Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Toutes les publications (16060)

Trier par

12272714063?profile=original 

« Belluaires et porchers » est un recueil de critiques littéraires de Léon Bloy (1846-1917), publiées à Paris dans divers journaux et revues (le Figaro, la Plume, Gil Blas, le Chat noir, etc.) entre 1884 et 1894, et en volume chez Stock en 1905.

 

Le génie propre de Léon Bloy était celui de la polémique; s'il a abordé les genres littéraires les plus variés, il n'est pas exagéré de soutenir qu'en tous il a fait passer son tempérament de polémiste violent et drôle. C'est spécialement vrai de la critique littéraire à laquelle il s'est consacré entre 1880 et 1895. L'essentiel de ses critiques a été réuni en deux volumes, les Propos d'un entrepreneur de démolitions (1883) et Belluaires et Porchers.

 

Les belluaires, rappelle l'Introduction, sont "faits pour dompter les monstres", les porchers "pour pâturer les bestiaux". Il ne s'agit donc plus ici, en principe, d'une pure et simple "entreprise de démolitions"; il y a des artistes courageux à sauver. Mais force est de reconnaître que dans la majorité des cas il s'agit d'éreintements féroces.

Le recueil comporte vingt-quatre chapitres, une Introduction et un Épilogue. Au centre ou presque, le chapitre 11, de beaucoup le plus long, reprend une plaquette publiée en 1889, Un brelan d'excommuniés, consacrée à trois admirations de Bloy: Barbey d'Aurevilly, Ernest Hello et Verlaine. La plupart des autres textes attaquent, non sans drôlerie, les gloires littéraires contemporaines: Goncourt, Paul Bourget, Barrès ou le critique Francisque Sarcey.

 

Y a-t-il une méthode critique de Léon Bloy? Il serait exagéré de l'avancer: lui-même d'ailleurs se défendait de vouloir être un critique. Son objet, beaucoup plus que les livres, est l'universelle médiocrité des hommes de lettres: leurs petites ambitions, leurs petites recettes. Toute la littérature contemporaine, à très peu d'exceptions près, lui paraît traduire une démission face aux exigences de l'écriture, et même à celles de la dignité humaine. Le reproche et la colère de Bloy sont donc beaucoup plus métaphysiques qu'esthétiques.

 

Ainsi s'explique la violence de cette "critique", le comique extraordinaire, les élans de haine incontrôlée contre d'anciens amis, comme Paul Bourget ("l'eunuque") et Joséphin Péladan ("Éloi ou le Fils des anges"), ou envers de grands artistes poursuivis d'invraisemblables sarcasmes: Flaubert, dont la Tentation de saint Antoine se nourrit de "la cavalerie danubienne des dictionnaires" ou Edmond de Goncourt, le malheureux vieux Goncourt, inlassablement insulté, "le vieux dindon", "l'idole des mouches"... Car tous réduisent la littérature à de belles phrases harmonieuses, et oublient le mystère dont les mots sont la manifestation.

 

A négliger cette dimension de la critique bloyenne, à n'y chercher que la verve et les couleurs d'un style toujours inventif, on serait choqué par bien de ses aspects aujourd'hui intolérables (mais répandus dans la presse de la fin du siècle): attaques ad hominem impitoyables, insinuations et ragots sur la vie privée... Tout cela est conforme aux journaux qui publiaient ces articles (Gil Blas ou le Chat noir), conforme aussi au génie douloureux de Bloy: là se trouve la source de quelques beaux articles lautadeurs sur son ami Ernest Hello ou du premier texte jamais consacré à Lautréamont, texte ébloui, enthousiaste, soigneusement placé en tête du volume.

Lire la suite...

journal de bord, samedi 22 janvier 2011

 Un oiseau royal (est-ce un aigle ?) picore sur les hauteurs d'un rocher (ou d'une montagne). Et ... lorsque le terrain d'en d'ssous est complèt'ment plat, il s'agit, si mes souv'nirs sont bons, d'une seconde qui passe dans l'éternité.

 

Image, image, vision, vision.

 

Et les forêts d'Ardenne qui sont longues, longues, longues ... surtout quand un petit Jean, très déluré, file dans un château, que tout l'monde lui déconseille, sans se décourager. Et même, pire : il appelle l'écho, sur place, quand il s'ennuie.

 

Image, image, vision, vision. Ah ! Je connais la région mentionnée, pour y avoir habité quelques années.

 

Un pays où les filles sont tenues d'accoucher dès l'âge de quinze ans. Et ... gare à celle qui n'obéit pas à la règle.

 

Image, image, vision, vision. Plausibilté, quelque part ?

 

Un espace de carré, une espèce de terrain, dans lequel on marche, et duquel il est interdit de s'échapper.

 

Encore, encore ...

 

Un tsar, en Russie, qui met au défi un "moujik" ... qui finit par lui balancer une trempe ... du vent mêlé à un air d'accordéon ... un mendiant, à Bagdad, qui se sent, qui se sait plus haut que Dieu ... des squelettes qui sourient ...

 

ET ...

 

"Pour un oui, pour un nom, sans oui ni non ..."

Sa femme le trompe.

"Chérie, moi qui t'aime tant, pourquoi me trompes-tu ?"

"L'homme que j'aime est un assassin"

"Alors, il la serra, la serra ..."

On raconte, on raconte ... qu'elle ne le trompa plus jamais.

 

Voici, dans l'désordre, des images capturées sur le vif, lors de la dernière soirée contes, où j'ai assisté, hier.

 

Vu le monde qui affluait, ça s'est passé dans une autre salle (un peu plus grande), au bout de l'estaminet.

 

C'est pas tout.

 

"J'attends qu'il dégage !"

 

Disait un conteur, au début de sa prestation.

 

"J'attends qu'il dégage !"

 

Disait un conteur, au début de sa prestation, en prenant à témoin un gars qui était derrière lui.

 

"J'attends qu'il dégage !"

 

Disait un conteur (au moins deux fois), au début de sa prestation, en prenant à témoin un gars qui était derrière lui. Le public, pris à parti, en riait, bien sûr.

 

Quant au gars, qui était derrière lui, qui était sensé dégager ...

 

C'était moi. J'avais eu mon temps de passage juste avant lui. Très rapid'ment, dans la dynamique de la soirée, il m'avait suivi. Et ... il me falllait le temps, vous l'aurez compris, de remettre ma guitare dans la housse. Donc, derrière le conteur, j'effectuais mes derniers rang'ments.

 

"J'attends qu'il dégage !"

 

D'accord, ça valait le gag. La situation le montrait. Mais n'empêche que ... je n'aime pas beaucoup ça. Même en supposant, en me doutant que c'était pour le gag, je ne trouve pas le procédé heureux. Tel est mon ressenti. Je dirais même plus : je le trouve de mauvais goût. Et s'il me faisait bien comprendre, le gaillard, sous le couvert de l'attitude de scène, que j'ai réell'ment intérêt à dégager !

 

Tiens ... et si mon témoignage dev'nait un conte ...

 

A un moment donné, quand j'étais assis, que j'assistais aux spectacles ...

 

"Hugues, tu veux bien aller prévenir à côté qu'on entend de la musique ?"

 

Je me trouvais, du début à la fin du passage des conteurs (je suis aussi intervenu, à un moment donné, en tant que chanteur), juste à côté de la porte d'accès à la salle, où la soirée avait lieu. Oui,de la musique nous parvenait, et c'était gênant pour tout l'monde. J'étais encore ... claqué (résultat d'une longue journée). Franch'ment, l'idée de me mettre debout, c'était trop. Franch'ment, l'idée de risquer de demander à un serveur de diminiuer la musique, ça me paraissait le bout du monde. Final'ment, devant l'insistance de l'un ou de l'autre, je me suis quand même appliqué ... avec succès.

 

En fin de soirée, je me suis installé à l'une ou l'autre table, afin de profiter encore un peu de l'instant présent. Mais mon état de fatigue ne s'améliorait pas. Mieux (ou pire) : il m'envoyait des signes ("Hugues, il te faut rentrer, maint'nant, demain soir, tu chantes ailleurs, tu comptes arriver déjà sur place dans l'après-midi" ...). J'hésitais un peu. J'attendais (une fois de plus) un miracle (qui s'est "miraculeus'ment" produit ... quand j'ai pris la résolution de sortir).

 

Je le répète ...

 

Je porte un intérêt aussi réel pour les conteurs que pour les chanteurs. Sans quoi ... je ne m'attarderais pas avec eux. Tout en percevant une différence entre les deux.

Bien sûr, la discipline varie dans les deux cas. Mais l'état d'esprit aussi.

 

J'ai toujours l'impression, la conviction que les chanteurs (surtout s'ils écrivent leur texte) font avant tout, quand ils s'expriment en public, passer leurs émotions, leur vécu, leur coeur, leur âme.

J'aurais le même ressenti pour les peintres, les sculpteurs, les compositeurs de musique. Les photographes, souvent (mais pas systématiqu'ment).

 

J'ai toujours l'impression que les conteurs (tout comme les humoristes) font surtout passer une technique, une manière de construire quelque chose. C'est sans doute la discipline qui veut ça. On bâtit une histoire sur un thème, on dose les effets, on suit une progression, pour arriver une chute. On y met le langage approprié, le ton approprié, les respirations appropriées (entre deux phrases), le temps, parfois, de laisser le public rire de l'allusion. J'admire le travail. Mais ... je ne pressens pas forcément l'âme, le coeur, l'authenticité de la personne qui s'exprime. Et je me sens souvent, à cause de ça, en tant que spectateur (ou en tant que personne, tout court), en manque, en attente de quelque chose (j'en suis même frustré, malheureux).

 

Et, lorsque je me retrouve à table avec pas mal de conteurs (ou de conteuses), après la soirée. J'entends volontiers "oui, j'ai suivi un stage avec untel ou une telle, il est bien", suivi de "y a un stage pendant les vacances, untel il paraît qu'il est bien, mais c'est cher". Ok, OK. Mais ... là, encore, je me sens en décalage. J'entends des propos pratiques, pragmatiques. Qui me serviront p'têt le jour où je décid'rai d'entamer une formation de conteur (j'y pense, parfois).

 

 Mais ... j'ai du mal. Surtout, avons-le, quand les conteurs, les conteuses, entre eux, parlent à la même table que moi, sans m'accorder un regard, un sourire. Ego bafoué ? Disons que ... je ne demande pas à être le centre du monde, non (quand je passe en public, j'ai droit à ma note de succès). Mais de là, à se sentir transparent, c'est pas toujours évident à vivre. J'aime trop les rapports de tendresse, les rapports de fraternité, les confidences humaines d'homme à homme, les prises dans les bras, les mains posées spontanément sur une épaule ...

 

Conteurs, conteuses ... et si je vous donnais de la matière par mes propos ...

  

163733_1744642172134_1121130557_1957400_1808935_n.jpg
mais ... je retournerai à la prochaine séance, prévue le 18 février, si je ne m'abuse

 

 

168180_1744642612145_1121130557_1957401_1253851_n.jpg
la charmante THérèse, coiffée déjà d'un chapeau, n'a pas hésité à repasser avec ... le chapeau, pour le plus grand bonheur des artistes

 

 

167022_1744643332163_1121130557_1957404_4251901_n.jpg

 

 

 

 

Lire la suite...

La Nuit, le Poète et Moi.

 

 

La Nuit, le Poète et Moi,

 

 La nuit s’étend, calme et silencieuse,

Seulement troublée du scintillement

D’une myriade d’étoiles, joyeuses,

De montrer l’infini du firmament. 

 

La nuit enrobe, paisible, secrète,

La ville tapie sous ses couvertures

De brumes, elle respire et rêve, muette

Elle répare, du jour, les meurtrissures.

 

La nuit s’écoule, feutrée, mystérieuse

Seulement vécue par le poète,

Dans la petite chambre studieuse,

Elle l’aide à faire, des mots, la conquête. 

 

La nuit s’achève, lent ballet nocturne,

Des éléments, terre, eau, vie et vents.

Le sang de Ra empourpre la turne,

Rougi les heures affichées au cadran. 

 

La nuit douce se couche, lentement.

Du jour déjà, il perçoit les accents.

Son antre s’éclaire, reprend du volume

Moi, je vais me cacher, dans mes plumes. 

 

Artee Pee 

Neupré le 21/01/2011

Lire la suite...
administrateur théâtres

Le Masque du dragon ( au théâtre des Martyrs)

12272712692?profile=original

 

 Deux couleurs de peau. L’une : caramel doré, l’autre : un

 mystérieux brun violacé ; coiffures en turbans assortis, mais

 ô combien différentes! 

 

 Deux âges différents, l’une jeune, l’autre : une  bonne

 dizaine d’années au-dessus, et elle vient de débarquer.

 

 Deux ethnies opposées qui se sont livrées à des massacres

 sans merci. 

 

 Et les voilà, catapultées  ensemble quelque part en Occident,

 avec le projet utopique de faire la guerre à la guerre, par

 la magie du verbe. C’est la seule chose qu’elles savent

 faire. 

 Réfugiées dans un pays où il pleut du gris, elles vont

 exploiter leur métier  de conteuses chatoyantes,  chacune

 avec son bagage, lourd pour la nouvelle arrivante, léger pour

 l’autre. 

 

 Chacune étale ses trésors, à gauche et à droite de la scène. 

 Chacune fascine totalement, si bien qu'on en oublie l'autre!

   

 

 Elles vont surtout devoir s’entendre, travailler  ensemble

 alors que tout les sépare. Dans leur jeu, elles seront femme

 ou homme, ou femme déguisée en homme... 

 

 La dernière arrivée, sursautant devant l'existence

 d'un  micro, comme si on lui volait son âme,  découvre que

 chez nous ... 

 il y a l’internet, la télévision, des cinémas, des acteurs

 qui, sans conter,  incarnent des rôles où ils ne sont plus

 « eux » sur nos scènes. Comment peuvent-ils bien faire?

 Elle pense qu'un  public si gâté par le virtuel doit

 être inaccessible et ne sera pas intéressé.

 C'est elle qui veut arrêter maintenant. Sa

 rivale lui saute à la gorge et lui répète sauvagement ses

 propres paroles du début: "Dis-moi,

 qu'est-ce que tu auras fait pour arrêter la guerre? "

 

12272713656?profile=original

 

 Elles se disputeront sans vergogne, jusqu’à ce que les deux

 versions diamétralement opposées  de la même histoire

 ancestrale finissent par correspondre.

 Car même les histoires s’affrontent: d’une part, il y a une

 histoire du fâmeux masque du dragon, basée sur le rêve, le

 mythe, la métaphore, de  l’autre, une  histoire fichée dans

 la réalité de la  misère journalière  pleinement vécue.

 

 

 Conter, dire, verbaliser, c'est la seule chance contre la

 guerre. Sur ce point elles sont d'accord.

 Elles ont toutes deux secrètement juré que le masque du

 dragon serait donné à la femme, quoique l’homme en dise. Ce

 talisman va les rendre invincibles, arrêter enfin la guerre,

 et le massacre absurde et cruel des enfants. 

 

 C’est une sagesse profonde et une force monumentale qui les

 feront dépasser leur  inconfort de réfugiées,leur

 méconnaissance des moeurs occidentales, leurs affrontements

 mutuels, basés  sur  la haine ancestrale des Tribus des

 collines contre celle  des Tribus des lacs, auxquelles

 chacune  d'elles appartiennent.  Le ciel contre la

 fange. 

 

 Toutes deux sont attachantes et criantes de vérité.

 Découvrir et porter le   masque du dragon, c’est être capable

 de se calibrer sur   l'autre et se  métamorphoser magiquement

 en tout être ou créature terrestre différente, cependant

 que  l'on reste  entièrement « soi » !

 

 Toutes deux ont raison dans leurs approches de l’histoire,

 toutes deux finiront par s’entendre, se répondre, se fondre

 sans se confondre…

 ...en une impressionnante figure mythique,ni femme,ni

 homme, centrée au  milieu  du plateau, apaisée, réconciliée.

 

 Circulant dans cette pièce étrange, il y a des choses, des

 vibrations  mystérieuses et émouvantes, du mouvement,  des

 gestes de magie,

 du  symbolique,  du chant, de l'argile que  l'on pétrit à la

 rencontre de l'âme,  de la  voix et du corps qui font battre

 nos cœurs un peu plus vite,  un  peu plus juste.

 

Du 12 au 23.01.11

Le Masque du dragon                                       au théâtre des Martyrs

De Philippe Blasband, mise en scène Hélène Theunissen, avec Babetida Sadjo et Awa Sene Sarr.

Cie Mekeskidi asbl à l’Atelier du Théâtre des Martyrs en coproduction avec le Théâtre en Liberté.

 

pl. des Martyrs 22 - 1000 Bruxelles
Tél : 02-223.32.08
Email : theatre.martyrs@busmail.net
Site web : http://www.theatredesmartyrs.be

 

Et du 15 au 24 février 2011

Théâtre Blocry
Ferme de Blocry
Place de l'Hocaille
1348  Louvain-la-Neuve     http://www.atjv.be/fr/saison/detail/index.php?spectacleID=443

 

 

Lire la suite...

Nature- morte encore vivante

Sorti de mes archives cette nature morte "still life" . Peinture daté de 1994 : collection Mme-Reymond. 

Vase tournoyant sur une table ronde..

le guéridon et vase 94x82 approximatif  1994  acry et matières diverses. Collection privée

collection reymond 

 Faire tourner les verres, lever les tables.. Le supra-naturel me fait tourner la tête... Je suis encore sceptique pour le moins.. J'arrive à presque 60 ans et je n'ai pas encore eu l'occasion de constater ce phénomène..

Never too late..!

Lire la suite...

L'autre

Baser une relation

En l’idéalisant

C’est ne faire attention

Qu’à nos caprices d’enfant.

 

Dans un tout premier temps,

On a tendance à voir

L’autre tout autrement.

C’est de l’effet miroir.

 

Au fil du temps qui passe,

Des heures vécues ensemble,

On découvre dans la glace

Que son image tremble.

 

Un petit défaut par ci,

Une manie par là,

Des habitudes aussi

Qui, souvent, ne plaisent pas.

 

On le voyait parfait,

Mais l’image qu’il reflète,

Ce n’est plus ce qu’on voulait.

L’humain se manifeste.

 

Il a ses opinions,

Il défend ses idées,

Il savoure ses passions

Et aime aussi rêver.

 

Espérer changer l’autre

Est une grande illusion

Qui n’atteindra pas l’autre

Car c’est hors de question.

 

Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse,

L’autre ne changera pas.

Il défendra, tenace,

Ce que nous ne voulons pas.

 

Inutile d’insister,

Toutes ces prises de bec

En vue de le changer

Sont vouées à l’échec.

 

Nous n’avons pas le droit

De vouloir façonner

L’autre comme on le voit.

Ce n’est pas ça « aimer ».

 

Ne serait-il pas temps

D’apprendre à accepter

L’autre si différent

Au lieu de l’accabler ?

 

C’est l’heure de prendre conscience

De ces cœurs qui se blessent.

Toutes ces différences

Peuvent être signes de richesses.

 

Si ce que l’on perçoit

Devient inacceptable,

Même si on le déçoit,

Qu’il trouve ça regrettable,

 

Passons notre chemin

Au lieu de s’entêter

À vouloir voir demain

Un autre transformé.

 

Beaucoup trop de moqueries

Détruisent l’être humain.

Bannissons les railleries

Et construisons demain.

 

Chaque humain est unique

Et croise sur son chemin

Des êtres magnétiques

Qui lui tendent la main.

 

20/01/2011

Lire la suite...

Les sens

Aimer a perdre la raison,
C’est sublimer ses sens
Sans se poser trop de questions
Ni en chercher le sens.

Quand par bonheur on s’aime,
L’odorat se délecte avide
De ce parfum que l’autre sème,
Ses effluves emplissant le vide.

Les yeux doux s’émerveillent.
Le regard pétillant
Fait qu’en soi se réveille
Un désir grandissant.

L’ouïe bercée par les sons
De ses notes, symphonie,
On écoute sa chanson
Et la sienne, on renie.

Les doigts deviennent velours.
Le toucher est caresse.
Cette passion de l’amour,
On ne veut pas qu’elle cesse.

On savoure d’autres goûts.
On ne peut se lasser
Des petits bisous dans le cou,
Des baisers enflammés.

Si le goût devient amer,
Si le parfum écœure,
Si les yeux sont sévères
Et blessent votre cœur.

Si les notes sonnent faux,
Si le toucher change de danse,
C’est que vous avez tout faux.
Votre amour n’a plus de sens.

Le sixième sens a beau faire
Même si on fait fausse route,
Il ne sait plus que faire
Face aux sens en déroute.

15/01/2011
Lire la suite...

journal de bord, vendredi 21 janvier 2011

Je suis tombé, lundi dernier, en rentrant de ma tournée de facteur, par le plus grand des hasards, sur : "La chanson française de A à Z", en DVD.

 

Comme quoi ...

 

Passer par une simple station-essence, faire la file (afin de commander un sandwich, pour se caler l'estomac), regarder sur le côté, quand on a marché deux ou trois heures, ça a du bon.

 

Je suis tombé sur la lettre ... P. Quatre noms (et non des moindres) : Edith Piaf, Pierre Perret, Patachou, Nicolas Peyrac.

 

Et, au programme du DVD, trois chansons de chacun des quatre, extraites d'émissions où ces artistes sont passés. Plus : une interview de ces artistes. Plus : l'histoire d'une des chansons d'un de cet artiste.

 

"LES VOCALISES DE BREL", de Nicolas Peyrac, comme c'est beau ! "LA RUE LEPIC", chantée par Patachou, c'est tout à fait ça, cette rue montante, à Paris, près de Montmartre, cette rue toute simple, avec tous les commerces.

 

D'apprendre que ...

 

Patachou aurait soi-disant lancé la mode du ch'misier en scène. Elle précise qu'à l'époque, elle ne roulait pas sur l'or et qu'elle avait ach'té le vêtement le moins cher.

 

Pierre Perret avait reçu une baffe de son père, qui lui avait d'mandé, quand il était tout jeune : "Tu veux faire quoi dans la vie ?". Et que Pierre avait répondu : "Moi, rien !"

 

D'apprendre que ...

 

La chanson "MON DIEU" ("laissez-le moi encore un peu, mon amoureux ..."), créé par Charles Dumont (musique) et Michel Vaucaire (paroles), immortalisé par EDith Piaf, portait, à l'origine, d'autres paroles. Bon. Les paroles de départ évoquaient trois villes portuaires. Edith Piaf voulait garder la musique, mais souhaitait interpréter d'autres paroles. Elle était tombée sous le premier texte, vers 2 heures du matin (elle dormait le jour). Et elle ne s'était pas gênée pour app'ler, au téléphone, son parolier qui, on s'en doute, était en plein sommeil. En lui disant : "j'aim'rais avoir d'autres paroles, tu as jusque 17 heures, demain, pour les trouver, sans quoi je m'adresse à un autre parolier". Carrément. Et le parolier aurait tourné dans sa chambre, sans relâche, en se demandant ce qu'il allait trouver ... et pendant ce temps, il se répétait "Mon Dieu, mon Dieu, aidez-moi !". De ces propres "supplications", il aurait ensuite trouvé un départ. Le lend'main, à l'heure qui conv'nait, la chanson était prête.

 

Et bien des choses, encore ...

 

A tout hasard ...

 

Si quelqu'un pouvait m'aider ...

 

Je serais très heureux de me procurer d'autres exemplaires, en DVD, de "La chanson française de A à Z". Avec d'autres lettres. Je sais que, sur celui où figure la lettre "G", on y évoque : Juliette Gréco, Daniel Guichard, Georges Guétary, Serge Gainsbourg. Dans la fameuse station-essence où j'ai déniché celui, avec la lettre P, que j'ai ach'té, on m'a dit qu'on ne pouvait plus les avoir. Etais-je tombé au bon endroit ? J'ai essayé ensuite de voir sur Internet, mais je n'ai pas trouvé de piste.

 

Ce que je peux en dire, c'est qu'il s'agit ... d'une "collection Del Prado". Et que chaque artiste est présenté par Frédéric Zeitoun, spécialiste dans la chanson française.

 

Si, à tout hasard, quelqu'un pouvait me mettre sur la piste, histoire de commander d'autres de ces DVD's, avec une autre lettre, eh bien, il me rendrait service.

 

J'en profite pour laisser une photo du DVD que j'ai trouvé ...

 

 

167937_1742697083508_1121130557_1954395_1004638_n.jpg

 

Lire la suite...

12272710668?profile=original

Expo : LA CONSCIENCE DU PAYSAGE. Phase 1 : LE NUCLEAIRE
Cécile Massart
04.02 > 27.03.2011

Vernissage 3 février 2011 à 18h30

CIVA hors les murs - Espace Architecture La Cambre Horta, ULB
19bis Place Flagey - 1050 Bruxelles
info@civa.be


Organisée par le CIVA en collaboration avec la Faculté d'Architecture La Cambre Horta, ULB.

Le questionnement de Cécile Massart, artiste plasticienne, sonde notre conscience. «Comment transmettre quelque chose qui nous dépasse et qui pourtant dépend de nos choix ?» Ce quelque chose est le résultat d’un siècle de production nucléaire. Cet aspect, guère édifiant, de notre patrimoine nucléaire, doit être assumé et transmis aux générations suivantes. Quelle politique  adopter pour l’avenir ? Cette question, essentielle, passionne Cécile Massart depuis plus de dix ans.

Notre siècle s’apprête à stocker les résidus du nucléaire. A l’avenir, ces résidus permettront d’identifier notre culture, nos modes de vie. Ils donneront aux générations futures des clés de lecture. Ils constituent en quelque sorte les «archives du futur».

La réflexion artistique de Cécile Massart interpelle. Quel patrimoine voulons-nous transmettre?
Quelle conscience peut-on avoir des dangers que notre production actuelle représente pour l’avenir ? Par son travail protéiforme, Cécile Massart touche, éveille et suscite la curiosité.  L’énergie pour emblème, notre siècle patauge quant au sort à réserver à cette volumineuse déchetterie. Ces sites, jusqu’ici couverts d’opprobre, pourraient à l’avenir être les lieux d’une réappropriation citoyenne grâce à l’expression artistique.

Grâce à l’image, l’artiste montre ces énormes ouvrages où gisent les déchets radioactifs. Ces sites ne doivent pas être camouflés ou recouverts sans être marqués pour les générations suivantes. L’œuvre réflexive de l’artiste se fait le porte-voix d’un « Non » universel au camouflage des sites.

Elle obtient les autorisations pour photographier ces sites à travers le monde.  Qu’ils soient nichés dans de vastes montagnes ou retirés dans des zones désertes, ils inspirent et stupéfient l’artiste. Prolifique, elle expose en divers endroits du monde et tente, par son regard, de sensibiliser chacun de nous. Elle invite les organismes de gestion des déchets à réfléchir aux moyens de signaler les sites. Ainsi, notre génération transmettra aux suivantes un héritage assumé. Par la photo, la gravure, la sérigraphie, les installations vidéo et l’étude de marqueur ou «archisculptures», elle offre des pistes de réflexion et pose un regard engagé sur les sites de déchets radioactifs. L’idée de réinvestir ces terres d’accueil est lancée. Un appel à la responsabilisation mais, surtout, naît ici un nouvel espace collectif pour la création contemporaine.

Lire la suite...

Moha le fou, Moha le sage

12272709853?profile=original« Moha le fou, Moha le sage » est un roman de Tahar Ben Jelloun publié en 1978.

Le rapport médical est formel: "Ahmed R. est décédé d'un arrêt cardiaque [...]. Qu'importe les déclarations officielles. Un homme a été torturé." Il avait vingt-six ans et était accusé de "troubler l'ordre public". C'est la parole de cet homme que capte Moha la sagesse, la dérision. Suivi par tous les gamins, il est lui-même, malgré son grand âge, resté cet enfant dont le pouvoir est dans les mots. Témoin de trop de misères et de scandales pour se taire, il déambule dans une ville maudite par l'argent, le mensonge et la lâcheté. Aïcha, paysanne louée au patriarche à l'âge de douze ans, fait le ménage et ne parle jamais. De retour de son pèlerinage à La Mecque, le patriarche a rapporté des soieries, des diamants et Dada, l'esclave noire achetée au Soudan pour satisfaire ses désirs, muette elle aussi. Le maître venait à elle "comme un taureau furieux et prenait la femme en silence", mais Dada ensorcela le maître et le rendit fou. Moha parle aussi pour les enfants des bidonvilles, nés adultes, et qui à la mosquée rencontrent des fanatiques "armés de corans et de poignards". Moha est emprisonné parce qu'il déchire des billets de banque dans la rue. Reconnu fou, il est libéré, et va retrouver son ami Moché, le fou des juifs; ils croisent leurs souvenirs, leurs regards sur un monde malade. Puis il va rencontrer le directeur de la banque, qui hait la poésie et prône l'usage de la force. Le pays tout entier est dans le coma à l'exception des enfants et des fous. Moha hurle sur la place publique, une ambulance vient l'arrêter. Diagnostic du psychiatre: "Poursuit sa bouffée délirante, trouble évident de la personnalité, continuer l'électrochoc." Moha est enterré dans un trou du cimetière des pauvres, mais il continue de parler et bientôt sa tombe est envahie. Les autorités ferment le cimetière et concluent à l'inexistence de Moha, mais sa parole continue à circuler dans les rues, les mosquées. "Qu'importe ceux qui me poursuivent de leur hargne. Ma folie a fait des trous dans leurs certitudes."

 

Improprement appelée "roman", cette oeuvre intègre des procédés qui tiennent du théâtre, du reportage, de la poésie. L'écriture polyphonique se veut sans frontières, à l'image de cette parole souterraine qui s'insinue dans les consciences pour effriter les certitudes. Cette variété formelle s'accompagne, sous forme d'un apparent délire, d'un ton de provocation. En proclamant bien haut ce qui fut pudiquement tu, l'écriture de Tahar Ben Jelloun veut déranger. Sa fureur iconoclaste ne relève pourtant pas de ce que l'on nomme habituellement l'"engagement"; sinon d'un engagement contre la médiocrité, la torpeur et au service d'une "guérilla" menée à l'intérieur d'un système linguistique. Pour s'approprier une parole refusée, l'auteur fait donc imploser le langage pour faire surgir des signes nouveaux capables de dire des réalités hallucinantes, de décrire des blessures insupportables. L'écriture devient une arme de dénonciation.

 

Dans Moha le fou, Moha le sage, toutes les réclusions sont exposées au grand jour. Le texte cristallise toutes les révoltes et toutes les misères - à commencer par celle de la femme. Moha entend les cris de toutes les femmes emmurées, de toutes les femmes vouées au mutisme et à la peur, insatisfaites, labourées par des siècles de silence et de brutalité. Il encourage également à contester l'oppression qui s'appuie sur une interprétation tendancieuse du texte coranique: "Ils font dire ce qu'ils veulent au Livre." "Ils", ce sont les hommes dans leur avidité de pouvoir, et leurs victimes ont pour nom Aïcha ou Dada, murées dans un silence forcé. La religion est dénoncée comme rempart facile, sous couvert de fatalité, pour justifier tous les abus, toutes les exploitations, tous les mensonges. Nu devant les hommes et devant son époque, démuni de tout excepté de ses mots, Moha le justicier exerce sa conscience, sa lucidité et sa subtile ironie sur un monde assoupi et résigné qui célèbre le culte de l'argent et de la possession. Il prophétise à qui veut l'entendre le vent de la démence et de la décadence.

 

Ce texte est la pure expression d'un monde arabe où explosent les conflits, les violences mais aussi les aspirations. L'espace de la folie s'y instaure comme espace de liberté. Moha parle, pour lui et pour tous ceux qui n'ont pas de voix. Il parle de façon désordonnée, absurde, excessive, dénonçant ainsi la rhétorique du pouvoir. Au savoir scientifique du psychiatre qui l'examine, Moha oppose une expérience de trois siècles. A la certitude du médecin sur l'identité du sujet et la recherche de l'équilibre rationnel, il oppose sa diversité: "Je suis une ambiguïté et une confusion étonnée. Voilà ce que je suis: étonné." Moha pratique l'étonnement comme école de vie, comme méthode d'appréhension du monde. De cette distance naît une lucidité; cette lucidité amère, douloureuse, marginale et dérangeante que l'on appelle "folie".

 

Ainsi, Moha le fou, Moha le sage est avant tout un langage, forgé à même la langue française, qui tente de conquérir une liberté clandestine pour crier toutes les déchirures; mais aussi un appel à la lucidité et une plainte contre l'indifférence.

Lire la suite...

Quand Alberto Moravia parle de l’homme

12272709657?profile=original« L’homme » sont des chroniques et essais de l'écrivain italien Alberto Moravia, publiées en 1965. "L'homme, fin de l'homme", nous indique Moravia dans sa préface, est une défense de l' humanisme à un moment où l' anti-humanisme est en vogue." Une défense de l'humanisme, et en même temps une défense de la littérature, souligne l'auteur, puisque "la littérature est par nature même humaniste". C'est par ce biais qu'une certaine unité rayonnante est conférée à ce livre où sont réunies, à côté de l'essai intitulé "L' homme, fin de l'homme", des pages sur Pirandello, Pavese, Machiavel, Boccace, des notes sur le roman ainsi qu'une très longue étude sur "Les fiancés" de Manzoni: "Le livre le plus ambitieux et le plus complet qui ait été écrit sur la réalité italienne depuis "La divine comédie"." Ce qui a frappé Moravia, c'est que, dans la société moderne, l'homme est un monstre pour l'homme; l'homme est aliéné en ce sens qu'il n'est plus considéré par ses semblables comme une fin en soi mais comme un moyen. Le point de départ des réflexions de Moravia est donc le concept (marxiste) d' aliénation. L'homme du néo-capitalisme est si divisé, si esclave de ses produits de consommation qu'il n'est plus, à la limite, tous ressorts brisés, qu'un objet entre les objets. L'art lui-même est ravalé au rang de bien de consommation et ne traduit plus que l'aliénation de l'homme, c'est-à-dire "quelque chose qui est le contraire de la plénitude et de la durée". Le trait caractéristique du néo-capitalisme ce sera donc le fétichisme, l'anti-humanisme qui sous un travesti de prospérité et de confort ne fera qu'aviver notre sourd désespoir: "Et nous sentirons de plus en plus qu'au coeur de la prospérité, il y a le néant, autrement dit un fétiche qui, comme tous les fétiches, est une fin en soi-même et ne peut se mettre au service de l'homme." Ce que l'homme a fait pourtant, il pourra le défaire et de l'inhumain retrouver l'humain, c'est-à-dire, une dernière fois, et au prix d'un fantastique effort, réduire de nouveau le monde à la mesure humaine. En effet: "ce n'est que dans un monde fait à la mesure humaine que l'homme pourra recouvrer, par la contemplation, une idée de soi-même adéquate, qu'il pourra se proposer lui-même comme fin et cesser d'être un moyen".

Lire la suite...

12272709066?profile=original« Histoires » [Geschichten]est une œuvre euvre de l'écrivain suisse d'expression allemande Robert Walser (1878-1956), publiée en 1914. Walser est l'un des plus grands écrivains de langue allemande de ce siècle. Il fut l'auteur préféré de Kafka, et Musil l'admira sans réserve; Hesse et Walter Benjamin également. Sa mort "littéraire" précéda de vingt-sept ans sa mort physique. En effet, à partir de 1929, Walser ne devait plus rien écrire, cependant qu'il séjournait dans divers hôpitaux psychiatriques. Les conversations de ses dernières années, recueillies par Carl Seeling, donnent à penser que la fuite du monde et une volonté de retraite comptaient pour beaucoup dans cette "aliénation".

Le Bernois Robert Walser partage avec les romantiques allemands un sens de l'ironie qui met constamment en question sa propre littérature et où voisinent la tendresse et la cruauté, avec la folie toute proche et, enfin, la "Wanderlust". Le vagabondage, les longs voyages à pied ont été pour Walser un besoin aussi constant que pour les "fainéants" d' Eichendorf. Du reste, l'un de ses meilleurs récits s'intitule "La promenade". C'est au cours d'une longue promenade dans la campagne, en plein hiver, que Walser trouve la mort, dans la neige.

"Il ne faut pas être trop paresseux", avait-il écrit jadis, dans ses esquisses, "ne pas craindre quelques centaines de pas, se lever tôt, se mettre debout et vagabonder. Alors l'oeil se rassasie, et le coeur, avide de liberté, respire enfin. Va donc vers le bon paysage enneigé qui te sourit comme une bouche amicale. Rends-lui son sourire et salue-le de ma part." Walser a écrit d'innombrables esquisses et saynètes idylliques et aimables où l'humour enjoué et capricieux, l'ironie plaisante voilant l'angoisse, la cruauté et la mélancolie s'expriment en un langage singulièrement enveloppant, côtoyant ironiquement le surréel, l'angoisse, la folie, la mort. Tout le génie de Walser se trouve dans la simplicité des contes, des poèmes en prose, des paraboles, des récits surtout dont les plus beaux reprennent un épisode de la vie de personnages, de poètes pour lesquels il se sentait une affinité: Hölderlin, Brentano, Lenau, Kleist. La simplicité voulue et atteinte n'a jamais caché, à qui sait observer, la profondeur de vue de ce narrateur qui, de son poste, a su peindre aussi bien la nature que la grande ville. Comptable, employé de librairie ou secrétaire, Walser a toujours vécu dans une pauvreté qui ne lui pesait pas. Avec une humilité, à la fois véritable et feinte, il a porté sur les situations familières le regard le plus étrange. Avant tout, c'est le rapport maître-serviteur ou maître-élève que mettent en scène ses trois grands romans et ses récits -voir "L'institut Benjamenta" et "L' employé". Il aime exalter la petitesse la dépendance, mais en réalité, c'est la domination et toute illusion de grandeur qu'il met en cause avec un mélange singulier de pitié fraternelle et de dur mépris. Il évite toute référence intellectuelle, et pourtant la trame de ses oeuvres est formée par quelques-uns des thèmes les plus profonds de notre époque. Lorsque Walser s'enthousiasme ou s'indigne, il ne perd jamais de vue que cela fait partie de l'acte d'écrire  et que ses sentiments sont montés sur "fil de fer". C'est ainsi par exemple que pour lui un pré est tantôt un objet véritable, tantôt un mot écrit sur une feuille de papier. Il imposera brusquement silence à ses "héros" et laissera parler l'histoire comme s'il s'agissait d'un personnage. Sur les "Histoires", Robert Musil devait écrire: "Danse de marionnettes, ironie romantique, avec quelque chose qui évoque de loin les poèmes de Morgenstern où les rapports s'écoulent par leur propre poids, le long des associations verbales. Pour Walser, l'association n'est d'ailleurs jamais purement verbale, elle a toujours un sens, de telle manière que la ligne du sentiment qui l'anime se soulève comme pour un grand élan, puis dévie et se reprend dans un balancement, satisfaite de se diriger vers quelque nouvelle séduction. Je n'irai pas jusqu'à dire que ce n'est pas un jeu, mais malgré une maîtrise verbale immense et passionnante, ce n'est pas un jeu littéraire; c'est plutôt un jeu humain mené avec beaucoup de douceur, de rêverie, de liberté, et avec la richesse morale d'une de ces journées apparemment inutiles et oiseuses où nos convictions les plus fermes se détendent..." En lisant ces "Histoires", nous pouvons observer l'importance que prend pour lui l'acte d'écrire; c'est là son principal thème. Nous constatons dans ce langage la juxtaposition d'une sobriété d'expression paysanne et de traits d'esprit étranges. Dès les premiers mots écrits, l'écrivain semble pris d'un désespoir qui permet toutes les audaces. Et chaque phrase se propose d'effacer la précédente. Il trace ainsi autour de lui un vide verbal. "Le sanglot est la mélodie cachée de la loquacité de Walser", écrit Walter Banjamin. Il trahit par là l'origine de ses amours: elles viennent bien de la folie, et de nulle part ailleurs. Ses personnages ont la folie comme toile de fond, et c'est pourquoi ils sont à la fois si superficiels et si déchirants, si inhumains, si impensables. Pour exprimer d'un mot ce que ses personnages ont à la fois d'heureux et de sinistre, on peut dire qu'ils sont tous guéris..." "Je suis épouvanté à l'idée que je pourrais avoir du succès dans la vie", dit Walser dans sa paraphrase d'un monologue schillérien. Tous ses héros ressentent cette épouvante. Mais pourquoi? Ils veulent jouir d'eux-mêmes, et nul ne jouit de son existence comme le convalescent. Les contes finissent par: "Et s'ils ne sont pas morts, ils sont encore en vie." Walser témoigne de cette vie-là, en même temps que de l'étrange vie intérieure de l'écriture. La tendresse chez lui est toujours aussi la conspiration de la peur et l'aménagement d'une humiliation acceptée dont il voudrait faire, sans en être capable, un lien mutuel. L'ironie qu'il domine et la folie qui le dominera le rattachent, autant que son style, à ce qu'on appelle l' expressionisme littéraire allemand. La naïveté walsérienne est un coup d'oeil jeté sur la civilisation. Sa tendresse, qui va jusqu'à l' enfantillage, s'accompagne de la vision lucide de cauchemars éveillés. Autant que Georg Trakl, Kafka a suscité trop d'exégètes, Walser trop peu. Il éclaire comme par hasard, et il obscurcit comme à dessein.

Lire la suite...

journal de bord, jeudi 20 janvier 2011

 Au cours de ce mois de janvier ...

 

C'est la période des étrennes. Quand on distribue du courrier, quand on est titulaire d'une tournée, eh bien on reçoit encore cette faveur.

 

Et si l'un ou l'autre vous tend, avec les meilleurs remerciements du monde, un charmant billet de banque, d'autres vous remercient autrement.

 

Y a deux ans, une cliente m'avait offert un livre désignant les maisons, égarées à Ixelles, Saint-Gilles (et autres communes de Bruxelles) où on y aperçoit un "sgraffith"

Pour ceux qui se demand'raient encore ce que ce nom signifie ...

Eh bien, il s'agit d'une gravure (artistique) incorporée, souvent, dans la façade d'une maison (au dessus de la porte, la plupart du temps).

 

Certains clients m'offrent, chaque année, une bouteille de vin.

 

Et ...

 

Justement, à propos des bouteilles de vin, un de mes clients, lundi dernier, m'a donné une précision. Il tenait, avec énormément de joie, à m'en parler, devinant que ça m'intéress'rait. Il s'agit d'un vin (blanc) de Savoie qui s'appelle "Apremont". Très beau nom.

 

Il existait, en fait, en Savoie, au 15ème (ou 16ème) siècle, deux villages, en Savoie, du nom de ... Abyme et Apremont. Brusquement, un jour, y a eu un gliss'ment de pierres (ou de terre, là je replonge dans la confusion). Les deux villages ont été engloutis. On ne les a, par la suite, jamais retrouvés. Sur l'herbe, qui avait poussé, au d'ssus, des vignerons ont eu l'idée (géniale) de planter des vignes.

 

On imagine la suite.

Lire la suite...

a revoir pour groupe bruxelles


8 rue Blanche & 119 avenue Louise
1000 Bruxelles - Belgique
Tél. : +32 (0)2 539 23 09 - 538.00.96
Email :  écrire à la galerie

Horaires :
Rue Blanche 8 : Du mercredi au samedi 14 - 18 h pendant les expositions
Avenue Louise 119 : Du mardi au samedi 10 - 12.30 et 14 - 18 h


Plan d'accès
map_large.jpg
Galeries voisines
map_nearby.jpg
Group 2 Gallery
Pierre Caille ( 1911 - 1996 )
Grand personnage aux pieds dorés avec chapeau 1982
Céramique émaillée argent et or
Exposé au Centre de la Gravure de La Louvière en 1997
H 50 x 20 cm
Restez informé de l'actualité des galeries, abonnez-vous à notre lettre gratuite
  Group 2 Gallery, fondée en 1990, organise 5 expositions personnelles ou thématiques par an dans son espace sis rue Blanche. La Galerie défend des peintres et sculpteurs du 20ème siècle, dont la (suite...)

Artistes

Simon Adjiashvili Pierre Alechinsky Marcel-Louis BAUGNIET Gaston BERTRAND Maurice Boel Zéphir BUSINE Pierre CAILLE Bruno CAPACCI Pierre CLAREBOUT Odette Collon Ann DIERCKX Marthe DONAS Berthe DUBAIL Jean-Jacques GAILLIARD Bernard GHOBERT Roger GREISCH Louis HALLEUX HEERBRANT Gerard Holmens Simonetta JUNG Moïse Kisling LISMONDE Marc Mendelson Jean-Willy MESTACH Jean MILO Antoine Mortier Armand PERMANTIER Mig QUINET Jean RETS Paul SCHROBILTGEN Max SERVAIS Armand Simon Igor TISHIN Suzanne VAN DAMME Englebert VAN ANDERLECHT Serge VANDERCAM Louis VAN LINT Maurice WYCKAERT Natalya ZALOZNAYA

Expositions en cours et à venir

patt_split_h.jpg
27/01/2011 - 26/02/2011
Mère et enfant 1963
Céramique
h 50 x 42 cm
img_3141.jpeg
Hommage à Pierre Caille ( 1911 - 1996 ) : Centenaire de sa naissance
A l'occasion du centenaire de la naissance de Pierre CAILLE, sa ville natale Tournai organise deux expositions à la Maison de la Culture et au Musée de la Tapisserie à partir du 15 janvier 2011. De son côté, Group 2 Gallery mettra l'accent sur les oeuvres du début de la carrière de Pierre CAILLE. Plusieurs gouaches représentant des intérieurs intimes et des décors féeriques des années '30 seront aux cimaises de la Galerie à la rue Blanche. Des dessins en encre de chine et pastel des années '60 et '70 représentant des scènes typiques du monde imaginaire de Pierre CAILLE seront présents pour illustrer son immense talent de dessinateur. Mais il va de soi qu'un hommage à Pierre CAILLE doit surtout mettre en exergue ses céramiques. Pierre CAILLE a apporté un renouveau total à cet art, e.a. à la firme Boch à La Louvière. Dans la monographie de l'Etat belge de 1950 par Paul Fierens, diverses céramiques anciennes sont reproduites. C'est surtout cette période qui sera à l'honneur dans notre exposition : des vases splendides avec des figures stylisés ou des plats émaillés. Certaines silhouettes, dont ses fameuses "sirènes", remontent même aux années '30 et sont devenues des oeuvres historiques très rares. Plus tard, Pierre CAILLE transforme ses personnages en totems verticaux ou circulaires tendant vers l'abstraction. Mais les sculptures des années '60 appartiennent aux oeuvres les plus typiques de Pierre CAILLE : il s'agit surtout de personnages ludiques qui, mi-homme mi-animal, sont souvent recouverst d'éléments dormés et dotés de coiffures surréalistes.


Exposition d'hommage à l'occasion du centenaire de la naissance de Pierre CAILLE.
Sculptures en céramique, gouaches et dessins en Encre de chine & pastel.
Vernissage : jeudi 27 janvier 2011 de 18 à 21 h.
01_27.png Vernissage le 27/01/2011


Lire la suite...
Lancement du 19e appel à projets du Fonds francophone des inforoutes    
Date limite : 4 mars 2011

Les soumissions de projets pour le Fonds francophone des inforoutes dont la mission est de favoriser l’appropriation et l’usage des technologies dans les pays du Sud et d’Europe centrale et orientale peuvent être déposées jusqu’au 4 mars 2011.

Ayant pour objet la production multilatérale de contenus et/ou d’applications numériques francophones, les projets soumis au Fonds des inforoutes doivent impérativement s’inscrire dans l’un des domaines suivants : • promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique ; • promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme ; • appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche ; • développer la coopération au service du développement durable et de la solidarité.

Conformément à la Déclaration du Sommet de Québec et à sa résolution sur la promotion de la langue française, le Fonds francophone des inforoutes accordera une place importante aux projets qui favorisent l’accessibilité et la visibilité des ressources numériques valorisant la langue française et son rayonnement.

Les projets portés par ou au bénéfice des femmes et/ou des jeunes sont encouragés et recevront une attention particulière.

Le choix des projets qui recevront une subvention à l’issue de ce 19e appel interviendra au cours de la deuxième semaine du mois de juillet 2011.

Pour améliorer la présence du français dans l’univers numérique et répondre aux besoins des pays en développement, l’Organisation internationale de la Francophonie soutient la production de contenus et d’applications numériques au moyen du Fonds francophone des inforoutes. Ce Fonds a pour mission de promouvoir les TIC dans les pays du Sud et d’Europe centrale et orientale en finançant, à la suite d’appels à projets, des initiatives multilatérales de production de contenus et applications francophones s’inscrivant dans les grandes orientations de la Francophonie.

Le Fonds francophone des inforoutes a financé 214 projets sur les 1773 reçus depuis 1998 avec une moyenne de subvention des projets d’environ 80 000 euros.

Documents à télécharger

  • Guide du proposant 2010/2011 - 19e appel à projets (format pdf, 400 Ko) : ce document présente les informations relatives à la mission et aux objectifs du Fonds des inforoutes ainsi que les conditions d’éligibilité et de sélection du 19e appel à projets
Lire la suite...
Alternatives Théâtrales

                   Présentation du numéro sur la scène roumaine

Lundi 31.01 à 19h à l'Ambassade de Roumanie à Paris

103pxwidth_2.gif

Photo : Alternatives Théâtrales 1er de couverture n°101

Le dernier numéro est consacré à la scène roumaine, vingt ans après la chute du régime communiste.

Des artistes et des essayistes révèlent les mutations produites, commentent les réussites et pointent les pannes.

A découvrir: de nouveaux noms, de nouvelles initiatives, de nouvelles écritures... sur fond de souvenir de la place privilégiée du théâtre du temps de la dictature. Quels sont les défis de la liberté - c'est la question que ce numéro formule. Le théâtre roumain, où en est-il aujourd'hui ?


Rencontre avec Georges Banu et Bernard Debroux, co-directeurs de publication, Mirella Patureau, co-responsable du numéro et Petrika Ionesco, metteur en scène.

Présentation d'une documentation visuelle par Mihaela Marin, artiste photographe.

 

Ambassade de Roumanie en France
Palais de Béhague, Salon d'Or
123 rue Saint-Dominique
75007 Paris
M° Ecole militaire

 Alternatives théâtrales
39 rue Forestière B-1050 Bruxelles Belgique
Tél: +32 2 511 78 58 - Fax: +32 2 502 70 25

Lire la suite...
RSS
M'envoyer un mail lorsqu'il y a de nouveaux éléments –

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles