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contemporaine (9)

administrateur théâtres

L a    p a i x  d e s   c h a n t s 
 
Au début étaient des champs, et au milieu : un moulin à vents. Dans la campagne verdoyante était un village rural, Ganshoren qui fournissait in illo tempore les marchés de la ville en légumes et les brasseries en houblon. La première pierre de la future Basilique Nationale du Sacré Cœur était posée le 12 octobre 1905 par le Roi Léopold II. Aujourd’hui la Basilique de Koekelberg est une œuvre composite et inachevée, posée sur ce plateau jadis agreste. Elle a accueilli ce 9 novembre 2014, date anniversaire de la chute du Mur, des chants sublimes au service de la paix. Un océan de voix pour la Paix. "1000 Voices for Peace", c’est un projet élaboré par le Festival de Flandres-Bruxelles pour commémorer la Grande Guerre. 39 ensembles de choristes, c’est-à-dire 22 chorales belges et 17 chorales issues de pays impliqués dans le premier conflit mondial se sont unis par la voix, le chant et la musique pour adresser au monde un plaidoyer ardent en faveur de la paix.
 
  La soirée du samedi 9 novembre 2014 à la Basilique, liturgie musicale grandiose, a clôturé en beauté une semaine intense de rencontres et de travail musical. Sous la direction d’Andres Mustonen, nous aurons entendu des œuvres du compositeur chinois réputé, Tan Dun, du norvégien Ola Gjeilo, de Sofia Gubaidulina, compositrice russe de tout premier plan et du belge André Devaere, jeune compositeur et musicien tombé au champ d’honneur en 1914. Les concerts étaient ponctués de récitations d’œuvres poétiques universelles et d’extraits de journaux intimes datant de la Première Guerre mondiale. On retiendra en particulier la performance de la récitante au profil inoubliable: Isnelle Da Silveira.
 
Profitant de sa connexion en temps réel avec la station spatiale internationale ISS, le Festival de Flandres-Bruxelles a voulu démontrer qu’il se tournait résolument vers l’avenir. Par l’intermédiaire d’écrans disposés partout dans une basilique « full house » nous avons capté un message de paix envoyé par les astronautes Alexander Gerst, Max Surayev et Reid Wiseman du European Space Agency (ESA). Un clin d’œil de l’espace pour souligner l’urgence de la démarche, alors que les convulsions des crises économiques et sociales du monde se font aujourd’hui tellement douloureuses!

Herman Van Rompuy lui-même a pris la parole devant Sa Majesté le Roi Philippe et la Reine Mathilde pour réitérer les principes d’une paix durable auxquels il n’a jamais cessé de souscrire durant sa Présidence européenne depuis 5 ans. L’Union Européenne n’a-t-elle pas reçu un très bel encouragement avec le Prix Nobel de la Paix 2012 « pour avoir contribué pendant plus de six décennies à promouvoir la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l'Homme en Europe», les pays membres renonçant sincèrement à leurs hostilités passées. Profitons pour rappeler haut et fort que la cheville ouvrière de la paix, c’est avant tout l’Art et la Culture.

L’œuvre maîtresse de ce concert est le "Dies Illa" de Krzysztof Penderecki - en première mondiale et joué en présence du compositeur. Elle a été choisie pour symboliser haut et fort le message d’ESPOIR collectif de « 1000 Voices for Peace ». Cet espoir est indispensable si nous entendons bâtir la paix et œuvrer à un savoir-vivre ensemble pacifique. L’art n’est-il pas un rempart contre la guerre et la violence?  Penderecki dédie son œuvre à toutes les victimes de la Première Guerre mondiale. Il souligne que cette musique inhabituelle et fantastique a un pied dans la musique classique et un autre dans la musique contemporaine. « La voix humaine est sollicitée d’une manière très particulière. Cela va des sonorités écrasantes et massives aux murmures à peine audibles, au brouhaha, aux bavardages… » Des instruments tels que tuba phone, glockenspiel, xylophone, vibraphone, cloche tubulaire complétaient les pupitres habituels de l’orchestre. Dans l’enceinte de cette basilique, pleine à craquer, qui pourtant est réputée pour une acoustique très médiocre, le résultat phonique était hallucinant. Pour qui eu la chance ce vivre cet événement exceptionnel... le souvenir ne s'effacera pas de si tôt et en se promenant sur les ondes radiophoniques  flamandes le  mardi 11 novembre dans la soirée, on aura revécu cet immense événement avec le même bouleversement. 
 
 

La direction musicale (choeurs et orchestre) revenait au violoniste estonien Andres Mustonen. L’Orchestre, le Brussels Philharmonic, occupait la croisée surélevée de la Basilique, les groupes de chanteurs disposés jusqu’au fond du Chœur et apparaissant en finale aussi à tous les balcons des étages. Le tout épicé par les articulations caméras gourmandes des chaînes de télévision, ce spectacle inédit avait quelque chose d’extra-terrestre. Savants jeux de lumière, solennité et fracas symbolisant la paix et la guerre, le spectateur est ressorti de cette expérience inoubliable, totalement abasourdi par l’ampleur et la qualité de l’entreprise. On a remis les pieds sur terre en rencontrant la très charmante musicienne et musicologue Cindy Castillo qui tenait les orgues! Les différents participants ont tous répété chez eux avant de participer aux deux seules répétions générales qui ont eu lieu la semaine dernière, nous a confirmé Michel Jakobiec chef de l’ensemble vocal du Conservatoire de Tournai.


 
 
Solistes: Agnieszka Rehlis, Johanna Rusanen, Nikolay Didenko
Actrice: Isnelle Da Silveira
Organiste: Cindy Castillo
Violoncelliste: Luc Tooten
Recorder solist: Felix Casaer
Étudiante Colom: Clélia Twagirayesu
Présentateur: Laurent Graulus

LE PROGRAMME:


Tan Dun, Hero Concerto, VIII “Sorrow in the Desert”
Ola Gjeilo, Sunrise Mass III “The City”

Hymne Catalan, El cant dell Ocells
Sofie Gubaidulina, The rider on the white horse

Andre Devaere, Preludium en fugue, preludium
Krzysztof Penderecki, Dies Illa pour 3 solistes, 3 chorales mixte et orchestre.
Une commande du Festival de Flandre Bruxelles, avec le soutien de l’Institut Polonais à Bruxelles (service culturel de l’ambassade de la République de Pologne à Bruxelles).


LES  39 CHORALES:
Chœur de l’Université Gand, Chœur féminin Makeblijde (Zele), In Dulci Jubilo (Saint-Nicolas), Chœur de chambre Furiant (Gent), Ensemble vocal féminin Arabesk (Gand), Con Cuore (Waregem), Chœur de chambre yprois (Ypres), Cantores (Bruges), Chorale universitaire de Louvain (Leuven), Chœur de chambre Octopus (Anvers), Chœur de jeunes Villanella (Laakdal), Helicon (Lierre), Chorale Don Bosco (Hoboken), Chœur de la cathédrale de Hasselt, Ensemble Mantelius (Kuringen), Amabile (Neerpelt), Sing-in BOZAR (Bruxelles), Colom (Chœur d’Athénée Royal de Koekelberg), Café Latte (Chœur VUB), La Villanelle (Waterloo), Ensemble vocal du Conservatoire de Tournai (Tournai).


Brighton Secondary School Vocal Ensemble (Australie), Hart House Chorus (Canada), Treenighedskirkens Drengekor (Danemark), Junges Vokalensemble Hannover (Allemagne), Voces Musicales (Estonie), BA Voice Choir and Dance, University of Limerick (Irlande), Zvjezdice (Croatie), Choeur féminin BALTA (Lettonie), Suanplu Chorus (Thaïlande), Lautitia (Hongrie), Amadeus Chamber Choir (Malte), Medici Cantantes (Pologne), Canzona Neosolium (Slovaquie), Chœur d’étudiants d’Amsterdam (Pays Bas), Senior Chamber Choir of Hereford Cathedral School(UK), Lycée Aline Mayrisch Choir (Luxembourg) Nagaland Singing Ambassadors (Inde).

http://www.ganshorenmonvillage.org/
http://www.brusselsphilharmonic.be/orkest/over-het-orkest/
http://www.1000voices.be/nl/de-artiesten/

Pour réécouter ce concert:

CANVAS: 11/11/2014 - 15:00 | 15/11/2014 - 14:00 |
16/11/2014: 13:45

KLARA: 11/11/2014 - 20/00

MUSIQ'3: 20/11/2014 - 19:00

- - - LES PHOTOS  utilisées dans cet article sont le crédit de  Sander Buyck  que nous prenons la peine de remercier très chaleureusement. - - -

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Recours au Poème, revue de poésie contemporaine

Je tiens beaucoup à signaler ce lien d'une revue en ligne qui constitue une somme incroyable de réflexions sur la Poésie, recensions, textes inédits, actualité commentée d'autres revues (papier-on line), avis des plus autorisés d'écrivains et critiques à propos de ce qui s'écrit aujourd'hui.

http://www.recoursaupoeme.fr/Rubrique/poesie_contemporaine

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administrateur théâtres

                                                                        4208525301.jpgConcours Reine Elisabeth 2013  Rencontre avec  le compositeur Michel Petrossian, Grand Prix International Reine Elisabeth de Composition 2012 
 
Bruxelles, 27 mai 2013. Michel Petrossian: on l’a reconnu à son sourire, son foulard et ses lunettes de cinéaste bien connu. Il quittait hier soir  la salle du palais des Beaux-Arts où s’était donnée la première mondiale publique de son œuvre. « In the wake of Ea » venait d’être interprétée tour à tour par les deux premières finalistes du Concours Musical reine Elisabeth 2013 : la Russe Tatiana Chernichka  et  la Chinoise Zhang Zuo. On sait de lui qu’il a  étudié la composition, le contrepoint et l'harmonie après des études de violoncelle et de guitare. En 1997 il a suivi des cours d’analyse, d’orchestration, de musique et d’ethnomusicologie de l'Inde. Soucieux de faire connaître la musique de son temps, il fonde en décembre 1998, avec le compositeur Jérôme Combier, l'Ensemble Cairn. Du nom de ces petits amas de pierres que l’on trouve en montagne et qui servent de repère aux autres promeneurs qui y ajoutent chaque fois une nouvelle contribution. Michel Petrossian, (dont la racine est le mot Pierre) est arménien d’origine et  s'est intéressé  passionnément aux textes bibliques et aux langues anciennes, sémitiques en particulier - hébreu, ougaritique, araméen et akkadien. Il   a obtenu également une licence de théologie. Il enseigne à l'Ecole des Langues et des Civilisations Anciennes et à Paris IV La Sorbonne. Il entreprend actuellement une synthèse à partir de sa double compétence philologique et musicale afin d'articuler une écriture vocale qui renoue, « dans une démarche consciente de l'histoire, avec des traditions anciennes où le son et le sens sont articulés ensemble dans une relation inextricable avec le transcendant. »
 La phrase écrite en exergue du programme du concours par la reine Fabiola prend ici tout son sens : « La musique nous conduit vers une ‘commune union’ de passionnés de toutes conditions, races, et cultures – ceux d’aujourd’hui et, espérons-le aussi de demain. La musique touche le cœur par les sens.» L’Essence ? «  Elle traverse le temps sans jamais cesser de pointer vers ce qui la transcende et ce qui est au-delà de l’espace et du temps. » Si ces objectifs ont été inscrits dans le  concerto qui vient d’être primé par le Grand Prix International Reine Elisabeth de Composition 2012, les candidats qui ont dû s’y atteler pour le découvrir, l’étudier et l’interpréter en huit petits jours, isolés à la Chapelle Musicale sans aide ni contact avec l’extérieur,  auront eu fort à faire pour venir à bout de cette œuvre périlleuse! Non seulement les candidats doivent jouer une œuvre dont le jury suit la partition des yeux pendant la performance, - et il ne s’agit point d’un anglicisme -  mais leur appréhension profonde de la musique est elle-même en jeu et sondée par le jury prestigieux. Il s’agit de comprendre une langue, celle de la musique, par ailleurs,  universelle qui  ouvre la porte sur l’essentiel. La porte est grande ouverte sur la créativité, certes, mais cette porte est à la fois très étroite, car il faut passer par la difficulté extrême  de la partition et ne pas sauter la moindre mesure. Seront « grâciés » ceux qui en dehors d’une technique parfaite auront su accéder à l’interprétation profonde du texte. En parlant de « grâce » Michel Petrossian admet que c’en est une extraordinaire, que de se trouver joué 12 fois d’affilée par la jeunesse la plus talentueuse du monde, aux côtés de compositeurs comme Haydn, Beethoven et Tchaïkovski pour ne parler que des compositeurs de ce soir.
La  recherche et la complexité sonore de l’orchestre est évidente.  Nous  avons demandé à Michel Petrossian comment le rôle de soliste pouvait être appréhendé dans ces conditions, puisque le piano doit vraiment se glisser dans de minces interstices laissés par l’orchestre. Il  y a bien deux petits solos, vers la fin de l’œuvre, mais  ce n’est pas cela l’important, réplique-t-il. L’important et le compliqué à la fois est d’être le lien et d’irradier vers les autres pour mettre les autres instruments en valeur, faire vivre ou revivre leur humanité. Construire l’éternité d’un dialogue incessant. Au cœur d’une bruissante  tour de Babel ? Babel, la porte des dieux ? Vieux rêve! Souvenirs aquatiques d’un croissant fertile à la verte nature. Le piano qui déjà est le roi des instruments par sa nature orchestrale doit avoir la grâce  de se glisser humblement dans l’ensemble, avec les autres et pas par-dessus les autres. Belle leçon de  vie et de solidarité. Le pianiste a pour fonction de faire naître l’esprit musical entre les différents instruments grâce à un éventail de techniques pianistiques en renaissance constante.
On retrouve dans cette pièce une diversité étonnante d’instruments parmi les  percussions et les cuivres. La harpe et les cordes assurent des pulsations vitales, ou bien est-ce le piano lui-même qui par-delà l’espace-temps,  est devenu  cette quatrième corde des temps babyloniens en prise directe avec la divinité ? Car c’est cette lyre babylonienne qui est à la source de l’œuvre : « Une lyre qui se défait sous la pression du temps, et une corde au milieu qui veut maintenir la permanence, de par son lien à Ea, divinité des eaux souterraines et créateur des arts. Elle est  l’emblème de la musique babylonienne elle-même, immatérielle et ineffable, mais véhiculée par des instruments périssables et des voix qui se sont tues depuis longtemps. » Cette tension entre permanence et impermanence  est inspiratrice de l’œuvre.  Une œuvre qui réjouit l’imaginaire. Ce qui se joue en grand et en prophétique ici, c’est le même esprit poétique d’ouverture qui animait le morceau imposé de la demi-finale :  Dream  de Frederic Rzewski. « Le piano, image de la quatrième corde, vit des histoires de renaissances multiples, au rythme d’un mouvement aquatique. Tel un prophète élégant qui se meut au travers de courants fluviaux, il lutte par deux moyens (une note répétée et une phrase musicale tantôt verticalisée tantôt étalée) et en deux directions contraires à l’égard de l’orchestre : en s’opposant, et en cherchant à rallier. L’orchestre, lyre amplifiée, s’abîme dans la dispersion, mais en est empêché par le piano, corde ‘faite par Ea’, qui lui communique des élans renouvelés et maintient la volonté de permanence. La forme générale de l’œuvre procède par défragmentation, à l’image d’une civilisation qui subjugua l’Orient et dont il ne reste que quelques éclats de splendeurs découverts au gré des fouilles, sur une terre toujours agitée. »  
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"No Sport"

De et avec Stéphane Stubbé

Mise en scène : Christian Dalimier, assisté de Sophie Jallet

Du mardi 16 avril au samedi 4 mai 2013 à 20h30
relâche dimanche et lundi

 

De gauche à droite. Dommage que  la très belle  musique des interludes entre les tableaux, sortes d’improvisations très mélodieuses qui soulignent l’amour des arts de Winston Churchill, écrivain et peintre à ses heures, ne jaillissent pas du piano droit hélas  fermé, qui sert de guéridon pour  un téléphone des années 50… Continuons le travelling : un grand fauteuil grenat cachant de nombreux secrets dans ses accoudoirs. Un valet chargé de vêtements méticuleusement pliés et un rideau pudique entourant …une couche militaire? Un lit conjugal ? Non, une  surprise ! Vous avez ainsi le décor planté devant un escalier privé, l’escalier du temps qui passe…pour découvrir ensemble le jardin secret du grand Homme.  

Nous sommes à la Samaritaine, qui cette fois nous offre un décor très construit. Winston Churchill fête son non anniversaire et va nous entraîner dans une vie fabuleuse et dans une jeunesse dont aucun de nos jeunes n’a idée.  Le comédien, Stéphane Stubbé qui incarne Winston Churchill est lui-même fabuleux.  Il a écrit le texte de cette biographie passionnante et plonge parfois  avec malice dans l’uchronie, question de donner encore  plus de sel au spectacle. A vous d’être attentifs et de sourire aux supercheries.  L’auteur nous dit être tombé un jour amoureux des récits  du jeune journaliste Winston Churchill. Il avait alors 32 ans lorsqu’il décrit la féerie  d’un de ses voyages qui le mena à Mombasa, Kenya. Un choc inoubliable avec la beauté terrestre.  Ce sera le point d’orgue du spectacle. Le dernier regard en arrière avant de rejoindre son Créateur et savourer une fois encore  la beauté stupéfiante  des portes de l’Afrique :  « De tous côtés surgit une végétation humide, tumultueuse, variée. De grands arbres, des herbes hautes qui ondulent, des taches brillantes de bougainvilliers violets et au milieu de tout cela, clairsemées, parvenant à peine à maintenir la tête au-dessus du flot fertile de la nature, les maisons aux toits rouges de la ville et du port de Mombasa.»

Le regard très professionnel de Christian Dalimier, le  metteur en scène, a lissé l’ouvrage, mettant en place un spectacle captivant peuplé de grandes figures du 20e siècle, y compris Brigitte Bardot. La langue fascine, portée par une diction  aux accents vénérables d’un Jean Gabin. Intonations, gestes, mimiques dignes de Belmondo (tiens, tiens,  octogénaire lui aussi !), imitations hilarantes complètent les quinze tableaux qui amusent franchement car le comédien déploie une rare richesse scénique.  C’est une histoire  de l’Histoire qui plaît. Autant aux adultes que nous sommes, dont l’enfance est peuplée de ces mêmes souvenirs  et aux jeunes qui partent à la découverte d’une première moitié du 20e siècle faite de « blood, toil, tears and sweat …*» Une époque douloureuse mais  extraordinairement féconde, dirigée vers la  victoire des valeurs démocratiques, la création de paix et de bien-être pour tous.12272896282?profile=original

Et le titre, direz-vous… Churchill, qui avait vu ses parents mourir jeunes et craignait beaucoup la cinquantaine, eut lui,  la grâce de vivre jusqu’à 91 ans.  Interrogé par un  journaliste, non anglophone sur les raisons de sa longévité, il répondit : « No sport », « Oui, Madame ! » C’est dans le texte ! Le journaliste en question avait sans doute mal compris la réponse humoristique : « Whisky, cigars, and low sports ». Churchill considérait en effet  le sport comme essentiel à l'éducation d'un gentleman. Ainsi en  témoignent  ses nombreuses citations sur les bienfaits de l'équitation ou l'excentricité du jeu de golf. Allez voir cette pièce cousue de fidélité aux  valeurs européennes et d’humour britannique… dans la langue de Molière !

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(*du sang , du labeur, des larmes et de la sueur : une phrase prononcée par Winston Churchill le 13 mai 1940, dans son premier discours devant la Chambre des communes, après sa nomination au poste de Premier ministre du Royaume-Uni durant la Seconde Guerre mondiale.)

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administrateur théâtres

Die Deutsche Kammerphilharmonie Bremen

12272832700?profile=originalPierre-Laurent Aimard direction, piano - Tamara Stefanovich piano - Die Deutsche Kammerphilharmonie Bremen

Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour 2 pianos et orchestre, KV 365
György Ligeti, Concerto pour piano et orchestre
Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano et orchestre n° 2, op. 19

Pierre-Laurent Aimard, au piano et à la baguette avec Die Deutsche Kammerphilharmonie Bremen. La partition de Ligeti est la plus complexe qu’il ait écrite, cherchant constamment à éviter tonalité et atonalité radicale. Alors que le Deuxième Concerto de Beethoven est au contraire d’une grande limpidité et demeure encore influencée par Mozart. Mozart, dont nous entendrons le Concerto pour deux pianos pour lequel le Français retrouvera sa complice Tamara Stefanovich.

Un nom qui rime avec Guy Béart : Pierre-Laurent Aimard, et le même sourire généreux. Ce soir il a l’intention de nous faire découvrir de la musique contemporaine, celle de  György Ligeti. Cela commence par un changement scénique. Le pianiste est assis dos au public, face aux musiciens de Brême. Musica ricercata: Cantabile, molto legato de Ligeti se joue à la main gauche, avec  une évocation de l’indicatif lancinant de Radio Londres à la TSF d’alors, et à la main droite, avec  des presqu’arpèges simples et clairs et vibrants. Soudain le pianiste est debout, changé en chef d’orchestre. Cordes et vents en poupe, c’est le Concerto pour piano n°2, opus 19 de  Beethoven qui s’échappe et emplit la salle par  surprise et par jeu. Phrasés joyeux, trilles effusions de gammes courantes. Plaisir évident de la vélocité et dialogue humoristique avec une deuxième violon particulièrement fougueuse.  Pierre-Laurent Aimard dirige avec passion, reprend un instant le clavier en solo pour y faire errer sa rêverie fantaisiste et ses exercices musicaux taquins. Quelques accords orchestraux et voilà l’Allegro con brio de Beethoven achevé et  enchaîné à Ligeti. Pause : le temps que l’on se remette du choc des deux compositeurs. L’Adagio de Beethoven reprend les commandes, en livrant de sombres accents, des hautbois d’une élégance parfaite tandis que des échos du thème principal résonnent, solitaires, au piano. Les derniers accords respectueux des cordes soulignent  la mélodie avec ferveur, presque sur la pointe de l’archet. Quant au Rondo sautillant autour des puissants pizzicati des violoncelles, il virevolte sans hésitation avec des accents bien marqués, avant une ultime reprise délicate, tous les musiciens dansant,  comme sur des œufs!

Maintenant à force de grands déménagements, on reconstruit la scène : apport de batteries étincelantes et  dégagement athlétique  des podiums. On rapporte le couvercle du piano qui reprend son orientation  traditionnelle mais  plus à droite de la scène, à l’avant-plan des contrebasses et des cuivres.  Ajoutons 5 gongs en bois dignes des temples tibétains, gamelan, un triangle impressionnant et une invasion de percussions de tout poil qui occupent toute la gauche de la scène.   C’est alors que Pierre-Laurent Aimard se transforme en Jean-François Zygel pour nous expliquer mouvement par mouvement la facture du Concerto pour piano et orchestre  de Ligeti.  Il explique instrument par instrument la polyrythmie très complexe de l’œuvre, montre comment les petites séquences – sortes d’objets très simples  – s’articulent et s’agglomèrent les unes aux autres pour fournir une musique riche, contrastée et pourtant fluide. Les rythmes et les modes mineurs et majeurs se confrontent. Des couches de lignes musicales hyper actives s’enlacent, sans se toucher.  A l’entendre dans son intégralité ensuite (22 minutes), on se croira au centre d’une tour de Babel bruissante, chaotique et (divinement) organisée. Enlevez le sifflet à coulisse et la blonde  Tamara Stefanovich au clavier et cette architecture contemporaine s’effondre! Un pendant musical à l’œuvre de Joan Miro?

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 Hélas certains mélomanes ont disparu pour la deuxième partie du concert et n’ont pas pu écouter la très fine interprétation du Concerto pour deux pianos n°10 de Mozart. Deux pianos sans couvercle, décentrés sur la droite  se chevauchent tout sourires, grâce au  duo de pianistes très éloquent qui fait face à l’orchestre. Ils débordent à la fois de rigueur et d’humour, surtout en ce qui concerne l’incandescente  pianiste, Tamara Stefanovich. Elle est vive et décidée, oscille avec la mélodie, penche son visage de côté  vers son partenaire pour l’entraîner et  lui communiquer une émotion contagieuse. La deuxième violon dynamique s’amuse toujours autant, les cuivres explosent. Les contrebasses qui surplombent l’orchestre jouent aux rois mages et tout se terminera par des bravos sonnants du public et le partage des gerbéras rouges par les pianistes couronnés à chaque musicien. L’ardente deuxième violon en premier.  

http://www.kammerphilharmonie.com/en/The_Musicians.html

http://www.pierrelaurentaimard.com/schedule/Past

http://www.brusselslife.be/fr/article/pierre-laurent-aimard-bozar

http://www.bozar.be/activity.php?id=12059&selectiondate=2012-10-17

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administrateur théâtres

12272773692?profile=originalL'Opéra du Pauvre

 

de Léo Ferré, par l'Ensemble Musiques Nouvelles, sous la Direction de Jean Paul Dessy

Mercredi 14.12.11  

Léo Ferré, Jean-Paul Dessy & Musiques Nouvelles

20:00  au  Cirque Royal

Organisation: 

Botanique + Le Manège.Mons

 

L'Opéra du Pauvre de Léo Ferré, ce que beaucoup considèrent comme son dernier chef-d'œuvre, est un pamphlet en faveur des forces de la Nuit, de l’imaginaire et de la subversion. 

 

 «La Nuit, soupçonnée d’avoir supprimé la Dame Ombre, est amenée devant le juge d’instruction, aux fins d’inculpation de meurtre. Elle ne peut répondre qu’en présence de son avocat, le hibou, bien sûr…

Il y a plusieurs témoins à charge qui affirment avoir vu la Dame Nuit supprimer la Dame Ombre, juste comme le soleil se couchait, entre chien et loup. L’ennui pour l’instruction est qu’on ne trouve pas la disparue – morte ou vive – et qu’on ne peut faire supporter à la Nuit que des présomptions, lourdes certes, mais insuffisantes.

Les témoins à décharge viennent, nombreux, dire tout le bien que leur fait la Dame Nuit et ce sont eux qui finalement l’emporteront au petit jour, dès que le soleil pointera et que l’ombre réapparaîtra… s’enfuyant avec eux… empaillés comme des hiboux… sur les derniers mots du Corbeau, juge et président, « cette nuit m’a fatigué, je vais me coucher».

Il baille, le greffier s’en va. Il n’a même pas la force de se lever. Et c’est la Nuit qui rentre, tirer les rideaux, en lui lançant un baiser.

L’Opéra du Pauvre, Introduction, Léo Ferré, 1983 »

 

C'est la Nuit que l'on pétrit le pain. La Nuit, sensuelle, érotique, invite à l’invention et à l’ivresse. Elle arme les assassins, fournit des alibis d’adultère, désarme les juges, emballe la vertu. Elle est la raison d’espérer de l’anarchiste et du poète; elle est un enfant qui n’a jamais connu de loi. Derrière ce conte, se dissimule une critique acerbe du pouvoir en général, de la justice et de l'état en particulier. Chaque personnage prend alors une autre dimension et on comprend beaucoup mieux pourquoi il faut défendre la nuit. L'imagerie poétique en éclairage du monde. Et comme si ca ne suffisait pas, Léo Ferré se fend de pièces aux violons, d'envolées jazz et autres petits délires musicaux.

À l’œuvre «totale» de Léo Ferré, répond ici un spectacle «total» qui convoque autant le théâtre, le cirque, la musique que la vidéo. Sept chanteurs-acteurs, un acrobate et douze musiciens de l’Ensemble Musiques Nouvelles nous livrent le procès intenté à la Nuit, soupçonnée d'avoir supprimé Dame Ombre. Une partition qui réalise l’alliage de la musique la plus popisante de son époque, d’un jazz plus en recherche, et de la grande musique classique du début du XXe siècle. 
Un moment théâtral et musical riche et onirique, un spectacle qui souhaite prendre la relève de l’engagement scénique du grand Ferré, formidable musicien, poète précurseur, libertaire. 

Par l'Ensemble Musiques Nouvelles, sous la Direction musicale : Jean Paul Dessy*. Mise en scène : Thierry Poquet.  Arrangements : Stéphane Collin. Avec Michel Hermon - Delphine Gardin - Christian Crahay  et Nathalie Cornet, Muriel Legrand, Michel Hermon, Lotfi Yahya, Thomas Dechaufour, Patrick Sourdeval.

 

 

Jean-Paul Dessy

Compositeur, violoncelliste, chef d’orchestre, directeur artistique de l’ensemble Musiques Nouvelles, Jean-Paul Dessy se concentre dans la diversité, profondément et avec jubilation. Ce qu’il nomme « l’agir du musicien » relie sans les confondre le profane et le sacré dans un voyage intime en quête d’une écoute commune et partagée. À ce jour, il a dirigé plus de 100 créations mondiales et près de 200 œuvres de musique contemporaine d’horizons multiples et diversifiés, qu’il soit à la tête de l’Orchestre de Chambre de Wallonie, à celle de l’ensemble Musiques Nouvelles, ou à sa déclinaison cross over, le Mons Orchestra qui collabore avec des artistes de la chanson, du rock et de la pop.

De Giacinto Scelsi à Horatiu Radulescu, de Pierre Bartholomée à Victor Kissine ou de Witold Lutowslaki à Astor Piazzolla, s’ouvrent encore des chemins de traverse, inattendus, investis, tout aussi vivants : Murcof, Vénus, An Pierlé, Pierre Rapsat, David Linx, DJ Olive, Scanner… Un univers en expansion, en mutation où, selon ses propres mots, la musique s’affirme « intemporaine » plus que contemporaine, car elle « se reconnaît des fraternités multiples par-delà les époques et les genres » et « peut trouver la juste sublimation du mineur par le savant »

... pourvu qu’elle « recherche l’intimité du moi, son irréductible

visage, et tente de le dire.»

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Mort de l'Homme

 

 

 

Et où que mon regard se porte
Ce n’est que désolation
Abîmes et déraison.
Des crânes débordant d’absurdités
Des yeux qui sont en pâmoison
Sur des futilités,
Comme si le monde
Avait un jour
Lâcher la corde
Qui l’unissait au ciel,
Ultime secours.
L’homme n’aime pas l’éternel
Il sommeille, ivre de léthargie,
Gris des vins fades venus de ceps
Que Léviathan a embelli
Sarclant les pieds fragiles de ses forceps.

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administrateur théâtres

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"Désordre public" (pièce d' Evelyne de la Chenelière)

 

Désordre public ou désordre mental ?  Voici une pièce sans prétention de la canadienne Evelyne de la Chenelière, jouée avec humour, dérision, et pétillements. Les acteurs sont jeunes, dynamiques, et il y a même un surdoué. L’action se passe dans un autobus. "Max dans l’autobus", le comble de l’anti-héros, a été lâché par sa femme et son boulot. Il a perdu même sa voiture, c’est pour cela qu’il prend désormais l’autobus, et se retrouve tout-à-coup sur le pavé.

 

 Et soudain, alors qu’il commence tout doucement à ne plus se sentir exister, il perçoit les bruits des autres, les bruits d’âme et du cœur des autres passagers de la vie. Est-il en train de devenir fou, schizophrène, à devoir  ainsi  être le témoin de leurs transports intérieurs ?  Les gens anonymes qui roulent autour de nous soudain deviennent audibles. Egoïste dans l’âme, il rejette cette nouvelle faculté, sous-entendant qu’il a déjà bien assez  à faire avec ses 5 sens pour survivre. Mais il ne peut s’empêcher de parcourir ce chemin obligé de la compassion. On tombe donc avec lui dans la cour des miracles de notre société contemporaine, faite de solitude et de « foule sentimentale assoiffée d’idéal ». Il y a tous les paumés de la vie  qui se trompent de reflet dans le miroir.  Dans le kaléidoscope, on rencontre des personnages cocasses, dont l’enfant surdoué.  Mais on se serait aisément passé des allusions à la politique belge puisque tout  se passe au Québec, terre de rêve. Laissez-nous donc rêver ! …  Les allusions par contre au métier d’acteur font mouche.  On remonte dans le temps avec des chansons phares comme "Let the Sunshine in",  "Unbreak my Heart !" ," I will survive!", chorégraphiées comme au Club Med ! On invite même des spectateurs à danser. Tout cela est très peace and love. Le matériau est donc souvent décousu, hétéroclite ou expérimental, mais la vie n’est-elle pas que chaos et expérience ?

 

On retiendra en revanche le très beau monologue final de Max qui donne une certaine  profondeur humaine à la pièce. « Plus j’entends, plus je disparais. Je suis le réceptacle de tous leurs maux. On traîne tous les échos superposés de ce qui s’est dit. Je suis devenu les autres, (rires). Suis-je devenu un grand acteur, enfin ? Mais je n’ai plus de vanité. Personne ne fait le poids de centaines d’ êtres humains. Le monde m’envahit, j’entends tellement loin que je n’entends plus rien. Tout se superpose, tout s’empile pour me rendre sourd. Je ne peux plus rien dire, je n’ai plus de mots. Tous ces balbutiements… quelque chose dont je ne trouve pas le sens !  »

DESORDRE PUBLIC

d’ÉVELYNE DE LA CHENELIÈRE
Mise en scène: Olivier Coyette / avec Benjamin Boutboul, Olivier Coyette, Sophie Jonniaux, Virgile Magniette, Mirabelle Santkin et Emilienne Tempels

 

DU 16/09/11 AU 05/11/11

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=284&type=2

 

 

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