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Fleurs de bonsaï

Fleurs de bonsaï

Antonia Iliescu


Fleurs grandes d’arbres petits

Aux troncs ratatinés

Aux limites mesquines

Et absurdes : « jusqu’ici ! »

Pleurant sous leurs écorces
Incommodes, trop serrées,

Les branches mutilées

Par le génie de l’homme 

Écrivent leur loi lignine :

« Défense de pousser ! »

 

C’est l’anarchie dans le p’tit pot d’argile 

Les vieux bandages tombent

De ces arbres malades
Aux fleurs lilas énormes,

Les vieux bandages tombent

De tous ces pieds martyrs,

Infirmes et difformes,

Prisonniers des souliers nains –

Canon d’une vieille beauté

Une beauté amputée,

Torturée, mise à mort -

Les fleurs de bonsaï
S’éveillent, se rebellent

En marchant sur leur sort. 

 

Le phloème interdit

Revient dans les racines

Et remonte dans le tronc ; 

L’arbre agenouillé érige son amour

Défiant sort et homme…

 

L’homme, le servant de la fleur

La fleur, la reine de l’arbre.

 

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♦ En l'honneur du coeur du manifestant

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Si le Temps emporte tout, aussi sûr qu’il nous fait disparaître,

Aussi vrai qu’il n’attend jamais le terme de notre voyage

Pour nous détrousser jusqu’à nous faire peine de grands dommages

Et tout du long de la grande déchirure, être et ne plus être

 

Que nous reste-t-il si tous les mots vont à se désaccorder   

Dans la voix déglinguée d’un monologue qui se fait un extra

Mais qui s’en souviendra de l’interprète quand il en finira

De ses couplets et refrains de payer l’ardoise de chanter

 

Que nous reste-t-il ? A la question après passe, passera

Répondez combat et dit jour de fête tant que le cœur bat

Donnez au souffle un grand bol d’air et faites-vous porte ou fenêtre

Jusqu’à l’idée d’en ouvrir bien plus, et cent et mille peut être   

 

Si le Temps emporte tout, aussi sûr que rien ne lui résiste

Aussi vrai que cette multitude des beautés éphémères

Quand bien même on peut aller d’une seconde à des années-lumière

Quand bien même on se fait de la fantaisie sur de nouvelles pistes

 

Que nous reste-t-il si tous les mots vont sur des disques rayés

Dans la voix épuisée d’une rengaine pour tous les piafs de la rue  

Mais qui s’en souviendra des auteurs des histoires mal fichues

Des poètes maudits disparus comme des nuits refermées  

 

Que nous reste-t-il ? A la question après qui vivra verra

Répondez combat et dit jour de fête tant que le cœur bat

Donnez au souffle un grand bol d’air et faites-vous du bord de mer

Jusqu’à l’idée d’un grand tout en trop et beau de mille manières  

 

Si le Temps emporte tout, aussi sûr qu’il ne fait que nous prendre  

Aussi vrai qu’il ne veut rien nous rendre et qu’il nous défigure

Dehors dedans et quoiqu’on fasse pour rester en villégiature  

En cure pour un futur dans un âge faussaire à y prétendre  

 

Que nous reste-t-il si tous les mots vont se briser tout du long

Dans la voix extorquée d’un accordéon à notes expirées

Quand il fait l’aumône sur des morceaux de trottoirs attristés  

A des gens à cœurs de bitume qui ne savent plus qui ils sont

   

Que nous reste-t-il ? A la question après celles du pourquoi

Répondez combat et dit jour de fête tant que le cœur bat

Donnez au souffle un grand bol d’air et faites-vous la gorge pleine

Jusqu’à l’idée d’un espace libre et pour mille mises en scène   

 

Si le Temps emporte tout aussi sûr qu’il fait notre infortune

Aussi vrai qu’il règne en maître par-delà notre nombre de lunes  

Que nous reste-t-il si tous les mots sont faits pour nous dire adieu   

Pour nous disperser et pour faire de nous du peuple silencieux

 

Que nous reste-t-il ? A la question après que faut-il qu’on croit

Répondez combat et dit jour de fête tant que le cœur bat

Donnez au souffle de la chanson jusqu’à tout vous permettre  

Un jour manifeste de l’âge des amours sur la planète

 

 

© Gil DEF - 01.05.2012

- Manifestement cherche-monde-

 

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Résumé historique extrait de longues recherches et mise en forme

en vue d'une publication portant sur la Flore dans la Poésie médiévale

Franco-italienne avec une incursion vers ce Paradeska de Paradis persan


Concernant la guise  ancestrale de l’Arbre de Mai

symbole de renouveau amoureux particulièrement vivace sous le bas Moyen-âge

jusqu'à l'aube de la Renaissance, coutume encore présente de nos jours

dans certains pays de l'Est, semblable à la Moldavie...


 



                          Hors du cadre intime et idyllique des "jardins d’amour", offrir une composition florale constituait un élément prééminent lié au code d’amour courtois.

                          Il était en effet demandé à l’amoureux digne de ce nom de venir "planter le mai" devant la demeure de la bien-aimée dans la nuit du 30 avril au 1er mai afin de prouver toute la ferveur de sa "foi "! Aucun retard ni autre excuse que ce soit n'était toléré et si jamais la ponctualité faisait défaut au "galant", il se voyait souverainement dédaigné, s’attendant aux pires représailles qu’un amant puisse endurer….

                          Par contre nous ignorons précisément de quelle essence était l’"arbre de mai" : parfois il revêtait la forme d’une branche de cerisier en fleur (symbole d’un premier amour…), d’une branche de pin éternellement verte (emblème d’un amour impérissable, constant…) mais pouvait également représenter un rameau fleuri de tilleul (attribut chez les anciens germains de la déesse Freya, messager de fécondité et d’amour…).

                         Il arrivait aussi que la branche de mai soit remplacée par une couronne de mai arborée à la porte ou à d’autres huisseries du logis de l’être chéri (ex : chambre à coucher…). Rites floraux soumis à des règles bien spécifiques, régis par les nobles us et coutumes du " fin’amor " qui requerraient notamment de l’ "élu vainqueur " portant chapelet ou couronne de fleurs, un gage de son adoration fidèle chaste et dévouée de sa totale obéissance prêtée à la dame convoitée.

                         L’origine de cette tradition provient probablement des pratiques profanes si usitées au Moyen âge , "chapiaux jolis, fleurs d’amour, œillets, violettes et roses que l’on échangeait en guise de dons au cœur des "jardins d’amour", ces enclos castraux médiévaux voués aux tendres promesses…



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 Iconographie illustrant la fameuse tradition de l'Arbre de mai, enluminure du mois de mai

placée sous la constellation des Gémeaux,  manuscrit

"Les Grandes heures d'Anne de Bretagne" orné par Jean Bourdichon, 1505, Tours, Paris BNF.



Concernant la coutume de Mai (May le gay)

                 

                    Comme nous avons eu, à maintes reprises, l’opportunité de le remarquer, les ornementations florales revêtant principalement la forme de couronnes ou "chapels de flors"( couronne dont la forme circulaire symbolise déjà à elle seule le désir perpétuel de l’amour) représentaient le complément indispensable d’une noble société éprise de raffinements, accompagnant une élite toujours prête à se réjouir, aspirant avec entrain à chasser le vilain "Soucy"  ou  "Merancolye"  au profit de mille et une célébrations et festivités qui, la plupart du temps, se déroulaient sous les hautes frondaisons, dans des "chambres" ou "cabinets de verdure" abritant tant "de tendres confidences "…

                  Aussi, lorsque les "gentes dames et damoiselles" escortées de leurs "gentilz seigneurs et damoiseaux" ne pouvaient guère s’adonner eux-mêmes à cet art subtil qui consistait à confectionner de "fraîches parures" embaumées, constituées d’essences majeures telles la rose, l’œillet, la violette, etc…(traditions reprises de l’Antiquité, bien que le Moyen âge chrétien prétendît refouler les rites païens honnis, caractéristiques de ces civilisations ancestrales 1!), notre assemblée de dignitaires eut recours à une corporations privilégiée de " bouquetiers-tresseurs  de flours ", professionnels possédant une certaine faveur de la part de l’aristocratie et qui ne comptaient rien que quatre guildes de "chapeliers ", dont l’une siégeant à Paris, fut reconnue officiellement dès le XIII e siècle, continuant d’exercer leur talent de manière grandiose jusqu’à l’aube de la Renaissance.

 

 

1 –Se reporter aux sources antiques comme 'l'Histoire des plantes"

 de Théophraste (vers 370av. JC- vers 285 av. J.C)

et au livre XXI de l’ "Histoire naturelle" de Pline l’Ancien (23 – 79 après. JC)

 ainsi qu’auprès de quelques chefs d’œuvres littéraires et philosophiques : 

"Le Banquet" de Platon (vers 428 – 348 –ou 347 av JC),

"Les Métamorphoses" d’Ovide (43 av. JC – 17 ou 18 après. JC).

 

 



 

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En écho à ton poème Claudine

Sur le piteux sort réservé aux travailleurs, classes moyennes

 

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=MKeiChMRWTU

 
J'ai souvent parlé et communiqué des liens ces dernières années sur les travaux de Naomie Klein et de cet apprenti sorcier, drôle de prix Nobel de la Paix ! Milton Friedman avec sa théorie cynique de malheur, ses manipulations économiques lors de chocs, désastres, guerres touchant les peuples : abus de pouvoir et mise en place d'un ultra libéralisme d'un froid glacial qui provoque ou profite de situations tragique pour enrichir encore toujours les gros aux détriments des plus démunis.
Voici par la courageuse Naomie Klein, un cours d'histoire magistral qui remonte au début des années 50 jusqu'à nos jours : comment l'économie libérale féroce utilise les théories de l'économie de choc de Milton Fridmann avec ses Chicago Boys.

Prendre le temps de tout visualiser même si c'est dur et même terrible, cela éclaire bien notre époque contemporaine et les effondrements incompréhensibles que nous subissons.
Au moins nous avons ici le fil rouge qui éclaire ce que nous vivons dans cette crise économique plutôt bien manipulée.
Et comme j’aime à répéter cette belle maxime de René Char 
« La lucidité est la blessure la plus proche du soleil. »

Ceci dit les germes de reconstruction, les élans positifs sont déjà au travail un peu partout sur notre belle planète
et ne nous laissons pas abattre comme Coline Serreau qui encourage les "Solutions locales pour un désordre global".

La Stratégie du Choc

www.youtube.com

En 2007, Naomi Klein publiait La Stratégie du choc. Un traumatisme collectif, une guerre, un coup d'état, une catastrophe naturelle, une attaque terroriste p...

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ADMINISTRATEUR GENERAL

 

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Et à titre d’information voici les six prochaines expositions:

 

-Titre : « La collection permanente à l’espace Yen »

Artistes : collectif d’artistes de la galerie (peintures)

Vernissage le 02/05/2012 de 18h 30 à 21h 30 en la galerie même.

Exposition du 02/05 au 30/06/2012 à l’Espace Art Gallery II.

 

-Titre : « Le carré pour essentiel »

Artiste : Pierre-Emmanuel Meuris (peintures)

Vernissage le 13/06 de 18h 30 à 21h 30 en présence de Françoise Marquet (harpiste)

Exposition du 13/06 au 30/06/2012.

&

-Titre : « Entre rêves et réalité  »

Artiste : Patrick Marin (peintures)

Vernissage le 13/06 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 13/06 au 30/06/2012.

&

-Titre : « Let the altars shine »

Artiste : Michel Marinus (peintures)

Vernissage le 13/06 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 13/06 au 30/06/2012.

&

-Titre : « Octet et les sculptures parlantes »

Artistes : Dominique Le Roy de La Chohinière (sculptures) et Patricia Izquierdo (textes)

Vernissage le 13/06 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 13/06 au 30/06/2012.

 

La galerie est fermée au mois de juillet

 

-Titre : « Le collectif de la galerie à l’honneur »

Artistes : collectif d’artistes de la galerie (multidisciplinaires)

Vernissage le 01/08/2012 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 01/08 au 31/08/2012.

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

 

Bien à vous,

 

                                                                  Jerry Delfosse

                                                                  Espace Art Gallery

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Le ciel (suite)

Le ciel,

à n’importe quelle heure,

partout,

léger ou lourd ;

chapeau de la terre,

indissociable à elle,

peaufine son élégance,

la parachève.

Le ciel,

Œuvre d’Art,

N’exigeant nul talent,

mais de la magie pure et douce,

gardée secrète ;

la signature bleue, d’une main invisible,

parsemant ça et là,

des étoiles, du soleil, des nuages,

et des ondées diaprées,

des vents et des orages ;

chorégraphie céleste,

parfaite, renouvelée sans cesse,

au dessus de nos têtes

et dont se parent nos yeux,

qu’ils soient joyeux ou tristes,

jeunes ou vieux.

Éternité.

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La ballade de l'innocente

 

Elle existe face au soleil,
Les yeux contemplant les nuages,
Joyeuse, passive, en éveil.
Elle a sa rue pour paysage.
Une rangée de maisonnettes,
Des jardinets riches en couleurs,
Des oiseaux qui font la navette.
Elle a l'innocence des fleurs.
...
Pour l'âme éprise de tendresse,
La liberté est vent d'oubli,
Elle sauve de la rudesse,
Délivre de tout ce qui lie.
Après des années de courage
À vaincre l'angoisse ou la peur,
Elle ignore quel est son âge.
Elle a l'innocence des fleurs.
...
Les saisons reviennent et passent,
Chacune empreinte de beauté.
Elle aime la neige et la glace,
Se surprend à être exaltée.
Chaque jour dans l'instable monde,
Hommes et femmes sont en pleurs.
Le fanatisme frappe et gronde.
Elle a l'innocence des fleurs.
...
Face à la folie, la sagesse
Veut qu'on occulte le malheur.
Sa sérénité est richesse.
Elle a l'innocence des fleurs.
...
20 mars 2006

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Le sablier rouge des Huit Heures.

 

Premier du mois de mai célèbre tour à tour,

Renouveau  et  travail  pour  ne pas oublier,

Efforts et révoltes pour huit heures par jour,      

Modérer  le  travail  qui  coule  au  sablier.                       

Internationale, la  révolte  s’encours,

Eugène puis Pierre chantent les mots de Pottier,    

Reflets  de  la  lutte  sociale  pour parcours.   

 

Musique avec drapeau le peuple avance,

A  l’unisson  clame  combats  et victoires,     

Inspiré  par  la  foi  il  suit  la  mouvance.    

 

Des  siècles  du  passé  fuir  la  servitude,

Extrême des spoliés pour partager le pain,  

Union force et santé rongent l’incertitude,

Xantho jaune de l’or, pour tous un gagne-pain.

 

Mandragore  rêve  de congés  à  payer,

Idéal  des  demains, un  travail  équitable, 

Labeur  et  services,  écueils  à surmonter,

Loisirs de nos futurs, courir à Vaux diable,      

Enchanté d’un  répit sans se  faire injurier.

 

Des  conflits   incessants  traquent le  capital,

Onc et toujours inscrits du côté des banques,

Usurier  du  pouvoir  de  l’avoir  sociétal,

Zélateur de l’argent dans la bonne planque,    

Estime  le  travail,  la  valeur  du  vital.      

 

Comment ne pas garder au cœur ces souvenirs,

Que  la mémoire envoie  fleurir le  premier mai,

D’ores  de  clochettes,  déjà  des  devenirs, 

Aube de  rosée,  perles  des  jours  de mai.  

 

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

 

 

 

L'Internationale est un chant révolutionnaire dont les paroles furent écrites en 1871 par Eugène Pottier et la musique composée par Pierre Degeyter en 18881]. Wikipédia.

 

Xantho préfixe référant à la couleur jaune.

 

Mandragore : plante, riche en alcaloïdes aux propriétés hallucinogènes.  Les Anciens lui attribuant des vertus magiques extraordinaires.  Wikipédia

 

Le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200.000 travailleurs américains d'obtenir la journée de huit heures.

Le souvenir de cette journée amène les Européens, quelques années plus tard, à instituer une «journée internationale des travailleurs» ou «Fête des travailleurs». Cette journée est aujourd'hui plus volontiers appelée «Fête du Travail», bien que l'expression prête à confusion...

Joseph Savès.

Une revendication nationale

 

 

 

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Dame Mélancolie

 

J’avais certes oublié Dame Mélancolie.

Elle me susurrait de douces mélodies

Et m’apportait un baume aux instants de souffrance.

Comment suis-je arrivée à tant d’indifférence?

... 

Elle me susurrait de douces mélodies .

Mon âme s’apaisait, surprise et attendrie. 

Comment suis-je arrivée à tant d’indifférence?

Dame Mélancolie avait ma préférence.

... 

Mon âme s’apaisait, surprise et attendrie.

Comme elle m’entourait de soies, de broderies,

Dame mélancolie avait ma préférence.

Je l’accueillais, émue,  même les jours de chance.

...

Comme elle m’entourait de soies, de broderies,

En ramenant à moi d’anciennes rêveries,

Je l’accueillais, émue, même les jours de chance .

Je la retrouverais, ravie, dans le silence.

 

29/6/2005

 

 

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Il s'agit d'un traité de Christine de Pisan ou Pizan (vers 1364-vers 1431), composé en 1405.

 

Écrit au lendemain du débat sur le Roman de la Rose, au cours duquel Christine prenait parti contre Jean de Meung, le Livre de la Cité des dames obéit au double modèle de la Cité de Dieu de saint Augustin  et des ouvrages historiques ou dévots qui exaltent des figures et des hauts faits du passé (les Miracles de Notre-Dame, la Légende dorée, Faits des Romains), surtout le De mulieribus claris et le Décaméron de Boccace auquel elle se réfère plusieurs fois.

 

Choquée et peinée par les discours misogynes qui fusent de tous côtés, dont le dernier en date, les Lamentations de Matheolus, lui semble particulièrement odieux, Christine bâtit sa cité idéale comme une place forte destinée à protéger les femmes méritantes d'injustes attaques et à combattre l'ignorance qui sous-tend de tels propos. Comme dans d'autres ouvrages, elle met sa fiction sous le signe de l'allégorie et la situe dans le cadre d'une vision, établissant de la sorte entre la réalité et le monument littéraire qu'elle érige, un lien symbolique propre à la révélation de vérités essentielles. Son traité se veut ainsi moins polémique que didactique et moral.

 

Christine à son pupitre se sent découragée par le mépris des lettrés envers les femmes. Elle maudit sa nature féminine, lorsque, dans une grande clarté, lui apparaissent trois dames de noble maintien: ce sont Raison, Droiture et Justice qui lui reprochent son abattement et l'engagent avec leur aide à bâtir une cité pour les «femmes illustres de bonne renommée»: avec sa plume, Christine dressera une citadelle plus résistante que les cités terrestres. En discutant sur les intentions des penseurs antiques puis sur les vices attribués aux femmes, elle jette les fondations puis place les pierres les unes sur les autres, c'est-à-dire accumule les portraits de femmes remarquables. L'ouvrage comprend trois parties, chacune dominée par une des figures allégoriques. La première traite avec Raison des femmes et de la politique, passant en revue reines, guerrières et chefs d'État, évoquant des femmes savantes et celles qui furent à l'origine d'inventions: l'écriture syllabique, le tissage, l'éloquence. Raison conclut à l'égalité des sexes devant Dieu. Droiture prend ensuite la parole pour bâtir les édifices de la ville: ils seront faits des prophétesses, des épouses fidèles et vertueuses, des femmes qui sauvèrent leurs pays... Droiture réfute, preuves à l'appui, les accusations portées contre les épouses, contre la lâcheté et la pusillanimité des femmes, leur prétendue infidélité ou leur excessive coquetterie. Christine s'adresse à toutes femmes mortes et vivantes et aux princesses. Justice alors s'avance pour introduire la première entre toutes: la Vierge Marie. Suivent de nombreuses saintes femmes et martyres. Christine accueille avec joie les dames, leur demandant de rester vertueuses et dignes de leur cité, fermes face aux discours séducteurs et perfides des hommes.

 

Christine trouvera les matériaux de sa cité au «champ des lettres», où il lui faudra creuser avec «la pioche de son intelligence», maçonner avec «la truelle de sa plume». C'est précisément la nature purement verbale de l'édifice qui le rend invincible et éternel: Christine proclame ainsi sa foi _ humaniste _ en la force du discours et de la culture. Métaphore explicite de l'écriture, son ouvrage se meut tout entier dans l'univers des livres: issu de ses réactions de lectrice, il est sa réponse à d'autres livres, ceux qui l'enserrent dans son cabinet de travail comme elle le rappelle dans son prologue: «Selon mon habitude [...] j'étais un jour assise dans mon étude, tout entourée de livres traitant des sujets les plus divers.» Christine met ainsi en scène sa propre figure d'écrivain(e) et parle de son rapport à la création comme d'un travail de construction dont la mémoire littéraire constitue la pulsion première et le coeur: «C'était une fontaine qui sourdait: un grand nombre d'auteurs me remontaient en mémoire.»

 

Désireuse de donner aux femmes la mémoire de leur propre histoire, Christine convoque tous les discours _ allégorique, mythique, historique _, rassemblant dans l'espace de sa cité déesses païennes et saintes martyres, princesses légendaires et historiques, antiques et modernes, voire contemporaines: Isabeau de Bavière, Jeanne de Berry, Valentine Visconti. C'est, en effet, en effaçant les particularités des lieux et des époques, en gommant la distance historique ou légendaire, en ignorant délibérément les zones d'ombre, qu'elle va droit à l'essentiel, transcende l'anecdote, et atteint l'universel et l'éternel. Son histoire des femmes est surtout un monument à leur gloire. Son style répond à son projet. Ne gardant que les éléments principaux des récits qu'elle compile, ne s'attachant qu'aux traits pertinents qui servent son idée, elle rédige une suite de panégyriques et de portraits idéaux. Elle trace des épures où l'évolution du personnage, les événements disparaissent au profit de caractères moraux, stables et figés. Chaque femme devient le modèle de telle ou telle vertu: ainsi la figure de Sémiramis _ qui constitue la première pierre _, reine de Babylone, pourtant incestueuse, acquiert une cohérence et une noblesse sans défaut. Christine refuse toute description inutile, tout détail pittoresque qui disperserait l'attention, nuirait à l'unité du portrait et à son exemplarité. Seules les discussions qu'elle a avec ses protectrices aèrent l'exposé, soulèvent des interrogations aussitôt réduites par une argumentation sans réplique.

 

Au-delà d'accents étonnamment modernes (affirmation de l'intelligence des filles et de leur droit à l'instruction, dénonciation du viol, scandale des mariages mal assortis...), Christine achoppe sur l'impossibilité de dépasser le modèle masculin. Pour s'en sortir les femmes doivent se viriliser! Ne changea-t-on pas le nom de la reine de Carthage Elissa «pour l'appeler Didon, l'équivalent du latin virago, c'est-à-dire "celle qui a le courage et la résolution d'un homme"?» Aussi les murs d'enceinte sont-ils faits des reines guerrières, veuves (thème récurrent chez l'auteur en rapport avec sa situation), ou sans hommes comme les Amazones. État ou choix toujours pleinement justifié, qui métamorphose la femme en homme (voir la Mutation de Fortune).

 

Mais plus profondément _ et en cela sa plume est plus audacieuse et polémique qu'il ne paraît _, Christine opère un retournement du discours clérical: sans la femme, sous son double visage d'Eve et de Marie, l'Homme n'aurait pas accédé au royaume de Dieu, car «jamais l'humanité n'aurait été réunie à la divinité si Eve n'avait pas péché». La femme prend donc rang parmi les interlocuteurs privilégiés de Dieu et de longues pages sont consacrées aux sibylles «qui connaissent la pensée de Dieu». Mère de l'humanité, elle est alors naturellement à l'origine des inventions essentielles qui ont permis l'essor de la civilisation: l'alphabet, l'agriculture, le tissage.... Voulue par Dieu, l'excellence des femmes sert à sa gloire. Aussi leurs calomniateurs s'opposent-ils à la volonté et au message divins... Mais aussi, dans cette cité, érigée sur les figures païennes, pénètre en maîtresse la Vierge Marie suivie des saintes femmes, car tel est le modèle ultime que Christine propose à ses soeurs et qui annonce le ton du Livre des Trois Vertus: vivre selon les préceptes de la morale et de l'Évangile, voilà la clé de la force des femmes.

 

Quelques mois plus tard, Christine reçoit une nouvelle visite des trois allégories qui lui demandent de compléter sa Cité par un Trésor, c'est-à-dire un traité d'éducation et de savoir-vivre, véritable guide de morale et de prudence mondaine, à l'usage des femmes désireuses de «pénétrer dans la cité» et à celui des «rebelles». Rempli de conseils pratiques et de préceptes moraux, ce Livre des Trois Vertus s'adresse directement aux femmes et passe en revue les différents «estats», des princesses aux femmes les plus humbles et même aux prostituées invitées à réformer leur vie.

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Une charmante fantaisie

 

À Chandylane

Le charme d’une fantaisie,

S’il est fait de délicatesse,

Me comble parfois d’allégresse

Ou tout simplement m’attendrit.

...

J’ai reçu, ce jour, un courrier

Orné d’une petite rose,

Animée, qui court et se pose

Sur la bouche d’un encrier.

...

De sa tige trempée dans l’encre,

Elle trace le mot merci,

Qui s’étale clair et précis.

Un murmure doux à entendre.

...

Une charmante fantaisie,

Où se marient bon goût et grâce.

Elle a voyagé dans l’espace,

En s’empreignant de poésie.

...

                                                                             28 août 2009

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administrateur théâtres

Au théâtre Le Public : DU COQ à LASNE

 

De et avec  LAURENCE VIELLE ( avec JEAN-MICHEL AGIUS), Vincent Granger (clarinettes)  Helena Ruegg(bandonéon) pour la musique

Regard extérieur à l'écriture et à la mise en scène : Pietro Pizzuti

DU 12/04/12 AU 26/05/12               Petite Salle - Création mondiale - relâche les dimanches et lundis. Durée 1h30 / Supplémentaire le lundi 7 mai 2012 à 20h30

12272805292?profile=original« Pendant la deuxième guerre mondiale, il y avait dans ma famille flamande un résistant, membre du réseau Comète, et un collaborateur, fondateur du pèlerinage de la tour de l'Yser. Le premier est mort à Flossenburg en mars 1945, à l'âge de 34 ans, tandis que le second, après la guerre, était encore vivant. Cette histoire est un secret de famille. Personne n'en parle. On se tient bien... »

 

 Traversée de Flandre-Bruxelles-Wallonie. Cochon, coq ou âne, qu'importe? Voyage à pied dans l’espace et le temps.  « C’est le cheminement qui importe. » Lors de son voyage entre De Haan (du coq) et Lasne (à l’âne) Laurence fait une trouvaille insolite au bord d’un rang d’arbres de la forêt de Soignes : deux petites chaises pour enfant, porteuses  de deux âmes vieilles de plus de cent ans, comme dans l’Oiseau Bleu.

Bon début,  la peinture bleue est à peine écaillée. Laurence Vielle va s’empresser d’écouter avec passion le bruissement de la voix de son  arrière grand-mère en conversation avec son frère. La jeune femme, encore sous l’emprise de  la magie de l’enfance saisit les moindres frémissements des choses et des gens. "Van de hak tot op de tak."  De long en large, elle cherche inlassablement, classe, range et refait surgir l’image déteinte de sa famille. Elle fait reverdir tout un arbre de vie commune. Les uns et les autres se partagent les mêmes racines et s'expliquent. Tandis que la voix de  sa mère n’a de cesse que de la  conjurer de ne plus remuer le passé, Laurence travaille comme une archéologue. Explorer, étiqueter, replacer, trouver la bonne distance, restaurer les voix contradictoires : résistants contre collabos, francophones contre flamands, occupés contre occupants, les face-à-face sont prodigieux. « L’humain face à l’humain. »  

 

Laurence veut, à travers sa patiente et minutieuse reconstitution,  comprendre de quoi elle est faite, essayer de retrouver le fil rouge qui file l’histoire de mères en filles. Braver la honte et lever  une à une les pierres qui scellent des secrets terribles. C’est toute l’histoire de la Belgique qui y passe, depuis les tranchées de l’Yser. Un tableau  poignant qui nous aide à comprendre la superbe des uns la frustration des autres et ce clivage géologique fait du schiste le plus dur  qui pourfend la Belgique depuis sa création.

 

 Les moyens poétiques mis en œuvre par l’archéologue familiale sont d’une rare inventivité. Elle ne tient pas en place et passionne le public.  A vous de découvrir tous les secrets de l’art de la conteuse qui batifole avec tout ce qui lui tombe sous la main et organise un véritable jeu de piste surréaliste. Les voix sont touchantes, la volonté de nager en eau libre enfin transparente est  tenace. Ces questions d’identité sont  une question de vie ou de mort. Le spectacle est si émouvant et attendrissant que l’on doit souvent  retenir ses larmes. Il y a des paroles terribles :  « A défaut de savoir qui on est, on stigmatise qui on n’est pas.»  C’est rare de s’abreuver à une telle source d’humanité et de parole juste. Dans sa quête, elle cite Primo Levi et Aragon. Laurence fait plus que du théâtre, elle devient chaque jour un peu plus « Elle » en mille facettes: une métaphore vivante de la Belgique, telle qu’on la rêve, tous les soirs sur le plateau.

 

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=293&type=2#

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Les Ballades de Christine de Pisan

12272804870?profile=originalIl s'agit de recueils poétiques de Christine de Pisan ou Pizan (vers 1364-vers 1431).

 

A partir de 1380 et jusque vers 1410, Christine compose près de trois cents ballades, qui constituent la majeure partie de sa production lyrique, puisque la forme la plus souvent utilisée ensuite par elle, le rondeau, ne représente que quatre-vingts pièces. Les ballades qui s'inscrivent dans la tradition des grands créateurs du XIVe siècle, et notamment de Machaut, peuvent être insérées dans des oeuvres narratives en vers (on en trouve quinze dans le Duc des vrais amants); mais, composées séparément ou de façon concertée, elles sont le plus souvent regroupées en recueil, avec notamment les ensembles des Cent Ballades (1395-1400) et des Cent Ballades d'Amant et de Dame (1410). Le poète se conforme ainsi à un goût pour la «mise en recueil» dont les Cent Ballades de Jean de Saint-Pierre, sénéchal d'Eu, sont l'un des exemples les plus célèbres.

 

D'une manière générale, l'inspiration de Christine puise dans les thèmes courtois, et d'abord dans la peinture de l'amour où la femme est souvent victime de l'inconstance et de la désinvolture de l'amant; mais, réagissant au spectacle piquant ou douloureux que lui offre son époque, le poète compose aussi, comme l'a fait Eustache Deschamps, des «ballades de moralité». Son oeuvre n'est pourtant pas le reflet direct d'un sentiment personnel, d'autant qu'elle se défend à plusieurs reprises d'avoir pris l'initiative d'écrire: «Aucunes gens me prient que je en face / Aucuns beaulz diz, et que je leur envoye», dit-elle au début des Cent Ballades.

 

Mais, comme l'a montré D. Poirion, il n'existe pas d'opposition entre le fait que l'écrivain-artisan travaille sur commande _ et d'abord, s'agissant de Christine, afin de gagner sa vie après la mort de son époux _ et son aptitude à dire, de façon occasionnelle, une situation personnelle et à pousser un cri parfaitement sincère. Travail poétique et inspiration se rejoignent en effet à un niveau très profond où l'écriture peut signifier pour tous ce que le langage ordinaire laisserait à l'individuel et à l'anecdotique.

 

Dans le premier recueil des Cent Ballades, l'expression personnelle est du reste plus proche, moins diffractée par le travail poétique que dans les oeuvres ultérieures. Au début du volume, parmi les ballades de «douloureux sentement», plusieurs poèmes laissent percevoir la souffrance du veuvage: «O dure mort, or as tu trait a chief / Touz mes bons jours, ce m'est chose molt dure» (ballade V).

Mais d'autres formes de souffrance prennent place dans ce petit ensemble, où se déploie la culture d'un auteur en quête d'une sagesse à laquelle conduit le spectacle du monde: «C'est souvrain bien que prendre en pascience» (ballade XVI).

 

Cent Ballades. L'organisation du recueil n'obéit pas à un principe unique. Après les vingt ballades du «douloureux sentement», le poète se tourne vers les «ditz d'amours» (ballade L) et décrit diverses situations: accord des amants, au terme de la quête de la dame effectuée par l'ami (XXI-XXIV), vicissitudes de l'amour, avec les menées des médisants ou la souffrance de la séparation (XXV-XXVI, XXX, XXXII-XXXIII), refus d'aimer (XLVIII-XLIX). S'ébauche de la sorte une sorte de chronique de l'amour, avec référence au temps de l'année: «Or est venu le tres gracieux moys / De may le gay, ou tant a de doulçours» (ballade XXXV) et alternance du scripteur, d'un poème à l'autre: «Douce dame, veuilliez moy pardonner» (ballade LXXXII); «Tres faulz parjur, renoyé plain de vice» (ballade LXXXIII).

 

Mais le lien entre les ballades est souvent difficile à saisir: il peut aussi bien tenir aux termes de l'incipit, qui rapproche deux textes successifs, qu'à une thématique de la série. Dans ce premier recueil, les recherches de virtuosité formelle sont rares; la plupart des ballades ne comportent pas d'envoi et les strophes hétérométriques sont extrêmement rares.

 

Plus de dix ans plus tard, Christine de Pisan manifeste, avec les Cent Ballades d'Amant et de Dame, les progrès accomplis dans la maîtrise de la forme poétique et dans l'organisation du recueil. Sans doute ne peut-on être sûr que toutes ont été écrites de façon concertée, pour répondre à la commande précise dont Christine nous parle au début de son livre; mais tous les poèmes prennent place harmonieusement dans une sorte de chronique poétique d'une histoire d'amour qui conduit l'amie au désespoir et à la mort.

Cent Ballades d'Amant et de Dame. Rebelle aux prières de l'Amant, la Dame se rend aux injonctions du dieu Amour (ballade X) et se laisse progressivement séduire (XXVI). Les jeunes gens goûtent le bonheur d'aimer (XXVII-XL), mais des traverses guettent leur félicité: entreprises des médisants (XLI-XLIV), nécessité pour l'amant de s'éloigner, afin de participer à une campagne (XLV-LIX). Les retrouvailles, délicieuses, arrivent enfin (LX-LXIV), et les amours reprennent, tandis que les fêtes, occasions de cadeaux, scandent l'année (LXV-LXXIII). Mais vient bientôt le temps des périls: l'Amant se montre ombrageux sans raison, s'absente sous des prétextes divers, et la Dame finit par comprendre que son coeur n'est plus le même (LXXXIV-LXXXVI). Bientôt la belle, touchée au coeur, n'a plus qu'à attendre la mort (C).

 

Christine, à la fois pour donner au recueil la diversité souhaitable et pour accorder la forme à chaque moment du récit poétique, varie constamment l'instance d'énonciation et les éléments prosodiques: l'amant et la dame se répondent, dialoguent au sein d'une même ballade, s'adressent une épître ou lisent celle qu'ils viennent de recevoir. Les strophes hétérométriques sont nombreuses, et le sautillement léger d'une strophe exprimant la joie d'aimer: «Tienne toute / Suis sans doute / Mon bel ami gracieulx» (ballade XXXIV) est suivi par la plainte solennelle de l'amante déçue: «Ha! Fortune, que si nous despareilles, / Moult est par toy mon biau temps enlaidis» (ballade XCVI).

 

Deux autres recueils doivent encore être mentionnés. Les Ballades de divers propos (cinquante-trois pièces) sont fréquemment des éloges adressés à de grands personnages de la cour, qui sont aussi les mécènes du poète, comme la reine Isabeau ou Marie de Berry. Christine peut également célébrer un événement qui a marqué l'actualité, comme le combat qui opposa, en 1402, sept chevaliers français à sept chevaliers anglais. On trouve aussi des «ballades amoureuses», et l'écho du désir de Christine de lutter par le savoir contre les coups de fortune: «Princes, avant que la mort m'acueure, / Priez Pallas que pour mon bien acueure» (ballade XIV).

 

Dans ces textes, composés habituellement de décasyllabes, on trouve peu de recherche formelle: la régularité paraît imposée par l'harmonie de l'univers des destinataires.

Il n'en est pas de même pour les quatre Ballades d'estrange façon où Christine, plus encore que dans les Cent Ballades d'Amant et de Dame, donne la mesure de sa virtuosité, notamment avec les ballades «a responses», autrement dit les ballades dialoguées: «Mon doulz ami _ Ma chiere dame. / S'acoute a moy _ Tres volentiers.»

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Ascenseur pour un caveau (TF)

On avait enfin fini par trouver la planque du magot. Il n’y avait désormais plus de doute quand à savoir s’il s’agissait d’un crime ou d’un accident, car la cachette était vide.

Legris avait entraîné dans sa chute le garde-fou provisoire masquant l’entrée béante de la cage de l’ascenseur démonté, si bien qu’il y avait eu un doute sur la fiabilité de celui-ci. La société responsable du remplacement de l’appareil vieillot avait crié « au sabotage », invoquant pour preuve la parfaite robustesse des rambardes provisoires installées aux autres étages.

L’immeuble à appartements de haut standing était en complète rénovation, ce qui y faisait régner une animation inhabituelle. Ceinturée d’un grand parc arboré, lui-même circonscrit par un mur d’enceinte, on ne pouvait y rencontrer d’indésirables, ceux-ci étant arrêtés au corps de garde de l’unique entrée de la « Résidence des Trois Tilleuls ».

Albert Legris était un pingre notoire. Il était entouré de voleurs et malgré cela, l’idée de placer de l’argent dans une banque le rebutait. Le grigou de la pire espèce, celui qui entasse des valeurs dont personne ne profitera jamais. Personne ? Voir ! Car son petit trésor venait bel et bien de changer de mains …

Restait à savoir dans les mains de qui ? Germaine, femme de ménage du mort depuis plus de trente ans et bavarde comme une pie, ne passait guère un jour sans parler à tout le monde, mais surtout à n’importe qui, du magot du vieux. Legris l’avait embauchée alors qu’elle sortait de prison, pour avoir… volé l’argenterie chez son employeur. La robuste paysanne normande était alors sans toit ni revenu, et depuis, elle avait peut être gardé une certaine reconnaissance, se méprenant sur le fond. Il la payait une vraie misère, et avait simplement joué son petit « Thénardier ».

A l’heure estimée du drame, Germaine était au supermarché, mais il ne fût pas possible de recouper ces dire par le témoignage d’une ou l’autre caissière. Fait étrange, elle avait perdu le ticket de caisse, base sur laquelle, son tout juste défunt patron lui remboursait, au centime près les dépenses du ménage. Quand on sait que la date et l’heure était imprimée sur les souches de cet établissement, la perte était fâcheuse.

L’accident n’avait pas été compris immédiatement. On avait d’abord cru à une simple disparition de Legris, avant finalement, le lendemain matin, de le trouver étendu derrière une voiture dans le sous sol où il était « tombé » du deuxième étage. Selon le médecin légiste, la victime n’était pas morte sur le coup, et avait pu ramper dans le noir jusqu’à l’endroit où on l’avait découverte. L’inspecteur chargé de l’enquête, Cédric Lemaire, pensait plutôt que le moribond avait été traîné là, où il serait moins en vue.

Quoi qu’il en fut, le criminel avait agit dans un créneau de plus ou moins deux heures, et ce aux environs de l’heure à laquelle les différents corps de métier opérant dans le bâtiment terminent leur journée de travail.

Au moins trente-deux lingots d’or d’un kilo chacun auraient dû être retrouvés dans le double fond astucieusement aménagé de la garde-robe, comme l’attestaient les bordereaux d’achats négligés par le voleur. Qui, à part la bonne, c'est-à-dire la seule personne circulant librement dans l’appartement,  pouvait être au courant de la cachette ?   A suivre …

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administrateur théâtres

Le meilleur du théâtre   parisien à Bruxelles, au centre culturel d’Auderghem : "A deux lits du   délit" de  Derek Benfield12272804456?profile=original

              
   
  

 Délicieux délits Du lundi 23 au samedi 28 avril 2012 à 20h30 et dimanche 29 avril à 15h30

Avec Jean-Luc Moreau mise-en-scène
  Arthur Jugnot, Cyril Garnier, Guillaume Santou,  Juliette Meynac, Laurence Porteil

Cinq personnages se fuient et se cherchent dans une énergie d’enfer.  À deux lits du délit  est brillant, palpite de fulgurances et d’espoirs de bonheur volé, avec son lot de quiproquos  invraisemblables, de situations de plus en plus intenables, sauf à s’échapper par une fenêtre, à moitié culotté, poser le pied sur une saillie, s’accrocher à une gouttière et se retrouver à la case départ dans la chambre bleue ou dans la chambre verte avec l'épouse ou la maîtresse.  L’auteur s’amuse à jouer sur les mots, embrouiller  personnages et coïncidences  à une vitesse vertigineuse. Ce double vaudeville monté avec adresse de jongleur par Luc Moreau se déroule dans un hôtel désuet et  isolé près de Paris où bien sûr deux couples mariés, mais sur le point d’être infidèles, finissent par se retrouver. Contre monnaie sonnante et trébuchante, le réceptionniste, adepte de la discrétion  bien intentionnée fabrique d’innombrables mensonges pour contenter tout  ce beau monde, et surtout sa bourse. Un valet astucieux comme Sganarelle. Les mensonges s’empilent aussi bien que dans une bulle boursière. Une farce qui aurait plu à Molière.

 C’est vif, crépitant, ahurissant, pétillant comme toute une caisse de champagne. C’est totalement  délirant car les infidèles sont lâchés. Les acrobaties rivalisent avec le défi verbal. On s’abasourdit devant la volubilité, l’exubérance de personnages qui ont juré de faire la fête et de braver les interdits  conjugaux dans un ballet désopilant. Les portes claquent, cadencées par des jeux de lumières, de musiques et de verbe  orageux. 

 Le duo de comiques : Cyril Garnier et Guillaume Sentou est un cocktail fracassant de maris cavaleurs. Arthur Jugnot, dans le rôle du réceptionniste, est extraordinaire d’hypocrisie et d’avidité. Juliette Meynac, dans son rôle très réussi de blonde naïve et Mathilde Penin dans son rôle d’infirmière fouetteuse mâtinée de panthère fatale ne sont pas en reste. La gaité d’enfer de la pièce tient le spectateur en otage jusqu’au dernier mot, pardon, la dernière bombe volante.  Du jamais vu sur les planches.

La saison prochaine au centre culturel d’Auderghem promet d’être encore plus belle ! Abonnez-vous !

http://www.cc-auderghem.be/index.php/nos-spectacles/paris-theatre-1112/details/107-a-deux-lits-du-delit.html

 

Ils sont en tournée:

jeu. 3 maiA deux lits du délit - Palais des Beaux-Arts de Charleroi
mar. 8 maiA deux lits du délit - Théâtre Royal de Namur
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Haïkus du 28/29 avril

                    Sans comparaison

                    La mouche devient destin

                    Cerisiers fleuris

 

                                Gageure du temps

                                Crocus de safran semé

                                Cascatelles nues

                  Herbes de printemps

                  Taupes grassouillettes

                  L'Ancolie somnole

                                 

                                  R.Martin           

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