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À l'ère des atrocités

Soliloque

 

À l'ère des atrocités

Effroyable réalité,

Disparaissent des millions d'êtres,

Lors se présentent des peut-être.

 

Ignorés partout for des leurs,

Ils ont souvent subi l'horreur.

Leur mort baigne dans le silence.

Avait-elle peu d'importance?

 

Assortis de fleurs, les hommages

Sont devenus le témoignage

Que les citoyens d'un pays,

Rendent à leurs voisins meurtris.

 

Ne leur faudrait quelques mots,

Prononcés au moment qu'il faut

Par un sensible missionnaire,

Pour que d'autres, ils soient solidaires.

 

Pourtant cela ne se fait pas

Si l'important n'était pas là.

 Certes il se peut que le déplorent

Ceux que trop de fois l'on ignore

 

26 juillet 2016

 

 

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Soliloque ludique

À Jacqueline Nanson

L'harmonie résulte d'accords.
Les êtres, subissant leur sort,
Ne ménagent pas leurs efforts
Pour se créer un doux confort.

Or, souvent poussés vers un port,
Sans bagages ni passeport,
Ils auront à se rendre forts.
Ne s'attirant jamais de torts.

Prendront un langage incolore,
Semblant un déroutant folklore.
N'oseront dire qu'ils déplorent
Ce qui se produira encore.

La mémoire en son coffre-fort
Garde scellées ses règles d'or.
Sous l'effet d'un brusque ressort,
S'unissent des mots en essor.

24 juillet 2016

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administrateur théâtres

Le 30ème spectacle d'été de l'Abbaye de Villers-la-Ville, AMADEUS, de Peter Shaffer, est mis en scène par ...Alexis Goslain.13691099_1116661748421338_7257732583696250803_o.jpg  

Cloches divines et chuchotements,  génie versus talent : suspense tragique.  Antonio Salieri souffre d’un mal terrible, une souffrance hélas très humaine : un mal profond, nourri au sentiment d’injustice,  au désenchantement, au dépit, à la frustration, à la vanité et à l’envie, à l’incompréhension et finalement à la colère amplifiée de scène en scène jusqu’à l’apothéose finale. Un mal du siècle?

Cette jalousie maladive nourrit sa colère contre Dieu et la voix de son interprète, le jeune et joyeux Mozart. L’adepte malgré lui de la Médiocratie passera-t-il à l’acte? Devant la foule des « ombres du futur » il  rejoue, pas à pas, mot à mot, affect par affect, sa propre mise à mort. Il est rongé par la culpabilité. Il tente de se faire comprendre et explique pourquoi il devint l’assassin de Wolfgang Amadeus Mozart.12273175856?profile=original

 Un rôle en force, en nuances, en reliefs psychologiques intenses et noirs qui s’opposent merveilleusement au brillant personnage de Mozart, enfant gâté, génie  spirituel exhibé à travers l’Europe par son père, au rire ravageur mais vulgaire, à la limite de l’obscénité, coureur de jupons, incapable de gérer sa famille, caustique vis-à-vis de ses prédécesseurs,  cinglant en paroles, mais aussi libre et lumineux que l’autre est sombre et diabolique. L’adolescent gonflé de gloire enfantine est en effet  incapable de se prendre en charge, notamment  à cause d’un père abusif, omniprésent, régentant toute la vie de son fils jusque dans les moindres détails et vivant une célébrité factice au travers de la gloire de son fils, au moins jusqu’au mariage non autorisé avec la douce Constance Weber. Comme on le sait, son opéra Don Juan et d’autres comme Mitridate Re di Ponto témoignent de ce malaise intense et de l’absolue nécessité de la clémence. Ironie du sort, au cours de la pièce, on assiste à un développement poignant où Salieri  passe presque aux yeux de Wolfgang comme un père de substitution, sans savoir que ce dernier complote à sa perte.

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Le ballet psychologique des deux personnages principaux est un combat de héros qui ne plait   pas  seulement aux jeunes générations ! Ainsi, Didier Colfs dans le rôle de Salieri et Denis Carpentier dans celui de Mozart sont totalement gagnants dans leur interprétation masculine. Affublés de merveilleux costumes, signés Thierry Bosquet, ils virevoltent devant les décors irréels  et pourtant si  évocateurs de François Jaime Preisser, qui  emportent l’imaginaire en défilant sur la muraille de la grande scène de Villers-la-Ville. Les « Venticelli », sortes d’oiseaux de malheur,  ces espions à la solde de Salieri, forment une sorte de chœur antique  très dynamique. Le tout est cadré par un  flux d’extraits de la divine musique de Mozart, symbole de lumière parmi les ombres que nous sommes. Le décor sonore est de Laurent Beumier.     

Antonio Salieri, nanti d’un  défaut d’Hubris démesuré,  aimait tant  la musique qu’il voulait l’inscrire dans une vie consacrée à Dieu. Mais  il commit  l’erreur fatale de mettre  Dieu au défi.  Dieu ne l’entendit pas de cette oreille, on n’achète pas le Seigneur!   De plus,  il déteste les pharisiens. Donc, malgré son mode de vie chaste et exemplaire en surface,  Salieri  déploie une âme immonde. Constance Weber, la jeune épousée de Wolfgang qui s’est  résignée à venir lui demander de l’aide, en témoigne. Julie Lenain dans ce rôle est un bijou de vivacité et de féminité, elle est au mieux de sa forme.  Mais de manière  hypocrite, perfide  et insidieuse, Salieri va faire en sorte que Mozart et sa jeune famille  sombrent dans le désespoir et la déchéance. Il  rejoue devant nos yeux, nous les  « ombres du futur »,  le  crime  pervers et parfait. L’italien s’approprie la mort de Mozart à défaut d’avoir pu égaler sa musique, afin qu’à tout jamais, son nom, associé à celui de Mozart, se fraie un chemin d’éternité.

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Le spectateur se trouve comblé de toutes parts. Tout d’abord bien sûr par la beauté estivale de  l’écrin des  ruines abbatiales mais surtout  par le texte de Peter Shaffer si bien mis en scène et interprété par  une  équipe de comédiens  enthousiastes que l’on a envie d’applaudir encore et encore: Maroine Amini, Camille Pistone, Michel Poncelet, Marc Deroy, Jean-François Rossion, Lucas Tavernier en très germanique Empereur d’Autriche, et un majordome … Anthony Molina-Diaz, ravi de participer  à ce  30ème spectacle d'été de l'Abbaye de Villers-la-Ville, une production de Del Diffusion.  Vu le succès, le spectacle se prolongera jusqu’à la mi-août! 

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http://www.villers.be/fr/spectacle-amadeus

http://www.deldiffusion.be/

http://www.rtbf.be/culture/scene/theatre/detail_wolfgang-amadeus-mozart-s-invite-aux-ruines-de-l-abbaye-de-villers-la-ville?id=9354391

http://www.rtbf.be/musiq3/article/detail_amadeus-a-l-abbaye-de-villers-la-ville?id=9356579&utm_source=musiq3&utm_campaign=social_share&utm_medium=fb_share

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12273173699?profile=originalLe vihâra (monastère bouddhique) de Rajamaha, Dambulla

     Le bouddhisme s’est donc répandu depuis l’Inde où il est né, au troisième siècle avant Jésus-Christ, et s’est profondément enraciné au Sri Lanka.
L’art du Sri Lanka s’est donc naturellement inspiré de l’art indien. Et c’est particulièrement vrai à Sirigiya où les fresques de la fin du Ve siècle peuvent être comparées à celles d’Ajantâ, datant du Ve au VIIe siècles.
Mais à Dambulla, cet art s’est mêlé d’influences tamoules très marquées. Tamouls qui se répandirent d’Inde du Sud à l’île de Ceylan, particulièrement à l’est et au centre du pays.
D’où un style original, dit de l’ « Ecole kandyenne ».
      Dambulla est par ailleurs situé au centre géographique de l’île. Point culminant à 160m au-dessus de la plaine et rayonnant sur tout le territoire. Rangiri, le « Rocher doré », ainsi appelé dans les temps anciens pour ses statues recouvertes d’or, était le lieu tout indiqué pour porter la doctrine. Bien sûr, peintres et sculpteurs, tout à leur vénération, sont restés anonymes, suivant ainsi la voie du renoncement.

12273174667?profile=originalDambulla, peinture à la détrempe, XVIIIe siècle

Au 1er siècle avant J.-C., au temps du royaume d’Anuradhapura, les moines, qui déjà occupaient les grottes, offrirent leur protection au roi Vattagamani Abhaya en exil. En retour, rétabli sur son trône, il y fit bâtir un temple. Qui depuis ne cessa d’embellir et de rayonner.

12273175087?profile=originalBouddha, lors de ses pérégrinations, fit trois fois halte à Lanka.

Et trois fois par jour battent les tambours en l'honneur de Bouddha.

     L’art populaire s’est développé, que l’on retrouve notamment dans les danses et les masques.
Une tradition qui perdure et un rapprochement entre certaines peintures, ces masques, la danse et la musique kandyennes peut être pertinent. Ce que je vais tâcher de démontrer ici.
Avec ces figures de danseuses célestes au masque « princier »…

12273175665?profile=originalApsaras (déesses)

Les fleurs qu'elles tiennent semblent exprimer la fertilité de la terre.
Dambulla, peinture à la détrempe, XVIIIe siècle

12273176073?profile=originalDanseuse kandyenne

12273176457?profile=originalApsaras et ganharvas

L'influence tamoule s'y fait sentir.
Dambulla, peinture à la détrempe, XVIIIe siècle

     Les gandharvas, quant à eux, étaient les compagnons des apsaras, musiciens et chanteurs au paradis d’Indra, Seigneur du Ciel, dieu de la guerre et de la foudre, le Svarga. Le Svarga était situé au-dessus du mont Meru, montagne mythique dont, selon la légende, le sommet se serait détaché pour former le… Sri Lanka.


Mais permettez-moi de poursuivre mon interprétation…

12273176675?profile=originalMasque cinghalais

Si les masques sri-lankais sont généralement peints de couleurs vives, j’ai préféré photographier ces pièces brutes qui nous paraissent plus authentiques.

... Ou masques grimaçants (démons, des moines et des merveilles)…

12273177268?profile=originalL’armée de Mâra, l’esprit du Mal, et ses démons attaquant le Bouddha
Plafond de la grotte principale, Dambulla, XVIIIe siècle.

12273177658?profile=originalAsuras ou rakshasas (démons)
Masques traditionnels utilisés dans les danses de démons du sud de l’île.

N’ayez crainte, mes amis… laissez-vous entraîner sur la piste et entrez dans la transe…

« Tel un peintre que terrifie l’effroyable monstre qu’il vient de peindre,
le vulgaire est épouvanté par le samsâra* »
                                                                                                      Mahâyânavinsikâ

12273177476?profile=originalDanseur masqué (Kandy)
Le pouvoir des charmes sur l’enfer
et sur les 27 démons qui accablent l’humanité.

     Ces danses, rythmées au son des tambours et autres percussions (athrabane, pantheru, udekki), visent à s’attirer la bénédiction des divinités protectrices, tout en luttant contre les influences maléfiques.
Rites de conjuration issus d’un fonds ancien accordé aux usages bouddhiques qu’accompagne une musique aux motifs, là aussi, répétitifs, organiques, à la force hypnotique.
Instruments traditionnels, déjà présents dans les festivités de la Cour**, et danses exécutées par les hommes. Ces dernières s’ouvrent aujourd’hui aux femmes.


      Formellement, on peut m’objecter qu’un septième précepte bouddhique veut que l’on s’abstienne de danse, spectacle, musique et chant. Qu’il est donc peu probable que ceux-ci aient influencé la peinture d’un monastère. Mais, outre que je ne suis pas un spécialiste, il n’entre pas dans les cinq règles de base du bouddhisme (ne pas nuire aux êtres vivants ou tuer, ne pas prendre ce qui n’est pas donné, ne pas avoir une vie sexuelle désordonnée, ne pas mentir ou blesser, ne pas s’adonner aux drogues), strictement applicables à tous. Cette observance ne serait donc réservée qu’aux seuls bonzes. Les peintres n’étaient pas nécessairement moines, une certaine perméabilité aux empreintes extérieures induites possible (d’où un emprunt dans l’enduit !), n’empêchant pas de se conformer au canon. Et, comme aurait dit le Bouddha lui-même :


« L’enseignement est semblable à un radeau qui est fait pour traverser,
mais auquel il ne faut pas s’attacher. »

12273178079?profile=originalA 29 ans Bouddha renonça à sa vie princière pour l'ascèse.

Mais seule la "voie médiane", entre luxure et ascèse,

le recours à la méditation, lui permit de gagner l'illumination.


Fermez le ban !


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     Au final, ce sont donc cinq grottes aménagées en sanctuaires abritant 157 statues et des peintures murales sur plus de 2000m2 (dont 153 représentations du Bouddha), le tout formant le Temple d’Or de Dambulla, classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Les trois principales sont le « Temple du Roi divin » et son Bouddha couché de 14 mètres, sculpté à même le roc avec de subtils plis qui lui donnent grâce et mouvement. Le « Temple des Grands Rois » et ses 53 statues du Maître, dont là encore un Bouddha couché de 15m et des fresques du XVIIIe siècle. Le « Nouveau Grand Temple », toujours des statues et 1800m2 de fresques relatant les épisodes de la vie du Bouddha. Les deux autres grottes sentent la peinture trop fraîche, mais montrent que l’art est toujours vivant.
      Temps arrêté, peinture « tempérée » qui se déploie sur les parois ondulantes, ces fresques vous emballent de l’intérieur, vous enveloppent, déroulant les scènes de la destinée de L’Illuminé en autant de contes de l’anté-Christo (pardonnez ce vilain jeu de mots) qui s’attachent à l’esprit et l’invitent à méditer.

12273178286?profile=originalGrand Bouddha couché
dans l’attitude du parinirvâna
La quiétude de L’Eveillé dans un somptueux plissé.

12273178663?profile=originalSculptures à profusion et voute peinte dans le moindre recoin.

Envoûtant, non ?

     Alors certes le tracé est souvent un peu gauche, les couleurs trop tranchées, les thèmes récurrents, la lecture des œuvres difficile à appréhender, les repeints plus ou moins récents fréquents, mais l’effet d’ensemble est saisissant et j’espère vous avoir finalement montré combien ce peuple et cette culture étaient attachants.
Quoiqu’il en soit, de la visite de ce temple rupestre, le plus important du pays, se dégage une impression de grande sérénité.

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Vous pouvez retrouver la première partie de cet article sur :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/d-ambulations-autour-de-l-art-dambulla-sri-lanka-1-re-partie

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Ayubowan

12273179086?profile=original... Au revoir

* Samsâra : cycle sans fin des naissances et des morts, dans lequel les actes de vie antérieurs (karma) entraînent les vivants jusqu’à ce qu’ils parviennent à la délivrance finale (nirvâna). Les exégètes remarqueront par ailleurs que cette citation se rapporte au mahâyâna, le bouddhisme du « Grand Véhicule », suivi au nord et à l’ouest de l’Asie. Or le Sri Lanka embrasse l’hînayâna, la voie du « Petit Véhicule ». Mais, sans rejeter cette réfutation possible d’un revers de la main - c’est pas bien, tends-la plutôt à ton prochain -, allez trouver des citations abordant la peinture ! Qui après tout est mon sujet.


** Le dernier roi de Kandy fut déposé par les Anglais en 1815. Quant au mouvement nationaliste cinghalais, il naquit ici, à Dambulla, en 1848, un siècle avant l’indépendance du pays.


Michel Lansardière (texte et photos)

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Cogitation d'un grand papa

 Pastiche d'une fable de  La Fontaine

Un grand-papa, qui se berçait,
Se mit soudain à rêvasser.
Sa petite-fille, bien sage,
Traçait des mots sur une page.
Sans lever le nez pour le voir,
Elle finissait ses devoirs.

Il avait pourtant récité
De jolis vers pour l'inciter
À faire une petite pause.
Hélas! en ce moment, il n'ose,
Même s'il la couve des yeux,
Cesser d'être silencieux.

Comment pourrait-il lui apprendre
Ce qu'enfin il a pu comprendre.
Ce n'est qu'à la fin du parcours,
Qu'on réalise avec humour,
Ou des regrets, nombreuses fois,
Ce qui eut été un bon choix.

Les fables amusent les enfants.
Sans les instruire pour autant.
La liberté n'a point de prix.
Il faut ignorer le mépris
Quand on accueille la paresse,
Dans l'abandon et la tendresse.

10 mars 2004

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Les mirages de ma vie

Pantoum

Je laisse s'écouler mon temps
Sans en faire un utile usage.
Or je capte, et les mets en page,
Les grâces de certains instants.

Sans en faire un utile usage,
J'ai vécu de très nombreux ans.
Les grâces de certains instants
M'advenaient sans aucun présage.

J'ai vécu de très nombreux ans
Ayant même corps et visage.
M'advenaient sans aucun présage
De nouveaux rôles exaltants.

Ayant même corps et visage,
Fus transformée complètement.
De nouveaux rôles exaltants
À leur tour, devinrent mirages.

19 juillet 2016

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Jours de deuil


Se sent dans le malheur tout le peuple de France.
Nombreux de ses enfants réunis dans la joie
Ont connu ce plaisir pour la dernière fois.
Les a anéantis un acte de démence.

Des pleurs silencieux et d'innombrables fleurs.
Partout de la beauté porteuse de tendresse
Qui ne peut cependant apaiser la détresse
Des proches survivants pénétrés de douleur.

Les offrandes profitent à ceux qui les contemplent
Et ont contribué à créer une grâce.
Elles sont répandues sur un immense espace.
Ce deuil incite aussi à chanter des les temples.

15 juillet 2016

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EDITO SAISON 2016/2017

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Poser son regard

Le monde est là. Devant nos yeux. Il s'offre à nous. Dans toute sa beauté. Dans toute sa brutalité.

Fermer les yeux ?

Parfois, oui. Pour écouter la voix du dedans, entendre le silence, mieux ressentir la caresse de l'autre...

Mais fermer les yeux pour ne pas voir, pour fuir le monde, ça non !

Il nous faut regarder. En noir et blanc ou en couleurs. De face ou de profil, par en haut, par en bas, en oblique, vers le Nord, vers le Sud.

https://www.youtube.com/watch?v=qGKikin_hUc

Non pas céder au voyeurisme, à la sidération que provoquent trop souvent les images. Simplement poser son regard. A une juste distance. Celle qui permet de ressentir, de comprendre, de dialoguer avec l’objet du regard.

Et puis partager les regards, les échanger, les confronter, les multiplier à l'infini. Dans un joyeux désordre.

Telle est notre ambition. Futile et nécessaire. Modeste mais opiniâtre.

Cette troisième saison du Rideau à la rue Goffart à Ixelles verra le début des travaux de rénovation de notre Maison de Théâtre. Tout en veillant à en préserver l’esprit chaleureux, la rénovation imaginée par le bureau Ouest Architecture permettra d’en améliorer considérablement le confort et la qualité d’accueil, d’en augmenter la jauge, et d’en renforcer les capacités techniques. Les travaux débuteront en janvier 2017. C’est pourquoi la deuxième partie de la saison se déroulera hors les murs, dans des théâtres amis dont vous connaissez déjà le chemin.

Alors que ce soit ici ou ailleurs, en Belgique ou sur les routes où nous mènent nos pas, l’essentiel est de poser son regard.

Michael Delaunoy, Directeur

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administrateur partenariats

"Roses de mon jardin"

Liliane Magotte

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Les roses de l'instant.

Songerie inspirée par les roses de Liliane Magotte

 de Suzanne Walther-Siksou

Splendides, faites de velours,
De soie, ou d'organdi, les roses
Incitent à faire une pause,
Elles font penser à l'amour.

Parfois, en débordant d'un mur,
Semblent s'offrir à ceux qui passent.
L'esprit aussitôt se délasse
S'emplit d'un plaisir des plus purs.

Ceux qui voient éclore des roses
Osent en rêvant espérer
Que leur grâce va perdurer.
La nature crée et dispose.

Or sans cesse elle renouvelle,
Fait renaître feuilles et fleurs,
Prenant de vibrantes couleurs
Si de l'or se pose sur elles.

11 juillet 2016

Un partenariat

Arts 12272797098?profile=originalLettres

 

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La rédemption de Royaumont (Royaumont, 3/4).

12273113653?profile=originalRuines de l'église (abside) de l'abbatiale de l'ordre de Cîteaux.

Grande comme une cathédrale...

avec son choeur et ses sept chapelles rayonnantes.

Ne restent aujourd'hui que les colonnes à tambour.

Résonnez musettes...

Retour à "Royaumont Abbey", notre feuilleton de l'été.

     En 1927, classement aux Monuments Historiques. Voilà notre abbaye protégée.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale elle est heureusement épargnée.

Elle devient un Centre culturel international, puis, en 1964, la Fondation Royaumont, dédiée aux arts et à la culture.

L'esprit des lieux est préservé.

12273113864?profile=originalCroisée d'ogives du réfectoire des moines.

Simplicité, ordre et pureté.

     Aujourd'hui l'abbaye est rendue aux simples ouailles, au calme, à la volupté, au repos et à l'étude. Plus particulièrement à la musique et à la danse. L'abbaye est un centre international où musiciens et danseurs créent en toute quiété. Concerts, colloques, ateliers sont organisés et on ne compte plus les personnalités des Arts et des Lettres qui y élirent résidence.

L'ombre même du Pink Floyd y plane encore...

12273113469?profile=originalLes Pink Floyd donnèrent Atom Heart Mother

en concert le 15 juin 1971 à Royaumont.

     Ce ne sont peut-être plus les splendeurs d'antan, mais Royaumont reste un joyau dans une écrin de verdure. L'ensemble des bâtiments est finalement conservé, même si l'église a été démolie.

Bois et étangs alentours, un nouveau jardin médiéval dit "des neuf carrés", créé en 2014, offrent une ambiance propice à la méditation.

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"La fleur de lis possède sur les autres fleurs deux prérogatives particulières. Tout d'abord, c'est elle qui est portée dans les églises et posée devant Dieu ou devant la Vierge Marie avec une adoration profonde. Ensuite, c'est elle que le plus noble et le plus puissant des rois chrétiens, à savoir le roi de France, porte pour emblème. Elle lui fut donnée et envoyée par Dieu tout-puissant en signe d'amour et d'alliance éternelle entre Dieu et les rois de France ; amour et fidélité qui augmentent chaque jour et toujours croîtront sans s'arrêter s'il plaît à Dieu."

De propriatibus rerum, le Livre des propiétés des choses de Barthélémy l'Anglais. 

Cette encyclopédie du XIVe siècle fut adaptée en français par le moine Jean Corbechon.

     Neuf carrés de culture d'inspiration médiévale sur un caillebotis de châtaignier rehaussé, comme naguère pour empêcher les nuisibles de s'attaquer aux plantes, ceint d'osier vivant tressé. Chaque carré semé de plantes médicinales. Des simples à la charge symbolique forte. Plantes des vertus, passion du jardinier.

L'homme est ici "conduit au salut de son âme par les cinq sens qui lui permettent de satisfaire ses besoins.",

Hildegarde de Bingen.

"Je vois souvent quand quelqu'un afflige son corps par un excès d'abstinence, que le dégoût surgit en lui, et par le dégoût les vices se multiplient beaucoup plus que s'ils avaient été contenus avec justesse." Sagesse de l'abbesse.

     L'esprit de l'époque médiévale est bien revenu habiter ces lieux. On pensera à Isidore de Séville, à Vincent de Beauvais, qui fut lecteur à Royaumont et auteur d'une célèbre encyclopédie, à Hildegarde de Bingen, à Robert Grosseteste... qui ont été ici étudiés.

12273114271?profile=originalBibliothèque Henry et Isabel Goüin, dans l'ancienne salle capitulaire.

Elle n'a plus le lustre passé, les livres d'époque ayant été dispersés en 1791.

     Si enfin, de l'église seule la tourelle d'angle s'élève et demeure aujourd'hui, elle présente une vue d'un romantisme hugolien...

12273114662?profile=originalLa tour de l'escalier du transept.

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Victor Hugo : La souris (Velmich), 1840, certes sur les bords du Rhin.

Une toute récente modélisation 3D, réalisée par l'Ecole Centrale de Paris, permet de revoir l'abbaye telle quelle resplendissait lors de son édification en 1228.

Avec son choeur, ses sept chapelles...

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... sa nef et son transept.

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Une dernière information, avant de découvrir les collections de l'abbaye, le Festival de Royaumont aura lieu cette année de 3 au 11 octobre.

Le tout à une trentaine de kilomètres au nord de Paris, vous admettrez que cela valait bien la visite.

Michel Lansardière (texte et photos, sauf Pink Floyd).

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CONSTAT...

Traverser une rue...

Ses erreurs ou la vie

Avec audace, folie,

Ne pas être perdue!

Chanter sous la pluie

Et manquer de patience!

Partager l'insouciance

Se noyer dans l'ennui!

Vivre pour le moment

Oublieux et fragile

A toutes fins utiles

Se perdre dans l'instant!

Car ne sommes que poussière

Lumière brillante et folle

Joyeuse et sans bémol

A jamais éphémère...

J.G.

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De l'émouvante abnégation


Soliloque

En ce jour, je sens que l'existe.
Me prend l'envie de témoigner.
Si du néant fus épargnée,
J'éprouve un vide qui subsiste

Me prend l'envie de témoigner.
Certes, je vis en égoïste.
J'éprouve un vide qui subsiste.,
En ma résidence assignée.

Certes je vis en égoïste.
Tiens de moi l'horreur éloignée,
En ma résidence assignée.
Aux fous du temps rien ne résiste

.

Tiens de moi l'horreur éloignée.
Le feu détruit routes et pistes.
Aux fous du temps rien ne résiste.
Or de l'espoir veux témoigner.

Le feu détruit routes et pistes.
Les brûlés seront à soigner.
Or de l'espoir veux témoigner
Partout l'abnégation persiste.

Les brûlés seront à soigner.
Rien n'assure une réussite.
Partout l'abnégation persiste
Réconforte les résignés.

7 juillet 2016

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Dans le Sud

Une aquarelle d'Adyne Gohy

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a été inspirée

par

Au gré des Herbages

Un poème de

Raymond Martin

 

Dans la terre du Sud, bleu, blanc, blés dorés

Le temps s'écoule au gré des herbages

Où les flèches de l'histoire piquent les tournesols ensoleillés ;

La colombe sereine ajuste suavement son plumage

 

La flèche du maïs érigé  côtoie dans l'azur un clocher effilé,

Le temps vainqueur s'écoule au gré des herbages,

La voix du bouvier ne s'entend plus en chemin

Une frêle mésange offre de tourner la page

 

Le temps s'écoule au gré des herbages

Pour le fier berger  façonnant son 'greulh'.

Le parpalhol aux ailes mordorées survole sans ambages,

L'olivier tenace à l'allure courbée et le saule pleurant un linceul

 

Une frêle mésange offre de tourner la page

Du livre de la vie des cazaux décimés,

Le pardon silencieux modèle les nuages

                        Mais pas d'oubli naïf pour les bourreaux affamés.                 

 

Le livre de la vie s'égrène de page en page  au soleil rougeoyant

Plaines et bories  placides maintenant, offrent un visage avenant

Richesse du passé, joyau de l’avenir, la terre du Sud retrouvée

Offrira sans peine au glaneur averti  ses Vers Dorés.

 

 

                                                                Raymond MARTIN

                                                                           09/2013

Un partenariat d'

Arts 

12272797098?profile=originalLettres

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12273171855?profile=originalBouddha… Bouddha… Bouddha


Le Sri Lanka est profondément marqué par le bouddhisme originel. Il en conserve la forme la plus pure et son art en est le meilleur vecteur.
      Si le Bouddha a interdit aux moines l’exercice de certains arts libéraux, la médecine comme le commerce, le tabou ne touchait pas la production et la diffusion d’images décoratives comme figuratives. Mais elles sont toujours symbolistes, idéalisées. D’où notre impression d’uniformité, de répétition, liée aux archétypes ainsi créés.
Au contraire la peinture devait être le propagateur de la foi le plus efficace. Le sittara (peintre) le véhicule le plus sûr. Peintre porte-parole, traçant la voie d’une vie meilleure pour le pécheur. Couleurs et formes menant à la connaissance, à la réflexion, à la sagesse et à l’éveil. Comme dans notre imagerie médiévale ma foi.

12273172069?profile=originalPeinture à la détrempe, Dambulla, XVIIIe siècle


« Lorsque le sittara peignait un arbre sur un mur, il ne cherchait pas à représenter un arbre particulier, mais il voulait évoquer un symbole et un type idéal. Cette image était en un sens l’âme ou l’esprit fondamental de tous les arbres de l’espèce choisie par l’artiste. »,
                                                         Diyogu Badathuruge Dhanapala (1905-1971)

     Ici la peinture se déploie non pas sur la toile (bien qu’aujourd’hui elle se retrouve sur internet), mais sur la paroi rocheuse ou le mur des temples. Ce qui revient à employer deux techniques souvent confondues. La fresque proprement dite, et la peinture à la détrempe.
Dans la première les couleurs s’imprègnent dans le plâtre et s’intègrent à la surface.
Dans la détrempe, les couleurs sont peintes par couches sur la surface du plâtre.

12273172872?profile=originalScènes de la vie du prince Siddharta

- le futur Bouddha -
parti en quête de la vérité.
Peinture à la détrempe, Dambulla, XVIIIe siècle

     La fresque vraie se révèlera au final plus pérenne, avec des couleurs naturelles, douces et fondues. Certes le choix des couleurs, appliquées sur l’enduit encore humide, est limité. L’ocre, le jaune, le rouge dominent, soulignés de noir. Puis le vert tendre, malachite, le bleu, parcimonieux, rehaussent les tons sourds de l’ensemble.
     Avec la détrempe, les couleurs sont plus vives, plus variées peut-être, le trait plus net. Mais ces peintures tendent, à la longue, à s’écailler. D’où les nombreux repeints ultérieurs, les couches successives qui altèrent le dessin. Et le style se perd.
     Un style primitif, sensuel et libre, tout en restant dans les canons de la foi, pour les premières.
     Un style plus tardif, naïf souvent, plus emprunté, pour la peinture à la détrempe. Ce qui trahit un certain déclin, qui correspond aussi, soutenons l’hypothèse, à l’occupation de l’île par, tout à tour, les Portugais, les Hollandais, les Anglais.

12273173458?profile=originalScènes de la vie du prince Siddharta.
Peinture à la détrempe, Dambulla, XVIIIe siècle

     Arrivé à ce moment de ma présentation, je dois vous avertir que vous ne verrez pas d’images du premier style. La raison en est simple, quoique pas toujours compréhensible !

12273173856?profile=originalPeinture à la détrempe, Dambulla


" Ceux qu’aveuglent attraction et répulsion ]…[ ne peuvent comprendre une telle Doctrine qui s’annonce à contre-courant, subtile, profonde,
difficile à saisir. "

 Sûtra bouddhique

     A Sigiraya, le Sihagiri, « Rocher du Lion », abrite dans une saillie rocheuse, à franc de falaise, d’admirables fresques, datées du Ve siècle. Les plus belles et originales qui soient, les plus connues aussi. Les photos, encore récemment, étaient autorisées. L’endroit est bien gardé, les visiteurs pas si nombreux (un escalier à la verticale y mène, par une chaleur éprouvante), la lumière naturelle suffisante. Mais j’imagine que les obsédés du flash (ici parfaitement inutile, pire néfaste) ont sévi. L’interdit s’est imposé.
      A Dambulla, le Rangiri, « Rocher doré », couvre une série de cinq grottes protège 150 Bouddhas et de nombreuses peintures à la détrempe. La pénombre règne, les peintures, pour les raisons ci-dessus expliquées, fragiles. Le flash est donc nécessaire. Là, la photographie, naguère interdite, est maintenant autorisée. Si j’ajoute que les deux sites sont protégés et inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco, je ne m’explique pas la logique de ces décisions (d’autant qu’au musée archéologique de Polonnaruwa, où les œuvres relèvent de la statuaire et de l’art décoratif, donc en pierre ou en bronze… les photos sont aussi prohibées) !
     Cette longue digression pour vous dire que nous ne verrons que des illustrations du second style. Je me limiterai, pour l’essentiel à Dambulla, le plus caractéristique de ce dernier, où j’ai donc pu saisir les scènes les plus explicites.
Pourtant les « Demoiselles du Ciel » de Sigiraya, princesses, servantes ou apsaras (nymphes célestes) sont si graciles, élégantes et sensuelles « La poitrine nubile et pleine, la taille mince à peine plus forte que le cou, les bras fuselés et les mains exquises comme de longues fleurs » qu’on les regarde, lascives, sans se lasser. Tout n’est vraiment ici qu’harmonie, luxe, calme et volupté, pour le poète inventé.
Regrets.

12273174067?profile=originalJeune femme en costume traditionnel cinghalais

     Arrachons-nous, je sais, c’est dur, à ces Demoiselles des nuages pour nous intéresser enfin à Dambulla, plus précisément au vihâra (monastère) de Rajamaha. Cette fois vous ne le regretterez pas.

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Peinture à la détrempe, Dambulla

« Allez, ô moines ! et voyagez pour le bien et le bonheur d’autrui, par compassion pour le monde, pour le bien-être des dieux et des hommes. »

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A suivre...

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Michel Lansardière (texte et photos)

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A L'ABRI ...

A l'abri des regards

Comme ils se sont aimés!

Guidés par le hasard

Sur une crique...échoués...

Il faisait plein soleil

En cette fin d'été

Le temps était merveille

Et ils étaient comblés...

Alors, sentir encore

Les grains de sable chaud

Petites pépites d'or

Titillant leurs deux peaux...

Les narines gourmandes

Grisées par les parfums

Suivaient les sarabandes

Des vents et de l'embrun...

Un bruit léger chantait

Au creux de leurs tympans

Quelques oiseaux passaient

complices d'un moment...

A l'abri de leurs cœurs

Les souvenirs d'antan

Ont gardé cette saveur

Qui fait vibrer l'instant!

J.G.

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administrateur partenariats

Voilà, année terminée.Vive les vacances !

Voilà, année terminée.
Pas trop mécontente du boulot effectué, et en temps que titulaire, j'ai vu des élèves fiers d'eux pour leur réussite lors de la remise des bulletins, mes primo-arrivants obtiennent des cotes dans les cours généraux qui surpassent celles des enfants nés ici.
Belle victoire pour leur ténacité, belle victoire pour le système.
Deux mois pour se ressourcer et recharger les batteries, imaginer de nouvelles aventures, de nouveaux projets, pour être au top en septembre pour accueillir cette jeunesse qui, quoiqu'on en dise, est l'avenir de ce pays.
Une jeunesse pluriculturelle, riche, qui attend de nous un modèle d'éducation, et là où la famille fait défaut pour certains, offrir un exemple sécurisant pour le futur, une réconciliation avec la société.
Bonnes vacances à tous les enseignants, ces héros funambules de l'éducation.
Liliane Magotte 
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Une pensée pour la main de Géricault.

Janvier 1824, Paris.

Depuis plus d'un an, Théodore Géricault, le Peintre du Radeau de la Méduse, est alité.

Il n'en fini plus de mourir, d'un cancer des os provoqué par une chute de cheval.

Il a 33 ans, en paraît 70. Ne pouvant plus bouger, il dessine sa main. Son dernier dessin.

A un ami qui lui demande ce qu'il fabrique, il répond juste : "Je m'utilise".

Cette main, c'est tellement plus qu'un simple dessin...c'est un adieu, un morceau d'âme, un appel à l'aide...

Et c'est tout pour aujourd'hui.

Théodore Géricault (1791-1824)
Main.
Aquarelle/papier.
1824.

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12273174883?profile=originalCinéaste multiprimé, habitué des grands festivals, Emanuele Crialese était membre du jury du 14ème Festival du film européen de Bruxelles.

Formé aux États Unis, il réalise en Italie des films de facture européenne universellement appréciés depuis la révélation à Cannes de Respiro, comédie dramatique sur le repli identitaire d’une île. Depuis lors, Ivan Corbisier l’a régulièrement invité à faire partie du jury de son festival. Pour la première fois, cette année, Crialese découvre le festival bruxellois et nous livre ses impressions et son enthousiasme à la découverte d’une programmation originale, qui se distingue des catalogues souvent itératifs des autres festivals.

C’est la première fois que vous êtes membre du jury du Brussels film festival. Quelles ont été vos impressions ? Pensez-vous que la programmation reflète le cinéma européen actuel ?

La sélection des films – c’est ce qui importe - est très intéressante et cohérente. J’aime les festivals mineurs ou qui sont considérés comme tels par rapport à d’autres, non pas parce qu’ils sont moins bien mais parce qu’ils présentent des œuvres que l’on ne verra nulle part ailleurs. Et souvent, ces films sans budget sont très enrichissants. Personnellement, j’y trouve une source d’inspiration.  Il est important d’encourager ce cinéma-là et de permettre de découvrir des films qui ne sont pas mainstream. Dans des festivals comme celui-ci, on  trouve de véritables perles.

En fait il ne répond pas à la question et il dit un contresens : il y a un leitmotiv, mais ses films sont très différents. Quel est le leitmotiv ?

Parmi les 4 films que vous avez réalisés, il y en a un, Respiro, qui ne parle pas d’émigration. Respiro c’est surtout un portrait de femme…

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Oui. Il s’agit d’une femme qui va être chassée de l’île (la Sicile) parce que ses habitants ne la considèrent pas assez « normale » pour être acceptée dans l’île. Le thème ne change pas. Il y a toujours une aliénation. Une communauté décide arbitrairement d’exclure une femme que l’on ne peut pas juger parce qu’elle ne fait rien de mal, mais comme elle est assez libre, anti-conventionnelle, la petite communauté estime qu’elle doit se faire soigner et qu’elle doit le faire hors de l’île, qu’elle doit se cacher. C’est presque une tentative de confinement, d’exil. L’exil est nécessaire pour pouvoir revenir après l’intégration des règles. Dans Nuovomondo, c’est le contraire. Là, c’est une famille entière qui décide d’évoluer et d’aller vers l’Amérique. Pourquoi je dis « évoluer » ? On utilise beaucoup le mot « immigration » tout en faisant un lien instantané avec notre actualité. Mais l’immigration, c’est quoi ? Depuis la nuit des temps, depuis que l’homme se tient sur ses deux jambes, il émigre et il découvre ! Pour moi, « immigration » signifie mouvement. Et le mouvement, c’est l’évolution… C’est aussi pour cela que j’aime le cinéma, parce que c’est cinétique. Tout comme il y a un cinétisme que l’homme doit suivre pour devenir plus moderne.  L’immigration, je la vois comme un grand mouvement qui ne s’est jamais arrêté dans l’histoire de l’homme mais qui a reçu des appellations différentes au gré de nos convenances : « phénomène sociologique, anthropologique, politique… ». Moi je dis que c’est un phénomène humain. C’est le courage d’un homme, d’une femme, d’un enfant, de dire : « Je pars et je vais découvrir. » La planète Terre nous appartient à tous. Je suis un peu obsédé par ces questions. Personnellement, je sens que si je n’avais été aux États Unis - j’ai choisi les Etats Unis mais je pouvais choisir la France ou je ne sais pas, l’Angleterre - mon évolution ne pouvais pas être complète. J’ai découvert une nouvelle culture, je l’ai comparée avec la mienne, j’ai appris de cette culture-là et j’ai évolué. Alors, on parle de l’Afrique, on dit tellement de choses sur les Africains, on se vante d’envoyer des aides, de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour développer les régions, le pays… Mais, on ne peut pas interdire à des pays, à des continents, de connaître le monde. Bien sûr, aujourd’hui il y a la télévision. Mais on ne peut pas connaître le monde à travers la télévision. Il faut bouger. Tout comme il faut bouger quand une relation ne fonctionne pas. Il faut aller vers autre chose, il faut grandir. Et l’émigration pour moi c’est cela, c’est un effort éprouvant pour l’homme, qui risque sa vie pour y arriver. Cela fait partie des droits de l’homme. Émigrer, partir, connaître se développer… cela ne se discute pas…12273175285?profile=original

Parlons de la programmation du festival européen de Bruxelles. Avez–vous remarqué des préoccupations communes dans les films présentés ?

J’ai vu une solitude, une solitude abyssale. Des personnages seuls, sans aide face à des choix et qui en arrivent à commettre des actes inhumains. Notre monde est individualiste, nous avons perdu le sens de l’appartenance. Je suis moi-même, bien sûr, mais je suis aussi une partie de la communauté. L’homme aujourd’hui est derrière son écran, occupé à inventer sa propre identité. Et à la perdre en même temps parce qu’il n’y plus de confrontation ouverte, il n’y a plus de face à face, les yeux dans les yeux, comme dans les années 80 – on se réunit et on part ensemble et on communique. Non ! Maintenant tout est virtuel, ‘j’ai peur de toi et je ne te regarde pas dans les yeux car tu peux être une menace pour moi’. Notre civilisation va dans ce sens. Ce n’est pas évolutif. Et c’est dans les milieux les plus aisés que je constate les plus grandes frustrations, les plus grandes solitudes : l’homme et la femme, seuls, face à face avec les questions d’argent, de compétition, et une fenêtre constamment ouverte sur le monde dans la solitude de leur appartement.  Mais cette fenêtre ne s’ouvre pas sur un paysage réel, elle s’ouvre sur un horizon virtuel, créé de toutes pièces, pas même imaginaire. On nous présente une réalité manipulée. Si vous ne possédez pas les instruments critiques pour comprendre ce qu’est une nouvelle journalistique, médiatique, honnête, vous êtes foutu.

Mais j’ai aussi trouvé dans les films que j’ai vus beaucoup de construction de personnages intéressants, des antihéros. C’est une caractéristique européenne. Car si l’Américain se ment à lui-même, nous, Européens, nous n’y arrivons pas.

La différence systématique faite entre le cinéma européen et le cinéma américain est-elle pleinement justifiée selon vous ?

Aux Etats Unis, le dénominateur est la conquête de l’Amérique. Ils se sentent similaires et ils le sont. Ils défendent la patrie. La possibilité de détenir un pistolet découle de cela, du statut de pionnier. En Europe, nous avons chacun notre identité propre et nous essayons de la définir de jour en jour.

Il y a aussi des exceptions en Amérique aujourd’hui. Le cinéma d’auteur commence à émerger. Je pense à Alejandro González Iñárritu qui est Mexicain, ce n’est pas une coïncidence. Bien sûr, on subit l’invasion des blockbusters. Mais comment pourrait-on le contrôler ? Pour filmer le débarquement en Normandie, ils ont des moyens que nous n’avons pas. Et pourquoi cela ? Parce qu’en Amérique, il n’y a pas d’argent public. Pour faire un film de 100 millions, il faut de l’argent venant des investisseurs et bien sûr, ils veulent récupérer leur mise. Nous avons donc plus de liberté pour promouvoir la culture. Et ce qui est malheureux, c’est de voir des cinéastes en Europe tenter de réaliser des films sur le modèle américain, sans succès évidemment.

Le contexte économique est-il meilleur aujourd’hui pour le cinéma italien ?

La grande nouveauté pour les auteurs en Italie, c’est la coproduction, la possibilité de sortir de la botte. Parce que l’argent va surtout aux distributeurs, aux producteurs. Mais le distributeur n’a aucun intérêt à promouvoir le film puisqu’ il est déjà gagnant avant même de faire son travail. Par les codistributions internationales, on la chance d’être remarqués ailleurs et c’était le cas pour Respiro. Je suis devenu réalisateur grâce à Cannes. Personne n’avait vu Respiro en Italie. Il est sorti en France en tant que petit film indépendant avec des sous-titrages et il a cartonné. Mais sans la France, le film serait resté à l’affiche trois jours au plus dans les salles italiennes.

Votre prochain film parlera-t-il aussi d’émigration ou d’immigration ?

Non, basta. On dit qu’un auteur réalise toujours le même film. Je crois que je vais toujours explorer le thème de l’aliénation, de la solitude, de la nécessité de comprendre le monde et de se faire comprendre. Il y a en moi cette recherche de l’équilibre à trouver entre l’identité d’un individu et celle du monde qui nous entoure, entre l’ambition personnelle et l’idéal de la société dans laquelle nous vivons - tout comme dans la famille où il faut trouver la goutte commune. J’ai écrit deux nouveaux scénarios sur le thème du déracinement. Vous connaissez l’histoire de l’être humain, non ? Il était une fois un petit poisson (au début nous étions tous poissons, sans poumons)… La lutte pour la survie était devenue tellement dure, que le petit poisson a sauté hors de l’eau sur la pierre. Il était là sur le point de mourir. Un autre l’a suivi, l’un est peut-être mort mais l’autre a ouvert la bouche et a inspiré un grand coup, et il est devenu un dinosaure. Aujourd’hui il n’est pas question de corps. On doit se métamorphoser dans nos consciences, en revenir à des rêves d’enfant. Que fait-t-on pour nos enfants, pour le futur ? Où vont nos arbres, notre planète ? Si on ne réussit pas ce petit pas évolutif, on risque peut-être de disparaître. J’attends ce moment dans l’histoire - maintenant ou dans mille ans. L’évolution m’intéresse mais je crains que ce ne soit pas pour bientôt. Je crois que nous sommes dans le Moyen Âge de la modernité…

Interview réalisée par Palmina Di Meo

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Charles nous signale ceci:.

"Chers amis,amies bonjour,

J'ai l'honneur de participer a un concours artistique important pour moi.
Il y aura 15 lauréats et 1 prix du public uniquement.
Si vous appréciez ce que je présente comme projet ,votez pour moi,ce sera pour moi une immense joie,et d'avance ,je vous remercie de tout coeur .
Pour cela,vous pouvez voter pour moi en allant sur leur site 
en cliquant dans ( "vote for art""  ) et en votant pour moi".

La page du site "Straffe artistes" où est présentée son oeuvre appelée "Le pari gagnant"  de Charles se trouve ici:

http://www.straffeartists.be/gallery.php?id_vote=925

Il vous suffit de cliquer sur le bouton voter en dessous de son oeuvre pour encourager ce membre qui nous réjouit à chacune de ses communications d'oeuvres.

Son oeuvre: 12273173283?profile=original

Merci à vous tous, pour lui.

Et cet appel constitue aussi une bonne occasion de rappeler à votre bon souvenir le panorama des oeuvres transmises par lui:

           

Robert Paul

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