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Toutes les publications (16181)

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FICTION...

Quand la mer est turquoise

Et que tes yeux me toisent

Quand dans l'air parfumé

Je savoure tes baisers...

Quand m'effleurent les mots

Que le bonheur coule à flot

Quand le rythme en douceur

Suscite notre langueur...

Quand les vagues déferlent

En bruit de tourterelle

Quand au creux de ma couche

Tes mains douces me touchent...

Chante l'éternelle jeunesse

Et triomphe l'allégresse!

J.G.

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administrateur théâtres

 La porte à côté, une pièce qui rend heureux

Le décor ? Dans la nouvelle carte du tendre qui attend sur le plateau, les yeux se posent sur du dépouillement japonais intemporel et un contexte résolument contemporain habillé de superbes lumières changeantes. Un homme et une femme,  deux voisins conflictuels que tout  oppose jouent à cache-cache avec les  impressionnants éléments mobiles blanc neige, au pied évasé en corolle qui figurent différents espaces : chez lui, chez elle, sur le palier, devant un superbe ascenseur …pour  le septième ciel?

 Les deux personnages présentent, furtivement et à l’insu de l’autre,  leur alter ego  à travers extraits de vidéos  filmés aux abords du théâtre dans la merveilleuse Galerie. Entre les tableaux effervescents, les deux personnages se retrouvent  assis face au public,  rêvant tout haut devant leurs écrans d’ordinateurs, grandeur murale, où  progresse  leur pénible recherche du compagnon de vie idéal sur un site d’affinités.  Difficile de ne pas être immédiatement  subjugué par la multiplicité des approches, la cohésion des sensations visuelles, auditives, spatiales et le contraste explosif et provocateur des deux personnages en présence. Une mise-en scène fulgurante d’Alain Lempoel  sur la musique de  la septième symphonie de Bruckner. 

Bernard Cogniaux et Marie-Paule Kumps 

A travers le texte pétillant de  Fabrice Roger-Lacan, petit-fils du psychanalyste, C’est Marivaux qui débarque, Woody Allen qui joue à la Saint-Valentin, et le coup de foudre malgré un déluge d’oppositions et d’humeurs féroces. C’est un jeu comme on les joue aux fêtes de mariage pour voir comment un couple s’accorde.  Et ce sont des personnages magnifiquement à l’unisson qui font palpiter les coeurs, malgré leur profonde disparité.  La chamaillerie en continu cache une  fatale attraction … Elle a la voix pressée, autoritaire, sérieuse d’une emmerdeuse de compétition et d’une intello misanthrope, Psy de surcroît!  Lui est affable, nonchalant, bohème, tolérant et moqueur quoique marketing manager inquiet pour une marque de yaourts. Ils ne seront jamais d’accord sur rien sauf être d’accord qu’ils ne sont pas d’accord. Les raisons de disputes sont des plus futiles : trop de bruit, des clefs perdues, une fuite d’eau, un four en panne…et la peur panique de se livrer! Pourtant la tentation est si grande! Le jeu de la dispute va les révéler. 

Le public jubile, recueille une moisson de rires, se prend au jeu de chien et chat, de chat et souris, de souris  qui prend le fromage, de qui s’éprend de qui, en premier ou en même temps?  Les échanges verbaux de la comédie sentimentale sont intenses, les jeux corporels démentent les apparences, c’est sophistiqué et grisant. Les actes manqués pleuvent.   Cela porte à la fois  le rêve et l’érotisme  des voix du cinéma, et tout le plaisir des planches.  Les nouveaux héros se nomment Bernard Cogniaux et Marie-Paule Kumps. Fuite enchanteresse de la réalité meets Hard Core Reality.  Comme dans Lalaland, ils sont le parfait contrepoint l’un de l’autre, et c’est pour cela qu’ils marchent si bien ensemble, pour notre plus grand bonheur!

Avec Marie-Paule Kumps et Bernard Cogniaux.

Mise en scène : Alain Leempoel

Scénographie : Lionel Lesire

Costumes : Jackye Fauconnier

crédit photo : Michaël Henin

http://www.trg.be/saison-2016-2017/la-porte-a-cote/en-quelques-lignes__7037

Théâtre des Galeries

6, Galerie des Princes

1000 Bruxelles

A propos de : Marie-Paule Kumps et Bernard Cogniaux.

http://www.theatrelepublic.be/event_details.php?event_id=39&cat_id=1

Bio ludique: http://www.mariepaulekumps.be/biographie/

ET LA VIE CONTINUE

Elle partage toujours sa vie avec le comédien Bernard Cogniaux qu’elle vient d’épouser (à moins que ce soit le contraire ?) et elle est toujours aussi curieuse de tout, de la photographie, à la cuisine, en passant par la poésie ou les voyages… 

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Ciel ou enfer


Je me souviens que mon grand-père
Fabriquait de petits bateaux
Usant de feuilles de journaux.
Il nous apprenait à en faire.


Il créait de même, souvent,
De charmantes choses magiques
Kaléidoscopes cubiques
Et des pliages étonnants.


Une intrigante salière,
Manipulée par en-dessous
Nous amusait par-dessus tout:
Ciel ou enfer. Une prière!


Pensant à ces deux univers,
J'évoque le bleu et le rouge.
Où les êtres aiment et bougent
S'étendent des espaces verts.


16 mars 2017

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Perce-neiges

Aujourd'hui est un autre jour

C’est le printemps à jamais

Battements d’ailes et embrassades

De branche en branche

Fauvettes et mésanges

Légères et insouciantes

Sur le chemin, j’ai rencontré

primevères et anémones

Crocus et Jonquilles

Cajolés par le doux vent

L’herbe fraîchement coupée

Emperlée de mille graines de rosée  

Ainsi la lumière opaline plein les yeux

Ainsi ton image câline plein le cœur

Amour rejoins - moi comme jadis

Dans un instant comme hors du temps

Tous deux accablés du désir
Nada
16/03/2017
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Une manne surabondante


En accéléré, non bruyante,
Une manne surabondante
De neige superbe est tombée.
Je suis restée la bouche bée.

Je regarde ma rue qui dort.
Elle offre un tout nouveau décor,
Vivant espace sans nuances,
Où rien ne trouble le silence.

Étrangeté de l'énergie;
Des bourgeons de fleurs ont surgi
Or le froid devenu intense
Va en suspendre la croissance.

Cet hiver s'écoula paisible,
À mon bien-être fus sensible.
Qu'adviendra-t-il au mois de mai?
Je n'accueille plus les regrets.

Au cours des ans, j'ai fait le vide.
Il est vain de rester avide
D'instants qui furent savoureux.
Mais tout occulter ne se peut.

15 mars 2017

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Furtive créature des rives

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Le temps suspendu dans ma mémoire me traîne au miroir

d'un marécage où grésillent les ailes de dentelles d'un

jeune odonate jouant de son reflet, sous le rai

d'une lune couleur coquillage.

Derrière ma feuille de papier washi ma plume suspend

son vol, s'émerveillant de la danse de cette fée des eaux

qui dessine des auréoles fugitives

entre nénuphars et roseaux.

Furtive créature des rives nourrissant l'essence de mon

récit, mon cœur lourd et meurtri embrasse ta liberté

de rimes ivres d'intensité sur la soie des pages.

À la fois saisissante et exquise la dragonfly se pose

toute en légèreté, me laissant entrevoir

la coloration de ses fines nervures alaires.

Osant à peine respirer devant sa fascinante et mystérieuse

posture, j'observe l'invisible de ses gros yeux ronds

où ses ommatidies scintillent de mille feux

et semble me parler dans son végétal langage.

Dans l'immobilité de l'instant,

un maelström d'émotions m'envahit

et je sens alors son amour m'enlinceuler

avant de disparaître dans son lointain rivage.

Nom d'auteur Sonia Gallet

recueil © 2013


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A nos enfants

                                                    Nous, les maillons de la chaîne, entre nos parents et vous, usés d'avoir servi à force de relâchements et de tensions, voici le monde qui vous attend contre et pour lequel vous ne pourrez grand chose vu votre petitesse, votre incompétence et la courte durée qui vous est octroyée !

                                                     D'abord ne vous y fiez pas trop, les sourires des parents sont amers car ils viennent de réaliser ce qu'ils viennent de faire : vous mettre au monde. Et ce n'est que le début. Très vite vous vous rendrez compte que votre univers sera une cacophonie sans nom. Oh vous tenterez bien de positiver comme on vous l'apprendra ; mais puisqu'il faut un artifice c'est qu'il y a bien un loup. Préparez vous donc à positiver car la liste cacophonique est infinie !

                                                      L'air n'est plus pur. Désolé, mais nous avons inventé des engins qui crachent des gaz toxiques pour que vous puissiez aller à votre travail et acheter votre baguette de pain. Ces engins de couleurs  et de tailles différentes selon la capacité que nous avons d'emprunter de l'argent pour les acheter peuplent la terre dans ses moindres recoins. Comme ils ne suffisaient pas nous avons aussi inventé d'autres engins qui circulent en l'air et qui crachent du haut vers le bas des poisons que sans eux nous ne pourrions inhaler si nous n'avions pas d'argent. Il faudra donc vous attendre à souffrir de maladies respiratoires et porter des masques comme les chinois extasiés devant leur croissance économique. Vous assisterez également dans ce domaine à la course à l'espace pour aller polluer d'autres planètes et peut-être en serez-vous les futurs ingénieurs ?

                                                        Vous entendrez constamment que la terre se réchauffe. Les causes sont diverses. Les pets de vaches y sont pour quelque chose mais les moteurs, les usines, les déchets radio-actifs, les portables et les dépenses frénétiques d'énergie dans les discothèques pour vous faire oublier le bonheur perdu y sont pour beaucoup !

                                                         C'est le changement. Rien ne sera plus pareil entend-t-on aussi. Sauf qu'il faudra vous habituer à ce qui n'a jamais changé : la guerre, la famine, la haine. On vous les transmet car sans elles on se serait ennuyé et on n'aurait rien de vraiment tangible à vous léguer que vous n'auriez à maudire !

                                                         Vous devinez déjà que la liste est infinie. C'est cela, la liste est infinie, un orchestre symphonique où chacun joue sa partition en décalage avec son voisin. Tout ce que vous rencontrerez ne vous semblera pas beau, pas réel, pas naturel, pas amical, pas juste, pas fraternel. Pourtant il vous faudra vivre votre vie jusqu'au bout et faire comme le skieur, passer entre les portes afin de ne pas être disqualifié. Lorsque le bout viendra vous penserez qu'enfin vous serez tranquille dans cette maison sous-terre ou sur ce nuage de fumée- plus " asiatic-marketing-system" - Là encore il vous viendra à l'esprit que les souffrances ne cesseront pas, qu'elles ne cesseront jamais puisque nous sommes tous les maillons du cycle éternel de la vie, court et long à la fois, mis en place de longue date par un créateur suprêmement intelligent.

                                                          N'espérez pas renverser la vapeur, elle tient bon mais contentez-vous de puiser au fond de vous même, malgré toutes les attaques qu'elle subit, l'étincelle d'amour qui surnage encore. Partagez-la. Peut-être qu'enfin un miracle surgira. Tenez bon.

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La pandémie des destructions

Songerie

Dans nombreuses parties du monde,
Devenues zones de combats,
Les actes dramatiques abondent.
La fureur ne s'affaiblit pas.

Des agressions innommables
Ensanglantent des innocents.
Ils s'éparpillent pitoyables,
Désespérément impuissants.

Toutes les forces destructrices
Restent actives dans la nuit.
S'écroulent de hauts édifices,
Écrasant les êtres qui fuient.

Quand la vie s'avère impossible,
Il n'y a pas d'abris ailleurs.
Chaque endroit devient une cible,
Laisse circuler la frayeur.

N'est accessible aucun moyen
Pour enrayer la barbarie.
Il ne repoussera plus rien
Où eurent lieu des tueries.

À l'abri, tentant d'être heureux,
On peut ne vivre que pour soi,
Se faire sourd, fermer les yeux.
Mais il existe d'autres choix.

14 mars 2017

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Un thriller de poids...

Ce ne sont pas moins de 790 pages que renferment ce nouveau thriller médical !

"Paradise Beach", paru aux éditions Lilys, est déjà qualifié de roman complètement schizophrène par les premiers lecteurs. Un véritable OVNI qui vous fera voyager de la Belgique jusqu'aux abords d'une plage aussi énigmatique que fabuleuse, et qui vous fera découvrir ce que la médecine de demain nous prépare...

Ecrit avec l'aide d'un ami médecin, "Paradise Beach" se veut avant-gardiste, mais certes pas farfelu. Tout comme le fut "Retournements", le premier livre de l'auteur, cette nouvelle histoire est écrite sur la base d'une technologie bien réelle et en cours de développement. Nuits blanches garanties !

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Synopsis : Un petit groupe de marginaux se voit offrir une chance de rompre la monotonie du quotidien. L'UCPT (une organisation constituée de généreux donateurs soucieux de redorer leur blason) a décidé de partager un rayon de soleil avec ces accidentés de la vie.

Aussi inattendue que providentielle, la perspective d'un voyage exotique et gracieux est accueillie avec faveur. Les mécènes ont décidément pensé à tout pour faire de cette escapade au bout du monde, un coup médiatique sans précédent. Limousine, jet privé, télé-réalité, tourisme durable, ces gens de l'ombre ne lésinent pas sur les moyens.

Pendant que les invités découvrent leur nouveau lieu de villégiature, une série d'incidents étranges viennent perturber ce havre paradisiaque. 

Petit à petit, les choses prennent une tournure insoupçonnée, car ce qui devait être une semaine de pure béatitude va très vite tourner au cauchemar et plonger la communauté dans un climat de suspicion et d'effroi, au beau milieu d'un conflit d'intérêts tant psychologiques que d'ordre mondial...

Découvrez ici la bande annonce de "Paradise Beach"

Code ISBN : 978-2930848-16-7

Distribution assurée en Belgique et au Luxembourg par Nord-sud

En France, par Distribook

 

 

Plus d'infos sur :

www.henri-collignon.com

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Rejet JGobert

Dans le monde actuel, avec les mouvements de foule dus aux guerres, à l’insécurité, au racisme, une préoccupation taraude de nombreuses personnes et fait ressortir d’innombrables blessures. Une  fracture pire qu’une douleur physique parfois qui se colle à la peau : le rejet, le rejet de l’autre.

De tout temps, l’exil fut une punition ancestrale qui marque par sa cruauté bien des esprits. Etre séparé de son cocon familial, de son travail, de ses relations amicales, de sa région, de son pays est un châtiment terrible. Expatrié, déplacé, banni est une répression.

Ne pas pouvoir retourner, rentrer chez soi, reprendre sa vie où elle est, laisse des plaies, des cassures ouvertes. Que penser de cet homme errant sur les routes de nos provinces, esseulé, pauvre parmi les pauvres et rejeté de tous ?

Quel qu’il soit, ce nom est rejet. Il fait peur et rejoint vite cette autre perception qu’est l’abandon. Vieux souvenir de notre enfance où le départ de nos proches nous mettait dans la peine et dans des sensations indescriptibles de peur. Certains ont vécu de vrais abandons, de vrais rejets qu’irrémédiablement, ont blessé le plus profond de leur être, cassant à tout jamais l’estime qu’ils avaient d’eux et les fragilisant dans ce monde sans pitié.

Enormément d’hommes anticipent ce rejet, phénomène conscient, ou inconscient. Les plus fragiles se cachent dans de périlleuses faiblesses pour mieux exister et connaissent de sombres circonstances.

D’autres au contraire se battent, combattent pour reprendre le pouvoir sur la vie. Récupérer, recouvrer le sens de celle-ci. Etre assez fort pour se reconnaître et gérer enfin ce nouvel état.  Reconstruire autour d’eux ce qui avait de la valeur malgré le regard désapprobateur de l’ambiant rejet.

Triste époque instable où l’homme doit chercher une terre à nouveau pour y poser sa vie et lui rendre sa richesse, sa dignité.

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Les jours se ressemblent

Un matin presque gris
les rêves partis en fumée
et le temps devant soi,
ligne au cordeau
jalonnée de repères
de gestes à enchaîner
Un matin presque bleu
des rêves plein la tête
et le temps devant soi,
ligne de faîte
hachurée d’incertain
de hasards à saisir
Des jours comme tant d'autres
les jours se ressemblent
c’est leur couleur qui change

(martine rouhart)

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12273213256?profile=originalCréation de printemps

Je voudrais écrire le printemps

avant qu'il éclose

les fleurs éparpillées

comme des friandises

les fragments bleus

dans les branchages neufs

les averses du cerisier

sur l'herbe nue

le soleil bas dans le ciel

la lumière qui s'attarde

Je voudrais écrire un printemps

qui soit plus qu'un printemps qui passe

Je voudrais ne penser aujourd'hui

qu'à ce que je veux penser

Martine Rouhart

 

 

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Julian Barnes, Le Perroquet de Flaubert

Julian Barnes, Le Perroquet de Flaubert
Julian Barnes, Le Perroquet de Flaubert

Julian Barnes, Le Perroquet de Flaubert, (Flaubert's Parrot), roman traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Nouveau Cabinet Cosmopolite, Stock, 1986 et en Livre de Poche

Table: 1. Le Perroquet de Flaubert - 2. Chronologie - 3. Celui qui le trouve le garde - 4. Le bestiaire de Flaubert - 5. Clac ! - 6. Les yeux d'Emma Bovary - 7. La traversée de la Manche - 8. Guide Flaubert de l'amateur de trains - 9. Les oeuvres secrètes de Flaubert - 10. Le requisitoire - 11. La version de Louise Colet - 12. Le Dictionnaire des idées reçues de Braithwaite - 13. Une histoire vraie - 14. Epreuve écrite - 15. Et le perroquet...

Julian Barnes est né à Leicester en 1946. Auteur de plusieurs romans (dont deux policiers sous le pseudonyme de Dan Kavanagh), il est critique de télévision à l'Observer. Le Perroquet de Flaubert, qui a remporté un immense succès en Angleterre et aux États-Unis, a reçu en 1985 le Geoffrey Faber Memorial Prize, un des plus prestigieux prix littéraires britanniques.

Quatrième de couverture :

"Médecin anglais spécialiste de Flaubert, Geoffrey Braithwaite vient visiter, à l'Hôtel-Dieu de Rouen, le musée Flaubert. Dans un coin, sur une étagère, il découvre le perroquet qui a servi de modèle à Loulou, le perroquet d'Un cœur simple.

Un peu plus tard à Croisset - où se trouvait la propriété de la famille Flaubert - il voit un second perroquet empaillé. Et la gardienne lui affirme avec autant d'assurance que le gardien de l'Hôtel-Dieu, que le sien est le vrai. Quelle est donc la vérité - celle des perroquets ou celle de l'écrivain ? La seule chose importante est-ce le texte, comme le soutenait Flaubert ? Ou l'homme et la vie peuvent-ils expliquer l’œuvre ? Et Geoffrey Braithwaite (ou Julian Barnes, ou Gustave Flaubert) se met à écrire une, puis deux, puis trois biographies de Gustave...

Le Perroquet de Flaubert est un roman éblouissant - mais est-ce vraiment un roman ? - où il est question d'ours et de chemins de fer, de l'Angleterre et de la France, du sentiment du passé, du sexe, de George Sand, de Louise Colet, et aussi de Juliet Herbert, l'amour secret de Flaubert. Et de perroquets...

L'humour de Julian Barnes, tout au long de ce voyage où il nous entraîne à travers l'univers de Flaubert ne se dément jamais. Mais l'humour n'est peut-être qu'une forme suprême d'élégance pour dissimuler des déchirements profonds. Car, où est-elle donc la vérité d'un écrivain ?

Son œuvre n'est-elle pas en soi une invitation à la continuité quand l'auteur est devenu un mythe, l'objet lui-même "d'idées reçues" ?

Citations :

"D'une façon fondamentale, bien sûr, Félicité est totalement à l'opposé de Flaubert : elle est à peu près incapable de parler. Mais on peut rétorquer que c'est là que Loulou intervient. Le perroquet, la bête qui parle, une des rares créatures qui reproduisent des sons humains. Ce n'est pas pour rien que Félicité confond le perroquet avec le Saint-Esprit, celui qui apporte le don des langues.

Félicité + Loulou = Flaubert ? Pas exactement ; mais on peut dire que le perroquet, qui représente une vocalisation habile sans un cerveau très puissant, est le verbe à l'état pur. Un universitaire français dirait que c'est un symbole du Logos. Étant anglais, j'en reviens vite au matériel : à cette créature svelte et guillerette que j'ai vue à l'Hôtel-Dieu. J'ai imaginé Loulou posé sur un coin de la table de travail de Flaubert et le regardant comme le reflet moqueur d'un miroir de fête foraine. Pas étonnant que les trois semaines de sa présence parodique aient causé quelque irritation. L'écrivain est-il beaucoup plus qu'un perroquet un peu compliqué ?" (p.21-22)

"La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles." (Gustave Flaubert, Madame Bovary,  cité p. 23)

"Un critique a-t-il tort de lire Loulou comme un symbole du mot ? Un lecteur a-t-il tort - ou pire est-il sentimental - de considérer ce perroquet de l'Hôtel-Dieu comme un emblème de la voix de l'écrivain ? C'est ce que j'ai fait. Cela m'a peut-être rendu aussi naïf que Félicité." (p.23)

"Il s'appelait Loulou ; son corps était vert, le bout de ses ailes rose, son front bleu, et sa gorge rose." (Un coeur simple)

"Je me suis avancé prudemment entre les étagères et j'ai levé les yeux. Là, sur une ligne, il y avait les perroquets d'Amazonie. des cinquante à l'origine, il n'en restait que trois. L'insecticide qui les recouvrait ternissait le brillant de leurs couleurs. Ils me fixaient comme trois vieillards moqueurs, couverts de pellicules et indignes.Je dois l'avouer, ils avaient l'air un peu maniaques. Je les ai regardés pendant une minute, puis je me suis esquivé. C'était peut-être l'un d'eux."

Résumé d'Un coeur simple de Gustave Flaubert :

Trois contes est le titre d'un recueil de trois nouvelles de Gustave Flaubert : "Un cœur simple", "Hérodias" et "Légende de saint Julien L'hospitallier", parues sous forme d'épisodes dans deux journaux différents au cours du mois d'avril 1877 et publiées dans leur intégralité le 24 avril 1877 par l'éditeur Georges Charpentier. Cette œuvre que Flaubert mit près de 30 ans à écrire dans sa totalité constitue sa dernière production romanesque achevée, puisqu'il devait mourir trois ans après sa publication.

Félicité qui a cinquante ans, est au service de Mme Aubain, veuve endettée et mère de deux enfants, qui a dû emménager dans une maison héritée de ses ancêtres à Pont-l'Évêque. Servante modèle, Félicité est entrée au service de Mme Aubain à l'âge de 18 ans suite à une déception amoureuse - l'homme qu'elle aimait s'est marié avec une vieille femme pour échapper à la conscription -

Félicité s'occupe des enfants de Mme Aubain, Paul et Virginie, âgés de sept et quatre ans puis Paul va quitter la maison pour suivre des études au collège de Caen.

Félicité souffre d'abord de ce départ puis se trouve consolée par une nouvelle distraction : le catéchisme quotidien de Virginie. Mais la fille de Mme Aubain part bientôt poursuivre son éducation chez les Ursulines à Honfleur. 

Félicité va alors reporter son amour sur son neveu Victor qui s'engage pour un voyage au long cours dont il ne reviendra pas. Quelque temps après, Virginie meurt d'une fluxion de poitrine. Félicité, seule, voue alors une immense tendresse à Loulou, un perroquet dont on lui a fait cadeau. Suite à une angine, la servante devient sourde; ainsi isolée du monde, elle ne perçoit plus que la voix de son perroquet quand un matin d'hiver elle découvre Loulou mort. Sa douleur est tellement grande que suivant le conseil de Mme Aubain, Félicité décide de le faire empailler. Après la mort de Mme Aubain, la pauvre servante reste dans la maison invendue qui se dégrade peu à peu. Ayant contracté une pneumonie, Félicité ne vit plus que dans l'unique souci des reposoirs de la fête-Dieu. Elle décide même d'offrir Loulou empaillé pour orner le reposoir situé dans la cour de la maison de Mme Aubain. Pendant que la procession parcourt la ville, Félicité agonise et dans une ultime vision, le Saint-Esprit lui apparaît sous l'aspect d'un gigantesque perroquet. (source :auteurs normands)

Mon avis sur le livre de Julian Barnes :

"Savez-vous qui j'ai devant moi, sur ma table, depuis trois semaines ? Un perroquet empaillé... sa vue commence même à m'embêter." (Gustave Flaubert, Lettre à une amie)

Avec ce Perroquet de Flaubert, Julian Barnes apporte une contribution originale au débat sur les rapports entre un écrivain, son œuvre et sa biographie où s'affrontèrent, en leur temps, Proust et Sainte-Beuve, le premier affirmant, contre le second, que la vie de l'auteur n'apportait rien à la compréhension de son œuvre.

Barnes témoigne dans cet ouvrage qu'une "biographie" mêlant des personnages de papier et des éléments de fiction, des fragments de la vie et de l’œuvre plus ou moins revisitées de l'auteur, des anecdotes plus ou moins véridiques, des lettres, des témoignages de ses contemporains, des jugements de la postérité... et une histoire de perroquets,  peut se lire comme un roman.

Le livre se fait l'écho de nombreuses théories postmodernes déclinées sur un mode humoristique : la polémique autour de "la mort de l'auteur" de Roland Barthes, le traitement de la subjectivité, la polyphonie énonciative et le jeu avec la métafiction.

Auteur de deux excellents romans policiers, Barnes connaît bien la loi du genre : ce sont les détails les plus insignifiants qui sont les plus importants. Mais s'il emprunte au roman policier quelques ficelles (on soupçonne un moment le narrateur d'avoir assassiné sa femme),  Le Perroquet de Flaubert n'en est pas vraiment un, tout au plus un pastiche, comme il est un pastiche de biographie.

Le narrateur, Geoffrey Braithwaite, un médecin anglais retraité et veuf, passionné par Flaubert comme Julian Barnes, dont on apprend dans le très énigmatique chapitre 13 : "Une histoire vraie", qu'il partage la destinée d'un personnage de Flaubert,  est obsédé par un problème qui sert de fil conducteur au "roman" : quel perroquet empaillé - le modèle de Loulou - Flaubert avait-il sur sa table de travail lorsqu'il écrivait Un cœur simple : celui de l'Hôtel-Dieu de Rouen ou celui de Croisset, ou aucun des deux ?

Mais ni Braithwaite, ni le lecteur ne sauront le fin mot de l'histoire, pas plus qu'ils ne sauront ce qui s'est vraiment passé entre l'auteur d'Un cœur simple et Juliet Herbert, l'institutrice anglaise de Caroline, la nièce de Flaubert, qui traduisit en anglais Madame Bovary, un "chef d’œuvre" selon l'auteur.

Flaubert, "qui avait dédaigneusement interdit à la postérité de s'intéresser à sa personne", aurait sans doute trouvé la quête du modèle du perroquet d'Un cœur simple digne de Bouvard et Pécuchet.

Dans la nouvelle, le perroquet revêt dans l'imagination de la servante au cœur simple la figure du Saint-Esprit, alors que Braithwaite y voit l'écrivain au service du "Verbe". Car "L'écrivain est-il beaucoup plus qu'un perroquet un peu compliqué ?"

"Ses lèvres souriaient. Les mouvements de son cœur ralentirent un à un, plus vagues chaque fois, plus doux, comme une fontaine s'épuise, comme un écho disparaît ; et quand elle exhala son dernier souffle, elle crut voir, dans les cieux entrouverts, un perroquet gigantesque, planant au-dessus de sa tête."

"Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits" (Matthieu 11, 25-27)... Et si, au-delà de la catégorie commode du "grotesque flaubertien", c'était Félicité qui avait raison ? A moins qu'ils n'aient raison tous les deux... A des niveaux différents.

Le livre comporte les chefs d'accusation d'un réquisitoire contre Flaubert et une défense de l'accusé : "Il haïssait l'humanité", "Il haïssait la démocratie", "Il ne croyait pas au progrès", "Il ne s'intéressait pas suffisamment à la politique", "Il était contre la Commune", "Il n'était pas patriote", "Il a tué des animaux dans le désert", "Il ne s'est pas engagé dans la vie","Il a essayé de vivre dans une tour d'ivoire", "Il était pessimiste", "Il n'a enseigné aucune vertu positive", "C'était un sadique", "Il y a dans ses livres des quantités d'animaux massacrés", "Il était brutal envers les femmes", "Il croyait en la Beauté", "Il était obsédé par le style", "Il ne croyait pas que l'art eût un but social"... Tout cela, explique Braithwaite, est à la fois vrai et faux.

On y trouve également un "dictionnaire des idées reçues" sur le modèle de celui de Flaubert, dont j'extrais l'article "Flaubert" : "L'ermite de Croisset. Le premier romancier moderne. Le père du réalisme. Le boucher du romantisme. Le pont qui relie Balzac à Joyce. Le précurseur de Proust. L'ours dans sa tanière. Le bourgeois bourgeoisophobe. En Égypte, "le père de la moustache". Saint Polycarpe ; Cruchard, Quarafon. Le vicaire-général ; le major ; le vieux seigneur ; l'idiot des salons. Tous ces titres furent acquis pas un homme indifférent aux titres qui ennoblissent : "Les honneurs déshonorent ; le titre dégrade ; la fonction abrutit."

Il comporte aussi d'amusantes parodies d'épreuves écrites à l'attention des étudiants en littérature, dont j'extrais l'article "Logique (et Médecine)" : "Achille-Cléophas Flaubert, joutant avec son plus jeune fils, lui demanda de lui expliquer à quoi servait la littérature. Gustave, retournant la question à son père chirurgien, lui demanda de lui expliquer à quoi servait la rate : "Vous n'en savez rien et moi non plus, sauf qu'elle est indispensable à notre organisation corporelle comme la poésie à notre organisation mentale." Le Dr. Flaubert reconnut sa défaite."

... Et se termine par un chapitre intitulé "Et le perroquet..." où le "mystère des deux perroquets" reçoit une explication, grâce au président de l'association des amis de Flaubert, mais où l'on assiste à une multiplication vertigineuse - une cinquantaine -  des modèles possibles de Loulou. A une énigme dissipée succède donc un mystère impénétrable, d'autant que Flaubert, comme tout créateur digne de ce nom a sans doute pris des libertés avec le "réel".

A l'instar de celui de Flaubert écolier s'enfuyant au moment d'entrer avec des camarades dans une maison close à Rouen après s'être ruiné en fleurs et en soins capillaires ("le meilleur moment de ma vie" se souvenait-il), le plaisir du lecteur (guidé par l'auteur) n'est pas tant de percer le mystère que de l'imaginer. Comme le dit le narrateur : "Le bonheur n'existe que dans l'imagination."

... Du mystère, il y en a à chaque page... mais aussi de l'ironie,  de l'humour, de la mystification, du cocasse et du grotesque, à l'image de la personnalité "hénaurme" de l'ermite de Croisset ("idée reçue") dont le narrateur nous trace un portrait bien plus parlant - et probablement bien plus fidèle - que la plus fidèle des biographies : Flaubert et les animaux : l'ours, le chameau, le mouton, le singe, l'âne, l'autruche, le perroquet, les chiens, Flaubert et les femmes, Flaubert et les voyages, Flaubert farceur, Flaubert et l'argent, Flaubert et les critiques, Flaubert et les professeurs de littérature, notamment une certaine Enid Starkie, trop "belle" pour être vraie - mais on ne sait jamais avec Barnes - imperturbable spécialiste de littérature française à Oxford, qui reproche à Flaubert de s'être contredit à propos de la couleur des yeux d'Emma Bovary, mais illustre sa biographie de l'auteur avec un portrait de Louis Bouilhet -, Flaubert et la bêtise, Flaubert et les chemins de fer - qu'il détestait "à cause de la façon dont il flattait les gens avec l'illusion du progrès", mais dont le narrateur montre le rôle important qu'il joua dans la relation de Flaubert avec Louise Colet -, Flaubert et Alfred Le Poitevin, Flaubert et Maxime du Camp, Flaubert et George Sand, Flaubert et les livres auxquels il a songé, mais qu'il n'a pas écrits, Flaubert et les vies qu'il aurait voulu vivre et qu'il n'a pas vécues, mais qu'il a mis dans ses livres... Flaubert et son perroquet, le "vrai Flaubert" étant décidément aussi multiple et aussi insaisissable que le vrai modèle de Loulou.

La littérature sert à exprimer, mais aussi à cacher ou à embellir des vérités banales et à nous en "distraire" : on vit, on souffre, on meurt... On n'a jamais ce que l'on désire et l'on ne désire jamais ce que l'on a... On n'est jamais aimé comme on voudrait...  "les unions complètes sont rares"... Le Perroquet de Flaubert est hanté par le thème du suicide : suicide d'Emma Bovary, suicide de la femme du narrateur, suicide supposé de Flaubert, mais que réfute le narrateur. Barnes, compatriote de Shakespeare a pris au sérieux le dilemme de Hamlet, comme il a pris au sérieux le dilemme des deux perroquets - : "Être ou ne pas être, telle est la question." Ne plus être, telle est la réponse. Mais ce ne fut pas celle de Flaubert : "La vie ! La vie ! bander, tout est là !"... Une belle phrase pour le répertoire pittoresque de Loulou !

 

 

 

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administrateur partenariats

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Un partenariat poésie-peinture et des traductions, dans une exposition, mais pourquoi ?

Une exposition de peintures, un salon littéraire sont des événements courants.

Les artistes aiment montrer leur travail, les poètes aiment être lus.

Sur Arts et Lettres, nous partageons nos passions.

Joëlle Diehl, à l'origine des partenariats peinture-poésie,

en ouvrant à la traduction des poèmes dans d'autres langues, 

a donné une dimension internationale à notre aventure.

L'exposition de mes abstractions lyriques organisée en avril

dans un lieu magique à "All Saints’ Episcopal Church" à Waterloo 

est une occasion magnifique de faire vivre tous ces échanges en les exposant au grand jour ; 

quitter le virtuel, une belle aventure réunissant les textes qui ont été inspirés pas les peintures.

C'est une façon de remercier les poètes pour l'honneur qu'ils font au peintre.

A cette occasion, j'ai créé un petit livret reprenant tous les poèmes écrits sur les peintures

et leurs traductions.

Une façon d'immortaliser la belle aventure qui nous unit sur le site.

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Les partenariats poésie-peinture

Arts et Lettres de Joëlle Diehl et Sandra Dulier

et les traductions de

Dominique-Hélène Lemaire et Joëlle Diehl.

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« Prairial »

 

Sanctus, Benedictus

 

Sous la voûte bleutée scintille le printemps.

La rosace azurée de papillons flottants

Sur les rayons turquins, soudain se fait bouquet

Mille reflets carmins explosent en un banquet.

 

Ô cet orgue divin en arpèges vermeils,

Prairial au matin chante ses merveilles.

 

Sanctus, Benedictus

Gloria in exelsis.

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Joëlle Diehl

04/03/2017

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Sanctus, Beneditus

 

Under the deep blue vault sparkles the spirit.

The azured rosace of floating flames

Gliding on turquoise rays, suddenly flashes the bouquet

And thousands of carmine glints explode into the celestial banquet.

O this divine organ in arpeggiated arpeggios,

Prairial in the morning will sing its wonders!

 

Sanctus, Benedictus

Gloria in exelsis.

 

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Traduction de Dominique-Hélène Lemaire

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Sanctus Benedictus

 

Unter dem tiefblauen Gewölbe funkelt der Frühling.

Die azurblaue Fensterrose mit den schwebenden Flammen

Auf türkis Widerscheine, plötzlich wird zum Blumenstrauss.

Tausende karminrote Strahlen entfalten sich zum Bankett.

Ô dieser göttliche Orgel in leuchtendroten Arpeggio,

Mai im Morgentau singt seine Wunder.

 

Sanctus Benedictus

Gloria in exelsis.

 

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Traduction Joëlle Diehl

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 "Ventôse"

Survivrons-nous

Survivrons-nous à ce monde

plongé dans l'indifférence,

supporterons nous la démence

qui chaque jour nous inonde?

Dans l'ouragan des violences,

l'âme violée se révolte,

se cache dans la désinvolte

pour garder ses espérances.

Survivrons-nous à l'horreur

qui chaque jour nous agresse,

fragilise notre bonheur,

nous plonge dans la détresse?

La vie n'est plus que pauvreté

et nous fait craindre demain.

Confrontés à l'insipidité,

d'hier alors nous avons faim.

Survivrons-nous au malheur

qui nous plongera soudain

dans ces moments crève-coeur

qui nous semblent inhumains?

Le ciel troué est sale de cupidités,

les nimbus, lourds et noirs, le font pleurer.

L'ère nouvelle nous fait trembler,

et nous appelons alors à l'humilité.

Survivrons-nous à cette terre meurtrie

que par l'inconscience nous fîmes naître?

Nous jurons bien fort l'amour à la patrie,

mais devant Dieu, nul ne veut comparaître!

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04/04/2015

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God at the balcony.

Shall we Survive?

Shall we survive this world

Plunged into indifference,

Shall we bear with the dementia

Which floods us every day?

In the hurricane of violence,

The violated souls revolt,

They hide in the  day-to-day

To stick to their hopes.

Shall we survive the horror

Which every day gnaws us,

Weakens our happiness,

Soaks us into distress?

Life is no more than poverty

And makes us fear for tomorrow.

Confronted with the lost taste

Of yester years,

We are left hungering.

Shall we survive the misfortune,

Which suddenly immerses us

In those heartbreaking times

We deem so utterly inhuman?

The hidden sky is made dirty

With greed and lust.

The nimbus, heavy and black,

Makes it cry. The new era

Makes us tremble,

And we then call for humility.

Shall we survive this bruised Earth

Created by our selfish unconsciousness ?

We strongly swear our love to our country,

But before God, who will dare to appear ?

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Traduction

de Dominique- Hélène Lemaire

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"Noir dessein"

Issue

Le monde s'indigne,

la voix transhumance

crie l'acier violence

de foudres lamines.

De nos déchirures,

les lunes ineffables

d'espoirs sablent

les sombres épures.

Car en présence

de tout chaos

naît l'écho

Résistance.

Sandra Dulier

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Way out

 

The world is indignant,

The transhumance voice

Shouts steel violence

From laminated casks.

 

Inside our torn hearts,

Ineffable moons

Of sandy hopes

Draw dark sketches.

 

As

From all chaos,

Echoes the voice

Of Resistance.

 

Sandra Dulier

 

Traduction de

Dominique-Hélène Lemaire

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"Révolution"

Tolérance,

que j'aimerais te chanter

au nom de la liberté...

Mais

Les frontières tombent

les hommes ensanglantés

se meurent sous les bombes!

Tant d' horreurs venant nous hanter.

Tolérance

Que j'aimerais te louer

au nom de l'égalité...

Mais

les uns se crèvent de faim

les autres s'en lavent les mains.

L'homme a de bien grands mots

pour taire tous ces maux.

Tolérance

J'aimerais tant te vivre

au nom de la fraternité...

Mais

Cupidité efface l'amitié

Intégrité se donne qu'à moitié.

Seul dans ses espoirs perdus

l'homme alors s'est pendu.

Tolérance,

J'aimerais tant te lire

au nom de tes vérités...

Mais

les mots ne peuvent adoucir

ce que l'Homme doit endurcir.

Il me faudrait en rire?

Tant d'injustices et cruautés....

Tolérance,

J'aimerais tant te prier

au nom du Dieu puissant

Mais

Dans ce monde rugissant

on se bat pour s'approprier

une place dans l'éternel...

Cependant n'est-Il pas universel?

Tolérance,

Que j'aimerais te chanter

au nom de l'humanité...

Mais

Je garde l'espérance

que se meure l'in-tolérance

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09/09/2014

..........................................................................................................

Tolerance,

How   I would like to hum

Your melody in the name of freedom ...

But

Borders fall apart

Bleeding  people by thousands

Are dying under bombs!

Horrors galore come to haunt us.

 

Tolerance,

How   I would like to sing

Your unrivaled harmonies

In the name of equality ...

But

While some perish from hunger

Others are washing their hands

And Man just waves fat words

To silence all those evils.

 

Tolerance,

How I wish I could

Whistle your lovely tunes

In the name of the fraternity ...

But

Greed plays down friendship

And integrity plays its dirty tricks.

Abandoned  in his lost hopes,

Man has  hung up on  Humanity.

 

Tolerance,

How I would love to read

Your gentle spells

In the name of Truth…

But

Words cannot soften

What man has hardened.

Should I laugh

At so many an injustice

And cruelty?

 

Tolerance,

How I would love to praise you

In the name of our Almighty …

But

In this roaring world

We keep fighting to get ourselves

A slice of  Eternity ...

But nothing but you, Tolerance,

Is worth being eternal!

  

Tolerance,

How  I would like to  chant

Your blessed name,

In the name of Humanity ...

But

I can only  cling to  the sacred hope

That through in-tolerance,

Never stops dissolving in our crooked minds.

 

 12273212266?profile=original

09/09/2014

 

Traduction de

Dominique-Hélène Lemaire

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"Germinal"

Couleurs  

 

Je sème le violet, l'orange et le rose

sous ces tonnelles où posent

les arbustes enfleuris

de leurs poésies.

 

Je sème des notes mélodiques

dans ce paysage magnétique

où volent les chants d'oiseaux

sur la mare aux crapauds.  

 

Je colore le ciel

de nuages soleil

et ris, surprise,

en gourmandise.

 

Nager en pastels,

colorer des arcs-en-ciel,

insuffler la joie

pour lui, pour moi.

 

Sandra Dulier

 

…………………………………………………… 

Colours

 

I do sow purple, orange and pink

Under these arbours

Where sweet shrubs clad

With poems are dozing.

 

I do sow melodic notes

In this magnetic landscape

Where birdsongs soar

Over the pond laughing with toads.

 

I do colour the skies

With greedy sunny clouds,

That are such a surprise!

 

Let us swim in pastels,

Coloring rainbows,

Implanting joy

For him, for me.

 

Sandra Dulier

 

Traduction de

Dominique-Hélène Lemaire

......................................................................................................................

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"Luminescence"

Vibrations

En notes bleues

le soleil épand

les traits racés

à l'encre vie.

Clair bouquet

en safran or

capte le jour,

cueille l'infini.

Gestes courbes

semencent le regard

d’un précieux équilibre

et l'alchimie se pose

sur le bord imaginaire,

aplomb audacieux

d'une nature dansante

en feu de joie.

Sandra Dulier

……………………………………………………….

Vibrations

Within blue notes

The sun spreads

Racy features

Through the ink of life.

A saffron gold bright bouquet

Captures the day,

And picks up the infinity.

Curved gestures

Seeding your gaze

Into a treasured balance,

Form a secret alchemy

That in a fiery burst of joy,

Audaciously steps

On the imaginary edge

Of the dancing Nature.

Sandra Dulier

Traduction by

 Dominique-Hélène Lemaire 

.......................................................................................................................

Mes plus vifs remerciements vont

à Madame La Révérende Sunny Hallanan,

pour son chaleureux accueil

au sein de son église.

 

Merci aux poètes d’Arts et Lettres,

Joëlle Diehl et Sandra Dulier,

 pour leurs merveilleuses inspirations,

à Dominique-Hélène Lemaire qui m’a fait l’honneur

de traduire les poèmes de mes amies poètes,

  ainsi qu’à Robert Paul,

fondateur du réseau Arts et Lettres,

sans qui ce partenariat poésie-peinture n’aurait pas vu le jour.

12273214256?profile=original  

« Optimiste inconditionnelle,

Ma  peinture est le reflet de ma joie de vivre,

 je peins sans arrière-pensée, dans le plaisir du moment ;

jamais  je ne peins quand je souffre, 

je ne laisse pas détruire ce plaisir sans cesse renouvelé

par des émotions qui elles, finissent toujours par s’envoler…»

Liliane Magotte    

Un partenariat poésie-peinture

&

Traductions

Arts 12272797098?profile=originalLettres

12273222898?profile=original

Une partie de l'exposition.

12273223259?profile=original

Deux des installations

12273223664?profile=original

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Mégalomanes amoraux

 

Songerie 

 

Dans l'harmonie de la nature,

 Ressentant tendresse et respect,

L'âme humaine demeure en paix.

L'exaltant mystère perdure.

 

 

L'équilibre peut sembler stable,

Douce, l'énergie créatrice.

De nuisibles forces agissent.

Leurs effets sont intolérables.

 

 

Sur terre, les êtres avertis

Gardent courage et espérance.

Entre eux, ils se font confiance.

Ne pensent pas aux pervertis.

 

 

Purent oeuvrer en malfaiteurs,

Des proches certes insoupçonnables,

 Invétérés mégalomanes,

 Ne craignant pas le déshonneur.

 

 

Dans un espace misérable,

Privé de courants parfumés,

Qu'ils se retrouvent transformés

De grands seigneurs en corvéables.

 

13 mars 2017

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Ecrire le printemps

Je voudrais écrire le printemps
avant qu'il éclose,
les fleurs éparpillées
comme des friandises
les fragments bleus
dans les branchages neufs
les averses du cerisier
sur l'herbe nue
le soleil bas dans le ciel
la lumière qui s'attarde
Je voudrais écrire un printemps
qui soit plus qu'un printemps qui passe
Je voudrais ne penser aujourd'hui
qu'à ce que je veux penser

Martine Rouhart

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Des caractères littéraires


Songerie

Molière aimait faire rire,
Il écrivit des comédies.
Des travers illustra les pires,
Imaginant des parodies.

La Fontaine aussi se moqua,
Usant d'une exquise malice.
Les histoires qu'il raconta
Contiennent de rares délices.

La Bruyère sut animer
Des personnages excentriques
Donnant envie des les mimer.
L'amusait ce genre critique.

Les temps ayant évolué,
Souvent cachés de nombreux vices,
Pouvant un jour être hués,
Sont couverts de façon propice.

Des escrocs beaux parleurs, affables,
Se révélèrent fruits pourris.
Ne furent pas héros de fables
Et restèrent des favoris.

 

Envoyé par suprême grâce
Un doux prophète est apparu.
Des justes, il a suivi la trace.
Les agnostiques en lui ont cru.

Quel auteur sera soucieux,
Pris d'une ardeur spirituelle,
D'en faire un portait radieux.
Il répand une foi nouvelle.

Montréal, onze mars 2017

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Après la brillance

Pantoum

Rideaux tirés sur la nuit claire.
Je reste entourée de silence,
En un état d'indifférence.
Ma pensée ne s'anime guère.


Je reste entourée de silence,
Fade éclairage sans mystère.
Ma pensée ne s'anime guère.
Près de moi se love l'absence.


Fade éclairage sans mystère.
Chaque instant m'offre des séquences.
Près de moi se love l'absence.
Tout me semble d'un blanc austère.


Chaque instant m'offre des séquences
Dont la durée est éphémère.
Tout me semble d'un blanc austère.
Manqua d'émotion cette errance.

9 mars 2017

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La nuit ne s'endort jamais

La nuit ne s’endort jamais,elle écoute nos penséesberce nos rêvesnous ouvre les yeuxElle parle tout basdehors dans le noiraux choses invisiblesqui lui répondent,allume le ciel,éveille l'eau dormante,soulève des fantômes,fait bouger les ombresLa nuit avance pas-à-pas,ensommeillée,au petit matince n’est pas le jour qui vientc’est elle qui s’en va(Martine Rouhart)
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12273218894?profile=original 

"Art et scolastique" est un essai du philosophe français Jacques Maritain (1882-1973), publié en 1920. Lié avec de nombreux peintres modernes, en particulier Rouault et Chagall, Maritain essaya très tôt d'édifier une philosophie de l' art sur les principes du thomisme. Exposées ici dans un style savant et ardu, très "scolastique", ces théories restent néanmoins étroitement liées aux débats particuliers de l'époque; elles veulent avant tout dénoncer mais aussi comprendre cette recherche de la "gratuité", du "désintéressement", qui était la grande revendication de nombreux milieux artistiques des années vingt. Avec "Art et scolastique", l'auteur ne donne pas, au sens propre du mot, une esthétique, mais plutôt une "poétique". Son point de départ n'est pas le sentiment du Beau, mais la notion de l' Agir, qui à la fois procède de l' intelligence et se distingue du pur connaître, et aussi la réalité de l' art, qui se distingue du pur Agir comme une vertu dont la fin est de bien faire son oeuvre. Ici, l'art est surtout envisagé comme une activité spécifique, possédant ses lois propres, dans ses conflits possibles avec les règles de la moralité, dans ses analogies aussi avec l'ordre spirituel. Mais Maritain défend résolument l' art de toute soumission intrinsèque à la morale et aux fins spirituelles: "L' art, dit-il, apparaît comme quelque chose d'étranger en lui-même à la ligne du bien humain, presque comme quelque chose d'inhumain, et dont les exigences cependant sont absolues". Il n'en reste pas moins que la marque humaine, celle des mains mais aussi celle de l' âme, est imprégnée sur l'oeuvre d' art. "L'oeuvre chrétienne veut l' artiste saint, en tant qu'homme".

Dans "Frontières de la poésie" (1935),

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Maritain devait poursuivre sa recherche à la fois dans un sens plus métaphysique (comparaison entre l'idée créatrice chez l'homme et chez Dieu) et avec plus d'attention pour les problèmes esthétiques concrets. Il fait d'abord une distinction importante entre Poésie et Art. Apparentée à la métaphysique et à la mystique, la poésie est comme une saisie imparfaite, au coeur même des apparences, de la marque divine empreinte sur toutes choses. L' art, au contraire, est essentiellement création et n'obéit qu'aux lois de sa création même. C'est ainsi qu'il a été conduit à revendiquer une liberté totale; il ne veut être attentif qu'à ses règles propres; il ne tient plus compte de l'homme. Mais il se refuse ainsi à la poésie, il devient stérile et inhumain. S'il est sans doute absurde de vouloir subordonner l' esthétique à l' éthique, il reste cependant que l'homme artiste relève pareillement de l'une et de l'autre. Son oeuvre n'a rien à voir avec la morale mais lui-même est sujet de la morale. D'une certaine manière l'artiste vaudra ce que vaut l'homme: si la "pointe active de l'âme", l' instinct supérieur, n'est pas ému par les réalités les plus hautes, la mesure même de la raison reste mesquine. Elle est exclue des profondeurs d'en haut et d'en bas et elle préfère bientôt les méconnaître. L'ouvrage contient également une série remarquable de notes brèves, sous le titre de "Dialogues" (en particulier sur Dostoïevski et Gide), trois études sur Rouault, Severini et Chagall et "La créf des cants", essai sur la musique moderne à propos de Stravinsky, Satie et Lourié. Maritain est encore revenu sur le problème du rapport entre le spirituel et le poétique dans sa "Réponse à Jean Cocteau" (voir "Lettre à Jacque Maritain").

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