Un matin d’hiver
Mon collier de perles est brisé
Flocons de neige
*****
Vieux tilleul nu
La corneille sautille
Un rameau tremble
*****
Ciel morne
Brouillard et horizon gommé
Je peins un soleil
*****
Nada
18/01/11
Un matin d’hiver
Mon collier de perles est brisé
Flocons de neige
*****
Vieux tilleul nu
La corneille sautille
Un rameau tremble
*****
Ciel morne
Brouillard et horizon gommé
Je peins un soleil
*****
Nada
18/01/11
Je suis dans le mur de nouveau..
Rien de grand ne sort .. alors je fais des photos de l'état des lieux
Le mur du fond ou se révèle les nouvelles pièces . Mise à l'épreuve des peintures offertes au regard des élèves..
Je suis désespéré.. en attendant mieux ou pire.. je soupire..

133 exposants belges et internationaux se donnent rendez-vous à Tour & Taxis
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© BRAFA 2011 |
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BRAFA Tours & Taxis avenue du Port 86 C
B 1000 BRUXELLES BELGIQUE INFORMATIONS : •Tél.0032 2 513 48 31 •Fax 0032 2 502 06 86 •info@brafa.be |
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"Qu'en pense ta femme ?"
Je la connais, la question.
"Ta femme est d'accord ?" ou "Que dirais-tu si ta femme faisait la même chose ?"
Question sensée ... si j'avoue qu'avec tout l'amour que je porte pour celle avec laquelle je chemine en amour (et que je ne quitt'rais pour rien au monde), j'ai un côté fleur bleue, je peux tomber en émoi devant plus d'un regard féminin, éprouver du désir et ... m'accorder parfois des "parenthèses".
"Qu'en pense ta femme ?"
Cette question, bien que sensée, me met hors de moi.
"Que dirais-tu si ta femme faisait la même chose ?"
J'aurais très très mal. Je n'en dormirais pas. Rien que l'imaginer, j'en tremble.
"Pourquoi te le permets-tu, alors ?", enchaîn'ra-t-on.
Question épineuse.
Oui, je fonctionne ... à sens unique.
Si on n'approfondit pas.
J'aim'rais creuser davantage. Entre un chemin d'amour (qui s'approfondit, avec les jours avec, les jours sans, les états amoureux qui vont et viennent, les états d'absence, les états de saturation ...) et les coups de foudre, les émois qui se vivent cent mille fois par jour, qui sont éphémères et qui vous émoustillent, qui vous font du bien, y a une marge.
"Qu'en pense ta femme ?"
D'accord, j'ai entendu.
"Qu'en pense ta femme ?"
Tous les jours, messieurs mesdames, j'y pense, j'agis en conséquence.
Et ... quand j'avoue que ... tout en étant fidèle (peut-être à ma manière ... et sûr'ment, surtout dans mon coeur), je peux éprouver des besoins irrésistibles de m'accorder des parenthèses, des amours passagers (hors du temps) avec des oiselles que j'apprécie, que j'estime, que j'aime quelque part ... eh bien j'estime assumer une partie de moi qui existe, qui agit et vis-à-vis de laquelle je suis lucide.
Et j'ai besoin d'en parler. Ni plus ni moins. Et j'ai besoin d'être entendu, compris dans ce que j'exprime.
"Qu'en pense ta femme ?"
J'ai horreur de cette question, à partir du moment où les gens (qui ont entendu mes confidences) déplacent mes confidences vers un "autre chose" dont je ne souhaite pas parler à ce moment-là, dans un moment où j'ai besoin d'être entendu, compris dans une partie de moi qui existe (et dont je ne fais pas n'importe quoi) et qui cherche (désespérément, parfois) une reconnaissance.
A la Samaritaine, pépinière ou volière ?
Tibidi : chants polyphoniques et percussions corporelles
Ventres plats, dans leurs pantalons à pont et à grands boutons rouges, une rose
piquée dans la coiffure, ce trio féminin est un trio divin de voix justes, légères et
célestes. Muriel, Ariane, Julie… on dirait des étudiantes ou des merlettes ravies
par le printemps, prêtes à s’égosiller à cœur joie ! Impertinentes, délurées, les
yeux scintillants comme dans un enterrement de vie de jeune fille, elles entament
leur récital en alignant avec impertinence, le générique … de l’inspecteur
Gagdet ! « Eh là qui va là Inspecteur Gadget Eh la ça va pas Ouh ouh Oh la je suis là Inspecteur Gadget C'est moi que voilà Inspecteur Gadget Ça va être la joie Ouh ouh Au nom de la loi Moi je vous arrête Je vous arrête là »
Elles ne s’arrêtent pas là : la magie des postures, des mimiques, des scansions,
des jeux de mots, des sonorités verbales et non verbales, l’intonation, le
comique à jets continus transforment la salle de la Samaritaine en un clin d’œil.
Lieu de fête de la musique et de la poésie. Une baguette magique s’est glissée
dans un gousset du pantalon de Muriel et il participe à tout instant aux ébats
vocaux des demoiselles qui s’amusent. C’est le diapason. Brillant et à deux
pattes. C’est leur seul gadget avec les verres d’eau glacée servis sur une table de
cocktail. Le bonheur se diffuse, l’écoute tendre alterne avec le rire dévastateur.
Les facéties verbales de Boby Lapointe dans « tic tac ta katy t’as quitté» font
rugir un public conquis. « Ces petits riens » de Serge Gainsbourg , ce « Jazz et la
Java » de Nougaro arrachent des larmes. Quisas, quisas… La mala Educacion…
C’est du rythme, des effluves nostalgiques, du temps qui passe mais qui reste.
« Girl » des Beatles est pastiché à mort ! Tageba, Tageba… Voilà le prélude
BWV 999 de Bach qui suspend tous les souffles dans la salle… Seules et divines
les filles modulent, hululent, enchantent. Contraste tragico-comique voici en
grande fanfare, en hommage à Ricet Barrier :
« Nous somm's 300 millions, massés derrièr' la porte
Trop serrés pour remuer, trop tendus pour penser
Un' seule idé' en têt', la port', la port', la porte
Quand elle s'ouvrira, ce sera la rué'
La vrai' course à la mort, la tueri' sans passion
Un seul gagnera, tous les autres mourront
Même pas numérotés, seul un instinct nous guid'
On nous a baptisés …. » (Chut !) .
La salle délire. Ce sera le clou de cette véritable fête musicale et poétique…
Hommage à Johan Vekemans, docteur de son état qui aura fait gronder le
piano, pire qu’une panthère rose, pour ce seul morceau inoubliable. La suite sera
de la même veine, drôle à mourir, esthétique, humoresque, généreuse, pleine de
talent. Ce sont des voix d’anges que l’on écoute, des fossettes que l’on contemple,
des couleurs de la vie qui se réveillent. Elles incarnent une joie de vivre qui
donne envie de tuer la morosité à coups de tonnerres d’applaudissements,
d’éclats de rire. Le rire: ce merveilleux cadeau fait à l’homme.
“ Music for a while shall all your cares beguile…” Henry Purcell
Vous pourrez les revoir :
Tibidi Le vendredi 29 avril 2011 À l'ancienne église Place de l'Eglise 15
1082 Berchem-Ste-Agathe http://www.lefourquet.be/ 02/469.26.75
Programme de la saison à LA SAMARITAINE: http://www.lasamaritaine.be/saison2009-2010/index.html
Pierre Castor et Le Tiny Forest Orchestra
Du mardi 25 janvier au samedi 5 février 2011 à 20h30
"C'est du Pasolini !", m'exprimait, avec conviction, la talentueuse Cherry Pickles, hier après-midi, devant une de ses innombrables photos exposées sur les murs.
Sur celle-ci ...
On y apercevait, de dos, un bonhomme, en train de regarder le paysage : une grille (ou un grillage, ou une barrière), une prairie (ou un terrain vague) et des espèces de buildings (des HLM's), tout au loin, à l'arrière.
"Ca pourrait se trouver en Belgique !", ai-je dit, à un moment donné.
"Oh non ! C'est l'Italie !", a viv'ment rebondi la photographe, en précisant que ... la banlieue de Rome, c'est moche.
D'accord, d'accord. A chacun ses visions ! A chacun ses photos ! Je ne surenchéris pas.
Je maintiens, juste, que ...
Grillages, grille, prairie (ou terrain vague), espèces d'immeubles (ou buildings ... ou HLMs) ...
Ca me ramène à Marcinelle, région de Charleroi, Belgique, Pays Noir, pays du charbonnage.
Ca me ramène à Marcinelle, où mes grands-parents (maternels) habitaient.
Ca me ramène à Marcinelle, quand j'étais petit, et que j'allais prom'ner, avec mon Bon Papy, dans "les campagnes" où des espèces de terrains vagues et d'immeubles ne manquaient pas (avant que le ring, des années plus tard, ne sabote une bonne partie du paysage).
Le retour des grands formats, je bidouille les fonds de certains petits.
Flo limbes 100x80 acry et marouflage sur toile 2010 2011

Je change la couleur, regarde et rechange la couleur...J'en arrive à envier ceux qui parmi nous ont une fois pour toutes comme le ferait un bon artisan, décident d'une couleur qui s'imposera..!

Pendant trois jours, 250 personnes ont visité l’exposition de quatre artistes, peintres et sculpteurs. Selon Piet, initiateur du projet, « les sculptures, tu peux les frapper, les couper, les caresser et recommencer. Avec la peinture, tu peux expliquer beaucoup de choses (colère, angoisse, tristesse, peur, espoir) sans rien dire. » (Photo Solidaire, Sophie Lebeau)
L’Atelier Piet asbl et la Braise culture se sont associées pour donner la possibilité à des artistes méconnus et n’ayant jamais exposé de pouvoir montrer leur travail.
Rosalia Biancucci, peintre, a eu un parcours de vie difficile. La peinture lui a permis de se passionner et d’exprimer ce qui la touche au plus profond d’elle-même. David Massarelli, peintre également, a été étudiant aux Beaux-Arts. Au bout d’un certain temps, il a succombé à l’attrait d’un travail salarié n’ayant aucun rapport avec sa passion. C’est pourquoi il profite du projet de la Braise et de l’Atelier Piet et ose enfin proposer ses créations longtemps restées au placard. Le fait de se « greffer » à cette équipe lui donne plus de confiance et plus de motivations. Et, finalement, de lui permettre d’exposer, simplement. Pino Bonelli, peintre et sculpteur, est touche-à-tout, rêveur autodidacte. Il se définit comme artiste (peintre, sculpteur et auteur-compositeur-interprète). Il ose espérer que même s’il avait été riche, ce fait aurait été le même, car l’art fait partie de lui. Pino se revendique « cigale au pays des fourmis » ! Piet Vandenhende, peintre et sculpteur d’origine courtraisienne, est l’initiateur du projet. Il est heureux que des artistes aient confiance en lui pour exposer ensemble et est heureux de pouvoir partager avec eux son expérience (Montmartre, expo à la prison de Jamioulx).
L’Atelier Piet asbl et la Braise culture se sont associées pour donner vie à ce projet. Leurs objectifs se croisent. A l’Atelier Piet asbl, on organise des ateliers d’arts ouverts à toute personne précarisée qui n’a pas la place ni les moyens de s’adonner à son art en privé. Cette asbl se veut être un pont entre la précarité et l’académie. La Braise Culture asbl, elle, se veut un forum d’échanges et de rencontres entre tous les types de cultures (art, cultures ethniques, culture ouvrière,...), en rassemblant le front le plus large possible dans la région parmi les syndicalistes, progressistes, immigrés, groupes sociaux et culturels.
Pourquoi réaliser cette exposition ensemble ? Pour motiver des artistes à montrer leur travail, car les artistes qui n’ont pas la chance d’aller plus loin, souvent, se découragent. Et puis, parce qu’une expo c’est motivant et encourageant ! Parce qu’exposer seul, c’est un vrai parcours du combattant, que ça coûte cher et que les artistes ne savent pas par où commencer. Et parce que l’art est une forme de guérison. Pour les personnes seules, les personnes qui rencontrent des difficultés dans le quotidien (maladie, alcoolisme, délinquance, problèmes financiers) et qui ont, donc, une vision différente de la vie et de la société, l’art un exutoire, un moyen de donner le meilleur de soi. Enfin, parce qu’une expo comme celle-ci est un lieu de rencontres et d’échanges qui peut ouvrir des portes.
Les deux asbl aimeraient reconduire ce projet tous les trois mois. Si vous êtes artistes ou en connaissez (stylisme, photo, bronze-fer-verre, sérigraphie), contactez Piet (Atelier Piet asbl) : 0485 10 65 52 ou Sophie (La Braise Culture asbl) : 0472 30 80 08 ou labraisecharleroi(at)hotmail.com .
Piet a eu un parcours atypique : « ex-taulard », ex-SDF et alcoolique abstinent depuis trois ans. « Un jour, j’ai eu un “flash” et j’ai décidé d’arrêter, pour prouver à mes enfants que je suis quelqu’un de bien, quelqu’un de normal. » Et selon lui, l’art a joué un rôle important dans ce changement radical, « car les sculptures, tu peux les frapper, les couper, les caresser et recommencer. Avec la peinture, tu peux expliquer beaucoup de choses (colère, angoisse, tristesse, peur, espoir) sans rien dire. » L’art a été un exutoire à son mal-être, un moyen de réinsertion. Piet veut aujourd’hui « prouver qu’il est possible de s’en sortir grâce à l’Art ! ». La devise de Piet, c’est qu’« ensemble, on est plus fort. Souvent, les artistes n’ont pas les moyens ni les connaissances et, puis, ils ont peur de se lancer. Un projet tel que celui-ci ouvre des portes (rencontres intéressantes, opportunités d’autres expos). » Dernière chose à noter, cette exposition a rassemblé des artistes francophones et néerlandophones. Selon Piet, « cela prouve qu’il n’y a pas de racisme entre Wallons et Flamands…ou alors, juste au gouvernement ! »
Quand la pluie sur le trottoir
fait briller l'asphalte le soir...
Et puis, la couleur des violettes
chez le marchand à la sauvette!
Quand au matin, larmes taries
lentement émerge la vie...
c'est le sourire de la Joconde
qui pense qu'elle peut narguer le monde!
Aimer...
Quand la neige tombe un dimanche
pour nous offrir une journée blanche...
Et que le feu de bois pétille
grondant de toutes ses brindilles!
Quand la pie dans le jardin
picore sans cesse des petits riens...
Et que dans le soleil, le chat
ronronne et ne s'inquiète pas!
Aimer...
Quand des senteurs de pain grillé
nous rappellent qu'on est affamés...
Et que ce bonheur éphémère
rendra la suite moins amère!
Quand une main balladeuse
annonce une journée heureuse...
Et que le chien tout frétillant
s'ébroue dans le soleil levant!
Aimer...
Quand sur quelques notes de Mozart
surgies du poste par hasard...
On se regarde dans le miroir
avec encore envie d'y croire!
Quand le soleil à l'horizon
honore le ciel avec passion...
Et ton sourire, comme un cadeau,
comme une cerise sur le gâteau!
J.G.
Le scandale Drouot va de Charybde en Scylla…
Décidément, l'affaire sulfureuse de l'Hôtel Drouot ne cesse de rebondir… Sous sa plume au vitriol, Vincent Noce, spécialiste international sur le marché de l'art qui n'en est pas à ses premiers faits d'armes (Christie's vs Sotheby's New York), en donne une lecture apocalyptique sous le titre Drouot, embrouilles en vase clos dans le journal français Libération. Ses quelques lignes donnent la mesure de l'abîme dans lequel est plongé l'Hôtel Drouot et plus globalement de l'indigence du marché de l'art en France, dont personne ne veut prendre le problème en mains. Selon le département d'économétrie et d'études de marché d'Artprice, Drouot pour 2010 représente 46.5% des transactions et 23% de produit de vente du marché de l'art aux enchères en France (cf «Drouot, au-delà du rapport qui accable, l'analyse d'Artprice sur l'effondrement de la France» [sept. 2010])
Drouot gangrené ? Trois documents confidentiels, dont Libération a pu se procurer copies, s'opposent sur le sujet, témoignant du désarroi du gouvernement. Depuis que l'Office de lutte contre le trafic de biens culturels a fait irruption chez les manutentionnaires, c'est panique à bord. Tout le monde savait le vol habituel à Drouot.
Désormais, un rapport officiel parle de «détournement quasi institutionnalisé». La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, parle de ressortir une réforme plantée au Parlement, après avoir été soigneusement émasculée (Libération du 23 juillet 2009). Ouverte il y a vingt mois, l'enquête durera encore longtemps, les gardes à vue des 110 manutentionnaires défilant chaque jour, sans parler des 70 commissaires-priseurs. Nul ne sait jusqu'où ira la mise en cause de ces notables, qui ne manquent pas de relations dans la magistrature et les cabinets.
Il y a cinq mois, une commission rendait son rapport à la ministre, sans résultat. Le 10 septembre, les Echos en ont publié des extraits, accompagnés d'un entretien avec Alliot-Marie, dont le but est à l'évidence d'éviter que le pétard ne lui saute à la figure avant le remaniement. En 75 pages, ce rapport dresse un constat brutal pour Drouot.
Mais au moins autant pour les autorités, qui n'ont jamais «perçu tout l'enjeu économique» d'un marché de l'art largué par la mondialisation. «Méthodes de travail dépassées», «qualité de la marchandise en baisse» : l'hôtel des ventes fonctionne en «dispositif fermé», sans «vision stratégique». Editeur de journal, loueur de salles et fournisseur de services, le cartel Drouot est «un conservatisme organisé», qui, par négligence, a ouvert la voie «aux abus» … /… Copyright Libération, Vincent Noce, 5/10/2010 00:00 (suite de l'article sur Drouot, embrouilles en vase clos). Artprice, dans son rôle d'observateur et d'analyste du marché de l'art, a souligné à maintes reprises le mal français qui prend naissance dans les années 50 et se cristallise par le syndrome Parke-Bernet où Drouot, avec mépris, refusait les offres de rachat de la plus grande maison de ventes américaine, sans même daigner regarder le dossier, alors que le propriétaire était francophile.
Sotheby's, sous la présidence de Peter Wilson, racheta immédiatement le new-yorkais Parke-Bernet qui était de très loin la première maison de ventes américaine. En 1977, Sotheby's fit son entrée en bourse avec un véritable triomphe. Ce n'est que dans les années 90 qu'en grand secret, les commissaires-priseurs détenant Drouot étaient proches de l'introduction à l'ancien second marché (Artprice détient dans ses archives le projet de prospectus d'introduction) : ce qui annonçait un succès équivalent à l'introduction de Sotheby's au nyse se termina une fois de plus en une dramaturgie interne à Drouot qui mit fin à ses prétentions boursières. Pourtant, selon une analyse sociologique d'Alain Quemin, sur l'ensemble des commissaires-priseurs, un sur trois possédait dans sa famille un agent de change (devenu depuis la réforme Compagnie de bourse).
Par la suite, la réforme de 2000 qu'Artprice a longuement analysée par le Code des Ventes Volontaires et Judiciaires publié en 2000 (éditions du Serveur Judiciaire, 1 432 pages) démontrait sans ambiguïté que le marché de l'art français allait droit dans le mur. Dix ans plus tard, la réforme est un échec terrible. La France, malgré les nombreuses injonctions de l'Europe sur l'adaptation de la Directive européenne sur les ventes aux enchères en droit interne, n'a même pas réagit à l'ultime date butoir qu'avait posé le Commissaire Barnier le 24 août 2010. C'est désormais la Cour Européenne de Justice qui va s'emparer de cette violation de la Directive Services par la France, qui a déjà trahit une première fois l'Europe par la vraie fausse réforme de 2000. En parallèle, la Chine a éjecté définitivement la France du podium…
Source © Artprice.com (Communiqué d’Artprice du 5 octobre 2010)
Voici pour plus de facilités un résumé de toutes les informations pour l’expo de Floreffe.
Photos de la salle , en fin de Blogue deux vues de Floreffe
Date : les 15-16 et 17 avril 2011.
Nous demandons une participation de 35€ par artiste pour couvrir les frais d'expositions, vernissage, affiches et cartes d’invitation.
Le paiement est à effectuer sur le compte n° 143-0797271-32
En format IBAN : BE90 1430 7972 7132
Bic = GEBABEBB
Banque Fintro, rue du Centre 32 à 5090 Ciney
Intitulé du compte :
Claudine Boignet- regard pastel - 12 rue des Libérateurs à 5100 Jambes
Liste des participants à ce jour : avec astérisques = membre du réseau Arts et lettres.
*Sylviane Joséphine Tirez
* Eve Oziol
* Margareth Lenoir
* Anne Roncalli
* Guy Penninckx
* Mohamed Saoud
* André Jongen
* Daniel Vigneron
* Claude Hardenne
* Martine Hougardy
*Yvette Douchie
Ryckewaert Franz n’a pas internet
* Martine Salendre--- France
* Delvaeye
* Josette Boignet
Fabienne Bertrand
Véronique Radelet
Gaby Boulier---- France
Janick Poncin --- France
Marie-Laure Dubois
*Jeanine Alexandre
* Claudine Boignet
Il y a encore 4 inscriptions en attente. J’espère n’avoir oublié personne !
Date ultime des inscriptions : 31 janvier 2011
Réunion d’information : Abbaye de Floreffe, salle du Moulin- le 12 mars à 14h
Liens :
L’abbaye de Floreffe : http://www.abbaye-de-floreffe.be/
Coordonnées personnelles : Claudine Boignet 12 rue des Libérateurs 5100 Jambes.
0032.495.494843.081.325269 de l’étranger 003281.305269
Mail : claudine.boignet@skynet.be
Site www.claudineboignet.be
Autre mail : le.regard.pastel.blik@gmail.com.
Le montage est prévu à partir du jeudi à 13h, et le vendredi dès 10h jusque 18h.
Le vernissage aura lieu le vendredi 15/4/2011 vers 19h30 (à confirmer), le démontage le dimanche soir et le lundi !
Accrochage : Les salles disposent de cimaises, il suffira de prévoir, des chaines et des crochets pour l’installation. Il sera prévu des enveloppes suspendues pour y déposer ses cartes de visites d’artistes + coordonnées complètes.
Nous exposerons 5 pastels par artiste.
Vous voudrez bien m’envoyer pour fin janvier 2011, cinq lignes de biographie + photo d’identité . par mail !!!!!
Nous demandons des œuvres originales, pas de reproductions.
Nous ferons parvenir à chacun des invitations et des affiches en format mail
Les formats papiers seront distribués le 12 mars 2011 à la réunion.
Voici, ci-après déjà une ébauche d’affiche à envoyer par mail à tous vos contacts, ou à d’autres artistes en les invitant à venir exposer ! (faire un copier-coller). A placer aussi sur votre site, galerie…votre page Facebook etc ! Plus l’info sera diffusée, plus nous aurons de visiteurs !
Je reste à votre disposition pour tous renseignements complémentaires.
Bon travail à vous tous amitiés – Claudine
Histoire de la littérature belge
I. 1830-1880 : Le romantisme embourgeoisé
1. La Belgique sous Léopold Ier (1831-1865)
Après Waterloo, et à l’instigation de l’Angleterre, les grandes puissances victorieuses de Bonaparte décident en 1814 d’unir la Belgique à la Hollande. Il s’agit d’opposer un rempart à l’impérialisme de la France, mais aussi aux idées révolutionnaires qui y ont cours. Les quinze ans de vie commune avec les Hollandais vont d’ailleurs apporter aux Belges une remarquable prospérité matérielle, de même qu’une réduction sensible de l’analphabétisme, Guillaume Ier s’appliquant à développer l’enseignement de l’Etat. (Dossiers: 1: Histoire de la Belgique avant l'indépendance 2: Histoire de Belgique à la Révolution de 1830 3: Le Congrès de Londres de 1830 pour régler la "Question belge"
4: Art et Nation dans la Belgique du début du XIXe siècle) 5: L'influence de la Nation sur la musique
6: Histoire de la révolution belge de 1830
Toutefois, l’association est fragile. Les Hollandais sont en majorité calvinistes, les Belges catholiques. En traitant la Belgique à certains égards comme un pays conquis, par exemple dans le domaine linguistique, Guillaume Ier suscite un mécontentement grandissant, qui conduit en 1830 à l’indépendance belge. Le document essentiel retraçant ces événements reste le monumental ouvrage de Louis Bertrand, "Histoire de la démocratie et du socialisme en Belgique depuis 1830"
Ce sera principalement les milieux de presse qui joueront un grand rôledans la fondation de l’Etat belge et la création d’une « opinion publique » nationale (1830-1860)
Sous le règne de Léopold Ier, de 1831 à 1865, priorité est donnée au renforcement de l’indépendance nationale. Marquée par l’habileté et la détermination, la politique extérieure du souverain permet d’écarter du jeune état les menaces annexionnistes françaises. Par contre, une grave crise économique sévit jusqu’en 1850, soulignée par une longue famine en Flandre. Entre-temps, après une décennie d’unionisme, l’antagonisme Libéraux-Catholiques se développe, particulièrement à propos de l’enseignement ; de même, le français ayant été choisi comme seule langue officielle, la question linguistique préoccupe plusieurs intellectuels flamands, tel l’Anversois Henri Conscience, dont le célèbre « Leeuw van Vlaanderen » paraît en 1838 ?
Dans le domaine des arts, la Belgique (voir: L'Art moderne en Belgique) naissante ne produit rien d’original. L’architecture est dominée par un néo-classicisme « raisonnable », qu’illustrent par exemple les Galeries Saint-Hubert à Bruxelles, achevées en 1847. Côté musique, c’est l’âge d’or du « bel canto », comme en témoigne le triomphe de la Malibran. Quant à la peinture, elle est marquée d’abord par un romantisme souvent théâtral et déclamatoire, dont émerge cependant le nom d’Antoine Wiertz (« La belle Rosine », 1847). Le réalisme s’installe à partir de 1851, sous l’influence de Gustave Courbet ; c’est ainsi que Jean-Baptiste Madou, Charles De Groux, Joseph Stevens choisissent des thèmes plus humbles et un style plus modeste.
Quant à la littérature, elle est également envahie, surtout jusqu’en 1850, par un romantisme édulcoré. L’influence de Victor Hugo, de Lamartine, le goût pour la « petite » histoire, puis l’admiration croissante pour Balzac donnent le ton. Par ailleurs, divers milieux et personnages souhaitent que le jeune royaume se dote sans tarder d’une littérature nationale. On demande que les œuvres prennent pour thème quelque aspect de la Belgique ou de son histoire, et l’on accueille avec une bienveillance souvent injustifiée les récits ou les vers d’allure patriotique.
Parallèlement, critiques et publicistes s’emploient à définir l’esprit belge, la mentalité spécifique de ce pays qu’ils refusent de considérer comme un simple accident de l’histoire européenne. Entre le monde latin et le monde germanique, il s’agit d’exprimer les caractères de l’ « âme belge », sorte d’identité culturelle intermédiaire. Mais la méfiance envers l’impérialisme français d’une part, l’engouement romantique d’autre part font que l’on incline davantage vers le « génie du Nord » que vers celui du Sud, que l’on se sent plus proche « de la rêverie allemande que de la vivacité française » (« Revue de Belgique », 1846).
La production littéraire, cependant, ne répond pas à de tels espoirs. La poésie, très abondante, est ampoulée et affectée, comme si elle n’avait retenu du romantisme que ses défauts. Les moins mauvais sont en premier lieu André Van Hasselt (dont « Les quatre Incarnations du Christ » ne paraîtront qu’en 1867), Théodore Weustenraad (« Le Remorqueur », 1840 ; « Le Haut-Fourneau », 1844), auxquels on peut joindre, à titre documentaire, les noms d’Edouard Wacken et de Charles Potvin : leur théâtre et leurs vers connaissent à l’époque un réel succès, mais sont devenus aujourd’hui quasiment illisibles. Dans le domaine du récit s’illustrent Henri Mocke (« Gueux de mer » ; « Gueux des bois », 1828), Marcellin La Garde (« Val de l’Amblève », 1858).
Comme pour la peinture, le milieu du siècle sonne en littérature le déclin de l’esthétique romantique. Non qu’elle disparaisse complètement du jour au lendemain, bien au contraire ; mais les œuvres romantiques ultérieures dont plutôt figure de survivances, et l’intérêt du public s’atténue. En 1856 une nouvelle revue, animée par Félicien Rops, Paul Reifer, Charles De Coster : « Uylenspiegel –Journal des débats artistiques et littéraires ». C’est elle qui en 1857, à propos de « Madame Bovary » (qui vient de paraître en volume), lance le débat sur la question du réalisme. Se développe alors un genre qui se réclame de Champfleury, de Balzac, de Flaubert, et dont la fortune sera grande : le roman de mœurs, qui prend la relève du « récit historique ». Un bon exemple en est donné par « Mademoiselle Vallantin » de Paul Reider (1862) : rompant avec la respectabilité bourgeoise de sa famille, l’héroïne se livre corps et âme à son amant, ce qui en fin de compte ne lui apportera pas le bonheur si ardemment désiré.
2. Les débuts de Léopold II (1865-1880)
Monté sur le trône à la mort de son père, en 1865, Léopold II se préoccupe d’abord de consolider l’indépendance du pays, et particulièrement sa défense militaire. Avec la guerre franco-prussienne et la défaite de Sedan en 1870, Napoléon III cesse de constituer un danger pour la Belgique ; mais déjà se profile la menace allemande avec Bismarck, et le renforcement de l’armée s’avère de plus en plus indispensable.
A l’intérieur, les esprits sont occupés par le problème social, la question électorale (on parle , déjà, de suffrage universel…), l’obligation du bilinguisme dans la région flamande, mais aussi l’exploration du Congo, le développement de l’agriculture et du machinisme (en 1865, Solvay crée sa première usine de soude, à Couillet). Peu de renouvellement, par contre, dans le domaine des arts. L’architecture reste principalement d’inspiration gréco-romaine. La musique de César Franck n’est connue que d’un public réduit. Néanmoins, des peintres comme Félicien Rops (« Les sataniques ») ou Henri Evenepoel accèdent à la notoriété, sans oublier Hippolyte Boulenger qui domine l’école paysagiste de Tervuren.
La littérature se partage entre les ultimes survivances du romantisme et un réalisme sans réelle envergure. Quelques noms méritent une mention : « Heures de solitude », d’Octave Pirmez (1869), sorte de journal de voyage dont le thème central, selon l'auteur, réside dans « le Moi passager dans l’Univers éternel » ; la mélancolie du héros, qui rappelle Chateaubriand, est malheureusement évoquée dans un style souvent affecté. « Le roman d’un géologue », de Xavier De Reul (1874), est un récit largement autobiographique où l’auteur relate sa vie itinérante et sentimentale : un collectionneur de fossiles s’éprend d’une jolie Tyrolienne nommée Hulda, dont la vie s’achève avec le livre…
Plus convaincant, sans nul doute, est « Dom Placide » d’Eugène Van Bemmel (1875), présenté comme les « mémoires du dernier moine de l’Abbaye de Villers » : histoire toute romanesque d’un jeune moine pris par l’amour, et qui contient quelques passages émouvants. Par ailleurs, en 1875, Caroline Graviere publie « Mi-la-sol », sorte de plaidoyer en faveur de la jeune fille pauvre qui, après avoir été séduite, doit subir la réprobation collective : on a voulu y voir l’amorce d’une revendication féministe. Trois ans pus tard paraît « Un coin de la vie de misère », de Paul Heusy, recueil de quatre contes qui annoncent le naturalisme en prenant pour objet le malheur des humbles.
Dans cet ensemble plutôt terne, il faut réserver une place exceptionnelle à « La légende d’Ulenspiegel » que Charles De Coster publie en 1857, sorte d'épopée moderne illustrant la lutte de la Flandre et des Pays-Bas contre Philippe II : accompagné de son fidèle Lamme Goedzak, Thyl l’Espiègle devient le héros d’une révolte populaire qui aboutit à la libération de la future Hollande, au terme d’aventures où se mêlent le tragique et le facétieux. On peut reconnaître dans cette œuvre au moins quatre « antécédents » littéraires différents :
-l’élément épique, dans l’affrontement entre deux nations et la « croisade » de libération entreprise par Thyl ; dans le rôle important de l’héroïsme, des exploits guerriers ; dans le fait que les personnages sont des « types » plutôt que des individus ;
-le roman courtois, dont on sait qu’il accorde une place primordiale aux thèmes de la quête, et de l’exploit comme épreuve éliminatoire ;
-l’élément carnavalesque, illustré spécialement par Rabelais, revient ici dans le mélange intime du comique et du dramatique. Ulenspiegel est à plusieurs égards un héros-bouffon, et s’il n’oublie jamais l’essentiel, il en tempère la gravité par un sens constant de la farce ;
-le roman historique enfin, inventé par walter Scott, dont Robin des Bois annonce à certains égards le personnage de Thyl –sans oublier le goût des archaïsmes et d’un pittoresque vaguement « médiéval ».
On a dit à juste titre que « La Légende d’Ulenspiegel » est l’œuvre inaugurale, fondatrice de la littérature belge de langue française. Et il est vrai que par sa force et sa verve, par ses références discrètes à l’histoire nationale, par sa méfiance envers les dogmes et son amour de la liberté, elle va donner enfin au public belge la « référence » imaginaire qui lui manquait.
Histoire de la littérature belge
I. 1830-1880 : Le romantisme embourgeoisé
II. 1880-1914 : Un bref âge d’or.
III. 1914-1940 : Avant-gardes et inquiétude
IV. 1940-1960 : Une littérature sans histoire
V. 1960-1985 : Entre hier et demain
d'Eric-Emmanuel Schmitt
Mise en scène: Daniela Bisconti / Avec Nicole Valberg
DU 13/01/11 AU 30/04/11 avec relâches
« Bach, la musique écrite par Dieu, Mozart la musique que Dieu écoute et Beethoven la musique d'un homme pour les Hommes »
Démasquons le géant du business littéraire et penchons-nous sur le masque de Ludwig…
Christine (dite Kiki) est une sexagénaire solitaire mais rayonnante qui tient à distance ses poignantes émotions, bien enterrées, une fois pour toutes. Mais aussi hélas, la musique…. Elle vit en surfaces avec trois autres vieilles souches, Rachel, Candide, Zoé, façon "adolescence retrouvée", mais dans la résidence aseptisée des Lilas.
Un hasard lui a fait acheter un masque du compositeur célèbre. Les quatre mamies vont réveiller leurs émois endormis, en retrouvant leur capacité d’écouter cette musique retrouvée, à partir du masque rédempteur. « Beethoven, c’est la célébration de la joie. Il a eu une vie pourrie, sourd à 27 ans, coupé de la vie sociale, de ses amis, de son amour, auquel il n’a pas voulu imposer son infirmité mais il a laissé un extraordinaire Hymne à la joie… Jubiler de ce qui est, même si c’est peu, plutôt que regretter ce qu’on n’a pas. » Hymne à l’optimisme et à la force de l’individu.
Seule en scène, Nicole Valberg , très belle comédienne, interprète Kiki van Beethoven. L’interprétation du texte est encore un peu jeune, un peu hésitante parfois mais elle suscite certainement de l' empathie pour la narratrice. Et la saison de ce spectacle, attachant quand même, ne fait que débuter. Il est vrai que les juxtapositions de scènes lassent un peu au début….L’entrée dramatique trouve sa source dans la visite du camp d’Auschwitz par les quatre dames en voyage rétro-scolaire. De grâce, il faudrait supprimer l’appellation ‘camping’ du registre de vocabulaire dans cet épisode, c’est immensément choquant et déplacé. Mais dès ce moment, le reste du texte se met à vibrer…dans les grandes cordes. Le thème de la mère abusive, celui de l’homme–enfant qui se suicide, celui de la belle fille détestée qui devient fille prodigue, sont sans doute des ficelles sentimentales un peu grosses, dès qu’on prend quelque recul.
Belle mise en scène du thème « nos parents nous grondent, et … ce sont nos enfants !» Belle boutade : « La beauté c’est intolérable » dit Eric-Emmanuel Schmitt. « Parce qu'il y a une sagesse de la beauté et qu'on ne veut pas l'entendre. La musique peut nous montrer la beauté de la tristesse, du désarroi, la beauté du deuil, la beauté de l'abandon. Et cette beauté nous force à accepter des dimensions de l'existence dont nous voudrions nous protéger. » Intolérable, parce qu’elle mesure notre nullité ou notre médiocrité.
Il s’agit d’un dialogue attribué par la tradition à Platon (428-347 av. JC), mais dont l'authenticité est contestée par de nombreux critiques modernes. Dans ce dialogue qui se déroule entre Socrate et Hippias le sophiste, celui-ci, imbu de son vain savoir et de ses succès, cherche la définition du beau en soi, autrement dit de l'idée générale de beauté. Socrate commence par féliciter ironiquement le vaniteux sophiste qui a fait consister son succès et la valeur de son propre savoir dans l'argent soutiré à ses disciples: puis, prenant prétexte d'un discours déclamé avec succès par Hippias devant les Spartiates, il lui propose insidieusement un petit problème, qu'il prétend lui avoir été soumis par un interlocuteur curieux et combatif. Celui-ci lui aurait demandé de définir le beau et Socrate se serait trouvé dans l'embarras. Hippias consentirait-il à l'aider, en l'éclairant de sa sagesse hautement reconnue? Flatté, Hippias accepte avec empressement: Socrate lui donnera la réplique, pour mieux profiter de la leçon. Hippias croit résoudre aisément le problème en disant par exemple, qu'une belle fille est une chose belle: mais, objecte Socrate, une vieille marmite, elle aussi, est belle dans son genre et ne paraît laide que par rapport à une belle fille; comme celle-ci d'ailleurs paraît laide comparativement à une déesse. Ces choses peuvent donc être belles ou laides et, de ce fait, ne représentent pas le beau. Le beau, c'est l' or réplique alors Hippias: mais non lorsqu'il est utilisé à tort et à travers. Il faudra donc dire que l'or est beau lorsqu'il est approprié; et si ce qui est approprié est beau, une cuillère d'or lorqu'il s'agit de préparer une bonne soupe. Hippias, croit avoir trouvé désormais la juste solution: la plus belle chose est de vivre riche et honoré, d'enterrer avec pompe ses propres parents et d'être enterré à son tour par ses propres descendants. C'est là toutefois, répond Socrate, un état qu'on ne reconnaît ni aux dieux ni aux héros immortels: il serait donc impie d'affirmer pareille chose. Nous ne sommes donc pas encore parvenus à saisir le beau. Alors, Socrate, feignant d'interpréter la pensée de son interlocuteur inconnu, propose une nouvelle solution: le beau ne consisterait-il pas dans la conveance, qui rend beaux et utiles les objets? Cependant, objecte-t-il aussitôt, la convenance fait paraître les objets plus beaux qu'en réalité: ce n'est donc pas cela qui les fait paraître tels. Il vaudrait mieux identifier le beau à l' utile; mais il existe une capacité utile à faire le mal, qui ne peut absolument pas correspondre au beau. Du reste, ce dernier ne correspond même pas à l'utilité et à la capacité de faire de bonnes choses: en effet, étant cause du bon, il ne peut être que différent: mais peut-il jamais se faire que le beau soit autre chose que le bon? Le beau ne serait-il pas ce qui charme au moyen des yeux et des oreilles? Cependant les plaisirs de la vue et de l'ouïe ne sont pas beaux en tant que plaisirs (puisqu'il existe également des plaisirs méprisables), ni en tant qu'ils relèvent de l'oeil ou de l'oreille. Faut-il penser en conséquence que le beau s'identifie au plaisir utile? Nous retombons alors dans la même incohérence qu'auparavent. Hippias, irrité par cette redoutable dialectique qui entend examiner minutieusement les choses, interrompt la discussion, accusant Socrate de ne savoir rien faire d'autre que confondre les idées. En dépit de sa structure logique assez faible, ce dialogue, qui recourt même à certains endroits à des artifices sophistiques, n'en conserve pas moins un tour extrêmement vivant du fait de sa prise de position satirique.
Le grand Meaulnes (1913) est un livre de maturité pour la correction du style, la progression du mystère, la rigueur extrême de la composition: rien ici, n'est superflu; mais aussi, livre plein des rêves de la jeunesse, de son désir impatient du bonheur absolu, de son besoin inlassable de mystique et d' irréalité.
Dans l'univers le plus mobile, le plus calme, un petit village, une petite école du pays de Sologne, le rêve vient s'insérer tout à coup dans le quotidien. Augustin Meaulnes, le héros, est à la fois l'instrument et le possédé du merveilleux: son arrivée dans la petite école, son intimité avec le narrateur, brisent autour de celui-ci le cercle des accoutumances: "Quelqu'un, écrit le narrateur, est venu qui m'a enlevé à tous ces plaisirs d'enfant paisible. Quelqu'un a soufflé la bougie qui éclairait pour moi le doux visage maternel... Quelqu'un a éteint la lampe autour de laquelle nous étions une famille heureuse, à la nuit, lorsque mon père avait accroché les volets de bois aux portes vitrées. Et celui-là, ce fut Augustin Meaulnes..." Mais le "grand Meaulnes", jeune paysan du Cher, est lui-même le prisonnier d'un monde mystérieux: c'est sans le vouloir, une nuit, au hasard d'un accident de route, qu'il a goûté à l'enivrante saveur du Pays perdu. Egaré dans le coin le plus désolé de la Sologne un soir d'escapade, il pénètre dans un château mi-réel, mi-féerique, royaume d' enfants, de forains, de comédiens, d'étranges paysannes en costumes de fête... Augustin Meaulnes, émerveillé, apprend qu'on va célébrer les noces du jeune châtelain et d'une mystérieuse jeune fille de Bourges, que personne n'a vue. Mais la jeune fiancée n'arrive pas. Elle ne viendra pas. Frantz de Galais, le fiancé, est désespéré. La noce s'achève avant de commencer. Il faut rentrer au village et à l'école: mais le grand Meaulnes est ravi par la vision d'une jeune dame magnifique, entrevue dans un salon, et qu'il a suivie dans une promenade en barque. Avant de la quitter, il lui dit son nom, et elle, le sien: elle est Yvonne de Galais, la soeur de Frantz. Meaulnes retourne dans son village, mais il est désormais l'être d'un autre monde, qui apporte "autre chose", la fraîcheur, l'indéfinissable. Ses anciens camarades le sentent bien, qui s'éloignent maintenant de lui, excepté le narrateur, son confident de classe, qui brûle de l'accompagner un soir dans le château des rêves. Meaulnes ne vit que pour revoir la jeune fille; mais au retour comme à l'aller de son voyage, il s'est perdu et ne sait plus trouver la route. Un jour, arrive à l'école un nouvel élève, bohémien étrange qui tente de ravir à Meaulnes le plan qu'il a commencé de dresser, d'après ses souvenirs, de la région mystérieuse. Mais le bohémien, ôtant plus tard le bandeau qui lui couvrait le front, se fait reconnaître pour le jeune Frantz de Galais: avant de disparaître, il confie à Meaulnes que sa soeur est à Paris, lui donne une adresse et lui fait jurer, ainsi qu'à son compagnon, de se tenir prêts à le secourir s'il les appelle un jour. Meaulnes part pour Paris, mais il n'envoie au narrateur que des lettres désespérées. Son ancien compagnon, au hasard d'une promenade, retrouve le chemin du mystérieux château et cette demoiselle de Galais que Meaulnes alla un jour chercher à Paris. La jeune fille s'émeut au nom de Meaulnes. Les adolescents se marient. Mais, le soir des noces, on entend un cri que seuls connaissent Meaulnes et le narrateur: c'est Frantz qui revient dire son désespoir et demander à Meaulnes de chercher avec lui à travers le monde la fiancée perdue jadis. Le lendemain, le grand Meaulnes a disparu et Yvonne, sa femme meurt quelques mois après. Plus tard, le narrateur, devenu instituteur, découvre parmi de vieux cahiers d'élèves le journal intime du grand Meaulnes arrivé à Paris, cherchant en vain Yvonne, celui-ci a rencontré la fiancée de Frantz. Ils se sont aimés et la jeune fille, comme signe de tendresse, lui a donné la dernière lettre qu'elle possédait du jeune noble. Meaulnes s'aperçoit avec horreur que son amour est impossible, et il rejette Valentine. Comment aurait-il pu, après cette aventure, consentir au bonheur alors qu'il avait entendu l'appel de Frantz? Il devra d'abord réunir les deux fiancés. Quand il aura réussi et qu'il rentrera au pays, sa femme sera morte et il s'en ira, Dieu sait où? avec la petite fille qu'elle lui a laissé.
L'intrigue, assez compliquée, surtout vers la fin du livre, a un sens tout symbolique: c'est l'art particulier d'Alain Fournier que de savoir ainsi unir la richesse et la précision des détails à la féerie de l'atmosphère. On ne doit pas chercher ici une analyse de caractère: il s'agit moins d'ailleurs d'un roman que d'un long poème qui veut faire partager au lecteur un certain état d'âme. Le symbole est assez transparent: il existe un point de félicité qui, une fois atteint, ne le sera plus jamais. Le grand Meaulnes est poursuivi par le rêve d'un bonheur qui le rend désormais inapte à tous les autres. L'absolu de son désir fait de lui un séparé, incapable de trouver la paix et le consentement dans un être fini. Tout le livre est ainsi dans le continuel contraste entre cette rêverie infinie, dont les deux personnages principaux sont prisonniers, et l' affection, la simplicité, le réalisme avec lesquels Alain Fournier peint les circonstances physiques et psychologiques autour d'eux. Les jeunes gens, les êtres ardents et déchirés d'un impossible désir, ne se lasseront jamais sans doute de lire et d'aimer "Le grand Meaulnes". L'influence que ce roman a exercée sur la littérature française contemporaine est considérable et nombreuses sont les oeuvres, dont l'inquiète et douloureuse aventure de la jeunesse forme la trame même du récit, qui ont emprunté au Grand Meulnes cette atmosphère de rêve ou s'en sont souvenues.
TU DEVRAIS…
Au lieu d’être à l’école,
A 5 ans, sous le fardeau
Petite fille dans la pierraille,
Maniant le marteau,
Tu découpes des rigoles … ?
Toi, tu trimes dans la mine,
Gamin des Hauts plateaux
Tu n’as vraiment pas le choix,
Ta famille comptant sur toi.
Petit enfant du Pérou ou d’ailleurs,
Tu fais ton dur labeur.
Pour survivre !
Mais toi l’ouvrier en grève,
Qui a toujours son travail,
Des avantages en pagaille,
Un toit, la sécurité sociale,
Tu te plains bien trop souvent
Avec ou sans raisons, sans trêve
Que dirais-tu si demain,
Soit l’usine devra fermer
Ton boulot délocalisé,
Tes enfants te remplacer
Parce que moins chers,
Ou plus facile à contrôler ?
De trop vouloir !
Tu devrais profiter des avantages
Que d’apportes ton grand âge,
Mais tu suffoques dans la poussière,
Tu plies sous le poids des pierres,
Mine de souffre, ou de minerais,
As-tu réellement le choix ?
Pas de sécurité sociale,
Aucune aide humanitaire,
Comme avant toi tes pères,
Ont souffert la même misère.
Dans tes yeux la colère,
A fait place à la résignation,
Jusqu’à l’heure du cimetière,
Tu trimeras ……
Mdl
petit rapporteur depuis trente ans de l'atelier d'écriture du Chant d'Oiseau " de la Plume aux Rêves"
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Tu as commis l’erreur…
Tout avait commencé, tout juste après Noël.
Source de renouveau, cette fête chrétienne,
Restera pour longtemps un souvenir cruel,
Tout chargé de rancoeurs, de vengeance et de haine.
Tu as commis l’erreur d’arriver dans un monde
Où l’on sentait déjà que l’on était de trop,
A piétiner l’espace, en ce ghetto immonde,
Comme aux heures de pointe est bondé me métro.
Tu as commis l’erreur, d’arriver en un lieu
Où deux peuples croyants revendiquaient la place.
Où l’un d’entre eux prétend qu’il n’existe qu’un Dieu
Et comme élue par lui, est unique sa race.
Tu as commis l’erreur, d’être d’autres peuplades
Aux coutumes venant d’une autre Vérité,
Toute aussi enflammée, et pourtant respectable.
Cependant, vous avez longtemps cohabité.
Tu te retrouves dans une effroyable guerre,
Tu découvres la peur et tu n’y comprends rien.
Tes parents t’ont conçu, dans un espoir précaire,
D’une paix à venir, qui fleurirait demain.
Pauvre enfant maintenant, te voilà dans le bain,
Dans la haine et le sang tu dois apprendre à vivre,
Mais tu es trop petit, pour choisir ton destin.
Tu n’auras pas le temps, la malchance t’en prive.
Tu as commis l’erreur, d’habiter à coté
D’un jardin d’enfants et d’une école publique,
Qui, peut être, cachaient d’autres activités…
D’ici partent des tirs, de là, vient la réplique…
Dans les bras de son père, il reste un petit corps,
Qu’accompagne une foule, haineuse au cimetière,
Oh combien de martyrs, leur faudra-t-il encor,
Pour qu’ils disent ensemble une même prière ?
Ce n’est pas la première encor moins la dernière
Procession qui entonne « œil pour œil, dents pour dents »
Quelques mots à changer dans leur vocabulaire
Et pourraient vivre en Paix, demain, leurs descendants. (noël 08)
membre de l'Atelier "de la plume aux Rêves" de Woluwé ST Pierre et de "Repères" à Kraainem - Belgique
Mise en scène : Jean-Claude Idée
Avec : Jean-François Brion, Yves Claessens, Lisa Debauche, Jean-Claude Frison, Gauthier Jansen, Michel Poncelet, Laurent Renard, Dominique Rongvaux, Manuela Servais, Vincent Vanderbeeken, Elisabeth Wautier.
Mise en bouche :
Les caprices de Marianne se déroulent à Naples. Marianne, jeune femme orgueilleuse, a épousé Claudio, un juge austère et misanthrope. Coelio, jeune homme sensible et sentimental s’éprend d’elle. Trop timide pour l’aborder, il sollicite les services d’Octave, son ami d’enfance, libertin notoire. La dualité de Musset libertin (Octave) et romantique (Coelio) s’exprime ici clairement pour la première fois.
Fantasio est un jeune noceur débauché, désargenté, tour à tour cynique et mélancolique. Poursuivi par ses créanciers, il reprend – pour échapper à la prison – la fonction du bouffon du roi de Bavière, qui vient de mourir. On prépare les noces de la princesse, sa fille avec le belliqueux prince de Mantoue. Une étrange relation s’installe entre ces deux jeunes gens que tout sépare.
Dans l’assiette :
Le pur bonheur de l’art du spectacle. Un rideau de velours se lève… Bigre ! Il manque les trois coups… Cela ne se fait plus ! Mais le décor est auguste. Deux ensembles de colonnes en rotonde et marches amovibles se métamorphosent en palais, maison, rue, tonnelle, jardin, prison…. avec la grâce de gondoliers vénitiens à l’œuvre. L’imaginaire fait le reste : l’église, cette place, ces petits orangers verts, cette cascade fraiche… La vie légère, les tavernes, les balcons, les jalousies d’où l’on observe… L’atmosphère de carnaval, brillante et cruelle. Ce décor virevoltant est néanmoins complètement moderne par son dépouillement. Les costumes sont dignes de Watteau, matelas de soieries indiennes et, dans Fantasio, un piano à queue et son pianiste sur un plateau qui virevolte tout autant.
Dégustation :
Les visages radieux de la jeunesse : Lisa DEBAUCHE, Elisabeth WAUTIER, Gauthier JANSEN, Dominique RONGVAUX et les autres… Ceux, décomposés de la vieillesse , de l’avarice des sentiments, de la bêtise et de la médiocrité. Le corps entier de Coelio, au bord de l’inanition tant la sincérité de son amour le fait souffrir. Les mines compassées de la belle Marianne, une poupée de bénitier tant qu’elle ne s’est pas jetée dans une sainte colère où elle révèle enfin son irrésistible charme. Elle est alors sublime.
Un bouffon craquant d’intelligence, et de facéties, de bons mots, d’espièglerie et de calembours et le ridicule du pouvoir et de la guerre. Tout de même aussi, la tendresse d’un père et l’obéissance de sa fille, pétrie de devoir juste. Avant tout elle veut arrêter la guerre et s’offre généreusement à cette noble poursuite.
Des moments de vertige : « moi, cela me fait frémir : c'est l'histoire du siècle entier. L'éternité est une grande aire, d'où tous les siècles, comme de jeunes aiglons, se sont envolés tour à tour pour traverser le ciel et disparaître ; le nôtre est arrivé à son tour au bord du nid ; mais on lui a coupé les ailes, et il attend la mort en regardant l'espace dans lequel il ne peut s'élancer. » Fantasio, Acte 1 scène 2
La pièce montée :
Des nuages de langue française, classique, harmonieuse, balancée, belle, sensible, bien dite, un ravissement pour l’oreille. Et la musique….
De la musique napolitaine plein les yeux, à cause des tambourins et guitares que l’on imagine, et cet inénarrable pianiste sur son plateau tournant, qui chevauche aussi bien Chopin et Beethoven que Mendelssohn ou la panthère rose. Le tout baigné d’humour pétillant dans l’atmosphère féerique des plus belles comédies de Shakespeare. Clin d’œil élisabéthain.
Nul ne peut résister à un bouquet parfumé de tels talents, prêt à ravir toutes les papilles de l’âme. Le vin fin (Lachrima Christi) et le champagne de l’esprit coulent à flots et avec délices.
Point de mignardises: une soirée royale!
http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2010_2011_003