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Le charme d'une femme
C'est cette profondeur dans la légèreté
Cette légèreté dans la profondeur
C'est cette rare pudeur des sentiments
C'est ce refus des faux-semblants
C'est parfois ce comportement d'enfant
Cette insoutenable sensibilité
Parfois exacerbée
C'est ce côté changeant
Et souvent surprenant
C'est qu’elle change tout le temps
Mais ne l'admet jamais
Le charme d'une femme
C'est d'en être plusieurs
Dans le corps d'une seule
Dans la tête et dans l'âme
Le charme d'une femme c'est cette fragilité
Qui soudain pour un rien peut la casser
La faire du rire aux larmes passer
Et elle ne peut s'en empêcher..
Le charme d'une femme c'est la difficulté
Qu'on a à la cerner
Bien plus complexe qu'un homme
C'est sa destinée ...
J'écris, comme ça, sans reprendre, juste par envie.
L'orage
Approche
La pluie crépite
À grosses gouttes
Les nuages s'enflent
Les coups de vent forcissent
Les couleurs du ciel papillonnent
L'éclair zèbre nuant tout de son violet
Le tonnerre rage comme un Dieu en colère
Le ciel aura-t-il la paix tant que l'humain s'amuse
Que faudrait-il pour qu'il progresse en sagesse plus qu'en technique
Quand tournera-t-il la page de ses inconsciences
Pourtant il y a tant qui font des efforts
Laissons vibrer nos coeurs
Ils trouveront tout seul
L'unisson porteur
Confiance mais
Aussi efforts.
Au cœur
Tous.
Bonnesoiréenuitjournée
J'aime les graphismes
De notre monde qui zappe.
On a perdu la couleur
Des cathédrales
Et la grisaille des façades
Qui avait fait le plein
Pour trouver un jeu continu
De reflet au fil des lumières,
Des saisons et des nuages qui passent
C'est bien, non ?
Mais pourquoi notre monde
Ne sait-il pas tout faire avec des courbes
Ne serait-ce pas moins rigidifiant
Structurant, contraignant, formateur ?
Ne serait-ce pas plus souple,
Organique, chaleureux, formeur ?
Où est la droite dans la nature ?
Dans l'horizon et les cristaux,
Parfois les roches, c'est tout...
N'est-ce pas un signe ?
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Instant magique de Marie-Jo Bourgau a inspiré des Rêves éveillés de Martine Rouhart
Rêves éveillés
Souvent je suis présente
et loin d’ici
le corps ancré
l’esprit ailleurs
léger jusqu’à l’absence
J’avance sans bouger
sur les chemins de ronde
de mon imaginaire
navigue sans rien voir
dans les méandres de mes rêves
Mes voyages les plus vastes
sont immobiles
enroulée sur moi-même
dans l'intimité de ma nuit
au cœur de ma spirale
Vertiges des profondeurs
Ivresse des bonheurs cachés
Non, vivre ne suffit pas
Martine Rouhart
Un partenariat d'
Et oui! Tu as changé...
Peu importe les raisons
Le besoin de chanter
Est de chaque saison!
Dans sourire un peu flou
Se lit contentement
N'être plus à genoux
Vivre dans le présent!
Les fleurs épanouies
Ont bien plus de saveur
Se sont évanouies
Les craintes et les peurs!
L'oiseau sur le départ
Rassemble son énergie
Il n'est jamais trop tard
Pour respirer la vie!
Au loin frémit la mer
Et elle te tend les bras
Quand tout est à l'envers
Règles-y donc tes pas!
Puisque l'air respiré
Te semble aujourd'hui doux...
Laisse-toi donc porter
Sur l'aile de l'amour fou!
J.G.
Quand ma pensée devient audible,
Elle m'incite à méditer.
Ce que je tenais pour crédible,
Parfois, peut me faire douter.
Ayant acquis des idées claires,
Je rédige un bien court propos.
Écrire exige un savoir-faire,
Important est le choix des mots.
Le je, dans mes écrits, s'impose.
J'hésite à citer des auteurs.
C'est ma mémoire qui dispose.
Précise, elle est à la hauteur.
Mes poèmes disent l'instant,
Que je sois rêveuse ou active.
Je note ce que je ressens,
Mes doux émois, à la dérive.
23 juillet 2015
Il est un labyrinthe, espace fantastique,
Où la pensée des uns circule librement.
Elle s'y enrichit, quasi subitement,
D'une intense énergie de nature onirique.
Où la pensée des uns circule librement,
La raison assoupie n'est guère tyrannique.
D'une intense énergie de nature onirique,
Sont nantis les admis tout exclusivement.
La raison assoupie n'est guère tyrannique,
En cet ailleurs étrange, aux détours exaltants.
Sont nantis les admis, tout exclusivement,
D'un pouvoir créatif, toujours très poétique.
En cet ailleurs étrange, aux détours exaltants,
Rien ne semble exister pour une vie pratique.
D'un pouvoir créatif, toujours très poétique,
Des artistes se servent avantageusement.
Rien ne semble exister pour une vie pratique.
De la beauté s'y crée, mais non concrètement.
Des artistes se servent, avantageusement,
De leur don de capter des splendeurs chimériques.
23 juillet 2015
Que se cache-t-il derrière la porte aliénante,
Celle de nos habitudes répétées sans répit,
Celle de nos inquiétudes quotidiennement prenantes,
De nos rêves ou fantasmes, illusions et dépits ?
Derrière cette porte d’une hauteur quasi infranchissable,
Il y a le paradis, évidemment le paradis promis,
Celui dont quelques rares qui en ont goûté l’agréable
Et ont émis cet écho lointain qui en nos têtes a retenti.
Celui auquel nous voulons faire l’effort de croire.
Par des actions désespérées nous prions cet appel béni,
L’entendons souvent quand les nuits sont noires
Résonner telles des musiques aux accents fleuris.
Ah le paradis, qui n’en voudrait serait bien sot,
Car la seule denrée non périssable est bien lui.
L’air y est doux, les gens gentils, bien comme il faut,
Ce que l’on y voit est à nous, même étant hors de prix !
Je vais vous surprendre car le paradis j’y suis enfin arrivé.
Le chemin fut long, parsemé d’orties, caillouteux, triste parfois,
Car il faut de la peine là aussi, vous le savez, pour goûter la joie.
Un mystérieux paradis semble si facile une fois trouvé !
Facile, facile, me direz-vous, comment croire l’hurluberlu,
Celui qui parle comme s’il savait la vérité absolue,
N’étant plus atteint par les flèches de ce monde si cru
Mais boitant à coup sûr au premier pas et à la première bévue ?
Voici donc ma réponse, puisse-t-elle vous satisfaire :
Des poisons qui ont jonché mon chemin l’en ai barré,
Ainsi l’esprit défait de dérive, bien ancré,
Me permit au fil du temps de jouxter la clairière.
C’est ainsi que le paradis s’ouvrit à moi.
J’entendis de nouveau le cliquetis des billes,
Revis le sourire de mes amis partis, sans émoi,
Et m’assoupis fort paisible sur l’oreiller des broutilles !
JADIS !
Une aquarelle d' Adyne Gohy
à inspiré
LA GARE GOUILLE
un poème de
Raymond Martin
Le serpent de fer à la gare sans nom
Impressions des fumeroles dans le ciel azuré de l’horizon lointain,
Occultant le vol des corneilles en quête d’une pitance équivoque.
Le serpent de fer ondoie entre verdure et hêtraie au gré du vent d’autan.
Sa pipe en l’air jette ses volutes neigeuses et carbonées, légères, volubiles,
Dans l’espérance d’une prochaine halte rafraîchissante.
Bringuebalant sa carcasse chenillée aux couleurs usées par d’innombrables voyages,
Il arrive, nonchalant, prêt à profiter du gîte souverain pour une détente momentanée.
Aller simple, aller et retour, aller vers un autre point ? L’homme à la face noircie, lui, le sait.
D’une main sure, alerte, celui-ci règle son manomètre pour un arrêt passagers.
Des formes bigarrées descendent de divers endroits de cette carcasse chenillée en arrêt.
Etonnante transhumance vers une gare sans nom? Bienvenue à la gare sans nom !
Nom occulté par la fumée ? Non, le vent contraire découvre une façade d’un bleu estompé.
« La gare est sans nom ! Où sommes-nous ? s’écrient des formes bigarrées.
- Nulle part, grommelle l’homme à la face noircie, mais quelque part dans l’ailleurs !
- Reprenons notre route, demandent des formes bigarrées, nous ne pouvons rester nulle part. »
D’autres s’élancent vers la fin du convoi, disparaissant dans la fumée, aspirés par l’ailleurs.
Par ce spectacle, ébahi, un limaçon longe une traverse vermoulue menant vers un quai.
L’homme au manomètre régule la pression et abreuve le serpent de fer à bout d’eau,
Pressé d’en finir avec cet endroit bucolique mais d’une étrangeté sans nom, comme la gare,
Située dans un espace indéfini, réel ou irréel, cinétique ou statique dans un autre univers.
Le serpent de fer, repu d’eau, sort de sa léthargie, expulse de la vapeur de ses flancs.
Il ressent une chaleur soudaine : l’homme au manomètre remplit ses entrailles de charbon.
Réveillé, il ressent que de la fumée sort de sa pipe en l’air. Où étais-je se demande-t-il ?
A l’arrêt, dans une gare de nulle part, j’ai fait un rêve ou un cauchemar alors !
Des formes bigarrées s’empressent de remonter dans sa carcasse chenillée.
De la gare sans nom, s’ébranle le serpent de fer ! Tchou-Tchou !!!! fait-il vers un autre
Ailleurs, toute fumée dehors, tiens un vol de corneilles ? Sa pipe en l’air jette ses volutes
Neigeuses et carbonées.
« Attendez-nous ! crient des formes bigarrées, émergeantes de la fumée de l’ailleurs » .
Trop tard, leurs cris ne sont pas écoutés, perdus dans la gare sans nom.
Trouvera-t-il au loin une gare, au nom d’une gare, ou une gare sans nom ?
La gare s’éloigne, guidé par son chemin de fer, le serpent de fer cahotique roule vers
L’inconnu, accompagné de champs et de forêts mordorés et verdâtres, défilant lentement
En direction de quelque part dans l’ailleurs, avec une gare peut-être ?
Tchou –Tchou……………….. !
Un partenariat d'
Chaque matin, encore mal éveillée, elle se dirige vers la gare pour prendre son train. Un trajet long et ennuyeux avant d’arriver sur le quai. Son nouveau travail a débuté il y a quelques semaines et ses habitudes matinales lui pèsent déjà. Un boulot trouvé dans la capitale, inespéré, face à la Tour des finances. Une vue imprenable du 5éme étage, le Botanique au loin, Bruxelles à ses pieds, la circulation bruyante, le va et vient incessant des passants. Toute une population qui se rend à son boulot. Des stations crachent ainsi des humanoïdes pressés. Des autobus surchargés jaillissent aux quatre coins de la ville. Des métros où entassés, serrés, les routards souffrent. Une ville multicolore, active, vivante.
Sortie de la gare, son dernier trajet se fait à pied et lui rend la sérénité, la quiétude. Une bouffée d’air entre ce transport quotidien et cet enfermement journalier. Sortir de la foule compacte et marcher librement. Un instant de calme avant d’entrer dans l’arène. Des gratte-ciels l’éblouissent et la troublent. Elle aime déambuler dans cet espace démesuré qui l’entoure, cette hauteur inaccessible vers le ciel. Son bureau n’est pas loin, installé sur une avenue célèbre.
Un matin, à peine arrivée sur le quai, elle aperçoit un jeune homme à quelques mètres d’elle. Il parait jeune, plus jeune qu’elle. Un sac de sport sur l’épaule, nonchalant, il fume sa cigarette. Elle le voit passer devant elle, écraser sa cigarette avant de sauter dans le train. Subitement elle sent ses jambes se dérober, son cœur s’emballer, ses mains moites. Même dans ses rêves, elle n’avait pas ressenti un tel émoi.
Souvenir d’une adolescence agitée, peuplé de rêves de bonheur. Une réaction connue qui la reporte des années en arrière, au temps de sa jeunesse. Mais l’émotion est agréable, amusante même. Elle en est ravie. Elle revit un instant l’affolement de ses 15 ans. Dans le train, elle sourit discrètement de ressentir un si plaisant émoi. Quelle imagination pense-t-elle !
Sa vie a repris de l’activité, du tonus avec ce nouveau travail. Chaque matin, chaque soir, elle prend le train, solitaire, pressée. Son attention, depuis cette rencontre, est occupée par ce jeune homme. Elle le cherche, elle l’attend inconsciemment. Elle se réjouit de le voir arriver sur ce quai froid et glacé. Lui ne la voit pas. Il passe et attend son train un peu plus loin.
Dans sa tête, elle s’oblige à penser, à se répéter sans cesse qu’il n’y a pas de place pour cet homme dans sa vie. Son émoi passé, tout rentrera dans l’ordre. Elle en est certaine. Mais elle ne peut s’empêcher de penser à lui, le regarder, le suivre du regard. Ses journées sont maintenant ponctuées par ce rendez-vous journalier avec ce navetteur inconnu. Elle attend le matin, elle attend le soir pour le revoir.
De plus en plus attirée par cet étranger, un jeu d’adolescente s’installe et lui donne le sourire, le tournis parfois. Un émoi si lointain retrouvé, savouré.
Contrairement à ce qu’elle pense, lui aussi a remarqué sa présence. Un matin, il se pose devant elle, la regarde droit dans les yeux quelques secondes à peine, une éternité pour elle et s’en va. Elle croit s’évanouir, disparaitre sous ce regard. Elle s’immobilise telle une statue de marbre ou de sel.
Une impression étrange pour cet homme, un jeu de séduction, sans paroles sans gestes, le gène, le déstabilise. Frustré d’être ainsi l’objet d’un jeu sans réellement y participer, y collaborer.
Dès cet instant, son regard s’endurcit quand il se pose sur elle. Parfois, il bondit, arrogant, insolent sur l’escalator. Il se pose à son niveau, pour lui parler sans doute, pour qu’elle sorte de ce jeu, pour qu’elle agisse enfin ou pas. Il ne dit rien non plus et continue sa route sans se retourner. A ce moment, elle se sent mourir de ne pouvoir lui parler, le toucher, le retenir.
Chacun à sa place, sans échange, sans sourire, le manège dure. Elle l’attend toujours malgré un malaise de plus en plus grand. Elle ne veut rien changer à cette histoire non aboutie. Elle veut la garder pour elle. Elle en souffre à présent comme l’ado qu’elle était. Elle se raisonne sachant qu’il n’y a d’histoire que dans sa tête. Elle est heureuse certain jour, triste d’autre mais c’est le court des choses. Elle ne s’en plaint pas.
A plusieurs occasions, le beau voyageur vient s’assoir dans le même wagon, jetant son sac de sport dans le filet au-dessus de sa tête. A d’autres moments, il s’éloigne d’elle. Elle finit par connaître ses gestes, ses regards, son air rude, ses traits d’ange ou de démon.
Lors d’une exposition en ville, ils se sont aperçus, rencontrés, elle avec son fils, lui avec des amis. Leurs regards se sont accrochés et ne se sont pas quittés. Le temps s’est immobilisé, fixé sur une irréelle aquarelle.
Dès qu'elle le voit s'éloigner, elle comprend que cette fois encore, elle perd une chance d'être heureuse. Elle sent ses rêves de bonheur s'évanouir, disparaître. Elle s'interdit la possibilité de vivre autre chose. Elle se perd un peu plus dans ce labyrinthe de solitude. Elle voulait crier ce qu'il représente pour elle, son besoin, son manque.
Une petite main tire son bras et la ramène à la réalité douce et tendre de cet enfant aimé qui la console d'un joli sourire. Il n'y a pas de place pour ce beau garçon dans sa vie. Pas maintenant.
Son travail terminé, elle clôt cette histoire éphémère et imaginaire. Elle range ses souvenirs dans un petit tiroir vide mais étrangement heureux. Le souvenir ébauché de cet homme la poursuit dans les gares qu’elle fréquente. Elle s’attend toujours à le voir surgir sur le quai.
la littérature n'est-elle pas
cette révérence faite au langage ;
sa grâce et sa consécration ?
Un cérémonial intime, puis partagé ?
Ce chemin de soleil,
ce ciel tout bleu simplement posé là ?
Ecrire pour moi,
est une déclaration de paix
faite à la vie, quelle qu'elle soit.
Mon plus grand pas.
NINA
Songerie
Des chagrins qui furent tenaces,
Que la mémoire avait choyés,
Mais depuis fort longtemps noyés,
Ont laissé de discrètes traces.
Or, il se peut qu'ils reparaissent,
Soulevés on ne sait par quoi.
Ils ne causent pas grand émoi
Mais y penser nous intéresse.
Comment ce qui nous fit souffrir
Était devenu acceptable?
Notre corps rendra supportable
Tout malheur pouvant advenir.
On admet cela sur le tard.
Alors, endurant la souffrance,
On fait preuve de patience,
Mais y arriver est un art.
22 juillet 2015
J'entends le bruit de souliers sombres
dans la blancheur du soir ;
les roses, le ciel s'entrebâillent
puis se ferment, tout doucement,
murmure le soleil noir alors ;
mes nuits sont semblables à l'arbre nu d'avril,
frissonnant encore, gracile.
J'entends le déhanchement de l'ombre bleue,
adoucie par la chaleur de l'été,
puis le frôlement de sa peau
sur celle de la nuit bien trop blanche.
Je suis étendue, vêtue d'une robe bleue,
un rien échancrée, légère,
il fait chaud, ma tête de vous est parfumée,
pleine de coquelicots de janvier à décembre ;
elle tourne un peu, s'affole du jour,
où elle sera obscure, veuve de vous.
Je traverse l'instant, je le vis et je perçois soudain
toute sa clarté et son chant ;
c'est alors que j'écris.
L'idée que toute cette sublimité
un jour puisse disparaitre,
m'emplit d'une tristesse soudaine,
même lorsque je me trouve au beau milieu d'une fête,
auprès de mes enfants ;
Cette conscience de la brûlure du bonheur,
cette certitude que sa texture est pareille à celle du cristal,
m'assombrissent, me rendent plus solitaire.
Il s'agit là, d'une transparence un peu lourde,
mais néanmoins solaire.
NINA
Costumes en quête de comédiens
« Il se fait beaucoup de grandes actions dans les petites luttes. » a dit Victor Hugo dans les Misérables, il y a deux cents ans. Le pitch de la nouvelle création de la Cie Lazzi, une co-écriture de Pascale Vander Zypen et d’ Évelyne Rambeaux est le suivant : « Cette histoire, c’est la nôtre. Au début de la pièce, tous nos costumes sont là, sur des portants, ils discutent entre eux, avant d’être vendus pour renflouer les caisses de la compagnie. Puis, les comédiens arrivent et les scènes vont se succéder un peu par accident. Au moment de ranger un costume, on se lance dans une réplique, on se laisse aller au plaisir du métier qui revient, même si c’est aussi douloureux parfois. C’est comme si, au moment de se séparer de nos costumes, le théâtre prenait le dessus. »
Cette dernière création fracassante de la Cie Lazzi est née dans le cadre prestigieux du château de Modave, un château qui n’a rien de celui du capitaine Fracasse sauf à abriter chaque été, des comédiens chevronnés, rivés dans le plaisir que leur donne leur métier. Un métier taillé pour eux ! Hélas, les voici cette année expulsés de la grande salle où ils avaient l’habitude de se produire, et pour des raisons d’économie du château, les voici relégués dans la salle Louis XIV, «sans possibilité de décor ni d’éclairages.» Qu’importe! «Taillés pour jouer» dégage une énergie folle, un amour de la vie et une liberté extraordinaire, celle qu’offre le théâtre par-dessus tout, comme instrument de résistance. Entre les interstices de cette galerie de textes choisis, s’exprime toute l’ambiguïté de la situation des intermittents du spectacle, à la fois puissants créateurs et diffuseurs de culture et impuissantes victimes d’un monde économique sans pitié qui vogue de crise en crise taillant à qui mieux mieux dans la Culture. Une réalité qui est décrite dans cette Revue d’un genre particulier avec humour, courage et grand bonheur. Marc De Roy, Christian Dalimier, Pascale Vander Zypen, Évelyne Rambeaux, ces artistes généreux sont nés sur les planches et sont bien décidés à y mourir, le verbe à la main, gavroches authentiques, rêveurs impénitents, nouveaux misérables rêvant leur vie et leur mort heureuses: « Il y a ceux qui veulent mourir sous la pluie, d’autres qui veulent mourir au soleil, moi, je veux mourir sur scène» chante le quatuor solidaire à la fin du spectacle. Ainsi fit Molière, sans le vouloir.
Marc De Roy, Christian Dalimier, Pascale Vander Zypen, Évelyne Rambeaux, artistes fragiles et forts jouent leur vraie vie, une dernière fois avant que l’huissier ne leur enlève leurs dernières malles, leurs derniers décors, et ne leur coupe leur dernière réplique. Torturés par la vie, ils renaissent au parfum des costumes, comme fleurs dans le désert sous une ondée providentielle et nous livrent alors un dernier feu d’artifice verbal éblouissant et émouvant. Ils ressuscitent leurs personnages favoris : la famille Jourdain du Bourgeois Gentilhomme, Alceste Oronte et Philinthe du Misanthrope, Ruy Blas de Victor Hugo, Les précieuses coquettes de Goldoni, les cocottes de Courteline, les chapeaux melons de Vladimir et Estragon, L’exquise Agnès de L’école des femmes, le mariage de Figaro.
On en a plein la vue, les oreilles et le cœur, ainsi plongés dans le brasier théâtral. Une merveilleuse ultime épreuve du feu, jouée avec violence émotionnelle volcanique. Ils sont bouleversants de vérité dans ces interprétations pathétiques du florilège dramatique qui a fait leur vie tandis que, ça et là, flottent des petites phrases assassines ou désabusées disant en filigrane tout le mal-être et les blessures de leur vie. C’est au tour du spectateur d’avoir le souffle coupé. Les artistes sont lâchés, les artistes se lâchent, la liberté de parole est reine, le flot verbal est capiteux, la galerie de texte est inoubliable et encore plus poignante est leur fureur de vivre, malgré le désastre signé Virginia Woolf.
Interprétation : Evelyne Rambeaux, Pascale Vander Zypen, Christian Dalimier et Marc de Roy
Regard extérieur : Cédric Juliens
Spectacle joué en décors naturels à l'intérieur du Château de Modave, rue du Parc, 4, 4577 Modave
Le château et ses jardins se visitent avant la représentation sur présentation du ticket d'entrée au spectacle.
Réservations : 085/41.13.69.
- Une représentation supplémentaire est prévue ce samedi 25 juillet à 16h. Réservations indispensables au 085/41.13.69.
Tous les détails sur le site du Château de Modave (Huy), accessible via le lien : http://www.modave-castle.be/agenda
En guise de présentation dans cet espace littéraire virtuellement réel, je suis heureux de vous offrir le texte ci-après. Il est tiré de mon blog de photoésie (j'espère qu'on me pardonnera cette ''publicité'' qui n'est que le lien donné pour mon inscription).
Les aficionados de VH pourront y retrouver ses termes ; les autres pourront aller à la source dans quelque vieille anthologie qui doit traîner dans leur bibliothèques (mais où ? car le livre qu'on balade est parfois pire que celui laissé aux oubliettes).
Réponse à Victor H. (1802, 1885) pour une écologie humaine
Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent, dis-tu
Ô grand Victor. Ton discours est pointu,
Mais est-ce bien raisonnable ? Car vois-tu,
Je crois qu’une lutte, même honorable,
Un dessein, parmi les plus admirables,
Un destin sans défaut, le plus enviable,
N’atteindra jamais la vertu du cœur,
Qui, plus loin que n’importe quel bonheur,
Se donne à travers le geste sauveur,
Se partage dans un simple regard,
S’accueille comme une grande œuvre d’art.
Que valent l’arche, le mur, la porte, le pain
Si l’on ne joint pas le cœur à la main ?
Ils seront bien farine, bois, pierre, airain,
Mais sans le plus qui les rendrait vivants,
Ce petit plus qui rend tout éclatant,
Et parle à l’âme comme à un enfant.
Car le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre.
Continues-tu le propos de ton livre.
Je dirais que c’est d’être sans covivre,
Sans avoir ici une âme à aimer,
Là-bas encore une autre à protéger,
Et partout, plein d’autres auxquelles penser.
Les fourmis des cités n’ont pas d’espace
Autre que leur solide carapace
Pour les défendre des sombres rapaces
Qui en veulent à leur âmes troublées,
Leurs âmes fragilisées, accablées
Par le gris sale des cités bondées.
Les fourmis des cités se pressent, se serrent
Et s’isolent jusqu’à manquer du bon air,
Pour fuir, pour oublier la lumière.
Et là elles ne trouvent point la chaleur,
Qui pourrait leur ouvrir la voie du cœur.
Leur vie devient coutumière fadeur.
Ceux qui luttent sont rarement francs-maçons
Mais âmes tenant un caparaçon.
Ceux qui vivent, ce sont ceux qui aiment. Ce sont
Ceux dont la joie éclaire la tristesse
Ceux dont le fardeau trouve l’allégresse,
Ceux qui gardent un espoir en la liesse.
Le cœur : il nous faut en trouver l’accès,
Il est si proche mais si loin du succès !
« Le plus long voyage de ta vie, c’est
de ta tête à ton cœur. » (Fire Lame Deer).
Ce lakota avait raison de dire
Cette chose simple qui prête à rire.
Étrangement, l'été, temps pour se récréer,
Déverse de la pluie, à peu près sans arrêt.
Ce jour me semblerait sans doute déplorable,
Si j'avais projeté une sortie aimable.
Comment est-ce arrivé? Je n'en crois pas mes yeux.
Une vive lumière, un ciel devenu bleu,
De l'or sur le gazon, en moins de vingt secondes!
Ces troublants changements m'émeuvent et me confondent.
Je pense aux magiciens qui défient le réel,
Chacun ayant acquis un savoir personnel.
Je ne prends plus plaisir à leurs extravagances.
Ils déploient cependant talent et élégance.
L'énergie naturelle, à ce que l'on peut voir,
Possède un fabuleux et fascinant pouvoir.
Les décors qu'elle crée semblent changer d'eux-mêmes,
Sont à la fin du jour d'une splendeur extrême.
21 juillet 2015
Propos
Inévitablement, la mort, fait d'un être privé d'énergie, une chose périssable dont il faut se débarrasser.
Pensant à mon corps privé de vie, j'avais opté pour l'incinération, une solution détestable.
Lors, je ne voulais plus y penser.
La providence, jamais, ne cesse de nous faire éprouver, à des degrés divers, des souffrances et des joies tardives.
Or voilà qu'une grâce inouïe danse devant mes yeux ravis, me propose l'aquamation.
Désormais, je pourrai échapper à mon choix odieux. Cela est possible au Québec. Ma joie est savoureuse.
Je veux rendre hommage aux humanistes, chercheurs acharnés, qui contribuent au mieux-être de leurs semblables, sans aucune reconnaissance.
21 juillet 2015
Dieu, cet esprit du néant, reniant ces actes d’amour, les transformant en péchés, regarde !
Saut pour procréer, dis-tu !
Niaiserie, c’est comme pour se nourrir, à la fin, la gourmandise arrive !
Ces actes de chair, on ne peut m’empêcher d’y penser, ils s’empilent un par un, au fil des ans. Ces corps unis, soudés, tu as beau essayer de les séparer, ils se réuniront sans cesse. Un regard, un frôlement, pire, un toucher et de nouveau, tu es vaincu !
N’essaie pas d’empêcher et même de détruire les souvenirs de ses moments, si l’amour était présent, ils sont scellés !
Ce n’est pas un mur des lamentations qui se construit ainsi !
C’est tentant pour l’homme, un sein nu, un ventre tendu, une croupe ferme, un sexe offert, crois-tu pouvoir les contraindre ?
Désolé mais le semblant pour la femme est identique sauf qu’un étendard est glorieusement érigé !
À force d’interdire, l’envie né, l’esprit de liberté, tu l’a crée aussi ?
Non ?
Serait-ce l’autre barbu ?
Hé, je comprends mieux !
Oui, lorsque tu essaies que le couple se sépare dans ces moments-là, ce n’est même pas une voix qui dicte, un souffle qui incite ou un simple regard, un toucher mais l’un empêche l’autre et ils continuent cette messe, l’autre a dû intervenir !
J’en soupire d’aise, mon mur des tentations est solide, malgré quelques souvenirs moins faciles à remémorer, ils sont bien là, moins bien scellé mais impossible de les enlever !
J’arrive, restez, je vous retiens, Madame, attendez un moment, je chasse cet intrus !