Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Toutes les publications (16073)

Trier par

Les Temps de la Terre I: La Genèse

 

Les Temps de la Terre représentent ma première tentative de poésie longue. Le but est de raconter l’histoire de la Terre sur la base des connaissances scientifiques contemporaines de son écriture. S’y ajoutent une réflexion et une présentation plus personnelles sur ce qu’ont pu être les éléments clés qui ont abouti à la Terre telle qu’on la connaît actuellement.

Les connaissances évoluant très vite, et comme nous je n’ai pas voulu refaire une encyclopédie totale, il est évident que tous les évènements qui se sont déroulés en plusieurs milliards d’années ne peuvent  être reportés, que certains ont du être omis, ou demandent à être corrigés en fonction des dernières découvertes.

Les Temps de la Terre constituent donc une approche différence, poétique, d’un sujet scientifique, dont j’espère qu’elle vous sera attrayante. Au cours de cette rédaction, j’ai pu appréhender la difficulté d’écrire une poésie longue, et j’ai ressenti une très grande humilité devant les grands auteurs qui ont pu écrire des épopées qui ont fait notre plaisir ou nos cauchemars d’école.

 

Les Temps de la Terre sont toujours en cours d'élaboration depuis 2007. Vous découvrirez progressivement les quatre premières parties déja écrites.

 

Vos réactions me seront très précieuses pour modifier ce texte qui est encore en devenir, et que je ne demande pas mieux que d’améliorer encore.

 

Merci d’avance pour votre lecture

 

Amitiés

Daniel Dive

 

 

LES TEMPS DE LA TERRE

 

Il était une fois une planète bleue

Au passé perdu dans un océan de feu.

Il était une fois une planète belle

Qui avait reçu dès le berceau tout pour elle.

L’aventure du temps de l’espace cosmique

Lui promet un destin que certains voient tragique.

Mais on peut se tromper sur le sens du futur

De la Terre et de l’homme, en des temps si peu sûrs.

La Terre a une vie aux bornes très lointaines.

La destinée de l’homme est bien plus incertaine.

La Mère est très solide et ses enfants fragiles,

Car bâtissant sur sable et sans cuire l’argile.

Si nous nous penchons sur son passé si immense,

Nous verrons que la Terre eut une vie intense,

Alors que nous ne sommes qu’épiphénomènes,

Nous qui nous agitons, tels des énergumènes.

 

 

I. La Genèse

 

Avant qu’elle fût née, tout n’était que poussière

Et gaz qui provenaient des époques premières.

Hydrogène venu du Big-bang si lointain,

D’étoiles ancestrales cadavres éteints,

Supernovae passées aux cendres si fécondes,

Promesses de futur et de bien d’autres mondes.

Au centre du nuage, à peine scintillant,

Une étoile naissait, un fanal vacillant.

 

Autour d’elle cendres et gaz se disloquaient,

De poussière en grumeaux qui partout se choquaient

Naquirent des cailloux qui, s’attirant entre eux,

Formèrent des rochers de plus en plus nombreux.

Sous la force puissante de gravitation

Se poursuivit longtemps cette condensation.

Une protoplanète apparut lentement

Que des blocs bombardaient continuellement,

Échauffant la surface qui vint à fusion

Sans cesse entretenue par mille collisions.

Et dans les profondeurs, chaleur naissait de même,

Radioactivité travaillant à l’extrême.

Le fer finit par fondre, et plus lourd, il migra

Jusqu’au centre où alors un noyau se forma.

 

C’était alors le temps des lacs incandescents,

Des océans de roche aux reflets rubescents

Où partout, ça et là, flottaient en îlots sombres

Des blocs bien plus légers en archipels sans nombre.

Et ainsi se forma la croûte primitive,

Sans cesse remaniée par les puissances vives

Qui, dans les profondeurs, brassaient les rocs fondus

Qui suintaient partout en fleuves répandus.

Et puis, avec le temps, la croûte s’épaissit,

D’îlots en îles et continents, elle grossit,

Mais travaillée dessous par la chaleur intense,

Elle se fragmenta, formant plaques immenses.

Tout au long de leurs bords naquirent des volcans,

Les premières montagnes de Terre de ce temps,

Crachant feu et gaz  et modifiant l’atmosphère,

Préparant un futur avec la troposphère.

Les éclairs qui naissaient dans leurs panaches noirs

Apportaient aux atomes d’étranges pouvoirs,

Les associant entre eux, molécules nouvelles,

Porteuses d’un message aux vertus immortelles.

 

Puis la température baissant peu à peu,

L’atmosphère tomba en averse de feu,

Gaz devenant métaux qui tombaient sur le sol,

Ou acides cruels plus forts que vitriol.

Puis vint un âge obscur dont mémoire est perdue

Sans doute montagnes sont nées, très étendues

Hautes, majestueuses, semblant éternelles

Car rien ne survenait pour s’attaquer à elles.

 

La chaleur s’évadant, sans rien pour compenser,

Permit à vapeur d’eau d’enfin de condenser.

Un orage survint, à nul autre pareil,

Pendant siècles entiers, il n’y eut de soleil.

L’eau tomba abondante et le sel dissolvant,

Ruisselant sur le sol en prodigieux torrents,

Commença à ronger les sommets imprenables

Et transportant rochers et limons impalpables,

Pour s’assembler plus loin en des fleuves géants,

Remplit les abîmes, formant les océans.

Dans l’eau accumulée, les molécules nées

Des éclairs et du feu furent disséminées,

Préparant  l’avenir d’une planète neuve

Qui, sous un ciel plus clair, voulait faire ses preuves.

2007

Lire la suite...

On peut toujours rêver.


CHANGER L’HOMME, POUR CHANGER LE MONDE

Si j’étais magicienne… Supposition merveilleuse qui permet tous les espoirs. Du moins à première vue car les souhaits les plus humanistes sont des arbres qui cachent une forêt d’exigences. Les meilleures intentions du monde se bornent trop souvent à des vœux pieux.

Je saisis ma baguette magique et je clame « Que chaque être humain mange désormais à sa faim ». Plus facile à dire qu’à faire, ricane aussitôt un diable  réaliste et philosophe. Vaincre la faim dans le monde suppose que les intérêts économiques des plus forts cessent de faire la loi. Les cultures intensives qui rapportent à quelques-uns devraient céder le pas aux cultures propres à nourrir les populations locales. Les champs d’arachides, de soja ou les légumes exportés du Sénégal, du Maroc, du Kenya et d’autres pays africains, cultivés au profit des nantis de l’Occident, devraient disparaître pour que renaissent les produits qui formaient la base de l’alimentation traditionnelle de ces contrées. 

Il faudrait aussi que les conflits entre les pays, avec leur cortège de factions et
l’antagonisme des intérêts économiques des uns et des autres, soient bannis à jamais. Que le pétrole cesse de faire flamber les convoitises. Que l’or, le diamant, le platine, l’uranium et n’importe quel minerai mirobolant encore à découvrir ne se conquièrent plus au prix du sang et de la souffrance humaine. Que la guerre soit donc mise hors la loi car si elle tue, torture et nous détruit, elle ravage tout autant nos maisons et nos champs, les  pâturages et les troupeaux. Elle induit le déracinement des peuples, les contraint à l’exil, en fait des réfugiés économiques qui ont perdu leur force de travail. Trop souvent ces malheureux sont contraints de survivre grâce à une aide humanitaire. Cette aide, indispensable pour parer au plus pressé dans l’urgence,  ne résout pas les  problèmes de fond qui sont l’exploitation de l’homme par l’homme et l’accaparement des richesses par les plus forts La condition d’assisté fait mauvais ménage avec la dignité humaine.
Les maux surgis de la boîte de Pandore ne sont rien en regard des monstres vomis par la guerre, au nombre duquel il faut encore compter la délation, le marché noir, le viol, le déchaînement des pulsions les plus sombres, la porte ouverte à tous les sadismes et à toutes les exploitations.

Les seuls à profiter vraiment des conflits, ce sont les marchands d’armes qui rivalisent d’ingéniosité pour détruire, mutiler, anéantir, empoisonner leurs prochains, avec un maximum d’efficacité. Il n’y a pas de guerre propre, comme on voudrait nous le faire croire, en parlant de frappes « chirurgicales ». La guerre est sale, inhumaine, abjecte. Ce qui est interdit en temps de paix : tuer ou nuire à son voisin, est hautement recommandé et même obligatoire pour les combattants censés défendre leur pays. Tout cela est bien noir en regard de la magie blanche de tous les Merlins du monde. La lampe enchantée d’Aladin en perd toute sa clarté.

Aurais-je plus de chance avec mon deuxième vœu ?
En Belgique, comme dans la majorité des pays développés, nous sommes tous un peu thaumaturges. Même si nous n’en sommes pas conscients. Nous jouissons, en effet, riche ou pauvre, d’un privilège exorbitant, celui de disposer d’eau potable, sur un simple geste, celui  d’ouvrir un robinet.
Réconfortée, je reprends ma baguette magique et souhaite qu’il en soit ainsi partout dans le monde. Hélas ! Les forces maléfiques sont tellement fortes que ma baguette magique baisse le nez, rouge de honte et de colère. Plouf ! La voilà qui se noie dans un océan d’écueils. Les pauvres gens de partout, avec les femmes en première ligne, continueront  à faire des kilomètres à pied chaque jour, avec une bassine sur la tête, pour aller recueillir une eau saumâtre ou polluée, avec laquelle étancher leur soif, se laver et faire la cuisine. Même si cette eau les rend malades et tue les plus faibles d’entre eux. Cet or bleu, indispensable à la vie, est accaparé par les plus forts, à leur seul profit, gaspillé sans vergogne, quand il n’est pas vendu par ceux qui disposent d’un puits dans les lieux où l’eau manque cruellement.

De braves gens se dévouent pour creuser de nouveaux puits, installer des canalisations, réparer les installations usées. On dessale de l’eau de mer à grands frais, on creuse des canaux, on puise dans les fleuves mais des millions d’hommes ont toujours soif car le bétail et les cultures doivent boire également.  Un nouveau « couac » pour ma baguette magique, impuissante devant le réchauffement climatique, la désertification et l’égoïsme.

C’est le moment de tirer ma troisième et dernière cartouche. Je pourrais peindre le ciel d’un bleu inaltérable, faire luire le soleil en pleine nuit et exiger des quatre saisons qu’elles se muent en printemps éternel.
Foin de ces fantasmes enfantins ! Attaquons-nous enfin au problème de fond.

Que les hommes changent ! Que l’argent et la réussite matérielle ne soient plus l’objet de leur désir le plus ardent ! Devenons plus solidaires, plus fraternels et prêts à contribuer à l’établissement d’un monde plus juste. Alors et alors seulement tout deviendra possible. Chacun mangera à sa faim, étanchera sa soif, gagnera sa vie, vivra paisiblement et en bonne santé. Le chômage et l’angoisse de l’avenir disparaîtront. On retrouvera les vertus du rire et de la bonne-humeur.
Chacun aura alors le loisir d’être amoureux, du cultiver des roses, de chercher le bonheur, de créer, de construire, de jouir de sa courte vie terrestre, au mieux de ses convictions philosophiques ou religieuses. Sans compter sur un paradis hypothétique, après la mort.
Quadrature du cercle ou  miracle remis aux calendes ? Vaincre la violence en douceur ? Quel beau paradoxe !


MARCELLE DUMONT

Lire la suite...

Iroise (poésie inspirée par une vidéo)

 

 

Iroise

 

Les flots échevelés poussés par les rafales

D'un vent qui souffle et siffle sous un ciel livide

S'enflent en monts neigeux, esprits des mers avides

D'engloutir ce qui tombe en leur gueule fatale.

 

Se brisant sur les rocs en fracas de tonnerre

Ecumant, poussé par colère destructrice,

L'océan en folie, fureur dévastatrice,

Sur la côte un étau de violence resserre.

 

Et que semblent légers les ouvrages des hommes

Submergés, secoués par ces vagues immenses,

Qui veulent se venger qu'on leur ait fait offense

De les défier, alors que si petits nous sommes.

 

Ecoutons les brisants criant de leur voie sombre

Qu'ils sont plus vieux que nous, presque autant que la Terre

Que notre orgueil est grand, si grand qu'il nous enterre

Alors qu'ils ont pour eux des avenirs sans nombre.

 

Le 26 juin 2009

Lire la suite...

Si quelquefois..

 

Quand tu entends ton cœur parler

Dire des choses belles et sublimes

Quand tu te sens trop plein d’idées

Isole-toi avec ta plume

 

Dès que l’envie se fait très forte

Et tu te sens le cœur en rage

Quitte les gens, claque les portes

Laisse ton stylo noircir les pages

 

Dès que les mots se font pressant

Et les beaux vers frappent à ta tête

Isole-toi, quitte les gens

Par le calame, fais leur la fête

 

Quand les doux mots te turlupinent

En te créant des insomnies

Laisse le crayon fier de sa mine

Écrire des chants vantant la vie

 

Quand la parole te joue des scènes

Avec malice tel des lutins

En belle musique calmant les peines

Cours lui pister les escarpins.

                                          M S Gasmi

 

                      Sousse ;le18/06/2011

 

 

Lire la suite...

Voici la toute première collaboration que j'ai réalisée avec Jean Claude Dumont, peintre belge, qui est incrit sur ce forum.

 

J'avais, en 2005, accompagné de textes des aquarelles du peintre Gérald Tron, en particulier lors d'une exposition à Barvaux.

L'idée de réaliser l'inverse m'était venue, et j'ai posté, à l'intention des peintres amateurs d'un site de poésie, plusieurs textes, dont rendez vous dans la forêt bleue.

 

Quatre semaines après, je recevais de Jean Claude Dumont une photo de la toile qu'il avait réalisée, et qui m'a bouleversé, tellement l'artiste avait su saisir ce que j'avais mis de plus personnel dans ce texte dédié à ma mère disparue en mai 2001. La toile et le texte ont participé à plusieurs expositions. Inutile de dire que cette toile occupe une place d'honneur dans la maison, en raison de sa symbolique. Cela a été le départ d'une collaboration avec Jean Claude Dumont dont je me propose de vous faire découvrir quelques facettes dans l'avenir.

 

Le texte est présenté ici avec la toile non encore encadrée, image telle que je l'ai reçue....

 

Merci de votre passage et de votre lecture

 

12272826682?profile=original   

Lire la suite...

SPOLETOFESTIVALART 2012

                                                                  SPOLETOFESTIVALARTE/2012     12272828487?profile=original       Maria Teresa Bertina  presentera deux  bronzes  au SPOLETOFESTIVALART/2012  

       Grand  évènement International qui aura lieu à l'intérieur du Cloître de San Nicolò à

       Spoleto, dans l'Umbria en Italie,  ville trés riche d'histoire de d'art 

                                 du 28 Septembre au 1er Octobre 2012

12272829290?profile=original     "Limportant c'est la Rose"  

       bronze - copyright Maria Teresa Bertina 

               (tous droits réservés)                                                                                               

Lire la suite...

Au bord de l'eau tranquille

 

Je me trouve sur une plage

qui ne ressemble nullement

aux rivages de l’océan

que je fréquentais, médusée,

au temps de mes jeunes années.

...

Une immense étendue du fleuve

où sont déposées des étoiles.

est bordée par des roches claires.

J’ai marché longtemps solitaire,

sans quitter des yeux le courant.

...

En face de moi, l’eau tranquille,

ridée de faibles vaguelettes,

sur lesquelles des enfants courent.

Au loin, qui bordent l'horizon

Les formes douces de vallons.

...

Je me souviens de hautes vagues

qui se brisaient avec fracas,

sur d'énormes rochers luisants,

et qui aspergeaient d'eau salée

les attardés sur la jetée.

...

Ici, un petit coin de plage

et à l’entour, un peu partout,

des boisés touffus, d'arbres verts

dotés de pistes à bicyclettes,

et de petits sentiers ouverts.

...

Des aires sont aménagées

rendant tentants les pique-niques,

Lors chacun fait ce qui lui plaît,

dans un silence reposant.

Même les enfants sont discrets.

...

Île Bizarre, (Québec) 21/7/2001

 

 

 

Lire la suite...

Oh je suis si bien !

 

Être simplement bien,

s’endormir doucement,

dans le bleu,

 se glisser un peu,

puis toute entière ;

dans une fleur sommeiller,

hochet solaire,

peau assoiffé de vous déjà,

dans l’air, senteur de menthe,

transparence.

Enfance solitaire,

créatrice, libératrice ;

chambre verte,

ni petite, ni grande,

sans nul mur,

 mais verte,

lit blanc, sécurisant et chaud ;

Invisibilité d’une mère,

là constamment,

sans nul poids ;

éden dénué d’anges,

de floraisons pâles, d’étoiles bleues,

tout gorgé de vous mais aussi d’elle !

Être simplement bien,

s’enchanter de l’instant, l’attraper ;

papillon diapré, tout poudré de lumière,

dans ma tête, l’éternel !

Puis .... l'écrire.

 

Lire la suite...

Voyage,

 

Enfance, adolescence,

mélancoliques et solitaires,

Amazonie derrière ma porte

demeurée entrouverte,

verte.

Monde étrange, construit

tout doucement,

depuis ma fenêtre blanche et lisse ;

encre magique, violine,

pour mon âme en péril,

mon cœur désagrégé,

devenue mère et forte :

Délivrance jusqu’à vous !

Voyage au fil des pages,

mouvement s précipités ou calmes

de ma main, sans nulle alliance,

sinon celle que vous me destinez,

lorsqu'à moi vous songez !

Poésie,

tout le temps,

murmures des fleurs, des arbres,

des ombres, ensoleillement enfin ;

caresses violines,

de moi à vous,

les authentique !

 

 

 

Lire la suite...

Dans le cadre du projet Art nouveau & écologie soutenu par le programme Culture 2007-2013 de la Commission européenne, le Réseau Art Nouveau Network, un réseau de villes visant à préserver, étudier et promouvoir l'Art nouveau à l'échelle européenne, organise un symposium d'une journée le 26 Janvier 2013 sur les matières premières et l'Art Nouveau à Aveiro (Portugal).

La date limite de l' appel à communications est fixée le lundi, Septembre 17th 2012, et les documents doivent être envoyés au bureau de coordination par courriel à info@artnouveau-net.eu .

 

 

Voir en plein écran

Lire la suite...

Cordoue. poésie illustrée par photos et musique

Bonjour à tous.

 

Ma première contribution à ce forum. J'écris principalement de la poésie, mais j'aime y associer, quand cela est possible, images, photos, toiles, musique. Je vous en propose ici un exemple. Vos avis me seront très précieux pour progresser. Merci d'avance 

12272827656?profile=original

 

 

Manuel de Falla: En los jardines de la Sierra de Cordoba
Recital at the Teatro Real in Madrid
Berliner Philharmoniker, Sir Simon Rattle. Joaquín Achúcarro, piano

 

Lire la suite...

vassily-kandinsky.jpg

Vassily Kandinsky (1866-1944)

 

Vassily Kandinsky (en russe : Василий Васильевич Кандинский, Vassili Vassilievitch Kandinski), né à Moscou le 4 décembre 1866 et mort à Neuilly-sur-Seine le 13 décembre 1944, est un peintre russe et un théoricien de l’art. Considéré comme l'un des artistes les plus importants du XXème siècle, aux côtés notamment de Picasso et de Matisse, il est le fondateur de l'art abstrait.

 

Le texte "incandescent" que l'on va lire se trouve dans l'avant-dernier chapitre du célèbre ouvrage de Vassily Kandinsky Du spirituel dans l'Art. Kandinsky y exprime sa conception de l'art et évoque les responsabilités de l'artiste : "une œuvre d'art n'est pas un phénomène fortuit qui apparaît indifféremment ici ou là"... mais un être vivant obéissant à une nécessité spirituelle.

 

La peinture, par exemple n'existe pas "pour rien"  (comme dans la théorie de l'art pour l'art et dans certaines œuvres contemporaines) ; elle a un but. Ce but est d'affiner et de développer l'âme humaine. L'homme biologique a besoin de pain pour survivre, l'homme spirituel a besoin d'art pour exister. Vassily Kandinsky assigne à la création artistique une fonction éminente, l'art est la vie de l'âme. Cette fonction confère à l'artiste de hautes responsabilités ; il n'est pas libre de  faire de sa vie n'importe quoi, car ses œuvres sont le reflet de son âme. La responsabilité de l'artiste n'a cependant rien à voir avec le conformisme et la "morale bourgeoise".

 

Pour Platon, le beau est dans l'objet, il est dans la plus ou moins grande conformité entre l'objet et l'Idée, pour Kant (Critique du Jugement, "analytique du Beau"), le beau est dans le sujet. Pour Kandinsky, La beauté est dans la nécessité intérieure", cet "admirable, cet éternel instinct du beau" dont s'émerveille Baudelaire.

 

Vassily Kandinsky cite le poète, écrivain et dramaturge Maurice Maeterlinck : "Il n'y a rien sur terre qui soit plus avide de beauté et qui s'embellisse plus facilement qu'une âme..." et évoque la montée  dans l'âme et dans le monde du "triangle spirituel".

 

Kandinsky compare la vie spirituelle de l’humanité à un grand Triangle semblable à une pyramide. La pointe du Triangle est constituée seulement de quelques individus, notamment les artistes, les écrivains, les poètes, les peintres...  qui apportent aux hommes le "pain sublime". Ce Triangle semble souvent immobile, mais il s'élève lentement. Durant les périodes de décadence où "profonde est la haine qui brûle contre la beauté dans les âmes avilies" (Ernst Jünger),  les âmes tombent vers le bas du Triangle ; les hommes ne recherchent que le succès extérieur et ignorent les forces spirituelles.

 

"La beauté sauvera le monde" prophétisait Dostoïevski. Ni la science, ni la technique, ni la morale, ni la philosophie, ni l'éthique, ni la politique, ni même la bonté ne peuvent soulager la souffrance du monde, ni nous aider à vivre, sans la beauté, splendeur du Vrai et du Bien". (Platon)

 

"L’œuvre d'art naît de l'artiste - création mystérieuse, énigmatique, mystique. Elle se détache de lui, elle acquiert une vie autonome, devient une personnalité, un sujet indépendant, animé d'un souffle spirituel, le sujet vivant d'une existence réelle - un être. Elle n'est pas un phénomène fortuit qui apparaît indifféremment, ici ou là, dans le monde spirituel. Comme tout être vivant, elle est douée de puissances actives, sa force créatrice ne s'épuise pas. Elle vit, elle agit, elle participe à la création de l'atmosphère spirituelle. (...)

 

la peinture est un art, et l'art dans son ensemble n'est pas une création sans but qui s'écoule dans le vide. C'est une puissance dont le but doit être de développer et d'affiner l'âme humaine (...) C'est le seul langage qui parle à l'âme et le seul qu'elle puisse entendre. Elle y trouve, sous l'unique forme qui soit assimilable pour elle, le pain quotidien dont elle a besoin.

 

Si l'art n'est pas à la hauteur de cette tâche, rien ne peut combler ce vide. Il n'existe pas de puissance qui peut en tenir lieu. C'est toujours aux époques où l'âme humaine vit le plus intensément que l'art devient plus vivant, parce que l'art et l'âme se compénètrent et se perfectionnent mutuellement.

 

L'artiste doit avoir quelque chose à dire. Sa tâche ne consiste pas à maîtriser la forme, mais à adapter cette forme à son contenu. (...)

 

L'artiste n'est pas un "enfant du dimanche" à qui tout, d'emblée, réussit. Il n'a pas le droit de vivre sans devoirs. La tâche qui lui est assignée est pénible ; pour lui, souvent, elle est une lourde croix. Il doit être convaincu que chacun de ses actes, de ses sentiments, de ses pensées est la matière impondérable dont seront faites ses œuvres. Il doit savoir qu'il n'est pas libre, par conséquent, dans les actes de sa vie et qu'il n'est pas libre dans son art.

 

Comparé à celui qui est dépourvu de tout don artistique, l'artiste a une triple responsabilité : 1) il doit faire fructifier le talent qu'il a reçu ; 2) ses actes, ses pensées, ses sentiments comme ceux de n'importe quel homme, forment l'atmosphère spirituelle qu'ils transfigurent ou qu'ils corrompent ; 3) ses actes, ses pensées, ses sentiments sont la matière de ses créations qui, à leur tour, créent l'atmosphère spirituelle (...)

 

Wassily-Kandinsky-Colour-Studie-15685.jpg

                     Coulour Study

 

Ce "beau" dont l'artiste est le prêtre doit être recherché en s'appuyant sur le principe de la valeur intérieure que nous avons montré partout présent. Et ce "beau" ne peut être mesuré qu'à l'échelle de la grandeur et de la nécessité intérieure

 

Est beau ce qui procède d'une nécessité intérieure de l'âme. Est beau ce qui est beau intérieurement.

 

L'un des pionniers, l'un des premiers créateurs de la spiritualité contemporaine dont l'art de demain s'inspirera, Maeterlinck a écrit :

 

"Il n'y a rien sur terre qui soit plus avide de beauté et qui s'embellisse plus facilement qu'une âme... C'est pourquoi peu d'âmes, sur terre, résistent à la domination d'une âme qui se voue à la beauté." (Maurice Maeterlinck, De la beauté intérieure)

 

C'est cette qualité lubrifiante de l'âme qui facilite la progression et la montée, lente, à peine visible, du triangle spirituel, freinée parfois extérieurement, mais constante et ininterrompue." (Vassily Kandinsky, Du spirituel dans l'art, VII, Théorie)

150px-Kandinsky_autograph.png

 

Signature de Vassily Kandinsky

Lire la suite...

Un outil désirable

À l'ère de la performance,

Qui s'impose férocement,

On mesure la compétence,

Évaluée techniquement.

...

Certains affirment  leur prestance,

Sans avoir recours aux sondages.

Ils mettent en vue leur brillance,

Sous un fabuleux éclairage.

...

Les auteurs, qui sont édités,

Ayant reçu honneurs et prix,

Se voient d'un renom crédités,

Se disent quelques fois surpris.

...

Les grands poètes disparus,

Dotés de charme et d'éloquence,

Resteront certes longtemps lus,

Fréquentés, souvent, dès l'enfance.

...

Mais nul ne se soucie, je crois,

De savoir combien de lecteurs

Savourent leurs vers chaque mois.

Pourtant nous l'indique un compteur.

...

Cet outil qui est fort fiable

Devrait être placé ailleurs.

Il pourrait être profitable,

Révélerait les coups de coeur.

...

                                                                        9 septembre 2012

Lire la suite...

ANGELA MAGNATTA : L’IMAGE POUR LE COMBAT

ANGELA MAGNATTA : L’IMAGE POUR LE COMBAT

 

Du 05-09 au 23-09-12 se tient à l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050, Bruxelles), une exposition intitulée FEMMES : COMBATS ET REVES.

Madame ANGELA MAGNATTA est une affichiste Italienne très intéressante qui a choisi comme thème de prédilection la Femme, prise à la fois comme sujet humain et réalité politique incontournable.

L’artiste nous a confié qu’elle voulait mettre en exergue l’attitude de « femmes exceptionnelles ». De quelle façon ANGELA MAGNATTA rend-elle ces femmes « exceptionnelles » ?  Elle les singularise en faisant souvent sortir leur visage d’une zone noire pour l’emmener vers une aura lumineuse qui le révèle, l’affirme et lui confère son identité. Pour mieux soutenir l’œuvre dans son interprétation par le visiteur, l’artiste a conçu des textes courts placés en bas des affiches ayant une fonction explicative.

Sa démarche peut se diviser en deux initiatives : une approche strictement politique du fait social et une autre dans laquelle elle s’abandonne à l’imaginaire, conçu en tant que rêve vers une société meilleure.

Ce qui rend l’affiche « politique », c’est le mariage de l’image et du slogan.

Cela est flagrant en ce qui concerne RITA ATRIA (52 x 72,5 cm).

12272824056?profile=original

Emergeant d’une zone noire, symbolisant son vécu dramatique, le regard de la jeune femme est littéralement « barré » par une bande rouge-sang, comme pour souligner sa fin tragique. Rita Atria était la fille d’un mafieux qui, suite à l’assassinat de son frère, décida de rompre avec son passé criminel. A la mort tragique du juge Borsellino, elle se défénestra après avoir laissé une note que l’artiste place en exergue sur le haut de l’affiche : « Avant de combattre la Mafia, tu dois faire un examen de conscience. A la suite de quoi, après avoir vaincu le mal qui est en toi, tu peux affronter la Mafia qui sévit dans le giron de tes amis : la Mafia, c’est nous dans notre manière erronée de nous comporter ».

 

Concernant L’INSOUMISE (52,5 x 72 cm),

12272824656?profile=original

l’artiste confesse : « J’ai imaginé le contenu d’un magazine parlant des femmes d’une autre façon ». Ce rêve d’une société meilleure l’a conduite à expurger l’espace rédactionnel des magazines « people » dans lequel l’image de la Femme est réduite à un simple objet pour s’essayer à concevoir un autre espace dans lequel elle pourrait évoluer dans la dignité.

A cela, une initiative supplémentaire et insoupçonnée est explorée par ANGELA MAGNATTA, celle du cinéma en tant que ciment du discours politique.

SENZA TE (52 x 72 cm)

12272824860?profile=original

s’inspire d’un fait divers s’étant réellement passé dans Italie dans les années ’60, celui d’une artiste qui décida de rompre avec son milieu pour se faire nonne. Fait divers, à première vue sans grande importance, direz-vous. Possible. Néanmoins, le visage qui s’affiche dans le cadre n’est pas anodin puisque c’est celui de l’actrice SILVANA MANGANO. L’artiste profite de cette fabuleuse opportunité pour associer l’image de l’actrice extraite du film ANNA réalisé par le grand metteur en scène néoréaliste, ALBERTO LATTUADA en 1951, lequel propose une histoire similaire.

ANGELA MAGNATTA considère l’affiche comme un manifeste contenant un message de rassemblement. Même si elle adhère à la photo « engagée », elle estime que, somme toute, la photographie est par essence trop « contemplative » par rapport à l’affiche. Ne perdons pas de vue que ce qui caractérise l’affiche c’est son côté « accrocheur », comme pour NINA HAGEN (52 x 72 cm)

12272824883?profile=original

où le visage de la chanteuse est-allemande engagée dans le combat pour la liberté des femmes, apparaît sous une forme « expressionniste », presque diabolique aux yeux de ceux qui s’évertuaient à entraver son action.

L’affiche, le mur, le manifeste…répondent au même discours : donner à voir (à lire) une idée par un ensemble d’éléments didactiques limités dans l’espace, variant entre l’idéogramme et le pictogramme. Bien que de dimensions totalement différentes, les « murales » de DIEGO RIVERA renferment, dans un espace urbain une dialectique et une sémantique semblables à celles de l’affiche. De plus, l’affiche fait corps avec le mur qui la soutient. Elle circule dans l’espace urbain en diffusant son message.

Diplômée de l’Ecole Boulle, à la fois peintre et graphiste de formation, l’artiste soumet chaque dessin à l’impression numérique. Elle tire automatiquement dix tirages pour chaque dessin réalisé.

 

Les affiches d’ANGELA MAGNATTA portent en elles-mêmes la nature des tableaux par une picturalité qui les rend iconiques. Cette puissance évocatrice catalyse avec force l’humanisme de son discours.

 

François L. Speranza.

 

Une publication

Arts 
12272797098?profile=originalLettres 

Note de Robert Paul: Angela Magnatta vit et travaille à Paris.

 

Lire la suite...

Lettre ouverte à l'ami absent

 

Sans ta tendresse, je chemine.

En méditant, je me souviens.

Parfois la réalité mine

Ma certitude d’être bien.

...

Certainement, ma foi persiste,

Je loue la chance que j’ai eue

Et celle du présent: j’existe!

Cependant, je ne chante plus.

...

Quand, non pas la mélancolie,

Mais l'apathie me tient maussade,

Le fait d’écrire me délie,

Je te compose une ballade.

...

Tu m’as dit ceux de mes poèmes,

Que tu aimais, souvent relus.

Structures variées d'un thème

,Ma fidélité, rien de plus.

...

Cette lettre que je t’adresse,

Sera lue par qui le pourra.

Ceux auxquels elle parviendra,

Seront imprégnés de tendresse.

16 septembre 2011

 

 

 

 

Lire la suite...

Je lui disais: je t'aime!

 

Les vivants aimeraient qu’on se souvienne d’eux,

De leur manière d’être et de leur savoir-faire.

Leurs proches essayeront, voulant les satisfaire,

Mais oublieront leur voix et l’éclat de leurs yeux.

...

Les trépassés, d’ailleurs, n'auront plus l'espérance

Qu’on garde leur image avec fidélité,

Ou qu’on loue leur mérite, avec sincérité.

Ils n’éprouveront plus ni bonheur ni souffrance.

...

Nous nous sentons parfois étrangement liés

Aux êtres qui nous ont émus sur une scène,

Aux artistes connus, aidés par des mécènes,

Bien d'autres, cependant, ont été oubliés.

...

Je lui disais: je t’aime! Ma grand-mère malade,

Songeuse, murmurait: mais tu m’oublieras!

Quand je serai partie, tu t’épanouiras

Et tu réciteras, à d’autres, des ballades.

...

31 /07/2008

Lire la suite...

MANOLO YANES : L’ART PASSEUR DU MYTHE

L’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles), amorce sa rentrée avec une exposition qui se tient du 05-09 au 23-09-12, intitulée MYTHOCHROMIE.

Lorsque l’on demande à Monsieur MANOLO YANES de définir de la Mythologie, l’artiste Espagnol nous donne, à coup sûr, la définition la plus objective, à savoir « un système symbolique qui me permet de m’exprimer ».

En effet, l’expression humaine intime ne peut être que « mythologique » car elle replace l’Homme, par le discours dont il est à l’origine, devant ses fins dernières.

L’univers qui illumine l’œuvre de MANOLO YANES est celui de la mythologie classique. Mais, plus que de « mythologie » à proprement parler, il s’agit surtout d’un discours sur l’interprétation mythologique par un plasticien entré dans le 21ème siècle. L’artiste est né à Santa Cruz de Tenerife, en 1957.

La première chose qui saute au regard du visiteur, est cette constante qui structure l’ensemble de l’œuvre exposée par l’artiste, en la présence de zones conçues par des traits en pointillés dans un jeu de droites, courbes et diagonales.

Peintre extrêmement cultivé, MANOLO YANES nous livre, en quelque sorte, l’ « envers du décor », en ce sens qu’il nous dévoile ce qui dans la peinture de la Renaissance était caché au regard du visiteur de l’époque. Le rôle de ces structures géométriques en pointillés était celui de mettre en évidence dans l’espace tous les personnages de la composition, en leur assurant un parfait équilibre, à la fois pictural et moral. A la Renaissance, ces zones en pointillés étaient cachées sous des couches d’enduis, car il fallait laisser le visiteur regardant sous le coup de la magie visuelle. MANOLO YANES, lui, ôte le masque du visage de l’œuvre en révélant les dessous de ses formes.

 

PAYSAGE AVEC VENUS EN FLEUR (30 x 40 cm)

12272827059?profile=original

nous propose sous un juste balancement esquissé par la courbe et rehaussée par des droites, tout en pointillés, la beauté de LA VENUS AU MIROIR de Velasquez (1649-51 – 122,5 x 177 cm – National Gallery, Londres), duquel l’artiste s’inspire. Renforcée par des zones à dominantes vert et brun travaillées au couteau, exprimant la Nature dans ce qu’elle a de plus organique, la déesse de l’amour se trouve plongée dans un univers de sensualité, la déifiant dans l’image olympienne d’un corps amoureux.

 

LE TRIPTYQUE D’ALICE (48 x 91 cm)

12272827255?profile=original

offre également une vision modalisée du discours mythologique. Nous sommes ici en présence de deux mythologies, celle du logicien Lewis Carroll qui veut retrouver une forme d’innocence au sein d’une société travaillée par la révolution industrielle naissante et celle de l’humanisme grec à l’origine de la pensée dialectique. Sur la gauche, l’artiste nous propose l’image d’un « putto » (un enfant), juché sur le socle d’une colonne. Il demeure « classique », en ce sens qu’il évoque la figure de l’ « ange » dans la peinture de la Renaissance. Il souligne son classicisme par l’agencement du pied droit qui se détache du sol dans l’attitude de la marche, ce qui nous renvoie, par-delà la Renaissance, à la Grèce antique et au nu masculin. Le côté gauche du triptyque est dominé par la Licorne, équidé mythique par excellence. Tandis que le centre de la composition nous montre Alice et le Lapin bondissant d’un chapeau, mêlant ainsi hellénisme et conte féerique.

Une série de quatre tableaux de dimensions plus petites (40 x 29’7 cm) mettent en exergue l’immense talent de MANOLO YANES en tant que dessinateur dans des œuvres travaillées en grisaille, desquelles se détachent des personnages transférés de différents mythes vers l’exigence de la réalité contemporaine.

Prenons, à titre d’exemple, SEBASTIANUS.

12272828263?profile=original

Il sort en droite ligne de l’humanisme de Mantegna. Néanmoins, bien que transpercé de flèches, l’agonie est (en apparence) absente. Le héro semble plongé dans un sommeil apaisé. Cela est dû à la position qu’il adopte, lié à sa colonne imaginaire. Dans l’œuvre originale, le héro, martyrisé, se tord contre la colonne, transfigurant ainsi la souffrance vers le sublime. Mais que l’on ne s’y trompe pas ! Au-delà de l’attitude onirique exprimée par la position tout en souplesse des bras, dont un léger tracé esquissé dans une zone chromatique laiteuse, à peine perceptible, en souligne le mouvement, cette œuvre est, en fait, une commande du Festival de San Sebastian, en Espagne, dont le thème central était le SIDA.

SEBASTIANUS est, en réalité, un séropositif qui souffre dans le silence et le mutisme. Le papillon posé sur son torse est de couleur rouge, symbole du sang. Mais cette couleur est aussi, dans l’esprit de l’artiste, celle de la volupté. Douleur  et volupté se mélangent.

Se mélangent aussi les couleurs des papillons posés sur le torse de trois autres personnages

12272827892?profile=original

12272829068?profile=original

12272829661?profile=original

dans une transcription allégorique des quatre saisons : rouge (l’été), vert  (printemps), jaune (automne), bleu (hiver). Notons que ces quatre allégories se retrouvent dans la même attitude d’abandon.

Les œuvres de MANOLO YANES, réalisées principalement à acrylique sur papier, s’inscrivent dans le cadre du titre de l’exposition : MYTHOCHROMIE. Ce titre renvoie à plusieurs idées, notamment, celle des couleurs du mythe. Idée excellente au demeurant que celle du mythe multicolore (multiculturel) qui embrasse chaque nouvel apport. Et ce, particulièrement en ce qui concerne la mythologie grecque pour laquelle les termes « mythe » et « chromie » sonnent presque comme un pléonasme. Même si les deux termes ne s’opposent nullement dans l’absolu, force est de constater que ce qui continue encore aujourd’hui de nous séparer du classicisme gréco-romain et qui, du coup, brouille les pistes, c’est toujours le 18ème siècle et son romantisme naissant, lequel nous a trop habitués à accepter un art grec expurgé de toute polychromie, en nous restaurant des statues et des temples dans un blanc immaculé, reléguant l’idée du « beau » à un corps épuré, presque diaphane.

MANOLO YANES, qui a fréquenté les Beaux Arts de Tenerife, réinstalle, par sa culture, sa fantaisie et ses rythmes chromatiques, la pensée hellénique sur les feux de l’actualité, en lui lançant de nouveaux défis philosophiques, artistiques et sociétaux. 

 

François L. Speranza.

Une publication

Arts 
12272797098?profile=originalLettres

 

 

Lire la suite...
RSS
M'envoyer un mail lorsqu'il y a de nouveaux éléments –

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles