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Superfluité contre indigence.

 

Las et recroquevillé sur sa vie déchue,

Le pont abrite son corps rongé du sang des coteaux,

Le vin âcre et râpeux qu’il boit à la goulue,

L’a installé sur le banc noir des accusés sociaux.

 

Sa vie d’antan était belle et féérique,

Mais le méprisable instinct du vice l’a coulé,

Dans le moule malsain de la débauche lubrique,

Jusqu’au déshonneur de son patrimoine écroulé.

 

Sa voix douce était d’or et voguait sur les ondes,

D’un univers mâtiné de soies et de satins,

Le timbre de sa gorge faisait le tour des mondes,

Où régnait superfluité, copieux et joyeux festins.

 

Sa prospérité, l’outrance de ses privilèges,

Ses bacchanales romaines, firent des envieux.

Âpre aux gains,  intrigues, vie de sacrilèges,

Tout fut raison pour le déchoir de la cime des dieux.

 

La chute terrible survint sur un lit d’hôpital,

Où croupissait la mémoire de l’octogénaire,

Qu’il viola, ensorcelé de drogues, choix fatal,

Pour sa vie, celle de la pauvre grabataire.

 

Devenu socio-judiciaire, traqué, arrêté,

Il ne put qu’exprimer regrets et non discernements,

Dû aux divers tord-boyaux très jeune ingurgité,

En raison d’un père alcoolique et violent.

 

Ses failles connues, la pointe du pied de corbeau,

Avait dispersé son poison et atteint le quidam,

Dans sa notoriété de maître, au plus haut niveau,

Rejeté par tous, connu cellule puis macadam.

 

Les crépuscules avaient succédés aux aurores,

Derrière les croisillons de sa prison dorée,

Crâne jaune moucheté de vieillesse, pléthore

De trous dans le cuir bistré de sa peau abhorrée.

 

Superfluité contre indigence, triste échec,

Le vice avait remporté la déconfiture,

De la puissance de l’homme, perdu l’ultra du nec,

Vieux, sale, mort isolé, sous son pont de torture. QC.

 

 

 

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Billet de la semaine : l'Ami Pierrot

 

Cette semaine j’ai reçu un courriel que je qualifie de fantôme, le type de message qui voyage depuis des mois et réapparait périodiquement.  Ce message en question m’était déjà parvenu en janvier,  Il dénonce le fait que le chanteur Pierre Perret soit censuré sur une de ses dernières chansons, soit La Femme grillagée.  A l’heure du politiquement correct (le vilain mot) plus aucune vérité n’est bonne à dire, cette censure ne m’étonne donc nullement, Artistes taisez-vous !

Et soudain, j’ai eu envie de me replonger dans l’univers de cet auteur hors des modes et du temps.  Bien sûr, on le connait pour ses chansons grivoises et truculentes, mais à côtés de ça il a un immense répertoire de textes débordant de tendresse et d’amour,  de révolte, le tout sur des mélodies simples qui vous bercent les oreilles : Mon p’tit loup, je suis de Castelsarrasin, Voir, Ma nouvelle adresse, …  Toutes des chansons qui petit à petit vous font entrer dans un univers de douceur.

J’aime les chanteurs qui ont quelque chose à nous dire.  Demain, Ferrat me plongera dans la chaleur de sa montagne d’Ardèche, ensuite je retrouverai les brumes du nord en compagnie du grand Jacques.   Leurs textes sont indémodables !

En ce moment je découvre l’œuvre de l’immense Léo Ferré, grandiose, des textes qui prennent aux tripes, le tout sur musique symphonique.  Je suis passé longtemps à côté, mais je pense que pour entrer dans l’univers de Ferré il en va comme avec les œuvres musicales ou cinématographiques jugées plus difficiles, il faut une certaine maturité pour apprécier.

En attendant, l’ami Pierrot est toujours bien vivant, et cela malgré l’enterrement que lui organisent les médias.  Et il continue à presque 80 ans à sillonner les salles de France et de Belgique pour partager ses textes et sa poésie !

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administrateur théâtres

                                                                    " The Power of Fantasy "

Modern and Contemporary Art from Poland dans le cadre du programme culturel accompagnant

la Présidence polonaise

du Conseil de l’Union européenne

 

Vendredi 24.06 > Dimanche 18.09.2011 au Palais des Beaux-Arts

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La Fiat polonaise du plasticien Maciej Kurak, posée sur le toit est branchée à une machine à coudre… Il fallait dix ans pour en recevoir une, promesse de Staline aux bons camarades, mais quand elle arrivait il n’y avait déjà plus de pièces de rechange. L’âme polonaise a l’imagination fertile et pourquoi ne pas utiliser l’insecte de tôle inutile pour animer la machine à coudre ? Métamorphose.  Métaphore. Celles-ci  sont pléthores à travers cette exposition qui en découd, qui décoiffe, qui interroge, qui convoque.

Cette installation montre bien combien la nouvelle Pologne veut utiliser l’imagination pour RÉ-IMAGINER UN NOUVEAU MONDE, loin des maux du communisme, loin des maux du capitalisme, alors qu’elle va prendre la présidence de l’Europe dans quelques jours à peine.

«  A must in Brussels this summer », visitez cette immense exposition très étrange à propos d’un peuple qui est au cœur de l’Europe, à la confluence de l’occidental  et de l’oriental et qui désire se distancier des mille et un stéréotypes dont on le couvre.

 

Divisée au XIXe siècle, occupée pendant la Seconde Guerre mondiale pour ensuite subir le joug soviétique, la Pologne accède en 1989 à la démocratie. À l’image d’une nation meurtrie, victime d’oppressions consécutives, se superpose celle d’une culture florissante, témoignant, au fil des siècles, d’un esprit réfractaire à tout ordre imposé de l’extérieur. Usant de l’absurde et du fantastique, les artistes polonais ont répondu au chaos du réel par des actes empreints de résistance, non pour le fuir mais pour le reconstruire. Découvrez-y le travail d’artistes contemporains de renommée internationale, dont Miroslaw Balka, Monika Sosnowska et Wilhem Sasnal. Leur production dialogue avec des œuvres phares de l’art polonais des XIXe et XXe siècles.  Exploration du fantastique et de l’irrationnel polonais.

 

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 Olaf Brzeski Dream - Spontaneous Combustion, 2008, resin and soot, c. 175 cm high Czarna Gallery, Warsaw

 

...L’événement nous dépasse, se retourne contre nous, peut nous détruire inexorablement,  vient de nulle part, souligne notre solitude et notre impuissance. La science aussi  est impuissante à prévenir l’accident.

 
En parcourant l’exposition on observe le lien entre l’art moderne polonais du XXe siècle et la pratique des artistes contemporains depuis 1989. L'exposition fait cohabiter des oeuvres contemporaines et des chefs-d’oeuvre emblématiques de célèbres artistes comme Tadeusz Kantor, Magdalena Abakanowicz et Bruno Schulz.

 

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 Katarzyna Józefowicz, Cities 1989-92, sculpture © Collection privée

 

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Josej Mehoffer, 1903 Strange Garden

 

Au total, The Power of Fantasy réunit ainsi près de 200 oeuvres, dont certaines ont été spécialement commandées pour cette exposition. C’est notamment le cas d’un projet mural réalisé sur site par l’artiste de rue Mariusz Waras. Son immense fresque claustrophobique  dénonce l’aliénation des deux systèmes politiques poussés à leur extrême : communisme et capitalisme. Usines, fumée, tanks dévastateurs, véhicules renversés, aucune place pour l’homme ni la nature.

 

  D’autres œuvres majeures sont exposées pour la première fois en dehors de la Pologne. The Power of Fantasy est l’exposition d’art polonais contemporain la plus complète depuis la fin du communisme. Sans suivre un ordre chronologique, les œuvres sont organisées en divers chapitres, de manière thématique. Parmi les thèmes clés, nous retiendrons l'absurdité du quotidien ; l'histoire et la mémoire ; l’image du héros ; la folie et l’absurde ; les paysages surréalistes ; l’imagination militante ET L’ART DE DIRE NON.

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Non à la guerre :  J.J Ziolkowski The Great Battle under the Table 2006

 

 

 

LES ARTISTES DANS L’EXPOSITION

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Sofia Kulik, Splendour of myself, 1997

 

Fantasmes et imagination revêtent les formes les plus diverses. Dans les œuvres du peintre néo-surréaliste Julian Jakub Ziółkowski et dans les mises en scène baroques de Katarzyna Kozyra, l'excès et la fièvre sont au premier plan. Chez d’autres, c’est l’ancien environnement socialiste – très déprécié dans l’imaginaire populaire – qui stimule l’imagination. À l’instar de l’art, les villes et les rues ordinaires peuvent se transformer en un monde magique au  potentiel encore inexploité.

 

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 Dans l’œuvre de Monika Sosnowska, Julita Wójcik et Jarosław Kozakiewicz, ce sont des blocs de béton et des édifices publics qui se font les terrains de jeu de l’imagination. Wavy Block 2005-2006 (Julita Wójcik) :  La femme polonaise crochète  en rose et blanc son bâtiment gris,  d’une banalité affolante, un bloc qui suit les vagues de la mer sur 800 mètres et abrite 6.000 personnes,  symbole de l’étroitesse de cette vie imposée qui est encore le lot de la vie au quotidien de nombreux polonais.                                  

 

 

Pour cette génération d’artistes comme pour d’autres avant eux, L’IMAGINATION N’EST PAS UN MOYEN D’ÉCHAPPER À LA RÉALITÉ MAIS BIEN DE LA DÉFIER. Nés pour la plupart à la fin des années 1960 et dans les années 1970, ils ont traversé deux mondes, vivant leur enfance et leur jeunesse en République populaire de Pologne mais faisant carrière dans une Pologne démocratique. Leur œuvre est influencée par un contrarianisme qui remet ces deux systèmes en question. Des artistes comme Artur Zmijewski et Zbigniew Libera poursuivent ainsi une tradition de RÉFLEXION DISSIDENTE et critique, profondément enracinée dans la culture polonaise.

Les artistes polonais s’intéressent beaucoup à la façon dont l’histoire s’articule dans le  présent. « DOM », cette œuvre emblématique de Robert Kusmirowski, représente un cimetière du XIXe siècle.

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  D.O.M :  Deo Omnipotent Misericordia, au Dieu dont la miséricorde est infinie ! Aussi, étrangement, le nom en polonais pour « la maison. »

 

 Voici, en polonais et en français, un petit poème écrit par  le poète SARBIEWSKI

TESKNOTA DO OJCZYZNY BLEKITNEJ

Tesknie za Toba, kraju z blekitow i zlota,
kedy dniem jasne slonce wesolo migota,
a noca srebrne gwiazdy i swiatlosc
ksiezyca oczy zachwyca.
Jakze czas na tej ziemi okrutnie sie dluzy…
Kiedzys nadjdzie dla mnie blogi dzien
poderozy,
gdy wroce do slonecznych, usmiechnietych
wlosci pelen radosci…
O, wonczas, skoro szczesna godzina wybije,
grob moj ubierzcie w zielen i sniezne lilije.
Cialo sie w proch rozleci – a duch utesknion
wleci w niebieskie strony…

NOSTALGIE DE MA BELLE PATRIE

Je me languis de toi, pays de beauté et d’or,
lorsque le jour , un clair soleil scintille joyeusement
et la nuit les étoiles argentées et la lumière
de la lune ravissent les yeux.
Comme le temps, sur cette terre se traîne…
Lorsque viendra pour moi l’heureux jour
du voyage,
quand je reviendrai vers mes terres ensoleillées souriantes
plein de joie…
Oh, alors, bientôt l’heure heureuse sonnera,
Habillez ma tombe de verdure et de lys de neige.
Mon corps se décomposera en poussière – mon esprit nostalgique
entrera dans les lieux célestes.

 

Le culte des héros et des morts est omniprésent, comme en témoigna par exemple l’ampleur des  funérailles nationales organisées après le crash de l’avion de Smolensk  transportant le président polonais  Lech Kaczynski sans laisser  aucun survivant parmi les 96 personnes à bord. La délégation polonaise venait se recueillir à Katyn pour commémorer le massacre, dont c'était le 70e anniversaire.  

  

 Une pièce est également consacrée aux  œuvres de Wihelm Sasnal – un des grands peintres polonais de notre époque – autour de la figure du héros.

 

Mais le fantastique peut aussi naître de l’ordinaire. Les privations, la bureaucratie et la censure n’ont pas été uniquement des expériences négatives pour la Pologne, du moins dans le sens où elles ont stimulé une remarquable créativité au sein de la nation. Les Polonais ont l’art de faire beaucoup avec rien. Dans les années 1950, Leopold Tymrand donnait à cette faculté le nom de « Fantaisie appliquée ». Et aujourd’hui encore, les artistes continuent d’exploiter cette ingéniosité : le sculpteur Paweł Althamer travaille avec des aînés du quartier et des copains adolescents de Bródno, une banlieue défavorisée de Varsovie afin de créer de l’art ou, comme il le dit lui-même un wspólna sprawa (« projet commun »). Pour preuve, l’ autoportrait collectif monumental et sculptural, « Bródno People », réalisé par Althamer et ses voisins.

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image © designboom

Nouvelle version des Bourgeois de Calais  de Rodin. Quand les corps et les âmes sont soumis à des conditions extrêmes.

 

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 image © designboom



 

D’autres jeunes artistes font également preuve d’une ingéniosité extraordinaire, voire perverse. Ainsi, Jan Simon associe des approches technologiques à la manière d’un artisan, et réalise des objets électroniques sortant véritablement du néant. Revenons à Maciek Kurak qui évoque aussi  l’art de la « fantaisie appliquée » dans cette sculpture baptisée « Fifty-Fifty » dans laquelle la FIAT polonaise – reposant sur son toit – semble actionner une machine à coudre…  

 

L’exposition s'accompagne d'un très bel ouvrage richement illustré de 160 pages BOZAR BOOKS & Prestel. http://www.bozar.be/activity.php?id=10343

 

 

 

 

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Anne Nourian

 Anne est sur les cimaises de la galerie Racines depuis hier soir. Anne fait de la dentelle mais ne fait pas dans la dentelle. Je m'explique:  Dans son travail ou la part de monotypes est  grande les mouches se sentent à l'aise. Dans ce décor fait pour elles. Décor de friches dentellées, mandibules et membranes en symbiose.. On se prend les yeux dans ce magma ou la fluidité circule. 

 Les mouches virevoltent, se posent sur notre regard, titillent nos pupilles, chatouillent nos oreilles, mettent nos sens en alerte.. On sait que seuls les insectes survivront, les insectes et les rats après le "big one".. J'ose dire que la peinture d'Anne Nourian devrait survivre aux insectes..! 

A Gegout

 Ici, à gauche l'artiste Anne Nourian 

anne

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journal de bord, samedi 25 juin 2011 (2)

Tiens ! Quand je suis sorti du tram, rue de la Brasserie, hier matin, avant de filer au boulot, un merle, avec son bec jaune, sur une fenêtre de droite, sous une façade typiqu'ment "bruxelloise", a effectué des pas de danse ... devant moi.

 

Tiens ! Ce matin, un oiseau se dandinait sur une cheminée à deux têtes. Le "Velux" de la salle de bains en était témoin.

 

Tiens ! En prenant un café, PLace Flagey, en début d'après-midi, hier, j'ai eu droit à quatre fraises magnifiques, posées sur une tasse carrée (tout aussi magnifique) et servies par une serveuse souriante (et tout aussi ... magnifique).

 

Tiens !

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journal de bord, samedi 25 juin 2011

Heureuse nuit passée, après une dure semaine de boulot.

 

Transition oblige, le "cauch'mar habituel" a fait son nid.

 

Allez : je la connais, la classique. L'idée que, brusquement, je perds ma tournée de facteur. Que je suis déplacé dans un autre secteur. Que je recommence interminablement ma tournée. Que le soir tombe plus vite que prévu.

 

Et que ... je demande quoi à un chef.

 

Et que ... ce dernier me répond : "On est d'accord, tu es titulaire, mais le chef, en haut, ça le fait profondément chier !"

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Au bout du tunel se trouve la lumière...

12272744456?profile=original                             -Au bout du tunel se trouve la lumière,

 

                             Au bout de la vie se trouve une étincelle,

 

 

                             L'espoir de tout reconstruire , le réveil...

 

                             Au bout du tunel, une prière

 

                            des pleurs, un appel.......

 

 

 

                            Ce bout du tunel il l'a vécu

  

                            il a vu cet autre monde

 

                          où la terre cache un autre univers

 

                          où l'univers est une autre terre.

 

                                    Plus un bruit ,il regarde

 

                             la lumière chaude et éblouissante

 

                            des fleurs couronnant le paysage

 

                           les êtres disparus sont là aussi

 

                           mais ce n'est pas son heure

 

                            c'est l'heure de revenir vers la terre

 

                          reprendre son apparance terrestre

 

                             Une expérience après la mort, voilà comment il appelle cette expérience

 

                            Un autre état de vie , un passage d'un monde à un autre ,

                           

                            c'est ce qu'il a vécut, c'est ce qu'il nous a dit

 

                           comme tant d'autre l'on dit ,

 

                           comme Raymond Moody,

 

                          qui a écrit un livre relatant ces expériences de vie après la mort.

 

 

                           Certe celà reste un débat, un choix de prise de conscience ou pas

                           personnellement j'y crois étant donné que celui qui me l'a dit était très proche de moi.

 

 

                            Au bout du tunel reste un mystère, une trace , une vie

 

                           quoique l'on peut on penser , celà reste un mystère mais pas une fin en soi.            

 

 

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Il s'appelle Merlin.

Je viens de l'adopter comme mascotte du réseau.. Il m'est très attaché, et est résolu à sérieusement modérer les fâcheux qui tentent de faire des posts iinadéquats sur le site.  Il s'entraîne au arts martiaux à cet effet, et il m'est devenu un redoutable allié dans ma tâche ingrate de modérateur.

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Ceux qui le verront apparaître sur leur page, auront intérêt à me demander pourquoi il a eu la papatte lourde à leur égard.

Robert Paul

 


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Un éclat de beauté

 

 

 

Ma rue ne sourit pas, un vent défavorable,

Courbe, jusqu’au gazon, les pivoines flétries,

Secoue les hortensias devenus vulnérables.

Le ciel, sans soleil, semble plaine assombrie.

 

Pendant que, sans plaisir, ma vue erre au dehors,

Ma maison se repose en un complet silence.

J’essaie de stimuler mon esprit qui s’endort,

Alors que je ressens le néant de l’absence.

 

Un stylo à la main, je me tiens en éveil.

Le temps, sans importance, a cessé d’avancer,

Tout me semble figé, parfaitement pareil.

Or voilà qu’une fleur, prés de moi, a poussé.

 

L’énergie m’apparaît, naturelle, touchante,

Un bouton d’hibiscus s’est ouvert vivement.

La beauté, qui surprend, attendrit, émouvante.

Je savoure ravie la grâce du moment.

 

                                                                                           24 juin 2011

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A pas de fleurs

À pas de fleurs

 

Et les loups dansent

Dansent

Dans la neige dense

Dense

Leurs yeux méfiants

Se posent distants et résignés

Sur la meute d’hommes

Qui s’agitent et qui attisent le feu.

 

Le ventre collé à la terre

Position « assis »

Les instincts endormis

Ils se laissent vaincus

Sous ces mains légères

Qui caressent et tuent.

 

La meute d’hommes

Se rapproche de la proie

Ils marchent à pas de loup

Les instincts se réveillent

Une balle ici ou là

Et la mort fait son coup.

 

La mort est dans la neige

La neige rouge fond

La neige chaude coule

Remplissant les bocaux

Les hommes trinquent et badinent…

Atmosphère de bistro.

 

Et la mort danse

Danse

Dans la neige dense

Dense

Et les loups marchent

Marchent…

Suivant leur lueur

Ils marchent à pas de pleurs

Ils marchent à pas de fleurs.

 

Antonia Iliescu

24. 06. 2011

 

 

 

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Danse

Tous les mois sont faits pour danser, peut-être davantage les mois d'été...

Je vous y convie !!

 

 

 

DANSE

 

Un deux trois, un deux trois,

La musique emplit la pièce de son chant enivrant.

Tel un cœur offensif, elle impose à nos corps un battement.

Sur un rythme soutenu, nous entraînons nos vies

À partager ce souffle plein d’énergie.

 

 

Un deux trois, un deux trois,

Comme un commandement, tu te lèves et te diriges vers moi.

Évidemment, tu m’invites à me joindre à toi

Prestement tu saisis mes mains et mon cœur à la fois,

M’emmenant dans un tourbillon fragile où je me laisse guider.

 

 

Un deux trois, un deux trois,

Nos corps se balancent et cherchent  leur espace.

Emportés par la cadence vibrante et mélodieuse

Ils livrent leur folie et tournoient, fendant l’air,

À la rencontre de la vie en cette harmonie passagère.

 

 

Un deux trois, un deux trois,

Fusion de la danse et des corps. En cet instant de mélodie,

Elle nous entraîne à protéger l’envie pour apporter à notre labeur de vie

l’ampleur de nos délires et de nos pas aimants.

Nos corps s’adonnent à la danse comme deux amants.

 

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LES QUATRE SAISONS...

Le printemps, c'est la vie qui effleure la terre

La faisant frissonner, ignorer ses misères...

C'est la couleur qui chante aux travers des averses

Le rayon qui réchauffe, les humeurs qui s'inversent...

Le printemps, c'est l'espoir qui fleurit dans nos coeurs

Moteur de nos envies, dispensateur d'ardeurs...

C'est l'aube émerveillée qui découvre le jour

Le berceau des désirs qui nous mènent à l'amour...

 

L'été, c'est l'évidence de toute luxuriance

Le soleil qui nous dore, apprécions notre chance!

C'est l'éclat de la vie qui nous fait avancer

Le temps des envies et celui d'être aimé!

L'été, c'est un combat pour apaiser la soif

La fatigue maîtrisée, les projets qui décoiffent!

C'est le temps d'être deux, envers et contre tous

Et l'on s'y multiplie, c'est la vie qui nous pousse!

 

L'automne vient en douceur sur le pas de la porte

Les couleurs sont splendides et c'est ce qui importe!

C'est la vie qui nous donne la douceur de l'éclat

C'est le regret déjà, c'est le temps des débats!

L'automne garde en lui des plans inassouvis...

Une chanson si douce et tout devient précis!

Les orages dénudent les arbres éblouissants

Faut contourner les pièges! Apprécier le présent...

 

L'hiver débarque alors, un matin de décembre

Et l'on regrette un peu les couleurs de l'ambre...

Et puis la neige vient et de son blanc manteau

Nous rappelle simplement combien le monde est beau!

L'hiver est mal aimé, nous cachant ses secrets

Si on l'ignore un temps, il se fera discret...

Il faut savoir comprendre quand le froid envahit

Et poser ses regrets pour entrer dans l'oubli...

J.G.

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Si le paysage est couché, l'homme est debout

Bien là,  dans le vertige de la  peinture. Tes cheveux sont racines en plein ciel
 Plus de sud, plus de nord.
Mes mains de géant, ivres du souvenir trouveront  un par un  tes cheveux . Englués de plaisir

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journal de bord, vendredi 24 juin 2011

"Hé, ma fenêtre n'est pas un bureau !", me dit, à voix haute, hier, rue de l'ERmitage, une de mes clientes.

 

Sur le coup, bien entendu, je reçois une secousse.

 

Dans un deuxième temps, je rigole. Je sais de qui ça vient. Je connais la cliente : une chouette femme, maladroite au possible, championne dans les commentaires à la grosse louche.

 

Il est vrai que ...

 

Là où elle habite, y a cinq boîtes aux lettres. J'avais un recommandé pour une personne habitant dans la même baraque. J'étais en train de rédiger (sur l'appui de fenêtre de la cliente qui me disait "Ma fenêtre n'est pas un bureau") un avis à la personne (à qui le recommandé était adressé) qui était absente.

 

Bref, le folklore habituel !

 

"Hé, ma fenêtre n'est pas un bureau !"

 

Elle avait envie de se faire entendre, la cliente. Elle rigolait, la cliente.

 

C'est fou comme on devient souple (même ... diplomate), avec le temps qui passe.

 

Surtout que ...

 

Dix minutes avant, dans la même rue, je m'étais farci encore un truc chiant avec une cliente ... que je me permettrai d'évoquer. Ca fait partie de la vie.

 

Retournons quelques maisons avant, Rue de l'Ermitage, toujours.

 

Une jeune ado, qui habite (encore) là, arrive devant moi, avec un sourire pour commencer.

Mais ... elle change bien vite de ton.

 

"Ca fait au moins quinze jours que je ne reçois plus mon courrier !", me dit-elle.

"C'est drôle, hier encore, j'ai remis une lettre à ton intention dans la boîte", je lui réponds.

Elle n'a pas l'air d'entendre cette dernière phrase.

Et ... elle poursuit, pas contente, dans l'idée qu'elle ne reçoit plus rien dans sa boîte aux lettres.

 

Voilà qu'à mon tour, je change de ton.

Et je réponds : "Faut dire que chez vous, c'est la confusion totale !"

Je m'apprête à continuer, à expliquer pourquoi j'ai dit "Faut dire que chez vous, c'est la confusion totale !"

"Et mon courrier ?", continue la cliente, en me ... coupant la parole.

 

Faut dire : je ne suis qu'à moitié étonné.

Y a quelques jours, au bureau, j'ai carrément reçu une plainte, sur un papier, qu'un chef m'a montré et fait constater. Cette cliente expliquait mordicus qu'elle ne recevait plus de courrier.

Oui, j'ai fait une erreur.

J'explique.

La femme qui est la compagne du père de la cliente a fait un chang'ment d'adresse.

J'en ai conclu, un peu trop vite, que tout le monde était parti. Faut dire : je ne rencontrais plus personne de cette famille (a priori partie). Faut dire : j'avais rencontré un autre couple qui habitait désormais dans la même baraque. J'avais établi un amalgame dans tout ça. Les locataires précédents devaient tous être partis. C'est parfois inévitable ... d'interpréter. Surtout quand on n'a pas de preuve tangible, concrète, palpable pour être sûr du contraire. Tant de cas de figure existent quand on fait, tous les jours, une tournée de quatre cents boîtes aux lettres et de presque ... quatre kilomètres.

Et, de bonne foi, lorsque je suis tombé sur des lettres adressées à la fille (qui ne recevait plus son courrier) ...

Je les renvoyais à l'expéditeur, avec la mention : "n'habite plus"

Oui, j'ai fait une erreur. Je le reconnais. J'assume.

 

Je reprends la situation hier, avec la cliente. Accompagnée d'un gars (un nouveau locataire de la maison où elle habite toujours ?)

"Faut dire que, chez vous, c'est la confusion totale !", lui dis-je.

"Et mon courrier ?", continue-t-elle, en me coupant la parole.

Je n'ai pas le temps d'essayer de lui expliquer le "pourquoi du comment" de mon erreur.

J'ai malheureus'ment la maladresse, au début de ma phrase, de dire "oui, mais la compagne de votre père est partie ..." (avec l'intention d'en dire plus). La jeune cliente, ado, me répond, du tac au tac : "Mais ça, ça ne vous regarde pas"

Je reprends au départ. Mon calme s'en va (on l'aura d'viné), mais j'assure encore.

"Mais enfin, monsieur, ça ne vous regarde pas !"

Et je réponds : "Si c'est pour me parler sur ce ton, je ne vous écoute plus !"

Je mets les deux trois lettres suivantes dans une nouvelle boîte. Je me retourne. Je poursuis mon pas.

Derrière, la jeune ado crie. Elle me traite de ... malade. Elle crie à mon intention : "Vous ne garderez pas votre boulot". Et je l'entends même qui crie à toute volée sur le trottoir, comme si elle faisait une crise de nerfs (je ne lui en veux pas, tout le monde a ses crises, je suis déjà passé par là ... à certaines périodes de ma vie).

 

Bon. Rien de grave, dans l'absolu. De l'électricité, dans l'air, oui.

 

Surtout que ...

 

Quelques maisons plus loin, avant de tomber sur la cliente qui m'a dit : "Monsieur, ma fenêtre n'est pas un bureau !" ...

Je suis tombé sur une autre cliente (qui s'est fait teindre les ch'veux en noir) qui m'a sourit. Qui m'a raconté que ... elle n'a pas retrouvé sa voiture (qu'on lui a volée), mais qu'après tout, c'est pas si important.

 

Un scénario ne chasse pas un autre, non. Mais il peut l'alléger franch'ment. La vie bouge. La vie avance.

 

Quant à cette cliente (autre), dont la voiture a été volée, qui m'a accueilli avec un grand sourire, qui m'a promis (dès qu'elle aura des nouvelles) de me le dire par SMS (merci pour cette complicité) ...

 

Il s'agit aussi de quelqu'un avec lequel je me suis déjà ... accroché, sur ma tournée.

 

Mais voilà, un jour n'est pas l'autre. Tout s'arrange à long terme.

Si la vie n'est pas un long fleuve tranquille, l'eau s'apaise toujours un peu après l'orage.

 

En soi, j'ai encore reçu un clin d'oeil, au bon moment.

 

 

 

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Poète du dimanche

FESTIVAL DE LA POESIE




Jeu de mots

A ma mère





Quels sont ces gens
Qui comptent
Leurs syllabes
Et coupent les mots
En pieds
Pour faire plus beau ?
Piet bot ?

Devant ces crimes
Mes idées fuient au galop
Cupidon
O raison
Funeste oraison

Idées poinçonnées par l’horloge rythmique
Ma pensée dit
Non ! À la rime pénitentiaire
Non ! À la rime galère
Non ! Au génocide d’idées
Elle RECLAME droit de Cité

Devant l’Inquisition
Des Beaux Esprits
Le poète comparaît
Inquiet

La rime en bataille
Il craint le fouet mais
Sur une page
Blanche
S’étale sa…rébellion
Et, en boustrophédon
Oh ho
Nous lisons
JE NE SUIS PAS UN FABLIAU
JE NE M’APPELLE PAS BOILEAU
Je suis poète du dimanche j’aime jouer avec les mots les faire rouler hors des enclos
Il connaît ce poète
La vigueur des « maux »
Il en sait toutes les nuances
Pourtant frôlant
L’impertinence
Il clame toujours
Plus haut

Je ne suis pas un fabliau je ne m’appelle pas Boileau
Je suis poète du dimanche j’aime jouer avec les mots
Les faire rouler hors des enclos

Il y a les mots discours
Que l’on n’emploie pas tous les jours
Drôlichons, abscons

Les mots « faubourg »
Les mots tendres
Qu’on aime entendre
Tous les jours
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Le jardin aux nénuphars

Le jardin aux nénuphars

Le ciel n’est pas toujours bleu. Il a lui aussi ses caprices: tantôt gris, tantôt plein de cumulus ou de nimbus, tantôt blanc, tantôt noir, surtout quand la neige blanche tombe du ciel. Si le lac est clair, c’est uniquement parce que le ciel est bleu. Seul le lac de pierre reste insensible aux changements du ciel.
Le lac de pierre fondait toujours depuis ce jour d’octobre, quand le petit poisson doré avait commencé à le serrer entre ses petites nageoires brulantes. Goutte par goutte, l’eau s’accumulait chaude dans le creux de la montagne. Là, depuis longtemps, les cheveux blancs-dorés de Tissa avaient formé une majestueuse cascade, avant qu’ils ne soient tués par le manque d’amour du petit poisson. Afin de pouvoir se retrouver, ne fut-ce que pour quelques instants de bonheur, les jeunes amoureux avaient construit un pont en pierre entre le rivage de Mures et celui de la Meuse. Mais, avec le temps, le pont s’était émietté, et finalement il n’en restait qu’un amas de cailloux et de sable. Depuis lors, les eaux de Tissa s’étaient retirées dans cet endroit sombre qui abritait le Lac de pierre. Un lac muet et triste.
Le petit poisson Tiny travaillait ardemment, jour après jour, afin de faire fondre la glace du lac. Et, petit à petit, à la surface de la pierre apparurent quelques gouttelettes chaudes et fatiguées qui, mélangées avec de la terre et du gravier, ont fait naître une matière noire et dense : la boue.
Le petit poisson se lamentait effrayé: « Où sont les cheveux abondants de Tissa ? Où sont ses eaux dorées ? Où est le pont qui traversait le tumulte de notre amour ? »
Le pont était ruine et les eaux n’étaient que de la boue. Tiny était fatigué, voire découragé. Il était las de ne serrer contre sa poitrine que de la pierre et toujours de la pierre. Il demeurait, triste, au bord du lac boueux en se disant : « Ainsi donc… C’est ici que tout se termine, dans la boue… »
Et alors il entendit une voix qui venait de très, très loin, juste du Pays des souvenirs. C’était la voix de Blaga, qui lui murmurait un fragment de poème :
- « Ne sais-tu pas qu’uniquement dans les lacs avec de la boue au fond poussent les nénuphars ? »
Irrésolu, et en regardant la boue, le petit poisson lui répondit :
- Oui, je vois la boue, mais où est le lac ? Où sont les nénuphars ? Où est la poésie ?
La Voix de Blaga se tut. Il n’aimait guère expliquer ses poèmes. À cet instant-là, une autre voix, plus petite, venant d’en bas, du tréfonds de la terre, lui murmura: « Nénuphars, nénuphars ! Ne refuse pas les nénuphars ! Le lac est toujours dans le conte, ne sais-tu pas ? Il est toujours en train de naître. Jusqu’à sa mort il naîtra toujours et toujours. »
Le petit poisson sauta de joie, en se tapant le front avec sa paume : « Que je suis stupide ! C’est évident, le lac doit naître et c’est uniquement moi qui peux le faire naître. La boue reste collée sur le fond du lac. Elle est laide, c’est vrai… Elle est pourtant la force qui va nourrir mes nénuphars. Et je vais attendre qu’ils poussent à partir de ce moment même et dans cet endroit même. Tissa et moi seront de nouveau ensemble, avec chaque nénuphar qui naîtra de son être. »
Les jours et les nuits passaient comme les secondes et comme les saisons. Et un beau jour le printemps fut de retour. Le lac n’était qu’un étang, il devait encore s’agrandir. Le soleil jouait gaiement dans ses ondes claires, enfantines, et le ciel ne lui parlait que dans des nuances de bleu. Sur la surface tranquille de l’eau des canards sauvages nageaient sans arrêt, avec leurs poussins accrochés à leur mère comme une traine vivante. Ce fut vers le milieu de mars quand le premier nénuphar blanc et timide sortit sa tête de l’eau, afin de saisir le soleil et de connaître le monde dans lequel il venait d’arriver comme ça, à l’improviste. - Bonjour, monsieur Soleil. Bonjour monsieur Ciel. Où suis-je?
- Tu es sur la terre, l’une de mes enfants – lui répondit le soleil.
- Tu te trouves sur une planète de mon royaume – lui dit le ciel.
- Ainsi donc : je suis sur la terre et je vis dans le royaume du ciel. Mais qui suis-je? Qui sont mes parents ?
- Mais, saisis-toi ! Tu as les racines dans la boue, mais tu te nourris de lumière et ton corps est blanc comme le lait, fin comme le museau de l’agneau non encore sevré et frais comme les eaux de montagne. Tu es une partie d’Elle – dit le soleil.
- Elle… C’est qui Elle? – demanda le nénuphar.
- C’est une longue histoire… En fait Elle c’est toi. C’est toi et ce n’est pas toi… Comment je viens de te dire, tu es une partie de son être. Quand vous serez tous réunis, alors vous pourrez la voir, car vous serez Elle, enfin entière, accomplie et puissante – dit le ciel.
- Je ne comprends plus rien - dit le nénuphar. C’est pourtant Elle ma mère, pas vrai?
- Non. Ta mère est la boue – dit le soleil.
- Ainsi donc, je suis quelque chose de répugnant, si je vis dans la boue. Suis-je la boue ?
- Non. Tu es une fleur – dit le ciel – l’une des plus mystérieuses de toutes les fleurs, car tu gouvernes les quatre éléments essentiels du monde : la terre, l’eau, l’air et le feu. Ta racine est dans la terre, la tige est soutenue par l’eau, et la fleur et les feuilles respirent l’air et se nourrissent du feu du soleil. N’aye pas honte ! Tout ce qui est vie sur la terre se nourrit de la boue. Elle est la nourriture primordiale. Tu n’es pas le seul être qui fait ça. Tous font pareil, autrement ils ne pourraient pas exister. Les plantes prennent l’eau et la lumière et préparent la matière organique végétale. Les animaux herbivores se nourrissent des plantes, herbes, feuilles et fruits. Mais les animaux carnivores dévoreront ces derniers, pour vivre.
- Et l’homme ? – demanda le nénuphar.
- L’homme, pour contenter tout le monde, mange tout : plantes, fruits, animaux herbivores et carnivores, insectes, vers et mollusques. Omnia. Tout. C’est d’ici que vient son nom : homme. L’homme, étant tout, se nourrit de tout ce qu’il y a sur terre. C’est lui le maître, un maître impitoyable et destructeur. Vois-tu les eaux, comment elles se révoltent depuis quelque temps ? Pourquoi crois-tu qu’elles font ainsi ? Eh bien, elles ne supportent plus la tyrannie de l’homme, trop cupide et trop égoïste pour mener une vie équilibrée. J’ai été moi aussi blessé par l’homme et je me venge comme je peux. Regarde les typhons et les tornades et les vents fous des ouragans ! J’ai permis au soleil de punir l’homme en incendiant champs et forêts. L’homme doit être secoué un peu, pour devenir plus humble. Lui, la créature, se croit Créateur. Il est convaincu que c’est lui qui a créé la terre, et même l’univers. Il ne lui connait pas encore toutes les lois, mais essaye d’imiter le Grand œuvre, en se conduisant selon des lois temporaires, qui aujourd’hui sont, demain elles ne sont plus. En vertu de ces lois passagères, il donne des sentences et opère dans la chair des êtres et des choses, en les détruisant de l’intérieur. L’homme est l’animal le moins réussi, le plus destructeur de l’univers. L’évolution de la matière vivante est en fait involution, l’homme représente la matière organique dans son stade ultime de décadence.
- Ô, ciel, tais-toi ! J’espère que l’homme ne t’a pas entendu, car il te détruirait s’il savait comment tu le juges.
- Tu dis qu’il me détruirait… Que des paroles vaines, non fondées ! Mais il est incapable de le faire, car la Nature est beaucoup plus forte que l’homme ; elle a ses propres lois et quand elle ne supportera plus la domination accablante de l’homme, elle s’en secouera comme des poux. Et tout deviendra poussière. Moi, le ciel, avec mon fils le soleil et avec ma petite fille, la terre, referont le monde tout comme au début, à partir des quatre éléments primordiaux. Il y aura un nouveaux Commencement, un nouvel Adam, une nouvelle Eve, une nouvelle histoire et un nouveau drame de l’humanité. Car tout est cyclique et l’histoire se répète sur les trajectoires d’une spirale. Le soleil donnera de nouveau aux êtres terrestres la lumière et le désir de s’élever aux cieux. Ainsi se fait-il qu’à la fin, toi et d’autres êtres – tous les êtres de la terre – viendront dans mon royaume. Mais, afin d’arriver aussi haut, vous devez d’abord vous trainer dans la boue. C’est ainsi que le veut la loi. Ne me demande pas plus, car moi non plus je ne connais pas plus que ça – dit encore le ciel, après quoi il s’amuït.
- Qui est madame la Loi ? – insista le nénuphar.
- Ce n’est pas une « madame », c’est une règle ordonnée par Quelqu’un. Voici, moi aussi je reste cloué ici haut, car ce fut sa volonté. Elle m’a dit de monter la garde dans le royaume. Personne ne l’a vue mais tous l’écoutent et la suivent aveuglement.
- Mais comment se fait-il que j’apparus, comme ça, soudainement, sur le lac ?
Ici se ciel se tut. Se tut aussi le soleil. Seulement un petit canard eut à lui dire :
- Il n’y a pas si longtemps que j’ai vu par ici un petit poisson doré, qui agonisait. Il gisait, la bouche sèche, largement ouverte, sur un lambeau de terre crevassée par la sècheresse. De temps en temps, un tressaillement de la queue le réveillait, en le poussant à se battre encore et encore pour cette miette de vie qui lui restait… « De toute cette eau que j’ai eue… De toute cette eau qui a coulé en Tissa… Ses merveilleux cheveux blancs-dorés, où sont-ils ? L’amour, où est l’amour ? » - se demandait amèrement le petit poisson, en mordant goulûment l’air, en quête d’une goutte d’eau, d’une goutte d’amour.
Un Homme, qui portait sur la tête une couronne d’épines, est descendu de la montagne. Il a marché jusqu’au fond de l’étang, où il s’est mis à creuser des petits trous dans la boue. Dans l’un de ces petits trous il trouva Tiny, la bouche ouverte, criant sans voix, au secours. L’homme l’a pris dans sa paume, l’a aspergé de ses larmes pures et a soufflé un souffle de vie sur son corps. Ensuite, il s’assit au milieu de l’étang et commença à pleurer. Il croyait que personne ne le voyait, mais j’étais cachée sous une pierre, près du rivage et j’ai tout vu. Tandis que l’Homme regardait pensif la boue sèche, de ses yeux doux et tristes se mirent à tomber, une par une, des perles d’argent. Pic, pic, une perle et ensuite une et encore une… Une perle pour chaque petit trou dans la boue. Ensuite, l’Homme a déclenché un grand orage, immense orage. Les eaux abondantes, venant du ciel, ont rempli l’étang et, peu après, le jardin se remplit des nénuphars. C’est toi qui fus le premier à avoir vu la lumière. Le Jardinier a regardé encore une fois le merveilleux Jardin aux nénuphars.
- Et après ?
- Après il a pris la route.
- Où est-il parti ? – s’intéressa le nénuphar.
- C’est ce que je lui ai demandé aussi : Où vas-tu, Jardinier ? Il s’est tourné vers moi, en me parlant ainsi : « Je pars garder mon troupeau de moutons et de chèvres, car, s’il n’y a pas de berger, ils deviennent une proie facile pour les loups ».
Je l’ai suivi, car j’étais très curieuse de connaître moi aussi les moutons et les chèvres. Lorsqu’il arriva chez lui, le Berger-Jardinier trouva beaucoup de moutons déchirés, certains étaient mangés à moitié, d’autres boitaient ; et les autres, muets d’effroi, couraient chacun au petit bonheur la chance. Le berger chassa les loups d’un seul regard. Pourtant, il trouvait chaque matin quelques moutons déchiquetés. Que des moutons.
- Qui les déchiquetait cette fois? – demanda curieux le nénuphar.
- C’est ce que je lui ai demandé moi aussi : Qui a mangé tes moutons, Berger ? Et le Berger m’a répondu ainsi : « Quand il n’y a plus des loups, la chèvre devient loup pour le mouton ; pire, même le mouton devient parfois loup pour le mouton. Le mal leur a attaqué l’être et leur a abîmé l’âme. Je dois monter la garde, afin de séparer les moutons des chèvres et faire attention à ce que les moutons ne se mangent pas entre eux ; je dois même les faire s’aimer les uns les autres, chose qui n’est pas toujours facile».
- Dans le Jardin de chez nous, mes frères ne se déchirent point les uns les autres. Nous, les nénuphars, nous nous entendons bien entre nous, partageons l’eau et le soleil, et de l’air il y en a assez pour tous. Comment se fait-il qu’uniquement dans le Jardin aux nénuphars la haine et les crimes n’existent pas ?
- Simple : vous êtes issus de ses larmes. Là où il tombe une larme d’amour sur un sol sec, un nénuphar blanc apparait.
- Mais qu’en est-il du petit poisson doré, Tiny ? Qu’est-ce qu’il lui est arrivé après que le Jardinier l’ait sauvé ?
- Après le départ du Jardinier, Tiny est resté pleurer dans l’étang plein de nénuphars. Et il pleure encore aujourd’hui. C’est comme ça que l’étang est devenu un grand lac et ne sèche jamais, car Tiny pleure sans cesse. Une larme pour chaque goutte d’eau des cheveux de Tissa. Une larme pour chaque goutte d’amour qu’il n’a pas été capable d’accueillir à temps.
- Mais il y a une chose que tu ne m’as pas dite : qui est Elle ? Tu disais, qu’une fois tous réunis, nous la verrons et nous la connaîtrons. Maintenant nous sommes tous là et Elle n’est toujours pas visible... Où est-Elle ? Pourquoi ne veux-tu pas me le dire ?
- Mais je te l’ai déjà dit… Je m’étonne que tu n’aies pas compris.

Antonia Iliescu

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journal de bord, jeudi 23 juin 2011 (4)

Une dernière colère à exprimer. Un coup de sang, à mon échelle.

 

On m'a demandé d'éliminer une photo, dans un des multiples albums que j'ai construits sur ... facebook.

 

Je l'ai fait ... par respect pour le pote qui me l'a demandé.

 

Mais ... j'ai des choses à dire, à redire là dessus.

 

Je vais entrer un peu dans le vif du sujet.

 

A trois ou quatre amis chanteurs, nous avons monté un spectacle autour des chansons de ce grand artiste qu'est ... Georges Chelon. Nous l'avons régulièr'ment présenté ... dans des p'tits endroits, où le public qui venait nous voir était ravi.

 

Il se fait que ...

 

Georges Chelon se produit quand même régulièr'ment en Belgique. Quelqu'un a l'intelligence de le faire tourner. Bravo.

 

Le week-end dernier, je pense, il passait dans le coin. Les potes sont allés le voir. J'aurais tant voulu être de la partie, mais bon, j'avais d'autres priorités ce jour-là.

 

Suite à ça ...

 

Un des potes qui est allé le voir m'appelle hier. Et me demande de supprimer, de mon album, la fameuse affiche des spectacles "Chelon" que nous avions donné. Parce que, paraît-il, il y a des photographes pirates, sur "facebook", qui pourraient en profiter. C'est sûr'ment pas faux, non. Mais ... merde merde merde. Jusqu'où va-t-on ?

 

Oui, toute l'énergie, tout le coeur qu'on met pour diffuser un artiste qu'on connaît, qu'on aime (et qui en profite ... positiv'ment, quand même) doit, une fois de plus, être mis sous scellé, sous camisole.

J'enrage.

 

C'est pas tout.

 

J'aim'rais, le plus fidèl'ment possible, restituer le témoignage du pote chanteur, qui est allé voir Chelon, concernant un détail ... qu'il m'a raconté et que je ne souhaite pas passer sous silence. Tant pis s'il y a des mécontents.

 

Les potes auraient évoqué une émission de radio qu'ils ont fait (ou ... compt'raient faire) en hommage à Georges Chelon.

La personne qui s'occupe de lui leur aurait dit ... que pour faire une émission sur lui, on pourrait l'inviter. Comme si c'était une faute, un affront que d'évoquer (même respectueus'ment) un artiste en son absence.

Je dis OK.

Mais ... quand on ne sait pas comment contacter une personne, la démarche n'est pas forcément évidente.

La personne qui s'occupe de Georges Chelon a-t-elle donné des moyens concrets aux potes ... pour qu'ils puissent inviter l'artiste sur antenne ?

 

C'est pas tout.

 

Le pote aurait évoqué (concernant l'émission, sans inviter forcément l'artiste) le fait que ... ça permettait aux tous jeunes de découvrir Georges Chelon.  Et aux plus anciens de le redécouvrir. J'approuve.

La personne qui s'occupe de l'artiste aurait répondu : "Mais il est connu !"

 

Mettons quand même les choses au clair.

"Mais il est connu !"

Comment répondre à ça ?

Georges Chelon est effectiv'ment connu dans le monde de la chanson. Dans les années 60, il en a sorti, des succès. "PERE PRODIGUE", "SAMPA", "MORTE SAISON". Il a fait l'Olympia, pas mal de fois. Et ..  des pointures comme Serge Lama ou Pierre Perret (je crois) ont du faire, en leur temps, sa première partie. Et ... c'est le grand ami de Salvatore Adamo. Tout ça, oui !

Mais ...

Ca n'empêche pas que ...

Même si le gars poursuit son chemin, même si le célèbre Michel Drucker l'a régulièr'ment invité sur ses plateaux de télé, on ne l'entend pratiqu'ment plus sur les médias ... depuis les années 70.

Pour une grande frange du grand public, il est devenu, par la force des choses, un inconnu.

 

Ceux qui l'aiment, ceux qui le chantent, ceux qui le célèbrent contribuent autant à sa (re)diffusion que les milieux officiels ... qui ne s'raient pas les derniers à faire main basse sur les autres, dès que l'occasion se présente.

 

C'est pas tout.

 

J'ai déjà eu, à mon échelle, un contact avec la personne qui fait tourner Georges Chelon en Belgique. Elle s'app'lait ... Jacqueline, si mes souv'nirs sont bons.

S'agit-il de la même personne ... que celle qui est citée ici plus haut ? Mystère !

Je lui avais un jour téléphoné.

J'avais eu une réponse très brève : "Monsieur, je suis désolée, je ne travaille pas le samedi". Mouis, OK. Faut mettre des limites dans le travail, sans quoi on se fait bouffer, je suis d'accord. N'empêche que ... une réponse pareille, de la part de quelqu'un qui fait tourner un artiste (de talent), je ne trouve pas ça très professionnel. Mettre les formes et un minimum de diplomatie, ça me paraît quand même ... la moindre des choses.

 

Bon bon. Je suis p'têt mal tombé. Et ... tout le monde a ses humeurs, comme on dit.

 

Mais je suis bien placé, pour naviguer dans le monde de la chanson, pour y croiser des gens et des gens ...

Mais je suis bien placé pour savoir qu'il y en a aussi, parmi tous ces gens, des intrigants, des opportunistes, des gens qui se la pètent, là dedans ... simplement parce qu'ils ont le pouvoir, le fric de faire tourner un artiste, de pouvoir dire qu'ils le connaissent, qu'ils le représentent.

Présentateurs de télé ou de radio, j'ai des visages et des noms en tête.

Epouses ou cousines d'artistes, j'ai des visages et des situations en mémoire.

 

Si Georges Chelon me lit, surtout, qu'il ne m'en veuille pas. Qu'il sache que je l'aime beaucoup. Que je serai toujours dans les premières lignes de tranchée pour défendre son talent.

 

 

 

 

 

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