Dans « Le Printemps noir » (1946), receuil de nouvelles de Henry Miller, la première nouvelle -Le 14e district"- donne le ton de tout le livre. Vingt-sept pages faites avec rien (le souvenir des gamins du 14e disctict), mais un rien essentiel. "Le grand changement. Dans notre jeunesse nous étions entiers et la terreur et la douleur du monde nous perçaient de part en part. Il n'y avait pas de séparation aiguë entre la joie et le chagrin, ils se fondaient en un tout comme notre vie éveillée se fonde avec le rêve et le sommeil. On se levait entier le matin et le soir on plongeait dans un océan, complètement englouti, accroché aux étoiles et à la fièvre du jour écoulé." La révolte de Miller sera, comme celle de Rimbaud, une révolte logique commandée par cette double constatation: avant c'était la vie, la vraie vie pleine et entière, sans compromis, sans limite et maintenant il n'y a plus rien, c'est-à-dire que "le monde est devenu un labyrinthe mystique, érigé au cours de la nuit par une nuée de menuisiers. Tout est mensonge, tout est truqué, Carton pâte." Tout se passe donc somme si, soudain, toutes les perspectives avaient été renversées: "Puis vient un temps où soudain tout paraît renversé. On vit dans l' esprit, dans les idées, par fragments. Nous ne buvons plus à la farouche musique extérieure des rues." L'exigence qui commande la plume de l'écrivain est, à la lettre, vitale. C'est tout ou rien. Et il est bien évident que pour restituer ce tout (ce monde sauvage) tous les moyens sont bons: "Je cherche tous les moyens d'expression possibles et imaginables et c'est comme un bégaiement divin. Je suis ébloui par le grandiose écroulement du monde." C'est cette exigence d'une insoutenable pureté -ou d'une insoutenable impureté- que l'on retrouve dans toutes les nouvelles de "Printemps noir", abordée sous tous les angles, celui de la folie ("Je porte un ange en filigrane"), du rêve fantasmatique ("Plongé dans la vie nocturne"), du souvenir autobiographique ("La boutique du tailleur") ou de l' humour dans la nouvelle intitulée "Un samedi après-midi" qui est une incomparable dissertation sur les pissotières.
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Retour au décors paysagés , histoire de changer, histoire de tester les limites de l'austérité.

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55x38 un regard acry et marouflage sur toile
Parce que en fait il s'agit selon l'humeur d'austérité ou de fantaisie
Reflexion de mon oncle André Thévenin 1928-2008, ancien proviseur des lycées français d'Alexandrie, Saigon, Montevidéo, Annaba, Bueno Aires, Rome.
Naître nu, pur de tous souvenirs, arraché à toute mémoire alors que, derrière mes yeux encore clos, veille l'ombre, à tout jamais opaque, à tout jamais refusée, de centaines de générations ignorées.
Bonjour,
Je me présente... 54 ans, l'amour des mots, l'amour des gens. Ma sensiblité au service d'autrui, soit pour gagner ma vie, soit pour éduquer 2 enfants qui, aujourd'hui, rendus à l'âge adulte sont ma joie et mon ressourcement. Grand-maman depuis 10 mois... Merveilleux cadeau..... Merci la vie !
Je suis parmi vous pour développer l'amour des mots et ma sensibilité que je veux rendre à mon service. Bien oui, à l'aube de la retraite, je veux suivre le chemin de mon coeur et éclater cette sensibilité qui m'appartient par tout vent et par tout océan.
Comme des spores qu'on aurait contenu trop longtemps je vous offre mes mots ......
Je laisse votre propre coeur et vos propres mots continuer cette phrase afin de créer un lien à l'odeur salin.
Josée xx
Prix Joseph De Keyn 64ème concours, 2e période, 1er janvier 2009 – 31 décembre 2010
Le Prix Joseph De Keyn est décerné une année sur deux par l’Académie royale de Belgique, à un ou plusieurs auteurs belges d’ouvrages profitables à l’enseignement, écrits en français ou en néerlandais (manuels scolaires, ouvrages pédagogiques et œuvres littéraires destinées à la jeunesse scolaire).
Le 31 décembre 2010 s’achèvera la période consacrée à l’enseignement moyen. Peuvent participer à ce concours des manuscrits et des ouvrages portant les millésimes 2009 ou 2010. Les ouvrages sans indication de date sont écartés, la preuve de l’impression pendant la période résultant de l’indication imprimée du millésime. Seule la première édition d’un ouvrage peut être prise en considération, sauf remaniements importants apportés dans les éditions subséquentes.
Les ouvrages dus à la collaboration de plus de deux auteurs sont généralement écartés, à moins qu'ils n'aient l'aspect d’un ouvrage anonyme publié par une Institution.
Il n’est pas fait de rapport sur les ouvrages non couronnés.
Les ouvrages doivent être adressés en TRIPLE EXEMPLAIRE à l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique – Palais des Académies – 1, rue Ducale à 1000 Bruxelles, et ce avant le 31 décembre 2010.
Les auteurs et les éditeurs sont priés d’effectuer sans tarder l’envoi des publications qu’ils désirent soumettre au Jury, et les professeurs de pédagogie de l’enseignement supérieur sont invités à envoyer leurs travaux ou ceux de leurs élèves.
C'était aussi un lundi 13 septembre,il ya 11 ans en 1999 "Les vacances ont emporté monpère. Ou peut-être était-ce l'éclipse. Il voulait tellement la voir. Dans sonvillage de l'Oise, elle devait être totale. Il a mis sur ses yeux presqueaveugles, les lunettes carrées. Il a attendu. Les nuages ont tout caché. Monpère était déçu ! Sûr que maintenant il a retrouvé la lune et le soleil réunispour lui. Mais je savais bien que cette éclipse était de mauvais augure.
Peu après, il est mort, suite à une négligence à l'hôpital. Une erreur de diagnostic. On voulait porter plainte, mais allez prouver quelquechose ! Ils auraient fini par avoir le dernier mot. Il était tellement malade,le cœur, les poumons, le foie et tout le reste ! Ils n'ont pas osé l'opérer. Maisils auraient pu le dire !
Pourtant, si j'avais les moyens je ferais quand même un procès. Pas pour gagner, mais pourdemander qu'on respecte la dignité des gens, même quand ils sont très malades.On n'a pas le droit de leur voler la vérité, de leur faire croire qu'ilssortiront dans deux jours et leur donner un repas normal que le foie nesupportera pas : le dernier repas du condamnéqui ne sait pas qu'il vit ses dernières heures. On nous a privés de prendrecongé de lui. On a emprisonné les mots qui apaisent, empêché de laisser filerle fleuve d'amour retenu comme les eaux d'un barrage, par peur de senoyer. On nous a pas laissé exprimer ceque nous étions les uns pour les autres et qu'on ne sait pas dire parce qu'on aparfois honte de ce qu'on est devenus, honte d'avoir laissé échapper l'amour...
Je suis allée à l'enterrement. Je les ai écoutés parler, tous, ma mère, ma sœur, mon frère et même les voisins. Ilsdécrivaient un homme que je ne connaissais pas ou mal : mon père. Dans messouvenirs, il n'était pas celui qu'ils évoquaient.
Maintenant qu'il n'est plus là, je voudrais préserver lemeilleur de lui. Heureusement, il me reste des images de la petite enfance, leshistoires qu'il nous racontait le soir et les beaux livres qu'il m'offrait. Il nous laissait le choix entre la créationde la vie façon Genèse ou l'histoire du petit poisson devenu grenouille, puismammifère avant d'avoir la drôle d'idée de se transformer en homme. J'ai choisi de croire en Dieu.
Je reste seule avec mes regrets déplacés d'avoir fini par oublier qu'il était quelqu'un de bien. Je vais devoir gommer de ma mémoire, l'adolescente meurtrie de ne trouver que descoups à la place de paroles réconfortantes.
Il n'a jamais compris que je séchais les cours parce que je me sentais rejetée par les autres. Je cachais ma souffrance par des mensonges en lui affirmant queje n'avais jamais manqué le lycée. II voyait rouge. J'entends encore ma tantedire à ma mère : « Fais quelquechose, il va la tuer ! » Après, ilclaquait la porte et sortait. Ma mère me reprochait de l'avoir encore énervé.Elle craignait qu'en prenant la voiture, il ait un accident . Et personne pour me consoler.
Á l'époque, c'était normal de corriger les enfants. Même les flics le lui avaient conseilléaprès ma fugue. Il pouvait pas savoir. J'ai pardonné depuis longtemps, mais jerefuse d'oublier un fragment de mon histoire qui me permet de comprendrecomment je suis devenue celle que je suis. J'ai besoin de toutes lesparties de moi pour accompagner Julien.
Dans le cimetière du village, le vent du Nord était glacial. Je l'ai écouté craquer en écartelant ma mémoire dans l'écho du plat pays sangloté par Jacques Brel. Il y avait dumonde. Et toutes ces fleurs, pour dire àquel point il était apprécié pour ses qualités humaines. Ces bribes de véritéet celle que j'avais faite mienne s'opposaient et pourtant finissaient par se confondre. Qui pouvait vraiment dire quel homme il a été au plus profond de lui-même ?
Quand ils sont tous partis, je suis retournée me recueillir sur sa tombe. L'amour n'en est que plus grand si on l'accepte avec ses ratés. Comme iln'y avait pas eu de cérémonie religieuse, j'ai demandé à Patrick et Juliend'allumer un cierge pour qu'il retrouve sa trajectoire céleste en suivant la course de la lune vers le soleil."
Extrait de la grognasse de Martina Charbonnel:
Statistiques du Réseau du 13 août 2009 (début de sa création) au 12 septembre 2010:
954 124 pages vues. (Google analytics)
Nous approchons doucement du million de pages vues.
Remerciements à tous les participants
Robert Paul
Il Faut laisser au ciel le temps de se couvrir.

Tête au ciel sombre
55x46 acry et marouflage sur toile
Laisser au temps du répit.
Entre deux couches de nuages, un cri de jouissance, un peu de souffrance.. Laisser revenir un ou deux regards
La quiétude d'une soirée de fin d'été est à ce prix.
1962, j’avais 21 ans et je suivais les cours de gravure et illustration du livre dans l’atelier de Joris Minne à la Cambre.
Paul Delvaux etait professeur de peinture dans la même école.
Un jour que je m’affairais à imprimer une gravure sur la grosse presse de l’atelier, je vois entrer Delvaux qui regarde avec intérêt la manoeuvre.
Il me dit ensuite que n’ayant jamais fait de gravure, il aimerait s’y essayer.
Je descends à l’atelier des métaux, découpe et poli une plaque de zinc que je recouvre ensuite de vernis. J’explique à Delvaux comment griffer le vernis pour obtenir un dessin.
Quelques jours plus tard il m’apportait son travail.
Avant d’obtenir une impression parfaite, j’e fis quelques essais sur divers supports.
Or j’étais à l’époque fiancée à un ancien élève de la Cambre qui faisait son service militaire en Allemagne. Je lui écrivais tous les jours et j’avais l’habitude, que j’ai gardée tout au long de ma vie, d’orner les enveloppes avec des dessins.
Cette fois là c’est une gravure de Delvaux qui a décoré l’enveloppe.
Bien des années plus tard cette lettre a été retrouvée.
L’mpression est mauvaise mais c’est la première gravure de Delvaux, le cachet de la poste faisant foi et c’est pour moi un joli souvenir que je garde précieusement.
Bonjour à tous les amis de ARTS et LETTRES
J’ai fait la paresseuse en écriture ,j’étais en principe en vacances professionnelles, mais…je me suis embarquée dans des travaux à ne plus en finir !!!
Lundi ,c’est la reprise du collier, la préparation des expos de fin d’année et là je vais retrouver mon énergie quintuplée….
Je serai à Tour &Taxis du 29/10 au 1/11 ou je représente la Province du Hainaut, j’aimerai bien faire la connaissance de tous ceux qui peuvent y venir , c’est une occasion de partager nos concepts artistiques….plus seulement en virtuel….
Ensuite peut être Baccarat……
Puis les Portes Ouvertes, à mon Show Room- Galerie.........
Au plaisir , bonne rentrée à tous ….. et bonne création !
christiane/christiguey
de Fabienne Coppens
Vous pouvez vous pocurer l'album complet : "Pas la même histoire" auprès de l'auteure
Fleurs de vie
Je te désirais tant
Chaton de mon arbre bourgeonnant
Je t'ai de suite aimé
Lorsque je t'ai senti bouger
Puis vint le jour où tu m'as bousculée
Lorsque sur ma peau, on t'a placé
Cadeau merveilleux
Trésor précieux
Tu t'es donné à la vie
Dans toute sa magie
Tu as grandi remplissant mon jardin
De rires enfantins, que de cadeaux divins
Le soir repu, confiant, tendrement
Tu te blottissais contre mon sein accueillant
Tes yeux rivés aux miens, te contant des histoires de fées
Je t'emmenais doucement au pays de Morphée
Et sur la pointe des pieds, sortais un court moment de ta vie
Pour confier ton sommeil aux anges
Qui se bousculaient pour t'avoir, ne fut-ce qu'un court instant, dans les bras
Tant ton sourire était fait d'auras
Et lorsque le soleil se levait
Vers les miens, tu te dirigeais
Pour me permettre de te reprendre la main
Et de t'emmener sur le chemin....
A mes fils, humblement votre maman
Jeanne-Marie
Face à face...
Une pièce bouleversante, un texte magnifique et fort : L’hiver de la cigale de Pietro Pizzuti
Eclairage sur la trame : il s’agit de Laura Welter, maintenue en détention préventive, hors de son pays natal, … le Chili sans doute, accusée d'avoir tué le général Oscar Antonio Roederer, ancien dictateur de son pays. Elle risque l’extradition et ses conséquences innommables. L'avocate de la défense, Maître Nathalie Franchi, va avoir du mal à arracher des aveux à sa cliente qui ne veut rien moins à travers son procès obtenir une révision au niveau international de l’immunité parlementaire. Extrait : « …Un vieux Monsieur dont la mauvaise santé était le plus efficace des passeports diplomatiques..»
Prenez deux personnages féminins, quarante ans, aussi contrastés que possible : une avocate très élégante, bourrée de féminité, coupe garçonne et voix de tragédienne, femme protectrice ... et une terroriste comédienne, feignant l’autisme, les cheveux mi-longs cachant le visage, la démarche mince et hésitante, en tenue de prisonnière kaki, bottines aux pieds, femme victime courageuse.
Mettez-les face-à-face et que la joute commence. Le combat singulier s’engage avec subtilité. Il y a un mystère à découvrir, une question fondamentale à comprendre. Rien ne progresserait sans cette interrogation et sans cet interrogatoire, minutieux, presque socratique. Qui des deux est la fourmi ou la cigale, on ne cesse de se poser la question.
L’empathie est le tiers personnage. On découvre qu’elles ont en effet la capacité de se mettre à la place l’une de l’autre, elles possèdent une qualité d’écoute profonde et ces deux femmes vont mutuellement se métamorphoser peu à peu au contact de l’autre, de révélations en révélations, les émotions devenant de plus en plus palpables et partagées. Le sujet est grave, le texte de la loi inflexible. Le texte de Pizzutti est saisissant et fourmillant de nuances. Tout les sépare et tout va les faire se rejoindre dans un même combat, celui de la vie ! Peu à peu, on assiste à un crescendo de révélations de plus en plus violentes au fur et à mesure que le meurtre semble devenir justifiable. Quel tour de passe-passe, ce combat verbal féroce et obstiné de filles d’Hercule, aussi fortes l’une que l’autre, où les rôles finissent par se renverser ! Et voilà le transfert du pouvoir absolu de l’une ... vers le pouvoir de l’autre, car on l’aura reconnu : c’est la liberté et le pouvoir de la vie qui doivent émerger ! C’est qu’elles ont en commun une confiance éperdue dans le progrès humain et la victoire du Bien sur le Mal. Et en secret, la nécessité d’une certaine rédemption.
Pourtant tout les séparait. Cigale et fourmi se rejoignent dans une nouvelle Antigone qui ne mourra pas, ni l’été, ni l’hiver. Pièce admirable servie par des comédiennes de haut vol…
du 09/09/2010 au 30/10/2010 - Théâtre Le Public - 1210 Bruxelles
Salle des Voûtes - Création mondiale -
Avec Nathalie Cornet et Laurence Vielle, Mise en scène Magali Pinglaut
Les « Poésies » d’Edgar Allan Poe paraissent en 1831. Chacun de ces poèmes gravite autour de la notion d' angoisse: accablante solitude de l'homme, inutilité de l' effort, regrets et remords que laisse la vie dévastée. Pour Poe, la poésie est un monde en soi qui doit s'ériger loin du monde extérieur. Sorte de religion, elle n'a d'autre fin qu'elle-même: son principe et son but se confondent. Elle est "The rythmical creation of beauty" et ne veut pas être davantage. Mais chez Poe cette beauté n'est pas faite de sérénité, d' espérance et de fidélité aux formes réelles. Elle réside dans une atmosphère de terreur, d' oppression, de pressentiments. Poe nous montre son pays: il est situé "sous un étrange et fatidique climat, qui gît hors de l'Espace et hors du Temps." Voici des cieux semblables à ceux, non moins étouffants, de Baudelaire, des châteaux et des bois hantés: des allées de cyprès, des rivières sulfureuses, des arbres dévastés par la foudre, des étoiles qui ne se lèvent que pour se voiler. Voici les rivages plutoniens de la nuit, les temples ouverts, les tombes béantes, les étangs lugubres où habitent les goules, les sombres routes désertes où passent de mauvais anges.
L'apparition de ces poèmes est une date décisive dans l'histoire de l'esprit. Le génie de Poe fut d'abord reconnu à l'étranger: en Allemagne, où il semblait un second Hoffmann, et surtout en France où il trouva ses meilleurs traducteurs (Baudelaire et Mallarmé) et fut considéré tout de suite comme l'enchanteur par excellence ou plutôt le détenteur de vérités éternelles. Même si la génération actuelle a cessé de partager cette ferveur , elle n'en est pas moins contrainte de subir tout le sortilège de son art. De cette voix étrange où triomphe la mort, Poe chante le Corbeau, le malin esprit, l'horrible oiseau qui répète: "Jamais plus!" (voir "Le corbeau"); Hélène, dont la beauté est comme ces barques nicéennes d'autrefois qui, sur une mer parfumée, portaient doucement le voyageur fatigué à son rivage natal; le Palais hanté aux rougeâtres fenêtres où passent de vastes formes s'agitant sur une mélodie discordante (voir "A Hélène"); le Ver vainqueur, héros de tragédie intitulée l'Homme: "Ulalume", ce nom de femme écrit sur la porte d'un tombeau: Leonore, soeur de la fiancée tragique de la ballade de Bürger, "la rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Leonore et qui apparaît dejà dans "Le corbeau". Après Leonore, c'est Annabel Lee, la femme-enfant que les esprits envient et tuent: puis la Dormeuse, symbole où la beauté et la mort se fondent en un désir d' immortalité. Prodige de virtuosité, le poème "Les cloches", avec ses répétitions et ses allitérations, est proche de l'hallucination. La Cité en la mer annonce tout le symbolisme: loin dans la mer, il existe une ville morte, qui fait songer à l' Atlantide; elle n'est point éclairée par le soleil, mais par une lumière qui vient d'en bas; sur la tour la plus haute, la Mort règne et regarde: les portes ouvertes des tombes et des temples laissent entrevoir des masses de joyaux: mais les eaux alentour sont immobiles: pas une ride sur ce désert de cristal et pourtant il suffirait d'un très léger mouvement pour que la ville s'engloutisse jusqu'aux enfers prête à la recevoir.
Pour "Israfel", Edgar Poe s'est inspiré du Coran. Dans la poésie de Poe que cerne l'angoisse de la mort, "Israfel" est un éclair de joie divine. Israfel est le symbole de ce monde d'épanouissement et de passion auquel Poe aspire en essayant de se libérer de sa nature. De tout ce recueil, le poème qui sans doute permet le mieux de comprendre ce que fut pour Edgar Poe la poésie, semble bien être celui qui s'intitule: "Un rêve dans un rêve". Citons-le donc en entier: "Tiens! ce baiser sur ton front: Et, à l'heure où je te quitte, oui, bien haut, que je te l'avoue: tu n'as pas tort, toi qui juges que mes jours ont été un rêve: et si l'espoir s'en est enfui en une nuit ou en un jour-dans une vision ou aucune, n'en est-il pour cela pas moins le "passé"? Tout ce que nous voyons ou paraissons, n'est qu'un rêve dans un rêve. -Je reste en la rumeur d'un rivage par le flot tourmenté et tiens dans la main des grains de sable d'or -bien peu! encore comme ils glissent à travers mes doigts à l'abîme, pendant que je pleure -pendant que je pleure! O Dieu! ne puis-je les serrer dans une étreinte plus sûre? O Dieu! ne puis-je en sauver un de la vague impitoyable? Tout ce que nous voyons ou paraissons, n'est-il qu'un rêve dans un rêve?"
On sait que ces poèmes furent traduits en français par Stéphane Mallarmé lui-même (de 1875 à 1877): traduction qui passe à juste titre pour un véritable chef-d'oeuvre. Elle figure dans les "Oeuvres complètes" de Mallarmé (Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard).
Je porterai
ton corps de vent
dans le choeur des cathédrales.
Je balaierai les autels
d’un bras vengeur et arrogant.
J’y poserai ton souffle.
La lumière du vitrail
te donnera
toutes les couleurs du ciel.
Je poserai, à ta gauche
le calice de vin,
à ta droite
une miche de pain,
pour quand tu reviendras,
affamé de la terre.
"La grognasse "va progressivement se faire plus discrète sur ce blog pour faire place "Une aventurière de Dieu" bientôt de retour pour une nouvelle édition après ma rupture de contrat avec Edilivre. J'ai un peu remanié ce livre, amélioré les corrections, changé la mise en page pour laisser moins de pages blanches et réduit les pages de citation d'autres textes.
Au fur et à mesure que je retrouve ce témoignage spirituel écrit en 2009, je me demande comment j’ai pu écrire le livre " la grognasse" .Curieusement, je les aime autant l'un que l’autre
En parcourant, grâce à mes livres, les traces de différentes facettes de moi, je m'en imprègne tant que j'ai le nez sur le texte pour traquer les dernières fautes rebelle. Avant la publication de la grognasse et les jours qui ont suivi la parution, je me suis sentie un tantinet plus agressive. Avec la proximité de mise en ligne d’ " Une aventurière de Dieu" (fin septembre) , je renoue avec ma sensibilité et je quitte les zones sombre où m’avaient conduite la traversée du livre la grognasse.
Mais le jour existerait-il sans la nuit et Dieu peut-il se concevoir sans le Diable ?
Je constate cependant que je marche un peu sur des œufs chaque fois que, sur un blog , j'évoque les questions spirituelles. Presque plus inconvenant que la grognasse : plus déplacé, à côte de la plaque, hors sujet… Pourtant tout l’essentiel est là.
Lorsque" la grognasse "donne dans le mal écrit, le mal poli, l'humour grinçant et parfois scandaleux, pas grand monde ne bronche. Au pire les gens s'en fichent ou se disent qu’ils en ont vu d’autres d'autres mais je n'ai encore lu aucun commentaire pour me dire :" c'est ignoble d'écrire comme ça" ou "ça vole bas", "c'est nul" ...
Mais si je parle de Dieu, ça énerve les gens. Certains me le font savoir. Heureusement, il y en a aussi qui aiment mais ils se font discrets. Ils préfèrent le plus souvent m’envoyer un mail par la messagerie de mon site éditorial.
Je publierai cependant certains extraits de "Une aventurière de Dieu". Mais le problème ne se situe pas là.
La vraie question est que plus j'avance dans la jungle de l'auto édition plus je m'aperçois que je ne dispose d'aucune marge de manœuvre. Pour tenter de compenser les carences de ne pas profiter d'une couverture médiatique aussi satisfaisante que celle des grands éditeurs, des réseaux s'organisent sur le net : C’est intéressant et prometteur, mais là non plus je ne peux pas suivre. N'ayant aucun moyen d'avoir en stock suffisamment d’exemplaires de chacun de mes livres publiés, je ne peux même pas les vendre sur ces sites ; je ne peux participer à aucun salon et je n’ai pas les moyens d’ acheter les livres d'autres auteurs pour échange de bons procédés. Je suis condamnée à publier à l'unité, ce qui m'oblige à vendre les livres à un prix qui n'a rien d'attractif.
Quand on n'a pas le sou, il faut trouver des mécènes ou être pris en main par un éditeur ayant les reins solides. On en revient toujours au point de départ.
Alors tant pis, je publie comme je peux. Au moins mes livres existent…
S’offrir une coupe de bonheur théâtral et voir - Un beau salaud -
Voyageur impénitent des cœurs, il est dans la transhumance et l’impermanence. Pénélopes impénitentes elles sont dans la permanence et veillent dans l’attente. Il sera le narrateur débraillé, sans costume d’acteur, électron libre entre le public et la scène des scènes… de ménages. Il prend le public à témoin, se gausse avec lui du théâtre qui se joue à côté de lui, comme si ce qu’il allait dire, n’était pas dans la pièce. Double imposture, déjà. Ce n’est qu’après "l’entre-acte" qu’il quittera " l’entre-deux " et se fera cerner par sa meute féminine.
On irait jusqu’à le plaindre, tant son discours a savamment distillé ses bonnes excuses. Il est égoïste, hypocrite, menteur invétéré et tout cela passe….malgré sa carrière d’imposteur. Le public penche de son côté, François a réussi la gageure d’emberlificoter les cœurs, une fois de plus. Les femmes réunies sur le plateau sont belles, attachantes, sensibles, élégantes, on comprend à peine pourquoi elles ont été plaquées….et ne peuvent que devenir complices et réunir leurs foudres bien qu’elles se détestent avec classe. François est un beau salaud! Qu’elles tricotent, brodent ou fassent de la tapisserie, elles ne feront pas dans la dentelle pour le confondre dans sa duplicité à tiroirs et lui donner quelques fils à retordre!
Le décor unique est splendide: un magnifique appartement design à Neuilly avec grandes terrasses, raffinement phare de ces dames. Une salle à manger télescopique avec des couleurs de paradis…c’est bien le but! Mais l’oiseau n’a qu’une envie, c’est quitter l’enfer doré pour des contrées improbables et des îles aphrodisiaques! Avec ses enchaînements de bons mots coulissants, de répliques à double sens, de situations cocasses, de quiproquos et de cachotteries, cette comédie moderne fait rire aux larmes et s’esclaffer la salle de tellement bon cœur que parfois les répliques en deviennent inaudibles! Et le Don Juan d’attirer une dernière fois la pitié : " Même lorsqu’il souffre beaucoup, on ne voit jamais les larmes du poisson qui pleure." , comble de mauvaise foi. 'On ne peut pas condamner les gens sur les intentions quand même!' … Sommet de la fourberie! Du comique, et de qualité, c’est rare et beau.
Une interprétation savoureuse et très parisienne! Une mise scène sublime de Pierre Pigeolet.
Avec : Pascal Racan, Marie-Paule Kumps, Martine Willequet, Marie-Hélène Remacle, Fanny Jandrain, Gaston Richard, Catherine Claeys.
Théâtre Royal des Galeries 32, Galerie du Roi, 1000, Bruxelles http://www.trg.
08/09/2010 >> 03/10/2010
Dans ses « Poèmes statiques » (1948) Gottfried Benn considère que l'homme mystique déteste le devenir, il désire la mer a-historique de l' âme. De même, le poète espère l'extinction des millénaires et rêve de se fondre dans ce qui était avant le commencement. Cet espoir et ce rêve, il les doit aux "cellules orphiques" qui survivent en lui, bien que l'homme en soit inconscient. Un des problèmes cruciaux de Benn est dans cette ivresse contraire à l'activité du cerveau, dans cette vie instinctive et turbulente contraire à l'esprit qui filtre, qui analyse, qui articule. Quoique d'Héraclite à Nietzsche, le cerveau ait raffiné les capacités de connaissance qui ont formé l'Occident, les "cellules orphiques" sont toujours là, et prêtes à se révéler au poète comme au mystique.
Ce thème, déjà esquissé dans le "Ptoléméen", revient vingt ans après dans "Poèmes statiques". Benn évoque le paysage grec, et dans la couleur argentée des oliveraies, dans le blanc des magnolias, il réveille les mystères d' Eleusis, les mystères des déesses Déméter et Coré: "Tu es ardent et tu te déchires, tu es le mystique, et d'anciennes choses t'ouvrent ton sang."
Le cycle des premiers poèmes, avec leur fascination pour le corps, la mort, la torture, est abandonné. L'attitude envers la femme, qui dans "Morgue" n'était vu qu'à travers une opération gynécologique, s'était élargie et approfondie; la femme est désormais partie du grand silence qui bruisse au-delà des mots. Au milieu du destin éternel, elle est corps et âme, abandonnée sans parole, sans nom, sans acte de magie de l' Eros et du Thanatos. Fermé sur son statisme, devenu signe et forme, le poète exprime et contient les contraires, tel le cercle, qui est à la fois riche de sa fin et de son commencement. Mais entre les extrêmes gîtent la volupté et la douleur, gîte aussi la rédemption qui s'accomplit dans l'autre -dans le "Toi".
Automne de vie
Ce soir…elle était là
Dans le métro… assise devant moi
Les yeux noyés de tristesse
Un être… que la vie blesse
Elle m’interpellait, m’émouvait
Déjà… je l’aimais
J’aurais voulu la prendre dans mes bras
Mais je n’osais pas
Je la trouvais touchante
Elle voulait que je chante
Pour lui rappeler, lui susurrer
Les succès de ses jeunes années
Me suis mise à fredonner
Ai vu ses yeux pétiller
Son âme volait, virevoltait
Valse bénie de la paix
Ses yeux se sont clos… un beau matin
Finis, envolés tous ses chagrins
Il m’arrive encore parfois de la revoir… dans le métro
Avec son béret rouge et sa veste à carreaux
Jeanne -Marie
15.12.2003