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Acatama.

Sol lunaire,

aride, jardin de pierres.

Tu détiens dans tes profondeurs

trente trois hommes d’honneur.


Trente trois hommes solidaires

descendus pour extraire les richesses

destinées aux riches de cette terre


Mille autres sont venus

Décidés à les rendre à la lumière


Une lutte sans merci

s’engage contre la pierre.


Le monde entier s’émeut.

Par le miracle de la science

Mère nourricière de la morale,

des gueules noires nous sourient


Point ne compte les deniers

la survie prend le pas.


Les jours passent, l’espoir grandit.

A la surface de la terre,

la vie sourit

Espoir est là, perpétue la vie,

force le combat.


Trente trois hommes vont vivre

sans un cri,

dans trente trois mètres carrés,

soixante jours, soixante nuits

même un peu plus.


Plus loin,

sept hommes,

ayant chacun trois mille mètres carrés,

se battent depuis plus de cent jours,

pour en faire des gravats.


Divine comédie...

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Tous, nous avons dans un coin de notre logis un livre qui nous est cher. Malheureusement il a souffert de multiples manipulations, il est réparé avec des bandes de scotch poisseux, des pages s’égarent, et la couverture est usée comme un vieux tapis !

Ce samedi 16 octobre, le MARCHE DU LIVRE DE MONS, accueille l’atelier de reliure L’IBISQUILIT: Anne et Jean Pierre seront à votre disposition pour vous expliquer leur métier, relieur et restaurateur de livres et de documents de collection.

L’entrée est bien sur gratuite, vous pourrez également flâner chez les libraires qui participent chaque mois à Europapier


SAMEDI 16 OCTOBRE de 9 à 15h
Athénée Jean D’Avesnes, avenue Gouverneur Cornez à MONS

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Mère porteuse

Les murs de mon appartement sont recouverts d'un lichen suintant, que je sais être vivant. Je sens confusément qu'il m'épie, qu'il scrute chacun de mes gestes, qu'il étudie et tente d'assimiler mes attitudes. Ses tentacules putrides, comme des cheveux graisseux, enserrent ma conscience, s'insinuant dans mon être vrai, pour mieux m'asservir et me forcer à accomplir des actes d'une noirceur infinie. Certains jours, je m'enferme dans la pénombre, ayant pris soin de fermer les rideaux à double tour. Je m'assois, au milieu de la table du living, à côté d'une assiette, dans laquelle des restes de spaghetti, vieux d'une semaine, finissent de se décomposer et j'attends. Je le regarde fixement, les yeux clos, peu à peu mon rythme cardiaque s'apaise, se met au diapason avec ma respiration, mon cerveau cherche une réponse à l'inconcevable. Et l'impensable se produit, je l'entends respirer, je le sens se répandre à travers les pièces, conquérant. Une vague de terreur me déchire les entrailles, me ramène à une réalité que je ne veux pas voir. Pourtant, cet être a pris possession de mon âme, me grignote jour après jour, ma raison s'égrainant comme dans un sablier. Je m'accroche à l'amitié de quelques amis fidèles, qui ne comprennent pas, ne peuvent pas appréhender ce qui m'arrive, pourquoi je me replie comme une bête traquée, recroquevillée dans un coin sombre. Après que je me fus confié à l'un d'eux, lors d'une crise d'angoisse atroce, où je le sentais m'appeler et où je sentais mon corps désirer cet appel, cet ami vint à l'appartement constater ce qu'il craignait déjà. A savoir que les murs ne portaient aucune marque de pourriture, si l'on exclut le papier peint qui était décidément affreux, et que la seule explication plausible était que la raison d'un de ses meilleurs amis avait achevé de basculer dans l'oubli.
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Stage Théâtre TOUSSAINT

Stage théâtre de texte- Théâtre gestuelwww.lydm.euLe Théâtre GourmandSemaine du 1 au 5 Novembre 201010h00 à 17h00- 30 heures de stageTarif: 225 € ; professionnels: 180 €« Le théâtre est le lieu où se rencontre le monde visible et le monde invisible»Pour l’acteur, la scène c’est du désir, de l’envie , de l’appétit. Un espace vide, le plateau où se joue les passions humaines.L’acteur s’est d’abord un corps, il s’élance comme un funambule et puise dans le vide la nécessité de s’émouvoir.A partir de l’œuvre de Valère Novarina et plus particulièrement de La Scène et Le Repas, il sera proposé aux participants un espace d’expérimentation où la présence, le geste chorégraphique et le verbe seront nos outils pour faire naître un théâtre de corps. L’atelier débutera par un échauffement corporel où l’acteur devra prendre conscience de ses appuis, de son énergie, de ses gestes, de son souffle afin de se rendre disponible au travail.Objectifs:- Partir du corps, sa présence, son potentiel dramatique, trouver un langage gestuel à partir de peintures ou d’histoires en lien avec la nourriture.- Elargir sa palette de jeu dans l’objectif d’atteindre une extrême simplicité.- Le verbe, le mot devient nourriture gustative, plaisir de bouche comme un bon repas.- Mettre l'acteur dans une urgence de la parole, il sera amené à retrouver le sens organique de la ponctuation, les phrases sont des pensées qui défilent.- Partir d’un auteur, d’une pièce, d’un texte, d’un univers et l’inviter au monde- Echanger les sensations, les expériences.- S’approprier une écriture, être concret dans son dire.Magali Revest, directrice artistique de la Cie Lydm et de Kokliko’Theatre.Formée à la danse chez Rosella Hightower et au théâtre dès l’enfance rencontrant sur son parcours des personnalités comme Carolyn Carlson, Emio Greco, Geneviève Page...Formée par la suite à l’école Jacques Lecoq à Paris, puis à l’école du Samovar. Elle s’invite tour à tour devant et derrière la scène. Tantôt interprète et tantôt metteur en scène. Son parcours lui fait préférer le travail corporel à celui du texte jusqu’à sa rencontre avec Philippe Dormoy avec qui elle découvre la saveur des mots. Perpétuellement en mouvement, elle remet en question les enjeux de la représentation par un jeu d'allers et retour entre le corps et le langage. Partir du corps pour faire naître les mots.Valérie Lenaerts, comédienneValérie Lenaerts est comédienne. Diplômée du Conservatoire de Liège, elle aborde très tôt le sens du texte et des mots. Disciple d'André Steiger pendant 10 ans, elle travaillera avec lui toute la structure, la construction d'un texte dramatique et sa mise en espace. Viendra par la suite, une mise en abîme de sa pensée théâtrale...Elle se dirigera vers l'apprentissage d'une écriture gestuelle avec Nicole Mossoux, puis abordera le travail ludique de l'improvisation.Toujours à la recherche de nouveaux codes théâtraux, Valérie met au centre de ses préoccupations, l'Humain avec ses fragilités et ses doutes. Comment créer une nouvelle musicalité des corps et des mots, tout en préservant la quintessence de l'acte de création.Lieu du stage : Inscription : info@kokliko.euCarthago Delanta Est Kokliko'Theatre Asblrue Sylvain Denayer, 511070 Bruxelleswww.lydm.eu
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Bloody drumming love.

I hit with my head the wall
That's all I have, but I give it all
With the bang, I accompany your rime
And I don't care if it's not worth a dime.

With all my heart, with all my love
I do it for you, my sweet white dove
I'm not singing, I scream with pain
I only hope it won't be in vain.

You'll be recognized for what you are
My bloody drumming will make of you a star
And soon, you'll be in live performance
With all the people who listen and dance.

And I'll disappear in the shadow
Alive or dead, you'll never know
And I'll be watching you from the outside
Not really there, but always by your side.

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Le flamant rose, le coq morose et l’iris chose





Un flamant rose et fier de l’être


Marchait de tout son apparaître


En roulant fièrement ses airs


Sur les succès de ses polders.



Un coq morose et même en peine


Sur les crêtes de son Ardenne


Chantait les temps de ses atours


Dans les fumiers des basses-cours.



Un petit iris un peu chose


Dans son jardin de porte close


Interrogea, fort indécis,


La Muette de Portici.



Tournant alors sept fois sa langue


Dans son absence de harangue,


Elle sortit de ses replis


Les trois couleurs de ses oublis.



Et le flamant, dans l’euphorie


De ses enfants de la patrie,


Jura bien que, plus que jamais,


Le jour de gloire arriverait.



Alors le coq, rompant la trêve,


Monta sur un piquet de grève


Armé de rose et de péquet,


Pour entonner le Bia bouquet.

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administrateur théâtres

Au Magic Land Théâtre

LES MUTINÉS DU FISH AND SHIP

Vu le succès : reprise de cette saga délirante par la compagnie du « MAGIC LAND THÉÂTRE » écrite et mise en scène par Patrick Chabou.

Lorsque le gouverneur et sa trop charmante épouse embarquent sur le « Fish and Ship », chargés par le roi de remettre de l’ordre dans les lointaines colonies, ils sont loin de se douter du sort terrible qui les attend…

On devait s’y attendre… croisière de rire, déjà le titre était délirant… 

Des archétypes, de la grivoiserie plein les oreilles, des chants de marins de part et d’autre du rideau magique, le bonheur partagé des acteurs-et-spectateurs… voilà les ingrédients de l’amusement. A-t-on vraiment envie de s’y laisser prendre ? Et puis, non, c’est quand même irrésistible, on se jette à l’eau !

Le dimanche après midi, il y avait beaucoup d’enfants dans la salle, de trois à 12 ans, ils ont sans doute adoré les magnifiques costumes d’époque, l’embarquement sur le bateau à voiles mythique, la tempête mémorable, les combats de la mutinerie, l’abordage d’un bateau collègue, pirate lui aussi, et l’épisode de l’arche de Noé totalement burlesque pour arriver à Port au Prince et couler des jours heureux et candides. L’action débridée les a sans doute ravis et fascinés… Sirotant leur grenadine à l’entre acte dans un vrai bateau de pirates… au milieu des cordages, gaillard avant et arrière, filets, ponts et cabines en tout genre, ils pouvaient rêver de puissance et de liberté. Magique pour eux sûrement. Et fort mystérieux, conscients que les adultes possèdent certainement des clés encore interdites. L’assaut des mots, des calembours, allusions oiseuses, contrepèteries et autres figures de styles les ont sans doute laissés pantois.

Côté adulte, c’est une beuverie collective d’humour et de comique chansonnier. La tête vous tourne, une vraie java verbale, mais les comédiens sont si bons et si artistes que l’on ne peut s’empêcher d’aimer quand même tout ce baroque, ces mélanges généreux, ces pots-pourris, ces anachronismes en tout genre, ces gauloiseries bien enveloppées pour ne pas heurter les jeunes sensibilités, ces galéjades à tiroirs, ce tout pour… la surprise théâtrale sans fond ni loi !

Du 7 octobre au 24 octobre 2010

Distribution : Daniel Cap, Pascaline Crèvecoeur, Christelle Delbrouck, Sophie D’Hondt, Philippe Drecq, Thomas Linckx, Juan Marquez Garcia, David Notebaert, Stéphane Stubbé

Création d’éclairage : François Noé Décors : Isis Hauben et Yves Goedseels Régie : Yves Goedseels et François Noé Costumes : Frédéric Neuville Création sonore : Hughes Maréchal

http://www.magicland-theatre.com/index.php5?pageId=1

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Pardon Boris,

Messieurs les Présidents

Je vous fais une lettre

Que vous lirez peut-être

Si vous avez le temps

Je viens de recevoir

Un papier de misère

Pour aller vous repaitre

Avant dimanche soir

Messieurs les Présidents

Je n’y veux pas paraître

Je ne suis pas sur terre

Pour trahir de pauvr’ gens

C'est pas pour vous fâcher

Il faut que je vous dise

Ma décision est prise

Je m'en vais me promener

J'ai vu trahir mon père

Je vois souffrir mes frères

Et trembler mes enfants

Ma mère a tant souffert

Elle est dedans sa tombe

Et se moque de vos contes
Se moque de vos grands airs

Quand j'étais écolier

On a formé mon âme

A ne pas être un âne

Tout ça c’est du passé

Demain de bon matin

Je fermerai ma porte

Au nez de vos faces mortes

J'irai sur MON chemin

Je donnerai ma vie

Pour chercher ma pitance

Dans une autre jouvence

Et je dirai aux gens:

Refusez d'obéir

Refusez leurs affaires

N'allez pas dans leurs serres

Refusez les partis

S'il faut donner du sang
Prenez donc dans le vôtre

Plus épais que le nôtre

Messieurs les Présidents

Si vous me poursuivez

Prévenez vos gendarmes

Que je possède une arme
Appelée LIBERTE

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le Conte du Pays de Nan

Comme je l'ai déjà annoncé à quelques amis, mes projets d'écriture font leur petit bonhomme de chemin. Mon premier roman (écrit au Japon en 1985 sous le titre Nishiwaki Monogatari) vient d'être imprimé. La procédure de dépôt légal de mon ouvrage suit son cours auprès de laBibliothèque Nationale de France et sera effective dans un mois. Pourtout achat en ligne, vous pouvez utiliser le site de vente des éditionsThélès (www.theles.fr) où le livre va être référencé. Vous pouvez également m'envoyer lebon de souscription qui se trouve sur mon propre site (www.astula.info)après avoir lu l'avertissement. Je me ferai un plaisir de vous envoyer un exemplaire dédicacé à votre nom.
Je vous souhaite déjà bon voyage et bonnes découvertes au Pays de Nan !

Daniel Moline




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Un coup de tendresse...

Le français est une langue curieuse

aux citations parfois pernicieuses...

Il en est quelques unes qu'on retrouve partout!

Et c'est effroyable, elles commencent par coup!

Pourtant si l'on évoque le coup de blues

la résonnance en est plutôt douce!

Et que dire du coup de mou?

C'est juste un jour un peu flou?

Pour ce qui est du coup de jeune!

Il fait frissonner jusqu'à nos gènes...

Mais si on parle d'un coup de vieux...

On prend facilement l'air piteux!

Pour évoquer les coups du sort...

Faut trouver en nous pas mal de ressort!

Parfois surgit un coup de chance!

Il pare la vie de plus d'élégance!

Et puis soudain, juste un coup de folie!

Il donne curieusement sens à nos envies...

Moi... Je rêve d'anéantir la détresse!

Avec enfin, un grand coup de tendresse...

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Les lacs . Résonnance intime

Une rencontre avec ces lieux.

Apparente quiétude des eaux tranquilles, des lignes de rives,

du rempart des montagnes, de l'enceinte rassurante.

Mais aussi les multiples changements de lumière, de couleurs

les eaux-miroirs comme un double de la réalité

les reflets métamorphosant le paysage,

les profondeurs mystérieuses

la part invisible.

Au-delà de leur beauté,

lieux de contraste symbolique

entre l'immuable et l'éphémère.

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Déconnexion

On ne remercie pas son impeccable corps

Qui, sans fléchissements, réalise l’accord

Entre le vouloir faire et le réalisable.

On trouve naturel de le savoir fiable.

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La machine charnelle, éventuellement,

A, pour certaines causes, un dysfonctionnement.

Qui engendre aussitôt douleur et impuissance.

On ne l’endure pas sans pleurs ou impatience.

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Quand tout se passe bien, le mal est réparable

La machine reprend son rôle incomparable.

Lors on peut occulter l’effroyable pensée

Qu’elle aurait pu rester infiniment faussée.

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Après dix jours odieux, écoeurants ou amers,

J’essaie de défier, non causé par la mer,

Un mal, qui persistant, me meurtrit et m’assomme.

Je demeure épuisée, sans énergie en somme.

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10 octobre 2010

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Des dictées impromptues

Je relis mes poèmes et je les trouve beaux.

Nombreux furent écrits en des moments de grâce.

Ils en restent imprégnés et conservent la trace

D’émois certes troublants, assortis de propos.

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Que sa lumière soit douce ou éblouissante,

Sans cesse le soleil dessine artistement,

Il pastiche au fusain, incomparablement

Et peint des taches d’or, mates ou étincelantes.

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Quand l’astre semble absent mais se tient à distance,

Le ciel, souvent, devient superbe camaïeu.

D’autres fois, il s’emplit d’icebergs fabuleux,

Se métamorphosant, dans un parfait silence.

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Mon décor familier, chaque jour, me surprend.

La beauté que j’y vois m’attendrit, m’émerveille,

Saisonnière, ne revient pas vraiment pareille.

La nature détruit, reconstitue et rend.

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Sereinement seulette, en éveil, attentive,

Bien rarement déçue, quand soudain ma joie fuse,

Je chante ou fais appel à ma fidèle muse.

Lors j’entends une voix demeurée jeune et vive.

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13 octobre 2010

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Hanches et démons

Il y quelques années j'ai travaillé sur une série de peintures ou l'articulation d'une

Hanche était au centre de mes préoccupations.

acry-papier-site-1.jpg

J'avais présenté une grande pièce au salon de Lyon et Sud-Est en 2006

La voici:

Marcher dans l'eau 145x102 acry sur toile

marcher-dans-l--eau-145x102.jpg

Pourquoi cette obsession..

Prémonition à coup sur..Je ne souffrais pas à cette époque, et jamais je n'aurais pensé que la souffrance rendue dans ce grand format deviendrait une réalité 4 ans après.

Je peux comparer avec la toile les convulsions de la beauté...


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Jean le sanglotant

Jean le sanglotant est un conte de l'écrivain russe Ivan Bounine, une histoire qui m’avait consolé et soutenu au temps de ma jeunesse au temps où mon père se moquait de moi en me désignant dédaigneusement et en disant « Jean qui pleure et Jean qui rit ». Dans un petit village à peu près abandonné, au nom sinistre de "Village du péché", on peut voir dans l'église, derrière l'autel, deux plaques en métal: sous les plaques, il y a deux cercueils.. Sur l'une des deux plaques, un simple nom: celui du Prince. Sur l'autre, de nombreuses inscriptions et ces mots: Jean Riabine, Jean le Sanglotant. A la fin de sa vie, le Prince avait fait paix avec Dieu et il avait voulu que sa plaque funèbre fut nue, qu'on y mît aucune formule de louange, mais la plaque de son esclave, celui qui n'avait rien demandé jamais, il la fit orner de poèmes... Personne au village perdu ne se souvient précisément de l'histoire de ces deux hommes. On se rappelle qu'il y a un siècle, le Prince était venu au village pour y achever le cours de sa vie. Un homme petit, rabougri, dit-on... Et si bizarre! Libertin, moqueur à l'endroit des choses de la religion. Ainsi, au prêtre qui lui proposait de dire une messe, il avait répondu un jour: "Dis, dis toujours"... -Pour qui? -Pour les neiges d'antan, par exemple". Quand à Jean, l' esclave, dès l'enfance, il avait aimé les saintes Ecritures. Certes, il avait des idées bizarres: il ne voulait point se marier, priait pour avoir des visions, aurait aimé visiter le monastère du mont Athos en pèlerinage. Un jour, au cours d'une vision, il avait entendu son père lui commander de prendre femme. Ce qu'il avait fait; mais, de toute la nuit de noces, il n'embrassa sa femme, et le lendemain, il s'enfuit dans les champs se lamentant et pleurant. Cette fois, personne ne douta plus qu'il était fou et on l'enchaîna: Jean ne se calmait point, pleurait toujours, lançait au ciel des invocations et sans cesse réclamait de la joie. Le Prince venait alors le visiter; il lui disait: "De la joie? Je t'en donnerai de la joie!..." Et pendant des années, régulièrement, il faisait fouetter Jean le Sanglottant. Pourtant certaines personnes superstitieuses, visitaient le malheureux, un peu par curiosité, un peu parce qu'ils croyaient qu'il était un "homme de Dieu". Quand Jean mourut, tout le monde fut stupéfait: le Prince, celui-là même qui lui faisait donner des coups, ordonna qu'on lui fit des funérailles princières -et il demanda aussi qu'on ne bâtit, pour lui-même, lorsqu'il serait mort, que la plus modeste des tombes. Depuis qu'ils sont morts, le train s'arrête une fois par an au village isolé. Une dame en descend qui vient prier et pleurer sur la tombe de Jean le Sanglotant. Mais personne ne peut dire qui elle est... Cette courte nouvelle a été imprimée dans les "Contes et poèmes" de Bounine, 1912-1913. Bounine m’avait appris qu'on pouvait aimer les humbles.

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administrateur théâtres

Au théâtre de Poche

Devinez le titre de la pièce...

L’histoire

John, la petite trentaine, vit avec son petit ami depuis ses 20 ans. Après une rupture, il se retrouve dans une situation très inattendue : il se sent pour la première fois attiré par une femme qu’il a rencontrée sur le chemin du travail… Il sent que cette nouvelle relation pourrait se transformer en quelque chose de solide et de durable. Mais bien qu’il ait de vrais sentiments pour cette femme, John est à plusieurs égards toujours étroitement lié à son ami. Il doit maintenant faire un choix et ce choix est terriblement douloureux car il l’oblige à se définir. Cette situation le tétanise et le réduit au silence. Il doit pourtant décider de la direction que prendra sa vie. La situation est poussée à son apogée dans une scène finale, drôle et dérangeante, où John invite cette femme à manger chez son ami en présence du père de celui-ci, l’ambiance est atrocement inconfortable alors que tous attendent le verdict de John avec sur la table un rôti de bœuf qui n’en finit pas de refroidir.

NOUS Y ÉTIONS,

HIER SOIR

Voici une très, très, belle pièce d’un auteur anglais volubile et moderne qui jette un regard sans préjugés sur la sexualité masculine, et sans exhibitionnisme non plus. Tout reste dans la mesure et une certaine retenue. Bravo, le sujet aurait pu vite déraper. Au contraire, alors que le début de la pièce est un peu inquiétant, on s’attache soudain aux quatre comédiens qui mènent leurs approches avec beaucoup de pittoresque et d’honnêteté. C’est presque aussi captivant qu’un vaudeville, mais c’est bien plus.

Beaucoup de nuances, alors que les personnages semblent être un peu des archétypes. Seuls éléments du décor, les terrasses en escaliers sur lesquelles ils évoluent sont autant de points de vues différents, de rapports de forces à géométries variables… et permettent une mise à nu très respectueuse et subtile de chacun. Quatre interprétations vigoureuses, en bleu, rouge, blanc, et mélanges de vert camouflage pour John l’indécis. Il a tant de mal à se dire, il est torturé par ses incertitudes tandis que sa faiblesse tyrannise les deux amours de sa vie. Tout le monde souffre. Pour lui, le choix – c’est mourir un peu –, une douloureuse épreuve, comme pour Hamlet ou Le Cid… ou le John du Meilleur des Mondes.

Mais quelle idée de s’attarder indéfiniment sur la recherche de son identité véritable quand on peut trouver comment nous sommes, et comment on se relie aux autres ? La jeune femme divorcée pleine de tendresse pour John rêve ses rêves de vie et l’invite au voyage. Difficile de ne pas citer Baudelaire :

- Qui aimes-tu, homme énigmatique,
dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?


- Je n'ai ni père, ni mère, ni frère, ni sœur.

- Tes amis ?

- Vous vous servez là d'une parole dont le sens
m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.

John dit lui-même qu’il n’est qu’un trophée contre la solitude, le vide et l’ennui de son ami, son frère… mais il lui manque le courage et la volonté de choisir la relation où il pourra exister et être respecté. Démuni, tout entier dans la faiblesse humaine, il est victime des étiquetages pour supermarchés.

Sera-t-il maudit ? Qui ne dit mot … consent : l’adage sera-t-il vérifié ? Ou bien sa résistance silencieuse marquera-t-elle la souffrance indéfinie et muette de celui qui est dans l'absence?

Avez-vous deviné le titre de la pièce ?

Indice : http://www.poche.be/saison1011/cock/index.html

25 Septembre 2010 >> 23 Octobre 2010 Traduction Xavier Mailleux - Mise en scène Adrian Brine assisté de Xavier Mailleux - Avec Christian Crahay, Cédric Eeckhout, Grégory Praet, Erika Sainte
Du mardi au samedi à 20h30 Réservations : 02/649.17.27 - reservation@poche.be -
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Fa

Fleur

éclose d’un bouton

à cicatrices.


Dans les stigmates

la nostalgie.


Un peu, juste un peu.


Entre les lèvres

une épine d’or.


De la pointe des étamines

elle distille

l’élixir de jouvence.


« Elle a dans le cœur

un reposoir »

et fait don

d’une image détourée

de l’offertoire.

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