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Le prince du temps.

 

Une fleur joyeuse chante au gai printemps,

Sa  joie de revivre  dans l’eau pure et rose,

Sous un soleil rieur caché bien trop longtemps.

 

Au chaud dans les caisses  des  orangeries,

Les navels* dansent  leurs futurs  carnavals,

En s’éclatant d’avance de bruits et singeries.

 

Carrousel de rocailles, les bergénias roses,

Colorent  la terre  pour la joie des savetiers,

Qui  tannent  le cuir  sans mesure  ni prose.

 

Les sourires brillent sur le toit des maisons,

Les  réjouissances  de  carême-prenant,

Ont balayés enfin les tourments de l’horizon.

 

Jouvence des amours le prince du temps vient,

Adoucir  le  réveil  des  marmottes  frileuses,

Par son show arc-en-ciel de l’univers  disneyen.

 

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

 

 

 

 

 

*Navel : variété d'orange à fruit secondaire interne

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FINALEMENT!

Tu t'étais lové dans le moule

Que la vie t'avait suggéré.

Ainsi, à l'aise dans la foule

Tu t'y étais laissé porter!

Pas à pas et non sans courage

Tu t'efforçais à progresser

Au fond de toi était la rage

De tes désirs trop ignorés!

Alors un beau jour de septembre

Que Dame Nature avait doré

Quand dans tes yeux brillait de l'ambre

Tu as décidé d'innover!

Finis sagesse et sacrifices

Bonjour à toi jolie folie!

Peu importe les édifices

Ne compte plus que les envies!

Et ce destin est bien étrange

Qui, après coup, te rend unique.

A quoi donc sert-il d'être un ange?

Aux certitudes tu fais la nique!

Au creux de tes mains, je vois des lignes

Parcours étrange, enchevêtré...

J'y lis qu'aujourd'hui tu es digne

D'être tout simplement aimé!

J.G.

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Je me suis offert un bouquet

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Empotées, de pourpres rosettes

Émergent de feuilles vernies;

Cinq fleurs, deux boutons réunis,

En immobilité parfaite.

 

Ce délicat tableau vivant,

Est d'une grâce savoureuse.

Il m'émeut et me rend songeuse;

Je pense à des bouquets d'antan.

 

Le tout premier, incomparable,

Vingt roses rouges d'Épernay,

Que j'avais reçues fascinée.

Il est resté inoubliable.

 

Puis bien plus tard, au cours des ans,

Messagers d'amour, de tendresse,

Arrivèrent à mon adresse,

D'énormes bouquets émouvants.

 

Les années font, en s'écoulant,

Se transformer notre existence.

Les désirs n'ont plus d'importance,

Suite à des drames désolants.

 

Or, on peut éprouver l'envie,

Quand ont disparu ceux qu'on aime,

De se faire plaisir, soi-même,

Façon d'égayer la survie.  

 

26 février 2015

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administrateur théâtres

Un triomphe pour une pièce sublime, « L’affrontement » joué  au Centre Culturel d’Auderghem avec un duo de choc : Francis Huster et Davy Sardou ! Où C C C ne veut pas dire Cellules Communistes Combattantes mais Crises du Catholicisme Contemporain. Le pitch : « Comment Choisir entre la liturgie et le  MUSIC-Hall » Et dans ce débat ardent, ce sont évidemment les questions qui vont au-delà  du catholicisme et concernent directement  le cœur de l'être humain, qui donnent à cette œuvre une valeur universelle.

Tim Farley, celui que l’on doit appeler « mon père » (Francis Huster)  a  recours à la flatterie de  ses paroissiens et les divertit avec des sermons qui contournent les problèmes inquiétants afin de protéger sa Mercedes, ses voyages  en Uruguay et l'offre généreuse de vins fins qui ornent  le double fond de sa bibliothèque. Son monde bien ordonné est perturbé par l'arrivée de Mark Dolson (Davy Sardou), un jeune séminariste intense et idéaliste que le Père  accepte à contre cœur de prendre sous son aile. Il y a un conflit immédiat entre les deux,  alors que  le jeune homme remet en question le mode de vie luxueux du prêtre âgé, celui-ci  est consterné par la confession de Mark qui a mené une vie de promiscuité  bisexuelle avant de choisir la prêtrise.

Le drame psychologique oppose deux sortes de sacerdoce. D’une part celui du vieux curé irlandais, retraité de la foi,  installé confortablement dans une paroisse riche et prospère, un homme qui ne veut pas de vagues et dispense un discours de guimauve, se soumet hypocritement à l’autorité hiérarchique et aux  compromissions, un homme  qui  frémit de déplaire à  une congrégation docile et béate  mais fort loin des béatitudes chrétiennes.  De l’autre, celui du jeune séminariste, une âme perdue et retrouvée, courageuse, ferme et déterminée qui a connu les citadines, les citadins et même le trottoir pour survivre, dès l’âge de 17 ans. Cela a des vibrants accents de Gilbert Cesbron…

en-tournee-francis-huster-et-davy-sardou-joueront-quot-l-affrontement-quot-mardi-3-mars-a-l-opera-theatre.jpg?width=500 Le débat  récurrent remet en question l’accession des femmes au sacerdoce toujours refusée dans l’Eglise Romaine.  Rien non plus, selon Mark Dolson, n’interdit à deux hommes de s’aimer! Débats à l’évidence  toujours d’actualité, alors que la pièce « Mass Appeal » de Bill C. Davis avait été écrite en 1981 et fut traduite et jouée par  Jean Piat et Francis Lalanne en 1996, une version tragique, provocatrice et sulfureuse. Si le fond de la pièce n’a pas changé, l’attitude du public du XXIe siècle  a évolué. On accepte désormais de nouveaux codes et le rire dénonciateur est devenu un Credo omniprésent, ressenti comme la meilleure parade aux tentatives totalitaires ou intégristes.  

 

En effet, 20 ans après, la nouvelle version qui déferle sur les planches du CCA est une nouvelle adaptation signée par Jean Piat et sa fille Dominique Piat. Elle est bourrée d’humour explosif. C’est une mise en scène  de Steve Suissa. Le  décor dynamique de Stéfanie Jarre permet le passage habile de la chaire au  presbytère. Les jeux d’ombre et de lumières  évocateurs sont  signés Jacques Rouveyrollis et les costumes, Edith Vesperini. Steve Suissa a ourlé son travail de chansons d'amour émouvantes -  américaines pour la plupart - qui séparent chaque scène, faisant chaque fois accéder à plus de bonheur spirituel et plus d’amitié, ce qui est un autre thème puissant développé avec grande intelligence tout au long de la pièce. La musique ne facilite-t-elle pas l’accession à ce monde invisible par lequel on existe ? Le jeune-homme bourré d’insolence et de sincérité veut que l’église se remette en question, remettant au centre de ses préoccupations la seule chose importante, l’amour et sa variante: l’amitié. Et son rire, joint au nôtre, remet les choses en perspective.

 Notre siècle ne  permet-il pas à présent de rire de tout ?  Le rire ouvre à  la réflexion, y compris celle qui demande pourquoi on se pose telle ou telle question. C’est la  liberté de parole plus vivante que jamais, qui  creuse le sillon de l’humain. L’affrontement des deux hommes les met face à face avec  eux-mêmes. Chacun finit par devenir ce qu’il est, et la question Shakespearienne de « to be or not to be »  prend toute sa pertinence. Les deux rôles collent littéralement à la peau des deux comédiens et les spectateurs - pris pour des paroissiens - eux aussi, se transforment et tentent de trouver leur propre vérité avec eux-mêmes.  La magie théâtrale  a sondé l’humain avec une profondeur et une habileté qui met les larmes aux yeux.   Et qui n’a pas eu envie d’entonner Alleluia, Alleluia… en fin de spectacle, au nom de la vérité de chacun?   

Au cœur de sa programmation, la saison Paris-Théâtr...e présente le meilleur du théâtre français en général et parisien en particulier. 7 pièces à ne pas manquer, faisant passer le public du rire aux larmes et où l’émotion et la surprise sont toujours au rendez-vous. Une saison basée sur le divertissement, les coups de cœurs et la diversité !

http://www.cc-auderghem.be/index.php/component/redevent/details/270.html

Réservez

Dates
24.02.2015 - 01.03.2015 20.30 h - 15.00 h

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12273075485?profile=original"Les sept piliers de la sagesse" est l'oeuvre de l' aventurier et écrivain T.E. Lawrence (1888-1935) dit "Lawrence d' Arabie). Le premier manuscrit ayant été perdu, l'auteur réécrivit le livre avec beaucoup de remaniements; l'ouvrage parut en 1926, dans une édition à tirage limité, aussitôt épuisée et qui atteignit des prix fabuleux. L'année suivante, sous le titre "Revolt in the desert", fut publiée une édition abrégée et expurgée. Une réédition de l'oeuvre intégrale eut lieu en 1935. Ces mémoires constituent un document essentiel sur la sensibilité de l' aventurier contemporain.

En 1914, Lawrence, jeune archéologue en mission dans le Moyen Orient, refusé dans l'armée active pour raisons de santé, réussit à se faire accepter comme agent de l' "Intelligence Service". Un renouveau du nationalisme arabe s'étant produit dans les années  précédant immédiatement la Grande Guerre avec le mouvement des "Jeunes Turcs", l' Angleterre, et particulièrement Lord Kitchener, eut l'idée de gagner à la cause alliée les forces turques de Mésopotamie et de susciter une révolte, capable de provoquer  le démembrement de l'empire de Constantinople. Pour préparer ce soulèvement, Lawrence fut dépêché auprès de Feycal et de Hussein, grand chériff de la Mecque, rallié à la cause anglaise. Il s'agissait, naturellement, d'une mission destinée à servir les seuls intérêts anglais. Mais elle provoqua chez Lawrence le réveil d'un vieux rêve de jeunesse, poursuivi depuis les années d' Oxford. L'agent de l'Intelligence Service cessa bientôt de voir dans la révolte un simple moyen. Elle devint à ses yeux une fin prestigieuse, et qui se suffit à elle-même. Il s'agissait de "forcer l' Asie à prendre la forme nouvelle qu'inexorablement le temps poussait vers nous" ou, comme l'auteur l'explique dans une Introduction à son livre publiée dans ses "Lettres", "de créer une nation nouvelle, faire revenir au monde une influence perdue, donner à vingt millions de sémites les fondations sur lesquelles bâtir un château de rêve avec les inspirations de leur pensée nationale". Manoeuvrant à sa guise, Lawrence ne tarde point à donner aux Arabes des avis, fort éloignés des buts de la politique anglaise. Non qu'il renie son pays: il en conserve toute la vanité. Mais d'une part, c'est un être naturellement indiscipliné: il dénonce la discipline militaire, "servitude qui, pour être volontaire au début, n'en est pas moins abjecte". Et surtout, il a décidé de se faire arabe parmi les Arabes: l'effort qu'il poursuit en ce sens l'a, dit-il, dépouillé de sa "personnalité anglaise: j'ai pu ainsi considérer l' Occident et ses conventions avec des yeux neufs, -en fait cesser d'y croire".

A vrai dire, l'entreprise échoua et, de cet échec, Lawrence prend une grande part de responsabilité: il n'a point détrompé les Arabes et a continué ainsi, malgré et contre ses voeux, de servir la politique anglaise: "L' honneur, écrit-il mélancoliquement, ne l'avais-je pas perdu l'année précédente, quand j'avais affirmé aux Arabes que les Anglais tenaient leurs engagements?" Mais, plus profondément, le rêve d'une résurrection politique du monde arabe ne fut qu'un rêve, que Lawrence ne se soucia guère d'asseoir sur de fortes bases historiques. Il a pu s'évader de l' Occident: malgré ses efforts, il ne s'est point créé une nouvelle vie arabe. Dans l'aventure qu'il a tentée, moins qu'un accord avec de grandes forces historiques, il avait recherché l'âpre sentiment de la totale indépendance que lui donnait cette force guerrière cimentée par une pure idée: "Nous étions une armée concentrée sur elle-même, sans parade, ni geste, toute dévouée à la liberté, la seconde des croyances humaines". Pour gagner les Arabes, Lawrence avait voulu les imiter: mais cette substitution de personnalité sociale était-elle possible? Réfléchissant sur l' aventure, il faut bien que Lawrence le reconnaisse: "Comment se faire une peau arabe? Ce fut de ma part affectation pure. Il est aisé de faire perdre la foi à un homme, mais il est difficile ensuite de le convertir à une autre. Ayant dépouillé une forme sans en acquérir de nouvelle, j'étais devenu semblable au légendaire cercueil de Mohammed".

Lawrence est resté un étranger. La solitude est bien en effet un des traits caractéristiques de son destin: elle engendre un sentiment de mépris intense "non pour les autres, mais pour tout ce qu'ils font". Pourquoi se complaît-il en récits ignobles ou atroces, flagellations, meurtres, exécutions de prisonniers (coupables eux-mêmes d' atrocités)? Il semble que Lawrence veuille ainsi exacerber cette impression d'étrangeté, d' indépendance complète par rapport aux hommes et au monde: son ascétisme n'aura pas d'autre but: bourreau de son corps, nous le voyons passer des jours et des nuits sur un chameau, sans manger, sans boire. Dépouillé de lui-même, il est bien alors, comme l'a défini Louis Gillet, un de ces "individus qui trouvent moyen, dans le renoncement total, d'exercer le pouvoir sans limites". Pour cette âme libre, mais prisonnière d'elle-même, la politique et l'histoire deviennent les formes d'un rêve intérieur. Lorsque Lawrence convient que la révolte arabe n'était qu'un jeu supérieur, nous sentons bien qu'avec l' aventurier anglais, nous atteignons un point extrême de la rêverie politique romantique.

Lawrence est de la race des Chateaubriand et des Barrès: "Les rêveurs du jour, écrit-il en songeant à lui-même, sont des hommes dangereux, car ils peuvent jouer leur rêve les yeux ouverts et le rendre possible". Si son entreprise lui plaît, ce n'est point tant pour le bonheur à venir d'un peuple, que comme la plus belle figure de ses songes: "Je t'aimais: c'est pourquoi, tirant de mes mains ces marées d'hommes, j'ai tracé en étoiles ma volonté dans le ciel, afin de gagner la liberté, la maison digne de toi". On se demande alors si l'échec n'a pas été volontaire, et destiné à préserver la pureté du rêve: moins que la conquête, c'est l' effort qui exalte Lawrence, l'active contemplation de la pure énergie: "Quand une chose était à ma portée, je n'en voulais plus. Ma joie était dans le désir".

Cette passion, plus d'un conquérant ou d'un politique, est d'un intellectuel. L'auteur est trop lucide pour ne pas se l'avouer: ma guerre était trop méditée, parce que je n'étais pas soldat, mes actes étaient trop "travaillés", parce que je n'étais pas un "homme d' action". C'étaient autant d'efforts intensément conscients, accomplis sous les yeux et sous la critique latérale d'un moi désintéressé. Désintéressement typique d'un esprit marqué des décadences modernes. L' aventure pour  Lawrence, ressemble beaucoup à ce salut pour l' art qui tentait les écrivains à la fin du XIXe siècle et c'est encore, au sein de la plus brûlante réalité, le "Réfugions-nous dans l' artificiel" d'un Barrès. Lawrence n'édifie point l'empire arabe. Mais, qu'importe le succès ou l'échec de son entreprise, si cette dernière lui permet de façonner quelque oeuvre d' art? "Je n'avais eu, dit-il, qu'un grand désir dans mon existence -pouvoir m'exprimer sous quelque forme imaginative, - mais mon esprit trop diffus n'avait jamais su acquérir une technique. Le hasard, avec un humour pervers, me jetait dans l' action, m'avait donné une place dans la Révolte Arabe... m'offrant ainsi une chance en littérature, l'art-sans-technique!" Que l'exemple de Lawrence puisse être considéré comme type de cette race d'esprits hautains, proies du nihilisme métaphysique, au fond assez désintéressés de la vie, une affirmation du moi plus vaste que cette que peut réserver la littérature, les expériences parallèles d'un Malraux, d'un Drieu la Rochelle, d'un Ernst von Salomon l'attestent suffisamment.

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Vous aimer,

 

Vous écrire,

vous aimer tout en grand,

dans une chambre minuscule,

bleue ciel et claire,

n'Est-ce pas là, cette étoile

éprise du firmament oh combien courtisé,

muet et sombre ?

De cet inconditionnel amour,

s'en amuse le soleil,

le grand élu !

Vous écrire,

vous aimer obstinément,

n'Est-ce pas là, cette musique

murmurante, balbutiante,

s'adressant à votre profond silence ?

Aimer est l'œuvre de toute

une vie, grâce à cette

petite écharde dans le cœur plantée,

d'où fleurira un blanc rosier.

 

NINA

 

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Quand viendra l'instant...

12273074488?profile=originalPeinture de l'Artiste peintre Ljubomir Ivankovic

Dans ma sorgue d'encre, le vide et le froid
me phagocytent et la charge énergétique
me soumet à la folie fantomatique de son monde.
Sur ce chemin alternatif, mes intimes profondeurs
deviennent alors la proie des desseins qui se composent
sur mon lit de cendres.
Dans les coulisses du temps qui renouvelle les heures
qui s'écoulent, je deviens l'instrument d'un rayon pâle
que le ciel balance au clavier de mes sens.
Dès lors, un miel divin, lisse, soyeux, s'accroche
à mon drap de suaire et son étroite possessivité
fait vibrer d'un érotisme troublant le relief de mon corps,
trainant ainsi sur le mur l'ombre de longues filandres
avant que la porte de l'aube ne s'ouvre
et crie ma délivrance.

Nom d'auteur Sonia Gallet
recueil © 2015

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Nos rendez-vous spirituels

Songerie

 

À la Fac, puis dans les rues,

Un autre jour avions vécu;

Des heures douces ou intenses, 

En ce temps de notre jouvence.

 

Nous nous quittions dans la soirée.

En laissant voir notre regret.

Parfois je me souviens, rêveuse,

D'Alger, où j'étais amoureuse.

 

Il me donnait un rendez-vous,

Cela aurait pu sembler fou,

 En  me désignant l'astre unique,

Pour une rencontre idyllique.

 

Mon âme s'élevait vibrante,

Vers les étoiles scintillantes,

Jusqu' à la lune, îlot du ciel.

L'espace avait un goût de miel.

 

25 février 2015

 

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Le baiser,

le baiser est un mot

qui dévêtu se donne,

aphone, bouleversant,

qui s'écrit sur la peau,

s'y inscrit,

y demeure invisible,

le temps de toute une vie.

Je parle d'un baiser,

infiniment sacré,

ce grand mot solitaire

qui ne recherche que vous.

Le baiser est un mot

qui se brise sans vous,

aphone, agonisant,

qui s'étiole dans le vide,

s'y asphyxie,

y demeure orphelin,

le temps d'une survie.

Je parle d'un baiser,

infiniment cassé,

ce grand mot solitaire

qui désespère de vous.

Mais ce baiser de moi à vous,

sur une page blanche,

s'est métamorphosé en une rose claire,

murmurante et bleue ;

voilà son grand destin !

NINA

 

 

 

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Frère lointain

Il a franchi la distance et le temps,
N’a pas oublié l’enfance, les tourments.
Ce frère-là n’a pas son pareil
Tel un saint qui fut touché d’éveil !

Pas plus que l’âge ou un semblant de paresse
Se glissant à son insu dans sa vie difficile,
Pas plus, non, encore moins la faiblesse
Dictant l’ennui de sa vie infertile.

Ce frère-là a rassemblé des forces inconnues,
Les découvrant soudain au hasard d’un matin,
A pris une vieille valise pour un voyage soudain
Et s’est jeté confiant et fier au devant de la rue.

La rue est comme un voyage qui fait peur,
Accroché à elle il n’avait plus de vue.
Mais ce moment ainsi qu’une divine lueur
Lui cria sa vérité devenue absolue.

Oh, il n’en rit pas toujours, ce ne fut pas facile.
Il dormit par terre et croisa des brigands,
Se recroquevilla de froid sur des bancs,
Mais ses yeux pour une fois lui semblaient utiles.

Ne sachant où aller il alla n’importe où,
Aller lui semblait un facile enchantement.
La valise, il l’avait donnée à un mendiant,
Voilà qu’il aima être devenu fou !

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Une larme,

Cette larme de moi,

glissant contre votre absence,

est une bombe dans ma tête,

dans mon corps une déflagration sombre.

Pour vous, mon Ami,

il n'y a que silence, l'invisibilité d'un cœur

pourtant si pourpre !

Cette larme de moi,

glissant  contre votre absence,

est une ondée glacée,

tombant en vain,

 sur votre ensoleillement radical, continuel ;

dans ma saison ce grand absent.

Dans ma tête obstinément,

je le crée, le dessine, l'enracine ;

Son île me voici devenue,

d'où j'écris tout le temps,

en bleu de préférence,

 avec un vague à l'âme

de temps-en-temps.

Ne dit-on pas que l'écriture

est un cheminement bleu

solitaire et secret,

un brin d'enfance encore ?

 

NINA

 

 

 

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Du rire

 

Soliloque

 

Le rire est un besoin facile à reconnaître,

Vite contagieux, même s'il est discret.

Or tous les bons vivants se sentent toujours prêts  

À partager la joie que quelqu'un a fait naître.

 

 

Abaisser son prochain semble faire plaisir.

Des malins avertis emploient la moquerie

Pour ridiculiser une catégorie

De gens, que de choisir ils ont eu le loisir.

 

 

Faiblesses et défauts inusités amusent.

Ce qui semble grotesque entraîne le gros rire.

Le mépris ressenti peut entraîner le pire

Mais nul, en s'esclaffant, n'en conçoit la mesure.

 

 

Les méchants dénoncés cessent d'être amusants.

 Lors, seuls les plus naïfs demeurent leurs complices.

Ceux, qui ont reconnu leur néfaste malice,

Ne trouvent plus risible un humour malfaisant. 

 

 

Il est des arroseurs qui se font arroser.

Quand, par leur maladresse, le tuyau leur échappe.

Le hasard  quelques fois intervient et il frappe.

Certains pensent à tort qu'ils peuvent tout oser.

 

 

Si j’avais du talent, j’écrirais une farce,

Ce qu’il est advenu à qui voulait duper.

Tout comme à Patelin, certainement futé,

Se retrouvant pourtant le dindon de la farce.

 

24 février 2015

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l'étincelle JGobert

Une étincelle jailli et apparu un personnage de conte de fée. Tout en sourire, il descend les marches du présent et tourne son regard vers l’assistance. Rayonnant comme dans une comédie musicale, je m’attends à ce qu’il se mette à voler, à danser, un peu comme Fred Astaire ou Gene Kelly. Parti dans un pas de danse chimérique, mon imagination ne le quitte plus et je le vois sur scène, en haut de l’affiche et célèbre dans le monde entier.

Il m’obéit et en moins de temps que je le pensais, je deviens son mentor, son guide, sa muse, sa route, sa vie. Notre duo s’établit et nous sommes bien ensemble. Une paix intérieure que je n’ai jamais connu m’envahit à sa pensée et m’autorise enfin à un peu de repos. L’angoisse me quitte un soir et me laisse un peu désarmée. Un tel vide m’apeure. Je cherche les occasions de m’alarmer, de me contrarier afin de retrouver cette sensation oppressante qu’elle m’a apprise. Ma vie a pris un tout autre chemin et ce personnage de conte de fée remplit ma vie, m’apporte un bien-être un peu étrange puisqu’irréel, imaginaire.  Il m’accompagne partout et apprécie mes sorties, mes activités. Nous partageons nos rêves.

Cet être au caractère bien trempé, vit lui aussi une autre vie, dans un autre monde. Il ne reconnait que ce qu’il veut bien, ne prenant que le meilleur pour toujours avoir le beau rôle, le premier rôle. D’instinct  parfois, je le trouve prétentieux, apprêté, fier mais sans jamais le lui dire, ni interrompre ce beau duo.

Les années passent et remplissent l’histoire. A certain moment, nous reprenons notre chemin seul. Je l’abandonne sans jamais le quitter.  Il me manque, m’exaspère et finit par réapparaître plus présent que par le passé. Je n’ai jamais le sentiment de l’avoir laissé et notre belle complicité renait. L’étincelle revit et nous replonge dans un monde toujours fabuleux où chacun a sa partie à jouer.

Cette fois, il n’est plus l’artiste éclatant que je connais mais un clown triste, désabusé qui se laisse vieillir. Le mal l’a touché et il me faut un long moment pour l’en sortir et réussir à le rassurer enfin. Les années passent trop vite et laissent trop de cicatrices, trop de blessures profondes qu’un personnage de conte de fée ne peut supporter. Mais il reprend courage et regagne sa joie de vivre.  A nouveau, des moments extraordinaires que la maturité a libérés de tous les sentiments inutiles.

Je me crois paisible, tranquille, à l’abri, mais ce héros change d’attitude et finit par me délaisser.  J’avoue mon étonnement. Ma prétention à le gérer m’échappe et je m’aperçois que mon imagination s’est laissé berner par mon propre inconscient. Ce personnage a une vie et ne veut plus de la mienne. Il a mué et modifié son cadre loin de moi. Je suis perdue dans cet abandon que je ne comprends pas. Vexée de n’avoir plus d’intérêt pour ce personnage que j’ai créé, dépossédée d’une part de moi-même et je lui en veux un peu.

Beau seigneur, il m’inclue toujours dans les instants de sa vie mais je reste loin, à distance, au-dehors. Je ne veux plus approcher de son monde. L’étincelle a vécu ce que vivent les roses et nos routes prennent une autre direction se séparant peut-être cette fois pour de bon.

Ma fantaisie  voulait que ce personnage soit parfait. Personne n’est jamais parfait, la vie est une imposture constante qui laisse croire à un tas de choses, de tours qui ne sont que des apparences, des leurres.

 

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De grandes et de petites choses

Rêverie

 

Chacun sait que les grandes choses

Sortent d'un travail assidu,

D'efforts produits à fortes doses.

Tout défi remporté est dû.

 

Pour acquérir un savoir faire

La volonté ne suffit pas 

Certains avancent à bons pas

D'autres piétinent en arrière.

 

Il apparaît, à l'évidence,

Que pour survivre, les humains

Sont, en assumant leur destin,

Guidés par leur intelligence.

 

Cette énergie indispensable

Commune généralement,

Parfois, inexplicablement,

Donne un pouvoir incomparable.

 

Les surdoués, souvent dans l'ombre,

Sans acclamations ni mercis,

De la gloire n'ayant souci,

Travaillent au bien du grand nombre.

 

Le labeur est impératif,

Et durant des années s'impose.

 Mais quand les êtres se reposent

Nombreux deviennent inventifs.

 

Les artistes, ayant du génie,

En se préoccupant d'eux-mêmes,

Se consacrent à ce qu'ils aiment.

Ils créent des splendeurs inouïes.

 

24 février 2015

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12273072876?profile=originalDe tous les traités et oeuvres de circonstance de Calvin, c'est, sans doute, un des plus vivants, où l'ironie du Réformateur se donne libre cours. Le titre complet indique assez le dessein de l'oeuvre. Par son propos, le "Traité des reliques" tient une place importante dans l'exposé de la doctrine de l' "Institution chrétienne". C'est à un aspect assez particulier, et passablement ridicule, du culte rendu aux saints, que Calvin qualifie l' idolâtrie, qu'il s'attaque ici.

Lorsqu'il l'écrit, Calvin est de retour, cette fois, définitivement à Genève, où ses partisans l'on fait rappeler (1541), après que son intransigeance, l'âpreté de sa logique et de son zèle l'en aient fait chasser. Sa position est bien affermie, Genève est déjà devenue la Rome de la Réforme française, et Calvin le chef de la nouvelle confession, dirigeant de loin le mouvement en France et dans les pays de langue française. Il est certain qu'en s'attaquant au culte des reliques, il a beau jeu et que son triomphe est facile. C'est pour lui une oeuvre de salubrité qu'il entreprend, c'est aussi et seulement une oeuvre préalable, un "avertissement".

Calvin se contente de citer les faits qu'il connaît personnellement ou qui lui ont été rapportés, il ne cherche nullement à faire un inventaire complet des reliques. Il demande au contraire qu'on le fasse: ce serait, s'ils le voulaient, l' "office" des princes chrétiens. Mais pour limitée que soit sa documentation, elle est plus que suffisante pour démontrer les fraudes et l'inanité de ce culte. D'une part, adorer des reliques est faire preuve d' idolâtrie, rendre un culte aux créatures et non au Créateur; il dénonce ceux qui, "au lieu de chercher Jésus en sa parole..., se sont amusé de ses robes, chemises et drapeaux". Mais il y a plus grave, aucune de ces reliques ne présente de garanties d' authenticité. La plupart d'entre elles sont apparues au plus tôt au VIIIe et IXe siècles. Quelle vraisemblance t a-t-il qu'on ait gardé cachés, pendant tant de siècles, des objets aussi précieux? Comment se fait-il que la tradition apostolique n'en souffle mot? Qui plus est, étant donné le sac de Jérusalem, les invasions arabes en Palestine, comment a-t-on pu conserver toutes ces reliques? 

Passsant à l'examen détaillé d'un grand nombre de reliques vénérées dans les Eglises de France, d'Italie et d'Espagne, Calvin souligne, en ce qui concerne les morceaux de la vraie Croix par exemple, que "si l'on voulait ramasser tout ce qui s'en est trouvé, il y aurait la charge d'un bon grand bateau"; quant à la couronne d' épines, il faut conclure que les "pièces ont dû en être replantées pour reverdir; autrement je ne sais comment elle pourrait être ainsi augmentée". Il existe trois corps de Lazarre, deux corps de Marie-Madeleine, quatorze clous de la Croix; le fer de lance, qui perça le sein de Jésus sur la Croix, existe en quatre exemplaires. Où Calvin est inimitable d' humour, c'est quand il rapporte l'existence des reliques, dont le moins qu'on puisse dire est qu'elles sont étranges et irrévérencieuses: tel le prépuce de Notre-Seigneur, qu'on vénère à l' abbaye de Charroux dans le diocèse de Poitiers, aussi bien qu'à Saint-Jean de Latran à Rome; ou encore la forme de ses fesses "qui est à Reims, en Champagne, sur une pierre, derrière le grand autel". Qu'en conclure, sinon que les prêtres sont des imposteurs, des "abuseurs", des "séducteurs""? Ils mentent "à gueule déployée". Non seulement le culte des reliques est une absurdité, mais on s'expose en vénérant les corps saints à adorer les os "de quelque brigand ou larron, ou bien d'un âne, ou d'un chien, ou d'un cheval".

Calvin conclut en disant qu'il a voulu seulement ici ouvrir les yeux aux âmes de bonne volonté et il les exhorte instamment à entendre la vérité et à revenir, sur ce chapitre, à la simplicité des moeurs de l'Ancien Testament et de l'Eglise primitive.

Le Traité se développe selon une rigoureuse logique qui n'exclut ni la passion, ni l'humour. Le style vigoureux et une peu sec de Calvin n'a pas vieilli et sa langue nous semble beaucoup plus moderne que celle de Montaigne, dont, en revanche, elle n'a pas le charme.

Le succès du "Traité" fut immense: traduit par Nicolas des Gallars en latin en 1548, il se répandit dans toute la chrétienté. Peu après, il fut traduit en allemand, en anglais et en hollandais.

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Sous le lilas qui refleurit

12273071274?profile=originalPeinture de Suzanne Walther-Siksou

Je suis en un état de grâce,

Vue imprenable sur le ciel,

 Ce jour la lumière est de miel.

Stylo en main, je me prélasse.

 

Me sont venus deux vers chantants.

Je les pose sur une sur une page,

Ils me révèlent des images,

Venues de loin certainement.

 

Alors que je pense à ma muse,

L'esprit joyeux et en éveil,

En m'abandonnant au soleil,

De curieux dessins m'amusent.

 

Lors j'aperçois, silencieuse,

Sous le lilas qui refleurit,

Tout en bleu, semblant alanguie,

Une dame mystérieuse.

 

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Sous le lilas qui refleurit

Je suis en un état de grâce,

Vue imprenable sur le ciel,

 Ce jour la lumière est de miel.

Stylo en main, je me prélasse.

 

Me sont venus deux vers chantants.

Je les pose sur une sur une page,

Ils me révèlent des images,

Venues de loin, certainement.

 

Alors que je pense à ma muse,

L'esprit joyeux et en éveil,

En m'abandonnant au soleil,

De curieux dessins m'amusent.

 

Lors j'aperçois, silencieuse,

Sous le lilas qui refleurit,

Tout en bleu, semblant alanguie,

Une dame mystérieuse.

 

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Caresse,

Cette caresse de vous,

me fait songer à un pas de danse exquis,

sur mon corps sans musique, lisse,

en apprentissage ;

car à l'écoute du vôtre.

Cette caresse de vous,

est l'accent d'un désir,

sa voix la plus profonde, secrète,

son ombre ensoleillée ;

nous voilà bien cachés !

Oh pardonnez mon cœur

et mon esprit entier,

 de ne vous aimer que dans l'éloignement,

où plus précisément,

 de ne vous faire part du désordre de moi-même,

de ce grand chamboulement,

que par ma plume têtue,

 tantôt bleue tantôt pourpre.

Cette caresse de vous,

je l'imagine, la désire,

et je finis par l'entendre d'où je

suis, d'où j'existe ;

aérienne tout le temps,

à la recherche de la mienne,

toute vêtue d'encre et d'ombre.

NINA

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Rire,

 

Le rire ne serait-il pas l'éclaboussure

d'un esprit terriblement bleu ?

Un ciel limpide désagrégé ?

Des pépites de soi, ça et là

ensemencées jusqu'à la floraison

soudaine dans le regard de l'autre,

puis du bleu partout ?

Le rire ne s'apparente t-il pas

à un rayon solaire puisé en soi,

irrépressiblement offert à l'autre ?

Saison d'un instant.

Oui, je le crois.

 

NINA

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