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L'encre de ma plume!!!

Les encres ou je trempe ma plume

La personnalité, de mon être résument

Celle coulant de mon cœur

Est faite de rires et de pleures

 

Celle venue de mes colères

S’empourpre, devient sévère

Se révolte, dénonce et condamne

En regardant le monde, et ses drames

 

Celle puisée à mon regard curieux

Vagabonde, observe en tous lieus

C’est l’encre de toutes diversités

Qui alimente bien des sujets

 

Quand à l’encre de mes pensées,

Elle est parfois bien embrouillée

Souvent de couleur bien noire

Mais toujours tournée vers l’espoir

 

Celle qui ruisselle de mon âme

Est la plus belle, réservée à la femme

Elle a la couleur et le parfum des fleurs

Pour dessiner, les contours de son cœur

 

Que dire de celle de mes humeurs

D’où coulent, bien des rancœurs

Parfois aussi moqueuse, un peu coquine

Dure, injuste parfois, on le devine

 

C’est l’encre de ma dite raison

Qui coule souvent en déraison

Donnant trop souvent ses faveurs

A celle de mon pauvre cœur

 

Mais c’est à l’encre de ma conscience

Que je puise toute ma reconnaissance

Pour chacune et chacun de vous

Qui pour me lire, sont au rendez-vous

 

Loïc-le-21-8-2014

 

 

 

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Esperar

 

Lorsque l'on attend, on espère.

Esperar signifie attendre.

Quand rien n'arrive, on persévère.

Or la fin  souvent peut surprendre.

Je ressentis, dès mon enfance

De nombreux et troublants émois.

J'entretins, dans mon innocence,

L'espérance qui est ma foi.

Suis longtemps demeurée pareille,

Aimant et célébrant la vie.

J'étais celle qui s'émerveille,

Emplie de projets et d'envies.

Maintenant, n'espérant plus rien,

Contente d'être enfin sereine,

Sans attentes, je me sens bien.

Ma coupe est suffisamment pleine.

8 janvier 2013

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administrateur théâtres

2549246019.jpgLe théâtre des Martyrs a inauguré sa saison 2014-2015 avec une première performance  du Théâtre en Liberté dirigé par Daniel Scahaise, un spectacle foudroyant de cruauté  qui montre les limites à ne pas enfreindre au risque de payer le prix fort. Difficile de s’en remettre.  L’interprétation est fort traditionnelle comparée à celle de Tom Lannoye dans sa « Mamma Medea » qui était d’une inventivité étourdissante. Ici nous allons patauger dans le drame immonde des protagonistes, faisant face à des remparts de ville méditerranéenne au pied desquels s’affairent des humbles gens des années 30-40. Chapeaux à voilettes, châles. Les tableaux sont particulièrement pittoresques. De jolies jeunes  villageoises en habits noirs pour la plupart. On tresse des fleurs, on brode des paillettes sur des voiles, on plie du linge, des hommes silencieux regardent. Voilà le chœur planté. Il sculptera avec grande fluidité toute la tragédie, faisant émerger une sagesse qui ne peut se nourrir des passions extravagantes. Ah ! Que l’on aime tout ce petit peuple de figurants (élèves du Conservatoire Royal de Bruxelles)!

1550198084.jpgSurvient la Folie personnifiée. Hélène Theunissen, une comédienne chevronnée l’incarne, avec toute la violence dramatique dont elle est capable. La  Médée d'Euripide est déchirée entre son amour pour Jason et sa colère d'être  remplacée par une autre femme. Ses imprécations sont des explosions de rage et de  douleur incontrôlables. Elle renverse échelles et guirlandes. Elle se lamente sur la problématique de l’étranger qui doit faire beaucoup de concessions pour être accepté par la cité où il vit. Thématique qui traverse les siècles. Aussi la magicienne trahie choisira d'accomplir un acte odieux pour toucher Jason au plus profond de son être… Médée, une  terroriste, quoi ! Dont on dira que, bien que  mère criminelle, elle est  une femme courageuse qui s'élève seule contre le pouvoir des hommes. Elle est habile, pleine de mauvaise foi, profite de la moindre occasion pour mettre en œuvre ses sombres desseins, endort les soupçons, ironise, manipule à mort.

3869623297.jpgLes discours  maladroits du  très lâche Jason (un très convaincant Stéphane Ledune) sont  mielleux à souhait et ne manquent pas d’habile hypocrisie. S’il se remarie, c’est… pour protéger ses enfants, dit-il! Pathétique et humain!  Et le chœur de commenter que si Jason a été injuste, nul malheur n’est plus grand que d’être loin du sol natal ! On oublie de dire que la noble  Corinthe a accueilli des fuyards criminels…  

2649291396.jpgMais ce qui passe le moins dans le texte lourd comme du plomb fondu, c’est que la vengeance personnelle prend le pas sur l’amour des enfants. « Tuer les enfants, rien ne ravagera plus mon mari !» Euripide décrit une folie destructrice que tous les Grecs craignaient le plus au monde : la vengeance.  La folie frôle de près le culte de la mort et on revient de ce spectacle fort meurtri. « La passion a eu raison de ma raison » dit-elle en lavant une dernière fois ses enfants aux portes de la ville ! Le feu empoisonné de la vengeance de l’exil et de l’adultère consumera le roi et sa fille. Le peuple en habits de fêtes nuptiales déplore : « Le sort favorise celui-ci, celui-là mais qui est heureux? Personne. Zeus dans l’Olympe organise bien des choses, à l’inattendu, les dieux livrent passage… » Ouf ! La distribution inclut quelques-uns de nos comédiens préférés : Jaoued Deggouj, Bernard Marbaix, Sylvie Perederejew ,Dolores Delahaut. Seul le petit peuple fait un peu de bien dans cette sombre tragédie où les protagonistes, hommes  et femmes  donnent une piètre image de notre condition humaine!

Le mot de la fin revient évidemment au metteur en scène : Nous voudrions, toute l’équipe et moi, que le spectateur suive la représentation comme un acte de foi, qu’il soit aussi inquiet, aussi envoûté, aussi fixé sur l’évènement qu’on lui propose que s’il assistait à un sacrifice. Nous aimerions que le spectateur ne se reconnaisse que dans les sentiments extrêmes, hors de toute contingence quotidienne,  qu’il soit pris dans un kaléidoscope de sentiments violents, comme dans un rituel, à travers les sens, la sensibilité et la disponibilité spirituelle. MEDEE est pour nous, non seulement la tragédie de la vengeance et de l’exil, mais un véritable sacrifice rituel. La cérémonie de la passion déchaînée dans toute sa splendeur. Son horreur absolue.

http://www.theatredesmartyrs.be/index2.html  Jusqu'au 24 octobre

 

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Addendum : Stockholm Nationalmuseum.

12273055072?profile=originalLucas Cranach l'Ancien (1472-1553) :

Lucrèce, 1528.

Scandale dans la famille : Lucrèce à peine vêtue de probité candide et de lin blanc était l'épouse fidèle de Tarquin Collatin. Elle attisait la convoitise du cousin de ce dernier, Sextus. Sextus qui secondait d'une main de fer son père, Tarquin le Superbe, qui avait pris le pouvoir en assassinant son beau-père, Servus Tullius. Sextus, chaud lapin sans scrupules, viola Lucrèce. Elle dénonça publiquement l'ignominie et réclama vengeance. Collatin et ses proches soulevèrent le peuple et renversèrent le Superbe. C'est ainsi que la République romaine fut proclamée.

D'autres écoles sont bien sûr présentes au Nationalmuseum de Stockholm.

Les Espagnols ne m'en vondront pas (j'ai consacré un long billet à la peinture andalouse) si j'ai oublé Le Gréco, Goya ou Meléndez. Mais leurs représentants sont tout de même peu présents.

Figurent également en bonne place :

Les Allemands avec Baldung Grien, Refinger ou Ehrenstrahl, celui-ci, né à Hambourg, devint membre de la noblesse suédoise, nous le trouverons donc plus tard. Mais c'est un Lucas Cranach l'Ancien et sa Lucrèce que j'ai retenu. Peut-être pour son sujet à la forte charge érotique sur lequel notre peintre de la Renaissance revint souvent...

Les Anglais, rendons leur la politesse, m'ont bien accroché, avec :

12273055475?profile=originalThomas Gainsborough (1727-1787) :

Maria, lady Eardley, 1766, en robe de soie.

12273055097?profile=originalJoshua Reynolds (1723-1792) :

Portait de dame.

Mrs Pigott of Chetwynd ?, certes plus austère voire bigote mais au regard pénétrant.

ou encore et toujours Turner qui nous plonge dans des abymes de modernité.

12273055499?profile=originalWilliam  Turner (1775-1851) :

Marine, plus atmosphérique tu meurs !

Des milliers d'oeuvres classiques, mais aussi 30 000 créations d'arts appliqués et d'objets décoratifs.

Deux exemples qui ont ouvert la voie au design contemporain qui fait aujourd'hui la renommée de la Suède (les amateurs d'art moderne trouveront leur content au tout récent Moderna Museet où tous les courants sont présents, avec toutefois, pour les plus contemporains, une prédominance des artistes américains) :

Le pot de terre et le pot de fer :

12273055673?profile=originalAlf Wallander (1862-1914) :

détail d'un vase typique du Jugendstil,

présenté à l'exposition de Stockholm de 1897, puis à celle de Paris 1900.

12273056067?profile=originalEric Grate, design 1919, et Näfveqvarns Bruk, fonte en 1922 :

L'urne de Berglag, fonte (détail).

Il ne s'agit là bien sûr que d'un choix restreint et suggestif, juste de quoi vous donner l'envie de découvrir Stockholm, la lumière légère et pure de la Suède que ses peintres ont si bien rendue comme nous le découvrirons bientôt.

Attention cependant, le Nationalmuseum est actuellement fermé pour rénovation (réouverture prévue en 2017, ce qui vous laisse le temps de préparer le voyage !). J'ai néanmoins eu le plaisir de vous présenter quelques oeuvres majeures de la peinture étrangère qui furent exposées cet été à la Konstakademien, l'académie royale des Beaux-Arts de Suède.

Terminus.

Michel Lansardière (texte et photos).

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ATTENTE

12273054866?profile=originalL'Attente nous retranche de la réalité en nous faisant pressentir que la vraie vie est ailleurs

Et se priver de cet espoir insensé n'est pas possible car sitôt le désir atteint

l'esprit cherche un nouvel indice pour imaginer encore ! et encore

AA

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HISTOIRE COURTE 27...

DERRIERE LA PORTE...

Pourquoi diable m'a-t-elle donné rendez-vous si tôt?

Ce matin, alors que j'aime tant profiter du dimanche pour une grasse matinée, j'étais réveillée à l'aube et me voilà déjà à l'adresse indiquée! Moi, l'éternelle retardataire sauf au boulot, j'ai dix minutes d'avance, merci le stress!

Trente-cinq ans que nous ne nous sommes plus rencontrée et tellement de souvenirs qui remontent...

Le GPS a bien rempli son office, j'ai trouvé facilement cette adresse de campagne qui m'a surprise... sans me surprendre!

Je revois la grande et si belle maison où elle a passé son enfance et où si souvent je fus chaleureusement accueillie. Je revois le visage de son frère à la séduction certaine, les sourires de ses deux petites sœurs et aussi ses parents si différents qu'on se demandait ce qu'il pouvaient bien faire ensemble, hormis des enfants!

Je revois tout cela et en fond d'image sépia...le visage rond de Marinette et son sourire qui hésite ou se donne suivant les circonstances.

Je suis heureuse de la revoir enfin, merci Facebook! Je suis aussi surprise qu'elle ait insisté pour me fixer rendez-vous chez elle plutôt qu'à mi-chemin dans un resto comme je l'avais suggéré.

Cette porte devant laquelle je me trouve, n'a rien à voir avec celle de la maison familiale de son enfance. C'est une grille un peu rouillée devant un jardin qui me semble assez sauvage, aux antipodes de mes souvenirs...

Vais-je la reconnaitre, ses yeux, son sourire? Allons-nous nous retrouver, reprendre le fil de cette amitié de jeunes ados? Que de questions devant une porte close!

Allons, finies les hésitations, je sonne et je pousse la grille...

Me voilà dans un court sentier et au bout, j'aperçois un pavillon de banlieue avec son petit perron assez charmant mais dont les quelques marches ont été enlevées et remplacées par une légère pente asphaltée... cela m'intrigue. J'ai le cœur qui bat et la porte s'ouvre, supprimant tout suspens. Me voilà face à Marinette, si fluette, un visage si menu, une chevelure abondante. J'ai du mal à la reconnaitre avant que son regard capte le mien et qu'elle éclate de rire.

-Tu ne t'attendais pas à cela? Avoue... dit-elle.

Son rire sonne un peu douloureux. J'aperçois les deux cannes sur lesquelles elle s'appuie.

-Entre donc, n'aie pas peur, ce n'est pas contagieux, continue-t-elle.

Je la suis, et de dos sa silhouette semble encore plus menue. Les questions se bousculent dans ma tête et pourtant je sais que mes lèvres vont les retenir, doivent les domestiquer! Ne pas blesser... j'ai envie de la prendre dans mes bras, mais Marinette était un peu garçon manqué dans mes souvenirs et n'aimait pas trop les effusions. Alors, aussi retenir mes impulsions! Moi, qui ait pris quelques kilos avec le temps et qui me mets si souvent au régime, je me sens tout à coup légère d'être un peu lourde!

Que la vie est donc imprévisible et tourmentée...

J.G.

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Le mystère de l'inspiration poétique

 

Soliloque

 

Sous l'effet d'un émoi, la mémoire affective,

Fait parfois apparaître un instant lumineux.

Lors l'esprit aussitôt se connecte et s'active

Provoque l'évasion vers un autre milieu.

 

Les artistes ont appris les lois de l'harmonie

Dont dépend la beauté, souvent époustouflante.

Par de savants calculs, naissent les symphonies

Et des oeuves engendrant une grâce grisante.

Les poètes employaient d'efficaces structures,

Qui présentaient un choix de rythmes très divers.

Leurs odes et ballades offraient des lignes pures,

Une douce musique émanait de leurs vers.

Or le progrès incite, irrésistiblement,

À laisser libre cours à sa façon d'écrire.

Le beau parler d'antan ne tente plus vraiment,

Trop de délicatesse et fort peu de délire.

L'inspiration devient un intrigant mystère.

A parfois des effets de dépaysement.

Peut provoquer aussi des critiques austères.

Or tout dépend du style et surtout du talent.

9 octobre 2014

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roses noires, folies d'un soir

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Dédié à nos modèles qui osent !    Dedykowane do naszych modeli, którzy odważą!

Nous vous offrons ces roses, roses !   Oferujemy Państwu te róże, róże!

 

Roses noires,   Czarne róże,

Folies d’un soir !   Zwariownay wieczor

 

Elle dévoile son corps,   Ona pokazuje jej ciało

Sans aucun remord,    Bez wyrzutów sumienia,

Vous serez courtisée    Będziesz zabiegał o nie

Mais sans être aimée !   Ale nie bedziesz kochany!

Il y aura des idiots,     Zostaniesz  idiotà

C’est le juste mot      To jest właściwe słowo

Pour les décrire   Dlatych co zechcà cie opisac

Qui vont  vous écrire    Majàc na uwadze

Des propos enflammé   Twojà zapaczywosc

Se croyant désiré.    Wierzàc w twe pozàdanie….

 

Roses noires,   Czarne róże,

Folie d’un soir !   Zwariowany wieczor

 

Pauvre prétentieux,    Biedne, pretensjonalne…..          

Ce n’est là qu’un jeu,    To jest tylko gra,

Car inconsciemment,    To podświadomie

Sans chercher l’amant,   Pragnienie kochanka, 

Sans chercher à nuire,    Nie próbując zranić,

Elle aime vous séduire.   Kocha cię uwodzic….

Ce n’est qu’une femme   Jest to tylko kobietà

Et comme toute femme    I jak wszystkie kobiety

Elle aime être désirée,    Lubià ranic..rozrywac

Sans pour ça, être, baisée !    Ale bez tego ponizania !           

 

Roses d’un soir,    Czarne róże,

Folie d’un soir !    Zwariowany wieczor

 

L’amour c’est autre chose   Miłość to coś innego

Que quelques proses   To cos jak proces

Où vos envies charnelles     Gdzie swoje cielesne pragnienia

Ne sont que sexuelles.    To tylko seksualnym zaspokojeniem

L’amour n’est qu’un mot      Miłość to tylko słowo

Mais c’est un grand mot !     Ale to wielkie słowo!

Il faut oublier vos envies,     Musisz zapomnieć o swoich pragnieniach,

Pour qu’elle soit ravie   Aby być szczęśliwym

Combler vite les siennes,    Pozbàdz sie jego szybko

Pour que son amour, vienne !   By milosc znowu powrocila…..  

 

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avec le temps

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Au fil du temps, une et indivisible, telle est devenue cette union !

Enracinée on ne sait comment, mais elle a prit racine !

Parfois, cette union supporte le temps, ses intempéries ou apprécie ses jours ensoleillés. Union aussi de plusieurs origines, greffées par hasard, la tienne, polonaise, les miennes, italienne, belge, française et celles que je ne connais pas.  

Une union que personne n’aurait pu imaginer, créer et pourtant, elle existe. Au fil du temps, elle se solidifie, ces racines d’un bois tendre se transforment et deviennent celles d’un bois dur. A cause de nos petits grains de folie, de nos complicités, ce bois devient noble, l’art aussi, est un lien fort !

Comme toutes naissances, douloureuses, au fil du temps, la vie s’installe plus sereine, heureuse mais toujours avec un peu de folie ! 

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Tristesse JGobert

La tristesse qui m'envahit chaque matin est une arme contre la vie.

De mes ongles, je l'arrache pour pouvoir respirer et contempler le jour qui se lève.

Un jour nouveau, empli de vie et que rien ne doit troubler.

La mort est à nos pas, cruelle et aveugle.

Elle rançonne autour d'elle et s'arrête.

Pas de bon choix, c'est elle qui détermine le coupable.

Celui qui va mourir.

Et la tristesse réapparaît, inlassablement, indéfiniment.

Et mes ongles couverts de sang grattent mon âme blessée pour la libérer de ce tourment.

Impuissante, je subis et me réjouis de ce jour qui se lève.

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Une activité qui me sied

À mon fils Alain

 

Ne s'achève jamais un jour

Sans que je cause avec moi-même.

Je me tiens propos et discours

Sur des sujets souvent les mêmes.

Quand ma pensée devient audible,

Ma mémoire assemble des mots,

D'une façon imprévisible.

Parfois, m'offre un ver en cadeau.

Si sa musique me séduit,

À haute voix, je le répète.

Généralement, il s'ensuit

Un poème aux parfums de fête.

Je ne forge jamais de mots,

N'utilise aucun maquillage,

Qui dénature et crée du faux,

Pas de snobisme dans mes pages.

En me relisant, quelques fois,

Je trouve certes profitable

D'avoir capté divers émois,

Certains hasards, incomparables.

8 octobre 2014

 

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administrateur théâtres

12273051878?profile=original12273052082?profile=originalMettez un arbre de Noël dans votre compartiment… Vous souvient-il de "Gueule d'ange" une comédie romantique  parisienne en duo, splendidement rythmée et jouée  au Centre culturel d'Auderghem, en janvier dernier ? Les artistes Armony et Anthony sont de retour, à l’aube de ce mois d’octobre, avec un excellent cru. Plutôt une mélodie insolite en compartiment 2e classe en route vers le sud.

 FAIS-MOI UNE PLACE !Manuel, homme charmant et maladroit (Anthony Michineau), s’est embarqué avec pléthore de bagages, et cadeaux de Noël… sauf que sa femme n’a pas pris le train. Une jeune étudiante très boute-en-train, spécialisée en Histoire(s) Ancienne(s), section code Hammourabi, force son compartiment et  peu à peu toutes ses défenses naturelles :  Armony Bellanger.  Il faut dire qu’elle a des ressources verbales inépuisables, un rire infectieux, un passé amoureux plus que houleux  et un corps de rêve.  Il est marié, mais bientôt plus - on le lui  annonce au téléphone. Va-t-il pouvoir résister, lui « petite pucelle effarouchée » version masculine (oui, on le jure, cela existe !) aux attraits capiteux de la sirène qui n’a rien de maléfique?

Pendant deux heures, on assiste à la justification méthodique du phénomène de coup de foudre, doublé d’un exorcisme patient de l’épouse lâcheuse. Malgré la minceur du sujet et la situation d’huis-clos, la pièce trouve des rebondissements en cascades. Les téléphones, les selfies, les valises d’accessoires et les récits épiques, cela aide! Les réparties roulent  à un train d’enfer - fort joyeux ma foi. Le  rire en tout cas gicle de toutes parts dans la salle.  Les jeux (de rôles en particulier) sont au rendez-vous, un des ressorts  dramatico-comiques favoris de l’auteur et du théâtre dans le théâtre !  

Vous passerez une soirée délassante au possible, bourrée  de secrets d’alcôve dévoilés, de dialogues cocasses, d’humour bienveillant, car derrière tout cela se cache, malgré des disputes masculin vs féminin inévitables, un immense besoin de tendresse vraie et mutuelle. On se demande aussi par quel miracle autant d’action peut se dérouler dans un compartiment à deux couchettes, mais c’est surtout le débit et l’élocution parfaite qui sont  totalement sidérant !  La mise en scène trépidante  est signée Jordy Karakassian.

 « Fais-moi une place » vous réserve de bonnes et vraies  surprises… théâtrales! On ne vous en dira pas plus…  Vive le Centre culturel d’Auderghem et son  très avisé directeur André Baccichet!  

http://www.cc-auderghem.be/index.php/nos-spectacles/2014-05-14-07-52-11/details/262-FAIS%20MOI%20UNE%20PLACE.html

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/geule-d-ange-une-com-die-en-duo-au-centre-culturel-d-auderghem

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12273051252?profile=original

L'Heptaméron est un ouvrage inachevé de Marguerite de Navarre, dite aussi de Valois, ou d'Angoulême, reine de Navarre (1492-1549), composé de 72 contes et nouvelles. La première édition, posthume, incomplète et désordonnée, parut à Paris chez Gilles en 1558, sous le titre Histoire des amants fortunés. A la prière de Jeanne d'Albret, héritière de la reine de Navarre, Claude Gruget réalisa une édition plus complète, intitulée Heptaméron des nouvelles de la reine de Navarre, et qui fut publié à Paris chez Caveiller en 1559. Certains manuscrits nous ont néanmoins transmis une disposition différente de la matière, ainsi que des nouvelles qui ne figurent pas dans les éditions de 1558 et 1559.

 

Il est impossible de fixer précisément la date de composition de l'ouvrage. L'idée d'écrire un Décaméron français est peut-être venue à Marguerite de Navarre au début des années 1540, lorsqu'elle incita l'humaniste Antoine Le Maçon à traduire Boccace. La reine a subi incontestablement l'influence de la nouvelle italienne, qui lui a révélé les rapports entre passion amoureuse et problématique morale. Même si l'Heptaméron s'engage, dans le Prologue, à «n'escripre nulle nouvelle qui ne soit veritable histoire», des emprunts discrets aux Cent Nouvelles nouvelles ou à des fabliaux célèbres émaillent l'ouvrage; quant à la soixante-dixième nouvelle, ce n'est qu'une habile adaptation de la Châtelaine de Vergi.

 

Parallèlement à ces sources, il faut souligner l'importance de la convivialité aristocratique et littéraire que Marguerite de Navarre connut dès ses plus jeunes années: accoutumée à un milieu cultivé, où l'on aimait agiter dans de libres causeries les problèmes philosophiques et moraux, la reine, devenue conteuse, n'était que plus habilitée à créer un entrelacs subtil de voix, qui enrichît la dimension narrative du texte.

 

Dix personnages nobles, cinq hommes et cinq femmes - au premier rang desquels figurent Oisille, dame âgée et pieuse, Parlamente et son mari, Hircan -, sont réunis fortuitement dans une abbaye des Pyrénées: l'abondance des pluies les empêche de poursuivre leur chemin. Pour «adoulcir l'ennuy», ils décident de commencer chaque journée par la lecture et la méditation de la «Saincte Escripture»: ce sera «leur desjuner spirituel [...] pour fortifier le corps et l'esperit»; après quoi, chacun d'eux racontera une histoire authentique dont la petite communauté s'attachera à dégager le sens et la leçon. Comme l'indiquent les titres des sept journées («Des mauvais tours que les femmes ont faicts aux hommes et les hommes aux femmes», «Des dames qui en leur amytié n'ont cherché nulle fin que l'honnesteté», etc.), la plus grande partie des histoires tourne autour de l'amour et des rapports entre les sexes: femmes avides de plaisirs, amants volages, moines paillards, couples admirablement fidèles, «transis d'amour» qui aiment mieux mourir que de se déclarer, tous les types amoureux défilent, et les épisodes les plus sublimes alternent avec la plus franche grivoiserie.

 

Il est vraisemblable, comme on l'a répété, que Marguerite de Navarre elle-même se cache derrière Parlamente, et que les personnages de Hircan et Oisille ne soient autres que son mari Henri d'Albret et sa mère Louise de Savoie. Mais cette identification importe moins à l'analyse littéraire que l'individualisation très forte des dix personnages, dont les discours correspondent à des options morales et à des philosophies de l'existence nettement différenciées. Les locuteurs ne communient pas dans l'adhésion aux mêmes références et aux mêmes valeurs, ce qui suffit à relativiser l'analogie entre Marguerite de Navarre et Boccace: chez ce dernier, chaque histoire produit une réaction unanime - plaisir ou tristesse, admiration ou répulsion - et témoigne donc, à la fois, de l'univocité du langage et de l'homogénéité de la morale aristocratique. Tout change avec l'Heptaméron: le langage se trouble, le récit s'offre à la «dispute», et les interprétations varient au gré des choix éthiques («Ceste histoire fut bien écoutée de toute la compaignye, mais elle luy engendra diverses oppinions»). Le contenu de chaque nouvelle n'est plus, comme chez Boccace, l'indice de la cohérence du groupe: il devient un opérateur permanent de différenciation, il marque des scissions, voire des lignes de fracture auxquelles les personnages semblent parfois mal se résigner. Le récit appelle la controverse, et la controverse appelle à son tour un nouveau récit, dont on espère vainement qu'il fera taire les polémiques: ainsi s'enclenche une dialectique infinie de la narration et du dialogue, qui explique peut-être, par-delà les raisons conjoncturelles, que l'ouvrage se soit lui-même condamné à l'inachèvement.

 

La question de l'amour, qui résonne d'un bout à l'autre de l'Heptaméron, détermine naturellement les principaux clivages. Cette question comporte au moins deux aspects, à la frontière souvent indécise, mais qu'il convient cependant de distinguer: le débat sur la nature de l'authentique amour, qui se prolonge à l'occasion en «Philosophie et Théologie», et l'éternelle controverse sur les défauts respectifs des deux sexes, alimentée dans les années 1540 par la fameuse «Querelle des Amies». La petite communauté contient son lot d'antiféministes impénitents: selon Hircan, les femmes portent des robes «si longues et si bien tissues de dissimulation, que l'on ne peut congnoistre ce qui est dessoubz»; quant à l'honneur dont elles se prévalent devant les hommes, ce n'est qu'hypocrisie, par quoi elles «se font non seulement semblables aux bestes inhumaines et cruelles, mais aux diables, desquelz elles prennent l'orgueil et la malice» (XXVIe nouvelle). Plus subtile, la question de l'éthique amoureuse n'engendre pas de partis pris aussi brutaux. Qu'est-ce que l'amour, et surtout, comment aimer? Telle est l'interrogation, riche de prolongements moraux, sociaux ou religieux, qui cristallise les argumentaires les plus passionnés. Théoricienne du pur amour, Parlamente appelle «parfaictz amans ceux qui cerchent, en ce qu'ils aiment, quelque parfection, soit beaulté, bonté ou bonne grace; [...] car l'ame, qui n'est créée que pour retourner a son souverain bien, ne faict, tant qu'elle est dedans ce corps, que désirer d'y parvenir» (XIXe). Ce platonisme chrétien, qui fait de l'amour le ressort moral et spirituel par excellence, trouve son meilleur allié dans le personnage de Dagoucin. Amant de l'amour plus que de la femme, ce dernier entend maintenir la passion dans un état de pure intériorité, qui refuse de se dégrader en signes verbaux ou manifestations physiques: «J'ay si grand paour que la demonstration face tort à la perfection de mon amour» que «je n'ose penser ma pensée, de paour que mes oeils en revelent quelque chose» (VIIIe). Hircan, le mari de Parlamente, n'a pas assez de sarcasmes pour une telle «folie»: sa nature agressive et militaire le porte à croire que non seulement l'amour doit être déclaré, mais qu'il n'est de place forte, à terme, qui ne cède à des assauts soutenus. La question est posée: la parole est-elle dégradation, altération de l'amour, ou bien son meilleur instrument? Cette controverse, récurrente dans l'ouvrage, renvoie à la question essentielle des rapports entre l'intimité amoureuse et le monde social: l'histoire tragique de la châtelaine de Vergi montre que l'amour ne survit pas à la destruction du secret longtemps maintenu entre amants, comme si la pureté de la passion ne pouvait coexister avec sa visibilité. Tous les récits néanmoins n'ont pas cette orientation conflictuelle: il se confirme plus d'une fois que l'amour gagne à s'objectiver dans le langage et les gestes, à acquérir un statut mondain, voire à se fondre dans l'institution sociale du mariage. On chercherait en vain, sur ce point comme sur d'autres, une «morale» de l'Heptaméron: un débat s'ouvre plutôt, où s'annoncent les difficultés et les dilemmes qui émailleront, un siècle plus tard, la Princesse de Clèves.

 

Le rapprochement s'impose d'autant plus que la nouvelle, avec Marguerite de Navarre, acquiert un statut proche du roman d'analyse, auquel ni Bonaventure des Périers ni Noël du Fail n'ont su évidemment la hausser. De ce point de vue, on n'a pas toujours rendu justice à l'ouvrage et à la gamme étendue de ses ressources narratives: on a souligné la variété des registres, de l'anecdote grivoise ou scatologique au récit d'inspiration courtoise; mais on n'a pas assez vu que Marguerite de Navarre maniait des techniques fort différentes, de la narration sèche et phénoménologique à l'exposition des méandres psychologiques de ses personnages. L'histoire de Floride et Amadour (Xe), où le héros essaie jusqu'à l'échec final diverses stratégies amoureuses, témoigne de cette seconde tendance. A l'opposé, l'histoire de Laurent de Médicis (XIIe), toute de concision et d'attachement à la pure successivité des faits, réduit l'intériorité des personnages à quelques aperçus fragmentaires: bien loin du lyrisme psychologique que développera Musset, le meurtre du duc de Florence résonne d'une étrange fantasmatique, induite par le seul ballet sanglant des deux corps. D'une manière générale, la technique narrative se caractérise par une plasticité qu'on ne retrouve guère, à la même époque, que chez un Rabelais.

 

Il y a d'ailleurs plus d'une analogie entre l'Heptaméron et Gargantua ou Pantagruel. La reine de Navarre et l'Abstracteur de Quinte Essence ne posent-ils pas, l'un comme l'autre, le problème du sens et de l'interprétation dans un monde rétif aux mailles du langage? Le sens, disait Rabelais, ne nous attend pas, lové de toute éternité dans les replis des mots et des choses: c'est à nous qu'il appartient de le construire et d'en débattre dans une sociabilité intelligemment conçue. La même mouvance et la même plurivocité animent l'Heptaméron: aucun des dix protagonistes ne peut attendre de la communauté devisante qu'elle interprète comme lui les conduites humaines; chaque dialogue entre les personnages fait éclater une altérité que rien ne saurait plus résorber. Voué à une varietas souvent conflictuelle, l'espace clos de l'Heptaméron possède en même temps une remarquable unité: on s'y dispute, mais on s'y écoute, et nul ne songerait à transgresser les règles instituées au départ. La petite abbaye pyrénéenne ne fait-elle pas, ainsi, figure d'utopie aristocratique? Dans le monde des années 1540, où les antagonismes confessionnels menacent le tissu social et les structures politiques, elle montre la possibilité d'allier la cohésion du groupe et la différence des morales et philosophies individuelles.

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Partir et ne pas revenir

Partir c’est mourir un peu dit-on. Mais rester c’est mourir avant de partir, avant de quitter définitivement sa vie. Attendre que cela vienne en se demandant quand, où, comment, chassant les circonstances de temps, de lieu et de manière en s’illusionnant, découpant les semaines de travail avec des week-end de réjouissances fracassantes, des projets de vacances en Juillet et Août pour aller ailleurs, se ressourcer et revenir ! Et faire du sport, des régimes pour maigrir, regrossir et refaire des régimes pour retrouver le sourire perdu. Avoir des amis, ceux du bureau, de l’atelier, du ministère, d’un parti, d’un clan de retraités ” jeunes-vieux “ou vieux jeunes qui sont comme les rentiers arrogants et inquiets courant après les découvertes, les photos avec portables pour les présenter un jour au ciel et justifier de l’utilité de leur venue accidentelle sur terre !

Mais on peut comprendre leur soif à ceux-là à toujours être ailleurs, à bouger leurs vieux os ankylosés toute une vie derrière leurs habitudes.

Alors que partir sans revenir c’est découvrir pour un temps un lieu nouveau, des personnes qui, elles, sont restées et ont fabriqué un état d’esprit, vous accueillent plutôt bien en se racontant à vous, l’étranger, qui a tout à découvrir, les yeux émerveillés mais qui au bout d’un certain temps manifesteront leur désir de vous voir faire vos valises comme si à leurs yeux vous étiez le mandataire de leur histoire à diffuser partout sur votre route et qu’il ne fallait pas vous installer avec leurs confidences. Auquel cas vous pourriez vous repentir d’avoir abusé de leur sincérité à votre égard et seriez considéré comme un pilleur d’âmes, un voleur de vie privée .S’établira alors très vite un ressentiment caractéristique vis à vis de vous, qui, victime de votre volonté d’intégration auriez le rejet au bout de votre compte.

Non, partir vraiment, n’est pas mourir c’est le contraire. C’est recommencer à chaque fois comme de revivre.Rester c’est mourir au coin du feu en pensant à la vieillesse, à ce qu’il deviendra difficile et impossible à accomplir demain sur ce lieu devenu définitif. Le définitif qui tue. A ce cimetière qui n’attend plus que vous et que vous connaissez par coeur en y ayant même trouvé votre place, installé votre pierre, inscrit votre nom.

Partir c’est s’inscrire dans le mouvement de l’univers, d’une terre qui tourne sur elle-même et autour du soleil. C’est se lever en permanence comme le jour se lève et avant qu’il ne se couche, gambader sur les sentiers de la vie ! Comme un enfant !

Partir pour ne pas revenir.

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La Callas !

Un oiseau bleu,

palpite, déploie sa voix,

dans une longue

gorge blanche et fine,

à l'orée de la nuit ;

éclaircie est son chant,

son timbre est un soleil

automnal le soir.

Un oiseau bleu,

palpite, déploie sa voix,

dans un corps longiligne,

vêtu de soie ébène,

jusqu'à l'aube sereine ;

fraicheur est son chant,

son timbre est une clarté

 automnale sur le petit matin.

Un oiseau bleu,

se débat, se tait enfin,

jusqu'à se rétrécir,

 dans une voix à la dérive,

 qui peu-à-peu,

décroît, s'en va.

Maria s'absente déjà,

en pleine lumière !

Il neige sur le monde ;

chaque flocon est un mot,

obstinément froid.

 

NINA

 

L

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Victime consentante JGobert

Depuis un moment, sa vie tourne au cauchemar. Bien qu'elle ne soit pas soumise en tant que femme moderne, le comportement de son mari la laisse sans voix. Celui-ci a changé et est devenu directif, autoritaire, désagréable. Il ne supporte plus les petites manies et les petits travers  d'Amélie. Il se fâche facilement, régulièrement et par jour de grand orage, casse des objets dans la maison.  Amélie ne comprend pas ce changement radical et reste figée devant cet homme qui, de jour en jour, se transforme en monstre. Nul besoin de le stigmatiser, ni de le diaboliser. Il a pris sur lui ce nouvel état et s'en accommode fort bien.  En victime consentante, elle essaie de comprendre ce qui se passe entre eux et ne trouve pas la raison , ni le motif.  
A son travail, cet homme se plaint amèrement du comportement et du changement de sa femme. Elle n'est plus l'épouse gentille et docile qu'il a épousée. Ses collègues ne comprennent pas qu'une aussi belle histoire finisse si vite, qu'un aussi beau mariage n'aboutisse que sur une si grande désillusion. Certains connaissent Amélie et restent muets devant tant de griefs, de haine de son mari.
Pour le moment, Amélie garde sa tristesse pour elle et ne la partage pas avec sa famille et ses amis. Elle veut comprendre ce changement et cherche vainement ce qu'elle peut faire pour attirer le courroux de cet homme. Tous ses beaux rêves se sont envolés.
Un jour plus sombre que d'autres, rentré un peu plus tôt, très colère, il s'attaque verbalement à elle et énumère des reproches qui la laissent sans voix.  Tout y passe, les sourires compatissants à un ami, les paroles douces dites à un autre lors de l'enterrement d'un proche. Son regard bienveillant, ses attentions pour les autres. Les courts moments passés dans sa famille et son travail, sa réussite actuelle, son ambition de changer de poste.  Et son manque d'intérêts pour la maternité.
Amélie ne tombe pas enceinte. Inconsciemment, elle ne le veut pas encore. Cette partie de vie lui appartient et elle n'a pas l'intention de donner le jour à un enfant dans cette atmosphère belliqueuse. Elle doit réfléchir. Ses sens sont en révolte et sent monter en elle un terrible sentiment  de colère et d'incompréhension
Les mots se bousculent, s'entrechoquent, blessent et dans le tumulte de cette altercation, les mains se touchent et Amélie bascule dans l'horreur. Amélie s'effondre, inconsciente, le visage en sang.
La scène n'a duré que quelques secondes et va compromettre toute une vie. Amélie ne bouge plus.  Elle reste là,  allongée, étendue sur le sol glacé. Son mari est sorti en claquant la porte. Il fume une cigarette pour se détendre un peu. Son voisin a entendu les bruits de la dispute et s'interroge. Sur le pas de sa porte, il demande :  Pas de problème, tout va bien.
 
Mais Amélie ne reprend pas ses esprits. Elle est toujours inconsciente.
Le téléphone sonne à plusieurs reprises. personne ne répond. Sa collègue connait indirectement la situation d'Amélie et l'ambiance actuelle. Celle-ci s'inquiète et resonne plusieurs fois encore.  Amélie ne répond toujours pas et d'instinct, la collègue appelle la police. Celle-ci met un certain temps avant d'arriver et trouve un mari apaisé qui ne comprend pas ce qui se passe.
Amélie est toujours allongée par terre.  Le mari reste muet. Les sirènes retentissent dans le quartier. Tout le monde est étonné. Rien ne laissait présager cette fin tragique .

 
 
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administrateur théâtres

3097725767.jpgEblouissant ! Conçu comme deux escalades de violences parallèles, ce spectacle a des allures de montagnes russes : entre une Belgique du 21e siècle et la sombre période de décolonisation de l’ex-Congo Belge en 1960. Un  décor unique, complètement  fascinant pour l’imaginaire : des rideaux de treillis qui ont  perdu leur couleur de camouflage et qui sont devenus scintillants et blancs. Des jeux de lumière et de bande son. Une régie pleine de dynamisme de Sébastien Couchard.  Une mémoire, blanche, avec des trous?  La mémoire est-elle une passoire? Ou bien sont-ce des moustiquaires  que le boy n’en finit pas de réparer? A moins que ce ne soient les corps soumis au feu des balles qui deviennent  passoires? Ce décor a certes la fonction d’engager le mental dans des recherches poétiques car devant vous vont se dérouler des tranches de mort insoutenables.

 2295578758.jpgD’un côté deux jeunes acteurs au jeu irréprochable, l’un ( Diouc Koma) né au Mali, l’autre (Virgil M’Fouillou) né à  Brazzaville, qui jouent avec une vérité cinématographique bouleversante la relation universelle entre un prisonnier attaché à un radiateur et son geôlier. De l’autre, un  duo d’enfer,  Michel de Warzée – Stéphanie Moriau qui joue la relation de dépendance entre le patient sans défense miné par Alzheimer et une soignante omnipotente qui le tient en otage.

 Le prisonnier entretient la parole comme seul espoir de survie, le patient s’enferme dans un silence protecteur d’une histoire dont il a honte. Cette double vision qui structure  cette pièce admirablement écrite  par Philippe Beheydt et Stéphanie Mangez a la force d’une implacable escalade où un couple de forces vous vrille l’esprit et le cœur avec la puissance d’une tornade !  Du texte aux planches, la mise en scène (par les mêmes) est  prodigieusement efficace.

2102617670.jpgLe projet de cette création historique vient du vécu de Michel de Warzée :  « J’ai eu jusqu’à 14 ans, sans aucun doute une des jeunesses les plus heureuses et les plus belles du monde… »  Il est né à Elisabethville, sa mère est épouse de magistrat, la famille mène une vie de rêve dans un pays magnifique à part le colonialisme dont il n’a aucune idée. Mais il a retrouvé des documents de famille d’une vérité saisissante. Le  17 janvier 1961 le leader du Mouvement national congolais (MNC) est tué dans des conditions mystérieuses au sud du Congo belge qui deviendra le Zaïre puis la République démocratique du Congo. Patrice Lumumba avait été nommé Premier ministre du Congo au moment de l'indépendance du pays en juin 1960. Il avait été évincé du gouvernement et livré au sécessionniste du Katanga, Moïse Tshombé  cependant qu’éclatait  la guerre civile. Partisan d’un Congo indépendant et unitaire, il était jugé trop proche de l’URSS à qui il avait demandé de l’aide. La décision de l'éliminer est attribuée au gouvernement belge et à la CIA. Son exécution fera de Patrice Lumumba le symbole de la lutte anticolonialiste africaine.

1077104630.jpgPar le théâtre, Michel de Warzée entreprend donc un devoir de mémoire et fait revivre les événements avec une intensité cinématographique effarante. Le crescendo des scènes du prisonnier et de son gardien  est de plus en plus glaçant et devient presque irregardable mais le texte sauve. En effet, la parole  inlassablement répétée par le prisonnier implique que nous sommes tous frères. Et aussi, frères de James Foley, Steven Sotloff, David Cawthorne Haines,  Hervé Gourdel. La pièce a hélas  la  résonnance d’une brûlante actualité.

  4061369318.jpgLe personnage de la jeune et maléfique garde-malade n’est pas moins poignant dans sa volonté  presque hystérique d’arracher les secrets de cet homme défait par la vie et par une situation politique dont il n’avait nulle conscience, dans sa radieuse jeunesse. Le message  anticolonialiste est on ne peut plus clair. Les quatre comédiens jouent au sommet de leur  puissance  dramatique.  

COMEDIE CLAUDE VOLTER

 

Jusqu’au  25/10/2014

Avenue des Frères Legrain 98 – 1150 Woluwe Saint Pierre

Infos Réservations : 02 / 762 09 63

http://www.comedievolter.be/

 

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Une symphonie fantastique

 

 

J'éprouve mêmes coups de coeur,

Lors du grand gala de l'automne,

Que du temps où jeune personne,

Je perdais pied dans la splendeur.

J'avais alors, avec ferveur,

Tenté d'exprimer l'indicible.

Je pensais qu'il était possible

De rendre visible un ailleurs.

Des photographes romantiques,

Des peintres oeuvrant sur les lieux,

Ont pu témoigner de leur mieux

De la symphonie fantastique.

Or seul le corps, dans le réel,

Ressent le fascinant mystère,

Entend la musique éphémère

De ce festival annuel.

6 octobre 2014

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