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Publications en exclusivité (3142)

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Femme objet, objet suave.

 

Profanation d’hymen la femme est le jouet,

De  pulsions  et  désirs  d’un étalon du vice,

Aux propos égrillards conduisant du fouet,

Ou  d’autres  armes  la  grâce  au  supplice.

 

Femme objet, objet suave,

Des désirs brutaux,

Femme objet, objet suave,

Des plaisirs bestiaux.

 

Âme  millénaire  cédée  aux  délices,

L’Eve romantique se métamorphose,

Brisée de subir de nombreux sévices,

Guerre lasse d’antan, La Vénus nymphose*.

 

Femme pilule, pilule liberté,

Des désirs brutaux,

Femme pilule, pilule liberté,

Des plaisirs bestiaux.

 

L’évasion est coûteuse et ruine le respect,

De  la  bienséante convention  courtoise,

En ferme les portes, conduit à l’irrespect,

Et l’étiquette au tact  fait mine narquoise.

 

Femme fatale, fatale issue,

Des désirs brutaux,

Femme fatale, fatale issue,

Des plaisirs bestiaux.

 

Les chairs se dénudent, les couches se défont,

Les mœurs se violent autant que les vierges,

Qui  se  font déflorer, novices  des  basfonds,

Grâce aux drogues du viol que le bar héberge.

 

Femme enfant, enfant souillée,

Des désirs brutaux,

Femme enfant, enfant souillée,

Des plaisirs bestiaux.

 

La  débauche  s’exhibe  au  soleil  de  la loi,

Sodome et Gomorrhe paradent au grand jour,

Débauchés, libertines ne sont plus hors-la-loi,

Les masques sont tombés pour les belles-de-jour.

 

Filles, garçons, objets de luxure,

Des désirs brutaux,

Hommes, femmes, objets de luxure,

Des plaisirs  bestiaux.

 

Trop de liberté tant nuit que trop de tutelle,

La  sexualité  et  le  plaisir  d’amour,

Sortent de la chambre, vont à la bagatelle,

Du monde en dérive qui trousse en désamour.

 

Société objet, objet suave,

Des désirs brutaux,

Société objet, objet suave,

Des plaisirs bestiaux.

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

 

 

Nymphose : métamorphose.

 

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administrateur théâtres

Les trois sœurs au théâtre Varia


D’Anton Tchekhov.
Adaptation et mise en scène de Michel Dezoteux.
Avec: Rosario Amedeo, Karim Barras, Erwin Grünspan, Blaise Ludik, Sophie Maillard, Fanny Marcq, Emilie Maquest, AntojO,Dominique Pattuelli, Julien Pillot, Achille Ridolfi, Alexandre Trocki.

www.varia.be

Un spectacle bouillonnant de vie, d’humanité et d'émois... et pourtant il n'y a pas vraiment d’intrigue! De la magie théâtrale pure et simple, mais ô combien fignolée! Le spectateur est happé du plus profond de ses affects, et hissé au-delà de son ennui. C’est que l’émotion circule dans tous les sens, le théâtre est une rotonde, les spectateurs tous invités sur scène vibrent à l’unisson avec les comédiens, cœurs déchaînés. Tous dans le même creuset. Le thème de l’ennui provincial se fond avec celui de la recherche éperdue du sens de la vie. « Quel est le sens de tout ça ? Tiens il neige, où est le sens ?» Macha : « Il me semble que l'homme doit avoir une foi, du moins en chercher une, sinon sa vie est complètement vide... Vivre et ignorer pourquoi les cigognes volent, pourquoi les enfants naissent, pourquoi il y a des étoiles dans le ciel... Il faut savoir pourquoi l'on vit, ou alors tout n'est que balivernes et foutaises. » En filigrane le pessimisme foncier de Gogol fuyant vers l’Europe en berline ressort: « On s'ennuie à se pendre, dans ce monde, Messieurs ! » Tour à tour le rêve, l’imagination s’emparent de chaque protagoniste … et l’inaction sert chacun à la gorge. Le public ne fait rien que regarder. Les comédiens à travers rires et pleurs comme aux giboulées de Mars, ne font pas avancer l’histoire. Rien ne change, malgré le temps qui passe, d’année en année, et c’est juste la vieillesse qui creuse son désespoir, tarit l’enthousiasme, tue, comme l’alcool, à petit feu.

Il ne reste plus rien du médecin militaire. Il a tout oublié, il n’existe plus, d’un geste évocateur il fait mine d’ouvrir sa boîte crânienne, c’est le vide, tout est parti, envolé, et il s’en fout : seul remède contre le désespoir ! « Nous ne vivons pas, il n'y a rien en ce monde, nous n'existons pas, nous le croyons seulement... Et n'est-ce pas bien égal ?... » Ses solos d’ébriété déchainent les rires, l’humour est triste.

Irina, la plus fantasque, celle qui poursuit son rêve avec le plus d’acharnement, qui vit le plus d’imaginaire sera la plus grande victime. « Mais mon cœur est comme un piano précieux fermé à double tour, dont on aurait perdu la clé. » Elle n’arrive pas à dire les mots que le baron, qu’elle est sur le point d’épouser, voudrait entendre avant d’ouvrir la porte sur la dernière affaire à régler de sa vie. « Un baron de plus ou de moins… » ironisera encore le médecin, impassible devant l’absurdité.

Le frère adoré, Andreioucha, à l’avenir tellement prometteur est devenu fonctionnaire administratif au lieu de sa brillante carrière de professeur. Il a été berné par une femme fatale prédatrice et dure, qui fabrique des enfants avec l’égoïsme d’une féline sans cœur. Ce n’est pas tant la mort du père un an avant qui « a libéré son corps et son âme » comme il le prétend, c’est la privation d’action, imposée par la Natalia toute puissante qui le fait grossir à vue d’œil ! Humour triste et affectueux. Et si approprié ! Quand la mante religieuse va-t-elle le dévorer ? Il est à point, couvert de dettes de jeu, il a hypothéqué la maison familiale sans l’avis de ses sœurs.

Et pourtant, à la fin le souffle mêlé des trois sœurs fait renaître l’espoir insensé dans la vie, crié à tue tête. Malgré la neige glacée éparpillée sur le sol, la maison perdue… Le mari de Macha accueille sa femme comme s’il ne s’était jamais rien passé avec le Verchinine, sagesse de cœur, confiance radieuse en l’inaction. Les défaillances du réel sont si négligeables ! Voilà pour l’homme. « La vie est immuable, Monsieur, elle a ses propres lois que nous ne comprenons pas Mais l’homme est éphémère : « On nous oubliera » répètent inlassablement les personnages tour à tour : « Pour nous le travail, rien que le travail pour que les générations de l’avenir aient un avenir élargi ...heureux ! » Cette pièce a ressuscité Tchékhov, l’auteur, et nos espoirs.

L’interprétation, les mouvements, l’élocution, la vivacité des répliques sont pour le spectateur, une ronde de délices que l’on savoure minute par minute. Quel plaisir !

vu le 2 octobre 2010

repris en février-mars 2012

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administrateur théâtres

Ivan Karizna - Eliane Reyes en concert (Bozar Sundays)

Ivan Karizna - Eliane Reyes12272794892?profile=original

BOZARSUNDAYS

Dimanche 26.02.2012 11:00

Palais des Beaux-Arts / Salle Henry Le Bœuf

 Les BOZARSUNDAYS sont « LE » rendez-vous des familles amateurs de l’art dans toutes ses expressions. Après le petit-déjeuner en famille, les générations se séparent. Les adultes ont le choix soit de visiter une exposition en compagnie d’un guide, soit d’assister à un concert pendant que les enfants à partir de 3 ans participent à un atelier bilingue et explorent la fibre artistique qu’ils portent en eux. Quelques dimanches par an, un film est programmé pour toute la famille. Ce dimanche 26 février a accueilli un concert chatoyant de sonorités dans la salle Henry Le Bœuf.

Joli programme :

Robert Schumann, Fantasiestücke pour violoncelle et piano, op. 73
Ludwig van Beethoven, Sonate pour violoncelle et piano n° 4, op. 102/1
Sergey Prokofiev, Sonate pour violoncelle et piano, op. 119

 Ivan Karizna violoncelle - Eliane Reyes piano

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Deux jeunes interprètes débordants d’amour de la musique saluent un parterre presque complet.  Nous étions allés au concert pour Eliane Reyes (née en 1977) , nous découvrons Ivan Karizna  (né en 1992) un jeune musicien magnétique qui fait, rire, rêver, pleurer et méditer grâce à son jeu vibrant et subtil. Son  lien intime avec son instrument émerveille, il joue souvent les yeux fermés, distillant son énergie intérieure, faisant éclater la passion et poursuivant les moindres  frémissements de l’âme de cordes, en glissades vertigineuses. Not Love Alone, Spirit. And Power. Une trilogie de perfection.  Parfois  il parcourt  l’instrument dans tous les sens comme  s’il partait à l’assaut de terres inviolées. Des touches tour à tour vives,  tendres, sombres virevoltent sous nos yeux, mystérieux papillons  flamboyants  qui égrènent l’émotion.  On connait Elyane Reyes  et ses doigts de fée lorsqu’elle  se penche sur son instrument comme sur un berceau  et fait jaillir tantôt la romance et la  lumière tantôt l’esprit de conquête et la fougue.  Ensemble, ils distillent une très belle interprétation de l’opus 73 de Schumann.

La Sonate pour violoncelle et piano n° 4 de Beethoven  est magnifiquement maîtrisée. Les très belles ornementions pianistiques, les attaques vaillantes, les accords frappés avec passion alternent avec des envolées bucoliques ; pause. Les notes graves que l’on aime au violoncelle répondent au piano, énonciateur de  mystère pour se transformer en chant nostalgique. Les festons de trilles gracieux s’interposent avant la reprise des accords francs et de la fougue du 2e mouvement. Le 4e débute dans le suspense pour terminer dans une vivacité de printemps qui éclate.

Et voici le chef-d’œuvre : le morceau de Prokoviev, bouillant, scandé plein de surprises pincées aux cordes, de battements de cœur échappés du  piano, déployant des poupées russes toujours renouvelées et de plus en plus ciselées. Turbulences et  le violoncelle se prend pour Paganini, des notes ondulent en écho. Des pizzicati jazzy font imaginer un groupe de trompettes fantomatiques.   Une allégorie de la beauté expose toutes ses courbes. Tongue in cheek , le thème dansant jazzy reprend. Surbrillance, défoulement, les cheveux d’ Ivan Karizna  volent, son visage épanoui aspire la musique à grandes goulées. On est dans une fête villageoise, il y a des accords burlesques  et un violon sur le toit. Le toucher frissonnant de pizzicati précède des regards par-dessus l’épaule à la pianiste, avant d’entonner un duo de romance. On perçoit le rire intérieur du violoncelliste qui fait babiller les cordes, l’archet s’effiloche sous tant de vigueur, le piano ne cède rien sur le terrain passionnel qui cherche l’apothéose, la construit et la trouve.

Les deux virtuoses sont applaudis, comme on applaudit lors d’une soirée grandiose. Ensemble ils nous feront un dernier cadeau - slave bien sûr -  en forme de bis éblouissant : le "Quadrille" de l’Opéra "Not Love Alone" de Rodion Schedrin.

http://www.bozar.be/activity.php?id=11297

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Bonjour,

Voici l'article que j'ai publié au sujet du récent livre concernant Louis de Potter, instigateur de la Révolution belge :

Louis de Potter

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administrateur théâtres

CHATROOM en reprise au Théâtre de Poche!

DE ENDA WALSH
MISE EN SCÈNE SYLVIE DE BRAEKELEER

CHATROOM fait désormais partie des blockbusters du Théâtre de Poche. Le Festival d’Avignon 2009, au Théâtre des Doms, fut un véritable tremplin pour une première tournée magistrale du spectacle, la saison passée, en France et Outre-Mer. Depuis octobre 2011, après plus de 170 représentations et plus de 40.000 spectateurs, CHATROOM est reparti pour une deuxième tournée de 70 dates à travers la France, la Belgique, l’Italie et la Suisse !

Entre la Haute-Normandie et le Midi-Pyrénées, CHATROOM fera une halte au Poche, du 28 février au 9 mars 2012, pour une série de 9 représentations qui affichent quasi SOLD OUT. Pour tenir ce rythme effréné, la production a réuni une deuxième équipe de comédiens.
Lors de cette reprise au Poche, vous pourrez voir sur scène les 2 équipes ; la nouvelle équipe du 28 février au 6 mars, et l'équipe initiale du 7 au 9 mars.12272794279?profile=original

Chatroom 15/05/2010

T’es toi quand tu parles.  Quand on ne se parle pas, on chatte sous le couvert de l’anonymat, et les lions sont lâchés. Lâchement l’un, l’une prennent le pouvoir et diffusent machiavéliquement  leur puissance virtuelle sur de vrais pauvres paumés. Le meurtre est le pouvoir absolu : les voilà qui exultent.  Danse macabre. Et sur cette île lugubre du chatroom,  pas de ‘deus ex machina’ pour remettre ces enfants de jungle sur la piste du  respect, du bonheur, de la rationalité comme dans The Lord of the Flies….12272794475?profile=original

Enfin une jeune paumée qui a vaincu la mort crie soudain sa vérité et réveille la vie enfouie malgré tout dans  le pauvre Jim, devenu à son insu, et en vrai, la victime expiatoire de tous ces ados désœuvrés, malaimés, sans but, sans valeurs, largués…. assommés de musique sauvage, prisonniers de gestes d’automates en folie.

Et les lucioles de tecktonik abruties par leurs contradictions et celles du monde, de s’agiter désespérément. Personne n’entend rien. Surgit une image de bonheur dans le regard vide de Jim. Et si on se parlait vraiment : … Laura et Jim, dernière scène.

Malgré le sujet, aussi accablant qu’affligeant,  la vitalité et le talent  des acteurs nous réconcilient avec cette jeunesse en manque permanent….de permanence et de certitudes.


Reprise du 28 février au 9 mars 2012
(relâche les dimanches et lundis)


AVEC EN ATERNANCE
:
Du 28 février au 6 mars :
BRUNO BORSU, ALICE DE MARCHI, FANNY DONCKELS, MARTIN GOOSSENS, JORDAN MARTY, ELSA POISOT

Du 7 au 9 mars :
ELSA POISOT, DEBORAH ROUACH, ADRIANA DA FONSECA, JULIEN VARGAS, OLIVIER LENEL ET CÉDRIC LOMBARD

COMPLET sauf le 1er mars à 14h30 !

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Perce-neige pour ma soeur

Perce-neige pour ma sœur

          Antonia Iliescu

L’hiver fut rude

J’ai lutté avec ma blancheur

Contre l’ange noir de la mort,

Et j’ai perdu.

Les anges ont laissé

Leurs plumes enneigées

Sur une tombe…

Il neige, ils pleurent,

Ils neigent, je pleure

Et mes larmes chaudes

Qui percent la neige

Enfantent des perce-neige.

 

18. 02. 2012

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administrateur théâtres

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LES 39 MARCHES

de JOHN BUCHAN et ALFRED HITCHCOCK /Adaptation de Patrick Barlow. Adaptation française de Gérald Sibleyras

Ladies and gentleman, Mesdames et Messieurs ! « The 39 Steps », roman d’espionnage  écrit en 1915 par John Buchan, futur vice-roi de Canada,  lu en anglais simplifié par les élèves de secondaire belge depuis 1980 ( … how boring !),  revu et corrigé par Sir Alfred Hitchcock himself en 1935 (... how gripping!) a déferlé sur les planches de la salle des voûtes du théâtre le Public.

12272788469?profile=originalSur scène une course-poursuite échevelée,  en chair en en os, en chapeaux et gabardines,  en locomotive, taxi, avion,  parachute, affrontant les torrents, les marais, les précipices,  les moutons,  le Loch Ness lui-même. Les quatre acteurs intrépides mènent un train d’enfer. Illusionniste et prestidigitateur, le quatuor fait surgir  des planches et autres coffres de voyage, pas moins de 200 personnages aussi rocambolesques  qu'abracadabrants.

12272788690?profile=original Sans transitions, ils  racontent sur un rythme haletant  la poursuite du  meurtrier supposé d’une jeune femme, impliquée dans une  trouble  affaire d’espionnage au tournant de l’année la plus noire du début du 20e siècle : 1914. Les secrets militaires de la splendide Albion seront-ils préservés?  

Joséphine de Renesse vue dans « Adultères » de Woody Allen en octobre dernier  au théâtre Varia est craquante  de charme quels que soient les personnages qu’elle endosse : de la fille de ferme à la séduisante inconnue blonde  rencontrée dans le train! Gaëtan Lejeune un excellent  comédien de «  Hamelin » et de « Soudain l’été dernier », caracole avec son alter ego (Marc Weiss) dans les rôles hilarants  de brutes plus ou moins épaisses (police et espions de tout poil)  tandis que l’imperturbable gentleman Sud –Africain à la fine moustache, Richard  Hannay,(Michelangelo Marchese ), pris dans un engrenage,  sillonne les routes et les dangers de la verte Angleterre à  bord d’une aventure en forme de cœur.

12272789068?profile=originalPour se tirer d’affaire, iI déclamera même une harangue politique en bonne et due forme! Une improvisation de discours humaniste!  Why not? La guerre fait rage en Europe ! Une pluie de situations comiques, d' "understatements" bien British,  de rebondissements et de citations cinématographiques s’abat sur le spectateur ébahi : décors … imaginaires, portes qui s’enfilent, paysages qui défilent sous le regard béat des moutons que le complot laisse indifférents. En êtes-vous chers spectateurs, bouche bée devant tant d’imagination scénique, tant  d’énergie théâtrale qui parcourt la scène dans tous les sens ? L’intrigue est simple et efficace. James Bond avant la lettre! Damned, he's never trapped! Du théâtre d’action ?  Sans nul doute, mais le plaisir - si c’est un crime - est avoué.

 

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=290&type=1

DU 26/01/12 AU 31/03/12

 

Scénographie : Paola Castreul

Costumes : Jackye Fauconnier

Lumière : Nathalie Borlée

Concept original de Simon Corble et Nobby Dimon

Régisseur : Louis-Philippe Duquesne


Avec :  Joséphine de Renesse, Gaëtan Lejeune, Michelangelo Marchese  et Marc Weiss.

Mise en scène: Olivier Massart

 

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administrateur théâtres

Un ACCUEIL au théâtre Varia :  INVASION!

 

                          12272785257?profile=original De Jonas Hassen Khemiri. Mise en scène de Michel Didym.

 

Du 31 janvier au 4 février 2012 à 20h30 sauf les mercredis à 19h30 - relâche les lundis et dimanches. Grande salle.

Variation sur l’identité et les cultures

 

 

Jonas Hassen Khemiri, auteur et dramaturge suédois exporte une pièce de théâtre, Invasion!, bourrée d’humour mais aussi dérangeante, qui traite de l’identité, de la langue et de la couleur de ceux qu’on persécute.

 

Dans un flot d’énergie théâtrale on assiste, médusé, à la manifestation éclatante du pouvoir de la langue, sous forme de tableaux burlesques et ludiques  qui défilent comme des esquisses sur une ardoise magique, avec une extrême volubilité, langue oblige.

What’s in a name ? Un terme peut vouloir dit tout et son contraire, peut plonger ses racines dans une culture donnée ou être pure invention ou supercherie. Rien en effet à la rubrique Aboulkassem dans Wikipedia, alors que c’est le seul fil conducteur de la pièce. Et qui conduit une énergie détonante. « Aboulkassem », Abracadabra  abracadabrant, tout l’art est dans l’intonation - vive l'oralité! - et l’émotion qui sous-tend le vocable. Cette émotion qui est en fin de compte une des dernières différences qui nous distingue de la machine.  On peut voguer du plus atroce au plus fantasmé. Démonstration faite sur scène avec brio qui fait mousser le rire. Mais le vocable finit par faire  exister la chose. Il y a dans la langue un potentiel politique, subversif fascinant. C’est bien le  même propos qui est  défendu par A…lexis Jenni dans  « L’Art français de la guerre ». La chose peut être à la fois le rêve et le cauchemar. Démonstration aussi sur scène lorsque le spectateur  qui se tenait les côtes tout à coup transforme son rire en cri muet de Munch. C’est tout dire.

 

Spectacle saisissant, qui réveille, sème la  graine fertile du respect humain, bloque la voie aux stéréotypes de tout poil, fustige le repli sur soi et la peur de l’altérité.

Dans un magnifique dialogue de sourds où une éminente traductrice suédoise aux cheveux noir corbeau traduit une confession dite en perse, on assiste au retournement total de la vérité, un peu comme dans le 1984 d’Orwell, il y a combien d’années déjà ? Le spectateur voudrait se boucher les oreilles en entendant tant d’insanités au fur et à mesure que  la communication en suédois  s’éloigne du texte original et s’habille de haine. Cette représentation des émigrés nous met véritablement au supplice.

 Si Khemiri, né de père tunisien et de mère suédoise  utilisait dans le texte de sa pièce des tournures rappelant le suédois parlé par beaucoup d’immigrés en Suède, avec syntaxe et grammaire éclatées, la traduction ici ne lui fait pas faux bond car nous sommes arrosés d’un parler des banlieues, jeune, branché pour certains, obscur parfois mais très drôle qui se répand sur le plateau en gloussements et postures à mourir de rire. Les  quatre comédiens virevoltent entre les  changements de costumes éclairs, proches de la prestidigitation pour interpréter chacun six personnages,  sillonnent un immense escalier où se trouve bétonnée l’ascension sociale. Entre des réclames qui louent le système suédois  - le meilleur d’Europe -  des enquêteurs apparaissent régulièrement dans un immense écran vivant - de la télévision en trois D - pour nous « informer » à propos de la chasse à l’homme. La terre elle-même, immense boule-kasem rouge, jaillit de l’écran invisible et ne s'arrête pas de tourner. Nos yeux ébahis suivent le trajet ahurissant de l’homme traqué, démasqué, insaisissable…  qui est partout à la fois, et peut-être aussi  dans la salle. « Nous sommes tous des immigrés, il n'y a que le lieu de naissance qui change» (A…nonyme)

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Deux musiciens diffusent par-dessus l’escalier et entre les lignes un élan vital fait d’écoute et d’émotion en  jouant discrètement de la  guitare et du synthé. La légèreté est de mise, il ne s’agit pas de scander un quelconque manifeste.   L’instrumental est en total équilibre avec les comédiens tout au long de la pièce pour souligner les humeurs et la couleur des sentiments. Le cueilleur de pommes ne dit-il pas que dans sa vie il n’y a que la musique qui le fasse vivre, un élixir d’amour?  

 

Avec : Quentin Baillot, Zakariya Gouram, Luc-Antoine Diquéro, Julie Pilod. - Musiciens : Flavien Gaudon, Philippe Thibault - Scénographie : Sarah de Battice.- Lumière : Joël Hourbeigt. - Costumes : Anne-Sophie Lecourt.- Mise en scène : Michel Didym. Réserver

 

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Le texte est publié aux Ed. Théâtrales. Texte français de Susanne Burstein avec la collaboration d’Aziz Chouaki. http://www.varia.be/fr/les-spectacles/invasion4/

 

Un spectacle de la Compagnie Boomerang Lorraine en coproduction avec le Théâtre Nanterre-Amandiers, la Maison de la Culture de Bourges et le Théâtre de la Manufacture de Nancy. Remerciements à La Comédie-Française et à Renato Bianchi.

 

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administrateur théâtres

    La joute picturale, l’avez-vous vue ?  « Red » de John Logan au Public

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Nous n’avions pas une envie folle  d’aller écouter des acteurs gloser sur l’art et ses valeurs, marchandes ou non. Nous sommes entrés dans la salle, sceptiques et sommes revenus  estomaqués.  Le décor sombre d’un atelier de peintre dans ce qui semble être un entresol, imperméable à la lumière n’avait rien pour plaire. Ni la baignoire sur pattes qui rappelle furieusement Marat à son dernier soupir. Il n’y avait pas l’ombre d’une atmosphère un peu  bohême. Le rire, le bien, le confort proscrits, d’entrée de jeu.

Puis c’est  le  déchaînement de deux acteurs aussi éblouissants l’un que l’autre:  PATRICK DESCAMPS et ITSIK ELBAZ. Un déferlement d’énergie pure. Celle du rouge qui va du pavot à la coccinelle, en passant par la Ferrari, le sang séché et un baiser d’amour. Les deux comédiens en scène sont de véritables forces de la nature. L’une avouée, l’autre en devenir. L’un, bien qu’il s’en défende férocement :  un père adoptif, grand frère, psy, professeur, rabbin, mentor et incorrigible misanthrope. L’autre :  un orphelin, chien perdu sans collier, patient qui s’ignore, jeune assistant qui a tout de l’esclave, élève fiévreux d’apprendre, respectueux apprenti  en brassage et épandage de couleurs sublimes.12272791258?profile=original

Que voit-il exactement dans la radiance mystérieuse des toiles de Rothkowitz ? L’élève doit se laisser envahir ! « Sois humain une fois dans ta vie ! » lui assène le maître qui  le harcèle de questions titanesques, le pousse dans ses moindres  retranchements,  fait éclater toutes les barrières  des conventions,  jusqu’à ce qu’il explose lui-même  dans une déflagration dévastatrice. Créatrice ?  

« L’art est le seul accès au cœur de la souffrance humaine » déclare Rothko.  En désaccord  avec ses contemporains et le mouvement cubiste, Rothko-la rupture,  l’iconoclaste de l’encombrement de  la société moderne, croit aux valeurs sûres, Rembrandt, Van Gogh, les tout  grands maîtres. Caravage illumine ses tableaux de l’intérieur. Prône le travail acharné,  la douleur de l’enfantement artistique. Usant de tout un arsenal verbal haut en couleurs, il confond le jeune gringalet pour  son manque de culture  littéraire, musicale,  philosophique, théologique, mythologique,  poétique. En appelle à Platon, engage une bataille féroce entre Dionysos  et Apollon. « Notre tragédie est de ne jamais atteindre l’équilibre ». Ne supporte pas la nature et sa  lumière. Condamne  Le Bien et le Rire.  Il prône la contemplation presque mystique d’une œuvre, rêve d’exposer sa nouvelle série abstraite telle une fresque vibrante dans un mythique restaurant futuriste « les quatre saisons » que l’on visiterait comme une chapelle. Et que l’on écouterait comme une symphonie.

Le dernier coup porté est un coup de pied au derrière qui lance sur orbite  l’élève devenu son bouillant adversaire,  prêt à dévorer la vie, dans l’énergie créatrice. Tandis que le Rouge, lieu de toutes les pulsions vitales  est lentement avalé par le Noir, la pire crainte du maître. Et le rideau tombe. Sur un spectacle démentiel, inoubliable et extraordinaire.

 

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Joute picturale

de JOHN LOGAN / Traduction d'Alexia Périmony avec la collaboration de Christopher Hampton
Mise en scène: MICHEL KACENELENBOGEN

avec PATRICK DESCAMPS et ITSIK ELBAZ

DU 20/01/12 AU 03/03/12

 

Le superbe dossier pédagogique : http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=289&type=1

 

 

 

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Ce livre est très attendu par les bricoleurs de merveilles !!!

 http://lalyredalize.org/etoile.html

STARS, ÉTOILES, STERNE
Editions La Lyre d'Alizé - Rébecca Terniak
Livre en 3 langues
Création de DOM AMAT
108  PAGES -couverture spiralée - 21 X 29,7
Novoprint – février 2012 - 25 E


Dom Amat, passionné des structures Géométriques du plan et de l'espace
et amoureux de cette beauté, nous présente ici son premier livre issu de la

collection " Les Cahiers de Géométrie".

Cet ouvrage est consacré au pliage, un des domaines décoratifs de la géométrie.
A travers les multiples concepts de métamorphoses de ses éléments nous
découvrons toute la beauté de cet art.

Ce livre - qui est une invitation à la création - permettra de faire
naître entre vos mains une merveilleuse diversité d'étoiles aux mille
éclats en papier vitrail coloré et transparent pour décorer vos fenêtres
tout l’hiver et surtout à la période des fêtes de Noël et fin d’année.

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administrateur théâtres

誕生日 Monsieur Paul!

12272787496?profile=originalJe n'ai pas la plume ni le pinceau de Dame Sei Shonagon, mais....

que ces caractères mystérieux qui lui appatiennent vous disent toute  la joie que nous avons de vous souhaiter un merveilleux anniversaire, salué par tous les membres d'Art et Lettres.

 

"Joyeux anniversaire" se dit dans sa forme formelle et polie en quatre mots : O TANJÔBI OMEDETÔ GOZAIMASU 
 
 Pour des amis et dans un registre plus intime, il suffit de dire les trois premiers mots : O TANJÔBI OMEDETÔ.
Le O est le O de politesse,
 le mot "anniversaire" se dit lui, TANJÔBI
 et OMEDETÔ GOZAIMASU veut dire en fait "félicitations".
TANJÔBI écriture japonaise : 誕生日
(たんじょうび)

O TANJÔBI OMEDETÔ GOZAIMASU
prononcé  [O TANJOBI OMÉDÉTO GOZAÏMASS]
écriture japonaise : お誕生日おめでとうございます。
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administrateur théâtres

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L'XL THEATRE

7a Rue Goffart - 1050 Bruxelles

 

      Présente une  trilogie consacrée à Stefan ZWEIG disparu il y a 70 ans

 

LE JOUEUR D'ECHECS                                                        du 14 au 18 février

VINGt-QUATRE HEURES DE LA VIE D'UNE FEMME      du 28 février au 17 mars

LETTRE d'UNE INCONNUE                                                   du 20 au 24 mars

 

LE JOUEUR D’ÉCHECS ( Stefan Zweig)

Deux  jeunes comédiens remarquables, Raffaele Giuliani et Marvin Mariano  vont se distribuer tour à tour la parole pour évoquer les étranges personnages qui hantent la dernière nouvelle de Stefan Zweig, publiée en 1943, après son suicide. Embarqués, les spectateurs applaudiront  une adaptation théâtrale du JOUEUR D’ÉCHECS très réussie. Mais la partie est …nulle car les deux comédiens jouent aussi bien l’un que l’autre. Incarnant chacun plusieurs personnages, ils maîtrisent la voix, les dictions multiples, les mimiques, la présence scénique, les mouvements, la connivence avec les spectateurs-voyageurs du même bateau.

 « Remember ! » est au cœur de la houle de l’histoire. « L’Europe, ma patrie spirituelle s’est anéantie d’elle-même.» dit Stefan Zweig en parlant de l’Europe, fuyant les nazis  sur le paquebot qui l’emmène en exil au Brésil. Hélas, le jeu d’échecs (et de massacre) auquel il  assiste est une allégorie de l’échiquier de la folie et de la haine qui quadrille l’Europe.  

Sur le navire, l’écrivain rencontre ce sinistre personnage, Mirko Czentovic, champion mondial  d’échecs fascinant, impénitent, ivre de vanité, cupide qui refuse tout échange social. Loin d’évoquer la paix, son silence évoque la rupture avec l’humanité. Pour Stefan Zweig, ce sera un défi de le forcer à communiquer.

Lors d’une des parties organisées entre Mirko et un certain O ‘Connor, un inconnu intervient. L’énoncé de sa tactique est plus que brillant, il frise la folie. Interrogé, il livrera le récit poignant de sa vie douloureuse : son arrestation à Vienne par les allemands, sa détention qui l’entraîne vers la folie, privé pendant des mois de tout contact humain et torturé par l’attente kafkaïenne des interrogatoires et du verdict. Un jour pourtant il entrevoit la faille. Le détenu autrichien réussit à subtiliser dans une veste ce qu’il croit être un livre salvateur . Ce n’est qu’hélas un manuel de jeu d‘échecs mais l’espoir renait car ses fonctions intellectuelles remises en marche l’aident à résister. Il n’aura plus aucune défaillance devant la Gestapo. Hélas la folie de l’enfermement  et  celle du jeu stérile l’intoxiquent et le plongent dans la schizophrénie. « Mon atroce situation m’obligeait à tenter ce dédoublement de mon esprit entre un moi blanc et un moi noir, si je ne voulais pas être écrasé par le néant horrible qui me cernait de toutes parts. ». Un affrontement paradoxal, absurde comme de marcher sur son ombre s’engage et le vaincu réclame chaque fois sa revanche. « Aucune diversion ne s’offrant, excepté ce jeu absurde contre moi-même, ma rage et mon désir de vengeance s’y déversèrent furieusement. »

- Never More - Après une violente crise de nerfs, il est sauvé de justesse par un médecin qui le force à fuir l’Europe. Celui-ci le conjure de ne plus jamais toucher un jeu d’échecs. «  Puissiez-vous voir les lueurs de l’aube après la longue nuit ! » and « Remember ! »

 Il est hors jeu. Va-t-il le supporter ?

Sur le bateau, il veut conjurer sa folie et rechute. L’adversaire qu’il brûle d’affronter pour se prouver qu’il est enfin capable de jouer est Mirko Czentovic. Il veut jouer, non plus, seul dans sa tête, en mécanique aveugle, mais avec de vrais pions et un vrai partenaire, ce champion mondial de l’échiquier. Czentovic, monstre d’inculture, fruste, borné, vaniteux et cupide  aura vite fait d’exploiter la seule faille de l’exilé : son intolérable panique de l’attente.

Où commence le jeu et où finit-il ? Certes, ce  jeu totalitaire et passionnel arrive à enflammer la puissance, à  tuer l’ennui, à  aiguiser l’esprit. Mais l’essence indispensable du combat - la haine - est létale.  Ce que l’inconnu découvre à ses dépens dans le dernier volet de l’histoire.

Le jeu des deux comédiens est un concentré d’énergie qui maintient le spectateur en haleine, fascine et horrifie à la fois. Les facettes de l’homme, alignées comme les pions noirs et blancs s’entrechoquent sur une multiplication pathologique d’échiquiers disposés sur le pont du navire. Une tension  est générée par les jeux corporels on ne peut plus  éloquents des deux adversaires. Leurs nerfs sont à vif. Jeu infernal, implacable  et sinistre? « Jeu stérile et absurde » disait l’inconnu assoiffé de livres dans sa prison hygiénique de l’Hôtel Noble de Vienne. Jeu infernal qui nous précipite au cœur de la haine mutuelle, atavique chez l’homme non civilisé ?  Une mise en jeu géniale et efficace du metteur en scène, Bernard Damien révèle le tueur dans le joueur fébrile. Cela vous fait longtemps froid dans le dos. Masterful.

                                                                      

Réservations : 00 32 (0) 2 513 21 78

00 32 (0) 475 519 118

 

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Une petite vidéo pour rendre votre GSM joyeux!

J'ai proposé en octobre dernier une petite vidéo basée sur les charmantes oeuvres de Rosyline dont le talent est régulièrement salué par les membres du réseau.

Cette vidéo déposée dans la partie vidéo du site vient d'être convertie afin d'être lisible sur votre GSM.

C'est ici:

rosyline

Cliquez sur le lien avec le clique  droit de votre souris et choisissez l'item "enregistrer le lien sous"

Le fichier se téléchargera sur votre PC. Il ne suffira plus que de le transférer sur la petite carte mémoire de votre GSM

Ceci est une possibilité concoctée sur le réseau pour vous voir sourire d'aise (j'espère) en consultant les petits tableautins de Rosyline sur votre mobile.


Si d'aucuns d'entre vous ne savent pas pratiquer l'opération de téléchargement et l'envoi sur leur GSM, demandez de l'aide à quelqu'un de votre entourage pour ce faire.

Je ne pourrai évidemment pas répondre aux appels au secours technique que d'aucun d'entre vous me demanderont.

Par contre, je serais heureux d'apprendre que l'expérience a réussi et vous a fait plaisir!

Si j'ai un retour positif de l'expérience, d'autres petites vidéos suivront.


Merci de votre attention

Robert Paul

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OFFRANDE

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Geste  de l'Estampe que l'on retrouve tout au

long de l'Age d'Or du Monde Flottant  ou

U Kyo- e (1780 -1850 environ)

Beauté idéalisée des gestes codés

Instant éphémère , comme un arrêt sur image

Délicatesse faussement naturelle

Geste de l'offrande par les deux mains en couronne

Telle une coupe

Offrande du coeur sans retour

Je vous offre ce désir d'offrir

AA

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https://artsrtlettres.ning.com/photo/joyeuse-saint-valentin?context=user

https://artsrtlettres.ning.com/video/rosyline

Chère Rosyline

de si bienveillante mine,

ta petite Colombine

-        tenant son cœur offert

d’un geste intérieur si sincère ! -

aussitôt par moi fut partagée

pour la joie attendrie

de tous les amis !

A ton image

aimante et sage,

elle émane douceur

et tendresse.

Tout dans ses traits

et teintes pastelles caresse.

D'elle émane tant de douce poésie

qui rend nos cœurs

tout émus et ravis !

Elle fera fondre et craquer

les plus blindés

et leur  inspirera sans tarder

la joie d’aimer !

 

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Nouvelle Féline :

Histoire de Dynastie

Ou

Faire Part de Présentation


Lorsque la Providence se fait doublement féconde…

À plus d’un titre !


Par

Oncle Cyrus de Sainte Sophie de Constantinople des Rives du Bosphore

 

 

via  la plume  de  son  scribe particulier,

Valériane d’Alizée,

en l’honneur du 26 mars 2011 et dédié à M.




                             Oncle Cyrus de Sainte Sophie de Constantinople des Rives du Bosphore,  surnommé parfois plus modestement (sic), le prince Noir ou également Diabolus, en raison de ses juvéniles « diableries » inhérentes à son tempérament de vif argent, de rebelle incomparable, a l’extrême honneur, si ce n’est le plaisir suprême, de vous présenter officiellement, les membres de sa proche et charmante parenté, tout comme lui hautement blasonnée, s’il vous plait, ce qui n’est pas rien, vous en conviendrez volontiers avec lui en toute bonne foi, osons le l’espérer !

                            Parenté titrée étoffée, depuis maintes branches de son glorieux arbre généalogique fructifère, revêtant les traits de graines de dignitaires en germination, ses neveux directs, composée de la très gracieuse damoiselle Faërie de l’Arc de Lune  rebaptisée Fantine, dite la Caqueteuse, portant crânement un manteau soyeux couleur ébène fumé, assorti de prunelles émeraudes, couleur symbole de l’espérance, et du non moins tendre damoiseau, Freyr alias Florestan, lui aussi de l’Arc de Lune, cela s’entend, dit pareillement, non sans raison, le Petit Prince ou Flo-Flo pour les intimes de sa garde rapprochée, arborant, pour ainsi dire, la même robe de parade, à quelques nuances de poils près et l’iris de ses mirettes teinté d’ambre profond, cadet avec lequel il a le privilège inespéré de partager son existence de mâle neutré, regrettant, la mort dans l’âme, de ne pouvoir côtoyer, la jouvencelle féline qui évolue à quelques sauts de chats, voire d’entrechats virtuoses à la Nijinski ( et non de puces, notez je vous prie, la subtilité de la chose ) de son auguste logis.

                          Tous deux donc, les chers neveux, précieux fruits issus des amours légitimes et « raisonnés » d’une très noble dame émanant du duché de Savoie, répondant au doux prénom de Chana et d’un fier angevin lié, à l’un des fiefs du bon Roi René, à l’inverse de ce que nous indique son appellation rostandienne de Gentil Cyrano (gentil, au sens médiéval, étymologique du terme, assurément),Cyrano, frérot du tonton en question (répondant au pseudonyme de Cicéron), mentionné au cœur du premier récit aristochattesque destiné à brosser le portrait de cette figure baroque, le fameux oncle Cyrus, en ses terres d’adoption rabelaisiennes, depuis ce mémorable Jardin de la France cher au père de Pantagruel  [1], grâce à la plume humaine de l’une de ses gardiennes veillant sur une certaine Prison dorée citadine de sa connaissance, vous me suivez toujours, j’ose le présumer…

                         Foncièrement dotée d’une nature altière racée, mais non point sophistiquée, au contraire, dénuée du moindre chichi ou autres simagrées vaniteuses, auxquels se livrent, est il besoin de le préciser, sans retenue ni pudeur, quelques « poseurs » de la gent féline aristocratique, cultivant affectation et maniérisme, au point de friser le ridicule, singeant en cela, ces cabotins à l’élégance guindée, estampillée So British, adeptes du Dandysme le plus effréné, et qui, en dépit de leur attribution de Persan, ne proviennent pas davantage de Perse, que mon arrière grand-père du Rajasthan, notre tribu aux racines ancestrales, princière par excellence (permettons nous d’insister lourdement sur ce point), a la prééminence, cependant, de pouvoir se targuer d’être constituée de « perles d’Orient » inimitables, de souche naturelle, ce qui ne gâte rien, quoique légèrement retouchée sur un plan esthétique par des mains soit disant expertes, au fil des ans et des annales de l’histoire avec un grand H, liant le genre félin au genre humain, celui-ci en recherche éperdue de perfection plastique, cédant sans vergogne aux critères d’une certaine vogue, ne profitant guère de goûter à la sagesse de cette citation philosophique, qui proclamait qu’ :

                          Il n’y a rien qui se démode plus vite que la mode [2] !!!

                         Et puisque, faisant preuve de sagacité, d’un fin esprit de discernement, l’apanage, cher ami lecteur, d’une partie infime de vos semblables, pourtant auréolés d’une réputation glorieuse de race dite « supérieure », et que grâce à cette clairvoyance, vous avez ,selon toute vraisemblance, deviné, à défaut de la démasquer complètement, quelle serait la «  mystérieuse  » identité de votre narrateur, j’ai la prétention d’affirmer, en mon nom propre associé à ma qualité d’éminent descendant fleurissant notre arbre généalogique fructueux commun, que nous nous devons de faire preuve d’un devoir de mémoire, sinon d’une mission, en perpétuant la souvenance de notre engeance séculaire de Catus angorensis déjà dépeinte en son temps, au Siècle des Lumières, par l’honorable naturaliste Carl Von Linné. Longue dynastie d’Angoras turcs détentrice d’un lustre incomparable, en l’occurrence, auprès de laquelle, hélas, plane l’ombre de l’extinction d’illustres lignées, au profit de sujets créés de toute pièce, et qui ne redoutent pas les malheureux, de se compromettre dans des affaires douteuses menaçant leur genre, les conduisant à sombrer dans des mésalliances de mauvais goût, initiées par des aventuriers de la félinotechnie planétaire, rivalisant de défis les uns les autres, constamment en surenchère d’originalités et en quête de novations exotiques inassouvies, imbus de titres honorifiques qu’ils convoitent (pour ne pas dire quémandent) avec délectation, censés les gratifier pour tant de mérites et de merveilleux dévouement altruiste !!!

                        Notez que de notre côté, nous n’aspirons pour rien au monde à partir dans des combats fratricides entre membres respectables de notre peuple, appartenant dans son ensemble, à la grande famille des Félidés !

                       Non, montrons nous plutôt fidèles à la majestueuse essence que nous représentons, en faisant montre d’une once  de tolérance, d’un fair play de gentleman, en adéquation de notre rang, et soyons seulement armé d’une conscience fondamentale : assumer le rôle qu’il nous reste à jouer dans un avenir imminent, en filiation étroite avec la «  charge historique  » que nous avons tenue naguère, qui consistait en quelque sorte à remplir une fonction d’ambassadeur, à l’instar de vénérables aînés dont la réputation n’est plus à assurer et qui ont connu une destinée opulente de héros, n’ayons pas peur du mot, personnages venus de contrées légendaires dispensatrices de rêve, évoquant la luxuriance passée de l’Empire byzantin, des splendeurs léguées par le règne de Soliman le Magnifique, à l’heure où, protégés par d’épaisses murailles des palais Ottomans du sultan, nous nous plaisions, ou du moins, nos ancêtres affectionnaient, ô combien, à flâner parmi la sente verdoyante constellée d’un tapis de mille fleurs, à l’abri de ces enclos odorants pénétrés de suaves senteurs, tel le flamboyant œillet d’Iznik, (Dianthus caryophillus L, pour qui daigne parler la langue botanique !) , recueillant discrètement au détour d’un bassin, les confidences mélancoliques des belles captives désœuvrées, hantant le sérail de leur seigneur et maître, l’implacable padischah

                       C’est ainsi que, nimbée d’ une gloire sans pareille, une pléiade de nos anciens découvrit la « vieille Europe » et ses cours royales, sachant conquérir par ses charmes ineffables, maintes influentes personnalités, siégeant au sein des appartements privés de Louis XV, de la reine Marie-Antoinette, sans omettre le Cardinal de Richelieu, un inconditionnel de nos attraits, bref, ces protagonistes du passé contribuant fortement à notre rayonnement en nous inscrivant de cette manière, dans les chroniques d’un autrefois révolu, nous remémore à quel point, nos aïeux furent chéris, fleurons fétiches jouissant de leur suprématie avec jubilation, pouvant s’enorgueillir, les saisons effeuillées, de compter au nombre de leurs admirateurs, l’amant fervent d’Aziyadé  et compagnon de prédilection du sombre Amilcar  [3], désormais converti à notre culte d’insoumis, comme en témoigne de manière pérenne, le pinceau du flamboyant Douanier Rousseau, ayant immortalisé l’auteur de Madame Chrysanthème et de Pécheur d’Islande  en présence d’un aimable devancier coreligionnaire, Angora turc !

                      Outre cette parenthèse incontournable à inscrire en exergue de notre biographie, qui ne se veut en aucun cas ici une page d’histoire, puisque trop succinctement ébauchée, votre serviteur, j’entends sa Seigneurie Oncle Cyrus, ne soyons pas faussement discret, se devait de vous transmettre une autre source de félicité, le comblant au plus haut point, étant donné, qu’il lui a fallu jadis, renoncer à courtiser quelques beautés fatales impériales en vocalisant de sa voix de velours moult mélopées miaulesques chargées d’envoûter une palette de frais minois, « souris » avec lesquelles, notre don juan en germe, aurait certes, ardemment effeuillé la marguerite, concédons le en toute impudeur, avant de convoler en justes noces…non-conformistes.

                      Donc, contraint et forcé d’abandonner ces ravissantes frimousses, à d’authentiques matous en pleine possession de leurs moyens viriles de reproducteurs patentés (ne devenons pas graveleux, que diantre !), faisant à tout jamais, vœu de chasteté, de célibat, en similitude de saints dévots dominicains de l’abbaye de Cîteaux (que voulez-vous, nul n’est parfait ici bas !), c’est non dépourvu d’une grande émotion, de trémolos dans la gorge, que je tiens à vous annoncer, ô surprise, cette excellente nouvelle, véritable baume de jouvence : la relève de notre sang bleu est pour lors assurée, ayant enfin la quasi certitude que notre beau lignage ne s’éteindra pas avec moi, par un manque de phérormones, de fécondité, indissociables de mon anatomie de parfait innocent, resté dans l’ignorance absolue des plaisirs de la chair !!!

                       Effectivement, il me tarde de communiquer à la terre entière, l’évènement majeur de la semaine (que dis-je du mois, non, plutôt de l’année ! ) revêtant la tournure d’un faire part de réjouissances destiné à être publié dans le grand monde félin ( univers non exempt de ragots et de «  paparazzo  » asservis, eux aussi, par les rédactions diverses et variées de la presse spécialisée, du genre magazines people en premier, correspondant à Gala ou notre Point de vue et Images du monde chattesque), préliminaire revêtant la forme de déclaration officieuse de fiançailles de l’une de mes nièces, la délicieuse Freyja (very very delicious, selon nos informations précises de détective à la Sherlock Homes) avec un aristocrate européen originaire du pays de Goethe (notre contribution à cette prétendue fédération), fiançailles précédant l’union future des tourtereaux, car, bien entendu, vous admettrez avec moi, qu’il ne saurait être question chez nous, de batifolages ou d’une simple amourette trahissant une quelconque légèreté d’engagement, même si, nos amours et « chatteries » libertaires iconoclastes, pétries de coquetteries, forgées de leur propre étiquette et d’un langage riche de significations complexes à décrypter aux yeux de néophytes privés de notre culture, ne voient point l’utilité d’avoir recours au cérémonial de nos voisins anglais, hérité ni plus ni moins du règne de la Reine Victoria, parait- il, pompe méticuleusement réglée à la lettre, y compris le sacro saint office liturgique célébré en la cathédrale de Westminster, par l’archevêque de Canterburry en personne !!!



12272790053?profile=originalUn modèle d'épousailles en grande pompe selon la plus pure tradition


                      Accordailles, qui sans conteste, ne sauraient tarder à présent, si l’on adhère aux ouï dire d’une certaine marieuse poitevine (mère nourricière humaine, fondatrice de l’Arc de lune) instigatrice de la romance. À moins d’un curieux caprice de l’un des acteurs de l’intrigue qui viendrait contrarier la dite romance… Affaire à suivre !!!

                       Ainsi, en postlude à notre entretien, permettez moi de solliciter auprès de vous, cher ami lecteur, une faveur, en vous demandant de vous joindre à notre fratrie recomposée en trio, évoluant au sein d’une atmosphère harmonieuse, voire idyllique, soit dit en passant, dans la pure intention que nous puissions à l’unisson nous féliciter de ce mariage princier du siècle, défrayant la chronique du courrier du cœur… (Les Grimaldi et autres cousinages d’altesses royales sérénissimes, Prince de Galles et compagnie, n’ont qu’à bien se tenir ! ) n’ayant rien, mais alors absolument rien du tout, à envier à ceux magnifiés chez ces étrangers d’Hominiens (ces chers Deux pattes, suivant une expression imagée de Colette), si friands de ce style de cérémonies et de traditions mondaines en tout genre, que cela en frôle l’écœurement !

                     Veuillez, je vous prie, accepter mes salutations les plus cordiales, foi de distingué Cyrus de Sainte Sophie de Constantinople des rives du Bosphore, soit mille et une sincères pattes de velours, de la part de votre serviteur, éminence grise ou parrain spirituel de ces messieurs à longues vibrisses de la maisonnée, constituée, outre de moi même, de Florestan, ce rare et délicieux Petit Prince, et d'un second allié, notre radieux benjamin de Norvégien, Lord Finley  du Domaine d’Elgar, que nous avons baptisé, de Petit Poucet, vous comprendrez aisément pourquoi !

                      Sans oublier, la sœurette de notre farfadet, le junior de cette « turquerie  » non dénuée de tempérament ,demoiselle Fantine, quitte à me répéter, également ma parente, authentique anti- dépresseur à elle toute seule, drolatique « feu follet », (l’équivalent en tous points de la diane chasseresse des mortels), regorgeant de cocasseries et que, malheureusement, je n’ai fait qu’entrevoir par clichés photographiques interposés, ce qui est terriblement frustrant, vous en conviendrez avec moi !

Félinement vôtre,

CYRUS de Sainte Sophie de Constantinople des Rives du Bosphore ,

dit le Prince Noir.


Post scriptum :

                  

                    Peut être, les évènements annoncés tant attendus nous accorderont-ils l’opportunité de poursuivre ces prémices d’échange, donnant de ce fait, une suite à cet épisode, si, toutefois, bienveillant, notre calendrier, non pas  de chrétien Grégorien, mais de mécréant invétéré, nous en laisse le loisir ? Faisons un tant soit peu confiance à la Providence, et tâchons de cultiver la pensée positive, à défaut d’une «  petite fleur bleue  » gage du souvenir, ce qui serait à mon sens, prématuré, «  Myosotis  » traduisant en bon français littéraire raffiné, usant de métaphore, l’invocation suivante :

                   Ne m’oubliez pas  ou Ne m’oblié mie  [4] en vieux français !



[1] : Évocation de l’écrivain tourangeau François Rabelais à qui nous devons cette célèbre formule…

[2] : En référence à la figure de Jean Cocteau.

[3] : Allusion à la tonalité noire de jais  de la fourrure portée par  ce personnage phare de ma race.

[4] : Depuis le Bas Moyen Age français du Prince poète Charles d’Orléans, cette humble fleurette n’a eu de cesse d’enluminer la poésie de son parfum  mélancolique, vivant, outre cette faste ère médiévale, la quintessence de son langage métaphorique à l’époque Romantique, comme en témoigne  J.W. Goethe au sein de ses recueils versifiés ;



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administrateur théâtres

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               Contes coquins d’Algérie, un spectacle de et par Fahem Abes  au théâtre littéraire de la Clarencière

                   Fenêtre ouverte sur la Kabylie, Fahem Abes nous a récité hier soir avec humour un délicieux chapelet de contes érotiques venus de la tradition orale de son pays. Le point de vue est souvent masculin.  Il a refusé tout décor, il y a  juste un rideau noir qui drape le fond de la scène. Le conteur, en pantalon et chemise noire occidentale, joue le masque neutre et va faire éclore tout un monde imaginaire et malicieux dans une langue qui égrène un français académique et d’exquis vocables berbères aussitôt traduits.

                  Entre les contes à multiples tiroirs il rejoint le bord de la fenêtre de briques blanches dans le rideau et esquisse quelques notes de flûte, seul élément qui évoquera l’instrument du plaisir masculin. On voyage de royaumes en villages, en bord de mer. On rencontre poissons, crabes, lézards, serpents  et herbes magiques. Un curieux  instrument de taille impressionnante faisant office de ceinture, de manteau, de turban, un coffre magique empli de silence et une petite souris aussi maline qu’un chat!


                Shéhérazade masculin, le conteur se saisit des mille et un contes kabyles pour nous faire apprécier sa culture algérienne. « Sortir ces contes de l'oubli, les porter à la lumière, les faire entendre, les partager était pour moi un défi, mais c'est avant tout une contribution certes modeste, mais ô combien importante aux festivités qui en 2012 célébreront les 50 ans d''indépendance de l'Algérie. Importante car à travers ces contes coquins, c'est une autre Algérie qui se découvre. Une Algérie suave, drôle, épicée, irrévérencieuse, libre de paroles, chaude, sexuelle, féministe, une Algérie amoureuse. Porter et vivre le partage de cette Algérie-là est un réel plaisir. »

 

               L e Shéhérazade au pipeau volubile nous fait voyager au pays de la montagne de vérité  vexée et vaincue par les ruses d’une femme, au pays des ogres terrassés, de l’amour qui arrive toujours à ses fins, du plaisir épicé que l’on donne, version masculine.

C’est sobre, délicat, l’air de ne pas y toucher, rien de lascif, pétillant d’humour. On le croirait en train de déclamer des contes coquins lors d’un dîner, parlant à mots poétiques et voilés de la chose.  Le cadre du conte permet de décapiter les hommes qui ne satisfont pas les femmes, aux amants de berner les maris, aux hommes de n’avoir pour tout travail que l’amour.

On n’imagine  pas ce spectacle autre part que chez Fabienne, à la Clarencière,  charmant petit lieu bruxellois intime et vibrant. On sort de l’époque, on rentre dans un temps immémorial où le ciel brille nuit et jour. On se complait dans une vivacité de ton, une gestuelle de scène étourdissante, et un voyage dans les désirs et les phantasmes amoureux où lune et soleil se partagent le plaisir.  

 

du 10 au 18 février 2012 http://www.laclarenciere.be/

 extraits:

http://www.fahemabes.com/



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administrateur théâtres

Le Grand Retour de Boris S.  de Serge Kribus né à Bruxelles en 1962, a raflé de nombreux prix : le Prix Beaumarchais, le Prix de la Critique, le Prix de la Francophonie de la SACD, le Prix Lucien Barrière et enfin, une nomination aux Molières en 2001. La  mise en scène du Grand Retour de Boris S. par Valérie Lemaître a été présentée au public du Festival de Théâtre de Spa en août 2011.

 

Boris, le père joué par Alexandre Von Sivers, vieux comédien veuf et malicieux, débarque chez son fils Henri, joué par Xavier Campion qui a d’autres chats à fouetter. En l’occurrence il  est en plein désarroi, il a perdu son travail et sa femme l'a quitté. Que faire de ses enfants ?   Il est à bout de nerfs, emporté, presque violent.  

On vient de proposer à son père de jouer « Le Roi Lear » de Shakespeare. Vrai ? Faux ? Comédie qu’il se joue dans la comédie de la vie ? Chant du cygne ?  Boris : « Le théâtre ne fait pas semblant, moi oui !» Ne fait-il pas tour à tour  semblant de rester, de partir ? Fait-il semblant de répéter ou fabrique-t-il une nouvelle pièce qui dira vrai? Jeu de chat et de souris ?  Est-il fou comme le père de Cordélia : « dis-moi comment tu m’aimes ?»

Les deux hommes sont  tous deux prénommés Spielman : joueur en français. Dans quelle pièce joue-t-on ? Tous deux sont  juifs. Ils n'ont jamais su vraiment se parler car tout  les sépare, y compris la culture juive, un poids culturel qui écrase « le petit ». Boris : « si on se souvient pas, qui va le faire ? « On se bat pour ne pas oublier ! »  Henri : « si tout le monde s’effaçait, il y aurait un peu plus de place pour chacun ! » Il y a une justesse de ton et d’observation extraordinaires, les dialogues enfin établis sont d’une vérité rare. On assiste à un family shock fracassant. Au cours de leurs assauts, de leurs bouderies et de leurs joutes de pouvoir, tous deux se lâchent enfin avec une sincérité qui n’a plus rien des fuites et des  faux-semblants. Les reproches du fils pleuvent. La colère du père gronde, mais une nouvelle complicité père – fils se construit sous nos yeux,  de façon durable. Chacun  a enfin parlé pour « dire ». De l’humble aveu des faiblesses et de la peur panique de décevoir,  éclôt l’aveu de la tendresse mutuelle pour l’autre. Ce soir-là, devant un immense mur de lamentations couleur argile, percé d’une seule issue,  à force de jeu de chat perché et de fulgurances de sensibilités à fleur de peau, ayant, comme dans le roi Lear, tous deux touché le fond,  ils vont apprendre da à se découvrir, se reconnaître et se  comprendre vraiment. A la question évidente de l’identité dans le roi Lear, « Qui suis-je par rapport aux autres, qui suis-je pour les autres ? » Henri découvre qu’il est «  un fils qui sait pas comment t’aimer ». Et le père pourrait en dire tout  autant. Spectacle terriblement touchant. Devant le rien et au cœur du dénuement, la seule issue, c’est l’amour.  

 

-- Serge Kribus a délibérément choisi des extraits lourds de sens. Tout d’abord, lorsque Boris demande à Henri de l’aide pour répéter. Il s’agit de la scène où c’est au tour Cordélia de déclarer son amour à son père.

BORIS : A présent, notre joie, et non pas la moindre pour être la dernière, vous,

Cordélia, que saurez-vous dire pour gagner un tiers plus opulent que celui de vos

soeurs ? Parlez.

HENRI : Rien, monseigneur.

BORIS: Rien ?

HENRI : Rien.

BORIS : Rien ne sortira de rien, parlez donc.

HENRI : Infortunée que je suis, je ne puis hausser mon coeur jusqu’à ma bouche,

j’aime Votre Majesté comme le veut mon lien, ni plus, ni moins.

BORIS : Comment Cordélia, amendez un peu votre discours, de crainte de ruiner

votre fortune.

HENRI : Mon bon seigneur, vous m’avez conçue, élevée, aimée, je vous rends en

retour ces devoirs comme il sied, vous obéis et grandement vous honore.

BORIS : Ton cœur est-il dans ce discours ?

HENRI : Oui, mon bon seigneur.

BORIS : Si jeune et si insensible.

HENRI : Si jeune, monseigneur, et si vraie.

BORIS : Soit, que ta véracité soit donc ta dot, car par le rayonnement sacré du soleil,

par l’influence des globes qui nous font exister et cesser d’être, j’abjure ici tout souci

paternel, toute parenté, tout lien de sang, et désormais te tiens pour toujours

étrangère à mon cœur et à moi.

 

A la fin de la pièce, à plusieurs reprises, Boris entonne une réplique de Shakespeare.

« Soufflez, vents, à crever vos joues, faites rage, soufflez, et toi, tonnerre, grand

ébranleur, aplatis l’épaisse rotondité du monde, et disperse d’un seul coup tous les

germes qui font l’homme ingrat. »

Ce cri lancé par Lear au ciel trahit son humanité, sa mortalité, cachées derrière la couronne de Roi tout puissant. La tempête efface l’aveuglement, remet en place la raison. Lear sera ensuite prêt à affronter sa rencontre avec lui-même. De même, chez Kribus, le calme revient après la « tempête » finale. Et les deux protagonistes retrouvent leurs chemins après ces retrouvailles tumultueuses… --

(extrait du dossier pédagogique)

De : Serge Kribus
Mise en scène : Valérie Lemaître
Avec Xavier Campion, Alexandre von Sivers

Jusqu'au 12 février 2012

http://www.atjv.be/fr/saison/detail/index.php?spectacleID=472

 

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