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Arts et Lettres sur mobile

Ceci n'est qu'une ébauche de projet. Mais je pense qu'actuellement peu de personnes ont encore l'usage d''un mobile smartphone qui me semble absolument encore beaucoup trop cher à l'achat et à l'usage. A mon avis, il faudra encore attendre quatre à cinq ans pour éventuellement se lancer dans l'aventure. En tout cas pas avant que les prix deviennent réellement à la portée de tout un chacun. De plus, je pense que voir ou écrire du texte sur de telles machines est une réelle épreuve. Et les photos de belles oeuvres ne sont réellement appréciables que sur de plus grands écrans.

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Emission sur Radio Côte Sud FM

Bonjour à tous,

 

Je vous donne RDV le mercredi 9 novembre 2011 à 17 heures sur Radio Côte Sud FM

 

Je serai l'invité de l'émission "Chemin de Sable" pour parler, entre autres, de la préparation de mon nouvel album  ZARA ("Tu Es") qui est le 2ème chapitre de la trilogie NAIZ - ZARA - GARA  (Je Suis - Tu Es - Nous Sommes). Une manière de déclinaison par la musique des indispensables différences qui nous enrichissent à toutes et à tous !

 

Nous venons également de mettre en ligne la nouvelle mouture du site : Peio Serbielle

Ce nouveau site dont la mise en ligne n’est pas tout à fait terminée, va regrouper, en autres, et en rubrique "Archives", des émissions de radios, tv, etc... de ces 20 dernières années.


N'hésitez donc pas à revenir régulièrement sur ce site et, si vous le souhaitez, à nous laisser vos avis, réactions, etc... sur la page intitulée "Livre d'or"

 

A très bientôt et merci de votre fidélité.

 

Peio

 

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Flânerie à Amiens.

 

 

Je suis tombée sous le charme de ce petit café bleu, niché dans l’arborescence automnale lumineuse et chaude, à deux pas de la Somme au dessus de laquelle tous les arbres frissonnent en même temps que mon corps.

 

Le ciel est d’or, à l’approche du soir, monumental et proche.

 

L’intime de la terre devenu !

 

L’été puis l’automne avec complicité, sur le pont de l’entre-deux saisons, cheminent, s’étreignent,  s’y attardent, déploient l’ensoleillement.

 

De ce mélange du vert avec le pourpre, le flamboiement du ciel redouble, puis naît cette douceur d’aller, de flâner simplement, de s’envoler un peu, de croire encore une fois à l’aube du Monde.

 

A cet infiniment possible ; la terre et l’homme ne font plus qu’un.

 

Un genre de paix que l’on reçoit, que l’on ressent ; peut-être la main sur soi de l’éternel ?

 

Le présent dans toute son amplitude ; le bien-être.

 

Vie.

 

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La direction se réserve le droit...

Exposition Europalia Brasil au Bozar (le bien nommé). Droit d'entrée: un cinglant 12 €.
9 € pour les sexagénaires et leurs aînés. Visiblement, je suis le seul, un doux vendredi
après-midi, intéressé par cet événement claironné et plastronné sur des dizaines de panneaux
et abris d'autobus en région bruxelloise. Je traverse bravement et solitairement le hall
majestueux menant au saint des saints. En haut des marches qui rappellent un film de Mel
Brooks sur l'histoire de l'empire romain, une accorte jeune personne à moitié endormie (on
le serait à moins), est affalée sur un pupitre destiné au cérémonial du vestiaire: on ne sait
jamais, avec toutes ces élégantes Bruxelloises couvertes de vison qui meurent d'envie de
visiter Europalia Brasil, mais peut-être pas par un vendredi après-midi resplendissant.
Un sbire, tout de noir vêtu, m'annonce sombrement que je devrai abandonner mon bénin,
mais néanmoins suspect sac à dos, au vestiaire. Samsonite rime avec dynamite, voyons.
J'aimerais montrer quelque compassion envers cette pauvre fille qui s'ennuie, mais il ne
saurait évidemment être question de me séparer de mon portefeuille, de mon parapluie,
et surtout de ma bouteille de Vittel. Flegmatiquement zen, je rebrousse chemin et retourne au
guichet d'entrée pour me faire rembourser. Le préposé, ô chagrin, n'est pas préparé pour une
telle éventualité. Je réclame, poliment mais fermement, la présence d'un « responsable ».
Rouge de confusion, il pointe un doigt tremblant vers « l'accueil », constitué d'un guichet
de pacotille de 80 centimètres de large. Derrière celui-ci, une dame, accrochée à un cornet de
téléphone, transpire abondamment en répétant ad nauseam «... mais il n'y a pas de problème,
Madame ». Je la laisse reprendre sa respiration avant de lui exposer patiemment le problème.
« Ah mais il est quand même grand, votre sac, hein, Monsieur ». L'effet de surprise me
foudroie: elle n'a pas dit « ton sac »! Je ne puis m'empêcher de penser à Baudelaire. L'air
contrarié, elle saisit son téléphone et appelle, en néerlandais, un haut gradé. Ah! Enfin
quelqu'un pourvu d'un macaron illisible épinglé sur la poitrine. Il me demande civilement
si je suis francophone. J'éprouve l'envie irrésistible de placer cette fameuse réplique de la
populaire série télévisée britannique Are you being served? : « At the moment ».
Il finit par enjoindre à son inférieur de me rembourser le billet d'entrée. Le tout a pris 25
minutes. Personne d'autre, pendant tout ce temps précieux (pour moi, du moins), ne s'est
présenté pour visiter cette prestigieuse exposition. Je me réjouis d'aller au Brésil, et d'y
rencontrer des gens vraiment drôles...

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Sérénité en survivance

 

Doux ami

 

Captive du soleil, dans mon petit salon,

Je reste aussi figée que les multiples ombres.

Les érables géants et les toits des maisons

Encombrent le ciel clair de leurs espaces sombres.

 

Ma mémoire, souvent, permet à ma pensée,

De venir déranger ma douce somnolence.

Et celle-ci m’amène, pourquoi, je ne le sais

À des questionnements demeurés en souffrance.

 

Nous avions échangé, longtemps, nous rassurant,

Or me voilà cherchant non ce que je dois faire

Mais si tu fis le voeu ultime et pénétrant

Que je te garde en vie quand tu serais en terre.

 

Je ne peux me résoudre à agir autrement.

Tant que j’existerai, tu prendras la parole

Sur les sujets divers et les comportements

Qui nous sollicitaient parfois, à tour de rôle.

 

Durant des jours de grâce, ou d’autres qui m’attristent,

J’évoque ta sagesse et ton sourire heureux.

Ma mémoire, à la fois magicienne et artiste,

Fait que je retrouve à Paris, quand il pleut.

 

1/11/ 2011

 

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L'amour au delà des différences...

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                                                          l'amour au delà des différences.

 

 

 

 

Le regard noyé dans la peur du jugement

tu es celui qui se bat contre la différence

si tu savais comme je te comprends

pourquoi ne montrer que l'apparance

quand être soi est si riche , si épanouissant.

Une  main qui s'offre comme un cadeau éternel

Une parole qui réchauffe c'est un don en  soi

Parfois un mot de tendresse suffit à oublier

cette solitude qui touchent bien trop de gens.

 

Aider celui qui par trop de peine

ne croit plus au meilleur

je veux être cette lumière dans ta vie

même si elle réveille ses souffrances

qui ont longtemps alimentées mes peurs.

 

Je prie  pour une nouvelle histoire

dans le chemin de ta destinée

je te souhaite de vivre apaisé

et de trouver ta voie  avec le coeur allégé

 

 

Je suis certaine que les pensées positives

que je t'envoie içi te parviendront là où tu es

je suis certaine que tu vas sortir de tes peines

pour enfin ouvrir tes ailes au monde d'aujourd'hui.

 

Pour toi mon frère.

 

 

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Tes mains me reviennent

Sur l’allée d’automne, je flâne rêveuse

Feuilles rousses et feuilles d’or se sont mêlées

Le visage nimbé de soleil safrané

Je bois une gorgée de lumière

Je tente d’évoquer le doux souvenir de toi

Emportée par le bleu de tes yeux rieurs

Ton sourire tendre et tes mains me reviennent

Allégé de ses peines, le palpitant frémit

Je serre ton image contre mon âme et j’avance

31octobre 2011

 Nada

 

 

 

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TOUSSAINT...

Les arbres omniprésents

Dans une splendeur...rouquine!

Aussi le ciel clément

Qu'un plein soleil anime...

 

La tristesse du jour

Est sans doute évincée...

Il flotte comme de l'amour

J'en suis émerveillée!

 

C'est sûr, les disparus

Sentant nos âmes tristes

Se sont sentis émus

Et ont montré la piste...

 

Oui, leur amour constant

Est stocké en mémoire...

Envoyant ses relents

A qui veut bien y croire!

J.G.

 

 

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Logomachie ou logorrhée

 

Deux muses soeurs, des éternelles

Longeaient une rive en radeau

Un éboulement de propos.

Se produisit à côté d’elles.

 

Intriguées et dépaysées,

Par cet état de leur langage,

Elles scrutèrent le rivage,

Des mouettes s’y reposaient.

 

Bientôt se dessina sur l’eau

Un décor troublant, onirique,

Né d’une prophétie lyrique,

Réduit aussitôt en lambeaux.

 

De quoi dépendit ce mystère?

Logomachie ou logorrhée

Ne sont pas art à explorer

Ceux qui en souffrent sont sincères.

 

                                                            15 juin 2007

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Croque-morts rigolos.

L’aurore est belle pour la mort joyeuse,

Elle a  bien vendangé, ils vont chanter la vie,

S’amuser et plaisanter loin de la gueuse,  

Garnir le corbillard, la Muerta est servie. 

 

Guillerets bavards les croque-morts s’éveillent,

Dans la couleur vivante de leurs journées,

Masque des dépouilles, fiers ils s’émerveillent,

Les raideurs de la Faucheuse sont parées.

 

Le crâne éclaté de ce jeune motard,

Rassemblé le matin sur la ramassette,

Repose dans le cercueil du jeune fêtard,

Fermé sur le sourire de sa fossette.

 

Le salon voisin pleure un nouveau bonheur,

Du gros héritage futur qui console,

La veuve noire se moque du grand veneur,

Elle soupera d’une limande-sole.

 

Le vieux qui repose à finit d’agonir,

Les soirs de misère et les ponts de ses nuits,

Il dormira demain au banc froid du bannir,

Dans la fosse commune des Corbeaux de nuits.

 

Dans les couloirs mortels des pompes-funèbres,

Les ombres effacent les heures ardentes,

Des étoiles sacrifiées, lourdes ténèbres,

Avenir incertain, pour tristes clientes.

 

Les croque-morts profitent bien de la vie,

Ils connaissent trop  le prix cruel de la mort,

Rayonnants compères, ils n’ont qu’une envie,

Laisser l’éploré, jouer au trompe-la-mort.

 

Tout est périssable, même le chagrin meurt,

Réceptions aux sanglots, soirs mélancoliques

Du salon funéraire, il dort l’embaumeur,

Se promène dans des rêves idylliques.  Quertinmont Claudine.

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Errance délectable

 

 

Hommage à  Farid Chettouh

 

Le jongleur magicien s’est rendu invisible.

S’élèvent des vapeurs colorées prenant corps.

Surgissent des génies aux exploits indicibles

L’envoûtement se crée dans de troublants décors.

 

L’absence de tout bruit mène à la transcendance.

L’âme s’y purifie, accueille l’harmonie

Et dérive enchantée sur le flot du silence.

Les instants sont emplis d’une grâce infinie.

 

La raison est restée au lieu des saisons mortes.

A laissé s’échapper l’esprit de fantaisie.

Il erre en liberté, grisé en quelque sorte,

Au pays de l’abstrait né de la poésie.

 

6 mai 2007

 

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Un regard sur le monde.

   un regard posé sur le monde endormi

j'avance avec l'espoir de me réveiller

dans un univers où la vie n'est pas mélancolie.

 

  Où les coeurs s'unissent

  où le ciel s'éclaircie....

 

  Espoir d'avancer avec la joie de savourer ces moments

où tout semble en cohérance avec nos attentes , avec nos espérances.

 

 

Une larme posée

Un départ reporté

je reste sur le quai

en attendant autre chose...

 

Un regard posé sur le monde endormi

je traîne le poids du passé

comme pour ne jamais oublier

que souffrir fait aussi partie de la vie.

 

  Et même si je crois encore

en des jours meilleurs pour l'humanité

je ne peux que me confronter à  la réalité.

et toujours garder dans mon coeur une part de rêves pour sans cesse avancer.  

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Fin de bruit

 

 

 

 

Ils volent si bas enfermés

trou blanc dans le silence

dédoublés dans le chemin perdu

le soleil dort

la mémoire tourne

poupée de soie au sourire éternel

juste des ombres faites de plumes

sanctuaire métallique trop près du monde

tournent sur elles-mêmes

puis le soir revient coucher les survivants

fêlure fine sous l’aile de l’oiseau

tu voudrais mettre de la musique

on ne sait pourquoi

alors tu coupes les roses fanées

sur un banc du jardin
 


B - 29-10-2011



 

 

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Voeux

Un voeu,
qui sommeil en chacun de nous,
quelque soit la forme et l'objet...

Un voeu,
pour que chacun ait la santé,
que la maladie ne submerge aucun être vivant...

Un voeu,
pour que l'amour puisse exister,
et que le bonheur soit toujours présent....

Un voeu,
pour que la famine sur terrre n'existe plus,
que les enfants ne soient pas abandonnés...

Un voeu,
pour que nos désirs soient excausés,
et que nos projets se réalisent,

Un voeu,
pour que chacun puisse vivre sans compter,
et oublier la crise financière,

Un voeu,
pour que la terre soit conservée,
dans des milliers d'années.....

Un voeu,
pour lorsqu'un être cher s'en va,
de pouvoir le retrouver après des années lumières....

Un voeu,
des voeux,
on en à tous....

Les voeux de notre enfance,
les voeux de notre futur,
les voeux jamais excausés,

Tels sont les voeux,
réalisons tout ce qui nous est possible,
au cours de notre vie,
réalisez vos rêves tant qu'il est encore temps....

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L'oiseau blessé

 

À Mon amie Anne

 

Un oiseau est blessé et gît dans mon jardin.

Sans doute l’un de ceux qui picorent mon pain

Mais s’envolent à ma vue, très vite chaque fois.

 

Je ne peux m’approcher, il se méfie de moi.

Je me tiens à l’écart et à bonne distance,

Pour ne pas ajouter la peur à sa souffrance.

 

Je surveille craignant qu’un chat ne le découvre.

Je le vois immobile, apeuré et qui souffre.

Les siens ne savent pas ce qu’il est devenu.

 

Chacun vole à son gré , le beau temps revenu.

Quand tout semble parfait dans un monde attrayant,

Les embûches sont là, meurtrières souvent.

 

Je reste fort troublée à chercher un recours

Quand l’énergie, soudain, arrive à son secours.

Il se relève alors et fait de faibles pas

 

Puis volette hardiment jusqu’au jeune lilas.

Je reste bouche bée. Quelle grande leçon

Ce drame s’achevant d’une heureuse façon!

 

30 mai 2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La jeune mariée de coton bleu (5... et fin!)

Quatrième tableau: La jeune mariée

En me couchant le lendemain soir, je priai pour revivre notre émouvante anomalie dans les moindres détails. J'avais essayé de comprendre ce qui m'était arrivé, en vain. Et malgré un sommeil inconfortable, propice aux pensées qui vagabondent et se mélangent, rien ne revint. Mes souvenirs semblaient avoir trouvé leur ultime port d'attache dans ma conscience diurne et cartésienne.

Je pris le parti de m'en satisfaire, car à la réflexion je préférais ne pas penser aux mille variations nocturnes qu'aurait pu engendrer l'image douce et bleutée de ma main glissée sous le coton.

Trois jours plus tard, Tiana m'écrivait. Mon albatros avait voyagé jusqu'aux antipodes. Shooting pour une marque célèbre de maillots – sa peau ambrée allait faire sensation. Elle me remerciait encore, espérait qu'on pourrait se revoir bientôt.

Ce fut le début d'une longue série d'échanges de courriers électroniques, durant laquelle, hélas, jamais elle ne revint chez moi.

Nous nous écrivions environ chaque semaine. Nous jouions à « cache-cache-mail »: à chaque fois je devais deviner et préciser par écrit à quel endroit de la planète je croyais la trouver lorsqu'elle lirait mon message suivant.

Ce fut notre jeu des mois durant.

L'hiver suivant fut précoce. Le dimanche 23 Novembre 2008, la neige se mit à tomber en abondance en Belgique. Pour la toute première fois, l'ambiance laiteuse à l'extérieur me rapprochait mentalement de mon invitée d'un soir.

Il me semblait évident que cette expérience avait été « notre » expérience; je me rappelais que Tiana avait été la seule à en parler.

Un sentiment de déséquilibre m'envahissait progressivement: en me quittant elle m'avait dit ce qui s'était passé, et même si elle ne semblait pas se souvenir des détails, elle avait eu l'honnêteté d'en parler avant de partir. Mon albatros avait lâché du lest avant son envol. Et moi, pour toute réponse j'avais tout enfoui dans ma mémoire: pas un mot, ni ce jour-là, ni plus tard.

La lune n'était pas encore bien haut dans le ciel que je trouvai cette situation de moins en moins supportable. Je me mis au clavier.

Un quart d'heure plus tard j'avais reconstitué son discours blanc, au mot près, j'en avais la quasi-certitude. Je m'excusai aussi de ne pas en avoir parlé si tôt. J'expédiai le courrier électronique.

Je ne reçus aucune réponse.

Ou du moins par courrier électronique.

Cette nuit-là je fis un rêve.

La neige tombait en flocons tout fins. J'ouvrais la porte de ma voiture.

— Tu as gardé tes belles manières.

— Tu as gardé ton beau sourire.

Tiana m'accompagnait vers mon appartement, pieds nus dans la neige.

— Pourquoi tu ne m'as pas dit, pour cette nuit?

Je ne pouvais déterminer si elle avait dit « cette nuit » parce que nous n'en avions partagé qu'une seule, ou parce que mon rêve me ramenait à l'instant où nous avions quitté ma voiture ce soir-là.

Je glissai la clé dans la porte.

— Parce que les hommes gardent toujours pour eux ce qui les trouble, du moins pendant quelque temps. Ensuite, seuls certains d'entre eux arrivent à en parler.

— C'est dommage de perdre tout ce temps.

— Tu m'en veux?

Je me retournai. Tiana n'était plus là. Les traces dans la neige s'interrompaient juste derrière les miennes.

Le même rêve revint tous les soirs, des nuits durant.

Chaque soir je lui ouvrais la porte, chaque soir je pouvais dialoguer avec elle. Il m'était permis d'avoir de ses nouvelles, de connaître ses derniers déplacements, ses aventures de modèle, ses amourettes aussi, brèves, amusantes, mais jamais passionnées comme avec Dominique. Et chaque soir elle disparaissait dès qu'elle me questionnait à propos de « cette nuit ».

Puis un soir je décidai de changer de scénario. J'attendis comme chaque nuit mon rendez-vous rêvé.

— Tu as gardé tes belles manières.

J'ouvris la porte:

— Je te demande pardon, Tiana.

Elle ne parut même pas surprise. C'était comme si elle avait patiemment vécu chaque soir la même scène, en attendant que je me décide. Elle sourit d'un air soulagé, contourna la portière et m'embrassa aussitôt, en murmurant:

— Je vais te faire un cadeau.

Le lendemain matin je reçus un mail de sa part, le premier depuis des mois. Je compris tout de suite que les rêves allaient cesser. Il ne précisait aucun sujet, et contenait juste l'adresse d'un site Internet. Je cliquai sur le lien, la page s'ouvrit. J'arrêtai de respirer.

J'atterris sur une page d'information mise à jour par une petite localité américaine. Tiana était morte depuis deux jours. Méningite foudroyante. Vingt-neuf cas recensés rien qu'en Arizona.

La journée se déroula dans un brouillard épais. Rien ne tenait debout. Tiana – si c'était elle – m'avait envoyé un courrier électronique deux jours après sa mort. Et comment cela pouvait-il être un cadeau?

J'espérais la retrouver en rêve le soir même, et obtenir d'elle une explication.

Le rêve ne vint pas.

J'en fis un autre, qui ajouta à ma confusion.

Je marchais dans l'herbe. Devant moi, une assemblée se séparait en deux groupes pour me laisser le passage. Tout le monde chantait.

Devant moi, un couple debout me tournait le dos. Elle portait une robe de mariée, il portait un smoking. Je contournai le couple par la gauche. Tiana priait. Harmonieux mélange de bonheur et de recueillement, son profil était d'une extraordinaire pureté.

Je m'éveillai, soulevé par un violent haut-le-cœur.

Tiana était morte, mais elle s'était mariée auparavant. Était-ce donc cela son cadeau? Un message en rêve, qui me disait qu'elle avait enfin trouvé le bonheur, un mari, une famille à bâtir?

Peut-être bien.

Je me levai et allumai mon ordinateur. Comment trouver la trace d'un mariage sur la Toile? J'explorai d'abord le site de son agence. Rien: l'anonymat des modèles était bien préservé. Une autre piste: son adresse e-mail pouvait m'amener à un blog, un autre site Internet, un forum... toujours rien. Quelques essais du côté des municipalités de l'état d'Arizona, en commençant par le mystérieux lien reçu le matin. Échec. Mais peut-être ma globe-trotteuse ne s'était-elle pas mariée aux États-Unis.

A l'issue d'une nuit blanche j'avais fait chou blanc sur toute la ligne. Je pris une douche bouillante avant de prendre ma voiture et filer vers mon premier rendez-vous professionnel de la journée.

J'espérais du fond du cœur en apprendre plus ce soir, s'il m'était donné de rêver encore à cette cérémonie.

Je sortis de ma voiture.

L'instant d'après, j'étais soulevé de terre.

J'entendis plusieurs craquements lorsque je retombai. Puis, plus tard, quelques voix qui s'approchaient. Les unes impuissantes, les autres effrayées, puis, enfin, une qui m'interpella.

— Monsieur, est-ce que cela va?

(- Oh Mon Dieu tu as vu le choc?)

(- Il faut le couvrir.)

— Monsieur, est-ce que vous m'entendez? Si vous m'entendez, serrez ma main.

Voilà. Je vous serre la main. Moi aussi j'ai suivi des cours de secourisme.

— Monsieur, est-ce que vous m'entendez? Pouvez-vous parler?

(- L'ambulance arrive)

(- Laissez-le respirer, s'il vous plaît)

— Monsieur pouvez-vous serrer ma main?

Encore? J'ai compris. Je suis paralysé.

(- Il a fermé les yeux)

— Monsieur, ne vous endormez pas, monsieur, s'il vous plaît, l'ambulance va arriver.

Je sens vos mains sur mon cou. Prenez votre temps. Cherchez mon pouls. Moi, j'ai trouvé mon cadeau.

— Vous avez dit quelque chose? Parlez-moi, Monsieur, il ne faut pas dormir, il faut rester avec moi. Restez avec moi, Monsieur, vous m'entendez? S'il vous plaît!

(-Il sourit)

Excusez-moi, je ne peux pas rester avec vous: je me marie.

 

 

 

 

Bruxelles, le 20 Novembre 2008.

 

Voilà! Nous sommes au terme de notre visite dans les histoires "poids plume" et "poids moyen". Si le coeur vous en dit, j'en au encore une à vous proposer... elle s'intitule "Il y a des nuits comme ça", elle se subdivise en 11 tableaux.

Qui veut?

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La jeune mariée de coton bleu (4)

Troisième tableau: l'anomalie

Au-dehors, le vent du début de la soirée s'était calmé, et avait laissé la place à un silence feutré. Il devait avoir neigé: dehors, l'atmosphère était laiteuse. Je sentais mon corps au repos. Je prenais lentement conscience de sa position. Mon esprit flottait lentement vers un état de conscience altérée. Je me voyais, allongé sur le dos. Parfois dans les rêves de mon enfance je volais à quelques mètres au-dessus du sol: mes sensations s'apparentaient à cela, mis à part qu'ici j'avais la conviction de ne pas rêver. Trop de détails s'offraient à ma vue. Les deux flûtes à champagne vides, sur la table basse face au canapé, mon téléphone portable laissé juste à côté, ma respiration calme.

Au moins je ne suis pas mort.

J'avais lu et entendu bien des choses sur les personnes revenues à la vie après une mort clinique. Je vivais une expérience, mais la mort n'était pas là.

Quelle heure pouvait-il être? Sans m'en rendre compte mon esprit s'était rapproché de mon téléphone portable. Malgré l'obscurité je devinai ce qu'indiquaient les cristaux liquides. Quatre heures huit. Je jetai un regard mental vers le micro-ondes. J'y lus: quatre heures neuf. Ils étaient décalés d'une minute: c'était ainsi depuis le passage à l'heure d'hiver. Tous ces détails étaient trop réels pour se retrouver dans un simple rêve.

Un frisson me parcourut le dos. Je me concentrai à nouveau sur mon corps: je venais de me tourner sur le côté. Mon pied droit dépassait de la couette que j'avais empruntée à Marie, et en effet, je percevais qu'il n'était plus couvert.

L'esprit et le corps sont liés.

Je fis une autre constatation: j'étais libre d'observer tout mon appartement. De me déplacer mentalement de pièce en pièce. Je portai mon intérêt vers la chambre de Marie. Elle était plus froide que le reste des pièces de l'appartement. Je coupais le radiateur lorsqu'elle n'était pas là, c'était ma manière à moi de la mettre en berne, d'empêcher quiconque de s'approprier cet espace en son absence.

Marie avait laissé un de ses crayons de couleur traîner sur sa table de nuit. Je ne l'avais pas remarqué auparavant. Avant de revenir vers le salon, je constatai que je n'avais pas froid dans cette pièce, mais qu'en revanche mon pied droit était à coup sûr toujours découvert.

Facile à vérifier: je m'observais maintenant comme si je me tenais debout accoudé à la cheminée. Mon pied droit était toujours à l'air. Cependant, malgré mes efforts, je ne pouvais donner aucun ordre à mon corps. C'était comme si la motricité et mon inédite clairvoyance nocturne n'étaient pas pilotés au même niveau de conscience.

Je plongeai à nouveau vers les flûtes. Le cercle de leur pied me rappela l'anneau de Tiana.

La pensée qui me traversa à cet instant aurait dû me soulever la poitrine, mais je restai désespérément immobile.

Regarder Tiana dormir.

Jamais je n'aurais cru pouvoir me déchirer à ce point. Je ne pouvais m'autoriser à faire cela. Je ne pouvais ajouter cette expérience à mon trouble de la soirée. Qui sait ce que je ferais, une fois suspendu au-dessus de mon propre lit, à contempler la plus belle jeune femme que j'ai rencontrée de ma vie entière?

Détaché de mon corps, mon esprit ne résista pas plus d'une seconde. Je me laissai littéralement aspirer en direction de ma chambre. J'eus à peine le temps de constater que les averses de neige avaient cessé, et que la lune éclairait un paysage cotonneux: déjà je m'abandonnais à la contemplation du bel anneau.

Les brillants jouaient avec les quelques lueurs qui filtraient à travers les rideaux entrouverts.

Tiana l'avait enlevé avant de dormir: je cherchais sa peau ambrée sous l'anneau, je n'y trouvai que du bois. Après une ultime hésitation, je passai au-dessus de mon lit. Mes draps bordeaux étaient en bataille, mes trois oreillers balancés au sol: elle dormait à plat.

Mais je ne la voyais pas.

Mon lit était vide.

Et à cet instant je sentis qu'elle me prenait la main.

Sans rien comprendre je revins mentalement à moi.

Voilà que Tiana était près de moi assise comme lorsqu'elle était venue me dire bonsoir. Ma main était en effet dans les siennes. Je voyais son visage. Elle pleurait des rivières en silence.

Tout en gardant ma main elle s'assit par terre, en tailleur. Nos visages étaient à la même hauteur. Elle se mit à murmurer en Anglais. C'était un discours blanc, un dédale de paroles somnambules.

Je suis creuse malheureuse je n'aime pas ce que je suis devenue ma maman mon papa n'ont pas compris ce qui s'est passé à Paris ils ne veulent même plus que l'on parle de moi à table et je sais je sens qu'à chaque fois qu'ils pensent à moi et s'empêchent de prononcer mon nom ils ont mal très mal.

Je vins au plus près de ses lèvres, pour lire sa tristesse. De ses yeux transformés en billes noires débordaient des larmes en épaisses fontaines.

Tu sais pourquoi je n'ai jamais froid c'est simple la majorité des shootings s'effectuent hors saison car la lumière est belle et il y a moins de monde alors rester en bikini pendant des plombes par douze degrés tu ne t'y habitues jamais vraiment et ça c'est peu de chose face au regard de certains hommes qui fait plus froid encore.

Et ceux qui voudraient t'observer dans ton sommeil, qu'en fais-tu? En pensée les gentlemen n'existent pas.

Avant je me disais que tous ces gens qui m'envisagent cachent peut-être un regard respectueux qui me réchauffera et un homme qui m'aimera pour ce que je suis et pas pour une histoire de charme car les histoires ont toutes une fin.

Elle s'était mise à genoux, les fesses sur les talons. Les larmes atteignaient son menton, puis allaient s'écraser sur ses cuisses. Sa tristesse était profonde et consentie.

Maintenant je ne sais même plus ce que c'est que d'avoir un chez soi je vis à l'hôtel tout le temps tu sais à propos de Paris de Dominique si je suis tellement triste ce soir c'est aussi parce que j'ai appris hier qu'il était papa et même sans être vraiment heureuse avec lui j'aurais peut-être trouvé mon bonheur en ayant une famille de lui je crois vraiment que j'ai commis une erreur en le quittant et c'est seulement maintenant que je le vois aussi clairement.

Elle se dressa sur ses genoux. On aurait dit une communiante attendant le prêtre. Ma main était toujours prisonnière. Elle me fit glisser sous le coton bleu. Le contact de ma paume avec son ventre secoua mon esprit avec une telle violence que je fus certain de me réveiller en sursaut. Il n'en fut rien. Mon corps toujours immobile se contentait d'aspirer la chaleur du corps de Tiana. J'étais sa victime paralysée, et la paume de ma main embrassait le centre du monde.

Moi ce que je voudrais tant c'est tout arrêter planter là ma vie d'albatros qui vole vole et jamais ne se pose et toujours finit par disparaître je sais que ta main sent combien je veux que mon ventre devienne tout rond tout plein tout chaud et je veux tant être maman et fière de mes enfants plus tard et encore plus tard je veux que leur père m'accompagne jusqu'au bout tu devines comme je maudis notre différence d'âge car je sais que toi tu pourrais être celui-là tes mains se feraient douces rien que pour moi et je me ferais si désirable que tu te perdrais en moi chaque jour que Dieu fait tu inonderais mon ventre de bonheur je te garderais heureux c'est pour moi une évidence depuis le premier instant où je t'ai vu en Allemagne.

Et dans le silence de ses larmes je désirai à cet instant être au fond du ventre de Tiana comme jamais.

Oh Mon Dieu ma jeune princesse
Je t'en prie fais ce que tu veux de moi
Car je suis à ta merci par je ne sais quelle magie
Mais quoi que tu fasses
Fais-le vite
Car je suis au supplice
Et fais le bien
Car je veux m'en souvenir

Elle avait cessé de pleurer.

Elle libéra ma main, la reposa doucement sur mon cœur.

Se pencha vers moi.

Elle déposa un baiser dans mon cou. Je sentais battre le sang dans mes veines sous sa bouche qui s'éternisait. Peu à peu le décor s'assombrissait, comme si un voile avait été tiré entre mon esprit et la scène que j'observais.

J'accueillais son baiser, c'était comme une feuille d'automne déposée à la surface d'un étang. Tandis que son visage s'éloignait, le tableau glissait vers des teintes noirâtres et feutrées. Bientôt je ne fus plus qu'une étoffe de douces sensations, mais mon esprit était redevenu aveugle.

Je l'entendis:

— Sweet dreams, Darling.

Ensuite les pas de Tiana s'éloignèrent tandis que je coulais à pic vers des eaux tièdes.

Je pourrais raconter la même histoire dans dix ans, le moindre détail sortirait encore de ma mémoire aussi facilement qu'à cet instant.

Le lendemain ce fut Tiana qui me réveilla. Elle s'était déjà habillée.

— Mon taxi attend en bas.

— Quelle heure est-il?

— Six heures trente. Je dois filer, j'ai juste le temps de prendre une douche.

Elle était à nouveau assise près de moi.

Comme hier soir. Comme cette nuit.

Son sourire ravageur était de retour. Elle prit ma main dans les siennes, une fois encore. Elle me parla en français.

— Merci, vraiment. Tu ne peux pas savoir comme j'ai aimé cette soirée.

Je souris en retour. Les mots ne venaient pas. Je pris un air de « pas réveillé » pour couvrir mon trouble.

— Et puis je dois te dire une chose.

Les mots ne vinrent pas plus; seul mon regard l'invita à continuer.

— Cette nuit j'étais triste alors je suis venue te parler tout bas. J'ai pris ta main et cela a été mieux. Puis je t'ai donné un baiser et je suis retournée dormir.

Je sais Tiana. J'étais aux premières loges.

— Tu dormais bien. Enfin je veux dire tu avais l'air de bien dormir. Mais je préfère te dire les choses, c'est plus honnête, car si tu as un souvenir bizarre un jour, je ne veux pas que tu sois fâché. Dors encore un peu, il est tôt pour toi, non?

Avant de se relever elle porta le bout de ses doigts à ses lèvres, puis les miennes.

— A bientôt! On se parle! La voix, le clavier, comme tu préfères.

Elle disparut aussitôt.

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