Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Toutes les publications (16169)

Trier par

En effeuillant la marguerite

 

Chaque fleur me semble un poème.

L’une m’émeut par sa splendeur,

Une autre a une grâce extrême.

Leur vue m’alimente en bonheur.

 

La marguerite, en sa blancheur,

Modeste, est tout à fait charmante.

Or, on la meurtrit jusqu’au coeur,

Une tradition distrayante.

 

C’est qu’on lui prête le pouvoir

De sentir comment on nous aime.

On s’empresse de le savoir,

S’attendant au pire, quand même.

 

La poésie, comme les fleurs,

Possède une tendre attirance.

Grandiose, elle vient d’ailleurs,

Parfumée des vents de l’errance.

 

22 juin 2011

 

Lire la suite...

guerre plus jamais guerre la der des der

Nos remerciements à : Monsieur Raoul


MOTS MAUX 2
18 mai, Les 18 jours de la Résistance Belge sont terminés pour ton grand-oncle Il aura fait les 8 premiers jours, les prisonniers se sont pour la plupart, fait cueillir au petit matin Ma mère pleure, elle est femme de prisonnier, je suis enfant de prisonnier, murmure -t-on autour de moi et j’ajoute haut et clair "de guerre " Ce mot prisonnier me déplaisait beaucoup
Laisse-moi te raconter, laisse-moi te dire, encore et toujours, et inlassablement les étrangetés d’une guerre, de toutes les guerres Ma mémoire, mise à vif regorge de souvenirs qu’elle me jette en vrac. Je les croyais perdus oubliés pour jamais ; Eh bien non. Imagine-toi
Nous étions, nous les petits, dans la cour de récréations où nous nous adonnions à un jeu étrange ; Chaque fois qu’une bombe sifflait sur nos têtes, qu’un V1 à la forme oblongue, passait pesamment dans le ciel Nous nous mettions à l’arrêt, scrutant la "chose" et comptions jusque trois A trois, nous entendions le "Boum" ! La déflagration.
Dire qu’en 1938 Monsieur Spaak assurait la «Belgique sur pied de paix renforcé…"
Nous sommes deux ans plus tard ; deux années plus loin, trop loin 1 940 La Presse est muselée LE SOIR VOLE Les Belges auront les nouvelles du "faux soir" journal écrit par les collaborateurs du nouveau régime.
1940 Nous commençons déjà à avoir faim et froid. Nous payons avec des tickets de rationnement quelques grammes de pommes de terre pour un mois. 200 grammes de sucre ;
1 kg de gruaux d’avoine (dont je retirais des morceaux de paille en mangeant) Tu sursautes 200 gr de sucre ! C’est presque ce que tu emploies pour tes crêpes Tu me regardes interloqué
Est-ce possible que les enfants ne mangeaient pas de crêpes avec du vrai sucre ; de la confiture et toutes ces choses "normales"?

1940 INTRODUCTION A LA QUESTION JUIVE. Tu vois mon petit pourquoi tu es parti Pourquoi je te raconte l'histoire et "l'Histoire" dans ses moindres "détails" ?


1940 Londres ensevelie sous UN MILLION de kilos de bombes l'Angleterre ne gémit pas. Londres, entrailles à l'air prend son thé chaud. Quadrille étrange dans le sens fort du terme : Hollande, France, Belgique tous les avions accourent à la rescousse avec de longs roulements de tambour… Pavane Pas de deux les avions, ailes tendues à mort, envahissent un ciel déjà lourd ; un ciel rouge Chorégraphie macabre ! Je fouille, ma mémoire, cherche, traque la plus petite idée pour t'expliquer le comportement de jadis, mais je ne me souviens que "ICI RADIO LONDRES " Les corbeaux volent bas ce soir ; Nous répétons "Les corbeaux volent bas ce soir" Phrase magique qui viendra bientôt allumer les cœurs

2001 11 septembre (Comme on dit pudiquement) Il ne s'agit pas d'une guerre mais d'une riposte. Vengeance ? Non ! Défense ciblée ? Oui Paix ! Paix !
Je demeure dans une déroute et du cœur et de l'âme (j'allais écrire de l'arme…) Je reste au guet d'une attaque imminente, d'une agression de partout, de nulle part que nous a promis
Bel Laden. Je tremble, j'imagine, vois, sens la fumée ...Respire les gaz
Comment pourrais-je,, rester calme, tranquille, voire impassible Comment pourrais-je ne pas voir, revoir le côté tragique de "demain", Ne pas entendre les pleurs des "mamans" Comment te faire comprendre sans te faire peur le mot « guerre »




extrait de " LE BRUIT DES BOTTES " a colon
============================
SI VOUS NE DÉSIREZ PLUS NOTRE CYBERFANZINE, VEUILLEZ NOUS LE FAIRE SAVOIR MERCI
Lire la suite...

IRMA

12272743671?profile=originalElle me regardait et le bleu du ciel un instant se fit interrogatif ?

Pourquoi voulez -vous que je vous parle ?

Les chèvres sont plus sages que vous

J'ai vu tant de choses ....

Et ne veux plus m'en souvenir

Elle s'en alla courbée avec son temps

C'était un jour d'été dans ce vieux village du Haut -Var .....IRMA

(d'après une photo ) AA

Lire la suite...

journal de bord, mercredi 22 juin 2011 (3)

A proximité de la Grand'PLace de Bruxelles, dans une rue adjacente, près d'une église, là où des dessinateurs s'expriment, on refait la route.

 

Les échafaudages ne manquent pas.

 

Le célèbre bluesman de la région d'Ostende est-il en congé ?

 

Quelques rues plus loin, je prends un café.

 

Là où, très souvent, j'ai pensé à toi ... qui n'habitait pas loin.

 

Je vois des gens qui passent.

 

Un théâtre. Un taxi. Des marches d'escalier, pas très loin, à droite. Des feux rouges. Des gens qui traversent. Des tables en bois d'une autre terrasse, à côté.

 

Là où, quand je m'assieds, je me souviens de toutes les fois où je m'y suis assis et où j'ai pensé à toi.

 

Là où quelques-uns, qui te connaissent, de près ou de loin, se sont déjà attardés pour me parler un peu/beaucoup de toi.

 

Là où ceux/celles qui me parlent de toi finissent aussi par me manquer, en me parlant de toi (ou d'eux).

 

Mon café se termine toujours trop vite.

 

Un sentiment d'infini revient toujours.

 

Mais qu'à c'là ne tienne, j'ai eu de tes nouvelles ... pas plus tard qu'avant-hier.

 

 

Lire la suite...

journal de bord, mercredi 22 juin 2011 (2)

Le célèbre Nagui se produisait hier, quelque part, dans Bruxelles.

 

Faut dire : on était le 21 juin.

Faut dire : c'était la Fête de la Musique.

 

Les festivités ne devaient manquer, ni dans la capitale, ni dans le reste du pays.

 

"Tiens, Hugues, tu ne participes pas à la Fête de la Musique ?", me demande-t-on volontiers.

 

Eh bien, les cordonniers sont parfois, sont souvent ... les plus mal chaussés.

 

D'accord, cette année, je limite un peu les concerts. Je ne les refuse pas, loin de là. Mais je ne vis pas (ou plus) dans cette hantise, cette obsession. Vivre, vivre, vivre, telle est ma devise, ces derniers temps. S'il ne se passe rien (ou ... s'il se passe autre chose), c'est du pain béni, aussi. Ma musique, je l'emporte surtout avec moi. Ma musique, je vis avec. En me reposant, en ne foutant rien, très curieus'ment, je l'entends remonter, vibrer. J'ai sûr'ment besoin de ça pour envisager les concerts qui risquent encore de se présenter dans les jours, dans les mois futurs.

 

Dolce farniente, ça ne se refuse pas !

 

Quant à cette fameuse "Fête de la Musique" ...

 

Même les années où je prospecte (notamment là), le pari n'est jamais gagné, évident.

 

D'abord, pour passer quelque part, dans le cadre de la "Fête de la Musique", il faut être au courant des endroits où elle a lieu.

 

Deux années de suite, j'ai envoyé ma candidature dans pas mal d'endroits, en Wallonie.

 

Vers le mois de mars, à peu près, sur Internet, sur un site adapté, pas mal de lieux, dans le pays, sont renseignés.

 

Je me suis déjà appliqué (au moins deux ou trois ans de suite), à rédiger des lettres de candidature et les envoyer tout azimuths.

 

Sur à peu près quarante (ou cinquante) adresses ...

 

A peine cinq ont répondu. Avec la mention suivante : "Notre programme est déjà établi"

 

Il m'est même arrivé, en connaissance de cause, d'anticiper l'année suivante.

Il m'est même arrivé, en connaissance de cause, d'avertir les mêmes centres organisateurs, quand je donnais un spectacle à gauche ou à droite. Histoire de créer des liens. Histoire de ne pas me faire oublier. Histoire de me battre pour avancer dans ma musique.

Il est même arrivé que certains centres officiels, à qui j'écrivais, me répondaient textuell'ment : "Monsieur, veuillez nous retirer de votre mailing list". Sans me donner d'explications complémentaires.

 

Mais bon ...

 

Cet aspect, en coulisses, des festivités musicales, a son bon côté, aussi.

D'abord, j'apprends énormément.

 

Et puis ...

 

En dehors de la "Fête de la Musique", j'ai déjà chanté (et je chant'rai encore) dans pas mal d'endroits magiques où plein d'autres n'aboutiront p'têt jamais.

 

Je connais ma chance, aussi.

Lire la suite...

journal de bord, mercredi 22 juin 2011

Ainsi donc ...

 

Trier, le matin, rien que trois bacs remplis de petites lettres, même en prenant un rythme rapide, ça ne prend pas moins de ... trois quarts d'heure. Eh oui !

 

Autrement dit ...

 

J'ai pas tort, une fois de plus, le matin, d'arriver trois quarts d'heure à l'avance au boulot.

 

Ca permet, soyons clairs, d'être plus cool par la suite, quand il faut accomplir les tâches nécessaires, avant de partir en tournée.

 

C'est drôle ...

 

Autant j'aime la marche (je ne fais pas des randos pour rien) ...

Autant certains moments, où je suis obligé d'activer mes deux jambes pour me déplacer, me paraissent insupportables.

Ne fut-ce que ...

Cet instant où, après avoir pris le tram qui me mène au boulot, m'être laissé bercer (dans le tram), ne fut-ce que le temps d'une route, le temps de trois arrêts, je dois descendre (rue de la Brasserie) du tram, marcher quelques pas avant de franchir les ailes du bureau, c'est trop, certains matins, mes jambes se passeraient bien d'être activées, d'être forcées à la marche. Même cinq minutes.

 

Ah ...

 

Oui, il est important que les actes accomplis, en se reposant, en avançant, soient synchros avec ... les demandes de notre corps. Mais bon ...

 

Ce sentiment, je le vis aussi après le boulot, dans d'autres lieux.

 

Je pense à la fin d'après-midi, hier, lorsque j'ai du descendre dans le Centre Ville, pour une visite médicale ... imposée par la poste.

 

L'idée de devoir prendre un bus, de devoir marcher sur la Place Flagey, de me diriger vers l'arrêt. Oh, les pas à faire n'étaient pas nombreux. Mais ils me paraissaient ... interminables.

 

Et ce bus qui était hyper bourré.

Et ce bus qui, Porte de Namur, s'arrête indéfiniment. On se demande quand il va redémarrer. On voit plein de gens qui descendent. Comme si c'était le terminus. Et puis, des gens qui s'agitent dedans. Et puis, on comprend, à petites doses, à doses quand même violentes, que le bus ne continuera pas. Et le chauffeur qui ne dit rien. Et la situation qui n'est pas claire. Et moi qui me suis assis, qui aim'rait bien me laisser conduire jusqu'au Centre Ville, sans tous ces couacs, sans vivre tous ces (re)lancements. Et voici, et voilà. Et final'ment, le chauffeur du bus qui annonce quand même que ... c'est le terminus (en bouffant la moitié de ses mots).

 

Et ce métro qu'il faut prendre, in extremis, Porte de Namur, pour se rendre, dans le Centre Ville. Mon rendez-vous est à quatre heures moins le quart. Et il est ... moins vingt-cinq.

 

Arrivé au fameux "centre" de la poste où je dois me rendre pour la visite médicale, c'est encore le labyrinthe. Je repère, dans la gal'rie où ça se trouve, une inscription. Je rentre. Un hall. Des gens qui sortent. Des gens qui rentrent. Arrivé au niveau de l'ascenceur, je m'aperçois qu'il faut placer un badge quelque part ... pour avoir accès à l'intérieur du bâtiment.

 

Donc ...

 

Je repars en sens inverse. Je remarche dans la gal'rie. Je tombe sur un autre escalator, avec ... l'inscription de la poste. Je monte trois étages. Conformément à ... ce qu'on m'a dit, au boulot, quelques heures avant. Et là, encore, je suis bloqué. Faut à nouveau un badge pour pénétrer plus loin. Je redescends au premier étage, où y a une hôtesse d'accueil. Une néerlandophone. Qui me reçoit très gentiment, certes. Mais qui doit regarder son PC, avant de me fournir un badge qui me permettra ... de regagner le troisième étage. Et il reste ... deux minutes.

 

La visite médicale a quand même lieu. Un test urinaire, pour commencer. Une dame qui me pose des questions générales. Qu'elle écrit dans un dossier. Une entrevue avec un méd'cin. Sympa. Qui, au bout du compte, quand il localise mon asthme, me dit, avec ces mots à lui (quand je lui ai parlé de mes difficultés) : "Quand vous rentrez trop tard au boulot, si votre chef vous dit quelque chose, n'ayez pas peur de lui faire constater vos difficultés de respiration" (il caricature même, avec sa voix, quelqu'un qui n'en peut plus de respirer).

 

Voilà, voilà.

 

Dehors, y a du beau soleil.

 

Mais ... lorsqu'il faut rentrer chez moi, depuis le Centre Ville, tout ce qu'il faut faire me paraît à nouveau lourd, lourd, lourd. Marcher, marcher, marcher. Tout le boul'vard qui mène au métro, c'est trop. Descendre l'escalator, attendre le métro, prendre le métro, sortir du métro, c'est trop trop trop.

 

Une éclaircie, dans toute cette panade, dans tout cette dynamique de pas forcés, apocalyptiques ...

 

J'ai trouvé (enfin) la force de m'ach'ter une sangle pour ma guitare.

Lire la suite...

Une équipe de 80 personnes, dont 21 comédiens, s'affaire en salle de répétition et sur le site de l'Abbaye de Villers-la-Ville afin de donner corps à cette création mondiale au théâtre de l'adaptation du célèbre roman d'Umberto Eco.
12272743490?profile=original

Les deux principaux protagonistes: Guillaume de Baskerville (qui sera joué par Pascal Racan) et Adso de Melk (qui sera joué par Jérémie Petrus).

 Déjà 20.000 spectateurs ont réservé leur place à ce jour...

 

Voir en plein écran
Lire la suite...

Un pas plus loin

Comme mon billet initial le laisse supposer l'écriture est toujours vitale pour moi. J'écris des nouvelles inspirées des petites choses de la vie ou de personnages du passé qui se sont gravés dans ma mémoire. En témoigne "Une vie... si on veut" que je vous propose en lecture.

 

 

 



Elle avait été belle, dans les années cinquante. Cette beauté ne venait pas seulement de la fraîcheur de ses vingt ans mais aussi de son côté miniature car elle était petite mais bien proportionnée, avec des attaches très fines, surtout aux chevilles et aux poignets. Le New Look de Christian Dior, aux robes très féminines, à la jupe dansante dont l’ampleur s’arrêtant à mi mollet était soutenue par un jupon à froufrous, lui allait à ravir. Le corsage ajusté et décolleté mettait en valeur la poitrine menue et les épaules sans salières. Les longs cheveux châtains d’Alberte, lustrés et brillants, cascadaient jusqu’à sa taille. Cette chevelure à elle seule attirait l’œil et la singularisait. Ses grands yeux verts, candides dans leur vacuité, exprimaient une réserve un peu hautaine. On aurait dit un petit chien de dame, tenu en laisse par un dromadaire, tandis qu’elle s’ébrouait aux côtés de sa mère, grande femme solennelle, massive comme une tour.

On ne les voyait jamais l’une sans l’autre et la génitrice avait l’air d’exhiber un trésor sur lequel elle faisait bonne garde. L’imagination pouvait dessiner dans l’air un dais enchâssant la belle fille, à l’égal de la Vierge ou du Saint Sacrement. Les galants se tenaient donc coi, comme à la procession. La mère, comme la fille, n’étaient pas prêtes à se commettre avec le premier venu. Pourtant toutes deux se déridaient lorsque l’un de leurs jeunes voisins les abordait avec une plaisanterie. Il était si cordial et si naïf qu’on l’accueillait comme le bon enfant qu’il était. Et si drôle que la jeune fille pouvait se laisser aller de temps à autre à un éclat de rire aigu qui la défoulait, soulevait sa poitrine comme une houle, lui renversait la tête et faisait frémir l’épais manteau de sa chevelure.

Si le cœur d’Alberte a battu parfois un peu plus vite en croisant tel ou tel jouvenceau, elle a su rejeter la tentation d’un coup d’épaule, le même qu’elle produisait pour dompter sa chevelure lorsque quelque mèche folle venait serpenter sur son corsage. On lui avait appris à se maîtriser, à ne pas déchoir, à viser haut, à se proclamer un morceau de choix, promis aux plus fins becs. « Nous autres », professait-on dans la famille, nous ne sommes pas comme tout le monde, nous avons des principes, de l’éducation, du bien au soleil et une moralité à toute épreuve.

Ainsi Mademoiselle Alberte promenait son insolente jeunesse par les rues de la petite ville, satisfaite d’elle-même, de sa mise et des saluts respectueux des passants… et consciente des espérances qu’elle pouvait légitimement entretenir, vu son rang social et la fortune de ses parents.

Le temps passait doucement et sans heurts. Un ou deux prétendants, bien sous tous les rapports, furent autorisés à approcher la déesse, en gardant toutefois la distance réglementaire que Madame Mère imposait implicitement et inexorablement car elle ne quittait pas les promis d’une semelle. Mais à chaque fois quelque chose clochait. « On » n’était du même monde. La réserve et le respect – parfois les deux à la fois – laissaient à désirer. « On »  n’offrait guère d’espérance de réussite matérielle, en contrepartie du don d’une belle fille bien dotée et les projets tournaient court.

Alberte – à peine se l’avouait-elle à elle-même – se prit un moment à soupirer en secret pour l’époux de sa cousine mais elle n’allait pas perdre son pucelage d’une manière si indigne. L’objet de son désir qui venait parfois hanter ses rêves était un militaire haut gradé, plein de morgue et d’appétits. Il avait remarqué la façon d’Alberte de le regarder droit dans les yeux, le menton levé et en s’efforçant de ne pas rougir. Il l’aurait bien croquée mais que d’ennuis en perspective ! Sa femme qui ressemblait à Alberte, mais avec une tête en plus et encore plus de cheveux, était bourrée de talents. Bonne musicienne, elle chantait à ravir, était polyglotte et d’une activité infatigable. Cette force de la nature fut pourtant emportée en quelques mois par une banale leucémie. Le veuf supputait les chances qu’il aurait auprès d’Alberte mais il fallait laisser passer une période de deuil décente, entre acte qu’il occupa agréablement en compagnie de filles faciles. Si encore il avait été discret mais non, ses frasques étaient de notoriété publique. Cela Alberte ne le lui pardonna jamais. Lorsqu’il jugea qu’il pouvait songer à se remarier, il se déclara. Alberte le prit de haut et le repoussa, sous prétexte qu’en souvenir de sa cousine bien aimée – en réalité elle l’avait toujours jalousée et détestée – elle ne pouvait consentir à cela. Elle, au moins, lui restait fidèle par delà la mort. Le fringant militaire eut le front d’éclater de rire, avant de claquer la porte, en la traitant de mijaurée.

Alberte mit plusieurs mois à digérer l’affront. Si elle avait parfois des rêves brûlants et pratiquait un certain auto-érotisme qui n’était que le prolongement du culte qu’elle se rendait à elle-même, personne n’en sut jamais rien. Elle pouvait se dévêtir, contempler avec orgueil son corps intact dans la psyché, soutenir amoureusement ses seins dans ses mains mises en coupe, tomber en pâmoison à la renverse sur le lit, c’était des choses inavouables qu’elle tut, même à son confesseur. Elle atteignit ainsi la trentaine, continuant à porter épandue sur le dos sa longue chevelure et restant fidèle aux toilettes de ses vingt ans. Elle continuait, bien entendu, à sortir avec sa mère, pour courir les magasins de mode, aller de temps à autre au cinéma ou au théâtre. Le père, depuis longtemps avait disparu, réduit à néant dans le bain-marie conjugal. Et si falot que nul se souvenait de l’aspect de sa personne.

Alberte se jugeait parfois bien malheureuse. Elle avait eu une amie lors de son adolescence, une seule amie qu’elle dominait et qui eut le mauvais goût de périr d’une pneumonie. Quel choc devant ce petit cadavre, perdu dans sa robe blanche de communiante, sous laquelle pointaient deux tout petits seins naissants ! Le nez aussi pointait au milieu du visage et, sous la peau fine des tempes, on distinguait un réseau de fines veines bleues, qu’elles s’amusaient toutes deux à savonner très fort, comme si cela avait eu le pouvoir de les faire disparaître. Alberte avait eu une crise de nerfs devant ce visage de marbre tel un couvercle à jamais rabattu et cette bouche pâle qui prenait tout à coup un pli narquois. La mère de la défunte se précipita pour lui bassiner les tempes à l’eau froide.

Dans la chambre voisine des pommes avaient été mises à mûrir et leur odeur la soûlait. Elle prit ces fruits en grippe et refusa désormais d’en manger car, à chaque fois que leur parfum frappait ses narines, elle revoyait Huguette sur son lit de mort, revivait toutes les avanies qu’elle lui avait fait subir, comme le jour où elle l’avait obligée à manger un ver de terre, pour lui prouver son amour. La pauvre petite l’avait fait en pleurant avec un haut-le-cœur dont le souvenir à présent donnait aussi la nausée à son bourreau.

A part cela, Alberte s’ennuyait ferme. Sa mère ne permettait pas qu’elle s’abîme les mains à tenir le ménage. Alors elle lisait des romans à l’eau de rose, s’attelait à des puzzles géants qu’elle ne terminait jamais, se mettait une demi heure au piano, à moins qu’elle ne se rabatte sur sa broderie mais au bout d’une heure, elle grinçait des dents et rejetait la nappe dont le tissu souillé par la sueur alignait d’innombrables points de croix qui, tout à coup, se mettaient à grouiller, à danser une gigue hallucinante qui faisait mal aux yeux. Elle courait alors au bout du jardin en mordant son mouchoir. Elle se meurtrissait la poitrine à l’écorce du grand chêne, en se retenant de hurler puis elle remontait vers la maison, le visage souillé de larmes, de morve et de salive.

Sa mère la débarbouillait comme une enfant, l’aidait à quitter sa robe qu’il fallait mettre à tremper tout de suite si on ne voulait pas qu’elle soit irrémédiablement gâchée. Puis elle lui préparait une tisane sédative qu’elle l’obligeait à boire, malgré son dégoût.

C’est les nerfs, soupirait la mère monumentale. Cette petite – elle avait alors dans les trente ans – est une sensitive.

La maison s’emplissait, peu à peu, d’ouvrages de dames inachevés : tricots, tapisseries, napperons ou têtières festonnées. Madame Mère se décida un jour à mourir. Enfin ! se dit simplement l’orpheline, en jetant à la poubelle la grande nappe qu’elle n’était jamais parvenue à finir. Ce n’est pas qu’elle n’aimait pas sa mère mais en somme elle l’avait trop « vue », comme les bouquets répétitifs du papier peint de sa chambre qu’elle s’obstinait parfois à dénombrer le soir.

Le soulagement que procurait à Alberte sa soudaine solitude ne dura pas. Elle n’avait pas assez d’imagination pour remplir toutes ces heures vides et la présence imposante de Madame Mère continuait à remplir à bloc la maison. Il semblait parfois à Alberte qu’en ouvrant une porte elle allait la découvrir, vêtue de gris comme de son vivant et prête à lui demander des comptes. Cette statue du commandeur se profilait à l’occasion derrière son épaule dans le miroir d’une vitrine quand elle se risquait à une petite promenade dans la grand’rue. Elle courut chez une diseuse de bonne aventure qui la persuada de fréquenter plus souvent le cimetière si elle voulait recouvrer la paix de l’âme. Alberte s’y appliqua et commanda une inscription pour le caveau familial, une épitaphe flatteuse, à la fin de laquelle elle se déclarait inconsolable d’une si grande perte. Et, peu à peu, le fantôme de Madame Mère consentit à perdre du terrain, pour se résoudre finalement en fumée.

Voilà Alberte maîtresse de sa vie à cinquante ans… mais pour en faire quoi ? Elle n’a ni métier, ni talents. C’est vrai, elle est rentière, « pas réduite à la mendicité », comme disait Madame Mère mais elle se sentait bien démunie.

Si au moins mes parents avaient fait de moi une secrétaire, je pourrais gagner ma vie, au lieu de courir après les loyers impayés, prendre des avocats et assigner les locataires fautifs devant le juge de paix. Tout compte fait, me voilà à la portion congrue, se répétait-elle en boucle.

Elle congédia la femme d’ouvrage et se mit en tête d’entretenir elle-même la maison. Cela consista surtout à se couvrir la tête d’un foulard et à se casser les ongles. Le ménage ne lui réussissait pas plus que la broderie. Ses cheveux avaient viré au gris. Elle les portait toujours très longs, un peu fourchus depuis que sa mère n’était plus là pour y veiller. Par goût ou par nécessité, elle portait toutes les vieilles robes qui encombraient deux armoires à glace. Elles ne les avaient guère usées dans sa vie de parade et, chaque année, on la rhabillait de la tête aux pieds, au printemps et pour l’hiver. Certaines de ses toilettes préférées étaient devenues un peu étroites mais comme ses soucis la faisaient maigrir et qu’elle mangeait de moins en moins, elle parvenait à s’y glisser.

A la Toussaint, pour se rendre au cimetière, traînant une grosse potée de chrysanthèmes or sur un caddie déglingué, elle portait des bottillons démodés et un manteau d’opossum un peu pelé, sa chevelure grise et terne étalée sur le dos, étendard poignant du temps qui passe. Chacun remarquait ses yeux cernés et un peu fixes, sa façon de répondre aux saluts d’un petit coup de tête, sa hâte à s’éloigner pour que personne ne s’aventure à lui parler.

Mademoiselle Alberte ressemble à une folle à présent, constatait in petto l’un ou l’autre, en la croisant mais le respect demeurait pour la survivante d’une de ces familles bourgeoises honorablement connues par tous dans une petite localité. Même mariée et centenaire, elle serait restée Mademoiselle Alberte, du clan un tel. On avait été tellement habitué, du temps de sa jeunesse, de ne la voir jamais sans sa mère que certains reconstituaient en esprit les deux silhouettes si dissemblables.

Peu à peu la maison, jadis si claire, si bien entretenue, aux vieux meubles cirés, aux voilages immaculés, grisonna elle aussi. La poussière, les toiles d’araignée, la fine brume de l’abandon s’en firent maîtres.

Alberte se mit à parler toute seule. Elle reprochait à ses parents ce qu’elle était devenue, s’abreuvait à la nostalgie de ses vingt ans. Comment imaginer alors qu’un jour elle serait vieille… La vie passe si vite et est faite de tant de jours creux. Cette montagne de riens finit par créer un vide abyssal qui menace de vous avaler.

Quelques jours heureux flottent sur la mémoire d’Alberte. Des jours de grand soleil ou de neige absolue, de givre aux fenêtres, des sonores nuits de gel où le ciel est de cristal. Elle se souvient d’un compliment qu’elle a longtemps savouré comme un bonbon. Il lui revient à la mémoire la Saint Nicolas où elle a reçu une si jolie poupée, avec de vrais cheveux et un visage en biscuit. La poupée qu’elle a soustraite aux griffes de sa mère quand celle-ci a décidé de donner tous ses jouets aux pauvres, sous prétexte qu’elle était grande maintenant.

Cette poupée trône toujours dans sa chambre, vêtue de soie qui fut rose. Le temps a foncé son teint si délicat – c’est à présent presque une poupée nègre – et pâli le bleu de ses yeux de porcelaine.

La santé d’Alberte s’est dégradée mais elle ne consulte aucun médecin. Tous des charlatans, disait sa mère. Elle se soigne avec des tisanes dont elle lit la recette dans le livre tout dépenaillé que compulsait avec respect Madame Mère, comme s’il s’agissait des Evangiles. Elle a de petits ennuis qu’elle essaie d’oublier. Elle s’essouffle pour un rien et a décidé de dormir sur le canapé du salon dont les coussins empoussiérés la font éternuer.

Au dessus de sa tête dorment ses robes, ses manteaux, ses chaussures, les vieux bijoux de famille qu’elle a tout à fait oubliés. Elle porte longtemps la même robe, toujours à cause des escaliers, se lave quand elle y pense – et ce n’est pas souvent.

Quelques années passent encore. Une nuit elle se sent si mal que, dans un sursaut, elle va réveiller la voisine qui loue un de ses biens. On l’assied dans un fauteuil, enveloppée qu’elle est dans un vieux manteau, beaucoup trop long, peut-être celui de sa mère, oublié à la patère du corridor. Elle demande un verre d’eau, affirme que ça va passer mais le médecin de garde puis l’ambulance sont là, avant qu’elle ait pu se retourner. La voisine inspecte son fauteuil. Grâce à Dieu, elle ne l’a pas souillé mais comme elle sentait mauvais !

A l’hôpital on la baigne, on coupe ses cheveux qui ne forment plus qu’une masse embroussaillée. Le jour où elle entend que, lorsqu’elle ira mieux, il lui faudra entrer dans une maison de repos et de soins, elle décide de se laisser mourir. Elle y emploie toute l’énergie dormante qui sommeillait en elle. Elle refuse le boire et le manger. On lui impose un goutte à goutte qu’elle parvient à arracher. Il faut l’endormir pour parvenir à lui poser une sonde nasale. Pour la première fois de sa vie, elle se bat pour gagner. Et elle gagne ! Le but, c’est la mort, la délivrance, c’est passer de vie à trépas. Elle sourit quand elle touche la ligne d’arrivée, hors d’haleine, comme il se doit. Il se peut qu’on l’acclame, qu’on lui tende un bouquet.

La maison revient à un parent éloigné qui s’empresse de la vendre, dégoûté par la crasse qui y règne. Mais il faut d’abord la vider de ses meubles, de sa vaisselle, de ces mille choses qu’on accumule au cours d’une vie. Malgré tout l’héritier a eu un petit choc en ouvrant les garde-robes pleines de robes diaphanes et fanées, semblables à de grands papillons morts dont les ailes perdent peu à peu leur éclat. A la poubelle ! Ces brassées de tissus meurtris, aux faibles cris soyeux dont le parfum ranci nuance un peu l’odeur de poussière qui règne à chaque étage. Il n’a pas le courage pourtant de décrocher les voilages qui pendent de travers, les stores à demi retroussés, les doubles rideaux gorgés de mites.

Un passant qui a bien connu Alberte soupire quand il longe cette maison à l’agonie. Il lui semble distinguer un peigne cassé sur un appui de fenêtre. Il revoit la belle fille aux longs cheveux. « Mon Dieu, qu’est-ce que c’est de nous ! », murmure-t-il. C’est peu, comme oraison funèbre. Il recule un peu pour prendre du champ et frissonne soudain. La fenêtre sous toit bée au bord du grenier dont on peut distinguer les poutres. Une poulie est installée pour descendre sans doute les vieilles malles et les défroques d’un passé déjà à demi enseveli sous la poussière. Il lui semble qu’une mince silhouette en robe fleurie se balance légèrement au bout de cette poulie. Il remue les épaules pour chasser cette vision. Mais non, mais non, se morigène-t-il, pauvre idiot, tu le sais pourtant que Mademoiselle Alberte est morte de sa belle mort, dans un lit.

 

Lire la suite...

Devenue existentialste

 

« La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphyre.

À la vie, au soleil, ce sont là ses adieux. »

Que laisse le poète quand il ferme les yeux,

Au moment où son corps, exténué, expire?

 

Les parfums libérés, sans délai, s’évaporent,

L’éphémère beauté se consume en déchets,

Devient petits morceaux de tissus desséchés,

Que le vent et la pluie, à la terre incorporent.

 

Qu’advient-il des beautés gravés en des écrits,

Des émois exaltants, et des aveux d’une âme,

Révélant les bonheurs d’une vie et ses drames,

En mots harmonieux qui éveillent l’esprit?

 

Existentialiste, non pas par pur orgueil,

Mais pour donner un sens à ma brève existence,

À l’amour de la vie, que je conserve intense,

Je voudrais que ma mort n’entraîne pas de deuil.

 

Quand la voix d’un humain a cessé de vibrer,

Les vers qu’il a laissés triomphent du silence,

Son âme et son esprit sont tirés de l'absence,

Si son oeuvre n’a pas disparu enterrée.

 

20 juin 2011

 

 

 

Lire la suite...

Le Jour Où J’ai Oublié Mon Passé

Le Jour Où J’ai Oublié Mon Passer

 

Emmargeant d’un rêve brumeux

Le Jour Où J’ai Oublié Mon Passer

Le voyage débuta

Je partis à la découverte du nouveau

Le Jour Où J’ai Oublié Mon Passé

La Haine, la Méchanceté, la Jalousie

La Peur

Disparurent des visages

Le Jour Où J’ai Oublié Mon Passé

La paix, la Clémence, L’Amour

Apparurent

Le Jour Où J’ai Oublié Mon Passé

Le dévouement apparu

L’abondance submergea

Le Jour Où J’ai Oublié Mon Passer

Des mains se tendirent

Des bras enlacèrent

Le Jour Où J’ai Oublié Mon Passé

Sans Prophètes et sans Mages

Dieu se dévoila

Le Jour Où J’ai Oublié Mon Passé

J’ai compris le moment

J’ai banni  hier et demain

Le Jour Où J’ai Oublié Mon Passé

Lire la suite...

journal de bord, mardi 21 juin 2011

Je suis allé chanter au métro, hier. C'est pas trop fréquent, ces derniers temps. Faut dire : le boulot, la journée. Enfin : hier, j'avais l'énergie et j'en ai profité.

 

Je ne le regrette pas le moins du monde, mais ...

 

Il serait peut-être temps que, pratiqu'ment, je m'organise autrement quand je file jusque Montgomery, la station de métro où j'ai mon emplacement (encore valable jusque ... juillet, après quoi il faudra faire les démarches pour renouveler).

 

J'emporte effectiv'ment trop de choses avec moi.

 

Déjà : la guitare et le ukulélé en même temps. C'est trop, quelque part. Y a beaucoup de passage dans le couloir du métro. Quand je joue de la guitare, je suis obligé de mettre l'autre instrument quelque part. Je le planque à côté de moi.

Et ... pas mal de gens passent. Quelqu'un de tordu, d'inattendu peut toujours me le siffler, mon ukulélé, en deux temps trois mouv'ments.

 

Pourquoi ne pourrais-je pas envisager d'aller jouer rien qu'avec ma guitare, un jour, là-bas ?

Pourquoi, éventuell'ment, ne pourrais-je pas envisager d'aller jouer rien qu'avec mon ukulélé, un jour, là-bas ?

Question de contexte !

 

C'est pas tout.

 

J'ai l'habitude, aussi, d'emporter, quand je vais chanter à la rame de métro, un lutrin. Sur lequel je mets un cahier, dans lequel se trouvent des chansons que je ne connais plus, qu'ainsi je remémorise et que j'attache (sur le lutrin),; avec des ... pinces à linge. Je me donne la peine, à chaque fois, de l'installer, ce lutrin, à côté de ma guitare. Ah, la démarche tient la route ! Ah, faut être le plus pratique et le plus inventif du monde pour jongler avec tout ça !

 

Mais ... comme ça finit par me fatiguer (me crever, carrément), de m'accroupir, de prendre le temps de l'installer (ce lutrin), de l'entendre grincer. Et pendant ce temps, des gens de tous les azimuths passent et je dois garder le contrôle sur la situation.

 

C'est pas tout.

 

Il y a ... ma housse de guitare à déposer sur le sol. La petite valisette, dans laquelle se trouvent ma carte justifiant mon autorisation de jouer, mes CD's et mes bouquins. S'accroupir, encore et encore, avant de commencer à chanter.

Sortir ma valisette, sortir (de la valisette) les CD's et les bouquins. Sortir la guitare. S'arranger pour planquer, à l'intérieur de la housse de guitare, mon pull ( que je remettrai sur moi quand j'aurai fini). Tout en gardant l'oeil sur le ukulélé, à ma gauche. Tout en gardant l'oeil sur le lutrin (à ma gauche, aussi). Tout en gardant l'oeil sur les gens qui passent.

 

Et la guitare, quand je la sors. Comme par hasard, quand je tripote les premières notes, elle ne me paraît pas très accordée. Est-ce objectif ? Est-ce lié à la tension du moment, qui rend l'écoute de mes notes peu harmonieuse ? Comme par hasard, l'accordeur ne se trouve plus sur le manche de ma guitare. Comme par hasard, je dois réouvrir ma housse et fouiller après l'objet. Comme c'est crevant, quand même !

 

Et l'espèce de cordon, que je mets autour du cou, que j'attache à la rosace de ma guitare. Je le supporte de moins en moins. Faudra qu'un de ces quatre, je file dans le Centre Ville, que je m'achète carrément une sangle que j'attach'rais d'office à ma guitare, ça facilit'rait les choses. Y a des s'maines que je me le dis, que j'en garde l'objectif, mais voilà : je ne me suis pas encore donné le temps de le faire (faut dire : j'ai des journées occupées).

 

Tout ça, tout ça ...

 

De plus ...

 

Quand j'ai commencé à tripoter sur les cordes, la quatrième (celle de ré) sautait (sans casser vraiment). Trois fois de suite, j'ai du recommencer, prendre le temps d'arriver à la note juste (en restant ... accroupi).

 

Comme par hasard, trois jeunes gamins, l'air complèt'ment paumés, sont passés. L'un d'entre eux a donné un coup de pied dans la valisette (que je mettais devant la housse de guitare). Y en a un qui m'a encore balancé : "On l'a pas fait exprès". Le contraire était flagrant. Heureusement que j'ai eu le réflexe de lui répondre, en souriant : "Je m'en doute".

 

Ah oui, j'ai fini par m'y mettre ! Ah oui, j'ai croisé ma pote Monique (que j'aime beaucoup, beaucoup) ! Ah oui, j'ai chanté quand même plus d'une heure ! Mais à quel prix ?

 

Je pourrais, quand même, à l'avenir, aussi, laisser le lutrin à la maison. Et m'en servir (à domicile), quand, certains matins, je me réveille avec une chanson dont je ne me souviens plus dans l'entièr'té.

 

 

Lire la suite...
administrateur théâtres

12272741659?profile=originalA l’affiche aux palais des Beaux-Arts de Bruxelles, un concert qui rassemble des œuvres du 18e siècle et trois lauréats  de notre dernier concours Reine Elisabeth (Chant 2011) accompagnés par La Petite Bande.

                                        

Cela commence par Joseph Haydn : Symphonie n°47en sol majeur (1772).  Sigiswald Kuijken dirige l’ensemble de la Petite Bande, un orchestre de musique baroque qui va bientôt fêter son quarantième anniversaire. Il y a ce dialogue énergique avec le cor, la patte de velours de la contrebasse, un esprit malicieux. Le deuxième mouvement, « Un poco adagio cantabile » évoque la promenade rêveuse d’une âme solitaire. Cela se termine sur une petite marche triomphante. De grands effleurements légers  contrastent avec des accents de passion, le tout construit en échos ludiques.

 

 De quoi introduire  vaillamment le «Laudamus te» de la messe en Ut mineur de  Mozart (Missa KV 427) avec une symbiose parfaite entre la soliste Anaïk Morel  au timbre très coloré et l’orchestre. Sébastien Parotte , un géant en redingote noire très  habillée nous livre la virtuosité de « Io ti lascio », KV 621a au rythme très vif et très enlevé. Et voici Konstantin Shushakov, interprétant avec chaleur et modulations profondes le «Finch’han dal vino » de Don Giovanni, KV 527. Que le vin de l’allégresse et l’amour débordent !

 

Survient  un  moment très théâtral  qui rassemble Anaïk Morel (quatrième prix)  et  Konstantin Shushakov (cinquième prix) dans l’interprétation fougueuse de l’extrait  du même opéra «Là ci darem la mano», duo en la majeur aussi joyeux que des noces paysannes. Ce morceau très expressif sera repris dans un des bis avec verve et humour jusqu’à baiser l’écharpe de la Belle et lui effleurer l’épaule d’une marguerite! « Andiam ! »…

 

La première partie du concert est clôturée par le « Concerto pour hautbois, KV 271k ». Mozart  encore. Patrick Beaugiraud nous présente une interprétation précise mais un peu tendue, de ce beau concerto. On aurait souhaité plus de joie mais d’aucuns diront qu’il est parfaitement mozartien et que cette retenue est nécessaire.

 

 Olivier Picon, en revanche séduit avec son cor et son solo plein de délicatesse dans le  Concerto pour cor n° 4, KV 495. Il y a un bel équilibre entre le cor et l’orchestre comme si celui-ci insufflait vie et sentiment. Une musique sereine et grave, très nuancée. Les deux barytons et la merveilleuse mezzo se partagent encore des oeuvres de Mozart et de Glück. Une pure merveille, cet air nostalgique de : Orfeo ed Euridice: «Che faro senza Euridice» chanté par Anaïk Morel. Son timbre de voix est un véritable  enchantement. Il y a un sens profond du drame et l’orchestre souligne la tendresse profonde d’Orphée.  

 

Enfin, le trépidant air extrait de  Die Zauberflöte, KV 620: «Pa-Pa-Pa-Papagena nous offre  des délices de virtuosité. On se demande où commence l’orchestre, où commence la voix humaine. La tendresse des jeunes futurs parents est émouvante. «So liebe kleine Kinderlein !»

Un concert très éclectique fait pour le plaisir de la musique. La fête de la musique? C’est d’actualité au coeur du mois de juin!

 

12272741266?profile=original

 

http://www.bozar.be/activity.php?id=9901&selectiondate=2011-6-15

 le 15 juin 2011

 

Lire la suite...
administrateur théâtres

Le gamin au vélo (cinéma Aremberg)

12272740497?profile=originalDrame

 


Le gamin a une cicatrice de varicelle au coin de l’œil gauche, des tonnes de colère enfouies sous ses taches de rousseur, les dents serrées et une détermination implacable pour remonter des enfers.

L’enfer, c’est son père qui l’a placé pour le faire disparaître définitivement de sa vie. Quoi de plus innommable ? L’enfant dupé a été amputé mais ressent son père comme un membre fantôme. Son seul lien avec son père: son dernier cadeau, ce vélo qu’une âme généreuse – Samantha - lui a retrouvé et racheté. Il pédale comme un forcené pour retrouver l’amour parental mais bien sûr jamais les deux roues ne se rattrapent malgré toutes ses acrobaties.

Malgré une cascade de déceptions, Cyril, ce Poil de Carotte têtu n’en démord pas, au propre et au figuré. Il livre un combat au-dessus de ses forces : l’adulte a les pleins pouvoirs pour faire souffrir, par égoïsme, par lâcheté, par bêtise, par inconscience.

Les gestes du jeune garçon sont terriblement parlants, la souffrance est muette, les objets trinquent. Ses larmes sont sèches tandis que coule l’eau dans le lavabo de Samantha, sa protectrice, un ange de quartier, coiffeuse de son état. Elle a appris à écouter, à ne pas juger. L’amour, c’est rendre l’autre heureux. Elle a croisé son chemin - il n’y a pas de hasard - et désire plus que tout, son regard. Mais le pain d’épice ne suffit pas à rassasier la faim d’amour paternel du jeune garçon. Pourtant la désarmante Samantha a décidé de le sauver de l’engrenage de la délinquance probable, elle veut sa rédemption. Epopée urbaine, pièges et défis attendent le jeune paumé, jusqu’à ce qu’il finisse par pouvoir accepter l’inacceptable et regarder en face l’amour écrit sur le visage et dans les gestes de Samantha, à elle toute seule, sa vraie famille. Et la musique advient, par bribes : l’adagio de la 5e symphonie de Beethoven.

 

 Aucun pathos, mièvrerie, misérabilisme ou voyeurisme alors que le cadre est une triste cité à Seraing, lieu géométrique du chômage, de la drogue et de la violence. Ce qui émane c’est la fluidité de la narration, l’émotion, le ton juste et la bonne distance. Et deux interprétations fulgurantes et touchantes par le jeune Thomas Doret et Cécile de France…

 

 

 

 

Lire la suite...

journal de bord, lundi 20 juin 2011 (2)

Il est temps de remplir la déclaration d'impôt. On arrive fin juin. J'aurais pu m'y prendre plus tôt. Mais bon : je ne m'en retourne pas. Suffit de reprendre les papiers qu'on m'a envoyés, de lire les numéros adéquats à côté des lettres adéquates. De les aligner sur les colonnes qui se présentent (de préférence, au bon endroit). Cette année, je n'ai rien égaré. J'ai rassemblé (volontair'ment) tous les effets voulus au d'ssus de mon armoire.

 

Demain, après le boulot, faudra se rendre dans le Centre Ville. Oui. Pour le boulot. Je me demande toujours pourquoi.

 

 

Lire la suite...

Livre ouvert


Cette femme charmante,

Elle s’est mise à nu,

Naïve et confiante

Plus qu’elle n’aurait dû.

 

Elle s’est dénudée

Sans prendre attention.

Elle s’est dévoilée

Sans grande précaution.

 

Au-delà de la chair

Et du cœur des os,

Elle était en clair

Un joli p’tit lot.

 

On lisait en elle

De savoureux vers

Et ça faisait d’elle

Un grand livre ouvert.

 

Telles des sangsues

Qui pompent sans arrêt

Pour être repues

Du sang de l’attrait,

 

Ils lui ont sucé

Tout ce qu’il pouvait

Avant de la jeter

Sur le premier quai

 

Lui laissant seulement

Les coups et la peine

En guise de vêtements

Tissés avec haine.

 

Ses larmes versées

Ont creusé ses joues.

Elles ont débordé

Rendant sa vue floue.

 

Elle a déposé

Dans un nid douillet

Son p‘tit cœur blessé

Gardant en secret

 

L’essence de son moi

Qui fût épargnée.

Grâce à elle, ma foi,

Elle s’est relevée.

 

Son corps tout meurtri

En frissonne encore.

Elle sait aujourd’hui

Voir de l’eau qui dort.

Deneyer Viviane 20/06/2011

Lire la suite...

journal de bord, lundi 20 juin 2011

Ca va, l'appareil photo perdu est ... en de bonnes mains. Merci, chère Isabelle !

 

Final'ment, il était resté ... dans une yourte. Comme quoi !

 

A la fête où nous nous étions rendus ...

 

Ah ! C'était super ! Dans la région de LIège ! Chez une cousine d'une de nos amies. De fil en aiguille, on atterrit, on alunit un peu n'importe où.

 

Y avait un projet de collecter des fonds pour construire quelque chose au RWanda.

 

Y a même un chanteur de là (Jali, si mes souv'nirs sont bons) qui a présenté, avec sa guitare, de belles chansons, avec sa belle voix. Les bateaux, dans les morceaux, étaient à l'honneur.

 

Y a un auteur de livres qui est venu parler de ses écrits ... dans la yourte. Un gars qui était para-commando, au départ. Qui a ensuite quitté l'armée. Qui est dev'nu berger. Qui a résumé, dans un personnage de roman, tout ce qu'il a vécu, en 1994, au Rwanda, quand les tragiques évén'ments, entre Hutus et Tootsies, ont eu lieu.

 

Y a eu plein de choses.

 

Les djembés ont vogué. Les danses ont fusé. Des gens de tous les âges se sont côtoyés. Dans une très belle campagne. Là où les cerises poussent. Là où des vaches, par vingt, même de petite taille, semblent si hospitalières.

 

Evidemment, j'ai pris des photos. Tiens, donc !

 

Qui aurait pu penser que je les avais laissé ... dans la yourte ?

 

Je connais un pote qui passe par là, ces jours-ci, qui me rendra mon "jouet" en temps voulu.
Allez, relativisons : j'ai un autre appareil, à la maison, en forme de caméra. Dont les couleurs sont pas trop géniales, OK. Dont le maniement est moins léger que l'autre, OK. Mais ... sachons déjà s'organiser avec ce qu'on a.

 

A moins que sam'di, je profite de l'aubaine pour m'envoler jusque LIège. Je chant'rais dans les rues. J'aime cette ville. Mais bon : je n'ai pas l'occasion de m'y rendre souvent. Y a p'têt un bus qui me permettrait de retourner là où mon appareil se trouve toujours.

 

Allez, Hugues, presse pas le pas : nous ne sommes que lundi.

Lire la suite...

le Musée Charlier à Bruxelles

charlier.jpg

 

 

facade.jpg

 

Le musée Charlier était la résidence du mécène et amateur d'art bruxellois Henri Van
Cutsem. En 1890, afin d'exposer ses collections, il fait aménager son hôtel
particulier par le jeune architecte Victor Horta. A sa mort, en 1904, son ami le
sculpteur Guillaume Charlier hérite de l'immeuble. Il y constitue sa propre collection.

En 1925, Guillaume Charlier lègue l'hôtel et sa collection à la commune de
Saint-Josse-ten-Noode pour qu'il devienne musée public. Celui-ci sera inauguré
le 21 octobre 1928.

Le musée Charlier est un hôtel de maître de la fin du XIXe siècle situé en plein coeur
de Bruxelles, au 16 de l'avenue des Arts. Son propriétaire, le mécène et amateur
d'art Henri Van Cutsem, le fit aménager intérieurement en 1890 par Victor Horta.
Il y accueillit le sculpteur Guillaume Charlier dont il admirait le talent, qu'il soutint dès
sa sortie de l'académie des beaux-arts de Bruxelles - ami de toute une vie dont il fit
son légataire. Après la mort de Van Cutsem, en 1904, Guillaume Charlier poursuivit
l'oeuvre de son ami en collectionnant des oeuvres d'artistes belges,
ses contemporains. L'hôtel particulier avec toutes ses collections fut légué en 1925
à la commune de Saint-Josse-ten-Noode sous condition qu'il devint musée public.

 

La collection de peinture du musée Charlier est principalement composée
d'oeuvres de peintres belges de la fin du XIXème et du début du XXème
siècle.
Elles ont été rassemblées par le sculpteur et mécène Guillaume Charlier.
Depuis son ouverture au public en 1928, le musée Charlier a aussi
bénéficié de legs et de dons multiples qui ont enrichi son patrimoine
(Wiertz, Bossuet, Wauters...).

Le tournant du siècle est une période de mutation où l'académisme va
céder la place au naturalisme et à l'impressionnisme. C'est une période
riche en talents - Hippolyte Boulenger, Guillaume Vogels, James Ensor.. ,
riche aussi en mouvements novateurs comme le groupe des XX ou
l'Ecole de Tervuren et c'est pendant cette période que Guillaume Charlier
achète des oeuvres à ses contemporains. Il constitue ainsi une collection
de peintures basée sur le coup de coeur et une solide formation artistique.

Il n'hésite pas non plus à aider un ami désargenté en lui achetant une oeuvre.
On trouve dans sa collection beaucoup de peintres de paysage auxquels on
doit des ciels nuageux, des campagnes enneigées, des champs de fleurs
au printemps.
On trouve aussi des oeuvres de ces peintres qui ont été les témoins de la vie
paysanne et ouvrière de la fin du XIXème siècle ainsi que des portraits ou des
scènes de genre. Parallèlement, le musée Charlier expose une partie de sa
collection de gravures. On y trouve des eaux-fortes de Théodore Verstraete,
Jehan Frison, Armand Rassenfosse: campagnes des environs d'Anvers ou de
Bruxelles, vues de ville, ou allégories... Cette collection de peintures et gravures
permet d'appréhender une époque de l'histoire de la Belgique pleine de
bouleversements artistiques.

 

vancgd.jpg
Van Cutsem dans la salle de concert (photo d'archive)

 


[ James Ensor ]

(Ostende, 1860-1949)
Cet homme qui déclenche véritablement les grands mouvements du XXème
siècle vit isolé et n'a pas de disciple. Sa première manière, celle des
intérieurs sombres, est encore teintée de réalisme flamand. Ensuite,
sa fameuse Mangeuse d'huîtres (1882) témoigne de l'influence parisienne
par sa palette claire. Vient enfin, toujours dans les tons clairs, sa période
dite des masques (1883) où il représente dans un délire génial de touches
empâtées et lyriques les choses qui le fascinent: les objets insolites exposés
dans le magasin de ses parents, les coquillages, les masques de carnaval,
la mort, les foules hilares...


[ Léon Frederic ]

(Bruxelles, 1856 - Schaerbeek, 1940)
Il voyage et travaille dans plusieurs villes italiennes en compagnie du
sculpteur Dillens de 1876 à 1878. Après un passage dans l'atelier de
Portaels, il réalise dans les années 1880 des tableaux naturalistes et
des compositions religieuses.
Puis, vers 1890, ses contacts avec l'art idéaliste, le préraphaélisme
anglais et le symbolisme le conduisent à un art où mystique et social
s'interpénètrent.
Léon Frederic tient une place non négligeable dans les mouvements
artistiques de la fin du XIXème siècle puisqu'il est co-fondateur de l'Art
Contemporain à Anvers, membre du groupe l'Essor et sociétaire de la
Société Nationale des Beaux-Arts de Paris en 1891. Il participe aux
expositions de l'art idéaliste en 1896 et aux manifestations de la Libre
Esthétique, tout en étant membre de l'académie royale de Belgique.

[ Jacob Smits ]

(Rotterdam, 1856 - Mol 1928)
Elève des académies de Rotterdam, Bruxelles et Munich, il s'installe
à Amsterdam en 1881 comme peintre décorateur puis devient
professeur et directeur de l'école industrielle et de décoration de
Haarlem. En 1889, il se fixe définitivement à Mol dans la Campine
belge. Peintre solitaire, en marge des mouvements qui l'ont formé,
il va créer une sorte de symbolisme pré-expressionniste où la
lumière prend une importance démesurée et à laquelle il attache
une signification presque mystique.
Il recherche ses modèles chez les paysans, dans le folklore et l'art populaire.

smits.jpg
  [ Salomé ]
Gouache sur carton, 52 x 68, s. en h. à dr. Jacob Smits. 
Legs Charlier, 1925.

Les scènes de la Bible ont fortement inspiré le peintre de Rotterdam non
pas pour leur message religieux mais plutôt pour leur correspondance avec
les expériences de la vie. Dans un travail où la pâte est onctueuse, où le
clair-obscur exprime le mystère de la foi, Smits se considère comme un exclu.

[ Ramah ]

(Saint-Josse-ten-Noode, 1887-1947)
Est souvent considéré comme un autodidacte, malgré les cours qu'il
a suivis à l'école normale des arts du dessin. Personnalité instable,
il va évoluer et passer par un grand nombre d'expériences.
Après l'impressionnisme, il s'essaie au cubisme, puis à
l'expressionnisme auquel il donnera un style fauve assez construit.
Une autre facette de cette oeuvre variée est l'illustration, un oncle
relieur lui ayant donné très jeune le goût des livres. Il illustre notamment
Tijl Uylenspiegel de Charles de Coster et les Villages Illusoires de Verhaeren.



[ Juliette Wytsman ]

(Bruxelles 1866-1925)
Peintre talentueux, qui représente surtout des paysages, des fleurs et
des scènes de genre. Ses toiles suscitent un grand intérêt lors des
nombreuses expositions auxquelles elle participe à Gand, Paris, Berlin,
Munich, Dresde, Chicago,...

wytsman.jpg
  [Environs de Saint-Job ]
Huile sur toile, 112 x 79, s. en b. à dr. Juliette Wytsman.
Don Van den Branden, 1928.
Dans cette harmonie des tons violets, bleus et verts, Wytsman sait,
à l'instar de ses grands modèles français (Monet, Pissarro,...), rendre
la fraîcheur de la nature dans ce qu'elle a d'instantané


Le mobilier du musée Charlier est très éclectique: on trouve des meubles Louis XV, Louis XVI, Empire, néo-renaissances ou néogothiques et même des meubles chinois.

Ces meubles mais aussi les autres
objets décoratifs contribuent à donner
à cette demeure un aspect cossu et
bourgeois typique du XIXème siècle.

 

 

mobilier2.jpg
  [ Salon Louis XVI ]
Musée Charlier

 

tapisseries.jpg
  [ Le Credo ]
Bruxelles, vers 1500. 400 x 410 cm.
Legs Charlier, 1925.

A partir du XVème siècle Bruxelles
devient le centre de tapisserie le plus
important. La représentation de
nombreux personnages,
généralement drapés dans des
vêtements somptueux, et la
répartition de la composition en
différents compartiments sont
significatifs des tapisseries
prérenaissances. Aux alentours de
1500 sont représentés à côté des
scènes courtoises et allégoriques,
des sujets religieux, comme par
exemple le Credo. La tapisserie le
Credo est un amalgame complexe
d'une part des articles 9, 10 et 11
du Credo, de la Foi dans l'Eglise,
dans la Communion des Saints,
dans le Pardon des Péchés,
et dans la Résurrection des Corps,
et d'autre part, de la Messe de
saint Grégoire.


La collection de sculpture du musée Charlier est principalement constituée d'oeuvres de Guillaume Charlier et d'autres sculpteurs réalistes de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle comme Rik Wouters ou Albéric Collin. Des artistes qui ont renié l'art romantico-classique mièvre et éclectique du XIXème siècle pour faire toute la place à un art réaliste à grande connotation sociale. Par son attachement au vrai, cet art allait faire vibrer la surface et ouvrir la voie à l'impressionnisme. De par sa technique fragmentée, l'impressionnisme en sculpture se muera vite en un expressionnisme que Rik Wouters mènera à son apogée.

 

sculp01.JPG

 




[ Guillaume Charlier ]

(Ixelles, 1854 - Saint-Josse-ten-Noode, 1925)
Charlier, fils aîné d'une famille nombreuse, dont le père meurt en 1870
doit, dès l'âge de quinze ans, travailler chez différents artistes pour
aider sa famille et payer ses études. C'est en 1880 que Henri
Van Cutsem lui achète sa première oeuvre: Charlier a alors 25 ans
et pour lui, commence une existence paisible et bourgeoise.
Mais malgré cette aisance, il ne va jamais rompre ses liens
avec les humbles, les travailleurs, les pêcheurs...
Alors que les autres bourgeois commencent tout juste à
reconnaître leur existence comme êtres humains à part entière,
Charlier, lui ne cesse de se sentir l'un d'entre eux. Ce sentiment
d'appartenance alimente la force de son art. Charlier étudie
quelques mois en Italie où il entre forcément en contact avec l'art
antique. Mais ce qui a surtout intéressé Charlier en Italie,
ce sont les gens de la rue, ceux que l'on croise partout sur les
chemins. Notre artiste a, au long de sa carrière et à tous moments,
mélangé les thèmes: il représente des sujets religieux, des scènes
de la vie des pauvres, où la mère tient un rôle tout à fait essentiel.
Lorsqu'il séjourne à Blankenberge dans la villa Quisisana de Van
Cutsem, Charlier fait des croquis des pêcheurs et des petites gens
qui les entourent. Charlier fut également un grand portraitiste et
réalisa de nombreuses oeuvres pour les places publiques de Belgique
(Tournai, Blankenberge, Bruxelles). Il fut membre de la Société
Nationale des Beaux-Arts et remplaça Jef Lambeaux au groupe des
XX. Il eut donc en son temps une place tout à fait considérable dans
l'aventure artistique de la Belgique mais passa à la postérité dans
l'ombre de Constantin Meunier. Guillaume Charlier était un homme
discret, refusant la polémique et l'éclat, il vivait pour son art et
n'éprouvait pas le besoin de revendiquer. Ses oeuvres sont
réparties pour la plupart entre le musée des Beaux-Arts de
Tournai et le musée Charlier.

sculp02.jpg
  [ Tendresse ]
Marbre blanc,
56 x 70 x 78.
Legs Charlier, 1925.
Il s'agit d'un fragment de Douleur
maternelle, dont l'esquisse
en bronze se trouve également
au musée. Les deux pièces
sont des projets pour le
monument aux morts de la guerre
14-18 du cimetière de Blankenberge
(Moedersmart), réalisé vers 1920.
sculp03.jpg
  [ Panda ]
Bronze et marbre,
43 x 29 x 23,
s. sur l'épaule g., Guillaume Charlier.
Legs Charlier, 1925.
Panda Farnana fut élevé par la pianiste
Lise Derscheid. Il tenta de représenter
le Congo au parlement belge.

[ Rik Wouters ]

(Malines, 1882 - Amsterdam, 1916)

En 1902, Rik Wouters s'installe à Boitsfort comme artisan. De 1907 à 1913, il va produire ses principaux bustes et statues où, en accord avec l'état d'esprit impressionniste, il fait jouer la lumière sur l'épiderme. Il étudie la sculpture jusqu'en 1910, chez Charles Van der Stappen. A partir de 1904, il commence la peinture parallèlement à la sculpture, qu'il abandonne en 1912. Son art pictural sera qualifié de fauvisme brabançon. Fauvisme, à cause de l'importance donnée - à l'instar des français - à la couleur pure et brabançon parce que les belges furent beaucoup plus spontanés, moins intellectuels que les artistes de France. De sa courte carrière (il meurt à 34 ans lors d'une opération au cerveau à l'hôpital militaire d'Amsterdam), on retiendra son apport à l'art belge, son amitié avec Tytgat, sa passion pour Rodin et Ensor, et sa joie tranquille.

sculp04.jpg
  [ Tête d'enfant ]
Bronze, 38 x 18 x 13, s. sur côté sous épaule g., H. Wouters.
Legs Charlier, 1925.
"Il unit dans ses bronzes la monumentalité des formes au frémissement de la vie... Respectueux de la réalité visible, il la transmue juste ce qu'il faut pour qu'elle chante allègrement sa joie de vivre".
 


 

 

Lire la suite...

merci

Mr Robert Paul ,Bonjour

ce que j'ai eu avec arts et lettres ,c'est déja une vitrine, des échanges sympathiques, j'ai appris beaucoup aussi ,

j'aimerai encore plus de possibilités, exposer,rencontrer.....mais le temps qui  manque parfois ,j'aime votre site ,encore merci

christiguey

 

Lire la suite...
RSS
M'envoyer un mail lorsqu'il y a de nouveaux éléments –

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles