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CHIENNE DE VIE

Drôle de scène,
Chienne de vie !
C’est une scène sur un lit
Un beau soir de mercredi.
Sur ma tête, ma colère grandit
Un tout petit monde, un cœur à l’étroit
Un cœur qu’écrase le toit
Et un bruit
Le lit grince sous nos poids.
Le sommeil a fui l’horizon de mes yeux rougis
Et un son vrombit dans la nuit.
Muette, sauf du murmure de la plume
Sur le pli
D’une missive anonyme
Et du ronflement rauque et rythmé ;
Chant de miel et de bonheur d’avoir le sommeil
Si facile, si docile ;
Enfer pour ceux comme moi
Au sommeil cassant, si fragile.
La nuit est longue et triste et noire ;
Une nuit ivoire !
L’oreiller s’écrase sous ma tête lourde,
Le toit m’écrase,
De mes yeux les rideaux se refusent à tomber
Ne serait-ce que le temps d’un clin d’œil.
A côté, la fanfare se déclare. Retourné,
Son souffle m’étouffe et je sens s’abattre
Une jambe lourde-une dalle, oui !-
Sur mes jambes lourdes de corvées.
Plus question pour moi de bouger !
Je dépose mes papiers, ma plume,
Mes armes dans le pli du cahier ;
L’alarme va bientôt sonner
Et mon œil je ne l’ai point fermé !
L’aube s’est déjà pointée.
Demain est déjà parmi nous
Le noir n’est plus noir mais gris blanchâtre.
Lumière éteinte, immobilisée,
Je ferme des paupières épineuses,
Brûlantes de feu, de myopie.
Je rêve éveillée que je m’assoupis
Mais de loin, du fond du silence
S’élèvent les coqs, les chiens aboient
Et le salut vient quand soudain
S’élève l’appel des muezzins.
« La prière vaut mieux que le sommeil ».
Bon, et puisque c’est ainsi,
Prions, prions, on verra bien.

On verra bien ce qu’il en sera demain.
Qui dort en dernier dort bien !
Eh voilà, déjà Jeudi !

KHADIJA, mercredi le 14/10/2009

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Pour un sursaut des imaginations

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Quoi ? Toujours la colombe blessée, la colombe poignardée

Quoi ? Toujours l’épitaphe aux sanglots, le dernier mot à la guerre

Quoi ? Toujours les pensées prosternées, les portraits défigurés

Quoi ? Toujours céder in extenso à tout forfait des misères

A tout retrait d’amour en prière, à tout espoir en poussière

 

Quoi ? Toujours ma tristesse de cendre, nul ilot pour me reprendre

L’être profond ne résiste pas à se mourir beaucoup trop

Bien sûr, des rêves à rendre, mais pourquoi donc tout descendre

Laissez-moi là m’opposer de cette respiration qu’il faut

Pour tout temps de l’insupportable et de l’asphyxie des mots        

 

Quoi ? Mille fois à se crever les yeux, à se transpercer le cœur

Quoi ? Toujours le monde tant et tant à seule face cruelle,

Quoi ? Jamais cette idée du front bleu pour naître des jours meilleurs

Quoi ? Jamais un soupçon d’éclaircie par raison existentielle     

Par possession d’un cap au soleil, de l’âme de pluie nouvelle   

 

Quoi ? Toujours ma détresse pour ordre, tant les multiples discordes

L’être profond ne résiste pas à l’extinction des regards

Bien sûr, en moi des désordres jusqu’aux lèvres à les mordre   

Mais à ceux sous la loi des adieux désarmés de toutes parts   

Crois-tu qu’il ait besoin d’ajouter la densité d’un deuil noir    

 

Quoi ? Toujours les hommes à genoux, ces fléaux, ces mauvais coups

Quoi ? Toujours se faire esclaves, victimes de faits graves

Quoi ? Toujours tout traîner dans la boue, vraiment rien que l’on absout

Quoi ? Toujours l’esprit qui aggrave, décime les rangs des braves

Dépossède tous les sages du temps mis pour ce qu’ils savent   

 

Quoi ? Jamais ma largesse à défendre un lieu d’espoir même tendre

L’être profond ne résiste pas à longtemps désespérer

Bien sûr, à moi c’est l’épreuve d’une âme facile à fendre

Mais à ceux sur des voies dans l’impasse à quoi sert d’en parler

Crois-tu qu’il ait malin d’augmenter ce qui peut les condamner

 

Quoi ? Jamais ma tendresse à contours ajustés à des enfants

Il y a bien mieux à faire que de leur servir larmes et plaintes

Il leur faut plus que des promesses d’autre monde différent

Il faut déjà le porter en soi flambeau contre toute crainte

Qui ne l’a pas ne retient plus rien au terme de vie défunte

 

Quoi ? Toujours ce qui vide et dessèche à trop d’excès du mal être

Quoi ? Toujours ces cultes ces jubilés l’exploitation des malheurs

Cette élite des misanthropes qui en font cent fois l’enquête  

Prophètes de l’apocalypse prêts au troc de nos peurs

Pour qu’on leur laisse tout pouvoir mais pensez à leur noirceur

 

Quoi ? Jamais la mémoire ce qu’on sait quand on fait sonner le glas

Le tocsin de toute espérance, les torts quand on laisse dire

Quand on laisse faire l’acharnement à mettre l’homme au plus bas

Pensez ce que sont les pouvoirs qui réclament des martyres

Des catastrophes majeures, pensez l’effroi qui a fait leurs empires

 

Quoi ? Jamais une histoire à donner en lieu et place des ruines

D’un passé en crachat sur des tombes par ceux qui n’ont rien compris

A jamais pour notre décadence, tous coupables et indignes

Je ne signerai pas à genoux pour m’insulter d’être en vie

Ce serait tant blasphémer l’amour qui m’a fait ce que je suis

 

Non, à me résigner, hors combat, maillon de vieux ostensoirs

J’ai encore en moi des énergies l’envie des métamorphoses

Si un vieux monde s’effondre, qui en veut encore est sans voir

Ce qui remet notre cause au centre palpitant des choses

Laissons les statues de piété les gerbes fauchées des roses

 

Non, à me condamner au silence, en cage ou en otage

De ces pensées irréversibles qui nous font tous accusés

Incapables de grandeur d’âme, coupables selon l’usage

De certaine élite dans son rôle de sape des vérités

De tous les pouvoirs qui contrôlent ce qui peut leur résister

 

Non, à me refuser la parole au devant de l’avenir

Des assemblées se constituant par force de ne rien craindre

Au lieu de plaindre les faiblesses à tout subir, à se fuir  

A faire semblant d’être heureux à ne rien vraiment atteindre

Ma parole à d’autres libérées ne demande qu’à se joindre

 

Non, à m’interdire le langage à concevoir l’esquisse

D’autre monde à partir des choses essentielles à la vie

Inséparables des destinées qui se voudraient des hélices

Et quand bien même des jours tristes qui resteront grand souci

Temps report aux éphémères à dépasser à tout prix

 

Oui, une fois de plus, l’ouverture au contexte du bonheur

Si l’avoir dans l’absolu n’est pas pour autant faut-il qu’on brade

Toute chance, toute condition d’en avoir plus de la fleur

Des relations vraiment humaines, et des amours en bravade

A n’importe quel âge par choix d’exister dans l’escapade

 

Oui, une fois de plus, ma demeure aux choses bien naturelles

Je refuse d’y vivre à l’angoisse et croire tout ce qu’on dit

Chez moi il n’y a pas de fusil, et pas de journées cruelles

Si on me comprend tant mieux, si on ne comprend pas tant pis

J’ai besoin d’une île pour écrire à la paix ici merci

 

Oui, une fois de plus, l’archipel des rencontres au-delà

Du présent et des histoires qui font fuir des colombes

Une fois de plus, les voyages et au départ ça ira

N’expliquons rien du grand bazar du poids des idées qui plombent

Ne disons plus que c’est savoir vivre à être l’armée des ombres  

 

Oui, une fois de plus, mon crédit accordé au monde qui imagine

Toute autre tâche que de sauver la monnaie des vanités

Toute autre vie future que du temps compressé à la déprime

L’avant-garde de l’art des mains nues, des esprits recomposés

Comme culture en terre fertile, offrande à tout nouveau né

 

Ainsi ne soit-il pas le monde des négations sans merci     

Ainsi soit-il le monde qui va à la lumière établie

Chez moi, il y en a un morceau c’est avec ça que j’écris

Je suis bienheureux de m’en servir à l’adresse d’aujourd’hui

Un pourquoi pas pour demain vaut bien ma prière en poésie

 

© Gil DEF - 10.10.2011

- Manifestement cherche-monde -

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Me servirai du réchauffé

 

Bien machinalement, je mange

Un met qui manque de saveur,

Dont n'émane aucune senteur,

Une idée, soudain, me dérange.

...

Je pose couteau et fourchette

Pour, tranquillement, l'accueillir.

Lors, je me mets à réfléchir:

Neuve ou sortie des oubliettes?

...

M'interpellant pour me distraire,

Mes pensées ressassées reviennent

Et d'autres qui n'étaient pas miennes,

Stimulantes et salutaires.

...

J'oublie mon plat qui refroidit,

Voulant en savoir davantage.

Suis-je vraiment devenue sage?

Ma muse, en murmurant, me dit:

...

Tu es toujours contemplative

Face à la sublime beauté,

Tu occultes la cruauté,

Tu existes étant créative.

...

Je retourne vers mon assiette.

Je n'aime le poisson que chaud,

Il est glacé mais peu me chaut

Je grignote une tartelette.

...

14 septembre 2012

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Dieu, si j’étais un…

Dieu !si j’étais un grand sultan

Je suerais soirs et matins

Pour égayer les chers enfants

Leurs effacer maux et chagrins

Et planterais dans tous les champs

Et sèmerais dans les jardins

Des beaux soleils petits et blancs

Pour leur orner routes et chemins

 

Dieu !si j’étais un jour le roi

Je suerais comme une brute

Me donnerais à coeur joie

Planter des lunes sur les routes

Pour éclairer aux gosses les voies

Qui mènent droit à la céleste voûte

 

Dieu !si j’étais un jour l'émir

Je suerais comme un bagnard

Pour redonner le beau sourire

Mettre la joie dans leur regard

Aux chers petits, tous leurs offrir

Des belles étoiles quand c’est le noir.

 

Dieu !si j’étais le grand seigneur

Je suerais comme un forçat

Pour apporter le grand bonheur

Et alléger les coeurs des poids

Des arcs-en-ciel de belles couleurs

J’étalerais pour faire la joie.

 

                            Le 29/01/2012

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Haïku d'un vendredi soir de septembre 2012

            Désert de sable

            Serpent nonchalant  nuit

            Voie lactée bleutée

                 Frêles dunes fuient

                 Vent de sable tourbillons 

                 Sans réverbère

         

            Renard malicieux

            Caravane paisible

            Repos du chameau

                                     Raymond  Martin  2012

           

            

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Jalousie, ou Le coq du village



Sous les ailes très larges
Du vieux figuier du village
Coulait une eau
Cristalline et à flots
Et abreuvait de ses vagues de tendresse
Des amoureux discrètement ombragés
Qui sirotaient calmement leur thé
A la menthe poivrée.


Dans l’ambiance douce et parfumée
Voltigeaient mille senteurs
D’absinthe, de thym et de jasmin,
Quelques effluves de santal et de benjoin,
Accompagnant les appels du muezzin
Et le piaillement des poussins ;
La basse court n’était pas si loin.

Et comme un ouragan
Qui emporte les joies et les toits,
Une grosse poule
Farouche, jalouse et enragée,
Vint leur crier colère,
Toute hautaine et toute fière.

Elle réclamait « son » coq
Au beau plumage :
« Rend-le moi ! », disait-elle à l’amoureuse en émoi.
« Et de quel droit ? », répondait l’amoureuse
Indignée mais si sage.
Et l’autre qui rétorque :
« Il est à moi
Avant d’être le coq du village ! ».

Khadija, Vendredi 14 septembre 2012
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Les doigts ont une mémoire 

Ils m’étirent le cou. Je me suis débattu une peu, mais à quoi bon ? J’ai fini par me résigner. Le bois est vieux est lisse ; il chatouille mon cou nu comme le cou d’un agneau grisé pendant deux jours par les senteurs d’un vert pré.
Je ne veux pas le regarder dans les yeux. A quoi bon ? Il aimerait bien que je le regarde , l’épée dégainée et la lame argentée brillant et crachant des flammes glacées.
Oh, comme je me sens seul parmi eux ! 
La source

 a l’essence de la montagne, l’haleine de la roche distillée, des larmes qui se miroitent entre les articulations de la roche, et l’herbe raconte l’histoire de la source aux cailloux.
Comme je me sens seul parmi eux ma chérie !
Hier, l’aube a pointé avant l’heure, je ne savais pas que les doigts avaient une mémoire qui se souvenait des caresses des roses de tes joues, là-bas, au loin. Nous étions seuls sous le grenadier. Le ruisseau passait tout près et s’éloignait, saupoudrant quelques souffles de la source et quelques perles du cœur de la montagne.
L’aube se pointe avec le grincement de la portière de fer. Les chaussures du geôlier font résonner la cadence de l’appel dans l’interminable couloir. Ton image se dandine sous les pas de la mort qui avance. Entre deux pas, s’étirent les champs de violettes et les paniers de marguerites. Je sais mon amour, les longues nuits de Tanger, l’écume de la mer collant à sa robe, et l’éternel appel d’adieu au loin n’arrêteront pas le grincement de la portière blindée.
Les doigts ont une mémoire. Et l’âme a une mémoire qui dure et qui survole l’horizon. Elle s’accroche aux peupliers, au roucoulement du ruisseau ou au bruissement des feuilles du printemps sur notre source larmoyante.
Je ne le regarderai pas dans les yeux. La flamme saillante et glacée a soif de mon cou, et le bruissement de ton âme, écrasée dans le long couloir, ramasse les débris de mon odeur collée à la rouille de murs.
Comme je me sens seul, mon amour !
Le silence assourdit les oreilles de l’aube. 
Je ne le regarderai pas dans les yeux lorsque ma tête tombera plus loin.
Souviens-toi du grenadier et du chant du petit ruisseau.
L’âme vers l’âme avance, et le ruisseau ne se retourne jamais vers la source, il avance et poursuit sa course.

Abdennour MEZZINE, X, p89, recueil de nouvelles « Le Baiser du Lost », Les éditions Bouregrag 2010,

Traduit par Khadija El Hamrani
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Venue d'un ailleurs poétique

 

En hommage à mon amie Régine

Il est une joyeuse fée,

Qui fait sourire les enfants,

En les aspergeant de rosée,

Si un matin semble pesant.

...

Elle s'entoure de lutins,

Légers, délicieux, comme elle.

Ils savent ravir les bambins

Et souvent, leur prêtent des ailes.

...

Venue d'un ailleurs poétique,

Où séjournent les enchanteurs,

Elle a un pouvoir angélique,

Qui engendre des coups de coeur.

...

Les fées suprennent à l'extrême.

Les généreuses sont câlines.

Celle attendue, et que l'on aime,

Se fait appeler Rosyline.

...

14 septembre 2012

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Ethno Tendance Fashion, un weekend entièrement consacré à la mode éthique, ethnique et solidaire, pour la première fois en Belgique, à Bruxelles, a lieu ce week-end, dans le cadre superbe du Musée royal d'Afrique Centrale, à Tervueren.

Un défilé de créateurs issus de divers pays, Afrique, Canada, Pakistan, Japon c'est l'occasion rêvée de mettre en avant leur talent et leur imagination, indépendamment de leur pays d’origine ou de leur provenance sociale. Des ateliers-workshops en tous genres ( créations de bijoux, vêtements, beauté bio etc), de la musique, des expositions artistiques ( peinture-photo...) installations, des accessoires de mode et artisanat, des conférences sur l'enjeu de la mode éthique aujourd'hui,  des associations de femmes, un village associatif...

La chanteuse Marie Daulne du groupe Zap Mama  est marraine de l'événement et  chantera ce soir, lors du concert de la soirée d’ouverture ce vendredi 14 septembre.

De nombreux échanges culturels,  une plate-forme commerciale et  un lieu d'expression artistique pour de jeunes créateurs issus de divers horizons, "Ethno Tendance" défend une mode différente, pas toujours bien mise en valeur actuellement, et pourtant pleine d'imagination et de ressources.

Ce premier week-end consacré à la mode ethnique, éthique et solidaire, est le début d'une série d'autres, consacrés chaque fois à un aspect particulier de la mode ethnique. Cette année, le pagne, vêtement symbolique de nombreuses cultures en Afrique et en Asie, se verra décliner sous toutes ses facettes.

Vous qui avez un intérêt pour la multi-culturalité, la mode, l'art et la créativité , ne manquez pas cet événement riche en  couleurs et en saveurs!

Pascale Eyben

Les tickets day pass/weekend pass  sont en vente dès à présent via le site web d’Ethno Tendance et les points de vente FNAC et Média Markt. En prévente : 10 EUR (day pass) – 25 EUR (weekend pass)

Plus d'info: Ethno Tendance: http://www.ethno-tendance.com/#!ethno-tendance

 

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OSMOSE



J’ai planté au printemps
Dans les près de tes yeux-
Cet Eden sous mes cieux-
Une petite image de moi .
De mon sang et mes larmes
Je l’arrose et la noie
Et du souffle de mon cœur ,
Et du vent de mes élans
Je dorlote ses bourgeons.
Je la vois qui grandit,
Elle, qui ne fut que brindille,
Et qui pousse dans ton cœur.
Ses racines s’enracinent
Et s’infiltrent au fond de toi.
Et je me vois dedans toi
Comme la sève dans le tronc.
Tu me soignes et m’arroses
Des sueurs de ton front
Une petite lueur qui brille
Une flamme qui danse au vent
Une étoile sur ton toit
Qui de toi tient ses rayons.

Khadija, Agadir, mercredi 12 Septembre 2012
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Les dieux ont soif

12272828079?profile=originalIl s'agit d'un roman d'Anatole France, pseudonyme d'Anatole François Thibault (1844-1924), publié en feuilleton dans la Revue de Paris du 15 octobre 1911 au 15 janvier 1912, et en volume chez Calmann-Lévy en 1912.

 

Salué par un immense succès, ce livre va être considéré comme le chef-d'oeuvre d'un écrivain qui ne publiera plus aucun texte majeur jusqu'à sa mort. Anatole France est alors universellement reconnu comme un symbole vivant de l' humanisme républicain et socialiste. On peut s'étonner de le voir, dans ce roman, jeter un regard critique et désabusé sur la Révolution française, mythe fondateur de la IIIe République, exalté par l'école laïque et l'historiographie de gauche.

 

 

Le peintre Évariste Gamelin est un artiste médiocre mais un homme passionné et intransigeant. Il est ardemment attaché aux idéaux révolutionnaires et admire sans réserve Marat et Robespierre qui, à la faveur des terribles événements du printemps 1793, prennent de plus en plus d'influence. Il aime Élodie Blaise, fille du marchand d'estampes qui lui paie, chichement, ses oeuvres. Mais il conçoit une haine féroce pour le séducteur dont elle avoue avoir été victime autrefois, et qui, dans la ferveur révolutionnaire d'Évariste, ne saurait être qu'un aristocrate (chap. 1-5). Ni l'affection naïve de sa mère ni la sagesse aimable et souriante du vieux libre penseur Brotteaux des Ilettes, ancien «traitant» ruiné, ne peuvent adoucir le sombre caractère du jeune homme. Mme de Rochemaure, ancienne maîtresse de Brotteaux, intrigue avec des émigrés et des financiers sans scrupules. Elle fait nommer Évariste juré au Tribunal révolutionnaire, dans l'espoir de pouvoir lui faire servir ses intérêts.

 

Elle doit vite déchanter: dans le climat pesant de la Terreur, Évariste va se montrer de plus en plus impitoyable (6-11). Il envoie à la guillotine le malheureux Brotteaux, coupable d'avoir hébergé, par compassion, un prêtre réfractaire et une prostituée. Il charge un innocent qu'il prend à tort pour le suborneur d'Élodie. Il refuse toute indulgence pour Fortuné Chassagne, l'amant de sa soeur Julie à qui il ne pardonne pas de s'être enfuie avec ce «ci-devant noble et officier». Le régime semble pris d'une folie sanguinaire; selon la formule de Camille Desmoulins qui inspire le titre du roman, «les dieux avaient soif». Évariste n'est plus que l'instrument froid et implacable de cette violence d'État (12-15).

 

Il a donc lié son destin à celui de Robespierre et tombe avec lui en thermidor 1794. Après l'avoir idolâtré, Élodie le remplace dans son coeur par le graveur Desmahis, jouisseur sans idéal, dont l'opportunisme est tout le contraire de la raideur morale incarnée par Évariste Gamelin (16-29).

 

 

L'Éducation sentimentale de Flaubert avait, un demi-siècle plus tôt, remis en cause le genre du roman historique dans sa forme et ses mythes. Le souvenir de 1789 n'était, pour les héros, qu'un amas de stéréotypes et l'occasion d'un malentendu fondamental: confondre un passé glorieux avec un présent irrémédiablement médiocre ne pouvait suffire à rendre ce dernier moins insignifiant. Le romantisme tardif du Quatrevingt-Treize de Victor Hugo (1874) restaurait malgré tout l'image exemplaire d'une Histoire héroïque, d'une épopée où passion et idéal justifiaient la violence et l'excès.

 

Anatole France, dans Les dieux ont soif, tire lui aussi l'élément dramatique essentiel de son roman du caractère impérieux des faits, de l'urgence d'une époque où s'affirment de tragiques nécessités. Ainsi, le narrateur, loin d'adopter une neutralité prudente, n'hésite pas à renchérir sur l'image que les personnages croient percevoir de leur temps. Quand le citoyen Trubert, fonctionnaire exemplaire de la République, dit tranquillement à Gamelin: «La situation est toujours la même», il corrige aussitôt ces paroles sereines d'un commentaire sans nuances: «La situation était effroyable» (chap. 1). Quelques phrases elliptiques et hachées dressent alors dans leur sécheresse un décor qui impose de lui-même un climat lourdement tragique: «Paris sous les canons autrichiens, sans argent, sans pain» (ibid.).

 

La signification générale du roman doit beaucoup au poids que les fonds exercent sur les premiers plans de l'intrigue. Hugo avait déjà trouvé dans la peinture des assemblées révolutionnaires le sujet de vastes allégories dans lesquelles l'Histoire se trouvait personnifiée. Mais le peuple-héros, sujet de l'Histoire, lui conférait une dimension profondément humaine et morale. Quand Évariste Gamelin, dans les compositions académiques et mythologiques qu'affectionne sa peinture, «imaginait des Titans forgeant avec les débris ardents des vieux mondes, Dicé, la cité d'airain» (3), c'est plutôt la fascination d'une force surhumaine et démesurée qui s'exprime. De fait, toutes les images de foules et d'assemblées, celle du Tribunal révolutionnaire, en particulier, tendent à suggérer le fonctionnement de l'Histoire comme celui d'une vaste machine dans laquelle les hommes sont des ressorts, non des consciences: «Les jurés, divers d'origine et de caractère, les uns instruits, les autres ignares, lâches ou généreux, doux ou violents, hypocrites ou sincères, mais qui tous, dans le danger de la patrie et de la République, sentaient ou feignaient de sentir les mêmes angoisses, de brûler des mêmes flammes, tous atroces de vertu ou de peur, ne formaient qu'un seul être, une seule tête sourde, irritée, une seule âme, une bête mystique, qui, par l'exercice naturel de ses fonctions, produisait abondamment la mort» (15).

 

Au-delà des débats littéraires, le roman ainsi conçu et le sens qui s'en dégage interviennent à coup sûr, et de façon originale, dans les questions majeures qui agitent l'idéologie de la IIIe République. Dreyfusard, républicain et socialiste, Anatole France aurait pu participer à l'hagiographie révolutionnaire et au culte de ses valeurs fondamentales, déjà largement exaltées par l'Histoire d'inspiration marxiste et qu'on peut résumer ainsi: face aux exigences de la liberté et de la vertu, la Terreur n'est pas seulement un mal nécessaire, ni même une erreur. Le sang versé devient la rançon mystique que la nation devait payer pour s'affranchir du passé. Les hommes comme Marat et Robespierre, qui ont trouvé en eux la résolution implacable pour le faire couler, ne sont pas coupables: ils doivent être regardés comme des héros qui ont su faire taire jusqu'à leurs sentiments dans l'intérêt supérieur de l'humanité. Ainsi semble l'exprimer la devise gravée au fronton de l'ancienne église des Barnabites, siège de l'assemblée générale de la section du Pont-Neuf: «Liberté, Égalité, Fraternité ou la Mort» (1).

 

En fait, Anatole France écrit Les dieux ont soif comme la démystification la plus radicale de telles visions. «Justice», «Liberté», «Révolution» ne sont que des mots vides et froids, fondateurs des plus terribles illusions. La mystique révolutionnaire fonde un fanatisme aussi redoutable que l'obscurantisme religieux de l'Ancien Régime: les symboles s'y érigent en certitudes. Pour un esprit aussi médiocre que celui d'Évariste Gamelin, «la complexité des faits est telle qu'on s'y perd. Robespierre les lui simplifiait, lui présentait le bien et le mal en des formules simples et claires» (13). En un temps où le catéchisme positiviste et anticlérical tient lieu de pensée dominante et peut tout aussi bien justifier l'idéal démocratique que les errements de la raison d'État, comme l'affaire Dreyfus l'a démontré et ainsi que l'Ile des pingouins (1908) l'analyse sur le mode satirique, Anatole France affirme que les valeurs politiques sont aussi relatives que celles de la religion.

 

En réalité, tout est marqué de déterminisme. Le style lui-même privilégie l'emploi des impersonnels: «Il fallait vider les prisons qui regorgeaient; il fallait juger...» (15). Les personnages semblent dépassés par leurs actes et la signification qu'on leur prête. Ainsi Marat «entra comme le Destin dans la salle de la Convention» (5). Loin de vouloir dicter leur volonté aux faits, ils les subissent. Il ne s'agit pas, en effet, de faire succéder à une Histoire chaotique, dominée par le hasard et la fatalité, un avenir construit, lucide et dirigé. Les projets d'Évariste Gamelin le prouvent clairement: parmi ceux qui lui tiennent le plus à coeur, on trouve l'idée d'un jeu de cartes où des figures républicaines remplaceraient les vieux symboles de la royauté. En somme, seule la forme changerait, mais non pas les règles d'une existence où le sort serait toujours maître.

 

Il en résulte une oeuvre qui tourne résolument le dos à l'épopée. Les héros manquent tous d'élévation et d'envergure. Gamelin est un artiste raté; Fouquier-Tinville, accusateur public au Tribunal révolutionnaire, est décrit comme «un homme excellent dans sa famille et dans sa profession, sans beaucoup d'idées et sans aucune imagination» (9). La passion et l'amour eux-mêmes ne sont jamais idéalisés. Seul l'esprit romanesque d'Élodie veut voir quelque chose d'extraordinaire dans sa liaison avec Évariste. Elle ne peut s'empêcher de le trouver encore plus séduisant dès lors qu'il a utilisé son pouvoir de vie et de mort au service d'une jalousie des plus sordides et des plus communes. Tous sont finalement à l'image de ces familles qui se promènent la veille de la fête de la Fédération: «Chaque couple allait, portant dans ses bras ou traînant par la main ou faisant courir devant lui des enfants qui n'étaient pas plus beaux que leurs parents et ne promettaient pas de devenir plus heureux, et qui donneraient la vie à d'autres enfants aussi médiocres qu'eux en joie et en beauté» (8). Des êtres ordinaires se donnent l'impression de devenir extraordinaires en respirant à la fournaise d'une époque démesurée et monstrueuse. Mais leur expérience n'est guère plus signifiante que celle du plat séducteur Desmahis, allant nuitamment étreindre la Tronche, une fille de ferme dont la difformité le fascine, avant de recevoir d'Élodie, devenue sa maîtresse, les mêmes recommandations qu'Évariste: «Si tu entends du bruit dans l'escalier, monte vite à l'étage supérieur et ne descends que quand il n'y aura plus de danger qu'on te voie» (11 et 29). L'identité des paroles adressées à deux hommes en apparence radicalement différents, en fait interchangeables, semble suggérer une scène de théâtre cent fois rejouée par des acteurs divers, un rôle appris par avance et une fois pour toutes. Le vaudeville vole son dénouement à la tragédie.

 

Plus qu'ils n'incarnent des symboles, les personnages restent enfermés dans des types et des caricatures. Chacun dévalorise le modèle qu'il imite: Gamelin n'est qu'une pâle copie de David ou de Marat, Desmahis singe médiocrement les grands libertins de son siècle, et tous appartiennent à ce peuple dont le narrateur observe: «On lisait sur leurs visages un amour de la vie aussi morne que leur vie elle-même: les plus grands événements, en entrant dans leur esprit, se rapetissaient à leur mesure et devenaient insipides comme eux» (8). Pour de tels hommes, qu'il s'agisse de peindre, de juger ou d'aimer, l'apparence prévaut sur l'essence. En art, il s'agit d'abord, faute de savoir inventer un style moderne, de plagier l'antique en le vidant de tout contenu, en le réduisant aux conventions d'un décor, d'un amas d'accessoires anachroniques et déplacés, «l'Hercule populaire brandissant sa massue, la Nature abreuvant l'univers à ses mamelles inépuisables» (ibid.). De même pour la vie.

 

C'est finalement le vieux traitant Brotteaux des Ilettes, sceptique et épicurien, qui représente le mieux le point de vue de la sagesse et de l'humanité. Les polichinelles qu'il fabrique et qu'il vend pour gagner sa vie ne sont pas dépourvus de valeur satirique: le fonctionnaire qui juge les contre-révolutionnaires fait preuve de sa bêtise et de son étroitesse d'esprit. Mais sur le plan métaphysique, ces marionnettes ne sont-elles pas le plus évident reflet des hommes, transformés en pantins et agités en tous sens par le souffle de l'Histoire? Comme Jérôme Coignard ou M. Bergeret, porte-parole les plus connus de l'auteur dans ses oeuvres, Brotteaux observe le monde avec ironie et détachement. La lecture de Lucrèce suffit à entretenir sa bonté naturelle et son goût pour la vie au milieu des horreurs du présent. Refusant tout système, toute certitude, il a autant d'égards pour le vieux prêtre réfractaire, malgré son fanatisme, que pour la fille publique, malgré sa condition. Son indulgence prend le contre-pied de la pureté inflexible des robespierristes.

 

Il en découle un enseignement foncièrement pessimiste. La Révolution exige trop des hommes, incapables de répondre aux idéaux inaccessibles qu'elle propose à leur médiocrité. Une trop grande soif de justice entraîne fatalement davantage d'injustice. Quand Brotteaux, voltairien et libre penseur, se croit obligé d'avouer au père Longuemare qu'à tout prendre il souhaitait «qu'on gardât le catholicisme, qui avait beaucoup dévoré de victimes au temps de sa vigueur, et qui maintenant, appesanti sous le poids des ans, d'appétit médiocre, se contentait de quatre ou cinq rôtis d'hérétiques en cent ans» (14), c'est toute la mythologie rationaliste et perfectibiliste des Lumières qu'il tourne en dérision. Au moment où Anatole France écrit, cependant, le régime républicain, malgré les «affaires» et les contradictions qui le déchirent, affirme sa légitimité de principe, abstraite et immanente, par les seules valeurs qu'il prétend servir. L'écrivain lui montre qu'une religion laïque peut se révéler pour l'homme aussi dangereuse et mystificatrice que toute espèce d'idolâtrie.

 

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Visitez le DIAN'Arte Museum en Corse (près de Bastia)

Le Dian’Arte Museum est un lieu dédié à l’art, dont la création a permis de rendre hommage à l’artiste peintre et sculpteur Gabriel Diana. Il étoffe l’offre culturelle insulaire et favorise le rayonnement artistique de l’île.

L’ambition du Dian’Arte Museum est de participer activement à une diffusion culturelle en proposant au public un accès à l'art par des visites qui peuvent être personnalisées et approfondies.

L’espace muséal est composé d’une vaste salle d’exposition principale, mais également d’un grand jardin d’exposition habité par des œuvres monumentales. Un bassin et un parcours artistique y sont également dessinés. Loin d'être un lieu de relégation, comme son nom l'indique, ce Lieu est un royaume des muses...

12272826881?profile=originalCe Musée offre un grand confort de visite par son vaste parking, son accès direct à la salle d’exposition et au jardin, également adapté aux porteurs d'handicap.

A un quart d’heure de la ville de Bastia ou de son aéroport, sur la commune de Borgo, le Lido de la Marana héberge ce lieu d’art devenu incontournable.

L'Association culturelle Zenith, qui gère et oeuvre au bénéfice du Musée, a créé un groupe "Les Amis du Dian'Arte Museum". Des amateurs d'art du monde entier y sont inscrits, dont de nombreux belges et des luxembourgeois.

Pour plus de détails : www.gabriel-diana.com - Contact : dianarte-museum@orange.fr

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LIBERTE...

Certes oui, on en parle trop souvent...

On l'exalte ou mieux on la défend!

En son nom, on dit bien des sotises...

C'est qu'on nous l'a si souvent promise!

Liberté!

De ce leurre les hommes font un drapeau

C'est à qui le voudra le plus haut!

Alors connaître sa  diversité...

Aussi savoir sa complexité!

Liberté!

Elle s'arrête ou une autre commence

Elle mène aux portes de la démence!

Car parfois au lieu de s'envoler...

Sa conscience nous ordonne de rester!

Liberté?

J.G.

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Une tendance persistante

 

Ne devrais-je plus? Je ne sais.

Tu m'avais écrit, que des lettres,

Source d'aveux entre deux êtres,

Créaient un espace secret.

...

Or, tu acceptais bien, je crois,

Que je publie certains poèmes,

Qui ne parlaient que de nous-mêmes,

Et n'étaient destinés qu'à toi.

...

Ils gardent ce qui a été.

Plus jamais ne pourras me lire

Mais je ne cesse de t'écrire.

Tu vis dans ma réalité.

...

Ce qui m'interpelle, aujourd'hui,

Est ma tendance persistante,

Elle me semble inélégante,

J'ouvre notre espace à autrui.

13 septembre 2012

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LATINES A L'OCCASION

12272825499?profile=originalTriangles et Obliques

Que ce soit Felouque Boutre  Caravelle ou Tartane, ces voilures  sont les mêmes

Ce jour fût  ici une parade de Pointus aux formes  particulières

Sur les côtes Méditerranéennes

Voiles pour "remonter le vent "

Souvenirs en collier  en mettant le pied pour la première fois sur l'Ile qui n'était pas encore Bendor il y a ...si longtemps

Paul Ricard nous invitait pour inaugurer une Vierge tout là -haut sur le rocher

Au large de Bandol 

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Bernard Jouve, Les racines de George Sand

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Préfacé par Georges Buisson, ancien administrateur du domaine de George Sand à Nohant et enrichi de belles illustrations, le livre de Bernard Jouve, Les racines de George Sand,  nous entraîne dans une vaste promenade à travers les siècles, celui de Louis XIV, puis celui des Lumières, de la cour de Pologne à celle de Russie, de demeures en  châteaux, de Chenonceau à Nohant, en passant par l’Hôtel Lambert, l’une des plus beaux hôtels particuliers de Paris, dans un monde où les intrigues amoureuses se faufilent entre les batailles et où les mots d’esprit qui préparent les révolutions pétillent comme du vin de Champagne.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           

L’alliance au XVIII° siècle des Dupin, grands bourgeois passionnés par les arts et les lettres, protégés par le célèbre financier Samuel Bernard,  et des Saxe, guerriers d’origine royale,  influença sans doute secrètement la personnalité de George Sand, sa passion de la beauté, son tempérament d’artiste, ce caractère combatif et volontaire qu’elle garda sa vie durant.

Les amis et les protégés de la famille, comme Jean-Jacques Rousseau, dont elle dévorera les œuvres dans la bibliothèque de Nohant mais aussi Voltaire,  Buffon, Montesquieu, se sont penchés sur le berceau de la future George Sand (Amandine Aurore Lucie Dupin de son vrai nom) pour lui léguer l ‘esprit naissant du romantisme et celui des Lumières.

« Quelle vie romanesque que la sienne ! » disait Balzac de George Sand. On pourrait en dire autant de celle de ses ancêtres : Auguste II, « le plus étonnant débauché de son temps »,  Aurore de Koenigsmark,  « célèbre dans le monde par sa beauté et son esprit », Maurice de Saxe, enfant illégitime mais finalement reconnu,  batailleur amoureux et fantasque qui reçut le château de Chambord en récompense de la victoire de Fontenoy, Louise Dupin, la dame de Chenonceau, « déesse de beauté et de musique », Louis-Claude Dupin de Francueil, le grand-père de George Sand, parfait honnête homme du siècle des Lumières, sa grand-mère Marie-Aurore, qui fit l’acquisition de la maison et du domaine de Nohant, son père Maurice, prématurément disparu, aristocrate républicain devenu aide de camp du maréchal Murat, et qui lui légua « les yeux les plus doux que l’on puisse imaginer ».

 Le dernier chapitre du livre aborde les racines  populaires de George Sand. Arrière-petite fille du roi de Pologne, petite fille du maréchal Maurice de Saxe,  George Sand descendait par sa mère d’un humble marchand d’oiseaux. « Ma mère, dit George Sand dans Histoire de ma vie était de la race avilie et vagabonde des bohémiens de ce monde ». «  Le rejet social dont sa mère fut la victime, de la part de sa belle-mère et de son entourage, écrit George Buisson dans sa préface,  donna corps au sentiment d’injustice que George Sand ressentit très vite et contre lequel elle lutta toute sa vie. »

Vivant symbole des contradictions sociales de son époque, George Sand fut écartelée entre ses origines aristocratiques et populaires, entre le monde  des « possédants » et celui des « laissés pour compte ». « Je suis la fille d’un patricien et d’une bohémienne…Je serai avec l’esclave et avec la bohémienne et non avec les rois et leurs suppôts. » Cette attitude ne l’empêcha pas de reconnaître les apports positifs d’une noblesse cultivée, généreuse et désargentée.  
 
Le récit alerte et coloré de Bernard Jouve se lit d’un bout à l’autre comme un roman et réussit à nous passionner sans sacrifier pour autant  la rigueur historique.


Bernard Jouve, Les racines de George Sand, de Chenonceau à Nohant, aux éditions Alan Sutton, 8, rue du docteur Ramon 37540, St Cyr sur Loire, 222 pages, 16 planches d’illustrations,  23 eus.

 

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