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La feuille, diras-tu, brillait sous la lumière.

 

Aujourd’hui, c’est la pluie qui répond.

 

Nulle floraison encore. Juste comme un rêve.

 

De l’aurore qui boit son visage. L’éclosion de la fleur.

 

Ton souffle avec toute la musique des mots.

 

Allons, continuons nos routes et nos découvertes.

 

La terre et ses giboulées. Toujours marchons.

 

Alors le soleil, l’océan, leurs forces et leurs coups de vent.

 

Appelons-les de nos vœux.

 

Nature, prépare tes couleurs, tes nuances et tes contrastes.

 

Voici le temps venu de récolter tes saveurs.

 

Julien Boulier   le 12 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3435731111 

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administrateur théâtres


Ce « Double bill » comme on l’appelle à New-York, surnommé "CavPag"  par certains spécialistes,  est une nouvelle perle  au diadème du répertoire de la Monnaie. Il présente donc deux opéras  "Cavalleria rusticana" et "Pagliacci"  écrits par deux compositeurs italiens différents et  qui se connaissaient à peine mais dont la parenté littéraire est évidente.  Héritières de Verdi,  les deux  œuvres  qui traitent le même thème, se trouvent aujourd’hui liées pour l’éternité dans l’histoire de l’opéra et annoncent déjà Puccini.  Le drame en un acte de Verga « Cavalleria rusticana »,   a inspiré Mascagni et  a permis au souffle vériste de se propager dans le monde de l'art lyrique. La première de l'œuvre eut lieu à Rome en 1890 et  aété pendant deux décennies, la figure de proue de l'opéra italien. « Pagliacci » l’opéra en deux actes de Ruggero Leoncavallo, fut créé le 21 mai 1892 au Teatro Dal Verme à Milan.

A la fin du XIXe,  Pietro Mascagni et Ruggiero Leoncavallo sont les deux porte-étendards  du mouvement vériste qui se greffe sur  l'œuvre littéraire d'Émile Zola (1840-1902)  illustrant  par le nouveau genre de  ses romans réalistes,  la vie  précaire réservée aux couches modestes de la société et aux opprimés.  Ces  deux opéras véristes parlent un langage ordinaire, vivent  humblement par opposition aux figures sublimes qui peuplent les opéras italiens classiques  et mettent en scène des personnages de la vie de tous les jours, aux comportements peu  édifiant et aux réactions spontanées parfois très dévastatrices. En n’excluant pas la violence domestique…et le meurtre passionnel.

Cavalleria rusticana 

 Veristissimo bouleversant ! Tragique destin de deux tranches de vie dépeignant l’amour entre  simples gens du peuple qui,  hantés  par la jalousie,  ne voient comme issue, que la mort.   Mais avant cela, que d’intensité dans l’exposition des deux mélodrames aux contours hyper réalistes! 

Cavalleria rusticana

Créativité intense dans la recherche du sens : la mise en scène de Damiano Michieletto est très adroite  car elle réussit à imbriquer les deux œuvres l’une dans l’autre, en travaillant notamment  sur  des incursions des personnages d’un drame  vers l’autre.  On peut observer soit des signes annonciateurs,  soit des  flashbacks émouvants qui font référence à  l'histoire d'à côté…  En effet Silvio et Nedda apparaissent dans l’intermezzo de la première histoire, tandis que  Santuzza  se retrouve dans les bras de Mamma Lucia dans  la deuxième.  La force  destructive de la jalousie est le point commun des deux œuvres et la confusion entre réalité et fiction est clairement le pivot de «  Pagliacci ». Quant à la jalousie, n’est-elle pas  elle aussi le fruit toxique d’un imaginaire qui prend ses doutes et ses craintes pour de la réalité? Pour couronner le tout, le temps de Pâques et  de l’Assomption se font la révérence, abolissant le temps  et le délires humains, en un clin d’œil farceur…

Cavalleria rusticana

 Créativité intense dans la recherche de l’esthétique : le plateau tournant permet l’utilisation de différents lieux du drame, en variant la profondeur de l’approche, comme une caméra de cinéma italien des années 50. Les moments « d’entre-deux » où l’on peut contempler en même temps la scène qui s’éloigne et  la suivante qui  est en train de surgir  se parent d’émotion presque métaphysique,  car  le spectateur cesse brutalement  de  participer directement  au drame pour accéder à une approche omniscient de l’action.  Esthétiquement, les différents moments de chaque tableau pourraient  chacun constituer des  tableaux très plastiques de la vie simple des petites gens. Pour exemple ces images captant la vie qui palpite dans l’atelier de pâtisserie où la pâte  généreuse se pétrit, la farine vole et les fours s’allument   et celle qui frémit dans la loge de théâtre et dans la salle de spectacles de "Pagliacci".  Les décors, c’est du Hopper live ! ...On est comblé. De très beaux mouvements de foule contribuent aussi  à lisser  le dénominateur commun des deux actions et de fondre  les deux œuvres l’une dans l’autre. 

Cavalleria-Rusticana-400x215.jpg

Interprétation primordiale : Dans ce genre d’opéra, en dehors des couleurs totalement pittoresques portées par un orchestre sous la baguette narrative d' Evelino Pido, l’interprétation est primordiale et le défi de chanter, jouer et convaincre est pleinement réussi dans cette extraordinaire  production de la Monnaie.   Pour les voix, nous avons été bouleversés par Mamma Lucia, plus vraie que tout, d'une cuisante d’humanité, incarnée à la perfection par Elena Zilio. Chacune de ses paroles, chacun de ses gestes pèse un million  d’affects et de justesse de sentiments. La jeune excommuniée, Santuzza (Eva-Maria Westbroek) aux abois est en tout point plus vraie que nature…et surtout stupéfiante dans ses côtés sombres. Elle est très convaincante aussi  dans ses échanges désespérés avec Turridu (Teodor Ilincai)   qui brandit de  très beaux vibratos. Le ténor projette avec éclat le machisme made in Italy et une violence qui n’a rien de larvé.  L’immense Sylvio, symbole du pouvoir et de la frime est joué par un formidable Dimitri Platanias, baryton plein de panache qui s’alimente  au monstre aux yeux verts de Shakespeare, mais n’aura jamais l’occasion de regretter son geste.

Pagliacci

Dans "Pagliacci", franchement plus manichéen, on retrouve une  très habile mise en abîme de scènes naïves de la Passion rappelant le temps de Pâques,  -  anges y compris - …alors  que les pittoresques processions mariales du 15 août que l'on a pu admirer dans le premier opéra devraient battre leur plein devant la salle des fêtes où se jouera le drame à 23 heures… Le personnage de Canio (Carlo Ventre) très attendu  et brillant dans son « Recitar ! - Vesti la giubba », impressionne tandis que le jeune couple Nedda-Silvio, joue l’amour innocent,  léger et bucolique. On est  franchement gâtés par les duos  de Simona Mihai et de Gabriele NaniEt Tonio (Scott Hendricks) s’avère bien  lourd, harcelant et écœurant, après un prologue pourtant très  "matter-of-fact" ... mais cela, c’est sans doute la faute au vérisme!  

Pagliacci

https://www.lamonnaie.be/fr/program/427-cavalleria-rusticana-pagliacci

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PEUT-ON?

Peut-on danser avec le temps

Et si oui, pour combien de temps?

Conserver cette lumière

Qui tient debout, nous garde fiers!

Peut-on penser sans se tromper

Qu'avec la vie on doit jouer

Et que tenir les yeux ouverts

Nous aide à trouver nos repères?

Quand de la nuit,  si bien tapies

Surgissent d'un coup les insomnies

Se réjouir de temps gagné

Pour qu'aboutissent nos pensées.

Jouir de l'instant immobile

Où tout devient bien plus subtil

Et puis rêver tout éveillé!

Peut-on ainsi vision gardé?

C'est un défi à la jeunesse

Pour qu'enfin le monde progresse...

J.G. 

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Jacques Prévert, Le capitalisme en 1933

https://youtu.be/d97sfLW9tBk

"Les grands-pères sont les maîtres, les véritables philosophes de tout être humain, ils ouvrent toujours en grand le rideau que les autres ferment continuellement. [...] Les grands-pères placent la tête de leur petit-fils là où il y a au moins quelque chose d'intéressant à voir, bien que ce ne soit pas toujours quelque chose d'élémentaire, et, par cette attention continuelle à l'essentiel qui leur est propre, ils nous affranchissent de la médiocrité désespérante dans laquelle, sans les grands-pères, indubitablement nous mourrions bientôt d'asphyxie."  (Thomas Bernhard, Un enfant, trad. Albert Kohn, p.26, Folio n° 2542)

En regardant ce film et en écoutant la voix de Prévert, je pense à mon grand-père paternel, gazé à Verdun, blessé aux Dardanelles, militant SFIO tendance Blum, qui a participé activement aux grèves de 36, qui a travaillé toute sa vie chez Citroën. Quand je pense à lui, je pense au tire d'un roman de Maurice Blanchot : "Le dernier homme".

On lui a généreusement octroyé une médaille du travail à la fin. Il n'avait jamais eu de quoi s' acheter son appartement (un deux pièces rue des Prouvaires au 5ème sans ascenseur).

Tout le monde s'en fout, mais pas moi. Je me souviens. Merci Monsieur Prévert !

Et maintenant, les ouvriers, les artisans, le petit peuple, on les chasse vers la banlieue. On appelle ça d'un joli nom bien prétentieux, bien niais, la "gentrification", comme tout le quartier des Halles et les anciens quartiers populaires qui faisaient le "brassage social" et tout le charme de Paris...

On les chasse, façon de parler. Pas de rafles, de déportations massives comme en 42. Non, tout se fait en douceur, avec l'argent, entre gens "raisonnables". Un beau jour, on fait ses comptes et on s'aperçoit qu'on n'a plus les moyens, surtout qu'entre temps les loyers ont monté et on cède l'appartement à un bobo de la nouvelle Gauche.

Et on ne comprend pas pourquoi je suis de l'ancienne et pourquoi j'ai fait Mai 68 dont on va fêter cette année le 50ème anniversaire. Quelle dérision ! Comme d'habitude Daniel Cohn Bendit, "l'european young leader",  va parler à la place des camarades suicidés...

Un "has been" qui n'a pas su y faire, alors que tout le monde  maintenant est "En Marche"... En marche vers quoi ? 

Nous étions au bord du gouffre, mais Dieu merci, nous sommes en marche et nous avons fait un grand pas en avant !

Fonds de pension, spéculation, profits, dette souveraine, surendettement des ménages, crise, austérité, chômage structurel, délocalisations, gouvernance européenne, réchauffement climatique, disparition des espèces animales... Mettons-nous bien ça dans la tête : "le capitalisme mondialisé est l'horizon indépassable de notre époque." 

La voix de Jacques Prévert a parlé en moi. Merci Monsieur Prévert !... Même si ça ne sert à rien, même si ça continue comme avant, même si, comme dit le Prince Salina dans Le Guépard, "pour que rien ne change, il faut que tout ait l'air de changer".

Et tant pis si tout le monde s'en fout !

  

En mémoire de ce qui fut…

La machine à coudre Singer, les clafoutis aux cerises de ma grand-mère, les bouquets de violettes, les poinçonneuses du métro, les marrons brûlants dans les cornets de papier journal, les bouchers couverts de sang, les hirondelles à bicyclette : pèlerines bleues et bâtons blancs… Le chien qui fume, le chat Lucifer qui n’était pas gentil, mais que j’aimais bien quand même, les enfants de Montmartre, l’odeur des vieux escaliers, la plainte de l’accordéon, les chansons d’Edith Piaf, les clowns du cirque d’Hiver, le Guignol du jardin du Luxembourg, les bateaux de la fontaine des Tuileries, les chevaux de bois du manège, les apéritifs Dubonnet, les Tractions Citroën, les autobus à pont, Notre-Dame de Paris…

Rue des Halles, rue des Lavandières-Sainte-Opportune, rue de la Ferronnerie, rue Saint-Honoré, rue de la Lingerie, rue de la Poterie, rue des Bourdonnais, rue au Lard, rue Pierre-Lescot, rue Vauvilliers, rue Montorgueil, rue Rambuteau, rue de la Réale, rue Pirouette, rue Mondétour, rue de la Parcheminerie, rue de la Grande-Truanderie...

Sur les bords de la Seine, le long des échoppes ombragées des bouquinistes, sous la vieille horloge de Saint-Germain l’Auxerrois, sous les arcades de la rue de Rivoli, dans la cour mal pavé des rois, dans le frais silence de Saint-Eustache où repose la mère de Mozart, sous les poutrelles des halles de Baltard, parmi les cris joyeux des marchands de légumes, rue Berger, rue du Roule, rue des Prouvaires…Sur le vieux Pont-Neuf où Molière enfants découvrit la commedia dell’arte.

Et derrière les façades obscures, toutes les joies et tous les malheurs du monde.

J’ai dix ans, je me promène avec mon grand-père dans le Paris d’autrefois. Il me tient par la main.

Je me souviens et je voudrais casser les portes de la mort.

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"Les grands-pères sont les maîtres, les véritables philosophes de tout être humain, ils ouvrent toujours en grand le rideau que les autres ferment continuellement. [...] Les grands-pères placent la tête de leur petit-fils là où il y a au moins quelque chose d'intéressant à voir, bien que ce ne soit pas toujours quelque chose d'élémentaire, et, par cette attention continuelle à l'essentiel qui leur est propre, ils nous affranchissent de la médiocrité désespérante dans laquelle, sans les grands-pères, indubitablement nous mourrions bientôt d'asphyxie."  (Thomas Bernhard, Un enfant, trad. Albert Kohn, p.26, Folio n° 2542)

En regardant ce film et en écoutant la voix de Prévert, je pense à mon grand-père paternel, gazé à Verdun, blessé aux Dardanelles, militant SFIO tendance Blum, qui a participé activement aux grèves de 36, qui a travaillé toute sa vie chez Citroën. Quand je pense à lui, je pense au tire d'un roman de Maurice Blanchot : "Le dernier homme".

On lui a généreusement octroyé une médaille du travail à la fin. Il n'avait jamais eu de quoi s' acheter son appartement (un deux pièces rue des Prouvaires au 5ème sans ascenseur).

Tout le monde s'en fout, mais pas moi. Je me souviens. Merci Monsieur Prévert !

Et maintenant, les ouvriers, les artisans, le petit peuple, on les chasse vers la banlieue. On appelle ça d'un joli nom bien prétentieux, bien niais, la "gentrification", comme tout le quartier des Halles et les anciens quartiers populaires qui faisaient le "brassage social" et tout le charme de Paris...

On les chasse, façon de parler. Pas de rafles, de déportations massives comme en 42. Non, tout se fait en douceur, avec l'argent, entre gens "raisonnables". Un beau jour, on fait ses comptes et on s'aperçoit qu'on n'a plus les moyens, surtout qu'entre temps les loyers ont monté et on cède l'appartement à un bobo de la nouvelle Gauche.

Et on ne comprend pas pourquoi je suis de l'ancienne et pourquoi j'ai fait Mai 68 dont on va fêter cette année le 50ème anniversaire. Quelle dérision ! Comme d'habitude Daniel Cohn Bendit, "l'european young leader",  va parler à la place des camarades suicidés...

Un "has been" qui n'a pas su y faire, alors que tout le monde  maintenant est "En Marche"... En marche vers quoi ? 

Nous étions au bord du gouffre, mais Dieu merci, nous sommes en marche et nous avons fait un grand pas en avant !

Fonds de pension, spéculation, profits, dette souveraine, surendettement des ménages, crise, austérité, chômage structurel, délocalisations, gouvernance européenne, réchauffement climatique, disparition des espèces animales... Mettons-nous bien ça dans la tête : "le capitalisme mondialisé est l'horizon indépassable de notre époque." 

La voix de Jacques Prévert a parlé en moi. Merci Monsieur Prévert !... Même si ça ne sert à rien, même si ça continue comme avant, même si, comme dit le Prince Salina dans Le Guépard, "pour que rien ne change, il faut que tout ait l'air de changer".

Et tant pis si tout le monde s'en fout !

  

En mémoire de ce qui fut…

La machine à coudre Singer, les clafoutis aux cerises de ma grand-mère, les bouquets de violettes, les poinçonneuses du métro, les marrons brûlants dans les cornets de papier journal, les bouchers couverts de sang, les hirondelles à bicyclette : pèlerines bleues et bâtons blancs… Le chien qui fume, le chat Lucifer qui n’était pas gentil, mais que j’aimais bien quand même, les enfants de Montmartre, l’odeur des vieux escaliers, la plainte de l’accordéon, les chansons d’Edith Piaf, les clowns du cirque d’Hiver, le Guignol du jardin du Luxembourg, les bateaux de la fontaine des Tuileries, les chevaux de bois du manège, les apéritifs Dubonnet, les Tractions Citroën, les autobus à pont, Notre-Dame de Paris…

Rue des Halles, rue des Lavandières-Sainte-Opportune, rue de la Ferronnerie, rue Saint-Honoré, rue de la Lingerie, rue de la Poterie, rue des Bourdonnais, rue au Lard, rue Pierre-Lescot, rue Vauvilliers, rue Montorgueil, rue Rambuteau, rue de la Réale, rue Pirouette, rue Mondétour, rue de la Parcheminerie, rue de la Grande-Truanderie...

Sur les bords de la Seine, le long des échoppes ombragées des bouquinistes, sous la vieille horloge de Saint-Germain l’Auxerrois, sous les arcades de la rue de Rivoli, dans la cour mal pavé des rois, dans le frais silence de Saint-Eustache où repose la mère de Mozart, sous les poutrelles des halles de Baltard, parmi les cris joyeux des marchands de légumes, rue Berger, rue du Roule, rue des Prouvaires…Sur le vieux Pont-Neuf où Molière enfants découvrit la commedia dell’arte.

Et derrière les façades obscures, toutes les joies et tous les malheurs du monde.

J’ai dix ans, je me promène avec mon grand-père dans le Paris d’autrefois. Il me tient par la main.

Je me souviens et je voudrais casser les portes de la mort.

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administrateur théâtres

A deux pas du huit mars, nous avons eu la chance d’assister dimanche à un ravissant concert  100% féminin, à part le tourneur de pages : Jean-Pierre Moemaersancien professeur d'accompagnement  d’Eliane Reyes.

 Nous sommes dans le cadre des « salons de la mélodie » à la chapelle de Boondael. Ce salon musical  a été  créé par Jean-Pierre Moemaers et Sébastien Romignon Ercolini  dans le but  de faire revivre à Ixelles le temps où des  hommes et femmes de lettres et mélomanes éclairés,  recevaient chez eux en privé au cœur de leur salon, les artistes du moment, leur permettant ainsi de faire découvrir à leurs amis les beautés connues ou  méconnues du répertoire intemporel de la mélodie et du Lied.   «Les salons de la mélodie»  permettent à un public moderne  toujours plus enthousiaste de venir apprécier  ces intimes instants si précieux de la musique de chambre.

Une clé magique pour entrer dans l’univers musical proposé cette après-midi  a été la fameuse Fantaisie en Ré mineur de W.A.Mozart joué avec une intensité et une tendresse sans borne par Eliane Reyes, qui nous a mis les larmes aux yeux.  Tour à tour soliste (Brahms,  Chopin)  et accompagnatrice de choix de la soprano Cécile Lastchenko, elle  et se donne au public avec  ardeur et s'efface devant la chanteuse dont la voix sonne à la perfection et dont la diction irréprochable, quelle que soit la langue, reste  toujours claire et bien articulée.      12273276067?profile=original Cécile Lastchenko, cette  jeune artiste pleinement chaleureuse, débordante d’énergie,  irradie la joie de la musique de façon lumineuse et engagée.  On l'a vu hypnotiser un public ébloui, dans la production  très remarquée à  l’Opéra de Liège de « La favorite » et aussi  lors de  ce   concert de prestige  du 7 décembre dernier à Flagey,  assuré  par des   jeunes chanteurs de la Chapelle Musicale Reine Élisabeth . Accompagnés par l’Orchestre de l’Opéra royal de Wallonie, les artistes proposaient  un concert autour des duos qui ont façonné l’histoire de l’Opéra. La soprano Cécile Lastchenko  fut déjà très remarquée. Elle vient  maintenant d’être  sélectionnée ainsi que 5 autres artistes de la Chapelle  parmi 312 candidats de 22 nationalités différentes comme candidate au Concours Reine Elisabeth, dont  la première épreuve aura lieu le 1 et 2 mai prochains à Flagey.

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Charme et Féminité

Dans le concert donné cette après-midi où l’émotion était à fleur de peau,   sa voix d’une superbe maturité a mobilisé une incroyable palette des sentiments dans une maîtrise de la théâtralité très bien menée et à travers un programme très éclectique.

 

MOZART – Fantaisie en Ré mineur

  1. BRITTEN – Les Illuminations (« Royauté »« Villes »)

RAVEL – Shéhérazade  ‘« Flûte enchantée »

  1. MAHLER – Das Knaben Wunderhorn « Das irdische Leben » 3’

BRAHMS – Intermezzo op. 118 N°2

  1. BRITTEN – The Turn of the Screw « How beautiful it is » (The Governess)
  2. DEBUSSY – L’enfant Prodigue « Azaël, pourquoi m’as-tu quittée ? » (Lia)


CHOPIN – Fantaisie impromptue 

  1. ABSIL – Trois poèmes de Klingsor « Chanson du chat » « Ma mère l’Oye »« Où le coq a-t-il la plume ? »
  2. SHOSTAKOVITCH – Satires « Kreutzer Sonata »
  3. GERSHWIN – Porgy and Bess « Summertime » 2’12273276291?profile=original

  Son tempérament dramatique  manie aussi bien le sarcasme que le désir romantique, la douleur et le désespoir,  que la satire et le surréalisme. Mais avant tout, elle  ne cesse de faire preuve de profondeur, elle touche la fibre la plus intime, berce l’imagination, se doublant d’une bienfaisante conteuse pleine d’humour. La générosité est  d’ailleurs un  point de  fusion musicale entre les deux femmes : la pianiste Eliane Reyes l’accompagne  en effet avec un mélange de discrétion et de  connivence affirmée.  Élans maternels fusionnés, entre  voix et  clavier ? Ensemble elles semblent vouloir diffuser la force de l’instinct de vie, le choix lumineux que l’on peut faire de celui-ci, en opposition avec le monde parfois désincarné et surréaliste qui nous entoure.  Toutes deux représentent la force de l’espoir et de la transmission,  la foi en l’humanité jamais abandonnée.  Ensemble, elles incarnent  un rêve de paix et de  désarmante compassion à travers une resplendissante… féminité.

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http://www.lessalonsdelamelodie.com/Avec le soutien de Mme Dominique Dufourny, Bourgmestre; Yves de Jonghe d'Ardoye, Député honoraire - Échevin de la Culture et des membres du Collège des Bourgmestre et Échevins d'Ixelles  http://www.eliane-reyes.com/agenda/

http://www.cecilelastchenko.com/  

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administrateur théâtres

La Cinquième saison de la « Balade Musicale à Rixensart » va s’achever le jeudi 22 mars avec un « Concert Mozart » donné à l’église de Saint Sixte à Genval avec l’orchestre Piacevole sous la direction de Luc Dewez,  avec la pianiste Anaïs Cassier et la soprano Laura Telly Cambier. L’an dernier, la quatrième saison de la Balade Musicale se clôturait en apothéose avec le Requiem de Fauré dirigé avec brillance par Ayrton Desimpelaere,  depuis deux ans  Chef-assistant, à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, Chef D'orchestre à l’ IMEP Institut Supérieur de Musique et de Pédagogie et au Namur Chamber Orchestra. Il est appelé à une brillante carrière. La 6e saison est en préparation et promet d’être tout aussi chatoyante.

Revenons à cette belle soirée  du 1er mars 2018 qui accueillait Florian Noack au piano pour «  Air avec trente variations »  BW988 « Variations Goldberg » de Jean-Sébastien Bach (1685-1750).

Cette œuvre  phare de Jean-Sébastien Bach est un réel défi dans le parcours d’un jeune musicien, même le plus aguerri. Dans cette œuvre, il ne s’agit pas de vouloir s’affirmer en tant que virtuose et interprète de sentiments romantiques, de narration musicale pittoresque ou de construction fantastique ou dramatique. Il s’agit avec Bach de se mettre  intégralement  dans un état d’empathie et d’écoute de l’œuvre, percevoir ce qu’elle communique et essayer de le transmettre. Il faut pour cela une immense dose de concentration tant pour l’appropriation de la construction contrapuntique  que pour la mise en chantier de chaque variation qui part et revient au même point, chaque variation correspondant à une mesure de l’aria. Le cycle se termine par une réitération de l’aria  laissant penser que tout peut recommencer.  Le pianiste doit être un  trait d’union entre le compositeur et l’œuvre.

Aucun texte alternatif disponible.

L’œuvre au départ conçue pour clavecin utilisait deux claviers. Au piano c’est d’une rare complexité que d’arriver à fondre les deux en un. Ainsi Florian Noack a  préparé ce concert avec le plus grand soin et c’est  la première fois qu’il le présente devant un public. Il a pris le temps de méditation nécessaire pour se nourrir de l’œuvre magistrale. Il explique d’ailleurs que chaque note, chaque nouvelle phrase se nourrit de la précédente, comme dans une édification vivante d’un mystérieux système qui advient minute après minute, sous ses doigts de virtuose. Tout est lien et enchaînement, de la caresse des premières pages de la partition, à  l’énergie dévorante, sans cesse renouvelée et aux sublimes moments d’apaisement. Ce sont les frissons de l’âme qui interagissent et fabriquent la matière musicale. Fermeté, souplesse, le charme inné et non fabriqué de l’artiste se complètent avec bonheur. L’exécution est parcourue de courtes respirations pour que la musique puisse reprendre son envol. Brillante dynamique : les mains se croisent et se décroisent à l’endroit, à l’envers dans un tricotage passionné, habité. Avoir la chance d’être au premier rang dans cette église accueillante donne une proximité inespérée avec le pianiste qui semble palper chaque note avec empressement passionné. Et pourtant le visage ne trahit qu’une intense concentration, seul le corps et le jeu discret de pédales indique les fluctuations de la prestation. Chaque page tournée amène un lot de climats et de couleurs différentes par moment la surprise de notes syncopées, de trilles vaillantes  parmi un bouquet de sonorités pleines. Voici un sablier musical beau et éphémère qui n’est pas sans rappeler les vanités des peintres du 17e siècle.  

Il y a par moments la rencontre de l’énergie lumineuse, les sourdines, l’intimité des ralentis, une innocence d’âge d’or. Would this soothe your pains ? C’est pleinement méditatif et transparent. Puis revient l’approche bouillonnante, les notes  fortement piquées, la volubilité, les tempi accélérés, le toucher moelleux de l’homme envoûté par la partition. Tour à tour on perçoit la recherche, l’offrande, la libéralité. On atteint la nudité de l’essentiel, une élégance de cœur rassasié et un sourire intérieur, éloge de la confiance dans le rapport extra - ordinaire à l’Autre. L’épanchement de Joie où notes de cœur et de tête se confondent, finit par construire une exaltation partagée, dénuée de toute théâtralité,  mais visionnaire de notre condition humaine. Il est évident que ce jeune musicien a su se laisse traverser par le génie surhumain de Jean-Sébastien Bach.

 Un double bis bouleversant est offert... 

il s'agissait de :
Bach -1ère Suite Française en ré mineur, "Allemande"
&

  

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À monsieur Robert Paul

Conduite au temple des poètes,
Conviée à les célébrer,
Je m'étais certes préparée
À une somptueuse fête.

Ce lieu, qui m'est familier,
Ne semble pas toujours le même.
J'y retrouve tous ceux que j'aime,
Leur serai à jamais liée.

Ce jour surgit dans la brillance
Un inconnu plein de ferveur.
Je ressentis un coup de coeur
Fascinée par son élégance.

Quatre qui pleurent, quatre qui rient,
D'une structure harmonieuse,
Huit chansons sages, délicieuses.

Mise en gaieté, j'ai applaudi.

7 mars 2018

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administrateur théâtres

LE ROI PERCHE est  un drame historique en 3 actes,  librement inspiré de la vie de Louis II de Bavière écrit par Olivier Schmidt12273280080?profile=original

Les PERSONNAGES: 

LUDWIG

Connu sous le nom de Louis II de Bavière

RICHARD WAGNER

Compositeur

ELISABETH « SISSI »

Impératrice d’Autriche

SOPHIE CHARLOTTE DE BAVIERE

Première épouse de Ludwig

RICHARD HORNIG

Ecuyer et amant de Ludwig

BERNHARD VON GUDDEN

Psychiatre

MARIE DE HOZENZOLLERN

Mère de Ludwig

OTTO

Frère de Ludwig

Et LES AMANTS DE LUDWIG ,  Page… Ecuyer…

 

 

                                                                              « Ludwig » :

                                    Spectacle éligible aux P'tits Molières 2018  joué à la Clarencière

                                                   Les vendredi 2 et samedi 3 mars 2018 à 20h30

                                         Ecriture et mise en scène de Olivier Schmidt
                                                                                 Sur une idée originale de Kevin Maille 
                                  Par : Julien Hammer, Rafael Vanister, Charlotte Moineau, Olivier Schmidt et Séverine Wolff

 

 Regarder: 

12273280680?profile=originalUn fils rebelle à l’emprise  d’une mère castratrice ? Un homme faible et enfermé dans ses chimères? Un jeune homme lunaire, exalté et romantique dont on contrarie les pulsions « malsaines » vis-à-vis de ses nombreux écuyers  et que l’on veut faire épouser par une cousine, …à effet thérapeutique ?   Louis Il de Bavière fut  surnommé le roi perché pour le nombre de ses châteaux fantastiques exaltant l'éthique de la chevalerie médiévale et le génie de la France du Grand Siècle. Inspiré par les travaux de Violette le Duc, Louis II  fit construire de  superbes châteaux de style  romantique flamboyant dont  le plus célèbre est le Neuschwanstein.  Il  sauva de la faillite Richard Wagner,  avec qui il éprouvait en plus de l’admiration sans bornes,  une attirance sexuelle non déguisée, mais à sens unique, selon ce que nous raconte Olivier Schmidt, l’écrivain et le metteur en scène. Victime de son homosexualité le révulsait et défrayait la chronique.  Mécène du musicien visionnaire, il dépensa des sommes démesurées pour lui, finançant, contre l’avis du conseil d’état, la construction du Palais des festivals de Bayreuth. Il imposa  l’œuvre  de Wagner mais fut  finalement contraint de l’exiler en raison de son comportement totalement intéressé. Il fut  aussi l'étrange confident et protégé de sa belle cousine, la célèbre Sissi, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, la seule qui échappa à sa solitude, sa misanthropie et sa  misogynie chroniques.  Il guerroya néanmoins  pour défendre l'identité de son royaume,  au sein de  l'Empire allemand. Accablé par l'effondrement français en 1870, il se réfugia dans ses montagnes, construisant ses fascinants palais  de légendes et s'isolant dans un monde que personne ne pourrait atteindre ni détruire… Comme le héros wagnérien, Tannhäuser, Louis II  était à la recherche de l'impossible rédemption. Destitué pour " aliénation mentale » et enfermé au château de Berg, il trouva la mort, à l'âge de quarante et un ans, dans le lac de Starnberg dans des circonstances énigmatiques. Accident? Suicide? Assassinat?12273281265?profile=original

Ecouter:

Sur le plateau tourbillonnent seulement cinq comédiens, que l’on croirait  bien plus nombreux, tant le rythme des entrées et des sorties et des jeux de miroir de l’histoire est intense. Ils  jouent une bonne dizaine de personnages historiques… les costumes  uniquement noir et blanc au début sont rutilants, le charme des deux comédiennes, une souvenir de Romy Schneider.   Et tous  sont   taillés dans la beauté, sombre, sauvage,  lisse ou élastique d’êtres en pleine exaltation. Ils projettent  leurs  répliques à la diction parfaite  avec une splendide justesse de ton: Julien Hammer, Rafael Vanister, Charlotte Moineau, Séverine Wolff, Olivier Schmidt  manient la palette théâtrale des mouvements  avec une aisance tout aussi parfaite, malgré … ou à cause peut-être de l’exiguïté des lieux. La mise en scène se doit d’être millimétrée. On a droit à un concentré  de pureté d’expression comme si le jeu théâtral devenait l’objet d’une mystérieuse alchimie. Le texte, écrit  un peu à la  manière de Jean Teulé  est bourré de vivacité, de surprises,  de belles phrases bien balancées ; on tombe très rapidement  amoureux, non des pulsions avérées du roi « fou » mais de cette langue belle et rythmée qui fouille les tréfonds de l’âme, et de la construction de l'intrigue tendue  et en forme de  crescendo infernal et inéluctable.12273281684?profile=original

 

Méditer:

Les thèmes développés nous concernent et nous touchent au plus près, qu’il s’agisse de l'intégrité de la personne, de liberté, de tolérance et de respect de l’autre pour un être « borderline »  comme l’était Louis II de Bavière  ou  qu'il s'agisse de la quête du bonheur versus les contraintes d’une société avide de formatage, ... Et de la Mort, bien sûr. En un mot : c’est émouvant et  brillant, à tout point de vue!

apprécier:  

https://www.theatrelacroiseedeschemins.com/ludwig

 

 

voyager: 

http://www.liberation.fr/voyages/2014/08/01/louis-ii-le-roi-perche_1074218

http://programme-tv.nouvelobs.com/magazine/secrets-d-histoire-s4185/louis-ii-de-baviere-le-roi-perche-1238004/

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Une adorable récompense

À Alain

Quand j'offre un poème au hasard,
Certes il attire des regards.
Des promeneurs, à l'âme tendre,
Ressentent l'envie de l'entendre.

S'ils ont eu plaisir à le lire,
N'ont pas besoin de me le dire.
Ils reviennent sur le lieu,
Intéressés et curieux.

Ne s'égarent pas mes offrandes
Où l'insécurité est grande.
Je les dirige en des endroits
Fréquentés et sûrs à la fois.

N'attendais pas de récompense.
Lors ma surprise fut immense:
J'ai des visiteurs assidus!
Me sens comblée, bien entendu.

5 mars 2018

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A travers le grésil,

 

j’aurais attrapé toutes sortes de formes.

 

Chutes d’eau et averses.

 

Comment, le sais-tu, tout cela deviendra immortel ?

 

Un blanc étonnant. Ta silhouette est en mouvement.

 

Des nuages s’évaporent doucement

 

sur les collines.

 

Sur une route de pierres bordée de jonquilles.

 

Tu te souviens.

 

Elle passe ses mains dans les hautes herbes.

 

Je t’imagine et autour de toi les plantes s’animent.

 

Elles répondent à tes paroles et à ta voix.

 

Puis s’ensuit un règne de silence.

 

Julien Boulier     le 03 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3435404711

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Rue des souvenirs.

 

Ces gestes qui participent

 

de la géographie des lieux.

 

Tu t’en souviens,

 

Nous en avions parlé

 

Au détour d’un chemin,

 

Le long de cette rivière

 

où quelquefois

 

Nous aimons marcher.

 

Géographie du futur.

 

Ces lieux

 

où nous aimons marcher.

 

De Julien Boulier le 05 mars 2018

 

poème déposé Sacem code oeuvre 3435459211 

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TOUT RONDS...

De jolis mots tout ronds

Délivrés d'amertume

Qui font comme un ronron

Un bruissement de plume...

Les mots que l'on murmure

A l'abri des regards

Quand les journées sont pures

Au gré de nos hasards.

Et les mots qui se meurent

Aux instants de colère

Et qui du fond d'la nuit

Tout à coup se libèrent!

De bien beaux mots brillants

Au détour de nos larmes

Qui créent au firmament

Un tableau qui se voile...

Les mots qui me reviennent

Par un doux soir d'été

Lorsque je me sens tienne

Que l'air devient léger.

Et les mots qui piaffent

Au bord de nos délires

Auxquels il faut faire gaffe

Car gonflés de désirs!

Les jolis mots rêvés

Qu'on retrouve au matin

Lorsque l'on s'est aimé

Et que l'on se sent bien...

Les mots qui aident à vivre

Au creux de solitude

Lorsque l'on se sent ivre

Au bout des certitudes.

Les mots que je vous dis

Dans un balbutiement

Lorsque je vous chéri

Les cheveux dans le vent!

Les mots qui sont sans fin

Quand dans la tête résonnent

Et que l'on a très faim

D'un amour qui se donne...

Les mots qui se sont tus

Un jour plein de détresse

Lorsque l'on a perdu

L'objet de nos caresses.

Les mots que l'on écrit

Pour n'oublier jamais

Qu'il nous faut dire Merci

A l'aube quand elle renait...

J.G.

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Il y a ceux dépourvus du vouloir




Sales, obscurs dans le noir, ce sont nos enfants.

Ils dorment à même le trottoir à tout vents,
Sous des cartons, leur maison, imaginons-nous
Devenus ce qu’ils sont, ce qu’ils pensent de nous…

Ces hommes bouffis de froid, même des femmes,
Honte suprême, des femmes dehors sans lit !
Et pour taire l’impatience de ce drame
Une boisson chaude au regard qui sourit !

Ils n’ont pas voulu ceux-là, c’est leur punition,
Pas voulu apprendre, se plier, marcher droit,
Faire comme les autres, aller au cinéma,
Mais défier le monde et soûler leur condition.

Ils n’ont pas voulu et toujours sans le vouloir,
Peu leur importe si, sales, obscurs dans le noir
Seront trouvés leurs cous raidis indifférents,
A l’aube quand poindra la rosée du printemps.

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Cette fois, c’est parti…  Le Marathon littéraire, saison 2018, est sur les starting-blocks.  Au moment où vous lirez cette rubrique, les portes de la Foire du Livre de Bruxelles se seront refermées.  J’imagine que l’évènement restera marqué dans ma mémoire puisqu’une rencontre est prévue avec les papes du fantastique « Frederick Lyvens » et son cicérone « Graham Masterton »,  brrr, préparons-nous à trembler. 

Si le 3 et 4 mars prochain vous désirez célébrer « Les femmes », vous pourrez me retrouver au Salon « Elles se livrent » ou j’aurai le plaisir d’interviewer en public quelques auteurs de chez nous.  Et pour l’occasion, si vous veniez à Braine-l'Alleud, vous y serez agréablement reçu.  De grandes plumes seront présentes et accessibles en toute simplicité.  L'évènement vous plongera au cœur du thème de l’année : La Namibie.  J’y serai présent avec le studio RCF. 

Si vous passez me voir, vous recevrez peut-être l’un de nos cadeaux en vous présentant avec cet article.12273275470?profile=original

Sans reprendre notre souffle, un bon de 1200 kilomètres vers le sud de la France.  Souvenez-vous, en 2017 les auteurs belges s’étaient remarqués au Salon International du livre de Mazamet. Six écrivains en provenance de notre terroir avaient fait le déplacement et Patricia Fontaine se voyait couronnée par le Prix Roman tandis que Perrine Peeters était nominée au même prix.  J’avoue qu’en qualité de témoin de l’évènement j’en avais été particulièrement ému et, disons-le sans détour, fier des plumes de nos régions.  En 2019, si mes renseignements sont exacts, la Belgique sera à nouveau joliment représentée et d’après mes sources, leurs écrits ne sont pas passés inaperçus…  Surprise, je vous réserve la primeur du palmarès 2018 puisque j'y serai présent comme dans de nombreuses manifestations littéraires.

Petit saut sur Carcassonne pour rejoindre les estivales de Malepere.  L’évènement se déroule sur une semaine, invitant conférenciers et scientifiques à présenter les fondements de la science.  L’humain y retrouve sa place, et comme attendu, les sciences humaines font partie des débats.  Une semaine enivrante pour l’esprit et clôturée par un Salon du Livre des plus intéressants.

Les incontournables que je me permettrai de vous citer dans le désordre.  Montcuq en Quercy, qui côtoie le marché du dimanche organisé par l’artiste Stéphane Ternoise.  Rocamadour et sa "Truffière aux livres" que je vous recommande chaleureusement en vous invitant à y inclure une journée touristique pour visiter la cité.

Le Salon du livre de Rocamadour se déroule en plein air, sous les chênes, généralement le premier dimanche de septembre.  C’est chaleureux et l’ombre de la cité médiévale offre un cachet unique en son genre.  J’aime ce Salon, je l’aime pour la simplicité des organisateurs et ce « je ne sais quoi » qui ouvre les portes à des rencontres inattendues.

Mon Dieu, j’allais oublier le coup de cœur, le Salon du livre de Buzet sur Baïse…  Coup de cœur ?  Oui certainement, car, pour sa première édition en 2017, les organisateurs se sont permis de mélanger les genres en offrant deux soirées cinématographiques suivies chaque fois par un débat.  C’était l’occasion de saluer Joseph JOFFO et l’incontournable Chantal Figuera Levy

Je ne vous essoufflerai pas en citant toutes les manifestations littéraires dans lesquelles nous serons présents.  Départ depuis la Belgique, arrêt sur la France, petit bon vers Genève pour revenir en France, participer au Salon de la Province qui se déroule à Genval avant de clôturer l’année par Charleroi et enfin Mon’s Livre que je salue et qui porte mon admiration.  Le Canada ?  Hm hm, c’est encore un secret et bientôt, pourquoi pas, petit détour par l’Afrique.

Un Marathon, je vous l’avais bien écrit, mais en votre compagnie, ce n’est que du bonheur.

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Qui ne souffle mot sur ces branches ?

 

Je ne sais si, par la fenêtre,

 

le regard porté sur ces arbres les fera,

 

tout comme hier, toucher les étoiles.

 

Vois-tu, maintenant, le cœur chante sa complainte,

 

rempli d’illusions et d’espérances.

 

Nous serons invisibles.

 

Et l’écharpe d’une bourrasque apportera

 

les premiers flocons de l’hiver.

 

L’image est flottante, perchée en l’air

 

et éblouit bientôt nos yeux.

 

Sur un chemin, l’herbe et les jonquilles sauvages.

 

La fraîcheur d’un soir.

 

Julien Boulier le 28 février 2018

 
poème déposé Sacem code oeuvre 3435296411

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Edgar Degas, classique ou moderne ?

Il y a un peu plus de cent ans, le 27 septembre 1917, mourait le peintre Edgar Degas Si l’on retient volontiers de lui qu’il était “le peintre des danseuses”, sa carrière a en réalité été bien plus vaste, de la peinture à la sculpture, en passant par le dessin et la photographie.

C'est en visitant la fondation de l’Hermitage à Lausanne que j'ai eu l'idée d'une série de créations en hommage à Degas. En effet s'y tenait une exposition consacré au pastel qui est un médium fascinant à la croisée du dessin et de la peinture. Cette exposition rassemblait 150 chefs-d’œuvre de collections suisses publiques et privées. Offrant une véritable histoire de cette technique originale, la présentation traversait près de cinq siècles de création, des maîtres de la Renaissance aux artistes contemporains. De Degas, on pouvait y admirer entre autres les Danseuses au repos.

Cent ans après sa mort, l’artiste résiste à toutes les tentatives de classification de son œuvre.

Edgar Degas est l’homme des paradoxes; peintre par excellence de la vie contemporaine, des cafés et des salles de spectacle, il est passionné par la culture classique et la peinture ancienne qu’il collectionne avec talent. Lui qui incarne parfaitement la double modernité prônée par Baudelaire, celle du sujet et celle des moyens plastiques, est en même temps celui qui dessine patiemment en atelier des scènes que l’on dirait surprises par un appareil photographique. Mieux encore, l’artiste que le poète Paul Valéry évoquait dans son ouvrage Degas, danse, dessin affirme qu’il faut regarder la tradition pour mieux être moderne! Il fut toutefois l’un de ceux qui renouvelèrent le plus profondément la thématique de la peinture.



Il fréquente les cafés, où il fait la connaissance d’artistes comme Manet, figure emblématique de la modernité, Manet, qui joue un rôle d’initiateur, le pousse à se détourner de la peinture d’histoire aux références mythologiques ou religieuses pour se consacrer aux scènes de la vie contemporaine.

Ces années marquèrent l’explosion de l’impressionnisme. Degas participa à la première exposition du groupe en 1874 bien que fort éloigné de la poétique de ses amis en particulier leur goût pour la nature.

«L’ennui me gagne à contempler la nature. À vous, il faut la vie naturelle, et moi la vie factice», écrit le peintre, qui préfère les lieux clos des spectacles et des plaisirs, soumis aux éclairages artificiels. Ses rares scènes d’extérieur s’intéressent plus au mouvement rapide des chevaux qu'il capte en une lecture nouvelle et en traits rapides comme dans «à l'hippodrome»

Il se consacra exclusivement aux scènes d’intérieur rendues avec des cadrages de plus en plus novateurs (Le Bureau de coton à La Nouvelle-Orléans, 1873); le monde du théâtre, les chanteurs, les musiciens et les ballerines constituent des thèmes récurrents de sa peinture. Les danseuses sont saisies en pleine répétition étudiées comme purs effets de mouvement, devenant plus tard essence de couleur vive. Degas représente également des repasseuses (Deux Repasseuses, 1884), des modistes et tous les types de figures féminines. De ses études réalisées au pastel émane une poésie embuée : les plans colorés y sont de plus en plus saturés jusqu’à la fin de sa vie. Très graphique dans les années 1860, le style de Degas se distingue tout au long de sa carrière par une grande sûreté de mise en page et par des compositions aux espaces coupés ou décentrés de plus en plus originaux qui le situent dans la grande tradition classique.



En dépit de son appartenance au groupe du Café Guerbois, Degas demeura toujours un artiste figuratif. Condamnant néanmoins les sujets académiques, il s’intéressa de façon privilégiée aux loisirs de la haute bourgeoisie, notamment l’opéra et les courses de chevaux. Degas cependant rejoignant en cela l’approche du courant réaliste, était loin de rester indifférent aux problèmes sociaux. Le travail de ses repasseuses, baignant dans une atmosphère embuée et malsaine, est comme l’antithèse des scènes de fêtes de Renoir.



La modernité des peintres impressionnistes est évidente. Stimulés par la comparaison avec la photographie, ils essaient de trouver une solution alternative aux méthodes traditionnelles de représentation de la figure humaine au cours des siècles.

Edgar Degas se passionne pour la photographie, qui l’aide dans ses efforts pour «résumer la vie dans ses gestes essentiels». Le peintre n’hésite pas à désaxer le point de vue central, à fractionner le champ visuel, à laisser d’importants espaces vides, à montrer les sols, à tasser les formes, comme dans sa série de nus de femmes, un ensemble de pastels présentés en 1886 à la dernière exposition impressionniste, dont le plus emblématique –LeTub– montre une femme accroupie dans une bassine. Les figures nues occupent une place importante dans l’œuvre de Degas et reflètent son évolution stylistique, de ses premiers dessins de «nu idéalisé» aux représentations du corps beaucoup plus incarné et sexuel réalisés à la fin de sa vie. Inspiré par les décompositions photographiques du mouvement d’Eadweard Muybridge, le peintre va donner une vie au corps comme jamais cela n’a été fait auparavant. Son observation minutieuse du mouvement à travers la danse le distingue également des impressionnistes. Degas privilégie la vie quotidienne des danseuses, qu’elles soient sur scène, en coulisse lorsqu’elles se déshabillent ou pendant leurs répétitions. Il peint leur fatigue après l’effort, leur souffrance physique, et s’emploie à reproduire fidèlement leurs gestes. Avec L’Orchestre de l’Opéra , il signe une composition audacieuse grâce à une superposition de plans : au premier plan, la fosse des musiciens, au second, la scène avec des danseuses sans tête formant un tourbillon de jambes et de tutus.

Une grande partie des peintres impressionnistes consacre également ses toiles aux scènes de la vie moderne, avec un naturel et un réalisme immédiat. Ils reprennent dans ses œuvres les « scènes de genre », très répandues dans la peinture ancienne, même si on les considérait alors comme des œuvres mineures, presque à la limite entre l’art et l’artisanat, peu appréciées, parce qu’on les estimait d’un niveau culturel très bas et destinées à un public peu cultivé et raffiné. Dans les compositions de Degas, le geste le plus banal prend une particulière douceur poétique et une intimité familière d’une extraordinaire spontanéité. Nous sommes très loin des grandioses évocations historiques qui triomphent sur les murs des Salons.



Habitué assidu à l’Opéra, Degas nous fait respirer l’atmosphère toujours frénétique et chargé d’émotion qui précède la «première». À partir de 1871, les danseuses vont devenir les seuls personnages des tableaux de Degas pendant qu’elles s’entraînent dans la salle de répétition ou derrière les coulisses, tandis qu’elles se préparent pour son entrée en scène. Il nous transmet avec réalisme et naturel les gestes des jeunes filles, même les moins gracieux et les moins féminins, pour nous faire comprendre qu’elles sont comme toutes les autres jeunes filles et que la grâce et l’élégance que le public admire sont le fruit de longs et fastidieux entraînements. Degas est fasciné par le point de rencontre subtil du mouvement et de l’équilibre d’une danseuse sur les pointes. Il accentue leurs gestes et les souligne par des touches rapides. Sa façon de distribuer les couleurs du fond semble aussi créer une sorte de tourbillon autour d’elles, comme si notre perception visuelle était conditionnée par le tournoiement rapide de leurs bras et de leurs jambes, au point d’avoir l’impression que toute la salle se déplace.

Au fil des ans, Degas tend à abandonner les ambiances raffinées et élégantes et porte son attention sur le monde des humbles. Après le voyage à la Nouvelle-Orléans (1873) il commence à s’inspirer de la vie quotidienne et austère des lavandières, femmes de chambre et couturières dans des appartements modestes. L’exposition de 1874 qui se tient dans l’atelier de Nadar, marque l’apogée du mouvement impressionniste mais aussi la fin d’une saison de grande créativité pour certains maîtres. Après cette date, une nouvelle époque s’ouvre pour Degas. Dans le tableaux «L’absinthe», la désolation du café reflète l’absence de perspectives humaines pour la jeune femme désemparée, perdue dans une solitude et un néant qui semblent se répandre autour d’elle. il peint la solitude d’une femme devant un verre d’absinthe, prise dans l’étau de l’alcool. Le réalisme de la scène se trouve renforcé par un cadrage décentré qui donne l’impression au spectateur d’être assis, en face, à une table voisine. Après avoir écrit son roman L’Assommoir, Émile Zola avouera au peintre: «J’ai tout bonnement décrit, en plus d’un endroit dans mes pages, quelques-uns de vos tableaux.»Dans son étude du corps humain, il découvre la gestuelle des repasseuses, des femmes qui se coiffent, qui se lavent dans un tub. La touche de Degas devient rapide, presque sténographique, car sa vue commence à décliner. Enfin, quasiment aveugle, il se consacre définitivement à la sculpture sur argile et en bronze.

Degas est aussi sculpteur, avec plus de cent cinquante œuvres en cire ou en terre. Partagé entre féerie des costumes et situation sociale misérable des danseuses, l’artiste, guidé par sa recherche de l’essentiel, réalise des sculptures parfois incomprises du public. Ainsi, quand il présente au Salon des impressionnistes de 1881 la célèbre Petite danseuse de 14ans, dite aussi Grande danseuse habillée, les critiques s’offusquent devant cette œuvre au réalisme cru.



Quelques années avant sa mort, Degas est atteint, comme Monet, du plus grand malheur des peintres: la cécité. Le 25 septembre 1917, le poète Paul Valéry, apprenant le décès de son ami, déclare: «Le travail, peu à peu, lui devint impossible, et sa raison de vivre s’évanouit avant sa vie.» Edgar Degas laisse plus de deux mille tableaux. Bien qu’il s’en soit toujours défendu, l’artiste est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands créateurs de l’impressionnisme. Ses recherches sur la lumière et le mouvement, son rejet de la peinture d’histoire, ses cadrages novateurs inscrivent son œuvre dans la modernité. S’il n’a pas eu d’élève, Degas a fortement influencé les artistes de l’avant-garde, de Gauguin à Matisse et à Picasso, des Nabis aux expressionnistes allemands.

Je terminerai en citant ces mots qu’il adressait au marchand Ambroise Vollard : "J'ai passé toute ma vie à essayer".

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administrateur théâtres

Il a remporté le concours Reine Elisabeth en 2013,  il est maintenant en résidence à Flagey et ses liens avec la Belgique sont privilégiés. Il  jouera ce soir  son fameux 3e concerto pour piano de Prokofiev.  Cela se passe  à l’occasion  des  Piano Days à Flagey,  un rendez-vous de l’avant printemps qui devient maintenant une tradition de 5 jours de festival  où se succèdent grands pianistes de musique classique  et de jazz mais également de jeunes virtuoses…  Par élection,  nous avions épinglé le concert du samedi soir, sachant qu’il y participait,  avec au programme :

  • Guillaume Connesson — Kadath & Le soleil couchant (2017)
  •  Igor Stravinsky — L’Oiseau de feu (suite) (version 1919)
  •  Sergei Prokofiev — Piano Concerto no. 3 in C, op. 26

Nous ne serons nullement déçus par  l’exécution brillante, dense et corsée  de l’opus de Guillaume Connesson sous la baguette follement imaginative de Stéphane Denève qui embarque les spectateurs dans un univers  méphistophélique cuivré où se côtoient des plaintess d’âmes en détresse, un cité d’or perdue dans un désert  où pleuvent des cascades de sons en forme de glaçons ou de sable, un éparpillement de voix confuses et des bourdonnements de vie domestique paisible,   avalés par la fièvre subite  d’assauts guerriers sur un rythme de sacre du Néant. Les mesures finales éblouissent dans de sombres ricanements.  Voilà une puissante et fantastique  introduction au conte de L’oiseau de feu créé  par Stravinsky.

 Quelques mots sur l’histoire d’Ivan Tsarévitch  qui aperçoit un jour un oiseau  fantastique fait d’or et de flammes. Il le  poursuit et il réussit  à lui arracher une de ses plumes scintillantes. Sa poursuite l’a mené jusque dans les domaines de Kachtcheï l’Immortel,  une  redoutable  puissance qui s’empare de maints preux chevaliers pour les changer en pierre. Les filles de Kachtcheï et les treize princesses captives, intercèdent et s’efforcent de sauver  le jeune homme. Par chance, l’Oiseau de feu survient et dissipe les  sortilèges. Le château de Kachtcheï disparaît laissant les jeunes filles, les princesses, Ivan Tsarévitch et les chevaliers délivrés …s’emparer des précieuses pommes d’or du jardin. La version 1919  de Stravinsky débute par des murmures fantomatiques, des enlacements tendres et un festin de gloussements et de pépiements d’où émegent et fusent violons et flûte.  Un climat de torpeur solaire s’installe avec  la langueur des cordes  et la harpe rêveuse encadrée par les flûtes.  Stéphane Denève, tout comme dans l’exécution précédente,  ordonne  des frappes fantastiques, une parade de fracassements bercés par le battement élégant des violoncelles. L’expressivité aérienne du chef d’orchestre se transforme en pulsations et en vibrations intenses. Les sons claquent, la terre tremble. Ce qui semble être une apothéose spectaculaire se métamorphose en un filet de sonorités humbles, en courbes souriantes apaisées, illuminées d’or. La forme des plumes magiques?   Le tempo est lent et majestueux, indolent presque imperceptible et se fond dans le chatoiement de la harpe.  Ainsi se clôt la berceuse avant le final rutilant gorgé de vitalité et de couleurs. Le chef d’orchestre est flamboyant.

Et enfin, rencontre avec le musicien de nos rêves, un façonneur de beauté  un architecte virtuose de la musicalité: Boris Giltburg que l’on écoute avec le Brussels Philaharmonic en  troisième partie  de programme, une apothéose. Boris  Giltburg entre dans le jeu du concerto de Prokofiev, bondissant. Il roule des pointillés précis, tresse des notes incandescentes. Evoque des accès de tendresse et de rêve, enlace  des torrents de cheveux d’anges puis se pet è construire de façon trépidante. Il a un tempérament de feu il catalyse des coulées de lave brûlante des éclaboussures sismiques des jaillissements de Stromboli en délire. L’orchestre propose un chant séculaire aux accents paisibles. Boris reprend au clavier, façon séraphique. La promenade se transforme en course d’obstacles  franchis avec grâce, pour déployer un jeu de douceur  et de rêverie lisse et lumineuse.  A travers l’errance,  des paysages s’évanouissent et  la saveur de l’éphémère infuse.  Encore une  reprise de l’aventure paroxystique et un ralentissement subit et le reste est silence…   Les spectateurs sont suspendus au temps.

 

 La  souplesse brillante de l’orchestre entoure les gouttes de bonheurs simples au clavier, leur humilité, leur délicatesse et  l’écoute de L’Univers.  Lorsque le pianiste reprend le thème ou le joue à l’unisson, c’est une véritable amplification poétique qui naît sous les doigts du magicien. Le clavier est devenu une divine monture,  nimbée de voiles transparents et lumineux.  L’aventure musicale, menée dans un train d’enfer à travers la poussière d’étoiles, est fougueuse, maîtrisée  et impeccablement souveraine. Et le jeune virtuose reste,  malgré les applaudissements et l’adoration du public, modeste et heureux de donner encore : deux bis où l’orchestre  entier écoute et savoure,  les yeux fermés deux interprétations à grande intensité émotive : deux  Études-Tableaux  de  Rachmaninov op. 39 - no. 8  en ré mineur et  no. 6 en la mineur. 

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Ressourcement

Pantoum

Le ciel, d'un blanc bleuté, s'étend à l'infini.
La lumière suave émeut telle une grâce.
Ce jour sera heureux. Ma rue est un espace
Silencieux, sans faste, empli de poésie.

La lumière suave émeut, telle une grâce.
Maisonnettes et arbres existent en harmonie.
Silencieux, sans faste, empli de poésie,
Ce jour sera heureux. Mon âme s'y prélasse.

Maisonnettes et arbres existent en harmonie.
Des rayons lumineux font scintiller la glace.
Ce jour sera heureux, mon âme s'y prélasse.
L'air apporte l'écho d'une ample symphonie.

Des rayons lumineux font scintiller la glace.
Les arbres et leurs ombres parfois sont désunis.
L'air apporte l'écho d'une ample symphonie.
Mon amour de la vie, ardent, refait surface.

26 février 2018

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En toi, le bateau a franchi l’espace. Il s’est ensuite amarré

                     

à son arrivée aux lointains horizons de ton passé.

 

De jours en jours, en te penchant sur ces images resurgies,

 

tu as senti que tes yeux revoyaient à travers le temps.

 

Comme lorsque les mots traversent le livre et font revivre

 

les voyages de leurs auteurs, imaginaires ou réels.

 

Les rivières apparaissent, on les touche du bout des doigts.

 

Le soleil se lève et éclaire le paragraphe qui l’a fait apparaître.

 

Les films de vies antérieures te sont dévoilés au détour de ces pages.

 

Au gré des chemins, feuilletant de livres en livres,

 

films de mots, mots qui glissent sous le crayon.

 

Des lignes et des phrases. De longs cheveux dansant autour de silhouettes

 

qui reprennent vie à chaque nouvelle lecture.

 

Julien Boulier   le 26 février 2018

poème déposé Sacem code oeuvre  3435185711

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