Je voudrais écrire le printemps
avant qu’il éclose
un printemps qui soit plus
qu’un printemps qui passe
je voudrais donner
aux heures fragiles
un soupçon d’éternité
Martine Rouhart
Je voudrais écrire le printemps
avant qu’il éclose
un printemps qui soit plus
qu’un printemps qui passe
je voudrais donner
aux heures fragiles
un soupçon d’éternité
Martine Rouhart
Entre ciel et terre, caractères, typographie et lignes de destinée.
Qui sait si, sur cette plage de village,
l’eau et les fontaines apparaîtront de nouveau
dans nos mémoires.
Ces pierres plantées en haut des collines du mont Lozère.
Itinéraires qui, aussi, de ville en ville,
nous mènent en passagers de nos vies.
Nous fûmes passants dans ces rues, ces ruelles et ces places.
Grandes capitales et petites bourgades.
Un frémissement entre les toits, les vagues de souvenirs
sont comme une mélopée.
Laissons-les vivre et nous faire signe.
L’aurore et les ailes du temps qui peuvent alors se déployer.
Julien Boulier le 15 mars 2018
poème déposé Sacem code oeuvre 3435875911
Ainsi ai-je longé rivières
chemins et estuaires.
On retrouve presque
dans ces pages de musique
le visage
de ces souvenirs.
Nous peignons
la musique.
En nous, maintenant.
C’est là que la nature
contemple le ciel
avec ses regards
remplis de liberté.
Julien Boulier le 14 mars 2018
poème déposé Sacem code oeuvre 3435837711
Il était une fois Nicola - pas le saint - le compositeur italien contemporain, Nicola Campogrande qui, ayant visité en l’an 2007 la Fondation Folon en Belgique, se prit à rêver de composer un opéra greffé sur ses émotions picturales et le fabuleux chant des couleurs de Folon, prince du graphisme onirique.
Un autre jour, ce fut L’Opéra de Liège qui contacta ledit musicien, et, 9 mois plus tard, le texte italien de Piero Bodrato, ayant été traduit en français par les soins de Maria Delogu, l'opéra « #Folon » était prêt pour un baptême qui eut lieu un 2 mars 2018 à L’Opéra de Wallonie, en avant-première d’une belle série de représentations dites « scolaires » ne laissant que …deux dates libres pour le public.
Le principe veut que les enfants qui iront voir cet opéra participatif, soient initiés en classe à chanter eux-mêmes des chansons pour accompagner chœurs et solistes. Et malgré les notes très aiguës et les tempi fort rapides, cela marche! Et quelle inoubliable aventure pour les enfants de la Maîtrise de l'Opéra! Quelle expérience providentielle aussi pour un jeune chef d’orchestre de 28 ans, de pouvoir échanger et travailler avec un compositeur en vie… Nicola Campogrande. Et de devenir créateur de musique en duo!
Lors des « scolaires » il s’est avéré qu’au lieu d’être captivés par leurs smartphones - mais les très jeunes en ont-ils déjà ? On espère que non - les 800 têtes blondes, vouées aux plaisirs de la découverte, ont, dit-on, été happées par l’environnement de rêve qu’est l’Opéra de Liège, ses dorures, ses lustres, mais surtout par l'atmosphère magique de l'expérience.
Les enfants ont été séduits d'abord par le bal des couleurs évoqué par la musique créative du compositeur, miroitante et cascadante, portée par l’énergie de ses 1001 percussions et par la baguette habile du chef d’orchestre Ayrton Desimpelaere, Chef Assistant à La Direction Musicale au sein de l'ORW. Ils ont été fascinés par la magie chorale des enfants de la Maîtrise de l'Opéra orchestrée par Véronique Tollet et le talent des solistes lyriques dont la diction leur était suffisamment accessible. Ils ont adoré les merveilleuses graves de Roger Joakim, Monsieur Alphonse, gardien du musée, fascinés par l’homme bleu incarné par le tendre Pierre Derhet, et par Julie Bailly la « bestfriend » portant perruque …verte de jalousie. Les tout juste 6 ans ne peuvent pas lire les sous titres et ne sont pas portés sur les professeurs doctes et ronchons! Pauvre Patrick Delcour! Orangine était interprétée par Natacha Kowalski.

Ils ont été émerveillés par les décors créés par la fondation Folon pour l’opéra, auxquels répondaient la valse de costumes et de perruques presque fluorescents de Fernand Ruiz. Ah les splendides chaussettes! Pour Ayrton Desimpelaere, le défi était de diriger à la fois l’orchestre, les solistes lyriques et le chœur d’enfants en leur tournant le dos, à chaque fois qu’il devait faire face au public pour le diriger et chanter avec lui.
Un vrai tour de force pour lui, car aux séances pour tout public, la « participation » a été moins active et le retour après le tomber du rideau moins délirant, mais cela tient sans doute à une préparation moins approfondie et au mélange des âges. Les tout-petits (4-6-8 ans) ont sûrement apprécié leur première exposition au monde lyrique, bien que l’histoire présentée les ait parfois dépassés.

Sont-ils déjà sensibles aux « growing pains » des adolescents? On en doute un peu ! Mais l’interdit qui pèse sur l’utilisation de smartphones dans le musée, et les catastrophes qui peuvent en découler les ont impressionnés. Mais, si Folon avait été dans la salle, aurait-il joué au jeu des interdits, lui, l’homme libre comme l’oiseau? En revanche, le baiser qui sauve, qui est celui d’une « princesse charmante » et non celui d’un prince, a beaucoup plu! Idée intéressante que l’amour pour sortir du cadre, non? Si les personnages n’offrent qu’un minimum de complexité, la morale à tirer sur la surexposition aux écrans, était bien clairement exposée, et le selfie, totalement condamné! En effet l’objectif de la production est de mettre en lumière et en musique, la banalité des échanges par moyens électroniques, versus l’incommensurable part de rêve qu’offrent les artistes.

Une histoire simple donc, pédagogique en diable, trop peut-être, car on se demande si l’oeuvre n’aurait pas été vécue plus intensément s’il y avait eu une meilleure pénétration dans l’œuvre même de Folon. Telle qu’elle est construite, cette histoire pourrait se jouer avec n’importe quel autre artiste peintre…
On se prend à penser que Folon est plus une toile de fond que le fond de l’histoire. Y aurait-t-il dans cet opéra une part manquante dans la mise en scène, signée Alexandre Tiereliers? The missing link ? On aurait aimé que l’artiste Jean-Michel Folon apparaisse à travers cet opéra avant tout comme un passeur d'humanité, face à l’isolement urbain du monde moderne, un chantre de la beauté d’une nature bienveillante, un apôtre d’une totale liberté de penser et un adepte inconditionnel du respect des droits de l’homme. Et bien sûr, par la nature poétique de ses tableaux couleur d’arc en ciel, un semeur de rêves qui vous donne la clef des champs oniriques et rêve lui-même d’un monde sans frontières… Mais sans doute l’opéra conduira, on l’espère, les familles à rendre visite au sanctuaire onirique des couleurs, créé par l’artiste lui-même à quelques pas du Château de La Hulpe. Finalement, l’opéra est-il encore toujours en création?

Néanmoins, tous les enfants auront eu l’occasion de saisir l’urgence d’une place de choix à réserver aux artistes dans une société, et leur rôle révélateur , un peu comme les fées dans les plus belles histoires. Celles-ci leur révèlent la nature dont sont faits les rêves. Ainsi, le chef d'orchestre, qui indique une voie et invite à rentrer dans l'œuvre qu'il a mise en musique, offrant à chacun la possibilité de créer et de réentendre sa propre interprétation. Ainsi, Folon, qui par son art, fait voir la transparence des choses.
Nouvelle production Opéra Royal de Wallonie-Liège en collaboration avec la Fondation Folon
http://www.operaliege.be/fr/activites/folon
#Folon se produira également au Palais des Beaux-Arts de Charleroi le mercredi 14 mars 2018 à 16h.
Crédit photos: © Lorraine Wauters / Opéra Royal de Wallonie
Approche-toi du côté visible. Puis détache-toi.
Où est l’envers du décors, ce qui est caché ?
Destin . toi qui, dans des nuits prolongées, t’affubles de ces couleurs.
Profondeurs sous-marines. Enracinements du passé et mélopées du futur.
Songeons à tenir le présent, entre voyelles et consonnes.
Glaciers, arbres et nuages. Les ciels apparaissent alors
au milieu des notes de musique. Inspire cet air qui t’attend dehors.
Une main amie t’es tendue par le milieu végétal.
La route est sous nos pas, parfois enneigée, parfois ensoleillée.
Le chemin sinueux passe à travers des enchevêtrements,
Serpente et propose ses embranchements.
Choisissons nos itinéraires. Croisons nos vies.
Julien Boulier le 13 mars 2018
poème déposé Sacem code oeuvre 3435784711
La feuille, diras-tu, brillait sous la lumière.
Aujourd’hui, c’est la pluie qui répond.
Nulle floraison encore. Juste comme un rêve.
De l’aurore qui boit son visage. L’éclosion de la fleur.
Ton souffle avec toute la musique des mots.
Allons, continuons nos routes et nos découvertes.
La terre et ses giboulées. Toujours marchons.
Alors le soleil, l’océan, leurs forces et leurs coups de vent.
Appelons-les de nos vœux.
Nature, prépare tes couleurs, tes nuances et tes contrastes.
Voici le temps venu de récolter tes saveurs.
Julien Boulier le 12 mars 2018
poème déposé Sacem code oeuvre 3435731111
Ce « Double bill » comme on l’appelle à New-York, surnommé "CavPag" par certains spécialistes, est une nouvelle perle au diadème du répertoire de la Monnaie. Il présente donc deux opéras "Cavalleria rusticana" et "Pagliacci" écrits par deux compositeurs italiens différents et qui se connaissaient à peine mais dont la parenté littéraire est évidente. Héritières de Verdi, les deux œuvres qui traitent le même thème, se trouvent aujourd’hui liées pour l’éternité dans l’histoire de l’opéra et annoncent déjà Puccini. Le drame en un acte de Verga « Cavalleria rusticana », a inspiré Mascagni et a permis au souffle vériste de se propager dans le monde de l'art lyrique. La première de l'œuvre eut lieu à Rome en 1890 et aété pendant deux décennies, la figure de proue de l'opéra italien. « Pagliacci » l’opéra en deux actes de Ruggero Leoncavallo, fut créé le 21 mai 1892 au Teatro Dal Verme à Milan.
A la fin du XIXe, Pietro Mascagni et Ruggiero Leoncavallo sont les deux porte-étendards du mouvement vériste qui se greffe sur l'œuvre littéraire d'Émile Zola (1840-1902) illustrant par le nouveau genre de ses romans réalistes, la vie précaire réservée aux couches modestes de la société et aux opprimés. Ces deux opéras véristes parlent un langage ordinaire, vivent humblement par opposition aux figures sublimes qui peuplent les opéras italiens classiques et mettent en scène des personnages de la vie de tous les jours, aux comportements peu édifiant et aux réactions spontanées parfois très dévastatrices. En n’excluant pas la violence domestique…et le meurtre passionnel.
Veristissimo bouleversant ! Tragique destin de deux tranches de vie dépeignant l’amour entre simples gens du peuple qui, hantés par la jalousie, ne voient comme issue, que la mort. Mais avant cela, que d’intensité dans l’exposition des deux mélodrames aux contours hyper réalistes!

Créativité intense dans la recherche du sens : la mise en scène de Damiano Michieletto est très adroite car elle réussit à imbriquer les deux œuvres l’une dans l’autre, en travaillant notamment sur des incursions des personnages d’un drame vers l’autre. On peut observer soit des signes annonciateurs, soit des flashbacks émouvants qui font référence à l'histoire d'à côté… En effet Silvio et Nedda apparaissent dans l’intermezzo de la première histoire, tandis que Santuzza se retrouve dans les bras de Mamma Lucia dans la deuxième. La force destructive de la jalousie est le point commun des deux œuvres et la confusion entre réalité et fiction est clairement le pivot de « Pagliacci ». Quant à la jalousie, n’est-elle pas elle aussi le fruit toxique d’un imaginaire qui prend ses doutes et ses craintes pour de la réalité? Pour couronner le tout, le temps de Pâques et de l’Assomption se font la révérence, abolissant le temps et le délires humains, en un clin d’œil farceur…

Créativité intense dans la recherche de l’esthétique : le plateau tournant permet l’utilisation de différents lieux du drame, en variant la profondeur de l’approche, comme une caméra de cinéma italien des années 50. Les moments « d’entre-deux » où l’on peut contempler en même temps la scène qui s’éloigne et la suivante qui est en train de surgir se parent d’émotion presque métaphysique, car le spectateur cesse brutalement de participer directement au drame pour accéder à une approche omniscient de l’action. Esthétiquement, les différents moments de chaque tableau pourraient chacun constituer des tableaux très plastiques de la vie simple des petites gens. Pour exemple ces images captant la vie qui palpite dans l’atelier de pâtisserie où la pâte généreuse se pétrit, la farine vole et les fours s’allument et celle qui frémit dans la loge de théâtre et dans la salle de spectacles de "Pagliacci". Les décors, c’est du Hopper live ! ...On est comblé. De très beaux mouvements de foule contribuent aussi à lisser le dénominateur commun des deux actions et de fondre les deux œuvres l’une dans l’autre.

Interprétation primordiale : Dans ce genre d’opéra, en dehors des couleurs totalement pittoresques portées par un orchestre sous la baguette narrative d' Evelino Pido, l’interprétation est primordiale et le défi de chanter, jouer et convaincre est pleinement réussi dans cette extraordinaire production de la Monnaie. Pour les voix, nous avons été bouleversés par Mamma Lucia, plus vraie que tout, d'une cuisante d’humanité, incarnée à la perfection par Elena Zilio. Chacune de ses paroles, chacun de ses gestes pèse un million d’affects et de justesse de sentiments. La jeune excommuniée, Santuzza (Eva-Maria Westbroek) aux abois est en tout point plus vraie que nature…et surtout stupéfiante dans ses côtés sombres. Elle est très convaincante aussi dans ses échanges désespérés avec Turridu (Teodor Ilincai) qui brandit de très beaux vibratos. Le ténor projette avec éclat le machisme made in Italy et une violence qui n’a rien de larvé. L’immense Sylvio, symbole du pouvoir et de la frime est joué par un formidable Dimitri Platanias, baryton plein de panache qui s’alimente au monstre aux yeux verts de Shakespeare, mais n’aura jamais l’occasion de regretter son geste.

Dans "Pagliacci", franchement plus manichéen, on retrouve une très habile mise en abîme de scènes naïves de la Passion rappelant le temps de Pâques, - anges y compris - …alors que les pittoresques processions mariales du 15 août que l'on a pu admirer dans le premier opéra devraient battre leur plein devant la salle des fêtes où se jouera le drame à 23 heures… Le personnage de Canio (Carlo Ventre) très attendu et brillant dans son « Recitar ! - Vesti la giubba », impressionne tandis que le jeune couple Nedda-Silvio, joue l’amour innocent, léger et bucolique. On est franchement gâtés par les duos de Simona Mihai et de Gabriele Nani. Et Tonio (Scott Hendricks) s’avère bien lourd, harcelant et écœurant, après un prologue pourtant très "matter-of-fact" ... mais cela, c’est sans doute la faute au vérisme!

https://www.lamonnaie.be/fr/program/427-cavalleria-rusticana-pagliacci
Peut-on danser avec le temps
Et si oui, pour combien de temps?
Conserver cette lumière
Qui tient debout, nous garde fiers!
Peut-on penser sans se tromper
Qu'avec la vie on doit jouer
Et que tenir les yeux ouverts
Nous aide à trouver nos repères?
Quand de la nuit, si bien tapies
Surgissent d'un coup les insomnies
Se réjouir de temps gagné
Pour qu'aboutissent nos pensées.
Jouir de l'instant immobile
Où tout devient bien plus subtil
Et puis rêver tout éveillé!
Peut-on ainsi vision gardé?
C'est un défi à la jeunesse
Pour qu'enfin le monde progresse...
J.G.
"Les grands-pères sont les maîtres, les véritables philosophes de tout être humain, ils ouvrent toujours en grand le rideau que les autres ferment continuellement. [...] Les grands-pères placent la tête de leur petit-fils là où il y a au moins quelque chose d'intéressant à voir, bien que ce ne soit pas toujours quelque chose d'élémentaire, et, par cette attention continuelle à l'essentiel qui leur est propre, ils nous affranchissent de la médiocrité désespérante dans laquelle, sans les grands-pères, indubitablement nous mourrions bientôt d'asphyxie." (Thomas Bernhard, Un enfant, trad. Albert Kohn, p.26, Folio n° 2542)
En regardant ce film et en écoutant la voix de Prévert, je pense à mon grand-père paternel, gazé à Verdun, blessé aux Dardanelles, militant SFIO tendance Blum, qui a participé activement aux grèves de 36, qui a travaillé toute sa vie chez Citroën. Quand je pense à lui, je pense au tire d'un roman de Maurice Blanchot : "Le dernier homme".
On lui a généreusement octroyé une médaille du travail à la fin. Il n'avait jamais eu de quoi s' acheter son appartement (un deux pièces rue des Prouvaires au 5ème sans ascenseur).
Tout le monde s'en fout, mais pas moi. Je me souviens. Merci Monsieur Prévert !
Et maintenant, les ouvriers, les artisans, le petit peuple, on les chasse vers la banlieue. On appelle ça d'un joli nom bien prétentieux, bien niais, la "gentrification", comme tout le quartier des Halles et les anciens quartiers populaires qui faisaient le "brassage social" et tout le charme de Paris...
On les chasse, façon de parler. Pas de rafles, de déportations massives comme en 42. Non, tout se fait en douceur, avec l'argent, entre gens "raisonnables". Un beau jour, on fait ses comptes et on s'aperçoit qu'on n'a plus les moyens, surtout qu'entre temps les loyers ont monté et on cède l'appartement à un bobo de la nouvelle Gauche.
Et on ne comprend pas pourquoi je suis de l'ancienne et pourquoi j'ai fait Mai 68 dont on va fêter cette année le 50ème anniversaire. Quelle dérision ! Comme d'habitude Daniel Cohn Bendit, "l'european young leader", va parler à la place des camarades suicidés...
Un "has been" qui n'a pas su y faire, alors que tout le monde maintenant est "En Marche"... En marche vers quoi ?
Nous étions au bord du gouffre, mais Dieu merci, nous sommes en marche et nous avons fait un grand pas en avant !
Fonds de pension, spéculation, profits, dette souveraine, surendettement des ménages, crise, austérité, chômage structurel, délocalisations, gouvernance européenne, réchauffement climatique, disparition des espèces animales... Mettons-nous bien ça dans la tête : "le capitalisme mondialisé est l'horizon indépassable de notre époque."
La voix de Jacques Prévert a parlé en moi. Merci Monsieur Prévert !... Même si ça ne sert à rien, même si ça continue comme avant, même si, comme dit le Prince Salina dans Le Guépard, "pour que rien ne change, il faut que tout ait l'air de changer".
Et tant pis si tout le monde s'en fout !
En mémoire de ce qui fut…
La machine à coudre Singer, les clafoutis aux cerises de ma grand-mère, les bouquets de violettes, les poinçonneuses du métro, les marrons brûlants dans les cornets de papier journal, les bouchers couverts de sang, les hirondelles à bicyclette : pèlerines bleues et bâtons blancs… Le chien qui fume, le chat Lucifer qui n’était pas gentil, mais que j’aimais bien quand même, les enfants de Montmartre, l’odeur des vieux escaliers, la plainte de l’accordéon, les chansons d’Edith Piaf, les clowns du cirque d’Hiver, le Guignol du jardin du Luxembourg, les bateaux de la fontaine des Tuileries, les chevaux de bois du manège, les apéritifs Dubonnet, les Tractions Citroën, les autobus à pont, Notre-Dame de Paris…
Rue des Halles, rue des Lavandières-Sainte-Opportune, rue de la Ferronnerie, rue Saint-Honoré, rue de la Lingerie, rue de la Poterie, rue des Bourdonnais, rue au Lard, rue Pierre-Lescot, rue Vauvilliers, rue Montorgueil, rue Rambuteau, rue de la Réale, rue Pirouette, rue Mondétour, rue de la Parcheminerie, rue de la Grande-Truanderie...
Sur les bords de la Seine, le long des échoppes ombragées des bouquinistes, sous la vieille horloge de Saint-Germain l’Auxerrois, sous les arcades de la rue de Rivoli, dans la cour mal pavé des rois, dans le frais silence de Saint-Eustache où repose la mère de Mozart, sous les poutrelles des halles de Baltard, parmi les cris joyeux des marchands de légumes, rue Berger, rue du Roule, rue des Prouvaires…Sur le vieux Pont-Neuf où Molière enfants découvrit la commedia dell’arte.
Et derrière les façades obscures, toutes les joies et tous les malheurs du monde.
J’ai dix ans, je me promène avec mon grand-père dans le Paris d’autrefois. Il me tient par la main.
Je me souviens et je voudrais casser les portes de la mort.
En regardant ce film et en écoutant la voix de Prévert, je pense à mon grand-père paternel, gazé à Verdun, blessé aux Dardanelles, militant SFIO tendance Blum, qui a participé activement aux grèves de 36, qui a travaillé toute sa vie chez Citroën. Quand je pense à lui, je pense au tire d'un roman de Maurice Blanchot : "Le dernier homme".
On lui a généreusement octroyé une médaille du travail à la fin. Il n'avait jamais eu de quoi s' acheter son appartement (un deux pièces rue des Prouvaires au 5ème sans ascenseur).
Tout le monde s'en fout, mais pas moi. Je me souviens. Merci Monsieur Prévert !
Et maintenant, les ouvriers, les artisans, le petit peuple, on les chasse vers la banlieue. On appelle ça d'un joli nom bien prétentieux, bien niais, la "gentrification", comme tout le quartier des Halles et les anciens quartiers populaires qui faisaient le "brassage social" et tout le charme de Paris...
On les chasse, façon de parler. Pas de rafles, de déportations massives comme en 42. Non, tout se fait en douceur, avec l'argent, entre gens "raisonnables". Un beau jour, on fait ses comptes et on s'aperçoit qu'on n'a plus les moyens, surtout qu'entre temps les loyers ont monté et on cède l'appartement à un bobo de la nouvelle Gauche.
Et on ne comprend pas pourquoi je suis de l'ancienne et pourquoi j'ai fait Mai 68 dont on va fêter cette année le 50ème anniversaire. Quelle dérision ! Comme d'habitude Daniel Cohn Bendit, "l'european young leader", va parler à la place des camarades suicidés...
Un "has been" qui n'a pas su y faire, alors que tout le monde maintenant est "En Marche"... En marche vers quoi ?
Nous étions au bord du gouffre, mais Dieu merci, nous sommes en marche et nous avons fait un grand pas en avant !
Fonds de pension, spéculation, profits, dette souveraine, surendettement des ménages, crise, austérité, chômage structurel, délocalisations, gouvernance européenne, réchauffement climatique, disparition des espèces animales... Mettons-nous bien ça dans la tête : "le capitalisme mondialisé est l'horizon indépassable de notre époque."
La voix de Jacques Prévert a parlé en moi. Merci Monsieur Prévert !... Même si ça ne sert à rien, même si ça continue comme avant, même si, comme dit le Prince Salina dans Le Guépard, "pour que rien ne change, il faut que tout ait l'air de changer".
Et tant pis si tout le monde s'en fout !
En mémoire de ce qui fut…
La machine à coudre Singer, les clafoutis aux cerises de ma grand-mère, les bouquets de violettes, les poinçonneuses du métro, les marrons brûlants dans les cornets de papier journal, les bouchers couverts de sang, les hirondelles à bicyclette : pèlerines bleues et bâtons blancs… Le chien qui fume, le chat Lucifer qui n’était pas gentil, mais que j’aimais bien quand même, les enfants de Montmartre, l’odeur des vieux escaliers, la plainte de l’accordéon, les chansons d’Edith Piaf, les clowns du cirque d’Hiver, le Guignol du jardin du Luxembourg, les bateaux de la fontaine des Tuileries, les chevaux de bois du manège, les apéritifs Dubonnet, les Tractions Citroën, les autobus à pont, Notre-Dame de Paris…
Rue des Halles, rue des Lavandières-Sainte-Opportune, rue de la Ferronnerie, rue Saint-Honoré, rue de la Lingerie, rue de la Poterie, rue des Bourdonnais, rue au Lard, rue Pierre-Lescot, rue Vauvilliers, rue Montorgueil, rue Rambuteau, rue de la Réale, rue Pirouette, rue Mondétour, rue de la Parcheminerie, rue de la Grande-Truanderie...
Sur les bords de la Seine, le long des échoppes ombragées des bouquinistes, sous la vieille horloge de Saint-Germain l’Auxerrois, sous les arcades de la rue de Rivoli, dans la cour mal pavé des rois, dans le frais silence de Saint-Eustache où repose la mère de Mozart, sous les poutrelles des halles de Baltard, parmi les cris joyeux des marchands de légumes, rue Berger, rue du Roule, rue des Prouvaires…Sur le vieux Pont-Neuf où Molière enfants découvrit la commedia dell’arte.
Et derrière les façades obscures, toutes les joies et tous les malheurs du monde.
J’ai dix ans, je me promène avec mon grand-père dans le Paris d’autrefois. Il me tient par la main.
Je me souviens et je voudrais casser les portes de la mort.
A deux pas du huit mars, nous avons eu la chance d’assister dimanche à un ravissant concert 100% féminin, à part le tourneur de pages : Jean-Pierre Moemaers, ancien professeur d'accompagnement d’Eliane Reyes.
Nous sommes dans le cadre des « salons de la mélodie » à la chapelle de Boondael. Ce salon musical a été créé par Jean-Pierre Moemaers et Sébastien Romignon Ercolini dans le but de faire revivre à Ixelles le temps où des hommes et femmes de lettres et mélomanes éclairés, recevaient chez eux en privé au cœur de leur salon, les artistes du moment, leur permettant ainsi de faire découvrir à leurs amis les beautés connues ou méconnues du répertoire intemporel de la mélodie et du Lied. «Les salons de la mélodie» permettent à un public moderne toujours plus enthousiaste de venir apprécier ces intimes instants si précieux de la musique de chambre.
Une clé magique pour entrer dans l’univers musical proposé cette après-midi a été la fameuse Fantaisie en Ré mineur de W.A.Mozart joué avec une intensité et une tendresse sans borne par Eliane Reyes, qui nous a mis les larmes aux yeux. Tour à tour soliste (Brahms, Chopin) et accompagnatrice de choix de la soprano Cécile Lastchenko, elle et se donne au public avec ardeur et s'efface devant la chanteuse dont la voix sonne à la perfection et dont la diction irréprochable, quelle que soit la langue, reste toujours claire et bien articulée. Cécile Lastchenko, cette jeune artiste pleinement chaleureuse, débordante d’énergie, irradie la joie de la musique de façon lumineuse et engagée. On l'a vu hypnotiser un public ébloui, dans la production très remarquée à l’Opéra de Liège de « La favorite » et aussi lors de ce concert de prestige du 7 décembre dernier à Flagey, assuré par des jeunes chanteurs de la Chapelle Musicale Reine Élisabeth . Accompagnés par l’Orchestre de l’Opéra royal de Wallonie, les artistes proposaient un concert autour des duos qui ont façonné l’histoire de l’Opéra. La soprano Cécile Lastchenko fut déjà très remarquée. Elle vient maintenant d’être sélectionnée ainsi que 5 autres artistes de la Chapelle parmi 312 candidats de 22 nationalités différentes comme candidate au Concours Reine Elisabeth, dont la première épreuve aura lieu le 1 et 2 mai prochains à Flagey.
Charme et Féminité
Dans le concert donné cette après-midi où l’émotion était à fleur de peau, sa voix d’une superbe maturité a mobilisé une incroyable palette des sentiments dans une maîtrise de la théâtralité très bien menée et à travers un programme très éclectique.
MOZART – Fantaisie en Ré mineur
RAVEL – Shéhérazade ‘« Flûte enchantée »
BRAHMS – Intermezzo op. 118 N°2
CHOPIN – Fantaisie impromptue
Son tempérament dramatique manie aussi bien le sarcasme que le désir romantique, la douleur et le désespoir, que la satire et le surréalisme. Mais avant tout, elle ne cesse de faire preuve de profondeur, elle touche la fibre la plus intime, berce l’imagination, se doublant d’une bienfaisante conteuse pleine d’humour. La générosité est d’ailleurs un point de fusion musicale entre les deux femmes : la pianiste Eliane Reyes l’accompagne en effet avec un mélange de discrétion et de connivence affirmée. Élans maternels fusionnés, entre voix et clavier ? Ensemble elles semblent vouloir diffuser la force de l’instinct de vie, le choix lumineux que l’on peut faire de celui-ci, en opposition avec le monde parfois désincarné et surréaliste qui nous entoure. Toutes deux représentent la force de l’espoir et de la transmission, la foi en l’humanité jamais abandonnée. Ensemble, elles incarnent un rêve de paix et de désarmante compassion à travers une resplendissante… féminité.
http://www.lessalonsdelamelodie.com/Avec le soutien de Mme Dominique Dufourny, Bourgmestre; Yves de Jonghe d'Ardoye, Député honoraire - Échevin de la Culture et des membres du Collège des Bourgmestre et Échevins d'Ixelles http://www.eliane-reyes.com/agenda/
La Cinquième saison de la « Balade Musicale à Rixensart » va s’achever le jeudi 22 mars avec un « Concert Mozart » donné à l’église de Saint Sixte à Genval avec l’orchestre Piacevole sous la direction de Luc Dewez, avec la pianiste Anaïs Cassier et la soprano Laura Telly Cambier. L’an dernier, la quatrième saison de la Balade Musicale se clôturait en apothéose avec le Requiem de Fauré dirigé avec brillance par Ayrton Desimpelaere, depuis deux ans Chef-assistant, à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, Chef D'orchestre à l’ IMEP Institut Supérieur de Musique et de Pédagogie et au Namur Chamber Orchestra. Il est appelé à une brillante carrière. La 6e saison est en préparation et promet d’être tout aussi chatoyante.
Revenons à cette belle soirée du 1er mars 2018 qui accueillait Florian Noack au piano pour « Air avec trente variations » BW988 « Variations Goldberg » de Jean-Sébastien Bach (1685-1750).
Cette œuvre phare de Jean-Sébastien Bach est un réel défi dans le parcours d’un jeune musicien, même le plus aguerri. Dans cette œuvre, il ne s’agit pas de vouloir s’affirmer en tant que virtuose et interprète de sentiments romantiques, de narration musicale pittoresque ou de construction fantastique ou dramatique. Il s’agit avec Bach de se mettre intégralement dans un état d’empathie et d’écoute de l’œuvre, percevoir ce qu’elle communique et essayer de le transmettre. Il faut pour cela une immense dose de concentration tant pour l’appropriation de la construction contrapuntique que pour la mise en chantier de chaque variation qui part et revient au même point, chaque variation correspondant à une mesure de l’aria. Le cycle se termine par une réitération de l’aria laissant penser que tout peut recommencer. Le pianiste doit être un trait d’union entre le compositeur et l’œuvre.

L’œuvre au départ conçue pour clavecin utilisait deux claviers. Au piano c’est d’une rare complexité que d’arriver à fondre les deux en un. Ainsi Florian Noack a préparé ce concert avec le plus grand soin et c’est la première fois qu’il le présente devant un public. Il a pris le temps de méditation nécessaire pour se nourrir de l’œuvre magistrale. Il explique d’ailleurs que chaque note, chaque nouvelle phrase se nourrit de la précédente, comme dans une édification vivante d’un mystérieux système qui advient minute après minute, sous ses doigts de virtuose. Tout est lien et enchaînement, de la caresse des premières pages de la partition, à l’énergie dévorante, sans cesse renouvelée et aux sublimes moments d’apaisement. Ce sont les frissons de l’âme qui interagissent et fabriquent la matière musicale. Fermeté, souplesse, le charme inné et non fabriqué de l’artiste se complètent avec bonheur. L’exécution est parcourue de courtes respirations pour que la musique puisse reprendre son envol. Brillante dynamique : les mains se croisent et se décroisent à l’endroit, à l’envers dans un tricotage passionné, habité. Avoir la chance d’être au premier rang dans cette église accueillante donne une proximité inespérée avec le pianiste qui semble palper chaque note avec empressement passionné. Et pourtant le visage ne trahit qu’une intense concentration, seul le corps et le jeu discret de pédales indique les fluctuations de la prestation. Chaque page tournée amène un lot de climats et de couleurs différentes par moment la surprise de notes syncopées, de trilles vaillantes parmi un bouquet de sonorités pleines. Voici un sablier musical beau et éphémère qui n’est pas sans rappeler les vanités des peintres du 17e siècle.
Il y a par moments la rencontre de l’énergie lumineuse, les sourdines, l’intimité des ralentis, une innocence d’âge d’or. Would this soothe your pains ? C’est pleinement méditatif et transparent. Puis revient l’approche bouillonnante, les notes fortement piquées, la volubilité, les tempi accélérés, le toucher moelleux de l’homme envoûté par la partition. Tour à tour on perçoit la recherche, l’offrande, la libéralité. On atteint la nudité de l’essentiel, une élégance de cœur rassasié et un sourire intérieur, éloge de la confiance dans le rapport extra - ordinaire à l’Autre. L’épanchement de Joie où notes de cœur et de tête se confondent, finit par construire une exaltation partagée, dénuée de toute théâtralité, mais visionnaire de notre condition humaine. Il est évident que ce jeune musicien a su se laisse traverser par le génie surhumain de Jean-Sébastien Bach.
Un double bis bouleversant est offert...
À monsieur Robert Paul
Conduite au temple des poètes,
Conviée à les célébrer,
Je m'étais certes préparée
À une somptueuse fête.
Ce lieu, qui m'est familier,
Ne semble pas toujours le même.
J'y retrouve tous ceux que j'aime,
Leur serai à jamais liée.
Ce jour surgit dans la brillance
Un inconnu plein de ferveur.
Je ressentis un coup de coeur
Fascinée par son élégance.
Quatre qui pleurent, quatre qui rient,
D'une structure harmonieuse,
Huit chansons sages, délicieuses.
Mise en gaieté, j'ai applaudi.
7 mars 2018
LE ROI PERCHE est un drame historique en 3 actes, librement inspiré de la vie de Louis II de Bavière écrit par Olivier Schmidt
Les PERSONNAGES:
LUDWIG
Connu sous le nom de Louis II de Bavière
RICHARD WAGNER
Compositeur
ELISABETH « SISSI »
Impératrice d’Autriche
SOPHIE CHARLOTTE DE BAVIERE
Première épouse de Ludwig
RICHARD HORNIG
Ecuyer et amant de Ludwig
BERNHARD VON GUDDEN
Psychiatre
MARIE DE HOZENZOLLERN
Mère de Ludwig
OTTO
Frère de Ludwig
Et LES AMANTS DE LUDWIG , Page… Ecuyer…
« Ludwig » :
Spectacle éligible aux P'tits Molières 2018 joué à la Clarencière
Les vendredi 2 et samedi 3 mars 2018 à 20h30
Regarder:
Un fils rebelle à l’emprise d’une mère castratrice ? Un homme faible et enfermé dans ses chimères? Un jeune homme lunaire, exalté et romantique dont on contrarie les pulsions « malsaines » vis-à-vis de ses nombreux écuyers et que l’on veut faire épouser par une cousine, …à effet thérapeutique ? Louis Il de Bavière fut surnommé le roi perché pour le nombre de ses châteaux fantastiques exaltant l'éthique de la chevalerie médiévale et le génie de la France du Grand Siècle. Inspiré par les travaux de Violette le Duc, Louis II fit construire de superbes châteaux de style romantique flamboyant dont le plus célèbre est le Neuschwanstein. Il sauva de la faillite Richard Wagner, avec qui il éprouvait en plus de l’admiration sans bornes, une attirance sexuelle non déguisée, mais à sens unique, selon ce que nous raconte Olivier Schmidt, l’écrivain et le metteur en scène. Victime de son homosexualité le révulsait et défrayait la chronique. Mécène du musicien visionnaire, il dépensa des sommes démesurées pour lui, finançant, contre l’avis du conseil d’état, la construction du Palais des festivals de Bayreuth. Il imposa l’œuvre de Wagner mais fut finalement contraint de l’exiler en raison de son comportement totalement intéressé. Il fut aussi l'étrange confident et protégé de sa belle cousine, la célèbre Sissi, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, la seule qui échappa à sa solitude, sa misanthropie et sa misogynie chroniques. Il guerroya néanmoins pour défendre l'identité de son royaume, au sein de l'Empire allemand. Accablé par l'effondrement français en 1870, il se réfugia dans ses montagnes, construisant ses fascinants palais de légendes et s'isolant dans un monde que personne ne pourrait atteindre ni détruire… Comme le héros wagnérien, Tannhäuser, Louis II était à la recherche de l'impossible rédemption. Destitué pour " aliénation mentale » et enfermé au château de Berg, il trouva la mort, à l'âge de quarante et un ans, dans le lac de Starnberg dans des circonstances énigmatiques. Accident? Suicide? Assassinat?
Ecouter:
Sur le plateau tourbillonnent seulement cinq comédiens, que l’on croirait bien plus nombreux, tant le rythme des entrées et des sorties et des jeux de miroir de l’histoire est intense. Ils jouent une bonne dizaine de personnages historiques… les costumes uniquement noir et blanc au début sont rutilants, le charme des deux comédiennes, une souvenir de Romy Schneider. Et tous sont taillés dans la beauté, sombre, sauvage, lisse ou élastique d’êtres en pleine exaltation. Ils projettent leurs répliques à la diction parfaite avec une splendide justesse de ton: Julien Hammer, Rafael Vanister, Charlotte Moineau, Séverine Wolff, Olivier Schmidt manient la palette théâtrale des mouvements avec une aisance tout aussi parfaite, malgré … ou à cause peut-être de l’exiguïté des lieux. La mise en scène se doit d’être millimétrée. On a droit à un concentré de pureté d’expression comme si le jeu théâtral devenait l’objet d’une mystérieuse alchimie. Le texte, écrit un peu à la manière de Jean Teulé est bourré de vivacité, de surprises, de belles phrases bien balancées ; on tombe très rapidement amoureux, non des pulsions avérées du roi « fou » mais de cette langue belle et rythmée qui fouille les tréfonds de l’âme, et de la construction de l'intrigue tendue et en forme de crescendo infernal et inéluctable.
Méditer:
Les thèmes développés nous concernent et nous touchent au plus près, qu’il s’agisse de l'intégrité de la personne, de liberté, de tolérance et de respect de l’autre pour un être « borderline » comme l’était Louis II de Bavière ou qu'il s'agisse de la quête du bonheur versus les contraintes d’une société avide de formatage, ... Et de la Mort, bien sûr. En un mot : c’est émouvant et brillant, à tout point de vue!
apprécier:
https://www.theatrelacroiseedeschemins.com/ludwig
voyager:
http://www.liberation.fr/voyages/2014/08/01/louis-ii-le-roi-perche_1074218
À Alain
Quand j'offre un poème au hasard,
Certes il attire des regards.
Des promeneurs, à l'âme tendre,
Ressentent l'envie de l'entendre.
S'ils ont eu plaisir à le lire,
N'ont pas besoin de me le dire.
Ils reviennent sur le lieu,
Intéressés et curieux.
Ne s'égarent pas mes offrandes
Où l'insécurité est grande.
Je les dirige en des endroits
Fréquentés et sûrs à la fois.
N'attendais pas de récompense.
Lors ma surprise fut immense:
J'ai des visiteurs assidus!
Me sens comblée, bien entendu.
5 mars 2018
A travers le grésil,
j’aurais attrapé toutes sortes de formes.
Chutes d’eau et averses.
Comment, le sais-tu, tout cela deviendra immortel ?
Un blanc étonnant. Ta silhouette est en mouvement.
Des nuages s’évaporent doucement
sur les collines.
Sur une route de pierres bordée de jonquilles.
Tu te souviens.
Elle passe ses mains dans les hautes herbes.
Je t’imagine et autour de toi les plantes s’animent.
Elles répondent à tes paroles et à ta voix.
Puis s’ensuit un règne de silence.
Julien Boulier le 03 mars 2018
poème déposé Sacem code oeuvre 3435404711
Rue des souvenirs.
Ces gestes qui participent
de la géographie des lieux.
Tu t’en souviens,
Nous en avions parlé
Au détour d’un chemin,
Le long de cette rivière
où quelquefois
Nous aimons marcher.
Géographie du futur.
Ces lieux
où nous aimons marcher.
De Julien Boulier le 05 mars 2018
poème déposé Sacem code oeuvre 3435459211
De jolis mots tout ronds
Délivrés d'amertume
Qui font comme un ronron
Un bruissement de plume...
Les mots que l'on murmure
A l'abri des regards
Quand les journées sont pures
Au gré de nos hasards.
Et les mots qui se meurent
Aux instants de colère
Et qui du fond d'la nuit
Tout à coup se libèrent!
De bien beaux mots brillants
Au détour de nos larmes
Qui créent au firmament
Un tableau qui se voile...
Les mots qui me reviennent
Par un doux soir d'été
Lorsque je me sens tienne
Que l'air devient léger.
Et les mots qui piaffent
Au bord de nos délires
Auxquels il faut faire gaffe
Car gonflés de désirs!
Les jolis mots rêvés
Qu'on retrouve au matin
Lorsque l'on s'est aimé
Et que l'on se sent bien...
Les mots qui aident à vivre
Au creux de solitude
Lorsque l'on se sent ivre
Au bout des certitudes.
Les mots que je vous dis
Dans un balbutiement
Lorsque je vous chéri
Les cheveux dans le vent!
Les mots qui sont sans fin
Quand dans la tête résonnent
Et que l'on a très faim
D'un amour qui se donne...
Les mots qui se sont tus
Un jour plein de détresse
Lorsque l'on a perdu
L'objet de nos caresses.
Les mots que l'on écrit
Pour n'oublier jamais
Qu'il nous faut dire Merci
A l'aube quand elle renait...
J.G.
Sales, obscurs dans le noir, ce sont nos enfants.
Ils dorment à même le trottoir à tout vents,
Sous des cartons, leur maison, imaginons-nous
Devenus ce qu’ils sont, ce qu’ils pensent de nous…
Ces hommes bouffis de froid, même des femmes,
Honte suprême, des femmes dehors sans lit !
Et pour taire l’impatience de ce drame
Une boisson chaude au regard qui sourit !
Ils n’ont pas voulu ceux-là, c’est leur punition,
Pas voulu apprendre, se plier, marcher droit,
Faire comme les autres, aller au cinéma,
Mais défier le monde et soûler leur condition.
Ils n’ont pas voulu et toujours sans le vouloir,
Peu leur importe si, sales, obscurs dans le noir
Seront trouvés leurs cous raidis indifférents,
A l’aube quand poindra la rosée du printemps.
Cette fois, c’est parti… Le Marathon littéraire, saison 2018, est sur les starting-blocks. Au moment où vous lirez cette rubrique, les portes de la Foire du Livre de Bruxelles se seront refermées. J’imagine que l’évènement restera marqué dans ma mémoire puisqu’une rencontre est prévue avec les papes du fantastique « Frederick Lyvens » et son cicérone « Graham Masterton », brrr, préparons-nous à trembler.
Si le 3 et 4 mars prochain vous désirez célébrer « Les femmes », vous pourrez me retrouver au Salon « Elles se livrent » ou j’aurai le plaisir d’interviewer en public quelques auteurs de chez nous. Et pour l’occasion, si vous veniez à Braine-l'Alleud, vous y serez agréablement reçu. De grandes plumes seront présentes et accessibles en toute simplicité. L'évènement vous plongera au cœur du thème de l’année : La Namibie. J’y serai présent avec le studio RCF.
Si vous passez me voir, vous recevrez peut-être l’un de nos cadeaux en vous présentant avec cet article.
Sans reprendre notre souffle, un bon de 1200 kilomètres vers le sud de la France. Souvenez-vous, en 2017 les auteurs belges s’étaient remarqués au Salon International du livre de Mazamet. Six écrivains en provenance de notre terroir avaient fait le déplacement et Patricia Fontaine se voyait couronnée par le Prix Roman tandis que Perrine Peeters était nominée au même prix. J’avoue qu’en qualité de témoin de l’évènement j’en avais été particulièrement ému et, disons-le sans détour, fier des plumes de nos régions. En 2019, si mes renseignements sont exacts, la Belgique sera à nouveau joliment représentée et d’après mes sources, leurs écrits ne sont pas passés inaperçus… Surprise, je vous réserve la primeur du palmarès 2018 puisque j'y serai présent comme dans de nombreuses manifestations littéraires.
Petit saut sur Carcassonne pour rejoindre les estivales de Malepere. L’évènement se déroule sur une semaine, invitant conférenciers et scientifiques à présenter les fondements de la science. L’humain y retrouve sa place, et comme attendu, les sciences humaines font partie des débats. Une semaine enivrante pour l’esprit et clôturée par un Salon du Livre des plus intéressants.
Les incontournables que je me permettrai de vous citer dans le désordre. Montcuq en Quercy, qui côtoie le marché du dimanche organisé par l’artiste Stéphane Ternoise. Rocamadour et sa "Truffière aux livres" que je vous recommande chaleureusement en vous invitant à y inclure une journée touristique pour visiter la cité.
Le Salon du livre de Rocamadour se déroule en plein air, sous les chênes, généralement le premier dimanche de septembre. C’est chaleureux et l’ombre de la cité médiévale offre un cachet unique en son genre. J’aime ce Salon, je l’aime pour la simplicité des organisateurs et ce « je ne sais quoi » qui ouvre les portes à des rencontres inattendues.
Mon Dieu, j’allais oublier le coup de cœur, le Salon du livre de Buzet sur Baïse… Coup de cœur ? Oui certainement, car, pour sa première édition en 2017, les organisateurs se sont permis de mélanger les genres en offrant deux soirées cinématographiques suivies chaque fois par un débat. C’était l’occasion de saluer Joseph JOFFO et l’incontournable Chantal Figuera Levy.
Je ne vous essoufflerai pas en citant toutes les manifestations littéraires dans lesquelles nous serons présents. Départ depuis la Belgique, arrêt sur la France, petit bon vers Genève pour revenir en France, participer au Salon de la Province qui se déroule à Genval avant de clôturer l’année par Charleroi et enfin Mon’s Livre que je salue et qui porte mon admiration. Le Canada ? Hm hm, c’est encore un secret et bientôt, pourquoi pas, petit détour par l’Afrique.
Un Marathon, je vous l’avais bien écrit, mais en votre compagnie, ce n’est que du bonheur.