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Le repas servi aux pauvres

Rêverie

Une fois l’an, mes grands-parents,

Invitaient les plus misérables,

À venir autour d’une table

Dans leur modeste appartement.

 

Pour faire des salles à manger,

En y installant des tréteaux,

Il fallait tout déménager

Excepté tapis et rideaux.

 

Ce jour, du matin jusqu’à tard,

Des hommes barbus, de tous âges,

N’ayant certes rien de fêtards,

Montaient lentement trois étages.

 

Un festin leur était servi.

Petite fille, je regardais

Ces inconnus, ces démunis,

Qui, à voix basse, bavardaient.

 

Ma mère, la plus affairée,

Parlait souvent d’un ton affable,

Désirait voir et s’assurer

Que tout était sur chaque table.

 

Je ne sais plus exactement

Le nom donné à cette fête.

Le vin coulait abondamment.

« La Messroda » me vient en tête.

 

6 mai 2008

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De l'imagination

 

12273076900?profile=originalAquarelle de Liliane Magotte

 

Conteuse est l'imagination.

Dans l'indifférence passive,

Elle distrait inoffensive,

Agite l'air en stagnation.

 

Y surgissent des papillons,

Qui volent soudain dans l'espace,

Imprévue et joyeuse grâce,

Sur un éblouissant rayon.

 

 La mémoire se manifeste,

Présentant des mots entendus.

Sont-ils exacts ou prétendus,

Parfois accompagnés de gestes?

 

L'imagination bien souvent,

Intervient, change des paroles.

Elle a certainement un rôle

Dont les effets sont apaisants.

 

Dois-je regretter ou non pas

D'avoir une mémoire forte?

La vérité souvent m'importe,

Mais il existe d'autre cas.

 

L'imagination, qui en art,

Possède un pouvoir fantastique,

Engendre un monde mirifique.

De faux témoins y prennent part.

 

Dans la rêverie, le silence,

J'aimerais, ailleurs, m'évader,

Ne plus m'entendre bavarder

Sur l'énergie de l'existence.

 

La raison régit ma pensée.

Je reste figée à mon siège,

Quand la folle ivresse m'assiège.

Ne peux devenir insensée. 

 

16 février 2015

 

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12273078093?profile=originalL' Ethique à Nicomaque." est une oeuvre philosophique en 10 livres dans laquelle Aristote de Stagire (384/3-322 av. JC.) développe sa doctrine morale dans sa forme la plus évoluée. Il existe trois autres traités de morale d'Aristote: "L'éthique à Eudème", "La grande morale", le "Traité des vertus et des vices", mais leur authenticité est contestée. Nicomaque, fils de l'auteur, qui révéla cet ouvrage, lui donna son nom.

Toute activité humaine, théorique ou pratique, a pour fin le bien. Il y a des fins vers lesquelles nous tendons en vue d'autres fins. C'est pourquoi les premières sont relatives, imparfaites et présupposent une fin absolue recherchée pour elle-même: c'est le bien suprême, dont l'étude est du ressort de la politique, prise dans le sens d'éthique collective. Tout le monde est d'accord pour reconnaître que le bien suprême est le bonheur; quant à ce dernier, les opinions sont divisées: pour certains, c'est une vie de plaisirs primaires, d'autres le placent dans la gloire, d'autres enfin dans une vie contemplative. Après avoir à ce sujet critiqué la conception platonicienne des idées, qui préconise le "bien en soi", Aristote revient au problème du bien suprême, ou bonheur, lequel ne peut être défini que par rapport à la fonction caractéristique de l'homme: or, comme celle-ci est l'activité rationnelle, il résulte que le bien parfait, ou bonheur, est, chez l'homme, "activité de l' âme selon ses penchants", conception qui contient et concilie tout à la fois les exigences spiritualistes et eudémonistes, lesquelles trouvent le bonheur, soit dans le plaisir, soit dans l'activité sociale. Délaissant la vertu purement physique de l'âme végétative, Aristote examine la vertu propre à l'être humain. Ici, se place l'importante distinction des vertus humaines en "dianoéthiques" et "éthiques"; les premières sont particulières à l'activité rationnelle et sont susceptibles d'être développées au moyen de l'enseignement; les secondes, propres aux facultés appétitives, sont engendrées par l'habitude.

Le deuxième livre est consacré à la définition de la vertu éthique: à l'encontre des choses naturelles que l'on possède d'abord et dont on use ensuite, la vertu est en acte avant d'être en puissance: on devient juste en agissant justement, d'où l'importance, pour la vie morale, d'une éducation de la jeunesse où il sera de règle de faire un bon usage du plaisir, lequel -comme on le voit- n'est pas rejeté. Que doit-on entendre par acte vertueux? La vertu n'est ni une passion, ni une faculté de l'âme, mais une habitude, et précisément, une habitude qui perfectionne à la fois l'agent et l'acte. Aristote considère donc la vertu non pas comme un "acte", mais plutôt, par une analyse empirique, comme un "fait" qui se compose de deux éléments: l'un volontaire, déterminant le but, l'autre intellectuel, qui précise les moyens pour atteindre ce but. Il arrive ainsi à la trop célèbre définition de la vertu: "La vertu est une disposition acquise volontairement par rapport à nous dans la "mesure" [le juste milieu], elle-même définie par la raison conformément à la conduite d'un homme réfléchi". Pour en venir à l'examen de la vertu en tant qu'acte, Aristote la définit comme la perfection de l'activité, le sommet de la dernière extrémité opposée au mal; mais il ne s'attarde pas à cette position de principe, il s'attache davantage au concept de "médiation" qu'il considère sous l'aspect pratique et pédagogique.

Le troisième livre est consacré à l'acte pratique en vue de définir ce qu'il y a de volontaire et d'involontaire dans l' action, et d'analyser l'intention et la délibération. Ce qui est volontaire trouve sa cause chez l'agent et dérive, soit uniquement du désir de ce dernier, soit du désir guidé par la raison, donc par un choix préférentiel ou l'intention, laquelle est "désir pour ce qui est délibéré". Par l'intention, qui suppose une simple vertu physique, -se transforme alors en vertu proprement dite, qu'il définit enfin comme "habitude conforme, voire conjointe à la juste raison". La vertu, de même que le vice, résident donc en notre pouvoir: l'homme est responsable, et la thèse selon laquelle "personne" n'est volontairement mauvais" doit être rejetée.

Il passe ensuite, dans le quatrième livre, à la description des vertus éthiques particulières: la fermeté, la tempérance, la libéralité, la magnanimité, la douceur, la franchise, l'urbanité, la pudeur, description très utile pour nous éclairer sur le climat moral particulier au peuple grec.

Un examen spécial est consacré (livre cinquième) à la justice et à l'équité: il distingue la justice distributive (à chacun selon son mérite) et la justice réparative (équilibre du profit et des pertes dans les contrats et proportionnalité entre les peines et les délits).

Comme il avait abouti plus haut à une définition de la juste raison, il se devait d'étudier (livre sixième) les vertus dianoéthiques où l'intellect fournit au désir, à la fois la fin et l'image du bien, et où la raison participe au choix des moyens par lesquels la volonté parviendra aux fins. Les vertus dianoéthiques sont au nombre de cinq: la science, l'art, la prudence, l' intellect et la sagesse. La science a pour objet ce qui est nécessaire et est "susceptible de la démonstration", laquelle s'actualise par induction et devient ainsi connaissance de l'universel, soit par le particulier, soit par syllogisme déductif partant de l'universel. L' art est défini comme "habitude de créer avec la véritable raison", et a pour but de produire des choses qui peuvent exister ou ne pas exister. La prudence ou bon sens est une "habitude pratique appliquant la véritable raison à ce qui est bien pour l'homme". l' intellect, ou intelligence, est la faculté qui recueille intuitivement, et non pas démonstrativement, les principes de toute connaissance. La sagesse, union de l'intellect et de la science, s'adresse aux choses plus élevées. Toutes ces vertus ont également de la valeur en elles-mêmes; et en particulier, la prudence, à laquelle se rattachent toutes les autres (thèse presque identique à celle de Socrate) et qui est indispensable à la vraie vertu.

Le livre septième traite de l'intempérance et du plaisir. Tentant d'expliquer pourquoi des hommes qui sont en possession d'une certaine science dans le vice, Aristote reprend en somme, malgré ses critiques, l'attitude de Socrate: il conclut, en effet, que ces hommes-là, au fond, ne connaissent pas la science. Par contre, l'étude du plaisir, qui anticipe sur celle qu'il poursuivra dans le livre dixième, est inspirée par un eudémonisme résolu, mais équilibré, qui reconnaît que le plaisir est le fondement du bonheur.

Dans les livres huitième et neuvième, il traite de l' amitié et de l' amour, désignés sous un même nom, vertu liée à la justice, fondamentale pour l'animal politique qu'est l'homme.

Dès le début du dixième livre, il reprend le problème du rapport entre le plaisir et la vertu, et conclut que le plaisir procède d'une "perfection de l'acte", non essentielle, mais qui survient "comme la beauté pour qui est dans la fleur de l'âge". Le plaisir peut accompagner n'importe quelle fonction de l'âme, même les plus élevées: c'est pour cela que la vertu et le bonheur ne sont pas séparés du plaisir. Le bonheur suprême résidera dans la pure contemplation de la vérité éternelle, activité qui, tout en nous délivrant des maux de ce monde, nous fera participer à la béatitude divine. Cette activité spéculative ne peut être continuelle chez les humains comme chez les Dieux; de là, la nécessité de l'activité éthique, modératrice des appétits, et qui a son domaine d'application spécialement dans la vie politique, laquelle, pour cette raison, doit être étudiée avec attention (voir "La politique"). Cet écrit, certainement postérieur à deux autres oeuvres de morale aristotélicienne, est une continuelle oscillation entre l'eudémonisme humaniste (vers lequel est orientée "La grande morale") et l' intellectualisme éthique qui inspire "L'éthique à Eudème". Toutefois c'est par ce caractère même que l' "Ethique à Nicomaque" demeure en substance l'ultime et la plus significative expression de la morale grecque.

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administrateur théâtres

12273079056?profile=original« Il faut vivre d'amour, d'amitié, de défaites
Donner à perte d'âme, éclater de passion
Pour que l'on puisse écrire à la fin de la fête
Quelque chose a changé pendant que nous passions… »

 

Elle excelle dans les montages poétiques de la chanson française : on se rappelle en 2014 le délirant  Welcome to the années folles  et en 2012, son  explosif Cabaret du Chat Noir.  Le spectacle créé cette fois  par Laurence Briand a encore du cœur, du corps et du mouvement et toujours du Verbe! Cette fois, elle fait équipe avec une autre princesse de la Chanson française ressuscitée :  Amélie Segers qui nous livra son inoubliable « Sous le ciel de Paris » sous la direction de Bernard Damien au théâtre du Grand Midi à Ixelles, en 2012.

 12273079289?profile=originalExploitant le poignant poème d’Aragon « Est-ce ainsi que les hommes vivent » , Laurence s’interroge sur le mystère de notre existence : Comment et pourquoi vivons-nous ? Le spectacle tout en roses de la saint-Valentin se mue en spectacle rouge sang, à moins qu’il ne s’agisse des noces avec la vie ? Les robes sont rouges, comme pour les mariages indiens. Un mariage pur-sang fait de poésie forte, de présence, de proximité, de dynamisme échevelé  fait la nique à la  léthargie ambiante,  émaillant l’élan passionnel de lucides traces de désenchantement.  Les deux artistes, que le destin  scénique a réunies,  sont toutes deux en marche, et chantent sans concession l’amour à travers  l’enfance, la guerre, la solitude, la séparation pour terminer sur un crédo en la vie.

Texte, voix, musiques, jeu scénique,  apprivoisent et enchantent  le lecteur d’oreille. Les mélodies et les chansons de Reggiani, Barbara, Brassens, Ferré, Montand, Jean Ferrat, Brel et bien d’autres refleurissent soudain dans les cœurs, telles de fleurs sous une pluie soudaine en plein désert. Les yeux verts de renard et  ceux de braise brillent de la connivence qui s’établit de part et d’autre de la rampe. La diction impeccable des jeunes artistes, leur souffle et leurs visages  œuvrent sans complexe dans une proximité bouillonnante, ajoutant dans les chansons tout ce dont on ne se souvient pas ou plus, soulignant ce qu’on n’avait jamais remarqué avant  à l'écoute des vieux vinyls. C’est un transport de  bonheur partagé.  Les deux consœurs mimétiques vivent la mélodie et le texte à fleur de peau tandis que le pianiste brode son clavier et leur sert de temps en temps de tiers révélateur. Seuls « leurs baisers au loin les suivent, comme des soleils révolus! » Et pour nous, le cadeau de leur mise en oreille de textes et mélodies impérissables!

 12273079478?profile=original

 Sûr que face à la violence de la vie, il faut vivre, nous soufflent Reggiani et ses prêtresses, «  pour pouvoir écrire à la fin de la fête : « quelque chose a changé pendant que nous passions ! » Lisez: « Passion ».

 

 

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
Dans le cadre de la St Valentin

Avec : Laurence Briand et Amélie Segers
Au piano : Arnaud Giroud
Montage des chansons en spectacle : Laurence Briand
Coaching vocal : Marie-Laure Coenjaerts
Mise en scène : Hélène De Wilde
Production : Toc Toc Art

http://www.laclarenciere.be/

Les mercredi 11, jeudi 12, vendredi 13 et samedi 14 février 2015 à 20h30  NB. Nouvelles dates en Mars!

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administrateur partenariats

12273077500?profile=original

Allons, n'ayez pas peur !

Ne restez pas dans votre anonymat, plus personne ne vient commenter ??

Personne ne vous voit plus !

Nous sommes là, ouvrez donc votre portefeuille, car nous, FB, bienfaiteurs de la planète, nous vous aiderons à retrouver la visibilité que vous méritez !

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L’harmonie qui porte à rêver

12273076860?profile=original 

 

Chaque saison, comme une fête,

 Émeut toujours pareillement,

Provoque l’émerveillement,

Qui fait méditer les poètes.

 

Émeut toujours pareillement,

La splendeur des fleurs et des bêtes,

Qui fait méditer les poètes,

Dans un calme environnement.

 

La splendeur des fleurs et des bêtes

Transmet tout naturellement,

Dans un calme environnement,

L’idée de l’harmonie parfaite.

 

Transmet tout naturellement,

Par la grâce qu’elle reflète,

L’idée de l’harmonie parfaite.

L'âme la ressent tendrement.

 

10 février 2009

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administrateur partenariats

"L'âme des cieux"

Aquarelles de Ophira Grosfeld

Ophira - L'âme des cieux from Robert Paul

Le dernier secours

 

 

Mais d’où sommes-nous venus, tordus et ambigus ?

Du néant ou des cieux d’origine inconnue ?

Quelle force de l’univers nous a donné une âme

Et cet amour qui donne moins qu’il ne réclame ?

 

On se bat pour un rien qu’on appelle la vie

Agonisant noyés dans la soif d’infini,

Et dans de vains espoirs et nos amers renons

Et on supporte tout par peur de l’abandon.

 

Mais la magie s’installe dès qu’on regarde en haut

Et on oublie les craintes, les tabous, les barreaux

Alors on flotte légers au dessus des misères

Le ciel est tout en nous, comme toute la terre entière.

 

Un seul regard suffit vers le bleu-saint des cieux

N’y a rien à comprendre de leur voile mystérieux

Que des nuages rosâtres de ouate et de velours…

Pourtant on les appelle comme dernier secours.

 

Antonia Iliescu

24. 01. 2015

Un partenariat

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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Terre de magie

                                                       Terre de magie

                                    Je suis né d'un pays où le mythe ensorcelle,

                                    Du granite immuable aux lugubres décors ;

                                    Des spectres fugitifs, gardiens des corridors,

                                    Me reste un souvenir qui jamais ne chancelle.

                                    Je viens de ce terroir où la magie excelle

                                    En récits fascinants quand les âmes des morts

                                    Hantant bois et halliers, havres des mauvais sorts,

                                    Donnent un bal nocturne au son d'une crécelle.

                                    O fontaine sacrée, à l'aplomb de la croix

                                    Où miroitaient trois sous qui me laissaient sans voix,

                                    Possédé, je souillais ton miroir mirifique.

                                    En dépit des voisins quelque peu médisants,

                                    Je défiais le Ciel du haut de mes dix ans

                                    Pour un autre épisode au dessein maléfique.

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12273075492?profile=original"Les peintres cubistes" est un essai de Guillaume Apollinaire (Guillaume de Kostrowistsky, 1880-1918), publié en 1913, chez Eugène Figuière et Cie, éditeurs à Paris, accompagné de 45 portraits et reproductions hors-texte, réédité depuis 1922 et 1950.

L'ouvrage se compose de deux parties: la première, "Méditations esthétiques", constitue, comme son titre l'indique, une sorte d'introduction d'ordre général à la seconde, "Peintres nouveaux", dans laquelle l'auteur analyse l'oeuvre de neuf peintres représentatifs de la nouvelle tendance (Pablo Picasso-Georges Braque-Jean Metzinger-Albert Gleizes-Marie Laurencin-Juan Gris-Fernand Léger-Francis Picabia-Marcel Duchamp, et un sculpteur, Duchamp-Villon, auquel est consacré un appendice); enfin, une courte note mentionne les artistes vivants rattachés par l'auteur au mouvement cubiste, ainsi que les écrivains et journalistes qui les ont défendus.

Pour mesurer toute l'importance de ce texte, il faut le replacer dans son époque et tenir compte du fait qu'il constitue la première tentative, non pas pour expliquer et pour défendre, que pour définir les caractères propres au nouveau mouvement pictural: son "climat" spirituel, ses ambitions, sa nécessité historique. Car, "on ne peut transporter partout avec soi le cadavre de son père. On l'abandonne en compagnie des autres morts et l'on s'en souvient, on le regrette, on en parle avec admiration. Et, si l'on devient père, il ne faut pas s'attendre à ce qu'un de nos enfants veuille se doubler pour la vie de notre cadavre".

Ainsi, ce premier chapitre, empreint du lyrisme particulier au poète, développe l'idée que le "monstre de la beauté n'est pas éternel" et que le seul but des artistes doit être de mettre en oeuvre les vertus plastiques: la pureté, l' unité et la vérité entendues comme éléments permettant à l'homme de dominer souverainement la nature, en un mot, de créer. Et cette vérité, pour Apollinaire, c'est la seule réalité, une réalité qu'"on ne découvrira jamais une fois pour toutes", car "la vérité sera toujours nouvelle".

Il aborde alors dans le chapitre II les caractères propres aux peintres nouveaux: absence de sujet véritable, observation et non plus imitation de la nature, abandon des moyens de plaire, cette peinture nouvelle étant à l'ancienne ce que la musique est à la littérature, autrement dit une peinture pure, qui n'entraînera pas pour autant la disparition des anciens modes plastiques: "Un Picasso étudie un objet comme un chirurgien dissèque un cadavre". Et après avoir rappelé l'anecdote d'Apelle et de Protogène, dans Pline, révélant la sensibilité des Grecs à la "beauté" d'un simple trait sans signification usuelle, Apollinaire en vient (chap. II) à l'accusation portée contre les peintres cubistes de nourrir des préoccupations géométriques: pour lui, les figures géométriques sont l'essentiel du dessin: elles sont aux arts plastiques ce que la grammaire est à l'art d'écrire, et les peintres ont été naturellement amenés, par intuition, à se préoccuper des nouvelles mesures de l'étendue, rejoignant en quelque sorte les perspectives ouvertes par la géométrie non-euclidienne. Les grands poètes et les grands artistes, écrit l'auteur, ont pour fonction sociale de renouveler sans cesse l'apparence que revêt la nature aux yeux des hommes, déterminant la figure de leur époque et atteignant au type idéal (sans toutefois se borner, en l'occurence, à l'humanité) et offrant du même coup des oeuvres plus cérébrales que sensuelles; c'est ce qui explique le caractère de grand art, d' art sacré, présenté par l' art contemporain sans que celui-ci soit l'émanation directe de croyances religieuses déterminées. Faisant ensuite justice de l'accusation de "mystification" ou d'"erreur collective", lancée contre les nouveaux peintres, Apollinaire trace un bref historique du Cubisme, des origines de son appellation (donnée par dérision, en 1908, par Henri Matisse) aux plus récentes expositions de 1912. Il essaie enfin, en se référant aux divers peintres, de déterminer les quatre courants internes du mouvement qu'il partage en cubisme "scientifique", "Physique", "Orphique" et "Instinctif"; et conclut en rappelant que le Cubisme a eu, avant Cézanne, Courbet pour point de départ, affirmant en outre que l'école moderne de peinture est la plus audacieuse qui ait jamais été: "Elle a posé la question du beau en soi". Des analyses consacrées aux différents peintres, dans la deuxième partie, on retiendra surtout les pages sur Picasso, évocation poétique de l'homme et de l'oeuvre, indissolublement mêlés, dans laquelle Apollinaire fait preuve d'une surprenante pénétration. Si toutefois il exalte avec un enthousiasme égal, ou presque, l'oeuvre des autres peintres, on ne saurait aujourd'hui lui en faire grief: si, après coup, des artistes comme Picasso et Braque nous apparaissent comme l'expression achevée de la peinture nouvelle, au-delà du Cubisme lui-même, n'oublions pas pourtant que les autres peintres en étaient aux "promesses" et se révélèrent davantage mûs par des intentions que tendus vers la concrétisation d'une nécessité intime en accord total avec leur personnalité. Si on a pu dire plus tard que Gleize et Metzinger étaient les théoriciens du Cubisme, Apollinaire en fut le poète, dans le vrai sens du terme: celui qui saisit à la fois l'aspiration du peintre et l'attente du spectateur, dans cette difficile entreprise, toujours renouvelée, qui consiste à concilier les nécessités de la communication et de la liberté. Aussi, ce petit livre contribua-t-il grandement à l'essor d'un mouvement capital dans l'histoire de l' art d'aujourd'hui.

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L'homme oublieux,

 

Je ne me souviens plus,

de la couleur de vos yeux,

ni même du parfum de vos lèvres,

de votre prénom, de vous ;

de la différence entre l'ombre

et l'ensoleillement,

du nom de ma rue,

 de l'heure avant midi,

de la teinte du ciel au sein même de la nuit,

du regard magnifique de mon chat,

qui me semble étranger,

car ressemblant à un autre ;

de l'accent de votre âme,

lorsque vous me contemplez.

je ne me souviens plus de l'essentiel,

je perds mon soleil bleu,

mon alphabet intime,

ma mnésie affective,

Je ne sais plus, ce qui différencie,

la montagne de la plaine,

la rose du chou vert,

la mer de la Seine grise ;

j'ai peur même de vous,

dont j'oublie dans mon obscurité,

votre prénom si clair,

Neige.

En moi, ne palpite plus

qu'une seule saison, l'hiver,

les trois autres vêtues de

bleu, de roux, ou de vert tendre,

étant parties trop loin !

Il me semble que je me suis perdu.

 

NINA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le jour se lève

clarté d'un reste de lune

silhouettes sombres

branches murs et saillies

émergées de la nuit

teintées de lumière

Le jour se lève

ligne claire sur l'horizon

lueur des commencements

nuages roses étirés

éclaboussures

sur le lent bleuissement

Le jour se lève

cadeau ordinaire extraordinaire

renaissance perpétuelle

pour chacun incertaine

fuite en avant

qui efface le présent

et ronge l’avenir

Aimer penser agir

comme si c’était le premier

comme si c'était le dernier


Arts12272797098?profile=originalLettres

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Compositon abstraite

12273074655?profile=original                                                                  ( Peinture  de Suzanne Walther-Sksou)

 Énergie diluée,

vapeurs ou bien auras,

un décor d'outre-terre,

où des jets de lumière

 montent à la verticale,

se heurtent à un plafond

que certains d’eux dépassent.

 

Pas de repères dans le silence,

lévitation  dans un espace

innommable, sans violence.

 

                                                                         22/3/90

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Avaler le temps

12273073657?profile=original

Passer le sable d'une main à l'autre

Pour passer le temps. 

Le sentir couler sur les phalanges

Et filer, tiède, dans les creux 

Comme une caresse

Du temps qui passe.

 

Dérober à l'instant le dernier grain,

Retenu par des doigts.

 Portés à la bouche

Comme avant.

 

Comme enfant,

Crisse sous la dent,

le goût de terre.

Avalé, le temps !

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administrateur partenariats

  "Du soleil comme s'il en pleuvait"

Abstraction lyrique

Liliane Magotte

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Une fraîche ondée de soleil

 

Mon âme accueille l'allégresse,

Une fraîche ondée de soleil,

Un exquis plaisir sans pareil,

Dans une bouffée de tendresse.

 

 

Une fraîche ondée de soleil,

Eparpillement de richesses.

Dans une bouffée de tendresse,

Des gouttes d'or et de vermeil.

 

 

Eparpillement de richesses.

Mon esprit demeure en éveil.

Des gouttes d'or et de vermeil.

Sans doute don d'une déesse.

 

 

Mon esprit demeure en éveil

Cette grâce vint sans promesse,

Sans doute don d'une déesse,

Qui prit de l'or dans le soleil.

 

 Suzanne Walther-Siksou

14 février 2015

Avec tous mes remerciements.

Un partenariat

Arts 12272797098?profile=originalLettres

 

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Un poème pour la St Valentin

Un Ciel d’ardoise où écrire

Un ciel blanc pour mon amant

Un ciel bleu comme ses yeux

Un ciel rose pour ses sourires

Un ciel rouge, soleil couchant

Un ciel d’étoiles pour nous deux

 

Mon amour, tu es le nuage

Qui passe et se transforme

Je te regarde et je rêve…

Je pars avec toi en voyage

Grimpée en haut d’un orme

Mon cœur défaille, je m’élève

 

Je survole jusqu’à l’horizon

Montagne, prairie, ma maison

Le ruisseau qui court et m’enchante

Le merle et l’étourneau qui chantent

Les arbres qui bourgeonnent déjà

La jonquille et le mimosa

 

Mon amour est sans frontière

Fragile, aujourd’hui comme  hier

Il serre  mon cœur épris d’ivresse

En quête d’éternel printemps

Il court les bois et les champs

Comme au temps de ma jeunesse

 

Aimer l’Amour, aimer la vie

Aimer la lyre du poète

Qui sait si bien nous enchanter

Aimer le frêne, aimer le hêtre,

Aimer toujours à l’envie

Pour ne mourir qu’à moitié

 

L’autre partie de nous même

Celle qui hait et qui aime

Disparaitra dans le néant

Passeront les jours et les ans

Où seras tu cachée mon âme ?

Dans d’autres yeux ? Dans une larme ?

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Une réalité apeurante

 

Soliloque en pensant à l'affaire du Carlton

 

Des drames, étalés à notre connaissance,

Délogent, chaque jour, d'innocentes croyances.

Il était rassurant de penser au déclin

Ou à l'éloignement du terrible Malin.

 

On espérait durable un heureux équilibre

Établi par des êtres intelligents et libres.

Occupé de lui-même, chacun se complaisait

Et ne réagissait que se sentant lésé.

 

À chacun ses malheurs ou ses propres déboires.

Les redresseurs de torts sont rares dans l'histoire.

Or voilà que l'horreur se propageant partout,

Les humains effrayés, en choeur, crient au loup.

 

Mais ils restent muets face à l'intolérable,

Aux torts de la justice envers des non coupables.

Personne ne dénonce un aberrant procès.

Dont plusieurs innocents ressortiront blessés.

 

Les voyeurs attentifs ne sont pas des juristes

Lors le spectacle offert n'a rien qui les attriste.

Pitoyable devient un pays où le Droit

Au lieu de protéger les citoyens, les broie.

 

Vendredi 13 février 2015

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Elle s'est imposée

Une aquarelle d'Adyne Gohy

12273070695?profile=original

a inspiré

Jardin d'été

de Sandra Dulier


Une rose avait éclos
dans un jardin d'été,
doucement sur le bord,
près de ce banc
où nos âmes
s'étaient rencontrées.
     

Tu étais ciel,
j'étais libellule,
tu étincelais
en rosée d'amour.
   
Je sais mon coeur
la douceur des jours,
le parfum des rêves
et la force de la délicatesse.
   
Tu taisais beaucoup,
tu embellissais
comme cette fleur,
symbole d'un sentiment
qui épinglait, et nos regards,
et nos gestes.
   
Les pétales du temps
s'étiolent parfois ;
on aurait cru ce sort
à nos sentiments réservé.
   
Il n'en fut rien,
ils éclosent encore
chaque matin
dans notre jardin d'été.

  

Sandra Dulier

12.02.2015

Un partenariat d'

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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La sérénité abyssale et silencieuse du corps de l'océan
me révèle toute sa poésie tel un calice débordant d'éternité.
Bercée par sa mouvance, mon âme en impesanteur
s'allie à l'insondable ballet unificateur
au langage pénétrant et secret.
Pétri d'éréthisme, je sens en moi l'arpège rare et sensuel
de l'onde créatrice qui déploie dans chaque fibre
de mes cellules son intelligence éthérique.
Dès lors, cette complicité indulgente,
accroît l'intensité intérieure de mon corps et
dans ses oscillations successives, libère les prémices
à une ascension vers la plénitude des rêves
et des songes ésotériques.

Nom d'auteur Sonia Gallet
recueil © 2015

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Le glouton édenté.

 

Son doux regard baissé, il pense au mauvais coup,

Qui  le  fait  conquérant,  par  la  faim  empressé,

Triompher des  ennuis, sans  se  rompre  le  cou.

Son doux regard baissé, il pense au mauvais coup,

De  sa  nuit  prochaine,  aux  espoirs  caressés,

Fumet  des  saucisses  à  ravir sans  se  blesser.

Son doux regard baissé, il pense au mauvais coup,

Qui  le  fait  conquérant  par  la  faim  empressé.

 

Pendues  pour  sécher  elles  narguent  le  chat,

Du haut de la poutre  aux crochets des saveurs, 

L’heure  d’oser  est  là,  d’aller  cahin  cha-cha.

Pendues pour  sécher  elles  narguent  le  chat,

Glouton  de  nature  au  sourire  baveur,

Édenté sans doute,  mais toujours voleur.

Pendues pour sécher  elles  narguent le  chat,

Du haut de la poutre  aux crochets des saveurs. 

 

Sept des douze goinfrées,  festin  de  rois poilus,

Son  bedon  l’a  trahi  dès  le  matin  levé,

Auprès de  ses maîtres  au  regard huberlu.

Prince est le nom charmant de ce minet goulu,

Sauvé d’un accident  dont il  faillit  crever.

Prudemment aujourd’hui, minou s’est  atchavé.

Sept des douze goinfrées,  festin  de  rois  poilus,

Son  bedon  l’a  trahi  dès  le  matin  levé.

 

                                                                        Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

 

Coucou, Prince c’est moi. Tirant toujours la langue de ma mâchoire brisée à cause de mon appétit ……. pour un hérisson et de ma fuite d’alors contre un mur, la gorge pleine de piquants.

 

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S’atchaver : (Argot) se tirer,  s'en aller.     Wiktionnaire.

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