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Clin d'oeil d'Haïku

 

 

                 Feuilles d'automne

                 Grues volants vers l'Espagne

                 Nuages grisants

 

                      Chien qui fume nuit

                      N'attrape pas  mouche d'eau

                      Le coche roule

 

               Zébrures au ciel

              Cirrus ouest  vent

              Ramage du ru

 

                  Lesse le couler

                  Lessive Namuroise

                  La bière coule .

 

                                      Raymond Martin Novembre      2011

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PAPILLONNEMENT EPHEMERE

12272766880?profile=originalFleur Est -ce une fleur ?

Brume  Est-ce une brume ?

arrivant à minuit ,s'en allant avant l'aube

Elle est là rêve éphémère

Elle s'en va

Nuée du matin

François Cheng (Que dira la nuit )

Effleurant la vitre de mon âme Elle s'en est allée AA

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Il y a des nuits comme ça (8)

Chaos

Delphine poussait la chaise roulante de maman Noémie vers l'ascenseur. Elle pensait à son lit à elle.

Cela s'était mal passé. Évidemment, pensait-elle.

Pourtant Delphine avait déjà géré de telles situations. Maya avait déjà eu l'occasion de la féliciter pour son tact.

Et ce soir, rien. Et ce n'est même pas à cause de la réflexion que Henri m'a balancée avant d'entrer dans la chambre.

Delphine était entrée la première – Henri lui avait ouvert la porte mais pas vraiment par galanterie – et s'était immédiatement empêtrée dans ses explications. En un mot comme en cent : Noémie avait un grave problème d'origine inconnue qu'on essayait de contrer en la bourrant de médicaments sans savoir vraiment où on allait.

Le visage de maman Noémie s'était tourné vers Henri. Il avait remis de l'ordre dans les explications de Delphine pendant qu'elle s'installait dans la chaise roulante : il n'en savait pas plus, mais de toute évidence, lui, elle l'écoutait.

Delphine ne se reconnaissait pas. Jamais elle ne s'était pris les pieds dans le tapis en pareille circonstance. Que Henri ait redressé la situation ne l'avait pas gênée. Après tout, les patients ont souvent tendance à faire confiance en priorité à leur médecin.

Et voici qu'il accompagnait les deux femmes en néonatologie.

Qu'est-ce qui le retient ici ? Il en a terminé avec ses opérations, rien ne l'oblige à rester. Je suis prête à parier que sa soi-disant inquiétude pour moi est un prétexte.

Maman Noémie fermait les yeux depuis qu'elle avait quitté la chambre.

Elle prie, pensa Delphine.

Ils sortirent de l'ascenseur.

— Je n'ai pas un bon sentiment, dit maman Noémie en étouffant une petite toux sèche.

Ni le médecin ni l'infirmière ne dirent mot.

— J'ai tellement voulu ma petite fille que je l'ai fait venir trop tôt.

— Vous n'avez pas à vous culpabiliser, madame, dit Delphine d'un ton plus assuré qu'elle ne l'aurait imaginé. Nous allons d'abord prendre des nouvelles de Noémie. Ensuite vous pourrez la voir.

Lorsqu'ils arrivèrent devant la grande vitre de la néonatologie, ils virent Cécile s'affairer. Delphine accrocha le regard d'Henri, qui s'arrêta : l'infirmière avait pâli.

Cécile était de dos, et elle cachait la couveuse stérile de Noémie.

— Delphine, tu vas voir où on en est ? Je vais rester ici avec ma patiente.

Elle poussa la porte. Henri avait choisi ses mots : il donnait l'impression que tout était sous contrôle, alors que ni lui ni elle ne savait ce que Cécile faisait avec Noémie à ce moment précis.

Cécile ne se retourna pas.

— Viens m'aider. Noémie vient de régurgiter à nouveau.

— Je suis avec sa maman. Elle attend derrière la vitre...

— Ce n'est pas le moment.

— ...avec Henri.

— Avec Henri ? Pourquoi ?

La guerre des territoires. Obstétricien contre pédiatre. Il ne manquait plus que ça.

— Il voulait connaître les antécédents de maman Noémie. Il est allé la voir dans sa chambre, et m'a accompagnée ici.

— Et ?

— Rien.

— Merde. Nous en sommes réduits à une guerre aveugle. Je n'aime pas ça.

— Que puis-je faire ?

— Tu peux terminer de la nettoyer. Je la nourris par perfusion ombilicale. On ne doit pas s'attendre à ce qu'elle puisse digérer quoi que ce soit avant un bout de temps. Je vais parler à la maman.

— D'accord. J'espère que tu pourras te faire une idée.

— Je ne me fais pas d'illusions.

— Tu crois qu'elle pourrait te cacher quelque chose ?

— Je n'en sais rien. Mais pour sa fille la pente devient glissante, et je dois le lui dire. Si elle a quelque chose à balancer, c'est maintenant ou jamais.

Cécile avait prononcé ces mots au moment même où Delphine posait ses mains sur la petite poitrine de Noémie. La petite fille était bouillante. L'infirmière détesta les images qui lui traversèrent l'esprit à cet instant.

Je suis ici pour la vie, merde ! Pour la vie, et pour rien d'autre !

Cécile murmura :

— Et en plus sa maman est belle.

Delphine se retourna : cela ne l'avait pas marquée jusqu'alors, mais la maman de Noémie était en effet d'une grande beauté. Même dans l'inquiétude – ou la douleur auparavant – son visage était harmonieux, ses traits réguliers et doux.

Maman pète la classe, et sa fille est chaude comme un petit pain. Ça y est je mélange tout à nouveau. Termine la toilette de mademoiselle Noémie et ne pense à rien d'autre.

La petite fille avait perdu le peu de tonus musculaire qu'elle avait encore quelques heures plus tôt. Si la température ne pouvait être diminuée, elle aurait raison du nourrisson. Delphine se dit que c'était justement cela que la pédiatre était en train d'expliquer à sa maman. Elle entendait la voix d'Henri. Tantôt ses intonations étaient interrogatives, tantôt elles étaient apaisantes, selon qu'il s'adressait au médecin ou à la patiente. La femme, elle, demeurait muette.

La porte s'ouvrit.

— Alors ?

— Rien.

Cécile était contrariée. Elle enchaîna :

— Merde. Regarde.

Delphine jeta un regard sur l'indicateur de température. Elle avait diminué.

— Attends, dit Delphine.

Le capteur s'était détaché de la peau du bébé durant les soins. Elle le replaça. Les chiffres revinrent à la même valeur.

— C'était trop beau, dit Cécile.

Delphine demanda :

— À ton avis, combien de temps faut-il pour que sa température commence à diminuer ?

— Cela devrait déjà diminuer.

L'infirmière ne put s'empêcher de regarder maman Noémie à travers la vitre. Elle vit aussi Henri, qui lui renvoya un regard courroucé, qui signifiait : ne regarde pas ma patiente ainsi, idiote, tu veux la faire paniquer ou quoi ?

— Tu dois la ramener dans sa chambre.

— On lui a dit le contraire il y a à peine une demi-heure, Cécile.

— Je sais. C'était avant que Noémie ne régurgite le lait de sa maman.

D'accord, se dit Delphine. On vient de passer en alerte rouge.

Elle sortit de la salle sans mot dire.

***

— Les nouvelles ne sont pas bonnes, n'est-ce pas ?

Les yeux noirs de maman Noémie étaient brillants, mais ils semblaient prêts à encaisser les mauvaises nouvelles.

Henri ouvrit la bouche pour prendre la parole, mais Delphine fut plus rapide. Elle expliqua les choses posément. Maman Noémie écouta sans rien dire.

C'est vrai qu'elle est belle. Merveilleusement belle.

Delphine se reprenait. Ses mots étaient apaisants là où ceux d'Henri avaient été rassurants, ses explications claires et objectives.

Cette maîtrise retrouvée ne compensait en aucune manière l'angoisse qu'elle voyait peu à peu s'installer sur le visage de maman Noémie, mais il fallait bien s'accrocher à quelque chose.

Henri, lui, ne disait rien. Il semblait en colère.

— … et c'est pour cela que nous ne pouvons pas vous laisser voir Noémie pour l'instant. Tant que nous n'en savons pas plus, le calme et les médicaments sont les meilleurs alliés de votre petite fille.

Maman Noémie regardait dans le vide.

— Je vous fais confiance, soupira-t-elle.

Elle eut un frisson, ou un sursaut. Puis :

— Et si cela s'aggrave ?

Henri prit la parole.

— Nous aviserons.

Delphine lui lança un regard noir.

— Je reviendrai vous chercher, dit-elle d'un ton destiné à couvrir les propos du médecin.

***

Delphine et Henri quittèrent la chambre de maman Noémie en silence. Une fois la porte fermée leurs yeux se croisèrent et ce fut le début des hostilités, à mi-voix.

— C'est quoi ce « nous aviserons », Henri ? Tu veux la faire mourir d'inquiétude ou quoi ?

— Je te trouve très mal placée pour critiquer ma communication, Delphine. Tu t'es emmêlé les pinceaux comme ce n'est pas permis en venant la chercher, et cela n'a été guère mieux depuis.

— Tu t'es amusé à me déstabiliser juste au moment d'entrer dans sa chambre et tu le sais très bien.

— Cela n'excuse rien. Tu aurais dû voir ta tête juste avant de sortir de néonat. On ne t'a jamais appris à maîtriser ton expression non-verbale, Delphine ?

— Laisse tomber. Ce n'est pas parce que nous avons travaillé en salle d'op ensemble que tu peux me faire la leçon ici et maintenant. Je suis infirmière en post-partum maintenant, alors tes leçons, tu les donnes à mes ex-collègues. Pas à moi.

— Non mais tu t'entends, Delphine ? Tu pars en vrille toute seule comme une grande, et tout ce que tu trouves à faire, c'est m'envoyer paître ? Cela suffit. Si je suis encore ici cette nuit, c'est parce que je ne te fais pas confiance. Je dois développer ?

Delphine s'était arrêtée net. Ses yeux semblaient chercher quelque chose. Henri aurait pu croire qu'il avait poussé le bouchon verbal un peu loin, mais ce n'était pas cela.

Elle donna l'impression à Henri de regarder à travers lui.

Marc revint une fois encore à la surface de ses pensées, mais ce n'était pas le Marc qu'elle imaginait au volant de sa voiture, quelque part entre l'Allemagne et son lit.

C'était Marc lors d'une cérémonie.

Un mariage, un an plus tôt. Marc devait tousser, mais il se retenait pour ne pas troubler l'assemblée. Cela faisait comme un petit hoquet.

Henri s'impatientait.

— Allô ? Il y a quelqu'un ?

— Henri...

— Quoi ?

— Maman Noémie. Elle réprime des quintes de toux depuis sa sortie de salle d'op.

Henri fronça les sourcils.

— Je vais écouter. Tu restes ici.

Delphine espérait ne pas s'être trompée. Maman Noémie avait toussoté une ou deux fois, et il avait semblé à Delphine qu'à plusieurs reprises un petit sursaut avait soulevé les épaules de la patiente.

Henri entra dans la chambre. Il en sortit trente secondes plus tard.

— Tu peux avertir Cécile.

— Je lui dis quoi ?

— Que maman Noémie a une pneumonie.

Delphine se dirigea vers le camp de base. Henri n'avait détecté aucune pathologie plus tôt, mais avait-il écouté la respiration de sa patiente à ce moment ? L'infirmière savait que certains cas de pneumonie pouvaient être asymptomatiques. Le patient n'avait aucune température, ne ressentait aucune douleur, mais en écoutant attentivement ses poumons, on entendait le feu couver ; l'enfer se répandait après, subitement.

La chambre des parents de bébé trente s'ouvrit. Ils étaient tous deux réveillés : lui debout, elle assise dans une chaise roulante. Le papa désigna Delphine du doigt :

— Nous voulons voir notre fille, mademoiselle.

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Ma visiteuse

 

À Rosyline

 

Quand la solitude s’installe,

Que l’on soliloque pour soi,

Tout en se renvoyant la balle,

On pense aux rires d’autrefois.

 

Or, si par bonheur, une muse,

S’adresse à nous avec douceur,

Nous fait sourire, nous amuse,

On se souvient de l’âme soeur.

 

Celle qui souvent m’accompagne

Me rappelle la jeune fée,

Qui folâtrait dans la campagne,

De lys et de lilas coiffée.

 

Elle laisse dans mon jardin

Des petits billets parfumés,

Au muguet ou au romarin.

Mais je ne l’aperçois jamais.

 

                                                                       12 novembre 2011

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Point d'orgue

Tout mon être se tait

Peu à peu

Et demeure immobile, muet et béant

Sur le mystère de l'amour

Insondé

Une fois encore ...

Rêve inaccessible, songe de désarroi

J'ai le coeur en hiver et toujours aussi froid.

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Phoenix semblait ignorer que Merlin n’était pas plus immortel qu’elle.

Bien entendu, il avait parcouru les siècles et était toujours fringuant mais seulement parce qu’il était resté dans la mémoire collective au travers de récits fantastiques.

Merlin ne survivrait pas à un oubli des citoyens du monde moderne. Ce monde qui ne sait plus rêver… Qui fait appel aux voyants, aux gourous, à la magie noire mais qui ignore que la véritable magie est en chacun de nous.

Tant que Merlin était à Brocéliande, il ne pouvait rien lui arriver. Si les gens ne croyaient plus en la forêt magique, tout au plus s’endormirait-elle jusqu’à ce que quelqu’un la sorte d’une bibliothèque.

Mais les gens oublient vite et si l’enchanteur n’officiait plus, ils l’auraient très rapidement sorti de leur mémoire.

Au Septième Paradis, c’est ce que Merlin avait ressenti. Le bonheur n’intéresse personne et le monde continuait de tourner sans lui…

Il n’avait rien dit à Phoenix trop  heureuse d’enfin se poser quelque part. Et rongé son frein jusqu’à l’arrivée de Pelgrims…

Il était à l’automne de sa vie et, s’il quittait Brocéliande maintenant, il ne tiendrait peut-être pas sa forme athlétique très longtemps. Que ferait Phoenix d’un vieillard ? Elle méritait mieux que cela…

Il fallait qu’elle puisse rencontrer d’autres hommes…

Il était temps pour elle de faire sa rentrée dans le monde.

C’est ce qu’elle fit en désespoir de cause… N’ayant plus de nouvelles de Merlin, elle s’étourdit dans des vernissages, des concerts, des sorties théâtrales, des conférences, toutes sortes d’anesthésiants du cerveau et du cœur…

Mais jamais, elle ne trouva son équivalant… Plus elle rencontrait d’ « amoureux » potentiels, plus ils lui semblaient pâles et superficiels…

Non, c’était lui son double… Il refusait de le voir mais tant pis, elle seule poursuivrait la lutte… Avec les seules armes qu’elle possédait : le cœur et l’irraison…

 

 

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Mon coeur,

 

Coeur irrésolu et nu,

amour jamais perdu,

tremblements et vertige,

inentamé, limpide,

tout entier à vous seul destiné,

dessiné dans mes lettres,

neuf et savant depuis vous,

pour vous.

Un peu poète,

sûrement fou.

Ma tête,

plus trop ne le retient !

 

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Champs de blé

 

CHAMPS DE BLE

 

Vogue dans la tête encombrée

Une vague idée de cliché tronqué

Par la pure vérité.

 

Le temps des amours s’étire à tire d’ailes

Balles au rebond à saisir

Jouvenceaux et jouvencelles.

 

Preux ou pas, l’amour chevaleresque

Rouille cotte de mailles

Et étriers.

 

Perles de rosée au petit matin brumeux

Habillent le chiendent

Au regard épineux.

 

Un rai de soleil dessine sa joie

Soulignant le doux minois

De mademoiselle Julie.

 

Impressions du soleil levant dans la pipe de Vincent

Et la flûte solo du faune

Vibre aux tonalités de Manet.

 

Délicieux jardin des Hespérides

Coquelicots vermillons

Perdent leurs rides.

 

Pommes d’or, cadeaux de la Déesse Gaïa

Fécondent la divine

Jalouse déesse Héra.

 

Le chemineau au long de sa route sans fin

Quémande sols et besogne

Pour apaiser sa faim.

 

Des micro-sillons terreux vivifiés du semeur

Sortiront les têtes blondes

De dorés champs de blé.

 

 

 

                                                              Raymond MARTIN        11/11/2011

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La Nymphe

LA NYMPHE

 

 

Paroles veloutées d'un pétale léger soupirant sur les lèvres

Origine exhalée des troubles d'une sensualité suprême,

Enivrée d'un fécond désir telle l'écume sur la grève.

 

 

Minauderies chatoyantes d'un bonheur qui prélude l'hymen

Éphémère, par un instant d'oubli couronné de chimères.

Élégie extrême aux cruels baisers languissants,

Mélancoliques, abandonnés aux instants oniriques.

 

 

Envol lyrique du volcan de rubis confondu dans l'amour,

Oriflamme exaltée à la pointe du jour.

Pathétique confusion que l'amour crédule caressé au présent.

 

 

Dans l'azur du lointain confus s'évanouira la nymphe,

Assouvie des moments furtifs d'une passion terrestre,

Mouvementée par la rudesse des flots érigés, elle

Ornera l'écume en furie de ses bras victorieux

Utopistes dressés aux antiques désirs comblés.

Rêverie d'une passion à venir mais céleste, des dieux.

 

 

                                                   Raymond MARTIN      11/11/2011

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Le droit d'exister pleinement

 

« En mariage trompe qui peut »

En droit coutumier voulait dire

Que l’on n’avait pas à proscrire

Les mensonges et les faux aveux.

 

Pour obtenir une alliance,

On cachait vices et défauts,

En se comportant comme il faut.

On inspirait la confiance.

 

Une fois l’union scellée,

Pouvait suivre le désarroi

Et la souffrance par surcroît,

La tromperie se révélait.

 

Dans le mariage, souvent,

Certains actes inadmissibles

Peuvent sembler répréhensibles;

Le mensonge reste tentant.

 

Quand des conjoints ont convenu

Du droit à demeurer soi-même,

Il n’y a pas de doute, ils s’aiment.

Aucun désir n’est malvenu.

 

11 novembre 2011

 

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Il y a des nuits comme ça (7)

 

Surprises

— Attends, Delphine, jetermine... Voilà. Bébé trente avait réussi à sedébarrasser de ses électrodes. Pour une préma de cet âge-là,elle est d'une vivacité surprenante.

Delphine poussa un long soupir,mais elle s'interrompit lorsqu'elle vit le visage fermé de lapédiatre.

— Je t'appelais pourNoémie. Elle a régurgité le lait de sa maman. Ce ne serait pasgrave si elle était plus âgée, mais là... nous avons à faireface à un autre problème.

Cécile désigna l'emplacementoù Noémie dormait. Delphine était passée devant sans y prêterattention, croyant que c'était bébé trente l'objet de sespréoccupations. Elle se tourna et sentit sa gorge se serrer. Noémieavait été placée en couveuse stérile.

— Elle estimmunodéficiente.

D'instinct, Delphine jeta unœil sur la température de Noémie.

— Merde !

— Tu peux le dire.J'attends les résultats de la prise de sang. Ça va être une coursecontre la montre.

L'infirmière comprit tout desuite qu'elle passerait le reste de la nuit à monter et descendreles étages.

— Je dois réveiller lamaman ? On a besoin de nourrir Noémie.

— Non, j'ai desréserves. Tu vas les lui donner.

— Mais...

— J'ai besoin de toiici, Delphine. Maintenant.

— D'accord.

Delphine récupéra dans letiroir isotherme le colostrum de maman Noémie. Il en restaitlargement assez. Elle plaça à nouveau la sonde et entreprit denourrir Noémie avec délicatesse.

Sa maman était arrivée denulle part : aucun dossier n'était ouvert pour elle àl'hôpital, la majeure partie de sa grossesse s'était déroulée àl'étranger. C'est d'ailleurs pour cette raison que personne n'avaitappelé son bébé par son nom. Bien entendu l'hôpital avait fait lenécessaire lors de son arrivée pour connaître d'elle ce qui étaitutile à l'accouchement. Mais ces informations ne remplaçaient pasle dossier établi au sujet de l'enfant tout au long de la grossesse.Et de ce côté-là, visiblement, les informations étaientlacunaires.

Avec pour résultat que latempérature de Noémie frisait les 39 degrés, et que seule la prisede sang pouvait peut-être en donner l'explication.

Si Noémie acceptait de senourrir du colostrum de sa maman, elle bénéficierait de sesanticorps, qui constituaient sa meilleure arme du moment.

— Elle doit absolumentse nourrir, soupira Delphine.

— Ce ne sera passuffisant. Dès que j'aurai les résultats j'espère pouvoir attaqueraux antibios.

Delphine ne releva pas. Ellesavait bien que les antibiotiques ne pouvaient aider Noémie que dansun nombre limité de cas. Mais le personnel soignant s'interdisaitd'exprimer la moindre pensée pessimiste, surtout en néonatologie.

***

Delphine n'aimait pas du tout la pensée qui venait de lui traverser la tête : au moins Noémie tientMarc à distance.

Comment osait-elle s'autoriser de tels arrangements avec sa conscience ?

Ça ne tourne vraiment pas rond.

Elle releva la tête.

— Nous y sommes. Elle atout avalé.

— Bon, dit la pédiatre.Tu réveilles sa maman si elle monte à quarante, ou si ellerégurgite. Je file au labo.

L'infirmière s'étonna :

— Ils ne peuvent pas tetéléphoner pour ça ? Ou t'apporter les résultats ?

Le médecin répondit d'un tonexaspéré :

— Tu vois les résultatsquelque part ? Tu as entendu le téléphone sonner ?

Delphine ne dit rien. Ellesavait que dans la majorité des cas, le laboratoire faisait vite,mais à tout moment le service des urgences pouvait le solliciter,retardant inévitablement les informations que Cécile attendait.

Et le cas de Noémie étaitvraiment préoccupant.

En vérifiant la couche de lapetite fille – rien à signaler, dommage – Delphine pensa à lamaman de Noémie. Dormait-elle, ou bien n'osait-elle pas fermerl'œil ? Peut-être savait-elle quelque chose ? Un incidentdurant sa grossesse avait-il permis de découvrir un souciparticulier pour son enfant ?

Cécile était un excellentmédecin, mais comme pour nombre d'entre eux, la science avaittoujours la priorité pour aider son combat. Ici, peut-être quemaman Noémie détenait une information qui pourrait écartersa fille du danger qui la menaçait.

Elle saisit le combinétéléphonique et appela le camp de base. C'est Bertrand quirépondit.

— Cécile t'akidnappée ? Elle te garde en néonat toute la nuit ?

— Pas vraiment, non.Elle est partie au labo pour mettre la pression. On a un problèmeavec Noémie, elle a un gros défaut d'immunité, Cécile l'a placéeen couveuse stérile. Il faut réveiller sa maman et lui demander sielle a une quelconque idée...

— Attends, tu veux qu'onréveille la maman pour quoi exactement ? On a son dossier,Cécile peut le consulter depuis la néonat, je ne vois paspourquoi...

— On n'a pu établir quele strict minimum, tu le sais bien.

Elle entendit une voix derrièrecelle de Bertrand.

— Delphine, si tapatiente a quelque chose à dire, on le lui demandera après que laprise de sang ait livré ses infos. Entretemps tu laisses Cécilegérer ça. Et si tu peux rappliquer, ce sera encore mieux.

— Je suis seule ennéonat, Bertrand. Je ne peux quitter ni Noémie ni les autres bébésavant le retour de Cécile.

— Mouais... si tu resteslà-haut, au moins ça t'évitera d'écouter tes messages vocaux surnotre ordi.

Delphine sursauta. Elle avaitoublié de fermer son accès à la messagerie vocale.

— À propos, tu n'asaucun nouveau message. Mais ce n'est pas pour rafraîchir ta page quetu dois rappliquer...

— J'arrive...

— ...c'est parce qu'il ya du boulot ici.

— ...dès que Cécileest là.

— À la bonne heure.

Elle raccrocha. Le téléphonesonna immédiatement.

Le labo.

— Delphine ?Cécile. J'ai les résultats. Je te donne la liste de ce qu'il fautadministrer à Noémie et j'arrive. Démarre, on va devoir segrouiller.

— Je note.

De mauvais frissons vinrentparcourir les bras de Delphine au fur et à mesure qu'elle écrivait.

A la fin de la dictée, elle neput s'empêcher de laisser planer un regard incrédule en directionde la petite couveuse où Noémie tentait de digérer le colostrum desa maman.

Mon Dieu. Cécile veut qu'on tire sur tout ce qui bouge.

***

Cécile apparaissait derrièrela vitre au moment même où Delphine achevait de « charger »la perfusion de Noémie.

— Quelle est satempérature ?

— Stationnaire,s'entendit dire l'infirmière.

Cécile attendit quelquessecondes avant de dire :

— Tu es sûre ?

L'infirmière leva le nez. Latempérature était montée à quarante degrés.

— Merde...

— Delphine, depuiscombien de temps n'as-tu pas regardé l'écran ?

— Depuis le moment oùtu m'as appelée.

— Alors tu vas réveillersa maman. Tout de suite.

Delphine ne voulut même passavoir s'il y avait un quelconque reproche dans le ton utilisé parla pédiatre. Elle sortit immédiatement du service et se rua dans lecouloir.

Elle était sûre d'avoirregardé la température de Noémie juste au moment de luiadministrer les premiers antibiotiques. Cinq minutes s'étaientécoulées, tout au plus.

Elle est passée de 39°4 à 40° en très peu de temps. Pourvu que lesantibios agissent vite.

Elle s'engouffra dansl'ascenseur, et regretta immédiatement son choix : la moindreimmobilité faisait revenir Marc au-devant de la scène.

Pourquoi reviens-tu continuellement ? Tu ne peux pas me laissertranquille ? S'il te plait... j'ai une maman à réveiller, etelle sera « grave inquiète », alors, zut, finis taroute, où qu'elle te mène, mais ne reviens plus.

Elle fit basculer ses penséesvers la maman de Noémie. Il fallait la réveiller, l'informer del'état de sa fille, la rassurer, sans véritable espoir. Elle pritson élan lorsque la porte de l'ascenseur s'ouvrit, et entra encollision avec Henri.

— Où vas-tu ?dit-il.

— Chez maman Noémie.Sa fille...

— Inutile. Je sors de sachambre.

— ...a quarante defièvre, et... tu as dit quoi ?

— J'ai dit que j'ensortais. J'étais près de Bertrand quand tu l'as appelé. Je suisallé trouver ma patiente, qui ne dormait pas, et j'en ai profitépour lui poser quelques questions tout en l'examinant.

Bravo. Et elle ne s'est inquiétée de rien. Et maintenant, à peine troisminutes plus tard, je vais devoir la prévenir de toute façon. Je megarde le mauvais rôle. Super.

— Et ?

— Et rien. Noémie estle produit d'une FIV1pratiquée au Brésil avec un donneur anonyme. Elle a fait un bébétoute seule, entourée de médecins. Rien à signaler tout au long dela grossesse. Elle voyage beaucoup. Elle a eu ses premièrescontractions dans l'avion, on l'a prise en charge dèsl'atterrissage.

— Elle venait duBrésil ?

— Du Maroc. Elle a de lafamille à Rabat.

— Et elle va bien ?

— Pas de température,pas de fatigue excessive, rien qui témoigne d'une quelconqueinfection.

Delphine réfléchit à toutevitesse. Une grossesse sans histoire. Il ne restait que deuxexplications. Soit la déficience de Noémie était d'originegénétique – mais a priori les hôpitaux brésiliens avaient bonneréputation : elle aurait été mise au courant durant sagrossesse – soit Noémie se battait contre un agresseur que samaman avait repoussé sans même s'en rendre compte, depuis quelquesheures seulement.

— Je dois lui parlermaintenant, dit Delphine. Que me conseilles-tu ?

— À toi de voir. Elleest en état de rejoindre sa fille, à condition qu'elle ne quittepas son fauteuil.

— Ce n'était pas maquestion, Henri.

Elle savait pertinemment queles médecins n'avaient pas pour habitude d'interférer avec letravail des infirmières. Il n'allait pas l'aider à « annoncerla chose » à maman Noémie.

— Si tu veux savoir ceque je lui dirais...

Delphine se vexa :

— Laisse, je vais lefaire.

— ...c'est bon, j'y vaisavec toi.

Il tourna les talons et sedirigea vers la chambre. Elle écarquilla les yeux.

Un revers lifté. J'en avais bien besoin. Merci.

— Henri ?

— Oui ?

— Pourquoi fais-tucela ? Tu n'as pas à te préoccuper de Noémie, ni de lamanière dont je dois mettre sa maman au parfum.

— Cela ne t'empêche pasde me demander mon avis.

Touchée.

Delphine trottait derrièreHenri, qui avançait à grands pas. Elle insista :

— Pourquoi, Henri ?

— Parce que je suisinquiet.

— On le serait à moins.Tu devrais voir quel cocktail je lui ai mis dans sa perfusion.

Elle baissa le ton : ilsétaient arrivés.

— Non, Delphine. C'estpour toi que je suis inquiet.

Et il ouvrit la porte de lachambre.

 

 

 

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1Fécondation In Vitro

 

Surprises

— Attends, Delphine, jetermine... Voilà. Bébé trente avait réussi à sedébarrasser de ses électrodes. Pour une préma de cet âge-là,elle est d'une vivacité surprenante.

Delphine poussa un long soupir,mais elle s'interrompit lorsqu'elle vit le visage fermé de lapédiatre.

— Je t'appelais pourNoémie. Elle a régurgité le lait de sa maman. Ce ne serait pasgrave si elle était plus âgée, mais là... nous avons à faireface à un autre problème.

Cécile désigna l'emplacementoù Noémie dormait. Delphine était passée devant sans y prêterattention, croyant que c'était bébé trente l'objet de sespréoccupations. Elle se tourna et sentit sa gorge se serrer. Noémieavait été placée en couveuse stérile.

— Elle estimmunodéficiente.

D'instinct, Delphine jeta unœil sur la température de Noémie.

— Merde !

— Tu peux le dire.J'attends les résultats de la prise de sang. Ça va être une coursecontre la montre.

L'infirmière comprit tout desuite qu'elle passerait le reste de la nuit à monter et descendreles étages.

— Je dois réveiller lamaman ? On a besoin de nourrir Noémie.

— Non, j'ai desréserves. Tu vas les lui donner.

— Mais...

— J'ai besoin de toiici, Delphine. Maintenant.

— D'accord.

Delphine récupéra dans letiroir isotherme le colostrum de maman Noémie. Il en restaitlargement assez. Elle plaça à nouveau la sonde et entreprit denourrir Noémie avec délicatesse.

Sa maman était arrivée denulle part : aucun dossier n'était ouvert pour elle àl'hôpital, la majeure partie de sa grossesse s'était déroulée àl'étranger. C'est d'ailleurs pour cette raison que personne n'avaitappelé son bébé par son nom. Bien entendu l'hôpital avait fait lenécessaire lors de son arrivée pour connaître d'elle ce qui étaitutile à l'accouchement. Mais ces informations ne remplaçaient pasle dossier établi au sujet de l'enfant tout au long de la grossesse.Et de ce côté-là, visiblement, les informations étaientlacunaires.

Avec pour résultat que latempérature de Noémie frisait les 39 degrés, et que seule la prisede sang pouvait peut-être en donner l'explication.

Si Noémie acceptait de senourrir du colostrum de sa maman, elle bénéficierait de sesanticorps, qui constituaient sa meilleure arme du moment.

— Elle doit absolumentse nourrir, soupira Delphine.

— Ce ne sera passuffisant. Dès que j'aurai les résultats j'espère pouvoir attaqueraux antibios.

Delphine ne releva pas. Ellesavait bien que les antibiotiques ne pouvaient aider Noémie que dansun nombre limité de cas. Mais le personnel soignant s'interdisaitd'exprimer la moindre pensée pessimiste, surtout en néonatologie.

***

Delphine n'aimait pas du tout la pensée qui venait de lui traverser la tête : au moins Noémie tientMarc à distance.

Comment osait-elle s'autoriser de tels arrangements avec sa conscience ?

Ça ne tourne vraiment pas rond.

Elle releva la tête.

— Nous y sommes. Elle atout avalé.

— Bon, dit la pédiatre.Tu réveilles sa maman si elle monte à quarante, ou si ellerégurgite. Je file au labo.

L'infirmière s'étonna :

— Ils ne peuvent pas tetéléphoner pour ça ? Ou t'apporter les résultats ?

Le médecin répondit d'un tonexaspéré :

— Tu vois les résultatsquelque part ? Tu as entendu le téléphone sonner ?

Delphine ne dit rien. Ellesavait que dans la majorité des cas, le laboratoire faisait vite,mais à tout moment le service des urgences pouvait le solliciter,retardant inévitablement les informations que Cécile attendait.

Et le cas de Noémie étaitvraiment préoccupant.

En vérifiant la couche de lapetite fille – rien à signaler, dommage – Delphine pensa à lamaman de Noémie. Dormait-elle, ou bien n'osait-elle pas fermerl'œil ? Peut-être savait-elle quelque chose ? Un incidentdurant sa grossesse avait-il permis de découvrir un souciparticulier pour son enfant ?

Cécile était un excellentmédecin, mais comme pour nombre d'entre eux, la science avaittoujours la priorité pour aider son combat. Ici, peut-être quemaman Noémie détenait une information qui pourrait écartersa fille du danger qui la menaçait.

Elle saisit le combinétéléphonique et appela le camp de base. C'est Bertrand quirépondit.

— Cécile t'akidnappée ? Elle te garde en néonat toute la nuit ?

— Pas vraiment, non.Elle est partie au labo pour mettre la pression. On a un problèmeavec Noémie, elle a un gros défaut d'immunité, Cécile l'a placéeen couveuse stérile. Il faut réveiller sa maman et lui demander sielle a une quelconque idée...

— Attends, tu veux qu'onréveille la maman pour quoi exactement ? On a son dossier,Cécile peut le consulter depuis la néonat, je ne vois paspourquoi...

— On n'a pu établir quele strict minimum, tu le sais bien.

Elle entendit une voix derrièrecelle de Bertrand.

— Delphine, si tapatiente a quelque chose à dire, on le lui demandera après que laprise de sang ait livré ses infos. Entretemps tu laisses Cécilegérer ça. Et si tu peux rappliquer, ce sera encore mieux.

— Je suis seule ennéonat, Bertrand. Je ne peux quitter ni Noémie ni les autres bébésavant le retour de Cécile.

— Mouais... si tu resteslà-haut, au moins ça t'évitera d'écouter tes messages vocaux surnotre ordi.

Delphine sursauta. Elle avaitoublié de fermer son accès à la messagerie vocale.

— À propos, tu n'asaucun nouveau message. Mais ce n'est pas pour rafraîchir ta page quetu dois rappliquer...

— J'arrive...

— ...c'est parce qu'il ya du boulot ici.

— ...dès que Cécileest là.

— À la bonne heure.

Elle raccrocha. Le téléphonesonna immédiatement.

Le labo.

— Delphine ?Cécile. J'ai les résultats. Je te donne la liste de ce qu'il fautadministrer à Noémie et j'arrive. Démarre, on va devoir segrouiller.

— Je note.

De mauvais frissons vinrentparcourir les bras de Delphine au fur et à mesure qu'elle écrivait.

A la fin de la dictée, elle neput s'empêcher de laisser planer un regard incrédule en directionde la petite couveuse où Noémie tentait de digérer le colostrum desa maman.

Mon Dieu. Cécile veut qu'on tire sur tout ce qui bouge.

***

Cécile apparaissait derrièrela vitre au moment même où Delphine achevait de « charger »la perfusion de Noémie.

— Quelle est satempérature ?

— Stationnaire,s'entendit dire l'infirmière.

Cécile attendit quelquessecondes avant de dire :

— Tu es sûre ?

L'infirmière leva le nez. Latempérature était montée à quarante degrés.

— Merde...

— Delphine, depuiscombien de temps n'as-tu pas regardé l'écran ?

— Depuis le moment oùtu m'as appelée.

— Alors tu vas réveillersa maman. Tout de suite.

Delphine ne voulut même passavoir s'il y avait un quelconque reproche dans le ton utilisé parla pédiatre. Elle sortit immédiatement du service et se rua dans lecouloir.

Elle était sûre d'avoirregardé la température de Noémie juste au moment de luiadministrer les premiers antibiotiques. Cinq minutes s'étaientécoulées, tout au plus.

Elle est passée de 39°4 à 40° en très peu de temps. Pourvu que lesantibios agissent vite.

Elle s'engouffra dansl'ascenseur, et regretta immédiatement son choix : la moindreimmobilité faisait revenir Marc au-devant de la scène.

Pourquoi reviens-tu continuellement ? Tu ne peux pas me laissertranquille ? S'il te plait... j'ai une maman à réveiller, etelle sera « grave inquiète », alors, zut, finis taroute, où qu'elle te mène, mais ne reviens plus.

Elle fit basculer ses penséesvers la maman de Noémie. Il fallait la réveiller, l'informer del'état de sa fille, la rassurer, sans véritable espoir. Elle pritson élan lorsque la porte de l'ascenseur s'ouvrit, et entra encollision avec Henri.

— Où vas-tu ?dit-il.

— Chez maman Noémie.Sa fille...

— Inutile. Je sors de sachambre.

— ...a quarante defièvre, et... tu as dit quoi ?

— J'ai dit que j'ensortais. J'étais près de Bertrand quand tu l'as appelé. Je suisallé trouver ma patiente, qui ne dormait pas, et j'en ai profitépour lui poser quelques questions tout en l'examinant.

Bravo. Et elle ne s'est inquiétée de rien. Et maintenant, à peine troisminutes plus tard, je vais devoir la prévenir de toute façon. Je megarde le mauvais rôle. Super.

— Et ?

— Et rien. Noémie estle produit d'une FIV1pratiquée au Brésil avec un donneur anonyme. Elle a fait un bébétoute seule, entourée de médecins. Rien à signaler tout au long dela grossesse. Elle voyage beaucoup. Elle a eu ses premièrescontractions dans l'avion, on l'a prise en charge dèsl'atterrissage.

— Elle venait duBrésil ?

— Du Maroc. Elle a de lafamille à Rabat.

— Et elle va bien ?

— Pas de température,pas de fatigue excessive, rien qui témoigne d'une quelconqueinfection.

Delphine réfléchit à toutevitesse. Une grossesse sans histoire. Il ne restait que deuxexplications. Soit la déficience de Noémie était d'originegénétique – mais a priori les hôpitaux brésiliens avaient bonneréputation : elle aurait été mise au courant durant sagrossesse – soit Noémie se battait contre un agresseur que samaman avait repoussé sans même s'en rendre compte, depuis quelquesheures seulement.

— Je dois lui parlermaintenant, dit Delphine. Que me conseilles-tu ?

— À toi de voir. Elleest en état de rejoindre sa fille, à condition qu'elle ne quittepas son fauteuil.

— Ce n'était pas maquestion, Henri.

Elle savait pertinemment queles médecins n'avaient pas pour habitude d'interférer avec letravail des infirmières. Il n'allait pas l'aider à « annoncerla chose » à maman Noémie.

— Si tu veux savoir ceque je lui dirais...

Delphine se vexa :

— Laisse, je vais lefaire.

— ...c'est bon, j'y vaisavec toi.

Il tourna les talons et sedirigea vers la chambre. Elle écarquilla les yeux.

Un revers lifté. J'en avais bien besoin. Merci.

— Henri ?

— Oui ?

— Pourquoi fais-tucela ? Tu n'as pas à te préoccuper de Noémie, ni de lamanière dont je dois mettre sa maman au parfum.

— Cela ne t'empêche pasde me demander mon avis.

Touchée.

Delphine trottait derrièreHenri, qui avançait à grands pas. Elle insista :

— Pourquoi, Henri ?

— Parce que je suisinquiet.

— On le serait à moins.Tu devrais voir quel cocktail je lui ai mis dans sa perfusion.

Elle baissa le ton : ilsétaient arrivés.

— Non, Delphine. C'estpour toi que je suis inquiet.

Et il ouvrit la porte de lachambre.

1Fécondation In Vitro

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Bonnes ou mauvaises habitudes?

 

En ce matin pluvieux, privé de toute joie,

Me surprit le besoin de faire le ménage.

L’énergie au repos, dès qu’on en fait usage,

S’active vivement, étonnamment parfois.

 

Bien que s'accumulant lentement, la poussière

Ne m’agresse jamais. Je l’ignore souvent.

Lors elle reste en place, épargnée par le vent,

Intruse négligée, nullement passagère.

 

Chassée, elle revient quasiment aussitôt.

Je trouve inopportun d’épousseter sans cesse.

Je le fais quand elle est devenue trop épaisse

Puis contemple ravie, meubles et bibelots.

 

Je me suis souvenu, en faisant une pause,

D’un séjour que je fis, un bel été, en France.

Alors que je nageais au soleil, à outrance,

Ma cousine astiquait, en chantant , je suppose.

 

Je ne sus l’en dissuader. Une habitude,

Invétérée, peut correspondre à un besoin

Et rendre dépendant quand elle vient de loin.

Je ne m’attarde pas à mes incertitudes.

 

10 novembre 2011

 

 

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La Lavandière

 

La Lavandière

 

Des pépites d'or dansent au fil de l'eau claire

Jetées par le soleil de l'écrin lumineux

D'un doux ciel de printemps, parfumé de Lumière

Rayonnant de gaieté, gorgé de cris joyeux.

 

Un tas de linge blanc, d'une clarté lunaire,

 En lumineuse touche est posé sur le sol

Comme un hymne joyeux, la belle lavandière

Plonge ses bras dorés dans un songe d'envol !

 

Elle brasse elle roule et tord et se démène

Et l'eau pure et moelleuse est parfumée de vent,

Légère et onctueuse telle un bouquet de crème,

Elle chante l'Amour dans un gazouillement.

 

La bellle lavandière, un bras passé sous l'anse

Du grand panier tressé, a repris le chemin

Et sa démarche est souple, on dirait une danse,

Agile de sylphide, entourée de lutins.

 

Car sur le seuil charmant de la douce maison,

Ornée de vert lierre et de roses trémières,

S'attardent en jouant deux enfants aux bras ronds,

Nimbés par le soleil jailli de la rivière !

Rolande (E.L. Quivron-Delmeira)

Mai 1969

Extrait du recueil "Intégrales"

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VIENS...

Viens danser dans mes rêves

Viens embellir mes nuits

Même si les heures sont brèves

Et que le temps s'enfuit!

Nous irons sur la grève

La contempler sans bruit...

 

Viens chanter dans mon coeur

Le faire vibrer d'espoir

Du passé le bonheur

Surgira dans le noir!

Nous goûterons les heures

Accordées dans le soir...

 

Viens combler mon esprit

Enchanter mes envies

Car le temps m'a appris

A croire en la magie!

Et mon coeur a compris

Que tu étais ma vie...

J.G.

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administrateur théâtres

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« Diotime et les lions » d’après Henry Bauchau

Du 8 au 26 novembre 2011 au Centre Culturel des Riches Claires

La Perse antique. Diotime, fille indomptable, conte  son histoire. A quatorze ans elle se  révolte contre sa condition de femme. Elle va transgresser la loi du clan car elle veut participer au rituel du combat contre les lions sacrés,  rituel  violent et meurtrier, interdit aux femmes. Mais il n’y a pas de plus grand honneur que d’y participer et elle perd  toute envie de vivre si elle n’accomplit pas ce qu’elle sent être sa  destinée.  Elle entretient depuis très petite une relation fusionnelle avec son grand-père Cambyse, qui a d’étranges liens avec l’ancêtre lion du clan. « Cambyse ne me parlait pas beaucoup mais, si des obstacles surgissaient durant nos chasses ou nos courses au galop, je le trouvais toujours à mes côtés. Si je me débrouillais seule, il me regardait avec un sourire amusé et content. Pour ce sourire j’étais prête à surmonter mes peurs et à braver tous les dangers. » « La tradition du clan ne le permet pas ! »  lui dit sa mère. Cambyse lui promettra : " Pour toi nous inventerons une nouvelle tradition ". Elle ne se sent pas faite pour la condition féminine traditionnelle qui occupe les femmes aux travaux domestiques et aux joies du jardinage.   Elle reste néanmoins très proche de sa sœur et de sa mère, et se résout à abandonner son projet car elle a compris que  cette  dernière exécutera  sa funeste menace de quitter le père, Kiros, si elle participe à cette  guerre mythique annuelle. Mais dévastées par son désir extravagant Diotime  se meurt et est prise d’accès de folie. La mère, mue par la sagesse  et l’amour de sa fille, donne son autorisation. « Puisque tu es lion, va à la fête rituelle ! » « Je t’aime comme tu es ! ».

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 Diotime tue son premier lion. En même temps elle tombe amoureuse d’un  Grec du clan adverse, Arsès, « un grec de Grèce, au sens affiné de la mesure ». Mais celui-ci, pour pouvoir épouser Diotime devra se plier aux usages barbares et  tuer lui aussi , un lion. Le sort tombe hélas sur  l’ancêtre lion, mystérieuse incarnation de Cambyse. Arsès , le grec, a compris le piège et refuse la violence. C’est un principe. Intrépide et barbare,  Diotime s’élance elle-même à la poursuite du lion mythique. Arsès la suit. Mais le temps n’est pas encore venu pour le sacrifice. « Assez de folie Diotime » clame Kiros, son père.

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 Les voilà envoyés chez le sage au buffle noir pour un  long parcours initiatique. Cambyse déclare à leur retour : « Je suis vieux maintenant, grâce à toi je n’y avais jamais pensé. » Il lui donne sa propre lance et ses flèches. Le sacrifice du lion est accompli par le couple et le lieu devient sacré. « Si des lions et des hommes s’y rencontrent, aucun n’attaque et nul ne fuit. »  Les forces antagonistes se réconcilient dans une sage harmonie et le cœur  indomptable de Diotime s’aperçoit qu’il ne désire plus rien. Sagesse Tao.  

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Un livre de 50 grammes qui fait le poids ! Surtout sur scène avec l’interprétation pleine de sensibilité, de jeunesse et de passion de Stéphanie Van Vyve de ce texte inépuisable et poétique d’Henry Bauchau. Elle fait le poids aussi dans sa chorégraphie avec le danseur aux yeux fixes et au visage immuablement léonin, Ozan Aksoyek. Le sable vole, les corps luttent, le temps que l'on médite, comme si un choeur silencieux commentait les événements.   Et pourtant, elle ne pèse rien ou presque! Depuis le début elle est habitée par une sauvagerie étrange, et le courage décuple ses forces et sa volonté. Volonté de femme en devenir, qui choisit bravement l’autre : ce grec antagoniste,  celui qui n’appartient pas à son clan, et pour qui elle est prête à tout sacrifier par amour. Car elle est femme. Stéphanie Van Vyve est toute harmonie et mobilité, et réussit un  équilibre émouvant de la parole et des gestes. Réconciliant lumière et ombre,  forces antagonistes elle atteint la paix d’esprit après ce long combat d’éclosion.

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Du 8 au 26 novembre 2011

Du mardi au samedi à 20h30
Excepté les mercredis, représentation à 19h00

 

 

 

 

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je me souviens

les pneus du vent tournent

soleils gris à l’appui

la ronde des moineaux

trouve

le bras du son

à l’infini

 

l’eau grince

les arcs-en-ciel ne sont plus

les mêmes

les trains galopent

en transes

myopes

les fenêtres toujours plus blêmes

arrosent mon souvenir

 

les yeux de la pluie

de l’avenir

se penchent vers moi cheveux gris

la sarabande des visages

ivres

frémit

sur le seuil

sur les plages

et vit

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Il y a des nuits comme ça (6)

Erreurs

Delphine avait quitté la chambre sans rien dire et s'était dirigée vers le camp de base. Elle pestait contre ce père arrogant qui cachait sa peur derrière la protection de sa femme. Mais à sa manière de s'asseoir derrière l'ordinateur, Delphine se rendit vite à l'évidence : sa mauvaise humeur n'était pas due qu'à l'attitude de cet homme.

Elle se rua à nouveau sur la page web de consultation de ses messages vocaux.

Un message de Marc.

La souris émit un cliquetis sec et suffisamment appuyé pour que Bertrand, assis dans un coin, lève la tête.

— Il y a quelque chose qui ne va pas, Delphine ?

— Ce sont les parents de bébé trente. Le père couve la mère et ne s'inquiète même pas pour son enfant. Il a aussi décrété que seul Dieu-Le-Père était autorisé à poser le regard sur le pansement de sa femme et à prendre sa tension. A croire qu'il n'a rien à cirer de la survie de son enfant et qu'il préserve sa génitrice.

Durée du message : une seconde. Merde.

— Ce n'est pas la première fois ni la dernière, Delphine.

— Je sais.

Une seconde. Qu'est-ce que Marc a bien pu me dire en une seconde ?

— Quoi qu'il en soit, dit Bertrand, dès qu'on aura un feu vert de la néonat pour qu'ils montent la voir, tu devras les avertir.

— Et comment ! Ce sera un plaisir de priver ce gars de sommeil.

Tu ne veux pas sortir dix secondes, que j'écoute mon message en paix ? Cet appareil n'a pas d'écouteurs personnels, et je n'ai aucune envie de partager mon message avec qui que ce soit.

— Bon, j'ai des soins à donner dans deux chambres. A plus tard, Delphine.

Alleluia !

— A plus tard, Bertrand.

Une seconde.

L'image sonore du message s'était affichée à l'écran. Delphine jeta un œil autour d'elle : personne n'allait rentrer dans la pièce tout de suite. Elle cliqua sur le bouton « Écouter ».

Il n'y avait que le bruit de fond de la voiture de Marc, lancée à haute vitesse sur l'autoroute.

Salaud.

Elle fit disparaître les programmes qu'elle avait ouverts pour consulter sa messagerie, puis tenta de se concentrer sur les travaux administratifs qu'elle avait laissés en plan.

Marc sait très bien que je ne peux pas répondre au téléphone en pleine garde ! S'il a appelé cela veut dire qu'il voulait me laisser un message. Puis il a changé d'avis. Il n'a aucun courage.

Inutile de résister. Delphine, tout en rangeant ses dossiers, demanda une fois encore à l'ordinateur de rafraîchir la liste des appels entrants sur son portable.

Rien.

Ligne fixe : pas mieux.

Delphine savait qu'elle pouvait envoyer un message texte via le même site Internet. Elle composa :

Tu as quelque chose à me dire ?

Elle appuya sur le bouton « envoyer » au moment où Isabelle entra dans la pièce.

— Henri est de retour en salle d'op avec la maman de Noémie. Il te demande de l'y rejoindre.

Zut ! Les sutures !

— Laquelle ?

— La trois.

— Il doit être furieux.

— Je n'ai pas eu cette impression.

— J'y vais.

Delphine quitta le camp de base et s'engouffra dans le couloir. Alors qu'elle progressait vers la salle d'opération, sa conviction prenait forme : elle allait avoir droit à un savon discret en présence de sa patiente. C'était évident : s'il n'avait pas l'intention de la sermonner, il aurait gardé Isabelle pour l'assister.

Elle pénétra dans la salle. Henri parlait à sa patiente. À l'arrivée de Delphine il leva les yeux et s'interrompit.

— La voici, Madame.

Delphine s'approcha.

— Ma patiente voulait te remercier.

***

Delphine achevait d'installer maman Noémie dans sa chambre. Henri n'était passé en salle d'opération avec elle que pour examiner en détail ses sutures, constater que malgré les saignements elles avaient parfaitement tenu, et lui refaire un pansement « comme il voulait ». En réalité, l'infirmière s'en était bien doutée, il l'avait amenée sur « son territoire » pour donner du poids à ses propos et convaincre maman Noémie de ne plus se relancer dans ses escapades solitaires.

— Je sais que c'était idiot, dit maman Noémie dans un soupir.

— Je vous comprends, madame. Mais en effet ce n'était pas prudent. Il vaut mieux que vous appeliez pour avoir des nouvelles, ou pour rejoindre votre fille dans de meilleures conditions.

L'image de Marc s'invita brusquement dans la conversation. Delphine la chassa d'un revers de manche mental.

— Ça n'a pas l'air d'aller, mademoiselle ?

Marc, pour la dernière fois, fiche le camp. C'est le monde à l'envers à cause de toi, ici !

— Si si, tout va bien. Vous me promettez de vous reposer maintenant ?

— Oui, même si à mon avis je n'arriverai pas à dormir.

— C'est bien normal. Vous avez accumulé beaucoup d'émotions. Peu de mamans dorment durant leur première nuit à l'hôpital.

Maman Noémie ferma les yeux.

— Bon... je vais essayer de me calmer, ce sera déjà ça.

— Je vous laisse. Dès que j'ai des nouvelles de Noémie je vous avertis.

Les yeux toujours fermés, elle répondit :

— Cela ne me donne pas envie de m'endormir, ça.

Pardon ?

Delphine se sentit glisser doucement.

— Je ne comprends pas...

Si, tu comprends, mais tu as le cerveau englué dans tes petits problèmes perso. Il faut te mettre les points sur les « i » ?

— Si tout va bien pour Noémie vous allez me laisser dormir, je suppose. Si vous me réveillez cette nuit, ce sera parce que quelque chose ne tourne pas rond. Et vous voudriez que je m'assoupisse dans ces conditions ?

Petite conne ! Réagis, et vite !

— Dans quelques heures, nouvelles ou non, mes collègues ou moi devrons vous réveiller, ne fût-ce que pour vous examiner. Vous pouvez dormir.

La patiente gardait les yeux fermés. Delphine vit rapidement pourquoi : les larmes débordaient. Elle lui prit la main.

— J'ai peur pour elle.

— C'est bien normal. Essayez de vous détendre.

Mais c'est inutile, petite maman. Tu ne peux rien faire pour Noémie maintenant. Je dois y aller, aussi.

La jeune maman la libéra :

— Ça ira bien. Vous avez certainement du travail.

Elle a lu dans mes pensées ?

— À plus tard.

Delphine sortit en se maudissant de plus belle. Et tandis qu'elle pensait à se reprendre Marc revint à la charge.

Cette fois elle n'eut pas la force de le repousser.

Que me veux-tu encore ? Où es-tu ? Tu roules toujours ? Pourquoi es-tu resté muet tout à l'heure ?

L'image de Marc se superposait à celle du couloir dans lequel Delphine se déplaçait. Elle ne voyait pas vraiment son visage, mais devinait plutôt ses yeux hypnotisés par la route qui défile.

Sois prudent.

Et l'instant d'après :

Va au diable.

— Delphine ?

Elle se retourna : c'était Bertrand.

— Cécile te demande en néonat.

Elle comprit à sa tête qu'il était inutile d'ajouter « c'est urgent ». De toute façon la règle était toujours la même avec la néonatologie : les bonnes nouvelles arrivaient par téléphone, les mauvaises, on devait aller les chercher sur place.

— Qui ?

— Je ne sais pas.

— Décidément, je joue les messagers, cette nuit.

Je ressemble plutôt à une bille de flipper.

Pendant qu'elle montait les escaliers, elle pria pour qu'elle n'ait pas à retourner tout de suite dans la chambre de maman Noémie. Lorsqu'elle s'approcha de la baie vitrée, une idée la traversa.

Tu peux compter sur moi.

C'est bien ce qu'elle avait dit à Maya. Maintenant, il était trop tard pour reculer. La nuit était déjà bien avancée, et Delphine sentait qu'elle penchait du mauvais côté, lentement mais sûrement.

Elle entra. Cécile s'affairait au-dessus de bébé trente. À côté de la couveuse, les paramètres vitaux étaient à zéro.

Faites que je n'aie pas à réveiller ses parents !

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Amoureuse

 

Je n'aurais jamais pensé toucher l'amour d'une vie auprès de vous !

 

Perdre pieds, bien trop fort ensoleiller mon cœur, avec effort vous porter tout entier, grandir alors toute seule et vous attendre.

 

Orpheline de vous, mais point de votre Amour je suis ; je m'en suis approprié.

 

Regardez-vous le cheminement de l'onde de temps-en-temps ; la Seine ?

 

Il y a des amours auxquels nous consacrons toute une vie.

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