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   Autoportrait, 1925Germaine Krull est née de parents allemands à Poznan le 29 novembre 1897, une ville polonaise qui fait partie du royaume de Prusse depuis le Congrès de Vienne, au hasard d’un déplacement de son père, un ingénieur qui va ensuite rejoindre son poste en Bosnie où elle passera une partie de sa petite enfance. La famille s’installe ensuite dans la campagne romaine puis à Paris où sa mère tient une table d’hôtes « assez élégante. Il y a des attachés de consulats et quelques hommes de lettres, des étudiantes en musique. » Son père refuse qu’elle aille à l’école et engage une préceptrice. Ensuite ce sera la Slovénie, puis la Bavière, le père est très mauvais gestionnaire et dilapide l’argent de son épouse.

    En 1912 ses parents se séparent et sa mère gère une pension de famille à Bad Aibling. Germaine a 16 ans, une instruction très lacunaire et est très indépendante car ses parents s’occupent très peu d’elle, elle se laisse séduire par un pensionnaire, une aventure sans lendemain qui se termine lorsqu’elle est enceinte, qu’elle avorte et que son amant la quitte. Nouvelle liaison malheureuse, nouveau chagrin, sa mère l’envoie chez une connaissance en Italie où la guerre va la surprendre, mineure, sans passeport, mais elle parvient à rejoindre son amant à Berlin où leur liaison se renoue de plus belle. À nouveau enceinte elle subit un deuxième avortement et rentre à Munich où sa mère a dû déménager car la guerre à vidé sa pension de famille. Germaine Krull voudrait s’inscrire à l’université, faire des études sérieuses, mais sans diplôme ni aucun certificat d’études c’est impossible, elle a trop de lacunes que pour réussir le moindre examen d’admission. C’est finalement la Lehr-und Versuchsanstalt für Photographie Chemiegraphie, Lichtdruck und Gravüre (Centre d’enseignement et d’expérimentation en photographie, chimigraphie, phototypie et gravure) qui l’accepte vers 1916. Elle n’a aucune attirance particulière pour la photo : elle détestait aider son père lorsqu’il en faisait et qu’elle devait travailler avec lui dans sa chambre noire, mais à l’école ce sera une révélation. Elle en sortira diplômée en 1918. La même année, le Traité de Versailles réinstaure l’indépendance de la Pologne et elle acquière donc la nationalité polonaise. L’ école a été fondée en 1900, ouverte aux filles en 1905 et est relativement conservatrice, de grands noms de la photographie en sortiront, comme František Drtikol ou Lotte Jacobi. Frank Eugene y enseigne, le pictorialisme y règne en maître et les photographes Hugo Erfurth et Heinrich Kühn y sont cités en exemples. Elle est dans la classe du professeur Spörl pour qui la personne représentée n’est qu’un moyen pour atteindre un but : la représentation artistique. Elle adore l’école qui est une expérience absolument nouvelle, les travaux pratiques, son professeur, la découverte de la ville avec pour la première fois des amies de son âge.

Elle fréquente la bohème munichoise et s’engage en politique. Elle a son premier contact avec le bouddhisme « ... cette philosophie [qui] est la mienne depuis. La réincarnation ; les fautes que vous faites, vous les expiez ; la conscience de la vie qui tourne et qui revient... ». C’est là qu’elle découvre l’art moderne, qu’elle forme son goût sous l’influence d’un ami peintre plus âgé qu’elle. Elle obtient son diplôme et installe un atelier avec l’aide financière de son ami et de sa mère, qui gagne sa vie en faisant du marché noir, elle y fait du portrait et des nus, surtout de dos pour pouvoir les vendre, encore sous l’influence pictorialiste de l’école, mais avec beaucoup de plaisir. « On rigolait beaucoup » se souvient-elle. Mais la politique, les grèves, l’opposition à la guerre et à l’empereur sont ses principales préoccupations, même si ses idées ne sont pas encore très claires. Pour trouver des clients elle écrit aux artistes et comédiens de théâtre en proposant de faire leur portrait. Le studio devient rapidement rentable et elle se rapproche du centre en s’installant à Schwabing, le quartier bohème autour de l’Université et de l’Académie des Arts. Elle publie à compte d’auteur un premier livre de photos de nu, Der Akt (Le nu), très artisanal et tiré à seulement 50 exemplaires. Elle assiste à des meetings de Kurt Eisner et en fait le portrait. Son atelier est devenu un lieu de rencontre pour de nombreux jeunes intellectuels et ouvriers révolutionnaires. C’est là qu’elle fera la connaissance des étudiants Max Horkheimer et Friedrich Pollock qui seront quelques années plus tard parmi les fondateurs de l’École de Francfort ainsi que de Rainer Maria Rilke et Stefan Zweig. A la chute de l’éphémère République de Bavière, Germaine Krull prend la fuite vers l’Autriche avec Tobias Axelrod, un révolutionnaire russe détaché auprès des Conseils ouvriers. Ils sont arrêtés, emprisonnés à Innsbrück puis ramenés en Bavière. Avec l’aide de Horkheimer elle est libérée et se cache dans une maison de santé sous prétexte de dépression nerveuse.
[...]Les amies, Berlin, 1924
    Mila a été brisé par sa détention mais Germaine Krull obtient des mandats de camarades pour les représenter au IIIe Congrès de l’Internationale à Moscou et organise leur départ. Ils se glissent au milieux de prisonniers russes renvoyés au pays en janvier 1921. Arrivés à Saint-Pétersbourg ils se heurtent à la désorganisation et à la bureaucratie, Germaine Krull est envoyée au service photographique mais rien ne fonctionne, elle ne connaît pas le russe, elle passe son temps à faire semblant de travailler. Elle est complètement désorientée par la révolution russe en quoi elle avait mis tous ses espoirs. La date du congrès arrive, ils sont à Moscou et, par quelque hasard, au pied de la tribune où parle Lénine. Le lendemain ils sont arrêtés et conduits à la Loubianka, le siège de la police politique. Elle y subira plusieurs interrogatoires et un simulacre d’exécution. Mila l’abandonne, elle est finalement expulsée à la fin de décembre 1921, contracte le typhus dans le train de réfugiés, des wagons à bestiaux garnis de paille, qui la ramène vers Berlin où elle est hospitalisée. Horkheimer et Pollock lui rendent visite chaque jour. Après sa guérison elle est accueillie par la veuve de Kurt Eisner, dans la Forêt Noire.Pollock et Horkheimer reprennent leurs études à Francfort. Il lui faudra du temps pour se réhabituer à une vie normale, sans crainte d’arrestation ou d’exécution. Elle retourne finalement à Berlin où elle peut ouvrir un studio en association avec Kurt Hübschmann, qui aime le travail de laboratoire mais pas la prise de vue et n’a pas de diplôme de maître photographe. Sans elle, il ne peut donc pas ouvrir son studio. La photographie est alors très florissante et de nombreux photographes sont actifs dans la ville, même des grands magasins ont leur studio de photographie. Les débuts sont difficiles, mais à la mort de Lénine l’ami qui a financé en partie son installation lui apporte de nombreuses photos du leader soviétique et ils réalisent en quelques heures un album retraçant sa vie. Le lendemain ils ont une commande de 300 exemplaires dont beaucoup partiront pour la Russie. Pour elle, c’est simplement une opportunité, et la mort de son ancienne idole ne lui fait guère de peine. La révolution ne lui a pas laissé que de bons souvenirs. Les albums eurent beaucoup de succès et lui permettent un nouveau départ. Les commandes de portraits sont encore trop rares, elle refait des photos de nu, mais ne retrouve ni le plaisir ni la qualité de son travail des débuts à Munich, même si les porte folios se vendent bien. Ses modèles, des connaissances ou sa jeune soeur, n’arrivent pas à rendre ce qu’elle recherche. C’est à ce moment qu’elle rencontre Joris Ivens, étudiant à la Technische Hochschule de Charlottenburg, qui est en stage chez Zeiss, et que Hübschmann abandonne la photo. Il lui laisse le studio et tout le matériel. Tout est payé pour encore six mois. Il lui souhaite de réussir.
[...]
    En 1940, l’avance des troupes allemandes et l’occupation de Paris jointes à la menace que fait peser l’armée italienne sur la Principauté de Monaco la décident à quitter la France. Avec beaucoup de difficultés, elle parvient à obtenir un passeport (hollandais) et un visa pour le Brésil. Elle embarque le 24 mars 1941 pour Rio au départ de Marseille. Sur le bateau elle retrouve André Breton, le peintre Wifredo Lam et Claude Lévi-Strauss, la plupart des passagers sont des Juifs allemands, tout le monde est entassé dans les cales sans aucun confort malgré le prix élevé du billet. Le voyage est difficile, avec escales à La Martinique, à Saint Laurent du Maroni et à Bélem. À Rio, où elle débarque le 21 mai 1941, elle arrive après quelques difficultés à gagner sa vie comme portraitiste mais elle veut rejoindre la France Libre à Brazzaville. Louis Jouvet, de passage en tournée avec le Théâtre de l’Athénée lui conseille de rester au Brésil où elle a déjà une situation. Enfin, en juillet 1942 elle peut signer son engagement auprès de la France Libre. Elle a pu entre-temps réaliser un reportage sur la Tour Eiffel, 1927ville de Ouro Preto, ancienne cité de chercheurs d’or dans l’État de Minas Gerais, qui illustrera un livre qui parut en 1943, puis part enfin au Congo français où elle arrive en septembre. Elle va diriger le Service photographique de Propagande de la France Libre, à Brazzaville jusqu’en 1943, puis à Alger. Au départ du Congo elle a réalisé un grand reportage sur la forêt tropicale qui l’a menée de Brazzaville à Libreville et Port-Gentil au Gabon et qui a fait l’objet d’une exposition à Brazzaville où toutes les photos ont été vendues au profit de la France Libre. Les négatifs ont été ensuite envoyés à Londres et elle ne les a jamais retrouvés. Ce sera ensuite l’Oubangi-Chari (actuelle République Centrafricaine) et le Tchad puis le Cameroun où elle visite la première plantation d’hévéas. C’est au Cameroun qu’elle reçoit l’ordre de rejoindre Londres. Elle perd la trace de ses négatifs et tirages réalisés en Afrique Equatoriale Française qui se trouvent actuellement dans les archives françaises. En avion de Douala à Dakar, Rabat et Casablanca elle arrive à Marrakech où elle a la chance de pouvoir photographier la rencontre de Churchill et de Gaulle. Elle est alors envoyée à Alger pour organiser le service photographique et elle y fera le portrait de de Gaulle. Elle suivra l’armée américaine de Naples à Rome en 1944 puis débarque à Saint Tropez quelques jours après le Débarquement de Provence, elle passe par Marseille, se rend dans le Vercors, puis dans les Vosges et couvre la bataille d’Alsace. C’est Roger Vailland qui écrira le texte de son livre La Bataille d’Alsace. Elle rend compte de la libération de camps de concentration et certaines de ses photos seront publiées dans la presse. La plupart de ses négatifs ne lui seront jamais rendus. Sa mission se termine en avril 1945 et elle rentre à Paris où le climat politique et de combines l’écœure. Elle ne veut plus rester en France et ne sait que faire. On lui propose alors de partir comme correspondante de guerre au Japon. Il fallait passer par Londres pour obtenir son accréditation et de Londres elle rejoint Ceylan, puis la Birmanie. À Rangoun elle découvre le bouddhisme vivant et en est très émue. Elle arrive à Saïgon avec l’armée britannique en septembre 1945 et découvre avec stupéfaction que là, ce sont les Français que l’on déteste. Elle assiste aux premières émeutes et est dégoûtée par le comportement des soldats et colons français, tous ralliés à Vichy et Pétain, qui incendient et brutalisent les annamites. « J’ai assisté de la part des soldats à un vandalisme que je n’avais jamais rencontré pendant toute la guerre. » dit-elle. Elle fait le récit des événements dans un tapuscrit de 45 pages resté inédit : Les Dix Jours qui ont décidé du sort de l’Indochine française : journal de Saigon en septembre 1945 où elle analyse la déclaration d’indépendance du Vietnam.
[...]
    Elle revend ses parts de l’Hôtel Oriental et, en 1965 elle rencontre le Dalaï Lama pour la première fois, à Dharamsala, elle réalise le livre Tibetans in India qui est vendu au profit des tibétains réfugiés en Inde. Elle s’est installée à Mussoorie dans une communauté tibétaine et y approfondi sa connaissance du bouddhisme. Elle a fait la connaissance de Sakya Trizin, patriarche d’une des quatre lignées du bouddhisme tibétain avec qui elle va plus tard voyager en Europe, au Canada et aux États Unis. En 1967 elle fait un nouveau voyage en Europe, à Paris une première rétrospective lui est consacrée grâce à André Malraux et Henri Langlois. C’est alors qu’elle découvre que les négatifs qu’elle avait confiés à Eli Lotar ont été perdus, pour les photos d’avant-guerre ce sont des reproductions qui sont exposées. Il y en aura également une à l’Alliance française de New Delhi en 1968. En 1977 ce sera le Rheinisches Landesmuseum Bonn qui la mettra à l’honneur.

    Malade, elle quitte l’Inde pour l’Allemagne et meurt à Wetzlar en 1985.

[La suite sur le PDF : Le contexte - A propos de l'oeuvre - 10 pages avec de nombreuses illustrations]

Télécharger le texte complet en PDF et/ou la présentation PowerPoint sur mon site ici.

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GRISAILLE...

Le temps est à grisaille

Soleil ne perce pas!

Mais ce n'est qu'un détail

Puisque toi, tu es là...

Le gris tel un cocon

S'enroule autour de nous

Et ce peut être bon

Et même être un peu fou!

L'envol de quelques notes

Une entente tacite...

Et plus rien ne dénote

Quand la douceur s'invite...

J.G.

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Petits papiers JGobert

Au repos forcé, je prends quelques heures pour ranger mes tiroirs. Un travail que je remets toujours à plus tard et que je trouve néanmoins prenant à chaque​ fois. J’aime cet instant magique où je fais des vieilles découvertes, où je redécouvre ce que ma mémoire a gardé et involontairement négligé, effacé. Souvent des petits mots posés là que j'ai griffonnés, noircis, et oubliés là.

Il en est ainsi depuis des années. Un besoin de garder tous ces petits papiers autour de moi, ces mots que j’aime tant. Les mots d’auteur dans un cahier jauni, une citation vu je ne sais plus où, un ver célèbre que je trouve admirable. Au bout d’un moment, je me retrouve assise au milieu de mon salon, de mes tiroirs, de mes trésors. J'ouvre délicatement tous ces petits papiers barbouillés. Passant par des papiers brouillons aux petits cartons chics et allant parfois de surprise en surprise, ou d'un étonnement en éclat de rire.

J'aime relire ces minuscules écrits qui racontent des instants de ma vie et qui en font un long fleuve sensible parfois mystérieux ainsi qu’un grand cirque épisodiquement indéchiffrable. Je m'en amuse.

C’est alors que je tombe sur quelques petits papiers pliés de façon étranges et qui me paraissent inconnus. Je cherche qui a bien pu les poser là. Je m’interroge mais en vain. Ma mémoire serait-elle donc à ce point faillible, incontrôlable, douteuse.

J’ai entre les mains un bout de lettres plié précieusement que j’ose à peine ouvrir. Il me paraît étrange, confidentiel aussi. Une écriture extraordinaire venue d'un autre temps. Une calligraphie exceptionnelle comme j’en ai vu dans le passé. Des lettres arrondies donnant le tournis, le vertige. J'en reste muette et à la fois prise d’un trouble étrange. Avoir ces petits papiers dans ce fourbi me transporte dans une autre vie, une autre vérité. Comment ces étonnants écrits sont-ils arrivés dans mon capharnaüm.  Par quel miracle des mots de cette qualité ont-ils atterri ici.

Curieuse, je continue. J’ouvre enfin ce mystère et commence ma lecture. Des passages tendres et révélateurs d’une amitié hors du commun, quelques choses d’unique que l’on ne peut vivre qu’une fois dans sa vie. Des mots définitifs venant d’un cœur tendre, sincère. Des allégations fortes, des affirmations sans retour, des mots qui calment, détendent, font rire, qui donnent envie d’exister et parfois de vivre autre chose.

J’en suis toute chamboulée d’avoir volontairement, consciemment négligé cette histoire et d’avoir oublié ces phrases si importantes, oublié ces « jamais » et ces « toujours » écrits avec tant de passion. Grand moment de solitude devant cette écriture, devant cette personne, devant ce bonheur qui s’exprime avec tant de chaleur. Son besoin d’être écouté, soutenu, maintenu dans une histoire que je n’ai pas voulu entendre.   

Ce ne sont que des souvenirs venus me faire un petit bonjour. J’en ai le cœur tout retourné. Instant magique, moment charmant, la magie des mots est toujours là et touche un cœur éclopé qui a fait de cette histoire un lointain souvenir  oublié.

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Au parc où règnent les mouettes

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S'élève dans l'espace clair,
À une indicible vitesse,
Une mouette battant l'air.
Ô l'envoûtement de l'ivresse!

Rien ne reste de son passage,
On ne voit plus les ouvertures
Qu'elle a creusées dans les nuages
Lors de sa soudaine aventure.

Animée de divers désirs,
Souvent, elle reste songeuse.
À planer, elle prend plaisir,
Fait penser à une danseuse.

Elle n'agresse aucunement,
Se déplace sans violence.
Dans un digne comportement,
Mutuelle est la confiance.

Les promeneurs du parc immense,
Constatent et ne comprennent pas
La disparition et l'absence
Des tièdes nids où la vie bat.

12 octobre 2017

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administrateur théâtres

le-verfugbar-aux-enfers-bandeau.jpg« J’ai écrit une opérette, une chose comique, car je pense que le rire,

même dans les situations les plus tragiques, est un élément revivifiant.» (G.TILLION)

Germaine Tillion* est une jeune ethnologue spécialiste de l'Algérie lorsque débute la Seconde Guerre mondiale. 12 octobre 1940, le Ghetto de Varsovie voit le jour et les ténèbres s'abattent. Après la capitulation de 1940, elle refuse la politique du régime de Vichy, elle qui a vu monter l'idéologie nazie alors qu'elle se trouvait en Allemagne en janvier 1933. Elle cherche immédiatement à agir, organise des évasions de prisonniers et des distributions de tracts qui dénoncent Vichy, avec l'aide de sa mère. Elle se lie avec de nombreux groupes de résistants, et le réseau du Musée de l'Homme. Elle est arrêtée le vendredi 13 août 1942, alors qu'elle organisait l'évasion d'un camarade et un transfert de microfilms. Ignorant que sa mère a été arrêtée elle aussi, elle est déportée à Ravensbrück en 1943 sous le statut Nacht und Nebel. Au camp, elle entreprend d'étudier le fonctionnement concentrationnaire avec l'aide d'autres détenues, et leur présente ses analyses sur ce système criminel et économique, convaincue que sa compréhension les aidera toutes à y survivre. Elle rapportera qu'elle a survécu alors grâce à ses « sœurs de résistance » et à la « coalition de l'amitié ». C’est cachée dans une caisse pendant plusieurs jours au  cours de l'hiver 1944-1945, qu’elle écrivit son livret "Le Verfügbar aux Enfers", avec l'aide de ses complices qui lui fournissaient papier, crayon et leurs propres souvenirs pour les airs des chansons. Elle mêle à des textes relatant avec humour les dures conditions de détention, des airs tirés du répertoire lyrique ou populaire.

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Le rire, technique de survie communautaire 

Un levain de survie, le miracle de l’humanité

 « Faire rire, rire de soi et transmettre l'information,  trois actes de résistance en situation extrême : telle est la performance de Germaine Tillion » lit-on dans la préface de l’œuvre aujourd’hui conservée au musée de Besançon.   Dans son combat humaniste, Germaine Tillion s’emploie dans l’écriture clandestine à exposer la logique concentrationnaire et à l’objectiver, ce qui donne des clés pour  y résister. La prisonnière politique étiquetée NN « classe, distingue les catégories de détenues, leurs statuts, leurs nationalités, leurs appartenances sociales. Elle note les proportions, remarque les différents taux de survie et cherche des explications. »  Face à l’horreur, à l’oppression,  à l’anéantissement, se moquer de soi est une ultime affirmation de soi. Par dérision,  Germaine Tillion utilise  une forme ô combien irrévérencieuse pour traiter d’un sujet aussi grave. Son  opérette-revue pastiche l'Orphée aux Enfers d'Offenbach.  La parodie fourmille de  souvenirs littéraires ou musicaux, question de maintenir la dignité humaine par le jeu du texte et l’évocation de musiques évanouies.

 Ainsi, elle  met en scène un savant d’opérette, spécialiste en histoire naturelle,  qui fait semblant de décrire une nouvelle espèce biologique: le Verfügbar,  organisme étrange dont la vie d’avant constitue la phase  embryonnaire,  éclot à son arrivée  dans le camps nazi de la mort, et ne peut espérer qu’une longévité  fort réduite,  de plus ou moins trois ans selon les cas. Son mode de vie est décrit sous forme de sketchs émouvants et burlesques. On pourrait se demander s’il fait  partie des vers luisants, puisqu’il éclaire tant dans la nuit et le brouillard?  Pourtant, son humour est très noir : « Et quand le train s'est arrêté, On ne m'a pas demandé mon billet ..., Mais malgré le plaisir de la nouveauté, J'aurais bien voulu  m’en aller ... » Il est le  miroir dans lequel se reflètent les innommables souffrances des détenues… 

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Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent »

«Nuit et Brouillard» par Jean Ferrat

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La performance de la compagnie  des Souffleuses de chaos est extrêmement fidèle au texte et aux annotations musicales de Germaine Tillion, dont parents étaient de grands mélomanes. Elle ressuscite des chansons populaires, des airs d’opéra comme substrat musical, un humus d’émotions confisquées par l’environnement concentrationnaire. Le quatuor aguerri - Alizée GAYE,  Marion NGUYEN THÉ, Marie SIMONET & Tiphaine VAN DER HAEGEN – a  mis deux ans de recherche approfondie, d’affinement et de modulation sous la direction de Marion Pillé. On se trouve aujourd’hui devant une œuvre vivante, digne et esthétique. Sur scène, on assiste à une explosion de sensibilités féminines  qui partagent avec ferveur un crescendo de douleur mais aussi d’espoir. Paradoxalement,  on finit par concevoir que ressentir la douleur prouve que l’on est d’ailleurs encore vivant!

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Le contraste est fort troublant  entre les maquillages de geishas, les coiffures sophistiquées,  les superbes robes froufroutantes de  taffetas noir qui mettent en valeur bras  nus et jambes gracieuses et ...les  poignantes marionnettes efflanquées  en pyjama rayé qui  miment la détresse des  françaises rebelles. Il y a tant de vie et d’humanité dans la manipulation vivante de ces poupées de chiffons! Comme si chaque comédienne se penchait avec immense compassion sur chaque prisonnière, à la manière d’une fée salvatrice et lui donnait une force expressive mystérieuse.  Il y a tant d’intensité dans le jeu des comédiennes lorsqu’elles se lâchent dans leurs danses à la vie! Il y a tant de vérité à l’abri du rire dans le texte! Il y  a tant de mots qui finissent par  désarmer le Mal… Les voix des choristes sont fraîches, vibrantes  et tendres mais stridulent aussi, de manière lugubre, dans la nuit avec de lumineux relents de chœurs antiques. Les chorégraphies crépitent d’énergie vitale, les corps sont en perte d'équilibre, s'effondrent,  les visages se tournent vers le ciel absent. ...Serons-nous les aveugles de Breughel?  Les effets chorégraphiques bouleversants  sont portés et démultipliés par la musique nuancée du pianiste qui joue dans l’ombre.  L’esthétique du texte souterrain donne la main à la dramaturgie des jouvencelles d'aujourd’hui et allume dans le cœur et l’esprit, le rejet incontournable et définitif de la barbarie.

Image associée

La résistante Germaine Tillion, morte à l’âge de 100 ans en 2008 est entrée au Panthéon en 2015. Elle a eu l'occasion de voir son œuvre jouée au Théâtre de Chaillot, à Paris en 2007. Chaque représentation à la Comédie Claude Volter  sera  suivie utilement d’un débat qui abordera chaque fois, différents sujets liés à la Shoah.

http://www.comedievolter.be

Une production des Les Souffleuses de Chaos

Assistanat à la mise en scène : Noémi KNECHT / Musique : Simon BESÈME 

Lumière : Clément BONNIN / Scénographie & costumes : Élisabeth BOSQUET

Marionnettes : Sylvie LESOU, Benjamin RAMON &Marie SIMONET  

Maquillages : Daphné DURIEUX  

Coach voix : Hughes MARÉCHAL

Coach marionnettes : Patrick RABIER 

Coach corps : Hélène FERRACCI

           du Mercredi 11 au Samedi 28 octobre 2017

 

LE VERFÜGBAR AUX ENFERS – UNE OPÉRETTE À RAVENSBRÜCK

de

Germaine TILLION

*Source : http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu06404/le-verfugbar-aux-enfers-une-operette-de-germaine-tillion.html

 

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Conférence sur les jeux au Moyen Âge à Namur

Rendez-vous au Musée des Arts anciens (Trema) à Namur pour une nocturne-conférence sur les jeux au Moyen Âge : Alquerque, échecs, trictrac et autres jeux de société de l'Europe médiévale

Jeudi 19 octobre à 18h

Renseignements : 
https://www.museedesartsanciens.be/index.php?rub=evenement&id=7&mois=10&annee=2017

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Beaucoup de jeux médiévaux, ou leurs descendants, sont encore pratiqués à l’heure actuelle. Alors que certains sont hérités du monde gréco-romain, d’autres sont importés d’Asie, tels les Échecs, ou sont une invention spécifiquement médiévale, comme les cartes.

L’exposé présente, sur base de sources iconographiques, archéologiques et littéraires les principaux jeux de l’Europe médiévale, leur provenance, leur histoire, mais aussi leur succès ou leur interdiction.

Après la conférence, des plateaux de jeux permettent de tester la complexité du Trictrac, ancêtre du Jacquet et du Backgammon, de découvrir les Mérelles avec dés ou encore, les jeux d'Alquerque qui font pour la première fois usage de la prise par sauts.

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Ode à la tristesse

Ode à la tristesse
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Oh ma tristesse
Je te connais par coeur
Tu fais partie de moi
Quand se tait mon vacarme
S’effacent les mots
Pour faire place aux maux
Oh ma tristesse
Ma compagne de route
Durant tant d’années
Tu n’es pas ma faiblesse
Ni mon talon d’Achille...
Tu es ma force
Mon moteur
Je passe ma vie à inventer des recettes
A tenter des projets
Pour te fuir, oh ma tristesse
Ma tristesse
Même les caresses ne peuvent te faire taire
Tu es ma compagne sur terre
Depuis si longtemps
Que parfois j’en oublie le temps qui passe
Je t’ai apprivoisé, ma tristesse
Je t’ai muselée
J’écris si tard le soir
Pour te dompter,mon désespoir
Je passe ma vie à combler vos tristesses
A combattre vos faiblesses
A essuyer vos larmes
A entendre vos peines
Car je les connais toutes
Sans doute puis-je vous consoler
Vous apaiser
Mais la tristesse
Est un sentiment
Qui ne passe qu’avec le temps
Ou s’efface un instant
La tristesse se doit d’être vécue
Pour mieux aimer la vie
Le bonheur comme l’amour
N’est pas un sentiment permanent
Mais une suite de merveilleux instants
Et ça ma tristesse
Ta tristesse
Nos tristesses
Vous ne pouvez nous l’enlever
On vous oublie en riant
En dansant
En courant
Ma tristesse tu es ma force
De toi je divorce souvent
Pour vivre maintenant...
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Des ailes de papillons

Des nuages de baisers
des gestes de plume
des caresses de mots
des chagrins
qui s'en vont avec les larmes
des silences
limpides comme l'air
des souvenirs
ne pesant
que le poids de leur fragilité
des pensées aériennes
des vagues de tendresse
la grâce de chaque instant
s'il vous plaît
offrons-nous
des ailes de papillons
offrons-nous
un peu de légèreté

(martine rouhart)

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OMBRE D'UNE OFFRANDE

12273240867?profile=originalOmbre  d'une main tendue

Offrande ou demande

Qui peut le dire ?

si ce n'est la lumière et le regard soudain posé là lors d'une visite

C'était au musée Maillol fondation Dina Vierny à Paris

  Dina Vierny

Muse  du sculpteur   qui traduisit les formes généreuses de l'adolescente méditerranéenne en somptueuses oeuvres

dont cette double représentation  , qui pourrait être aussi les âges de la vie , bien qu'identiques

Cette image me touche  AA

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Un jour sur la terre JGobert.

L’histoire débute un soir d’été. Les rues de la ville sont illuminées et les passants bruyants déambulent sur les trottoirs. Aux terrasses festoient des groupes d’amis, des couples, des amoureux. Des parfums agréables se faufilent partout et la gaité est de mise. La nuit est belle, le ciel parsemé d’étoiles et Marie savoure cet instant unique.

Marie vient de la campagne. Elle y est née et sans son inscription dans cet établissement célèbre, elle serait restée loin d’ici. Sa vie est simple. Elle aime sa famille. Dans sa campagne, elle parcourt les sentiers, les jolis bourgs fleuris, et se laisse guider par le petit ruisseau scintillant. Ses jeux sont souvent les mêmes, découvrir, regarder, admirer la beauté de ce qui l’entoure. S’en imprégner et en apprécier la moindre parcelle de couleur, le moindre fragment de vie, la moindre odeur. Toutes ses beautés qu’elle ne peut oublier.

Depuis peu, elle habite un petit meublé, au deuxième étage, dans une rue un peu triste. L’escalier est vieillot et craque sous ses pieds. L’intérieur lui plait. Avec quelques décorations, il est acceptable. Depuis son installation dans cette ville tentaculaire, elle est un peu perdue et cherche de nouveaux repères. Ses nouveaux amis sont gentils, déjà intégrés à cette cité et laissent Marie à ses découvertes, à ses beaux songes. Sur son joli visage se lit la douceur, la candeur d’une jeune fille innocente.

Marie a laissé sa famille là-bas et reste connectée à eux grâce à ce petit Gsm offert par sa mère. Il est bien pratique. Marie s’en sert et relate les détails de sa nouvelle vie, son établissement, ses cours, ses professeurs. Elle en profite pour raconter ses visites aux musées de la Capitale et s’enflamme dans ses récits. Elle voit à chaque sortie des merveilles. Des kilomètres de galerie à explorer, à découvrir, à savourer. Elle se sent l’âme d’une artiste.

A l’entrée d’un musée, son attention est attirée par un artiste de rue. Lui aussi se sent l’âme bohème et pour gagner quelques sous, dessine sur un vieux chevalet des visages au fusain. Ses portraits sont justes, précis et gracieux. Ses rares clients sont en général ravis de ce qu’ils voient. Viendra un temps où il sera célèbre. Marie le regarde chaque jour avec presqu’envie. Transcrire, calligraphier ainsi la vie lui plait.

Ses études sont sérieuses. Elle s’y prépare depuis un moment. Sa réussite à l’examen d’entrée l’a renforcée dans le déroulement de son avenir. Elle est tenace et va y arriver. A la sortie des cours, Marie se hâte et inconsciemment se dirige vers cette entrée de métro qui va la transporter vers ce musée. Aujourd’hui son emploi du temps la laisse libre. Elle y va donc le cœur léger.

Le jeune peintre est là. Il s’active avec un client. Quelques instants encore et il sera libre. Marie l’observe sans se faire remarquer et reprend sa route de découverte vers cette galerie qu’elle affectionne tant, devenue pour elle un lieu de promenade.  Quelques pas feutrés se font entendre et arrivé à son hauteur, le jeune peintre se met à développer la magie des œuvres exposées.

Une belle complicité s’installe, des rires, des sourires et l’après-midi défile. Le peintre s’appelle Thomas et le plus simplement du monde donne rendez-vous à Marie un soir. Ce sera un soir exceptionnel. Le temps est de la partie, les terrasses sont bondées, des touristes un peu partout et l’ambiance est à la fête. C’est son premier rendez-vous avec un inconnu.

Thomas est étudiant aux beaux-arts et se destine à une carrière artistique. Il attend Marie à l’angle d’une rue piétonne. La nuit est tombée. Elle a pris possession des lieux. Elle dissimule les alentours et les rend mystérieux. Un soir d’été sur la ville. Marie est là, silencieuse, depuis quelques secondes. Thomas est ravi et l’emmène vers un petit bar entrouvert sur une terrasse.

Une belle histoire commence. Les deux jeunes gens s’émerveillent, s’étonnent, se découvrent et un petit baiser les lie pour un instant. Le soir d’été a rempli son rôle. Il savoure ce rendez-vous, heureux de percevoir l’amour, le bonheur naissant entre deux jeunes êtres.

Soudain, un bruit inaccoutumé venu d’outre-tombe se fait entendre. Autos, motos, pétarades, déflagrations, détonations, bruits sourds, cris horribles, hurlements déchirants, gémissements, lamentations, silence.

La fin funeste d’un beau soir d’été.  

 

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administrateur théâtres

Extrait du discours de Patrice Lumumba le 30 juin 1960

« Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire.

Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres.

Qui oubliera qu’à un noir on disait ‘Tu’, non certes comme à un ami, mais parce que le ‘Vous’ honorable était réservé aux seuls blancs !

Nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort.

Nous avons connu que la loi n’était jamais la même, selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. »

https://nofi.fr/2017/09/patrice-lumumba/42817

 L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes debout, salon et intérieur

 

Pertinent et percutant, Rémi De Vos croise  ici  un vaudeville modernisé portes ouvertes à tous vents, le théâtre de l’Absurde,  le pamphlet et le dîner de cons … pour obtenir un cocktail explosif qui sert de subtile métaphore  en noir et blanc, pour condamner  la société ultra-libérale,  dans son acception la plus péjorative. Tout en mettant en lumière  la faillite de la colonisation de l’Afrique, la pièce dénonce la violence qui donne au pouvoir et à l’argent tous les droits d’écraser, de maltraiter ou d’exploiter autrui et même …la planète où l’on vit.

 

2017. La pièce se déroule à Huis-ouvert sur la pluie diluvienne qui rend  la circulation impossible, autour d’une villa 2.0 dans une banlieue aisée de Kinshasa, où habite depuis 30 ans un couple d’expatriés sans enfants, Ruben et Mathilde, femme élégante, désœuvrée et esseulée.   Le cadre intérieur est frigorifiquement blanc… avant qu’il ne s’ouvre sur la noirceur de l’histoire. Référence obligée à Joseph Conrad et son roman  Heart of Darkness (Au cœur des ténèbres). Les personnages s’abreuvent régulièrement de whisky pour tenter de noyer l’absence de valeurs,  d’éloigner les catastrophes et gommer les énergies négatives.  Le malaise congolais  infuse.  Louise (Priscilia Adade) est au service du couple depuis deux ans. Elle est traitée par le maître des lieux …comme on ne traite pas les domestiques,   mais  avec bienveillance,  comme une secrète confidente par l’épouse.  Panthère (Jérémie Zagba) incarne un sien « cousin »,  avec lequel la jeune africaine prendra sa revanche sur sa servitude obligée.

 Il y a un couple invité de nouveaux-arrivants : Daniel et Corinne, qui ne s’accordent qu’en apparence, la cravate de l’un assortie au bleu roi de la robe de l’autre. Daniel désire ardemment rencontrer Paul Dyabanza (Ansou Dhiediou), un membre du gouvernement pour faire affaire  dans le créneau du caoutchouc. Les regards de Daniel (Benoît Van Dorslaer) dérivent sur la beauté sculpturale de Louise,  la domestique africaine, ridiculement montée sur stilettos,  par décision du patron. Daniel tient d’entrée de jeu un discours  totalement insupportable vis-à-vis de sa femme. Superbe répartition des rôles.

Philippe Jeusette campe un formidable Ruben, géant bruyant, aux pieds d’argile qui voit  progressivement ses espoirs de fortune fondre sous le ciel africain détrempé. Tout l’art de la redoutable palette de comédiens dirigés par Frédéric Dussenne sera de dégager au fur et à mesure une condamnation muette  et accablante de ces expats qui se croient tout permis, affolés par l’appât du gain ou le désir charnel exotique. Le spectateur se met rapidement à souhaiter  redonner une dignité aux africains dont les apartés en langue locale, les  regards et les postures en disent si long.    Dans ce jeu de souricière, les femmes européennes sont quelque peu épargnées. Toutes deux - l’une, blasée de la vie (Mathilde /Valérie Bauchau) et l’autre, (Corinne/Stéphane Bissot) d’une naïveté de Perette ou de Bécassine - savent quelque sagesse et  émotions humaines garder.  Toutes deux, dans des genres diamétralement opposés, sont rompues à un   langage corporel  extrêmement éloquent, le seul où elles se sentent un peu moins bridées.

Au cours de la rencontre, la tension monte et Paul Dyabanza en profite pour diffuser à doses de  moins en moins discrètes, des vérités de moins en moins agréables à entendre pour les deux bouffons blancs. « Ici, même quand sa famille a disparu, on lui reste attaché, Les morts sont aussi importants que les vivants » assène-t-il à Corinne, qu’il trouve plus acceptable que les autres expats, par son côté « peuple ». Une terrible phrase de Lumumba lui échappe : …. « Nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire. »

 L’auteur ménage soigneusement  jusqu’à la fin la montée en puissance des serviteurs de l’homme blanc, et la menace qui pèse sur l’avenir des Européens assoiffés de profit. Et la fin explose en  brillante  pantalonnade sociologique, aussi désopilante que cruelle et lucide.  

A souligner, les superbes jeux de lumière signés Renaud Ceulemans et la scénographie de Vincent Bresmal.

Du 12.09 > 14.10  Au THÉÂTRE DE POCHE

http://www.rideaudebruxelles.be/13-videos/680-botala-mindele

Écriture: Rémi De Vos
Dramaturgie et mise en scène: Frédéric Dussenne 
Avec Priscilla Adade, Valérie Bauchau, Stéphane Bissot, Ansou Diedhiou, Philippe Jeusette, Benoît Van Dorslaer, Jérémie Zagba.

Scénographie: Vincent Bresmal 

Crédit photos: Alice Piemme

http://www.rideaudebruxelles.be/

Du 17 au 21 octobre 2017
Aula Magna - Place Raymond Lemaire à 1348 Louvain-la-Neuve
Infos et rés. : 0800/25 325 - www.atjv.be/Botala-Mindele

 

 

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Des couleurs pour les états d'âme

Alors que les émois que l'on éprouve, et les réactions qu'ils provoquent parfois, sont indiqués par des mots abstraits, des couleurs ont surgi pour les concrétiser.
La peur, la tristesse la colère, la jalousie, l'exagération, l'excitation, l'inquiétude, la honte, la stupéfaction, la méchanceté, l'ivresse, le mécontentement, la provocation, la naïveté, l'innocence, en font voir de toutes les couleurs.

Avoir une peur bleue
Broyer du noir
Lancer un regard noir
Voir rouge
Être dans une colère noire
Faire grise mine
Être rouge de honte
En rester bleu (stupéfait)
Être blanc comme neige
Ne pas sentir la rose
En voir ou en dire des vertes et des pas mures
Être dans le noir
Voir tout en noir
Être vert (trompé,)
Être gris
N'y voir que du bleu (se laisser tromper)
En faire une jaunisse (jalousie)
Être vert de jalousie
Se faire des cheveux blancs
Regarder d'un oeil noir
Avoir du bleu à l'âme (tristesse)
Tirer à boulets rouges
Agiter le chiffon rouge( provoquer)
Pousser au noir (exagérer)
Voir la vie en rose.

Certaines expressions langagières rendent rose de contentement.

8 octobre 2017

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            REFLETS D’UNE AME QUI SE CHERCHE : L’ŒUVRE DE MIHAI BARA

Du 28-09 au 15-10-17, l’ESPACE ART GALERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) vous convie à une exposition axée sur l’œuvre du peintre roumain, Monsieur MIHAI BARA, intitulée REFLETS DE L’AME.

Les reflets de l’âme ont ceci de particulier qu’ils permettent, une fois exprimés sur la toile, sur la pierre ou sur la page blanche, la possibilité de briller sous l’astre de la folie créatrice. Cette folie trouve sa liberté dans l’étreinte unissant l’artiste au Monde. L’âme projetée sur l’espace scénique fait s’unir les rires, les fautes et les folies en devenant l’assise soutenant la comédie humaine.

L’univers de MIHAI BARA est constellé de créatures fantasmagoriques évoluant dans une atmosphère à l’esthétique ludique. Cet univers se caractérise par sa puissance constituée de couleurs vives, issues du fauvisme: rouge, vert, jaune, bleu à outrance dans une théâtralisation qui propulse le sujet au cœur du regard. L’artiste renoue ainsi avec l’héritage pictural du passé. Sur base d’une écriture néo expressionniste élégante, il aborde tout à la fois l’expressionnisme tourmenté de conception allemande classique ainsi que le primitivisme, au sens où les néo expressionnistes du début des années ’80 l’entendaient : un retour à la nature (à la fois le biotope et l’humain) par le biais du mythe exprimé par un chromatisme rappelant celui d’un Gauguin. Mais il y a aussi une volonté cubiste dans sa façon de « replier » ses personnages en plusieurs fractions dans la conception du volume, particulièrement en ce qui concerne les visages dans le but de les déformer. En cela, il redevient expressionniste dans la déformation critique de l’événement narré. Il est impossible pour le visiteur de passer devant n’importe quelle toile de l’artiste sans remarquer le traitement extraordinaire de la couleur nourrie d’une matière extrêmement travaillée. Un sentiment de « froissé » envahit le paysage. L’arrière-plan des toiles est généralement noir (ou foncé) visant ainsi à propulser le sujet du néant au devant du regard. La conception des visages est axée sur le modèle du « masque ». Un masque qui contribue à déformer le visage, amplifiant ainsi son humanité originelle dans un déchirement. Nous voyageons au cœur d’un carnaval absurde dans lequel grimaces, yeux exorbités et traits déformés redimensionnent l’humain en le replaçant au centre de sa propre tragédie. Néanmoins, le visage n’est pas le seul témoin du reflet de l’âme. Le traitement des mains participe également du portrait psychologique.

Elles assument le rôle d’alter ego par rapport masque dans son expression. Le sujet occupe la totalité de l’espace, à un point tel que la conception du volume, sous toutes ses facettes, confère à ce dernier des dimensions architecturales. A titre d’exemple, LES SILTIMBANQUES (100 x 100 cm-technique mixte)

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présente un personnage dont le corps est l’édifice, partant de la base de la toile jusqu’à atteindre, par la tête et les mains, les limites du ciel.

Dans l’œuvre de l’artiste, comédie et tragédie se mêlent dans une distorsion qui fait de la forme le témoin de la condition humaine. Avec son visage atrocement déformé par le mensonge, LE MENTEUR (100 x 100 cm-acrylique sur toile)

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se retourne dans toutes les directions pour semer ses calomnies. La torsion de gauche à droite et de droite à gauche se produit par duplications de la bouche, terminant le visage ainsi que par le regard coupé en deux, multipliant les axes directionnels, l’ensemble étant appuyé par un nez constitué de deux losanges séparés par une arête en diagonale, laquelle fracture le visage en une myriade de facettes au chromatisme vif, garantes du déséquilibre vital de l’œuvre. Seul le statisme de l’ensemble témoigne de la lucidité du menteur face à son mensonge. Car il s’agit de l’acte conscient de l’homme qui ment et non du délire pathologique du mythomane. Bien qu’il s’agisse de couleurs fauves, à aucun moment elles ne deviennent criardes ou agressives. Il y a chez l’artiste une véritable science des couleurs : quelle note utiliser, où la placer, comment la composer.

A CHAQUE FOU SON OISEAU (60 x 60 cm-acrylique sur toile)

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est la fusion de deux folies, forgée dans l’image de l’oiseau pénétrant le visage de l’homme. Ici, le déséquilibre fait office d’assise : le visage se passe du corps pour tenir debout. A partir d’une dominante verte structurant à la fois le visage ainsi que l’oiseau et le point sur lequel le personnage est posé, quelques brèves notes jaunes, rouges et bleues éclatent ça et là, accentuant la folie de l’ensemble. L’arrière ainsi que l’avant-plan constituent une opposition chromatique forte entre le noir intense et le rose-ocre terreux. Aux dires de l’artiste, cette toile lui a demandé beaucoup d’essais. Le résultat est une peinture extrêmement travaillée. Nous avons ici un ensemble pictural répondant à l’esthétique primitiviste dans la pure veine du néo expressionnisme des années ’80.   

 

SAINT GEORGES EN TUEUR DE DRAGON (180 x 150 cm-acrylique sur toile)

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L’artiste prouve sa connaissance de l’icône orthodoxe. Traduite dans son écriture personnelle, le corps du cheval ne se déploie qu’à partir de l’avant. Un bref raccourci laisse apparaître sa patte gauche arrière, provocant une intéressante variation rythmique. C’est à partir de cette variation rythmique que se produit le bond en avant de l’entité Saint Georges/cheval, assurant la victoire sur le dragon. On ne peut pas parler de « cinétisme » à proprement parler. Néanmoins, au fur et à mesure que le regard se promène sur la toile, des détails apparaissent (tels que les pattes avant du cheval émergeant d’un fond noir intense, esquissant le piétinement de la bête), mettant en exergue les particularités narratives de la mise en scène : Saint Georges résulte d’une stylisation issue d’une vision mystique. Son visage, mince se terminant en pointe est compris entre l’auréole et le vêtement (tous deux dorés) qui lui confèrent sa puissance. Nous retrouvons le jeu extrêmement parlant des mains stylisées. La droite tient les rennes du cheval. La gauche tient la lance qui transperce la bête. Cette stylisation des mains donne le sentiment que le Saint ne fait que tenir les rennes et la lance par le bout des doigts. Observez la façon dont la lance est tenue : on dirait l’archet délicat d’un violoniste. De même que son visage, tourné vers le ciel, atténue l’action guerrière pour atteindre la plénitude. La stylisation des rennes ainsi que de la lance participent du message mystique exprimant la victoire du bien sur le mal. La tête du cheval est conçue en un bloc compact tombant vers le bas. Le museau de l’animal définit la partie vivante de l’ensemble du corps (dont nous ne voyons, en réalité, qu’une partie). Par l’intrusion d’une fente faisant apparaître une série de dents puissantes serrant les rennes, l’artiste insuffle la vie à sa création. Nous retrouvons, ici encore, la puissance chromatique de l’arrière-plan noir faisant ressortir le sujet du fond d’un abîme originel. Le personnage de Saint Georges oscille entre histoire de l’Art proprement dite et l’iconographie chrétienne à but spécifiquement prosélytique. Ne perdons jamais de vue qu’au Concile de Nicée, en 787, l’art (plus exactement la présence de la figure humaine) ne fut toléré que comme vecteur d’enseignement théologique à destination du peuple. De conception théologique orientale, l’iconographie de Saint Georges a été particulièrement étudiée par l’art russe de tradition orthodoxe.

MIHAI BARA a parfaitement réinterprété cette culture iconographique et iconologique en jouant sur les composantes jaune/rouge qui dominent la composition. Le jaune : l’or – symbole de puissance depuis l’Antiquité classique et proche-orientale, parce que considéré comme métal incorruptible. Le rouge : symbole de chaleur, de feu régénérateur. Mais surtout, symbole du sang de la vie dans la mystique chrétienne. A certains moments de l’Histoire, le rouge devient pourpre, particulièrement dans la philosophie néo platonicienne, représentant l’image du pouvoir en relation avec la cherté du produit (la pourpre) extrêmement difficile à obtenir, que l’on extrait à partir d’un gastéropode. Ce qui en fait une couleur réservée à une élite sociale jusqu’à son passage symbolique vers la tunique rouge enveloppant le Christ. La couleur rouge devient alors le symbole du pouvoir temporel et spirituel. L’artiste a tenu compte à la fois de l’histoire et de la symbolique politique des couleurs. Cette œuvre témoigne de l’intérêt du peintre pour l’art sacré. MIHAI BARA nous avoue qu’avec un groupe d’amis artistes Roumains, il pense explorer les sujets bibliques dans un futur proche.      

LES SALTIMBANQUES (cité plus haut) présente un personnage campé dans différentes attitudes : jeu de mains qui jonglent (en bas, à droite et à gauche, la balle revient comme un leitmotiv) faisant de chaque élément un personnage de l’histoire. L’arrière-plan est divisé en deux parties : le noir partant de la base pour signer la ligne d’horizon, à partir de laquelle débute le bleu recouvrant l’ensemble de l’espace.

LA RUMEUR (80 x 80 cm-acrylique sur toile)

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nous convie dans l’esthétique allemande de l’expressionnisme historique, d’avant la Première Guerre Mondiale jusqu’à la République de Weimar.

Nous avons une série de masques à la Otto Dix ou à la Emil Nolde, présentant des visages tordus et grimaçants. Le pers à l’avant-plan, à droite se distingue par sa bouche grande ouverte permettant à la rumeur de se répandre. Une fois encore, les mains régissent la composition en structurant l’espace. Tel un beffroi, la main sortant de la base de la toile à droite, déploie ses doigts sur lesquels repose le visage du personnage, en haut. Tandis que la main de gauche (en haut) « recouvre » la tête du personnage. Les trois masques répondent à trois situations différentes. La main de droite partant de la base pour atteindre le haut, rappelle la façon architecturale de procéder pour concevoir le corps du personnage des SALTIMBANQUES.  

LA NUIT (62 x 50 cm-acrylique sur toile)

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est un jeu chromatique savant entre le noir et le bleu foncé. Il s’agit d’une vue nocturne qui renverse le discours sur la façon de concevoir ce type de vue. D’habitude l’arrière-plan est noir car il représente la nuit. Tandis que la ville garde des bribes de couleurs. Ici, c’est le contraire : la nuit est bleue et la ville est noire, malgré quelques ersatz de brun (en dégradés), de bleu, de vert, de rouge et de rose, conçus de façon à imaginer qu’ils ne font que passer. LA NUIT est, comme l’indique l’intitulé de l’exposition, l’expression d’un reflet de l’âme. Un état mélancolique qui tenaillait l’artiste une nuit dans sa vie. Abstrait à ses débuts, l’artiste n’en finit pas de poser son abstraction comme un sceau sur son écriture néo expressionniste. Avec cette œuvre, son abstraction se caractérise dans cette vision nocturne qui brise les conventions esthétiques. Nuit et ville se fondent tout en s’opposant. Sans doute nuit et ville se complètent-elles dans la mélancolie onirique qu’engendre l’ensemble.

Plusieurs étapes ont parsemé le parcours créatif de l’artiste. Nous avons indiqué, plus haut, ses débuts dans l’abstraction. Cela se retrouve dans le traitement des surfaces, comme brouillées par une brume hachurée. La place de la figure humaine se retrouve dans le rôle, social et politique qu’elle joue, à savoir le réceptacle de l’âme incarnée dans ses états. La dialectique qu’elle dégage est celle de l’acceptation de soi qui se retrouve dans l’Autre. Un dialogue qui se perpétue dans le labyrinthe intérieur qui mène à l’introspection par rapport à son propre regard et à la société qui impose le sien. Nous sommes plongés en pleine dialectique néo expressionniste : la figure humaine se dématérialise pour devenir conscience.

L’artiste est fasciné par le sentiment du regard intime, de la conscience individuelle par rapport à ce que la société laisse apparaître d’elle-même : l’image d’une société spectacle. La figure humaine occupe la position d’un personnage multi facial, lequel n’est qu’une petite pièce dans le puzzle social. Bien que son écriture soi dirigée vers le néo expressionniste, l’artiste est radicalement contre les étiquètes, en se posant au-delà des expressions. Car l’expression est basée sur le sentiment intime du Monde. Le visiteur ne manquera  certainement pas d’être interpellé par la haute qualité technique de ces œuvres. Précisons, d’emblée, le fait qu’il n’y a aucune forme de collages dans ses réalisations.

Ce côté froissé (évoqué plus haut) est le résultat d’un savant ajout d’apports divers, tels que le latex liquide, le papier ou du matériau textile, en ce qui concerne la phase d’élaboration du support. L’artiste a de l’œuvre une idée quant à la composition des lignes de forces. Chacune de ses œuvres est anticipée par un dessin préparatoire, mettant en exergue son grand talent de dessinateur. La toile est conçue comme une fresque dans l’étymologie technique de la Renaissance italienne : « l’affresco ». La toile est badigeonnée de latex sur lequel l’artiste dépose plusieurs couches d’acrylique, avant d’ajouter les supports précités pour créer ce côté « froissé ». Nous avons noté, plus haut, le très grand talent de dessinateur de l’artiste. Cela se remarque aisément dans LE BATEAU DES FOUS (65 x 50 cm),

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une composition où le blanc contraste avec le fond noir. Le Roi, reconnaissable à sa couronne tombante est mort. Deux personnages, situés à l’opposé l’un de l’autre, regardent vers deux directions différentes. La question que pose cette œuvre est celle de savoir quelle voie il convient désormais de prendre. Nous voilà confronté à une œuvre politique dans le pur style expressionniste allemand. Le bateau étant synonyme de la société, la question est donc de savoir dans quel chemin la société est prête à s’engager. Les dessins sont réalisés au crayon aquarellable, lequel a la particularité de pouvoir dessiner des traits précis sur une surface sèche. A l’intérieur de ces traits précis, l’artiste étale la couleur. Ce type de crayon permet de jouer avec l’humidité si la surface du support est humidifiée. Terminons l’analyse de ce travail en précisant que le peintre affectionne également la peinture sur foulard, à partir de tissus recherchés.

MIHAI BARA qui a suivi une formation de huit ans au Collège d’Art de Brasov en Roumanie, est un artiste côté qui a subi l’influence de peintres roumains, détenteurs d’une tradition picturale propre à sa culture. Il est aussi extrêmement sensible à l’œuvre de peintres tels que Tapiès, Dali, Breughel (l’Ecole flamande) mais aussi Klimt pour ses couleurs joyeuses. Le néo expressionnisme est, de par ses diverses influences, extrêmement difficile à définir. L’artiste pousse d’un cran son exploration créatrice pour atteindre des terres inconnues, éclairs chatoyants et déformés du reflet de son l’âme. 

François L. Speranza.

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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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Frannçois Speranza et Mihai Bara interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles

(Octobre 2017) photo Jerry Delfosse)

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bARA

            REFLETS D’UNE AME QUI SE CHERCHE : L’ŒUVRE DE MIHAI BARA

Du 28-09 au 15-10-17, l’ESPACE ART GALERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) vous convie à une exposition axée sur l’œuvre du peintre roumain, Monsieur MIHAI BARA, intitulée REFLETS DE L’AME.

Les reflets de l’âme ont ceci de particulier qu’ils permettent, une fois exprimés sur la toile, sur la pierre ou sur la page blanche, la possibilité de briller sous l’astre de la folie créatrice. Cette folie trouve sa liberté dans l’étreinte unissant l’artiste au Monde. L’âme projetée sur l’espace scénique fait s’unir les rires, les fautes et les folies en devenant l’assise soutenant la comédie humaine.

L’univers de MIHAI BARA est constellé de créatures fantasmagoriques évoluant dans une atmosphère à l’esthétique ludique. Cet univers se caractérise par sa puissance constituée de couleurs vives, issues du fauvisme: rouge, vert, jaune, bleu à outrance dans une théâtralisation qui propulse le sujet au cœur du regard. L’artiste renoue ainsi avec l’héritage pictural du passé. Sur base d’une écriture néo expressionniste élégante, il aborde tout à la fois l’expressionnisme tourmenté de conception allemande classique ainsi que le primitivisme, au sens où les néo expressionnistes du début des années ’80 l’entendaient : un retour à la nature (à la fois le biotope et l’humain) par le biais du mythe exprimé par un chromatisme rappelant celui d’un Gauguin. Mais il y a aussi une volonté cubiste dans sa façon de « replier » ses personnages en plusieurs fractions dans la conception du volume, particulièrement en ce qui concerne les visages dans le but de les déformer. En cela, il redevient expressionniste dans la déformation critique de l’événement narré. Il est impossible pour le visiteur de passer devant n’importe quelle toile de l’artiste sans remarquer le traitement extraordinaire de la couleur nourrie d’une matière extrêmement travaillée. Un sentiment de « froissé » envahit le paysage. L’arrière-plan des toiles est généralement noir (ou foncé) visant ainsi à propulser le sujet du néant au devant du regard. La conception des visages est axée sur le modèle du « masque ». Un masque qui contribue à déformer le visage, amplifiant ainsi son humanité originelle dans un déchirement. Nous voyageons au cœur d’un carnaval absurde dans lequel grimaces, yeux exorbités et traits déformés redimensionnent l’humain en le replaçant au centre de sa propre tragédie. Néanmoins, le visage n’est pas le seul témoin du reflet de l’âme. Le traitement des mains participe également du portrait psychologique.

Elles assument le rôle d’alter ego par rapport masque dans son expression. Le sujet occupe la totalité de l’espace, à un point tel que la conception du volume, sous toutes ses facettes, confère à ce dernier des dimensions architecturales. A titre d’exemple, LES SILTIMBANQUES (100 x 100 cm-technique mixte)

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présente un personnage dont le corps est l’édifice, partant de la base de la toile jusqu’à atteindre, par la tête et les mains, les limites du ciel.

Dans l’œuvre de l’artiste, comédie et tragédie se mêlent dans une distorsion qui fait de la forme le témoin de la condition humaine. Avec son visage atrocement déformé par le mensonge, LE MENTEUR (100 x 100 cm-acrylique sur toile)

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se retourne dans toutes les directions pour semer ses calomnies. La torsion de gauche à droite et de droite à gauche se produit par duplications de la bouche, terminant le visage ainsi que par le regard coupé en deux, multipliant les axes directionnels, l’ensemble étant appuyé par un nez constitué de deux losanges séparés par une arête en diagonale, laquelle fracture le visage en une myriade de facettes au chromatisme vif, garantes du déséquilibre vital de l’œuvre. Seul le statisme de l’ensemble témoigne de la lucidité du menteur face à son mensonge. Car il s’agit de l’acte conscient de l’homme qui ment et non du délire pathologique du mythomane. Bien qu’il s’agisse de couleurs fauves, à aucun moment elles ne deviennent criardes ou agressives. Il y a chez l’artiste une véritable science des couleurs : quelle note utiliser, où la placer, comment la composer.

A CHAQUE FOU SON OISEAU (60 x 60 cm-acrylique sur toile)

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est la fusion de deux folies, forgée dans l’image de l’oiseau pénétrant le visage de l’homme. Ici, le déséquilibre fait office d’assise : le visage se passe du corps pour tenir debout. A partir d’une dominante verte structurant à la fois le visage ainsi que l’oiseau et le point sur lequel le personnage est posé, quelques brèves notes jaunes, rouges et bleues éclatent ça et là, accentuant la folie de l’ensemble. L’arrière ainsi que l’avant-plan constituent une opposition chromatique forte entre le noir intense et le rose-ocre terreux. Aux dires de l’artiste, cette toile lui a demandé beaucoup d’essais. Le résultat est une peinture extrêmement travaillée. Nous avons ici un ensemble pictural répondant à l’esthétique primitiviste dans la pure veine du néo expressionnisme des années ’80.   

 

SAINT GEORGES EN TUEUR DE DRAGON (180 x 150 cm-acrylique sur toile)

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L’artiste prouve sa connaissance de l’icône orthodoxe. Traduite dans son écriture personnelle, le corps du cheval ne se déploie qu’à partir de l’avant. Un bref raccourci laisse apparaître sa patte gauche arrière, provocant une intéressante variation rythmique. C’est à partir de cette variation rythmique que se produit le bond en avant de l’entité Saint Georges/cheval, assurant la victoire sur le dragon. On ne peut pas parler de « cinétisme » à proprement parler. Néanmoins, au fur et à mesure que le regard se promène sur la toile, des détails apparaissent (tels que les pattes avant du cheval émergeant d’un fond noir intense, esquissant le piétinement de la bête), mettant en exergue les particularités narratives de la mise en scène : Saint Georges résulte d’une stylisation issue d’une vision mystique. Son visage, mince se terminant en pointe est compris entre l’auréole et le vêtement (tous deux dorés) qui lui confèrent sa puissance. Nous retrouvons le jeu extrêmement parlant des mains stylisées. La droite tient les rennes du cheval. La gauche tient la lance qui transperce la bête. Cette stylisation des mains donne le sentiment que le Saint ne fait que tenir les rennes et la lance par le bout des doigts. Observez la façon dont la lance est tenue : on dirait l’archet délicat d’un violoniste. De même que son visage, tourné vers le ciel, atténue l’action guerrière pour atteindre la plénitude. La stylisation des rennes ainsi que de la lance participent du message mystique exprimant la victoire du bien sur le mal. La tête du cheval est conçue en un bloc compact tombant vers le bas. Le museau de l’animal définit la partie vivante de l’ensemble du corps (dont nous ne voyons, en réalité, qu’une partie). Par l’intrusion d’une fente faisant apparaître une série de dents puissantes serrant les rennes, l’artiste insuffle la vie à sa création. Nous retrouvons, ici encore, la puissance chromatique de l’arrière-plan noir faisant ressortir le sujet du fond d’un abîme originel. Le personnage de Saint Georges oscille entre histoire de l’Art proprement dite et l’iconographie chrétienne à but spécifiquement prosélytique. Ne perdons jamais de vue qu’au Concile de Nicée, en 787, l’art (plus exactement la présence de la figure humaine) ne fut toléré que comme vecteur d’enseignement théologique à destination du peuple. De conception théologique orientale, l’iconographie de Saint Georges a été particulièrement étudiée par l’art russe de tradition orthodoxe.

MIHAI BARA a parfaitement réinterprété cette culture iconographique et iconologique en jouant sur les composantes jaune/rouge qui dominent la composition. Le jaune : l’or – symbole de puissance depuis l’Antiquité classique et proche-orientale, parce que considéré comme métal incorruptible. Le rouge : symbole de chaleur, de feu régénérateur. Mais surtout, symbole du sang de la vie dans la mystique chrétienne. A certains moments de l’Histoire, le rouge devient pourpre, particulièrement dans la philosophie néo platonicienne, représentant l’image du pouvoir en relation avec la cherté du produit (la pourpre) extrêmement difficile à obtenir, que l’on extrait à partir d’un gastéropode. Ce qui en fait une couleur réservée à une élite sociale jusqu’à son passage symbolique vers la tunique rouge enveloppant le Christ. La couleur rouge devient alors le symbole du pouvoir temporel et spirituel. L’artiste a tenu compte à la fois de l’histoire et de la symbolique politique des couleurs. Cette œuvre témoigne de l’intérêt du peintre pour l’art sacré. MIHAI BARA nous avoue qu’avec un groupe d’amis artistes Roumains, il pense explorer les sujets bibliques dans un futur proche.      

LES SALTIMBANQUES (cité plus haut) présente un personnage campé dans différentes attitudes : jeu de mains qui jonglent (en bas, à droite et à gauche, la balle revient comme un leitmotiv) faisant de chaque élément un personnage de l’histoire. L’arrière-plan est divisé en deux parties : le noir partant de la base pour signer la ligne d’horizon, à partir de laquelle débute le bleu recouvrant l’ensemble de l’espace.

LA RUMEUR (80 x 80 cm-acrylique sur toile)

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nous convie dans l’esthétique allemande de l’expressionnisme historique, d’avant la Première Guerre Mondiale jusqu’à la République de Weimar.

Nous avons une série de masques à la Otto Dix ou à la Emil Nolde, présentant des visages tordus et grimaçants. Le pers à l’avant-plan, à droite se distingue par sa bouche grande ouverte permettant à la rumeur de se répandre. Une fois encore, les mains régissent la composition en structurant l’espace. Tel un beffroi, la main sortant de la base de la toile à droite, déploie ses doigts sur lesquels repose le visage du personnage, en haut. Tandis que la main de gauche (en haut) « recouvre » la tête du personnage. Les trois masques répondent à trois situations différentes. La main de droite partant de la base pour atteindre le haut, rappelle la façon architecturale de procéder pour concevoir le corps du personnage des SALTIMBANQUES.  

LA NUIT (62 x 50 cm-acrylique sur toile)

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est un jeu chromatique savant entre le noir et le bleu foncé. Il s’agit d’une vue nocturne qui renverse le discours sur la façon de concevoir ce type de vue. D’habitude l’arrière-plan est noir car il représente la nuit. Tandis que la ville garde des bribes de couleurs. Ici, c’est le contraire : la nuit est bleue et la ville est noire, malgré quelques ersatz de brun (en dégradés), de bleu, de vert, de rouge et de rose, conçus de façon à imaginer qu’ils ne font que passer. LA NUIT est, comme l’indique l’intitulé de l’exposition, l’expression d’un reflet de l’âme. Un état mélancolique qui tenaillait l’artiste une nuit dans sa vie. Abstrait à ses débuts, l’artiste n’en finit pas de poser son abstraction comme un sceau sur son écriture néo expressionniste. Avec cette œuvre, son abstraction se caractérise dans cette vision nocturne qui brise les conventions esthétiques. Nuit et ville se fondent tout en s’opposant. Sans doute nuit et ville se complètent-elles dans la mélancolie onirique qu’engendre l’ensemble.

Plusieurs étapes ont parsemé le parcours créatif de l’artiste. Nous avons indiqué, plus haut, ses débuts dans l’abstraction. Cela se retrouve dans le traitement des surfaces, comme brouillées par une brume hachurée. La place de la figure humaine se retrouve dans le rôle, social et politique qu’elle joue, à savoir le réceptacle de l’âme incarnée dans ses états. La dialectique qu’elle dégage est celle de l’acceptation de soi qui se retrouve dans l’Autre. Un dialogue qui se perpétue dans le labyrinthe intérieur qui mène à l’introspection par rapport à son propre regard et à la société qui impose le sien. Nous sommes plongés en pleine dialectique néo expressionniste : la figure humaine se dématérialise pour devenir conscience.

L’artiste est fasciné par le sentiment du regard intime, de la conscience individuelle par rapport à ce que la société laisse apparaître d’elle-même : l’image d’une société spectacle. La figure humaine occupe la position d’un personnage multi facial, lequel n’est qu’une petite pièce dans le puzzle social. Bien que son écriture soi dirigée vers le néo expressionniste, l’artiste est radicalement contre les étiquètes, en se posant au-delà des expressions. Car l’expression est basée sur le sentiment intime du Monde. Le visiteur ne manquera  certainement pas d’être interpellé par la haute qualité technique de ces œuvres. Précisons, d’emblée, le fait qu’il n’y a aucune forme de collages dans ses réalisations.

Ce côté froissé (évoqué plus haut) est le résultat d’un savant ajout d’apports divers, tels que le latex liquide, le papier ou du matériau textile, en ce qui concerne la phase d’élaboration du support. L’artiste a de l’œuvre une idée quant à la composition des lignes de forces. Chacune de ses œuvres est anticipée par un dessin préparatoire, mettant en exergue son grand talent de dessinateur. La toile est conçue comme une fresque dans l’étymologie technique de la Renaissance italienne : « l’affresco ». La toile est badigeonnée de latex sur lequel l’artiste dépose plusieurs couches d’acrylique, avant d’ajouter les supports précités pour créer ce côté « froissé ». Nous avons noté, plus haut, le très grand talent de dessinateur de l’artiste. Cela se remarque aisément dans LE BATEAU DES FOUS (65 x 50 cm),

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une composition où le blanc contraste avec le fond noir. Le Roi, reconnaissable à sa couronne tombante est mort. Deux personnages, situés à l’opposé l’un de l’autre, regardent vers deux directions différentes. La question que pose cette œuvre est celle de savoir quelle voie il convient désormais de prendre. Nous voilà confronté à une œuvre politique dans le pur style expressionniste allemand. Le bateau étant synonyme de la société, la question est donc de savoir dans quel chemin la société est prête à s’engager. Les dessins sont réalisés au crayon aquarellable, lequel a la particularité de pouvoir dessiner des traits précis sur une surface sèche. A l’intérieur de ces traits précis, l’artiste étale la couleur. Ce type de crayon permet de jouer avec l’humidité si la surface du support est humidifiée. Terminons l’analyse de ce travail en précisant que le peintre affectionne également la peinture sur foulard, à partir de tissus recherchés.

MIHAI BARA qui a suivi une formation de huit ans au Collège d’Art de Brasov en Roumanie, est un artiste côté qui a subi l’influence de peintres roumains, détenteurs d’une tradition picturale propre à sa culture. Il est aussi extrêmement sensible à l’œuvre de peintres tels que Tapiès, Dali, Breughel (l’Ecole flamande) mais aussi Klimt pour ses couleurs joyeuses. Le néo expressionnisme est, de par ses diverses influences, extrêmement difficile à définir. L’artiste pousse d’un cran son exploration créatrice pour atteindre des terres inconnues, éclairs chatoyants et déformés du reflet de son l’âme. 

François L. Speranza.

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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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Frannçois Speranza et Mihail Bara interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles

(Octobre 2017) photo Jerry Delfosse)

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Face à l'univers

Songerie

Ô les penseurs de tous les temps
Qui n'acceptent pas l'ignorance
Du mystère de l'existence!
Leur orgueil les rend confiants.

Ils sont souvent quasi certains,
Confrontant toutes les études,
De comprendre avec certitude
Ce qui dans l'univers advint.

Les peintres et les poètes,
Contemplant la beauté du monde,
Éprouvent des grâces profondes.

Les capter leur est une fête

.

Lors, ils expriment leurs émois,
Se servant de leur savoir faire.
Ont souvent le plaisir de plaire.
Ils savent créer de la joie.

L'univers souvent les fascine;
Un champ d'étoiles qui éblouit
Ou, sur le velours de la nuit,
La lune semblant cabotine.

7 octobre 2017

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ADMINISTRATEUR GENERAL

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Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 497 577 120

 

La galerie a le plaisir de vous inviter à ses prochains vernissages les 27/09 et 18/10/2017. Voir le lien ci-après pour les infos sur les artistes et visuels affiches et invitations :

http://www.espaceartgallery.eu/espace-art-gallery-vous-presente-ses-prochains-vernissages-le-2709-et-18102017/

 

Reportage photos lors du vernissage du 27 septembre :

http://www.espaceartgallery.eu/vernissage-evenement-du-27-septembre-2017-et-reportage-photos/

 

La troisième « fête/concert et remise des recueils » a été un grand succès jusqu’à 22h. Voir le lien ci-après pour le reportage photos : http://www.espaceartgallery.eu/edition-dun-recueil-dart-de-luxe-a-tirage-limite-et-fete-de-remise-de-louvrage-aux-artistes-y-mentionnes/

La prochaine fête de remise des recueils est prévue en mai 2018 pour le volume 6 de 2017.

 

La quatrième « Rencontres littéraires de Bruxelles » a eu un vif succès de la part du public présent. Voir le lien ci-après pour le reportage photos des auteurs et du public :

http://www.espaceartgallery.eu/la-galerie-a-le-plaisir-de-vous-presenter-le-reportage-photos-de-la-quatrieme-rencontre-litteraire-de-bruxelles-du-26-septembre-2017/

 

À l’initiative de l’Espace Art Gallery, d’Arts et Lettres et des éditions M.E.O. nous avons le plaisir de vous convier aux « Rencontres littéraires de Bruxelles ». Cela se déroulera dans la galerie chaque dernier mardi du mois à 19h. La cinquième rencontre aura lieu le mardi 31 octobre. Cela sera annoncé sur mon site Internet, ma page Facebook et Arts et Lettres.

 

D’autres projets sont dans les cartons et seront annoncé prochainement dans cette même rubrique. Soyez attentif à la lecture de mes prochaines programmations…

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ADMINISTRATEUR GENERAL

 

Espace Art Gallery vous présente son sommaire :

 

1.4 Actuellement à EAG

 

Exposition de septembre :

 

Mihai BARA (Roumanie) peintures

« Reflets de l’âme »

 

Mihai BARA a été sélectionné par le critique d’art pour obtenir le billet d’art. Celui-ci paraîtra prochainement sur le réseau Arts et Lettres. https://artsrtlettres.ning.com/

 

Hoang Huy TRUONG (Vietnam) technique mixte

« Symphonie de couleurs »

 

Hoang Huy TRUONG a été sélectionné par le critique d’art pour obtenir le billet d’art. Celui-ci paraîtra prochainement sur le réseau Arts et Lettres. https://artsrtlettres.ning.com/

 

Joelle DELFERRIÈRE (Be) sculptures

« Traces d’existence »

 

Le VERNISSAGE a lieu le 27/09 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

 

Vernissage qui sera agrémenté d’extraits de Musique Celtique interprétés par la harpiste Françoise MARQUET.  

 

Le FINISSAGE les 14 & 15 octobre 2017 de 11h 30 à 18h 30.

 

 

2.4 Prochainement à EAG

 

Exposition d’octobre :

 

Roland BAVAIS (Be) mécaniques de chats

« ANAGLYPHES »

 

 

Le VERNISSAGE a lieu le 18/10 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

 

Vernissage qui sera agrémenté d’extraits de Musique Celtique interprétés par la harpiste Françoise MARQUET.  

 

Le FINISSAGE les 11 & 12 novembre 2017 de 11h 30 à 18h 30.

 

 

3.4 Informations diverses :

Adresse, photos, nouvelles, projets, liens, …

 

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 (0)497 577 120

 

La cinquième « Rencontre littéraire de Bruxelles » a lieu tous les derniers mardi du mois soit le 31 octobre à 19h. Réservation souhaitée par mail eag.gallery@gmail.com

 

Lien de l’exposition sur mon site Internet pour voir les affiches et invitations :

 

http://www.espaceartgallery.eu/espace-art-gallery-vous-presente-ses-prochains-vernissages-le-2709-et-18102017/

 

 

4.4 En pièces-jointes :

 

Né à Uccle en 1947, Mythic est principalement réputé comme scénariste de bandes dessinées, graphiste et romancier. Directeur de publication aux éditions Centre d’Art d’Ixelles, il mène à cent à l’heure une carrière de brillant touche-à-tout, sans jamais perdre son inspiration. Pour lui, cesser de créer serait mourir. Les fans de bédé bavent chaque année en attendant son passage dans le cadre de l’un ou l’autre festival consacré à leur art favori. Bruxelles Culture l’a interviewé entre deux séances de dédicaces. Rencontre.  

 

Bruxelles Culture 15 septembre : dessinateur à l’honneur : Mythic

 

Infos sur l’exposition de la rentrée pages 11-12

 

Entre amour de la vie et passion de l’écriture, Myriam Buscema balance, à la recherche perpétuelle de l’harmonie et de rencontres qui peuvent enrichir le quotidien. Loin de se focaliser sur des rêves inaccessibles, elle aime les joies simples, les plaisirs à portée de main et tout ce qui transporte l’être humain loin de la banalité du bitume. De ses origines italiennes, elle puise un dynamisme et une force de vivre qui façonnent sa personnalité et qui émerveillent ceux qui la fréquentent. Auteure de quatre ouvrages, elle y parle abondamment de l’intériorité féminine, de sa vie de femme, et de son amour immodéré pour... les chats.  Deux sujets qui sont les boussoles de ses conversations et qui alimentent l’essentiel de ses débats. Une artiste actuelle, sans chichis et bien dans sa tête ! Rencontre.

 

Bruxelles Culture 1er octobre : écrivaine à l’honneur : Myriam Buscema

 

Infos sur l’exposition d’octobre page 7

 

 

Au plaisir de vous revoir nombreux…

 

Jerry Delfosse

Galeriste

Créateur et propriétaire de l’Espace Art Gallery

& Les Éditions d’Art EAG

GSM: 00.32.497. 577.120

eag.gallery@gmail.com

 http://www.espaceartgallery.eu/

https://www.facebook.com/www.espaceartgallery.eu/

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Daims au Claire de Lune

une aquarelle 

d'Adyne Gohy

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a été inspirée par

Les Haïkus de la Lune Pourpre

de Raymond Martin

 

La lune pourpre

Pour la visualiser

Via ma lentille.

 

Peine à rire

Le troupeau va en lenteur

Le trèfle frémit.

 

Vase bleu joufflu

Aux allures de bonze

La pivoine dort.

 

Horizon marin

Vagues déferlantes

Impressions salées.

 

A l’assaut du pic

Roches escarpées moussues

Rode marmotte.

 

A l’ombre fraîche

Raton laveur effrayé

Pipistrelle dort.

 

Calvaire trois croix

Sur le mont du Golgotha

Absence de foi.

 

Roitelet chante

Roitelet tremblant

Vent sur la cime.

 

Ile noire, île de Ré

Molène, Aix, Ouessant,

Pas deux, Saint-Michel.

 

Curieuse voûte

Parsemée de lucioles

Vermisseaux repus.

 

Raymond MARTIN - 2017

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AU BOUT DES MOTS...

Quand ton esprit s'enfuit, que les instants s'effilent

Que tes paroles flottent sans cohérence...

Je me prends à penser combien nous sommes fragiles

Et que la vie s'amuse à frôler la démence!

Avec toi, c'est nouveau, ne suis plus qu'abandon

Deviendrai-je naïve, aurai-je donc vieilli?

Je sais bien qu'en ce monde il n'est point de pardon

Et que la vie est triste quand le fruit est cueilli!

Alors avec vaillance, j'affiche des sourires

Mon regard cherche au ciel quelques reflets dorés...

Les mots sont impuissants à décrire les désirs

Mais, tes mains en douceur savent les remplacer!

J.G.

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