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pensées

en cette semaine de la francophonie, où France Inter se trouve en direct depuis la Belgique, j'ai un plaisir tout particulier à écouter cette radio en région Toulousaine....j'ai aussi une pensée aux victimes du terrorisme et à tous ceux qui en souffrent...amitiés

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administrateur théâtres

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Jérusalem, fresque épique qui retrace les chemins de l’amour sur fond de première croisade, est une refonte en français  par Verdi en 1847 d'I Lombardi alla prima crocciata, pour l’Opéra Français : musique de circonstance,  grandes scènes dramatiques, incontournable ballet réclamés par le genre, et de nombreux airs à cabalette… Durée 3heures 30! Mais pas une seconde d’ennui dans la  rare et magistrale exécution entendue à l'Opéra Royal de Wallonie.

 

 La mise en scène de Stefano Mazzonis Di Pralafera, les décors à la fois sobres et  captivants de Jean-Guy Lecat, les costumes tantôt rutilants, tantôt manteaux de déserts de Fernand Ruiz et les  éclairages recherchés de Franco Marri auront tout  fait  pour séduire l’imaginaire dans cette fresque guerrière qui sert de toile de fond à l’amour face au destin, à la  vengeance des clans, à la guerre des religions, à la justice et à la réconciliation. C’est grandiose et dépouillé à la fois. Pour exemple: cette réponse  muette du ciel à la prière de l’héroïne, magnifique morceau d’interprétation orchestrale sous la baguette de la fougueuse Speranza Scappucci, semble parvenir d’une immense flaque  de ciel bleu au centre des palais lombards vide de toute âme… Le contraste entre les foules et la solitude des personnages est admirablement rendu, que l’on soit en Lombardie, dans le désert ou dans la ville sainte où Godefroid de Bouillon reconquiert le Saint-Sepulcre.  La direction musicale de Speranza Scappucci  serre la partition au plus près  et conduit l'orchestre dans des accents prémonitoires, des envolées tragiques, des sonorités raffinées et de puissants effets symboliques aux larges phrasés, très inspirés. Les  nombreuses interventions des choeurs dirigés par Pierre Iodice ne sont pas sans rappeler les choeurs de Nabucco et la scansion du texte français particulièrement harmonieux est  chaque fois un  réel plaisir  pour l’oreille. Ajoutons à cela des solistes de tout premier rang : Eliane Alvarez,  Natacha Kowalski, Isaure,  la gracieuse confidente d'Hélène,  Marc Laho, Roberto Scandiuzzi et Ivan Thirion flanqué de son fidèle écuyer (le charmant ténor Pietro Picone) qui font de cette œuvre une complète réussite !

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Solaire dans les aigus acrobatiques, la prononciation  de la diva dans le rôle d’Hélène est parfois déconcertante. La puissance d’Eliane Alvarez, donne parfois l’impression d’une certaine lourdeur, surtout dans ses chagrins, où elle fait un usage intensif de sombres vibratos particulièrement dans les solos. En revanche,  les mouvements d’ensemble où elle règne en maître  sont absolument majestueux et on finit  même par aimer Roger (Roberto SCANDIUZZI ), cet oncle maléfique et incestueux, tant sa voix est belle, sculptée, épanouie et profonde. Marc LAHO, très lyrique  dans le rôle de  Gaston, Vicomte de Béarn, séduit par la largeur de sa voix,  sa noblesse, la hauteur de ses sentiments, aussi bien dans l’amour qu’il éprouve pour Hélène que  dans sa ferme volonté de réconciliation des deux familles ennemies et sa soif désespérée de justice. Il est un vibrant appel à la compassion car il est le jouet de l’injustice, accusé à tort de meurtre parricide. Il est victime de cet oncle  coupable, qui s’est lui-même exilé vers la ville sainte, dans l’espoir de faire pénitence et  d’obtenir sa rédemption pour un crime fratricide qu’il pense avoir commis.

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Le comte de Toulouse, le père d’Hélène, qui n’est -contre toute attente- finalement pas mort, est  interprété par  le vibrant baryton Ivan THIRION.  Sa  très belle stature de  redoutable pater omnipotens est fort intéressante, partagé entre l’amour pour sa fille et  l’idée qu’il  se fait  de la justice : celle de venger par le sang la tentative de meurtre.   La scène de la désacralisation des armes du chevalier et de sa terrible dégradation lors le jugement inique, est, pour le noble chevalier Gaston, pire supplice que l’imminence de sa mise à mort physique. « Barons et chevaliers, je proteste… » ll y a aussi cette  poignante marche funèbre…  Patrick DELCOUR interprète le  légat du pape Urbain VII, Adhémar de Monteil. Il est brillant  et net comme un joyau, mélange de rubis  dans un ciboire précieux. On frissonne avec le souvenir des larmes du Christ dans le jardin des oliviers chanté par les chœurs. L'émir de Ramla (Alexei GORBATCHEV) est captivant par  son étrange sagesse, sa grandeur et sa sérénité. C’est lui qui fait appel à l’ermite pour absoudre le « coupable »… « Pour te bénir, je suis hélas trop coupable ! »  se lamente Roger devant l’ironie du destin! Personne que lui, ne sait mieux l’innocence du valeureux Gaston!   

Une belle surprise attend le spectateur à la fin de l’opéra, où l’œuvre de rédemption et de pardon prend toutes sa signification grâce à un  subtil et fabuleux  jeu d’écharpes, tandis que s’élève le chant des pèlerins à la gloire de Dieu…

Et on ne se lasse pas des  innombrables retours sur scène de cette très glorieuse distribution qui irradie la joie et la victoire. On ne se lasse pas d’apprécier en pleine lumière les somptueux costumes de la foule de figurants et des solistes.

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Gaston: Marc LAHO
Hélène: Elaine ALVAREZ
Roger: Roberto SCANDIUZZI *
Comte de Toulouse: Ivan THIRION
Raymond, l’écuyer de Gaston: Pietro PICONE
Isaure: Natacha KOWALSKI
Adémar de Montheil, légat papal: Patrick DELCOUR
Un Soldat: Victor COUSU
Un Héraut: Benoît DELVAUX
Émir de Ramla: Alexei GORBATCHEV
Un officier: Xavier PETITHAN

Nouvelle coproduction : Opéra Royal de Wallonie / Fondazione Teatro Regio de Turin
Avec la collaboration de l’Institut Supérieur de Musique et de Pédagogie de Namur (IMEP)

Dates: 

Du vendredi, 17/03/2017 au samedi, 25/03/2017

http://www.operaliege.be/fr/activites/jerusalem

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Aphorismes sur le bonheur

Bonheur:
Le bonheur est un composé d' S.L.C.(santé, liberté et confort)
Bonheur:
En voulant du bonheur à tout prix, on prend parfois le risque de s'en offrir un faux.
Bonheur:
Le bonheur pour rester stable, ne doit pas être dérangé.
Bonheur:
Pour s'assurer un bonheur accessible, il faut se réserver des joies à portée de la main.
Bonheur:
On reçoit rarement le bonheur en paiement de l'indu ce qui nous autorise à en jouir sans avoir
à rendre des comptes
Bonheur
Savoir se rendre heureux c'est savoir se mijoter de petites joies quand le besoin s'en fait sentir.
Bonheur:
Le bonheur est un équilibre précaire que l'on risque de rompre en voulant le parfaire.
Bonheur:
Ce qui nous ensoleille est de la joie, le beau-fixe peut être du bonheur.
Bonheur:
Quand on a le goût de chanter, jour après jour, et même par temps gris, c'est qu'on vit du bonheur.
Bonheur:
Avoir apporté du bonheur ne garantit nullement qu'on en recevra une part.
Bonheur:
Ceux qui ont compris que le bonheur est de n'avoir pas à endurer de grands ou de légers malheurs, distribués à tous inévitablement, se sentiront sans doute heureux.
Bonheur:
Le bonheur de l'humanité viendrait d'un vent généreux, agissant partout à la fois, ce qui est contraire aux lois de la circulation des courants d'air.


( Extraits de « Mots dites-moi! » de Suzanne Walther-Siksou)

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Premier débat présidentiel

Propos


De dire, il y a la façon,
Qui a certes de l'importance,
Mais ce qui pèse, c'est le fond,
Non pas l'éclat de l'éloquence.

Or pour convaincre une assistance,
Un orateur doit présenter,
En recourant à l'évidence,
Chaque probable vérité.

Ce qui ne fut pas démontré,
Comme il convenait de le faire
Me semble dépourvu d'attrait
Et ne pouvant  pas satisfaire.

En silence, je rends hommage
Au candidat seul à douter
D'être l'illustre personnage
Dont la France va se doter.

20 mars 2017

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Le Bonheur

J’ai entendu que ce 20 mars 2017 c’était la journée du bonheur
Comme si ce jour là le bonheur était soudain présent partout
J’ai souri puis j’ai réfléchi
Ce jour peut -être propice à réflexions
Pour nous,c’est quoi le bonheur?
Qu’est ce qui nous fait vraiment plaisir?
Notre conception du bonheur n’est -elle pas stéréotypée
Ou linéaire?
Dans notre société Métro-Dodo-Boulot?
Le bonheur,pour moi,à 55 ans,c’est de ne plus me prendre la tête pour des conneries
C’est de ne plus vouloir paraître mais simplement être
C’est savoir que le bonheur n’est pas un état permanent
Mais une brassée de petits moments
Le bonheur oui c’est de rendre les autres heureux
Mais aussi de nous rendre heureux
Le bonheur c’est de faire ce qui nous plait
Au moins 2 fois par semaine
C’est larguer les amarres
Quand on en a marre
C’est chanter sous la pluie
Et danser sous le soleil...
Le bonheur c’est de lâcher prise
Et faire ce qui nous grise...
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Bonjour chers tous,

J'ai reçu aujourd'hui, comme plusieurs d'entre vous sûrement, le même message de monsieur Calvi "...l'œuvre est-elle disponible....". J'aimerais vraiment lui demander dans quel but il fait cela. Ne le comptant pas dans mes amis... De toute façon Arts et lettres n'est pas un site de vente !!!! Pour ma part mes croquis de musicos, je les ai donné au batteur qui les méritait bien.  Belle journée à vous tous.

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Un petit "bonjour" et de nombreuses nouvelles

Je ne vous oublie pas, mes chères et chers amis (es) d'Arts et Lettres, mais de très nombreux déplacements, des activités intenses, ne me laissent pas une minute, et si je veux garder toute sa place à une bonne santé physique pour me permettre tout cela, il m'est encore plus difficile de dégager du temps pour publier sur les réseaux sociaux et venir vous voir souvent (même si je passe régulièrement).

Cependant, je vous donne quelques nouvelles (entre deux voyages, et parmi 1000 autres choses) résumant un peu ce premier trimestre 2017 qui est passé à un vitesse folle :

- La naissance de mon nouveau site Web (et du blog qui l'accompagne) :

- Un stage d'aquarelle dans un univers hivernal :

- Une vidéo (et un article expliquant cette démarche sur mon nouveau blog) pour fêter le printemps :

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À la vie!


La providence me permet
D'accueillir, une fois encore,
Le renouveau qui fait éclore
Tulipes et muguet parfumé.


D'accueillir, une fois encore,
L'enchantement qu'il nous promet;
Tulipes et muguet parfumé,
Dans la brillance qui les dore.


L'enchantement qu'il nous promet;
Des tableaux vivants se colorent
Dans la brillance qui les dore,
Les passants en seront charmés.


Des tableaux vivants se colorent,
Changent sans être déformés.
Les passants en seront charmés.
Champagne: À la Vie que j'adore!


20 mars 2017

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12273213283?profile=originalConsidérée comme discipline autonome, l'apologétique est de date récente; mais l'apologie, qu'elle soit juive, catholique, orthodoxe ou protestante, est aussi ancienne que le judaïsme ou le christianisme. Bien qu'elle ait conduit souvent à la controverse, l'apologétique ne doit pas être identifiée avec elle. La controverse accuse les différences et les oppositions; elle entraîne plutôt une attitude de fermeture aux idées d'autrui. L'apologétique, au contraire, peut et doit garder une attitude d'ouverture. Ses «raisons» sont celles du dialogue, et d'un dialogue non seulement extérieur mais intérieur au croyant: elle cherche à établir les motifs qu'à chaque époque le fidèle reconnaît à sa croyance, en face de sa propre incroyance, et à les communiquer à autrui.

 

 

1. La littérature apologétique juive

 

Le judaïsme antique n'a eu une littérature apologétique qu'à partir du moment où il a été en contact avec les peuples environnants. On doit mentionner le Contre Apion de Flavius Josèphe (95apr. J.-C.), adressé aux Romains, et l'oeuvre philosophique de Philon qui, bien qu'elle n'ait jamais été reconnue par le judaïsme orthodoxe, a constitué une première tentative d'explication du judaïsme par rapport à la pensée hellénique.

C'est plus tard, au IXe siècle seulement, qu'a commencé de s'opérer dans le judaïsme la rencontre de la révélation et de la raison philosophique, lorsque les lettrés ont eu connaissance, dans des traductions arabes, des chefs-d'oeuvre de la philosophie grecque, Pythagore, Platon, Aristote, Plotin ont été alors rendus accessibles aux maîtres de la synagogue (geonim). Déjà les philosophes arabes dits motazilites avaient tenté d'exprimer en termes philosophiques les grandes données du monothéisme: unité de Dieu, création du monde, liberté humaine, justice divine, problème du bien et du mal. Leur méthode d'investigation, le kalam, avait donné naissance à la première théologie rationnelle. Mais celle-ci reposait sur le concordisme musulman entre révélation et raison. Saadia ben Joseph de Fayyoum (882-942) inaugura une recherche semblable au sein du judaïsme et appliqua aux données de la Bible la dialectique du kalam. Son ouvrage fondamental, Certitudes et Connaissances, inspiré par la pensée du Talmud, soutient qu'il y a harmonie entre la révélation, la tradition et la raison.

Il y eut bientôt une réaction. Dans le Kuzari (1140), Judah Halevi imagina un dialogue entre un chrétien, un musulman et un rabbin en présence du roi des Khazars, qui finit par se convertir au judaïsme; il fit une critique sévère de la philosophie du kalam et attacha la certitude non pas à la démarche de la raison, mais à la lettre de la Torah donnée par Dieu à Moïse.

Dans la période qui suivit, l'effort rationnel fut repris, mais l'aristotélisme prit peu à peu le pas sur le kalam et sur le néo-platonisme. Dans le Guide des égarés (1195) Moïse Maimonide prouva que la foi d'Israël et la sagesse grecque, bien que différentes dans leur origine, sont identiques dans leur essence et doivent se rejoindre pour les croyants. La spéculation rationnelle put être considérée alors comme une voie vers la connaissance mystique. D'abord rejetée par le judaïsme orthodoxe, l'oeuvre de Maimonide fut acceptée par la suite, et elle exerça une influence décisive sur la pensée chrétienne du Moyen Âge. Elle garde un grand crédit dans la pensée juive contemporaine.

 

 

2. L'apologétique chrétienne aux premiers siècles

 

L' apologétique chrétienne a commencé, au lendemain de la Pentecôte, avec les discours de Pierre (Actes des Apôtres, II et III) et d'Étienne (Actes, VII). Elle fut d'abord une défense et un témoignage des juifs chrétiens face aux responsables du peuple juif. Son affirmation majeure était la réalisation des prophéties messianiques. Elle n'impliquait pas pour autant une rupture avec le judaïsme et elle argumentait à partir de la même tradition et sur les mêmes thèmes.

Mais dans l'ensemble du Nouveau Testament (Phil., I, 7; I Tim., I, 3 et surtout Actes, XXIV, 25), l'apologie prit bientôt une extension beaucoup plus large. La défense de la foi en Jésus-Christ fut portée devant les tribunaux païens, et les premiers chrétiens virent dans cette convocation juridique devant les autorités la confirmation de l'Évangile et la manifestation de l'Esprit saint. L'apologie, qui pouvait aller ainsi jusqu'au martyre, fut adressée désormais à tous les peuples de l'Empire et aux autorités constituées. Dans la Première Lettre de Pierre (III, 5), se trouve la charte de l'apologie de la foi selon le Nouveau Testament: «Soyez prêts à rendre raison de l'espérance qui est en vous, à quiconque vous le demande avec mansuétude et respect.»

Quand ils se furent distingués des juifs, les chrétiens témoignèrent de leur foi devant les fonctionnaires païens, et avant tout devant l'empereur. D'où le nom de «Pères apologistes», qui fut donné aux premiers Pères de l'Église. Le IIe siècle fut ainsi l'âge des apologies: ApologiesI et II, de Justin (147-161); Discours aux Grecs, de Tatien (150-173); Trois Livres à Autolicus, de Théophile d' Antioche (160); Supplique pour les chrétiens, adressée par Athénagore d'Athènes à Marc Aurèle (177); Épître à Diognète, le chef-d'oeuvre du genre, dont l'auteur n'a pas été identifié.

Les ouvrages apologétiques ont été d'abord des réponses aux contestations des philosophes ou des gnostiques grecs: Octavius, de Minucius Félix (fin du IIe siècle); Apologétique, de Tertullien (197); Exhortation aux Grecs, Pédagogue, Stromates, de Clément d'Alexandrie (200-202); Contre Celse, d'Origène (244-248). Ces écrits ont préparé les traités théologiques des Pères des siècles suivants.

Cette littérature, fondée surtout sur le Nouveau Testament, s'est accompagnée malheureusement très souvent d'un oubli et d'une méconnaissance de la tradition juive. Affirmant entre les deux Testaments, entre le temps de la promesse et celui de l'accomplissement, un rapport d'antitype à type, ou d'image à réalité, les apologistes chrétiens d'origine grecque ont manifesté un penchant excessif pour l'allégorie et ont parfois détaché la typologie de l'histoire, et la théologie de l'économie et de l'histoire du salut. En retour, les rabbins tannaïm et amoraïm se sont repliés sur la tradition légale, la halakha. Ils ont laissé de côté les versions de la Bible, en particulier la version des Septante répandue jusqu'alors dans les synagogues de la diaspora, parce que les chrétiens l'utilisaient contre eux, et ils ont préféré les traductions de Théodotion, Symmaque et Aquila. Sous l'influence d'apologétiques opposées, le judaïsme et le christianisme, pourtant issus d'une même tradition, sont devenus ainsi très rapidement étrangers l'un à l'autre. Ce retournement fut consacré quand le christianisme, de religion persécutée, devint avec Constantin religion de la majorité.

Bien que l'islam ne véhicule du judaïsme et du christianisme que des éléments partiels et déformés, les relations de ces deux derniers avec l'islam ne furent au début ni d'opposition ni de défense. Les chrétiens monophysites accueillirent en général favorablement leurs nouveaux maîtres. Les apologistes chrétiens, pour la plupart des chrétiens arabisants (Jean de Damas, Abu Qurra, Nikétas le Théologien, Barthélemy d'Édesse), cherchèrent à démontrer que la doctrine de la Trinité était strictement monothéiste, mais ils usèrent peu du kalam. La discussion avec l'islam ne commencera vraiment qu'au Moyen Âge. C'est alors, en effet, que l'apologétique se constitue comme discipline cohérente et élaborée, à la faveur du renouveau aristotélicien. Elle apparaît d'abord chez deux croyants non chrétiens: l'un juif, Maimonide, l'autre musulman, Averroès (Ibn Rushd), qui ont été tous deux les maîtres à penser de saint Thomas d'Aquin.

 

 

3. Du Moyen Âge à l'époque contemporaine

 

La démarche apologétique classique du christianisme avait été formulée par saint Anselme dans son Proslogion (1078): fides quaerens intellectum. La foi recherche les motifs qui, sans prétendre démontrer ce qui demeure mystérieux pour la raison, permettent de croire, et fondent un «jugement de crédibilité». Mais les motifs de crédibilité ne sont pas la foi. Leur rapport à la foi restait à élucider. C'est ce que fit Thomas d'Aquin dans la Somme contre les gentils (1261-1264), où le principal interlocuteur visé sous le nom des «gentils» est Averroès. À la suite de saint Anselme, Thomas d'Aquin expose ce que l'on peut nommer les «préparations philosophiques» à la foi: existence de Dieu, création, Dieu fin suprême des créatures, avant de présenter la crédibilité rationnelle des dogmes proprement dits. La différence de statut est nette: si Thomas d'Aquin prétend à une démonstration des vérités naturelles, il ne prétend qu'à une défense des vérités surnaturellement révélées, dont l'exposé est du ressort de la théologie, et accessibles seulement à celui qui croit.

L'existence de vérités naturelles qui peuvent être établies rationnellement était ainsi affirmée. Il restait à se pencher sur leur contenu, et c'est ce qu'a fait l'apologétique moderne. Elle naît avec l'Apologie (1434-1435) de Raymond de Sebonde, qui a stimulé Montaigne (Essais, II, 12). Ses considérations sur l'harmonie entre le bien de l'homme et la révélation sont le signe d'un optimisme humaniste et rationaliste. À l'opposé, un Nicolas de Cues, dans De la docte ignorance (1440), fonde la croyance sur une vision mystique où viennent s'unifier les positions contraires des hommes.

Les Pensées de Pascal (1662) ont inauguré une voie nouvelle. Partant de la considération de l'homme, de ses besoins, de ses désirs, de ses échecs, des preuves «sensibles au coeur» plutôt que de celles qui convainquent l'esprit, Pascal a projeté sur la démarche de foi une vive lumière. Plutôt que de s'appuyer sur des démonstrations, il a mis en relief dans la croyance un «pari», dont on fausserait la portée si l'on y voyait un argument de premier plan dans son apologétique, mais qui est une sorte de pressentiment de l'argument de probabilité mis en relief par la pensée moderne. Pascal développe des preuves qui viennent s'ajouter au pari et qui sont d'autant plus fortes qu'elles s'appuient les unes les autres. Leur convergence même est en harmonie avec la nature de la foi: «Il y a assez de lumière pour ceux qui désirent de voir et assez d'obscurité pour ceux qui sont en disposition contraire.»

La reconnaissance des «probabilités» de la foi eut une grande place aux XVIIeet XVIIIe siècles. Elle se retrouve dans l'anglicanisme chez Joseph Butler, Analogie de la religion naturelle et révélée avec la constitution et le cours de la nature (1736), qui voit là une sorte de «philosophie de la révélation», et chez William Paley, Tableau des évidences du christianisme (1790), qui adopte un point de vue plus rationnel. Les deux ouvrages ont servi de point de départ à John Henry Newman dans ses Sermons sur la croyance (1843) et dans son Essai pour aider à une grammaire de l'assentiment (1870), analyse magistrale de la démarche de foi pour l'esprit scientifique moderne. Newman distingue l'assentiment «réel» de l'assentiment simplement notionnel, et établit les lois du «sens illatif» (ou sens de l'inférence), qui fait adhérer au réel. Passant de cette philosophie de la connaissance à l'analyse concrète et historique, Newman montre que le lieu de l'assentiment réel est la tradition dogmatique de l'Église. Au début du XXe siècle, on a dénoncé parfois dans cette démarche un certain psychologisme. En réalité, cette apologétique n'est nullement moderniste et procède du christianisme le plus traditionnel.

En même temps qu'ils ont insisté sur les fondements rationnels de la croyance, les Temps modernes ont connu un retour vers le fidéisme, la transcendance et l'argument d'autorité: cette tendance est nette chez l'homme d'État anglais Balfour, Les Bases de la croyance (1899), chez G. Fonsegrive, Le Christianisme et la vie de l'Esprit (1899), et Ferdinand Brunetière, Raisons actuelles de croire (1900). Il n'en est pas de même chez Maurice Blondel qui, dans la Lettre sur les exigences de la pensée contemporaine en matière d'apologétique (1896), fait appel conjointement à la transcendance et à ce qui est immanent à l'action humaine. Selon lui, le surnaturel, «qui demeure toujours au-delà de la capacité, du mérite et des exigences de la nature», est dans une certaine mesure appelé par les insuffisances de celle-ci, «par le besoin senti d'un surcroît» que la nature peut recevoir, étant faite pour lui, mais qu'elle ne peut ni produire ni même définir.

Depuis la fin du XIXe siècle, de nombreux auteurs ont été tentés de donner à l'apologétique un statut scientifique et de lui assigner pour tâche la réflexion sur la crédibilité de la Révélation. Mais la certitude que peut avoir de celle-ci le croyant ne se couche pas nécessairement en une démonstration de la Révélation. C'est plus qu'une opinion, il est vrai, puisque le croyant adhère et n'est pas dans le doute; mais ce n'est pas l'évidence apodictique, idéal de la science moderne. Aussi rend-on mieux compte de sa nature en parlant de «certitude morale». Le «réel» dont s'enquiert ici la raison humaine est en effet dans sa nature de caractère moral et religieux plutôt que rationnel. On laisse échapper ce réel si on le réduit à un exposé de preuves, sans tenir compte des sujets personnels à qui les preuves en question s'adressent à titre de signes religieux. Certes, la démarche de foi peut être transcrite après coup en catégories rigoureuses et objectives, être mise en forme de démonstration, mais cette démonstration ne rejoint jamais entièrement la démarche concrète du sujet. On l'accusera toujours ou de trop promettre ou de majorer ses résultats. Entre la démarche rationnelle (ou jugement de crédibilité) et l'adhésion de foi (qu'on a appelée parfois jugement de crédentité), il y a un seuil, un écart, qui tient au rapport direct du sujet avec Dieu et qui dépasse les élucidations de la raison.

Mais il faut remarquer qu'en insistant sur les signes qui touchent l'homme et qui l'appellent à une conversion, on n'entend pas dévaluer les preuves: le signe implique la preuve, car le signe doit être, par le croyant lui-même en premier lieu, critiqué et prouvé. Insister sur la signification du geste religieux n'entraîne pas qu'on soit moins exigeant sur sa vérification. Aussi la philosophie religieuse, dont l'objet est d'étudier les conditions générales de l'acte religieux, est-elle ici d'un grand secours et vient-elle contrôler le langage et la démarche de la foi.

L'apologétique ainsi comprise n'a pas à être glorieuse -pas plus que la foi n'est la gloire -ni non plus craintive -l'assurance étant le signe de la foi -mais vraie. La vérité du témoignage est en définitive le seul indice du message du salut.

 

 

4. Athènes et Jérusalem

 

Depuis la fin des années 1970, sous l'influence d'une réflexion sur les rapports entre la raison et la foi et sur le problème de l'origine de la pensée, un certain déplacement de la problématique s'est opéré - deux modes de pensée distincts, deux noms, deux cités considérés comme étant au coeur de notre héritage: Jérusalem et Athènes. Tandis que les médiévaux, qu'il s'agisse de Maimonide ou de Thomas d'Aquin, admettaient qu'une synthèse était possible, les modernes -tels Leon Chestov et Leo Strauss notamment-sont de plus en plus enclins à reconnaître une tension fondamentale, un conflit irréductible, entre ces deux «modèles» de la vie de l'esprit. Des deux grandes catégories culturelles, gréco-romaine et judéo-chrétienne, qui caractérisent la pensée de l'Occident, Michel Serres écrit: «Ces deux catégories ne sont pas des synthèses, elles ne sont que des séquences. Et peut-être des séquences sans conséquence. Preuve en est que, dans chaque couple, le prédécesseur ne se reconnaît pas dans le successeur, même quand celui-ci le revendique. Le trait d'union n'y est qu'une coupure, souvent [...]. La catégorie de chrétien romain est reconnue, quant à elle, comme une synthèse, précisément celle que la catholicité a universalisée dans tout l'Occident au cours de vingt siècles d'histoire, avec les revers et les succès que l'on sait. Mais il y a, d'autre part, une catégorie moins connue [...] qui m'apparaît jeter sur la question une vive clarté. Le modèle judéo-grec est une synthèse» (Le Modèle de l'Occident). Ainsi une double confrontation s'est inscrite au coeur de la vie de l'esprit. Le Grec a fait une découverte originale, celle du logos et de la science. Le Juif, par ses prophètes, a découvert le temps et l'histoire. Il y a là deux processus interminables, deux opérateurs sans cesse renaissants. L'Orient maintient ces courants séparés. L'Occident est leur confluent. Ces deux découvertes ont pour conséquence l'hétéronomie des langages et elles fondent la différence de la révélation d'avec la philosophie.

Nulle part l'hétéronomie n'apparaît davantage que dans l'oeuvre des penseurs qui ont repéré les conflits de l'humanité en même temps qu'ils ont fondé la modernité: Spinoza, Bayle, Freud. Le contraste est figuré par l'opposition entre deux montagnes. Au sommet de l'une, à l'orient de la Méditerranée, Abraham s'apprête à sacrifier son fils Isaac, mais son bras sera retenu. Au sommet de l'autre, à l'ouest des eaux du Bosphore, Oedipe est exposé, suspendu par les pieds; un oracle a prédit qu'il tuerait son père. Abraham, dans sa piété, ne veut pas pénétrer les desseins de Celui qui lui a parlé. Oedipe ne sait pas ce que le destin lui promet. «Nous portons dans le corps, remarque Michel Serres, ce qu'on nomme communément l'Oedipe, et nous tournons le dos à la première des montagnes. Nous ne savons plus que nous sommes en équilibre entre deux sacrifices. Peut-être l'Occident est-il cet équilibre rompu, la série interminable de tous les déséquilibres, entre un modèle grec, la culture d'Oedipe, et un modèle juif, le culte d'Abraham.»

Consciente de telles prémisses, l'apologétique contemporaine s'est déplacée, de même que l'attitude philosophique à l'égard de la révélation. De part et d'autre, on reconnaît, ce qui sans doute aurait pu être admis d'emblée comme une évidence, que la philosophie n'a jamais réfuté la révélation et ne pourra jamais y parvenir: elle reste en dehors et de sa visée et de ses prises. En outre, la théologie ne saurait couper court aux interrogations de la philosophie ni interrompre sa contestation.

Pour le philosophe, la révélation est seulement une possibilité. Quand Pascal entreprend de démontrer que la vie du philosophe est fondamentalement misérable, parce qu'elle laisse échapper le tragique, son projet présuppose la foi; il n'atteint ni ne réfute la démarche philosophique. De plus, celle-ci ne détient pas d'éthique dernière dès lors qu'elle reconnaît que la révélation existe. Elle doit donc admettre la possibilité de la révélation. Le choix du philosophe apparaît fondé lui-même sur une foi. La philosophie, dit Leon Chestov, renvoie à la non-philosophie. Et Leo Strauss, partant d'un autre point de vue, affirme, lui aussi, que la recherche d'une connaissance évidente qui dispenserait de la révélation «repose elle-même sur une prémisse qui ne l'est pas». La démarche la plus intéressante de l'apologétique contemporaine n'a pas consisté à vaincre la philosophie sur son terrain, ni à vouloir la maintenir en situation de servante; elle a consisté à reconnaître son autonomie et, en ce qui la concerne, à retrouver sa spécificité.

 

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Le peintre du bonheur



Sur la page blanche de son vierge tableau,

Une rose estompée se dépose
Telle une douce pluie libérant l'eau
Couvrant la branche où un oiseau repose.

C'est un fond joyeux que lentement dessine
Ce bras rigoureux armant de vives couleurs,
Qui n'en donne l'air pourtant, mais qui peaufine
L'ouvrage camaïeu de son secret bonheur .

Et tombent maintenant telles des averses
Des cierges vivants aux flammes flamboyantes,
Des roseaux, des bambous de contrées diverses,
Des vases dorés et des perles pimpantes.

Le peintre du bonheur garde des yeux d'enfant,
Tout ses nuages bleus et ses mers turquoises
Dansent sur la toile de ses rêves chantants
Et bercent notre âme à cet heureux voyage.

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Un impromptu sans titre

Superbe luminosité.
L'énergie traverse les vitres.
Je ressens son intensité,
L'envie d'un impromptu sans titre.

J'attends que des mots se présentent,
Papillonnant en liberté.
Voudrais que leur grâce m'enchante,
Qu'ils m'incitent à méditer.

Mais persiste le doux silence.
Mon âme certes s'y complaît.
Je demeure dans l'innocence,
En joyeuse sérénité.

Lors, que devient l'impromptu
Que mon esprit me réclamait?
Quand les vocables se sont tus,
Impossible de s'exprimer.

Il reste sans commencement
Mais cela n'a pas d'importance.
Comment savoir assurément
La valeur de ce que l'on pense?

19 mars 2017

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Le Poème de la semaine n° 11

 

Le Poème de la semaine n° 11

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III

POÉSIE

A

J’ai découvert le mot « Éclisse » grâce à ce délicieux poète et néanmoins ami Richard Taillefer.

Cet ambassadeur du temps se demande

« Où vont les rêves quand la nuit tombe ? »[1]

Je n’ai pas encore trouvé la réponse.

B

  

Le Poète débraillé[2]

  

De longs mois laborieux auparavant

Création, conception, écriture

Insatisfaction : rature, destruction

Perfectionniste : réflexion, reconstruction

Il enfante aux forceps

Des vers en prose improbables et sublimes

Au vestiaire, le poète appréhende

Nervosité préliminaire, calme apparent

Lave bouillonnante, volcan interne

  

Il fait exception pour

Sa moustache bien ordonnée, légendaire

Sa pipe de Cogolin rivée aux lèvres

  

Sur l’estrade, seul parmi les auditeurs

Campé devant un micro

Comme une affiche de cinéma

Vêtu de noir en harmonie avec sa crinière

Concentré en son moi

Il distille ses vers subtils

Hors du temps, ailleurs

Insensible aux alentours

Possédé de sa passion

Sorti de son douillet cocon

Perdu dans son aura

Égaré, il erre dans un autre monde

Le poète cogne, cabosse, rafistole

Il dérange, charme, console

Amusé, il instille des vérités, des doutes

Silence brutal, applaudissements, soulagement

Bravo l’artiste

 

C

  

Conception de vers

Création poétique

Texte jamais prêt

Trac vissé au corps

Installé sur l’estrade

Le poète déclame

Le poète se vide

Sa besace s’allège

Issue délivrance


[1] L’éclisse du Temps de Richard Taillefer, éditions Dédicaces

[2] En hommage à Richard Taillefer poète

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Ces textes sont extraits du recueil de poésie PÉTALES ÉCLECTIQUES

 de Jean-Louis RIGUET publié aux éditions PREM'EDIT.

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Éditeur : PREM'EDIT

ISBN : 9 791091 321587

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Tout sur mes livres :

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Jean-Louis RIGUET 19 mars 2017

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres et Membre de la Maison de l’écrivain et de la Littérature

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La sorgue n'est pas une fin

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L'abîme obscur vaste et magnifique
Étend son flabellum de soie sur son doux visage
Quand, à l'heure où tout se retire,
L'agitation muette de la nature
Ébranle les nuances délirantes de sa lypémanie.

Un bruit de pas gravit moléculairement l'escalier de sa vésanie.
Puis, comme un coup de tonnerre, la porte s'ouvre en gémissant sa plainte,
Laissant un tourbillon d'air balayer le seuil et lui dévoiler le démoniaque.
Alors qu'il s'avance en faisant claquer son long manteau,
Elle mesure dans son regard hypnotique sa froide intelligence.

Sans ciller, le non-mort contemple les formes de la fragile présence
Nimbée des flammes colorées des bougies offrant joyeusement leur force lumineuse.
Plus que jamais, ses pulsions charnelles, ses désirs de chair l'envahissent
Quand la voix pure et fraîche de la silhouette veloutée marmotte du bout des lèvres :
" fais-moi voir, fais-moi vivre !

Séduit, le réprouvé chargé d'épreuves guide son destin dans le secret qui délivre
Où sans contrainte, le charmeur d'âme à la peau ivoire et douce,
Aux cheveux brillants et noirs, ceint son offrande de sa loi auguste,
Et pressant ses lèvres carmin à la gracilité de son cou
Invite sa sensitive hors de l'incomplétude de son existence.

En liqueur onctueuse, organique, la chaleur et la bienveillance
S'introduisent à l'amphore de sa bouche,
Laissant le cruor de la jugulaire investir son corps
Où catalepsie et vivant balance,
En une connexion attendu, espéré, guèbre.

Après cette libation offerte, tendre, funèbre,
L'effet de ce puissant baiser ayant pollinisé en un même feu
Le vide de leur essence, le strige lui anhèle
Juste avant que l'aurore ne se rebelle,
"Je reviendrai demain"

Nom d'auteur Sonia Gallet

recueil © 2017

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Même si l'acteur met un certain temps à s'imprégner de la conception de son réalisateur, il n'y échappe pas,surtout si le réalisateur, ici Yann VALAIN, " voit plus loin que l'horizon" comme le dit le poète et la chanson...

Je partais sur ce rôle principal, en me disant, pour simplifier, pourquoi mon personnage, Franck Colombier, ne "dégommerait " pas tous les terroristes sur son passage - je caricature ma position - .

Puis, peu à peu, j'ai compris la volonté et la conviction de Yann : Franck Colombier est un homme qui a accumulé les "neutralisations " et ce qui va se passer dans sa dernière mission va faire office de trauma remuant tout son passé lourd de combattant de l'ombre.

Irréaliste ? Je ne le pense pas, car, dans mes études de Psychologie, nous passions du temps à étudier le basculement produit chez FREUD par l'étude des "névroses traumatiques ou névroses de guerre " et qui lui fit échafauder sa deuxième topique : Moi/ça/Surmoi, dépassant et complétant la première Inconscient/Préconscient/Conscient...

Les "névroses traumatiques" qui n'en a pas entendu parlé depuis la Guerre du Golfe et autres guerres modernes...Qui n'a pas entendu parler, avec d'autres personnels, du blues et des suicides de policiers dans nos commissariats ?

Ainsi ce film, modestement filmé au Iphone, trace un itinéraire singulier, humain, d'un de ses soldats obscurs qui travaillent, chacun à son poste, à notre protection.

Franck est un simple fonctionnaire qui vit sa vie sans les fastes d'un James Bond, il est comme nous et nous comprend.

Là où Franck va "craquer" c'est justement au cœur de notre humanité : l'enfance cet avenir que détruisent les terroristes sans états d'âme, comme ils tentent de détruire aussi les témoignages architecturaux de l'Histoire des Hommes.

Je tiens  à faire connaître ce film au-delà des frontières de la France : en BELGIQUE et ailleurs...

AIDEZ-MOI en le partageant avec vos ami(e)s et sur les réseaux sociaux.

Anti-terrorisme LE DERNIER ORDRE.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Michel SIDOBRE

Les recueils de Michel Sidobre à la FNAC

Voix vivante de Méditerranée

Michel Sidobre Acteur

 

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Vive le Collège

                                                   Selon la logique génétique il me reste treize printemps. Ce qui correspond à ma naissance jusqu'à l'entrée en 6 ème au collège. Je vais devoir pendant ce parcours sublime et restant apprendre à lire, écrire,compter, m'adapter socialement afin de ne pas être ridicule à pénétrer ce radical changement qu'est l'entrée au collège.

                                                   Dire qu'il n'y aurait pas une certaine appréhension serait mentir. Tout ce qui est nouveau commence toujours par nous faire peur . Après un certain temps, dès le premier pas franchi, on se sent d'avantage en sécurité et la peur finit par disparaître. Il faut donc se préparer à vaincre cette peur et bien travailler à l'école primaire en se donnant les bonnes bases de réflexion pour aborder le collège.

                                                    D'abord avec tout ce que j'ai entendu dans ma vie antérieure et tout ce que j'y ai fait il va falloir m'en défaire progressivement. Ce fameux vécu à l'origine de bien des souffrances et que je n'arrive pas à résoudre complètement malgré tant d'efforts déployés je vais le ranger dans un compartiment assez haut pour qu'il me soit difficile d'y accéder . Un peu comme un panier à bagages pour un long voyage auquel on accède avec difficulté au départ et à l'arrivée mais qui nous laisse tranquille pendant la route ! Dans ces valises j'y ai mis les douleurs liées aux disparitions, les histoires graves des autres, les sanctions injustes, la roublardise du peuple et ses trahisons, les frustrations et mon incompétence, le déplaisir d'une vie non choisie, le sentiment d'un poids occasionné par ma naissance, les émotions sans cesse renouvelées, les tâches sans véritable intérêt. Incroyable ce qu'une valise peut contenir ! Je vais donc m'attacher à reprendre tout depuis le début. J'aurais dû dire me consacrer. Décidément il est difficile de se débarrasser des mauvaises habitudes, me voilà reparti dans l'attachement ! Non, l'attachement je n'en veux plus. Je veux aller à pied, prendre l'autobus pour le collège et à la croisée des chemins finir le chemin restant avec les petites copines et les petits copains qui ont des billes plein les poches. Nous signer en passant devant le grand Christ qui saigne tant pour nous et nous signifie de ne pas faire de bêtises. Car il sait lui que nous chipons un bonbon à l'épicière tous les jours quand on lui achète un bâton de réglisse.

                                                       Tout reprendre à zéro avant le collège. Aller au catéchisme, servir la messe, se faire tirer l'oreille à cause d'une bousculade. Croire que tout est vrai, que les méchants sont punis, que les bons vont au paradis, que les parents vivront toujours et taper le ballon sous les yeux des filles pour jouer au champion !  Et puis ne pas faire de fautes à la dictée car Monsieur n'est pas content. Il nous dit sans cesse : " Ne faites pas de fautes sinon vous n'arriverez à rien ". Lever son ardoise avec la bonne réponse, le bon chiffre sinon : " Si vous ne savez pas compter vous n'arriverez à rien ". Et puis bien écrire, lisiblement avec les mains propres par respect car sans respect " vous n'arriverez à rien ". Me voilà bien armé maintenant. Le collège n'a qu'à bien se tenir, je vais tout faire pour être à la hauteur de ce qui m'attend désormais : une nouvelle valise pour un nouveau départ !

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Bénitier

 

Juste au coin du narthex, un pieux bénitier. Autour de lui, le geste est souvent machinal, bâclé, sans souvenir précis des temps heureux : l’eau du baptême est à presque cent mètres de là. Certains se signent, pressés, comme pour pointer à l’horodateur du Seigneur. D’autres ont la lenteur de l’arthrose, humectant leurs phalanges de presque ressuscités.

S’avance la bigote à la peau parcheminée : marathonienne de la rédemption, elle hydrate les flétrissures de son cœur en vue de la dernière ligne droite. Juste derrière, les doigts légers d’une fleur de pavé. Selon les Évangiles, cette Marie-Madeleine coiffera l’athlète des ave à la porte du Seigneur.

Quelques enfants de chœur bousculent de leurs rires la bien-pensante. Plus loin, des canailles bâclent une génuflexion, tandis que des traîne-crasse envisagent une ablution. Et puis, un fada : d’après la légende, les fées, qu’on appelle dans le sud fadarelles, échangent parfois leur descendance dans le berceau des humains. Consolation des affligés, le simple d'esprit sera tantôt prince du royaume.

Suit la main droite du besogneux, trempant ses cals jusqu’à la paume et celle, un peu raide, du colonel qui hésite entre signe de croix et salut. Depuis l’ébrasement du porche, un martyr surveille le geste sévère de l’instituteur, égalitaire du gauchiste en goguette, opportuniste du politicien dont le menton tutoie les étoiles, niais de la cancanière en mal de calomnie.

On y voit aussi les ongles vernis de la précieuse qui, pour peu, déposerait une goutte sacrée sur son cou, tel un parfum. Et cette jeune-fille presque vierge, presque transparente, effleurant les satins de son amant.

En miroir, des doigts froissant à peine la surface de l'eau sacrée, comme pour ne pas déranger le Très-Haut : arachnéennes caresses d’une religieuse déjà en extase.

Pour clore cette humanité défilante, une troupe de dubitatifs, tièdes et païens de toute obédience évitant comme des chats maigres la sainte source et préférant passer à gué le seuil de l’Eden.

Self-service d’eaux lustrales, le bénitier a bien du mérite. Mirage d’anachorètes ou puits artésien pour âmes en rémission, on le retrouvera au tourniquet du Jardin premier.

 

                                                             Claude Luezior

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LA PLUS GRANDE DECOUVERTE D'ÂLBERT EISTEIN

http://souriredamour.blogspot.ch/2016/03/la-plus-grande-decouverte-dalbert.htm

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La plus grande découverte d'Albert Einstein

Je ne résiste pas à l'envie de partager avec vous une lettre envoyée par Albert Einstein à sa fille Lieserl. Un texte récemment rendu public, qui se passe de commentaire, je pense. Thierry Jansen (Psychologies magazine mars 2016)
Lorsque j'ai proposé la théorie de la relativité, très peu m'ont compris. Ce que je vais te révéler maintenant va provoquer l'incompréhension et les préjugés du monde. Je te demande donc de conserver cette lettre aussi longtemps que nécessaire, d'attendre des années, des dizaines d'années, jusqu'à ce que la société soit suffisamment avancée pour accepter ce que j'explique ci-dessous.
 
Il y a une force extrêmement puissante pour laquelle, jusqu'à présent, la science n'a pas trouvé une explication officielle. C'est une force qui comprend et régit toutes les autres. Elle est derrière tout phénomène qui opère dans l'univers. Cette force universelle est l'Amour. Lorsque les scientifiques étaient à la recherche d'une théorie unifiée de l'univers, ils ont oublié la plus invisible et la puis puissante des forces. L'Amour est lumière, il éclaire ceux qui le donnent et le reçoivent. L'Amour est gravité, il fait que des personnes sont attirées vers d'autres. L'Amour est puissance, il démultiplie ce que nous avons de meilleur et permet que l'humanité ne s'éteigne pas dans son égoïsme aveugle. L'Amour révèle et se révèle. Par l'Amour, nous vivons et nous mourons. L'Amour est Dieu et Dieu est Amour. Cette force explique tout et donne son sens premier à la vie. Il s'agit de la variable que nous avons ignorée pendant trop longtemps, peut-être parce que l'Amour nous fait peur, puisque c'est la seule énergie de l'univers que l'homme n'a pas appris à gérer par sa volonté (...) l'Amour est la force la plus puissante qui existe, car il n'a pas de limites. Après l'échec de l'humanité dans l'utilisation et le contrôle des autres forces de l'univers, qui se sont retournées contre nous, il est urgent que nous nous nourrissions d'un autre type d'énergie.Si nous voulons que notre espère survive, si nous voulons trouver un sens à la vie, si nous voulons sauver le monde et chaque être sensible qui l'habite, l'Amour est la seule réponse. Peut-être nous ne sommes pas encore prêts à fabriquer une bombe d'Amour, une machine assez puissante pour détruire toute la haine, l'égoïsme et la cupidité qui dévastent la planète. Cependant chaque individu porte à l'intérieur de lui un petit mais puissant générateur d'Amour dont l'énergie attend d'être libérée. Lorsque nous aurons appris à donner et à recevoir cette Energie universelle, nous pourrons affirmer que l'Amour conquiert tout et est capable de tout transcender, car l'Amour est la quintessence de la vie.
Je regrette vivement de ne pas avoir pu exprimer ce qui, dans mon coeur, a palpité silencieusement pour toi toute ma vie. Il est peut-être trop tard pour demander pardon, mais comme le temps est relatif, j'ai besoin de te dire que je t'aime et de te remercier car, grâce à toi, j'ai trouvé l'ultime réponse."

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Claude Monet : jardins secrets à Giverny

Une film "Secrets d'histoire" Durée: 1H 39

Retour sur la vie de Claude Monet, dans les lieux qui ont marqué son destin, de sa maison de Giverny aux falaises d'Etretat jusqu'aux canaux de Venise. Monet a souvent déchiré ses oeuvres et renoncé à peindre, des jours entiers, submergé par la malédiction de ne pouvoir traduire au plus juste l'instant présent et sa lumière. Les équipes de «Secrets d'histoire» tracent le portrait d'un personnage mal connu, qui a surmonté de nombreuses épreuves grâce aux femmes et à ses amis, les impressionnistes dont il aura été le guide. L'amitié était pour Monet un sentiment sacré, comme en témoigne celle qui l'a uni jusqu'à la mort à Clemenceau, qui l'a poussé à se faire opérer de la cataracte pour relever avec succès son plus grand défi : «Les Nymphéas». Des nymphéas qui vont influencer l'art moderne du XXe siècle.

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Ma façon d'exister

Si j'ai trop de choses à faire,
Ne sachant par où commencer,
Je m'assieds afin d'y penser
Mais aussitôt mon esprit erre.

Face au bleu de l'immensité,
La lumière me rend joyeuse
Et en même temps oublieuse.
Silence et immobilité.

Lors immergée dans l'innocence,
Que ne troublent pas des envies,
J'y reçois la douce énergie
Entretenant mon existence.

Le temps avance, peu m'en chaut.
«Rien ne presse, tout peut attendre.»
N'eus pas de mal à le comprendre.
Prudemment, je fais ce qu'il faut.

Les mêmes huit jours, chaque mois,
Me tire de mon indolence,
L'impérative providence
Qui me conduit loin de chez moi.

En circulant, je m'émerveille
Des richesses de la nature,
De ses inouïes créatures.
Mon goût de capter se réveille.

Vendredi 17 mars 2017

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Instant

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                                  Photo Edouard Boubat
  Instant dérobé au temps où même la pluie pouvait nous servir d’abri.
 
Tu déployais au dessus de nos têtes un grand parapluie vert à mésanges et c’était notre maison, tous les bonheurs possibles venaient s’y croiser. 
Notre univers devenait cet espace que tu défendais en veillant avec précaution à m’éviter les larmes du ciel. 
Seuls au monde, et le monde  était là, tout entier, concentré, comme s’il l’avait été pour nous de toute éternité.
Toi, moi, les premières gouttes écrasées sur nos fronts, notre attention l’un à l’autre et ce sentiment de légère ivresse que procure la conscience de savourer le fugitif instant parfait. 

 
Je voulais défendre cet éternel éphémère en posant des mots comme autant de petits cailloux au bord de notre chemin.
 
                                                            PL
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