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La lune amoureuse

Quand vient le soir, et tout se calme

Et les étoiles viennent danser

Toutes invitées contempler charme

De dame lune aux joues enflées

 

Quand c’est la nuit, la lune se lève

Pour commencer sa randonnée

Comme d’habitude sans faire de trêve

Pour écouter les chats miauler

 

Quand c’est la nuit, et tout s’endort

La claire lune se fait très belle

Baignant heureuse dans le décor

D’un beau jardin garni d’étoiles

 

Parait la lune, quand c’est la nuit,

Visage pale à l’horizon

« Aux cœurs épris elle fait l’amie »

Selon les dires du hérisson

 

Quand dame lune montre son charme

Faisant la joie des vieux hiboux

Qui lèvent la voix perçant le calme

Pour ululer des longs youyous

 

Quand dame lune se montre gaie

Et étincelle de tout son feu

Elle donne l’image d’astre hanté

Par des lutins fort malicieux

 

Quand c’est le noir, et sort la lune

Pour faire l’amie aux amoureux

Dans leurs cachettes derrière les dunes

Tous les fantômes dansent heureux

 

Là dans l’espace elle est rêveuse

Gardant pour elle un doux secret

Le cœur épris l’âme amoureuse

Du beau soleil l’astre enflammé

 

                                                         

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Masculin, Féminin,

Une Femme,

marée haute, bleue et verte,

chantante,

sa nudité,

marée basse, blonde,

murmurante,

l' Homme,

ciel haut, marine,

 grave,

sa nudité,

ciel bas, transparent,

murmurant,

l’un et l’autre s’effleurant,

se découvrant lentement,

puis tutoiement de deux peaux ;

entre elle et lui,

l’infatigable soleil blanc,

un peu lourd,

sourd au Monde,

entre nuages et  coquillages,

les pas de l’eau, chaude ;

désir qui s’étire, s'accomplit,

en secret dans la brume,

respirations salines et claires.

En cet instant troublant,

j’écris une rencontre,

  « une marine »,

montante et descendante.

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Ce bateau en partance

 

 

Les beaux mois de l’été, le temps pour des vacances.

Des cartes en couleurs, figeant des lieux lointains,

M’invitent au voyage, et me laissent émue.

...

Je pense à ce bateau qui partait pour la France.

Je le voyais glisser lentement sur l’eau bleue

Et s’éloigner de moi, c’était début juillet.

...

Je le suivis des yeux, aussi loin que je pus.

Or, quand il disparut, un pressentiment vague

M’avertit que, peut- être, il ne reviendrait plus.

...

26/7/91

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Penser, bref !

  • Tellement libre de penser, que j'en oublie de penser.

    Pansez moi, histoire de gérer le chaos libre.

    Libre à vous de juste penser des pensées justes.Liberté mal gérée est gérée par le mal libre.

    Liberté contrôlée est le mirage de la pensée libre et donc orientée.

    D'où vient l'orientation ?

    A qui la faute d'avoir une liberté d'expression agencé.

    L’extrémité des choses vient d'où ? L'erreur vient d'où ?

    Le langage varié qui naquit d'un mélange de liberté de penser.

    Comme chacun à sa façon de penser et de la gérer en fonction de ce qui est pensable ou non, difficile de mettre tout le monde d'accord.

    Les extrêmes engendrent beaucoup de bruit, de pensées troubles impensables qui se répercutent sur le manque de pensées, de penser, de panser...

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Dylan Thomas ou la nostalgie du paradis perdu

dylan thomas

Dylan Thomas naît à Swansea, ville côtière du Pays de Galles.

 

Son père David, diplômé en anglais et écrivain, pousse son fils à parler l'anglais plutôt que le gallois, la langue de sa mère, mais sa poésie gardera la trace de l'influence du gallois.

 

 Il fréquente la Swansea Grammar School, école pour garçons où son père enseignait la littérature anglaise. C’est dans un magazine scolaire que le jeune Thomas publie son premier poème. Il quitte l'école à 16 ans pour devenir reporter durant un an et demi.

 

Il passe la majeure partie de son enfance à Swansea, hormis des séjours réguliers à la ferme de Carmathen que possédait la famille de sa mère. Ces séjours influencèrent son travail ; on le remarque dans de nombreuses histoires courtes, dans des œuvres radiophoniques ou encore dans le poème "Fern hill" ("La colline des fougères")

 

Il écrit la moitié de son œuvre alors qu’il vit dans la maison familiale du 5 Cwmdonkin Drive (le poème le plus connu étant : "And death shall have no dominion"). En novembre 1934, il publie son premier recueil de poésie : "18 Poems".

 

En 1937, il se marie avec Caitlin Macnamara (1913-1994) et aura trois enfants avec elle, malgré une relation houleuse, entachée par des écarts conjugaux.

 

Dylan Thomas avait des problèmes avec l'alcool dans lequel il noyait sa difficulté de vivre.  Le 3 novembre 1953, au Chelsea Hotel de New York il déclare: "I've had 18 straight whiskies, I think this is a record". Six jours plus tard, pendant sa tournée promotionnelle new-yorkaise, à la White Horse Tavern, de Greenwitch Village (Manhattan), il s’évanouit après avoir trop bu .

 

Il mourut au St Vincent Hospital (New York) à l’âge de 39 ans.

 

Je voulais depuis longtemps rendre hommage à ce poète, l'un de mes préférés, en essayant de traduire l'un de ses poèmes, que j'aime entre tous , "Fernhill", avec "Do not go gentle into that good night" ("N'entre pas sans violence dans cette douce nuit", 1951), adressé à son père.

 

"Fernhill" est le dernier poème du recueil "Death and Entrances", paru en 1946. "Fernhill",  comme tous les poèmes de Dylan Thomas est fait pour être parlé ou chanté (il a d'ailleurs été mis en musique par le compositeur américain John Corigliano pour choeur et orchestre). Dylan Thomas a toujours minimisé l'influence de la prosodie galloise sur son oeuvre, mais le caractère essentiellement oral de sa poésie, la multiplication des assonances et des allitérations, font partie des prescriptions de la versification galloise (Cynghanedd). L'influence de Gérard Manley Hopkins est également perceptible.

 

"Dylan Thomas, en naissant, remplace un premier enfant mort, écrit Alain Suied dans la préface de "Vision et Prière" et autres poèmes (NRF Poésie/Gallimard). Cet autre habitera toute son œuvre, tour-à-tour "bébé en flammes" ou "héros" ou "animal"... jusqu'à le dévorer, bébé de trente-neuf ans gonflé d'alcool (...)

 

Mais est-ce là pour autant le seul "secret" de sa poésie ? Cet "autre" monde n'est pas celui de la mort. C'est celui de la naissance : partition, parturition première. Le monde que Dylan Thomas reconstruit pour nous, c'est celui que nous avons déserté peu après notre entrée dans l'humaine condition. C'est notre autre soi, le vrai - celui auquel nous avons renoncé - trop tôt, trop vite.

 

Le poète, "artisan sacré", nous rappelle le "Paradis perdu", celui que nous avons tenu dans nos mains - mais que nous n'avons su ni accepter, ni aimer.

 

Cet autre soi : au carrefour de l'illusion et de la réalité, ce monde où nous faisions corps avec le mystère originel, avec la magie de la Création.

 

La Poésie, n'est-ce pas d'abord cela : parole des origines, parole perdue, genèse, Genèse ?

 

Dylan Thomas, "poète du siècle", en Angleterre, barde gallois, alchimiste du Verbe et de l'Inconscient, nous parle - sans les détours et les masques de la parole - de ce vertige fondamental que nous portons tous au fond de nous : c'est le manque même de l'Autre qui "nous" constitue."

 

"And once below a time I was a child" : seul un poète de génie pouvait avoir cette intuition fulgurante de ce qu'est l'enfance et le dire de cette manière-là, parfaitement étrange, mais la seule possible, et pas autrement.

Traduite littéralement, la phrase donne en français : "Une fois, en-deçà d'un temps j'étais (ou je fus) un enfant.". Dans "Once below a time", on entend la formule consacrée des contes de fées : "Once upon a time" ("Il était une fois"), mais "upon" n'est pas "below" ("sous", "en-deçà de").

Dylan Thomas a réussi le tour de force de dire à la fois le conte de fées (le merveilleux) et l'en-deçà de la temporalité. L'enfant n'a pas la conscience du temps. Cette prise de conscience est admirablement  indiquée dans la dernière strophe par l'image du grenier bondé d'hirondelles ("the swallow throunged loft") : le coeur de l'enfant empli du sentiment de l'éternité est fissuré, au moment de l'adolescence, par  la conscience du temps ;  le cadran lunaire de l'intelligence conceptuelle ("the shadow of my hand") remplace le cadran solaire du coeur et égrène désormais les heures et le vol des hirondelles dans "la lune toujours montante" n'indique plus seulement une plénitude joyeuse, mais aussi le déclin du jour et la "décomposition" de l'éternité.

 "Nothing I cared, in the lamb white days, that time would take me
Up to the swallow throunged loft by the shadow of my hand,
In the moon that is always rising.
Nor that riding to sleep
I should hear him fly with the high fields
And wake to the farm forever fled from the childless land (...) "

" J'ignorais en ces jours candides comme des agneaux
Que le temps m'emporterait bientôt vers ce grenier
Bondé d'hirondelles à l'ombre de ma main,
Dans la lune toujours montante
Ni que, galopant vers le sommeil
Je l'entendrais voler par les moissons
Et m'éveillerais dans la ferme
Chassé à jamais du paradis de l'enfance (...)"

Pour un enfant, tout ce qui semble banal pour un adulte, est nimbé de merveilleux.


Il me fallait donc exprimer dans ma traduction la perte du sentiment du merveilleux et l'irruption de la temporalité :

"Jadis, avant la commencement du temps, je fus un enfant."

Le passé simple, en français étant le temps de l'accompli, de "l'hapax" (ce qui n'a lieu qu'une seule fois), de l'irrévocable, m'a paru préférable à l'imparfait qui indique une durée indéterminée, que l'on envisage dans son déroulement ; l'adverbe "jadis" renforce cet aspect et renvoie à la formule consacrée "il était une fois."... "avant le commencement du temps" essaye  d'exprimer ce "paradis perdu" de l'enfance où le temps n'existe pas encore.

Seul un adulte qui a été pris dans la "marée montante du temps" peut dire à la fois la nostalgie (l'enfant n'a pas la nostalgie de ce qu'il possède) et le paradis, et seul un grand poète peut exprimer cette nostalgie avec des mots que n'entachent pas la banalité du regard adulte, tout en traduisant, à  travers les épiphanies de son histoire personnelle, une expérience universelle.

On sait à quel point la nostalgie du "paradis perdu" était aiguë chez Dylan Thomas et à quel prix le poète en a payé la conscience.

Il y aurait encore bien des choses à dire, par exemple sur la polysémie du  mot "wake" qui signifie en anglais à la fois l'éveil, la veillée funèbre et le sillage d'un bateau. Fervent lecteur de James Joyce, Dylan Thomas s'est certainement souvenu de "Finnigans Wake", ce roman du temps, de l'éveil et de la mort.


Je donne le poème dans la langue originelle, puis ma modeste et imparfaite tentative de traduction :

Fern Hill

Now as I was young and easy under the apple boughs
About the lilting house as the grass was green,
The night above the dingle starry,
Time let me hail and climb
Golden in the heydays of his eyes,
And honoured amoung wagons I was prince of the apple towns
And once below a time I lordly had the trees and leaves
Trail with the daisies and barley
Down the rivers of the windfall light.

And as I was green and carefree, famous amoung the barns
About the happy yard ans singing as the farm was home,
Il the sun that is young once only,
Time let me play and be
Golden in the mercy of his means,
And green and golden I was huntsman and herdsman, the calves
Sang to my horn, the foxes on the hills barked clear and cold,
And the sabbath rang slowly
In the pebbles of the holy streams.

All the sun long it was running, it was lovely, the hay
Fields high as the house, the tunes from the chimneys, it was air
And playing, lovely and watery
And fire green as grass.
And nightly under the simple stars
As I rode to sleep the owls were bearing the farm away,
All the moon long I heard, blessed amoung stables, the nightjars
Flying with the ricks, and the horses
Flashing into the dark.

And then to awake, and the farm, like a wanderer white
With the dew, come back, the cock on his shoulder : it was all
Shining, it was Adam and maiden,
The sky gathered again
And the sun grew round that very day.
So it must have been after the birth of the simple light
In the first, spinning place, the spellbound horses walking warm
Out of the whinnying green stable
On to the fields of praise.

And honoured among foxes and pheasants by the gay house
Under the new made clouds and happy as the heart was long,
In the sun born over et over,
I ran my heedless ways,
My wishes raced through the house high hay
And nothing I cared, at my sky blue trades, that time allows
In all his tuneful turning so few and such morning songs
Before the children green and golden
Follow him out of grace.

Nothing I cared, in the lamb white days, that time would take me
Up to the swallow thronged loft by the shadow of my hand,
In the moon that is always rising,
Nor that riding to sleep
I should hear him fly with the high fields
And wake to the farm forever fled from the childless land.
Oh as I was young and easy in the mercy of his means,
Time held me green and dying
Though I sang in my chains like the sea.

              

       Fernhill (la colline des fougères)

Insouciant sous les pommiers en fleurs
Jadis, Je fus un enfant

Heureux car l'herbe était verte
Auprès de la maison joyeuse

Et la nuit recouvrait le vallon étoilé...

Ô temps, laisse-moi regrimper pour saluer toutes choses
Et recouvrer, glorieux, l'âge d'or de mon regard

Quand les chariots étaient carrosses
Et les pommeraies villes dont j'étais prince
Et que jadis, avant le commencement du temps,
Je gouvernais les arbres et les  feuilles

Et suivais, dans les rivières de la clarté,
Le sillage des épis et des marguerites.

Jeune pousse verdoyante, célèbre dans les granges,
M'approchant de ma ferme et de ma cour joyeuse,
je chantais.
j'allais dans le soleil qui n'est jeune qu'une fois.
Ô temps, que je rayonne sur le chemin de grâce,
Chasseur et puis berger, vêtu d'or et de vert.
Les veaux me répondaient quand je sonnais du cor,
Les clairs aboiements frais des renards des collines
Et tintaient lentement comme les cloches du dimanche
Tous les galets des saints ruisseaux.

Merveilleuse mélodie des jours,
les foins hauts comme la maison,
Le chant des cheminées,
le vent adorable dansant avec le pluie
Le feu, vert comme l'herbe
Et la nuit sous les simples étoiles,
Comme je glissais dans le sommeil
Les chouettes transportaient  la ferme au loin
Et j'entendais voler sous la lune
Bénies par les bêtes des étables
Les engoulevents avec les meules de foin
Et devinais l'éclair des chevaux dans la nuit.

Et puis me réveiller et retrouver la ferme
Comme un errant dans la blancheur de l'aube
Qui regagne enfin son pays,
Un coq perché sur son épaule.
Le monde était alors comme le jardin d'Eden,
le ciel venait d'éclore,
Le soleil de jaillir, tout comme au premier jour,
La pure lumière d'être tissée.
Les chevaux ensorcelés
Quittaient la chaleur hénnissante des étables
Pour la gloire des prairies.

Et honoré parmi les renards et les faisans,
Près de la maison joyeuse,
Sous les nuages nouveaux nés,
Et heureux tant que le coeur était fort,
Dans le soleil renouvelé,
je courais parmi les chemins insouciants,
Mes voeux lancés dans le foin
Aussi hauts que la maison,
Et je me moquais bien dans mon commerce avec le bleu du ciel
Que le temps n'accorde, dans son cycle mélodieux,
Que si peu de ces chants matinaux
Avant que les enfants verdoyants et dorés
Ne le suivent hors de la grâce.

J'ignorais en ces jours candides comme des agneaux
Que le temps m'emporterait bientôt dans ce grenier
Rempli d'hirondelles à l'ombre de ma main,
Dans la lune toujours montante
Et que, galopant vers le sommeil
Je l'entendrais voler par les moissons
Et m'éveillerais dans la ferme
Chassé à jamais du paradis de l'enfance
Oh ! Je fus un enfant rayonnant sur le chemin de grâce
Et le temps me retenait verdoyant loin de la mort
Tandis que je chantais dans mes chaînes
Comme la mer.



N'entre pas sans violence dans cette bonne nuit

N'entre pas sans violence dans cette bonne nuit,
Le vieil âge devrait brûler et s'emporter à la chute du jour ;
Rager, s'enrager contre la mort de la lumière.

Bien que les hommes sages à leur fin sachent que l'obscur
est mérité,
Parce que leurs paroles n'ont fourché nul éclair ils
N'entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes bons, passés la dernière vague, criant combien
clairs
Leurs actes frêles auraient pu danser en une verte baie
ragent, s'enragent contre la mort de la lumière.

Les hommes violents qui prirent et chantèrent le soleil
en plein vol,
Et apprennent, trop tard, qu'ils l'ont affligé dans sa
course,
N'entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes graves, près de mourir, qui voient de vue
aveuglante
Que leurs yeux aveugles pouraient briller comme
météores et s'égayer,
Ragent, s'enragent contre la mort de la lumière.

Et toi, mon père, ici sur la triste élévation
Maudis, bénis-moi à présent avec tes larmes violentes,
Je t'en prie.
N'entre pas sans violence dans cette bonne nuit.
Rage, enrage contre la mort de la lumière.

(Dylan Thomas, "Vision et Prière" et autres poèmes, traduction et présentation d'Alain Suied, NRF, Poésie/Gallimard)







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DECLIN

DÉCLIN

 

Comment veux-tu que je colore

Mes mots d’amour et de soleil ?

Comment veux-tu que je te peigne

Des rêves en bleu ou des merveilles

Alors que tout mon cœur qui saigne

Refuse d’ouvrir sa porte aux chants

Et refuse de s’ouvrir au vent

Dont les caresses grattent ses plaies

Que tes rayons ne daignent sécher ?

 

                                                                         Khadija ELHAMRANI, 2012

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NOCES MARINES

J’ai surpris au matin la mer

En flagrant délice de rêver.

Je l’ai surprise, ô ! Quelle surprise !

Dans ses grands élans de passion,

Dans ses va et vient érotiques,

Je l’ai vue, follement extatique,

Embrasser le sable mouvant

De sa langue aux caresses moulantes.

Ses lèvres sèches vers ses vagues nues

Tendues, affamées au vertige,

Assoiffées d’amour et de bises,

Tendaient les bras sans se cacher

Ni craindre l’opprobre et la honte.

Khadija, Agadir, Vendredi 21/9/2012

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administrateur théâtres

12272775893?profile=originalLa nouvelle saison du théâtre Royal du Parc démarre avec fracas et modernité. Question de déranger les conventions. Voici "Les Misérables" de Victor Hugo. 150 ans, un anniversaire qui se fête au son des canons.

Lumière versus ombre : les nantis à la maison et les pauvres, les exclus, à la prison, sans rachat possible. Ils valent moins que rien. Non, s’indigne Victor Hugo. « J’ai la faiblesse de penser que les choses peuvent être un peu plus compliquées.»

Le décor des Misérables, d'une totale inventivité, est une Zonzon au design cinématographique 9 mm. Estampe de fer et d’ombre plus glaçante qu’une page d’Edgard Poe. Le chant des esclaves s’élève des 9 cellules-cages lugubres disposées en rangs de trois sur trois étages. La construction verticale de la société. Au centre, quatre volées d’escaliers de fer qui ne mènent qu’en enfer. Les corps des prisonniers sont suspendus dans le cube parfait. L'échelle sociale est effroyable. C’est la présence inéluctable de cette prison (Fresnes, La Santé, Guentanamo, et autre Forêts …de grilles) qui sert de cadre à toute la pièce. Aucune échappatoire possible. Et l’enfer, on l’a trouvé: c’est celui qui est calé dans ses mortelles certitudes, le funeste inspecteur Jabert (Benoît VERHAERT).

« C’est votre âme que je viens vous acheter, vous n’appartenez plus au mal, mais au bien profère son bienfaiteur…. » au grand dam de sa servante. Ainsi, chevillé une fois pour toutes au Bien, Jean Valjean (Olivier MASSART), galérien à vie de son état selon Jabert, va s’arcbouter contre les préjugés, combattre l’exclusion de tout genre briser les contraintes de la logique, faire naître l’humanité. « Le bonheur est une idée neuve. »

Jabert ne supporte pas de se tromper. Il vient donner sa démission au maire pour l’avoir dénoncé à tort. « Un maire ne tend pas la main à un mouchard.» Il refuse toute aide du prochain. Comment le pourrait-il d’ailleurs ? Le prochain n’existe pas. Jabert suit comme une machine sa logique implacable. Elle ne laisse aucune place à une autre voie. Mais Jean Valjean ne peut souffrir qu’un autre se retrouve au bagne à cause de lui. Il est prêt à se rendre à la justice, par dignité retrouvée. Qu’importe le bagne, maintenant qu' il a trouvé la liberté, celle de la conversion.

Les scènes sont déchirantes, les clairs obscurs de véritables tableaux du Caravage. Le personnage d'Eponime (Violette PALLARO) du graphisme percutant et acéré. Le tableau des travailleuses à la chaîne lorsque Fantine (Tessa DUJARDIN) est renvoyée, nous suggère de la peinture expressionniste vivante.. De même, pour la maison de passe aux néons rouges qui expose ses 9 cellules-cages. On a aussi parfois l’impression de bande dessinée accélérée qui fait circuler les ravages de la misère et du déni. Soudain le close up sur la famille Thénardier déchire. Stéphane FENOCCHI et Perrine DELERS sont d’incomparables comédiens. Promiscuité, violence, mauvaise foi, brigandage : ces personnages sont de véritables ordures, il est vrai. Mais madame Thénardier ose dire que « les riches ne savent qu’il fait froid, qu’en ouvrant leur journal ». « Prendre la société par les quatre coins de la nappe et tout jeter en l’air ! » Le cri de Thénardier ne sonne pas vraiment faux.12272832494?profile=original

Les barricades faites de carapaces trouvées dans une déchetterie moderne achève de convaincre que la pièce est d’une actualité brûlante. Que l’impensable rédemption existe quoiqu’on en pense. Qu’une révolte est toujours commencée par des naïfs, poursuivie par des intrigants, achevée… par la mort de Gavroche. Délicieux enfant!

"Je suis tombé par terre, c'est d'la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau, c'est d'la faute à..."

http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2012_2013_001                                                

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Un défi se changeant en grâce

Quand l'infidèle se présente,
Celui dont l'image nous hante,
Que l'on n'espérait plus revoir,
On l'observe sans s'émouvoir,
Sans le courant de l'amitié,
Doutant de son identité.

Car chaque hiver dévastateur,
Ainsi qu'un génie malfaiteur,
S'est acharné avec talent
Sur ses cheveux, devenus blancs,
Et a sillonné son visage
D'affreuses rides du vieil âge.

Qu'en est-il de l'adolescent,
Que l'on adorait à vingt ans ?
L'implacable réalité
Nous rend un instant hébétés.
On réagit par politesse,
Avec un soupçon de tendresse.

Or voilà que bientôt un geste
Resté inchangé, aussi leste,
Quelques propos emplis d'humour,
Des photos empreintes d'amour,
Par tous les deux, sauvées du temps,
Ressuscitent l'ardeur d'antan.

Dans des échanges chaleureux,
On se sourit, on est heureux,
Étonnamment, on se souvient
Et lors le miracle intervient.
On a retrouvé l'âme soeur,
Dans une ineffable douceur.

28/10/2003

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Sans rancoeur

Sans rancœur.

Quand ton cœur se resserre
Et tes dents se desserrent
Le sourire te fuit
Ton silence s'enfouit
Sous des sables mouvants
Très pesants et brûlants,
Ré-embrasse  ton âme

Pour chasser les rancoeurs

Et éteindre les flammes
Qui ravagent ton cœur

Quand ton cœur s’écrase
Par des maux, par des phrases
Proférés par des gueux
Aux visages trop affreux
Et que les gueux ouvrent la gueule
Pour maudire ton aïeule
Et montrer leurs deux dents
Venimeuses de serpent
De vipère ou  sorcière,
Laisse tomber leur misère.

Quand ton cœur suit son rêve
Et que le Mal l’entrave
Sur un ton très grave :
- Pour ton arbre plus de sève !
Je suis dresseur à te dompter,
Plutôt… tes jours sont comptés !
Avise-toi, il a peur
Même trop que tu le casses
Et si tu l'harasses, il se casse
En silence et douceur.

Lahoussine EL HOUSSAINI

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ENFIN !

Il est passé tant de visages

Dont le souvenir n'est pas gravé!

Et j'ai frôlé bien des rivages

Pour un jour, pouvoir aborder!

 

Dans la brume de mes souvenirs

Se dessine un regard gris-bleu...

Et l'ombre douce de mon désir

Pour lequel je remercie Dieu!

 

Il eut été trop difficile

De vivre sans goûter à toi!

Et tous les discours sont futiles...

Quand on ressent un tel émoi !.

 

C'était un beau jour de septembre...

Quand dans ma vie tu es entré.

Dans les arbres déjà de l'ambre...

Et dans mon coeur tout un brasier!

J.G.

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Poésie (suite)

A la poésie,

le silence répond,

blanc,  profond et délicat,

à  l’instar d’un parfum de peau,

d’un ciel nouveau,

d’un berceau juste pour elle,

chaud, enlaçant, permanent.

Tous les possibles !

A mes mots,

votre pensée m’arrive,

sur ma peau glisse et m’étonne,

à l’instar d’un papillon bleu, de nuit,

tout perdu en plein jour,

dans la blancheur ensoleillée,

 édénique,  d’une sieste en été.

A mes lettres,

votre écoute s’approfondit,

se fait sonore puis musicale,

prend forme ;

oui je l’entends.

Cette voix là, la vôtre,

me touche, me bouleverse,

 agrandit mes mots,

les détache,

les éloigne du berceau !

 

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Errance

Lent défilé d'une existence
Lente errance dans le désert
de la multitude des images illusions du dehors

sensation de vie ? SENSATION DE VIDE INTENSE

Sensation d'une existence où la vie,
sans prise, sans racine, reste emprisonnée
dans le néant des illusions
dans le néant d'une existence
où la vie tout doucement dans le leurre
se meurt ..... ..nid âme

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Il ne parle que du bon dieu

J'aime la chanson Dominique,

Charmante petite musique.

Elle ravit les innocents,

Je la fredonne bien souvent.

...

Dominique étant d'un autre âge,

Il fallait pour lui rendre hommage,

En racontant ce qu'il faisait,

Mettre tous les verbes au passé.

...

Dire qu'en tout temps, en tout lieu,

Il ne parlait que du bon dieu.

Je sais bien que parfois l'on n'ose

Suggérer changer quelque chose.

...

Or, contrôlante, autoritaire,

Si n'a rien critiqué, la mère,

C'est qu'elle n'y vit que du feu.

Au fond, cela importe peu.

...
20 septembre 2012

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Hommage au poète virtuel.

Hommage au poète virtuel

Poètes vertueux
Poètes virtuels
Le monde vous abrite
Et tant vous sollicite
Vos beaux mots ont pouvoir
Sans s’en apercevoir.

Vos maux habituels
Sont ceux de tout le monde
Quand dans le vers grondent
Ils sont très somptueux.

Vos jolis cœurs palpitent
Derrière les écrans
Vos corps même s’agitent
Mais vous rendent géants.

Derrière tous les mots
Derrière chaque lettre
Derrière tous les maux
Se cache un très grand être.

Lahoussine EL HOUSSAINI
Agadir, jeudi 20 septembre 2012

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les vieux

Dehors le vent séchait les gouttes de pluie

sur les bras du grand sapin qui était toujours là.

Doucement ils ont écartés les chaises de la table.

et avec d'infinis précautions, ils se sont assis.

Au coin de la pièce, l'horloge égrainait son doux bruit.

Le grand balancier de cuivre, dans lequel, je me regardais enfant,

oscillait dans sa cage de bois blanc.

L'odeur du café emplit la pièce,

une boite de fer blanc, où l'on gardait les biscuits

réservés aux invités vint rejoindre les tasses.

Il y eut un silence,  le temps que l'on versa le café

puis réchauffés, ils se laissèrent aller,

chacun prenant garde de ne point gêner l'autre dans la conversation.

ils parlaient et riaient de bon cour en évoquant leurs souvenirs.

Leurs visages abimés, s'étaient éclairés,

leurs gestes, malgré l'animation, restaient emprunts

de la lenteur qu'inflige le temps.

ils étaient là, et vivaient une grande heure

et moi, je les regardais sans bouger, perdue dans mes pensées.

Nid' âme (1994)

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administrateur théâtres

« Orphéon » ouvre la saison au théâtre Le Public,

12272732654?profile=originalHistoire d'ici  ORPHEON

de STANISLAS COTTON
Mise en scène : Virginie Thirion Avec : Pietro Pizzuti et Alexandre Trocki

DU 07/09/12 AU 20/10/12

 « Orphéon », est une pièce magistralement interprétée par un duo de comédiens splendidement contrastés, qui exposent leurs sentiments et leurs rêves avec tendresse infinie. Une pièce qui porte l’espoir de faire bouger le monde, car l’inertie tue.

Un décor tout blanc. « Sans rêve, il n’y a rien » Une citerne de mots. Un flot de sentiments. Du théâtre à fleur de peau, à fleur de cœur. Bref,  du théâtre sensible. Un poète, Orphéon Bilboquet - nom impossible, mais un nom bien d’ici, rapport aux tableaux de Magritte… -  et Elmer Etcetera, un politicien se rencontrent dans un muséum. C’est le coup de foudre, celui qui arrive toujours quand on l’attend le moins, ici et maintenant devant l’éblouissant contrejour d’un nu féminin peint  par  Pierre Bonnard.

 Las,  l’écrivain public n’a pas de plume (étrange… ) mais le politicien lui donne sa carte. Deux fabricants de rêve se sont trouvés, expriment leur amour, clament différences, célèbrent leur amour du changement, leur vision de l’avenir, leur espérance, leur bonheur d’être ensemble. «…En l'amitié dequoy je parle, elles se meslent et confondent l'une en l'autre, d'un meslange si universel, qu'elles effacent, et ne retrouvent plus la cousture qui les a joinctes. Si on me presse de dire pourquoy je l'aymoys, je sens que cela ne se peut exprimer, qu'en respondant : Par ce que c'estoit luy, par ce que c'estoit moy. »12272829491?profile=original  Lui : «  Et si on inventait des rieurs publics qui combattent le mensonge ?» Lui : « comment pourras-tu faire le métier de politique sans mentir ? ». Lui : un poète qui jamais n’écrirait une lettre de dénonciation ?  Surréalisme, sans doute.

Mais, « Combien de temps dure la joie ? » Voilà que survient  le cauchemar qui n’a rien d’irréel, le jeu de massacre. La plongée en apnée dans la  désespérance. La dénonciation absolue de la perte, de la souffrance, de la mort, de l’insupportable absence. Orphée a perdu l’amour de sa vie. Les coupables sont un septuor de forcenés transcontinentaux, et parmi eux,  un raton laveur. L’un de ces êtres spécialisés en ratonnades… Le raton laveur  bien évidemment  s’en lave les mains et lave tout, plus blanc… Orphée nous retourne un regard plein d’humanité, et égrène des phrases qui touchent au plus profond : «  Dans le miroir, c’est l’autre que tu dois apprendre à connaître ! «  «  Raton, procède au nettoyage ; ampute-toi de toi-même ». « Je ne suis pas l’ennemi, je suis l’autre… »

Seul : « Je n’aime ni le baseball, ni le tango. Lorsque tes yeux plongeaient dans les miens, ils faisaient grandir ton sourire, le mien s’élargissant »… « Où porte ma plainte ?» « Sans rêve, il n’y a rien » Des phrases qui laissent trace dans notre mémoire.

http://www.pietropizzuti.be/Orpheon.html

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=316&type=1

L'invité du Théâtre Le Public : Pietro Pizzuti - samedi 22 septembre 2012 De 18h00 à 19h30, entrée libre: bienvenue à tous! Réservations vivement souhaitées avant le vendredi 21 septembre 2012 au 0800/944.44! Pietro Pizzuti est un Homme de Théâtre, avec un grand H et un grand T. Ou bien est-il le théâtre fait homme ? Auteur, Acteur, metteur en scène, traducteur,… Artiste en résidence au Public, il ouvre la saison dans « Orphéon », magnifique texte que Stanislas Cotton a écrit en pensant à lui. Venez l’écouter nous parler de son métier d’artiste, de ses passions et de ses engagements humains au micro indiscret d’Éric Russon !          

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