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L'étranger

 

 

L’étranger

 

En vous cachant derrière vos yeux,

Ce masque affreux je le connais,

Je vous vois vous moquer encore,

Laissez-moi vivre ce que je suis,

Un homme étrange, un étranger,

Venant d’un monde inexistant,

Je suis venu en passager

Et mon langage est inconnu.

 

Je suis un peu artiste,

Je suis un peu poète

 

Votre regard, je le connais,

Depuis petit, il ma suivi

Et dans ma tombe il me regarde,

Il est en moi, il est partout,

Ce que je suis, ma voix, mon âme,

Pensées, manières, mon caractère

Ne vous ne plaisent pas, je suis hideux,

Je ne pourrais être charmant.

 

Je suis très passionné,

Je suis dans mon tourment .

 

Vos masques dansent autour de moi,

Mais cette valse continuera,

Je resterai juste, seul avec moi

Et quelques-uns qui ont compris

Que l’étrange dit l’étranger,

Le trouble fête, le répugnant,

Se moquent bien de tous papiers,

Sauf pour les mots et les couleurs

 

Je suis pastel en moi

Et ce moi est chanson.

 

le 22-1-2026

 

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administrateur théâtres

...Valmont, for ever Yours!

Spectacles

Les liaisons dangereuses: Encore des Monstres… !

La cruauté, un sport mondain bien avant les réseaux sociaux ! Mais… voici : Une langue exquise !

                   « J’ai souhaité préserver, dans cette adaptation inédite, toute la finesse et la préciosité de la langue. Sa force brute et ciselée. Et surtout la noirceur des personnages et du propos. Ce sont des monstres qui parlent, qui agissent (je parle de Merteuil et Valmont bien sûr). C’est une histoire de panthères qui courent après des biches. Il est question de prédateurs et de proies, qui tourbillonnent dans une savane luxuriante », précise Arnaud Denis, dans sa note d’intention lors de la création de son spectacle Les Liaisons dangereuses…

Une œuvre du 18e siècle, unique au sens fort : c’est la seule œuvre de Choderlos de Laclos, un roman épistolaire qui scintille de perversité et d’élégance de style.

Deux tigres de salon s’affrontent. Ils ont décidé d’un troc charnel machiavélique. C’est ce qui met le roman épistolaire en marche et mène implacablement vers le désastre. La mécanique de précision est huilée à la vanité et à l’arrogance dans ces 175 lettres qui servent de champ de bataille à deux êtres qui ne savent aimer qu’en détruisant.

La Marquise de Merteuil et le Vicomte de Valmont sont des Libertins, la nouvelle mode, après celle du gentilhomme au 17 e siècle. Tous deux sont solennellement obsédés par l’art de disposer des autres. Le monde est pour eux un échiquier, où l’on enrôle pucelles, bigotes et sots maris dans un cirque de manipulations démoniaques. Tous deux désirent guérir d’un mal incurable : l’amour.

La Marquise, en avance sur son temps, refuse catégoriquement de se soumettre, pire, elle entend « venger son sexe », elle réclame pour la femme une autonomie qui dépasse de loin celle des Précieuses ridicules. Contrôlant tout autour d’elle, elle revendique le droit à la vengeance avec les mêmes armes que celles des hommes, en mieux, en plus chirurgical, en plus efficace. C’est glaçant, mais c’est splendide.

Valmont, est le libertin à la recherche d’un absolu. Il affiche le charme irrésistible du prédateur mondain mais sa quête d’absolu est comme le Graal, elle lui est sans cesse dérobée, par son incapacité viscérale d’aimer.

Dans ces jeux cruels, où l’on confond amour et domination, la jeune Cécile de Volanges, est la victime innocente, jeune fille sacrifiée à la rancœur d’autrui, sans le moindre remords.

Mais parlons aussi de l’accueil chaleureux et admiratif que la salle comble du Wolubilis a réservé aux artistes. On a vu, au terme du drame, le public encore sous le choc applaudir longuement cette splendide représentation dans un élan de forte gratitude et de franche passion.

Il faut savoir que tout au long du drame, dans la salle, on percevait cette tension silencieuse qui naît lorsque le verbe fait mouche, devient arme et que les répliques tombent comme des rafales de couperets. A chacun de savourer à son aise le pur élixir de cruauté irrigué par le texte. La victime est si belle et le crime est si … beau ! Avec cette langue sublime, brillant de mille feux, dont on dit qu’elle est la meilleure et la pire des choses.

Delphine Depardieu en Marquise de Montreuil a profondément impressionné par la façon dont elle laissait tout de même affleurer la fêlure sous la glace brûlante. Et Valentin de Carbonnières, en Valmont, par sa manière d’habiter l’arrogance de façon foudroyante et avec une précision presque voluptueuse. Sa condamnation absolue de l’amour sonne comme une déclaration de guerre sans merci.

La mise en scène admirablement musicale et fluide d’Arnaud Denis relie, respire, nette, lisible, sans jamais être pesante. Elle est pensée au millimètre près avec la valse du sobre du riche mobilier et des décors sur cette immense scène du Wolubilis éclairée à la bougie, tandis que circulent dans l’air, des tonnes d’électricité. Le jeu théâtral des 7 comédiens porte majestueusement cette magnifique langue de Laclos qui voyage entre les scènes jouées sur tous les tons de la séduction, du viol, de la manipulation, de la blessure profonde, et la lecture en voix off, tranquille et puissante des Lettres révélatrices. Celles-ci apparaissent alors comme autant de plages de repos, à savourer les yeux fermés.

Magie du théâtre : les époques se confondraient-elles ? Dans le dernier tableau, on finit même par prendre la lointaine ligne de mille cierges allumés pour un vaste horizon de gratte-ciel d’une ville moderne dans la nuit.

Il est donc rare de voir spectacle qui traite de la séduction avec autant de réussite scénique et de lucidité… et où l’on voit que l’humiliation est le BA de la domination, quand elle est plus prisée que l’amour. Choderlos de Laclos l’avait bien compris.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

ADAPTATION ET MISE EN SCENE Arnaud Denis

AVEC Delphine Depardieu, Valentin de Carbonnières, Salomé Villiers, Michèle André, Jérémie Lutz, Marjorie Dubus, Jean-Benoît Souilh

COLLABORATION ARTISTIQUE Georges Vauraz

DÉCORS Jean-Michel Adam

COSTUMES David Belugou

LUMIERES Denis Koransky

MUSIQUE Bernard Vallery

 

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administrateur théâtres

L'effet Miroir, au théâtre le Public

Spectacles

Un miroir où chacun peut me voir… comme le chantait France Gall

Compte à découvert. On a parfois tendance à croire que les contes pour enfants font du bien. Qu’ils rassurent, qu’ils réparent, qu’ils adoucissent. Au Théâtre Le Public, l’adaptation bruxelloise du texte de Léonore Confino rappelle l’inverse : les fables ont des dents. Elles mordent, elles ouvrent les plaies, elles réveillent les secrets.

Cette pièce fait tout de suite penser à « La psychanalyse des contes de fées », une théorie élaborée par Bruno Bettelheim, avec sa méthode d'interprétation qui voit dans les contes des représentations symboliques des conflits psychiques internes dans le développement humain.

Alors pourquoi l’écrivain à succès Théo ( interprété de façon très touchante par Zeno Fab Fabio ), en panne sèche d’inspiration littéraire, n’aurait-il pas le droit de se livrer à l’écriture d’un « petit conte » sans but commercial, qui l’éclairerait sur lui-même et sur ses proches ?  Envers et contre tous, Il le fait, mu par la magie de son reflet entrevu dans un miroir éloquent, datant du 17e siècle. Il l’a acquis en cachette de sa femme, Irène, certes une wonderwoman, mais qui peine tant à gérer les tristes finances familiales. Une magnifique Stéphanie Van Vyve.  Le déni : avec un entêtement féroce, il interdit catégoriquement à ses proches qui ont eu accès à son écrit, de se projeter dans ce miroir verbal ! Il n’y a pas le moindre symbolisme, clame-t-il, dans ces personnages aquatiques inventés, habitant la mer profonde, cette version aquatique de la forêt intérieure. Mais ce monde sous-marin incarne bien, même à son insu, les trois personnes qui lui sont les plus chères : sa femme, son frère et sa belle-sœur. Et lui-même, bien évidemment.  Bien qu’il s’en défende avec la dernière énergie, des vérités flagrantes émergent de cette histoire de bigorneau perdu, d’oursin bourru, de sirène impériale et de crevette aventurière.  

La force de Léonore Confino est de comprendre que la famille est le premier théâtre des projections. On se voit tous quelque part dans cette galerie : en bigorneau paumé, en sirène hystérique, en oursin anxieux. Ce n’est pas grâce au réalisme, mais grâce au symbole : l’irréel permet le vrai.  Le tout dans une langue faite de jeux de mots tourbillonnants et dans une série de tribulations totalement loufoques.

Le petit bigorneau, orphelin et nu, cherche une coquille comme on cherche un sens. Théo, lui, cherche une œuvre qui le libère de lui-même. Son livre fait mouche : il brise les coquilles sociales, les costumes, les postures, les faux-semblants familiaux. Le conte devient performatif : il modifie la vie de tout le cercle familial.  L’imaginaire marin agit comme révélateur de photo : les identités apparaissent, les blessures se fixent, et la famille se dissout en aveux. Les proches, croient reconnaître des messages dissimulés : chacun lit une attaque, une confession, un bilan conjugal. Rien n’est dit, tout est supposé. Le miroir n’a pas besoin d’être exact pour être efficace : il suffit qu’il réfléchisse. Le conte est un miroir.

Mais bien plus, il y a la notion jungienne par excellence où l’autre est comme le comme réceptacle de nos zones d’ombre. Ce que je projette, je ne peux le reconnaître qu’en autrui. Le conte marin n’est pas une fantaisie zoologique, mais un dispositif projectif où l’on retrouve son propre visage dans un crustacé ou un coquillage. On se souvient de l'histoire du homard de Françoise Dolto! Et vive le carnaval de projections ! Alors les quiproquos féroces s’enchaînent, la violence est palpable, le comique surréaliste. Tout cela est sublimement joué, à fleur de peau, dans une brutalité viscérale. Les répliques cinglantes fusent, la mécanique est redoutable, l’animosité claque. Le repas de famille devient une arène de dévoilement explosif. L’un après l’autre, chaque membre de la famille va déverser ses non-dits, mettre à nu ses angoisses, et dire tout ce qu’il a sur le cœur. Ana Rodriguez et Alexandre Trocki jouent avec feu cet autre couple à la dérive.

 

En dehors des morsures de la vie conjugale de chacun et la perte des illusions, l’accent est mis sur de terribles blessures : le désir et le manque d’enfant de ce couple William et Jeanne, cette tragédie pour tant de jeunes couples, et la révélation par le vieux père au téléphone que Théo n’est pas un fils biologique. Des révélations choquantes qui contrastent avec le style un peu famille Adams. Ce spectacle immensément carnavalesque et formidablement joué est certes très intéressant pour ce qui est de l’effet miroir, mais très dur à regarder pour de vrais couples stériles ou ceux en recherche d’identité.  Or, ceci n’est dit nulle part ! Que laisse-t-on au public lorsque la fiction touche à un manque qui, dans la vraie vie, n’a pas de solution, pas de réparation, pas de morale consolante ? Alors, dans la salle, les rires se coincent parfois au bord des lèvres malgré l’amoncellement de scènes drolatiques. Heureusement, la tendresse prend le dessus après toutes ces péripéties.

 

 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Au Public

Création – Salle des Voûtes

L’EFFET MIROIR DE LÉONORE CONFINO

15.01 > 28.02.26

Avec : Ana Rodriguez, Stéphanie Van Vyve, Alexandre Trocki et

Fabio Zenoni

Mise en scène : Isabelle Paternotte

Assistanat à la mise en scène : Hélène Catsaras

Scénographie : Dimitri Shumelinsky

Costumes : Béa Pendesini

Lumière : Laurent Kays

Création son : Antoine Plaisant

Régie : Geoffrey Leeman, Junior Neptune, Vladimir Matagne

Représentations du mardi au samedi à 20h30, sauf les mercredis à 19h00.

Photo © Gaël Maleux

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administrateur théâtres

Spectacles

Je suis retournée voir « Le Dragon » !

Au Théâtre Jean Vilar, Pl. Rabelais 51, Ottignies-Louvain-la-Neuve

Utile. Aujourd’hui, plus que jamais: allez voir LE DRAGON

On rit, on frémit, on reconnaît sans peine les visages contemporains derrière les masques fabuleux, et l’on savoure, avec un léger vertige, les bonheurs paradoxaux de cette immense fable mordante. C’est du conte, mais du conte qui mord.

Une adaptation de Benno Besson. Écrite par Evgueni Schwartz en 1943–44, en pleine terreur stalinienne, la pièce déploie une allégorie d’une limpidité cruelle : un dragon exerce depuis des siècles son despotisme sur une ville. On lui sacrifie annuellement une pucelle, on l’implore, on le sert, on l’excuse. Bref, on s’accommode, voire, on le remercie de ses « bienfaits»!

Jusqu’au jour où un chevalier léger comme une plume et amoureux de toutes les femmes, surgit, décidé à occire le monstre. Marvin Schlick en Lancelot. À ceci près que le héros se meurt. Ou tout comme… La victoire du « vainqueur » se voit usurpée. Le réel, sitôt entrevu, se voit aussitôt « réinterprété » par des autorités qui connaissent fort bien l’art de confisquer la parole …et même la victoire.

Cette féerie satirique, jouée au théâtre du Parc en mai dernier, est sur les planches du Vilar en ce début d’année 2026, une incarnation scénique d’une richesse jubilatoire. Il faut dire que l’air du temps y contribue… On y goûte la justesse incisive du duo Axel De Booseré & Maggy Jacot, à la mise en scène : tout à la fois sulfureuse et poétique, implacable, dépouillée, mythique et indispensable.

La scénographie est d’une simplicité rare. Murailles mouvantes, volumes écrasants, bruitages inquiétants décrivant un univers où l’espace lui-même semble opprimer. On pense à Kafka, à Poe, parfois à Bosch, lorsqu’apparaissent des visions grotesques, hybrides, résolument expressionnistes.

Ce ballet des sons, lumières et voix a tout pour fasciner. Travail d’orfèvre mené par Gérard Maraite, Guillaume Istace et Allan Beurms : nappes sonores terrifiantes, éclairages chirurgicaux, projections infiltrées, contrepoints vocaux… Tout concourt à ce climat d’enchantement sinistre où perle la sueur froide. Merci les baladins, c’est du pur cirque, ce théâtre politique!

Les interprètes – chacun tellement allégorique – se démènent avec une énergie farouche, entraînant le public dans cette incroyable histoire de peur domestiquée et de liberté redoutée. Car tout est là : après huit siècles de tyrannie, la ville préfère son dragon familier à l’incertitude du jour d’après. On sacrifie une vierge ? Certes, mais « il veille sur nous », plaident-ils. C’est le chef-d’œuvre du despotisme : transformer l’oppression en confort. Dans une interprétation magistrale de Fabian Finkels.

Révoltantes et d’une tristesse glaçante, ces multiples scènes de retournement, où les habitants acclament aujourd’hui ce qu’ils dénonçaient hier.

Les parallèles contemporains surgissent, fantômatiques et grinçants. E.Schwartz n’avait pas prévu nos réseaux, nos propagandes insidieuses, notre désinformation systémique, notre réécriture de l’histoire, et l’appétit gargantuesque des milliardaires et des nouveaux impérialistes. Mais toute La mécanique est là, identique.

Les silhouettes féminines, empaquetées en matriochkas-forteresses roulantes et monumentales, figurent à la fois l’obéissance et la transmission de la servitude. Interprétées avec une vérité troublante par Mireille Bailly et Elsa Tarlton, elles rappellent que le totalitarisme n’est pas seulement un régime : c’est une perversion, un héritage empoisonné, une peur qui se transmet dans toutes les fibres de la société.

Les figures masculines, elles, s’encanaillent dans la caricature grinçante. Le bourgmestre, l’incomparable Othmane Moumen, se tortille s’agite, éructe, et surtout récupère avec un opportunisme olympique le résultat du combat héroïque. Toutes ses postures et ses contorsions grotesques illustrent physiquement sa propre monstruosité et sa répugnante versatilité. Elles symbolisent à la perfection la torsion de la vérité et du réel. Thierry Janssen, caméléon glaçant, endosse le rôle de « fils dévoué », de maître de propagande et de Big Brother projeté sur écran, en virtuose de la manipulation. Encore un monstre. La ville entière est une ménagerie de monstres de lâcheté et d’asservissement, volontaire ou non. Sauf le Chat! Quel bonheur ce Chat, son esprit bondissant, ses yeux qui percent l’obscurité, ces sauts souples et alertes, son amour de la vie … Joué par Julien Besure. Saluons au passage, les multiples rôles de Karen De Paduwa.

E. Schwartz écrit contre tous les dragons:

…qu’ils se nomment Stalinisme, Nazisme ou autres perfides -ismes, ces immondes variantes du rêve totalitaire. Si le merveilleux Lancelot a tué ce terrifiant dragon à trois têtes, combien d’autres hantent toujours cette ville fabuleuse et nos paysages?

Heureusement, le théâtre, parfois, nous fait gagner du courage et rallume les lumières. Ainsi, le « non » final d’Elsa est une vraie bénédiction. Un sursaut d’humanité. Sachez que tout cela s’écrit chaque jour dans Le grand livre du Monde… que Lancelot a découvert dans une lointaine Caverne.

Une lointaine Caverne… Un mythe très ancien... « À cinq années de marche d’ici, dans les montagnes noires, il y a une grande caverne. Et dans cette caverne, il y a un grand livre. Personne n’y touche, mais chaque jour il s’y remplit des pages et des pages. Qui est-ce qui écrit? Le monde entier. Les montagnes et les herbes, les pierres, les arbres, les lacs et les rivières sont témoins de tout ce que font les hommes et tous les crimes, toutes les misères passent de branche en branche, de feuille en feuille, de goutte en goutte, de nuage en nuage, jusqu’à la grotte des montagnes noires, et le livre se remplit. Si ce livre n’existait pas, les arbres se dessècheraient d’horreur et les eaux deviendraient amères.»

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Adaptation : Benno Besson revue par Mireille Bailly – Création et réalisation : Axel De Booseré et Maggy Jacot – Avec Mireille Bailly, Julien Besure, Karen De Paduwa, Fabian Finkels, Thierry Janssen, Othmane Moumen, Marvin Schlick et Elsa Tarlton – Création lumières : Gérard Maraite – Création musicale : Guillaume Istace – Maquillage : Pauline Lescure et Wendy Willems – Coiffure : Michel Dhont – Assistanat à la mise en scène : Julia Kaye – Création vidéo : Alan Beurms – Chorégraphie : Darren Ross – Régie lumière : Viktor Budo – Régie son : Tom Falaschi – Régie plateau : Johane Escude et José Bonga – Habilleuse : Tatania Strobbe

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administrateur théâtres

Prolongations... Coucou C'est la guerre!

Spectacles

Coucou, c’est la guerre ! Un titre qui fait frissonner…

Début du XX, quand la Belgique se raconte en chansons, en farce… et en vérité. Ce sera la Der de der ? L’Histoire belge vibrante, humaine, intensément vivante, vous saute aux yeux et aux oreilles dans ce Belgo-Belgian Musical, fort dépouillé, certes, mais percutant et aussi déjanté que sérieusement émouvant.

C’était au temps de …  Notre reine Elisabeth I, infirmière dans les tranchées et dans les hôpitaux.  Sur scène, une page de plus en plus méconnue de notre mémoire collective se déploie sous nos yeux. La Belgique y est au premier plan, avec ses travers, ses contradictions, ses silences, ses héroïsmes oubliés. Au cœur du récit, Édith Cavell, infirmière d’origine anglaise, courageuse héroïne de la Première Guerre mondiale, figure lumineuse, dont le nom résonne encore aujourd’hui à travers une clinique prestigieuse de notre ville. Un lieu de naissance pour combien d’entre nous ?  En révélant le dessous des cartes, l’Histoire se fait chair, rire, colère et poésie. Avec la contribution passionnée de quatre artistes et un musicien. Tous projetant une énergie folle qui passe même par Johnny Hallyday, Hamilton, Téléphone ou Queen. Même Le Titanic est de la partie. Aux commandes : Thibault Nève.

Coucou, c’est la guerre prend la forme d’un road movie scénique, muet bien sûr mais où le piano a cédé la place à de formidables percussions. Tout passe par le corps, le chant, le regard, le rythme. Les interprètes sautent d’un rôle à l’autre avec une virtuosité réjouissante, convoquant au passage des personnages relégués aux marges de la grande Histoire, mais qui existent encore toujours.  Le moteur du spectacle ? L’engagement total des comédiens, porté par ces percussions extraordinaires qui enguirlandent la scène et propulsent le récit dans une course effrénée.  Et de naîfs accessoires qui sculptent la poésie du spectacle. Sans compter un clin d’œil à l’épopée des ballons dirigeables, entre innovation et catastrophe… Toute une époque. Aussi la nôtre ?

On rit. Beaucoup.

On est saisi. Souvent.

Et parfois, sans prévenir, l’émotion nous attrape à la gorge.

Dans l’esprit frondeur de Tijl Uilenspiegel, version wallonne, le spectacle ose la satire intelligente, celle qui fait éclore la réflexion au cœur même de la farce. Comme au temps du Canard enchaîné, les coups de griffe sont impertinents, précis, jamais gratuits. On rit tout en ressentant, au fond de l’âme, la justesse et la pertinence du propos.

Le quatuor vocal et théâtral se démène avec une assurance remarquable. Les voix sont solides, expressives, habitées. Le jeu est précis, généreux, toujours au service de cette histoire héroïque racontée sans fard et épicé d’une certaine dose de sagesse. La victoire, en chantant ?

Le regard, lui aussi, est pleinement sollicité. Les images projetées, en diapo ou en vidéo, sont choisies avec un soin évident. Un véritable festival de couleurs remplace le sépia attendu. Des réminiscences de grands maîtres de la peinture surgissent çà et là… de façon inopinée.  Le spectateur partage alors son attention entre la qualité vocale des interprètes et la rêverie provoquée par ce livre d’images mouvant, aussi beau que stimulant.

Pensé pour les fêtes de fin d’année, Coucou, c’est la guerre réussit un pari audacieux : être festif sans être superficiel, drôle sans être léger, engagé sans jamais être pesant. Un spectacle qui repense le monde en chantant, qui fait dialoguer mémoire collective et plaisir du jeu, et qui rappelle que l’Histoire, lorsqu’elle est racontée avec intelligence et cœur, peut encore nous surprendre.

 À voir, entendre, et ressentir, au Martin’s Hotel à Genval. Parce que rire ensemble de notre passé, c’est aussi une manière très actuelle d’appréhender notre présent.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Comédiens : Julie Lenain, Thibault Packeu, Stéphane Pirard, Aurianne Servais et Louis Preudhomme
Écriture : Céline Scoyer, Thibault Packeu, Stephane Pirard et Louis Preudhomme
Mise en scène : Thibaut Nève et Isabelle Defossé
Dramaturgie : Thibault Nève et Thibault Packeu
Conseillère historique : Nathalie Stalmans
Scénographie et costumes : Sophie Hazebrouck
Création sonore : Guillaume Lion
Création lumière : Martin Delval
Une production de :  » Il est temps d’en rire!  »

 

Face au succès, des dates supplémentaires ont été ajoutées du 21 au 27 février 2026,  juste à temps pour les vacances scolaires de Carnaval.

 

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MEDUSA

Médusa

 

Des songes hantent mes nuits  

Et disparaissent à la lumière.

Parfois, je rêve les yeux ouverts.  

Ce matin,  

La lune diaphane

M’observe.

Comme la muse

En robe de satin

Qui se pavane

Dans le jardin d’Euphrasie

Quand le printemps enflamme les lilas.

Son regard médusant me dévoile.  

Je cache mon désir de la posséder

Gorgone me rend blême

Comme un cnidaire des eaux profondes   

 

 

 

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Les émotions

 

Les émotionnels

 

Pour un soleil te souriant,

Pour un oiseau chantant l’amour

Et ce rouleau d‘écume blanche,

Dans ton regard resté enfant,

Ton cœur s’emballe dans sa prison,

Tu sens ta mer monter en toi,

Autour de toi chacun est calme,

Mais ta machine est bien lancée,

 

Nous les handicapés

Des fortes émotions,

 

On nous regarde et nous entend,

Pourquoi si peu nous grise tant

Et ça revient comme un manège,

Tu parles seul dans cette foule

Et tout à coup tu pars en toi,

Sable mouvant, lourdeur de mort,

Une souffrance et des douleurs,

Hurlant vers eux, ils t’ont broyé

 

Nous les handicapés

Des fortes émotions,

 

Certains t’aimant tendent la main,

Dans leurs regards le jour se lève

Et l’horizon t’aspire au loin

Et tu repars en t’envolant

Vers des endroits si inconnus,

Que seule ton âme a déjà vus

Même un génie ne pourrait pas

Montrer à tous ce que tu vois

 

Nous les handicapés

Des fortes émotions

 

Le 6-1-2026

 

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ET LES FLEURS DE LA BANQUISE?

LE SQUARE

ALLONS VOIR SI FLEURISSENT LES FLEURS DE LA BANQUISE

 

Le train a eu du retard. Dans le hall de la gare, les passagers courent dans tous les sens. Je me méfie des valises à roulettes. Flegmatique un lampiste au pull jacquard vaque à ses occupations en trainant son humeur noire. 

Dehors la place De la dernière chance baigne dans le soleil, et aujourd’hui le ciel est tout bleu comme un hortensia, je suis chanceux. 

Le rendez-vous est au Square Marguerite Duras. C’est à dix minutes, je suis en avance, je flâne, comme de coutume.

Je patiente sur un banc placé dans le parfum d’une Viorne. En face de la fameuse statue de La Beauté aux yeux bleus. Je sors de ma sacoche mon bloc-notes, et la dernière édition des Fleurs du Mal.

Des passantes déambulent, cueillent de ci de là de l’aspérule odorante. 

Des canins aux crocs entartrés s’entretiennent autour d’une langue de bœuf.

Au téléphone, je lui ai dit :

« Anaïde, il n’y a pas à se gourer. Quand tu es sur le Boulevard Des Ecureuils tu prends la première à gauche et puis tu passes la Ruelle du Pigeon Blanc et c’est indiqué sur ta droite :  Square Marguerite Duras, je t’attends. »

Je sors de ma lecture.  J’observe.

L’ombre verte des tristes conifères décline.  Je secoue mon impatience.  Je sifflote.

Une passante saisit d’un énervement sûrement habituel réclame des comptes à un homme en costume blanc.   « Tu n’as qu’à t’acheter une règle à calcul au lieu de faire des hypothèses » crie- t-elle de sa voix de crécelle à l’oreille de l’homme qui chausse des lunettes noires.

Le soleil est particulièrement généreux aujourd’hui.  Ses rayons traversent les bosquets de camélias. Serpentent au sommet des magnolias en fleur.  Flattent l’aigremoine. Dansent avec les iris et tissent autour du bassin d’eau accueillant de paisibles nénuphars le canevas d’un paysage bucolique.

La grille du square grince. 

C’est elle !

Elle est coiffée d'une touffe de gui

Une chaîne pourpre lui ceint sa taille d'hyménoptère.

De sa bouche s’échappe un nuage rêveur gonflé de sentiments.

Ses yeux sont deux myosotis.

Anaïde s’assoit près de moi.

« Je te reconnais à ta ponctualité et à tes chaussettes très raffinées. » s’exclame-t-elle.  

Sa robe est ouverte sur des cuisses pâles, blanche comme des fleurs de vanille.  Mauve, sa robe ample est une robe de jour de pluie, cependant elle s’accorde avec sa chevelure de maïs.  

De son sac à main, elle sort pèle mêle :

Un fard à paupières

Un stylo Bic

Un réveil

Un miroir

Un mouchoir blanc 

Une brucelle en vermeil

Et un revolver-allume cigarette.

Je la regarde sortir son bric-à-brac.

-  Mais pourquoi, déballes-tu tout ça, Anaïde ? 

- Mais ! parce que nous avons l’éternité ! » me déclare-t-elle heureuse. 

- Si tu le dis ! Tiens ! Voilà ce que je viens d’écrire en t’attendant.

Les nuages qui sont les images des rêves ont toujours l’odeur attachante et sucrée d’une lointaine allée de tilleuls où courent des souvenirs récompensés par des images d’Epinal et qui chahutent dans un bac à sable alors que défilent des camions bourrés d’armes menaçantes sur une grande avenue prioritaire »

Anaïde me reluque. Ses yeux étincellent de perplexités. Elle consulte le réveil.

Je poursuis :

Mes mains te supplient, comme la nuit la lumière qui voyage, comme le nénuphar soumis à l’hibiscus, comme l’ormeau devant le Bernard l'Hermite. Regarde les nuages qui se fatiguent à changer de position et de forme comme des enfants turbulents. En revanche, comme toutes les surveillantes, la surface de l’étang ne rigole pas.

Des chiens aboient et des tourterelles prennent leur envol.

Je me tourne vers Anaïde. Je poursuis ma lecture :

…  Les enfants rient de se voir vieillir dans les gares où leurs cheveux soyeux et gris descendent l'échelle des temps et coulent sur leur robe de velours bleues. Anaïde, je t’ai vu dans la salle des pas perdus, ton iris et tous les corpuscules de ta rétine me suggéraient les agates perdues dans les cours d'école, tu portais un camée sur la poitrine et ta ceinture te ceignait ta taille d’hyménoptère. Je t’ai rencontré une autre fois deux mois plus tôt peut être dans la rue où l’on cueille les cerises qui dansent impossiblement sur un adagio réclamé par l’éternité. Haute comme trois pommes toi et ton petit toutou australien me dévisagiez comme l’Emeu devant son kiwi. Et en mai, au pont des Oies tu es sortie coupable d’un livre de mille pages. Celui-là même que tu lisais dans la salle des pas perdus !

Anaïde me regarde bouche bée.

« Ça alors ! c’est aussi énigmatique que le message d’une mésange ligérienne. Alors ! nous ressemblerons à nos enfants ?

-Oui Anaïde, je préfère ressembler à l’avenir pour disparaître avec toi » 

J’observe, intrigué « la Beauté aux yeux bleus », c’est un buste de femme en marbre noir. Le visage est altier et les yeux sont fermés.

« Anaïde ! La beauté a-elle-vraiment les yeux bleus ? Finira-t-elle par ouvrir les yeux ? Faut-il attendre que le soleil se couche ?  

- Non ! Reste avec moi, je t’en prie ! Si tu restes avec moi, je garderais toujours les yeux ouverts ! Les miens sont bleus !

Lionel Morin (Tours 2025)

 

 

 

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Cybernétique

Cybernétique

 

 

Nous montons tous un escalier

dans nos machines

 

Nos robots se déplacent grâce aux informations

autoguidées et calculées

 

Chacun reçoit de sa mémoire environnante et génétique le message

respiration, digestion, action, marche

 

Un code auto suggéré capté, transmis, décodé, transformé

et le mouvement devient fluide, précis, accéléré ou ralenti

 

Cet escalier peut-être réel ou imaginaire

 

L’humain peut imaginer l’abstrait

 

Par qui a t’il été créé, il peut rêver qu’il est un univers fermé, il peut le croire,

beaucoup se contentent de vivre, ils ont certainement raison

 

Mais les humains ne sont pas identiques pour beaucoup de raisons,

leur génétique et leur environnement en particulier

 

El cet escalier rêvé peut prendre énormément de formes différentes,

avoir beaucoup d’argent pour se sentir bien,,

ne pas aimer cet argent qui transforme tout

 

 

Essayer d’exprimer ce qu’il ressent au plus profond de lui même,

afin de se comprendre et d’être compris et pourquoi, sa différence, sa maladresse l’handicapent tellement que sa machine n’accomplit même plus les tâches de vie et survie

 

Tout ce qu’il fait est absurde et pourtant il insiste grossièrement,

son corps est devenu un clône désarticulé

 

Serait il possible que ce message aide à une certaine amélioration,

ce serait vraiment orgueilleux d’y croire

 

Alors les robots humains pourraient être un peu plus Pascaliens et compassionnels en haut de l’escalier

 

le 22-12-2025

 

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Il était une fois, une histoire vraie

Article du "Figaro" copié, il y a très, très longtemps, en oubliant les références.

Le Norvégien Roald Amudsen est entré dans l'histoire, le 15 décembre 1911 , en devenant le premier homme à atteindre le Pôle Sud et à rentrer sain et sauf avec son équipe, dans son pays. Il devança de 34 jours son challenger britannique Robert Falcon Scott et ses cinq compagnons qui moururent de froid et de faim  sur le chemin du retour.

Roald Admunsen était un homme soucieux du détail qui avait préparé son raid pendant des années. Il avait observé avec attention la manière de vivre des Esquimaux.Il avait emporté plus de vivres que nécessaire. pendant son raid, l'explorateur norvégien s'imposa une discipline de fer ; parcourir chaque jour  vingt à trente kilomètres peu importe les conditions météorologiques.

Robert Falcon refusa de s'entraîner en parcourant des milliers de kilomètres à ski dans les conditions les plus terribles. Il n'emporta   pas suffisamment de réserves. Il marchait longtemps quand le temps était beau et s'arrêtait quand le blizzard lui semblait trop terrible..

L'auteur de l'article dont , à l'époque, le nom m'intéressait moins que la leçon de vie, parlait alors surtout pour les entreprises et de réussir à s'épanouir à l'intérieur du chaos.. C'était les années 90. Mais...

Le chaos, le vrai, le voilà...

Relisant cet article après toutes ces années , je me suis dit  Pour 2026 ? Le seul choix.

Quel choix, pour protéger et faire avancer les siens ? " La marche de trente kilomètres" absolument...

Et...la Beauté...La beauté du monde, des siens, des choses

 

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AMANDINE

Amandine



J’ai vu le potiron d’Amandine ! 

Et il y a aussi des fleurs de la passion qui grimpent au mur 

Et du chèvrefeuille pour donner du parfum au macadam 

Il y a aussi des roses trémières comme à Saint Cyr sur Loire

Et de la morelle faux jasmin comme celle qui orne la rue Henri Barbusse 

Il y a des géraniums les mêmes qu'il y a dans les Pyrénées 

Il y a des herbes toutes écervelées 

Des herbes folles 

Mais elles n'ont pas le rire de Valériane 

D’ailleurs il y en a partout  

Même rue d'Entraigues 

Y a des fleurs qui poussent sur le trottoir

Pas loin il y a le jardin botanique et le soleil même en retraite y traîne ses pieds  

Sous l'arbre aux quarante écus pour revenir à Amandine 

Les jardiniers intelligents  

Font pousser des cucurbites 

Des citrouilles des potirons

Et des chrysanthèmes et des Dahlias  

Et dans le bac à sable 

Les gamins s'époumonent à faire des ballons 

Ils croient au père Noël !

Justement il y en a un dans la rue 

Où habite peut-être Amandine 

Où il y a aussi un chat percé de partout 

Qui regarde le père Noel justement 

Qui s'esquinte à grimper au mur 

Mais Amandine si elle dit qu'il monte au lampadaire 

Alors je veux bien la croire 

Puisque c'est bientôt Noël 

Pour les petits quéniots 

Comme dirait Jean Richepin 

Le confrère de celui qui habitait rue Lobin 

Et qu'est monté au ciel pour nous éclairer 

 

Lionel M.

 

 

 

 

 

 

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L'EXPLOITATION SERA BANNIE

 

A mon chat

 

Ce matin dans le ciel vagabondent des immortelles. J'ai cueilli deux nuages bleus et trois étoiles de nuit. 

Je mettrai les nuages à tes épaules et les étoiles réveilleront ta poitrine et le coquelicot endormi  

Ton cœur bat toujours dans ma poitrine 

Ton âme c’est la couleur de mon ombre

Tu es partout sur les chemins du soleil

Tes sourires d’émeraudes ont la chaleur de tes paroles lointaines  

Chaque jour il y a dans le ciel autant de nuages qui voyagent comme autant de souvenirs sur mon visage

 

Sur la route (1993-2015)

 

Lionel M.

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Sur la terre abandonnée

Sur la terre abandonnée

 

 

 

Vers le ciel de nos étoiles du ciné aux animaux

tu as brillé jusqu’à la fin

 

Celle du berger t’a accueillie comme l’espoir

que tu as accroché à nos cœurs

 

 

 

Si belle sur la toile et dans ton regard cet amour infini qui se lève à vingt ans

tu as gardé cette étincelle accrochée au sapin

 

 

Juste avant que l’année s’endorme à jamais tu es restée debout

comme le porte drapeau

 

 

 

On gardera en nous ton amitié profonde pour ceux qui nous aiment tant

et dont les yeux parlent plus que tous ces humains

 

 

 

Merci BB reste en notre âme à jamais

 

 

le 28-12-2025

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LE DICTIONNAIRE ET LA CUILLER

LES TRESORS

 

C’est une nuit de décembre

Le froid a pris ses quartiers

Dans le jardin endormi

Les branches du noisetier craquent

Les poules claquent des dents.

L’hiver porte un manteau rapiécé

Auprès du radiateur à eau

Un chat ronronne

Je lis

Devant la télévision éteinte.

Soudain, j’entends un bruit

Je pose L’apprentissage de la ville

Et vite, je descends à la cave

Où je crains toujours rencontrer des monstres

(Vaincre la peur c’est vaincre la terreur)

J’allume  

La lumière de l’ampoule a des difficultés à descendre jusqu’au sol

Les choses dorment en désordre

Un silence inquiétant les recouvre

Pour éloigner la peur, je siffle

Soudain ça craque !

Une étagère se détache du mur

Le dictionnaire Larousse

Tombe à terre

Et dans un bruit de tonnerre

Un sac de pomme de terre

Dégringole et les tubercules courent dans tous les sens

Je ramasse le dico

C’est un très vieux dictionnaire

Il a appartenu à Joséphine Rouet

C’est noté sur la première page au crayon

Où une feuille s’est glissée

Sur lequel est écrit un poème

Derrière moi

C’est un couvert de vermeil qui tombe dans un tintement assourdissant

Je ramasse chacune des cuillers estampillée J.R.

Il y a douze petites cuillers de vermeil

Je lis

01 Pour la joie qui se donne  

02 Par tous les jours de pluie

03 Pour l’amour couronné  

04 Par l’enfant qui es née

05 Pour les sourires offerts

06 Par des instants éternels

07 Pour le service en ivoire caché

08 Par les trente-deux éclats de rires  

09 Pour les vignes du ciel protégées  

10 Par la grâce des fleurs sentinelles

11 Pour le vin d’octobre consacré

12 Par le poème d’un vigneron

Je te remercie

Toucy, octobre 1998

Lionel M.

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JOURNAL

Et le temps s’en balance

 

Premier avril

9h 

Les oiseaux se sont égarés dans la nuit

Ce matin, ni merle ni mésange 

Ni chardonneret ni rouge-gorge

Leur chant reste inaudible

La plaine a gardé son châle

Et les branches blanches des arbres patientent

Mon petit chat ronronne à mes pieds

Ce matin le soleil

Est monté dans le ciel

En pyjama gris

 

11h

Une des ailes de l'église est blessée

L'autre brille autant que l'abricotier argenté 

La porte c’est deux mains jointes  

Les murs ont l’apparence de la bure de saint Cyprien

La porte se referme 

Et la lumière éclate, lumière de l’hostie

 

 

Premier septembre

 

13h

Ce midi j’ai mangé un coing 

La saison du melon est terminée 

Au-dessous des nuages 

Les corbeaux jouent d’un instrument à vent

 

15h

C'est dimanche.

Ce matin, de la bouche d’une souillasse,

(Surprise à faire des messes basses avec ses voisins) 

Est sortie une colombe ! 

Elle attend 

Qu’on lui explique

Pourquoi le jour alterne avec la nuit 

Les noires avec les blanches

Pourquoi la lune gouverne les marées

Et,

Le zèbre, pourquoi, tu m’affirmes que le cheval est son ancêtre 

Alors, d'où viennent ses rayures ??

 

17h

Et donc ce midi, puisque la saison du melon est terminée, 

J'ai goûté au premier coing 

Les premiers Dahlias regardent par la fenêtre 

Deux pies en smoking visent le pommier

 

Lionel M.

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L'ETRANGERE

Mon iroquoise

 

Ou est-elle ?

Celle qui m’apportait 

Sur son aile

Le soleil 

Où est l'iroquoise 

En tenue

D'érable 

Et au parfum

Séculaire 

 

Ou est-elle ? 

La dame de l'avenue 

La sœur de Pauline 

Avec son accent étrange

Et sa robe rouge de cardinal 

Une clope au bec

Une tasse de café 

Un sourire arctique

Et des lèvres d’incarnat 

 

Ou est-elle ?

La voisine

De la dame que l’on allait voir chez elle

Ou est-elle avec sa toise dans les yeux 

Pour mesurer mes écarts 

Où est elle 

Ma québécoise 

Et sa règle à calcul

Est-elle dans l'avion 

Dont la traine blanche

Qui tourmente l'homme de l'avenue 

Lionel M.

 

 

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MARS

Un jour de mars

 

Un ciel épais et lourd un ciel gris un ciel de mercure ondule au-dessus de la ville.

Les arbres du boulevard sont au garde à vous. Je flâne entre deux rangés de platanes en tenue de général.

Je distingue le printemps derrière un arbre Je l’aperçois, il est chaussé de baskets blanches.

C'est peut-être un jour de printemps, mais un jour où la peine est lourde à porter sur les épaules comme un ennui un jour de juillet. Car pour rien, le téléphone sonne.

C'est un jour à l’atmosphère nauséeuse, nitreuse. Un jour écœurant comme la fumée de cigarette qui laisse des traces jaunes au bout des doigts et sous les paupières fatiguées.

Mais les poumons des platanes luisent comme les lignes au creux des mains.

Le vent roule derrière les maisons taillées dans le tuffeau.

L'immeuble aux portes de secours est encore loin. 

Un banc. Un peu de repos.

Je sors le livre de la dame de Lusignan.

"Et dans sa robe blanche Jeanne implore Antoine mais il n'y entendait rien..."

Tient-il se met à pleuvoir ! Je pose le livre au fond du panier.  

Je lève la tête 

Une jeune personne dans une gabardine noire m'observe intriguée.

Mon regard croise le sien ; Inquiet et terrifié, comme celui d’un poète devant le cadavre d’un oiseau. 

 

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L'autre

L’autre

 

A la mort, tu réponds

La vie et la lumière,

A l’enfer, tu réponds

Je suis heureux sur terre,

Aux censeurs, aux grincheux,

Qu’ ils pourraient rire un peu,

La vie est un OVNI

Qu’il faut piloter seul

 

Notre univers est solitaire,

Trouvera t’il son autre face

 

L’amour est un grand jeu

Où chacun a en lui

Un seul pion, mais le bon,

La roue tourne sans cesse,

Tu ne dois lancer qu’une fois,

Comme naître ou mourir,

Les erreurs sont fatales

Et te mènent au néant

 

Notre univers est solitaire,

Trouvera t’il son autre face

 

Comme pièce de monnaie,

Une fois est la bonne,

Nous ne faisons plus qu’un

Et, de cette fusion,

Vont naître des étoiles

Formant des galaxies

Et peut-être un ensemble

Qui aura un prénom

 

Notre univers est solitaire,

Il peut en créer d’autres

 

Et c’est le grand manège

De tous les univers,

Des heureux, des grincheux,

Des experts, des artistes,

De clarté, de néant,

De tous ceux qui sont là

Et ceux qui vont partir,

De la vie et la mort

 

Nos univers sont solitaires,

Dans ce grand carnaval

 

le 7-11-2025

 

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