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Une adorable récompense

À Alain

Quand j'offre un poème au hasard,
Certes il attire des regards.
Des promeneurs, à l'âme tendre,
Ressentent l'envie de l'entendre.

S'ils ont eu plaisir à le lire,
N'ont pas besoin de me le dire.
Ils reviennent sur le lieu,
Intéressés et curieux.

Ne s'égarent pas mes offrandes
Où l'insécurité est grande.
Je les dirige en des endroits
Fréquentés et sûrs à la fois.

N'attendais pas de récompense.
Lors ma surprise fut immense:
J'ai des visiteurs assidus!
Me sens comblée, bien entendu.

5 mars 2018

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A travers le grésil,

 

j’aurais attrapé toutes sortes de formes.

 

Chutes d’eau et averses.

 

Comment, le sais-tu, tout cela deviendra immortel ?

 

Un blanc étonnant. Ta silhouette est en mouvement.

 

Des nuages s’évaporent doucement

 

sur les collines.

 

Sur une route de pierres bordée de jonquilles.

 

Tu te souviens.

 

Elle passe ses mains dans les hautes herbes.

 

Je t’imagine et autour de toi les plantes s’animent.

 

Elles répondent à tes paroles et à ta voix.

 

Puis s’ensuit un règne de silence.

 

Julien Boulier     le 03 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3435404711

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Rue des souvenirs.

 

Ces gestes qui participent

 

de la géographie des lieux.

 

Tu t’en souviens,

 

Nous en avions parlé

 

Au détour d’un chemin,

 

Le long de cette rivière

 

où quelquefois

 

Nous aimons marcher.

 

Géographie du futur.

 

Ces lieux

 

où nous aimons marcher.

 

De Julien Boulier le 05 mars 2018

 

poème déposé Sacem code oeuvre 3435459211 

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TOUT RONDS...

De jolis mots tout ronds

Délivrés d'amertume

Qui font comme un ronron

Un bruissement de plume...

Les mots que l'on murmure

A l'abri des regards

Quand les journées sont pures

Au gré de nos hasards.

Et les mots qui se meurent

Aux instants de colère

Et qui du fond d'la nuit

Tout à coup se libèrent!

De bien beaux mots brillants

Au détour de nos larmes

Qui créent au firmament

Un tableau qui se voile...

Les mots qui me reviennent

Par un doux soir d'été

Lorsque je me sens tienne

Que l'air devient léger.

Et les mots qui piaffent

Au bord de nos délires

Auxquels il faut faire gaffe

Car gonflés de désirs!

Les jolis mots rêvés

Qu'on retrouve au matin

Lorsque l'on s'est aimé

Et que l'on se sent bien...

Les mots qui aident à vivre

Au creux de solitude

Lorsque l'on se sent ivre

Au bout des certitudes.

Les mots que je vous dis

Dans un balbutiement

Lorsque je vous chéri

Les cheveux dans le vent!

Les mots qui sont sans fin

Quand dans la tête résonnent

Et que l'on a très faim

D'un amour qui se donne...

Les mots qui se sont tus

Un jour plein de détresse

Lorsque l'on a perdu

L'objet de nos caresses.

Les mots que l'on écrit

Pour n'oublier jamais

Qu'il nous faut dire Merci

A l'aube quand elle renait...

J.G.

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Il y a ceux dépourvus du vouloir




Sales, obscurs dans le noir, ce sont nos enfants.

Ils dorment à même le trottoir à tout vents,
Sous des cartons, leur maison, imaginons-nous
Devenus ce qu’ils sont, ce qu’ils pensent de nous…

Ces hommes bouffis de froid, même des femmes,
Honte suprême, des femmes dehors sans lit !
Et pour taire l’impatience de ce drame
Une boisson chaude au regard qui sourit !

Ils n’ont pas voulu ceux-là, c’est leur punition,
Pas voulu apprendre, se plier, marcher droit,
Faire comme les autres, aller au cinéma,
Mais défier le monde et soûler leur condition.

Ils n’ont pas voulu et toujours sans le vouloir,
Peu leur importe si, sales, obscurs dans le noir
Seront trouvés leurs cous raidis indifférents,
A l’aube quand poindra la rosée du printemps.

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Cette fois, c’est parti…  Le Marathon littéraire, saison 2018, est sur les starting-blocks.  Au moment où vous lirez cette rubrique, les portes de la Foire du Livre de Bruxelles se seront refermées.  J’imagine que l’évènement restera marqué dans ma mémoire puisqu’une rencontre est prévue avec les papes du fantastique « Frederick Lyvens » et son cicérone « Graham Masterton »,  brrr, préparons-nous à trembler. 

Si le 3 et 4 mars prochain vous désirez célébrer « Les femmes », vous pourrez me retrouver au Salon « Elles se livrent » ou j’aurai le plaisir d’interviewer en public quelques auteurs de chez nous.  Et pour l’occasion, si vous veniez à Braine-l'Alleud, vous y serez agréablement reçu.  De grandes plumes seront présentes et accessibles en toute simplicité.  L'évènement vous plongera au cœur du thème de l’année : La Namibie.  J’y serai présent avec le studio RCF. 

Si vous passez me voir, vous recevrez peut-être l’un de nos cadeaux en vous présentant avec cet article.12273275470?profile=original

Sans reprendre notre souffle, un bon de 1200 kilomètres vers le sud de la France.  Souvenez-vous, en 2017 les auteurs belges s’étaient remarqués au Salon International du livre de Mazamet. Six écrivains en provenance de notre terroir avaient fait le déplacement et Patricia Fontaine se voyait couronnée par le Prix Roman tandis que Perrine Peeters était nominée au même prix.  J’avoue qu’en qualité de témoin de l’évènement j’en avais été particulièrement ému et, disons-le sans détour, fier des plumes de nos régions.  En 2019, si mes renseignements sont exacts, la Belgique sera à nouveau joliment représentée et d’après mes sources, leurs écrits ne sont pas passés inaperçus…  Surprise, je vous réserve la primeur du palmarès 2018 puisque j'y serai présent comme dans de nombreuses manifestations littéraires.

Petit saut sur Carcassonne pour rejoindre les estivales de Malepere.  L’évènement se déroule sur une semaine, invitant conférenciers et scientifiques à présenter les fondements de la science.  L’humain y retrouve sa place, et comme attendu, les sciences humaines font partie des débats.  Une semaine enivrante pour l’esprit et clôturée par un Salon du Livre des plus intéressants.

Les incontournables que je me permettrai de vous citer dans le désordre.  Montcuq en Quercy, qui côtoie le marché du dimanche organisé par l’artiste Stéphane Ternoise.  Rocamadour et sa "Truffière aux livres" que je vous recommande chaleureusement en vous invitant à y inclure une journée touristique pour visiter la cité.

Le Salon du livre de Rocamadour se déroule en plein air, sous les chênes, généralement le premier dimanche de septembre.  C’est chaleureux et l’ombre de la cité médiévale offre un cachet unique en son genre.  J’aime ce Salon, je l’aime pour la simplicité des organisateurs et ce « je ne sais quoi » qui ouvre les portes à des rencontres inattendues.

Mon Dieu, j’allais oublier le coup de cœur, le Salon du livre de Buzet sur Baïse…  Coup de cœur ?  Oui certainement, car, pour sa première édition en 2017, les organisateurs se sont permis de mélanger les genres en offrant deux soirées cinématographiques suivies chaque fois par un débat.  C’était l’occasion de saluer Joseph JOFFO et l’incontournable Chantal Figuera Levy

Je ne vous essoufflerai pas en citant toutes les manifestations littéraires dans lesquelles nous serons présents.  Départ depuis la Belgique, arrêt sur la France, petit bon vers Genève pour revenir en France, participer au Salon de la Province qui se déroule à Genval avant de clôturer l’année par Charleroi et enfin Mon’s Livre que je salue et qui porte mon admiration.  Le Canada ?  Hm hm, c’est encore un secret et bientôt, pourquoi pas, petit détour par l’Afrique.

Un Marathon, je vous l’avais bien écrit, mais en votre compagnie, ce n’est que du bonheur.

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Qui ne souffle mot sur ces branches ?

 

Je ne sais si, par la fenêtre,

 

le regard porté sur ces arbres les fera,

 

tout comme hier, toucher les étoiles.

 

Vois-tu, maintenant, le cœur chante sa complainte,

 

rempli d’illusions et d’espérances.

 

Nous serons invisibles.

 

Et l’écharpe d’une bourrasque apportera

 

les premiers flocons de l’hiver.

 

L’image est flottante, perchée en l’air

 

et éblouit bientôt nos yeux.

 

Sur un chemin, l’herbe et les jonquilles sauvages.

 

La fraîcheur d’un soir.

 

Julien Boulier le 28 février 2018

 
poème déposé Sacem code oeuvre 3435296411

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Edgar Degas, classique ou moderne ?

Il y a un peu plus de cent ans, le 27 septembre 1917, mourait le peintre Edgar Degas Si l’on retient volontiers de lui qu’il était “le peintre des danseuses”, sa carrière a en réalité été bien plus vaste, de la peinture à la sculpture, en passant par le dessin et la photographie.

C'est en visitant la fondation de l’Hermitage à Lausanne que j'ai eu l'idée d'une série de créations en hommage à Degas. En effet s'y tenait une exposition consacré au pastel qui est un médium fascinant à la croisée du dessin et de la peinture. Cette exposition rassemblait 150 chefs-d’œuvre de collections suisses publiques et privées. Offrant une véritable histoire de cette technique originale, la présentation traversait près de cinq siècles de création, des maîtres de la Renaissance aux artistes contemporains. De Degas, on pouvait y admirer entre autres les Danseuses au repos.

Cent ans après sa mort, l’artiste résiste à toutes les tentatives de classification de son œuvre.

Edgar Degas est l’homme des paradoxes; peintre par excellence de la vie contemporaine, des cafés et des salles de spectacle, il est passionné par la culture classique et la peinture ancienne qu’il collectionne avec talent. Lui qui incarne parfaitement la double modernité prônée par Baudelaire, celle du sujet et celle des moyens plastiques, est en même temps celui qui dessine patiemment en atelier des scènes que l’on dirait surprises par un appareil photographique. Mieux encore, l’artiste que le poète Paul Valéry évoquait dans son ouvrage Degas, danse, dessin affirme qu’il faut regarder la tradition pour mieux être moderne! Il fut toutefois l’un de ceux qui renouvelèrent le plus profondément la thématique de la peinture.



Il fréquente les cafés, où il fait la connaissance d’artistes comme Manet, figure emblématique de la modernité, Manet, qui joue un rôle d’initiateur, le pousse à se détourner de la peinture d’histoire aux références mythologiques ou religieuses pour se consacrer aux scènes de la vie contemporaine.

Ces années marquèrent l’explosion de l’impressionnisme. Degas participa à la première exposition du groupe en 1874 bien que fort éloigné de la poétique de ses amis en particulier leur goût pour la nature.

«L’ennui me gagne à contempler la nature. À vous, il faut la vie naturelle, et moi la vie factice», écrit le peintre, qui préfère les lieux clos des spectacles et des plaisirs, soumis aux éclairages artificiels. Ses rares scènes d’extérieur s’intéressent plus au mouvement rapide des chevaux qu'il capte en une lecture nouvelle et en traits rapides comme dans «à l'hippodrome»

Il se consacra exclusivement aux scènes d’intérieur rendues avec des cadrages de plus en plus novateurs (Le Bureau de coton à La Nouvelle-Orléans, 1873); le monde du théâtre, les chanteurs, les musiciens et les ballerines constituent des thèmes récurrents de sa peinture. Les danseuses sont saisies en pleine répétition étudiées comme purs effets de mouvement, devenant plus tard essence de couleur vive. Degas représente également des repasseuses (Deux Repasseuses, 1884), des modistes et tous les types de figures féminines. De ses études réalisées au pastel émane une poésie embuée : les plans colorés y sont de plus en plus saturés jusqu’à la fin de sa vie. Très graphique dans les années 1860, le style de Degas se distingue tout au long de sa carrière par une grande sûreté de mise en page et par des compositions aux espaces coupés ou décentrés de plus en plus originaux qui le situent dans la grande tradition classique.



En dépit de son appartenance au groupe du Café Guerbois, Degas demeura toujours un artiste figuratif. Condamnant néanmoins les sujets académiques, il s’intéressa de façon privilégiée aux loisirs de la haute bourgeoisie, notamment l’opéra et les courses de chevaux. Degas cependant rejoignant en cela l’approche du courant réaliste, était loin de rester indifférent aux problèmes sociaux. Le travail de ses repasseuses, baignant dans une atmosphère embuée et malsaine, est comme l’antithèse des scènes de fêtes de Renoir.



La modernité des peintres impressionnistes est évidente. Stimulés par la comparaison avec la photographie, ils essaient de trouver une solution alternative aux méthodes traditionnelles de représentation de la figure humaine au cours des siècles.

Edgar Degas se passionne pour la photographie, qui l’aide dans ses efforts pour «résumer la vie dans ses gestes essentiels». Le peintre n’hésite pas à désaxer le point de vue central, à fractionner le champ visuel, à laisser d’importants espaces vides, à montrer les sols, à tasser les formes, comme dans sa série de nus de femmes, un ensemble de pastels présentés en 1886 à la dernière exposition impressionniste, dont le plus emblématique –LeTub– montre une femme accroupie dans une bassine. Les figures nues occupent une place importante dans l’œuvre de Degas et reflètent son évolution stylistique, de ses premiers dessins de «nu idéalisé» aux représentations du corps beaucoup plus incarné et sexuel réalisés à la fin de sa vie. Inspiré par les décompositions photographiques du mouvement d’Eadweard Muybridge, le peintre va donner une vie au corps comme jamais cela n’a été fait auparavant. Son observation minutieuse du mouvement à travers la danse le distingue également des impressionnistes. Degas privilégie la vie quotidienne des danseuses, qu’elles soient sur scène, en coulisse lorsqu’elles se déshabillent ou pendant leurs répétitions. Il peint leur fatigue après l’effort, leur souffrance physique, et s’emploie à reproduire fidèlement leurs gestes. Avec L’Orchestre de l’Opéra , il signe une composition audacieuse grâce à une superposition de plans : au premier plan, la fosse des musiciens, au second, la scène avec des danseuses sans tête formant un tourbillon de jambes et de tutus.

Une grande partie des peintres impressionnistes consacre également ses toiles aux scènes de la vie moderne, avec un naturel et un réalisme immédiat. Ils reprennent dans ses œuvres les « scènes de genre », très répandues dans la peinture ancienne, même si on les considérait alors comme des œuvres mineures, presque à la limite entre l’art et l’artisanat, peu appréciées, parce qu’on les estimait d’un niveau culturel très bas et destinées à un public peu cultivé et raffiné. Dans les compositions de Degas, le geste le plus banal prend une particulière douceur poétique et une intimité familière d’une extraordinaire spontanéité. Nous sommes très loin des grandioses évocations historiques qui triomphent sur les murs des Salons.



Habitué assidu à l’Opéra, Degas nous fait respirer l’atmosphère toujours frénétique et chargé d’émotion qui précède la «première». À partir de 1871, les danseuses vont devenir les seuls personnages des tableaux de Degas pendant qu’elles s’entraînent dans la salle de répétition ou derrière les coulisses, tandis qu’elles se préparent pour son entrée en scène. Il nous transmet avec réalisme et naturel les gestes des jeunes filles, même les moins gracieux et les moins féminins, pour nous faire comprendre qu’elles sont comme toutes les autres jeunes filles et que la grâce et l’élégance que le public admire sont le fruit de longs et fastidieux entraînements. Degas est fasciné par le point de rencontre subtil du mouvement et de l’équilibre d’une danseuse sur les pointes. Il accentue leurs gestes et les souligne par des touches rapides. Sa façon de distribuer les couleurs du fond semble aussi créer une sorte de tourbillon autour d’elles, comme si notre perception visuelle était conditionnée par le tournoiement rapide de leurs bras et de leurs jambes, au point d’avoir l’impression que toute la salle se déplace.

Au fil des ans, Degas tend à abandonner les ambiances raffinées et élégantes et porte son attention sur le monde des humbles. Après le voyage à la Nouvelle-Orléans (1873) il commence à s’inspirer de la vie quotidienne et austère des lavandières, femmes de chambre et couturières dans des appartements modestes. L’exposition de 1874 qui se tient dans l’atelier de Nadar, marque l’apogée du mouvement impressionniste mais aussi la fin d’une saison de grande créativité pour certains maîtres. Après cette date, une nouvelle époque s’ouvre pour Degas. Dans le tableaux «L’absinthe», la désolation du café reflète l’absence de perspectives humaines pour la jeune femme désemparée, perdue dans une solitude et un néant qui semblent se répandre autour d’elle. il peint la solitude d’une femme devant un verre d’absinthe, prise dans l’étau de l’alcool. Le réalisme de la scène se trouve renforcé par un cadrage décentré qui donne l’impression au spectateur d’être assis, en face, à une table voisine. Après avoir écrit son roman L’Assommoir, Émile Zola avouera au peintre: «J’ai tout bonnement décrit, en plus d’un endroit dans mes pages, quelques-uns de vos tableaux.»Dans son étude du corps humain, il découvre la gestuelle des repasseuses, des femmes qui se coiffent, qui se lavent dans un tub. La touche de Degas devient rapide, presque sténographique, car sa vue commence à décliner. Enfin, quasiment aveugle, il se consacre définitivement à la sculpture sur argile et en bronze.

Degas est aussi sculpteur, avec plus de cent cinquante œuvres en cire ou en terre. Partagé entre féerie des costumes et situation sociale misérable des danseuses, l’artiste, guidé par sa recherche de l’essentiel, réalise des sculptures parfois incomprises du public. Ainsi, quand il présente au Salon des impressionnistes de 1881 la célèbre Petite danseuse de 14ans, dite aussi Grande danseuse habillée, les critiques s’offusquent devant cette œuvre au réalisme cru.



Quelques années avant sa mort, Degas est atteint, comme Monet, du plus grand malheur des peintres: la cécité. Le 25 septembre 1917, le poète Paul Valéry, apprenant le décès de son ami, déclare: «Le travail, peu à peu, lui devint impossible, et sa raison de vivre s’évanouit avant sa vie.» Edgar Degas laisse plus de deux mille tableaux. Bien qu’il s’en soit toujours défendu, l’artiste est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands créateurs de l’impressionnisme. Ses recherches sur la lumière et le mouvement, son rejet de la peinture d’histoire, ses cadrages novateurs inscrivent son œuvre dans la modernité. S’il n’a pas eu d’élève, Degas a fortement influencé les artistes de l’avant-garde, de Gauguin à Matisse et à Picasso, des Nabis aux expressionnistes allemands.

Je terminerai en citant ces mots qu’il adressait au marchand Ambroise Vollard : "J'ai passé toute ma vie à essayer".

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administrateur théâtres

Il a remporté le concours Reine Elisabeth en 2013,  il est maintenant en résidence à Flagey et ses liens avec la Belgique sont privilégiés. Il  jouera ce soir  son fameux 3e concerto pour piano de Prokofiev.  Cela se passe  à l’occasion  des  Piano Days à Flagey,  un rendez-vous de l’avant printemps qui devient maintenant une tradition de 5 jours de festival  où se succèdent grands pianistes de musique classique  et de jazz mais également de jeunes virtuoses…  Par élection,  nous avions épinglé le concert du samedi soir, sachant qu’il y participait,  avec au programme :

  • Guillaume Connesson — Kadath & Le soleil couchant (2017)
  •  Igor Stravinsky — L’Oiseau de feu (suite) (version 1919)
  •  Sergei Prokofiev — Piano Concerto no. 3 in C, op. 26

Nous ne serons nullement déçus par  l’exécution brillante, dense et corsée  de l’opus de Guillaume Connesson sous la baguette follement imaginative de Stéphane Denève qui embarque les spectateurs dans un univers  méphistophélique cuivré où se côtoient des plaintess d’âmes en détresse, un cité d’or perdue dans un désert  où pleuvent des cascades de sons en forme de glaçons ou de sable, un éparpillement de voix confuses et des bourdonnements de vie domestique paisible,   avalés par la fièvre subite  d’assauts guerriers sur un rythme de sacre du Néant. Les mesures finales éblouissent dans de sombres ricanements.  Voilà une puissante et fantastique  introduction au conte de L’oiseau de feu créé  par Stravinsky.

 Quelques mots sur l’histoire d’Ivan Tsarévitch  qui aperçoit un jour un oiseau  fantastique fait d’or et de flammes. Il le  poursuit et il réussit  à lui arracher une de ses plumes scintillantes. Sa poursuite l’a mené jusque dans les domaines de Kachtcheï l’Immortel,  une  redoutable  puissance qui s’empare de maints preux chevaliers pour les changer en pierre. Les filles de Kachtcheï et les treize princesses captives, intercèdent et s’efforcent de sauver  le jeune homme. Par chance, l’Oiseau de feu survient et dissipe les  sortilèges. Le château de Kachtcheï disparaît laissant les jeunes filles, les princesses, Ivan Tsarévitch et les chevaliers délivrés …s’emparer des précieuses pommes d’or du jardin. La version 1919  de Stravinsky débute par des murmures fantomatiques, des enlacements tendres et un festin de gloussements et de pépiements d’où émegent et fusent violons et flûte.  Un climat de torpeur solaire s’installe avec  la langueur des cordes  et la harpe rêveuse encadrée par les flûtes.  Stéphane Denève, tout comme dans l’exécution précédente,  ordonne  des frappes fantastiques, une parade de fracassements bercés par le battement élégant des violoncelles. L’expressivité aérienne du chef d’orchestre se transforme en pulsations et en vibrations intenses. Les sons claquent, la terre tremble. Ce qui semble être une apothéose spectaculaire se métamorphose en un filet de sonorités humbles, en courbes souriantes apaisées, illuminées d’or. La forme des plumes magiques?   Le tempo est lent et majestueux, indolent presque imperceptible et se fond dans le chatoiement de la harpe.  Ainsi se clôt la berceuse avant le final rutilant gorgé de vitalité et de couleurs. Le chef d’orchestre est flamboyant.

Et enfin, rencontre avec le musicien de nos rêves, un façonneur de beauté  un architecte virtuose de la musicalité: Boris Giltburg que l’on écoute avec le Brussels Philaharmonic en  troisième partie  de programme, une apothéose. Boris  Giltburg entre dans le jeu du concerto de Prokofiev, bondissant. Il roule des pointillés précis, tresse des notes incandescentes. Evoque des accès de tendresse et de rêve, enlace  des torrents de cheveux d’anges puis se pet è construire de façon trépidante. Il a un tempérament de feu il catalyse des coulées de lave brûlante des éclaboussures sismiques des jaillissements de Stromboli en délire. L’orchestre propose un chant séculaire aux accents paisibles. Boris reprend au clavier, façon séraphique. La promenade se transforme en course d’obstacles  franchis avec grâce, pour déployer un jeu de douceur  et de rêverie lisse et lumineuse.  A travers l’errance,  des paysages s’évanouissent et  la saveur de l’éphémère infuse.  Encore une  reprise de l’aventure paroxystique et un ralentissement subit et le reste est silence…   Les spectateurs sont suspendus au temps.

 

 La  souplesse brillante de l’orchestre entoure les gouttes de bonheurs simples au clavier, leur humilité, leur délicatesse et  l’écoute de L’Univers.  Lorsque le pianiste reprend le thème ou le joue à l’unisson, c’est une véritable amplification poétique qui naît sous les doigts du magicien. Le clavier est devenu une divine monture,  nimbée de voiles transparents et lumineux.  L’aventure musicale, menée dans un train d’enfer à travers la poussière d’étoiles, est fougueuse, maîtrisée  et impeccablement souveraine. Et le jeune virtuose reste,  malgré les applaudissements et l’adoration du public, modeste et heureux de donner encore : deux bis où l’orchestre  entier écoute et savoure,  les yeux fermés deux interprétations à grande intensité émotive : deux  Études-Tableaux  de  Rachmaninov op. 39 - no. 8  en ré mineur et  no. 6 en la mineur. 

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Ressourcement

Pantoum

Le ciel, d'un blanc bleuté, s'étend à l'infini.
La lumière suave émeut telle une grâce.
Ce jour sera heureux. Ma rue est un espace
Silencieux, sans faste, empli de poésie.

La lumière suave émeut, telle une grâce.
Maisonnettes et arbres existent en harmonie.
Silencieux, sans faste, empli de poésie,
Ce jour sera heureux. Mon âme s'y prélasse.

Maisonnettes et arbres existent en harmonie.
Des rayons lumineux font scintiller la glace.
Ce jour sera heureux, mon âme s'y prélasse.
L'air apporte l'écho d'une ample symphonie.

Des rayons lumineux font scintiller la glace.
Les arbres et leurs ombres parfois sont désunis.
L'air apporte l'écho d'une ample symphonie.
Mon amour de la vie, ardent, refait surface.

26 février 2018

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En toi, le bateau a franchi l’espace. Il s’est ensuite amarré

                     

à son arrivée aux lointains horizons de ton passé.

 

De jours en jours, en te penchant sur ces images resurgies,

 

tu as senti que tes yeux revoyaient à travers le temps.

 

Comme lorsque les mots traversent le livre et font revivre

 

les voyages de leurs auteurs, imaginaires ou réels.

 

Les rivières apparaissent, on les touche du bout des doigts.

 

Le soleil se lève et éclaire le paragraphe qui l’a fait apparaître.

 

Les films de vies antérieures te sont dévoilés au détour de ces pages.

 

Au gré des chemins, feuilletant de livres en livres,

 

films de mots, mots qui glissent sous le crayon.

 

Des lignes et des phrases. De longs cheveux dansant autour de silhouettes

 

qui reprennent vie à chaque nouvelle lecture.

 

Julien Boulier   le 26 février 2018

poème déposé Sacem code oeuvre  3435185711

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administrateur théâtres

Voyageur de l'infini

Voyageur de l'Infini

Collectionne...

Coquillages, paysages et visages,

Écoute l'or de la voix,

Respire le jasmin des bois précieux,

Savoure les appels lancinants des oiseaux exotiques,

Endors-toi sur l'épaule du jour qui se lève.

 

Caresse des yeux les merveilleux nuages,

Le sable de la plage aussi doux

Que perles d'océan,

Les rivages aussi soyeux

Que tropiques? 

 

Présages et mirages

Rendent l'homme sage. 

 

Vents et parfums dispersent  

Les couleurs en poudre, 

Le miel des sables 

 

Et les embruns de la mer...

DH ELLE

L’image contient peut-être : ciel, arbre, nuage, plante, plein air et nature
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administrateur théâtres

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Certes la spécificité du  Bodegón espagnol naît de la diversité : sans l’influence d’artistes de nos régions, comme Joachim Beuckelaer (ca. 1535–1575) et Jan Brueghel, et d’artistes italiens tels que Margherita Caffi ou Giuseppe Recco, la nature morte espagnole n’aurait tout simplement pas existé. On situe la  naissance du genre en Espagne vers 1590–1600 dans le contexte tolédan, au moment où des artistes comme Caravage ou Bruegel l’Ancien faisaient des essais comparables en Italie et aux Pays-Bas. Voici la vie secrète des natures mortes …et leurs Métamorphoses silencieuses à travers 400 ans d’art en en Espagne. 

L’exposition « Spanish Still Life » au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles s’est ouverte  le 23 février 2018  et refermera ses portes le 27 mai 2018 avant de voyager ensuite vers Les Musei Reali à Turin.  L’idée d’une exposition consacrée au genre de la nature morte en Espagne est née après le succès de l’exposition Zurbarán, maître de l’âge d’or espagnol, organisée par la Palais des Beaux-Arts (BOZAR) et la Fondazione Ferrara Arte en 2014. Cette exposition a pu voir le jour grâce à une intense collaboration avec d’autres musées européens, tels que le Museo Nacional del Prado à Madrid, le Centre Pompidou à Paris, le Museo Nacional de Arte Antiga à Lisbonne ou le Staatliche Museen à Berlin.

 En ce qui concerne le titre choisi, il est intéressant d’apprécier la différence de vocables utilisés dans nos langues européennes pour caractériser cet art  considéré par beaucoup comme « mineur » même s’il fut très apprécié par les amateurs d’art.  Si on parle de  "nature morte" en Français et en Italien,  Still life en Anglais, Stillleben en Allemand, stilleven en Néerlandais... mettent l'accent sur la vie! Et l'espagnol se distingue en parlant de " los bodegones" un pluriel de "victuailles"… donc de vie. 

 Mais dès la première salle on est confronté avec  l’intransigeante pureté du mysticisme ascétique espagnol qui remonte aux temps de  sainte Thérèse d'Ávila,  réformatrice de l'ordre du Carmel (1562 ) et de son compagnon spirituel Jean de la Croix,  l'un des plus grands poètes du Siècle d'or espagnol.  On pourrait même  oser  un parallélisme entre le mysticisme séculaire espagnol et la pensée du bouddhisme : où l'espoir d'une aurore lumineuse ne peut naître qu'après le dépouillement absolu, l’aventure dans le Rien (Nada).

Les objets ne sont plus partie d’un décor, ils sont devenus les protagonistes de la toile.  Ainsi cette fenêtre noire sur laquelle se détachent quelques humbles légumes baignés de lumière  dans le premier tableau de l’exposition, signé Juan Sánchez Cotán, artiste de Tolède (1560-1627).  L’art du silence ? Ce tableau n’est pas sans évoquer  La Nuit obscure qui est le lieu privilégié où l’âme peut faire son chemin vers Dieu. En 1603 il devient frère convers à la Chartreuse,  menant  une vie contemplative à l'écart du monde, dédiée à la prière d'intercession, d'adoration et de louange. Dieu a laissé la beauté aux objets de ce monde, comme les légumes avec lesquels on fait la soupe. La Beauté est faite pour être contemplée,  comme la frugalité et l’intensité de cette toile… (Coing, chou, melon et concombre -vers 1602- Musée d'art de San Diego). 

On se retrouve à Séville, dans l’ombre de  Pacheco qui fut chargé par le saint Tribunal de l'Inquisition de « surveiller et visiter les peintures sacrées qui se trouvent dans les boutiques et lieux publics, et de les porter si besoin devant le tribunal de l'Inquisition » Nous voici devant une œuvre de Velasquez « Le Christ dans la maison de Marthe et Marie » qui décrit l’oppositions des nourritures spirituelles et terrestres. Quatre poissons rutilants, des éclats d’ail en train d’être épluchés… et le choix qui nous est offert!  

Et pourtant, l’empreinte des cruautés  de L’Inquisition depuis Torquemada, triste confesseur de la reine Isabelle de Castille et du roi Ferdinand II d’Aragon…  et d’autres violences successives  ne cessent  de transparaître. Le sang et la mort.  Cela se voit particulièrement dans  la section du 18e siècle,  alors que  l’Europe  des lumières explosait de toutes parts   mais que l’Espagne subissait de lourdes guerres de succession et des conflits civils  meurtriers. En 1814, L’Espagne est exsangue.  Deux toiles de Goya, précurseur des avant-gardes picturales du xxe siècle, décrivent  avec la modernité du geste expressionniste un dindon raide mort et ensanglanté et un plat de poissons pourrissants, des dorades bien mortes,   pour symboliser toute l'horreur de la guerre et de la violence. On y  retrouve la souffrance séculaire de l'Espagne : depuis son invasion par les Maures, depuis  la tragédie de la  liquidation de la communauté juive,  et le salut illusoire qu'elle a cherché dans la religion en s'engouffrant dans l'Inquisition. Les guerres civiles quasi-permanentes, et les guerres de succession ont semé la souffrance.  L'amour-haine avec les Portugais.  Et sous silence: la mort portée outre-mer, et les richesses coloniales rapportées qui  ont bâti sa splendeur.

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 Le parcours est donc chronologique à travers quatre siècles d’art en métamorphose.  Certains tableaux comme les deux Zurbaran symbolisent la passion du Christ. Le Lys, la Rose, l’Oeillet … la grenade, le raisin ne sont pas choisis par hasard, ils ont valeur symbolique!

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Juan Van de Hamen y Leon " Nature morte avec fruits et objets de verre" 1629

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 Francisco de Zurbaran "La vierge enfant endormie " 1655

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 Francisco de Zurbaran "Nature morte avec panier en osier et pommes"

Une grande section est consacrée aux « Vanités ». Du latin vanitas (« vide, futilité, frivolité, fausseté, jactance »), terme issu du Hébreux « Hevel » qui signifie littéralement « souffle léger, vapeur éphémère ». « הֲבֵל הֲבָלִים הַכֹּל הָֽבֶל »  « Vanité des vanités, tout est vanité » Les désillusions du monde, l’inanité, la futilité de l’amour profane, de l’argent des bijoux, du pouvoir avec les couronnes et les sceptres, du plaisir, du jeu, des armes… face au triomphe de la mort ! L’occasion de méditer sur le passage éphémère de la vie et sa nature « vaine ». Ainsi ce prince à la peau si blanche, couvert d’un habit de dentelles «  Il vient et il s’en va si vite »… est-il écrit, parmi les tiares, mitres, couronnes,  les instruments de science,  la beauté des fleurs et les  gloires de la guerre!

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Antonio de Pereda "Le songe du gentilhomme" vers 1640

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Dans l'Allégorie de la Vanité,  de Juan de Valdes Leal,  les illusions de la vie temporelle et même du savoir,  sont confrontées à la vérité de la vie éternelle - salut ou damnation -, un ange tourné vers le spectateur soulevant une tenture pour dévoiler un tableau représentant le Jugement dernier.

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Pablo Picasso; "La casserole émaillée "1945

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Joan Miro "Nature morte avec vielle chaussure" 1937

Ce cortège de chefs-d’œuvre, réunit les plus grands noms de l’histoire de la peinture universelle, de Velázquez à Picasso, en passant par Dalí. La nature morte au XXe siècle explose. Elle est multiforme, elle passe par l’art abstrait, la photographie, l’expressionnisme. Et toujours avec Miro, les douleurs de la guerre.  Le dernier tableau de l'expo présente  des agapes …surréalistes et presque palpables,  que l’on vous laisse découvrir.

https://www.bozar.be/fr/activities/126682-spanish-still-life

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Les phénomènes qui animent les tableaux imaginaires.

 

Beaucoup sont éclosion, soupirs, hivers et tressaillements de la pensée,

 

en suspens derrière l’écriture des mots.

 

Ceux qui brisent le cœur ou sont les naufrages du passé.

 

Loin devant les dernières volutes bleutées

 

d’un soir d’été ou ancrés dans le présent

 

d’un instant assoupi. Au ralenti,

 

sous une feuille tombée au sol ou observée en plein vol.

 

L’eau offerte, assoiffée de phrases mêlées,

 

choquée de les avoir entre ses yeux, devenue vent, terre, feu,

 

s’anime dans ton esprit au fil des découvertes,

 

petits films associés à tes pensées,

 

en regard des mots écrits sur la page.

 

Julien Boulier  le 25 février 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3435138411

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La côte sauvage confectionne sur ses épaules

 

d’ innombrables foulards de couleurs.

 

Belles envolées. Des journées en équilibre

 

sur ses lignes élancées, ses courbes suspendues.

 

Cette sensation de danser et de voler un peu avec elle.

 

Le très vieil arbre et ses jeunes pousses,

 

les anciennes forêts où l’on retourne s’abriter,

 

où l’on sort de l’ombre dans des clairières parsemées.

 

Rien que les rochers appuyés sur les dunes

 

et les bancs de sable.

 

Les brumes. Les soleils du matin.

 

Le vent et la musique des silencieuses étendues.

 

Julien Boulier   le 25 février 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3435136411 

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Le temps où tu voyais

 

en te penchant sur ce tableau,

 

tous les âges de ta vie.

 

Ce temps où s’émerveille le regard

 

devant la splendeur sonore des parchemins.

 

Ton carnet se remplit,

 

face à la houle,

 

le miroir de ton visage enfoui en-dedans ;

 

Jamais il ne s’enfuit.

 

En un clin d’œil il resplendit,

 

traversant le corps et les éclairs de ta voix.

 

Intime. Prévoyant. Sous les nuages blancs.

 

Tu regardes ailleurs et il te rejoint.

 

Julien boulier   le 24 février 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3435107911 

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L'étrange dame




Consciencieuse, assise sur le banc du parc,

Cheveux bruns, regard noir et franc perché au loin,
Comme une fée surgie des vagues d’un lac
Aux vagues rêves flottant à de beaux demains.

Belle comme un ange qui revêtirait le noir
Afin de masquer quelque joie passée,
Elle tendit un sourire au gamin du soir
Comme naît un rire sans nulle pensée.

L’enfant se sentit par enchantement aimé,
Rendit le sourire charmant de la dame,
Et sur sa joue vient déposer un baiser
Tel un sceau d’éternité gravé dans l’âme.

Tant d’années ont coulé et tant de demains
Ont voulu effacer sourire et baiser.
Mais le banc ce soir-là et ce parc en chemin
Voguent encore aux vents de mille pensées.

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administrateur théâtres

Bel hommage!

Quand il débarque à Liège en 2007,  Stefano Mazzonis Di Pralafera fera issu de la noblesse turinoise mais né à Rome n’est plus si jeune, mais il a déjà une solide réputation : il vient de secouer avec succès une vénérable institution, le Teatro Communale de Bologna, où il a été nommé superintendant trois ans plus tôt. Son mantra, c’est la jeunesse à l’opéra : des jeunes et parfois très jeunes, qu’il attire avec sa politique de prix, ses animations scolaires, ses programmations spécifiques. Il quitte Bologne en pleine gloire, salles pleines, enthousiasme de tous les publics, le vieux comme le nouveau. Suite à un concours international, il vient d’être désigné directeur général et artistique de l’Opéra Royal de Wallonie à Liège, Belgique. En Italie, on s’interroge : que va-t-il faire là-bas, dans la pluie et la grêle ?

Stefano Mazzonis sait ce qu’il fait, il aime les défis, et sait que l’Opéra Royal de Wallonie est la plus grande institution culturelle de la Communauté française de Belgique, un budget de 19 millions d’euros, près de 200 personnes employées ; il sait aussi que Liège, cernée par la Flandre, la Hollande, l’Allemagne est le dernier bastion de la latinité vers le septentrion, et qu’y vit une importante communauté d’origine italienne. Il a son idée et fait un pari…

Dix ans plus tard le bilan est impressionnant : la salle de mille places est pleine tous les soirs, l’ORW attire près de 100.000 spectateurs chaque saison, dont près de trente pourcents de jeunes ; le tiers du public vient de Flandre, de Hollande ou d’Allemagne, les opéras sont sous-titrés dans les trois langues et visibles sur le net, via culturebox, avec grand succès.

L’image contient peut-être : 5 personnes, personnes souriantes, personnes debout

Et pourtant, celui qui a appris la musique très jeune et qui s’y destinait a dû suite à un revers de fortune apprendre un « vrai » métier et ce sera le droit, Stefano se spécialise dans les télécoms pour Cofindustria, la puissante organisation des patrons italiens. Mais sa passion le taraude, et il ne peut pas s’empêcher de lancer à la télé et à la radio les concerts du dimanche, rendez-vous de musique classique et d’opéra qui vont devenir une institution en Italie. Et de fil en aiguille, petit-à-petit, on l’invite, il s’offre une première mise en scène en 1983, qui tourne en France, en Allemagne, en Belgique…

Et à Bologne et à Liège, il continue à mettre en scène les opéras du répertoire italien, Verdi, Puccini, Rossini, Donizetti… Son pari est tout simple : on laisse Wagner aux allemands, le contemporain et l’audace à La Monnaie de Bruxelles, et à Liège on montrera de l’italien, du classique, classiquement, costumes et grands décors, quoique…

« Stefano Mazzonis m’a fait venir à cause de ma totale incompétence et comme je ne sais pas du tout comment on fait, j’invente nécessairement quelque chose de différent…. »

Pour la réouverture après travaux de la magnifique salle à l’italienne de l’Opéra de Liège, en 2012, Stefano Mazzonis fait appel au cinéaste Jaco Van Dormael pour mettre en scène « Stradella », une œuvre de jeunesse de César Franck, qui n’a jamais été jouée. La piscine sur scène, où les chanteurs se noient lentement d’un acte à l’autre marquera les esprits…

Et c’est ce qu’en fin musicologue il préfère : exhumer des partitions et des opéras oubliés, négligés, qu’il crée ou fait créer à Liège, et qui sont souvent repris par les opéras du monde entier, comme « Jérusalem » de Verdi, « La gazetta » de Rossini ou « Guillaume Tell » d’André-Modeste Grétry, le compositeur liégeois dont le cœur bat toujours dans la statue érigée face à l’opéra, un mantra pour Stefano Mazzonis, et comme un air d’opéra qui enchanterait les brumes du nord.

source: Patrick de Lamale

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Comme une citation qui s'estompe avec le temps

Comme une citation qui s’estompe avec le temps.

 

Elle tourne, remplacée petit à petit par

 

des traces de pas le long d’un chemin.

 

Puis une halte. Inouïe. Susceptible d’inviter l’âme

 

à l’ombre des arbres en été,

 

avec un regard sur les toits de la ville.

 

De l’autre côté, la route vers les collines.

 

Le départ d’une autre phrase,

 

le tracé d’une autre randonnée.

 

A la lumière d’une autre saison,

 

les yeux souriant à chaque nouveau détour.

 

Julien Boulier  le 22 février 2018

poème déposé Sacem code oeuvre  3435034311

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