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C’était un samedi, jour de marché, je faisais quelques courses, l’attitude ambiguë de mâles, leur regard attentionné vers une dame, parfois furtif lorsqu’ils étaient accompagnés, me fit moi aussi regarder vers elle. Je l’ai observée, il faisait chaud, elle avait une robe légère, tenue par deux fines bretelles ; Robe courte, dévoilant son dos, ses superbes jambe. Sans voir le côté face, je l’imaginais plantureuse, déjà cette vision était plus qu’agréable. Elle a sûrement perçu mon regard insistant qui j’avoue, la déshabillait et elle a brusquement retourné la tête. Pas un regard lubrique, j’imaginais simplement pouvoir la rêver et la poser sur la toile, le papier.

- Bonjour, il me semblait bien vous connaître, comment vas-tu ! Dis-je, faisant là un pieu mensonge, sans avoir vu son visage, je n’aurais pas pu voir de dos qui était cette dame mais je la connaissais.

- Très bien, cela fait longtemps, je suis contente de te revoir. Me répondit-elle, avec un sourire qui me désarçonna.

Elle me troublait, j’étais redevenu en quelques secondes, le puceau qui ressent pour la première fois, une attirance vers une fille. Je connaissais cette dame mais lorsqu’elle était très jeune, il y a des années que je l’avais vue. A l’époque, elle se préparait à des études supérieures, elle devait avoir maximum deux ans en plus que ma fille. Elle était femme maintenant, ce n’était plus la frêle jeune-fille, elle était…

Elle était comme toutes les femmes qui nous attirent, indescriptible, l’unique !

Inconsciemment, nous avons continué nos courses ensemble, nous évoquions le passé. Je devais être tombé sous son charme d’une façon diabolique, j’achetais des choses qui ne se trouvaient pas dans mes achats habituels et surtout sur un marché. Nos courses finies, je l’ai invitée à prendre un verre. Une terrasse nous reçu et je fus encore plus troublé quand elle prit place à mes côtés ; Sa robe laissait percevoir ses cuisses fabuleuses.

« Mon Dieu, me suis-je dit, moi qui ne crois pas en lui, faites que cette journée ne se termine pas. Faites qu’elle accepte mon invitation ! »

Ben oui, en plus de ce verre, j’ai osé l’inviter à dîner. Je ne savais rien sur sa vie présente, était-elle mariée, célibataire ?

Elle accepta, m’expliquant alors avoir un fils féru de sport qui ce jour-là, participait à un tournoi. Il était accompagné par son père, son mari, elle me dit n’avoir rien à faire de spécial. Elle sembla même ravie de ma proposition. Ne me demandait pas quel sport faisait son fils, j’étais trop subjugué par cette dame pour avoir entendu, ce que je trouvais un détail insignifiant. Je savais le principal, un peu idiot vu notre différence d’âge, elle n’était pas libre, elle était mariée !

Ne me demandez pas non plus, pourquoi elle a accepté et semblait ravie, elle l’avait fait, c’est tout ce qui comptait pour moi !

J’étais fou de joie, je n’avais nulle envie de restaurant, je voulais l’avoir à moi seul et c’est chez moi qu’il allait se faire. Là aussi, elle accepta trouvant mon idée géniale.

Quelques pâtes, préparées avec amour allaient être au menu. De simples carbonaras, vite préparées, ce sont des pâtes succulentes et permettant ainsi de ne pas perdre de vue la belle dame. Dès son entrée, elle se mit à visiter les lieux. Pas la curiosité de l’endroit mais de mes dessins, de mes peintures. Moi, je cuisinais regardant sans cesse vers elle. J’étais sur une autre planète, je planais. A table, j’ai parfois dû m’abstenir de la regarder trop intensément, elle aurait vite deviné mon trouble. Comme un vieil imbécile, je n’avais pas vu qu’elle avait compris, c’est la suite qui me le prouva. Le repas terminé, elle reprit sa visite, moi, je préparais le café. Un moment, devant une fenêtre, une vision fantasmagorique s’offrit à moi, le soleil rendait sa robe légère, presque transparente. Je ne devinais plus ses charmes, je les voyais à travers ce tissu, bénit des Dieux !

Encore une fois, j’évoquais ce à quoi les hommes s’accrochent dans les moments troubles qu’ils vivent !

Qu’est-ce qui me pris d’agir de la sorte ?

Là, c’est le Diable qui a dû m’inviter à accomplie ce geste !

Je me suis approché, l’observant encore plus intensément qu’au marché et elle se retourna de nouveau brusquement. Elle me regarda fixement dans les yeux et sourit, clignant des yeux !

Etait-ce ce sourire, cette espèce de clin d’œil ?

Inconsciemment, je me suis retrouvé face à face et mes mains se sont soulevées, mes doigts ont pris les fines bretelles de sa robe. Elle ne bougea pas, continuant, je fis glisser ces bretelles qui lorsqu’elles ne furent plus posées sur ses épaules, laissèrent tomber sa robe. J’ai suivit du regard la chute de cette parure la rendant sensuelle. Je voyais enfin ce que j’avais imaginé !

Mes yeux n’ont rien perdu, remontant la tête, pas un détail ne fut oublié lors de ce parcours volé.

Etait-elle choquée ?

J’ai redressé la tête, elle avait son merveilleux sourire et une de mes mains caressa son visage mais là, je me suis senti ridicule. Je n’avais pas reçu la gifle méritée, rien qu’un sourire, ce qui voulait dire que ce n’était pas grave ou qu’elle appréciait ?

J‘étais quand même honteux de mon geste. Je voulu m’excuser, je percevais mes joues rouges de honte mais elle mit un doigt sur ma bouche, m’imposant le silence et posa un baiser sur mes lèvres. Je ne vous explique pas la suite vous la devinez !

Pas tout, parce que le fil rouge fit surface lorsqu’elle m’avoua être impressionnée par mes travaux, par mon intérieur, qu’elle aimait déjà dans le passé ce que je faisais, qui j’étais !

Je compris encore que c’est l’artiste qui avait pu la déshabiller, qui avait pu l’amener sur l’autel où posent mes modèles. C’est l’artiste et non l’homme qui lui avait fait l’amour !

Il est vrai que l’homme avec cette différence d’âge n’aurait pas pu. Il est vrai que mon physique comparé au sien, était séparé d’un abîme. Je me suis imaginé durant un instant son mari qui m’était inconnu mais que je savais beaucoup plus jeune. Sportif, donc sûrement plus athlète et je n’ai pu faire aucune comparaison.

Déçu, l’homme l’était mais l’artiste était quand même heureux, il prit une feuille de papier et voulu poser la Belle sur celle-ci. Je dis la Belle, trop déplacé de dire même son prénom !

Elle approuva mon idée, sembla même enchantée de ma proposition mais demanda de ne pas être reconnue ; Comme bien souvent avec un nouveau modèle, c’est la multitude de dessins et le temps qui la libère mais ici, la nudité était déjà installée.

J’ai savouré cet après-midi, je l’ai placée de façon à ignorer son visage et j’ai dessiné ce corps sublime. Un moment la pose la fit somnoler, puis dormir. Elle se plaça alors sur le côté, comme dans un profond sommeil. Qu’est-ce que j’ai eu comme joie de lui faire reprendre la pose !

Mes mains se sont faites caresses quand je l’ai retournée, quand j’ai replacé ses bras, ses jambes. Mon regard se promenant sur son corps n’était pas celui de l’artiste mais de l’homme. L’homme profita de cette situation, ses lèvres se promenèrent sur cette chair offerte, goûtèrent avec gourmandise les fruits mûrs de la belle. Il se délecta de ses senteurs, l’homme était au ange et l’artiste l’accompagnait !

Une nouvelle fois, j’ai retrouvé ma jeunesse en l’aimant. Il se faisait tard, elle oubliait comme moi, le temps qui passe. Un appel sur cet horrible téléphone portable, abrégea sa visite, écourta notre après-midi idyllique, amoureux et charnel.

Son mari s’inquiétait, se demandait où elle était passée. Je l’ai laissée, Je me suis précipité à la cuisine ; J’étais malgré tout ennuyé de cette situation, comment allait-elle expliquer, quelle excuse allait-elle donner ?

Je ne sais pas ce qu’elle a dit, elle est venue se jeter dans mes bras, m’embrassa avec fougue et s’empressa de se rhabiller. Je n’ai pu dire un mot et comme quand j’ai fait tomber sa robe, lorsque j’ai voulu m’excuser, elle posa un doigt sur ma bouche, me baisa les lèvres et partit en courant.

La solitude !

Elles me pesèrent cette soirée et cette nuit là. J’ai passé la soirée en balade, la tête dans les étoiles, sous une superbe lune. Je l’imaginais là, sous cette lumière sélénite, ave le vague à l’âme. Le matin me vit pourtant sourire, je repensais à ces délicieux moments et je me suis installé devant mon chevalet. Je me suis remémoré ce corps afin de dessiner son absence. J’en frissonne encore !

A-t-elle des remords ?

L’homme est égoïste et l’artiste l’est aussi, je ne ressens aucune culpabilité vis-à-vis du mari.

J’ai vécu un après-midi rempli de ces sensations inexplicables que l’on vit quand une passion s’installe. Ce n’est pas une passion pourtant, trop lucide de notre différence je me suis imposé de me dire de suite que c’est un simple moment vécu par l’artiste, pas par l’homme. Mais, moments merveilleux !

Hypocrisie de parler ainsi, cette façon de me donner bonne conscience puisque l’homme et l’artiste ne font qu’un !

Va-t-elle revenir ?

Je ne le sais pas, je ne connais pas son adresse, ni son téléphone. J’ai terminé ce dessin, n’en espère pas d’autre et ne cherche pas à la retrouver.

Quoique, parfois, comme ici, quand je repense à ces moments merveilleux et si elle m’appelait ?

Passons à autre chose, un autre dessin mais si elle…

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