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12273273076?profile=originalZoom sur …Rossini

 

Nous voici  à un Gala très bruissant de belles personnalités. Sa Majesté le Roi ALBERT II  et la Reine  PAOLA,  figure emblématique du soutien qu’apporte la famille royale depuis des décennies,   à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, sont dans la loge royale à Bozar, en  ce vendredi 23 mars, veille de semaine sainte. Après une première partie  très bien réglée d’un récital de brillants airs de musique profane de  Mozart ( La Clémence de Titus, les Noces de Figaro, La flûte Enchantée…) où l’on a pu apprécier particulièrement  le  charme intense et la fraîcheur de Julia Szproch, soprano, la superbe musicalité de l’intense Katarina Van Droogenbroeck,mezzo-soprano et la très  affirmée Cécile Lastchenko, soprano, ce sont les mélodies sacrées de Rossini qui vont emplir les voûtes de la Belle salle Henry… comme si on était dans une cathédrale! Mélodies Sacrées par leur beauté incandescente, et Sacrées par leur contenu. Rutilantes par leur qualité et en avant-première du Temps Pascal.

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 Voici que dès les premières mesures du Stabat Mater de Rossini, on donne la main en pensée, aux inquiétudes du Requiem de Mozart avec la couleur sombre de l’introduction, les solistes qui semblent se relever d’une flagellation, et traduisent la puissance de la douleur abasourdissante.  Néanmoins, en filigrane du terrible  « Dum pendebat filius » «  Où son pauvre enfant était suspendu ».  On perçoit déjà un désir  joyeux de transfiguration, il est  introduit par les violons.

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Cependant, nous ne sommes pas au théâtre, nous sommes au cœur de la Passion. Bart Van Rijn, prince de la musique,  projette l’énergie du jeune Orchestre d’Anvers tous azimuts. Les instruments sont d’époque. Il y a une fraîcheur, une lumière et une justesse de timbre incroyables.  Les cuivres, brillent plus, les fils d’or des violons scintillent, les  hautbois et les bassons  donnent de la lumière, les trombones et les contrebasses sculptent le drame.

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Un superbe moment de gloire et de jeunesse radieuse est interprété par le très solaire  ténor Pierre-Emmanuel Roubet. Nous voici inondés de félicité comme à l'Opéra. Le Cujus animam est  dans la foulée des  airs du Barbier de Séville ou de Guillaume Tell. La générosité et la vitalité absolue de  l’interprète  sont soudain recueillies par des accords sombres et dramatiques de l’orchestre.

 

Qui est homo… Sophie Sproch et Cécile Lastchenko, l’une des chanteuses belges sélectionnées pour le Concours Reine Elisabeth 2018,  vont livrer la tristesse et l’affliction de toutes les mères et les pères  devant  la perte d’un fils ou d’une fille. La dimension humaine est égale à la dimension sacrée.  Dans le duo  l’admirable mezzo-soprano Sophie Koch, maître de chant à la Chapelle –   qui a interprété récemment le rôle de Mère Marie de l’Incarnation dans Dialogues de Carmélites à la Monnaie–  se montre palpitante,  dramatique, profonde et souple, empreinte d’immense modestie, laissant endosser à   la frémissante soprano Cécile Lastchenko, non seulement les racines de la vie, mais son épanouissement.    Ensemble elles vont ramener la vie dans la mort.   Le chef d’orchestre dirige avec fermeté les pleurs discrets des concertistes. Le deux femmes  soudées par la beauté de la musique,  concluent  par des accords a capella, puis l’orchestre livre  à son tour   l’ampleur de empathique son émotion. 

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Trois frémissements de timbales annoncent les tempi implacables du destin écrit dans le ciel, pour  la superbe basse, Bertrand Duby,  qui donnera le frisson… Pro peccatis suae gentis – Pour les péchés de sa nation « Vidit Jesum in tormentis » – Elle le voit, dans sa Passion « Et flagellis subditum »– Sous les cinglantes lanières…. Le cœur des mystiques bondit de compassion,   et la tendresse musicale fuse en crescendo. Mais à travers l’ivresse de la douleur, l’œuvre fait  fleurir la sérénité. Comme chez Fauré. Du Beau et du Sublime éthéré et diaphane à la fois, greffé sur la douleur humaine et son absolue dignité.

 

Eja, mater, fons amoris, le  solo basse et chœur a cappella  sont pathétiques, suaves, harmonieux, d’une mélancolie touchante, langoureux, allant jusqu’aux larmes,  par la pureté de l’interprétation. On touche l’extase de l’amour.

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Le moment absolu,  Fac ut portem  s’avère d’une architecture éblouissante « ut sibi complaceat », dans un jeu d’échos vivants et magnifiques. On est au cœur du message biblique. Seul l’Amour sauve.    Puis suivront des adresses à la Vierge enflammées comme de l’encens, l’humanité implore sur tapis de pizzicati. Le souffle épique se mêle au religieux, les accents sont brûlants et  finissent par se consumer sur des gestes  apaisants : les caresses du chef d’orchestre. Et après chaque très  beau moment, des bribes d’applaudissements incoercibles s’échappent de mains de spectateurs indociles,  innocents  lampions dans la nuit…

 

On arrive à la fin. L'Inflammatus, où le chœur accompagne la soprano solo déchaîne les  flammes.  Ils sont  dans l’acceptation d’un sacrifice démesuré, la douleur devient ivresse au pied de la croix, lieu de renaissance. Quando corpus morietur… bouleverse au-delà de toute expression.   Prière vibrante, vivante, immortelle. L’Octopus Choir développe à la perfection la pureté et  la dimension céleste.  L’Amen  incarne une fête totale de l’esprit et des sens, avec des rafales successives d’illumination et une élévation vers l’immensité de l’infini…. L’Amour?    L’urgence ou le devoir de  vivre ?  

Music Chapel
Gala Concert – 23.03.2018 – Bozar

Concert d’Anvers
Octopus Choir
Bart Van Reyn, conductor
Sophie Koch, mezzo-soprano
Cécile Lastchenko, soprano
Julia Szproch, soprano
Katarina Van Droogenbroeck, mezzo-soprano
Pierre-Emmanuel Roubet, tenor
Bertrand Duby, bass

Musical Program Gala 2018  

 Le programme offre une très émouvante traduction du texte latin, …dont on aurait d’ailleurs bien aimé avoir pu disposer ! C’est une retranscription romantique du poète flamand Guido Gezelle: 

 

Naast het kruis, met weenende oogen, stond de Moeder, diep bewogen, daar, gegalgd, heur kind aanhing.
Dwers door ‘t midden van heur herte, vol van zuchten, leed en smerte, ‘t scherpe zweerd der droefheid ging.
Ach’ hoe droef, hoe vol van rouwe, was die zegenrijke vrouwe, moeder van dat eenig kind!
Ach! hoe treurde zij, hoe kreet zij, ach! wat boezem pijnen leed zij naast Hem, die zij zoo bemint!
Wie die ook niet weenen zoude, zoo hij ‘t bitter leed aanschouwde dat Maria’s ziel verscheurt’
Wie kan zonder medelijden, Christus Moeder zoo zien lijden, daar zij met haar Zoon hier treurt?
Om de schuld van onze zonden, ziet zij Jesus vol van wonden, heel doorgeeseld, overal!
Ziet zij ‘t dierbaar Kind in ‘t strijden, met de dood, verlaten lijden, eer, eilaas, het sterven zal
Moeder, liefde doet u kwijnen; geef mij deel in al die pijnen, dat ik met u mede ween.
Laat mijn herte nimmer staken, God mij aangenaam te maken, vlammende voor hem alleen.
Maagd der Maagden, mijn gebeden, hoort ze, zonder bitterheden; helpt mijn medelijdend hert
Door de wonden die Hem schonden, Moeder, en aan ‘t kruishout bonden, deele ik zijn pijn en smert
Mocht ik klagen al mijn dagen mocht ik met u smerten dragen, eer mijn sterfdag voorenviel
Mij bij ‘t kruis met u vereenen! met u sterven, met u weenen!is het wenschen mijner ziel
Maagd, der maagden roem en zegen! werk mij in dien wensch niet tegen; gun mij dat ik met u klaag.
Mochte ik eens in Christus’ wonden, zijn verborgen, zijn verslonden,’k ware in ruste: och, hoor mijn vraag!
Mocht ik Christus’ kruise dragen, hebben daarin mijn behagen, heel doordronken zijn, voortaan!
Dan zal Jezus mijns ontfermen, en Gij Maagd, zult mij beschermen, als ik zal voor ‘t oordeel staan.
Laat in Christus’ dood en lijden op dien dag mijn hert verblijden, herontwekken mijne jeugd.
En, als ‘t lichaam komt te sterven,laat mij dan voor eeuwig erven ‘s Hemels weergalooze vreugd. – Amen

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 https://www.stabatmater.info/dutch/  

Stabat Mater dolorosa
Iuxta crucem lacrimosa
Dum pendebat Filius

1

Debout, la Mère douloureuse

Au pied de la croix, en larmes

Où son enfant était suspendu

Cuius animam gementem
Contristatam et dolentem
Pertransivit gladius

2

Et dans son âme gémissante

Inconsolable, défaillante

Un glaive aigu s'enfonçait.

O quam tristis et afflicta
Fuit illa benedicta
Mater unigeniti!

3

O comme elle était affligée, anéantie

La mère bénie

Du fils de Dieu

Quae moerebat et dolebat,
Et tremebat cum videbat
(Pia Mater, dum videbat)
Nati poenas incliti

4

Elle gémissait et soupirait

Et tremblait lorsqu’elle voyait

Les souffrances infligées à son enfant

Quis est homo qui non fleret,
Christi Matrem si videret
In tanto supplicio?

5

Quel homme ne pleurerait pas

En voyant la mère de Dieu

Endurer un tel supplice ?

Quis non posset contristari,
Piam Matrem contemplari
Dolentem cum Filio?

6

Qui pourrait sans tristesse

Contempler la pieuse Mère

Souffrant avec son fils

Pro peccatis suae gentis
Vidit Iesum in tormentis,
Et flagellis subditum.

7

Pour toutes les fautes humaines

Elle vit Jésus livrés aux tourments

Et meurtri par les fouets

 

Vidit suum dulcem natum
Moriendo desolatum
Dum emisit spiritum

8

Elle vit son enfant si doux

En train de mourir dans la désolation

Et rendre son dernier souffle

Eia Mater, fons amoris
Me sentire vim doloris
Fac, ut tecum lugeam

9

O Mère, source d’amour

Fais-moi ressentir la violence de tes douleurs, Fais que je pleure avec toi

Fac, ut ardeat cor meum
In amando Christum Deum
Ut sibi complaceam

10

Fais que mon cœur s’embrase

D’amour pour le Christ mon Dieu

Afin que je puisse lui plaire

Sancta Mater, istud agas,
Crucifixi fige plagas
Cordi meo valide.

11

Exauce-moi, ô sainte Mère

Pose  les  plaies du Crucifié

Dans mon cœur, profondément

Tui nati vulnerati,
Tam dignati pro me pati,
Poenas mecum divide.

12

  De ton  Fils, couvert de plaies

Qui a tant souffert pour moi,

 Partage avec moi  les tourments

Fac me vere tecum flere,
(Fac me tecum, pie, flere)
Crucifixo condolere,
Donec ego vixero.

13

Laisse-moi pleurer comme toi auprès du Crucifié

Tant que je vivrai

Iuxta crucem tecum stare,
Te libenter sociare (Et me tibi sociare)
In planctu desidero

14

Laisse-moi me tenir auprès de la Croix et m’associer pleinement à ton deuil

Virgo virginum praeclara,
Mihi iam non sis amara
Fac me tecum plangere

15

Ô Vierge des vierges,

Ne sois pas amère avec moi

Laisse-moi pleurer avec toi

Fac, ut portem Christi mortem
Passionis eius sortem,
(Passionis fac consortem)
Et plagas recolere.

16

Fais que je puisse porter la mort du Christ, partager ses souffrances  Et vénérer ses  blessures

Fac me plagis vulnerari,
Cruce hac inebriari,
(Fac me cruce inebriari)
Ob amorem Filii
(Et cruore Filii)

17

 

Et que ses propres plaies me blessent

Et que la Croix me remplisse d’ivresse Par amour pour lui

Inflammatus et accensus
(Flammis ne urar succensus)
(Flammis orci ne succendar)
Per Te, Virgo, sim defensus
(Per Te, Virgo, fac, defendar)
In die iudicii.

18

Si je suis brûlé et consumé,

Par toi Ô Vierge que je sois défendu

Au jour du Jugement

 

 

Fac me cruce custodiri
(Fac me cruce sublevari)
Morte Christi praemuniri
(Morte Christi conservari)
Confoveri gratia
(Cumulari gratia)

19

Fais que la Croix me protège

Que la mort du Christ me prémunisse,

Et me remplisse de Grâce

Christe, cum sit hinc exire,
Da per Matrem me venire
Ad palmam victoriae

19a

Christ, quand le temps sera venu de quitter ce monde, donne-moi de venir auprès de toi  par la grâcede ta Mère et d’embrasser les palmes de la victoire 

Quando corpus morietur,
Fac, ut animae donetur
Paradisi gloria. Amen.

Sempiterna saecula.  

Et quand mourra mon corps

Accorde à mon âme la gloire du paradis. Amen Pour les siècles des siècles.  

https://www.stabatmater.info/french/

 

 

 

 

 

 

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administrateur théâtres

Le 21 mars, il y a 333 ans,  naissait Jean-Sébastien Bach (1685-1750), est-ce pour cette raison que Bernard Foccroulle  présentait une magnifique programme à l’orgue ce dimanche après-midi à la philharmonie de Liège? D’aucuns disent que c’est le 31 mars, son anniversaire, d’après le  nouveau calendrier grégorien! Directeur du Festival d’Aix-en-Provence, ancien directeur du Théâtre Royal de La Monnaie, professeur d’orgue du Conservatoire Royal de Bruxelles, Bernard Foccroulle revient à ses premières amours avec un récital entièrement consacré à Jean-Sébastien Bach, dont il a enregistré l’intégrale pour orgue chez Ricercar.


Si tout musicien ne cesse de revenir à Bach, c’est que ce dernier a porté à son plus haut degré d’accomplissement toutes les formes de son temps  : cantates, préludes, chorals, sonates, fantaisies, fugues. Très jeune  le musicien prodigue  se grise d’une fougueuse exubérance musicale que l’on retrouve dans « Le prélude et fugue en mi mineur BWV 533 » majestueux qui ouvre le concert d’après-midi. Dès l’entrée, une construction brillante et ferme : des récitatifs dramatiques – il s’agit de la mise au tombeau du Christ -  des accords staccattos, de l’agilité dans les jeux de pédalier et un panneau central polyphonique lumineux. La deuxième œuvre de jeunesse présentée par Bernard Foccroule est une œuvre que Bach compose quand il avait à peine 20 ans,  un cantique de la résurrection, rapide et bondissant, aux vocalises ascendantes qui défient la mort,  pour terminer dans une glorieuse majesté. C’est la  Fantasia sopra « Christ lag in Todesbanden » BWV 718.

Ensuite on écoutera 5 des 45 chorals de « l’OrgelBüchlein » (1713-1716), des compositions de plus en plus personnelles, très courtes, centrée sur le développement d’une seule idée. Epinglons particulièrement le numéro 24 «  O MENSCH, BEWEIN DEIN SÜNDE GROSS BWV  622 » «Ô homme, pleure tes grands péchés. » Une pièce très expressive pleine de  la contrition du pécheur qui a causé la passion du Christ. Cette contrition sincère se transforme déjà en lumière et pardon même si la dernière phrase ressemble à un ultime Mea Culpa, tout-à-fait  dans l’esprit évangélique  luthérien. Et le numéro 30, « ERSTANDEN IST DER HEIL’GE CHRIST BWV 628 » « Il est ressuscité, le saint Christ. »  Ce choral est animé de la douceur de la supplication et du tutoiement de notes d’espoir, un flux de croches joyeuses. On est frappé par la souplesse, les appels dansant répétés,  l’expression d’une foi naïve qui tourne à l’exaltation joyeuse alors que la vie triomphe sur la mort.

«  La Passacaille et fugue en do mineur BWV 582 (VERS 1715) » composée de 20 variations et d’une fugue est colossale et sublime – d’après Bernard Foccroulle lui-même, qui commente le concert. Le visage de l’orgue est évidemment impassible, même illuminé du rouge de la passion, mais les sonorités ont réveillé les consciences. On se sent aspiré vers les hauteurs. On est ébloui par la splendeur musicale libérée, on participe à une Rencontre vibrante. Le rayonnement divin se mêle à une tempête d’amour. Pieds et mains  du musicien en action bourlinguent sur l’Infini. Immense et tragique. 

 Poursuivons le parcours: à Leipzig, la musique de Bach devient de plus en plus intériorisée et résume  toue la richesse de la musique depuis le Moyen-Âge. On reconnaît tout de suite les premières mesures de  « WACHET AUF, RUFT UNS DIE STIMME BWV  645 » «Réveillez-vous, la voix du veilleur nous appelle. » Il est tiré des  Chorals de Schübler (1746-1749) (BWV 645-650). Confiance, innocence dansante, tempo précis animent cette pièce emplie de légèreté. Par opposition, «  ACH BLEIB BEI UNS, HERR JESU CHRIST BWV 649 ». «Ah! Reste près de nous, Seigneur Jésus Christ. »  est parcouru de palpitations sombres, d’inquiétudes et de frissons face au crépuscule qui descend.

L’avant dernière pièce jouée par Bernard Foccroulle est « VOR DEINEN THRON TRET ICH HIERMIT » BWV 668 « Devant ton trône je vais comparaître »un choral dépouillé, sorte de testament spirituel, sérieux et méditatif,  empli  de grande sérénité où coulent les harmonies adressées à  Dieu. Il ne manque que les anges.

Le concert se clôture par la « Fantaisie et fugue en sol mineur BWV 542 (VERS 1720) » un chef-d’œuvre grandiose, où le compositeur exprime sa colère et son chagrin,  son incompréhension et son égarement devant le décès de sa première femme Maria Barbara, laissant quatre jeunes enfants.  Mais  la fugue brillante  lui fait retrouver son unité avec Dieu. On ne respire plus, on participe à une autre dimension, dans une sorte d’étourdissement spirituel. Il manque juste ici, les profonds échos des grandes cathédrales! 

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                     "Mon seul but a toujours été d'établir une musique religieuse bien réglée en l'honneur de Dieu..."

Bach : repères chronologiques 


1685. Naissance à Eisenach, en Thuringe, le
21/31 mars.
1703 (18 ans). Organiste de l’Église neuve
d’Arnstadt, il s’est déjà familiarisé avec les
compositeurs des Flandres et de l’Allemagne
du Nord, et les maîtres français.
1707 (22 ans). Organiste de l’Église Saint Blaise
de Mühlausen, il s’y affirme comme
expert en facture d’orgues et écrit ses
premières cantates.
1708 (23 ans). Organiste de la Chapelle
ducale et musicien de la Chambre de la cour
de Weimar, il bénéficie d’une réputation
d’incomparable virtuose, d’expert exigeant,
de pédagogue et de compositeur de la plus
haute qualité. Il découvre et adopte l’art des
Italiens et réalise une synthèse des styles de
son temps. C’est surtout de Weimar que date
une grande partie de ses œuvres pour orgue.
1717 (32 ans). Konzertmeister de la petite
cour de Coethen, il compose de nombreuses
œuvres de musique instrumentale.
1723 (38 ans). Cantor de Saint-Thomas et
Director Musices de la ville de Leipzig, l’un
des postes les plus importants de l’Allemagne
après celui de Hambourg, où officie son ami
Telemann. Il enseigne la musique aux élèves
de l’école, gère entièrement la musique
dans les quatre églises principales de la
ville et à l’Université (son travail consiste
à écrire ou choisir les œuvres, en trouver
et former les exécutants, les faire répéter,
etc.). Il se constitue un répertoire de quelque
300 cantates, élabore des œuvres majeures
comme L’Art de la fugue, L’Offrande musicale,
les Variations Goldberg, le 2e
Livre du Clavier
bien tempéré, les Variations canoniques…
1750 (65 ans). Meurt à Leipzig, le 28 juillet.

"Le but de la musique devrait n'être que la gloire de Dieu et le délassement des âmes."

Dimanche 18 mars 2018 - 16h00 
Durée
Env. 75'
Lieu Salle Philharmonique  Boulevard Piercot, 25-27   4000  Liège

Bernard Foccroulle

Séries
Orgue

https://www.oprl.be/fr/concerts/bernard-foccroulle#program

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Envol. Nos pieds ne touchent plus terre.

 

Nous sommes oiseaux pour quelques temps.

 

Voici tout en bas

 

les routes et les champs parfaitement découpés.

 

Merveilleux chemin que celui des airs.

 

Au retour, la marche sur les chemins nous recueillera.

 

Marche, observe et ressens

 

tout ce qui t’environne.

 

Rayonnante, chaque heure t’apparaît

 

à nouveau comme inépuisable.

 

Cherchant à parcourir d’autres sentiers,

 

préparant le prochain itinéraire sur quelques cartes.

 

D’emblée cette profondeur donne corps à nos journées.

 

Julien Boulier     le 25 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3436237011 

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Madame Badiou, mon idole

Songerie

Lycéenne de douze ans,
Je contemplais une dame
Dont l'élégance et le talent
De bonheur emplissaient mon âme.

L'enchanteresse au regard bleu
Qui offrait de la poésie,
Créait un monde fabuleux,
Émouvant, plein de fantaisies.

Elle avait l'art du beau-parler,
Un incomparable héritage.
Prenait plaisir à révéler
Ce qui ravit dans le langage.

Je lui écrivis un poème,
Un candide aveu enfantin,
Pourtant d'une énergie extrême.
Bien sûr, il resta clandestin.

N'aurais pu alors deviner
La considérable importance,
Qu'eut très tôt sur ma destinée,
D'avoir reçu des références. 

J'évoque souvent sa présence,
De muse ou de très jeune fée.
Elle mit dans mon existence
Tant d'heures de félicité!

24 mars 2918

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Enseveli sous les ondes sonores,

 

entre chacun des vacillements,

 

les plis de ta robe.

 

La force des lignes apparaît.

 

Juste être là, infini regard jouant

 

en chemin les rêves de nos vies.

 

Exacte image au petit jour.

 

Gracieuses paupières et ces sillages sur l’océan.

 

Epreuve d’un élan tourné

 

vers un monde à part.

 

Cette vie si présente et le village au loin,

 

avec la nuit qui tombe,

 

hallucinée.

 

Julien Boulier    le 24 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3436219511 

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Chacun son mystère , qu’il soit étrange ou musical,

 

sous les branches du grand saule ou au sommet des montagnes.

 

A le regarder de plus près,

 

il devient l’odeur des embruns

 

qui se camoufle dans un épais brouillard.

 

Le son d’une harpe sur des falaises d’Irlande.

 

En dansant, il se dévoile

 

et éclot le matin sur les pages d’un vieux grimoire.

 

Le papier jauni porte en lui les paroles d’une sombre mélopée

 

ou d’une ancienne histoire que nous racontait nos ancêtres de vive voix.

 

Il est aussi ce que nous disons au moment où on l’attend le moins.

 

Une déclaration, un souhait, une métamorphose,

 

ou simplement un chemin sinueux à travers nos paysages favoris.

 

Julien Boulier    le 23 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3436170111 

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Garder le goût d'agir

Soliloque

En mon état d'insouciance,
Laissant le temps suivre son cours,
Abstraitement, dans le silence,
Que vais-je saisir en ce jour?

- De la lumière, la tendresse,
Du repos, la sérénité,
Et ce bien-être qui ne cesse,
Dans la douce passivité.

Au cours de ma longue existence,
Mon histoire fut exaltante.
Dans sa phase de survivance,
Elle m'apparaît décevante.

Me faut garder le goût d'agir,
D'avoir un pouvoir sur les choses.
Non pas seulement ressentir.
En ce jour, quel choix se propose?

22 mars 2018

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Tu pourrais être celle qui, à nos yeux, nous emporte.

 

Bienfaitrice, tes cheveux ramassés sous le vent,

 

tu es la houle qui effleure les rochers.

 

Parée de longs manteaux,

 

tu es l’étoile au cœur de l’hiver

 

quand nos regards se prolongent

 

jusqu’aux formes des constellations.

 

Très chère, tu es d’emblée la terre lointaine,

 

le delta de nos espérances.

 

Tu apparais ce jour,

 

et tu demeures au cœur de nos mains,

 

cette eau qui scintille devant tes yeux.

 

Julien Boulier   le 22 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3436142411

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BILAN...

 J'ai faim, j'ai froid, j'ai chaud, j'ai soif...

Et le temps passe à une cadence

Qui interpelle et qui décoiffe!

La vie est là, et c'est une chance.

Dans ce présent qui est cadeau

Laissons défiler les saisons

En observant un monde beau

Qu'il soit de miel ou de frissons...

Et si parfois les larmes coulent

Telles nécessaires exutoires

Chantons l'amour qui se déroule

Quand on n'a pas cessé d'y croire...

J'ai chaud et soif puis faim et froid

Et tout ce temps qui se balance

Il ne mérite pas notre émoi

La joie s'enroule si on y danse!

Demain est bien sans importance

Puisqu'aujourd'hui, toi tu es là

On a su saisir notre chance

Et le restant n'est que blablas...

J'ai faim, j'ai froid, j'ai chaud, j'ai soif

Et le temps passe à une cadence

Qui interpelle et qui décoiffe!

La vie est là, et c'est une chance.

J.G.

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administrateur théâtres

Un concert hors gabarit : Oser le rêve !

16

MARS
20:00 - 23:30

Le Klara Festival a exhumé  des partitions fortes pour son édition 2018. Le thème était l’imagination. On sera comblés au-delà de toute mesure par ce concert d’une puissance stupéfiante donné à Bozar le 16 mars dernier.  Prefatory Action to Mysterium (1903-1915) de Scriabine, comme il est dit dans le programme, était une œuvre qui allait surpasser tout ce qui s’était fait jusqu’alors dans l’histoire musicale. Une œuvre visionnaire, radicalement messianique qui devait changer le Monde! Le rêve de Scriabine  interrompu par sa mort (1915)  fut rattrapé par le compositeur russe Alexandre Nemtin (1936-1999) qui y travailla pendant trente ans pour  le compléter en polir les innombrables facettes.

Alexander Scriabin, Mysterium

Stanislav Kochanovsky, conductor
Vadim Tsibulevsky, Konzertmeister 

Scriabine vit dans ce que l’on appelle l’automne culturel de la Russie tsariste. L’art symboliste répond au matérialisme croissant de son époque, par une nostalgie des valeurs spirituelles  et de l’unité perdue entre esprit et matière. Il y a deux mondes, comme le pensait Platon : le monde sensible que nous expérimentons, et le monde métaphysique idéal qui se cache derrière lui : là où règne le Beau, le Bien, le Vrai. En allant plus loin, le philosophe russe Vladimir Soloviev exprime l’idée que la vraie beauté née d’une idée et d’une matière qui s’interpénètrent est une force qui peut améliorer la réalité !  Ce pouvoir actif, les russes le nomment « théurgie » … Et nous : « good vibes ? », ces ondes greffées dans la beauté qui inondent et transforment ? La force transformatrice de l’art ! Et en allant plus loin encore, voilà que Scriabine est touché par les idées enracinées dans l’hindouisme, selon lesquelles, la conscience du corps matériel évolue vers l’esprit universel… Ainsi, il conçut son Mystère comme un accélérateur de transformation cosmique. Ainsi, Scriabine, très conscient de son utopie, pense que « L’Acte préalable »  sera un premier pas dans la bonne direction. La musique, comme chemin de révélation? Son rêve est d’impliquer le plus de participants possible. Serait-il, en 1910, créateur d’Art Multimedia? Un moteur de métamorphoses?   

“There will not be a single spectator. All will be participants. The work requires special people, special artists and a completely new culture. The cast of performers includes an orchestra, a large mixed choir, an instrument with visual effects, dancers, a procession, incense, and rhythmic textural articulation. The cathedral in which it will take place will not be of one single type of stone but will continually change with the atmosphere and motion of the Mysterium. This will be done with the aid of mists and lights, which will modify the architectural contours."  

Lors de la production du Klara Festival, l’œuvre devient un gigantesque  jeu de sons et lumières d’une époustouflante densité.  Non seulement les sons mais les couleurs balayent la salle et le plateau. Voici le premier acte : l’Univers.  Le pianiste  russe se fait entendre à travers les agissements puissants des cuivres et le fracas du tonnerre créateur. Dans l’exploration de l’univers en formation, le bleu fuse avec les vents, les échos se multiplient, le clavier ordonne et les violons frissonnent. Des suites s’organisent et se rassemblent. Assiste-t-on à la création de l’univers ou à celle des premiers chromosomes vivants ?  Pourvu que rien ne vienne geler la vie frémissante.   Il faut reconnaître l’espoir insensé qui se gonfle sur les cordes, repérer le chant léger et aigu d’un duo de hautbois et de violon, bientôt absorbé par une marche de géants aux percussions. Le piano renaît. Avec lui l’intelligence des violons  et la lumière entre dans la caverne.  Une flûte écrirait-elle le mot liberté dans l’espace ? Le pianiste a recueilli le message en trilles colorées de douceur. Un flot de vocalises descendantes se heurte aux vagues tumultueuses de percussions sourdes, le chœur se lève. Le cri déchire l’espace. Les percussions disent  un  Big Bang  visionnaire suivi d’une longue onde de silence. Le chœur rêve d’éternité et s’organise en une éclosion lente et spectaculaire. Les cuivres sonnent à la perfection tels  des voix d’outre ciel. Le piano répond avec des gazouillis d’infini. On a reconnu quatre notes primordiales qui ne cesseront tout au long de l’œuvre de phosphorer, au sens étymologique du terme.

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  Comment capture-t-on l’essentiel ? Il faut se laisser porter, accueillir la grâce. Se laisser emporter par le thème, un aphorisme répété mille fois. Se laisser rêver sur les changements de faisceaux de lumières colorées qui épousent les sonorités et les voix, entrer  dans  l’alchimie secrète des ondes sonores et lumineuses, sonder l’univers et l’humanité en marche.   N’est-ce pas ainsi que maintenant on étudie les étoiles, grâce au jeu des spectrographes?

Le deuxième acte décrit dans une sorte d’ivresse musicale la chute  nécessaire de l’humanité, ses douloureuses blessures,  son combat et sa route difficile vers une vision de réconciliation et de pardon. Sa quête de l’harmonie spirituelle. Le troisième acte est une transfiguration  très bien décrite décrit dans les notes de Nemtin :  « La coda s’ouvre avec une sorte de transfiguration. Au climax commence un rite doux, avec le son de cloches et d’un chœur. Presque tous les motifs mélodiques des trois parties sont répétés. À la fin, le chœur chante à l’unisson le motif de quatre notes de la mort. Cela ne ressemble pas à la mort, mais semble plutôt une étape vers un autre niveau de la vie. Au début – quand les cloches sonnent –, les quatre notes résonnent fort, puis s’éteignent et tout disparaît, se dissout. C’est précisément, il me semble, ce qui se passe à la fin. L’univers qui fuit dans toutes les directions commence à se rassembler sur une seule note – fa dièse, la note que Scriabine aimait tant. L’Acte est terminé. »

Dans cette troisième partie on est touché au plus profond par des effets grandioses du tuba, la douceur des hautbois, les jeux de sonorités fruitées, les charges bruyantes. Les quatre notes sont déclinées à l’infini par tous les pupitres comme des mantras en forme  ascendantes et chromatiques. L’orgue a fait son apparition : à la fois rayonnement incandescent et un éclat d’une extrême délicatesse. Le mystère s’empare des cordes qui jouent de façon presque invisible. Du  bercement  régulier des arpèges,  apparaît le beau grain de  voix de la soprano qui produit de larges vocalises,  stables et pleines, sorte d’élixir de sérénité fascinant. L’imaginaire est large comme le rêve d’Icare, sauf qu’il n’y aura pas de chute!  A chaque retour des quatre notes fondamentales, débarque une caravane de lourds parfums capiteux, du sable mou  et chaud, un résumé de l’Univers. Le pianiste réveille l’énergie, l’orchestre amplifie les mouvements,  décuple les forces en présence, Le chœur de 60 choristes de la radio Hongroise est debout. Avec la soprano, l’ensemble ressemble à un gigantesque mandala,  on ne sait plus d’où viennent les émotions. On assiste à une sorte de transfiguration de flux passionnels, de joie créative, de scansions et de pulsions impensables. Du Beau, du Vrai, du Bien sûrement,  en gestation perpétuelle… ad libitum. La saga fantastique est fascinante, on ne voudrait surtout pas que cela s’arrête ! Une plume vole et se laisse choir avec délices. Comment ne pas être transportés ? On a vu des milliers de flocons de lumière tomber paisiblement sur le Monde.  On a entendu le carillon de noces terrestres.  On a accompagné la soprano s’élevant vers le ciel et disparaissant dans un point lumineux et on s’est laissé ensorceler dans l’apothéose du final, avec du bleu strident jeté sur les spectateurs. Voilà une expérience inoubliable par sa force poétique. Voilà ce que peut faire l’art quand il nous bouleverse.

Rue Ravensteinstraat 23, 1000 Brussels, Belgium

https://www.facebook.com/klarafestival/videos/1976647999025705/?t=25

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Poètes et peintres,

 

à l’origine de notre langue qui sait,

 

vous dites ce que les mots attisent,

 

et de la comparaison,

 

ne subsiste que l’écho,

 

entre ombre et lumière.

 

Le chant du sphinx,

 

comme des rêves endormis,

 

au bord de l’eau, entiers, silencieux.

 

La recherche de l’inertie.

 

Que la couleur des reflets

 

parsème le regard

 

et s’évapore après l’averse.

 

Julien Boulier     le 20 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3436029411

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administrateur théâtres

 UN AMOUR QUI NE FINIT PAS. Comédie d'André Roussin (1911-1987)  Du 3 au 22 mars 2018

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Par la Comédie de Bruxelles

Avec Laure Godisiabois, Christel Pedrinelli, Pierre Pigeolet, Daniel Hanssens. Mise en scène : Daniel Hanssens

 

C’était les années 60-70 !  « Au théâtre ce soir », qui se souvient ? La dynamique, ravissante et élégante Juliette reçoit des lettres d’amour  flamboyantes et savoureuses d’un quidam rencontré lors d’une cure à Divonne-les-Bains.  Bien sûr, Roger,  son mari grille de jalousie devant le charme désuet et romantique des propos fleuris qu’il a découverts !  Pour protéger l’honneur de sa femme, il  s’en  ira porter lui-même le paquet litigieux à son expéditeur dès qu’on aura élucidé l’adresse. Pierre Pigeolet pousse le rôle sanguin  jusqu’au burlesque.  

 Jean est le mari coupable qui est allé innocemment en cure et a rencontré …une jeune-fille ? Sa mère ?  Une femme ? Un rêve, qui lui a fait passer 12 jours délicieux, loin de sa femme Germaine une dame de fer  plutôt castratrice qui est passée maître des  interrogatoires serrés et infantilisants. Jouée à merveille par  Laure Godisiabois,  A chacun de leurs échanges, on déterre la hache des dialogues de sourds : du comique verbal  de très  haut vol,  qui n’est pas sans rappeler l’humour de Raymond Devos  dans  sa logique implacable!  De véritables  morceaux d’anthologie ! S’il ne veut pas particulièrement mentir à sa femme, il ment mal! Avec une intuition toute féminine et un raisonnement implacable, elle a tôt fait de  reconstituer les pièces manquantes au scénario et peut se faire une idée assez précise de la traîtrise en cours, qui n’a rien à voir avec les incartades habituelles du mari et lui paraît d’autant plus dangereuse!  Tout se corse, bien sûr,  quand les deux jaloux, Germaine et Roger font alliance!

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Du côté Juliette-Roger, c’est Juliette :  Christel Pedrinelli, éblouissante de charme  et  d’effervescence qui,  sertie dans des robes de rêve,  crie au scandale, puisque son mari semble ne plus avoir confiance en elle ! Or, elle n’a strictement rien fait de mal ! « On verra plus tard pour la paix ! », lance-t-elle, piquée au sang !  La voilà qui entend avoir voix au chapitre, et  qui sait,  changer le cours des choses! On vous laisse évidemment déguster la suite de l’histoire…

L’ironie et les sarcasmes déferlent dans le salon Jean-Germaine, mais aussi la confession émouvante et lumineuse de Jean /  Daniel Hanssens qui  hisse celui-ci,  au-delà de la comédie, lorsqu’il évoque l’Amour hors gabarit. Humainement,  il réclame cette part secrète indispensable, ce jardin virtuel extraordinaire  où se cultiverait l’amour qui ne finit pas. Un amour  qui ne nécessite pas de  composantes sexuelles, qui vit de son contenu poétique et exalté. Celui qui échappe à la routine, aux contingences, aux frictions, aux désaccords,  où l’explosion verbale devient bouquet de caresses, où il  appelle « son infante et sa principessa »  une belle inconnue qui ne lui doit rien! Dans une adresse à Juliette, un nom  dont la connotation n’échappe à personne, il ose clamer que l’amour est « la fantaisie de Dieu».  Il prétend avec humour  « ne pas permettre à son mari de lutter avec Dieu, sur ce chapitre ! » … tandis que Germaine, prénom bien choisi  lui aussi, croira élaborer un plan infaillible avec Roger pour « tuer le bonheur  dans l’œuf !» et assouvir leurs  secrets rêves de pouvoir.

Dans la mise en scène, on passe d’un salon à l’autre. Aux murs, de tendres couleurs pastel lilas, champagne et tilleul mettent en valeur de hautes fenêtres lumineuses.  Chez Germaine, des meubles genre Roche Bobois et un bouddha qui ne la décoince pas, chez Juliette, des meubles de style, plus collet monté  et un téléphone qui sonne régulièrement pour les amoureux des belles lettres. Au fond,  chacun sa radio 'TSF' vintage, question d'époque! 

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Ni Jean, ni Juliette n’ont besoin de « protection » lointaine ou rapprochée. Ils ont besoin de respirer…  Ils ne supportent pas l’amour prédateur qui finit par étouffer. Il y a  ces deux monologues parallèles  bouleversants où chacun réclame seulement le droit de rêver. Jean  rêve d’un «  Un bonheur qui ne blesse personne, qui donne au  lieu de recevoir, qui vénère au lieu de séduire… » Ce sont ces moments précieux qui font dire à André Roussin que la bonne comédie est très proche du drame.

Paul Léautaud  ne donnait-il pas comme définition du bon théâtre : « C’est le rire, la fantaisie, l’imagination, la répartie vive, le trait prompt et pénétrant, tout à la fois l’irréel et la vérité, l’observation qui se répand en traits comiques, le mouvement, la farce, au besoin même la bouffonnerie…» Tout y est !  Amateurs de bon théâtre et de langue grisante, réjouissez-vous ! Ce spectacle pétillant qui tourne autour de l’Amour tout court,  est franchement bien joué de façon virtuose et  récréative, et dévoile  des profondeurs  inattendues, même si la fin laisse un goût de nostalgie!

We loved it!  

Crédits photos © Gregory Navarra

         

 Après le Centre Culturel d'Auderghem, plus que quelques jours au Centre Culturel d'Uccle  

 

 

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Ton regard fut reconnu hier.

 

C’était l’été.

 

La légende d’un espace

 

où même le vent des saules

 

n’atteindra pas ce qui naquit

 

lorsque nous nous sommes aperçus.

 

Tu étais en train de danser sous cet arbre.

 

J’ai suivi ce qui me semblait être le bon itinéraire.

 

Où sont les mirages de tes yeux

 

si ce n’est calés dans les miens ?

 

Ses yeux, les cils, en toutes saisons.

 

un corps de plumes

 

sous les violettes.

 

Julien Boulier   le 19 mars 2918

poème déposé Sacem code oeuvre 3436021311

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Un mot au pouvoir mirifique

Pour me sortir de l'apathie,
Un mot charmant et efficace,
Emplissait mon âme de grâce,
Me redonnait de l'énergie.

C'était surtout dans la souffrance
Que je recourrais à ce mot.
Il apaisait certes mes maux,
Faisait surgir de la brillance.

En ces temps où la léthargie
Me prive d'entrain et me lasse,
Rend maussade le temps qui passe,
Je m'abandonne à sa merci.

Mais si je murmurais: mamie!
Se pourrait-il que ce vocable
À nouveau devienne capable
De produire de la magie?

19 mars 2018

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administrateur théâtres

12273270890?profile=originalDernièrement a eu lieu un festival européen au cœur de l’Europe, le festival EuropArt.  « Si tu veux devenir international chante ton pays…! c’est Beethoven qui le dit ! Et le fondateur de ce festival,  c’est … Guillaume Grignard, pianiste, détenteur d'un master en science politique, Directeur Artistique du festival EuropArt, fondateur de Musique en Liberté ASBL, actuellement aspirant chercheur FNRS dans le domaine des sciences politiques. 

Pianiste né en 1987, Guillaume Grignard est diplômé du Koninklijk Conservatorium Brussel, dans la classe de Piet Kuijken. Il s’est formé avec de nombreux pédagogues réputés comme Roberte Mamou, André de Groote ou Jan Vermeulen. Il est également diplômé de l’académie de musique de Péruwelz où il obtient plusieurs distinctions comme élève le plus méritant de son académie. Enfin, il s’est distingué dans certains concours en étant notamment lauréat du concours Charlier. Passionné par le répertoire de musique de chambre, il s’est formé auprès de la violoncelliste Vivianne Spanoghe et du pianiste Thomas Dieltjens. Avec ses partenaires, il s’est produit régulièrement en concert en Belgique et en France. Parallèlement à cela, Guillaume Grignard s’intéresse à l’improvisation. Dès l’âge de douze ans il exécute ses premières compositions et au conservatoire il a pu se perfectionner avec Helmut de Bakker et Boyan Vodenicharov, ce qui a considérablement élargi ses compétences en la matière. Esprit bouillonnant et superactif,  Actuellement, Guillaume Grignard est aspirant chercheur FNRS en science politique…

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La vocation de ce festival européen est de convoquer des  jeunes artistes des quatre coins de notre belle Europe et de constituer une Europe musicale. Les pièces de concert ont un dénominateur commun, être moins connues du grand public et représenter un pays qui nous est moins connu.

 

Le 3 mars dernier, au concert d’ouverture de la 7e édition de ce festival EuropArt,  c’était la république tchèque, la France et l’Allemagne qui étaient au rendez-vous au Musée des instruments de Musique. Ensuite Autriche, Bulgarie Pologne se retrouvaient  à l’abbaye de Forêt.  22 autres pays ont  été représentés sur différentes scènes bruxelloises.   Le 8 mars dernier, le théâtre Mercelis accueillait  le jeune Florian Noack, piano, et le Quartz Ensemble, un quintet à vents qui fête ses 26 ans.

Au programme:

Carl Nielsen (1865-1931) : Quintette à vent (1922)

Blaž Pucihar (1977) : Prima Sonata pour flûte et piano (2003)

Georges Enescu (1881-1955) : Cantabile et presto pour flûte et piano (1904)

Francis Poulenc (1899-1963) : Trio pour piano, hautbois et basson (1926)

Francis Poulenc (1899-1963) : Sonate pour deux clarinettes (1918)

Francis Poulenc (1899-1963) : Sextuor pour piano et quintette à vent (1932)
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Le Quintette à vent, op 43 de Carl Nielsen (1922) pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basson donné en ouverture du concert a été une découverte.  Une œuvre sereine et paisible où s’enchainent 11 variations sur un même thème. On est frappés par des sonorités rutilantes, un cor et un basson généreux, une clarinette primesautière, de beaux duos,   des rythmes de violons invisibles gonflés de rires. La clarinettiste nous offre d’ailleurs quelques gloussements farceurs.  Le thème fait penser à une  marche accablante sous le soleil, remplacé furtivement  par des balbutiements futiles de la clarinette, puis  des sarcasmes excentriques,  sur  tempo pressé,  puis se  reconstitue en toute sérénité à la fin du morceau.

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 Partons  à la découverte de la première Sonate pour flûte et piano de Blaz Pucihar (1977). Florian Noack démarre sur un rythme jazzy, le spectateur est tout de suite fasciné par son jeu de  mains sublime. La flûte est toujours aussi farceuse, Notes et trilles acides, douceur et badinerie, Florian Noack fait résonner son instrument.  Le Cantabile et presto pour flûte et piano de Georges Enescu,(1881-1955) enflamme le pianiste, entre l’ardeur d’une narration et la douceur d’une romance. Les mélanges de sonorités avec la flûte  se produisent: ces moments de fusion rares où l’oreille est séduite mais ne connait plus la source…  Après la pause c’est Francis Poulenc (1899-1963) qui tient l’affiche.   

Le trio pour hautbois basson et piano est enjoué, bienveillant et élastique. On passe d’une ample rêverie à des rythmes de films muets bourrés d’humour. Les dialogues sont moelleux, « Deux n’étions et n’avions qu’un cœur… ! » avec des développements mélodiques plein d’esprit. Florian scande la musique avec grande complicité, il a l’humilité nécessaire de l’accompagnateur qui encadre sans écraser. On se laisse gagner par l’émotion si généreusement partagée. Après: La sonate pour deux clarinettes de Poulenc, sorte de parade aviaire décontractée, dont on écoute les hululements nocturnes les yeux fermés.

Ce concert se referme sur Le Sextuor pour piano, flûte, hautbois, clarinette,  basson  et cor, ( 1932). Rivalité de sautillements et de torpeurs langoureuses, les instruments diffusent fumées et alcools,  le pianiste fait naître des notes innocentes avant  que la partition ne plonge dans une effervescence libre de toute contrainte. C’est ludique en diable. Le pianiste ne fait qu’appuyer les vents, se distingue à peine par quelques notes, un glas déguisé, une nostalgie… Un être est solitaire quelque part et pleure en silence. En musique, les larmes sont belles et pourtant, pas un violon à l’horizon !

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Et puis, un bis d’adieu, pur élixir de romantisme sous les doigts de Florian Noack:  le Nocturno de Vadim Petrov, qu’il joue le sourire aux lèvres… et dont il respire le rythme. Nous voilà au coucher de soleil, à Prague, sur le pont Charles?  Ah! Le charme des villes européennes et leurs musiques!

Florian Noack, piano - Ensemble Quartz

https://europart.brussels/festival/

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Regardez ces fleurs coupées.

 

L’été est encore dans l’ombre.

 

Les nuages défilent.

 

Imagine nos forêts.

 

Dans cette maison

 

où l’on peut lire à côté de la cheminée,

 

les yeux d’un chat,

 

proches de la faible lueur,

 

promènent leur regard

 

toute la matinée.

 

Comme un oiseau,

 

avec la vue sur notre soleil.

 

Julien Boulier    le 18 mars 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3435964811 

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Comme des yeux qui nous regardent. Le jour et la nuit.

 

Les chemins de nos rêves, l’été ou l’hiver,

 

passent aux carrefours du temps.

 

Espaces imaginaires qui, toute la vie,

 

nous serrent dans leurs bras.

 

Tous les ciels, à toute heure venus,

 

illuminent les montagnes de nos souvenirs.

 

Ombres intérieures. Eblouissements.

 

Saisons qui traversent le sommeil.

 

Voyages en altitude.

 

Mystiques parcours des étoiles

 

venues nous saluer de très haut.

 

Passons l’hiver.

 

Julien Boulier    le 17 mars 2018

poème déposé Sacem  : code oeuvre 3435947211

 

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POURQUOI CHOISIR?

Entre le soir et le matin

Entre hier ou encore demain

Choisir...

Entre vérité ou fiction

Entre l'ennui et la passion?

Choisir...

Entre contempler une toile

Ou se cacher derrière des voiles?

Choisir...

Entre les plaintes ou bien l'orgueil

Pour combler d'impossibles deuils!

Choisir...

Entre regard ou bien caresses?

Simplement fuir ce qui nous blesse...

Choisir

Entre le jazz et l'opéra

Un rythme, pour ajuster nos pas...

Choisir...

Entre l'écume ou bien la lie

Et... se sentir toujours en vie!

Pour les humains, le fait de choisir

C'est pourtant bien un peu mourir!

J.G.

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La vie de Paul Léautaud, écrivain et critique théâtral est un roman, celui d’un nouveau-né abandonné par sa mère qu’il voudra connaître à tout prix à l’âge adulte.
De quelques rencontres entre une femme d’âge mûr encore très séduisante et un jeune homme transi d’amour pour celle qu’il a désiré depuis l’enfance naîtra une correspondance passionnée, souvent ambigüe, où les mots tendres et les serments de dévouement donneront rapidement prétexte à des coups de griffes acérées, jusqu’à la rupture brutale, cassante.
Cette correspondance à profondément ému Bruno Emsens qui confronte les deux « aspirants à l’amour », dans leurs échanges maladroits et revendicatifs. Sous les chassés croisés de sentiments, les élans et les démentis, transparaît la peur de dépasser les limites, la fuite des responsabilités et le devoir de « sauver les apparences ». Chantage affectif, considérations matérialistes, l’idylle dont rêve le jeune Paul se transforme en réquisitoire.
Bruno Emsens parvient à nous tenir en haleine avec cette saga familiale où les échanges épistolaires sont si vivants et rapides qu’ils semblent dits dans l’instant, « entre quatre yeux ». On se laisse émouvoir par le jeu à fleur de peau de Nicolas Poels, auquel Florence Hebbelynck répond avec la fougue et l’intransigeance de la femme inaccessible.
Bruno Emsens a choisi de mettre en scène les « Lettres à ma mère » parce qu’il estime urgent aujourd’hui de rendre la parole aux êtres libres, et Paul Léautaud le fut dans tous les sens du terme. Notre société actuelle en revient à des impératifs d’autocensure et parler un peu trop librement de sentiments intimes deviendrait honteux.
La troublante attirance de Paul pour les jupons de sa mère, sa quête amoureuse, nous fascine et rappelle « Les liaisons dangereuses » dans un registre moins sulfureux mais tout aussi cruel.

Palmina Di Meo

Sur le blog de Deashelle

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