Il a franchi la distance et le temps,
N’a pas oublié l’enfance, les tourments.
Ce frère-là n’a pas son pareil
Tel un saint qui fut touché d’éveil !
Pas plus que l’âge ou un semblant de paresse
Se glissant à son insu dans sa vie difficile,
Pas plus, non, encore moins la faiblesse
Dictant l’ennui de sa vie infertile.
Ce frère-là a rassemblé des forces inconnues,
Les découvrant soudain au hasard d’un matin,
A pris une vieille valise pour un voyage soudain
Et s’est jeté confiant et fier au devant de la rue.
La rue est comme un voyage qui fait peur,
Accroché à elle il n’avait plus de vue.
Mais ce moment ainsi qu’une divine lueur
Lui cria sa vérité devenue absolue.
Oh, il n’en rit pas toujours, ce ne fut pas facile.
Il dormit par terre et croisa des brigands,
Se recroquevilla de froid sur des bancs,
Mais ses yeux pour une fois lui semblaient utiles.
Ne sachant où aller il alla n’importe où,
Aller lui semblait un facile enchantement.
La valise, il l’avait donnée à un mendiant,
Voilà qu’il aima être devenu fou !
Commentaires
Bonsoir Nicole,
Le frère lointain prend, en effet., plusieurs visages Merci pour votre appréciation , votre sensibilité ainsi que pour l'acceptation de figurer parmi vos amis.
Agréable soirée
Amicalement
gilbert
Bonjour Gilbert,
Je découvre vos lignes et me vient à la mémoire le partage du voyage de certains, vers St-Jacques de Compostelle ou ailleurs, en quête d'un mieux -être... trouver un sens à son parcours de vie, regarder et écouter mieux... la pauvreté prend bien des visages... la solitude, aussi...
Je devine un peu de cela dans votre très beau poème , profondément humaniste...
Douce journée à vous . Cordialement, Nicole
Bonjour Claudine,
J'ai imaginé la souffrance liée à la séparation. Un homme voulant retrouver son frère, ce dernier ayant quitté la famiile pour des jours meilleurs dans un autre pays. La distance longtemps insurmontable devient invivable et c'est alors que la décision de rejoindre le frère devient pressante. Les voyages des damnés de la terre se font souvent à pied, à bateau pourri, sans plus un sou, dans un mépris généralisé, pour un objectif devenu irréalisable. La clochardisation prend le pas sur le désir de retrouver l'autre et on ne sait plus où on va. Heureusement, sombrer dans la folie les aide sûrement à surmonter leur chagrin. D'ailleurs chagrin, ils ne savent plus ce que cela veut dire !
Merci Claudine d'avoir ajouté le temps et la distance à la lourde liste de l'humanité.
Amitiés
gilbert
Bonjour Gilbert.es
La distance et le temps : deux thèmes qui alimentent mon imaginaire. Très beau poème ; merci du partage.
Amicalement, Claudine.
Merci Béatrice, Josette et Jacqueline pour vos réactions. Elles rassemblent à elles trois la fraternité qui nous émeut toujours devant l'injustice, la pauvreté, les discours prometteurs nourrissant les illusions mais aussi de la liberté.C'est le siècle de la banalisation que nous vivons en nous endormant le soir heureux de ne pas être encore touchés !
De si loin sans valise et la tête pleine d'espoir croyant aux lueurs d'un ange beau parleur.
Une étincelle qui, un matin, l'a poussé à tout quitter pour se retrouver sur ce chemin pour aller n'importe où. Qui n'a pas rêvé aussi ce départ soudain libérateur et l'enchantement de vivre sans chaines. La réalité étant tout autre, la folie s'installe.
Amitiés
Josette