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Mouvance

 

Aux nuages, j’ai dit ce jour:

Vous comblez mon coeur d’allégresse.

Venus d’un ailleurs fabuleux,

Ils envahissaient le ciel bleu.

Ils y flottaient sans turbulence,

Isolés et dans le silence.

...

Or, le soleil les prit pour cibles.

Soudain, un courant les poussant,

Ils s’unirent en continents.

Je suivais ces métamorphoses,

Quand je vis, au niveau d’un toit,

Dans un îlot, danser ma joie.

                                                                               15/7/1993

 

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Ma mousse de champagne!

 

Le thé fut-il un jour, chez nos voisins anglais,

Une boisson de luxe, et qu’on offrait pour plaire,

Une délectation sortie de l’ordinaire?

Suggère-t-elle encore un plaisir raffiné?

Une boisson de luxe, et qu’on offrait pour plaire.

Son renom n’est-il pas devenu suranné?

Suggère-t-elle encore un plaisir raffiné?

Une image reçue peut certes satisfaire.

Son renom n’est-il pas devenu suranné?

«C’est ma tasse de thé !» fait parfois notre affaire,

Une image reçue peut certes satisfaire.

Or, ailleurs, des gourmets ont d’autres goûts innés.

« C’est ma tasse de thé! » fait parfois notre affaire.

Semble garder un sens, un jour imaginé.

Or, ailleurs, des gourmets ont d’autres goûts innés.

« Ma mousse de champagne! » Comme il était sincère!

11/01/2012

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Souffrance

Ton corps se bat à tout rompre, le souffle te manque, tu es estomaqué

Tu inspires, tu trembles, ta vue se gâte, elle est embuée

Ta carence de connaissances engendre ignorance et décadence des sens.

Tu subis l’insolence d’une instance qui t’entraîne dans l’errance.

Pas le choix, son omniprésence t’oblige à la conjurer avec violence.

Cris, médocs et whisky, rien n’y fait, l’indifférence t’embrasse sans révérence.

 

La souffrance encense ton absence

Et enfouis un sourire inné

Pas de chance, une matière sans licence

Tu peux t’éclater

Zéro tolérance, tu subis avec virulence

La cadence d’une transe à outrance

 

Un souvenir rétracté, une peine acidulée, un blocage de plusieurs années,

Tu as coulé, tu t’es noyé, tu as hurlé, cogné, cassé, t’es brisé, t’as beau pleurer

La douleur transpire l’endurance, appel à réminiscence est ta seule chance

Témoigne ta reconnaissance au silence, il en deviendra ton éloquence

Après ta prise de conscience,  fin de ta somnolence, c’est l’heure de la pertinence,

Tu dis merde à la révérence, c’est ta crise des sens, tu gères ta propre audience.

 

La souffrance censure ton absence

 Et réveille un sourire inné

C’est ta chance, une matière sans licence,

Tu peux t’éclater

Fin de l’intolérance, tu gères avec prudence

La cadence d’une transe à outrance

 

Ton cœur se bat à tout rompre, le souffle te manque, tu es estomaqué

Tu frissonnes, tu trembles, ta vue se gâtes, elle est embuée

De ta déliquescence tu retrouves ta précieuse essence

Un délit qu’est sens, ton absence est commuée en présence

Hors-la-loi de ta défaillance, renégat de ton impuissance, voilà ton ordonnance

Cris, remèdes et champagne, tout est là, l’existence t’embrasse sans révérence.

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Solitaire

Bon sens les mots abondants sur le flot

Provoquent chez moi une intensité d’émotions

J’ai envie de les rassembler par pots

Afin de t’exprimer mon hésitation

Des Stéréotypes étouffent ne fût-ce qu’un do

Re mi-fa-sol et enterrent mon exaltation

Les torrents de préjugés cherchent un ko

Ma résistance repousse facile l’agitation

Mon univers reste mon thermos

L’érudit dont le verbe secoue mon audition

Me frappe de mutisme avec brio

Je cherche à repousser l’immonde aversion

Une coulée de relation me fuit de facto

Ne crois pas que c’est une révocation

Un rejet et que je te balance in extenso

 

Un tempo qui frappe dans le micro

primo, secundo, tertio

Fais danser mon ego entre deux eaux

Primo, solitaire , vis dans l’admiration

Secundo, égoïste , garde mes  impulsions

Tertio, impossible de réveiller ma diction

 Face à toi mon ami je pèse mes mots

Je ne te snobe pas, c’est mon addiction

La vérité est que je ne peux dire un mot

Ma bulle est mon seul lieu d’expression

 

Des années dans le dôme dont je suis accro

Plus rien à dire si tu veux partager une concoction

Dans un bar, un pub, ou en disco

Tu ne me trouveras pas hors de mon air de prévention

Ma sphère est ma demeure de solo

L’impossibilité d’échanger à haute voix les salutations

Je me terre dans mon aire de repos

Où seul je maitrise les limitations

 

Un tempo qui frappe dans le micro

Primo, secundo, tertio

Fais danser mon ego entre deux eaux

Primo, solitaire je vis dans l’admiration

Secundo, égoïste je garde mes impulsions

Tertio, impossible de réveiller ma diction

 

Face à toi mon ami je pèse mes mots

Je ne te snobe pas, c’est mon addiction

Plus fort que moi scotché dans mes sabots

Ne m’en veut pas, c'est ma description

Condamné et fixé aux poteaux

De ma plaine que j’aime avec dévotion.

 

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La rentrée

Chaque fois que c’est la rentrée

Échange de regards, des yeux pleurent

C’est juste qu’elle n’a pas de blé

Pas de Mapped, elle oublie les mœurs

 

Ses marmots feront la rentrée

Certains qu’ils seront à l’heure

Pour ce faire, pas besoin d’osier

Quand c’est l’heure, c’est l’heure

Ton gosse s’impatiente à l’instant rêvé

Putain de bousculade pour un quart d’heure

De livres les vitrines sont blindées

De plumiers, de gommes et de marqueurs

Le foutu plastique doit étinceler

Les mômes réclament avec ardeur

Stylo à bille éclatant à plein nez

Portefeuille vide, t’as mal au cœur

Tu lui files un crayon usé

Et lui dit : bosse avec le cœur

 

Chaque fois que c’est la rentrée

Échange de regards, des yeux pleurent

C’est juste qu’il a du blé

des Mapped, il oublie les mœurs

Ce n’est pas qu’une question d’être blindé

Le chemin de la pub est une horreur

La nouvelle génération encensée

Se noie dès les premières heures

Le but n’est pas de se lamenter

Pour un échange où des yeux pleurent

Parce que l’argent s’est absenté

Mais par le manque de mœurs

Que l’avenir leur a concocté

Voilà un échange de frayeur

Aux victimes de marques sponsorisées

Qui laisse des yeux en pleurs

de beaucoup de gens fauchés

où qui nage dans la grandeur

Tu choisis d’acheter ou de manger

Avec ou sans marque porte-bonheur

Protège ton petit secoué

Contre l’avalanche de torpeur

Qui le noie dans l’avidité

 

Deux genres sans peur

Pour une seule vérité

Lorsque des yeux pleurent

Car c’est l’heure de la rentrée

Où tous oublient les mœurs

Dans l’opulence ou sans blé

Dites-leur d’apprendre avec le cœur

 

Les biens chers nommés

Les bien chères peurs

Reste à citer

À bon entendeur

 

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Au Repos du Pêcheur

"Au Repos du Pêcheur"



« Au Repos du Pécheur », pire bouge connu,
Les tables de bois brut sont crasseuses d’histoire,
On voit faux flibustiers consulter des grimoires
Révélant des trésors encore méconnus.

On voit de vieux marins burinés par le temps
Et les vents du grand large, afficher des trognes
A faire peur, quand on s’approche et qu’ils grognent,
Réclamant l’alcool qui apporte le printemps.

Sourcils gris broussailleux et la pipe fumante,
Regard bleu pâle, aigu, comme pointe d’acier,
Lèvres closes serrées, ils semblent des sorciers
Songeant au grand sabbat des vagues écumantes.

Quelques filles perdues, échouées au hasard,
Passant de table en table en balançant la croupe,
S’arrêtent, aguichant chaque homme de la troupe,
Et lui promet le ciel de son œil égrillard.

Grosses pattes calleuses explorant les corps,
Puis un ruffian massif se lève et s’en va suivre
La belle qui, contre quelques pièces de cuivre,
Détendra ses besoins dans la Petite Mort.

Brume bleue du tabac nimbant les silhouettes,
Voix rocailleuses, dures, sans plus d’espérances
Le « Repos du Pécheur » est, dans sa déchéance,
Une pustule noire au milieu des mouettes.

Le 9 novembre 2007

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Les Temps de la Terre II : Frémissements et éclosion

Dans les lagunes où l’eau tiède était peu profonde
Se préparait, secret, tout l’avenir d’un monde,
Car le soleil dardait ses rayons implacables,
Ultraviolets mortels, sorciers inexplicables.


Irradiant molécule et atome sans fin
Cassant ici, associant là, pour voir enfin
Propriétés nouvelles surgir de l’inerte,
Par des tâtonnements et une lourde perte.


*


A ce jeu, l’eau devint une soupe complexe
Où mille réactions s’ensuivaient, ce contexte
Fit apparaître enfin l’enchaînement magique
Qui autorisait tout: l’acide nucléique,


A la fois mémoire et programme du vivant.
ARN, ADN, quel premier arrivant
Décida de tout le reste pour le futur ?
Nous l’ignorons encore mais ce qui est sûr,


C’est qu’à partir de là, un message est codé,
Conservé en mémoire et jamais démodé.

 

De ce moule sortant en briques protéines,
Le message évolue et toujours se raffine,
Élaborant structures toujours plus complexes,
Dont les capacités laissent toujours perplexe.

 

*

Restait encore un pas décisif à franchir :
S’isoler du milieu, pour mieux s’en affranchir,
Tout en pouvant sans fin échanger avec lui,
Distinguant le moi de ce qui est autrui.


Carbone, hydrogène et phosphore réunis
Créèrent la membrane, horizon défini.
A l’abri, désormais, mémoire et messager,
Dans une évolution vont pouvoir s’engager.

Ainsi sont apparues premières bactéries,
Les premières manifestations de la vie
Qui font toujours fortune aujourd’hui, démontrant
La beauté d’un modèle se perpétuant.


Cette première vie l’oxygène ignorait
Et, pour son énergie, le soufre utilisait,
Tout comme les microbes peuplant les souffleurs,
Cheminées cachées dans les grandes profondeurs,
Microbes qui ont eu, comme lointains ancêtres,
Ces bactéries, premières vie qu’on a vu naître.

 

*

Mais en certains endroits, une révolution,
Préparait au futur une autre solution.
Par le jeu de sorcier des UV créateurs
Vint au jour un complexe des plus prometteurs :


Par lumière activé, et décomposant l’eau,
Il permettait alors un processus nouveau,
En liant le gaz carbonique et l’hydrogène,
Fabriquer carburant en donnant l’oxygène.


L’élégance du procédé fit sont succès.
A une source inépuisable ayant accès,
La photosynthèse fit son apparition.
Avec elle s’enchaînait une évolution.

L’oxygène changea la vie des océans,
Précipitant le fer partout en excédent
Fournissant la nouvelle voie pour mieux brûler
Les carburants nouveaux venant d’être créés.


Et beaucoup d’organismes adoptèrent ce mode
De respiration, plus efficace et commode.
Puis les vies primitives allaient s’associer
En unités plus grandes, plus différenciées.


L’un des partenaires fournissant l’énergie,
L’autre gardant code et messages en régie
Parfois vint se mêler un photosynthétique
Possédant les secrets du carburant magique.


S’assemblant tous dans une enveloppe commune,
La cellule bientôt allait faire fortune.

 

*

Puis s’échappant de l’eau, allant vers l’atmosphère,
L’oxygène arrêta les rayons mortifères,
Sous sa forme d’ozone, qui, protégeant les eaux
Empêcha que la vie fût tuée au berceau.


Ainsi se terminait un cycle interminable,
De poussière en planète, puis monde habitable
La Terre allait donner au delà des promesses
Et répandre partout la vie et ses largesses.



Par magie de l’ozone, ciel devint d’azur.
Terre serait planète bleue pour le futur.

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HAÏKUS D'UN MATIN DE SEPTEMBRE 2012

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                       Rivière  d'été

                       Les passereaux  assoiffés

                       Blancheur des trèfles  

                           Le bienfait du jour

                           Mélancolique festin

                           Badiner  nuit

                   

                      Ventre à  boue

                      Luisant le vers de terre

                      Peine à fuir

                                          Raymond  Martin

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Ce soir, Chopin jouait pour moi

 

Quand je m’ennuie, l’esprit maussade,

par manque d’imagination,

je fais appel à l'un de mes nombreux amis.

Ils ne sont jamais loin, ne se font pas attendre.

...

Chacun d’eux a laissé des oeuvres merveilleuses,

toutes offertes au monde entier.

Je choisis à mon gré, et selon mon humeur,

laquelle me donnera une énergie nouvelle.

...

Je sais qu’ils sont aussi, dans le même moment,

intensément présents ailleurs.

Ce mystique pouvoir m'a troublée bien des fois.

 Mais cependant, ce soir, Chopin jouait pour moi.

1/11/1990

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Coquetterie spirituelle

 

Ma vieillesse cuivrée,

qu’allume le soleil,

prendrait bientôt, c’est sûr,

un bain de vert-de-gris,

sans mon souci de veille,

sans ma coquetterie.

...

J’ai le privilège de croire

que chaque jour est une grâce.

Mon esprit gagne en appétit

or, si mon aspect se dégrade,

mon âme reste invulnérable,

et peut-être même embellit.

11/2/91

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HAÏKU DU VERSEAU

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        Rêverie d'un soir

        Enseignement de l'Esprit

        Béatitudes

               

                En sept piliers

                Conspiration Inferno

                Ciel  constellé

       Armageddon Tell

       Colapsus  Atlantique

       Verseau devenir

            Raymond  Martin  2012.

              

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Le joli buisson de jeunesse

« Le joli buisson de jeunesse » est un dit à insertions lyriques de Jean Froissart (vers 1337-vers 1410), composé en 1373 et conservé par deux manuscrits de la fin du XIVe siècle.

 

Le Joli Buisson de Jeunesse, qui se développe sur 5 442 vers, est le troisième et dernier des grands dits à insertions lyriques de Froissart. Répondant à l'Épinette amoureuse, qui retraçait l'entrée du poète dans la carrière amoureuse, il en donne le dénouement: l'écrivain fait maintenant ses adieux à l'amour et se tourne vers Dieu en implorant la médiation de la Vierge.

12272824290?profile=originalHommage à la vierge Marie (XIVe siècle) 

Poussé par le souvenir, par Nature grâce à qui il est à même de faire «biaus dittiers», par ses pensées qui lui rappellent la dignité de l'homme de lettres et les devoirs qu'il a à l'égard de ses mécènes, le poète entreprend de raconter le songe qu'il fit la trentième nuit de novembre 1373 (v. 1-871). Vénus lui apparaît et il lui reproche de ne pas avoir tenu les promesses faites autrefois (l'Épinette amoureuse, v. 534-618): elle l'incite à se lever et lui propose de le conduire au Joli Buisson de Jeunesse. Avant de partir, le poète chante un virelai, puis, chemin faisant, en interprète un autre. Enfin ils arrivent au Buisson: c'est un espace sphérique, dont on ne peut évaluer la circonférence car chaque endroit paraît en être le centre. Un jeune homme vient à leur rencontre, c'est Jeunesse, qui conduit le poète vers un lieu charmant, enclos dans le Buisson, où se divertissent jeunes dames et jeunes filles, parmi lesquelles la dame aimée du narrateur, aussi jeune et aussi jolie qu'elle l'était dix ans plus tôt. En recourant à deux fables mythologiques, Jeunesse explique ce défi aux lois de Nature: le véritable amour rend les êtres immuables l'un pour l'autre. Le poète hésite à rejoindre sa dame et s'informe sur l'identité des jeunes filles qui l'entourent; Jeunesse lui révèle leurs noms: Manière, Atemprance, Franchise, Pitié, Plaisance, Connaissance et Humilité (on aura reconnu, à deux variantes près - Plaisance et Connaissance remplaçant Courtoisie et Charité - les vertus de la dame du Temple d'honneur). Sollicité par Doux Semblant et par Désir, le poète rejoint la courtoise assemblée. Danses, chants, jeux se succèdent. Le poète essaie de gagner la bienveillance de sa dame, mais il se heurte souvent à l'hostilité de Refus, d'Escondit et de Dangier. Au milieu d'un jeu, alors que le poète se réjouit à l'idée de rencontrer le dieu Amour, on le pousse et il se réveille (v. 872-5 081). Ramené au présent, le poète quitte le printemps ensoleillé du rêve et retrouve la réalité; il se détourne des valeurs futiles et décide de se consacrer au salut de son âme. Pour l'aider dans sa démarche vers Dieu, il adresse un lai à «la Mere du Roi celestre», sur lequel l'oeuvre s'achève.

 

Bien que l'on retrouve dans ce poème bon nombre d'éléments présents dans d'autres dits de Froissart - omniprésence du Roman de la Rose (songe, allégories, art d'aimer), foisonnement d'allusions mythologiques, insertion de virelais, rondeaux, ballades, lais -, le Joli Buisson de Jeunesse occupe une place bien particulière dans l'oeuvre de l'écrivain, puisqu'elle consomme la rupture entre le poète et la thématique amoureuse. Le facteur primordial de cette rupture est le temps, partout présent dans ce dit, et figuré en abyme dans le Buisson dont les sept branches maîtresses représentent les sept planètes qui scandent la vie humaine (v. 1 596-1 704). Déjà l'Épinette amoureuse soulignait qu'il est un âge pour aimer, la jeunesse; toutefois, la réflexion n'allait pas au-delà, puisque l'histoire du héros se situait au sortir de son enfance. Tel n'est plus le cas pour le poète du Joli Buisson de Jeunesse: n'est-il pas lors de cette seconde rencontre avec Vénus (la première ayant eu lieu dans l'Épinette) «un peu...chenus» (v. 881)? A Philosophie (sa conscience poétique) qui l'invite à user de ses dons, il oppose la fuite du temps, et quand il récapitule son oeuvre passée, tout entière centrée autour d'Amour, il mentionne qu'alors il «estoi[t]... toutes nouveletés sentans», que ce type d'inspiration poétique n'est plus de saison, qu'il lui faut penser au salut de son âme. Ce n'est que par le biais du souvenir - très habilement éveillé par le portrait que le poète sort d'une malle où il était enfoui depuis plus de dix ans (v. 480) - et par la médiation du rêve que l'amour peut encore être à l'origine du poème. Mais le réveil ramène à la réalité, à l'hiver déjà installé en cette dernière nuit du mois de novembre, bien loin du printemps idyllique du rêve, à l'âge du poète: alors les subtilités du désir ne sont plus que «wiseuses» [futilités], véritable danger pour l'âme et pour son salut. Après le temps de l'amour vient celui de la sagesse, où il n'est plus d'autre dame que la Mère du Roi céleste.

 

Guillaume de Machaut tentait dans ses dits de concilier amour et sagesse; pour Froissart, dans le Joli Buisson de Jeunesse, ils ne sont pas complémentaires, ils se succèdent; encore une affaire de temps, ici de chronologie.

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Galant séduisant une fileuse (XIVe siècle)

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LE GALOP

Au fond de moi

sourde un bruit étrange.

il est là comme une certitude

je ne le connais pas,  mais il m'est familier

Il gronde et sourde comme une masse

et me laisse présager

que je serai comme la vague

afin que soit apaisée la mer

je n'ai nulle crainte

et la joie qui sera mienne

me laissera émerveillée

face à l'écume refoulée

Nid'âme

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CONJUGAISON

 

J'ai, tu as, il a, nous avons, vous avez 

je veux, tu veux, il veut, nous voulons, vous voulez

j'aurai, tu auras, il aura, nous aurons, vous aurez

je voudrai, tu voudras, il voudra, nous voudrons, vous voudrez

Déclinons les à tous les temps,

pendant ce temps les années passent

et nous restons pendus

au bout de nos oraisons funèbres.

J'ai, tu as, il a, nous avons, vous avez

j'aurai, tu auras, il aura, nous aurons, vous aurez,

la corde qui nous enserre la gorge

nous étouffe un peu plus chaque jour

et à bout de souffle, fous que nous sommes

nous appelons cela la vie ........

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LE TEMPS EST UN COQUIN

Le temps est un coquin,

qui se joue de nous.

A trop vouloir le retenir,

il nous file entre les mais.

Le temps est un coquin,

moquez vous de lui quelques semaines

une année aura passée.

C'est à se demander à le voir tant ironiser

si l'on ne devrait pas le tuer !

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LE TEMPS EST UN COQUIN

Le temps est un coquin

qui se joue de nous

à trop vouloir le garder

il nous file entre les mains

le temps est un coquin

moquez vous de lui quelques semaines

et bien, une année aura passée.

c'est à se demander, à le voir ironiser

si l'on ne devrait pas le tuer !

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LES CHAROGNARDS

Les charognards

crève charogne , crève !

j'appelle à moi les anges de vie

que leur venue en moi sont aussi forte

que les démons  de la nuit

qui se battent en moi pour garder la place.

il n'y a plus d'espace pour vous ici !

le jour bientôt viendra brûler vos faces.

Vos cris, vos hurlements seront anéantis

jusqu'à vos derniers spasmes.

Avec violence, je garderai mes mains plaquées

sur mes oreilles

pour bien prendre garde
pour ne plus vous entendre

.et malgré la peur qui me tenaille au ventre,

je veillerai à chaque seconde de ma vie

à vous exhorter de mon corps.

Vous ne vous nourrirrez  plus de ma chair !

Car si je vous laisse faire,

je suis appelée à mourir tout doucement

en silence !

 

Mais je suis là !

Je vous entends !

vos lames pourfendent ma chair et mon être

mais je suis là !

et je veille sur mon âme

à vous réduire en poussière.

Nid'âme

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LA VIE

J’ai perdu mes ailes !

Je sombre dans d’impensables idées ;

M’emportent à Ses portes une colère et ma misère.

Riche de dignité autrefois,

Je mendie ici sa pitié

Et je prie.

J’avais une paire d’ailes

Pour embrasser le ciel,

J’ai maintenant peur d’Elle.

Mystère

Est mon existence,

Et la froideur intense

Qui couvre ou fond mes sens

Ouvre et fonde une ère…

Nouvelle.

J’erre et l’air qu’elle fait tourner

M’enveloppe et m’efface,

Mais face à elle

S’efface mon zèle :

Je perds mes ailes !

Je tombe dans d’ascendantes catacombes.

Je succombe à la peur de son ombre

Qui me plie sous son aisselle

Et m’écrase sous sa semelle.

Décombres je tombe

En trombes

Et saoule, je m’écroule

A ses pieds de Géante.

Que j’ai honte

D’être si bas

Sans ailes,

Sans zèle

Devant elle !

 

KHADIJA, Agadir, mardi 27/10/2009 à 22h45

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