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EXCURSION

J'te promets pas 'toujours'

J'te promets pas l'amour

Qu'on rêve à dix sept ans

J'te promets pas non plus

D'être là, toujours à temps

Et j'dis pas qu'on sera jeunes

Jusqu'à la nuit des temps

Je sais qu'le moment venu

Une autre prendra ta main

Tu lui diras 'je t'aime'

C’est ainsi, et c’est bien

Nous..

C'est un jour à la mer

Une excursion, pas loin

Juste de loin en loin

Respirer un bol d’air

Boire un café amer

Marcher jusqu'au brise-lames

Puis s'asseoir sur un banc

Sans regarder l'horizon

Pour pas verser de larmes.

Et, tu veux que j'te dise?

Tant qu'on peut goûter ça

Moi, je trouve qu'on est les rois!

 
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Espoirs éphémères

Espoirs éphémères.

A bord d’une arche de fortune, je naviguais.
Espoir battant pavillon, elle se nommait.
Je parcourais mers et océans, au gré des vents.
A la merci des cyclones et ouragans
Tantôt en silence, elle voguait
Tantôt en rage, elle roulait elle tanguait
Aux écueils de la vie, elle se heurtait.
Dans l’almanach, j’usais mes yeux,
Exhortant Dieu à exaucer mes vœux
Perché en vigie, je scrutais les horizons.
Jamais je ne perdais espoir, ni raison
Au désespoir, de funèbres oraisons.
A mon jardin, de superbes floraisons.
Je lâchais ma colombe, elle revenait,
Avec de menues brindilles, sur ma main elle se posait.
Arrivé à terre, la brume s’étale sur mon ile, dégarnie de ses fleurs.
Las de ma vue, elles ont élu domicile ailleurs, sous d’autres cieux.

Parfois, la brume se dissipe et j’aperçois
Quelques étoiles bien loin, dans un ciel en émoi.
Où flottent quelques cumulus qui présagent des éclaircies.
Une lueur emplit mon âme et l’adoucit.
Désormais, me dis-je, loin de moi les déboires.
Mais je caresse de menus espoirs.
Alors ma flamme vacillante, flamboie ondoyante.
Je me hâte de la nourrir,
De peur qu’elle succombe et de la voir mourir.
Pour qu’elle flambe ne serait-ce qu’un instant.
Qu’elle illumine la nef encore quelques temps.
Jusqu’à ce que je parvienne à l’autel du salut
Pour que de la grâce, je ne sois déchu.
Bombant le torse, fier d’avoir sillonné toute une vie,
D’avoir mené à bon port ma destinée
Laissant aux nymphes les écumes de mon odyssée.

Je perçois maintenant dans mon cœur,
Les lueurs d’un Éden, où j’ose espérer
Goûter aux délices, à la sérénité.
Les crépitements de mon âme encore incandescente
Donnent la voix à des passions étincelantes.
Je me réjouis et je m’enivre d’un doux vertige,
Des joyeuses lallations éthérées.
Mes Amours au sourire angélique voltigent
Devant mes yeux larmoyants de félicité.
Récompensant mon dur labeur.
C’est là mon espoir, ma douce quiétude.
A plein poumons, je savoure et j’y puise mon bonheur.

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12272831677?profile=originalDans le cadre de l'anniversaire des 20 ans d'Assistance Médicale Toit du Monde, un évènement exceptionnel est organisé au prestigieux Bastille Design Center, à Paris.

A cette occasion, 20 artistes seront sélectionnés pour exposer leurs oeuvres, peintures, gravures, sculptures et photographies, lors d'une grande exposition :

« 20 ANS, 20 ARTISTES »

Lieu : Bastille Design Center, 670 m2 en plein cœur de Paris à mi-chemin
entre le Génie de la Bastille, la place des Vosges et la place de la République.

les jeudi 10, vendredi 11 et samedi 12 janvier 2013 de 11h à 20h


L'objectif de l'exposition est double :

- Tout d’abord,  offrir aux artistes un magnifique espace d’exposition, de vente et bénéficier d’une promotion médiatique importante(dossier de presse, envoi d’invitations à un nombre important de collectionneurs, amateurs d’art, critiques d’art),

- Et bien sûr, soutenir AMTM dans son action auprès de milliers de personnes qui, depuis 20 ans, comptent sur elle.

Si vous êtes vous-même artiste, vous trouverez ci-dessous les informations concernant cette manifestation : le règlement, le bulletin d’inscription et la présentation d’AMTM.

Le Président,
Laurent CHARBONNIER

 

 

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Collagraphe

Cette manière de faire oeuvre de gravure, tout en n'en faisant pas. En effet le collagraphe c'est en principe un collage de matériaux sur un support plat capable de supporter la pression de la presse en taille-douce. Elle formera une matrice prête à être encrée et imprimée. Bien des manières existent d'aborder cette technique...à suivre

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Exemple ici, un collage de papier ondulé, de papier aluminium, sur un fond de carton travaillé à la colle. Un encrage à la poupée, et il n'y a plus qu'à passer sous la presse. L'économie de moyen et la source inépuisable de matière première offre la possibilité de limiter au minimum les tirages. Ici 5 tirages suffisent à mon bonheur.

Simple et efficace. L'effet est immédiat

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administrateur théâtres

12272837680?profile=originalLe théâtre est vibration. L’illusion théâtrale: illusions d’optiques ?  

Et si… le théâtre était avant tout une " cérémonie ", une  création multiple résultant  de la volonté du dramaturge, de la mise en valeur du metteur en scène, du jeu des comédiens, de l'appareillage technique des lumières et des sons et de la complicité d'un public ? Une illusion où le jeu est le centre vital ? Et  non plus le « je ». Un lieu où l’imagination éclaire le monde. Un chef d’œuvre  a-temporel.

 Et si… dramaturge et metteur en scène ne faisaient qu’un(e)? Puisqu’il s’agit ici  de Christine Delmotte, fascinée par des méthodes de spiritualité qui imprègnent la nature de l’homme depuis la nuit des temps?

12272837869?profile=originalEt si… Christine avait rencontré deux comédiens  de ravissement : Stephanie Va Vyve  et de Patrick Brüll, capables d’inviter le spectateur à mettre en doute ce qu'il voit, et, plus encore, à voir autrement ? Cette mise en jeu irait  jusqu'à la magie. Magie théâtrale  au centre du jeu. Miroitements infinis, Œuvre d’art surprenante.

 

Christine Delmotte rompt avec toutes les traditions et nous fait sur scène une proposition pour chatouiller notre imaginaire et nous entraîner dans les dédales de l’illusion.

12272838265?profile=originalEt si… : est-ce le ton de la fiction ou de la réalité ?  Illusion théâtrale, illusions d’optiques, illusion du temps qui régit tout mais que Christine Delmotte fait éclater magistralement. Christine Delmotte explore.  Le spectateur est soufflé par l’intensité du jeu, on pénètre dans une sorte de transe qui voyage d’un personnage à l’autre. L’amant et la femme, le disciple et le maître, le patient et son psy…, le… la ,  Stephanie Va Vyve  et de Patrick Brüll. Jusqu’à l’évocation de doubles, de triples de multiples personnalités.  Ou d’événements alternatifs? «Le temps est ce qui permet aux choses de ne pas arriver simultanément?

Puisque cette recherche théâtrale est dans le sillon peu fréquenté  du Temps quantique. Le temps ne s'écoule pas de comme à notre échelle. Il semble même, tout simplement, qu'il ne s'écoule pas. Les frontières bien établies se sont effacées. Il n’existe plus. Les facettes de la réalité se révèlent, autres. Comme dans les romans de Kundera. Des tiroirs mystérieux que l’on ouvre. Des plongeons osés dans l’inconnu.  Et si….on pouvait choisir un passé différent et donc un futur différent ? Et si… le temps n’existait pas ?     

 

12272838474?profile=original« …On continue ? » Les images et les scènes infusent l’une dans l’autre. Les miroirs réfléchissent d’improbables reflets, tous troublants. «  A rose is a rose is a rose…» Et l’on revient à la source première du théâtre : le jeu, Et si…. Le jeu brûlant  et habité  de l’exquise Stephanie Va Vyve  et de Patrick Brüll  est presque palpable. La salle est petite et les comédiens sont proches. Les vibrations sont intenses, inoubliables,  on ressort envoûté. Du jamais éprouvé, une découverte magique des contours de l’illusion. Et comment savoir ce qui est illusion et ce qui ne l’est pas.  

 

http://www.theatredesmartyrs.be/pages%20-%20saison/atelier/piece1.html

écriture, mise en scène et scénographie de Christine Delmotte

compagnie Biloxi 48

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FLEUR EN OFFRANDE

Les fleurs possèdent de nombreuses formes :grain de poivre  - yeux de crabe  ou sourire

Un brin d'herbe est source de connaissances

Extrait de" la Passagère du silence" de Fabienne Verdier

JE VOUS OFFRE UN SOURIRE BLEU

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Les ateliers de dessin et peinture acg-art ont le plaisir de vous inviter à leur exposition biennale, accessible du 28 septembre au 1er octobre 2012, de 15h à 18h.

Personnellement j'y exposerai quelques dessins au fusain et y dédicacerai mes derniers livres.

 

Le vernissage aura lieu le vendredi 28 septembre à 19h, Rue de Forchies  6140  Fontaine-l'Evêque, dans le pavillons  qui nous sert d’atelier derrière le château Bivort.

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Dédain

...

Mes sourcils se froncent, annoncent l’effarement
Les tiens s’élèvent, signent le dédain évidemment
Je ne dis mot, conscient de ton arrogance
Tu en dis trop, subjugué par ton intelligence

Ma classe est celle que tu suggères inutile
Barbare, vilaine et un peu trop débile
Extra lucidité, QI hautement développés, orgueil

Tu me donnes, crachant ta verve d’un clin d’œil

Éduqué, te rend un exemplaire de la société
À ne pas mélanger d’un brouillon souillé
Évidence brûle que sans toi, le monde crève
Évidence flambe que sans moi, il se lève

Et vide, en ce sens que tu es seule sans blâmer
Surtout vide de consistance, par manque de lucidité
Ton omission du respect nourrit la haine
Tu te planques quand on crie dans la plaine

Ô misère ! L’inculte parle, pardonnez-lui d’émettre
Un vent, dans la direction du monde des lettres
Un poème libre, désordonné, mort de technique
Oui, moi faible, j’en vibre, passionné, sale tique

Désolé, chaos mal agencé, pas de proverbes
Calculés, tous sons éructés par un imberbe
Au niveau de maturité à hauteur d’herbes
Veuillez m’excusez, pas de maitrise du verbe

Oui, mes sourcils se froncent d’effarement
Quand les tiens marquent un flot de dédain
Croire que je me révolte, car je lève les mains
Vers le ciel pour prier jusque demain

Parce que j’ai de quoi raconter une histoire damnée
Tu penses que je veux juste gagner du blé
Qui es-tu pour juger, l’inconnu sans voix
Me condamner et me clouer sur la croix

Mon désir n’est pas d’être le roi du café-théâtre
Alors, ne me dis pas court chez le psychiatre
Un foulard du patro, vert et jaune serré au poing
Me sert de garo, pour calmer ce déluge de dédain

Je voulais juste raconter une histoire, je me souviens

...
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La butte aux roses (traduit par Khadija El Hamrani)

La butte aux roses

Mezzine Abdennour, Le baiser du Lost, XIV, page 119 , éditions Bouregreg,2010

-         Et comment était cette voix? Demanda le médecin.

-         Comme un hurlement, répondit Warda sure d’elle, c’était comme si un homme criait de loin!

-         As-tu entendu ce qu’il disait?

-         Oui.

-         Alors dis-moi ce qu’il disait! Lui demanda le médecin souriant, en regardant la mère de l’enfant.

-         Finkoum? Finkoum?

-         Elle veut dire: « Où êtes- vous? Où êtes-vous? » traduisit la maman.

Le docteur Lumi Nose ne put cacher son étonnement devant la précision de Warda à décrire la  « voix », sa confiance en elle-même et son calme. Toutefois, il l’interrogea de nouveau:

-         Dis-moi Warda, tu entends cette voix dans ton sommeil ou même réveillée?

Alors la petite, le visage légèrement irrité, reprit ses explications:

-         Je vous ai bien dit que dans mon sommeil je n’entendais pas de voix. Seulement, « il » arrive et veut me dévorer.

A ces mots, sa maman la tira à elle et les prémisses d’une crise de larmes percèrent sur ses orbites en disant:

-         Personne ne te fera de mal ma chérie !

Le médecin nota quelques mots sur une feuille couchée devant lui et poursuivit :

-         Et la voix de cet homme, quand l’entends-tu ?

-         Quand je suis en train de jouer dans le jardin, près de la butte aux roses.

Le spécialiste déplaça son regard plein d’interrogations de la fille vers la mère qui lui assura qu’ils possédaient bien un jardin et qu’à son extrémité sud se trouvait effectivement un petit monticule planté de rosiers qu’ils appelaient « la butte aux roses ». De nouveau le médecin nota ceci sur sa feuille et quitta son fauteuil pour ausculter l’enfant.

A l’orée du printemps, Marrakech invitait à la promenade. Les jardins étaient dispersés à perte de vue, les silhouettes élancées des palmiers tendaient leurs bras vers les terrasses des maisons, les murailles à l’ocre foncé s’ornaient d’une étoffe de verdure brodée de vagues de fleurs rampantes. La mère et la fille, s’étant bien repues et ayant   bu un café noir, quittèrent l’élégant café « El Bahja » avant d’entamer leur long voyage de retour à Agzad, aux environs de Zagora.

Il n’y avait pas de pédopsychiatre à Agzad, ni même à Zagora. Certaines connaissances avaient conseillé à Oum Warda* d’aller à Marrakech, «Ce genre de spécialités ne se trouvait que dans les grandes villes » lui avait-on dit. Elle n’aurait jamais osé approcher un psychiatre s’il n’y avait ces hurlements et ces cris qui commencèrent à affoler sa fille Warda voilà bien une année, depuis la disparition de son père qui remontait à douze ans ! Elle n’avait trouvé aucune difficulté à élever sa fille toute seule, lui, les ayant quittées alors que la petite n’avait qu’un an. Il était parti travailler ce jour-là et ne revint plus chez lui. Elle eut beau le chercher partout… postes de police, hôpitaux, morgues, … Aucune trace de lui, comme si la terre s’était ouverte et l’avait avalé ! Elle ne crut jamais à sa mort, elle attendait et  continuait d’attendre le jour où il ouvrirait la porte de leur maison avec sa clé et surgirait comme à son habitude souriant et plein de vie.

La route qui menait vers Agzad était longue et sinueuse, mais la voiture de son mari la supportait encore. Oum Warda quitta Marrakech à l’heure où le soleil était au zénith, sa petite Warda à ses côtés qui luttait vainement contre le sommeil s’endormit la tête penchée. Et les souvenirs de son mari absent revinrent la tourmenter :

-       Qu’en penses-tu ? Elle te plaît ? lui avait-il demandé lorsqu’il l’avait emmené faire la connaissance de leur nouvelle maison et du jardin attenant. Il venait de l’acheter et décidait d’y emménager.

-       Superbe ! Elle est spacieuse et le jardin immense ! répondit-elle en s’accrochant à son épaule.

A présent, elle ne s’intéressait plus autant à ce grand jardin où les rosiers poussaient très vite et abondamment, ils rampaient et couvraient tout, surtout le versant sud, près du vieux puits. Le petit cours enterré qui traversait autrefois cette zone du jardin et mourait dans le puits avait aidé les roses à pousser. Elles avaient grandi et touffu et donnaient à l’endroit  un aspect effrayant et farouche. La butte aux roses devint quasi désertée, mais Warda y jouait plus de temps qu’il ne fallait. Combien de fois sa mère l’en avait-elle averti ? Surtout depuis la fois où la petite accourut à elle apeurée et en larmes, terrifiée ce jour-là de l’année passée :

-         Maman … Maman !

-         Qu’y a-t-il ? Que t’arrive-t-il ? demandait la maman paniquée en courant à la porte.

Warda ne répondait pas, elle se contentait de pleurer et de désigner du doigt la butte aux roses. Sa maman la réprimanda violemment ce jour-là et lui interdit formellement de retourner jouer à cet endroit. Le soir, quand elle fut plus calme, sa maman lui demanda :

-         Qu’est-il arrivé là-bas ?

-         Un homme est enterré sous le monticule.

-         Et comment le sais-tu ?

-         Je l’ai entendu crier, il y est encore.

-         Un homme enterré et qui crie, c’est quoi toutes ces bêtises Warda ?

-         Je ne sais pas moi ! … Qu’est-ce que j’en sais ?

Oum Warda revint encore à son interrogatoire mais avec plus de sérieux d’anxiété sur les traits :

-         Et que l’as-tu entendu dire ?

-         Où êtes-vous ? Où êtes-vous ?

La femme hors d’elle s’efforça de se calmer et somma à sa fille de ne plus retourner à la butte aux roses, puis elle s’y rendit et tendit l’oreille mais ne perçut aucun bruit.

Le soir trônait déjà sur Agzad lorsque la mère de Warda y arriva. L’enfant avait dormi pendant tout le trajet, et même lorsqu’elle se réveillait, elle restait craintive et quasi-effrayée. Plusieurs fois elle interrogeait sa maman sur le père absent. Que pouvait-elle lui répondre de plus que ce qu’elle lui avait déjà appris ? Il était sorti un beau jour sans jamais rentrer. Elle avait tout fait mais en vain. Cependant elle ne perdit jamais espoir.

Le pédopsychiatre n’avait prescrit aucun traitement pour Warda, il conseilla seulement à la maman d’éloigner sa fille de la butte aux roses pendant un mois au bout duquel il devait la revoir.

Agzad apparaissait non loin de la ville de Zagora, on l’en croirait même plus proche, et un de ces jours tous ces terrains vagues qui les séparaient seraient meublés. S’il n’y avait eu ces vestiges des casernes militaires de l’ancien colon, le village n’aurait fait qu’un avec la ville.

Oum Warda surgit sur sa terrasse ; les couchers de soleil de Mars étaient clairs et les douces brises jouaient de sa peau et de ses mèches. Au loin les montagnes géantes pointaient clairement, plus bas s’étalait jusqu’à l’horizon la vallée verdoyante et les vestiges des casernes gisaient directement au-delà du mur entourant le vaste jardin. Apparut soudain Warda derrière son chien qui aboyait de temps à autre, courant vers le fameux monticule interdit.  Quand elle entendit sa maman la héler, elle se figea, regarda en direction des appels et poursuivit en s’éloignant. Les aboiements du chien étaient bizarrement plus fréquents cette année-là, surtout pendant les aubes froides ; il se réfugiait longuement sur le monticule et aboyait à se rompre le gosier.

Warda et sa mère étaient revenues plusieurs fois au cabinet du  docteur Lumi Nose. Le médecin faisait tout pour persuader la mère que sa fille réagirait bien à la thérapie ; mais au fond de lui, il était curieux de visiter le village de Warda et de voir de plus près la butte aux roses. C’est ainsi que lors de la dernière visite, il demanda brusquement :

-         Accepteriez-vous que je vous rende visite chez vous ?

Frappée de surprise, Oum Warda ne sut que répondre, alors il se reprit :

-         Pour une meilleure thérapie, je voudrais visiter Warda chez elle pour  me familiariser avec ses espaces de jeu…

Elle n’y voyait aucun inconvénient et répondit en retenant son élan :

-         Bien sûr … Bien sûr docteur, vous y serez le bienvenu à tout moment.

Il sourit légèrement et nota quelques lignes sur sa feuille tout en chatouillant la joue de sa patiente.

-         Bien. On se donne rendez-vous ?

Une secrète anxiété dont elle ne connaissait pas la raison parcourut le corps de la jeune femme. Elle vivait seule avec sa fille. Certes ses parents et ses beaux parents lui rendaient visite de temps en temps, mais elle vivait seule avec sa fille, attendant désespérément à tout moment le retour de son mari. Puis elle s’aperçut qu’elle devait obligatoirement fixer une date de visite au médecin qui attendait sa réponse et lui lança :

-         Le samedi vous convient-il ?

-         Oui, parfaitement !

Elle indiqua l’heure et l’endroit. Elle le retrouverait à Zagora. Le médecin connaissait bien la ville et Agzad n’était pas très loin. Elle se leva et tendit la main au pédopsychiatre le saluant :

-         Au revoir docteur.

-         Au revoir.

Si seulement elle ne lui avait pas autorisé cette visite à Agzad. Elle ne pouvait savoir que ces consultations pour la santé de sa fille unique allaient lui attirer autant de problèmes.

Il ne s’attarda pas trop à Agzad, il y arriva au matin et n’y resta pas plus d’une heure. Il ne voulut même pas y déjeuner tellement il était pressé. Il entra dans la chambre de la fille, jeta un coup d’œil sur tout, voulut savoir si la maison comportait un grenier ou une cave et demanda à voir la butte aux roses. La jeune femme l’y conduisit. Là, il examina les arbustes et inspecta les racines des rosiers come s’il était à la recherche d’une aiguille ; puis il s’étendit carrément par terre et colla l’oreille au sol la tendant longuement à un éventuel bruit. En le voyant écarter quelques rosiers  pour se frayer un chemin, la femme s’écria :

-         Attention, il y a un vieux puits et un cours d’eau enterrés sous vos pieds.

Un bruissement d’eau venu d’en bas lui parvint. Il lui semblait percevoir un autre bruit, pareil à un cri venu de loin, de très loin. Il regarda inquisiteur son hôtesse.

-         Quoi ? Qu’y a-t-il ? demanda-t-elle.

-         Je ne sais pas, approchez-vous et écoutez vous-même.

Elle s’approcha et ils se turent un moment. Le bruit reprit de nouveau, presque clair mais lointain, venant d’en bas. Ils se regardèrent stupéfaits et interrogateurs puis le médecin demanda :

-         Avez-vous entendu quelque chose ?

Elle répondit, distraite :

-         Oui… c’est la même voix dont parlait Warda.

-         Et que veulent dire ces cris ?

-         Ce sont les mêmes mots : « Où êtes-vous ? Où êtes-vous. » !

Ils revinrent à la maison sans prononcer mot et n’en dirent rien à Warda. La mère assura au docteur Lumi Nose qu’elle n’avait jamais entendu ces cris auparavant, surtout que jamais elle n’avait été aussi près de la butte aux roses tellement elle avait peur des cours d’eaux désaffectés et essayait toujours d’en éloigner sa fille Warda.

Le docteur Lumi Nose proposa à la jeune femme de l’accompagner au centre de secours le plus proche, c’était à Zagora le centre le plus proche vu qu’à Agzad il n’y avait pas de centre de secours. Il informa le responsable du centre des cris souterrains, lui demanda de faire le nécessaire, salua la mère de sa patiente après lui avoir indiqué une nouvelle date pour la prochaine consultation et regagna Marrakech. Elle quitta à son tour le centre de secours. Une voiture stationnait en face, Oum Warda n’avait pas remarqué les deux hommes, elle ne les aperçut qu’à l’instant où elle s’apprêtait à ouvrir la portière de sa voiture, quand ils s’approchèrent et l’un d’eux l’aborda :

-         Vous êtes la maman de Warda ?

-         Oui, et vous ?

-         Vous devez nous accompagner au commissariat.

-         Pourquoi ? lança-t-elle effrayée en regardant autour d’elle.

-         N’ayez pas peur, nous voulons juste vous poser quelques questions.

-         Je dois rentrer, ma fille est seule et malade…

-         On le sait, ce ne sera pas long.

Ils portaient des Jeans et l’un des deux fumait. Elle monta en voiture ; le premier s’assit à côté d’elle et le deuxième dans la banquette arrière, puis la voiture démarra. Maintes fois elle fut convoquée au commissariat, ce fut les même questions, quelles nouvelles de son mari ? Qui l’avait contacté demandant des nouvelles du disparu ? Où le croyait-elle parti?… Mais cette fois, ils insistaient beaucoup plus sur le médecin et sur la maladie de Warda. Ils voulaient connaître l’adresse du psychiatre, savoir qui le lui avait recommandé, de quoi souffrait sa fille, le traitement prescrit sur l’ordonnance, ce qu’avait fait le médecin lors de sa visite chez elle et ce qui la justifiait. L’interrogatoire l’épuisa ; alors elle se mit à pleurer et à crier hystériquement. On lui fit signer un écrit et on la lâcha, elle retourna vite chez elle.

De loin elle vit une foule à proximité de sa maison, son pouls s’envola ; elle accéléra affolée sur la piste, s’arrêta net dans un nuage de poussière et avança vers la porte en criant le nom de sa fille :

-         Warda ! Warda !

Une autre foule s’était formée à l’intérieur, dans  le jardin ; et parmi elle il y avait deux policiers. L’un d’eux s’approcha d’elle, la salua et dit :

-         Ce puits est dangereux, il fallait le réparer.

Elle le lorgna gravement et s’éloigna chercher sa fille qu’elle vit avec son chien près de la muraille. Le chien, bizarrement, était silencieux cette fois-là. Elle tira sa fille à elle, la serra entre ses bras en la rassurant :

-         Ne crains rien ma chérie, je suis là.

-          Maman ! Maman, regarde ! Regarde !

Oum Warda regarda du coté de la butte aux roses, il n’y avait plus de roses désormais. Elles avaient été toutes déracinées et entassées au pied du mur, et sur la bouche du vieux puits gisait un cube en ciment qu’on venait d’ériger. On avait complètement fermé le puits.

La nuit avait déjà tendu ses voiles noires lorsque les derniers curieux quittaient la propriété d’Oum Warda qui s’était postée au seuil de sa maison, la main de sa fille dans la sienne, les observant s’éloigner en silence.

Il ne s’était pas écoulé plus d’un mois que des étrangers commencèrent à affluer sur Agzad, certains, armés d’appareils, photographièrent discrètement la bâtisse de l’extérieur. Elle pressentit que son mari pourrait être encore en vie et qu’il reviendrait très bientôt. Elle ne pouvait y croire mais au fond d’elle, elle était quasi-certaine qu’il allait apparaître un jour et ouvrir la porte de sa clé comme il avait l’habitude de faire avant.

Elle revint à Marrakech à la date pré-consignée par le docteur Lumi Nose, sonna à la porte du cabinet, attendit un moment puis sonna de nouveau. Aucune réponse. Elle insista encore sur la sonnette, personne ne répondit. La porte d’en face s’ouvrit et une femme apparut et l’interrogea :

-         Vous cherchez le médecin ?

-          Oui, j’ai rendez-vous pour ma fille.

-         Il est parti… Comment vous appelez-vous ?

Stupéfaite, Oum Warda lui dit suspicieuse :

-         Et que voulez-vous de mon nom ?

-         Ne vous emportez pas si vite madame, c’est que le docteur avait laissé une lettre pour une femme qui soignait sa fille ici !

-         Voici ma fille Warda qui se soignait ici et je suis sa mère, répondit-elle à la hâte.

-         Vous êtes d’Agzad ?

-         Oui, nous sommes d’Agzad.

La femme rentra chez elle et en revint un moment plus tard avec une enveloppe blanche qu’elle remit à Oum Warda qui hésita à l’ouvrir tout de suite. Elle remercia la dame pour sa commission et quitta l’édifice.

Lui parvinrent des rumeurs selon lesquelles son mari serait toujours en vie et qu’il moisissait dans une prison secrète. Puis la presse commença à relater les nouvelles d’autres disparus. Combien de fois Warda lui avait-elle dit que les roses de la butte avaient une odeur de sueur? Une odeur pareille à la sueur humaine. Exactement pareille à la sueur de l’aisselle de sa maman! Mais celle-ci ne lui avait prêté aucune attention, de même qu’elle n’avait prêté aucune attention aux cris lointains venant du vieux puits de la butte aux roses. Jamais elle ne fut aussi optimiste que ce jour-là, elle fut quasi-certaine qu’il allait revenir, elle flairait presque son odeur … Elle ne put attendre jusqu’à leur retour à Agzad, elle se dirigea vers le café « El Bahja »,  rentra, la main de sa fille dans la sienne, s’attabla dans un coin et commanda un café noir pour elle et un jus et une galette pour Warda. Elle sortit la lettre de la poche intérieure de son manteau et avant même de l’ouvrir, elle les aperçut tous les deux à nouveau. Ils étaient attablés juste à côté, en pantalons Jeans, l’un d’eux fumant une cigarette. Elle regarda plus loin fuyant le sourire dégoûtant de l’un d’eux et ouvrit la lettre du docteur :

« Warda n’est point folle… Les cris près de la butte aux roses sont ceux d’anciens détenus, enlevés et enfermés dans une prison secrète avoisinant votre maison. Je viens de lire des articles de journaux à propos de ce sujet et de voir des émissions qui en parlent à la télévision. Expliquez-lui ce qui arrive autour d’elle et elle guérira…

Moi, j’ai été contraint de m’en aller.

Adieu…                                                                                        Dr. Lumi Nose. »

Elle relut  une fois de plus la lettre, regarda autour d’elle. De sombres nuages noirs  traversèrent le ciel clair de Marrakech. Les hurlements de la butte aux roses pouvaient-ils être ceux du père de Warda ? A cette pensée, son cœur battit la chamade. Elle finit son café et se leva. Deux hommes se levèrent en même temps de la table voisine.

 

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LES DIFFERENCES...

Il y a bien ceux qui nous disent

Que la vie n'est que déception...

Et puis ceux qui ont la hantise

De vouloir croire en leurs passions!

Il y a ceux au fil des jours

Qui tissent leur indifférence...

Et puis ceux qui croient aux toujours...

Avec la même inconséquence!

Il y a ceux qui du malheur

Ont bien dû faire leur quotidien!

Ceux qui posent le regard ailleurs...

Quand ils les croisent sur leur chemin!

Il y a ceux qui veulent y croire

Que tout sera plus beau demain!

Et qui distillent des mots d'espoir...

En s'imaginant faire le bien!

Il y a ceux si dérisoires...

Qui s'accrochent à leurs vieilles chimères!

Et puis qui s'écroulent certain soir...

En jetant un regard arrière!

Il y a ceux bien comme il faut!

Et qui ont déjà tout réglé...

Leur vie n'est qu'une suite de travaux

Ils ont juste oublié d'aimer!

Et puis bien sûr, il y a Nous!

Perclus de désirs et de tics...

Mais juste vivants, voir un peu fous...

Et qui se moquent bien des critiques!

J.G.

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RÊVES AILES

 

Laisse donc couler les eaux talés de larmes noires et de chagrins  loin de ta saine source parée d’amour, de joie immaculée.

Laisse donc passer ce gros nuage obscurci par tes maux, ta rage loin du ciel bleu de tes beaux yeux bénis et de lumière baignés.

Laisse s’envoler les noires idées tristes et ridées loin des pensées que de tes soins tu as bercées et que d’espoir tu as brodées.

Laisse s’éloigner les vagues putrides des vents du mal et des misères loin de ton air innocent et de tes rayons frais et altiers.

Laisse les arêtes et les épines pousser loin des branches fleuries de ton arbre de vie en fleurs aux couleurs hautement irisées.

Laisse donc couler le temps tonique dans les artères de tes journées en sève fraiche t’irriguant et en longues rivières parfumées.

Laisse-toi guider par tous tes sens et ton bon sens jusqu’à l’essence de ta bonté enfouie au fond de toi et de ta volonté.

Laisse les amours venir à toi et sous le toit de ton bonheur construis-en toute une cloison pour que ne fuie ta félicité.

Laisse l’espérance tisser sa toile autour de ta passion candide pour y piéger tout brin de joie et y filer son nid de gaité.

Laisse refleurir tes beaux jardins exubérants de paix, de bien et d’espérance clairsemés pour que renaissent tes rêves ailés.

Khadija, Agadir, Jeudi 27/9/12

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L'arhant.

12272835664?profile=originalL'arhant

 

De l'arhant la lumière sourd

Indifférent au monde qui l'entoure

Théâtre d'ombres, parfaite orchestration de reflets

D'une calcédoine trouble sur le front rond

De l'ascète touchant à la révélation

surnaturelle de la création, mystique creuset,

dans un bleu crépusculaire fantomatique

Tendant l'ostie dans une grande communion bouddhique

Union sacrée du ciel et de la terre

Céleste emprise, station sanctuaire,

Part des songes vouées aux céraunies

Le premier matin du monde n'est qu'un cri.

Michel Lansardière

 

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administrateur théâtres

12272834452?profile=originalCe nouveau spectacle des Baladins du miroir est un divertissement théâtral doublé de satire, ourlé de bribes poétiques, bourré de truculence  et combiné avec des numéros d’acrobatie faisant partie du drame, au sens propre. C’est une façon très appropriée de donner vie à la galerie de personnages du  chef d’œuvre  de Vladimir Minac, auteur slovaque: «  Le producteur de bonheur» (1964). Une façon de débusquer le désir de bonheur qui se cache dans les interstices de la réalité.

Il y a cette séquence inoubliable de l’homme virevoltant dans son cerceau géant, hésitant comme une pièce de monnaie qui roule sur une table. Pile ou face ? Deux côtés de la réalité. La créativité et la liberté s’invitent de toutes parts : depuis l’excellente  dramaturgie et  mise en scène de Nele Paxinou jusqu’à l’extraordinaire « conception et mise en espace des rêves » de Marco Taillebuis. Oui, vous avez bien lu. Dans cette histoire imaginaire et cocasse il y a un double fond : trois terrifiantes incursions  dans le rêve ou dans le cauchemar kafkaïen.  La création musicale trouve également sa place puisqu’une « musical band » de personnages tous habillés de noir à la Charlie Chaplin s’empresse d’effectuer les changements de décors, sous forme de jongleries, tout en  jouant trompettes, violons et accordéon. Un peu intempestifs parfois.12272834484?profile=original  Les décors dynamiques dont l’imaginatif concepteur est Lionel Lesire convoquent le surréalisme et  la dimension onirique. Eclairage et costumes  de saltimbanques donnent une touche finale d’illusion  bienvenue sous un chapiteau qui ouvre sur d’autres réalités.

12272834864?profile=originalEn attendant Tobago ou la promesse d’une île.  L’histoire est celle d’un escroc bouffon et de son valet, tous deux paumés.  Frantichek Oïbaba a le verbe haut  et le gosier en pente. Il promet une île à son valet et il en fera le roi! Avide du rêve de bâtir des entreprises florissantes, cet original fait miroiter à ses  proies le rêve, le voyage, la liberté, la fantaisie dont l’auteur, écrasé par le régime communiste, semble avoir rêvé lui-même. L’escroc de troisième classe choisit l’oisiveté pour lui, l’exploitation pour ses « associé(e)s ».  Oïbaba, sorte de Don Quichotte de l’Est, part à l'assaut de la dictature, de la bureaucratie et de la pensée unique. Il se dit être un homme libre qui a le courage d’être différent et de s’extraire de la fourmilière.  « Saisir son couteau à rêves et ciseler l’avenir.» « Tenter sa chance ! Ça veut dire sortir du rang. Rêver à un destin unique. Tout qui marche dans un régiment, veut en sortir. » On est bien d’accord et c’est la phrase qui fait tomber toutes les défenses de ses collaborateurs forcés.12272834686?profile=original

Et ce gueux abusif,  porte-parole du droit à la liberté sera gagné par la chaleur de la fraternité. Il se définira à la fin comme escroc honnête, le fils prodigue d’un autre temps. Le propos est chaleureux, parfois grave,  la mise en vie des personnages burlesques est bouillonnante et baroque, à mi-chemin entre le théâtre et le cirque.

 

Le texte a été traduit par Maja Polackova et Paul Emond.

Sur scène: Robert Guilmard (Ojbaba), Alexandre Dewez (Lapidus), Jimena Saez (la
veuve), Sophie Lajoie (Kataerina), Diego Lopez Saez, Geneviève Knoops (l’épouse
du peintre), David Matarasso, Simon Hommé, Aime Morales Zuvia et aux instruments
Grégory Houben ou Johan Dupont, Aurélie Goudaer,  Wout De Ridder)…

http://www.lesbaladins.be/b_fr.html

 

Du 20 septembre au 6 octobre 2012
Sous chapiteau non numéroté – Parking Baudouin Ier  http://www.ateliertheatrejeanvilar.be/fr/saison/detail/index.php?spectacleID=482

 

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https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/l-altruiste?commentId=3501272%3AComment%3A857918&xg_source=msg_com_blogpost

Merci pour ce très bel hommage rendu à l'altruiste ami

et ces mots puissent être un baume sur son cœur meurtri.

Tous les Grands souffrent ainsi à l'envie

Mais tant grandissent en Esprit.

Il suffit de lire leurs âpres biographies.

Dure loi de nos destins sur terre ...

Le don, l'amour  nous font transcender la misère

de la prime jeunesse à notre heure dernière

et tenir bon pour répondre à notre volonté première.

De La-Haut, ces épreuves sembleront éphémères

nous en riront peut être, elles paraîtront légères.

Consolons nous en donc les sachant passagères.

Et gardons les yeux et le coeur remplis de Lumière.

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Douceur automnale,

L’automne,

enrubanne Paris,

de cuivré et de pourpre,

ébouriffe tantôt avec douceur,

tantôt avec audace,

l’arborescence un peu lourde du parc,

où seule je vous écris.

Le ciel est bas et gris.

L’automne,

sur l’été, en silence,

pose ses pas de danse,

s’empare peu-à-peu

 des arbres et des floraisons blanches,

les décoiffe, différemment les pare.

L’automne,

saupoudre les feuillages,

de nuages renversés, éclatés ;

l’été défunt murmure encore un peu.

le soleil de sa maturité douce,

plus sucré, nourricier,

désaltéré d’ondées,

envermeille  les arbres et les massifs floraux ;

enfièvre mon écriture,

l’enhardit, l’accélère,

                                                                  l’échancre juste pour vous,

                                                                              l'impatiente.

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'Gabrielle'

Merci à ceux et celles qui ont bien voulu m'accueillir et m'encourager

Je vous lance celui-ci :

'Gabrielle'

Oh!

Il pousse un cri

Sans voix

Mais qui gueule dans sa nuit

Oh Oui!

Il aime

Il l’aime!

Qu’elle fasse ce qu’elle veut de lui

Il est à la fin de sa vie

Même si ça ne doit durer qu’une nuit

Il n’est plus qu’un ‘Oui!’

Du bout de ses forces

De tous ses sens

Il la supplie

Toute sa volonté tend vers ce lit

Qu’elle l’y enchaîne et l’y oublie

Mais qu’elle soit à lui!

De son regard brûlant

De ses mains tremblantes

Il l’appelle

Rien à foutre de rien

Pourvu qu’ils soient unis!

Il veut bouger en elle

Vivre et mourir en elle

Il veut broyer sa chair

Et étouffer sous elle

Il faut qu’il soit à elle

A y laisser sa vie!

Il est dans l’urgence

Tout ce qu’il a connu n’est rien

Demain il sera trop tard

Il est trop vieux pour attendre

Cette fille, à l’hiver de sa vie

Est son don du Ciel

Son soleil de minuit

Son archange Gabrielle

Venue le prendre

Dans un ultime 7ème ciel

Partir comme il est né

D’un ventre dans un cri

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administrateur théâtres

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Le Deutsches Requiem de Brahms le Dimanche 23 septembre  2012 à la salle Henri Le Boeuf par le Koninklijk Concert-gebouworkest

Orchestra in Residence

Mariss Jansons direction - Genia Kühmeier soprano - Gerald Finley baryton - Koninklijk Concertgebouworkest , Groot Omroepkoor

Johannes Brahms, Ein deutsches Requiem, op. 45

Pleins feux sur le Requiem allemand, par l’incontournable Concertgebouworkest, l’un des orchestres en résidence aux beaux-Arts. Le Concertgebouworkest célèbre l’union de l’humain et du sacré sous la baguette de Mariss Jansons et nous invite au plus profond de la pensée de Brahms, avec une œuvre qui lui valut célébrité et reconnaissance.

Maîtrise du détail et vagues de bonheur

Ein deutsches Requiem: une création toute  personnelle  du compositeur. Il est extraordinaire de penser que ce « Requiem » où jamais le mot « requiem » n’est prononcé, fut la  première composition majeure de Brahms, écrite en 1868, quand il avait à peine trente ans. Probablement à la  suite  de la mort de son ami  Schumann et en souvenir du décès  de sa mère. Il  ne s’agit donc  pas d’une messe des morts, mais  d’une vibrante  méditation à propos du destin inéluctable de l’homme. Et l’humaniste agnostique  frôle le divin. En effet Brahms se laissant faire par la méditation, choisit quelques  extraits pertinents de l’ancien et du nouveau testament pour les mettre en musique. Il lisait la Bible allemande de Luther quotidiennement.

  N’empêche la grâce biblique opère, et cette composition en 7 mouvements  frappe par sa charge émotionnelle et sa profondeur. A l’appel angoissé de l’humaniste face à son destin la musique et les textes offrent consolation et espoir. L’œuvre écrite pour soprano, baryton, chœur et orchestre donne un rôle prépondérant au  chœur. Et c’est le   Groot Omroepkoor néerlandais chœur de premier plan sur les scènes internationales qui en assume la tâche.

 

Sous la direction méticuleuse  de Mariss Jansons à la tête du Koninklijk Concertgebouworkest  le concert commence en beauté. Après trois ou quatre mesures, les violoncelles donnent le « la »  au chœur qui fait une entrée majestueuse pleine de feu. Chaleur et  clarté. C’est bien énoncé, et tout de suite d'une intensité saisissante. « Seilig sind, die da Leid tragen ». Heureux les affligés car ils seront consolés:  ce sont des paroles empruntées au sermon sur la montagne, qui promettent fermement le bonheur à venir. Les mots « Getröstet worden » sont  soulignés avec grâce  par le  duo de harpes. L’autre mot éclatant et  brandi en étendard par la musique est le mot Beethovien de « Freude ! » L’espoir est  définitivement planté.

 Le deuxième mouvement, plus sombre «  Denn alles Fleisch », prend des rythmes d’horloge funeste et d’éclosions florales condamnées. Les chœurs masculins et féminins dialoguent  distinctement. Les timbales scandent la marche funèbre tandis que l’orchestre s’attaque à une mélodie chantée qui rappelle le choral allemand. Une prière sans mots sur la fragilité humaine.  Mais, comme par évidence, ce mouvement se termine par l’exultation du chant d’allégresse «  Ewige Freude wird über ihrem Haupte sein.» Et une joie éternelle couronnera leur tête; L'allégresse et la joie s'approcheront; La douleur et les gémissements s'enfuiront. Le battement régulier des timbales est maintenant celui d’un cœur humain vivant.

Le troisième mouvement accueille enfin le solo de baryton, comme dans la 9e symphonie de Beethoven très admirée par Brahms. Gerald Finley, le rayonnant chanteur canadien se saisit de son rôle avec une très belle tessiture et un sens très fin de la tension dramatique. Pleine puissance et solidité du son. Humanité émouvante dans le « Ach, wie gar nichts sind alle Menschen ». Mais une fois de plus, le chœur fugué reprend l’initiative et répète la phrase d’espoir : « Ich hoffe auf Dich ! » Brahms, pas religieux ?  

Le quatrième mouvement  apporte caresses, lumière et bonheur. On pourrait croire que la harpe est revenue. Mais non, ce sont les pizzicati des violoncelles. Voici la remarquable soprano lyrique Genia Kühmeier. Elle émerge lentement de sa méditation fervente et se lève. Elle a tremblé longtemps de bonheur avant de commencer à chanter. D’une dévotion extrême, ses vocalises sont millimétrées et souples. Elle a la voix ronde, les timbres sont fruités. Elle symbolise à elle seule la musique sacrée au sens large.  La confiance absolue en Dieu efface toute tristesse.

Les épisodes orageux du 6e mouvement sont effroyablement dramatiques. Ils  ramènent les somptueuses sonorités du baryton qui ont englouti la mort. La force du chœur est bouleversante. Elle devient écoulement de joie pure.  Les sonorités riches et articulées sont léchées et  enveloppantes. Le 7e mouvement enfin renoue avec le premier mot du concert, Selig : Heureux.  « Selig sind die Toten die in dem Herren sterben ». Une phrase de l’Apocalypse qui assure la vie éternelle. 

Et les  harpes retrouvées de conclure avec des sonorités transparentes. Le silence s’établit, respectueux, avant le tonnerre d’applaudissements et de vivats passionnés.  12272831695?profile=original

http://www.bozar.be/activity.php?id=12065&selectiondate=2012-09-23

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L AUTOMNE

L'automne

Sais tu  où nous mènent les chemins de la vie ?
Là où tout semble s'arrêter,

il arrive parfois que les choses  ne fassent que commencer.

Et malgré la brume, la fraicheur, les premières gelées,

et malgré tout ce que l'on peut voir et penser,

le feu de la nature tout entière  s'est emparé.

Fiers et droits, dans la crainte de brûler

d'être totalement consumés,

seuls les troncs, semblent ne point changer.

Mais au centre de l'Arbre

là au creux de son cœur,

dans un silence absolu,

monte la sève imperturbable.

Mais au centre de l'Arbre

monte le grand chant de la Vie

long, fort, grave et puissant.

Seul, il traversera l'hiver sachant

que sous les coups sourds de ses reins

Réapparaitra son printemps.

Nid'âme (Nov.2007)

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COLERE A VAINCRE

Un beau jour transparent, immobile et bleuté

Vient baiser tendrement ma colère enfantée

Par l’enfer d’emportement que je n’ose deviner :

Une grosse boule au gosier que je n’ose vous nommer,

Une folle houle enragée que je n’ose contrôler.

Ma colère qui m’encercle comme une guêpe enragée

Tourne autour de ma tête, de mes nerfs enflammés.

Elle me pique de son dard et me laisse perforée

Dans ma tête de poète où le drame culminait.

J’assiste à la montée d’un Icare enchanté

Que l’orgueil sourd et vil finit par fracasser.

Mais si sage des voyages que jadis j’entamais

J’ai pu vaincre les dédales où le mal m’enfermait

Et me vois de mes ailes m’envoler à jamais

Vers des cieux d’espérance et d’amour fortifiés.

 

Khadija, Agadir, Lundi 24/9/2012

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