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A mon Ange



A mon Ange

Avez-vous déjà parlé à un Ange…
Descendu… doucement, tel un papillon, un soir…
Pour vous prendre dans ses ailes blanches
Et vous redonner l’espoir….

Avez-vous déjà écouté un Ange…
Vous susurrer les plus beaux mots…
Vous inculquant force et courage
Cachant ainsi à vos yeux… ses propres maux

Avez-vous déjà vu pleurer un Ange…
Lorsqu’une aile brisée… il laissait couler une larme
Troublant mélange…
D’une opaline et d’une perle issues de son âme ....

Avez-vous déjà Aimé un Ange…
Si fort… que les cris vous sortaient du coeur…
Tant il était dur de le voir regagner les nuages
Oubliant égoïstement son propre bonheur….

Avez-vous déjà remercié un Ange…
Pour le trésor qu’il vous a légué
Lorsque vous prenant les doigts par temps d’orage…
Terrassé par la foudre… il disait encore vous aimer.


A mon Ami Phil.… qui malade s’oubliait en redonnant

espoir et courage aux autres

Jeanne-Marie… le 06.06.2004

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Le rire dans les poèmes de Nietzsche

Nietzsche n'a pas, à proprement parler, composé d'oeuvres poétiques, mais il a semé ses principaux ouvrages de poèmes que ses éditeurs ont par la suite réunis en un recueil. Ce choix fut tenté pour la première fois en 1894, par Fritz Koegel qui lui consacra le huitième volume des "Oeuvres complètes". En 1898, la soeur de Nitezsche donna une nouvelle édition de ce volume en l'augmentant de quelques poésies de jeunesse et, en 1899, Arthur Seidel refondit l'ensemble.

Les poèmes de Nietzsche ont été écrits de 1871 à 1888 avec une production plus abondante entre 1882 et 1884; on les rencontre surtout dans "Humain, trop humain", "Ainsi parlait Zarathoustra", le prologue et l'appendice du "Gai savoir" et l'épilogue de "Au-delà du bien et du mal". Quelques autres ont été tirés de douze cahiers dans lesquels Nietzsche notait ses pensées avant de leur donner une forme définitive.

Les poèmes de jeunesse correspondent à des épanchements lyriques vite taris. Ils utilisent, en général, des formes régulières fondées sur le nombre des syllabes et la rime. Ils sont pleins de préciosités et souvent même de mignardises. A la période suivante, cet attrait sentimental cède la place à une pensée de plus en plus forte qui se cristallise dans une forme concise et frappe des sentences, des maximes et des aphorismes. Le lyrisme réapparaît à la fin du cycle poétique ("Dithyrambes à Dionysos") mais avec une vigueur et une intensité qui marquent l'apogée et l'éclatement des thèmes propres à Nietzsche. Les "Poésies complètes" sont loin de donner une connaissance totale de la pensée de Nietzsche mais elles en tracent la courbe. Chaotiques, composées au gré de la passion, elles ne nomment presque jamais le rire mais le rire, thème purificateur par excellence, éclate partout et constitue leur lien profond. Au sommet, quand la passion touche au sarcasme, elle se retourne brusquement contre elle-même et rit de ses invectives. Nietzsche est alors au plus près de sa vérité, car son rire lui procure ce détachement qui est l'essence même de son bonheur. Les "Poésies" sont, en quelque sorte, le rire de son oeuvre, elles sont aussi une invitation pressante à descendre dans la pensée jusqu'aux limites du vertige.

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administrateur théâtres

Etats de couple (théâtre Argan 42)

 

 

Etats de couple : tu m’aimes, pour... quoi ?

Voici une composition fantaisiste de scènes de couple, tantôt acerbe, tantôt tendre, toujours humoristique à travers leur grandeur et leur décadence. L’absurde et le surréalisme plantent le décor dès la première scène … dérapage immédiat pour s’être fiés à un livre de savoir vivre plutôt qu’au savoir être. La toile de fond est faite de pure mauvaise foi. Les nuances de cette toile lumineuse revêtent les couleurs pastel de l’arc en ciel, au propre et au figuré, pour faire le tour de toutes les situations et en voir de toutes les couleurs ! Savants jeux de projecteurs, sensibles et épicés. Les liens musicaux légers et discrets sont de vrais morceaux choisis. Les scènes éclair se succèdent, les mimes, les mimiques, les rires, les pleurs, les crises et quelques abandons. On se reconnait par flash soudains d’une phrase que l’on a sûrement déjà prononcée un jour et cela chatouille le cœur.

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Tout est une question d’optique et de ses illusions. Les changements de lumières, ceux des costumes nous emmènent dans le kaléidoscope amoureux, fracturé par les tâches domestiques, la télé, le boulot, les mille et une incompatibilités et hostilités rentrées. Scènes d’heurs et malheurs domestiques, puis comme un refrain de Zazie dans le Métro on se retrouve soudain avec la même scène, déjà vue, jouée de dix manières différentes, à la Raymond Queneau…. C’est comme dans la vie: ces nœuds sur lesquels on bute sans jamais vouloir changer une ligne du dialogue. Survient alors une magnifique scène de solistes - couple oblige - qui commence tout en douceur, chacun sa partition, et se termine en apothéose cacophonique aussi hilarante que brillante. Qu’ils sont beaux quand ils sont en colère, lorsque homme et femme orchestre se déchaînent! Les deux comédiens se lâchent complètement dans le pastiche de la scène d’ouverture de la Jalousie de Sacha Guitry. Bonheur d’interprétation! Colette Sodoyez est exquise ! La fin ressemble comme deux gouttes d’eau à du Guillaume Musso. Au milieu de toutes les scènes turbulentes dans la mosaïque de ce chaos organisé, on découvre… un couple enlacé dans le vitrail !

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Une comédie de Marc Pheline et Odile Clair

Avec Colette Sodoyez et Michel Hinderyckx

Mise en scène: Laurent Renard

 

Photos LucTourlouse 2010, festival Bruxellons

Une production de Argan42, la comédie de Bruxelles, Au Théâtre des Martyrs pour la saison 2010-2011

Au Théâtre de la Place des Martyrs

Atelier

Du 27 avril au 29 mai 2011

 

 

 

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Milosz (1877-1939), prince lituanien, arrive à Paris dans les dernières années du siècle. Consul de Lituanie, naturalisé et converti au catholicisme, il fut l'un des meilleurs représentants du symbolisme français. Dans son premier receuil, publié en 1899, le "Poème des décadences", Milosz adoptait sans réserve les thèmes et les découvertes verbales du symbolisme. Mais ce qui chez beaucoup n'était alors qu'affectation correspondait profondément à son expérience personnelle, à ses hérédités nationales et sociales. Cet aristocrate déchu, qui apportait avec lui une atmosphère de sombres légendes nordiques, était bien préparé à s'enivrer de mélancolie, d'ennui et cette lassitude qu'engendre le spectacle des civilisations finissantes.

Par là, il est donc peu original: mais il ajoute aux plaintes et aux pleurs symbolistes une dignité et une fierté peu habituelles. Aucune affectation dans son spleen. Le recueil n'eut aucun succès, n'attira pas même l'attention. A un moment où le symbolisme s'affaiblissait, Milosz n'avait pas craint de s'afficher "décadent" et poussait dans ses traits les plus noirs une tristesse qu'aucune lueur mystique ne venait encore éclairer.

"Les sept solitudes" (1906) ne firent qu'accentuer les caractères de sa première oeuvre. Ces alexandrins allongés, d'une grande puissance invocatoire, nous introduisent dans le drame ardent d'une âme que le doute ne cesse de poursuivre. La tristesse qui se dégage du receuil est immense et la hantise de la mort y atteint son paroxysme: "Et grâce aux trous creusés par le noir printemps -Les corbeaux sont gras de froide chair humaine; -Et grâce au maigre vent à la voix d'enfant -Le sommeil est doux aux morts de Lofoten... -Ah! les morts, y compris ceux de Lofoten -Les morts, les morts sont au fond moins morts que moi!"

L'âme du poète continue pourtant d'être traversée par de mystérieuses réminescences, avant-goût d'un monde surnaturel que Milosz ne sait encore ni concevoir, ni bien nommer, mais qui laisse pressentir sa future conversion: au cours des années qui précèdent la guerre, Milosz parcourt l'Europe entière: devenu cosmopolite (il y était bien préparé par la bigarrure de ses hérédités, par son expatriation, par sa connaissance de nombreuses langues étrangères), il traduit, et presque toujours d'une manière excellente, les poètes lyriques du Nord: Byron, Shelley, Coleridge, Goethe, Schiller.. Mais surtout ces itinéraires européens aident bientôt à naître un Milosz très différent de celui des premières oeuvres, qui s'exprimera dans "Les éléments" (1911): le calme et la sérénité des paysages qu'il a contemplés, lui ont fait découvrir les promesses de cette Sagesse qu'il cherchait obscurément. Sa ferveur religieuse s'exhale, mais d'une manière encore toute panthéiste, dans un effort pour devenir en pensée un simple élément du Cosmos immense. La mort elle-même se transfigure, devient la promesse d'une éternelle communion avec la vie de l'univers. Cette évolution de la pensée de Milosz, ce retour à l'ordre se poursuivent dans le roman intitulé "L'amoureuse initiation" et surtout dans "Miguel de Manara", où Don Juan est présenté comme le chevalier mystique de l' amour humain et divin, qui veut embrasser tout l'univers d'une passion absolue, et qui finalement aboutira à Dieu.

Milosz, pleinement converti, devient un lecteur de la Bible, qui lui inspire la plupart de ses poèmes ultérieurs. Dant "Mephiboseth" (1913), il reprend le thème de l' amour sublimé, qu'il avait développé dans "Miguel de Manara". Aussi parfaitement qu'il venait de ressusciter la poésie orientale dans cette dernière oeuvre, Milosz exprimera la nostalgie du pays natal dans les poèmes composés pendant la guerre et publiés en 1915, sous le titre de "Symphonies". Il pourrait d'abord sembler qu'il n'y ait eu aucune évolution dans la pensée de Milosz depuis son premier recueil: c'est bien en effet, ici comme dans le "Poème des décadences", la tristesse la plus amère et les rêves d'un passé diffus, enveloppé de brumes, inaccessible, dont la présence ne fait que rendre plus aiguë la solitude du poète: "Solitude, ma mère, redites-moi ma vie..." Mais la nouveauté des "Symphonies" ("Symphonie de septembre", "Symphonie de novembre", "Symphonie inachevée"), c'est une résignation heureuse qui atteste assez que Milosz s'est à jamais débarrassé de son premier nihilisme.

Au terme des tristesses et de la nostalgie, la lumière apparaît, signe d'une vie nouvelle, déjà en partie goûtée et possédée: "un soleil intérieur -Se levait sur les vieux pays de la mémoire". Cet élan mystique, qui triomphe de l'angoisse, s'affermit encore dans "La confession de Lemuel" (1922): "Les voix que tu entends ne viennent plus des choses" peut alors se dire avec certitude Milosz; et l'ascension qu'il entreprend, il essaiera, avec les mots les plus précis qu'il pourra trouver, de la relater dans son "Cantique de la connaissance": le voilà, sorti de ce "monde de la négation, de l' adultère, du massacre", qui gravit la montagne, malgré "la démence de l'éternité noire d'à côté", "noyé dans la béatitude de l'ascension". Une fois parvenu ainsi à sa pleine maturité, Milosz a abandonné la rime et conquis sa forme propre, point d'équilibre entre le vers libre et le verset claudélien.

Uniquement préoccupé désormais de problèmes spirituels, il est devenu l'homme de la Bible, qu'il interprète selon une assez obscure symbolique. Les poèmes mystiques de cette époque, le "Psaume de la réintégration", le "Psaume du roi de la beauté", le "Psaume de l'étoile du matin", où nous apparaît une vierge insolite, fastueusement chargée d'ornements baroques et hébreux, appartiendraient beaucoup plus à l'expérience spirituelle proprement dite qu'à la littérature. Leur hermétisme montre l'échec de Milosz à traduire les nouvelles découvertes de son âme: aussi renoncera-t-il dès lors à composer des poèmes.

On conçoit que cette oeuvre soit restée à peu près inconnue des contemporains: si l'on ne s'en tient qu'à la forme, il faut convenir que Milosz est par trop demeuré fidèle à la stricte orthodoxie du symbolisme, et jusque dans les faiblesses de celle-ci. La grande vertu de ces poèmes est de dégager un climat indistinct, d'exotisme diffue et envoûtant, d'exciter en nous la rêverie de ces mystérieux pays antérieurs, découverts par Nerval, et où les âmes fatiguées aimeront toujours à aller se dissoudre.

Extrait du "Cantique de la Connaissance"

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Albert Thibaudet publie en 1930 sa «Physiologie de la critique » . "Physiologie", parce que l'oeuvre entreprise par Thibaudet n'était ni une psychologie, ni une géographie, mais une simple introduction à l'histoire de la critique française et correspondait à cette "physiologie de l'homme en société, considéré dans ses rapports avec la terre", qui est une partie de la géographie: physiologie donc en un double sens: étude des "fonctions" de la critique, mais aussi étude des modes de peuplements, si l'on peut dire.

L'ouvrage distingue en effet, dans ses trois derniers chapitres, les trois fonctions de la critique: le goût, la construction, la création; et dans ses trois premiers chapitres, les trois régions naturelles: la critique spontanée, la critique professionnelle, la critique des maîtres. La critique spontanée, c'est celle des honnêtes gens qui lisent, qui parlent de leurs lectures: critique du jour , qui prend souvent la forme de la critique journalistique. Elle est entièrement tournée vers l'actuel. La critique professionnelle a une histoire bien définie: Chapelain, Voltaire, La Harpe, Brunetière et quelques autres. On sent que Thibaudet, qui est pourtant lui-même un critique professionnel dans toute la force du terme, ne goûte guère la critique des professeurs. C'est qu'il est bergsonien, et qu'il sait distinguer entre l' intelligence tournée vers le passé, et l' intuition qui coïncide avec la vie: d'où sa dénonciation de la critique qui prétend être à l'origine de l'oeuvre d' art et la déterminer à l'avance, et son souhait d'une critique qui chercherait à connaître la littérature de l'intérieur comme un organisme. La critique des maîtres, c'est par exemple le "William Shakespeare" de Victor Hugo, ou l' "Introduction à la méthode de Léonard de Vinci" de Paul Valéry ou encore certaines pages du "Génie du Christianisme" de Chateaubriand, critique qui est souvent une contemplation de ces essences que sont: le "génie", le "genre", le "livre". Après ces régions géographiques où habitent les critiques, leurs fonctions: le goût, la construction, la création. Le goût, comme le plaisir, conduit logiquement à une discipline, suppose une éducation et un discernement.

Mais la critique exige plus encore: elle construit des ordres, tel le genre, la tradition, la génération, le pays. Et cette construction, à son tour, suppose une capacité de création. Une critique créatrice est un idéal qui n'a été atteint que dans le "Phèdre" de Platon où Socrate fait coïncider merveilleusement création et critique. Toutefois, Thibaudet est conscient des limites de la critique et, toujours bergsonien, reconnaît que la critique correspond plutôt à quelque chose qui se défait qu'à quelque chose qui se fait, à la retombée matérielle d'un élan vital. Pour lui, la critique peut tout au plus créer des génies. "Génie du Christianisme", "Génie de la littérature anglaise", "Génie de Racine", êtres intermédiaires entre ciel et terre. Et son livre n'est-il pas lui-même, plus qu'une "Physiologie de la critique", un "Génie de la critique", où l'essence subtile et mesurée de la "dixième muse" tend à prendre conscience d'elle-même. Thibaudet est près de penser que ce génie intermédiaire est Amour, et qu'il sait respecter le pluralisme, la diversité féconde, les formes multiples de la Beauté.

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Le ridicule ne tue pas

Souvenez-vous, Mesdames, ne me dites pas que vous n’avez pas remarqué ces messieurs parfois vous faire la cour à en être clownesque ?

Souvenez-vous, Messieurs, ne me dites pas que vous n’avez jamais agi ainsi ?

Moi, je me souviens, c’est d’ailleurs pourquoi je me suis mis dans cette foule masculine.

Et oui, s’il y aurait eu un public, je devais le faire rire !

Mais, comment ne pas devenir par moment clown quand vos charmes nous enlèvent toute lucidité?

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Quai des désirs

"Je descends à Saint-Michel. Je tourne sur les quais. Il pleut. Je n'ai pas de parapluie, mais ça m'est égal. Un homme s'abrite sous un porche. Il crie pas mon nom parce qu'il le connaît pas, mais il m'emboîte le pas. Je lui semble paumée avec le visage dégoulinant de pluie. Il m'aborde. Il s'appelle Michel. Il a vingt-cinq ans. Nous parlons un peu. Je prétends avoir seize ans. Je dis que je suis en seconde alors que je suis en quatrième.


Je lui raconte ma solitude mon sentiment de n'être pas aimée et mon envie de mourir si je ne peux pas vivre mes désirs ! Notre-Dame veille sur moi. Son éclairage dessine, dans la nuit, des Quasimodos transformés en Cupidons endimanchés. Je grelotte. Michel me prête sa veste. L'île de la Cité ouvre pour moi la porte des Mille et une Nuits. Les flèches des anges éclatent sur l'eau comme des pétards mouillés et la pluie les transforme en serpentins qui dansent entre les reflets de flammes et de bougies en immersion.


Michel s'arrête. Il me presse contre lui. Sa bouche sur la mienne me ramène à la vie, me réanime, m'insuffle un torrent d'étoiles qui m'inonde de sensations nouvelles et me révèle une grotte prête à s'ouvrir.


- Tu es belle ! J'ai envie de faire l'amour avec toi me chuchote-t-il à l'oreille.
De m'être vue belle dans ses yeux me protège contre les blessures. Je ne sais que répondre, alors je ne dis rien. Il pense que mes parents vont me faire rechercher. Lequel de nous deux est le plus en danger ? Il me conseille de rentrer. Si je le souhaite, je peux le revoir, mais pas en fugue. Il m'indique un café, rue des Écoles où je pourrais le trouver. C'est imprécis. Ça ne fait rien. Je sais bien que nous ne reverrons pas.


Je prends le métro et le bus pisseux qui zigzague dans une banlieue castrée. J'ai oublié Zbonco. Ils pourront dire ce qu'ils voudront, mes parents. Jamais ils ne m'enlèveront ce souvenir. Pour un premier baiser, je ne pouvais rêver plus grandiose que l'île de la Cité. Manque plus que la musique de circonstance vaguement romantique, un film en noir et blanc, entre pluie de lumière et reflets. Plus fort que : “T’as de beaux yeux , tu sais” avec Gabin et Michèle Morgan ! “Quai des brumes” devient “quai des désirs”.


La fugue a tourné court. Je suis rentrée un peu après dix heures. Les coups sont tombés. "

Martina Charbonnel : La grognasse
Ce livre existe à présent en PDF ainsi que La Toile, Libérez Dieu, l'Etre aimé invisible.

Sur ce site

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tous les matins du monde .. sont sans retour

Film à voir le soir entre 2 verres de vin d'Anjou.

Film qui voue un culte à l'univers de Georges de la Tour et à ses clairs-obscurs.

Images magnifiques, musique qui vous entraîne au plus profond des spleen. Ah..! mélancolie quand tu nous rend plus beau, plus humain enfin.

La réalisation d' Alain Corneau est un hommage à la sobriété, la viole de Gambe s'attarde sans longueur.. avec langueur..


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Flo et la corde rouge 80x60 acry sur toile avec marouflage

Film diaphane tel un visage masqué de brume.

Madeleine au matin, le dernier matin.. et ses pieds qui se balancent doucement dans le vide

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poème

TROIS VIEILLES

Trois vieilles, vieilles, vieilles

S'en allaient dandinantes

dans le soleil de mai tout rempli de parfums

Marchant à petits pas; se tenant par la main

Prudemment, doucerment et toutes clopinantes

La première est tout de bleu vêtue,

Et ses yeux délavés ont des reflets de ciel,

Mais sa blanche tête chenue

Vers la terre, déjà, semble chercher sommeil.

Trois vieilles, vieilles, viellles.......

La seconde est habillée de rose,

Dans ses yeux noirs palis, les éclats sont ardents,

Souvenirs d'un passé qui ne fût pas morose,

Car tout rempli de joies, de bonheurs et d'enfants.

Trois vieilles, vieilles vieilles .....

La troisième, elle, a choisi le vert

Coloris tendre et doux de ses premiers printemps

Beau comme l'espérance il a chassé l'hiver

Et naît dans un ciel pur, plein de rêves, de chants.

Trois vieilles, vieilles, vieilles

Extrait du recueil "Parallélismes"

Altenloh 1983 ....

.

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Peindre c'est aimer encore

Cet ouvrage de Henry Miller parut en 1960. Ce bref et merveilleux volume, illustré de reproductions d'aquarelles de l'auteur, est un chant d'amour à la peinture et l'histoire d'une expérience qu’il commença en 1928. Parallèlement à son activité d'écrivain, Miller peint, déversant le trop-plein de son énergie créatrice en figures et en couleurs chatoyantes. Ici, il nous parle de sa façon de manier les pinceaux, des artistes qu'il a connus, des maîtres japonais, des oeuvres d'enfants et de fous (qu'il apprécie particulièrement), etc. "Peindre, affirme-t-il, c'est se remettre à aimer. Pour voir comment le peintre voit, il faut regarder avec les yeux de l' amour. Son amour à lui n'a rien de possessif: le peintre est obligé de partager ce qu'il voit. Le plus souvent, il nous fait voir et sentir ce que nous ignorons ou ce contre quoi nous sommes immunisés. Sa manière d'approcher le monde vise à nous dire que rien n'est vil ou hideux, que rien n'est banal, plat ou indigeste si ce n'est notre propre puissance de vision (...) Je me souviens clairement de la transformation qui se produisit en moi quand je me mis à voir le monde avec les yeux d'un peintre. Les choses les plus familières, les objets sur lesquels j'avais porté mon regard toute ma vie, voilà qu'ils devenaient pour moi une source d' émerveillement infini et que s'établissait en même temps un rapport d' affection. Une théière, un vieux marteau, une tasse ébréchée, ou tout objet qui me tombait sous la main, je les considérais comme si je les voyais pour la première fois. Et c'était vrai, bien sûr. Ne vivons-nous pas presque tous comme des sourds, des aveugles, des gens privés de sens?"

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Actualité de fin d'été en 1924

Chronique de Languenébé

1924, une révolution s’est produite dans la Fonction publique. Une femme de fonctionnaire, devenue veuve, peut revendiquer une pension de réversion. Sur la côte et près des ports militaires, elles sont nombreuses les veuves de marins de la Royale. Toutes ne savent pas lire et très peu d’entre elles connaissent leur nouveau droit.
Le garde maritime devient un assistant social. « Il fait les papiers ». Il n’est pas obligé mais il trouve cela normal. Dans son bureau, une table et deux chaises à l’entresol de la maison « Ker Eol » il reçoit des pauvres veuves en détresse. Il rédige, à la plume et à l’encre bleue, les demandes de pensions. Au début les femmes n’y croyaient pas trop, mais quand elles ont été convoquées à Morlaix pour recevoir de l’argent, elles ont cru que le Bon Dieu venait de revenir sur la terre ; même s’il fallait récupérer les sous dans la grande ville, en y allant à pieds et chaussées de sabots en bois.
Non, le garde maritime n’est pas le Bon Dieu… Même s’il arrive que des femmes reconnaissantes viennent, à genoux aux pieds des escaliers, remercier celui qui les a sorties de la misère.
En général, un garde n’est pas très bien vu, il embête tout le monde avec ses règlements. En plus celui-là n’est ni marin, ni pêcheur ; que ce soit à la ligne ou à pieds. Le monde de la mer l’indiffère complètement. Lorsqu’il a pris sa retraite de la gendarmerie maritime, l’Etat lui à proposé deux choses : d’abord un emploi réservé : il a choisi garde maritime, le métier le plus proche du sien. Ensuite, dans sa magnificence bien connue, l’Etat lui a proposé, soit un vélo tout neuf, soit une concession à perpétuité du domaine maritime ou il pourrait élever des coquillages. Des huitres par exemple. Evidemment il a pris le vélo, bien plus utile qu’un arpent de vase collante sur la grève.
Donc ce terrien, échoué à Carantec, aurait tout pour déplaire si les veuves ne lui avaient pas tressé des couronnes de louanges. Pourtant, il prend des initiatives qui pourraient déplaire.
La municipalité veut favoriser le tourisme, les hôtels poussent comme de la mauvaise herbe au printemps. Les estivants aiment se baigner, les femmes pas trop mais les enfants beaucoup. Au Kelenn, la plage des touristes, le maire a fait installer un plongeoir. (Les Morlaisiens de la Grève Blanche n’en ont pas besoin) Cet équipement touristique de pointe se compose d’une sorte de radeau en bois, ancré solidement et surmonté d’une petite tour d’où l’on peut sauter dans l’eau… S’il y en a assez !
Un photographe est venu prendre une « vue », à l’heure du bain, pour fabriquer une carte postale. Affluence et succès du plongeoir. Hilares, les enfants, en maillots de laine tricotés par les mamans, se pressent sur la petite plateforme.
Quand le garde maritime a repéré son petit fils sur la carte postale, son sang n’a fait qu’un tour. Vite, vite, interdire cet engin pour risque mortel par noyade. Il n’a pas tord. Le ressac balance le radeau et pourrait coincer un petit sous son poids. Un inconscient pourrait s’empaler sur l’ancre ; un maladroit pourrait plonger par erreur sur la plateforme et pas dans l’eau ; les berniques pourraient lacérer des jambes qui s’y frotteraient. Voilà le plongeoir hors la loi.
Par la grâce d’un modus vivendi bien compris, tout est bien qui finit bien. Ce n’est pas le plongeoir qui est interdit, mais plutôt sa conception. Il suffit de planter solidement une tour dans le sable pour remplacer le radeau et limiter les risques.
Du coup, on va en mettre aussi à la Grève Blanche, parce que les enfants de Morlaisiens aiment plonger autant que ceux des estivants.
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administrateur théâtres

souvenir musical à la galerie...

De la vraie musique dans une salle ‘ceci n’est pas une salle’ dont on aurait voulu repousser les murs tant les invités étaient nombreux. Notre violoncelliste japonaise prend la parole et explique le programme. Elle a la détermination tranquille du mélange réussi avec l’occident et va nous livrer avec bonheur toute sa sensibilité asiatique à travers une première œuvre de Mozart. Le bonheur est dans l’écoute. Le Duo pour violoncelle est soutenu par basse continue très profonde et sensible. Puis on s’embarque dans les replis italiens de Vivaldi. ♪♫•*¨*•.¸¸¸¸.•*¨*•♫♪♪♫•*¨*•.¸¸¸¸.•*¨*•♫♪ ♪♫•*¨*• Surprises de mélancolie et facéties joyeuses, danse et soleil. La fête perle sur les cordes, les sourires, l’entente et l’écoute mutuelle. Crescendo : nous voilà dans un feu d’artifices, avec Rossini et son humour. Les auditeurs vont faire éclater leur joie pour ce merveilleux temps de partage, puisque la musique c’est du temps, gratuit, artiste et rêvé. Merci pour ces premières couleurs d’automne dans la très belle galerie d’art. Encore : l’air des pêcheurs de perles de Bizet. Tout à fait à propos.

Shiho NISHIMURA (Jp) au Violoncelle et
Svetoslav DIMITRIEV (Be) à la Contrebasse

C'était le samedi 04 septembre de 20 h à 21 h.
Lieu : Espace Art Gallery 35, rue Lesbroussart à 1050 Bruxelles.

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Découverte de deux artistes à Barbizon

Ce dimanche 5 septembre 2010 m'a donné l'occasion de découvrir en famille l'exposition "Artistes de Barbizon" et tout particulièrement deux artistes. Je commencerai par Margot MACE, dont certaines oeuvres sont exposées à l'espace culturel Marc Jacquet (Barbizon, Seine-et-Marne) jusqu'au 12 septembre 2010. Connue dans les milieux de la cosmétique et de la mode, ses travaux ont été publiés dans la presse internationale. J'ai été particulièrement sensible à certaines pièces, dont Nearness que vous pouvez retrouver sur son site : http://www.bookmargot.com/ à la rubrique "tableaux".
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C’est en 1960 que Montherlant nous livre sa pièce en trois actes « le cardinal d’Esagne ». A la mort de Ferdinand, la régence fut donnée au cardinal Ximénez de Cisnéros qui, par sa tyrannie, se fit détester du peuple. Il mit sur le trône le jeune archiduc d'Autriche Charles, fils de Ferdinand et de la reine Jeanne qui, devenue folle, est cloîtrée dans son palais. Nous sommes à Madrid, en 1517. la pièce se déroule en trois jours -un acte par jour- durant lesquels le cardinal Cisnéros attend l'arrivée du jeune roi Charles. Et, durant trois actes, il s'acheminera vers la retraite, c'est-à-dire vers la mort.

Le cardinal Francisco Ximénez de Cisnéros, archevêque de Tolède, primat des Espagnes, grand chancelier et grand Inquisiteur, régent de Castille, a quatre-vingt-deux ans. Il nous est dépeint comme un être tyrannique: "J'accorde quelquefois ce qu'on ne me demande pas, mais je n'accorde jamais ce qu'on me demande", dira-t-il à Luis Cardona, son petit-neveu et capitaine de sa garde personnelle. Tous, à la cour, voudraient voir mourir cet homme qui porte le mal. Sur l'ordre du cardinal, Cardona ira avertir le roi de l'état de santé de sa mère, la reine Jeanne. Mais l'ambitieux capitaine trahit le cardinal: il le blâme auprès du roi, dont une lettre annonce à Cisnéros sa mise à la retraite. Cisnéros meurt de désespoir, victime de son aveuglement.

Cette oeuvre développe le problème de l' action et de l' inaction déjà évoqué par Montherlant dans "Service inutile" et "Le maître de Santiago". "Il n'y a pas, dit-il, de problème plus essentiel pour un homme que celui de décider si ses actes ont un sens ou n'en ont pas." Ce problème est ici illustré par trois caractères: celui de Cisnéros, homme qui a une fausse idée de lui-même; dès le premier acte il se vante qu'aucun affront ne peut le blesser, et quand le roi lui fait un affront, il meurt de douleur. Le caractère complexe de Cardona, qui mêle l'admiration à l'animosité, l'affection et la perfidie. "Il aime tout en trahissant, c'est-à-dire qu'il n'aime pas." Il trahit par petitesse, par rancune, mais surtout à cause du sentiment de son infériorité. Enfin, le caractère de la reine qui oscille de la sagesse profonde à la folie, et dont Cisnéros dira: "elle voit l'évidence, c'est pourquoi elle est folle". Un des éléments dramatiques de la pièce est le conflit permanent entre deux tendances du cardinal: son goût du pouvoir et son goût de la contemplation. Cette tragédie de l'aveuglement laisse peu de place à l' action: tout est dans les caractères et les élans des personnages. Ceux-ci sont fouillés et analysés à la perfection dans des dialogues souvent dépouillés et directs, parfois somptueux et imagés, qui donnent toujours une part importante à une langue variée, riche et puissante.

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Le 31 mars le Nouvel Espace Emile Verhaeren à Roisin ouvrait ses portes...Près de 1000 personnes ont visités le site à ce jour, vous dire le réel succès!!!

Pour mener à bien ce projet, nous nous sommes constitués en asbl "Mémoire d'Emile Verhaeren à Roisin" et travaillons en étroite collaboration avec les instances Culturelles de la PROVINCE DU HAINAUT.

Ce n'est que le début de l'aventure au service des citoyens, des écoles, des écrivains, des amoureux de la poésie...Alors,
si d'une façon ou d'une autre vous pouvez nous donner un coup de
main... si vous avez une proposition d' animation ou encore désirez
devenir membre de notre asbl, faire un DON...Je vous dépose ci-joint notre num de compte à savoir:

0003.2589.3728

ASBL MÉMOIRE d' ÉMILE VERHAEREN
RUE EUGÈNE PRÉVÔT, 16
7387 ROISIN

Je vous rappelle que notre association à pour but de perpétuer la mémoire, de sauvegarder le patrimoine matériel et immatériel, de créer des actions culturelles, ...autour de la personnalité du poète et de tous ses amis contemporains; et ce à l'attention d'un large public.

Pour tous renseignements complémentaires vous pouvez également contacter Monsieur René Legrand au 0476/59.82.66

Vous dire aussi qu'à travers notre dynamique culturelle, artistique, citoyenne, l'espoir de créer de l'emploi.

Mes meilleurs sentiments,


Muriel Vigneron
Membre du CA
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