Je jette un zeste de geste et le marcher dans l'eau se meut frénétiquement sur la toile.

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1er état de marcher dans l'eau
La queue frétille, j'ai bon espoir de sortir enfin de la vase..
Je jette un zeste de geste et le marcher dans l'eau se meut frénétiquement sur la toile.

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1er état de marcher dans l'eau
La queue frétille, j'ai bon espoir de sortir enfin de la vase..
Ce sera bientôt l’heure
Des âmes errantes
Ces heures angoissantes
Où même les chats se terrent
Pour ne pas sursauter de peur
En croisant un passant de misère.
Ce sera bientôt l’heure
De ceux-là qui n’ont plus
Ni terre ni mer ni ciel
Et qui marchent fourbus
En quête d’une ultime demeure
Où attendraient leurs ailes.
Ce sera bientôt l’heure
Où les honnêtes gens
S’enfouissent sous leurs draps
Y cachant de leur vie la froideur.
Doucement les aiguilles au cadran
Approchent l’heure qu’ils n’entendront pas.
Ce sera bientôt l’heure
Celle que j’attends et que j’aime
Où les ombres fuient la lumière.
Cette heure qui rend les chairs blêmes
Et les âmes glacées de terreur.
Voici l’heure des grands mystères.
Comme les mille vies que je porte en moi
surgissent tout autant de combats.
D'aucun me nomme Arwen la sombre,
Je me baptise Solombre.
Traversant le matin à l'éveil de la ville,
J’ai vu des hommes œuvrant de leurs mains viles!
A maints coups de burins bruts et assourdissants,
je les ai vus détruire sans égards, cassant
La pierre grise, noble et lissée pas les ans,
La pierre tant révérée par les maîtres d’antan.
Insensibles à ses cris, sans foi, ils brisent,
Le roc qui autrefois fut une dure entreprise.
Pire, éviscèrent impitoyablement,
De leurs ancêtres, le diamant.
J’entends à chaque coup qui lacère,
Le souffle des vieux bâtisseurs de naguère;
Je sens l’odeur de leur sueur, ils sont heureux;
Je vois la passion flambant dans leurs yeux.
N'était-ce point étincelle de sainte folie ?
Les pierres, une à une, ne sont plus que débris,
Écrasant le respect et tout un testament,
Inexorablement.
Dans le regard des nouveaux créateurs,
Aucune joie, pas d’amour, aucune lueur ;
Rien qu’une horloge dans leurs prunelles mortes,
Dont le tic-tac à eux seuls importe.
Minutes marquées dans leur iris pour cadran,
Pendule moderne de la fin du tourment.
Point rompus, point fourbus, guillerets,
-Malheur à eux, s’ils s’étaient au travail usés-
Quand ils pousseront la porte de leur royaume,
Leur vie commencera par un verre de rhum !
Quelques fois, un soir, une femme dans leur lit,
Jamais la même, toujours une plus jolie.
Sur un mur plâtré aux airs faussement lisses,
Un projecteur de mensonges et d’images
Convie à de lubriques et fallacieux voyages;
Un gramophone plus petit qu’un biscuit
Diffuse une obsédante cacophonie.
Et le sourire enfin s’empare
De leur faciès ignare !
Il faut être patient,
Faire avec son temps.
Se dire qu’autre part
Se renouera l’histoire.
Peut-être, sans doute,
Quelques uns croient encore
Qu’arpenter les sentiers d'alors,
Refaire les même routes,
Soit une mission enrichissante.
Mes amis, tout s’invente
À chaque tour de roue !
Nous les hommes sommes sots ou sublimes fous
Et restons toujours pareils,
De magnifiques bêtes aux longues oreilles,
Les yeux écarquillés par émerveillement...
Ou par abrutissement.
Dirons nous : c’est épatant…
Ou « hi-han » ?
Avance, me dis-je, avance,
Parcours la circonférence
Sois l’ultime maille,
et que recommence le travail !
La curiosité est le plus beau cadeau que les fées penchées sur notre berceau puissent nous offrir, elle est une source intarissable de plaisirs et de découvertes.
J'ai trouvé dernièrement au marché aux puces un livre sur le peintre Tydgat. A ma grande surprise, je constate que l'auteur n'est autre que mon grand oncle, Jozef Muls.
Et les souvenirs d’enfance d’affluer.
L’oncle Jozef, le seul de la famille lié au monde de l’art, qui racontait à la petite fille que j’étais, toujours en train de griffonner, les moments agréables qu’il passait chez Tytgat.
L’oncle Jozef, qui possédait une extraordinaire collection d’oeuvres d’art et de livres précieux dont il fit don à l’université de Louvain où il enseignait.
L’oncle Jozef qui s’était aménagé dans les combles de sa maison de Kapellenbos un extraordinaire espace de travail où l’on accédait par un escalier qui tenait plus de l’échelle et qui comme il me le confiait en souriant dans sa barbe, interdisait “aux femmes” l’accès à son sanctuaire.
Les femmes, c’étaient sa sœur, vieille fille grasse et bigote et une naine turque sauvée de la débâcle d’un orphelinat d’Istambul après la seconde guerre mondiale.
L’oncle Jozef qui probablement gardait aussi dans son grenier l’enfer de sa bibliothèque.
Mais je m’égare...
J’ouvre le livre de Tytgat et, seconde surprise, il est dédicacé par Tytgat à l’éditeur. Je ne suis pas bibliophile, ce qui m'importe est le contenu d'un livre, mais ce petit plus me ravit.
Et puis, l’année de l’édition,1943, les reproductions en couleurs et l’emploi d’un papier luxueux par ces temps de guerre où le papier était une denrée rare, peut étonner mais il s’explique par le fait que l’Oncle Jozef était directeur des Beaux Arts de Bruxelles, sa fonction lui permettant d’obtenir certains avantages dont il fit profiter des artistes aussi bien flamands que francophones. Il était lui-même parfait bilingue.
Un troisième plaisir c’est bien sûr la lecture du texte. J’y découvre à la fois le peintre que je connaissais mal et l’extraordinaire sensibilité de l’oncle Jozef en matière d’art.
Parfois il me semble que les générations loin de se succéder, se croisent et s’interpénètrent.
Merci monsieur Gutenberg.
Composé en 1924, « Raphsody in blue », poème symphonique de Gershwin fut la première oeuvre solide avec laquelle l'auteur abandonna le succès facile des opérettes, du cinéma et des "revues", en s'efforçant d'intégrer les caractéristiques rythmiques instrumentales et thématiques du "jazz" aux modes savants de la musique européenne, en l'occurence le poème symphonique dans le genre de Strauss. Malheureusement, quelque chose de l'emphase et de la mégalomanie instrumentale du modèle est passé dans l'imitation américaine, étouffant en partie la fraîcheur et la pureté des éléments du jazz. "Blue" est une expression américaine signifiant tristesse, nostalgie ou mélancolie; ce sentiment caractéristique a donné naissance à un thème de danse et de chant populaire non moins caractéristique, dont s'est inspiré Gershwin lorsqu'il a voulu célébrer la vie intense et tumultueuse des métropoles, des foules laborieuses, le vacarme des grandes avenues au pied des gratte-ciels, l'insatisfaction et la tristesse réprimées de l'individu perdu dans la foule. Phénomène typiquement américain: le sentiment éclôt, ténu et délicat, sur un sol de ciment et d'asphalte, dans la rigidité géométrique de la vie moderne. Musicalement, cette oeuvre se compose de divers éléments: les cris insolents d'une instrumentation de jazz multicolore, attirante par la banalité de son allégresse bruyante et facile; le repliement élégiaque et désolé sur la nostalgie des archets et des saxophones; et, au fond de tout cela, le rythme obstiné et frénétique du jazz, comme le piétinement d'une foule énorme et affairée. Il ne s'agit donc pas d'une oeuvre légère ou burlesque, ainsi que pourrait le laisser croire son aspect extérieur particulièrement brillant; mais d'une oeuvre profondément sentie, exprimant en partie la tragique contradiction de la vie moderne dans les grandes capitales, constructions arides de ciment et d'acier.
Dans « Le Printemps noir » (1946), receuil de nouvelles de Henry Miller, la première nouvelle -Le 14e district"- donne le ton de tout le livre. Vingt-sept pages faites avec rien (le souvenir des gamins du 14e disctict), mais un rien essentiel. "Le grand changement. Dans notre jeunesse nous étions entiers et la terreur et la douleur du monde nous perçaient de part en part. Il n'y avait pas de séparation aiguë entre la joie et le chagrin, ils se fondaient en un tout comme notre vie éveillée se fonde avec le rêve et le sommeil. On se levait entier le matin et le soir on plongeait dans un océan, complètement englouti, accroché aux étoiles et à la fièvre du jour écoulé." La révolte de Miller sera, comme celle de Rimbaud, une révolte logique commandée par cette double constatation: avant c'était la vie, la vraie vie pleine et entière, sans compromis, sans limite et maintenant il n'y a plus rien, c'est-à-dire que "le monde est devenu un labyrinthe mystique, érigé au cours de la nuit par une nuée de menuisiers. Tout est mensonge, tout est truqué, Carton pâte." Tout se passe donc somme si, soudain, toutes les perspectives avaient été renversées: "Puis vient un temps où soudain tout paraît renversé. On vit dans l' esprit, dans les idées, par fragments. Nous ne buvons plus à la farouche musique extérieure des rues." L'exigence qui commande la plume de l'écrivain est, à la lettre, vitale. C'est tout ou rien. Et il est bien évident que pour restituer ce tout (ce monde sauvage) tous les moyens sont bons: "Je cherche tous les moyens d'expression possibles et imaginables et c'est comme un bégaiement divin. Je suis ébloui par le grandiose écroulement du monde." C'est cette exigence d'une insoutenable pureté -ou d'une insoutenable impureté- que l'on retrouve dans toutes les nouvelles de "Printemps noir", abordée sous tous les angles, celui de la folie ("Je porte un ange en filigrane"), du rêve fantasmatique ("Plongé dans la vie nocturne"), du souvenir autobiographique ("La boutique du tailleur") ou de l' humour dans la nouvelle intitulée "Un samedi après-midi" qui est une incomparable dissertation sur les pissotières.
Retour au décors paysagés , histoire de changer, histoire de tester les limites de l'austérité.

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55x38 un regard acry et marouflage sur toile
Parce que en fait il s'agit selon l'humeur d'austérité ou de fantaisie
Reflexion de mon oncle André Thévenin 1928-2008, ancien proviseur des lycées français d'Alexandrie, Saigon, Montevidéo, Annaba, Bueno Aires, Rome.
Naître nu, pur de tous souvenirs, arraché à toute mémoire alors que, derrière mes yeux encore clos, veille l'ombre, à tout jamais opaque, à tout jamais refusée, de centaines de générations ignorées.
Bonjour,
Je me présente... 54 ans, l'amour des mots, l'amour des gens. Ma sensiblité au service d'autrui, soit pour gagner ma vie, soit pour éduquer 2 enfants qui, aujourd'hui, rendus à l'âge adulte sont ma joie et mon ressourcement. Grand-maman depuis 10 mois... Merveilleux cadeau..... Merci la vie !
Je suis parmi vous pour développer l'amour des mots et ma sensibilité que je veux rendre à mon service. Bien oui, à l'aube de la retraite, je veux suivre le chemin de mon coeur et éclater cette sensibilité qui m'appartient par tout vent et par tout océan.
Comme des spores qu'on aurait contenu trop longtemps je vous offre mes mots ......
Je laisse votre propre coeur et vos propres mots continuer cette phrase afin de créer un lien à l'odeur salin.
Josée xx
Prix Joseph De Keyn 64ème concours, 2e période, 1er janvier 2009 – 31 décembre 2010
Le Prix Joseph De Keyn est décerné une année sur deux par l’Académie royale de Belgique, à un ou plusieurs auteurs belges d’ouvrages profitables à l’enseignement, écrits en français ou en néerlandais (manuels scolaires, ouvrages pédagogiques et œuvres littéraires destinées à la jeunesse scolaire).
Le 31 décembre 2010 s’achèvera la période consacrée à l’enseignement moyen. Peuvent participer à ce concours des manuscrits et des ouvrages portant les millésimes 2009 ou 2010. Les ouvrages sans indication de date sont écartés, la preuve de l’impression pendant la période résultant de l’indication imprimée du millésime. Seule la première édition d’un ouvrage peut être prise en considération, sauf remaniements importants apportés dans les éditions subséquentes.
Les ouvrages dus à la collaboration de plus de deux auteurs sont généralement écartés, à moins qu'ils n'aient l'aspect d’un ouvrage anonyme publié par une Institution.
Il n’est pas fait de rapport sur les ouvrages non couronnés.
Les ouvrages doivent être adressés en TRIPLE EXEMPLAIRE à l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique – Palais des Académies – 1, rue Ducale à 1000 Bruxelles, et ce avant le 31 décembre 2010.
Les auteurs et les éditeurs sont priés d’effectuer sans tarder l’envoi des publications qu’ils désirent soumettre au Jury, et les professeurs de pédagogie de l’enseignement supérieur sont invités à envoyer leurs travaux ou ceux de leurs élèves.
C'était aussi un lundi 13 septembre,il ya 11 ans en 1999 "Les vacances ont emporté monpère. Ou peut-être était-ce l'éclipse. Il voulait tellement la voir. Dans sonvillage de l'Oise, elle devait être totale. Il a mis sur ses yeux presqueaveugles, les lunettes carrées. Il a attendu. Les nuages ont tout caché. Monpère était déçu ! Sûr que maintenant il a retrouvé la lune et le soleil réunispour lui. Mais je savais bien que cette éclipse était de mauvais augure.
Peu après, il est mort, suite à une négligence à l'hôpital. Une erreur de diagnostic. On voulait porter plainte, mais allez prouver quelquechose ! Ils auraient fini par avoir le dernier mot. Il était tellement malade,le cœur, les poumons, le foie et tout le reste ! Ils n'ont pas osé l'opérer. Maisils auraient pu le dire !
Pourtant, si j'avais les moyens je ferais quand même un procès. Pas pour gagner, mais pourdemander qu'on respecte la dignité des gens, même quand ils sont très malades.On n'a pas le droit de leur voler la vérité, de leur faire croire qu'ilssortiront dans deux jours et leur donner un repas normal que le foie nesupportera pas : le dernier repas du condamnéqui ne sait pas qu'il vit ses dernières heures. On nous a privés de prendrecongé de lui. On a emprisonné les mots qui apaisent, empêché de laisser filerle fleuve d'amour retenu comme les eaux d'un barrage, par peur de senoyer. On nous a pas laissé exprimer ceque nous étions les uns pour les autres et qu'on ne sait pas dire parce qu'on aparfois honte de ce qu'on est devenus, honte d'avoir laissé échapper l'amour...
Je suis allée à l'enterrement. Je les ai écoutés parler, tous, ma mère, ma sœur, mon frère et même les voisins. Ilsdécrivaient un homme que je ne connaissais pas ou mal : mon père. Dans messouvenirs, il n'était pas celui qu'ils évoquaient.
Maintenant qu'il n'est plus là, je voudrais préserver lemeilleur de lui. Heureusement, il me reste des images de la petite enfance, leshistoires qu'il nous racontait le soir et les beaux livres qu'il m'offrait. Il nous laissait le choix entre la créationde la vie façon Genèse ou l'histoire du petit poisson devenu grenouille, puismammifère avant d'avoir la drôle d'idée de se transformer en homme. J'ai choisi de croire en Dieu.
Je reste seule avec mes regrets déplacés d'avoir fini par oublier qu'il était quelqu'un de bien. Je vais devoir gommer de ma mémoire, l'adolescente meurtrie de ne trouver que descoups à la place de paroles réconfortantes.
Il n'a jamais compris que je séchais les cours parce que je me sentais rejetée par les autres. Je cachais ma souffrance par des mensonges en lui affirmant queje n'avais jamais manqué le lycée. II voyait rouge. J'entends encore ma tantedire à ma mère : « Fais quelquechose, il va la tuer ! » Après, ilclaquait la porte et sortait. Ma mère me reprochait de l'avoir encore énervé.Elle craignait qu'en prenant la voiture, il ait un accident . Et personne pour me consoler.
Á l'époque, c'était normal de corriger les enfants. Même les flics le lui avaient conseilléaprès ma fugue. Il pouvait pas savoir. J'ai pardonné depuis longtemps, mais jerefuse d'oublier un fragment de mon histoire qui me permet de comprendrecomment je suis devenue celle que je suis. J'ai besoin de toutes lesparties de moi pour accompagner Julien.
Dans le cimetière du village, le vent du Nord était glacial. Je l'ai écouté craquer en écartelant ma mémoire dans l'écho du plat pays sangloté par Jacques Brel. Il y avait dumonde. Et toutes ces fleurs, pour dire àquel point il était apprécié pour ses qualités humaines. Ces bribes de véritéet celle que j'avais faite mienne s'opposaient et pourtant finissaient par se confondre. Qui pouvait vraiment dire quel homme il a été au plus profond de lui-même ?
Quand ils sont tous partis, je suis retournée me recueillir sur sa tombe. L'amour n'en est que plus grand si on l'accepte avec ses ratés. Comme iln'y avait pas eu de cérémonie religieuse, j'ai demandé à Patrick et Juliend'allumer un cierge pour qu'il retrouve sa trajectoire céleste en suivant la course de la lune vers le soleil."
Extrait de la grognasse de Martina Charbonnel:
Statistiques du Réseau du 13 août 2009 (début de sa création) au 12 septembre 2010:
954 124 pages vues. (Google analytics)
Nous approchons doucement du million de pages vues.
Remerciements à tous les participants
Robert Paul
Il Faut laisser au ciel le temps de se couvrir.

Tête au ciel sombre
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Laisser au temps du répit.
Entre deux couches de nuages, un cri de jouissance, un peu de souffrance.. Laisser revenir un ou deux regards
La quiétude d'une soirée de fin d'été est à ce prix.
1962, j’avais 21 ans et je suivais les cours de gravure et illustration du livre dans l’atelier de Joris Minne à la Cambre.
Paul Delvaux etait professeur de peinture dans la même école.
Un jour que je m’affairais à imprimer une gravure sur la grosse presse de l’atelier, je vois entrer Delvaux qui regarde avec intérêt la manoeuvre.
Il me dit ensuite que n’ayant jamais fait de gravure, il aimerait s’y essayer.
Je descends à l’atelier des métaux, découpe et poli une plaque de zinc que je recouvre ensuite de vernis. J’explique à Delvaux comment griffer le vernis pour obtenir un dessin.
Quelques jours plus tard il m’apportait son travail.
Avant d’obtenir une impression parfaite, j’e fis quelques essais sur divers supports.
Or j’étais à l’époque fiancée à un ancien élève de la Cambre qui faisait son service militaire en Allemagne. Je lui écrivais tous les jours et j’avais l’habitude, que j’ai gardée tout au long de ma vie, d’orner les enveloppes avec des dessins.
Cette fois là c’est une gravure de Delvaux qui a décoré l’enveloppe.
Bien des années plus tard cette lettre a été retrouvée.
L’mpression est mauvaise mais c’est la première gravure de Delvaux, le cachet de la poste faisant foi et c’est pour moi un joli souvenir que je garde précieusement.
Bonjour à tous les amis de ARTS et LETTRES
J’ai fait la paresseuse en écriture ,j’étais en principe en vacances professionnelles, mais…je me suis embarquée dans des travaux à ne plus en finir !!!
Lundi ,c’est la reprise du collier, la préparation des expos de fin d’année et là je vais retrouver mon énergie quintuplée….
Je serai à Tour &Taxis du 29/10 au 1/11 ou je représente la Province du Hainaut, j’aimerai bien faire la connaissance de tous ceux qui peuvent y venir , c’est une occasion de partager nos concepts artistiques….plus seulement en virtuel….
Ensuite peut être Baccarat……
Puis les Portes Ouvertes, à mon Show Room- Galerie.........
Au plaisir , bonne rentrée à tous ….. et bonne création !
christiane/christiguey
de Fabienne Coppens
Vous pouvez vous pocurer l'album complet : "Pas la même histoire" auprès de l'auteure
Fleurs de vie
Je te désirais tant
Chaton de mon arbre bourgeonnant
Je t'ai de suite aimé
Lorsque je t'ai senti bouger
Puis vint le jour où tu m'as bousculée
Lorsque sur ma peau, on t'a placé
Cadeau merveilleux
Trésor précieux
Tu t'es donné à la vie
Dans toute sa magie
Tu as grandi remplissant mon jardin
De rires enfantins, que de cadeaux divins
Le soir repu, confiant, tendrement
Tu te blottissais contre mon sein accueillant
Tes yeux rivés aux miens, te contant des histoires de fées
Je t'emmenais doucement au pays de Morphée
Et sur la pointe des pieds, sortais un court moment de ta vie
Pour confier ton sommeil aux anges
Qui se bousculaient pour t'avoir, ne fut-ce qu'un court instant, dans les bras
Tant ton sourire était fait d'auras
Et lorsque le soleil se levait
Vers les miens, tu te dirigeais
Pour me permettre de te reprendre la main
Et de t'emmener sur le chemin....
A mes fils, humblement votre maman
Jeanne-Marie
Face à face...
Une pièce bouleversante, un texte magnifique et fort : L’hiver de la cigale de Pietro Pizzuti
Eclairage sur la trame : il s’agit de Laura Welter, maintenue en détention préventive, hors de son pays natal, … le Chili sans doute, accusée d'avoir tué le général Oscar Antonio Roederer, ancien dictateur de son pays. Elle risque l’extradition et ses conséquences innommables. L'avocate de la défense, Maître Nathalie Franchi, va avoir du mal à arracher des aveux à sa cliente qui ne veut rien moins à travers son procès obtenir une révision au niveau international de l’immunité parlementaire. Extrait : « …Un vieux Monsieur dont la mauvaise santé était le plus efficace des passeports diplomatiques..»
Prenez deux personnages féminins, quarante ans, aussi contrastés que possible : une avocate très élégante, bourrée de féminité, coupe garçonne et voix de tragédienne, femme protectrice ... et une terroriste comédienne, feignant l’autisme, les cheveux mi-longs cachant le visage, la démarche mince et hésitante, en tenue de prisonnière kaki, bottines aux pieds, femme victime courageuse.
Mettez-les face-à-face et que la joute commence. Le combat singulier s’engage avec subtilité. Il y a un mystère à découvrir, une question fondamentale à comprendre. Rien ne progresserait sans cette interrogation et sans cet interrogatoire, minutieux, presque socratique. Qui des deux est la fourmi ou la cigale, on ne cesse de se poser la question.
L’empathie est le tiers personnage. On découvre qu’elles ont en effet la capacité de se mettre à la place l’une de l’autre, elles possèdent une qualité d’écoute profonde et ces deux femmes vont mutuellement se métamorphoser peu à peu au contact de l’autre, de révélations en révélations, les émotions devenant de plus en plus palpables et partagées. Le sujet est grave, le texte de la loi inflexible. Le texte de Pizzutti est saisissant et fourmillant de nuances. Tout les sépare et tout va les faire se rejoindre dans un même combat, celui de la vie ! Peu à peu, on assiste à un crescendo de révélations de plus en plus violentes au fur et à mesure que le meurtre semble devenir justifiable. Quel tour de passe-passe, ce combat verbal féroce et obstiné de filles d’Hercule, aussi fortes l’une que l’autre, où les rôles finissent par se renverser ! Et voilà le transfert du pouvoir absolu de l’une ... vers le pouvoir de l’autre, car on l’aura reconnu : c’est la liberté et le pouvoir de la vie qui doivent émerger ! C’est qu’elles ont en commun une confiance éperdue dans le progrès humain et la victoire du Bien sur le Mal. Et en secret, la nécessité d’une certaine rédemption.
Pourtant tout les séparait. Cigale et fourmi se rejoignent dans une nouvelle Antigone qui ne mourra pas, ni l’été, ni l’hiver. Pièce admirable servie par des comédiennes de haut vol…
du 09/09/2010 au 30/10/2010 - Théâtre Le Public - 1210 Bruxelles
Salle des Voûtes - Création mondiale -
Avec Nathalie Cornet et Laurence Vielle, Mise en scène Magali Pinglaut