Il est d'étranges soirs où les fleurs ont une âme
Albert Samain ( Le jardin de l'infante )
Il est d'étranges soirs où les fleurs ont une âme
Albert Samain ( Le jardin de l'infante )
Aux nuages, j’ai dit ce jour:
Vous comblez mon coeur d’allégresse.
Venus d’un ailleurs fabuleux,
Ils envahissaient le ciel bleu.
Ils y flottaient sans turbulence,
Isolés et dans le silence.
...
Or, le soleil les prit pour cibles.
Soudain, un courant les poussant,
Ils s’unirent en continents.
Je suivais ces métamorphoses,
Quand je vis, au niveau d’un toit,
Dans un îlot, danser ma joie.
15/7/1993
Le thé fut-il un jour, chez nos voisins anglais,
Une boisson de luxe, et qu’on offrait pour plaire,
Une délectation sortie de l’ordinaire?
Suggère-t-elle encore un plaisir raffiné?
Une boisson de luxe, et qu’on offrait pour plaire.
Son renom n’est-il pas devenu suranné?
Suggère-t-elle encore un plaisir raffiné?
Une image reçue peut certes satisfaire.
Son renom n’est-il pas devenu suranné?
«C’est ma tasse de thé !» fait parfois notre affaire,
Une image reçue peut certes satisfaire.
Or, ailleurs, des gourmets ont d’autres goûts innés.
« C’est ma tasse de thé! » fait parfois notre affaire.
Semble garder un sens, un jour imaginé.
Or, ailleurs, des gourmets ont d’autres goûts innés.
« Ma mousse de champagne! » Comme il était sincère!
11/01/2012
Ton corps se bat à tout rompre, le souffle te manque, tu es estomaqué
Tu inspires, tu trembles, ta vue se gâte, elle est embuée
Ta carence de connaissances engendre ignorance et décadence des sens.
Tu subis l’insolence d’une instance qui t’entraîne dans l’errance.
Pas le choix, son omniprésence t’oblige à la conjurer avec violence.
Cris, médocs et whisky, rien n’y fait, l’indifférence t’embrasse sans révérence.
La souffrance encense ton absence
Et enfouis un sourire inné
Pas de chance, une matière sans licence
Tu peux t’éclater
Zéro tolérance, tu subis avec virulence
La cadence d’une transe à outrance
Un souvenir rétracté, une peine acidulée, un blocage de plusieurs années,
Tu as coulé, tu t’es noyé, tu as hurlé, cogné, cassé, t’es brisé, t’as beau pleurer
La douleur transpire l’endurance, appel à réminiscence est ta seule chance
Témoigne ta reconnaissance au silence, il en deviendra ton éloquence
Après ta prise de conscience, fin de ta somnolence, c’est l’heure de la pertinence,
Tu dis merde à la révérence, c’est ta crise des sens, tu gères ta propre audience.
La souffrance censure ton absence
Et réveille un sourire inné
C’est ta chance, une matière sans licence,
Tu peux t’éclater
Fin de l’intolérance, tu gères avec prudence
La cadence d’une transe à outrance
Ton cœur se bat à tout rompre, le souffle te manque, tu es estomaqué
Tu frissonnes, tu trembles, ta vue se gâtes, elle est embuée
De ta déliquescence tu retrouves ta précieuse essence
Un délit qu’est sens, ton absence est commuée en présence
Hors-la-loi de ta défaillance, renégat de ton impuissance, voilà ton ordonnance
Cris, remèdes et champagne, tout est là, l’existence t’embrasse sans révérence.
Bon sens les mots abondants sur le flot
Provoquent chez moi une intensité d’émotions
J’ai envie de les rassembler par pots
Afin de t’exprimer mon hésitation
Des Stéréotypes étouffent ne fût-ce qu’un do
Re mi-fa-sol et enterrent mon exaltation
Les torrents de préjugés cherchent un ko
Ma résistance repousse facile l’agitation
Mon univers reste mon thermos
L’érudit dont le verbe secoue mon audition
Me frappe de mutisme avec brio
Je cherche à repousser l’immonde aversion
Une coulée de relation me fuit de facto
Ne crois pas que c’est une révocation
Un rejet et que je te balance in extenso
Un tempo qui frappe dans le micro
primo, secundo, tertio
Fais danser mon ego entre deux eaux
Primo, solitaire , vis dans l’admiration
Secundo, égoïste , garde mes impulsions
Tertio, impossible de réveiller ma diction
Face à toi mon ami je pèse mes mots
Je ne te snobe pas, c’est mon addiction
La vérité est que je ne peux dire un mot
Ma bulle est mon seul lieu d’expression
Des années dans le dôme dont je suis accro
Plus rien à dire si tu veux partager une concoction
Dans un bar, un pub, ou en disco
Tu ne me trouveras pas hors de mon air de prévention
Ma sphère est ma demeure de solo
L’impossibilité d’échanger à haute voix les salutations
Je me terre dans mon aire de repos
Où seul je maitrise les limitations
Un tempo qui frappe dans le micro
Primo, secundo, tertio
Fais danser mon ego entre deux eaux
Primo, solitaire je vis dans l’admiration
Secundo, égoïste je garde mes impulsions
Tertio, impossible de réveiller ma diction
Face à toi mon ami je pèse mes mots
Je ne te snobe pas, c’est mon addiction
Plus fort que moi scotché dans mes sabots
Ne m’en veut pas, c'est ma description
Condamné et fixé aux poteaux
De ma plaine que j’aime avec dévotion.
Chaque fois que c’est la rentrée
Échange de regards, des yeux pleurent
C’est juste qu’elle n’a pas de blé
Pas de Mapped, elle oublie les mœurs
Ses marmots feront la rentrée
Certains qu’ils seront à l’heure
Pour ce faire, pas besoin d’osier
Quand c’est l’heure, c’est l’heure
Ton gosse s’impatiente à l’instant rêvé
Putain de bousculade pour un quart d’heure
De livres les vitrines sont blindées
De plumiers, de gommes et de marqueurs
Le foutu plastique doit étinceler
Les mômes réclament avec ardeur
Stylo à bille éclatant à plein nez
Portefeuille vide, t’as mal au cœur
Tu lui files un crayon usé
Et lui dit : bosse avec le cœur
Chaque fois que c’est la rentrée
Échange de regards, des yeux pleurent
C’est juste qu’il a du blé
des Mapped, il oublie les mœurs
Ce n’est pas qu’une question d’être blindé
Le chemin de la pub est une horreur
La nouvelle génération encensée
Se noie dès les premières heures
Le but n’est pas de se lamenter
Pour un échange où des yeux pleurent
Parce que l’argent s’est absenté
Mais par le manque de mœurs
Que l’avenir leur a concocté
Voilà un échange de frayeur
Aux victimes de marques sponsorisées
Qui laisse des yeux en pleurs
de beaucoup de gens fauchés
où qui nage dans la grandeur
Tu choisis d’acheter ou de manger
Avec ou sans marque porte-bonheur
Protège ton petit secoué
Contre l’avalanche de torpeur
Qui le noie dans l’avidité
Deux genres sans peur
Pour une seule vérité
Lorsque des yeux pleurent
Car c’est l’heure de la rentrée
Où tous oublient les mœurs
Dans l’opulence ou sans blé
Dites-leur d’apprendre avec le cœur
Les biens chers nommés
Les bien chères peurs
Reste à citer
À bon entendeur
"Au Repos du Pêcheur"
« Au Repos du Pécheur », pire bouge connu,
Les tables de bois brut sont crasseuses d’histoire,
On voit faux flibustiers consulter des grimoires
Révélant des trésors encore méconnus.
On voit de vieux marins burinés par le temps
Et les vents du grand large, afficher des trognes
A faire peur, quand on s’approche et qu’ils grognent,
Réclamant l’alcool qui apporte le printemps.
Sourcils gris broussailleux et la pipe fumante,
Regard bleu pâle, aigu, comme pointe d’acier,
Lèvres closes serrées, ils semblent des sorciers
Songeant au grand sabbat des vagues écumantes.
Quelques filles perdues, échouées au hasard,
Passant de table en table en balançant la croupe,
S’arrêtent, aguichant chaque homme de la troupe,
Et lui promet le ciel de son œil égrillard.
Grosses pattes calleuses explorant les corps,
Puis un ruffian massif se lève et s’en va suivre
La belle qui, contre quelques pièces de cuivre,
Détendra ses besoins dans la Petite Mort.
Brume bleue du tabac nimbant les silhouettes,
Voix rocailleuses, dures, sans plus d’espérances
Le « Repos du Pécheur » est, dans sa déchéance,
Une pustule noire au milieu des mouettes.
Le 9 novembre 2007
Dans les lagunes où l’eau tiède était peu profonde
Se préparait, secret, tout l’avenir d’un monde,
Car le soleil dardait ses rayons implacables,
Ultraviolets mortels, sorciers inexplicables.
Irradiant molécule et atome sans fin
Cassant ici, associant là, pour voir enfin
Propriétés nouvelles surgir de l’inerte,
Par des tâtonnements et une lourde perte.
*
A ce jeu, l’eau devint une soupe complexe
Où mille réactions s’ensuivaient, ce contexte
Fit apparaître enfin l’enchaînement magique
Qui autorisait tout: l’acide nucléique,
A la fois mémoire et programme du vivant.
ARN, ADN, quel premier arrivant
Décida de tout le reste pour le futur ?
Nous l’ignorons encore mais ce qui est sûr,
C’est qu’à partir de là, un message est codé,
Conservé en mémoire et jamais démodé.
De ce moule sortant en briques protéines,
Le message évolue et toujours se raffine,
Élaborant structures toujours plus complexes,
Dont les capacités laissent toujours perplexe.
*
Restait encore un pas décisif à franchir :
S’isoler du milieu, pour mieux s’en affranchir,
Tout en pouvant sans fin échanger avec lui,
Distinguant le moi de ce qui est autrui.
Carbone, hydrogène et phosphore réunis
Créèrent la membrane, horizon défini.
A l’abri, désormais, mémoire et messager,
Dans une évolution vont pouvoir s’engager.
Ainsi sont apparues premières bactéries,
Les premières manifestations de la vie
Qui font toujours fortune aujourd’hui, démontrant
La beauté d’un modèle se perpétuant.
Cette première vie l’oxygène ignorait
Et, pour son énergie, le soufre utilisait,
Tout comme les microbes peuplant les souffleurs,
Cheminées cachées dans les grandes profondeurs,
Microbes qui ont eu, comme lointains ancêtres,
Ces bactéries, premières vie qu’on a vu naître.
*
Mais en certains endroits, une révolution,
Préparait au futur une autre solution.
Par le jeu de sorcier des UV créateurs
Vint au jour un complexe des plus prometteurs :
Par lumière activé, et décomposant l’eau,
Il permettait alors un processus nouveau,
En liant le gaz carbonique et l’hydrogène,
Fabriquer carburant en donnant l’oxygène.
L’élégance du procédé fit sont succès.
A une source inépuisable ayant accès,
La photosynthèse fit son apparition.
Avec elle s’enchaînait une évolution.
L’oxygène changea la vie des océans,
Précipitant le fer partout en excédent
Fournissant la nouvelle voie pour mieux brûler
Les carburants nouveaux venant d’être créés.
Et beaucoup d’organismes adoptèrent ce mode
De respiration, plus efficace et commode.
Puis les vies primitives allaient s’associer
En unités plus grandes, plus différenciées.
L’un des partenaires fournissant l’énergie,
L’autre gardant code et messages en régie
Parfois vint se mêler un photosynthétique
Possédant les secrets du carburant magique.
S’assemblant tous dans une enveloppe commune,
La cellule bientôt allait faire fortune.
*
Puis s’échappant de l’eau, allant vers l’atmosphère,
L’oxygène arrêta les rayons mortifères,
Sous sa forme d’ozone, qui, protégeant les eaux
Empêcha que la vie fût tuée au berceau.
Ainsi se terminait un cycle interminable,
De poussière en planète, puis monde habitable
La Terre allait donner au delà des promesses
Et répandre partout la vie et ses largesses.
Par magie de l’ozone, ciel devint d’azur.
Terre serait planète bleue pour le futur.
Rivière d'été
Les passereaux assoiffés
Blancheur des trèfles
Le bienfait du jour
Mélancolique festin
Badiner nuit
Ventre à boue
Luisant le vers de terre
Peine à fuir
Raymond Martin
Quand je m’ennuie, l’esprit maussade,
par manque d’imagination,
je fais appel à l'un de mes nombreux amis.
Ils ne sont jamais loin, ne se font pas attendre.
...
Chacun d’eux a laissé des oeuvres merveilleuses,
toutes offertes au monde entier.
Je choisis à mon gré, et selon mon humeur,
laquelle me donnera une énergie nouvelle.
...
Je sais qu’ils sont aussi, dans le même moment,
intensément présents ailleurs.
Ce mystique pouvoir m'a troublée bien des fois.
Mais cependant, ce soir, Chopin jouait pour moi.
1/11/1990
Ma vieillesse cuivrée,
qu’allume le soleil,
prendrait bientôt, c’est sûr,
un bain de vert-de-gris,
sans mon souci de veille,
sans ma coquetterie.
...
J’ai le privilège de croire
que chaque jour est une grâce.
Mon esprit gagne en appétit
or, si mon aspect se dégrade,
mon âme reste invulnérable,
et peut-être même embellit.
11/2/91
Rêverie d'un soir
Enseignement de l'Esprit
Béatitudes
En sept piliers
Conspiration Inferno
Ciel constellé
Armageddon Tell
Colapsus Atlantique
Verseau devenir
Raymond Martin 2012.
« Le joli buisson de jeunesse » est un dit à insertions lyriques de Jean Froissart (vers 1337-vers 1410), composé en 1373 et conservé par deux manuscrits de la fin du XIVe siècle.
Le Joli Buisson de Jeunesse, qui se développe sur 5 442 vers, est le troisième et dernier des grands dits à insertions lyriques de Froissart. Répondant à l'Épinette amoureuse, qui retraçait l'entrée du poète dans la carrière amoureuse, il en donne le dénouement: l'écrivain fait maintenant ses adieux à l'amour et se tourne vers Dieu en implorant la médiation de la Vierge.
Hommage à la vierge Marie (XIVe siècle)
Poussé par le souvenir, par Nature grâce à qui il est à même de faire «biaus dittiers», par ses pensées qui lui rappellent la dignité de l'homme de lettres et les devoirs qu'il a à l'égard de ses mécènes, le poète entreprend de raconter le songe qu'il fit la trentième nuit de novembre 1373 (v. 1-871). Vénus lui apparaît et il lui reproche de ne pas avoir tenu les promesses faites autrefois (l'Épinette amoureuse, v. 534-618): elle l'incite à se lever et lui propose de le conduire au Joli Buisson de Jeunesse. Avant de partir, le poète chante un virelai, puis, chemin faisant, en interprète un autre. Enfin ils arrivent au Buisson: c'est un espace sphérique, dont on ne peut évaluer la circonférence car chaque endroit paraît en être le centre. Un jeune homme vient à leur rencontre, c'est Jeunesse, qui conduit le poète vers un lieu charmant, enclos dans le Buisson, où se divertissent jeunes dames et jeunes filles, parmi lesquelles la dame aimée du narrateur, aussi jeune et aussi jolie qu'elle l'était dix ans plus tôt. En recourant à deux fables mythologiques, Jeunesse explique ce défi aux lois de Nature: le véritable amour rend les êtres immuables l'un pour l'autre. Le poète hésite à rejoindre sa dame et s'informe sur l'identité des jeunes filles qui l'entourent; Jeunesse lui révèle leurs noms: Manière, Atemprance, Franchise, Pitié, Plaisance, Connaissance et Humilité (on aura reconnu, à deux variantes près - Plaisance et Connaissance remplaçant Courtoisie et Charité - les vertus de la dame du Temple d'honneur). Sollicité par Doux Semblant et par Désir, le poète rejoint la courtoise assemblée. Danses, chants, jeux se succèdent. Le poète essaie de gagner la bienveillance de sa dame, mais il se heurte souvent à l'hostilité de Refus, d'Escondit et de Dangier. Au milieu d'un jeu, alors que le poète se réjouit à l'idée de rencontrer le dieu Amour, on le pousse et il se réveille (v. 872-5 081). Ramené au présent, le poète quitte le printemps ensoleillé du rêve et retrouve la réalité; il se détourne des valeurs futiles et décide de se consacrer au salut de son âme. Pour l'aider dans sa démarche vers Dieu, il adresse un lai à «la Mere du Roi celestre», sur lequel l'oeuvre s'achève.
Bien que l'on retrouve dans ce poème bon nombre d'éléments présents dans d'autres dits de Froissart - omniprésence du Roman de la Rose (songe, allégories, art d'aimer), foisonnement d'allusions mythologiques, insertion de virelais, rondeaux, ballades, lais -, le Joli Buisson de Jeunesse occupe une place bien particulière dans l'oeuvre de l'écrivain, puisqu'elle consomme la rupture entre le poète et la thématique amoureuse. Le facteur primordial de cette rupture est le temps, partout présent dans ce dit, et figuré en abyme dans le Buisson dont les sept branches maîtresses représentent les sept planètes qui scandent la vie humaine (v. 1 596-1 704). Déjà l'Épinette amoureuse soulignait qu'il est un âge pour aimer, la jeunesse; toutefois, la réflexion n'allait pas au-delà, puisque l'histoire du héros se situait au sortir de son enfance. Tel n'est plus le cas pour le poète du Joli Buisson de Jeunesse: n'est-il pas lors de cette seconde rencontre avec Vénus (la première ayant eu lieu dans l'Épinette) «un peu...chenus» (v. 881)? A Philosophie (sa conscience poétique) qui l'invite à user de ses dons, il oppose la fuite du temps, et quand il récapitule son oeuvre passée, tout entière centrée autour d'Amour, il mentionne qu'alors il «estoi[t]... toutes nouveletés sentans», que ce type d'inspiration poétique n'est plus de saison, qu'il lui faut penser au salut de son âme. Ce n'est que par le biais du souvenir - très habilement éveillé par le portrait que le poète sort d'une malle où il était enfoui depuis plus de dix ans (v. 480) - et par la médiation du rêve que l'amour peut encore être à l'origine du poème. Mais le réveil ramène à la réalité, à l'hiver déjà installé en cette dernière nuit du mois de novembre, bien loin du printemps idyllique du rêve, à l'âge du poète: alors les subtilités du désir ne sont plus que «wiseuses» [futilités], véritable danger pour l'âme et pour son salut. Après le temps de l'amour vient celui de la sagesse, où il n'est plus d'autre dame que la Mère du Roi céleste.
Guillaume de Machaut tentait dans ses dits de concilier amour et sagesse; pour Froissart, dans le Joli Buisson de Jeunesse, ils ne sont pas complémentaires, ils se succèdent; encore une affaire de temps, ici de chronologie.
Galant séduisant une fileuse (XIVe siècle)
Au fond de moi
sourde un bruit étrange.
il est là comme une certitude
je ne le connais pas, mais il m'est familier
Il gronde et sourde comme une masse
et me laisse présager
que je serai comme la vague
afin que soit apaisée la mer
je n'ai nulle crainte
et la joie qui sera mienne
me laissera émerveillée
face à l'écume refoulée
Nid'âme
J'ai, tu as, il a, nous avons, vous avez
je veux, tu veux, il veut, nous voulons, vous voulez
j'aurai, tu auras, il aura, nous aurons, vous aurez
je voudrai, tu voudras, il voudra, nous voudrons, vous voudrez
Déclinons les à tous les temps,
pendant ce temps les années passent
et nous restons pendus
au bout de nos oraisons funèbres.
J'ai, tu as, il a, nous avons, vous avez
j'aurai, tu auras, il aura, nous aurons, vous aurez,
la corde qui nous enserre la gorge
nous étouffe un peu plus chaque jour
et à bout de souffle, fous que nous sommes
nous appelons cela la vie ........
Le temps est un coquin,
qui se joue de nous.
A trop vouloir le retenir,
il nous file entre les mais.
Le temps est un coquin,
moquez vous de lui quelques semaines
une année aura passée.
C'est à se demander à le voir tant ironiser
si l'on ne devrait pas le tuer !
Le temps est un coquin
qui se joue de nous
à trop vouloir le garder
il nous file entre les mains
le temps est un coquin
moquez vous de lui quelques semaines
et bien, une année aura passée.
c'est à se demander, à le voir ironiser
si l'on ne devrait pas le tuer !
Les charognards
crève charogne , crève !
j'appelle à moi les anges de vie
que leur venue en moi sont aussi forte
que les démons de la nuit
qui se battent en moi pour garder la place.
il n'y a plus d'espace pour vous ici !
le jour bientôt viendra brûler vos faces.
Vos cris, vos hurlements seront anéantis
jusqu'à vos derniers spasmes.
Avec violence, je garderai mes mains plaquées
sur mes oreilles
pour bien prendre garde
pour ne plus vous entendre
.et malgré la peur qui me tenaille au ventre,
je veillerai à chaque seconde de ma vie
à vous exhorter de mon corps.
Vous ne vous nourrirrez plus de ma chair !
Car si je vous laisse faire,
je suis appelée à mourir tout doucement
en silence !
Mais je suis là !
Je vous entends !
vos lames pourfendent ma chair et mon être
mais je suis là !
et je veille sur mon âme
à vous réduire en poussière.
Nid'âme
J’ai perdu mes ailes !
Je sombre dans d’impensables idées ;
M’emportent à Ses portes une colère et ma misère.
Riche de dignité autrefois,
Je mendie ici sa pitié
Et je prie.
J’avais une paire d’ailes
Pour embrasser le ciel,
J’ai maintenant peur d’Elle.
Mystère
Est mon existence,
Et la froideur intense
Qui couvre ou fond mes sens
Ouvre et fonde une ère…
Nouvelle.
J’erre et l’air qu’elle fait tourner
M’enveloppe et m’efface,
Mais face à elle
S’efface mon zèle :
Je perds mes ailes !
Je tombe dans d’ascendantes catacombes.
Je succombe à la peur de son ombre
Qui me plie sous son aisselle
Et m’écrase sous sa semelle.
Décombres je tombe
En trombes
Et saoule, je m’écroule
A ses pieds de Géante.
Que j’ai honte
D’être si bas
Sans ailes,
Sans zèle
Devant elle !
KHADIJA, Agadir, mardi 27/10/2009 à 22h45