvelles Fêtes galantes"; "Cortège" et "l'Amour par terre" dans la même revue, en mars 1869, sous le titre "Poésie".

 

Verlaine compose les Fêtes galantes dans les années 1866-1868, c'est-à-dire juste après la publication des Poèmes saturniens. Tout comme le précédent, ce recueil, édité à compte d'auteur, n'éveille aucun écho. Rimbaud le lit toutefois à Charleville et écrit à Georges Izambard, le 25 août 1870: "J'ai les Fêtes galantes [...]. C'est fort bizarre, très drôle; mais vraiment, c'est adorable."

 

Le recueil comprend vingt-deux poèmes de formes diverses mais tous divisés en strophes identiques, à l'exception de "l'Allée" (constitué d'un ensemble continu de quatorze alexandrins aux rimes croisées) et de "Lettre" (poème aux rimes plates composé de cinq strophes d'inégale longueur). Les titres de certains textes suggèrent, de même que celui du recueil, une atmosphère festive, par le biais d'activités, d'objets ou de personnages associés au divertissement: "Pantomime", "Cortège", "Fantoche", "Mandoline", "Colombine". Dans l'univers des Fêtes galantes règnent l'oisiveté et les plaisirs: "A la promenade", "En patinant", "En bateau", "les Indolents". Un "paysage choisi" ("Clair de lune"), soigneusement policé et artistement agencé - voir aussi "l'Allée", "Dans la grotte" - sert de cadre à ces "fêtes", "galantes" dans la mesure où - des titres tels que "Cythère", "l'Amour par terre" ou "Colloque sentimental" en témoignent - elles sont dominées par les jeux du désir et la quête du plaisir amoureux.

 

Inspiré des peintures de Watteau et de Fragonard, l'univers des Fêtes galantes rappelle, tant par ses personnages que par ses décors, celui d'un XVIIIe siècle sensuel, spirituel, libertin, ironique, élégant, désinvolte. La nature est domestiquée en parcs - pourvus d'avenues, de boulingrins, de bassins, de grottes, de pavillons et de statues - dans lesquels évoluent des figures dont les noms conventionnels évoquent les jeux de la Préciosité, par exemple Clitandre dans "Pantomime", Clymène dans "Dans la grotte" et "A Clymène", Atys, Églé et Chloris dans "En bateau", ou Tircis et Aminte dans "Mandoline".

 

Le corps est mis en représentation, paré avec artifice, grâce à des masques ("Clair de lune") ou à une mouche qui "ravive l'éclat [...] de l'oeil" ("l'Allée"). Vêtements et parures sont somptueux, destinés à solliciter les regards et à aiguiser les désirs: "Les hauts talons luttaient avec les longues jupes, / En sorte que, selon le terrain et le vent, / Parfois luisaient des bas de jambes, trop souvent / Interceptés! - Et nous aimons ce jeu de dupes" ("les Ingénus"). Raffiné, tant dans ce qu'il met en scène que dans sa facture poétique, l'art verlainien se plaît, l'exemple précédent en témoigne, à de subtils rejets qui soulignent le sens, non sans humour, et confèrent au vers une musicalité particulière. Fréquemment évoquée dans le recueil car elle fait partie de l'environnement coutumier des personnages, la musique fonde aussi le charme et l'originalité de la poésie des Fêtes galantes. Ainsi "Sur l'herbe", faisant fi de toute logique, voire du langage lui-même, mime l'euphorie d'un chant suscité par l'ivresse: "- Ma flamme... - Do, mi, sol, la, si./ [...] - Messieurs, eh bien? / - Do, mi, sol. - Hé! bonsoir, la Lune!" Ailleurs, ce sont la variété, le caractère inhabituel et la brièveté des mètres, cette dernière entraînant un retour rapide de la rime et de nombreux rejets, qui engendrent une mélodie inédite et typiquement verlainienne: "Arlequin aussi / Cet aigrefin si / Fantasque / Aux costumes fous, / Ses yeux luisant sous / Son masque" ("Colombin"). L'utilisation fréquente de l'assonance et de l'allitération contribue également à la musicalité, souvent ludique, du vers: "Et filons! - et bientôt Fanchon / Nous fleurira - quoi qu'on caquette!" ("En patinant").

 

Le comportement des personnages qui peuplent les Fêtes galantes est codé et étudié ("Avec mille façons et mille afféteries", "l'Allée"). Le paraître est savamment orchestré et appelle un décryptage sur ce théâtre - nombreuses sont d'ailleurs les références aux personnages de la commedia dell'arte - du badinage érotique: "On est puni par un regard très sec, / Lequel contraste, au demeurant, avec / La moue assez clémente de la bouche" ("A la promenade"). Toujours teinté d'un léger humour - ainsi, "un baiser sur l'extrême phalange / Du petit doigt" est une chose "immensément excessive et farouche" dans "A la promenade" -, le marivaudage se fait parfois plus audacieux, sinon parodique, par exemple lorsqu'une belle, "gantée avec art" et drapée dans sa "lourde robe" attire l'"insolent suffrage", c'est-à-dire attise le brûlant et sauvage désir de ses compagnons familiers, un singe et un négrillon. Dans "les Coquillages", le jeu de la métaphore précieuse, qui associe les coquillages d'une grotte à diverses parties du corps de l'amante, se termine par une chute où se mêlent humour, galanterie et érotisme: "Mais un, entre autres, me troubla."

 

La fantaisie du recueil, son aspect badin, voire anodin, ne sauraient masquer la présence d'une tristesse qui y imprime comme un voile permanent. Ainsi, le premier poème invite déjà à repérer un décalage ou une discordance au sein de la voix qui chante, à percevoir une détresse exprimée en sourdine derrière l'apparence: "Tout en chantant sur le mode mineur / L'amour vainqueur et la vie opportune, / Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur / Et leur chanson se mêle au clair de lune" ("Clair de lune"). Certes, l'amour et le bonheur sont offerts mais leur appropriation ne s'effectue pas pleinement. Toujours balancée au rythme d'un "souffle berceur" ("En sourdine"), soumise à des principes contradictoires et traduite volontiers par des images oxymoriques, l'expérience verlainienne ressemble à ces jets d'eau que l'on voit "sangloter d'extase" dès le poème initial.

 

Le plaisir est inséparable d'une mélancolie inspirée sans doute par la conscience du caractère provisoire et périssable de toute chose. Ainsi le décor même des Fêtes galantes paraît parfois fragile, menacé. Dans "A la promenade", par exemple, les adjectifs confèrent avec insistance au décor une inquiétante précarité - "Le ciel si pâle et les arbres si grêles" - qui le porte au bord de l'évanescence. Les derniers poèmes des Fêtes galantes confirment et aggravent cette impression d'angoisse, sensible dès "Clair de lune" et perceptible dans divers autres textes. L'"exquise mort", qui consisterait, pour les amants, à mourir d'amour ensemble, est traitée, dans "les Indolents", sur un mode franchement comique; elle ne s'accomplit pas puisque les protagonistes "Eurent l'inexpiable tort / D'ajourner une exquise mort. / Hi! hi! hi! les amants bizarres." Ce poème, iconoclaste en ce qu'il désacralise le sentiment, semble préfigurer "l'Amour par terre" qui dit peu après, sur un mode grave, la destruction de l'Amour dont "le vent de l'autre nuit a jeté bas" la statue: l'exclamation "Oh! c'est triste!" vient à deux reprises souligner le caractère douloureux du spectacle. Cette fois, le rire n'est plus de mise et tout se passe comme si l'univers des Fêtes galantes, un moment surgi du néant, des temps anciens et de l'imagination du poète, s'abolissait à tout jamais. Dans le dernier poème, "Colloque sentimental", le parc est désormais "solitaire et glacé". Les personnages ne sont plus que "deux formes" fantomatiques, "deux spectres": "Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, / Et l'on entend à peine leurs paroles." Le recueil choisit de se clore sur cette parole qui s'anéantit et sur une note désespérée: "L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir." La magie et les mirages des Fêtes galantes ne sauraient masquer, dans la poésie de Verlaine, la "voix [du] désespoir" ("En sourdine").

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administrateur théâtres

12272775258?profile=originalTo the ones I love

Sept notes? Noires, blanches?  Voilà tout ce qu’il faut pour fabriquer l’harmonie la plus pure, la plus austère et la plus éblouissante , cette musique  de Jean-Sébastien Bach, maître du recueillement. Premier cadeau de la soirée, on écoutera les yeux grands ouverts, un merveilleux florilège de ses plus beaux morceaux.

Les yeux grands ouverts, car voici une constellation de neuf notes noires en torse nus et pantalon gris perle qui voltigeront sur portées blanches, ces caissons aux arêtes vives dont la blancheur glisse sans aucun  bruit, sur un plateau éblouissant. Une page blanche, illimitée.

Au début, un premier danseur déploie un premier solo sur caisson. Surprise des figures félines effectuées dans une lenteur coulée et harmonieuse. A travers le décor sonore, Bach paraît, éteignant les bruits du monde.  La proposition est belle comme une cantate jouée dans la jungle. Salutations au soleil, esquisses guerrières, rêves de chasseurs, révoltes d’esclaves ?  Les autres danseurs réarrangent les longues banquettes et s’asseyent un à un dans une invitation à la sérénité, leurs dos magnifiques tournés vers le public, eux faisant  face à l’immensité bleue de l’écran. Cela a la beauté d’une prière. Le métissage des carnations est un appel d’émotion.   Rien que ce premier tableau est saisissant.

Magiques, trois T-Shirts rouges apparaissent sur les dos musclés, brillants d’humanité,  sculptés par des heures de danse et d’hymne à la beauté. Cependant que les autres danseurs, catapultés des quatre coins du monde,  semblent se reposer nonchalamment sur les bancs improvisés, en quête d’inspiration, de rebondissement. C’est ainsi que s’enchaînent toutes ces propositions chorégraphiques : avec spontanéité apparente et vérité profonde. Chaque danseur semble suivre une trajectoire propre et nous offrir ses rencontres éphémères et éblouissantes. Bruits du monde dans les interstices musicaux. Miroitements de couleurs de peau et de couleurs d’arc-en-ciel.

Loin de s’essayer à l’assaut du ciel,  - on a Jean-Sébastien Bach pour cela - on assiste à une communion joyeuse avec le socle de la  terre, le monde qui les entoure. Ils enlacent tour à tour la nature et leur être profond. Tout cela dans une fluidité aérienne ou liquide, un dynamisme et une précision extrêmes. Les regards intérieurs sont étincelants.  Pour le spectateur-auditeur c’est se laisser entraîner dans une authentique aventure. C’est  labourer le sol, remuer la glaise de la création, vibrer dans le plaisir du jeu des collisions souples, des  esquives, des passes esthétiques et du sourire généreux. Beauté des trios.

On se souviendra de  cette longue chaîne de bras incrustés les uns aux autres, qui évoque la solidarité. Miracle, voilà les danseurs subitement vêtus de jaune d’or, déclinés en nuances toutes différentes. Les hommes sont-ils de nouveaux insectes aux élytres d’or crépitant à la vie ? Frottements, glissements, rassemblements, la lumière blanche décroît et deux danseurs s’élancent dans une nouvelle proposition. Ces improvisations de passion, de tendresse et de charme sont méticuleusement préparées et ordonnées comme autant de fugues glissant autour des  socles de blancheur.

Et voilà les mêmes hommes soudain en T-SHIRT verts, out of the Blue, de l’olive profond au sapin,  tilleul ou menthe. L’écran lui-même devient vert. Le dernier danseur a rangé les lignes de sucre en digue continue. A perfect catwalk.  La pesanteur se fait légèreté extrême. Icare a perdu son  orgueil démesuré.  Le danseur virtuose labourera cet espace de son corps parfait comme s’il voletait à la surface de l’eau. Nul ne sait d’où vient l’esprit, si présent. La finale est un mouvement d’ensemble  parfait des neuf danseurs, un avènement, une harmonie nouvelle qui occupe tout le plateau.

Des noces terrestres ou célestes ? Nul ne sait. Les noces de la beauté musicale et de l’esthétique du corps humain en mouvement.  Hommes et femmes spectateurs sont emportés par la beauté et la vitalité du spectacle « To the ones I love ».

 

extraits:

http://www.thor.be/fr/parcours/to-the-ones-i-love-dp1

 

 Jusqu'au 22/12, 20h30 (sauf me. 19h30). Théâtre Varia, rue du Sceptre 78, 1040 Bruxelles. www.varia.be

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L’Association des Ecrivains Belges de langue française, les Editions du Tétras Lyre et la Maison Internationale de la Poésie – Arthur Haulot vous convient

le jeudi 15 décembre à 19h00

 

à la rencontre consacrée à

Tom Reisen et à la poésie luxembourgeoise francophone 

Maison des Ecrivains,
150 chaussée de Wavre – 1050 Bruxelles
Entrée libre

Accueil par Lucien Noullez, Président de la Maison Internationale de la Poésie – Arthur Haulot et par Maxime Coton, Président des éditions Tétras Lyre.

Présentation du recueil été de Tom Reisen par Maxime Coton et lecture par Tom Reisen.

Entretien autour de la poésie Luxembourgeoise par André Doms et Tom Reisen.

 

Quand : Jeudi 15 décembre à 19h00

12272776075?profile=originalOù : à la Maison des Ecrivains,
150 chaussée de Wavre – 1050 Bruxelles
Entrée libre

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administrateur théâtres

Les Concerts Brodsky (au théâtre du Grand Varia)

Les Concerts Brodsky, texte de Joseph Brodsky, composition piano de Kris Deffoort, dramaturgie et jeu Dirk Roofthooft.

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  Le plateau du Grand Varia est désert à part un piano à queue quelque peu usé, surveillé par la modernité  d’un keyboard blanc immaculé et son monitoring informatique, hautement fidèle. Kris Deffoort, jazzman hautement timide échange une bise de connivence et nombre de verres d’eau avec le lecteur-comédien qui va nous transmettre son interprétation des poèmes de Brodsky.

 

L’eau, source de vie, source d’amour ? Souvenir d’enfant ? Alors qu’un officier accompagnant le retour de guerre de son père avisait  dans leur appartement de 16 Mètres carrés, une  carafe  remplie d’eau avec un clin d’œil interrogateur ou complice. L’enfant ne répondit pas, trop occupé par l’instant présent, l’instant inoubliable de l’avènement de la paix et du retour du père  avec ses trois énormes malles chinoises. Un instantané balayé par 45 ans de vie.

 

« If you were drowning, I’d come to the rescue...” Et voilà, qu’ici ce soir, avec son jazzman s’installe soudain l’accomplissement des gestes de la  connivence. Le voilà  enfin qui répond au clin d’œil  « de l’homme de pique », si longtemps après. Où est le sens ? Est-on toujours décalé ? Pas ce soir, le canevas musical  qui se greffe sur le souffle du comédien a tout de l’improvisation réussie: dans le bon rythme, dans la complicité totale, avec l’intensité de l’émotion voulue. C’est dire que dans les moments de colère et d’épouvante, le timide pianiste qui joue en fermant les yeux, se déchaînera : debout, battant le piano de ses poings fermés, du coude, comme s’il terrassait une bête féroce. Mais au moins la rencontre y est.  

 

Poète russe jusqu'au fond des os et de nationalité américaine suite à son douloureux exil en 1972, Joseph Brodsky est un enfant du renouveau dû au dégel des années après la mort de Staline. Si on se passait ses poèmes sous le manteau en URSS, il n'était pas vraiment connu en Occident. Après la publication de ses poèmes dans les années 1960, il est arrêté et condamné en 1964 à cinq ans de travaux forcés  pour « parasitisme social » et connut les hôpitaux psychiatriques. Emigré aux Etats-Unis, accueilli par W.H.Auden, Brodsky, (prix Nobel en 1987), il avait  l’habitude de déclamer ses poèmes en public. Transparaissait alors toute la nostalgie de la Russie et la tristesse de la séparation avec sa famille qu’il ne revit jamais.


 

Le  désir du comédien Dirk Roofthoot est d’incarner tour à tour le désespoir de l’exil, la puissance de la révolte, la puissance de la mort  qui attend  l’homme inéluctablement, la suprématie du temps qui nous réduit en poussière. «  La poussière est la chair du temps : la chair et le sang… » «  Choses et gens, hurle-t-il, nous entourent et nous déchirent l’œil. Mieux vaut vivre dans le noir. » Il décrit l’automne gluant, la boue, l’hiver, la décomposition, la nature morte. « Il y a des trous dans ma poitrine et le gel s’infiltre… » Contrairement au gens,  «  les choses ne recèlent ni bien ni mal ».

 

 Et l’amour trouve si difficilement l’harmonie et la conjoncture favorable.  « Ensemble nous vivrons sur le rivage derrière une haute digue...écoutant la mer déchaînée». «Notre enfant silencieux, Anna ou Andrei, pour garder l'alphabet russe, regardera sans rien comprendre un  papillon se débattant contre la lampe quand viendra pour lui le temps de repasser la digue dans l'autre sens ». «Etre éphémère, ta vie soyeuse pèse moins que le temps, tu miroites, poudre parmi les fleurs».  

 

Des mots anglais de la  très belle ballade du début,  composée par l’immigrant russe  nous apporte l’apaisement après la  longue colère orgasmique du poète. «Des mots qui ne peuvent être prononcés que par ta voix comme avant… celle de l’amie qui ne ment pas. » La mère ? L’amante ? L’épouse?

«If you were drowning, I’d come to the rescue,
wrap you in my blanket and pour hot tea.
If I were a sheriff, I’d arrest you
and keep you in the cell under lock and key.

If you were a bird, I‘d cut a record
and listen all night long to your high-pitched trill.
If I were a sergeant, you’d be my recruit,
and boy I can assure you you’d love the drill.

If you were Chinese, I’d learn the languages,
burn a lot of incense, wear funny clothes.
If you were a mirror, I’d storm the Ladies,
give you my red lipstick and puff your nose.

If you loved volcanoes, I’d be lava
relentlessly erupting from my hidden source.
And if you were my wife, I’d be your lover
because the church is firmly against divorce. »

LOVE SONG – Joseph Brodsky

 

 

http://www.varia.be/fr/les-spectacles/les-concerts-brodsky0/

Les 7, 8 et 9 décembre 2011 à 20h30

Un spectacle de LOD en coproduction avec le Grand Théâtre de Luxembourg, deSingel (Anvers) et le centre de recherches et de formation musicales de Wallonie (Liège).

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administrateur théâtres

La revue 2012 (au théâtre Royal des Galeries)

 La revue 2012

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        Bravo ! - De tous les peuples de la Gaule,12272778072?profile=original                        les Belges sont les plus braves - 12272777675?profile=original

 

Bravo à nos amuseurs traditionnels, Richard Ruben et ses partenaires de scène pour cette revue 2012,  si légère, enlevée, rythmée, pétillante de gaité et de bons mots.

Si vous n’avez jamais été à une revue du théâtre des GALERIES, c’est l’année ou jamais pour y débarquer avec famille, amis et ennemis car ils seront tous surpris et vous en aimeront d’avantage. Lâchers de bulles de  rires garantis.  

Plaisirs des vieux ? Sûrement pas ! On se saoule de rire,  on glousse, on gronde de plaisir et ce mélange bien dosé d’autodérision, de railleries de chansonniers moqueurs fait mouche. Les chansons, ma foi, très profondes sur chorégraphies parfaites sont sans la moindre once de vulgarité. La verve et le talent de ces artistes plus mobiles que des étoiles filantes ont produit cette année un spectacle de fin d’année crépitant, énergique et artistique.

Immense escalier mythique, décors sobres et lumineux, jeux sonores bien dosés, costumes pleins de subtilité. Incontournables, les imitations de films ou de chanteurs ont fait recette. Ce produit saisonnier est un des meilleurs crus que l’on ait goûté. Très bons textes d’un humour d’excellent goût, c’est  plutôt rare dans ce genre de spectacle.  

Il faut dire que non seulement l’actualité belge si riche en rebondissements, petits pas, allers-retours, démissions,  et revirements …. mais aussi l’actualité internationale et les phénomènes de société ont été mis sous la loupe du rire. Il y avait l’embarras du choix pour déclencher  le plaisir du rire porte-bonheur.

 Sur scène: Elio Di Rupo, Yves Leterme, Alexander De Croo, Wouter Beke, Joëlle Milquet, Laurette Onkelinx, Brigitte Grouwels, Annemie Turtelboom, Le Roi, Le Prince, Charles Picqué, Wouter Beke, Didier Reinders, DSK, Anne Sinclair, Bart de Wever, Olivier Maingain, Rudy Demotte, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Michel Daerden… entre autres !

Photos : ici ! 

Cendrine Ketels, Angélique Leleux (Marine Le Pen), Bernard Lefrancq, Pierre Pigeolet, pour ne citer que les grands héros du spectacle, alternent leurs talents pour faire rire la basse-cour entière : entendez les waflambru  de tout poil! Leeuw-leeuwrico!

 

 

La Revue 2012   Du 07 décembre au 05 février 2012

La Revue 2012, avec son regard rétrospectif sur les événements de l’année, se veut rafraîchissante, pertinente, acidulée et… zwanzeuse.

Avec Richard Ruben , Bernard Lefrancq , Marc De Roy , Angélique Leleux ,

Pierre Pigeolet , Cendrine Ketels, Anne Chantraine , Véronique Lievin,

Frédéric Celini, Kylian Campbell.

Mise en scène : David Michels et Bernard Lefrancq

Décors de Francesco Deleo / Lumières de Laurent Comiant

Chorégraphies de Patricia Bonnefoy

Réalisation musicale de Bernard Wrincq

Costumes de Ludwig Moreau et Fabienne Miessen 

http://www.trg.be/Public/Page.php?ID=3330&ancestor1=3193&saison=3180                                                                                                                                   

 

La location est ouverte du mardi au samedi de 11h à 18h : 02 512 04 07

Pour la Saison 2011/2012 en pdf : cliquez ici !

 

 

 

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Quand Laurent Voulzy interpelle Jésus

Cette chanson fut commandée à Laurent Voulzy par un prêtre qui s'occupait d'adt quart monde . Il a certainement vu des horreurs qui nous auraient fait perdre la raison. Sa foi a été mise à rude épreuve, il a voulu faire part de ses interrogations. Il est décédé à ce jour.

Cette chanson très touchante est un puissant réquisitoire contre les inégalités entre les hommes dans le monde. Elle demande des explications à Jésus sur l'inexplicable. Sous ses airs très polis elle ne ménage pas le fils de Dieu en lui exprimant nos incompréhensions de notre point de vue de simples mortels.

 

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administrateur théâtres

12272773692?profile=originalL'Opéra du Pauvre

 

de Léo Ferré, par l'Ensemble Musiques Nouvelles, sous la Direction de Jean Paul Dessy

Mercredi 14.12.11  

Léo Ferré, Jean-Paul Dessy & Musiques Nouvelles

20:00  au  Cirque Royal

Organisation: 

Botanique + Le Manège.Mons

 

L'Opéra du Pauvre de Léo Ferré, ce que beaucoup considèrent comme son dernier chef-d'œuvre, est un pamphlet en faveur des forces de la Nuit, de l’imaginaire et de la subversion. 

 

 «La Nuit, soupçonnée d’avoir supprimé la Dame Ombre, est amenée devant le juge d’instruction, aux fins d’inculpation de meurtre. Elle ne peut répondre qu’en présence de son avocat, le hibou, bien sûr…

Il y a plusieurs témoins à charge qui affirment avoir vu la Dame Nuit supprimer la Dame Ombre, juste comme le soleil se couchait, entre chien et loup. L’ennui pour l’instruction est qu’on ne trouve pas la disparue – morte ou vive – et qu’on ne peut faire supporter à la Nuit que des présomptions, lourdes certes, mais insuffisantes.

Les témoins à décharge viennent, nombreux, dire tout le bien que leur fait la Dame Nuit et ce sont eux qui finalement l’emporteront au petit jour, dès que le soleil pointera et que l’ombre réapparaîtra… s’enfuyant avec eux… empaillés comme des hiboux… sur les derniers mots du Corbeau, juge et président, « cette nuit m’a fatigué, je vais me coucher».

Il baille, le greffier s’en va. Il n’a même pas la force de se lever. Et c’est la Nuit qui rentre, tirer les rideaux, en lui lançant un baiser.

L’Opéra du Pauvre, Introduction, Léo Ferré, 1983 »

 

C'est la Nuit que l'on pétrit le pain. La Nuit, sensuelle, érotique, invite à l’invention et à l’ivresse. Elle arme les assassins, fournit des alibis d’adultère, désarme les juges, emballe la vertu. Elle est la raison d’espérer de l’anarchiste et du poète; elle est un enfant qui n’a jamais connu de loi. Derrière ce conte, se dissimule une critique acerbe du pouvoir en général, de la justice et de l'état en particulier. Chaque personnage prend alors une autre dimension et on comprend beaucoup mieux pourquoi il faut défendre la nuit. L'imagerie poétique en éclairage du monde. Et comme si ca ne suffisait pas, Léo Ferré se fend de pièces aux violons, d'envolées jazz et autres petits délires musicaux.

À l’œuvre «totale» de Léo Ferré, répond ici un spectacle «total» qui convoque autant le théâtre, le cirque, la musique que la vidéo. Sept chanteurs-acteurs, un acrobate et douze musiciens de l’Ensemble Musiques Nouvelles nous livrent le procès intenté à la Nuit, soupçonnée d'avoir supprimé Dame Ombre. Une partition qui réalise l’alliage de la musique la plus popisante de son époque, d’un jazz plus en recherche, et de la grande musique classique du début du XXe siècle. 
Un moment théâtral et musical riche et onirique, un spectacle qui souhaite prendre la relève de l’engagement scénique du grand Ferré, formidable musicien, poète précurseur, libertaire. 

Par l'Ensemble Musiques Nouvelles, sous la Direction musicale : Jean Paul Dessy*. Mise en scène : Thierry Poquet.  Arrangements : Stéphane Collin. Avec Michel Hermon - Delphine Gardin - Christian Crahay  et Nathalie Cornet, Muriel Legrand, Michel Hermon, Lotfi Yahya, Thomas Dechaufour, Patrick Sourdeval.

 

 

Jean-Paul Dessy

Compositeur, violoncelliste, chef d’orchestre, directeur artistique de l’ensemble Musiques Nouvelles, Jean-Paul Dessy se concentre dans la diversité, profondément et avec jubilation. Ce qu’il nomme « l’agir du musicien » relie sans les confondre le profane et le sacré dans un voyage intime en quête d’une écoute commune et partagée. À ce jour, il a dirigé plus de 100 créations mondiales et près de 200 œuvres de musique contemporaine d’horizons multiples et diversifiés, qu’il soit à la tête de l’Orchestre de Chambre de Wallonie, à celle de l’ensemble Musiques Nouvelles, ou à sa déclinaison cross over, le Mons Orchestra qui collabore avec des artistes de la chanson, du rock et de la pop.

De Giacinto Scelsi à Horatiu Radulescu, de Pierre Bartholomée à Victor Kissine ou de Witold Lutowslaki à Astor Piazzolla, s’ouvrent encore des chemins de traverse, inattendus, investis, tout aussi vivants : Murcof, Vénus, An Pierlé, Pierre Rapsat, David Linx, DJ Olive, Scanner… Un univers en expansion, en mutation où, selon ses propres mots, la musique s’affirme « intemporaine » plus que contemporaine, car elle « se reconnaît des fraternités multiples par-delà les époques et les genres » et « peut trouver la juste sublimation du mineur par le savant »

... pourvu qu’elle « recherche l’intimité du moi, son irréductible

visage, et tente de le dire.»

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administrateur théâtres

Une séparation (au théâtre du Méridien à Boitsfort)

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Une séparation du 15/11/2011 au 10/12/2011 à 20h30

                                 au théâtre du Méridien

Face à vous un couple silencieux, assis sur deux chaises de bois quelconque. Noir complet.

Tout a changé. Elle est debout, en pleine lumière et a décidé de se séparer. Pronom réfléchi. Pas réciproque. Il y a partout des cloisons suspendues, serties dans des cadres sobres.  Ces panneaux  de papier froissé  sont marqués de profondes fissures.  Une mise en éternité ? Des lettres non écrites et chiffonnées, des vagues d’amour séchées, des  jupons superposés, les  murailles abandonnées  d'une terre  désertifiée, les manuscrits de l’amour mort ? Tout dépend de l’éclairage.Les gymnopédies de Satie s'arrêtent.

«Je me suis arrêtée comme un train qui s’arrête en rase campagne, seule, les mains vides, j’ai continué à pied ». « J’ai décidé de te quitter pendant l’heure disparue, au changement de l’heure d’été ». Il a reçu cette déclaration de désamour dans sa boîte aux lettres, un matin  où  il descendait joyeux pour relever le courrier. Et il ne s’est pas relevé. « Je t’ai quitté car nous étions devenus deux silhouettes ». Elle ne supporte pas la grisaille, l’ennui. « Peut-on être amoureux et s’ennuyer ? ». La raison pour laquelle elle l’a aimé est la même que celle pour laquelle elle l‘a quitté. Avec lui, elle marche sur un fil, juchée sur ses hauts talons, , et  tout d’un coup elle a envie de quelqu’un de protecteur, qui n’est pas lui.

« C’est vers moi que tu aurais dû courir, pas au hasard,  pour dissiper ta colère », plaide-t-il, alors qu’elle a pris sa décision sans lui en courant dans un parc. Le cœur de Paul est réfractaire au désamour. « Toutes tes justifications pour expliquer ton désamour sont malhonnêtes.» 

Mais, incapables de couper franchement, Paul et Marie  ne peuvent se retenir d’aller l’un vers l’autre.  Surtout Paul qui refuse la séparation avec énergie. Ils  s’échangeront à contrecœur, mais cœur à cœur,  lettres, cartes postales, post-its, billets, perles du souvenir, parfums du passé avec une impatience de bon augure. On oscille entre les élans, la tendresse, les reproches, les espoirs, la solitude, les déceptions  - qui sont toujours une trahison - les pleurs.  Vont-ils trouver la juste distance ? Celle qui fait durer le sentiment ? Va-t-elle se faire dévorer par son bovarysme féminin ?  Il lui a donné toutes ses billes. Elle les ramassera et les mettra dans un grand bocal à conserves. Est-ce assez ? Au moment fatidique, après des échanges profondément vrais et émouvants, elle n’entendra pas la pluie  symbolique qui tombe sur la mer, ... à cause des doubles vitrages de son hôtel.

 

Cécile Vangrieken (Marie), typiquement femme de tête et l’attachant Laurent Bonnet (Paul) échangent des  mots brûlants, bouleversants, dits avec honnêteté, tendresse, respect de l’autre… Deux comédiens avec qui l’ennui n’existe plus. Le spectateur est captivé et entend battre son cœur car l’attente du renouveau ne cesse de faire des pirouettes audacieuses sur le fil de l’amour. Une soirée qui fut un régal. 12272772053?profile=original

 

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du 15/11/2011 au 10/12/2011 à 20h30

de: Véronique Olmi
m.e.s.: Philippe Beheydt

avec:
Laurent Bonnet
Cécile Vangrieken

 

© pour les photos: Benoît Mussche

 

Visionnez la critique de l'émission 50 degrés Nord ici (de 35'03 à 39'40)

 

Théâtre du Méridien 200/202 chaussée de la Hulpe 1170 Bruxelles

 

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administrateur théâtres

L’ANGE BLEU (Henrich Mann) au théâtre Royal du Parc

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Du 24 novembre au 23 décembre 2011 et le 31 décembre 2011, à 20h15, sauf le dimanche à 15h, au Théâtre Royal du Parc. Relâche le lundi.

Première adapatation au théatre de L'ange bleu et découverte pour le public d'une atmosphère envoûtante d'un cabaret des années 30 en compagnie du professeur Raat, un vieux célibataire endurci qui va tomber follement amoureux de la célèbre chanteuse Lola-Lola et qui va renoncer à tout pour vivre sa passion. Un spectacle où se mêlent danses, chansons, cirque et théâtre.

Adaptation de Philippe Beheydt, d’après le roman d'Heinrich Mann. Avec Laura Van Maaren, Alexandre von Sivers... Mise en scène de Michel Kacenelenbogen.

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   L’ANGE BLEU, le roman d’Heinrich MANN (1871-1950), frère de Thomas MANN (1875- 1955), est noir. Le film de 1929 de Josef von Sternberg, éperdument amoureux de son actrice  Marlene Dietrich, est noir. L’adaptation faite au théâtre du Parc en 2011 joue des couleurs.

 

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                                             La cruauté y perd et pourtant notre monde actuel a de  cruelles ressemblances  avec l’époque du Black Friday. 

                                             On attendait un hommage vibrant à Marlène Dietrich, la sensuelle, la mystérieuse, l’envoûtante  femme fatale. « Ich bin von Kopf bis Fuß auf Liebe eingestellt ».  On assiste à un spectacle plutôt édulcoré,  dirigé par un maître-dompteur-magicien-directeur de spectacle, fort racoleur (Patrick BRÜLL), magnifique il est vrai, dans son rôle aux contours cyniques mais qui donne vite  un tour pathétique à l’ensemble. Le public est pris à témoin pour l'annonce de la  mort certaine du professeur angélique.

Plus que celui d’un cabaret glauque des années 1925, le décor est  celui d’un cirque. Cela a le mérite de faire vouloir revoir le film, pour son atmosphère, si différente et si troublante. Par contre, la très belle musique égrenée par une délicieuse pianiste (Sophie DEWULF) est un répertoire décalé,  tour à tour, charmant, mélancolique, poétique de  Pascal Charpentier. C'est le beau côté de cette comédie musicale.   On retient son souffle devant les jeux d’équilibriste des deux jeunes artistes de cabaret. Mais  celui que l’on préfère est à coup sûr l’ineffable Alexandre von SIVERS qui a l’air tout perdu dans ce monde de froufrous  factices et vulgaires. Dans les rôles féminins on craque pour la rutilante Madame Loyal (Pascale VYVERE) pleine de bonhommie, de capacité de rebondir et  surtout celle de nous  faire oublier la morosité ambiante.

Devenu clown grotesque pour les beaux yeux de sa belle   -  le professeur Dr. Immanuel Rath, transformé en  « Unrat »  (ordure)  par  les quolibets irrespectueux de ses élèves incultes -, a de quoi faire frémir. Prêt à toutes les déchéances pour l’amour, il est pathétique dans son dernier solo.

 D’autres sont prêts à tout pour l’argent. « They shoot horses don’t they ? ». Même époque sans pitié.  

 

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http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2011_2012_002

 

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