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1924, une révolution s’est produite dans la Fonction publique. Une femme de fonctionnaire, devenue veuve, peut revendiquer une pension de réversion. Sur la côte et près des ports militaires, elles sont nombreuses les veuves de marins de la Royale. Toutes ne savent pas lire et très peu d’entre elles connaissent leur nouveau droit.
Le garde maritime devient un assistant social. « Il fait les papiers ». Il n’est pas obligé mais il trouve cela normal. Dans son bureau, une table et deux chaises à l’entresol de la maison « Ker Eol » il reçoit des pauvres veuves en détresse. Il rédige, à la plume et à l’encre bleue, les demandes de pensions. Au début les femmes n’y croyaient pas trop, mais quand elles ont été convoquées à Morlaix pour recevoir de l’argent, elles ont cru que le Bon Dieu venait de revenir sur la terre ; même s’il fallait récupérer les sous dans la grande ville, en y allant à pieds et chaussées de sabots en bois.
Non, le garde maritime n’est pas le Bon Dieu… Même s’il arrive que des femmes reconnaissantes viennent, à genoux aux pieds des escaliers, remercier celui qui les a sorties de la misère.
En général, un garde n’est pas très bien vu, il embête tout le monde avec ses règlements. En plus celui-là n’est ni marin, ni pêcheur ; que ce soit à la ligne ou à pieds. Le monde de la mer l’indiffère complètement. Lorsqu’il a pris sa retraite de la gendarmerie maritime, l’Etat lui à proposé deux choses : d’abord un emploi réservé : il a choisi garde maritime, le métier le plus proche du sien. Ensuite, dans sa magnificence bien connue, l’Etat lui a proposé, soit un vélo tout neuf, soit une concession à perpétuité du domaine maritime ou il pourrait élever des coquillages. Des huitres par exemple. Evidemment il a pris le vélo, bien plus utile qu’un arpent de vase collante sur la grève.
Donc ce terrien, échoué à Carantec, aurait tout pour déplaire si les veuves ne lui avaient pas tressé des couronnes de louanges. Pourtant, il prend des initiatives qui pourraient déplaire.
La municipalité veut favoriser le tourisme, les hôtels poussent comme de la mauvaise herbe au printemps. Les estivants aiment se baigner, les femmes pas trop mais les enfants beaucoup. Au Kelenn, la plage des touristes, le maire a fait installer un plongeoir. (Les Morlaisiens de la Grève Blanche n’en ont pas besoin) Cet équipement touristique de pointe se compose d’une sorte de radeau en bois, ancré solidement et surmonté d’une petite tour d’où l’on peut sauter dans l’eau… S’il y en a assez !
Un photographe est venu prendre une « vue », à l’heure du bain, pour fabriquer une carte postale. Affluence et succès du plongeoir. Hilares, les enfants, en maillots de laine tricotés par les mamans, se pressent sur la petite plateforme.
Quand le garde maritime a repéré son petit fils sur la carte postale, son sang n’a fait qu’un tour. Vite, vite, interdire cet engin pour risque mortel par noyade. Il n’a pas tord. Le ressac balance le radeau et pourrait coincer un petit sous son poids. Un inconscient pourrait s’empaler sur l’ancre ; un maladroit pourrait plonger par erreur sur la plateforme et pas dans l’eau ; les berniques pourraient lacérer des jambes qui s’y frotteraient. Voilà le plongeoir hors la loi.
Par la grâce d’un modus vivendi bien compris, tout est bien qui finit bien. Ce n’est pas le plongeoir qui est interdit, mais plutôt sa conception. Il suffit de planter solidement une tour dans le sable pour remplacer le radeau et limiter les risques.
Du coup, on va en mettre aussi à la Grève Blanche, parce que les enfants de Morlaisiens aiment plonger autant que ceux des estivants.
De la vraie musique dans une salle ‘ceci n’est pas une salle’ dont on aurait voulu repousser les murs tant les invités étaient nombreux. Notre violoncelliste japonaise prend la parole et explique le programme. Elle a la détermination tranquille du mélange réussi avec l’occident et va nous livrer avec bonheur toute sa sensibilité asiatique à travers une première œuvre de Mozart. Le bonheur est dans l’écoute. Le Duo pour violoncelle est soutenu par basse continue très profonde et sensible. Puis on s’embarque dans les replis italiens de Vivaldi. ♪♫•*¨*•.¸¸♥¸¸.•*¨*•♫♪♪♫•*¨*•.¸¸♥¸¸.•*¨*•♫♪ ♪♫•*¨*• Surprises de mélancolie et facéties joyeuses, danse et soleil. La fête perle sur les cordes, les sourires, l’entente et l’écoute mutuelle. Crescendo : nous voilà dans un feu d’artifices, avec Rossini et son humour. Les auditeurs vont faire éclater leur joie pour ce merveilleux temps de partage, puisque la musique c’est du temps, gratuit, artiste et rêvé. Merci pour ces premières couleurs d’automne dans la très belle galerie d’art. Encore : l’air des pêcheurs de perles de Bizet. Tout à fait à propos.
Shiho NISHIMURA (Jp) au Violoncelle et
Svetoslav DIMITRIEV (Be) à la Contrebasse
C'était le samedi 04 septembre de 20 h à 21 h.
Lieu : Espace Art Gallery 35, rue Lesbroussart à 1050 Bruxelles.
Mon espace exposition à l' Ermitage St Adelin à celles 14 août 2010
C’est en 1960 que Montherlant nous livre sa pièce en trois actes « le cardinal d’Esagne ». A la mort de Ferdinand, la régence fut donnée au cardinal Ximénez de Cisnéros qui, par sa tyrannie, se fit détester du peuple. Il mit sur le trône le jeune archiduc d'Autriche Charles, fils de Ferdinand et de la reine Jeanne qui, devenue folle, est cloîtrée dans son palais. Nous sommes à Madrid, en 1517. la pièce se déroule en trois jours -un acte par jour- durant lesquels le cardinal Cisnéros attend l'arrivée du jeune roi Charles. Et, durant trois actes, il s'acheminera vers la retraite, c'est-à-dire vers la mort.
Le cardinal Francisco Ximénez de Cisnéros, archevêque de Tolède, primat des Espagnes, grand chancelier et grand Inquisiteur, régent de Castille, a quatre-vingt-deux ans. Il nous est dépeint comme un être tyrannique: "J'accorde quelquefois ce qu'on ne me demande pas, mais je n'accorde jamais ce qu'on me demande", dira-t-il à Luis Cardona, son petit-neveu et capitaine de sa garde personnelle. Tous, à la cour, voudraient voir mourir cet homme qui porte le mal. Sur l'ordre du cardinal, Cardona ira avertir le roi de l'état de santé de sa mère, la reine Jeanne. Mais l'ambitieux capitaine trahit le cardinal: il le blâme auprès du roi, dont une lettre annonce à Cisnéros sa mise à la retraite. Cisnéros meurt de désespoir, victime de son aveuglement.
Cette oeuvre développe le problème de l' action et de l' inaction déjà évoqué par Montherlant dans "Service inutile" et "Le maître de Santiago". "Il n'y a pas, dit-il, de problème plus essentiel pour un homme que celui de décider si ses actes ont un sens ou n'en ont pas." Ce problème est ici illustré par trois caractères: celui de Cisnéros, homme qui a une fausse idée de lui-même; dès le premier acte il se vante qu'aucun affront ne peut le blesser, et quand le roi lui fait un affront, il meurt de douleur. Le caractère complexe de Cardona, qui mêle l'admiration à l'animosité, l'affection et la perfidie. "Il aime tout en trahissant, c'est-à-dire qu'il n'aime pas." Il trahit par petitesse, par rancune, mais surtout à cause du sentiment de son infériorité. Enfin, le caractère de la reine qui oscille de la sagesse profonde à la folie, et dont Cisnéros dira: "elle voit l'évidence, c'est pourquoi elle est folle". Un des éléments dramatiques de la pièce est le conflit permanent entre deux tendances du cardinal: son goût du pouvoir et son goût de la contemplation. Cette tragédie de l'aveuglement laisse peu de place à l' action: tout est dans les caractères et les élans des personnages. Ceux-ci sont fouillés et analysés à la perfection dans des dialogues souvent dépouillés et directs, parfois somptueux et imagés, qui donnent toujours une part importante à une langue variée, riche et puissante.
Pour mener à bien ce projet, nous nous sommes constitués en asbl "Mémoire d'Emile Verhaeren à Roisin" et travaillons en étroite collaboration avec les instances Culturelles de la PROVINCE DU HAINAUT.
Ce n'est que le début de l'aventure au service des citoyens, des écoles, des écrivains, des amoureux de la poésie...Alors,
si d'une façon ou d'une autre vous pouvez nous donner un coup de
main... si vous avez une proposition d' animation ou encore désirez
devenir membre de notre asbl, faire un DON...Je vous dépose ci-joint notre num de compte à savoir:
0003.2589.3728
ASBL MÉMOIRE d' ÉMILE VERHAEREN
RUE EUGÈNE PRÉVÔT, 16
7387 ROISIN
Je vous rappelle que notre association à pour but de perpétuer la mémoire, de sauvegarder le patrimoine matériel et immatériel, de créer des actions culturelles, ...autour de la personnalité du poète et de tous ses amis contemporains; et ce à l'attention d'un large public.
Pour tous renseignements complémentaires vous pouvez également contacter Monsieur René Legrand au 0476/59.82.66
Vous dire aussi qu'à travers notre dynamique culturelle, artistique, citoyenne, l'espoir de créer de l'emploi.
Mes meilleurs sentiments,
Muriel Vigneron
Membre du CA
Ce qu'il y a de bien, c'est que pour chaque maladie, y a des références. Y a toujours un cousin, une voisine ou la fille de la boulangère qui a eu la même chose. Si par hasard, cette personne en est morte, vous voyez ce qu'il vous reste à faire. Ça laisse pas beaucoup de marge : Faut ce qu'il faut pour ressembler à ses semblables. Mais si par hasard vous trouvez moyen de mourir quand la voisine qui a eu la même chose s'en est tirée, vous imaginez ce que vous allez entendre à la prochaine réunion familiale, dans l'au-delà, bien sûr.
Alors avec tout ça, on compare, on soupèse on trouve des points communs même si c'est pas du tout pareil. Ça ressoude une famille de savoir qu'on a la même chose que l'oncle ou la mamie.
On appartient au clan des varices ou au club des bronchites chroniques : Ça, c'est du côté de ton père ! Ah, je croyais plutôt que c'était le club des fumeurs. Je pensais que la bronchite chronique, ça venait du tabac. C'est ce que disent les docteurs mais ils connaissent peut-être pas “ du côté de mon père”. Encore qu'il existe bien des toubibs inquisiteurs pour vous demander d'énumérer toutes les maladies de votre famille, mais c'est pour la Sécu, pour savoir si elle rembourse ou pas certains examens : des cancers dans la famille, ça aide à pas se faire rembarrer quand on va mal et à éviter de s'entendre dire que c'est psychologique !
Pour ma mère, les choses sont claires : « La thyroïde ? Ne cherche pas : toutes les femmes, elles ont la thyroïde, dans la famille. » Je me demande bien ce qu'ils peuvent avoir les hommes, à la place de la thyroïde et que nous les femmes de la famille on aurait pas : Ah oui, suis-je donc bête ? Les hommes, ils ont la quéquette. Bon, c'est pas tout à fait au même emplacement, mais c'est vrai que ça fait un peu comme la thyroïde. Des fois, ça double de volume. Alors je suis contente de savoir que les femmes dans la famille, des fois, elles ont des problèmes avec leur thyroïde. Y a eu aucun goitre dans la famille, juste des problèmes d'hormones. Moi, j'ai un goitre et pas de problème d'hormones mais c'est exactement la même chose ! Et quand j'aurais plus de thyroïde, moi aussi je devrais prendre des hormones. Donc, ça fera comme la famille.
Mais qu'est-ce que je m'imaginais ? Que je sortais de la cuisse de Jupiter ? De la planète Mars ? « Tiens ma chérie, tu reprendras bien un peu de psoriasis de ton père. Il l'a préparé exprès pour toi ! - Merci, j'en ai assez. Je sais plus où le mettre. J'en ai déjà plein les mains. J'en reprendrai une autre fois. Á moins que j'en mette un peu de côté pour Julien quand il sera grand. »
Les familles, c'est comme ça ! Elles pensent qu'à vous refiler leurs saloperies. C'est comme les vieux meubles qu'on vous donne au lieu de les jeter ainsi que tout ce qui encombre les armoires. Si vous en voulez pas, ça ira chez Emmaüs ! Et bien qu'il prenne aussi les maladies, Emmaüs. Nous, on a tout ce qu'il faut comme bric-à-brac et comme trucs dont on n'a que faire ! Y en a marre de tout se faire refourguer !
Ça sociabilise, la maladie. Pendant qu'on parle de nos bobos, on raconte rien sur nous. Je préfère. C'est plus sain d'éluder. Trop de projets avortés, de faux départs, de coups fourrés, de “presque”, de revers du destin. C'est fatigant pour tout le monde. Des fois, on préfère ne plus donner de nouvelles. Qui peut encore nous croire ? On a passé l'âge. Á vingt ans on a des projets. Á trente, on tente de les réaliser. Passés quarante ans, on a du cholestérol. Et si on a un peu raté l'étape de l'installation dans le bien-être matériel, on peut toujours réussir la suivante : l'installation dans la maladie. Alors, on vous pardonne de n'avoir pas réussi à réaliser vos rêves. On vous retrouve entre deux prises de sang et un scanner. Á la place de la photo de la maison que vous avez achetée, vous pouvez toujours envoyer une radiographie de vos poumons. Là, au moins, on pourra pas vous reprocher de ne pas appartenir à l'humanité.
Extrait de " la grognasse".
C'était une première pour nous d'organiser un stage aussi long. C'est toujours un peu risqué de réunir 20 personnes qui se connaissent peu dans un même lieu et pour une durée aussi longue.
Nous pouvons dire que le pari est réussi grâce à une passion commune : la calligraphie.
Nous avions choisi comme cadre un petit village de Gaume : Rossignol ou nous étions hébergé au centre de formation de la Communauté Française.
Le thème de ce stage était "Les écritures de la Renaissance".
Notre formateur et personne ressource était Laurent Rébéna, calligraphe venu de Paris pour l'occasion.



Trop belle pour moi..Je veux que les choses se fassent avec une part de volonté qui dirait : Je veux que je ce que je vois surgir sous mon pinceau soit une surprise pour mon oeil.
Je viens de tenter 3 fois cela depuis hier soir. Voici le résultat.. sans réelle surprise.. bref, à revoir.


. Faut dire que je ne suis pas à l'aise avec les petits formats, il faut rentrer dans une boite trop petite pour mon énergie débordante
Tous Trois Talentueux et Très applaudis : le Trio Animus Triomphant sur la scène de la SamariTaine
… hier soir et encore jusque samedi soir ! Oh Happy Days !
Le pianiste Jean Jadin est le «master of ceremonies» et, tout cool et tout rythme, présente les gospels avec cœur et humour. Le saxophoniste Tom François joue de la musique angélique sur sa flûte traversière, caresse des percussions, glousse et rit dans son saxo. Déjà le duo vaut la peine. Composition duelle, entente, registre, variété, inventivité, virtuosité. L’interprétation de Amazing Grace est saisissante de beauté, d’esprit et de profondeur. La salle est muette d’admiration. Est-on dans une église ou dans des catacombes ?
Et nous découvrons la soprano Myriam Gilson. Sa voix généreuse partagée entre le cuivre, l’or et le velours se répand dans les cœurs, fuse vers les cimes, redescend dans les gorges profondes, le regard brille, les sons sont magiques, palpitants, donnent des frissons et pourtant il n’y a pas de courants d’air. Beau comme une prière d’action de grâce, le Deep in the Water. Motherless child : un comble de profondeur et d’intériorité. Avides, nous recevons cette beauté vocale et ces musiques afro-américaines en plein cœur. Le courant magnétique de l’émotion saisit tous les participants, il y a ce silence révélateur de la chose partagée. On est tellement ému que l’on ose à peine applaudir en rythme, muser et se joindre à la joie des musiciens. On marche délicatement sur de la perfection : du jamais vu, cette rencontre de trois âmes si différentes par leur tessiture, leur couleur, leur rondeur… Puis on nous autorise et la salle entière chante Hey Man ou A-men, c’est la liesse. On ressort les larmes aux yeux. Oh Happpy Days…. Une soirée de note bleue. Qui voudrait durer jusqu’à l’aube…
Et pourquoi pas continuer l’ivresse ? « THE WILD PARTY » vous sera présenté à la Samaritaine du
Du mardi 7 au samedi 11 septembre 2010 à 20h30
D'après l'œuvre de Joseph Moncure March
Mise en scène et adaptation scénique de Frederik Haùgness
Avec Benoît Verhaert (paroles), Laurent Delchambre (batterie), Samuel Gerstmans (basse), Grégory Houben (trompette) et Mathieu Vandenabeele (piano)
The Wild Party nous plonge au cœur du New York des années 30, en pleine prohibition, quand les Blancs ont découvert le Jazz... Celui des Noirs. Chez Queenie et Burrs, la fête bat son plein, jusqu'à l'arrivée fracassante du ténébreux Mister Black qui fait chavirer le cœur de la maîtresse des lieux.
Comme un cri de rage des années folles, ce long poème écrit en 1928 et censuré dès sa sortie à Boston, raconte sans pudeur aucune, une nuit de débauche, un amour tragique, une fête sans lendemain: ça chante, ça danse, ça boit, ça sniffe, ça hurle, ça pleure, ça touche... ça transpire le jazz. Sur scène, un acteur et quatre jazzmen se fondent en un formidable quintet pour nous raconter cette histoire avec autant de mots que de notes, c'est du Jazz-Théâtre!
Faut choisir..! Ernest Gegout avait choisi..
Je tombe sur cet article qui parlait de lui
sacré Ernest.. je me sens assez proche de son sens de la rébellion, de plus en plus nécessaire en ces temps de nivellement médiocre
Avec sa spontanéité, Gegout devait faire un hardi compagnon et un exécrable soldat. Après s'être engagé, à seize ans à peine, au cours de la guerre franco-allemande, et avoir conquis les respectables galons de sous-officier, l'insubordonné Lorrain se trouva un beau jour au fond d'un silo algérien, en qualité de disciplinaire.
Il sortit de cet abîme pour tomber dans celui du mariage, où il demeura sept ans, nombre fatidique, comblé entre temps de faveurs gouvernementales qu'il n'avait pas mendiées, mais que son influente famille avait sollicitées pour lui. Sous-Préfet à Falaise, il fut, tout comme un roi d'Yvetot, l'idole de ses administrés, dont il avait la sagesse de ne pas s'occuper.
Pour le même motif, il devint le cauchemar de l'administration, qui entend bien que juges, huissiers et gendarmes servent à quelque chose. Puis, à l'inverse de Louis-Philippe qui faisait appeler son gouvernement « la meilleure des républiques », Gegout comprit que le meilleur des potentats ne vaut pas la liberté, et, après quelques semaines de sous-préfectorat, il abandonna les Falaisiens à leur heureux sort.
photo à partir de mes cheveux
gegout© 2004

Depuis Cincinnatus, semblables exemples étaient rares. L'austère Grévy, qui dirigeait alors les destinées du pays, en fut tellement ahuri qu'il nomma l'ex-disciplinaire inspecteur général du service des enfants assistés. Le titulaire s'acquitta en toute conscience de ses nouvelles fonctions, goûta le lait des nourrices en remontant à la source même, prédit le sort réservé aux enfants de la colonie de Cîteaux, dénonça vigoureusement les infamies de Porquerolles et, finalement, écœuré du fonctionnarisme, abandonna celui-ci, tout comme, précédemment, il avait abandonné ses administrés.
Entre temps, grâce à M. Naquet, Gegout était redevenu célibataire [I].
Bravement, cet homme de cœur, doublé d'un artiste plein d'humour, vint à ceux qui, par la plume et la parole, luttaient pour une idée de rénovation sociale. Après avoir collaboré au Cri et à la Voix du Peuple, il entrevit deux camps socialistes : l'un autoritaire, dogmatique, hargneux, égoïste, foncièrement antipathique au vieil esprit gaulois, à l'harmonieux génie latin ; l'autre libertaire, exubérant, accueillant le beau d'où qu'il viennent. Gegout alla au second de ces camps et fonda l'Attaque, journal tellement vivace que ses rédacteurs anarchistes furent bientôt signalés à la sollicitude gouvernementale.
Quinze mois de prison et 3,000 francs d'amende s'abattirent sur lui, en même temps que la poigne des agents de police. Il en résulta Prison fin de siècle [II], livre écrit à Sainte-Pélagie, pendant les loisirs de la détention.
Gegout en a dans la peau pas mal d'autres, sans compter chroniques et pièces de théâtre, qui vont lui sortir très prochainement.
Tous les jours
Quand je m'éveille
Je te regarde
Chaque fois pareille
Tu es si belle,
Je m'émerveille
Et vient l'envie
De t'embrasser
Refrain
Alors je baise tes yeux
J'embrasse ta bouche
Nos corps se touchent
Nous on se veut;
Tous les jours
Quand tu t'éveilles
Tu me regardes
Te regarder
Tu es si belle
Si désirable
Et oui je sais
L' "irraisonnable"
Refrain
Alors je baise tes seins
J'embrasse tes mains
Nos corps se touchent
Nous, et puis nos bouches.
L'irraisonnable
Besoin d'aimer
Ton corps d'or, en sommeil
Coeur d'amour, en autel
L'envie d'aimer
S'empare des coeurs
Nous fait brûler
D'amour et de bonheur;
Refrain
Alors j'embrasse tes reins
Et marie mes mains
Aux galbes tendres
De ta tendresse
Aux doux méandres
De ta jeunesse.
Baigné d'ivresse
Je vais me rendre.
Et sur ton corps
Ou sous le tien
Je dirais encore
Et reprendrai ton corps.
Refrain
Alors je baise tes yeux,
Alors je baise tes seins
Alors j'embrasse tes reins
Alors j'embrasse pour deux!
Tu dis je t'aime
Je dis de même
Comme en écho
Ils disent je t'aime
Ils disent de même
Qu'aimer c'est beau.
Je me méfie du discours autour de l'art.
Pourtant j'écris quasi quotidiennement sur mon blog
(sans-pitre) qui fêtera ses 1000 articles bientôt.

J'écris ce qu'il ne faut pas taire quand le cœur décide à notre place.
Je parle de Flo, de ses avancées, de ses régressions, de sa chair, de son sexe indéfini.
Flo est un générique, comme on le dirait en parlant du vin, une autre passion qui me fait vibrer.
Candide ou l'optimisme, version ludique et féérique
Dès l'âge de 7 ans, bientôt, du 26 au 29 octobre 2010 - Bruxelles : Théâtre Littéraire de la Clarencière Réservations : 02/640.46.76 info.laclarenciere@skynet.be, le site www.laclarenciere.be
J’ai eu la chance d’assister aux répétitions d’un petit spectacle croquignolet joué sur la scène minuscule du théâtre de la Clarencière, avec beaucoup d’élégance et de vivacité. Ce spectacle a été présenté en Avignon cet été !
« Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin, si vous n'aviez pas été chassé d'un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l'amour de Mlle Cunégonde, si vous n'aviez pas été mis à l'Inquisition, si vous n'aviez pas couru l'Amérique à pied, si vous n'aviez pas donné un bon coup d'épée au baron, si vous n'aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d'Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches. -- Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »
Candide est désarmant, les yeux que l’on voit de près sont limpides et sans fard. Cunégonde, la mèche folle, le regard jeune et assuré, le costume ravissant, charmante, fraiche, malgré son histoire, est attendrissante. …. Pangloss, le tiers philosophique, rassurant, chaleureux et bouillant d’optimisme. Mais voilà que Cunégonde contrefait sa voix et sa personne, vieille édentée, elle conte à Candide ses aventures extraordinaires…Une pièce très dynamique pleine de mouvements, la scène sur le navire est magnifique, cela tangue jusque dans la salle ! L’eldorado est saisissant, on se croirait au Carnaval de Venise. Prestance, rythme, beau parler, que demander de plus ? Pour Candide, en fin de compte, le bonheur est dans le jardin : il faut le cultiver. Et Cunégonde d’étendre le linge au soleil des collines méditerranéennes…
Pour nous réchauffer cet hiver à Bruxelles !
Cette création couronne les 10 ans de collaboration artistique du Théâtre d'Une Pièce et du Théâtre de la Clarencière. Bernard lefrancq et Fabienne Govaerts souhaitant continuer dans leur volonté de faire aimer au plus grand nombre les grands auteurs et les belles Lettres. Dans ce cadre Bernard lefrancq, dans un souci de respect de l'esprit de Jean Vilar, a tenu à accrocher le public avec un texte d'auteur souvent présenté comme trop obscur, intellectuel ou élitiste. Dans sa démarche de vulgarisateur au sens noble du terme, il crée pour ce Festival 2010 un spectacle féérique et poétique autour de Candide qui habitant dans le château de son oncle, le baron de Thunder-ten-Tronckh est renvoyé à cause d'un baiser donné à sa cousine Cunégonde... Venez rire des péripéties de l'attachant Candide et découvrir en sa compagnie sa nouvelle devise selon laquelle " il faut cultiver son jardin !"
Avec : Jean-Louis Leclercq, Antoine Motte dit Falisse et Lola Pauwels
Affiche : Lionel Pinchetti
Mise en scène de : Bernard lefrancq
Co-production : Théâtres d'Une Pièce, Verbe Fou/Clarencière
Avec le soutien de la COCOF – Commission communautaire française de Belgique
C’est en 1759 que Voltaire nous livre son roman philosophique « Candide ». On en connaît le sujet: élevé dans le château d'un baron, certain jeune homme appelé Candide mène la vie la plus agréable en compagnie de son précepteur, le Docteur Pangloss. Et pour cause: il tient de ce dernier que le monde est absolument bon vu que toute cause amène la meilleure fin d'une manière inéluctable, jusqu'au jour où le châtelain trouble cette quiétude: ayant surpris le cher Candide sur le sein de sa fille Cunégonde, il l'envoie sur l'heure à tous les diables d'un grand coup de pied au derrière. Réduit à rouler sa bosse, le jeune homme parcourt divers pays qui se chargeront de lui montrer que ce monde répond fort peu au mirifique enseignement du bonhomme Pangloss. Qu'il se trouve en Angleterre, en France ou en Italie, force lui est de constater que le mal prévaut sur le bien de la manière la plus sauvage. Plus il avance, plus il déchante. Devenu comme le jouet de la fatalité, il essuie toutes les vexations imaginables, y compris un morne séjour chez les pirates. Toujours escorté de Pangloss, qui reste sourd à l'évidence, Candide s'est fait d'autres amis en cours de route: Martin, l'antipode de Pangloss, et le fidèle Cocambo. Tous quatre finissent par échouer à Constantinople. Au milieu de tant de revers, Candide ne trouve même pas ce brin de consolation que l'amour peut apporter. La preuve, c'est que, rejoint par la belle Cunégonde, il ne sait vraiment que lui dire, tant il la trouve décatie et ennuyeuse comme la pluie. Il est près de songer au suicide. Mais un Turc plein de sagesse lui enseigne enfin le moyen de lui rendre la vie supportable: oublier le monde le plus possible en cultivant son jardin. Instruit à l'école du malheur, Candide s'efforcera, désormais, de suivre ce conseil.
Tout cet appareil romanesque ne doit pas nous abuser. "Candide" est, en réalité, une livre de polémique. Voltaire y réfute, en effet, la doctrine de l' optimisme dont le philosophe Leibnitz s'était fait le champion: "Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles", chaque chose étant déterminée par le principe de "raison suffisante" et conduite à ses fins dernières par "la fatalité du bien". Voltaire proteste là contre. De ce que Dieu a fait le monde le plus parfait possible, il ne suit nullement que ce monde soit exempt de défauts, ni que tout mal concourt au bien universel. Qu'on le veuille ou non, un tel système tend forcément à engourdir l' intelligence. La simple observation des faits nous montre que tout s'inscrit en faux contre l' optimisme en question. Voltaire ne voit guère que le théâtre des pires abominations. Il dénonce l' hypocrisie et la méchanceté des hommes, sans oublier leur sottise, en même temps que le désordre des événements et l'absurdité des institutions. Chemin faisant, il leur dit leur fait à quelques aberrations de l'esprit humain qu'il haïssait plus que tout: le goût de la guerre, le dogmatisme et l' intolérance religieuse. "Candide" est donc un abrégé de l' univers, où l'auteur tourne en dérision tout le système de Leibnitz. L'idée de notre précarité nous est rendue partout sensible. D'autant plus que Voltaire demeure assez distinct de ses personnages. Hormis peut-être "Gulliver", il n'est pas d' ironie plus âcre, plus recuite et plus continue que celle de "Candide". Certes, il nous indique, à la fin, un recours contre ce pessimisme: le jardin, ce nirvâna. Mais comment y croire sans réserve? Ce n'est là qu'un pis-aller, et le problème du mal reste entier.
Dans tous les petits romans que Voltaire écrivit à partir de 1759, "Candide" est sûrement le plus philosophique, bien que son auteur l'appelât "une petite coïennerie". Il ne contient guère, il est vrai, de psychologie; tous ses épisodes n'ayant d'autre fin que de faire ressortir la thèse. Il n'en faut pas moins reconnaître que Voltaire atteint tout ce qu'il vise. Si radical, en effet, que soit son pessimisme, il est toujours tonifiant. Tout le contraire, en somme, de celui de Chateaubriand. Il est certain que Voltaire est le maître du pessimisme ironique. Eugène Marsan observe à cet égard: "De toutes ses veines, c'est celle-là qui a le moins souffert du temps. Ce qu'il y avait de caduc dans sa poésie, de sec dans son histoire, de court dans sa philosophie a fini par rebuter, au lieu que le pessimisme de "Candide" a de plus en plus séduit". Ajoutons que Voltaire s'y révèle grand styliste. Il résume ce genre d'écrire qu'on peut appleler l' atticisme: exempt de toute rhétorique, il vise le naturel, la clarté, la correction, la finesse et l'équilibre. Il est vrai que ces qualités ne peuvent guère se faire qu'au détriment de la profondeur.
Et je voudrais qu'un jour
toute enrubannée
et je voudrais qu'un jour
de sel, de sang, de sauge
je voudrais qu'un jour
tu sois toute à toi
26/11/2008
ourler de pierre les cascades
bondir à l'heure des feux follets
épingler la rose qui trébuche
rougir le sel des hurlevents
Imagine
imagine le ciel embrasé de brume
la torpeur du jour sans lune
imagine le chemin qu'aucun son ne couvre
le peu de mousse sous tes pas
Si la force
Si la force du vent
n'y consent
si l'ivoire de l'écume
n'y veille
si l'empreinte du sable
n'y murmure
d'où naîtra ton chant?
Un soir de novembre, 26/11/2008
Enraciné dans son coin, par tous les temps
Habillé de froid et caressé de vent,
Si ce n'étaient ses yeux qui mendiaient
ses yeux vitreux et déplaisant
Son regard creux et dérangeant
C'était ses mains qui se tendaient.
Refrain
Toujours là, assis dans son coin
Toujours seul, las d'avoir faim,
Il me peinait, comme, un copain
Ce vieux qu'avait plus rien.
A tous les temps ses lèvres mandaient
De qui un quignon, de l'autre un don.
M'dames, M'sieurs, M'dames pardon...
M'sieurs Dames, s'il vous plait, ...
Les doigts serrés, en moignons
Il espérait du chaland le pognon
Tous l'on entendu, peu ont répondu,
Facile à dire, ... "Moi, ... Je l'ai pas vu"!
Refrain
Oui, si c'est yeux sont devenus vitreux,
C'est qu'il a toujours cru en Dieu,
Qui ne voulait lui révéler vos richesses.
Le vieux en eu pleuré sans cesse
Et c' eut été trop douloureux
De voir la vie comme font vos yeux.
Refrain
Puis un jour est venue une "compagne",
Une laborieuse, sereine devant l'éternel
Ni méchante, ni gentille, pour la gagne.
Elle lui a donné un peu de pain, du miel.
Lui a versé quelques rasades de bon vin frais.
Elle s'est payé des quelques sous qu'il avait.
Lui a rendu la vue pour pas qu'il trébuche
Sur le chemin de vers une vie sans embûche.