Celyes | Note: ceci est extrait d'un site international (dont la référence est cachée) que j'ai découvert par hasard sur le net. De telles critiques font plaisir! Surtout lorsqu'on y joint quelques textes et une bio! Claude HARDENNE Date du message : mai 7, 2010 04:29 |
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Date du message : juin 4, 2009 05:36 | |
Peintre et poète , sa palette est en effet très riche et reste à découvrir que ce soit pour sa | |
Date du message : juin 4, 2009 05:45 | |
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Date du message : juin 6, 2009 00:40 | |
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Date du message : juin 8, 2009 00:13 | |
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Date du message : juin 9, 2009 01:42 | |
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Date du message : septembre 24, 2009 04:48 | |
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Date du message : mai 8, 2010 12:26 | |
FLEUVE NOCTURNE | |
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J'aimerais vous dire quelques mots, au sujet des mots...
Ceux qu'on a dans la gorge et ceux qu'on a dans le coeur. Ceux qui tatonnent et se cherchent, ceux qui coulent de source...
Ceux qu'on a oubliés et ceux qu'on connait par coeur. Ceux légers qui nous font sourire et ceux qui nous brisent le coeur.
Ceux qu'on voudrait rattraper et ceux qu'on regrette de n'avoir pas dits. Ceux qu'on dit trop souvent et qui se vident de sens. Ceux dont on découvre le sens caché jusqu'alors jamais dévoilé...
Les mots qui s'assemblent et se découvrent enfin et ceux morcelés qui se cachent
.
Les mots magiques qui ouvrent les portes, les mots piégés qui les ferment.
Les mots qui chantent dans leurs formes et ceux qui pleurent un soir d'automne.
Ces mots auxquels on peut tout faire dire et qui parfois dérapent et nous échappent. Ceux maîtrisés qui nous font jouir d'avoir pu les assembler et nous faire frémir.
Et puis, tous ces mots que nous ne connaissons pas et qu'ils nous restent à découvrir! Ces mots aussi qui tout à coup nous viennent dans une autre langue car ils y ont pris une autre dimension...
Ces mots domestiqués qui invitent notre mépris, et ces mots plein d'odeur qui évoquent des images d'enfance, d'amour ou d'ailleurs...
C'est quoi tout cela? Cela vient d'où?
Qui a proféré le premier mot? Qui a pensé la première phrase?
Les mots c'est quoi?
C'est le langage, la communication; mais pas celle simple des animaux qui se reconnaissent à leurs cris; celle compliquée, sophistiquée, déformée, transformée des hommes qui jouent avec les mots pour réinventer le monde, qui inventent des codes pour déjouer leurs peurs.
J'avais envie de dire ces quelques mots au sujet des mots, avant de dire mon dernier mot...
William Blake: Le grand Dragon Rouge et la Femme vêtue de soleil
« Le mariage du ciel et de l' enfer » est un des "Livres prophétiques" de William Blake (1757-1827), publié en 1790. Ce texte en prose se ressent de la majesté des versets bibliques. Il veut être une contre-partie à "La sagesse des Anges" d'Emmanuel Swedenborg (1688-1772). Parmi les notes que Blake écrivit en marge de la traduction anglaise de l'oeuvre de Swedenborg (publiée en 1787), on peut trouver la trace du titre du "Mariage" dans ce commentaire: "Ici, le Bien et le Mal sont tous deux le Bien et ces deux contraires s'épousent". Ce titre rappelle aussi "Le ciel et l' enfer" du même Swedenborg.
L'argument central de ce poème est que, "sans les Contraires, il n'y a pas de Progression. L' attraction et la répulsion, la raison et l' énergie, l' amour et la haine sont nécessaires à l'existence humaine". Mais, de ce choc des contraires, ne naît pas chez Blake l' unité intermédiaire, véritable force créatrice de tout progrès réel; le poète s'enferme dans son dualisme et professe que "de ces contraires naissent ce que les hommes religieux appellent le Bien et le Mal. Le Bien, c'est l'élément passif qui obéit à la raison. Le Mal, c'est l'élément actif qui est produit par l' énergie. Le Bien, c'est le Ciel; le Mal, c'est l' enfer. Mais "l' énergie (donc: le mal) est la Joie éternelle", et c'est là qu'est tout le drame du prophète révolté.
Le poète chante la vertu créatrice du désir, qui ne doit jamais être freiné, sous peine de devenir passif et improductif. Et il ne s'agit pas en l'occurence d'un désir quelconque: ainsi que le proclame un des aphorismes de "Il n'y a pas de religion naturelle": "Le désir de l'homme étant infini, la possession est infinie et lui-même est l' infini." Le refus de Blake d'accepter la primauté de la raison humaine semble, à première vue, d'autant plus étrange que "Le mariage du Ciel et de l' enfer" fut composé à une époque où la raison était le mot-cléf de toute philosophie. En était-il venu à penser que ce "royaume de la raison" est essentiellement instable? Ou, tout simplement, s'était-il insurgé -une fois de plus- contre les opinions reçues, comme il se révoltait contre les Eglises établies, gardiennes des lois et des principes, et contre l'organisation sociale qui les sanctionne? On ne saurait rien affirmer.
Toujours est-il que les "Proverbes de l' enfer", qui forment le 5ème chapitre du "Mariage", ont été considérés par les contemporains du poète (et le sont encore de nos jours, par Daniel-Rops, par exemple) comme de véritables axiomes d' anarchie. "Damner fortifie, bénir affaiblit", ou "Les prières ne labourent pas"; ou encore "Les prisons sont bâties des pierres de la Loi; les maisons de prostitution des briques de la Religion". Il est évident que ce sont là des propositions difficiles à accepter pour quiconque reste conformiste; mais pour celui qui juge Blake sans s'arrêter à certaines phrases qui n'ont plus le même sens quand on les sépare de leur contexte, il apparaîtra que, contrairement à Rimbaud qui finit par nier toute possibilité de morale, le but de l'oeuvre de Blake restera strictement moral dans son ensemble.
C’est une nouvelle de Vercors publiée en 1943. "Qui fut coupable envers Thomas?". Le mensonge, répond Vercors, une atroce méprise.
Première marche à l' étoile, sous la bannière de la foi et de la lumière. Thomas Muritz naît en 1866 d'une famille de parpaillots vosgiens émigrée à Presbourg, famille d' armateurs cossus, installée. Mais Thomas est amoureux de la France; il lit, pêle-mêle, Hugo, Dumas, Balzac, Sue; amoureux de la France, de la Liberté, de la Justice. Le suicide de son cousin Latzi, fils d'une juive, précipite son destin. Thomas sacrifie bonheur et repos, la chaleur d'un foyer, un avenir facile et sûr. L' enfance est terriblement sérieuse. L'aube vit Thomas sur la route, par-delà le Danube, qui mène à Vienne, qui mène à Paris. Il y parvint; il passa la frontière à Delle, le jour de la Saint-Jean. A l'aubergiste qui l'interroge: "Tu as fichu le camp", il répond "La France est un pays libre, citoyen". Et l'aubergiste, le "brave petit rouquin", ému, lui ouvre les portes de la France: "Tu es l'un des nôtres."
Seconde marche à l'étoile, mais cette fois-ci sous le règne des avares. Thomas, français, doit aller jusqu'au bout de son destin. André son fils, le plus jeune officier de France en 1914 ne tarde pas à devenir son plus jeune mort. Mais Thomas n'oublie pas le visage de son aubergiste roux: "les rouquins m'ont toujours porté bonheur", la France les lui déléguait en ambassadeurs. Le temps passe, une autre guerre. C'est l' armistice. L'étoile n'est plus au bout de la route, mais sur la poitrine de Thomas qui ne renie pas une mère juive. La France délègue son dernier ambassadeur, un dernier petit rouquin, gendarme cette fois-ci, qui le mène vers le peloton d'exécution. "Il regardait le gendarme, le rouquin, avec des yeux dilatés, et il bredouillait sans fin: non, non." Toute la détresse, le désespoir, l'horreur, l' agonie de l' amour assassiné. Vercors clôt sa nouvelle sur le regard de Thomas, ce bref regard posé sur le visage du mensonge, ce visage que nous portons tous en nous.
18 Novembre 2010 >> 18 Décembre 2010 « AUTANT EN EMPORTE L'ARGENT»
Comédie de Ron Hutchinson
Mise en scène : Jean-Claude IDÉE.
Décor et costumes : Serge DAEMS.
Avec: Patricia HOUYOUX (La secrétaire ) ; Jean-Claude FRISON (Ben Hecht ) ;Jean-Marie PÉTINIOT (Selznick)
Michel PONCELET (Fleming)
1939. Après de folles supplications et une offre financière plantureuse, Ben Hecht se voit forcé d’accepter de vivre 8 jours dans l’enfer de la création et d’écrire sous la contrainte, un scénario d’un bouquin de 1000 pages qu’il n’a jamais lu! Une histoire vraie et une légende dans les élégants bureaux du plus grand producteur de cinéma : David O. Slelznik. C’est le récit épique de ces huit fabuleuses journées qui mirent au monde le film mythique entre tous : « Autant en emporte le vent. »
Nous débarquons dans un huis clos. Défense de déjeuner, on y vit de bananes et cacahuètes - c’est bon pour les méninges- pas le temps de dormir, à peine celui de s’éclipser à la salle de bain. Le maître après Dieu, le producteur David O. Selznik (Jean-Marie PÉTINIOT ) diffuse un charisme et une désespérance palpables. Il vient de virer de leurs postes le scénariste et le metteur en scène du film, il est au bord de la faillite. On n’imagine pas à notre époque que le tournage d l’incendie d’Atlanta était à lui seul un désastre financier : il fallait brûler les vrais décors. La pression est à son comble, le pari est immense : la gloire ou la débâcle. Les trois prisonniers du défi financier sont assaillis de coups de téléphone : la femme délaissée de David O.Selznik, Irene , le beau-père, Louis B. Mayer, le patron du studio, alarmé par les rumeurs d’arrêt de production, l’actrice ombrageuse Miss Vivian Lee. L’immaculée secrétaire, Miss Poppenguhl (Patricia HOUYOUX) déploie diplomatie et patience d’ange. Quel contraste avec le bouillonnement désespéré de désir de création de la trinité masculine ! Vic Flemming (Michel PONCELET), le nouvel élu metteur en scène, et Selznik s’escriment à jouer par le menu tous les personnages et les épisodes mouvementés du livre de Margaret Mitchell pour Ben Hecht le scénariste. Comédiens très contrastés, nous sommes en pleine farce comique. L’effet est cocasse mais Ben refuse d’y croire. C'est qui Reth …? Rétif plutôt! Et caustique. Il se rebelle à tout instant contre cette histoire à l’eau de rose, aux vaines poursuites. Moonlight and magnolia is Over! Quel est l’intérêt de ressasser cette guerre civile américaine d’un autre temps, où un héros ne meurt pas héroïquement, mais de rougeole! Scarlett est risible. Son âme de journaliste n’a cure du Sud conservateur, il veut faire passer sa vision du monde moderne, dénoncer l’antisémitisme croissant et la menace de la guerre.
C’est une lutte ouverte, chacun veut faire triompher sa vérité. L’écoute étant exclue, comment s’entendre! Le jeu du corps a la parole. Au fur et à mesure, la sage et jolie robe plissée de Miss Poppenguhl se transforme en robe du Sud et en boucles folles de Scarlett O’hara. Choc des vérités : David O’ devient de plus en plus pressant, les cacahuètes volent, les manipulations, marchés et pressions en tout genre se terminent par une discussion passionnée sur le sens de la nationalité américaine. Selznik et Ben Hecht sont tous deux juifs: place à l’humour et à l’autodérision. Les voilà qui téléphonent à tout Hollywood pour décider: Selznik, américain ou juif ? Gagnant, Ben empochera un chèque pour l’entr’aide des réfugiés juifs. C’est enfin le délire : vissé de force à sa machine à écrire, Ben Hecht transforme sans s’en douter toute la violence chaotique de la genèse dont il est acteur et témoin, en or massif. L’Oscar sera au rendez-vous.
Ben Hecht, (Jean-Claude FRISON ) a des airs de Clark Gable, il est brillant, fin, intelligent, ses réparties claquent avec la rapidité de l’éclair, ses frustrations et son exaspération croissante, résonnent d’une vérité plus que théâtrale. Le combat passionné du trio échevelé, débraillé et à bout de forces, contre le monstre de l’argent, est superbe. Au passage, l’ode à l’amour du cinéma est ardent: « le seul lieu où les morts continuent de marcher! » La mise en scène est dynamique et forte, le huis clos déborde de tensions, jusqu’à l’apothéose du générique du film.
Le silence est d’or
Me dit-on souvent.
Fait de pépites d’or,
C’est ce qu’on prétend.
Chaque petite paillette
Vaut son pesant d’or.
Chaque chanceuse cueillette
Est un grand trésor
Pour le chercheur d’or
Les deux pieds dans l’eau
Qui trouve un peu d’or
En filtrant cette eau.
Chaque silence pour moi
Se transforme en perles,
Gouttes de surcroît
De mes doux yeux perlent.
Je hais ce silence
Quand on me l’impose.
Il use ma patience
Et le défier j’ose.
Ce silence tient bon,
Il ne se brise pas
Et il me répond
En ne parlant pas.
Têtu comme l’ânesse,
Il ne bronche pas.
Il se tait sans cesse.
Je ne comprends pas.
Dur comme une pépite
Que l’on trouve dans l’eau.
Qui de nous mérite
Tous ces coups dans l’eau ?
L’or mis en fusion
Fond pour le plaisir
L’or a cette mention :
Cadeau à offrir.
Le silence est pierre
Solide comme un roc.
Pas de quoi être fier
Comme un très beau coq !
Ne me dites plus :
Le silence est d’or.
Je ne vous crois plus.
C’est un vrai mentor.
20/11/2010
« …Une pizza, n’est pas forcément bonne, ni forcément mauvaise. C’est avant tout, une pâte dans laquelle vont mijoter la sauce tomate, l’oignon, des herbes de Provence et huile d’olive. En cas de réussite, elle sera aussitôt dégustée bien chaude et arrosée de piment, par la ménagère, son mari et ses enfants, qui apprécierons ou détesterons, mais…. »
Thérèse-Andrée est à table, près de la fenêtre, avec ses deux enfants. De guerre lasse, elle prend la télécommande et arrête la télé. Comme chaque soirs, elle est seule, son mari n’est pas encore rentré.
Son fils, Jean-Sébastien, à treize ans. Il s’empare de la télécommande et va dans sa chambre, mais avant :
-« Vous avez vu ce que j’ai trouvé, à 10 h35, dans la cour de récréation ? »
Sa sœur Étiennette onze ans :
-« Je vais dans MA chambre terminer MON dessert, si on M’appelle, SVP, répondre que JE ne suis pas LA, la… ! »
Thérèse-Andrée est ailleurs.
« Il a beaucoup de travail songea-t-elle, ses maudits dossiers le retiennent au bureau. Oui, c’est vrai, il le fait pour nos enfants, pour notre famille, pour que nous manquions de rien ! D’accord, c’est aimable à lui, mais, il pourrait pour quelques soirs, se faire remplacer par sa secrétaire Élisabeth ! Et être enfin avec moi, avec nous, à l’heure normale, comme une famille unie! »
« Il y a aussi sa petite voisine de bureau d’à coté, qui vient lui tenir compagnie. Elle vient avec un morceau de pizza. Bon mais çà ne prend que quelques instants, juste un moment de détente quoi ! En aucun cas, cela ne justifie ce retard insupportable ».
Un soir, Thérèse-Andrée, au plus dur de ces intolérables attentes, avait décidé de donner un avertissement à son mari. Alors qu’elle lui préparait un bain moussant, elle mit au fond de la baignoire. Une vingtaine de petites piles. « Çà le secourra un peu s’était-elle dit ! »
Ernest-Charles, ce soir là, n’avait ressenti qu’un léger chatouillement, mais çà l’avait mis de mauvaise humeur. Il tint son fils, comme seul responsable et l’avait magistralement secoué malgré les protestations du gamin.
« Cette fois-ci, je vais mettre des grosses piles et j’espère qu’il y restera ! Songea Thérèse-Andrée exaspérée ».
Ernest-Charles est responsable d’une agence d’assurances. Ce soir, comme souvent, il ne sera pas avec sa femme et ses enfants. A dix huit heures il les a bien prévenu avec son portable :
«… J’ai quelques dossiers urgents à terminer… ! »
A cet instant, dehors, à travers la fenêtre de l'agence, une jeune femme observe Ernest-Charles puis tape aux carreaux. Celui-ci reconnaît Marthe-Elise. Il sourit, ferme ses dossiers, les range dans un classeur puis va ouvrir la porte d’entrée.
C’est Marthe-Elise, de la maison voisine de l'agence. Elle entre, dépose un baiser sur les lèvres de son amant, puis se dirige dans le bureau. Là, elle dépose sur une table basse, deux parts de pizza, ensuite, se débarrasse de ces chaussures et va se jeter sur le canapé de salon; dans les bras de Ernest-Charles.
Marthe Elise à 28 ans, elle est très jolie, avec un physique, fort agréable. Ernest-Charles la serre dans ses bras et l’embrasse avec fougue. Elle lui chuchote à l'oreille, « Maintenant ou plus tard ? »
-« Maintenant, de suite! »
-« Alors, attends moi deux secondes ! »
Marthe-Elise, prend le tube d'harissa, et s’enferme un moment dans la salle de bain puis, elle en ressort, peu après, nue.
-« Çà y est, mon chéri, j’en ai mis suffisamment, comme tu aimes! Puis ajoute, « on se met où, sur le bureau d'Élisabeth » ?
-« Oui, comme d’habitude ! »
Ils firent l’amour sur ce grand bureau, comme jamais, c’était deux corps enflammés qui s’emmêlaient et geignaient de plaisir. Ils terminèrent par un long baiser. Ernest-Charles lui susurre à l’oreille :
-« L'Harissa était vraiment de bonne qualité et bien dosée! »
-« J’en ai mis deux doigts, jubile Marthe-Elise. Haaa, c’était divinement piquant, vraiment délicieux ! Puis questionne, on se la mange maintenant cette pizza ? »
C’est vers 9 h et demi que Ernest-Charles rentre chez lui, il se débarrasse de sa veste et de son porte document, puis se penche sur la chaise roulante et fait la bise à son épouse.
-« Bonjour chéri, je vais te couler un bain, lui dit-elle avec douceur! »
-« Merci beaucoup, tu sais je suis désolé, d’arriver si tard, j’avais terminé mes dossiers et m’apprêtais à fermer, lorsque Marthe-Elise, est arrivée, alors çà m’a retardé, mais demain… »
Thérèse-Andrée, ne l’écoutait pas et il le savait, mais il continua.
-« Mais demain, j' appellerai Marthe-Elise, je lui dirai, de rester chez elle...! »
Dans la salle de bain, Thérèse-Andrée avait rempli la baignoire, avec une eau bien moussante, puis elle y ajouta une vingtaine de grosses piles rondes, ensuite, manœuvra sa chaise roulante et quitta la pièce. Entre temps elle croisa son mari qui s’enferma dans la salle de bain. Peu après, Thérèse-Andrée entendit son mari pousser un long cri puis un grand bruit horrible. Elle actionna son fauteuil dans cette direction, puis ouvrit la salle d’eau. Elle aperçu son mari ensanglanté, le crâne fendu par la robinetterie. Elle comprit qu’il avait glissé sur les piles et s’était fracassé le crane. Elle poussa un long soupir et se dit :
« Désormais, je saurais à chaque instant, qu’il est seul, et où il se trouve, ainsi, je ne l’attendrai plus! »
On ne doit jamais négliger d’être ponctuel !
Lucien Ruth
Janvier 2009 F I N
Pour nourrir ce poème
Avide de beaux mots
Chantant comme une bohème.
Cet assemblage de lettres
Qui font d’elles un beau mot.
Pour écrire, j’étais prête.
Source d’inspiration,
Un gentil petit mot
Sans aucune mention.
Sans faire de l’esprit,
Juste du mot-à-mot
Dans un refrain repris.
Sa place n’est pas ici,
Me donner son petit mot
Pour découvrir ainsi
Façonné tout en vers,
Pas une querelle de mots,
Tout irait de travers.
Négligeant ma demande.
Il n’a pas soufflé mot.
Ma déception est grande.
Pour cette feuille de papier.
Je cueille ces beaux mots,
Je ne vais pas m’en priver.
Et de ma plus dorée.
Je n’ai plus besoin du mot
Que j’avais quémandé.
Pour mon plus grand plaisir.
Je partage mes mots
Qui ne font pas toujours rire.
Elle se termine enfin.
Sans être pris au mot,
Le poème n’a plus faim.
Qui la rende bien belle.
J’écris le dernier mot,
Cette histoire m’ensorcèle.
On prétend qu’il consent.
A-t-il gardé ses mots
En les engloutissant ?
Maintenant que j’y pense,
D’or était votre mot,
Il se nommait « silence » !
19/11/2010
Après 2 jours de bataille avec ce format...ouf que c'est pour l'instant abouti..! J'ai voulu jusqu'à la fin préserver une partie (le visage) et je sais que lorsque l'on préserve une partie qu'on aime, on tourne en rond autour sans avancer..!
Flo au blanc turban 150x120 acry et marouflage sur toile

Pourtant j'ai le sentiment que pour cette fois en tout cas, j'ai eu une bonne
intuition en tournant autour du pot..
Mais quelle bagarre, j'ai touché le fond en le retouchant une dizaine
de fois.. en remarouflant le buste, déchirant et griffant le vide au passage..
Plusieurs fois tenté par un décor qui habille ce vide insondable.
Demain,
Seras-tu là
Pour pouvoir discuter
En convivialité ?
J’ai rêvé
D’un beau paysage.
L’ombre des arbres dessinait
L’image de ton doux visage.
Demain,
Seras-tu là
Pour me parler
D’amour et aussi d’amitié ?
J’ai rêvé
Que tu me tendais
La main, celle du cœur,
Pour me caresser la joue.
Demain,
Seras-tu là
Pour que je puisse enfin
Me blottir au creux de tes bras ?
J’ai rêvé
Que du bout des doigts,
Tu essuyais les larmes
Qui coulent sur mes joues.
Demain,
Seras-tu-là
Pour accueillir ma tête
Sur ton épaule solide ?
J’ai rêvé
Que du bout des lèvres,
Tu m’effleurais la nuque
Pour panser mes blessures.
Demain,
Seras-tu là
Pour marcher avec moi
En me donnant la main ?
J’ai rêvé
Que de tes douces mains,
Tu parfumais d’amour
Ma pauvre peau de chagrin.
Demain,
Seras-tu là,
Toi le cardiologue
Que mon petit cœur attend ?
J’ai rêvé
Que tes yeux
Brillaient de mille feux
Pour éclairer ma vie.
Demain,
Seras-tu là,
Toi que j’idéalise
Depuis ma tendre enfance ?
Je m’enfonce dans l’automne
sur la pointe des pieds.
Je parle aux colchiques,
princesses des prés.
Des feuilles rousses
posent sur mes épaules
des taches de vieillesse.
Le brouillard grisaille mes cheveux,
la brume froisse le dos de mes mains.
La terre alourdie
de ses enfantements d’été
fatigue mes chevilles.
L’hiver est proche.
Le mur est un assemblage
De briques rectangulaires,
De gros blocs en béton
Ou de jolies grosses pierres.
Un mur se construit
Pour différentes raisons
Énoncées, approuvées
Par une poignée d’hommes.
Un mur soutient la digue
Pour éviter le pire
Quand les eaux se déchaînent
Par un jour de tempête.
Les murs d’une maison
Forment l’abri nécessaire
Pour permettre à l’humain
De vivre ses envies.
Un mur de jardin
Est mur frontalier.
Il fixe la limite
Et chacun est chez soi.
Un mur de prison
Est parfois pris d’assaut
Quand un homme enfermé
Cherche sa liberté.
Le mur protège, soutient,
Sépare, emprisonne,
Une invention subtile
Propre à l’espèce humaine.
Le mur que tu as bâti,
Il n’est pas fait de briques,
De blocs ou de grosses pierres
Et sa fonction est autre.
C’est un mur qui brise
Mes rêves les plus chers.
C’est un mur qui rejette
Des désirs si profonds.
C’est un mur qui renforce
Mon incompréhension.
C’est un mur qui me peine,
Source de bien des larmes.
C’est un mur qui n’accepte
Aucune lamentation.
Ton mur est fait de glace.
Il se nomme silence.
Ce mur forme la tombe
Dans laquelle tu t’enfermes,
En refusant obstinément
De répondre à mon pourquoi.
Mon mur à moi
Est une bulle invisible.
Souvent, je m’y réfugie
Pour épancher mes mots.
Avec
« Petite musique pour cent interprètes
ou
Comment devenir poète »
Isabelle Bielecki, auteur de ce recueil de poésie, apporte sa réponse à cette question :
le « stichou » !
Ce nom, une création originale, s’inspire de deux mots, l’un de l’Est et l’autre de l’Ouest. Le premier mot, « stichok », est russe et signifie « petit poème », le second, « chou », est français et est un synonyme de mignon. A lui seul, « le stichou » fait ainsi le lien entre les cultures qui ont marqué le vécu et l’écriture d’Isabelle Bielecki, d’origine russo-polonaise mais éduquée dans la langue française, en Belgique.
Mais à ce triple bagage culturel, il faut ajouter une expérience de vingt-sept années dans une entreprise japonaise. Une longue immersion dans le monde nippon avec ses rites, ses contraintes et son art. Si le « haïku » est un genre poétique qui a depuis longtemps franchi les frontières, Isabelle Bielecki n’en ignore ni les contraintes ni son appartenance à une spécificité toute nippone.
C’est ainsi que lui est venue l’idée de créer le « stichou » ! Un court poème en phase avec la culture européenne. Si dans sa forme il est court puisqu’il se compose de cinq lignes, sa nouveauté réside dans la combinaison entre le fond et la forme : les deux premières lignes décrivent une activité des plus simples de la vie quotidienne, la troisième ligne fait transition, tandis que les deux dernières lignes projettent le « stichou » dans un monde onirique fait de poésie, d’humour et de philosophie.
Vous êtes surpris ? Curieux ? Intrigué ? Venez le découvrir par vous-même !
En effet, le Réseau Arts et lettres invite l'auteur à présenter ses créations poétiques lors d'une séance qui se déroulera le 18 décembre à 18 heures à l'Espace Art Gallery à Ixelles. Réservez cette date dans vos agendas.
Ses admirables "Stichous" sont illustrés par Suzanne Arhex et seront présentés par Catherine Angelini, la préfacière de « Petite musique pour cent interprètes ou Comment devenir poète »
Isabelle Bielecki
Biographie
Poète, romancière et dramaturge, Isabelle Bielecki est née en Allemagne de père russe et de mère polonaise. Sa famille s’installe en Belgique sous le statut de réfugiés de l’O.N.U. et reçoit la nationalité belge en 1963. Isabelle fera toutes ses études à Bruxelles, couronnées par une licence en traduction. Elle fait carrière dans une entreprise japonaise.
De nombreux poèmes sur le déracinement et la mémoire paraissent dans les Elytres du Hanneton, Oasis, Litteratour et Le Non-Dit. En 2003 elle publie un premier recueil de poésie sur la nostalgie, rêves sous le vent, traduit en néerlandais par H. Bastin.
Il est suivi en 2008 par le recueil: plumes d’Icare, un récit en 69 poèmes sur la passion amoureuse. En 2010 sortent deux recueils : Le Labyrinthe de Papier qui traite de la mémoire et surtout du témoignage qu’est l’écriture ainsi que Petite musique pour cent interprètes ou comment devenir poète qui crée un genre nouveau avec le « stichou » court texte poétique, humoristique ou philosophique, destiné à ouvrir le quotidien à la poésie.
En théâtre, sa pièce la grange fut jouée à l’U.L.B. par la jeune troupe universitaire et interprétée au théâtre de la Place des Martyrs. Cette pièce appartient à une trilogie consacrée au déracinement avec promenade sur l’eau et l’oubli est de vermeil, qui ont fait l’objet de lectures publiques à la Bellone à Bruxelles. De même valse nue consacrée à Camille Claudel et rose des sables à Rimbaud, et à leurs liens avec la passion, la folie et la création.
Son premier roman les Mots de Russie, paru chez E.M.E. en 2005, et couronné en 2007 par le prix littéraire des «Amis des Bibliothèques de la Ville de Bruxelles», nous livre une page sur le destin des déracinés de l’Est après la Deuxième Guerre mondiale.
Fragments d'Eros rassemble six auteurs de nouvelles érotiques, dont Isabelle Bielecki avec l'amour à marée basse et l'oeuf à la coque.
Isabelle Bielecki collabore au festival international de poésie « la lyre émigrée » et participe au spectacle littéraire itinérant "naître à l'Est écrire à l'Ouest". De même, elle présente régulièrement des auteurs belges dans le cadre du Grenier Jane Tony dont elle est la secrétaire générale.
Puis-je vous inviter à vous essayer au Stichou sur cette page?
Espace art gallery: 35 rue Lesbroussart à Ixelles (à deux pas de la Place Flagey)
La drague
Est une machine
Qui sert à nettoyer
Le fond d’une rivière.
La drague cure,
Enlève les crasses,
Épure la vase,
Rend le fond propre et net.
La drague
Est un dispositif
Employé pour détruire
Les mines sous-marines.
La drague protège,
Détruit le danger,
Épure l’océan,
Rend le fond plus sûr.
La drague
Est un filet
Qui est utilisé
Pour les parties de pêches.
La drague attrape
Des poissons bien frais.
Pour nourrir les hommes,
Elle épure les eaux.
La drague
Est une méthode
Qui est utilisée
Pour tenter l’aventure.
La drague use de ses charmes,
Séduit une personne,
L’embobine au mieux,
Joue les mots de l’amour.
La drague sur Internet
Est chose intempestive.
Tous les coups sont permis
Avec des mots d’amour.
Il serait nécessaire
De réapprendre à l'humain
Ce que le mot « Aimer »
Veut dire assurément.
Nul besoin de vouloir me curer,
Mon cœur est grand et propre.
Nul besoin de vouloir me détruire,
Je suis moi et je le reste.
Nul besoin de vouloir me pêcher,
Je ne suis pas un poisson.
Nul besoin de vouloir m’embobiner,
Je vois clair dans ce jeu.
Je les ai rencontrés
Lors de l’enterrement
D’une de mes chères tantes,
Leur cousine Bertha.
Ils venaient pour fleurir
Une vieille petite tombe
Oubliée de beaucoup
Dans ce vaste cimetière.
Sépulture étonnante
Où s’affiche une date,
Celle de ma naissance
Et mort de ma grand-mère.
Mais Betsy et Victor
Étaient bien étonnés
De me voir attentive
À cette tombe oubliée.
Qui êtes-vous donc
Chère jeune dame ?
Se sont-ils empressés
D’ensuite me demander.
La petite fille de Gustave
Et la fille de Louis
Dont je porte le nom,
Leur ai-je répondu
Ne sachant qui étaient
Ces charmants petits vieux.
Dont les doux yeux brillaient
De belles larmes de joie,
Si émus de retrouver
Au pied de cette tombe,
Cette petite fille sage
Qu’ils avaient bien connue.
Un merveilleux cadeau
Que nous offrait la vie,
Ce sombre jour de peine
Se transformant en joie.
Ils m’ont de suite invitée
À venir chez eux
Et je m’y suis rendue
Réalisant leur vœu.
Depuis deux ans déjà,
Ils m’offrent en partage
L’amour considérable
Qui les rend tellement beaux.
Victor la regarde
De ses doux yeux profonds.
Ma Betsy le taquine
Son beau sourire aux lèvres.
Savoureux est mon plaisir
Quand je cueille la sève
Qui coule des doux yeux
De mes deux petits vieux.
Au détour de ma route
Il y avait toi
Tes appels dans la nuit,
Tes envies de voler
Tes besoins de tout dire
Et moi pour t'écouter
Au détour de ma route
Je t'ai tendu la main
J'ai joué de mes mots
Essuyé tes chagrins
J'ai voulu te montrer le côté du miroir
Celui qui ne brille pas
Ou si peu
Te donner le meilleur
De moi,
De toi.
Le meilleur est ennemi parfois
Ou le devient souvent
Si tu fermes les yeux
Te bouches les oreilles
Tu ne m'entendras plus
Mais toi?
Du côté du miroir
Là où je ne suis pas
Tu restes seul
Ou pas
Mais pareil à hier
A demain
Au détour de ma route
Il y aura toi
Et moi pour t'écouter
Un autre jour
Peut-être
Nadine-Lia Lejeune
08.2010
"Le prochain"
Balade au cœur de l’aube
Munis de bonnes jumelles
Pour pouvoir observer
Toutes ces petites merveilles
Qui volent dans le ciel
Berçant notre réveil.
Balade dans la brume
En se donnant la main
En guise de balise,
Ne pas se perdre en chemin
Mais mieux se protéger
De cet épais brouillard.
Balade sous la pluie
Sautant dans toutes les flaques,
Marchant dans la gadoue,
S’éclaboussant des gouttes
Tombant du ciel pour nous
Qui sommes deux grands fous.
Balade sous le soleil
Se réfugiant sous l’ombre
Des arbres majestueux,
Humant tous les parfumes
Que la nature dégage
Grâce à la forte chaleur.
Balade au gré du vent
Lutant contre son souffle
Qui joue dans nos cheveux
Et emporte au passage
Tout ce que les badauds
Oublient sans s’en soucier.
Balade dans la neige
Blottis au creux de nos bras
Pour réchauffer nos cœurs
Laissant nos traces de pas
Dans cette nature si belle
Signe de grande pureté.
Balade au bord de mer
Marchant les pieds dans l’eau,
Monter haut dans les dunes
Pour scruter l’horizon
Chercher les grands paquebots
Et rêver d’évasion.
Balade dans la montagne
Le long d’un petit ruisseau
Qui descend de sa source.
Au fil de ses cascades,
L’eau vive nous invitant
À purifier nos corps.
Balade au crépuscule
Observant les étoiles.
Dans cette douceur extrême
S’asseoir sur un petit banc
Serrés l’un contre l’autre
Savourer le firmament.
Balade au clair de lune
Pour conter des merveilles.
Les miroitements d’étoiles
Brillant dans nos cheveux,
Scintillant dans les yeux
De deux êtres en partage.
18/11/2010
A ma mère
Ô Claire, Suzanne, Adolphine,
Ma Mère, qui m'étiez divine,
Comme les Maries, et qu'enfant,
J'adorais dès le matin blanc
Qui se levait là, près de l'eau,
Dans l'embrun gris monté des flots,
Du fleuve qui chantait matines
À voix de cloches dans la bruine ;
Ô ma Mère, avec vos yeux bleus,
Que je regardais comme cieux,
Penchés sur moi tout de tendresse,
Et vos mains elles, de caresses,
Lorsqu'en vos bras vous me portiez
Et si douce me souriiez,
Pour me donner comme allégresse
Du jour venu qui se levait,
Et puis après qui me baigniez
Nu, mais alors un peu revêche,
Dans un bassin blanc et d'eau fraîche,
Aux aubes d'hiver ou d'été.
Ô ma Mère qui m'étiez douce
Comme votre robe de soie,
Et qui me semblait telle mousse
Lorsque je la touchais des doigts,
Ma Mère, avec aux mains vos bagues
Que je croyais des cerceaux d'or,
Lors en mes rêves d'enfant, vagues,
Mais dont il me souvient encor ;
Ô ma Mère aussi qui chantiez,
Parfois lorsqu'à tort j'avais peine,
Des complaintes qui les faisaient
De mes chagrins choses sereines,
Et qui d'amour me les donniez
Alors que pour rien, je pleurais.
Ô ma Mère, dans mon enfance,
J'étais en vous, et vous en moi,
Et vous étiez dans ma croyance,
Comme les Saintes que l'on voit,
Peintes dans les livres de foi
Que je feuilletais sans science,
M'arrêtant aux anges en ailes
À l'Agneau du Verbe couché,
Et à des paradis vermeils
Où les âmes montaient dorées.
Et vous m'étiez la Sainte-Claire,
Et dont on m'avait lu le nom,
Qui portait comme de lumière
Un nimbe peint autour du front.
Mais temps qui va et jours qui passent,
Alors, ma Mère, j'ai grandi,
Et vous m'avez été l'amie
Aux heures où j'avais l'âme lasse,
Ainsi que parfois dans la vie
Il en est d'avoir trop rêvé
Et sur la voie qu'on a suivie
De s'être ainsi souvent trompé.
Et vous m'avez lors consolé
Des mauvais jours dont j'étais l'hôte,
Et m'avez aussi pardonné
Parfois encore aussi mes fautes,
Ma Mère, qui lisiez en moi,
Ce que je pensais sans le dire,
Et saviez ma peine ou ma joie
Et me l'avériez d'un sourire.
Claire, Suzanne, Adolphine,
Ô ma Mère, des Écaussinnes,
À présent si loin qui dormez,
Vous souvient-il des jours d'été,
Là-bas en Août, quand nous allions,
Pour les visiter nos parents
Dans leur château de Belle-Tête,
Bâti en pierres de chez vous,
Et qui alors nous faisaient fête
À vous, leur fille, ainsi qu'à nous,
En cette douce Wallonie
D'étés clairs là-bas, en Hainaut,
Où nous entendions d'harmonie,
Comme une voix venue d'en-haut,
Le bruit des ciseaux sur les pierres
Et qui chantaient sous les marteaux,
Comme cloches sonnant dans l'air
Ou mer au loin montant ses eaux,
Tandis que comme des éclairs
Passaient les trains sous les ormeaux.
Ô ma Mère des Écaussinnes,
C'est votre sang qui parle en moi,
Et mon âme qui se confine
En Vous, et d'amour, et de foi,
Car vous m'étiez comme Marie,
Bien que je ne sois pas Jésus,
Et lorsque vous êtes partie,
J'ai su que j'avais tout perdu.
Ce poème, plein de vérité et de réalité, retrace différents épisodes de la vie du poète.
Moments vécus, passés avec sa mère, riches en émotions.
A Ecaussinnes, Elskamp allait passer ses vacances d’été " Août " chez ses grands-parents maternels qui vivaient dans un château " château de Belle-Tête" (le château Cousin) devenu plus tard un orphelinat,
le "Gai Logis".
Son grand-père y était maître carrier " Le bruit des ciseaux sur les pierres ".
Près du château, il y avait une ligne de chemin de fer " passaient les trains "…..
On le sait, Ecaussinnes est aussi la patrie de JULOS et D'HENRY LEJEUNE.
Henry qui a fait découvrir Elskamp à Juloset surtout cette merveille d'amour : "A ma mère",le premier à avoir été mis en musique par JULOSVoir aussi extrait du Julosland
http://julos.les-forums.com/topic/974/quand-julos-a-la-folie-en-tete/
Le 6 mai 1967, Henry LEJEUNE, JULOS et Louise Hélène-France, l'épouse de JULOS organisent à Ecaussinnes, un hommage à Max ELSKAMP.
Une plaque originale en céramique, à l'effigie du poète, réalisée par Henry LEJEUNE est scelléedans un bloc de "petit granit", pierre du pays d'Ecaussinnes.Elle est toujours visible mais dans un très mauvais état, à l'entrée de l'ancien château Cousin, propriété de la mère d'Elskamp à cette époque et devenue depuis un orphelinat.
L'hommage était à la hauteur de l'importance du poète dans la littérature belge.
Des allocutions de :
http://www.mons.be/default.aspx?GUID={EA2491AA-8373-11DA-972C-0002A58CB319}&LNG=FRA
Marie-Paule GODENNE (Présidente du Centre de Recherche et d´Expérimentation en Pédagogique Artistique).
Pierre BOURGEOIS
http://www.servicedulivre.be/fiches/b/bourgeoispierre.htm
Paul NEUHUYS
http://www.servicedulivre.be/fiches/n/neuhuys.htm
Bernard DELVAILLE
Anthologie de la poésie française et œuvres complètes de Max Elskampaux éditions Pierre SEGHERS.
Et en présence de Marie GUEVERS
http://www.arllfb.be/composition/membres/gevers.html
Bercée par le même chant des pierres de mon village, leur odeur toute
particulière, par la folie créatrice d'Henry LEJEUNE et par la poésie de JULOS, je me dois de rendre
à mon tour hommage à ELSKAMP en restaurant son image dans le cœur des
écaussinnois.
Nadine Lia LEJEUNE
18.11.2010
(voir page d'Henry LEJEUNE sur arts et lettres)
Une manœuvre délicate
Pour les humains qui éprouvent
Des difficultés à sortir
Leur véhicule d’une place étroite.
Une manœuvre plus facile
Pour tous ceux qui se servent
De ces trois rétroviseurs
Qui réfléchissent l’espace.
Une manœuvre que j’évite
Au sein de ma propre vie
Car sur le chemin destiné,
Il vaut mieux bien avancer.
Faire une marche-arrière
C’est simplement aller chercher
Les paquets bien ficelés
Qu’un jour j’avais déposés.
Vouloir les récupérer,
C’est espérer me rassurer,
Conserver le connu
Et renier l’inconnu.
Vouloir m’en encombrer,
C’est désirer me freiner,
De peur, encore une fois
De faire un très mauvais choix.
Vouloir les épauler,
C’est trouver de bonnes excuses
Pour ne plus bien avancer
Et ne risquer pas l’aventure.
Je ne veux plus m’alourdir
Des poids qui ont brisé mes ailes
Me laissant seule épuisée
Au sein d’un monde déjanté.
Le miroir me reflète
Un tout autre paysage,
Celui où se termine ma quête
Du trésor appelé bonheur.
Je me sens toute légère,
Libellule ou papillon
Voltigeant au gré du vent
Savourant cette liberté.