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Tes mains me reviennent

Sur l’allée d’automne, je flâne rêveuse

Feuilles rousses et feuilles d’or se sont mêlées

Le visage nimbé de soleil safrané

Je bois une gorgée de lumière

Je tente d’évoquer le doux souvenir de toi

Emportée par le bleu de tes yeux rieurs

Ton sourire tendre et tes mains me reviennent

Allégé de ses peines, le palpitant frémit

Je serre ton image contre mon âme et j’avance

31octobre 2011

 Nada

 

 

 

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TOUSSAINT...

Les arbres omniprésents

Dans une splendeur...rouquine!

Aussi le ciel clément

Qu'un plein soleil anime...

 

La tristesse du jour

Est sans doute évincée...

Il flotte comme de l'amour

J'en suis émerveillée!

 

C'est sûr, les disparus

Sentant nos âmes tristes

Se sont sentis émus

Et ont montré la piste...

 

Oui, leur amour constant

Est stocké en mémoire...

Envoyant ses relents

A qui veut bien y croire!

J.G.

 

 

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Logomachie ou logorrhée

 

Deux muses soeurs, des éternelles

Longeaient une rive en radeau

Un éboulement de propos.

Se produisit à côté d’elles.

 

Intriguées et dépaysées,

Par cet état de leur langage,

Elles scrutèrent le rivage,

Des mouettes s’y reposaient.

 

Bientôt se dessina sur l’eau

Un décor troublant, onirique,

Né d’une prophétie lyrique,

Réduit aussitôt en lambeaux.

 

De quoi dépendit ce mystère?

Logomachie ou logorrhée

Ne sont pas art à explorer

Ceux qui en souffrent sont sincères.

 

                                                            15 juin 2007

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Croque-morts rigolos.

L’aurore est belle pour la mort joyeuse,

Elle a  bien vendangé, ils vont chanter la vie,

S’amuser et plaisanter loin de la gueuse,  

Garnir le corbillard, la Muerta est servie. 

 

Guillerets bavards les croque-morts s’éveillent,

Dans la couleur vivante de leurs journées,

Masque des dépouilles, fiers ils s’émerveillent,

Les raideurs de la Faucheuse sont parées.

 

Le crâne éclaté de ce jeune motard,

Rassemblé le matin sur la ramassette,

Repose dans le cercueil du jeune fêtard,

Fermé sur le sourire de sa fossette.

 

Le salon voisin pleure un nouveau bonheur,

Du gros héritage futur qui console,

La veuve noire se moque du grand veneur,

Elle soupera d’une limande-sole.

 

Le vieux qui repose à finit d’agonir,

Les soirs de misère et les ponts de ses nuits,

Il dormira demain au banc froid du bannir,

Dans la fosse commune des Corbeaux de nuits.

 

Dans les couloirs mortels des pompes-funèbres,

Les ombres effacent les heures ardentes,

Des étoiles sacrifiées, lourdes ténèbres,

Avenir incertain, pour tristes clientes.

 

Les croque-morts profitent bien de la vie,

Ils connaissent trop  le prix cruel de la mort,

Rayonnants compères, ils n’ont qu’une envie,

Laisser l’éploré, jouer au trompe-la-mort.

 

Tout est périssable, même le chagrin meurt,

Réceptions aux sanglots, soirs mélancoliques

Du salon funéraire, il dort l’embaumeur,

Se promène dans des rêves idylliques.  Quertinmont Claudine.

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Errance délectable

 

 

Hommage à  Farid Chettouh

 

Le jongleur magicien s’est rendu invisible.

S’élèvent des vapeurs colorées prenant corps.

Surgissent des génies aux exploits indicibles

L’envoûtement se crée dans de troublants décors.

 

L’absence de tout bruit mène à la transcendance.

L’âme s’y purifie, accueille l’harmonie

Et dérive enchantée sur le flot du silence.

Les instants sont emplis d’une grâce infinie.

 

La raison est restée au lieu des saisons mortes.

A laissé s’échapper l’esprit de fantaisie.

Il erre en liberté, grisé en quelque sorte,

Au pays de l’abstrait né de la poésie.

 

6 mai 2007

 

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Un regard sur le monde.

   un regard posé sur le monde endormi

j'avance avec l'espoir de me réveiller

dans un univers où la vie n'est pas mélancolie.

 

  Où les coeurs s'unissent

  où le ciel s'éclaircie....

 

  Espoir d'avancer avec la joie de savourer ces moments

où tout semble en cohérance avec nos attentes , avec nos espérances.

 

 

Une larme posée

Un départ reporté

je reste sur le quai

en attendant autre chose...

 

Un regard posé sur le monde endormi

je traîne le poids du passé

comme pour ne jamais oublier

que souffrir fait aussi partie de la vie.

 

  Et même si je crois encore

en des jours meilleurs pour l'humanité

je ne peux que me confronter à  la réalité.

et toujours garder dans mon coeur une part de rêves pour sans cesse avancer.  

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Fin de bruit

 

 

 

 

Ils volent si bas enfermés

trou blanc dans le silence

dédoublés dans le chemin perdu

le soleil dort

la mémoire tourne

poupée de soie au sourire éternel

juste des ombres faites de plumes

sanctuaire métallique trop près du monde

tournent sur elles-mêmes

puis le soir revient coucher les survivants

fêlure fine sous l’aile de l’oiseau

tu voudrais mettre de la musique

on ne sait pourquoi

alors tu coupes les roses fanées

sur un banc du jardin
 


B - 29-10-2011



 

 

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Voeux

Un voeu,
qui sommeil en chacun de nous,
quelque soit la forme et l'objet...

Un voeu,
pour que chacun ait la santé,
que la maladie ne submerge aucun être vivant...

Un voeu,
pour que l'amour puisse exister,
et que le bonheur soit toujours présent....

Un voeu,
pour que la famine sur terrre n'existe plus,
que les enfants ne soient pas abandonnés...

Un voeu,
pour que nos désirs soient excausés,
et que nos projets se réalisent,

Un voeu,
pour que chacun puisse vivre sans compter,
et oublier la crise financière,

Un voeu,
pour que la terre soit conservée,
dans des milliers d'années.....

Un voeu,
pour lorsqu'un être cher s'en va,
de pouvoir le retrouver après des années lumières....

Un voeu,
des voeux,
on en à tous....

Les voeux de notre enfance,
les voeux de notre futur,
les voeux jamais excausés,

Tels sont les voeux,
réalisons tout ce qui nous est possible,
au cours de notre vie,
réalisez vos rêves tant qu'il est encore temps....

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L'oiseau blessé

 

À Mon amie Anne

 

Un oiseau est blessé et gît dans mon jardin.

Sans doute l’un de ceux qui picorent mon pain

Mais s’envolent à ma vue, très vite chaque fois.

 

Je ne peux m’approcher, il se méfie de moi.

Je me tiens à l’écart et à bonne distance,

Pour ne pas ajouter la peur à sa souffrance.

 

Je surveille craignant qu’un chat ne le découvre.

Je le vois immobile, apeuré et qui souffre.

Les siens ne savent pas ce qu’il est devenu.

 

Chacun vole à son gré , le beau temps revenu.

Quand tout semble parfait dans un monde attrayant,

Les embûches sont là, meurtrières souvent.

 

Je reste fort troublée à chercher un recours

Quand l’énergie, soudain, arrive à son secours.

Il se relève alors et fait de faibles pas

 

Puis volette hardiment jusqu’au jeune lilas.

Je reste bouche bée. Quelle grande leçon

Ce drame s’achevant d’une heureuse façon!

 

30 mai 2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La jeune mariée de coton bleu (5... et fin!)

Quatrième tableau: La jeune mariée

En me couchant le lendemain soir, je priai pour revivre notre émouvante anomalie dans les moindres détails. J'avais essayé de comprendre ce qui m'était arrivé, en vain. Et malgré un sommeil inconfortable, propice aux pensées qui vagabondent et se mélangent, rien ne revint. Mes souvenirs semblaient avoir trouvé leur ultime port d'attache dans ma conscience diurne et cartésienne.

Je pris le parti de m'en satisfaire, car à la réflexion je préférais ne pas penser aux mille variations nocturnes qu'aurait pu engendrer l'image douce et bleutée de ma main glissée sous le coton.

Trois jours plus tard, Tiana m'écrivait. Mon albatros avait voyagé jusqu'aux antipodes. Shooting pour une marque célèbre de maillots – sa peau ambrée allait faire sensation. Elle me remerciait encore, espérait qu'on pourrait se revoir bientôt.

Ce fut le début d'une longue série d'échanges de courriers électroniques, durant laquelle, hélas, jamais elle ne revint chez moi.

Nous nous écrivions environ chaque semaine. Nous jouions à « cache-cache-mail »: à chaque fois je devais deviner et préciser par écrit à quel endroit de la planète je croyais la trouver lorsqu'elle lirait mon message suivant.

Ce fut notre jeu des mois durant.

L'hiver suivant fut précoce. Le dimanche 23 Novembre 2008, la neige se mit à tomber en abondance en Belgique. Pour la toute première fois, l'ambiance laiteuse à l'extérieur me rapprochait mentalement de mon invitée d'un soir.

Il me semblait évident que cette expérience avait été « notre » expérience; je me rappelais que Tiana avait été la seule à en parler.

Un sentiment de déséquilibre m'envahissait progressivement: en me quittant elle m'avait dit ce qui s'était passé, et même si elle ne semblait pas se souvenir des détails, elle avait eu l'honnêteté d'en parler avant de partir. Mon albatros avait lâché du lest avant son envol. Et moi, pour toute réponse j'avais tout enfoui dans ma mémoire: pas un mot, ni ce jour-là, ni plus tard.

La lune n'était pas encore bien haut dans le ciel que je trouvai cette situation de moins en moins supportable. Je me mis au clavier.

Un quart d'heure plus tard j'avais reconstitué son discours blanc, au mot près, j'en avais la quasi-certitude. Je m'excusai aussi de ne pas en avoir parlé si tôt. J'expédiai le courrier électronique.

Je ne reçus aucune réponse.

Ou du moins par courrier électronique.

Cette nuit-là je fis un rêve.

La neige tombait en flocons tout fins. J'ouvrais la porte de ma voiture.

— Tu as gardé tes belles manières.

— Tu as gardé ton beau sourire.

Tiana m'accompagnait vers mon appartement, pieds nus dans la neige.

— Pourquoi tu ne m'as pas dit, pour cette nuit?

Je ne pouvais déterminer si elle avait dit « cette nuit » parce que nous n'en avions partagé qu'une seule, ou parce que mon rêve me ramenait à l'instant où nous avions quitté ma voiture ce soir-là.

Je glissai la clé dans la porte.

— Parce que les hommes gardent toujours pour eux ce qui les trouble, du moins pendant quelque temps. Ensuite, seuls certains d'entre eux arrivent à en parler.

— C'est dommage de perdre tout ce temps.

— Tu m'en veux?

Je me retournai. Tiana n'était plus là. Les traces dans la neige s'interrompaient juste derrière les miennes.

Le même rêve revint tous les soirs, des nuits durant.

Chaque soir je lui ouvrais la porte, chaque soir je pouvais dialoguer avec elle. Il m'était permis d'avoir de ses nouvelles, de connaître ses derniers déplacements, ses aventures de modèle, ses amourettes aussi, brèves, amusantes, mais jamais passionnées comme avec Dominique. Et chaque soir elle disparaissait dès qu'elle me questionnait à propos de « cette nuit ».

Puis un soir je décidai de changer de scénario. J'attendis comme chaque nuit mon rendez-vous rêvé.

— Tu as gardé tes belles manières.

J'ouvris la porte:

— Je te demande pardon, Tiana.

Elle ne parut même pas surprise. C'était comme si elle avait patiemment vécu chaque soir la même scène, en attendant que je me décide. Elle sourit d'un air soulagé, contourna la portière et m'embrassa aussitôt, en murmurant:

— Je vais te faire un cadeau.

Le lendemain matin je reçus un mail de sa part, le premier depuis des mois. Je compris tout de suite que les rêves allaient cesser. Il ne précisait aucun sujet, et contenait juste l'adresse d'un site Internet. Je cliquai sur le lien, la page s'ouvrit. J'arrêtai de respirer.

J'atterris sur une page d'information mise à jour par une petite localité américaine. Tiana était morte depuis deux jours. Méningite foudroyante. Vingt-neuf cas recensés rien qu'en Arizona.

La journée se déroula dans un brouillard épais. Rien ne tenait debout. Tiana – si c'était elle – m'avait envoyé un courrier électronique deux jours après sa mort. Et comment cela pouvait-il être un cadeau?

J'espérais la retrouver en rêve le soir même, et obtenir d'elle une explication.

Le rêve ne vint pas.

J'en fis un autre, qui ajouta à ma confusion.

Je marchais dans l'herbe. Devant moi, une assemblée se séparait en deux groupes pour me laisser le passage. Tout le monde chantait.

Devant moi, un couple debout me tournait le dos. Elle portait une robe de mariée, il portait un smoking. Je contournai le couple par la gauche. Tiana priait. Harmonieux mélange de bonheur et de recueillement, son profil était d'une extraordinaire pureté.

Je m'éveillai, soulevé par un violent haut-le-cœur.

Tiana était morte, mais elle s'était mariée auparavant. Était-ce donc cela son cadeau? Un message en rêve, qui me disait qu'elle avait enfin trouvé le bonheur, un mari, une famille à bâtir?

Peut-être bien.

Je me levai et allumai mon ordinateur. Comment trouver la trace d'un mariage sur la Toile? J'explorai d'abord le site de son agence. Rien: l'anonymat des modèles était bien préservé. Une autre piste: son adresse e-mail pouvait m'amener à un blog, un autre site Internet, un forum... toujours rien. Quelques essais du côté des municipalités de l'état d'Arizona, en commençant par le mystérieux lien reçu le matin. Échec. Mais peut-être ma globe-trotteuse ne s'était-elle pas mariée aux États-Unis.

A l'issue d'une nuit blanche j'avais fait chou blanc sur toute la ligne. Je pris une douche bouillante avant de prendre ma voiture et filer vers mon premier rendez-vous professionnel de la journée.

J'espérais du fond du cœur en apprendre plus ce soir, s'il m'était donné de rêver encore à cette cérémonie.

Je sortis de ma voiture.

L'instant d'après, j'étais soulevé de terre.

J'entendis plusieurs craquements lorsque je retombai. Puis, plus tard, quelques voix qui s'approchaient. Les unes impuissantes, les autres effrayées, puis, enfin, une qui m'interpella.

— Monsieur, est-ce que cela va?

(- Oh Mon Dieu tu as vu le choc?)

(- Il faut le couvrir.)

— Monsieur, est-ce que vous m'entendez? Si vous m'entendez, serrez ma main.

Voilà. Je vous serre la main. Moi aussi j'ai suivi des cours de secourisme.

— Monsieur, est-ce que vous m'entendez? Pouvez-vous parler?

(- L'ambulance arrive)

(- Laissez-le respirer, s'il vous plaît)

— Monsieur pouvez-vous serrer ma main?

Encore? J'ai compris. Je suis paralysé.

(- Il a fermé les yeux)

— Monsieur, ne vous endormez pas, monsieur, s'il vous plaît, l'ambulance va arriver.

Je sens vos mains sur mon cou. Prenez votre temps. Cherchez mon pouls. Moi, j'ai trouvé mon cadeau.

— Vous avez dit quelque chose? Parlez-moi, Monsieur, il ne faut pas dormir, il faut rester avec moi. Restez avec moi, Monsieur, vous m'entendez? S'il vous plaît!

(-Il sourit)

Excusez-moi, je ne peux pas rester avec vous: je me marie.

 

 

 

 

Bruxelles, le 20 Novembre 2008.

 

Voilà! Nous sommes au terme de notre visite dans les histoires "poids plume" et "poids moyen". Si le coeur vous en dit, j'en au encore une à vous proposer... elle s'intitule "Il y a des nuits comme ça", elle se subdivise en 11 tableaux.

Qui veut?

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La jeune mariée de coton bleu (4)

Troisième tableau: l'anomalie

Au-dehors, le vent du début de la soirée s'était calmé, et avait laissé la place à un silence feutré. Il devait avoir neigé: dehors, l'atmosphère était laiteuse. Je sentais mon corps au repos. Je prenais lentement conscience de sa position. Mon esprit flottait lentement vers un état de conscience altérée. Je me voyais, allongé sur le dos. Parfois dans les rêves de mon enfance je volais à quelques mètres au-dessus du sol: mes sensations s'apparentaient à cela, mis à part qu'ici j'avais la conviction de ne pas rêver. Trop de détails s'offraient à ma vue. Les deux flûtes à champagne vides, sur la table basse face au canapé, mon téléphone portable laissé juste à côté, ma respiration calme.

Au moins je ne suis pas mort.

J'avais lu et entendu bien des choses sur les personnes revenues à la vie après une mort clinique. Je vivais une expérience, mais la mort n'était pas là.

Quelle heure pouvait-il être? Sans m'en rendre compte mon esprit s'était rapproché de mon téléphone portable. Malgré l'obscurité je devinai ce qu'indiquaient les cristaux liquides. Quatre heures huit. Je jetai un regard mental vers le micro-ondes. J'y lus: quatre heures neuf. Ils étaient décalés d'une minute: c'était ainsi depuis le passage à l'heure d'hiver. Tous ces détails étaient trop réels pour se retrouver dans un simple rêve.

Un frisson me parcourut le dos. Je me concentrai à nouveau sur mon corps: je venais de me tourner sur le côté. Mon pied droit dépassait de la couette que j'avais empruntée à Marie, et en effet, je percevais qu'il n'était plus couvert.

L'esprit et le corps sont liés.

Je fis une autre constatation: j'étais libre d'observer tout mon appartement. De me déplacer mentalement de pièce en pièce. Je portai mon intérêt vers la chambre de Marie. Elle était plus froide que le reste des pièces de l'appartement. Je coupais le radiateur lorsqu'elle n'était pas là, c'était ma manière à moi de la mettre en berne, d'empêcher quiconque de s'approprier cet espace en son absence.

Marie avait laissé un de ses crayons de couleur traîner sur sa table de nuit. Je ne l'avais pas remarqué auparavant. Avant de revenir vers le salon, je constatai que je n'avais pas froid dans cette pièce, mais qu'en revanche mon pied droit était à coup sûr toujours découvert.

Facile à vérifier: je m'observais maintenant comme si je me tenais debout accoudé à la cheminée. Mon pied droit était toujours à l'air. Cependant, malgré mes efforts, je ne pouvais donner aucun ordre à mon corps. C'était comme si la motricité et mon inédite clairvoyance nocturne n'étaient pas pilotés au même niveau de conscience.

Je plongeai à nouveau vers les flûtes. Le cercle de leur pied me rappela l'anneau de Tiana.

La pensée qui me traversa à cet instant aurait dû me soulever la poitrine, mais je restai désespérément immobile.

Regarder Tiana dormir.

Jamais je n'aurais cru pouvoir me déchirer à ce point. Je ne pouvais m'autoriser à faire cela. Je ne pouvais ajouter cette expérience à mon trouble de la soirée. Qui sait ce que je ferais, une fois suspendu au-dessus de mon propre lit, à contempler la plus belle jeune femme que j'ai rencontrée de ma vie entière?

Détaché de mon corps, mon esprit ne résista pas plus d'une seconde. Je me laissai littéralement aspirer en direction de ma chambre. J'eus à peine le temps de constater que les averses de neige avaient cessé, et que la lune éclairait un paysage cotonneux: déjà je m'abandonnais à la contemplation du bel anneau.

Les brillants jouaient avec les quelques lueurs qui filtraient à travers les rideaux entrouverts.

Tiana l'avait enlevé avant de dormir: je cherchais sa peau ambrée sous l'anneau, je n'y trouvai que du bois. Après une ultime hésitation, je passai au-dessus de mon lit. Mes draps bordeaux étaient en bataille, mes trois oreillers balancés au sol: elle dormait à plat.

Mais je ne la voyais pas.

Mon lit était vide.

Et à cet instant je sentis qu'elle me prenait la main.

Sans rien comprendre je revins mentalement à moi.

Voilà que Tiana était près de moi assise comme lorsqu'elle était venue me dire bonsoir. Ma main était en effet dans les siennes. Je voyais son visage. Elle pleurait des rivières en silence.

Tout en gardant ma main elle s'assit par terre, en tailleur. Nos visages étaient à la même hauteur. Elle se mit à murmurer en Anglais. C'était un discours blanc, un dédale de paroles somnambules.

Je suis creuse malheureuse je n'aime pas ce que je suis devenue ma maman mon papa n'ont pas compris ce qui s'est passé à Paris ils ne veulent même plus que l'on parle de moi à table et je sais je sens qu'à chaque fois qu'ils pensent à moi et s'empêchent de prononcer mon nom ils ont mal très mal.

Je vins au plus près de ses lèvres, pour lire sa tristesse. De ses yeux transformés en billes noires débordaient des larmes en épaisses fontaines.

Tu sais pourquoi je n'ai jamais froid c'est simple la majorité des shootings s'effectuent hors saison car la lumière est belle et il y a moins de monde alors rester en bikini pendant des plombes par douze degrés tu ne t'y habitues jamais vraiment et ça c'est peu de chose face au regard de certains hommes qui fait plus froid encore.

Et ceux qui voudraient t'observer dans ton sommeil, qu'en fais-tu? En pensée les gentlemen n'existent pas.

Avant je me disais que tous ces gens qui m'envisagent cachent peut-être un regard respectueux qui me réchauffera et un homme qui m'aimera pour ce que je suis et pas pour une histoire de charme car les histoires ont toutes une fin.

Elle s'était mise à genoux, les fesses sur les talons. Les larmes atteignaient son menton, puis allaient s'écraser sur ses cuisses. Sa tristesse était profonde et consentie.

Maintenant je ne sais même plus ce que c'est que d'avoir un chez soi je vis à l'hôtel tout le temps tu sais à propos de Paris de Dominique si je suis tellement triste ce soir c'est aussi parce que j'ai appris hier qu'il était papa et même sans être vraiment heureuse avec lui j'aurais peut-être trouvé mon bonheur en ayant une famille de lui je crois vraiment que j'ai commis une erreur en le quittant et c'est seulement maintenant que je le vois aussi clairement.

Elle se dressa sur ses genoux. On aurait dit une communiante attendant le prêtre. Ma main était toujours prisonnière. Elle me fit glisser sous le coton bleu. Le contact de ma paume avec son ventre secoua mon esprit avec une telle violence que je fus certain de me réveiller en sursaut. Il n'en fut rien. Mon corps toujours immobile se contentait d'aspirer la chaleur du corps de Tiana. J'étais sa victime paralysée, et la paume de ma main embrassait le centre du monde.

Moi ce que je voudrais tant c'est tout arrêter planter là ma vie d'albatros qui vole vole et jamais ne se pose et toujours finit par disparaître je sais que ta main sent combien je veux que mon ventre devienne tout rond tout plein tout chaud et je veux tant être maman et fière de mes enfants plus tard et encore plus tard je veux que leur père m'accompagne jusqu'au bout tu devines comme je maudis notre différence d'âge car je sais que toi tu pourrais être celui-là tes mains se feraient douces rien que pour moi et je me ferais si désirable que tu te perdrais en moi chaque jour que Dieu fait tu inonderais mon ventre de bonheur je te garderais heureux c'est pour moi une évidence depuis le premier instant où je t'ai vu en Allemagne.

Et dans le silence de ses larmes je désirai à cet instant être au fond du ventre de Tiana comme jamais.

Oh Mon Dieu ma jeune princesse
Je t'en prie fais ce que tu veux de moi
Car je suis à ta merci par je ne sais quelle magie
Mais quoi que tu fasses
Fais-le vite
Car je suis au supplice
Et fais le bien
Car je veux m'en souvenir

Elle avait cessé de pleurer.

Elle libéra ma main, la reposa doucement sur mon cœur.

Se pencha vers moi.

Elle déposa un baiser dans mon cou. Je sentais battre le sang dans mes veines sous sa bouche qui s'éternisait. Peu à peu le décor s'assombrissait, comme si un voile avait été tiré entre mon esprit et la scène que j'observais.

J'accueillais son baiser, c'était comme une feuille d'automne déposée à la surface d'un étang. Tandis que son visage s'éloignait, le tableau glissait vers des teintes noirâtres et feutrées. Bientôt je ne fus plus qu'une étoffe de douces sensations, mais mon esprit était redevenu aveugle.

Je l'entendis:

— Sweet dreams, Darling.

Ensuite les pas de Tiana s'éloignèrent tandis que je coulais à pic vers des eaux tièdes.

Je pourrais raconter la même histoire dans dix ans, le moindre détail sortirait encore de ma mémoire aussi facilement qu'à cet instant.

Le lendemain ce fut Tiana qui me réveilla. Elle s'était déjà habillée.

— Mon taxi attend en bas.

— Quelle heure est-il?

— Six heures trente. Je dois filer, j'ai juste le temps de prendre une douche.

Elle était à nouveau assise près de moi.

Comme hier soir. Comme cette nuit.

Son sourire ravageur était de retour. Elle prit ma main dans les siennes, une fois encore. Elle me parla en français.

— Merci, vraiment. Tu ne peux pas savoir comme j'ai aimé cette soirée.

Je souris en retour. Les mots ne venaient pas. Je pris un air de « pas réveillé » pour couvrir mon trouble.

— Et puis je dois te dire une chose.

Les mots ne vinrent pas plus; seul mon regard l'invita à continuer.

— Cette nuit j'étais triste alors je suis venue te parler tout bas. J'ai pris ta main et cela a été mieux. Puis je t'ai donné un baiser et je suis retournée dormir.

Je sais Tiana. J'étais aux premières loges.

— Tu dormais bien. Enfin je veux dire tu avais l'air de bien dormir. Mais je préfère te dire les choses, c'est plus honnête, car si tu as un souvenir bizarre un jour, je ne veux pas que tu sois fâché. Dors encore un peu, il est tôt pour toi, non?

Avant de se relever elle porta le bout de ses doigts à ses lèvres, puis les miennes.

— A bientôt! On se parle! La voix, le clavier, comme tu préfères.

Elle disparut aussitôt.

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La jeune mariée de coton bleu (3)

Nous entrâmes chez moi. Tout était prêt, du premier biscuit d'apéritif jusqu'au dernier grain de sucre du dessert. Elle m'avait dit qu'elle aimait manger de tout, que je pouvais lui faire plein de surprises. Le temps que je me débarrasse de mon manteau, je me retournai vers elle.

— Tu fais visiter? Je suis curieuse.

Tiana s'était débarrassée de ses bottes. Elle était pieds nus.

— Je ne veux pas salir.

Moi qui me déchaussais à peine rentré lorsque j'étais seul, j'étais pris de court. Mes chaussures vinrent sans tarder rejoindre les bottes de mon invitée.

— Du parquet partout, c'est chaud, j'adore.

— Oui, moi aussi. C'est en partie pour cela que j'ai pris cet appartement. C'est d'ailleurs la maman de Marie qui l'a trouvé.

— Elle a bon goût on dirait.

Je lui fis visiter mon chez moi, en commençant par la chambre de Marie. Tiana était un peu déçue de ne pas pouvoir la voir. Tandis que nous visitions les autres pièces, elle me posa plein de questions sur elle. La couleur de ses cheveux, de ses yeux, où elle allait à l'école, comment la vie s'organisait autour d'elle avec ses parents séparés.

Marie fut dont notre principal sujet de conversation durant tout l'apéritif. Tiana s'était installée en tailleur dans mon fauteuil en cuir. Tout en lui parlant je l'observais. Ses pieds nus contrastaient avec la toile sombre de ses jeans. Un trésor fragile sorti d'un sac de toile. Le caraco s'ouvrait sur ce bel anneau qui brillait fièrement à la naissance de ses seins.

Et je racontais ma vie pour ne pas être troublé. Elle m'aidait en cela d'ailleurs: depuis qu'elle était entrée chez moi elle donnait l'impression d'y être venue des dizaines de fois. Lorsqu'un geste ou un regard de sa part me touchait d'un peu plus près, je reformais mentalement l'image de l'étudiante qui s'éloignait vers le cabinet médical.

Peu à peu le trouble m'empêchait de la suivre. Je lui proposai de passer dans la cuisine. Elle me suivit. Ses pas, juste derrière moi, me firent deviner qu'elle marchait sur la pointe des pieds.

— Coquilles St Jacques pour commencer, tu aimes?

— Beaucoup. Tu les prépares comment?

— Juste poêlées. Tu me parles de Paris?

Je pris le « mmmh » qu'elle émit doucement pour une invitation à déguster les St Jacques au plus vite. Je me trompais. En réalité, c'était le souvenir de son amant français. Leur relation avait été passionnée. Une grande entrée dans la vie d'adulte. Il était riche et terriblement romantique. Elle était irrésistiblement belle et sa fraîcheur le fascinait. Le bel anneau, c'était pour ses fiançailles. Les parents s'étaient rencontrés, le mariage suivrait quelques mois plus tard.

— Je suis tombée amoureuse de ce bijou. J'aime le porter, j'aime le voir sur moi, le sentir contre moi. Quand j'ai quitté Dominique, j'ai voulu le lui rendre mais il n'a pas voulu.

Oui ma belle invitée, j'imagine bien. Amoureuse. Sur toi, contre toi. Mon Dieu, je vais perdre pied.

— Pourquoi cela n'a pas marché entre vous?

— J'étais son bijou à lui. Il adorait se montrer avec moi.

— Il était fier d'être avec une jolie jeune femme. Qui ne le serait pas?

— Les hommes ne savent pas porter les bijoux.

Une réponse toute faite. C'est fermé, monsieur. Tiana avait à coup sûr beaucoup souffert de sa séparation.

L'arrivée des St Jacques à table nous offrait l'occasion de changer de sujet de conversation, mais elle s'entêta.

— J'ai gardé le silence quand tu as parlé de ta séparation, me dit-elle.

— Touché, dis-je en français, avec un accent vaguement américain.

Son sourire s'agrandit.

— Touchée aussi, reprit-elle. Quitter Paris, c'était dur.

Le séjour des coquillages fut encore plus bref dans son assiette qu'en cuisine. Elle avala le tout en un temps record, en concluant par un « Oh que c'est booooon » aux accents parisiens.

Je retournai vers la cuisine.

— Je reste perplexe, dis-je. Comment as-tu fait pour retrouver ma trace? C'est un peu surréaliste, non? Tu te souvenais de mon nom?

— Oui.

Je m'en étais douté. Qu'étais-je pour elle?

— Ton nom était sur l'ordonnance, tu te souviens, en Allemagne. Et quand tu m'as dit que tu espérais qu'un jour Marie aurait mes yeux, ça m'a fait plaisir, alors j'ai retenu ton nom, je ne sais pas pourquoi.

Les moteurs de recherche, index et autres annuaires avaient fait le reste. J'étais soulagé et fier que Marie soit à l'origine de la persistante de mon nom dans les souvenirs de Tiana.

— C'est pour cela que je suis triste de ne pas la voir ce soir.

Je sursautai. Elle s'était approchée de moi et avait murmuré cela à mon oreille. Le pouvoir d'attraction qu'elle exerçait sur moi se renforçait de minute en minute.

Comme si elle l'avait senti, elle s'était rapidement éloignée. Le temps de dresser les assiettes, je la retrouvai sagement assise à table.

Les bougies faisaient danser deux petites têtes d'épingle incandescentes dans ses yeux noirs. En lui présentant le plat de résistance, je fis appel à toute ma volonté pour ne pas laisser traîner mon regard sur l'anneau qui jouait à cache-cache avec son caraco.

Je lui expliquai que le coucou de Malines n'était pas un vrai coucou mais une volaille qui n'avait rien à envier à la région de Bresse. Elle fit des efforts pour manger lentement, mais cela ne dura pas. Était-ce la faim ou le goût de l'interdit? Je la taquinai:

— Ma maman dirait que tu ne prends pas le temps de savourer.

— God bless ta maman, mais c'est trop bon!

— C'est un point de vue respectable. Dans ton métier cela ne doit pas être tous les jours ainsi.

— On doit se surveiller c'est vrai... Oh, nous sommes toutes à la même enseigne, alors c'est plus facile: il suffit de suivre le mouvement. Moi je fais surtout des photos, pour la lingerie et les bijoux, ça va encore... tu devrais voir celles qui font les défilés de haute couture, ça c'est l'enfer. Je ne pourrais pas.

Ses mains s'envolèrent soudain derrière sa tête, qu'elle pencha légèrement en arrière. Rideau sur la chevelure enveloppante: elle allait nouer ses cheveux, dénuder son visage. Mon regard glissa en ligne droite de son menton relevé à l'anneau parisien qui remontait à présent de sa cachette. Une lune toute ronde sur deux dunes dans le désert.

Une fois de plus je glissai mentalement. Il était temps de couper court.

— Je peux te poser une question, Tiana?

Et comme je m'y attendais:

— Une question gênante, si tu me demandes la permission.

— Que cherches-tu?

— Et toi?

— Tu veux savoir?

— Oui, bien sûr!

Je mentis:

— Le souvenir d'avoir passé une soirée avec une jolie étudiante, devenue une femme absolument ravissante.

— Un souvenir? C'est tout? Tu voudrais déjà que je sois partie, alors?

— Non, bien entendu. Mais comme nous ne sommes pas amenés à nous revoir... le souvenir sera déjà un joli cadeau.

Elle me sourit comme lorsqu'elle m'avait quitté en Allemagne.

— Toi aussi tu es mon cadeau-souvenir.

— Tiana...

— Non, laisse-moi dire les choses. Tu as du fromage?

Et comment. Elle m'avait dit avoir pris goût aux produits les plus parfumés. Alors qu'elle constellait son assiette d'un bout de chacun des fromages du plateau, elle s'expliqua.

— Tu sais, c'est en Allemagne qu'on m'a présentée à mon agence. Je suis mannequin depuis quelques mois après notre rencontre. Je vis parfois deux mois à l'hôtel avant de pourvoir passer une soirée ou un week-end dans un vrai appartement, ou, une vraie maison... Rien à voir avec les jolies villas où l'on nous met en scène, à Marrakech, Ibiza, Tarifa, j'en passe... C'est pour cela que j'avais envie de venir. Voir ton chez toi. Et puis si j'ai retenu ton nom c'est qu'il y a une raison.

— Il y a une raison?

— Oui.

— Laquelle?

Elle avait achevé de disposer tous les morceaux de fromage, comme autant de petits soldats. Elle releva la tête.

— Je n'en sais rien. Mais il y a une raison sinon je n'aurais pas retenu, tu comprends? Je dois encore la chercher.

— On est bien avancés...

Déjà elle picorait ses fromages avec une délectation digne d'un enfant mastiquant un bonbon volé.

— Je peux dormir ici ce soir?

Nous y voici.

— Tiana...

— S'il te plaît.

— Tiana...

— Juste dormir.

Juste dormir. Une formule usée jusqu'à la corde. Elle baissait la tête sur ses friandises. Ses cheveux rassemblés donnaient de la gravité à son visage. La lune diamantée se couchait derrière l'étoffe écrue.

— À une condition.

— D'accord.

— Je n'ai pas encore dit laquelle.

Sur son assiette, toute trace de fromage avait disparu.

— Je suis d'accord de toute façon. J'ai mes affaires dans mon petit sac. Je prendrai un taxi demain matin tôt. On met combien de temps jusqu'à l'hôtel, le matin?

— Tu dors dans mon lit, je dors dans le canapé.

— Et le lit de Marie? Il est assez grand pour moi.

— Il est trop près du mien. Je ronfle. Tu m'entendras à travers les portes fermées, c'est garanti sur facture.

— Alors ton canapé sera très bien pour moi.

— C'est ma condition, Tiana. Sinon je te ramène à l'hôtel.

Elle fit la grimace. L'espace d'un instant, son visage perdit de son éclat.

— D'accord.

— Parfait. Dessert? Tu as encore de la place?

— Oui! C'est quoi?

— Des crêpes Suzette, tu aimes?

— Mmmmh Oui!

J'aurais crû entendre Marie. Les crêpes font toujours revenir l'enfant qui est en nous.

— Je n'arrive pas à comprendre où tu as mis tout ton repas. Tu as mangé plus que moi!

— Je brûle tout très vite, c'est pour ça que je n'ai jamais froid!

Une réplique préfabriquée de plus. Comme une béquille. Pour la première fois je devinais de la fragilité dans sa voix. Le pire arrivait à grands pas: à chaque minute jusqu'à son départ je devrais me battre contre l'idée de prendre Tiana dans mes bras.

Je retournai dans la cuisine pour avaler d'un trait un verre d'eau glacée. Lorsque je servis le dessert, les petits feux follets qui dansaient dans les yeux de mon étudiante achevèrent de déchirer en lambeaux la dérisoire étoffe de résistance dont je m'étais couvert.

Tiana me parlait encore, mais ses propos traversaient ma conscience de part en part.

Je ne la voyais plus, je laissais flotter mes yeux sur elle.

Je ne comprenais plus rien, rêvais de nous deux.

— Tu es fatigué?

Retour sur terre.

— Oui, un peu.

— Alors c'est mieux que je dorme ici, non? Ce n'est pas prudent de conduire maintenant.

Il était temps de céder.

— Bonne idée.

Je lui préparai de quoi prendre une douche, mis de nouveaux draps sur mon lit. Elle vint me rejoindre dans le salon quelques minutes plus tard. Je m'étais déjà calfeutré sous la couette que j'avais empruntée à Marie.

Elle portait un simple pyjama de coton bleu ciel. Un top à bretelles torsadées, un short tout sage. A peine sortie de la douche, elle paraissait encore plus jeune que dans le cabinet de Frau Hartmann.

— Je voulais te dire merci. J'ai vraiment passé une merveilleuse soirée.

Elle déposa un bisou sur mon front, tout comme elle avait dû en déposer sur bien des fronts d'enfants dans la région de Daun.

— Bonne nuit Tiana, dis-je d'une une voix enfantine.

Deux bulles de rire vinrent secouer son buste de coton bleu ciel.

— Pour moi c'est vraiment un cadeau, cette soirée.

Ses attitudes de petite fille auraient dû m'apaiser quelque peu. Il n'en était rien.

— Tout le plaisir était pour moi.

— Je peux te dire quelque chose?

— Quelque chose gênante, si tu me demandes la permission...

— C'est malin! Non, sérieux.

— D'accord, sérieux.

J'étais à son diapason: nous parlions comme si nous étions en train de « clavarder » sur la Toile.

— Dominique, à Paris... il te ressemblait.

Une bûche de chêne en pleine figure m'aurait probablement fait le même effet. Je rassemblai mes forces, mais je n'arrivai qu'à murmurer:

— Pourquoi me dis-tu cela?

— Parce que je dois partager ces choses-là. Ne rien dire et mentir, c'est la même chose.

— Tiana, est-ce que tu as une idée de ce que ces propos, dans la bouche d'une femme comme toi, peuvent faire à un homme comme moi?

— Oui, je sais, je ne devrais pas être « cash » comme ça. Tout le monde me le dit.

Je n'en revenais pas. Si cette femme se comportait ainsi avec tous les hommes, elle avait dû collectionner les gifles depuis des années.

— Je voyais dans le regard de Dominique qu'il m'aimait, à chaque instant. Il me regardait, il m'écoutait, nous parlions, nous nous embrassions, nous faisons l'amour, et tout le temps, dans son regard, je voyais le plaisir d'être avec moi.

Dans un ultime effort je lâchai:

— C'est pour cela que je lui ressemble?

— Oui. Je sens que tu es content de la soirée. Et tu sais que je suis contente aussi.

Elle se leva. L'anneau avait disparu. Selon toute vraisemblance elle ne le gardait pas pour dormir.

— Bonne nuit. Ça me touche que tu aies accepté que je reste cette nuit.

— Good night, Tiana. Sweet dreams.

Je la regardai s'éloigner vers ma chambre, toujours sur la pointe des pieds. Lorsqu'elle disparut, je sombrais déjà dans un sommeil sans rêves, tapissé de coton bleu ciel. Morphée m'emmenait doucement vers la nuit la plus inattendue de mon existence.

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La jeune mariée de coton bleu (2)

Deuxième tableau: la princesse

J'avais passé la soirée avec un ex-collègue à siroter quelques Caïpirinha au comptoir du café Belga, parmi des cohortes de jeunes étudiants venus fêter la fin de la session d'examens de janvier. J'étais rentré chez moi, parfaitement mûr pour une nuit sans rêves. Sur mon bureau une surprise virtuelle m'attendait.

Ce n'est pas gentil, tu ne m'as même pas regardée.

Elle m'avait écrit en français. La photo à côté du message était d'une beauté à couper le souffle. Son sourire était intact, conquérant, magique. La topaze brillait toujours discrètement à la base de son cou. Je me demandais si son petit ami était toujours le même. Le jeans informe avait fait place à un pantalon moulant bleu ciel, les baskets à d'élégantes bottes courtes et le sweat-shirt s'était transformé en petit top blanc comme j'avais dû en apercevoir par dizaines lorsque j'étais au bar.

Mais pas porté de si belle manière.

Tiana était devenue mannequin, avait fait sécession avec sa famille. Elle était à Bruxelles pour deux jours. Une collection de diamants à mettre en scène. Puis ce serait l'Australie, puis Tokyo.

Marie va bien?

Oui Tiana, ma fille se porte comme un charme, mais si je te réponds, où et quand recevras-tu mon message? Lorsque tu seras de l'autre côté de la terre? Et puis... comment m'as-tu retrouvé?

Je demeurai quelques minutes immobile devant mon écran, à dévisager la jeune femme pixellisée. L'étudiante s'était transformée en une femme d'une extraordinaire beauté. La photo était prise au café Belga, probablement au moment où j'y étais. Pourquoi n'était-elle pas venue à ma rencontre? Je n'eus pas trop de difficultés à deviner: j'avais vieilli, grossi, et peut-être n'était-elle pas sûre de me reconnaître. Et puis la Caïpirinha ne nous rendait peut-être pas d'un abord facile. Si Tiana s'était approchée et avait fait erreur sur la personne, comment se serait-elle débarrassée de deux quadragénaires raisonnablement imbibés?

La réponse ne se fit pas attendre.

Elle se souvenait de mon nom. Elle s'était emparée de son petit smartphone préféré, avait demandé à son amie de la photographier, puis avait consulté tous les sites internet « sociaux » à ma recherche.

Douze minutes... pas mal non? Un ange qui hier encore avait l'âge d'être la baby-sitter de mes enfants m'avait pisté grâce à la grande toile en moins d'un quart d'heure. J'étais à la fois flatté et effrayé. Quand on cherche, on trouve... tu n'es pas fâché j'espère?

Elle m'avait envoyé une deuxième photo, avec un commentaire: « mon métier de maintenant ». Elle y posait en nuisette; elle était devenue mannequin. Lise Charmel. La marque que j'avais tant et tant offerte à la maman de ma petite Marie. Mon étudiante était devenue très féminine.

Je m'endormis après lui avoir répondu:

Non pas fâché, que du contraire: heureusement surpris de te voir par ici. Maintenant que j'ai ton adresse mail (enfin, que tu as trouvé la mienne plutôt), je ne te lâche plus... Donnant donnant, tu me racontes, je te raconte. Et pour commencer, oui, Marie va très bien, elle est chez sa maman pour l'instant, je la retrouverai vendredi... et elle est presque aussi jolie que toi :-)

Si j'avais su ce qui allait suivre, me serais-je abstenu de répondre?

Bien des hommes croient forcer leur destin. Ces mêmes hommes ne sont rien face aux femmes dont ils croisent le chemin.

Le lendemain je consultai les mails au pied de mon lit. Encore une autre photo d'elle. Marie aurait dit « elle t'envoie un bisou qui vole ». Tiana portait ses cheveux bruns déliés, et ses yeux pétillaient au-dessus d'un nouveau pendentif: un anneau constellé de brillants. Cadeau d'un autre petit ami, avec plus de moyens? Au moment où je chassais cette pensée, je constatai que ma main droite avait abandonné la souris pour venir se poser sur mon écran. J'avais posé trois doigts sur l'image de Tiana.

Je suis tombée amoureuse de ta Vieille Europe, tu sais? Tu m'excuses pour mon français mais j'aime écrire dans ta langue même si je fais des fautes. C'est comme ça depuis Paris, je dois te raconter! Demain je pars, alors ce soir j'ai envie de manger tout ce que je ne peux pas à cause de mon métier. On mange ensemble si tu veux.

Sans réfléchir j'accédai à sa demande.

Tu vas être servie... Frau Hartmann, Marie et moi te devons bien cela. Je te fais la cuisine. Je viens te chercher où et à quelle heure?

J'avais à peine expédié mon courrier que je me maudissais. « Tu vas être servie »: quel idiot! J'espérai que sa compréhension du français ne laisserait planer aucun malentendu. Le tableau était déjà assez bizarre ainsi: un quadragénaire célibataire invite chez lui une jeune et jolie modèle. Se connaissent-ils? Non, du tout: ils ont partagé en tout et pour tout:

  • vingt minutes de voiture
  • quelques mots
  • une ordonnance

Rien dans cette histoire n'était vraisemblable et pourtant la réponse vint sans tarder.

Au Conrad, je suis là après 19:00. Je suis contente.

Signe des temps: la « Toile » avait réuni deux êtres qui jamais n'auraient dû se revoir.

À dix-neuf heures précises, les vingt-quatre ans triomphants de Tiana illuminaient le début de notre soirée.

Elle m'attendait dans le hall d'entrée de l'hôtel. Son jeans moulant plongeait au fond de hautes bottes en cuir noir, et un caraco écru moulait son buste. Elle ne portait rien d'autre. Dehors il faisait à peine quelques degrés au-dessus de zéro. On annonçait même de la neige.

— Je suis descendue t'attendre, je ne t'ai jamais dit mon dernier nom? Si?

Elle avait traduit « last name » littéralement de l'anglais: dernier nom, nom de famille.

— Non, c'est vrai... et comme tu ne le précises pas dans tes mails, je n'avais aucune chance de te retrouver.

Elle m'embrassa sur les deux joues.

— Combien, à Bruxelles? Deux? À Paris c'est deux, ailleurs c'est parfois trois, je ne sais pas. Et si je fais des fautes de français tu les corriges, tu promets?

— Une, deux, cela n'a pas d'importance. Ton français est encore meilleur que ton allemand il y a quelques années. Comment fais-tu?

— Ah, les langues, j'aime les apprendre, c'est comme la cuisine, tu sais?

— J'espère que tu aimeras la cuisine que je te destine, alors.

C'était comme accueillir une petite sœur sur le quai de la gare. J'avais plein de choses à lui demander. A commencer par « tu n'as pas froid? », mais déjà je savais que cette question tomberait à plat: elle ne me laissait pas le temps d'en placer une... et l'enthousiasme dont elle faisait preuve laissait clairement entendre que le froid était le dernier de ses soucis.

Elle utilisait le français pour me poser des questions, et l'anglais pour raconter. Je m'amusais du vocabulaire simplifié dont elle faisait usage, comme si elle voulait aller à l'essentiel, exprimer le plus possible de choses avec le moins de mots possible. Après tout le temps nous était compté.

— Tu as vu la tête du concierge, à l'hôtel? Il croit que tu es mon petit ami.

— Tu veux rire?

— Non c'est vrai, j'ai dû lui faire promettre de dire que je dormais si mon agence m'appelle. Et à la copine qui partage ma chambre aussi.

— Tu es interdite de sortie le soir?

— On doit dormir beaucoup, pour avoir une belle tête le lendemain. C'est surtout pour les yeux, tu comprends? Je vais voir Marie?

— Non hélas elle est chez sa maman ce soir.

C'était mon « sujet sparadrap » de la soirée. Dire les choses d'un coup, et qu'on n'en parle plus: je ne vivais plus depuis quelques mois avec la maman de Marie. J'avais trouvé un équilibre, elle avait retrouvé un compagnon. A chacun ses priorités. Elle cita en français: « On s'est quittés d'un commun accord mais elle était plus d'accord que moi ».

— Tu connais ça, toi? Grand Corps Malade?

— Oui, je connais presque tout par cœur, j'ai appris beaucoup de mes mots de français en l'écoutant quand j'étais à Paris.

Et voilà comment une jeune américaine avait étendu ses connaissances en langues. Je venais de prendre un coup de vieux, mais à quoi devais-je m'attendre d'autre? Dix-neuf ans nous séparaient. L'idée de partager cette soirée avec elle m'enchantait vraiment, mais je devais me rendre à l'évidence: je l'avais invitée chez moi car je m'étais laissé séduire, et cela ne se faisait pas.

Avant d'arriver à destination elle avait résumé toute sa vie depuis notre première rencontre. J'usai mentalement de cette expression à la mode: « donc, ça... c'est fait ».

Je stoppai mon véhicule face à l'ancienne brasserie dans laquelle mon appartement avait été aménagé.

— Tu es au bout du monde, ici!

— Cela doit te changer de l'Arizona... Temps humide, frais, bienvenue dans la périphérie bruxelloise.

— Bof, je n'aime plus trop l'Arizona, je préfère les pierres de l'Europe.

— Et tu n'aimes pas retrouver ta famille?

— Ma famille n'aime pas le métier que je fais.

Je contournai la voiture pour lui ouvrir la portière. J'avais fait de même en Allemagne, devant la pharmacie, mais là-bas c'était aussi pour jeter un œil sur ma fille enfiévrée et endormie.

— Tu as gardé tes belles manières.

— Tu as gardé ton beau sourire.

Je lui tendis ma main. Elle cilla avec humour:

— Ça c'est nouveau. Très élégant.

— My pleasure, Milady.

À Daun j'avais saisi la main d'une étudiante. Ce soir-là j'accueillais une princesse.

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La jeune mariée de coton bleu (1)

 

Premier tableau: l'étudiante

Elle s'appelait Tiana, elle avait à peine vingt-quatre ans, en paraissait un peu plus sur ses photos, et un peu moins en vrai.

La première fois que je l'ai vue, elle était étudiante.

Venue du fin fond de l'Arizona, elle passait une année en Allemagne, pour apprendre la langue. Un échange. Elle s'adaptait avec plaisir aux traditions de la vieille Europe, pendant que le fils de sa famille d'accueil, lui, perfectionnait son anglais en compagnie de ses trois frères.

Je me dépêtrais avec difficultés face au médecin de garde, un samedi midi, dans les ruelles de la ville de Daun. Ma petite Marie accusait un bon 39 de fièvre, et ma connaissance de l'allemand était poussiéreuse.

Après avoir concentré toutes mes forces dans l'interprétation du diagnostic et du contenu de l'ordonnance, j'achevais de me perdre dans les explications du médecin pour que je parvienne à la pharmacie avant la fermeture.

Mon interprète était alors apparue. Jeans et sweat-shirt informes, autour d'une grande adolescente au sourire dévastateur. Elle parlait anglais avec un fort accent, mais j'aurais détrôné toutes les voix féminines so British de la BBC au profit de celle-là, du moment qu'elle procède au doublage sonore du Doktor Hartmann. Cette dernière dessinait le plan d'accès à l'officine, ponctuant le tout d'explications dont le peu que je comprenais laissait clairement entendre que rien de ce qu'elle avait dessiné n'était vraiment à l'échelle.

Tiana s'était présentée. Elle m'avait expliqué qu'elle rangeait et nettoyait les salles de consultation le samedi après-midi, pour se faire un peu d'argent de poche, et que si je le souhaitais elle pouvait m'accompagner jusqu'à la pharmacie. Il me suffirait de la ramener après. Marie s'était endormie sur mon épaule, soulagée qu'on la laisse enfin tranquille après l'auscultation. Ses dix-sept mois avaient diligemment besoin d'aide pour faire baisser sa température. J'acceptai avec gratitude.

J'installai Marie dans son siège et démarrai. Tiana avait les yeux marrons, presque noirs, terriblement rieurs. Sur le chemin elle m'expliqua quelque peu comment sa vie d'étudiante américaine s'organisait ici, à quelque cinquante kilomètres de Koblenz. De temps à autres je voyais jaillir sa main vers le pare-brise, et ses doigts pointer la direction à suivre. Elle racontait. Une année d'histoire de l'Art, du baby-sitting et d'autres petits boulots pour les extras, une famille d'accueil assez stricte, un peu d'écriture, beaucoup de peinture. Elle posait aussi parfois pour des peintres, en ville, mais ça, personne ne devait le savoir. Sa peau était mate, peut-être trahissait-elle des origines mexicaines ou amérindiennes.

Elle était arrivée à peine trois mois plus tôt et déjà son allemand était d'une belle fluidité, comme j'eus tôt fait de le constater lorsque nous arrivâmes à la pharmacie. Je remarquai surtout le regard des gens qui l'apercevaient. Tiana ne laissait personne indifférent. Son sourire de jeune fille venait de très loin, et se projetait vers le regard de l'autre avec une innocence presque enfantine. Pourtant Tiana n'était plus une enfant. Avant de rentrer dans la voiture elle saisit ses cheveux des deux mains pour les nouer derrière la tête, en un mouvement d'une rare élégance. À son cou je devinai une petite topaze ronde accrochée à une fine queue-de-rat en or blanc: j'imaginai volontiers que c'était un cadeau de son petit ami.

En moins de vingt minutes nous étions de retour. Je la remerciai de sa gentillesse, lui souhaitai un heureux séjour en Allemagne. Marie dormait toujours. Je lui donnerais ses médicaments dès mon retour à l'hôtel. Lorsqu'elle quitta ma voiture je lui saisis la main, et lui dis dans un anglais devenu hésitant: « Merci de tout cœur. Vous m'avez fait gagner un temps précieux. Et puis... j'aimerais que plus tard ma fille ait votre sourire ». Celui qu'elle me décocha en retour était un diamant de joie de vivre. « Alors prenez bien soin d'elle. Bon retour en Belgique... » m'a-t-elle répondu avant de disparaître vers le centre médical.

Un visage de lumière comme jamais je n'en avais vu, et comme très probablement jamais je n'en reverrais. Je priais souvent ma mémoire pour que ce souvenir ne s'altère pas.

C'est l'histoire de notre deuxième rencontre que personne ne voudra croire.

Elle eut lieu quelques années plus tard.

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Rajib

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Mystère ou émerveillement,  

Je m’exclame aussitôt: Rajib!

Un mot superbe que j’exhibe,

Sans le traduire évidemment.

   

Pourrais-je dire: époustouflant,

En laissant au loin la magie,

L’émoi né de la poésie?

Ce n’est pas un équivalent.

   

Rajibe est un hymne en un mot,

Quand la nature nous ensorcelle

Et qu’à nos âmes, elle révèle,

L’indicible venu d’en-haut.  

 

Ce matin, je me suis surprise,

Devant mon arbre glorieux,

Empli de bouquets somptueux,

À le redire à deux reprises.

 

 3 mai 2006

 

 

 

 

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Amour,

Dans ma tête, calme plat,

Dans mon corps, espace blanc,

Dans mon cœur, vous y dormez encore ;

ces trois lieux construits par l’encre bleue

associée à mon sang à vous sont destinés.

 

Les agrandir encore, oh le voulez-vous ?

 

Seule, serais-je suffisante jusqu’au bout, sans

le souffle toujours plus large de l’écriture,

sans son ensoleillement constant ;

vous toucherais-je  autant ?

 

Chut, là je cesse d’écrire, pour vous

écouter à l’intérieur de moi exister, me

répondre peut-être !

 

Perdre tous les mots venant d’elle,

engendrerait notre commune obscurité, son mutisme, sa

froideur.

 

L’impartageable.

 

Je vous respire.

 

 

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Née sous une belle étoile

 

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Il est des vies dures et tristes,
que la vie vie n'épargne pas,
où les gens souffrent tant moralement que physiquement...

 

Il est des vies baignées dans la richesse et le mépris,
que la vie offre tout sur son passage,
où les gens sont fortunés et méprisants...

 

La mienne de vie est tout autre,
j'ai eu la chance d'être née sous une belle étoile,
dont j'ai hérité l'Amour de mes parents...

 

L'adoption d'un enfant est la plus belle chose au monde,
vous parents du monde entier,
ayez la chance d'adopter un enfant....

 

Pour ainsi lui offrir une belle vie,
en partageant joie et tristesse,
amour et réconfort,
enseignement et droiture....

 

Chaque enfant mérite une chance dans la vie,
cela le rendra plus fort pour surmonter la vie,
plus battant pour atteindre son but....

 

L'adoption est un cadeau que l'on offre,
la vie nous parait parfois tellement difficile,
mais lorsque l'on se rend compte de la chance que l'on à,
alors celle-ci se surmonte plus vite....

 

Mon message est simple,
pouvoir donner et aimer,
en retour l'amour de votre enfant le plus beau cadeau qu'il nous soit donné tant que parents !

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"Enfants du monde"

Enfant du soleil,
pied nu sur ta terre battue,
tu jouis des senteurs de la nature,
ta joie se lit sur ton visage d'ange...

Enfant du soleil,
de toute les villes du monde,
les traits de ton visage sont sourire et bonté,
jeux de cailloux, jeux de la nature t'émerveille...

Enfant du soleil,
la nature, est ton plaisir de vivre,
l'eau, la force qui te fait grandir,
l'air, pour courrir à travers les feuilles,
le feu, pour te réchauffer....

Enfant du soleil,
pays de merveilles, richesse de la terre,
partage et joie sont dans ton coeur,
tant de plaisir simple que t'offre la vie...

Enfant du soleil,
en toi, sommeil le coeur d'une maman qui veille sur toi,
l'amour d'une maman,
la richesse d'apprendre et la force intérieur,
trouve le chemin de l'espérance grâce à tout ses dons
que tu possèdes,
tu n'en sera que plus épanouis pour ta vie à venir...

Dédié aux enfants de la terre...

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