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12272761886?profile=originalIl s’agit d’un essai autobiographique de Marcel Jouhandeau (1888-1979), publié à Paris chez Gallimard en 1947.

 

C'est une entreprise étrange - voire inouïe - à laquelle se livra Marcel Jouhandeau en composant (peut-être sur la suggestion de Jean Paulhan, à qui l'ouvrage est dédié) cet Essai sur moi-même.

L'égotisme empruntait d'ordinaire la voie du journal, des Mémoires ou de l'autobiographie plus ou moins romancée. Pour la première fois, un écrivain recourait pour se dire à une démarche analytique et non historique.

 

Neuf chapitres se succèdent, suivis d'un Épilogue. Les trois premiers sont consacrés à la «genèse de l'oeuvre»: il s'agit d'abord des modèles vivants dont part le conteur (les gens de Guéret, alias Chaminadour; sa famille) et la constitution à partir de ces éléments de personnages types (chap. 1); on en vient ensuite aux circonstances qui firent de Jouhandeau un écrivain, aux ouvrages détruits et à ceux conservés, puis publiés (2); ainsi l'oeuvre s'est édifiée autour de trois figures, qui reflètent le créateur: Théophile, M. Godeau, Juste Binche, et chacun de ces personnages a entraîné avec lui un «cycle». Il est vrai que cette littérature n'est pas innocente, que l'auteur s'approche, avec ses créatures, du mal, au risque de s'y perdre, et fait dans ses livres la roue à la manière d'un «paon infernal» (3). Cela nous conduit à la théologie: commentaire très original et très narcissique de la Genèse (4), évocation des rapports singuliers de l'écrivain avec Dieu (5). Nous revenons ensuite à l'humanité. Les autres: jeunes, pauvres ou riches (6), les enfants auxquels Jouhandeau enseigne dans son collège le français et le latin (7). Les rêves du créateur, emplis de fantastique et de grotesque attestent son profond déséquilibre, dont se nourrissent ses fictions. Trois «garde-fous»: le métier de professeur, la correspondance quotidienne avec sa mère, le mariage (8). Enfin, une série de considérations sur le style et le métier d'écrivain, qui ressemble à une montée au calvaire terrible et souhaitée à la fois (9). L'Épilogue est constitué d'un «carnet de l'amateur de visages», réflexions sur les corps apperçus, les visages, la nuque, la «place de l'âme».

 

Chaque chapitre est composé, à la manière des Caractères de La Bruyère, d'une suite de fragments, dont le rapport n'est pas toujours évident. Il faut le chercher comme il faut méditer sur la composition générale: elle signifie clairement qu'aux yeux de Jouhandeau l'essentiel de sa vie et de sa personnalité est l'acte d'écrire. La réalité qui inspire, les circonstances qui aident ou entravent l'oeuvre, son organisation autour de la figure démultipliée de l'écrivain lui-même, ses secrets mystiques, ses rapports difficiles avec les autres, en particulier avec ses élèves, tout cela conduit à l'essentiel: les rêves et le style. Au centre, Dieu comme le tronc de l'arbre (métaphore familière à Jouhandeau). Avant, l'anecdotique et l'historique. Ensuite, les âmes. Enfin, leur présence et leurs métamorphoses dans les rêves et dans l'écriture proprement dite. Itinéraire original, qui signifie que Dieu est l'intermédiaire imposé, qui transfigure le réel en obsessions et en oeuvres d'art.

 

Les historiens de la littérature, les biographes de Jouhandeau peuvent assurément chercher dans cet essai toute une moisson de confidences et de documents, qui éclairent sa vie et sa vocation. Trois éléments se discernent, plus ou moins bien conciliés: un réalisme absolu, l'attention à tous les détails, à toutes les petitesses de la vie; un mysticisme très étrange, où se mêlent une totale fidélité à la lettre des Écritures et à la tradition cléricale, et une absolue hétérodoxie, limitrophe souvent du satanisme; enfin une fièvre narcissique bien au-delà de ce qu'on peut baptiser la complaisance ou l'orgueil. La folie n'est pas toujours bien loin; le sadisme s'unit à la charité; le dégoût de soi-même à la pure forfanterie; l'abnégation au luciférisme. Faut-il ne voir dans ces contradictions que des échos d'un drame fort simple et ici inavoué - l'homosexualité dans un milieu catholique? N'est-il pas plus enrichissant d'apprécier l'extrême sincérité (non dénuée d'humour) avec laquelle Jouhandeau présente les insolubles difficultés où il se débat, indispensables peut-être à la création littéraire en laquelle elles s'annulent comme dans une transcendance?

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L'automne

Je suis un platane solitaire
Aussi nu que le ver de terre.
Je viens de lâcher la dernière
Et le vent du nord en est fier.
 
Résistante à la pluie battante,
Aux bourrasques du vent latentes,
Elle s’accrochait à ma grosse branche
En attendant que vienne dimanche,
 
Jour de promenade des enfants sages
Qui rêvent, chantent et voyagent.
Ils aiment venir se réfugier
Contre mon tronc, juste à mes pieds.
 
Colorée de jaune et de rouge,
Elle virevolte, elle tourne, elle bouge.
Elle vient de prendre son envol
Et rejoint les oiseaux en vol.
 
Un gamin vient de l’attraper,
Sur sa paume, elle s’est posée.
Il la regarde tendrement,
Va la donner à sa maman.
 
Souriante, elle le remercie,
Petit cadeau qu’elle apprécie.
Elle admire ses jolies couleurs
Et la dépose sur son cœur.
 
Je suis un platane solitaire
Aussi nu que le ver de terre.
Je viens de confier la dernière,
Réjouissant un cœur de mère.
 
Deneyer Viviane 10/10/2011

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Patrimoine et modernité Un couple sous haute tension ? tel est le thème du débat organisé dans le cadre du Salon du Patrimoine par l’Association des Journalistes du Patrimoine et animé par Laurence Thiriat (France TV et ARTE) et Serge Van Den Broucke (Revue Atrium Construction)

Vendredi 4 novembre 2011 de 11h à 12h30 au Studio-Théâtre de la Comédie-Française au Carrousel du Louvre

 

Avec la participation de :

 

Jacques Ferrier : architecte, ingénieur diplômé de l’École centrale Paris. Concepteur de la « ville sensuelle » au
pavillon français de l’exposition Universelle de Shanghai.

François Loyer : historien de l’architecture contemporaine, ancien président de la Commission du Vieux Paris. Membre de l’AJP.

Pierre Yves Caillaut : architecte en chef des monuments historiques, responsable de la restauration du château de Lunéville.

Un débat qui posera clairement la question de la place du patrimoine dans la ville de demain et de son évolution face à la réglementation. Comment les communes feront-elles pour le préserver en résistant si possible aux tentations d’un urbanisme ravageur ? Face à la pression urbaine, quel choix faire qui nous engage pour l’avenir ? Doit-on tout préserver et que faire alors de ce patrimoine ? Les citoyens auront-ils leur mot à dire ?

Vision des architectes chargés de nos cadres de vie, paroles de citoyens, analyse de responsables du patrimoine, tous nous apporterons leur point de vue.

Un débat sans langue de bois, avec des personnalités de renom, qui nous permettra de mieux comprendre les enjeux qui se poseront à nous demain.

Entrée Libre

 

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Au menu

Au menu

J'ai toujours aimé associer l'amour et l'art de la table. Dans les histoires comme dans la vie. Dans un cas comme dans l'autre, un peu d'ambition et de risque ouvrent les portes de bien des plaisirs.

Le soir où nos jeux ont commencé, nous n'avons mangé que l'entrée.

Nous nous connaissions depuis peu, et jusqu'à présent jamais il ne m'avait parlé vraiment « cuisine ». C'était aussi le premier homme que je rencontrais qui, parmi ceux qui savent cuisiner, aimait réellement cela.

C'est donc par la cuisine que j'ai commencé à découvrir sa maison.

Il avait grillé deux tranches de pain, puis les avait imbibées de Gewürztraminer avant de les disposer au centre de deux assiettes. Sans savoir pourquoi j'avais laissé traîner mon doigt sur le pain, et j'avais regardé la fine pellicule humide sur mon doigt, avant de le mettre en bouche. Pourquoi ce geste alors que j'avais le même breuvage dans le verre que tenait ma main droite?

Difficile à dire... mais à bien y réfléchir je crois que c'est à cet instant que l'idée de marier les plaisirs s'est développée en moi.

Un parfum un peu acide m'envahissait: il venait de couper en petits dés une nectarine à peine mûre et une poire Conférence, puis avait jeté le tout dans une poêle où le beurre avait déjà fondu. Cette préparation était le reflet du Gewürztraminer qui teintait délicieusement nos verres: fruit brut, acidulé, velouté.

A ces doux parfums vinrent s'ajouter ceux du cidre qu'il versa généreusement sur les fruits en pleine cuisson, qui aussitôt disparurent dans un brouillard fruité.

Il ne me disait rien de ce qu'il comptait faire de tout ceci, et je laissais ce mystère exciter mon imagination. La décontraction dont il faisait preuve ajoutait à ma curiosité. Combien de fois avait-il cuisiné ce plat que je ne voyais encore qu'en chantier? Avec qui l'avait-il partagé? Qu'avait-il fait ensuite?

Moi je savais qu'au plaisir de la découverte - et la faim aussi - s'ajoutaient bien des sensations auxquelles je ne pourrais bientôt plus résister.

Il m'invita à m'asseoir à la table dressée avec soin, et où il avait disposé deux bougies. J'obéis. J'étais légèrement frustrée de ne pas assister à la fin de la préparation, mais ne pas savoir exactement à quoi ressemblerait ce qu'il entendait me servir attisait ma curiosité, et les images qui me venaient me troublaient avec une douceur infinie.

Ses mains sur moi. Et mes yeux bandés.

Tu anticipes ma fille, tu anticipes.

C'est donc les yeux fermés, sans qu'il n'ait à me le demander, que j'accueillis nos assiettes à table.

Sur les deux pains grillés il avait disposé des tranches de foie gras, puis les avait nappées des fruits poêlés au beurre et au cidre. Le tout formait un chaud-froid qui me fit vibrer le ventre.

Qu'est-ce qui me met dans cet état? Toi? Moi? Ton appétissante composition?

La réponse me vint dès la première bouchée.

Tout à la fois.

Le foie gras s'était doucement amolli sous le nappage brûlant des fruits. Son goût délicat s'en trouvait renforcé, et se mêlait harmonieusement aux parfums de Gewürztraminer dont le pain demeurait imbibé. C'était à croire que les parfums s'étaient nourris de l'initiale fermeté du pain et du foie gras, et cette idée entreprit d'agiter les papillons qui dormaient, là, tout en bas.

Mes joues se sont certainement mises à rougir quand je me suis rendu compte que je n'écoutais pas un mot de ce qu'il me disait. C'était un peu comme si j'avais fait un tour sous la table comme une petite fille un soir de fête. Je tentai de m'agripper à sa conversation, en vain. Je sombrais lentement dans un océan de plaisirs parfumés, et sa voix s'éloignait peu à peu de moi.

Je portais à ma bouche une source de plaisir insoupçonné, qui me semblait inépuisable. Sentir couler au fond de ma gorge ce subtil nectar me transformait peu à peu en une chaude vague de désir.

Tais-toi.

C'est ce que je lui dis.

Il ne me parut même pas surpris de cette subite autorité. Il baissa les yeux, et mangea en silence. Mais à chaque bouchée qu'il savourait il me regardait à nouveau. C'était un regard bienveillant. Il m'associait, moi, dans la lueur des bougies, à ce qu'il goûtait. Et cela me plaisait furieusement.

L'idée que bien des soirées semblables à celle-ci se soient passées, avec d'autres femmes, devenait secondaire. Et progressivement la conviction d'être unique ici et maintenant montait en moi.

Il me respectait.

Et je terminais ma dégustation, en silence, face à lui, et lui face à moi.

Amen.

Lorsque nous en eûmes fini avec sa délicieuse préparation, c'est avec la conviction qu'il était inutile de cuisiner encore, du moins pour ce soir-là.

Je lui dis: « Maintenant, je veux que tu le refasses. Avec moi ».

Et c'est ce qu'il fit.

Plusieurs fois cette nuit-là je me dis que j'avais eu de la chance de le rencontrer. Au-delà des dispositions positives qui s'étaient développées en moi tout au long de l'avant-soirée, je garderai un souvenir émerveillé de l'exercice que je lui avais imposé. Je fus tour à tour chacun des ingrédients qui s'étaient transformés en merveille.

Il me déshabilla avec une infinie délicatesse, tout comme il avait fait glisser la peau de la nectarine sur sa chair si tendre en apparence, mais en réalité si ferme au toucher.

Les baisers dont il me couvrait étaient comme autant de morceaux de poire chaude, taillés au couteau, doux et acides à la fois.

Je griffai son dos et il me griffa en retour, et ma peau se souviendra éternellement de ces rugueux tours de passe-passe, tout comme ceux du pain imbibé sur ma langue.

Quant à nos corps, qui au fil de notre dégustation augmentaient en goût et en chaleur, ils furent longs à épuiser la recette de cette nuit.

A plusieurs reprises – combien en fait? Je n'en ai aucun souvenir précis - j'eus l'impression qu'il me portait à ébullition, qu'il me transformait en un nuage parfumé tout autour de lui, et lui perdu au milieu de moi, étouffé mais si vivant, encore et toujours.

Je sombrai alors qu'il faisait déjà jour, et m'éveillai à peine plus tard. Il me regardait, couché sur le côté. Son regard me donnait chaud.

« J'ai faim », dis-je.

Il sourit, se glissa sur le dos, me laissant découvrir derrière lui le plateau du petit-déjeuner, débordant de petits pains au chocolat, croissants, confitures, thé, café, jus d'orange, ...

Je lui lançai un regard gourmand et dévorai le tout en un instant, homme et viennoiseries.

Nous avons inventé tant de recettes. Des mets pour se faire du bien, des dégustations ludiques et coquines, d'énormes plats pour nos amis, de petites douceurs pour se consoler lorsque la vie nous malmenait, et toujours de quoi attiser tous nos appétits... jusqu'à ce que mon ventre en porte le fruit.

Nos enfants sont grands maintenant.

Mais il me fait toujours aussi bien la cuisine, cet homme-là...





Bruxelles, le 10 septembre 2008.

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Un peu trop de bit(e)

Un peu trop de bit(e)

Dans le Discours amoureux, Roland Barthes se demandait pourquoi  il était si peu question d’amour dans les romans actuels lus par l’intelligentsia alors qu’un romancier comme Stendhal  par exemple considérait cette passion comme la « grande affaire » de sa vie, plus grande peut-être que l’idée fixe d’écrire un chef-d’œuvre.  In fine, l’auteur du Degré zéro de l’écriture concluait que « l’obsession politique » avait remplacé celle de la poursuite insensée du bonheur par l’amour qui donnerait un sens au non-sens selon la morale des époques incertaines. L’histoire d’amour avait été reléguée au rang de motif ou de thème,  ou pour le dire en terme plus cynique, de fonds de commerce exploité par  ces romans grand public au titre doucereux que la critique dédaigne mais que le public plébiscite. Mais aujourd’hui, puisque la politique n’est plus le discours dominant qu’il était, comment expliquer que le roman dans son ensemble ait renoncé à redevenir  la science des affects alors que le concert ne risque plus d’être troublé par les coups de pistolets de la triste politique ou par les cris de la rage impuissante des indignés ?  Il arrive encore qu’une romancière  comme Marie Darrieussecq  par exemple parle un peu des  premiers émois sensuels ou expériences sexuelles de ses personnages féminins, qu’elle rapporte  d’ailleurs si crûment qu’ils prennent un caractère sordide un peu kitsch qu’ils n’ont pas toujours, dans des scènes souvent placées abruptement au tout début du récit, in media res, pour accrocher le lecteur  dès l’incipit  (procédé employé aussi par  Dimitri Bortnikov dans Repas de morts qui commence par un scène de masturbation) et exciter son dégoût ou son penchant, c’est selon, pour  le trashy (pour le tragique on repassera). Le  vernis de la pseudo-novation stylistique peine pourtant à rajeunir  de si vieilles rengaines malgré leur piquant intrinsèque, malgré la verdeur du lexique (pas une page voire pour certaines pas un paragraphe sans le mot « bite », cette répétition produit un effet de saturation comme on dit dans la publicité), malgré l’absence de discours psychologisant.  Pour Marie Darrieussecq en effet, il n’y a sans doute  rien de si nouveau  à dire sur l’homme et  sa psyché depuis le passage de Freud ou Lacan pour qu’un romancier aille s’arroger un peu imprudemment comme au temps de Balzac une compétence de psychologue surtout quand on est déjà soi-même psychanalyste… et qu’on tient au partage des savoirs : car finalement n’est-il pas un peu incongru pour un auteur de disserter sur les motivations embrouillées de ses personnages ? Quelle valeur le lecteur  peut-il donner à ces développements, à ces analyses, à ces dissections du « cœur humain » à l’ancienne ? Toutes ces questions n’ont pas arrêté Stéphane Chasteller, auteur d’un premier roman singulier intitulé Terre promise.
Dans une langue impeccable et dans une syntaxe irréprochable, sur un ton plaisant,  avec un brin d’ironie, et aussi avec un certain talent (mot galvaudé mais il n’y en a pas d’autres pour qualifier un complexe de qualité d’expression et d’originalité),  il déroule la très vieille histoire de la recherche de l’autre  à travers l’itinéraire d’un personnage qui court après les ombres de son rêve et cela jusqu’aux dernières conséquences.

Clèves, Marie Darrieussecq, POL, 352 p., 19 € 

Terre promise, Stéphane Chasteller, Edition Embrasure, 158 p., 16 €

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Une terza rima, exercice de style

 

Les muses, autrefois, offrirent aux poètes

Des genres harmonieux pour combiner les mots.

Ces formes, de nos jours, paraissent désuètes.

 

Les pantoums, berceurs demeurent certes beaux,

N’utilisant toujours, seulement, que deux rimes.

Les phrases s’y répètent comme dans un rondeau.

 

Certains anciens poèmes atteignent le sublime

Et nous donnent souvent le goût de les chanter.

Les sonnets sont troublants, délicats et intimes.

 

La poésie propulse, en des aires enchantées,

À moins de se vouloir ambiguë et secrète;

Peu ressentent, je crois, l’envie de détecter.

 

Les muses continuent, fidèles et discrètes,

À répandre la joie et l’émerveillement.

Leurs élus inspirés, les accueillant, les fêtent,

 

Transcrivent leurs propos dans le recueillement.

 

21/9/2005

 

 

 

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Qu'il est difficile d'éditer en couleurs !

Peu après que nous ayons lu nos textes en la Médiathèque de Gruissan, mon ami l'écrivain Christian PASTRE et moi-même Michel SIDOBRE, j'ai été contacté par le photographe qui exposait ses belles photos lors de notre passage...

12272766288?profile=originalMon ami Christian PASTRE

 

 

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Michel SIDOBRE

 

12272766653?profile=originalLe photographe Bernard GUILLAUME


Il voulait publier un choix des plus significatives de cette zone humide, près de la mer, aux multiples étangs.

Je n'étais pas contre y poser quelques textes mais je l'avertis bien vite que la quadrichromie n'a pas de prix...

Il ne tarda pas de s'en apercevoir et les 3500 euros demandés pour 1000 exemplaires - ce qui n'est d'ailleurs pas excessif - ne convenaient pas à nos modestes économies.

Cherchant des sponsors pour " Gruissan, sang et eau ", titre que j'avais posé, il me vint alors à l'idée, en gardant mes textes, d'essayer de trouver des sponsors en demandant à mon ami le réalisateur Gilbert CORBIERES, de créer un petit film que je baptisais " Être de passage "...

Je contactai les Autoroutes du Sud de la France, SITA Sud, en pure perte.

Le livre n'existe qu'à une dizaine d'exemplaires ! Même la Mairie de Gruissan qui m'avait commandé il y a quelques années " Gruissan la fleurie, l'Île aux Pêcheurs " avec les dessins du réalisateur Vincent DIDEROT, à 1000 exemplaires a fait défaut, par contre elle a passé ce film cet été sur la Place de l'Eglise.

 

Le film avec les textes du livre:

 

 

La couverture du livre: (auto-édité par Bernard GUILLAUME)

 

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Je pense que, malheureusement, l'histoire de ce livre est finie!


 


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administrateur théâtres

12272764654?profile=originalDu 22 septembre au 22 octobre 2011

Le tour du monde en 80 jours au Théâtre royal du Parc

Day ONE « Phileas Fogg était de ces gens mathématiquement exacts, qui, jamais pressés et toujours prêts, sont économes de leurs pas et de leurs mouvements. Il ne faisait pas une enjambée de trop, allant toujours par le plus court. Il ne perdait pas un regard au plafond. Il ne se permettait aucun geste superflu. On ne l'avait jamais vu ému ni troublé. C'était l'homme le moins hâté du monde, mais il arrivait toujours à temps. Toutefois, on comprendra qu'il vécût seul et pour ainsi dire en dehors de toute relation sociale. Il savait que dans la vie il faut faire la part des frottements, et comme les frottements retardent, il ne se frottait à personne. »

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Une introduction qui donne le ton. Ironique en diable. Tout l’art de Jules Verne sera de démonter, rouage par rouage la belle mécanique de cet homme imperturbable et froid (Alain Leempoel) où nul grain de sable ne peut - en principe - se glisser. Mais que se passera-t-il  à la fin, en vertu des grands sentiments ?  Sous ses dehors de   séduisant gentleman cambrioleur, le sire est raide et  triste, et il nous fait franchement rire aux éclats.

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 La représentation théâtrale qu’en fait Thierry Debroux  est un spectacle de grand  Guignol explosif, pour grands et petits,  à la fois majestueux et pétillant de malice, et suspendu entre deux époques, toutes deux délirantes.  Chacun y trouvera son compte. Il y a des paroxysmes d’inventivité et de volubilité, sinon de haute voltige.   Il faudra attendre la chute  de  la prodigieuse histoire pour connaître la chute du héros de marbre de son socle d’impassibilité. Mais en attendant le dénouement bien connu, quel plaisir des yeux, grâce à la valse incessante des décors extraordinaires et aux mouvements spectaculaires  des comédiens, quel plaisir  des oreilles pour l’esprit qui suit avec délectation et bonheur les  mille et une réparties, allusions comiques, dialogues extravagants, sauces locales, fumets exotiques, connotations musicales subtiles ou satiriques, et autres anachronismes qui fusent  en continu de la bouche des comédiens.

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Othmane Moumen  est fascinant dans son rôle de Passepartout. Il est partout à la fois aussi coquin qu’un écureuil en délire.  La joute  perpétuelle entre Jean Passepartout (« Je suis français ! ») et le détestable flic Monsieur Fix (Stéphane Fenocchi) est pur divertissement théâtral : des héros à la manière de David et Goliath. Cela fait immanquablement plaisir de voir le petit se jouer du géant ! On aura donc  fait le plein de bonne humeur et de rire en attendant que le personnage principal daigne enfin se dérider, grâce au Miracle Féminin. Ce Miracle Féminin qui tout d’un coup déboule dans ce club exclusif et très sélect uniquement réservé aux hommes  fera définitivement exploser la notion du temps au profit de celle de l’amour. Adieu aux  montres, horloges et clepsydres de malheur! C’est  Jasmina Douieb dans le rôle d’Aouda, princesse des planches.  12272766259?profile=original

Moralité : Avoir une princesse indienne dans ses bagages  ne nuit pas !

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Day LAST « Ainsi donc Phileas Fogg avait gagné son pari. Il avait accompli en quatre-vingts jours ce voyage autour du monde ! Il avait employé pour ce faire tous les moyens de transport, paquebots, railways, voitures, yachts, bâtiments de commerce, traîneaux, éléphant. L'excentrique gentleman avait déployé dans cette affaire ses merveilleuses qualités de sang-froid et d'exactitude. Mais après ? Qu'avait-il gagné à ce déplacement ? Qu'avait-il rapporté de ce voyage ? Rien, dira-t-on ? Rien, soit, si ce n'est une charmante femme, qui - quelque invraisemblable que cela puisse paraître - le rendit le plus heureux des hommes ! 

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En vérité, ne ferait-on pas, pour moins que cela, le Tour du Monde ?  »  

 

http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2011_2012_001

 

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Sur mon chemin

 

Sextine

 

La pluie était sur mon chemin,

Mettait des larmes sur mes joues;

Je sentais comme des caresses.

Je l’ai accueillie en chantant.

Peu pressée de rentrer chez moi.

Je trottinais, l’âme ravie.

 

Je me sentais soudain ravie,

En éveil sur mon chemin,

Ayant laissé l’ennui chez moi.

Des gouttelettes sur les joues,

J’avançais, seulette en chantant.

Les vers aussi étaient caresses,

 

Émouvants, devenaient caresses.

Les prononçant, j’étais ravie,

Me sentais jeune, allant chantant.

J’ai toujours chanté en chemin,

Souvent, du soleil sur mes joues,

Pourtant de la tristesse en moi.

 

Quand l’espoir s’éloigne de moi,

Les mots fervents sont des caresses.

Semblent se poser sur mes joues.

Si ne suis nullement ravie,

Suivant les détours du chemin,

Je me distrais, allant chantant.

 

Me console aussi en chantant.

Les vers ont cet effet sur moi.

Parfois sur un rude chemin,

J’ai pu retrouver les caresses,

Du temps où je vivais ravie,

Sentir leur douceur sur mes joues.

 

La pluie rafraîchissant mes joues

J’avançais, toujours en chantant.

Me sentant légère, ravie

Rêveuse, en retournant chez moi.

Or me prodiguant ses caresses,

La pluie restait sur mon chemin,

 

Caresses qui frôlaient mes joues.

Sur ce chemin, j’allais chantant,

Retour chez moi, certes ravie.

 

25 novembre 2010

 

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Le choix de la sextine

 

Monsieur le comte de Gramont

Dont l’humeur fut peu libertine,

Mettait des propos en sextines

Privilégiant la forme au fond.

 

Il mariait six mêmes mots

En scabreuses unions intimes

Et ne se servant pas de rimes,

Mettait l’harmonie en défaut.

 

Seulement trois terminaisons

Jouant le rôle d'assonances

Conduisent à la somnolence

En l’absence de la raison.

 

Ce poète talentueux

Releva certes des défis;

La sextine pourtant ne fit

Que peu d’émules aventureux.

 

23 juin 2010

 

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administrateur théâtres

 

12272763279?profile=original« La source des femmes» sortie en Belgique le 9 novembre (avant- première aux Beaux Arts de Bruxelles le 5 octobre)

 

Fils d'un journaliste juif déporté et sauvé Radu Mihaileanu  est né à Bucarest en Roumanie le 22 Avril 1958. A  22 ans, il fuit le régime politique de son pays et s'installe en France.  Il signe en 1992 son premier film, Trahir, comme réalisateur et scénariste. Ce film narre le combat d’un individu contre une puissance totalitaire.   Son  deuxième film, Train De Vie reçoit un très bon accueil au Festival de Venise. En 2005, avec Va, Vis Et Deviens, Radu Mihaileanu devient producteur, et remporte le prix du Public et le prix Européen à Paris. Une histoire réelle de réfugiés juifs éthiopiens rapatriés par Israël  dont le protagoniste est un jeune garçon échappé d’un camp de réfugiés au Soudan et  qui réussit à se proclamer  juif et orphelin et est accueilli dans une famille adoptive française en Israël. Ce long-métrage plein d’humanité évoque les problèmes d’intégration, le racisme, les différences culturelles, la perte des racines.  En  2006 il reçoit le César du Meilleur Scénario Original pour ce troisième film. En 2009, Radu Mihaileanu signe la mise en scène du film  Le Concert, long-métrage avec Mélanie Laurent.

 

 Le voici maintenant  à Cannes pour le film La Source Des Femmes présenté en Compétition du 64ème Festival International Du Film De Cannes 2011 avec 5 nominations :

- Palme d'Or (Radu Mihaileanu)

- Grand Prix (Radu Mihaileanu)

- Prix du Jury (Radu Mihaileanu)

- Prix du Jury Oecuménique (Radu Mihaileanu)

- Prix de la Jeunesse (Radu Mihaileanu)

 

Leïla Bekhti et Biyouna  jouent à la perfection le rôle de deux femmes de générations différentes,  qui vont entamer une guerre contre le machisme, l’inégalité profonde des femmes, dans la société médiévale qui sévit dans ce petit village marocain sans eau et sans électricité. Du Maroc à L’Afghanistan c’est dans doute le même combat : une révolution à accomplir. Parfois une étincelle, infiniment petite,  suffit à allumer un brasier de changements.  Elles sont déterminées, malgré l’opposition de quelques unes et la crainte justifiée de leurs maris.   Elles veulent dénoncer des pratiques qui n’ont rien  à voir avec l’Islam, mais tout à voir  avec cette supériorité masculine atavique, le corvéage sans merci des femmes, les mariages forcés à un âge indécent,  le droit de les violer, de les répudier, de les battre et de leur refuser l’accès à l’éducation… sous prétexte de sorcellerie.

L’idée géniale de ces femmes  c’est  donc de faire la grève del'amour et du sexe tant que les hommes ne s’arrangeront pas pour amener de l’eau au village. Eux qui  forcent leurs femmes à se transformer en bêtes de somme, pour transporter tous les jours, l’eau que l’on ne peut trouver qu’à une source perdue dans la montagne, n'imaginaient pas qu'un jour elles puissent se rebeller et trouver un tel moyen de pression.

Les porteuses d’eau se sont épuisées sur les chemins arides de ce pays « où coule une source d’eau qui  se tait. » Au propre et au figuré. « Mais l’eau  qui apporte la vie emporte aussi  la vie, déplore l’une d’entre elles, qui a malheureusement glissé et  perdu  sur le chemin caillouteux, le bébé qui allait naître.  Et le cœur des hommes est sec et sans amour,   à cause du chômage et de la sécheresse de l’environnement. Les conditions de vie font qu’ils  ne participent plus du tout à la vie économique du village et se prélassent à ne rien faire.  Cela doit changer. Le village est en train de mourir, il s’agit de survie, comme de celle des infiniment petits, ces insectes en voie de disparition  qu’un entomologiste au cœur aussi sec que le leur,  est venu étudier sur place.

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Le film s’accomplit comme une sorte de conte, fourmillant d’humour, d’inventivité, non sans rappeler celle des mille et une nuits. La danse, le chant lancera la première offensive. Les hommes sirotant leur thé à une terrasse seront ahuris devant la montée des exigences qu’ils nommeront aussitôt sacrilèges et se défendront bec et ongles pour garder leurs privilèges. Le ton est malicieux, déterminé, dicté par l’amour et non par la tradition. Les femmes sont généreuses, belles, pétillantes d’intelligence et armées de courage, comme dans un conte. Les images sont superbes, le cœur du spectateur se nourrit de l'allégresse communicative de ces femmes qui croient à la justice de  leur combat.  

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Tout le propos du film sera celui d’une source d’eau qui parle et se fait entendre, enfin. Et la source des femmes, c’est l’amour, qui lui aussi doit se faire entendre, enfin. L’être humain n’est pas fait pour vivre à genoux et est capable de merveilleux. Voilà pour ce conte oriental réaliste et contemporain de l'infiniment petit. Comme les femmes le disent dans l’histoire, «  beaucoup de fourmis tirent un lion ». Le lion c’est l’histoire de l’humanité.

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Un toit là-bas

 Chers amis

  J'ai enfin retrouvé un poème dont je n'ai jamais cessé de réciter quatre vers particulièrement harmonieux et émouvants.

Je pense que vous le recevrez avec plaisir.

Un toit, là-bas

Oh ! la maison perdue, au fond du vieil hiver,
Dans les dunes de Flandre et les vents de la mer.
Une lampe de cuivre éclaire un coin de chambre ;
Et c'est le soir, et c'est la nuit, et c'est novembre.

Dès quatre heures, on a fermé les lourds volets ;
Le mur est quadrillé par l'ombre des filets.
Autour du foyer pauvre et sous le plafond, rôde
L'odeur du goémon, de l'algue et de l'iode.

Le père, après deux jours de lutte avec le flot
Est revenu du large, et repose, là-haut ;
La mère allaite, et la flamme qui diminue
N'éclaire plus la paix de sa poitrine nue.

Et lent, et s'asseyant sur l'escabeau boitant,
Le morne aïeul a pris sa pipe, et l'on n'entend
Dans le logis, où chacun vit à l'étouffée,
Que ce vieillard qui fume à pesantes bouffées.

Mais au-dehors,la meute innombrable des vents
Aboie, autour des seuils et des auvents ;
Ils viennent, d'au-delà des vagues effarées,
Dieu sait pour quelle atroce et nocturne curée ;

L'horizon est battu par leur course et leur vol,
Ils saccagent la dune, ils dépècent le sol ;
Leurs dents âpres et volontaires ragent et s'acharnent si fort
Qu'elles mordraient, jusqu'au fond de la terre, les morts.

Hélas, sous les cieux fous, la pauvre vie humaine
Abritant, près des flots, son angoisse et sa peine !
La mère et les enfants, et dans son coin, l'aïeul,
Bloc du passé, debout encor, mais vivant seul,

Et récitant, à bras lassés, chaque antienne,
Cahin-caha, des besognes quotidiennes.
Hélas! la pauvre vie, au fond du vieil hiver,
Lorsque la dune crie, et hurle avec la mer,

Et que la femme écoute, auprès du feu sans flamme,
On ne sait quoi de triste et de pauvre en son âme,
Et que ses bras fiévreux et affolés de peur
Serrent l'enfant pour le blottir jusqu'en son coeur,

Et qu'elle pleure, et qu'elle attend, et que la chambre
Est comme un nid tordu dans le poing de novembre.


Émile Verhaeren
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CE CRI DANS LA NUIT...

C'est un cri de douleur,

de révolte, de colère!

Pour conjurer sa peur...

 

C'est un cri d'impuissance,

de vérité, de détresse!

Il cherche l'espérance...

 

C''est un cri comme un appel,

salubre, fier et libre!

C'est celui des rebelles...

 

C'est un cri qui fait honte,

car il est si banal!

Mais dans le soir, il monte...

 

C'est un cri dispersé

Envahit par l'écho!

D'un monde désespéré...

J.G.

 

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administrateur théâtres

ADULTERES de WOODY ALLEN Au théâtre Varia

ADULTERES de  WOODY ALLEN  Au théâtre Varia

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Woody Allen n'a pas fait que des films : il a aussi écrit des pièces de théâtre. Voici deux de ses  intrigues mises en scène par Marcel Delval. Du 4 au 27 octobre 2011 à 20h30 sauf les mercredis à 19h30 - relâche les lundis et dimanches. CREATION au Grand Varia.

Avec: Bernard Cogniaux, Joséphine de Renesse, Pierre Dherte, Alicia Frochisse, Marie-Paule Kumps, Valéry Massion, Hélène Theunissen.

 « Pour inaugurer la saison, nous avons choisi de rire de nous-mêmes, de nos hypocrisies et de nos convenances, de nos hautes trahisons, de nos petites lâchetés et même de nos cruautés, avec la création de ADULTERES de WOODY ALLEN, un spectacle au titre explicite, composé de deux courtes pièces mises en scène par Marcel Delval. Une fantaisie évidemment névrotique, un rien féroce, un brin impitoyable et bien truculente. »

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Un thème, deux variations :

Part 1 : ‘Central Park West’
Les Riggs ont une adresse des plus chics. Sauf que leur appartement, où l'épouse, Phyllis exerce en tant que psychanalyste, est sens dessus dessous : dans la bagarre conjugale avec Sam, une statue ethnique a même perdu son pénis démesuré...  C’est le soir et arrive Carol la meilleure amie. The best friend. Confrontation. Trahisons en séries, violents règlements de comptes, vacheries vengeresses, dialogues de sourds,  écarts de parole,  déballages conjugaux sordides s’échapperont au fur et à mesure de cette boîte de Pandore d’un genre très connu : l’Adultère.

 Un thème éculé, revisité des milliers de fois par le vaudeville classique et contemporain. Cette fois-ci, les huit comédiens  nous ramènent sans ménagements au  fond de platitude  qui sous-tend les relations adultérines. Plus d’un se sentira gêné. Si dans la vie d’aucuns osent se fourvoyer dans les buissons de la passion extra conjugale,  le théâtre met totalement  à nu et pointe le sordide et souligne le  caractère éphémère de l’Amour ! Répandues au sol la jeunesse et la passion premières. Renversés les élans d’amour et la tendresse, remplacés par des amours furtives et coupables. 

 La jeune Juliet  (Alicia Frochisse) sortie-d’on-ne-sait-zou est un véritable pavé dans la mare qui crée une onde de choc encore plus pernicieuse, car plus cynique que tous, du haut de ses presque 18 ans. Et Howard de renchérir : « le mariage c’est la mort de l’espoir ! » Carol garde l'humour: «  Il ne faut jamais coucher avec un juriste, il te coince toujours sur le vocabulaire. »  Les spectateurs, presque assis sur la scène, sans jamais être pris à partie, se sentent impliqués dans cette vague de  tromperie généralisée et la perte d’idéal. Une comédie plutôt amère que douce. Et voir un spectacle sous les feux de la rampe ou dissimulés dans le noir, ce n’est pas la même chose.

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Part 2 :  'Old Saybrook’

Autre lieu: les mêmes acteurs vont rejouer le même thème avec des personnages différents, plus caricaturaux encore, à coups de costumes et perruques extravagantes. Hypocrisie endémique : James Ensor où es-tu ?  Tout lasse, tout passe, … sauf l’Adultère.  Une charmante  petite ville coloniale du Connecticut.  Sheila et Norman ont invité à un barbecue David et Jenny, la sœur de  Sheila qui plaidera: «  A part, le sexe, c’était platonique ! ». La découverte d'un journal intime et l'arrivée des anciens propriétaires  vont corser les fantasmes et animer - élément nouveau, ouf ! - la créativité d’un auteur en mal d’écriture. 

 

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La distribution  des acteurs belges qui se sont amusés follement à interpréter ces deux pièces est impeccable. Soulignons l’interprétation éblouissante et quasi viscérale de Marie-Paule Kumps, le ton olympien d’Hélène Theunissen  et ses rages homériques, et l’inénarrable Bernard  Cogniaux, Howard  le paumé qui retrouve son entrain sexuel loin de sa femme  et Pierre Dherte un beau salaud, très attachant aux dires de ces dames. Marcel Delval (l’écrivain) quant à lui se pointe sur les planches  dans la deuxième variation, comme un deus ex machina et à l’instar de Woody Allen joue un des personnages qu’il a créés. Le coup de théâtre c’est ce  couple  improbable « d’intrus » interprétés par les excellents Joséphine de Renesse et Valéry Massion et qui jouent avec conviction les  bombes à retardement.  La libération de  toutes leurs émotions refoulées  semble tout droit sortie de la foule … des spectateurs. De la vie elle-même, sans l’aide du théâtre, avec les accents confondants du vécu !

 Arrivez les premiers en haut de l’escalier et choisissez les sofas accueillants tout blancs en bordure de chaque côté de la  scène. Non seulement vous aurez un festival de bons mots et de réparties houleuses mais vous serez dans la pure émotion, par la proximité avec les comédiens. Des close-ups comme au cinéma…mais en live, de douze personnages délurés et de huit comédiens totalement investis. 

Que dire si tout cela avait été joué dans l’élan de la  langue originale? Car la traduction a parfois des côtés moins savoureux que l’anglo-saxon  d’origine avec ses intonations subtilement moelleuses. Il y a des mots et parfois un humour difficilement traduisibles, sauf avec une certaine rugosité, qui  finit par écorcher la volubilité et le  rythme!

 

 

Théâtre Varia Rue du Sceptre 78 1050 Ixelles, Belgique  

 

REPORTAGE-VIDEO David Courier et Denis Caudron - Intervenants
- Marcel Delval, metteur en scène

http://www.telebruxelles.be/portail/emissions/les-journaux/le-journal/16087-qsdf

 

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