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Face à face...

Une pièce bouleversante, un texte magnifique et fort : L’hiver de la cigale de Pietro Pizzuti

Eclairage sur la trame : il s’agit de Laura Welter, maintenue en détention préventive, hors de son pays natal, … le Chili sans doute, accusée d'avoir tué le général Oscar Antonio Roederer, ancien dictateur de son pays. Elle risque l’extradition et ses conséquences innommables. L'avocate de la défense, Maître Nathalie Franchi, va avoir du mal à arracher des aveux à sa cliente qui ne veut rien moins à travers son procès obtenir une révision au niveau international de l’immunité parlementaire. Extrait : « …Un vieux Monsieur dont la mauvaise santé était le plus efficace des passeports diplomatiques..»

Prenez deux personnages féminins, quarante ans, aussi contrastés que possible : une avocate très élégante, bourrée de féminité, coupe garçonne et voix de tragédienne, femme protectrice ... et une terroriste comédienne, feignant l’autisme, les cheveux mi-longs cachant le visage, la démarche mince et hésitante, en tenue de prisonnière kaki, bottines aux pieds, femme victime courageuse.

Mettez-les face-à-face et que la joute commence. Le combat singulier s’engage avec subtilité. Il y a un mystère à découvrir, une question fondamentale à comprendre. Rien ne progresserait sans cette interrogation et sans cet interrogatoire, minutieux, presque socratique. Qui des deux est la fourmi ou la cigale, on ne cesse de se poser la question.

L’empathie est le tiers personnage. On découvre qu’elles ont en effet la capacité de se mettre à la place l’une de l’autre, elles possèdent une qualité d’écoute profonde et ces deux femmes vont mutuellement se métamorphoser peu à peu au contact de l’autre, de révélations en révélations, les émotions devenant de plus en plus palpables et partagées. Le sujet est grave, le texte de la loi inflexible. Le texte de Pizzutti est saisissant et fourmillant de nuances. Tout les sépare et tout va les faire se rejoindre dans un même combat, celui de la vie ! Peu à peu, on assiste à un crescendo de révélations de plus en plus violentes au fur et à mesure que le meurtre semble devenir justifiable. Quel tour de passe-passe, ce combat verbal féroce et obstiné de filles d’Hercule, aussi fortes l’une que l’autre, où les rôles finissent par se renverser ! Et voilà le transfert du pouvoir absolu de l’une ... vers le pouvoir de l’autre, car on l’aura reconnu : c’est la liberté et le pouvoir de la vie qui doivent émerger ! C’est qu’elles ont en commun une confiance éperdue dans le progrès humain et la victoire du Bien sur le Mal. Et en secret, la nécessité d’une certaine rédemption.

Pourtant tout les séparait. Cigale et fourmi se rejoignent dans une nouvelle Antigone qui ne mourra pas, ni l’été, ni l’hiver. Pièce admirable servie par des comédiennes de haut vol…

du 09/09/2010 au 30/10/2010 - Théâtre Le Public - 1210 Bruxelles
Salle des Voûtes - Création mondiale -

Avec Nathalie Cornet et Laurence Vielle, Mise en scène Magali Pinglaut

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Les « Poésies » d’Edgar Allan Poe paraissent en 1831. Chacun de ces poèmes gravite autour de la notion d' angoisse: accablante solitude de l'homme, inutilité de l' effort, regrets et remords que laisse la vie dévastée. Pour Poe, la poésie est un monde en soi qui doit s'ériger loin du monde extérieur. Sorte de religion, elle n'a d'autre fin qu'elle-même: son principe et son but se confondent. Elle est "The rythmical creation of beauty" et ne veut pas être davantage. Mais chez Poe cette beauté n'est pas faite de sérénité, d' espérance et de fidélité aux formes réelles. Elle réside dans une atmosphère de terreur, d' oppression, de pressentiments. Poe nous montre son pays: il est situé "sous un étrange et fatidique climat, qui gît hors de l'Espace et hors du Temps." Voici des cieux semblables à ceux, non moins étouffants, de Baudelaire, des châteaux et des bois hantés: des allées de cyprès, des rivières sulfureuses, des arbres dévastés par la foudre, des étoiles qui ne se lèvent que pour se voiler. Voici les rivages plutoniens de la nuit, les temples ouverts, les tombes béantes, les étangs lugubres où habitent les goules, les sombres routes désertes où passent de mauvais anges.

 

L'apparition de ces poèmes est une date décisive dans l'histoire de l'esprit. Le génie de Poe fut d'abord reconnu à l'étranger: en Allemagne, où il semblait un second Hoffmann, et surtout en France où il trouva ses meilleurs traducteurs (Baudelaire et Mallarmé) et fut considéré tout de suite comme l'enchanteur par excellence ou plutôt le détenteur de vérités éternelles. Même si la génération actuelle a cessé de partager cette ferveur , elle n'en est pas moins contrainte de subir tout le sortilège de son art. De cette voix étrange où triomphe la mort, Poe chante le Corbeau, le malin esprit, l'horrible oiseau qui répète: "Jamais plus!" (voir "Le corbeau"); Hélène, dont la beauté est comme ces barques nicéennes d'autrefois qui, sur une mer parfumée, portaient doucement le voyageur fatigué à son rivage natal; le Palais hanté aux rougeâtres fenêtres où passent de vastes formes s'agitant sur une mélodie discordante (voir "A Hélène"); le Ver vainqueur, héros de tragédie intitulée l'Homme: "Ulalume", ce nom de femme écrit sur la porte d'un tombeau: Leonore, soeur de la fiancée tragique de la ballade de Bürger, "la rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Leonore et qui apparaît dejà dans "Le corbeau". Après Leonore, c'est Annabel Lee, la femme-enfant que les esprits envient et tuent: puis la Dormeuse, symbole où la beauté et la mort se fondent en un désir d' immortalité. Prodige de virtuosité, le poème "Les cloches", avec ses répétitions et ses allitérations, est proche de l'hallucination. La Cité en la mer annonce tout le symbolisme: loin dans la mer, il existe une ville morte, qui fait songer à l' Atlantide; elle n'est point éclairée par le soleil, mais par une lumière qui vient d'en bas; sur la tour la plus haute, la Mort règne et regarde: les portes ouvertes des tombes et des temples laissent entrevoir des masses de joyaux: mais les eaux alentour sont immobiles: pas une ride sur ce désert de cristal et pourtant il suffirait d'un très léger mouvement pour que la ville s'engloutisse jusqu'aux enfers prête à la recevoir.

 

Pour "Israfel", Edgar Poe s'est inspiré du Coran. Dans la poésie de Poe que cerne l'angoisse de la mort, "Israfel" est un éclair de joie divine. Israfel est le symbole de ce monde d'épanouissement et de passion auquel Poe aspire en essayant de se libérer de sa nature. De tout ce recueil, le poème qui sans doute permet le mieux de comprendre ce que fut pour Edgar Poe la poésie, semble bien être celui qui s'intitule: "Un rêve dans un rêve". Citons-le donc en entier: "Tiens! ce baiser sur ton front: Et, à l'heure où je te quitte, oui, bien haut, que je te l'avoue: tu n'as pas tort, toi qui juges que mes jours ont été un rêve: et si l'espoir s'en est enfui en une nuit ou en un jour-dans une vision ou aucune, n'en est-il pour cela pas moins le "passé"? Tout ce que nous voyons ou paraissons, n'est qu'un rêve dans un rêve. -Je reste en la rumeur d'un rivage par le flot tourmenté et tiens dans la main des grains de sable d'or -bien peu! encore comme ils glissent à travers mes doigts à l'abîme, pendant que je pleure -pendant que je pleure! O Dieu! ne puis-je les serrer dans une étreinte plus sûre? O Dieu! ne puis-je en sauver un de la vague impitoyable? Tout ce que nous voyons ou paraissons, n'est-il qu'un rêve dans un rêve?"

 

On sait que ces poèmes furent traduits en français par Stéphane Mallarmé lui-même (de 1875 à 1877): traduction qui passe à juste titre pour un véritable chef-d'oeuvre. Elle figure dans les "Oeuvres complètes" de Mallarmé (Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard).

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Pour celle qui aime les cathédrales

Je porterai


ton corps de vent


dans le choeur des cathédrales.


Je balaierai les autels


d’un bras vengeur et arrogant.


J’y poserai ton souffle.


La lumière du vitrail


te donnera


toutes les couleurs du ciel.


Je poserai, à ta gauche


le calice de vin,


à ta droite


une miche de pain,



pour quand tu reviendras,


affamé de la terre.


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Une aventurière sans le sou

"La grognasse "va progressivement se faire plus discrète sur ce blog pour faire place "Une aventurière de Dieu" bientôt de retour pour une nouvelle édition après ma rupture de contrat avec Edilivre. J'ai un peu remanié ce livre, amélioré les corrections, changé la mise en page pour laisser moins de pages blanches et réduit les pages de citation d'autres textes.

Au fur et à mesure que je retrouve ce témoignage spirituel écrit en 2009, je me demande comment j’ai pu écrire le livre " la grognasse" .Curieusement, je les aime autant l'un que l’autre

En parcourant, grâce à mes livres, les traces de différentes facettes de moi, je m'en imprègne tant que j'ai le nez sur le texte pour traquer les dernières fautes rebelle. Avant la publication de la grognasse et les jours qui ont suivi la parution, je me suis sentie un tantinet plus agressive. Avec la proximité de mise en ligne d’ " Une aventurière de Dieu" (fin septembre) , je renoue avec ma sensibilité et je quitte les zones sombre où m’avaient conduite la traversée du livre la grognasse.

Mais le jour existerait-il sans la nuit et Dieu peut-il se concevoir sans le Diable ?

Je constate cependant que je marche un peu sur des œufs chaque fois que, sur un blog , j'évoque les questions spirituelles. Presque plus inconvenant que la grognasse : plus déplacé, à côte de la plaque, hors sujet… Pourtant tout l’essentiel est là.
Lorsque" la grognasse "donne dans le mal écrit, le mal poli, l'humour grinçant et parfois scandaleux, pas grand monde ne bronche. Au pire les gens s'en fichent ou se disent qu’ils en ont vu d’autres d'autres mais je n'ai encore lu aucun commentaire pour me dire :" c'est ignoble d'écrire comme ça" ou "ça vole bas", "c'est nul" ...

Mais si je parle de Dieu, ça énerve les gens. Certains me le font savoir. Heureusement, il y en a aussi qui aiment mais ils se font discrets. Ils préfèrent le plus souvent m’envoyer un mail par la messagerie de mon site éditorial.

Je publierai cependant certains extraits de "Une aventurière de Dieu". Mais le problème ne se situe pas là.

La vraie question est que plus j'avance dans la jungle de l'auto édition plus je m'aperçois que je ne dispose d'aucune marge de manœuvre. Pour tenter de compenser les carences de ne pas profiter d'une couverture médiatique aussi satisfaisante que celle des grands éditeurs, des réseaux s'organisent sur le net : C’est intéressant et prometteur, mais là non plus je ne peux pas suivre. N'ayant aucun moyen d'avoir en stock suffisamment d’exemplaires de chacun de mes livres publiés, je ne peux même pas les vendre sur ces sites ; je ne peux participer à aucun salon et je n’ai pas les moyens d’ acheter les livres d'autres auteurs pour échange de bons procédés. Je suis condamnée à publier à l'unité, ce qui m'oblige à vendre les livres à un prix qui n'a rien d'attractif.

Quand on n'a pas le sou, il faut trouver des mécènes ou être pris en main par un éditeur ayant les reins solides. On en revient toujours au point de départ.

Alors tant pis, je publie comme je peux. Au moins mes livres existent…

http://www.mckeditions.com/

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administrateur théâtres

Un beau salaud ( théâtre Royal des Galeries)

S’offrir une coupe de bonheur théâtral et voir - Un beau salaud -

Voyageur impénitent des cœurs, il est dans la transhumance et l’impermanence. Pénélopes impénitentes elles sont dans la permanence et veillent dans l’attente. Il sera le narrateur débraillé, sans costume d’acteur, électron libre entre le public et la scène des scènes… de ménages. Il prend le public à témoin, se gausse avec lui du théâtre qui se joue à côté de lui, comme si ce qu’il allait dire, n’était pas dans la pièce. Double imposture, déjà. Ce n’est qu’après "l’entre-acte" qu’il quittera " l’entre-deux " et se fera cerner par sa meute féminine.

On irait jusqu’à le plaindre, tant son discours a savamment distillé ses bonnes excuses. Il est égoïste, hypocrite, menteur invétéré et tout cela passe….malgré sa carrière d’imposteur. Le public penche de son côté, François a réussi la gageure d’emberlificoter les cœurs, une fois de plus. Les femmes réunies sur le plateau sont belles, attachantes, sensibles, élégantes, on comprend à peine pourquoi elles ont été plaquées….et ne peuvent que devenir complices et réunir leurs foudres bien qu’elles se détestent avec classe. François est un beau salaud! Qu’elles tricotent, brodent ou fassent de la tapisserie, elles ne feront pas dans la dentelle pour le confondre dans sa duplicité à tiroirs et lui donner quelques fils à retordre!

Le décor unique est splendide: un magnifique appartement design à Neuilly avec grandes terrasses, raffinement phare de ces dames. Une salle à manger télescopique avec des couleurs de paradis…c’est bien le but! Mais l’oiseau n’a qu’une envie, c’est quitter l’enfer doré pour des contrées improbables et des îles aphrodisiaques! Avec ses enchaînements de bons mots coulissants, de répliques à double sens, de situations cocasses, de quiproquos et de cachotteries, cette comédie moderne fait rire aux larmes et s’esclaffer la salle de tellement bon cœur que parfois les répliques en deviennent inaudibles! Et le Don Juan d’attirer une dernière fois la pitié : " Même lorsqu’il souffre beaucoup, on ne voit jamais les larmes du poisson qui pleure." , comble de mauvaise foi. 'On ne peut pas condamner les gens sur les intentions quand même!' … Sommet de la fourberie! Du comique, et de qualité, c’est rare et beau.

Une interprétation savoureuse et très parisienne! Une mise scène sublime de Pierre Pigeolet.

Avec : Pascal Racan, Marie-Paule Kumps, Martine Willequet, Marie-Hélène Remacle, Fanny Jandrain, Gaston Richard, Catherine Claeys.

Théâtre Royal des Galeries 32, Galerie du Roi, 1000, Bruxelles http://www.trg.

08/09/2010 >> 03/10/2010

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D’anciennes choses t’ouvrent ton sang, Gottfried

Dans ses « Poèmes statiques » (1948) Gottfried Benn considère que l'homme mystique déteste le devenir, il désire la mer a-historique de l' âme. De même, le poète espère l'extinction des millénaires et rêve de se fondre dans ce qui était avant le commencement. Cet espoir et ce rêve, il les doit aux "cellules orphiques" qui survivent en lui, bien que l'homme en soit inconscient. Un des problèmes cruciaux de Benn est dans cette ivresse contraire à l'activité du cerveau, dans cette vie instinctive et turbulente contraire à l'esprit qui filtre, qui analyse, qui articule. Quoique d'Héraclite à Nietzsche, le cerveau ait raffiné les capacités de connaissance qui ont formé l'Occident, les "cellules orphiques" sont toujours là, et prêtes à se révéler au poète comme au mystique.

Ce thème, déjà esquissé dans le "Ptoléméen", revient vingt ans après dans "Poèmes statiques". Benn évoque le paysage grec, et dans la couleur argentée des oliveraies, dans le blanc des magnolias, il réveille les mystères d' Eleusis, les mystères des déesses Déméter et Coré: "Tu es ardent et tu te déchires, tu es le mystique, et d'anciennes choses t'ouvrent ton sang."

Le cycle des premiers poèmes, avec leur fascination pour le corps, la mort, la torture, est abandonné. L'attitude envers la femme, qui dans "Morgue" n'était vu qu'à travers une opération gynécologique, s'était élargie et approfondie; la femme est désormais partie du grand silence qui bruisse au-delà des mots. Au milieu du destin éternel, elle est corps et âme, abandonnée sans parole, sans nom, sans acte de magie de l' Eros et du Thanatos. Fermé sur son statisme, devenu signe et forme, le poète exprime et contient les contraires, tel le cercle, qui est à la fois riche de sa fin et de son commencement. Mais entre les extrêmes gîtent la volupté et la douleur, gîte aussi la rédemption qui s'accomplit dans l'autre -dans le "Toi".

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Automne de vie

Automne de vie

Ce soir…elle était là
Dans le métro… assise devant moi
Les yeux noyés de tristesse
Un être… que la vie blesse

Elle m’interpellait, m’émouvait
Déjà… je l’aimais
J’aurais voulu la prendre dans mes bras
Mais je n’osais pas

Je la trouvais touchante
Elle voulait que je chante
Pour lui rappeler, lui susurrer
Les succès de ses jeunes années

Me suis mise à fredonner
Ai vu ses yeux pétiller
Son âme volait, virevoltait
Valse bénie de la paix

Ses yeux se sont clos… un beau matin
Finis, envolés tous ses chagrins
Il m’arrive encore parfois de la revoir… dans le métro
Avec son béret rouge et sa veste à carreaux


Jeanne -Marie

15.12.2003

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A mon Ange



A mon Ange

Avez-vous déjà parlé à un Ange…
Descendu… doucement, tel un papillon, un soir…
Pour vous prendre dans ses ailes blanches
Et vous redonner l’espoir….

Avez-vous déjà écouté un Ange…
Vous susurrer les plus beaux mots…
Vous inculquant force et courage
Cachant ainsi à vos yeux… ses propres maux

Avez-vous déjà vu pleurer un Ange…
Lorsqu’une aile brisée… il laissait couler une larme
Troublant mélange…
D’une opaline et d’une perle issues de son âme ....

Avez-vous déjà Aimé un Ange…
Si fort… que les cris vous sortaient du coeur…
Tant il était dur de le voir regagner les nuages
Oubliant égoïstement son propre bonheur….

Avez-vous déjà remercié un Ange…
Pour le trésor qu’il vous a légué
Lorsque vous prenant les doigts par temps d’orage…
Terrassé par la foudre… il disait encore vous aimer.


A mon Ami Phil.… qui malade s’oubliait en redonnant

espoir et courage aux autres

Jeanne-Marie… le 06.06.2004

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Le rire dans les poèmes de Nietzsche

Nietzsche n'a pas, à proprement parler, composé d'oeuvres poétiques, mais il a semé ses principaux ouvrages de poèmes que ses éditeurs ont par la suite réunis en un recueil. Ce choix fut tenté pour la première fois en 1894, par Fritz Koegel qui lui consacra le huitième volume des "Oeuvres complètes". En 1898, la soeur de Nitezsche donna une nouvelle édition de ce volume en l'augmentant de quelques poésies de jeunesse et, en 1899, Arthur Seidel refondit l'ensemble.

Les poèmes de Nietzsche ont été écrits de 1871 à 1888 avec une production plus abondante entre 1882 et 1884; on les rencontre surtout dans "Humain, trop humain", "Ainsi parlait Zarathoustra", le prologue et l'appendice du "Gai savoir" et l'épilogue de "Au-delà du bien et du mal". Quelques autres ont été tirés de douze cahiers dans lesquels Nietzsche notait ses pensées avant de leur donner une forme définitive.

Les poèmes de jeunesse correspondent à des épanchements lyriques vite taris. Ils utilisent, en général, des formes régulières fondées sur le nombre des syllabes et la rime. Ils sont pleins de préciosités et souvent même de mignardises. A la période suivante, cet attrait sentimental cède la place à une pensée de plus en plus forte qui se cristallise dans une forme concise et frappe des sentences, des maximes et des aphorismes. Le lyrisme réapparaît à la fin du cycle poétique ("Dithyrambes à Dionysos") mais avec une vigueur et une intensité qui marquent l'apogée et l'éclatement des thèmes propres à Nietzsche. Les "Poésies complètes" sont loin de donner une connaissance totale de la pensée de Nietzsche mais elles en tracent la courbe. Chaotiques, composées au gré de la passion, elles ne nomment presque jamais le rire mais le rire, thème purificateur par excellence, éclate partout et constitue leur lien profond. Au sommet, quand la passion touche au sarcasme, elle se retourne brusquement contre elle-même et rit de ses invectives. Nietzsche est alors au plus près de sa vérité, car son rire lui procure ce détachement qui est l'essence même de son bonheur. Les "Poésies" sont, en quelque sorte, le rire de son oeuvre, elles sont aussi une invitation pressante à descendre dans la pensée jusqu'aux limites du vertige.

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administrateur théâtres

Etats de couple (théâtre Argan 42)

 

 

Etats de couple : tu m’aimes, pour... quoi ?

Voici une composition fantaisiste de scènes de couple, tantôt acerbe, tantôt tendre, toujours humoristique à travers leur grandeur et leur décadence. L’absurde et le surréalisme plantent le décor dès la première scène … dérapage immédiat pour s’être fiés à un livre de savoir vivre plutôt qu’au savoir être. La toile de fond est faite de pure mauvaise foi. Les nuances de cette toile lumineuse revêtent les couleurs pastel de l’arc en ciel, au propre et au figuré, pour faire le tour de toutes les situations et en voir de toutes les couleurs ! Savants jeux de projecteurs, sensibles et épicés. Les liens musicaux légers et discrets sont de vrais morceaux choisis. Les scènes éclair se succèdent, les mimes, les mimiques, les rires, les pleurs, les crises et quelques abandons. On se reconnait par flash soudains d’une phrase que l’on a sûrement déjà prononcée un jour et cela chatouille le cœur.

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Tout est une question d’optique et de ses illusions. Les changements de lumières, ceux des costumes nous emmènent dans le kaléidoscope amoureux, fracturé par les tâches domestiques, la télé, le boulot, les mille et une incompatibilités et hostilités rentrées. Scènes d’heurs et malheurs domestiques, puis comme un refrain de Zazie dans le Métro on se retrouve soudain avec la même scène, déjà vue, jouée de dix manières différentes, à la Raymond Queneau…. C’est comme dans la vie: ces nœuds sur lesquels on bute sans jamais vouloir changer une ligne du dialogue. Survient alors une magnifique scène de solistes - couple oblige - qui commence tout en douceur, chacun sa partition, et se termine en apothéose cacophonique aussi hilarante que brillante. Qu’ils sont beaux quand ils sont en colère, lorsque homme et femme orchestre se déchaînent! Les deux comédiens se lâchent complètement dans le pastiche de la scène d’ouverture de la Jalousie de Sacha Guitry. Bonheur d’interprétation! Colette Sodoyez est exquise ! La fin ressemble comme deux gouttes d’eau à du Guillaume Musso. Au milieu de toutes les scènes turbulentes dans la mosaïque de ce chaos organisé, on découvre… un couple enlacé dans le vitrail !

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Une comédie de Marc Pheline et Odile Clair

Avec Colette Sodoyez et Michel Hinderyckx

Mise en scène: Laurent Renard

 

Photos LucTourlouse 2010, festival Bruxellons

Une production de Argan42, la comédie de Bruxelles, Au Théâtre des Martyrs pour la saison 2010-2011

Au Théâtre de la Place des Martyrs

Atelier

Du 27 avril au 29 mai 2011

 

 

 

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Milosz (1877-1939), prince lituanien, arrive à Paris dans les dernières années du siècle. Consul de Lituanie, naturalisé et converti au catholicisme, il fut l'un des meilleurs représentants du symbolisme français. Dans son premier receuil, publié en 1899, le "Poème des décadences", Milosz adoptait sans réserve les thèmes et les découvertes verbales du symbolisme. Mais ce qui chez beaucoup n'était alors qu'affectation correspondait profondément à son expérience personnelle, à ses hérédités nationales et sociales. Cet aristocrate déchu, qui apportait avec lui une atmosphère de sombres légendes nordiques, était bien préparé à s'enivrer de mélancolie, d'ennui et cette lassitude qu'engendre le spectacle des civilisations finissantes.

Par là, il est donc peu original: mais il ajoute aux plaintes et aux pleurs symbolistes une dignité et une fierté peu habituelles. Aucune affectation dans son spleen. Le recueil n'eut aucun succès, n'attira pas même l'attention. A un moment où le symbolisme s'affaiblissait, Milosz n'avait pas craint de s'afficher "décadent" et poussait dans ses traits les plus noirs une tristesse qu'aucune lueur mystique ne venait encore éclairer.

"Les sept solitudes" (1906) ne firent qu'accentuer les caractères de sa première oeuvre. Ces alexandrins allongés, d'une grande puissance invocatoire, nous introduisent dans le drame ardent d'une âme que le doute ne cesse de poursuivre. La tristesse qui se dégage du receuil est immense et la hantise de la mort y atteint son paroxysme: "Et grâce aux trous creusés par le noir printemps -Les corbeaux sont gras de froide chair humaine; -Et grâce au maigre vent à la voix d'enfant -Le sommeil est doux aux morts de Lofoten... -Ah! les morts, y compris ceux de Lofoten -Les morts, les morts sont au fond moins morts que moi!"

L'âme du poète continue pourtant d'être traversée par de mystérieuses réminescences, avant-goût d'un monde surnaturel que Milosz ne sait encore ni concevoir, ni bien nommer, mais qui laisse pressentir sa future conversion: au cours des années qui précèdent la guerre, Milosz parcourt l'Europe entière: devenu cosmopolite (il y était bien préparé par la bigarrure de ses hérédités, par son expatriation, par sa connaissance de nombreuses langues étrangères), il traduit, et presque toujours d'une manière excellente, les poètes lyriques du Nord: Byron, Shelley, Coleridge, Goethe, Schiller.. Mais surtout ces itinéraires européens aident bientôt à naître un Milosz très différent de celui des premières oeuvres, qui s'exprimera dans "Les éléments" (1911): le calme et la sérénité des paysages qu'il a contemplés, lui ont fait découvrir les promesses de cette Sagesse qu'il cherchait obscurément. Sa ferveur religieuse s'exhale, mais d'une manière encore toute panthéiste, dans un effort pour devenir en pensée un simple élément du Cosmos immense. La mort elle-même se transfigure, devient la promesse d'une éternelle communion avec la vie de l'univers. Cette évolution de la pensée de Milosz, ce retour à l'ordre se poursuivent dans le roman intitulé "L'amoureuse initiation" et surtout dans "Miguel de Manara", où Don Juan est présenté comme le chevalier mystique de l' amour humain et divin, qui veut embrasser tout l'univers d'une passion absolue, et qui finalement aboutira à Dieu.

Milosz, pleinement converti, devient un lecteur de la Bible, qui lui inspire la plupart de ses poèmes ultérieurs. Dant "Mephiboseth" (1913), il reprend le thème de l' amour sublimé, qu'il avait développé dans "Miguel de Manara". Aussi parfaitement qu'il venait de ressusciter la poésie orientale dans cette dernière oeuvre, Milosz exprimera la nostalgie du pays natal dans les poèmes composés pendant la guerre et publiés en 1915, sous le titre de "Symphonies". Il pourrait d'abord sembler qu'il n'y ait eu aucune évolution dans la pensée de Milosz depuis son premier recueil: c'est bien en effet, ici comme dans le "Poème des décadences", la tristesse la plus amère et les rêves d'un passé diffus, enveloppé de brumes, inaccessible, dont la présence ne fait que rendre plus aiguë la solitude du poète: "Solitude, ma mère, redites-moi ma vie..." Mais la nouveauté des "Symphonies" ("Symphonie de septembre", "Symphonie de novembre", "Symphonie inachevée"), c'est une résignation heureuse qui atteste assez que Milosz s'est à jamais débarrassé de son premier nihilisme.

Au terme des tristesses et de la nostalgie, la lumière apparaît, signe d'une vie nouvelle, déjà en partie goûtée et possédée: "un soleil intérieur -Se levait sur les vieux pays de la mémoire". Cet élan mystique, qui triomphe de l'angoisse, s'affermit encore dans "La confession de Lemuel" (1922): "Les voix que tu entends ne viennent plus des choses" peut alors se dire avec certitude Milosz; et l'ascension qu'il entreprend, il essaiera, avec les mots les plus précis qu'il pourra trouver, de la relater dans son "Cantique de la connaissance": le voilà, sorti de ce "monde de la négation, de l' adultère, du massacre", qui gravit la montagne, malgré "la démence de l'éternité noire d'à côté", "noyé dans la béatitude de l'ascension". Une fois parvenu ainsi à sa pleine maturité, Milosz a abandonné la rime et conquis sa forme propre, point d'équilibre entre le vers libre et le verset claudélien.

Uniquement préoccupé désormais de problèmes spirituels, il est devenu l'homme de la Bible, qu'il interprète selon une assez obscure symbolique. Les poèmes mystiques de cette époque, le "Psaume de la réintégration", le "Psaume du roi de la beauté", le "Psaume de l'étoile du matin", où nous apparaît une vierge insolite, fastueusement chargée d'ornements baroques et hébreux, appartiendraient beaucoup plus à l'expérience spirituelle proprement dite qu'à la littérature. Leur hermétisme montre l'échec de Milosz à traduire les nouvelles découvertes de son âme: aussi renoncera-t-il dès lors à composer des poèmes.

On conçoit que cette oeuvre soit restée à peu près inconnue des contemporains: si l'on ne s'en tient qu'à la forme, il faut convenir que Milosz est par trop demeuré fidèle à la stricte orthodoxie du symbolisme, et jusque dans les faiblesses de celle-ci. La grande vertu de ces poèmes est de dégager un climat indistinct, d'exotisme diffue et envoûtant, d'exciter en nous la rêverie de ces mystérieux pays antérieurs, découverts par Nerval, et où les âmes fatiguées aimeront toujours à aller se dissoudre.

Extrait du "Cantique de la Connaissance"

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Albert Thibaudet publie en 1930 sa «Physiologie de la critique » . "Physiologie", parce que l'oeuvre entreprise par Thibaudet n'était ni une psychologie, ni une géographie, mais une simple introduction à l'histoire de la critique française et correspondait à cette "physiologie de l'homme en société, considéré dans ses rapports avec la terre", qui est une partie de la géographie: physiologie donc en un double sens: étude des "fonctions" de la critique, mais aussi étude des modes de peuplements, si l'on peut dire.

L'ouvrage distingue en effet, dans ses trois derniers chapitres, les trois fonctions de la critique: le goût, la construction, la création; et dans ses trois premiers chapitres, les trois régions naturelles: la critique spontanée, la critique professionnelle, la critique des maîtres. La critique spontanée, c'est celle des honnêtes gens qui lisent, qui parlent de leurs lectures: critique du jour , qui prend souvent la forme de la critique journalistique. Elle est entièrement tournée vers l'actuel. La critique professionnelle a une histoire bien définie: Chapelain, Voltaire, La Harpe, Brunetière et quelques autres. On sent que Thibaudet, qui est pourtant lui-même un critique professionnel dans toute la force du terme, ne goûte guère la critique des professeurs. C'est qu'il est bergsonien, et qu'il sait distinguer entre l' intelligence tournée vers le passé, et l' intuition qui coïncide avec la vie: d'où sa dénonciation de la critique qui prétend être à l'origine de l'oeuvre d' art et la déterminer à l'avance, et son souhait d'une critique qui chercherait à connaître la littérature de l'intérieur comme un organisme. La critique des maîtres, c'est par exemple le "William Shakespeare" de Victor Hugo, ou l' "Introduction à la méthode de Léonard de Vinci" de Paul Valéry ou encore certaines pages du "Génie du Christianisme" de Chateaubriand, critique qui est souvent une contemplation de ces essences que sont: le "génie", le "genre", le "livre". Après ces régions géographiques où habitent les critiques, leurs fonctions: le goût, la construction, la création. Le goût, comme le plaisir, conduit logiquement à une discipline, suppose une éducation et un discernement.

Mais la critique exige plus encore: elle construit des ordres, tel le genre, la tradition, la génération, le pays. Et cette construction, à son tour, suppose une capacité de création. Une critique créatrice est un idéal qui n'a été atteint que dans le "Phèdre" de Platon où Socrate fait coïncider merveilleusement création et critique. Toutefois, Thibaudet est conscient des limites de la critique et, toujours bergsonien, reconnaît que la critique correspond plutôt à quelque chose qui se défait qu'à quelque chose qui se fait, à la retombée matérielle d'un élan vital. Pour lui, la critique peut tout au plus créer des génies. "Génie du Christianisme", "Génie de la littérature anglaise", "Génie de Racine", êtres intermédiaires entre ciel et terre. Et son livre n'est-il pas lui-même, plus qu'une "Physiologie de la critique", un "Génie de la critique", où l'essence subtile et mesurée de la "dixième muse" tend à prendre conscience d'elle-même. Thibaudet est près de penser que ce génie intermédiaire est Amour, et qu'il sait respecter le pluralisme, la diversité féconde, les formes multiples de la Beauté.

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Le ridicule ne tue pas

Souvenez-vous, Mesdames, ne me dites pas que vous n’avez pas remarqué ces messieurs parfois vous faire la cour à en être clownesque ?

Souvenez-vous, Messieurs, ne me dites pas que vous n’avez jamais agi ainsi ?

Moi, je me souviens, c’est d’ailleurs pourquoi je me suis mis dans cette foule masculine.

Et oui, s’il y aurait eu un public, je devais le faire rire !

Mais, comment ne pas devenir par moment clown quand vos charmes nous enlèvent toute lucidité?

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Quai des désirs

"Je descends à Saint-Michel. Je tourne sur les quais. Il pleut. Je n'ai pas de parapluie, mais ça m'est égal. Un homme s'abrite sous un porche. Il crie pas mon nom parce qu'il le connaît pas, mais il m'emboîte le pas. Je lui semble paumée avec le visage dégoulinant de pluie. Il m'aborde. Il s'appelle Michel. Il a vingt-cinq ans. Nous parlons un peu. Je prétends avoir seize ans. Je dis que je suis en seconde alors que je suis en quatrième.


Je lui raconte ma solitude mon sentiment de n'être pas aimée et mon envie de mourir si je ne peux pas vivre mes désirs ! Notre-Dame veille sur moi. Son éclairage dessine, dans la nuit, des Quasimodos transformés en Cupidons endimanchés. Je grelotte. Michel me prête sa veste. L'île de la Cité ouvre pour moi la porte des Mille et une Nuits. Les flèches des anges éclatent sur l'eau comme des pétards mouillés et la pluie les transforme en serpentins qui dansent entre les reflets de flammes et de bougies en immersion.


Michel s'arrête. Il me presse contre lui. Sa bouche sur la mienne me ramène à la vie, me réanime, m'insuffle un torrent d'étoiles qui m'inonde de sensations nouvelles et me révèle une grotte prête à s'ouvrir.


- Tu es belle ! J'ai envie de faire l'amour avec toi me chuchote-t-il à l'oreille.
De m'être vue belle dans ses yeux me protège contre les blessures. Je ne sais que répondre, alors je ne dis rien. Il pense que mes parents vont me faire rechercher. Lequel de nous deux est le plus en danger ? Il me conseille de rentrer. Si je le souhaite, je peux le revoir, mais pas en fugue. Il m'indique un café, rue des Écoles où je pourrais le trouver. C'est imprécis. Ça ne fait rien. Je sais bien que nous ne reverrons pas.


Je prends le métro et le bus pisseux qui zigzague dans une banlieue castrée. J'ai oublié Zbonco. Ils pourront dire ce qu'ils voudront, mes parents. Jamais ils ne m'enlèveront ce souvenir. Pour un premier baiser, je ne pouvais rêver plus grandiose que l'île de la Cité. Manque plus que la musique de circonstance vaguement romantique, un film en noir et blanc, entre pluie de lumière et reflets. Plus fort que : “T’as de beaux yeux , tu sais” avec Gabin et Michèle Morgan ! “Quai des brumes” devient “quai des désirs”.


La fugue a tourné court. Je suis rentrée un peu après dix heures. Les coups sont tombés. "

Martina Charbonnel : La grognasse
Ce livre existe à présent en PDF ainsi que La Toile, Libérez Dieu, l'Etre aimé invisible.

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tous les matins du monde .. sont sans retour

Film à voir le soir entre 2 verres de vin d'Anjou.

Film qui voue un culte à l'univers de Georges de la Tour et à ses clairs-obscurs.

Images magnifiques, musique qui vous entraîne au plus profond des spleen. Ah..! mélancolie quand tu nous rend plus beau, plus humain enfin.

La réalisation d' Alain Corneau est un hommage à la sobriété, la viole de Gambe s'attarde sans longueur.. avec langueur..


corde-rouge-flo-80x60

Flo et la corde rouge 80x60 acry sur toile avec marouflage

Film diaphane tel un visage masqué de brume.

Madeleine au matin, le dernier matin.. et ses pieds qui se balancent doucement dans le vide

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poème

TROIS VIEILLES

Trois vieilles, vieilles, vieilles

S'en allaient dandinantes

dans le soleil de mai tout rempli de parfums

Marchant à petits pas; se tenant par la main

Prudemment, doucerment et toutes clopinantes

La première est tout de bleu vêtue,

Et ses yeux délavés ont des reflets de ciel,

Mais sa blanche tête chenue

Vers la terre, déjà, semble chercher sommeil.

Trois vieilles, vieilles, viellles.......

La seconde est habillée de rose,

Dans ses yeux noirs palis, les éclats sont ardents,

Souvenirs d'un passé qui ne fût pas morose,

Car tout rempli de joies, de bonheurs et d'enfants.

Trois vieilles, vieilles vieilles .....

La troisième, elle, a choisi le vert

Coloris tendre et doux de ses premiers printemps

Beau comme l'espérance il a chassé l'hiver

Et naît dans un ciel pur, plein de rêves, de chants.

Trois vieilles, vieilles, vieilles

Extrait du recueil "Parallélismes"

Altenloh 1983 ....

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Peindre c'est aimer encore

Cet ouvrage de Henry Miller parut en 1960. Ce bref et merveilleux volume, illustré de reproductions d'aquarelles de l'auteur, est un chant d'amour à la peinture et l'histoire d'une expérience qu’il commença en 1928. Parallèlement à son activité d'écrivain, Miller peint, déversant le trop-plein de son énergie créatrice en figures et en couleurs chatoyantes. Ici, il nous parle de sa façon de manier les pinceaux, des artistes qu'il a connus, des maîtres japonais, des oeuvres d'enfants et de fous (qu'il apprécie particulièrement), etc. "Peindre, affirme-t-il, c'est se remettre à aimer. Pour voir comment le peintre voit, il faut regarder avec les yeux de l' amour. Son amour à lui n'a rien de possessif: le peintre est obligé de partager ce qu'il voit. Le plus souvent, il nous fait voir et sentir ce que nous ignorons ou ce contre quoi nous sommes immunisés. Sa manière d'approcher le monde vise à nous dire que rien n'est vil ou hideux, que rien n'est banal, plat ou indigeste si ce n'est notre propre puissance de vision (...) Je me souviens clairement de la transformation qui se produisit en moi quand je me mis à voir le monde avec les yeux d'un peintre. Les choses les plus familières, les objets sur lesquels j'avais porté mon regard toute ma vie, voilà qu'ils devenaient pour moi une source d' émerveillement infini et que s'établissait en même temps un rapport d' affection. Une théière, un vieux marteau, une tasse ébréchée, ou tout objet qui me tombait sous la main, je les considérais comme si je les voyais pour la première fois. Et c'était vrai, bien sûr. Ne vivons-nous pas presque tous comme des sourds, des aveugles, des gens privés de sens?"

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