Seule, bien au chaud,
Par la porte-fenêtre,
J’observe les oiseaux,
Charmants petits êtres.
Dans mon grand jardin
Recouvert de neige,
Un joli serin
Semble l’âme en peine.
Le petit rouge-gorge
Cherche sa pitance,
Mais son mal de gorge
Le rend nonchalant.
Un pinson du nord
Venu de Finlande
Sautille sur le bord
Du bac aux lavandes.
Une grive litorne
À l’estomac plein
Dépasse les bornes,
Affame ses voisins.
Le pic vert rouspète
Quand il voit le geai
Faire de la trompette
Car lui, il ne sait.
Les mésanges repues
S’agrippent aux boules.
Aux branches suspendues,
Elles deviennent saoules.
Le gros bec s’applique
À casser des noix.
Le merle les lui pique,
Il est aux abois.
Les oiseaux sont là.
Mon cœur est en joie.
L’oiseau que voilà,
C’est toi qui l’envoie.
Dessous son aile brune,
Il y a un message,
Un sourire de lune,
Celui d’un grand sage.
16/12/2010
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*** BATISSEURS DE CATHEDRALES ***
Des fondations à la charpente,
Jusqu’au faîtes du clocher,
O ! Bâtisseurs de cathédrales
Combien de génération pour que naisse Notre-Dame
Vous, qui dans la pierre, avez écrit notre passé ?
Lorsque je vois le temps qui s’acharne à tout briser
Lorsque l’on vous abandonne face aux intempéries,
Quel héritage va-t-on laisser ?
Maître maçons, maîtres verriers,
Forgerons et charpentiers
Qui avez bâti cette maison de foi et d’espérance,
O ! Bâtisseurs de cathédrales
Sans avoir vu votre œuvre inachevée,
Au prix de vos entrailles.
Dieu nous pardonne de laisser ses témoins du passé
Cathédrales, églises en pierres grises,
Doucement partir vers le néant !
Toi le sculpteur, toi l’ébéniste,
Maître orfèvre, graveurs, artistes
Représentant les Saints et le Christ
Vous qui aviez prêté serment
Compagnons d’un autre temps.
A la force du poignet, sorties de vos mains
Pourquoi laisser aux mains impies
Le travail de toute une vie ?
Les murs couverts de lierre,
L’eau fait éclater la pierre,
Noircissant le visage de statues
Dans les ruines, des arbres poussent
Dans des coins obscurs s’accroche la mousse !
Le vent efface la trace de vos pas,
Qui se souvient encor, de votre foi.
Pardonnez-nous notre lâcheté !
M.de L .
Plantes sauvages
Ou mauvaises herbes pour certains,
Ces herbes folles sont pulvérisées.
Plantes médicinales
Ou herbes aux mille vertus pour d’autres,
Ces herbes folles sont cultivées.
Fleurs de toute beauté,
Cadeaux de Dame Nature pour les passionnés,
Ces herbes folles sont protégées.
Bijoux colorés,
Jeux de lumière pour les yeux attentifs,
Ces herbes folles sont photographiées.
Touches de couleurs,
Palette naturelle pour les peintres,
Ces herbes folles ornent de belles toiles.
Biodiversité,
Espèces floristiques pour les botanistes,
Ces herbes folles sont étudiées.
Les mauvaises herbes
Ou herbes folles,
Moi, je les aime :
Un peu le bouton d’or aux pétales d’or,
Beaucoup le gentil coquelicot,
Passionnément, le bleuet fluet,
Tendrement la délicate violette,
À la folie l’orchis abeille.
Par contre, la marguerite,
Celle au grand cœur,
Les gens ne l’aiment pas du tout.
Croyant en elle assurément
Comme en un bon signe du destin,
Ils lui arrachent, l’un après l’autre,
Ses pétales qui ne leur disent rien.
17/12/2010
Comment écrire en écoutant Léo ferré interprétant Baudelaire..?
ce sein au souffle serein acry sur toile 2008

Regarder par la fenêtre et laisser tomber la neige. La vouloir s'épaissir tout simplement. Choisir au presque hasard la peinture qui accompagnera ce Génépi que je déguste en attendant le sommeil.
Les documents publiés hier par M. de Lavansy sont des oeuvres de membres "de la Plume aux Rêves" du Chant d'Oiseau -
"Le couple d'amour et de Paix" acrylique est dû à Minia Gabarz-Kaufmann et la Drôle de Bête à Marco, sculpteur à Kraainem.
Merci d'en prendre bonne note . Le petit rapporteur.
C’est l’ouvrage du sociologue français Claude Lévi-Strauss publié en 1967. Ce livre constitue le deuxième volume des "Mythologiques", et la suite de "Le cru et le cuit". Alors que le premier volume traitait des mythes se rattachant au feu et à la cuisine dans le continent sud-américain comme mythes du passage de la nature à la culture, ce deuxième volume, élargissant le champ de la recherche, est axé sur les mythes se rapportant au miel et au tabac. Si le miel et le tabac relèvent toujours du domaine alimentaire, ils échappent au domaine culinaire, le miel, "élaboré par des êtres non humains, les abeilles", se situant en deçà de la cuisine, puisqu'il est comestible tel quel, et le tabac constituant un au-delà de la cuisine, puisqu'il doit se consumer entièrement pour qu'on en absorbe la fumée. Il s'agit donc de l'opposition d'une infra-cuisine à une méta-cuisine. L'auteur commence par l'étude de la mythologie du miel.
Si la collecte du miel s'entoure d'une telle richesse de rites et de mythes, c'est que le miel, aliment des périodes de disette et chargé ainsi d'une grande valeur émotionnelle, est bien plus que le miel: en lui
s'inscrit pour l'homme le risque de la disjonction totale de la culture, de l'indistinction de l'humanité et de l'animalité, comme en témoignent les variantes du mythe de la fille folle de miel, où toujours la séduction d'une fille par un animal particulièrement expert dans la collecte du miel, sème la perturbation dans le groupe social. Dans ces mythes, où les bêtes parlent ou prennent forme humaine, le miel représente la puissance séductrice de la nature, et de l' amour en dehors des règles qui président à la distribution des femmes dans la communauté. Cette puissance séductrice de la nature représente un risque de dissolution pour la société, et c'est pourquoi la collecte d'un aliment riche d'une telle charge émotive s'entoure d'une mythologie et d'un rituel dans lesquels l'analyse structurale reconnaît une progression vers la formalisation et l' abstraction par rapport aux mythes de la naissance de la cuisine, qui constituaient une logique du sensible: en effet, si les mythes de la naissance de la cuisine utilisaient des catégories sensibles comme le sec et le mouillé, le brûlé et le pourri, etc., la mythologie et le rituel se rapportant au miel ne peuvent se contenter de catégories sensibles en face de la menance de dissolution qui vient de la puissance séductrice de la nature. Les rituels entourant la collecte du miel à travers la forme des récipients, les instruments à percussion qu'elle utilise, les critères pour distinguer les arbres à miel, établit une série d'oppositions: plein-creux, sifflé-frappé, contenant-contenu, exclu-inclu, interne-externe, dépassant en pouvoir de généralisation les oppositions sensibles. Ce progrès vers la formalisation met en évidence l'impossibilité pour la pensée sauvage de trouver dans le sensible même le moyen de penser la menace de dissolution de la culture par la puissance séductrice de la nature. Le progrès de la pensée vers l' abstraction viendrait donc de la nécessité toujours présente de redessiner la frontière entre l'humanité et l' animalité en face de la séduction de la nature. La formalisation des mythes et des rites qu'opère l'analyse structurale est lisible selon trois codes: le code alimentaire, le code sociologique, le code astronomique. Ces trois codes sont convertibles et traduisibles l'un dans l'autre: en effet, si l'alimentation est le rapport le plus proche que l'homme ait avec la nature et la contemplation des astres le plus lointain, la périodicité des constellations indique la régularité des saisons et le retour de la disette pendant la saison sèche, où le groupe social est le plus menacé dans sa survie, période, précisément, où la collecte du miel prend toute son importance.
De façon symétrique et inverse, les mythes et les rites concernant le tabac indiquent le risque d'une culture coupée totalement de la nature: dans plusieurs mythes d'origine du tabac, le tabac doit être volé à une société d' amazones qui, vivant seules dans une île, ne peuvent procréer et figurent donc le risque d' extinction de l'espèce humaine. De plus, le tabac est souvent consommé à des fins rituelles, médicales, magiques ou religieuses: nourriture, il peut être aussi toxique ou émétique, devenant par là une anti-nourriture. Pouvant être stimulant ou narcotique, il est ainsi symétrique du miel, qui, dilué et fermenté, donne l' hydromel. L'analyse structurale vérifie cette symétrie à l'aide de l'étude de nombreux mythes qui, par leurs redondances, permettent de déduire une grammaire qui les rend lisibles.
Ainsi, les mythes d'origine du tabac, liés d'une part à ceux d'une société de femmes stériles, d'autre part à ceux de l'origine des pouvoirs chamaniques, toujours acquis à travers une série d'épreuves, de dangers, de deuils qui en font une véritable quête, ces mythes côtoient toujours une anti-nature qui, risquant de disjoindre la société de la nature, la frapperait de stérilité et la condamnerait à mort. Les rites et les mythes concernant le tabac visent donc à penser et éviter sur le plan symbolique cette disjonction de la société et de la nature. Ils présentent par là une homologie avec les mythes et les rites entourant la collecte du miel, qui exprimaient le danger de dissolution de la société par la nature, la même propension à dépasser les catégories sensibles par la formalisation des oppositions. Lévi-Strauss rejette du côté de la contingence de l'Histoire les limites imposées à ce progrès et qui ont interdit la naissance d'une pensée scientifique véritable. Ainsi, l' analyse structurale constitue-t-elle une méthode qui, en s'incliant devant "la puissance et l'inanité de l'événement", s'interdit l'intelligibilité de l'Histoire, mais qui n'échappe cependant pas à toute dialectique, puisqu'elle situe à l'origine des progrès de la pensée humaine la difficulté de penser à la fois l'animalité de l'espèce et la mort de l' espèce.
L'illusion conjugale AU CENTRE CULTUREL D’AUDERGHEM jusqu’au 19 décembre 2010
D'Eric Assous, mise en scène Jean-Luc Moreau, avec Isabelle Gelinas et José Paul
Après quatre répliques, la salle ronronne déjà sous les sourires et
les gloussements approbateurs. Le décor est une épure lumineuse
couleur arc-en-ciel. Trois grandes marches vers un large balcon aux
bastingages de voilier de luxe donnent sur un ciel, une mer, une
plage, une ville ? L’ensemble a la beauté du désert. Le rideau
s’est levé sur une pose de pure élégance de la femme, Isabelle
Gélinas, sise dans l’écrin d’un fauteuil design. Déshabillé
charmeur. Le mari, Jean-Luc Moreau, en complet veston contemple
l’infini.
Arrêt sur image avant que le mythe de la transparence absolue ne
démarre.Etat des lieux : Jeanne a décidé de faire avouer à son mari
le nombre de conquêtes féminines qu’il a eues au cours de leur
mariage, histoire de remettre les compteurs à Zéro. « Les
compteurs », insiste Maxime. Maxime est au faîte de la réussite
professionnelle, automobile et féminine. Piégé par les bonnes
questions posées par sa femme maîtresse de ce jeu de dames
particulier, il ira de consternations en consternations. Il avoue 12
conquêtes à son actif : que des femmes « solubles », dit- il, des
« moments suspendus ! » contre une liaison de 9 mois pour sa femme,
ce qui soudain le rend fou. Une jalousie lancinante lui fait
interpréter toutes les phrases de la délicate Jeanne à double sens.
Il est de plus en plus convaincu que Claude, son meilleur ami,
l’ex-mari d’Astrid, joueur de tennis est de la partie.
Maxime est doué d’amnésie totale pour ses propres frasques bien sûr,
et espère une amnistie sans conditions. Sauf qu’il n’a pas joué le
jeu de l’honnêteté à 100%, il est confond u dans le mensonge, et il
perd définitivement la joute affective à cause de ses demi-vérités
et grâce à la patiente adresse de sa femme, si fine, si
sensuelle, si tendrement ironique… Dans la deuxième partie de la
pièce, le personnage de Claude prend toute son envergure et confond
le monde de certitudes et de mensonges de Maxime. Jeanne , pleine
d’humour et de discrète jubilation, a un plaisir certain à
le voir se déstabiliser par le doute. Maxime, déboussolé, à
Claude : « Tu le savais, toi… ? » réponse : « Pourquoi je le
saurais ? » Sourires entendus de part et d’autre de Maxime, et dans
le parterre. Tout le monde est suspendu à une parole décisive,
qui ne vient pas.
Répliques comiques, acérées, ambiguïtés pernicieuses, mystifications
burlesques s’entrelacent avec de l’émotion profonde. Claude :
« L’amitié, c’est des devoirs, des obligations. C’est quoi cette
morale de chien ?» « Si mon meilleur ami m’avait fait le coup de
séduire ma femme, cela se serait terminé dans les faits divers! »
Pas dans la compromission. Le dénouement sibyllin laisse le
spectateur rêveur et dans un océan de nuances quant à la
transparence … et à l’illusion conjugale.
Merveilleuses interprétations de ce remarquable trio d’acteurs des
planches parisiennes : Jean-Luc MOREAU, Isabelle GELINAS et José
PAUL. Il nous a livré une prestation méticuleuse autant dans la
gestuelle que dans le verbe dont ils s’habillent avec brio.
Les rois mages passent
A la lueur des bougies
Audace du rêve
Les bas suspendus
Devant le foyer ouvert
Viens Père Noël !
Retourner chez soi
Messe de minuit finie
Une étoile brille
Parmi les déchets
Les emballages cadeaux
Déguster la bûche
Sur le carrelage
Une boule de Noël
Le chat est passé
Les boules incassables
Le sapin artificiel
Seuls les voeux sont vrais
Gui porte-bonheur
Attaché au luminaire
Voler un baiser
Œuvres
Le Réveil de l'âme – Théâtre I – Théâtre II – La Vie de la nature
Édition établie et présentée par : Paul Gorceix |
Voici enfin une édition de l'ensemble de l'œuvre de Maurice Maeterlinck. Elle est publiée à l'occasion du centenaire du prix Nobel qui lui a été décerné en 1911.
Les 4 volumes (près de 2600 pages) de ces Œuvres permettent au lecteur de découvrir le poète sous tous ses aspects : poésie, théâtre, essais, souvenirs, écrits sur la nature (abeilles, fourmis), etc
Argumentaire
"Il y a deux hommes en lui", disait Remy de Gourmont de Maeterlinck
: "le poète dramatique et l’essayiste, et tous les deux ont
renouvelé également dans la forme et dans l’essence les sujets qu’ils ont
abordés." Gourmont avait vu juste. Avec Maeterlinck, la littérature s’est
agrandie d’une dimension, celle de l’Inconnaissable, et de la manière de
l’écrire, soit de le suggérer.
Poète et dramaturge, Maeterlinck est surtout représentatif du mouvement symboliste. Mais à côté de l’œuvre du poète mystérieux, il y a aussi un Maeterlinck essayiste et observateur de la nature.
Les 4 volumes de ces Œuvres permettent au lecteur de découvrir le poète sous tous ses aspects.
C’est l’"essayiste" que le premier volume, Œuvres I. Le Réveil de l’âme révélera au lecteur. Ce volume le conduit des petits récits et de la poésie des débuts aux souvenirs du grand âge, à travers les ouvrages de réflexion, depuis La Sagesse et la Destinée (1898) jusqu’au questionnement de L’Autre Monde ou le Cadran stellaire (1942). Au miroir de
ses écrits, dont la plupart sont difficiles d’accès, l’esthétique de l’écrivain
s’éclaire, dès lors qu’elle est liée à l’interrogation permanente du penseur
sur le mystère de l’existence. Une ligne de force se dégage pourtant de ces
textes épars : l’interprétation mystique du réel vu dans l’identité absolue de
l’Esprit en nous et de la Nature en dehors de nous.
,
Notes à bâtons rompus, aphorismes, pensées, préfaces, interviews et
comptes rendus, cette disparate de textes doit être lue comme la glose de
l’œuvre dramatique, son éclairage indirect mais indispensable.
Le lecteur trouvera dans les deux tomes du Théâtre, Œuvres II. Théâtre I et Œuvres III. Théâtre II, le choix le plus complet des pièces de Maeterlinck qui ait jamais été publié – de La Princesse Maleine (1889) à La Princesse Isabelle (1935). Il ne manquera pas d’être frappé à la fois par la force révolutionnaire d’une dramaturgie fondée paradoxalement sur l’invisible, et par l’audace d’une écriture qui a libéré la scène française en renversant les conventions du théâtre psychologique et du réalisme, au nom de l’Inconnaissable.
Cette anthologie contient La Princesse Maleine, L’Intruse, Les Aveugles et Les Sept Princesses. Suivent dans un ordre chronologique Pelléas et Mélisande et les petits drames pour marionnettes : Alladine et Palomides, Intérieur et La Mort de Tintagiles. Viennent ensuite les pièces qui inaugurent le "deuxième théâtre" : Aglavaine et Sélysette, Ariane et Barbe-bleue, Sœur Béatrice et Monna Vanna. Outre L’Oiseau bleu, ont été retenues des pièces difficilement classables, telles Joyzelle, Le Miracle de saint Antoine et La Princesse Isabelle. Une place a été faite au théâtre de guerre : Le Bourgmestre de Stilmonde et Le Sel de la vie. En tout dix-huit pièces.
Chaque pièce est replacée dans le contexte de la carrière du dramaturge et dans l’histoire du théâtre. Il s’agit ici de permettre au lecteur de juger de la production théâtrale d’un auteur dont certaines pièces sont considérées comme annonciatrices de la modernité.
Ces deux volumes sont précédés d’un Essai sur le théâtre par Paul Gorceix.
Enfin, le dernier volume du coffret, La Vie de la naturemet en lumière l’aspect observateur de Maeterlinck. Il contient cinq essais, La Vie des abeilles, L’Intelligence des fleurs, La Vie des termites, La Vie des fourmis et L'Araignée de verre qui comptent parmi les travaux d'observation à la fois les plus stimulants et les plus originaux sur la vie naturelle. ,
Le succès de ces ouvrages fut immense – La Vie des abeilles dépassera les 250 000 volumes – : ils assurèrent au poète, dans le domaine des sciences naturelles, une popularité encore plus grande que celle de Jean-Henri Fabre.
Extraits de presse
Radios et télévisions
Le coffret des Œuvres de Maeterlinck sera présenté dans l'émission "Livre de bord" qui sera diffusée chaque jour de la semaine en Belgique et en France sur Liberty TV à partir du 15 décembre 2010.
Jacques De Decker a présenté le coffret Maeterlinck dans l'émission "Mille feuilles" (RTBF) diffusée le 14 décembre 2010. Le coffret a été offert en cadeau aux téléspectateurs
Un seul écrivain belge a été lauréat du Prix Nobel de littérature.
[…] Il s’appelle Maurice Maeterlinck, il a obtenu ce prix en 1911 et l’éditeur André Versaille publie enfin une édition intégrale de ses œuvres à l’occasion du centenaire de l’attribution du Prix Nobel. Cette édition permettra aux lecteurs de découvrir un écrivain protéiforme. Son œuvre de près de 2600 pages et 4 volumes sous coffret réunit de la poésie, du théâtre, des essais et des écrits sur la nature. […] C’est un luxueux coffret, le cadeau idéal pour les fêtes de fin d’année, et puis c’est aussi l’occasion de retrouver l’éditeur André Versaille. On connaît son dynamisme qui s’exprime notamment par son site Internet que je ne saurais trop vous recommander de visiter. Vous pouvez y télécharger des extraits des livres qu’il publie. C’est le cas ici aussi, vous pouvez télécharger gratuitement 56 pages extraites des 4 volumes.
(Jean Jauniaux, "Entre les lignes", Must FM, 12 décembre 2010)
Presse écrite et Internet
En cette veille des fêtes de fin d’année, l’éditeur André Versaille offre un somptueux package : quatre volumes d’œuvres de Maurice Maeterlinck (près de 2600 pages !) rassemblées dans un coffret cartonné. Cet ensemble, qui permet de découvrir le poète gantois (1862-1949) sous tous ses aspects, célèbre magnifiquement le centenaire du prix Nobel de littérature qui lui fut décerné en 1911. Et qu’aucun Belge n’a obtenu depuis.
L’édition a été établie et est présentée par celui qui fut peut-être son meilleur connaisseur, Paul Gorceix, décédé depuis.
[…] Dans un superbe essai de 2005, où il qualifie Maeterlinck d'"arpenteur de l’invisible", Gorceix soulignait combien, sous l’habit du bourgeois conservateur, il avait été un iconoclaste qui fit voler en éclats le système des valeurs traditionnelles sur lesquelles s’était fondée la grandeur de la dramaturgie issue de l’humanisme classique. Il ajoutait : "À sa manière, Maeterlinck est un rebelle, qu’il faut ranger à côté de Rimbaud, Lautréamont et Whitman". […]
Multiple, son œuvre a été répartie pour la présente édition en quatre parties : (1) Le réveil de l’âme conduit des petits récits des débuts aux souvenirs du grand âge, à travers des ouvrages de réflexion […] ; (2) Le théâtre réunit en deux tomes dix-huit pièces […] ; (3) La Vie de la nature. Sous ce titre, le quatrième volume rassemble les Vies des abeilles, des termites, des fourmis qui recueillirent en leur temps un succès considérable.
(Jacques Franck, La Libre Belgique, 13 décembre 2010)
Maurice Maeterlinck reçut le prix Nobel de littérature en 1911. Cent ans plus tard, l’éditeur belge André Versaille lui rend hommage en publiant un magnifique coffret de ses œuvres. Coffret orné de tableaux du peintre belge Fernand Khnopff.
Quatre volumes : deux tomes de théâtre (
(Le Soir, 10 décembre 2010)
Il y a cent ans Maurice Maeterlinck (1862-1949) obtenait le Prix Nobel de Littérature (1911). Cet homme de lettres, issu d'une famille bourgeoise, catholique et conservatrice de Gand, sera, jusqu'à nos jours, le seul écrivain belge à se voir décerner cette prestigieuse récompense. À cette occasion, les éditions André Versaille publient un superbe coffret comprenant quelque 2 600 pages et qui permet de découvrir tous les aspects de l'écrivain : poésie, théâtre, essais, souvenirs et écrits sur la nature; et cela dans une édition établie et présentée par le philologue français Paul Gorceix, grand spécialiste de Maeterlinck et de la littérature belge d'expression française.
Dans les deux tomes consacrés au théâtre,
(José Vanderveeren, Dépêche de l'Agence Belga, 3 décembre 2010)
Extrait
Maurice Maeterlinck a fait un chef-d’œuvre, non pas un chef-d’œuvre étiqueté chef-d’œuvre à l’avance, mais un admirable et pur et éternel chef-d’œuvre, un chef-d’œuvre qui suffit à immortaliser un nom et à faire bénir ce nom par tous les affamés du beau et du grand. Enfin, Maurice Maeterlinck nous a donné l’œuvre la plus géniale de ce temps, et la plus extraordinaire, et la plus naïve aussi, comparable – et oserai-je le dire ? – supérieure en beauté à ce qu’il y a de plus beau dans Shakespeare. Cette œuvre s’appelle
Octave Mirbeau
Maeterlinck apparaîtra alors comme un auteur romantique maniéré à l’extrême, chez lequel les scènes frisent souvent le ridicule alors qu’il est en réalité un précurseur profondément sérieux et subtil d’un théâtre à venir qui célébrera en lui son père-fondateur.
Rainer Maria Rilke
Il ne faut pas s’y tromper. Maeterlinck est un iconoclaste. Au-delà du théâtre, c’est un véritable changement de paradigme en littérature que laisse entrevoir celui auquel le romantique allemand Novalis avait soufflé la phrase admirable : C’est là où l’homme semble sur le point de finir que probablement il commence.
Maeterlinck, disait Gourmont dans Le Livre des masques, fait partie des êtres douloureux qui se meuvent dans le mystère de la nuit.
Le biologiste Jean Rostand rendit en 1965 un hommage éclatant à l'auteur de La Vie des abeilles :
Dans cette
Vie des abeilles, de genre inclassable comme le sont beaucoup de vrais chefs-d’œuvre, Maeterlinck nous communique, nous fait partager l’émotion qu’il éprouve lui-même devant ce petit univers que constitue une ruche. Émotion que provoquent en lui non seulement l’aspect visible, le spectacle fascinant et pittoresque de la frémissante cité, mais aussi tout ce qui fait la vie profonde de ses habitants, l’intimité de leurs mœurs, le secret des consignes séculaires que leur imposent les besoins de la collectivité et les nécessités de l’espèce.
Reproduction, sexualité, parthénogenèse, rivalité des reines, soins donnés aux jeunes, discipline sociale, soumission de l’individu au groupe : sur tout cela, il médite, s’interroge passionnément… Par la vertu de son génie, Maeterlinck fera entrer dans le patrimoine littéraire un peu de l’âme du naturaliste. La Princesse Maleine. Existe-t-il dans le monde vingt personnes qui la connaissent ? J’en doute. […] on ne manquera pas d'être frappé à la fois par le force révolutionnaire du dramaturge fondée paradoxalement sur l'invisible, et par l'audace d'une écriture qui a libéré la scène française et qui, avec celle de Anton Tchékhov et de Henrik Ibsen, a transformé la conception du drame, renversant, au nom de "l'Inconnaissable", les conventions du théâtre psychologique et de réalisme. Chaque pièce est replacée dans le contexte de la carrière du dramaturge et dans l'intérêt du théâtre. Il s'agit de permettre au lecteur de juger de la production théâtrale d'un auteur dont certaines pièces sont considérées comme annonciatrices de la modernité. […] La princesse Maleine, La princesse Isabelle, Aglavaine et Sélysette, Le sel de la vie, etc.), un consacré à la Vie de la nature (La vie des abeilles, L’intelligence des fleurs, La vie des fourmis…) et un au Réveil de l’âme (La sagesse et la destinée, L’autre monde ou le cadran stellaire…) Vous avez compris : une somme.
Maeterlinck, c’est le poète de l’inconnaissable, de la suggestion, du symbolisme, du mystère, de l’interprétation mystique du réel. Et en même temps l’observateur de la nature, qui est transcendée chez lui comme une émanation au-delà du réel. Dans ce coffret, il y a de quoi picorer des perles d’écriture et de pensée.
Aragon .. quel con..
Je l'aime quand il est chanté par Ferré ou Ferrat..Le poète est respectable,mais aller dire que la femme est l'avenir de l'homme, c'est trop gentil pour l'homme en question. D'abord, quel homme..? vous, moi l'homme est avec un grand H.
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La peur a toujours été l'avenir de l'homme, la peur et rien d'autre, la peur de vivre, la peur de mourir..
la peur de lui-même, la peur de la femme..
la peur de la peur..
l'être humain est un lapin plus ou moins chaud, j'allais dire cheval, cet animal à l'apparence de force et de puissance... qu'un rien affole.
Il s’agit d’un receuil de vers de Paul Verlaine publié en 1874. Renchérissant sur la manière qu'il avait inaugurée dans "La bonne chanson", l'auteur évolue hardiment vers un art beaucoup plus libre. Dépris de l'influence parnassienne, il se dépouille par surcroît de ses autres masques. Il devient cet homme véridique, soucieux de tirer toute chose de lui-même, qu'il demeurera jusqu'à sa mort -pour le plus grand bien de la poésie française. Sa voix prend un nouvel accent, riche en inflexions inouïes et mûr pour ce chant profond qui sillonne toute son oeuvre et demeure inimitable.
On sait que la matière de "Romances sans paroles" se rattache aux heures les plus noires de sa vie sentimentale: la liaison particulière avec Rimbaud, la rupture dont l'épilogue fut le fait-divers de Bruxelles, le tribunal correctionnel et les maux qui s'ensuivirent. Verlaine compose tout son livre en prison. Bien qu'il n'y chante encore que des amours profanes, il se révèle poète lyrique dans toute l'acception du terme. Le recueil comporte une vingtaine de brefs poèmes qui sont groupés de la manière suivante: "Ariettes oubliées", "Paysages belges" et "Aquarelles". Il faut y ajouter un texte de plus longue haleine, intitulé "Birds in the night" ("Vous n'avez pas eu toute patience, -Cela se comprend par malheur, de reste -Vous êtes si jeune et l' insouciance - C'est le lot amer de l'âge céleste"). La plus subtile naïveté se fait jour dans les "Ariettes": "Il pleure dans mon coeur - Comme il pleut sur la ville. - Quelle est cette langueur - Qui pénètre mon coeur?" Ou la mélodie la plus imprécise: dans l'interminable "ennui de la plaine - La neige incertaine - Luit comme le sable". Il arrive même que tout se réduise à un simple balbutiement: "O triste, triste était mon âme - A cause, à cause d'une femme". Dans "Aquarelles", on trouve l'incomparable élégie intitulée "Green", laquelle passe à juste titre pour un des morceaux les plus achevés de la poésie universelle: "Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches - Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous. - Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches - Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux". (Yves-Gérard Le Dantec observe que ce poème rend exactement le même timbre que les "Roses de Saadi" de Marceline Desbordes-Valmore: "J'ai voulu ce matin te rapporter des roses..."). On sait que le recueil de Verlaine passa d'abord inaperçu. Il n'obtint un certain succès que douze ans plus tard, lors de sa réimpression, en 1887. Aujourd'hui, certes, la plupart de ces poèmes vivent dans la mémoire des hommes. On le conçoit: pareille musique prévaut sur bien des sortilèges. Thibaudet, d'ailleurs, y voyait "le point le plus haut de la fusée verlainienne".
Un spectacle de la Compagnie des Chercheuses d'Or : MON CHAT S’APPELLE ODILON.
Natacha a perdu son chat ! « Partagée entre l’amour qu’elle éprouve pour son nouvel amant et celui qu’elle éprouve depuis peu pour un jeune chat, devenu envahissant, Natacha se retrouve embarquée dans une succession frénétique de rencontres avec des personnages hauts en couleurs.
Comédie et drame sont ici habilement entrelacés et servis par une interprétation remarquable, entre humour et émotion. »
Extrait : Mais avec Odilon blotti sur mes genoux…
Au début, il était encore un peu timide.
Très vite il a couru partout, nous avons fait mille folies.
Jusqu'à ce que la fatigue, paf ! nous terrasse d'un coup.
Alors, je me suis étendue sur le lit et là, j'ai vraiment craqué : en ronronnant, Odilon est venu se poser délicatement sur mon cou et n'a plus bougé.
Tout chaud, tout doux, tout mimi !
Je n'ai plus bougé non plus…
C'est Barnabé qui nous a réveillés en rentrant.
— Qu'est-ce que c'est que ça ?
— C'est Odilon.
— Manquait plus que ça, il a dit.
— Il est si craquant, j'ai dit.
Barnabé n'a plus rien dit.
Barnabé, il ne parlait jamais beaucoup…
Texte de Paul Emond. Avec Marie-Astrid Legrand. Mise en scène de Suzanne Emond.
Venez nombreux ! Du 14 au 30 décembre à la Samaritaine à 20h30. ( 02 511 33 95)
Plus d'infos : lasamaritaine.be/saison2009-2010/index.html#bv000014
Mouvements scéniques imaginatifs, présence juvénile, sourire de jeune
féline craquant d’innocence, aucun maquillage, des cheveux attachés
n’importe comment, comme si on débarquait dans son appartement un
jour où elle assemble un maître-achat de chez Ikéa: c’est la jeune
comédienne Marie-Astrid Legrand. Avec la fraîcheur d’une étudiante,
elle va nous transporter dans sa vie intérieure et ses tribulations
amoureuses entre son magnifique chat mâle d’1 mètre 07 cm et son
amant, ledit Barnabé, amant fixe pour une fois, mais souvent
hypocrite, égoïste, infidèle, macho et aviné. On la suit avec une
émotion intense, de déchirement en déchirements, passés et présents.
Le pire est à venir : le partage du chat. C'est moi qui ai crié
'NOoooon!' quand vous écarteliez le chat avec Barnabé hier soir. Je
l'ai "vu" se casser en deux. Votre jeu est superbe. J'ai été prise
par l'imaginaire avec une force incroyable! Ce « non! » venait du
fond de mes entrailles! Que dire… quand on se bat pour un enfant de
couple de divorcés! Cette pièce est d’une sensibilité remarquable,
écrite par un homme, qui pénètre les félinités et les féminités
avec une perception très vive… et qui sait prendre ses distances
par rapport à tous les Barnabés du monde. La comédienne projette
les nombreux personnages de ses mésaventures avec une vérité et
une variété des tons, détonante! Courrez voir ce bijou de spectacle!
Tout sonne juste !
Lorsque Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) commence les "Rêveries", il sait qu'il n'en a plus pour longtemps à vivre; il sait qu'il n'a plus rien à attendre des hommes, avec qui il ne veut même plus avoir de rapport. Depuis 1770, après son séjour en Angleterre qui a si mal tourné, Rousseau vit à Paris dans son quatrième étage de la rue Plâtrière. Il vient de terminer ses "Confessions", mais il leur donne un complément: les "Dialogues" ("Rousseau juge Jean-Jacques"), plaidoyer frénétique où, pour la dernière fois, il se défend contre l'immense conspiration qui le cerne, conspiration ourdie par Diderot, Grimm et Hume, mais dont tout le genre humain est complice. Les "Dialogues" sont de géniales divagations où, avec une logique implacable, s'étale la folie de Rousseau. En ce sens, elles sont un document plus riche, plus original, en tous cas plus curieux encore que ses "Confessions". Ces années, dans la vie de Rousseau, sont des années de folie: tous ceux qui l'approchent lui sont suspects, il n'est en sécurité nulle part, pas même dans la rue où il s'imagine que tous les passants le reconnaissent, se moquent de lui et lui veulent du mal. Cependant, au printemps 1776, son état mental s'améliore: maintenant qu'il s'est soulagé dans ses "Confessions" et dans ses "Dialogues", qu'il a livré à la postérité (les deux oeuvres ne seront éditées qu'après sa mort) sa justification, il sent qu'il a accompli sa tâche. Il décide de ne plus se défendre, d'oublier dans la mesure du possible ses ennemis et de jouir dans le calme des dernières années qui lui restent à vivre. Ce détachement lui assure une stabilité et une quiétude qu'il n'avait plus connues depuis longtemps. Il fait chaque jour de longues promenades à pied qui le conduisent dans la campagne autour de Paris; il revient à ses paisibles occupations et herborise en marchant. Rousseau attend la mort avec sérénité; pour se préparer à rendre ses comptes à Dieu, il s'examine; avec détachement, il revit les heures les plus heureuses de son passé. C'est ainsi qu'il se trouve amené à reprendre la plume, probablement dès le printemps 1776. Cette oeuvre l'occupera jusqu'à sa mort. Il semble en effet qu'on puisse dater approximativement les quatre premières "Promenades" d'une période qui va du printemps 1776 au printemps 1777; les quatre suivantes seraient de 1777; enfin les neuvièmes et dixième "Promenades" auraient été écrites entre janvier et le 12 avril 1778. Lorsqu'il quitta Paris pour Ermenonville (20 mai 1778), où il se décidait enfin à accepter l'hospitalité du marquis de Girardin, Rousseau emportait avec lui le manuscrit inachevé des "Rêveries". Il ne devait pas les terminer. Il mourut subitement le 2 juillet suivant. A sa mort, sa femme remit le manuscrit à Moultou, ami de l'écrivain, qui le publia en 1782, à la suite de la première partie des "Confessions".
Les dix "Promenades" qui composent les "Rêveries" ont été écrites au jour le jour, sans ordre préétabli, au hasard des rencontres, des méditations, des souvenirs. La première "Promenade" expose la situation présente de Rousseau: "Me voici donc seul sur la terre n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même. Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit par un accord unanime". Ainsi ses hantises ne se sont pas dissipées; maintenant seulement il s'y résigne. Rousseau définit ensuite ce que seront ses "Rêveries": "Ces feuilles ne seront proprement qu'un informe journal de mes rêveries...; elles peuvent être regardées comme un appendice de mes "Confessions"; mais je ne leur en donne plus le titre, ne sentant plus rien à dire qui puisse le mériter." Rousseau sent que ses forces physiques et mentales déclinent et l'abandonnent peu à peu; son imagination devient moins vive: "Il y a plus de réminescences que de création dans ce qu'elle produit désormais". Sa faiblesse physique fait dégénérer en accident grave une simple chute: il a été renversé par un chien danois à Ménil-Montant. Son retour, sanglant, chez lui provoque les cris et l'effroi de sa femme. Son retour à la vie, après un évanouissement prolongé, lui semble délicieux: "Tout entier au moment présent, je ne me souvenais de rien,; je n'avais nulle notion distincte de mon individu, pas la moindre idée de ce qui venait de m'arriver; je ne savais ni qui j'étais, ni où j'étais; je ne sentais ni mal, ni crainte, ni inquiétude." Il reçoit plusieurs visites d'une dame, à la suite desquelles le bruit de sa mort est répandu par ses ennemis. On veut ouvrir une souscription pour l'impression de ses manuscrits (Deuxième "Promenade"). Un vieillard doit apprendre à mourir, mais il faut qu'il ait, pendant sa vie, établi solidement ses principes d'action. C'est ce que lui-même a voulu faire, surtout à partir de sa quarantième année, époque qu'il s'était fixée "comme le terme de ses efforts pour parvenir". Le principal résultat extérieur de cette réforme morale et religieuse fut de provoquer l'hostilité universelle et les attaques de ses ennemis qui se révélèrent alors. A l'évocation de la persécution qu'il a subie, Rousseau ne peut retenir son amertume. Il n'en a pas moins persévéré dans son attitude, et c'est ce qu'on ne lui a pas pardonné. Aussi, maintenant, ne lui reste-t-il plus qu'à "consacrer le reste de sa vieillesse à la patience, à la douceur, à la résignation, à l'intégrité, à la justice impartiale" (Troisième "Promenade"). Poursuivant cet examen de sa conduite, Rousseau proclame sa haine du mensonge; il se rappelle avec honte un mensonge qu'il a fait dans sa jeunesse, en accusant une cuisinière du vol d'un ruban dont il était le seul coupable. Il reconnaît qu'il y a même dans les "Confessions" quelques mensonges, mais ils sont involontaires: "J'avais mon intérêt à tout dire et j'ai tout dit". Dans sa vie, il s'est toujours efforcé d'être véridique et il a plus souvent gardé le silence sur le bien qu'il a fait que sur le mal (Quatrième "Promenade"). La Cinquième "Promenade" est à juste tire la plus célèbre. Rousseau y évoque un des moments les plus heureux de son existence, son séjour à l'île de Saint-Pierre, située au milieu du lac de Bienne, pès du lac de Neuchâtel, en Suisse. Là, il put se livrer pendant quelques mois à son goût de la méditation au milieu de la nature, à sa passion pour la botanique: ce fut comme une trêve dans sa vie, qu'il se rappelle avec émotion. C'est de loin la plus caractéristique des "Promenades"; Rousseau fait de la rêverie, telle qu'il la comprend, une analyse subtile: l' âme, dégagée du passé, indifférente à l'avenir, toute occupée du présent, goûte le vrai bonheur. Il trouve, pour évoquer la seule consalation efficace, des accents magnifiques qui allient la simplicité et le dépouillement à l'émotion la plus sincère et la plus communicable. Reprenant ses promenades dans les environs de Paris, Rousseau ve herboriser à Gentilly. Il y rencontre un petit mendiant, auquel il a toujours donné de bon coeur son aumône; maintenant il s'est presque créé une obligation vis-à-vis de cet enfant et elle lui pèse, d'autant plus que le petit, ayant appris qui il est, l'appelle de son nom. Rousseau, découvert, fait désormais un détour pour ne plus rencontrer le jeune garçon. Il en tire la conclusion que, porté par sa nature à bien traiter ses semblables, il en est détourné aussitôt qu'il paraît y être obligé. Il ne peut admettre de contrainte dans ce domaine. Voilà qui explique ses tristes relations avec la société de son temps. C'est bien la preuve qu'il n'est pas fait pour la vie sociale (Sixième "Promenade"). La septième promenade est un éloge et un hymne de reconnaissance à la botanique. Rousseau s'étend sur les plaisirs qu'elle lui a procurés. Grâce à eux, il a eu de nouvelles occasions d'adorer la nature et d'oublier les persécutions des hommes. Cette promenade annonce particulièrement les oeuvres du disciple de Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre. La huitième "Promenade" est une nouvelle méditation sur ses misères d'autrefois et le calme de sa vie présente. Bien qu'elle ait été déplorable, Rousseau ne changerait pas sa destinée contre celle du plus fortuné des mortels. Et cependant, alors même que le monde le fêtait, il n'était pas vraiment heureux. Puis a éclaté le complot universel contre lui. Il a d'abord essayé de se défendre. Il n'a pu retrouver le repos qu'en se résignant et en étouffant les derniers sursauts de son amour-propre. Il est maintenant récompensé de sa patience, puisque, même si, au contact des hommes, il éprouve encore quelques mouvements d'humeur, la solitude lui apporte désormais l'apaisement. Avec la neuvième "Promenade", Rousseau revient sur une question pénible dont il a déjà parlé dans ses "Confessions": l'abandon de ses enfants qu'il a mis, malgré lui, aux Enfants-Trouvés. Ses ennemis en ont profité pour faire de lui un père dénaturé et pour l'accuser d'haïr les enfants. Cependant, il éprouve beaucoup de tendresse pour l' enfance et a toujours énormément de plaisir à voir et à observer la jeunesse. S'il a dû se séparer de ses enfants, c'est qu'il se savait incapable de les élever. "Plus indifférent sur ce qu'ils deviendraient et hors d'état de les élever moi-même, il aurait fallu, dans ma situation, les laisser élever par leur mère qui les aurait gâtés, et par sa famille, qui en aurait fait des monstres. Je frémis encore d'y penser". Après une nouvelle évocation de ses marches dans la campagne proche de Paris, en particulier à Clignancourt et à la muette, il se souvient d'une fête champêtre chez Madame d'Epinay. Enfin, il s'étend sur sa rencontre avec un vieil invalide qui, ignorant qui il est, le traite comme un être humain. La dixième "Promenade" ne comprend que deux pages; sa rédaction a été interrompue par la mort de l'auteur. C'est un dernier hommage ému à Madame de Warens, à l'occasion du cinquantième anniversaire de leur première rencontre.
Le charme des "Rêveries" vient principalement de ce qu'on y trouve Rousseau à l'état pur. Sans doute, ses hantises ne l'ont pas encore tout à fait abandonné, mais il est maintenant capable d'en parler avec un peu plus de détachement et d'abandon. Et c'est un nouveau visage de lui qu'il nous donne, épuré et comme définitif. Ici, nous le retrouvons avec son ingénuitité naïve, sa sincérité indubitable, son intelligence qui n'est plus troublée par les polémiques et la passion. Surtout, les "Rêveries" nous dévoilent ses rapports si apaisants avec la nature. La perfection des végétaux satisfait les exigences du savant et elle prouve au croyant que l'Etre éternel ne cesse de veiller sur ce monde qu'il a créé et qu'il continue inlassablement d'embellir. Pour Rousseau, la nature est une personne avec qui il s'entretient, auprès de qui il rêve; aussi se soucie-t-il moins de la décrire que d'évoquer l'état qu'elle détermine en lui, que de reproduire les contemplations, les méditations et les rêveries qu'elle lui suggère. Ce sont ces contacts avec elle qui lui imposent ce style d'une très grande simplicité, d'un caractère très musical, dicté uniquement par le sentiment qui fait tout le prix des "Rêveries". L'éloquence de Rousseau, encore un peu laborieuse dans les premières oeuvres, déjà assouplie dans "La nouvelle Héloïse" et dans les "Confessions", s'adoucit en un véritable chant intérieur. On n'en finirait pas d'énumérer les oeuvres où l'influence du Rousseau des "Rêveries" fut déterminante. C'est elle qu'on retrouve chez son disciple le plus direct, Bernadin de Saint-Pierre; c'est elle qui détermine (ainsi que les "Souffrances du jeune Werther" de Goethe) Chateaubriand à écrire "René". Tous les poètes romantiques français subirent plus ou moins l'influence de ce modèle, depuis les "Méditations poétiques" de Lamartine et certaines pièces des "Odes et ballades" ou des "Feuilles d'automne" de Victor Hugo jusqu'aux visions panthéistiques de Leconte de Lisle. L'influence des "Rêveries" ne fut pas la moindre sur les prosateurs du XIXe siècle: on peut dire que partout où l'on trouve une évocation fraîche, vivante et sentimentale de la nature, aussi bien chez Michelet que chez George Sand, par exemple, on peut reconnaître la marque de Rousseau. Plus près de nous, il n'est pas douteux que Rousseau a été le précurseur des "populistes", qu'ils soient poètes comme François Coppée, ou prosateurs comme Charles-Louis Philippe. De toutes les oeuvres de Rousseau, c'est celle qui est la plus proche de nous, celle qui semble bien demeurer comme le véritable chef-d'oeuvre de l'auteur.
Ibéria au cou des longues espagnoles aux yeux bordés de nuit où percent en silence , la nostalgie et la sourde colère et puis aussi parfois, comme des frissons sur l'eau trouble du miroir, ces éclats fatalement incertains venus d'ailleurs étranges et tellement humains.
« La Religieuse » est un roman de Diderot (1713-1784), écrit en 1760 et publié en 1796. Cette satire, pleine de mouvement, des moeurs dans un couvent de femmes au XVIIIe siècle est une chaleureuse apologie de la liberté individuelle. Comme "Le neveu de Rameau", ce roman procède à la foi du réel et de l'imaginaire, ayant pour origine les mésaventures de certaine demoiselle Suzanne Delamare, ou Saulier, ou encore Simonin, qui, en 1758, avait accusé sa mère de l'avoir enfermée de force à l'abbaye de Longchamp, puis au couvent Sainte-Marie de la rue du Bac, et une amusante mystification ourdie par Diderot, Grimm et quelques autres compères, au détriment d'un de leurs amis, le marquis de Croismare, homme sensible qui s'était fort intéressé au sort de la jeune fille, sans parvenir à lui faire gagner son procès. Trois ans plus tard, le marquis, se trouvant dans ses terres de Normandie, se laisse aisément persuader que Suzanne, transférée dans un autre couvent, a réussi à s'échapper. Ces lettres, soi-disant signées par l'ex-religieuse, émeuvent à ce point leur destinataire, qu'il invite Suzanne à venir à Caen où il lui trouvera un emploi honorable. La plaisanterie dura longtemps, jusqu'au jour où Diderot se décida enfin à faire mourir l'héroïne. Mais l'écrivain ne s'en tint pas là. En marge de cette correspondance, il avait entrepris un récit des malheurs de la religieuse, qu'il ne devait terminer que plus tard. Telle est l'origine de cet ouvrage, la contrepartie, disait Diderot, de "Jacques le fataliste", et qu'il estimait de ses meilleurs. Il y mit toute sa conviction: "Un jour, rapporte Grimm, qu'il était tout entier à ce travail, M. D'Alainville le trouva en larmes, disant: Je me désole d'un conte que je me suis fait". Rien de plus sublimement malicieux que ce "conte", où sont croyonnéses sur le vif des figures de moniales et de confesseurs, notamment la tendre abbesse de Longchamps dont le dessein "n'était pas de séduire, mais certainement c'est ce qu'elle faisait", la Mère Sainte-Christine, méchante et férue de théologie, qui inflige à la jeune Suzanne un vrai martyre, la faisant flotter "entre la résignation et de désespoir", et surtout l'inoubliable supérieure de Saint-Eutrope, si prompte à déshabiller ses filles, à les baiser sur la bouche, et qui éprouve pour Suzanne le "goüt" le plus vif "Elle baissa les yeux, rougit et soupira; en vérité, c'était comme un amant". Le caractère, surtout de Soeur Marie-Suzanne, religieuse malgré elle, approfondi dans son humanité charmante où la candeur fait si bon ménage avec la coquetterie ("Il y avait bien quelque chose de vrai dans ses louanges, dit-elle à propos de la supérieure de Saint-Eutrope, j'en rabattrais beaucoup, mais non pas tout"). Et de conclure avec gentillesse: "Je suis une femme peut-être un peu coquette; que sais-je? mais c'est naturellement et sans artifice". Soeur Suzanne en fin de compte, suivant les conseils d'un Bénédictin, son confesseur, qui, lui aussi, est entré en religion malgré lui, recouvre la liberté, rompant ainsi des voeux qui, selon l'idée très chère à Diderot, "heurtent la pente générale de la nature".
Après trente années de peinture, je réalise que je suis un maniacopsycho... dépressif à tendance skizo de pente raide..
Je m'explique:
et merde..
Ma dernière peinture le fera mieux que tous les discours.
Flo sa jupe blanche immaculée 100x80 acry et marouflage sur toile

La voici, je l'aime comme j'aime ce qu'elle évoque pour moi.. Le monde immaculé de la neige
Je ne suis pas cet ami Pierrot, ce personnage lunaire et je ne vous vois pas en Colombine, Mademoiselle.
Je n’ai pas la candeur de Pierrot, ni vous l’indécence de Colombine. J’aimerais avoir parfois le machiavélisme d’Arlequin pour que ces belles se laissent séduire.
Vous connaissez sûrement cette légende ?
Ce Pierrot, ce personnage couleur farine, était boulanger et Colombine blanchisseuse, des gens simples. Lui, malheureusement travaillait la nuit et elle, le jour. Elle se lassait de cette vie, de ne voir que rarement cette homme lui déclarant son amour ; car il était amoureux ce petit homme de la nuit. Un beau jour, arriva un théâtre ambulant avec Arlequin, paré de couleur vive. Beau parleur, aux mille et une facettes ; d’ailleurs pour évoquer ce personnage virevoltant, on lui fit porter un masque. Comment deviner ainsi qui il était vraiment. Il conta fleurette à Colombine et profita de son désespoir pour l’enjôler. Pour la séduire, tous les moyens furent bons, il repeint même la boulangerie. Il vanta, la belle Colombine, prit un moment domicile chez elle, profitant ainsi de son travail. Il s’ennuyait le bougre, toujours disposé à faire le pitre, à faire rire, à vivre libre. Il se mit à convaincre Colombine de vendre sa blanchisserie et de le suivre sur les routes. Le pacte fut fat, le pactole vite épuisé et la belle vie devint difficile, Colombine ne mangeait pas toujours à sa faim. L’hiver, ce fut pire !
Pierrot apprit la chose et lui écrit, la suppliant de revenir. Elle arriva la nuit et trouva la boulangerie illuminée. Etait-ce de l’hypocrisie mais elle dit même qu’elle était belle, chaleureuse. Pierrot fit des brioches à l’effigie de Colombine, elles se vendirent… Comme des petits pains. Il put même prendre du personnel et ainsi passer plus de temps avec sa bien aimée. Arlequin revint, il avait froid, faim, lui aussi avait appris la bonne fortune de Pierrot et de Colombine. Mais la belle était bien près de son amoureux, bien au chaud, câlinée et l’ignora. Bon cœur, Pierrot fabriqua alors une immense brioche à l’effigie de Colombine et l’offrit à Arlequin. Le fourbe ne la tint pas comme une relique, cette réplique de celle qu’il disait aimer, il l‘emporta et la m…
Mais au fait, pourquoi je vous conte cela, Mademoiselle ?
Ah, oui, j’aime ces Colombines qu’il m’arrive de séduire et devant leurs charmes, je préfère jouer Arlequin que Pierrot !
A la différence qu’une fois séduite, Arlequin disparaît et je deviens pire que Pierrot !