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12272745487?profile=originalProfitant de sa dimension esthétique et de sa réalité historique, le domaine de Seneffe, est assurément le décor idéal pour la présentation d’une nouvelle édition de « La Nuit Musicale ».
Perle de notre patrimoine architectural, situé non loin de la périphérie bruxelloise, facile d’accès et synonyme de beauté, il réunit toutes les conditions nécessaires à l’organisation d’une manifestation de cette ampleur.
Construit entre 1763 et 1768 par l’architecte Laurent-Benoît Dewez pour Julien Depestre, homme d’affaires enrichi devenu comte de Seneffe et de Turnhout en 1767, ce bâtiment est un joyau qui abrite aujourd’hui le Musée de l’Orfèvrerie de la Communauté française de Belgique. La façade du logis, de style néo-classique, a été édifiée en pierre bleue de Feluy et d’Ecaussinnes. Elle est flanquée de deux longues galeries palladiennes à colonnes ioniques, qui abritent des statues et des vases sculptés à l’antique par Laurent Tamine, et conduisent respectivement à une chapelle et une conciergerie. La cour d’honneur est fermée par une grille en fer forgé qui s’appuie contre deux socles supportant des lions sculptés par Dubois. Le petit théâtre, parfait exemple de l’architecture néo-palladienne de la seconde moitié du XVIIIème siècle, accueille des concerts, des pièces de théâtre et des expositions. L’orangerie, autrefois destinée à abriter les orangers qui ornaient la cour d’honneur et les abords du château durant la belle saison, sert aujourd’hui de salle de concert, de séminaire, de conférence ou de réception. Le « jardin des trois terrasses » s’étend de la galerie droite à l’enceinte de la propriété. Le parc, aménagé en partie à la française et en partie à l’anglaise, s’étend sur 22 hectares; il comprend un grand bassin central et un étang orné d ‘une île romantique que l’on atteint en passant par une passerelle arquée en fer forgé.
Par l’intermédiaire du spectacle, l’occasion est belle de rendre hommage à la beauté de ce lieu et par conséquent aussi, d’attirer l’attention sur l’ensemble des efforts de rénovation et de conservation consentis au quotidien par les pouvoirs publics pour rendre à cet ensemble architectural son plus bel éclat.

 

Samedi 6 août 2011 de 18h à minuit

Rendez-vous au domaine du Château de Seneffe

La célèbre Nuit Musicale quitte Beloeil et fête ses 10 ans au somptueux domaine du Château de Seneffe. Le samedi 6 août, entrez dans la magie de cette soirée musicale unique. Imaginez votre balade entre les plus beaux trésors de  Beethoven, Tchaikowski,  Mozart, Brahms, Bach, Vivaldi, … au total, plus de 300 artistes vous attendent pour une centaine de concerts ! Ajoutez des centaines de figurants en costumes d’époque, des milliers de flambeaux, des découvertes gastronomiques … et en apothéose, un feu d’artifice magistral, vous êtes déjà dans l’univers féerique de la Nuit Musicale !

Au total, c’est plus de 300 artistes, répartis sur 10 scènes différentes, qui se mobilisent cette année encore pour assurer cette balade musicale prestigieuse à travers les plus grands airs de la musique classique. Etoiles du chant, de l’opéra, de la flûte, de la guitare, du piano, du violon… toutes s’harmonisent au firmament et vous proposent, l’espace d’une soirée d’enchantement, une balade musicale à la (re)découverte des grands espaces et des multiples coins et recoins des célèbres jardins du domaine. Durant toute une soirée, chaque lieu s’illumine au rythme des bougies et des notes de musique.

 

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L'Univers du chapeau en dentelle

 

L’univers du chapeau en dentelle 

                                                  Antonia Iliescu                                                                                                                                                

            Aujourd’hui je regarde pour la première fois la mer, cette année, sur une plage à Djerba. Je me trouve juste en face de l’hôtel, où la voix de Roah couvre le bruit des vagues :

- Venez mesdames et messieurs! Allez, bougez! Nior - notre danseur - vous invite à faire avec lui quelques mouvements d’aérobic.
              La mer, très froide et agitée, ne m’inspire aucun désir de baignade. Juste un petit baptême. Un, deux, trois et c’est fini. Je sorts de l’eau pour rejoindre ma chaise longue.         

Dans quelques minutes le soleil devient insupportable. Je cherche dans mon sac à main le petit chapeau en dentelle de ma grand-mère, tricoté par elle-même. Il est fait en macramé, avec des bords larges, tombant sur le front et sur les joues. Mamie n’est plus de ce monde mais le travail sorti de ses mains a duré et je m’en sers maintenant, après plus de 35 ans. Nous étions toutes les deux à Copacel, en vacances. Elle était assise sur une petite chaise, au soleil, qu’elle avait posée stratégiquement, devant la porte, là l’on pouvait apercevoir les sommets des montagnes Fagarasi. Elle crochetait, absente. De temps en temps elle levait ses yeux vers la montagne, pour ensuite les baisser sur la dentelle d’où elle tirait des histoires sur Jésus, sur la Vierge Marie, sur Lui, « celui vu par personne mais craint par tout le monde », sur les fleurs et les papillons et les oiseaux qui portaient dans leurs ailes le ciel et la terre. Elle crochetait. Le chapeau s’arrondissait sous ses mots, comme un vase d’argile sous la main du potier, en recevant de la profondeur et autre chose, beaucoup plus important, dont je ne savais rien à l’époque. Mamie y entrelaçait des mystères passés et futurs, qui tombaient au creux du chapeau. Au fur et à mesure qu’il prenait forme, il prenait aussi du contenu. C’était un chapeau magique, qui  m’a toujours accompagnée dans mes voyages à travers le monde, à travers la vie, comme un témoin silencieux et fidèle. Mais en ce temps-là, je ne savais pas que chaque mot de mamie allait se prendre à jamais dans les mailles de la dentelle.

            Je pose le chapeau sur le visage et je regarde à travers lui le soleil filtré. Des milliers de soleils minuscules comme la pointe d’une épingle, se glissent par les pores du chapeau et me percent les yeux. Au contact avec le tissu enchanté par la main de mamie, le soleil vole en éclats. Chaque grain de lumière a le scintillement aussi spectaculaire que la grappe d’un soleil entier. Je regarde le jeu enivrant de la broderie qui, aussi épaisse qu’elle soit, ne peut pas arrêter l’élan de la lumière solaire. Par la maille du tricot fin je prends en possession l’espace géométrique dessiné par deux disques transparents qui se superposent partiellement. Chaque disque est formé d’une infinité de cercles concentriques et segments de cercle, de couleurs différentes, couvrant la palette des sept couleurs de l’arc-en-ciel, enveloppées dans leur infinie traîne de nuances. Je regarde attentivement les deux disques transparents, dessinés d’une manière fantasque avec autant de maîtrise. Ils semblent identiques, pourtant ils ne le sont pas. Le disque d’en haut, faiblement déplacé vers la droite, ouvre une perspective inattendue. On dirait qu’il est une tranche fine, de taille nanométrique, taillée du tronc d’un arbre vieux comme le monde, qui s’ouvre en profondeur, comme un gigantesque entonnoir.

            Tout à coup, des scènes venant d’autres mondes commencent à défiler devant mes yeux grands ouverts. Non, il ne s’agissait pas d’hallucinations ! Ces visages étaient vivants et absolument convaincants ; c’était comme si je regardais le paradis par le trou de la serrure. Pendant que je les scrutais, j’attendais la voix de Roah, l’animateur de ce matin-là. Il nous invitait de sa voix un peu rauque :

- Venez, mesdames et messieurs! Venez jouer aux fléchettes!

Tout était réel et inexplicable. Il semblait que mon temps à moi et le temps éternel s’étaient donnés la main dans une maille du chapeau et l’espace de ma propre existence communiquait par un étrange principe de la physique, non encore découvert, avec le Grand Univers.

« C’est la brise », j’ai pensé, « c’est la brise qui se repose dans un pore du chapeau ».
            J’ai rapproché les cils les uns des autres et j’ai regardé à l’intérieur. Au centre de cet « espace » capté par hasard sur cette pellicule humide, le vrai monde s’est dévoilé d’une manière étonnamment normale. Ce monde commençait avec Jésus. Je ne lui ai aperçu que le visage : un homme jeune, barbu, aux cheveux bruns. Il regardait du côté droit, quelque part, sans une cible précise (où c’était moi qui ne voyais tout ce qu’Il voyait). Il était complètement séparé de notre monde. J’ai eu immédiatement la sensation gênante de L’avoir « surpris » en pleine méditation, par l’indiscrétion d’un phénomène physique espiègle. A-t-Il voulu se montrer à moi quelques secondes ? Pourquoi ? Le mystère reste entier, je ne peux pas le casser d’aucune façon. J’avais l’impression d’avoir commis une impiété, d’avoir pénétré, non invitée et par erreur, dans le Paradis, là où un brin d’éternité s’était dévoilé à mes yeux mal préparés pour une telle expérience extatique. Mon cœur battait fort. Non, ce n’était pas à cause du soleil que mon cœur tambourinait ainsi. J’étais pourtant à l’abri sous le chapeau de mamie. Mon cœur battait de stupeur, d’extase, de remord pour être entrée dans un monde trop saint, où je ne savais pas comment bouger, moi, la pécheresse. J’avais peur de respirer, car le mouvement d’aller-retour de la poitrine changeait sans cesse les images. D’autres  images se formaient par après, en dessinant d’autres visages qui ne duraient que le prix d’une apnée.

J’ai perdu Jésus beaucoup trop vite, mais voilà, un autre visage lui prend la place. Une femme avec voile – je rectifie : une femme triste avec voile – regardait dans la même direction. Elle avait le teint olivâtre et le voile brun rougeâtre, était tissé d’une toile molle, qui se moulait sur sa tête, en descendant sur les épaules et encore plus bas, vers un corps invisible. C’était La Vierge Marie, assombrie, préoccupée. Elle regardait toujours vers la droite, mais son regard descendait en bas. Nous regardait-elle ?

            Il est arrivé ensuite, dans cet espace, un vieil homme, portant de longs vêtements. Il regardait tout droit. Il marchait silencieux et seul par le désert. On voyait très clairement ses pas sur le sable et ses pas se perdaient dans des trous de plus en plus petits, dans les dunes lointaines.

Finalement, en perdant le contact avec le monde des saints et en m’enfonçant l’œil de plus en plus profond dans le cou de l’entonnoir, le premier homme m’est apparu. Il s’est montré entier, tout comme le vieillard du désert. Le premier homme était robuste, avec le corps blanc couvert seulement d’une feuille. Adam était le seul à être resté un peu plus dans l’entonnoir du temps. Il regardait tout droit, vers moi on dirait, moi qui étais de l’autre côté de l’espace découpé par le pore du chapeau. Mais je ne crois pas qu’il m’avait vu. Il était embarrassé, épeuré et seul. Désorienté, il a commencé à bouger sa tête vers la droite et vers la gauche, en ne sachant pas quelle direction emprunter. Il n’était pas décidé comment entamer sa vie terrestre. Il cherchait évidemment un semblable, quelqu’un pour communiquer.  Mais il était seul et avait l’air de se demander : « Comment suis-je arrivé jusqu’ici ? » Adam posa ses yeux sur moi. Il m’avait donc vue finalement ? Il a fait quelques pas en avant, avec une vague intention de pénétrer dans l’entonnoir du temps, pour s’y rapprocher. Etait-ce peut-être une impression ou un désir à moi. Se sentait-il tellement seul qu’il avait perçu le mouvement de notre monde, derrière lequel je l’examinais attentive?

            La belle voix de Roah me remet sur terre : «  - Carolina, la gagnante de ce jeu de fléchettes, reçoit un chameau magique. Mesdames et messieurs, applaudissements pour Carolina ! ». Carolina criait de joie pour avoir reçu le chameau magique où se mélangeaient huile et vinaigre de salade.

Le torrent d’applaudissements et les sifflements de Carolina m’ont fait tressaillir. Le chapeau de mamie a glissé, en tirant avec lui vers le sable blanc tout l’univers que j’avais eu sous mes yeux quelques secondes auparavant. Tout s’est passé avec une telle précipitation que je n’eus plus le moindre temps de murmurer à Adam-le-seul : - Ne te presse pas ! Ne pleure pas ta solitude. Que pourrais-tu faire dans notre monde ? Danser ta vie, les soirées, sur une scène d’un hôtel tunisien quelconque, où des vieilles femmes obèses viennent acheter, pour une nuit, des corps jeunes d’indigènes affamés ? Que ferrais-tu avec ton innocence d’enfant orphelin ? Trotterais-tu avec du génie suivant les rythmes diaboliques de la danse irlandaise ou de la danse berbère, jusqu’à ce que les gouttelettes de sueur mélangées à la poussière sortie du plancher dégoulineraient comme les larmes de boue sur ton visage, comme elles coulaient hier soir sur le visage de Roah ? Te débarrasserais-tu, soulagé, de ton sourire accroché à tes lèvres, te libérant ainsi de ce rictus fatigant, étant persuadé que le monde regarde uniquement tes pieds, comme Roah a fait hier soir ? Par leur langage qui leur est propre, tes pieds te trahiraient finalement en racontant avec art subtile ton drame, tout comme elles ont témoigné hier soir  du drame de Roah, celui au corps moitié adulte, moitié enfant. Tu vois Carolina ? Ce soir elle aura Roah dans son lit. Elle l’a déjà pris sur ses genoux (comme son petit neveu à la maison) et négocie un prix. Ici, dans notre monde, tout se négocie, surtout l’innocence. Reste comme ça, seul comme tu es. Ne regarde même pas ce que notre monde va devenir. Fuis tant qu’il est encore temps ! Et surtout ne te languis pas après Eve ou Caroline, ou… Roah n’a pas eu de chance. Il s’est peut-être aventuré lui aussi, voici quelque temps, à travers le pore d’un chapeau de soleil qui n’est pas tombé à temps du visage d’un touriste allongé sur la plage au sable blanc. Et ce serait peut-être comme ça que Roah est entré dans le tourbillon de l’opulence du 21-e siècle, avec son corps noir et maigre, sculpté par la danse et la famine, en se demandant pendant ses moments de lucidité : « Comment suis-je arrivé jusqu’ici ? Qui m’a emmené ici et pourquoi ? »

J’ai débarrassé le chapeau des quelques grains de sable et je l’ai remis sur le visage, en espérant qu’il me porterait à nouveau, comme un tapis enchanté, vers d’autres mondes meilleurs. Je regrettais de ne pas m’être attardée un peu plus au Paradis. Je m’étais hâtée, gourmande de voir ce qui fut avant Jésus, avant  La Vierge Marie et avant Moïse.

J’ai essayé de pénétrer une fois de plus au delà du tissu magique du chapeau… Mais le chapeau de mamie se tut. Et son silence était un reproche. De tout ce qu’il m’avait envoyé ce merveilleux matin de mars, seule la tristesse m’avait touché le cœur. Rien d’autre. Et le soleil était entré dans un nuage noirâtre.

 

23 mars 2006

 

(traduction du titre original “Universul din pãlãria de dantelã”, du volume de pensées et essais: "Stropi de gând si muguri de constiinta" - Ed. Pegasus Press, Bucuresti - 2010) 

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Pour tous les amateurs de musique, voici le fameux festival Midis-Minimes qui nous offre une très belle sélection de concerts cet été à Bruxelles.
Rappelons le principe: pendant  les 2 mois de vacances scolaires, juillet et août, un concert est programmé chaque midi en semaine, un concert court, de 35 minutes, pour se plonger dans les sons en un bref moment.

Cela permet à ceux qui travaillent, qui visitent la ville, qui flânent, de s'offrir une halte musicale bien agréable en été. 

La programmation est variée, allant du moyen âge à aujourd'hui, en passant par les musiques du monde.

Diversité, rencontres et découvertes sont les maîtres mots de ce festival qui souhaite réunir des personnes à l'écoute de ces trésors, dans l'église baroque des Minimes, pas très loin du Sablon.

Et maintenant, depuis 25 ans déjà, nous pouvons nous régaler de concerts pour un prix dérisoire, à la portée de chacun. En effet, dès 1986, ce festival eût l'idée originale d'y présenter ces concerts, courts, mais de qualité.

Chaque été, je m'y rends à plusieurs reprises, butinant çà et là, l'un ou l'autre de mes compositeurs préférés et allant aussi à la découverte d'autres richesses, moins connues.

D'autre part, les Midis-Minimes s'associent cet été, pour la 4ème année, à la ville de Wavre et y présentent là aussi un beau choix de concerts dans le cadre du Festival Maca-Minimes. Ces concerts auront lieu à Wavre alors, chaque mardi et jeudi à 12h15 dans le cloître de l'Hôtel de ville essentiellement.

 

Un aperçu des concerts à Bruxelles. En semaine, vous pourrez y écouter, entre autres:

Camille Saint-Saëns, la poésie d'Ovide en musique, Stamitz, Haydn, Khatchatourian, Fauré, Philippe Boesmans, une messe du 14ème siècle, la musique classique de l'Inde du Nord, de Turquie, de Perse, des chants polyphoniques géorgiens etc...

 

Pour leurs 25 ans, un CD est édité et reprend les moments forts de ces années, dans une sélection répartie en un coffret de 5 CD, la plupart enregistrés par Musiq'3. On pourra se le procurer sur place.

 

Alors, cet été sera musical à Bruxelles! Parmi toutes vos découvertes, pourquoi pas y déguster une sonate, le temps d'une respiration?

 

http://www.midis-minimes.be/


Pascale Eyben
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À l'ère de l'espoir

 

Mon âme s’est réincarnée,

Lors, je me trouve face à face,

Une ou deux fois, chaque journée,

Avec une femme qui passe.

 

Je la croise dans ma maison,

Sa vue ne m’est pas agréable.

Je dois me faire une raison,

Mais j’en suis encore incapable.

 

Je regarde, en un bref instant,

L’intruse qui semble chez elle.

Son visage est déconcertant,

Dans ses yeux, aucune étincelle.

 

J'ai souvenir de ma liesse,

Apercevant, dans un miroir,

Ma rayonnante joliesse.

C’était à l’ère de l’espoir.

 

27 juin 2011

 

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Printemps

Printemps
           Antonia Iliescu

Le printemps est partout - en nous,
dans l’air, dans le ciel, mais surtout
dans l’hiver même, qui s’estompe doux
dans les jardins frappés d’automne
dans les cloches d’église qui résonnent
pour annoncer la grande nouvelle :
le printemps a ouvert ses ailes
de papillons, de fleurs, de trilles,
de couleurs vives, d’amours subtils
qui naissent dans la rosée de l’herbe
niant toute raison du verbe.


le printemps sait qu’un jour mourra
mais il meurt quand il fleurira.            

 

(du volume "Nãscãtorul de perle" - Ed. Pegasus Press, Bucuresti - 2010) 

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Le coeur qui tue

Le cœur qui tue

                        Antonia Iliescu

 

La bonne-femme-de-neige sourit

Sourit et meurt petit à petit
Dans une rue calme et sibylline…

Meurt sans savoir, sans qu’on le sache

Dans une tranquille banale ville

Anonyme.

 

L’enfant lui a bâti son corps d’amas de neige,

De carotte, rouge de piment et noir charbon

Il lui a mis dans la poitrine un chaud cœur bon

Ayant comme unique enseigne

L’amour…

L’amour qui la caresse et qui la baigne

Dans un océan blanc, infini ;

Cet amour qui donnant, donne la vie

Mystère, jeu, souffrance et sainte magie.

 

La bonne-femme-de-neige sourit…

Ses lèvres-piment rouge, figées

Sourient, sourient sans cesse émerveillées ;

Embrasse inconsciente le ciel ensoleillé,

Tendis qu’elle s’écoule, - masse rêveuse -,

Avec sa robe blanche comme la lune

Doucement, silencieuse,

Vers la terre brune.

 

Elle meurt et rit, et rit et meurt, toute tendre,

Avec ses lèvres de piment et de filandres…

 

Ce n’est pas de sa faute

La faute est à l’enfant insouciant

Qui lui mit, en jouant

Dans la poitrine-cage,

Un cœur fou et vivant,

Un cœur volage

Aux battements trop forts,

Qui, lui donnant la vie,

Lui donne la mort.

 

(traduction, du volume "Nãscãtorul de perle", Ed. Pegasus Press - Bucuresti 2010)                                       

 

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journal de bord, lundi 27 juin 2011

Energie, énergie, énergie. Pile électrique qui se maintient, ou se consume, à l'intérieur, à l'extérieur de soi-même, selon le temps qu'il fait, ce qu'on a incurgité dans la matinée ...

 

Je m'en réfère toujours à mes tournées de facteur et à leurs moments insolites, pas toujours de doux repos, mais si enrichissants.

 

Ainsi, donc ...

 

Je constate, là, comme ailleurs ...

 

Autant il y a des gens qui vous épuisent en ne vous écoutant pas ...

Autant il y a des gens qui vous épuisent en vous écoutant.

 

Je m'attarderai sur le dernier point cité. Oui, oui, oui, tout dépend de la manière dont la personne "qui vous écoute" ... vous écoute.

 

Une situation, anecdotique, vécue sur ma tournée, y a quatre ou cinq semaines, me revient.

 

C'était un vendredi, je crois. J'avais démarré ma journée de boulot en super forme. Le tri au bureau, OK. Le début de la tournée, chaussée d'Ixelles, rue de Vergnies, OK.  Soleil sur la route, aussi.

J'arrive, c'est inévitable, au p'tit bistro, rue de Vergnies, où la dame du lieu m'offre chaque jour une petite soupe ou un café.

Pour ne rien gâcher, des tables, dehors, sont déjà installées devant la fenêtre principale du bistro. Je m'y assieds (dix minutes, pas plus), le temps de savourer la ... p'tite soupe. Des gens passent, me sourient. Je suis populaire dans l'coin, faut dire. Tout, tout, tout s'annonce bien.

 

Une connaissance (sympa), qui habite dans une rue pas loin, qui passe par la rue de Vergnies, s'arrête devant moi. Nous bredouillons quelques mots.

Et finit (de sa part) par me retomber (en souriant) l'affirmation classique : "On ne retrouve plus nos lettres au bon endroit" ou "C'est pas évident pour vous, les facteurs ..."

De manière générale, je ne m'attarde plus (trop) sur ces phrases. Je réponds en vitesse ... par une formule toute faite ou un sourire qui approuve. 

 

Ici, allez savoir pourquoi je me mets à répondre dans le détail à cette "connaissance sympa" qui s'est arrêtée (tout y passe, dans ma réponse) : 

Les contrats qui ne sont pas renouvelés ... les facteurs remplaçants qui n'ont que trois jours pour être initiés au métier, après quoi ils doivent se démerder sur le terrain ... les facteurs remplaçants qui sont soumis à des horaires stricts et serrés ... les facteurs remplaçants qui auront leur contrat renouvelé si on peut certifier qu'ils terminent le boulot dans les temps requis ... le temps qu'on passe avec les clients ou les services qu'on rend aux clients, ça n'est pas repris dans le futur plan de travail ...

Et j'en passe, et j'en passe ...

 

Oui, allez savoir pourquoi je réponds dans le détail, sans ret'nue, à cette "connaissance sympa" qui s'est arrêtée ...

Ca vient, ça sort même tout seul.

Je vais bien aujourd'hui, donc tout coule facil'ment.

Je vais bien aujourd'hui, donc je réponds facil'ment, donc je communique facil'ment.

Je vais bien aujourd'hui, donc je récupère toutes les heures, tous les instants où je n'ai pas pu communiquer facil'ment et où je m'en suis senti ... frustré.

Je suis assis sur une chaise de terrasse, donc je suis détendu, ça m'aide à répondre, à communiquer.

Et la "connaissance sympa", qui ne bouge pas, qui marque un regard souriant, disponible, attentif, curieux, à l'écoute ...

C'est si important de se rendre disponible, de partager.

Et je m'entends raconter, raconter. Mon souffle (asthmatique, au départ) est aujourd'hui en parfait accord avec mes phrases, mes mots.

Et la "connaissance sympa" qui continue à écouter, à sourire, à apposer ...

Et la "connaissance sympa" qui adresse parallèl'ment des sourires (polis) aux gens qui passent (ça me déstabilise un peu, mais bon ...)

 

Soudain, je me sens essoufflé. Je marquerais bien une pause. Je reprendrais bien ma soupe. Je reprendrais bien ma respiration. Je fermerais bien les yeux. Je me tairais bien. Mais ... je n'y arrive pas. Mais ... la "connaissance sympa", en face de moi, ne bouge pas, continue à sourire, à sout'nir mon regard, comme si ... j'avais encore quelque chose à dire (ou comme si ... je devais encore dire quelque chose). Je me sens désarmé. Incapable de marquer un arrêt (peur de vexer, peur d'être désagréable ?). Et ... je continue sur ma lancée : je donne encore des indications sur le boulot. La "connaissance sympa" continue à rester devant moi, à sourire, à garder son attitude d'écoute.

 

Voilà que ...

 

Le patron du bistro sort. D'un geste brusque, impulsif, il écarte mon caddy de la table où je suis assis (oui, mon engin lui bouche le passage). Il file vers le garage d'en face (où sa voiture se trouve), et revient, cinq minutes plus tard, avec une caisse d'un certain volume. Il a besoin, le gaillard, d'un minimum de place (et d'espace) pour rev'nir sur ses pas et réintégrer son bistro.

 

Je le connais, ce gars-là. Il est pas méchant pour un sou, mais y a pas un jour où il ne râle pas, où il ne peste pas (à cause d'une facture ou d'une taxe à payer, pour une pension qui lui arrive trop tard).

Je le sais.

N'empêche que, même en connaissance de cause ...

Les vibrations, à côté de vous, d'un gars qui ronchonne, on le sent dans la poitrine. Et on en est particulièr'ment affecté, perturbé quand ça vous interrompt brutal'ment au moment où vous parlez à quelqu'un. On en est tell'ment perturbé qu'on n'arrive plus à réagir, même. On en est tell'ment perturbé qu'on en d'vient sans voix.

 

Et pendant ce temps, la "connaissance sympa" reste devant moi, me sourit, soutient toujours mon regard.

Et pendant ce temps, la "connaissance sympa" sourit toujours parallèl'ment aux gens qui passent dans la rue au même moment.

Et pendant ce temps, la "connaissance sympa" sourit (sans plus) en direction du patron du bistro qui ronchonne devant mon caddy à la mauvaise place.

Jonglerait-elle sur tous les tableaux ?

Je veux garder mon cap. Ne pas me laisser écrouler.

Après trois ou quatre secondes de silence (ou de perturbation), je reprends mes explications sur les difficultés des facteurs.

 

Quinze secondes se passent.

 

Voilà que ...

 

Une dame sans âge, complèt'ment saoûle, sort du bistro. S'est-elle fait mettre dehors ? Plus que probable.

Pendant que je (re)cause à la "connaissance sympa" ...

La dame saoûle me met la main autour du cou. En sentant la bière, j'imagine.

La dame saoûle m'adresse des propos (de bistro) total'ment incompréhensibles.

Je suis à nouveau perturbé dans mon élan.

Bien sûr, le patron du bistro intervient (avec sa rouspétance habituelle) pour ... l'éloigner de moi.

En attendant ...

J'ai supporté, encaissé la mauvaise humeur du patron du bistro.

J'encaisse maint'nant une saoûlarde.

Je dois encore m'interrompre. Physiqu'ment, j'y arrive pas.

 

Et la "connaissance sympa" continue à me sourire, à sout'nir mon regard, à sout'nir les indications que je lui fournis ... sans me manifester extérieur'ment une réponse (qui me montre qu'elle suit mon explication).

Et la "connaissance sympa" continue à sourire devant les gens qui passent.

Et la "connaissance sympa" sourit aussi (d'une manière très très ... polie, très très ... sociale) devant la saoûlarde et son manège.

 

Jusqu'où va donc le degré d'écoute de la "connaissance sympa" ? En profondeur ? En attitude ? Visiblement, elle capte tout.

 

Toujours est-il que ...

Lorsque je termine ma "p'tite soupe" ...

Lorsque la "connaissance sympa" s'en va, quand même ...

Lorsqu'il est temps, pour moi, de me remettre en route et de poursuivre ma tournée ...

Je me sens claqué. Ebranlé. Court-circuité. Toute mon énergie a fichu l'camp.

 

Je réalise que ...

En temps normal, j'aurais fait face au patron de bistro qui ronchonnait.

En temps normal, j'aurais fait face à la saoûlarde.

Quand à la "connaissance sympa", j'ai un peu plus de réserves, de nuance.

 

Ce jour-là ...

Tout le reste de ma tournée, mon souffle trinquait.

Tout le reste de ma tournée, ça sifflait dans ma poitrine (l'asthme, ça ne vous épargne pas).

 

Bien entendu, j'ai survécu.

 

 

 

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journal de bord, dimanche 26 juin 2011

Des fleurs, des fleurs, des fleurs de toutes les couleurs. J'en vois ... des oranges.

 

Des espèces de grands morceaux de bois, plantés sur un carré de terre, prévus pour l'éclosion des haricots, qui font penser aux tentes de camping chez les scouts.

 

Ca chante aussi, dans l'jardin.

 

Le chat noir (du voisin) a grossi et attrapé un regard ... mauvais.

Sa collègue blanche est toujours aussi championne dans l'art de lécher les assiettes.

 

Paraît que c'est la saison des amours.

 

Tiens, nous sommes le 26 juin (bientôt le 27). Les jours déclinent-ils donc déjà ?

 

Les restes des cailloux (ser'vant pour faire du béton) forment un merveilleux tapis devant une des portes ... donnant accès au jardin.

 

Les flics peuvent jouer les douaniers un peu partout, on s'en fout.

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12272743274?profile=originalEn 1967, le philosophe et cinéaste Guy Debord publiait "La société du spectacle", "la seule théorie (selon lui) de la redoutable révolte de mai", qui inspira de fait plus d'un soixante-huitard. Vingt ans après, ses Commentaires sur la société du spectacle prolongent sa critique radicale du mode de vie et de pensée en vogue dans les sociétés contemporaines. Ennemi déclaré de l' "ordre" établi, Debord dénonce dans ce qu'il appelle "le Spectacle" un processus universel (et multiforme) de mystification sociale, à l'oeuvre dans toute société moderne quel qu'en soit le régime politique. Ce que Marx appelait "aliénation" ou "idéologie" atteint aujourd'hui son comble, son stade suprême, à l'époque précisément de la prétendue "fin des idéologies".

Le capitalisme en gloire, ou la tyrannie du Spectacle.
Pour Debord, l'apparition de la "société spectaculaire" (dans les années 20) constitue l'avènement du siècle, "et aussi celui qu'on s'est le moins aventuré à expliquer". Ses "Commentaires" s'ouvrent même sur un constat désabusé: depuis mai 1968, l'empire du Spectacle n'a cessé de s'étendre et de se renforcer.
Qu'est-ce que le "spectacle" au sens de Guy Debord? Ce n'est pas seulement l'omniprésence des médias, de la télévision, de la "communication" ou du divertissement, le règne des images, mais plus généralement un certain rapport social entre les personnes, médiatisé par des apparences et des images. Séparés du réel, de nos semblables et de notre être véritable dans la consommation d'un bonheur individuel et factice, nous ne vivons aujourd'hui qu'en représentation. Socialement, nous ne sommes plus, nous paraissons être et ne sommes que pour paraître. Le Spectacle est l'essence illusoire, fantasmatique, mensongère de toute la société moderne. Plus que jamais, la vrie vie est absente.
Cette conception de la vie moderne comme aliénation radicale repose sur une analyse de la société industrielle et marchande d'inspiration hégéliano-marxiste. Pour Debord, le capitalisme moderne a fondé une véritable religion terrestre: le culte de la Marchandise, de la Production pour la Production; le fétichisme de la valeur d'échange (dont l' argent est l'image symbolique et sacrée). Dans cette idolâtrie des produits échangeables, c'est la puissance du Capital lui-même qui se réalise sur le mode ostentatoire. Et la société entière, avec toute sa technique, tout son équipement, l'infinie profusion de ses biens matériels, n'en est que la représentation "spectaculaire" et triomphale.
Qu'est-ce alors que la marchandise-devenue-spectacle, sinon la forme très concrète de l'illusion sociale, la présence réelle de la fausseté, l'expression matérialisée d'une pure Idéologie, sans nom ni contenu, qui imprègne la pseudo-collectivité? Qu'est-ce que le "spectacle", sinon la dissipation de toute société réelle et le camouflage de la lutte des classes?
"L'expérience pratique de l'accomplissement sans frein des volontés de la raison marchande aura montré vite et sans exceptions que le devenir-monde de la falsification était aussi un devenir-falsification du monde."

Le nouvel ordre spectaculaire.
Or cette société où "le spectacle s'est mélangé à toute la réalité, en l'irradiant", correspond plus précisément au stade "post-moderne" du système de la "domination spectaculaire": celui du "spectaculaire intégré, qui désormais tend à s'imposer mondialement".
Dans "La société du spectacle", Debord distinguait "deux formes, successives et rivales, du pouvoir spectaculaire, la concentrée et la diffuse". Le "spectaculaire concentré" était représenté par les sociétés bureaucratiques totalitaires, qui entretenaient en fait un véritable capitalisme d' Etat, concentré idéalement autour de la personnalité d'un dictateur-vedette (Staline, Hitler, Mao, etc.). Le "spectaculaire diffus", quant à lui, correspondait aux sociétés libérales bourgeoises, sociétés d'abondance au mode de vie plus ou moins américanisé.
Mais, dès 1967, il était clair pour Debord que ces deux formes rivales en apparence reflétaient seulement le développement inégal d'un seul et même Système spectaculaire universel. Vérité qu'aurait pleinement vérifiée l'apparition récente, dans les Etats avancés, du "spectaculaire intégré", "unificatin fructueuse" des deux formes précédentes sur la base d'une victoire général de la forme "diffuse".

L'administration du mensonge.
Les "Commentaires" dégagent alors les caractéristiques particulières du "spectaculaire intégré", ou les "nouvelles techniques de gouvernement" d'un pouvoir "centralisateur par la force même des choses, et parfaitement despotique dans son esprit".
"Tendance la plus manifeste de ce siècle", la "fusion économico-étatique" est devenue le moteur du développement économique avancé. Progrès technique oblige: la gestion de la production et de la société requiert l'intervention de cohortes en tous genres. Mais ces derniers servent surtout de caution scientifico-médiatique aux décisions du pouvoir réel. Car tout projet important relève en fait des choix arbitraires et incontrôlables d'une poignée de décideurs-technocrates, qui sont les vrais "propriétaires du monde".
Du coup, la prétendue "communication" se fait toujours à sens unique. Leurre "spectaculaire" par excellence et simple monologue de l' ordre existant, elle "fait paisiblement admirer la décision déjà prise". D'une manière générale, l'information "autorisée", ponctuelle et invérifiable, n'est qu'une perpétuelle "désinformation", destinée à falsifier radicalement notre perception des choses.
Au fond, la toute-puissance du spectacle se mesure moin à ce qu'il montre qu'à ce qu'il cache. Debord l'affirme sans ambages, le spectacle "a fait triompher le secret", cet envers du décor spectaculaire. "Le secret domine ce monde, et d'abord comme secret de la domination." Les services secrets et tous les réseaux d'influence (y compris ceux de la Mafia!) ont des beaux jours devant eux.
Enfin, le "spectaculaire intégré" est le fossoyeur de toute pensée critique: "Jamais censure n'a été plus parfaite." Car, dans le monde dit "libre", il ne peut plus exister de vrai parti d'opposition, ni de programme politique vraiment alternatif. On voudrait même faire croire à la "fin de l'Histoire". Mais sur quoi repose ce très fallacieux "consensus spectaculaire", si l'on y regarde bien? Sur le recul de la conscience historique, l'appauvrissement d'une "pensée" engluée dans "un présent perpétuel" et en lui-même insignifiant. Sur la "paresse du spectateur", fasciné par le flux des "images(s) construite(s) et choisie(s) par quelqu'un d'autre", et qui fait ainsi "(l') expérience concrète de la soumission permanente". Et donc sur la liquidation du jugement, la "dissolution de la logique", la fin du dialogue et de la dialectique.
"Car in n'existe plus d'agora (...); nulle place où le débat sur les vérités qui concernent ceux qui sont là puisse s'affranchir durablement de l'écrasante présence du discours médiatique, et des différentes forces organisées pour le relayer."
L' opinion publique, est non seulment trompée, mais même impuissante à se constituer. Où est-tu, Démocratie?
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Le "Propos sur le Bonheur" d'Alain

12272743463?profile=original"Propos sur le bonheur" est un essai d'Alain, pseudonyme d'Émile Chartier (1868-1951), publié à Nîmes dans les Cahiers du Capricorne en avril 1925, et en volume, dans une version augmentée, à Paris chez Gallimard en 1928.

Alain commença à écrire ses premiers «propos», sous le titre de «Propos du dimanche» et «Propos du lundi» dès 1903: de Paris, il envoyait un article hebdomadaire au journal la Dépêche de Rouen et de Normandie. Il traitait les sujets d'actualité avec un grand sérieux. Puis Alain «invente» le «propos»: le 16 février 1906, dans les «Propos d'un Normand», désormais quotidiens, il laisse aller sa plume au gré de ses humeurs. Alain est alors un Normand, au propre et au figuré: originaire de Normandie, il incarne l'homme de bon sens par définition. Le «propos» renvoie à la tradition de l'essai selon Montaigne, où le «sage» s'analyse et exerce sa pensée en toute lucidité. De 1906 à 1936, les «propos» s'imposeront comme une sorte de commentaire, à chaud, de l'actualité politique: les «Propos d'un Normand» (16 février 1906-1er septembre 1914) furent suivis, après la guerre et une interruption due à la «tyrannie de l'opinion», par les Propos (d'avril 1921 à février 1927), puis les Libres Propos (de mars 1927 à septembre 1935) et les Feuilles libres (1935-1936). Certains seront réunis par thème et publiés en volumes: Propos sur la littérature, Propos sur l'éducation, Propos sur l'économique, etc. Dans ses textes, Alain exprime des opinions inspirées du radicalisme et dénonce les errements extrémistes des militaires et des politiques. Il lance aussi l'anathème sur le freudisme, qui ôte à l'individu toute liberté en prétendant le réduire à ses pulsions.


Nous nous irritons, nous nous agitons: preuve que nous méconnaissons les causes de notre mal-être. Or, tout est une question de tempérament. Si notre corps souffre, la dépression nous guette. Peu importent les motifs que nous pouvons avoir d'être malheureux: adoptons une vision positive des choses. Il faut vouloir le bonheur et non pas se laisser travailler par la peur de l'avenir. Ne laissons donc pas notre imagination errer, et alimenter sans cause nos appréhensions: rien ne perturbe davantage la santé physique et morale. Ne nous complaisons pas dans la tristesse. Oublions nos angoisses en identifiant leurs facteurs physiologiques, faisons du sport et pallions l'ennui mortifère en nous distrayant. N'accusons pas le sort: soyons lucide, rien ne nous détermine sinon notre propre nature et nous pouvons la transformer. Faisons de notre inquiétude le moteur de notre progrès et ne cessons d'oeuvrer pour notre félicité. Nous trouverons alors notre bonheur non dans une satisfaction illusoire mais, à chaque instant, dans l'action. Une fois en paix avec nous-mêmes, adoptons l'art de vivre que nous dictent la politesse et le respect d'autrui, sans nous laisser influencer par la rhétorique chère aux prêtres et aux poètes. Le bonheur est un devoir social qui se cultive grâce à un art de vivre bien entendu.


Les «propos» apparaissent comme des billets d'humeur où l'auteur exprime ses partis pris sur le ton de la conversation. D'une part, le «propos» se définit donc comme un essai libre de toute contention rhétorique, un fragment d'une «imprécision calculée» (Samuel de Sacy). D'autre part, il se veut le procès-verbal d'une réflexion consciente sur son être. Cette double caractéristique en fait le moyen privilégié de traduire une morale ou, plus précisément, un art de vivre. Il ne s'agit pas, pour Alain, d'imposer une norme mais de forger un instrument menant à la connaissance de soi. Dans les Propos sur le bonheur, Alain ramène toutes les angoisses à des troubles physiologiques. Qu'est-ce que le bonheur? Impossible à définir, jamais acquis, il vient d'une disposition de l'esprit, proche de la vertu antique, de la force d'âme virile. Comment forger cette aptitude au bonheur? Pour Alain, d'abord, il convient de se connaître soi-même, puis de cultiver, envers ses semblables, la politesse consistant à bannir des conversations tout motif d'inquiétude. Alain développe donc une philosophie de l'action: le bonheur est à conquérir, ici et maintenant. Quant à l'imagination, la folle du logis, elle fait extravaguer l'homme; elle l'incite à se projeter dans le passé ou l'avenir. De l'action conjuguée de la douleur physique et des délires imaginaires naît la métaphysique, qui se complaît dans la souffrance. Or l'inquiétude ne peut constituer qu'un aiguillon dans la chasse au bonheur. Puisant ses sources chez les stoïciens, Platon, Descartes et Spinoza, Alain incite l'homme à se détacher de ses passions et à les considérer comme extérieures au moi. Thèse évidemment peu compatible avec celles, contemporaines, du docteur Freud.

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galerie au delà des apparences

A l'heure ou j'écris cet article, quelques  nuages  encore assoupis d'une trop longue sieste traversent lentement le ciel..

L'atelier, mon atelier résiste à la  chaleur extérieure, des mouches grillent derrière la baie vitrée exposée N-W..

Belle exposition, parfaite lumière naturelle comme chacun sait .. Un bon atelier se doit d'avoir un éclairage  naturel venant du N..!

Belle exposition en bas .. dans la galerie vide, expo du vide  avec là aussi le souvenir de qqs mouches..

Anne Nourian l'artiste a choisi de décrocher avant la date du 3 juillet.. Je comprends sa décision provoqué par un vernissage désastreux..

Je  tire les leçons de cet échec, je constate que le choix de cette période de fin d'année scolaire est à bannir pour ce type de manifestation d'art. 
Le Pays de Gex   croulait sous les fêtes et kermesses de fin d'année.  Ferney Voltaire  fêtait Voltaire, le soleil n'incitait pas à fréquenter les lieux d'accrochage. Bref, cette expo avec une artiste de grande qualité, ce vernissage en musique, ce concert qui suivit.. Tout fut désert..

L'expo s'arrête donc ce soir à la galerie racines.

Je tire les leçons..

Nous devons nous recentrer sur des artistes de proximité, il en existe de bons ici aussi.

Le risque est trop grand pour les artistes qui ne sont pas connus dans la région. Il nous faut aussi revenir à des expo de type "collective".  de 3 ou 4 artistes de discipline différente.

Sans cela notre galerie qui a le mérite d'exister encore fermera comme tant d'autres actuellement.

Je parle de galerie, je voulais encore vous inciter à voir l'expo actuelle à Annecy.

Deux artistes au féminin. Anne Brérot Peintre

et Nathalie Gauglin sculpteur.

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Magnifique accrochage à voir absolument jusqu'au 3 juillet

Ensuite, une expo des artistes de la galerie prendra la place pendant tout l'été.

J'aurai le plaisir d'être présent sur les murs avec qqs autres, pour ne pas les citer " Bordaries, Brunet Brérot, Gauglin, Delepine, Labégore

www.galerie-audeladesapparences.comlink

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aea

Exposition actuelle

Avril 2011 - Juin 2011

Un des lieux parmi les plus dynamiques de la capitale: une vraie galerie dirigée par un passionné d'art... Et à des conditions parmi les plus attractives du marché.

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La Collection permanente 
Espace Art Gallery II 
à l'Espace Yen
peintures et sculptures 


Exposition du 06/04/2011 au 26/05/2011
de 12 h à 14 h 30
et
de 19 h à 22 h 30

Vernissage le 06/04/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

 

 

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Art show Cabezas Gallery -New York- et ImagineYG'Art -Suisse
Collectifs

Exposition du 12/04/2011 au 17/04/2011

Exposition de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 12/04/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Gilles Hirt
peintures

Exposition du 27/04/2011 au 15/05/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 27/04
de 18 h 30 à 21 h 30

 

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Gilbert Wenger
peintures et métal

Exposition du 27/04/2011 au 15/05/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 27/04/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Urs Walter Huber
photographies et peintures

Exposition du 27/04/2011 au 15/05/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 27/04/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Régine Caudwell
sculptures

Exposition du 27/04/2011 au 15/05/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 27/04/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Grace Boica
peintures

Exposition du 18/05/2011 au 05/06/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 18/05/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Patrick de Sagazan
peintures
Univers en question

Exposition du 18/05/2011 au 05/06/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 18/05/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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heSBé
peintures

Exposition du 18/05/2011 au 05/06/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 18/05/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Margarita Bancells
sculptures et bijoux

Exposition du 18/05/2011 au 05/06/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 18/05/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Christophe Challier
sculptures 
Le cirque de papier

Exposition du 08/06/2011 au 26/06/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 08/06/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Pierre Passani
encres de Chine
Homage à Henri Michaux

 

Exposition du 08/06/2011 au 26/06/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 08/06/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Jean-Pierre Cardinaux
mosaïques

 

Exposition du 08/06/2011 au 26/06/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 08/06
de 18 h 30 à 21 h 30

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Francine Chabloz
sculptures

 

Exposition du 08/06/2011 au 26/06/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 08/06/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

         Ceci est une bonne adresse: 35 rue Lesb

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La mite Phoenix

La mite Phoenix

                        Antonia Iliescu

 

Par désir d’absolu

Par désir de soleil

Par la fugue d’argile

Par peur de l’échec

Je me colle à l’ampoule

Ce Dieu incandescent

Ce Dieu omnipotent.

 

J’en ai marre de ce corps

Qui brûle mes ailes chétives

Brûlant amours-secondes

Qui me semblent froids

Terrestres et possibles

Eternels, impossibles.

Le feu assassin de mes ambitions

M’empêche d’avancer

Réduite en miettes

Vers le bord d’un fossé

Rempli de vanités.

 

Un clin d’œil m’arrange

Avec la faucheuse,

Pour qu’elle me soulève

Vers le soleil-lumière ;

À l’éternelle ampoule

À cette ampoule céleste

Je donne comme offrande

Mes seules fleurs du jardin :

Une âme et mes restes.

 

Dans mes vols arrondis

Vers le ciel de chaux

Je joue ma vaine vie

Encerclant le verre ;

J’y tourne et j’y tourne,

Fais un tour dans mon sort,

Sort vert-noir pierre d’onyx…

Et je joue à la mort

Et je joue à la vie

En jouant au Phoenix.

 

22. 06. 2011

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Superfluité contre indigence.

 

Las et recroquevillé sur sa vie déchue,

Le pont abrite son corps rongé du sang des coteaux,

Le vin âcre et râpeux qu’il boit à la goulue,

L’a installé sur le banc noir des accusés sociaux.

 

Sa vie d’antan était belle et féérique,

Mais le méprisable instinct du vice l’a coulé,

Dans le moule malsain de la débauche lubrique,

Jusqu’au déshonneur de son patrimoine écroulé.

 

Sa voix douce était d’or et voguait sur les ondes,

D’un univers mâtiné de soies et de satins,

Le timbre de sa gorge faisait le tour des mondes,

Où régnait superfluité, copieux et joyeux festins.

 

Sa prospérité, l’outrance de ses privilèges,

Ses bacchanales romaines, firent des envieux.

Âpre aux gains,  intrigues, vie de sacrilèges,

Tout fut raison pour le déchoir de la cime des dieux.

 

La chute terrible survint sur un lit d’hôpital,

Où croupissait la mémoire de l’octogénaire,

Qu’il viola, ensorcelé de drogues, choix fatal,

Pour sa vie, celle de la pauvre grabataire.

 

Devenu socio-judiciaire, traqué, arrêté,

Il ne put qu’exprimer regrets et non discernements,

Dû aux divers tord-boyaux très jeune ingurgité,

En raison d’un père alcoolique et violent.

 

Ses failles connues, la pointe du pied de corbeau,

Avait dispersé son poison et atteint le quidam,

Dans sa notoriété de maître, au plus haut niveau,

Rejeté par tous, connu cellule puis macadam.

 

Les crépuscules avaient succédés aux aurores,

Derrière les croisillons de sa prison dorée,

Crâne jaune moucheté de vieillesse, pléthore

De trous dans le cuir bistré de sa peau abhorrée.

 

Superfluité contre indigence, triste échec,

Le vice avait remporté la déconfiture,

De la puissance de l’homme, perdu l’ultra du nec,

Vieux, sale, mort isolé, sous son pont de torture. QC.

 

 

 

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Billet de la semaine : l'Ami Pierrot

 

Cette semaine j’ai reçu un courriel que je qualifie de fantôme, le type de message qui voyage depuis des mois et réapparait périodiquement.  Ce message en question m’était déjà parvenu en janvier,  Il dénonce le fait que le chanteur Pierre Perret soit censuré sur une de ses dernières chansons, soit La Femme grillagée.  A l’heure du politiquement correct (le vilain mot) plus aucune vérité n’est bonne à dire, cette censure ne m’étonne donc nullement, Artistes taisez-vous !

Et soudain, j’ai eu envie de me replonger dans l’univers de cet auteur hors des modes et du temps.  Bien sûr, on le connait pour ses chansons grivoises et truculentes, mais à côtés de ça il a un immense répertoire de textes débordant de tendresse et d’amour,  de révolte, le tout sur des mélodies simples qui vous bercent les oreilles : Mon p’tit loup, je suis de Castelsarrasin, Voir, Ma nouvelle adresse, …  Toutes des chansons qui petit à petit vous font entrer dans un univers de douceur.

J’aime les chanteurs qui ont quelque chose à nous dire.  Demain, Ferrat me plongera dans la chaleur de sa montagne d’Ardèche, ensuite je retrouverai les brumes du nord en compagnie du grand Jacques.   Leurs textes sont indémodables !

En ce moment je découvre l’œuvre de l’immense Léo Ferré, grandiose, des textes qui prennent aux tripes, le tout sur musique symphonique.  Je suis passé longtemps à côté, mais je pense que pour entrer dans l’univers de Ferré il en va comme avec les œuvres musicales ou cinématographiques jugées plus difficiles, il faut une certaine maturité pour apprécier.

En attendant, l’ami Pierrot est toujours bien vivant, et cela malgré l’enterrement que lui organisent les médias.  Et il continue à presque 80 ans à sillonner les salles de France et de Belgique pour partager ses textes et sa poésie !

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administrateur théâtres

                                                                    " The Power of Fantasy "

Modern and Contemporary Art from Poland dans le cadre du programme culturel accompagnant

la Présidence polonaise

du Conseil de l’Union européenne

 

Vendredi 24.06 > Dimanche 18.09.2011 au Palais des Beaux-Arts

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La Fiat polonaise du plasticien Maciej Kurak, posée sur le toit est branchée à une machine à coudre… Il fallait dix ans pour en recevoir une, promesse de Staline aux bons camarades, mais quand elle arrivait il n’y avait déjà plus de pièces de rechange. L’âme polonaise a l’imagination fertile et pourquoi ne pas utiliser l’insecte de tôle inutile pour animer la machine à coudre ? Métamorphose.  Métaphore. Celles-ci  sont pléthores à travers cette exposition qui en découd, qui décoiffe, qui interroge, qui convoque.

Cette installation montre bien combien la nouvelle Pologne veut utiliser l’imagination pour RÉ-IMAGINER UN NOUVEAU MONDE, loin des maux du communisme, loin des maux du capitalisme, alors qu’elle va prendre la présidence de l’Europe dans quelques jours à peine.

«  A must in Brussels this summer », visitez cette immense exposition très étrange à propos d’un peuple qui est au cœur de l’Europe, à la confluence de l’occidental  et de l’oriental et qui désire se distancier des mille et un stéréotypes dont on le couvre.

 

Divisée au XIXe siècle, occupée pendant la Seconde Guerre mondiale pour ensuite subir le joug soviétique, la Pologne accède en 1989 à la démocratie. À l’image d’une nation meurtrie, victime d’oppressions consécutives, se superpose celle d’une culture florissante, témoignant, au fil des siècles, d’un esprit réfractaire à tout ordre imposé de l’extérieur. Usant de l’absurde et du fantastique, les artistes polonais ont répondu au chaos du réel par des actes empreints de résistance, non pour le fuir mais pour le reconstruire. Découvrez-y le travail d’artistes contemporains de renommée internationale, dont Miroslaw Balka, Monika Sosnowska et Wilhem Sasnal. Leur production dialogue avec des œuvres phares de l’art polonais des XIXe et XXe siècles.  Exploration du fantastique et de l’irrationnel polonais.

 

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 Olaf Brzeski Dream - Spontaneous Combustion, 2008, resin and soot, c. 175 cm high Czarna Gallery, Warsaw

 

...L’événement nous dépasse, se retourne contre nous, peut nous détruire inexorablement,  vient de nulle part, souligne notre solitude et notre impuissance. La science aussi  est impuissante à prévenir l’accident.

 
En parcourant l’exposition on observe le lien entre l’art moderne polonais du XXe siècle et la pratique des artistes contemporains depuis 1989. L'exposition fait cohabiter des oeuvres contemporaines et des chefs-d’oeuvre emblématiques de célèbres artistes comme Tadeusz Kantor, Magdalena Abakanowicz et Bruno Schulz.

 

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 Katarzyna Józefowicz, Cities 1989-92, sculpture © Collection privée

 

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Josej Mehoffer, 1903 Strange Garden

 

Au total, The Power of Fantasy réunit ainsi près de 200 oeuvres, dont certaines ont été spécialement commandées pour cette exposition. C’est notamment le cas d’un projet mural réalisé sur site par l’artiste de rue Mariusz Waras. Son immense fresque claustrophobique  dénonce l’aliénation des deux systèmes politiques poussés à leur extrême : communisme et capitalisme. Usines, fumée, tanks dévastateurs, véhicules renversés, aucune place pour l’homme ni la nature.

 

  D’autres œuvres majeures sont exposées pour la première fois en dehors de la Pologne. The Power of Fantasy est l’exposition d’art polonais contemporain la plus complète depuis la fin du communisme. Sans suivre un ordre chronologique, les œuvres sont organisées en divers chapitres, de manière thématique. Parmi les thèmes clés, nous retiendrons l'absurdité du quotidien ; l'histoire et la mémoire ; l’image du héros ; la folie et l’absurde ; les paysages surréalistes ; l’imagination militante ET L’ART DE DIRE NON.

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Non à la guerre :  J.J Ziolkowski The Great Battle under the Table 2006

 

 

 

LES ARTISTES DANS L’EXPOSITION

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Sofia Kulik, Splendour of myself, 1997

 

Fantasmes et imagination revêtent les formes les plus diverses. Dans les œuvres du peintre néo-surréaliste Julian Jakub Ziółkowski et dans les mises en scène baroques de Katarzyna Kozyra, l'excès et la fièvre sont au premier plan. Chez d’autres, c’est l’ancien environnement socialiste – très déprécié dans l’imaginaire populaire – qui stimule l’imagination. À l’instar de l’art, les villes et les rues ordinaires peuvent se transformer en un monde magique au  potentiel encore inexploité.

 

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 Dans l’œuvre de Monika Sosnowska, Julita Wójcik et Jarosław Kozakiewicz, ce sont des blocs de béton et des édifices publics qui se font les terrains de jeu de l’imagination. Wavy Block 2005-2006 (Julita Wójcik) :  La femme polonaise crochète  en rose et blanc son bâtiment gris,  d’une banalité affolante, un bloc qui suit les vagues de la mer sur 800 mètres et abrite 6.000 personnes,  symbole de l’étroitesse de cette vie imposée qui est encore le lot de la vie au quotidien de nombreux polonais.                                  

 

 

Pour cette génération d’artistes comme pour d’autres avant eux, L’IMAGINATION N’EST PAS UN MOYEN D’ÉCHAPPER À LA RÉALITÉ MAIS BIEN DE LA DÉFIER. Nés pour la plupart à la fin des années 1960 et dans les années 1970, ils ont traversé deux mondes, vivant leur enfance et leur jeunesse en République populaire de Pologne mais faisant carrière dans une Pologne démocratique. Leur œuvre est influencée par un contrarianisme qui remet ces deux systèmes en question. Des artistes comme Artur Zmijewski et Zbigniew Libera poursuivent ainsi une tradition de RÉFLEXION DISSIDENTE et critique, profondément enracinée dans la culture polonaise.

Les artistes polonais s’intéressent beaucoup à la façon dont l’histoire s’articule dans le  présent. « DOM », cette œuvre emblématique de Robert Kusmirowski, représente un cimetière du XIXe siècle.

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  D.O.M :  Deo Omnipotent Misericordia, au Dieu dont la miséricorde est infinie ! Aussi, étrangement, le nom en polonais pour « la maison. »

 

 Voici, en polonais et en français, un petit poème écrit par  le poète SARBIEWSKI

TESKNOTA DO OJCZYZNY BLEKITNEJ

Tesknie za Toba, kraju z blekitow i zlota,
kedy dniem jasne slonce wesolo migota,
a noca srebrne gwiazdy i swiatlosc
ksiezyca oczy zachwyca.
Jakze czas na tej ziemi okrutnie sie dluzy…
Kiedzys nadjdzie dla mnie blogi dzien
poderozy,
gdy wroce do slonecznych, usmiechnietych
wlosci pelen radosci…
O, wonczas, skoro szczesna godzina wybije,
grob moj ubierzcie w zielen i sniezne lilije.
Cialo sie w proch rozleci – a duch utesknion
wleci w niebieskie strony…

NOSTALGIE DE MA BELLE PATRIE

Je me languis de toi, pays de beauté et d’or,
lorsque le jour , un clair soleil scintille joyeusement
et la nuit les étoiles argentées et la lumière
de la lune ravissent les yeux.
Comme le temps, sur cette terre se traîne…
Lorsque viendra pour moi l’heureux jour
du voyage,
quand je reviendrai vers mes terres ensoleillées souriantes
plein de joie…
Oh, alors, bientôt l’heure heureuse sonnera,
Habillez ma tombe de verdure et de lys de neige.
Mon corps se décomposera en poussière – mon esprit nostalgique
entrera dans les lieux célestes.

 

Le culte des héros et des morts est omniprésent, comme en témoigna par exemple l’ampleur des  funérailles nationales organisées après le crash de l’avion de Smolensk  transportant le président polonais  Lech Kaczynski sans laisser  aucun survivant parmi les 96 personnes à bord. La délégation polonaise venait se recueillir à Katyn pour commémorer le massacre, dont c'était le 70e anniversaire.  

  

 Une pièce est également consacrée aux  œuvres de Wihelm Sasnal – un des grands peintres polonais de notre époque – autour de la figure du héros.

 

Mais le fantastique peut aussi naître de l’ordinaire. Les privations, la bureaucratie et la censure n’ont pas été uniquement des expériences négatives pour la Pologne, du moins dans le sens où elles ont stimulé une remarquable créativité au sein de la nation. Les Polonais ont l’art de faire beaucoup avec rien. Dans les années 1950, Leopold Tymrand donnait à cette faculté le nom de « Fantaisie appliquée ». Et aujourd’hui encore, les artistes continuent d’exploiter cette ingéniosité : le sculpteur Paweł Althamer travaille avec des aînés du quartier et des copains adolescents de Bródno, une banlieue défavorisée de Varsovie afin de créer de l’art ou, comme il le dit lui-même un wspólna sprawa (« projet commun »). Pour preuve, l’ autoportrait collectif monumental et sculptural, « Bródno People », réalisé par Althamer et ses voisins.

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image © designboom

Nouvelle version des Bourgeois de Calais  de Rodin. Quand les corps et les âmes sont soumis à des conditions extrêmes.

 

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 image © designboom



 

D’autres jeunes artistes font également preuve d’une ingéniosité extraordinaire, voire perverse. Ainsi, Jan Simon associe des approches technologiques à la manière d’un artisan, et réalise des objets électroniques sortant véritablement du néant. Revenons à Maciek Kurak qui évoque aussi  l’art de la « fantaisie appliquée » dans cette sculpture baptisée « Fifty-Fifty » dans laquelle la FIAT polonaise – reposant sur son toit – semble actionner une machine à coudre…  

 

L’exposition s'accompagne d'un très bel ouvrage richement illustré de 160 pages BOZAR BOOKS & Prestel. http://www.bozar.be/activity.php?id=10343

 

 

 

 

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