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été 2012

Cet été vous pourrez voir les toiles

de

BENOIT-BASSET

à

KNOKKE-LE-ZOUTE

GALERIE DANIEL BESSEICHE

                                                     Dumortierlaan 111 -   8300 - Knokke

                                                                             Belgique

                                               http://www.dbesseiche.com/knokke-le-zoute.html

 

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Alvéoles (14)

Ils étaient arrivés depuis quelques minutes seulement, et déjà Judith aimait cet endroit. Le jardin était ombragé, au calme, un peu fou aussi, juste comme elle aimait. Une énorme glycine couvrait la façade de la bastide. Au bout du jardin, les vignes s'alignaient sous un soleil vibrant, en pente douce vers un petit ravin qui marquait la limite du village.

Dominique connaissait déjà les lieux : la bastide appartenait à un de ses amis, qui avait proposé au couple d'en profiter au mieux.

Judith se réjouissait de séjourner dans un endroit aussi paisible. Ils étaient tombés d'accord presque immédiatement : tous deux avaient en horreur les voyages conventionnels « pour jeunes mariés ». Sept jours à s'appartenir, ici... Ce serait tout simplement la meilleure semaine de leur vie.

Elle adressa un signe à son mari, qui venait d'apparaître à la fenêtre ouest du bâtiment. Il lui lança :

— Notre lit est rond, mon amour. Cela te convient ?

— Parfaitement !

— Je finis de ranger nos vêtements et je te rejoins. Tu as déjà vu la piscine ?

— Non, où est-elle ?

— Tu dois suivre le sentier qui part sous les pins, juste à ta droite. Je t'y rejoins dans une minute.

Judith aperçut deux marches au bout de la terrasse : c'était probablement de là que le sentier partait vers la piscine. Une cigale s'était installée sur une branche et s'était mise à chanter.

Sous les pins, l'ombre était d'un noir anthracite. C'était certainement un excellent endroit pour faire la sieste en été. Tandis que les yeux de Judith s'habituaient à la faible luminosité de l'endroit, le chemin se dévoila peu à peu. Il serpentait en pente soutenue vers le haut, entre les rochers, jusqu'à un palier où Judith imaginait bien trouver la piscine.

Loin derrière elle, la jeune mariée entendit grincer la porte de la terrasse : Dominique arrivait. Elle acheva de traverser la petite pinède et se retrouva à nouveau face au soleil, au bord de la piscine. Éblouie, Judith plissa les yeux et s'approcha des chaises longues qui bordaient l'eau.

À peine allongée, elle entendit les pas de son mari.

— Alors, mon homme ? Content d'être à destination ?

— Absolument ravi. L'endroit est pareil à mon souvenir. Le soleil éclaire la piscine jusqu'après vingt heures en été. Il y a un barbecue sous le toit du petit bar.

— Mmmh... poisson grillé, salade, huile d'olive, miam...

— Tu me laisseras te faire la cuisine ?

— Si tu me laisses te faire l'amour.

— Marché conclu. On ne risque pas de déranger les voisins. À part un retraité des postes qui habite à environ deux cent mètres d'ici, il n'y a personne.

— Il est dur d'oreille, ton postier ?

— Tu comptes faire du bruit à ce point ?

Les mains de Dominique vinrent caresser le cou de sa femme.

— Qui sait ? murmura-t-elle, les yeux fermés.

Au frisson du désir vint lentement s'en substituer un autre. Derrière la pinède, un bruit continu et rauque se fit entendre. Quelque chose entre un ronronnement et le bruit d'un scooter.

— Je croyais l'endroit calme ? dit Judith.

— C'est le cas, d'habitude, répondit son mari en regardant autour de lui.

Le sourd ronronnement s'accompagnait d'une vibration qui emplit l'air, donnant la chair de poule à Judith.

— C'est quoi d'après toi ?

— Je n'en sais rien... peut-être un jeune du coin qui teste sa brêle dans les environs. La bastide nous isole de la route, les sons nous en parviennent probablement déformés.

Pendant que Dominique parlait, Judith pensa à quelque chose comme des vagues qui, au lieu de venir vers le rivage, s'en éloigneraient avec lenteur. Le bruit semblait contenir en lui-même une multitude d'ondes qui tantôt s'ordonnaient, tantôt se dispersaient.

— C'est bizarre, dit-elle, j'ai l'impression que cela ne vient pas d'un point précis.

— On dirait que cela diminue.

Ils tendirent l'oreille. Le ronronnement perdait en effet de sa consistance.

— Apparemment, l'apprenti motard rentre au bercail.

Le couple attendit encore. Quelques instants plus tard, le chant de la cigale reprit le dessus.

Comme s'il s'agissait d'un signal, Dominique et Judith se remirent en mouvement : il ôta la bâche de la piscine, elle s'assit au bord et plongea ses pieds dans l'eau.

— Elle est délicieuse.

— J'imagine. Il fait beau depuis quelques jours, ici.

— On a mérité un bain, non ?

— Bien sûr. Je vais chercher nos maillots.

— Tu en as besoin ?

Dominique hésita juste un instant avant de se rendre à l'évidence : sa femme avait déjà bien noté qu'ils n'étaient exposés à aucun regard indiscret. Ils se déshabillèrent avec hâte et plongèrent ensemble l'un vers l'autre.

Daniel écoutait patiemment les explications du médecin. Il lui était difficile de se concentrer, mais l'essentiel lui permettait d'être optimiste, et c'était déjà bien. Il avait eu la trouille de sa vie.

— Nous pensons que le virus H1N1 qui a provoqué les fortes poussées de fièvre a pu, durant quelques heures, perturber le fonctionnement de votre thalamus. Plusieurs autres dysfonctionnements mineurs ont été mesurés au niveau de votre système nerveux, mais il semble que le seul symptôme majeur jusqu'ici soit votre cécité. Laquelle s'arrange, d'ailleurs, n'est-ce pas ?

Daniel acquiesça. Le médecin continua :

— Vos propos quelque peu « décalés » de tout-à-l'heure sont simplement causés par la température. Nous allons faire en sorte qu'elle diminue, mais ce virus est coriace, on en a suffisamment parlé dans les média. Vous avez dit ne pas avoir été vacciné lorsque vous vous êtes présenté aux urgences ?

— C'est exact, dit Faustine.

— Dommage. Nous allons tester votre vue dans le courant de l'après-midi. Nous devrions confirmer un retour à la normale. D'ici là nous allons vous demander de vous reposer. Je suppose que vous n'aurez rien contre une bonne sieste après toutes ces émotions ?

— Non, en effet, soupira Daniel.

— Parfait. Voilà pour les bonnes nouvelles. Je suis désolé, mais j'en ai de mauvaises, aussi.

— À propos de Valérie ? demanda Faustine.

— Non, non, rassurez-vous, elle se bat très bien contre le virus. Cela l'épuise, et c'est pour cela qu'elle dormira probablement vingt heures sur vingt-quatre durant quelques jours. Nous devrons la garder chez nous tant que son appétit ne sera pas revenu.

— Si ce ne sont pas là les mauvaises nouvelles, insista Faustine, quelles sont-elles ?

— Généralement, la grippe « A », tout comme la grippe saisonnière, se limite aux symptômes classiques : courbatures, fortes fièvres. Certaines personnes présentant des pathologies préexistantes, ou des faiblesses particulières, développent des complications.

— Je ne me connais pas de faiblesse particulière, docteur.

— Ce n'est hélas pas là où je veux en venir. Dans la majorité des cas, ces complications ne surviennent que plus tard. Quelques jours après les premiers symptômes, rarement plus tôt. Mais dans votre cas, c'est différent. Vous avez perdu la vue quelques dizaines de minutes seulement après l'apparition des premiers signes de fièvre.

— Vous voulez dire que ma vue présente une fragilité quelconque ?

— Non. Je veux dire que nous avons affaire à une variante du virus H1N1.

— Il y a des variantes ?

— Oui. Nous n'avons pas le moyen ici de l'isoler, mais un échantillon de votre sang a déjà été envoyé à Lyon. Nous aurons des résultats très rapidement.

— Et que pourrez-vous en déduire ? demanda Daniel.

— Pas grand chose hélas, car les cas sont très rares, et très dispersés à travers le monde. Mais il y a eu un cas similaire à Montpellier, il y a trois semaines. Un homme de vingt-deux ans. Lui aussi est arrivé aveugle à l'hôpital.

— Et ?

— Et il a fait une attaque cardiaque le lendemain de son admission.

Le silence s'installa dans la petite chambre. Faustine, qui était restée debout durant l'entretien, chercha urgemment une chaise. Elle la trouva juste à temps.

Alvéoles est disponible en texte intégral ici...

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Sonate d'automne

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L'automne ravive une très ancienne douleur. Le long des allées blanches qui éblouissent et consolent, les arbres lentement s'exténuent... Ils pénètrent dans la maison du sommeil... Les oiseaux sont partis depuis longtemps. Il n'y a que le vent, le marcheur infatigable. Comment dire cet incendie subtil et délicieux ? Que faire de tant de splendeur, de tant de vide ?

Les nuages : un oiseau se fraye un chemin vers ces géants charbonneux frangés de lumière. L'air est triste, les frondaisons s'agitent, lourdes... Une plénitude inachevée... Le chant des feuilles, la nuit...

Le bonheur ? Se délivrer ? C'est trop dire... Peut-être... Nous avançons dans la nuit, sans savoir...

L'enfouissement secret, la solitude de la graine qui mûrit lentement, d'une germination invisible et secrète, sous le sol gelé de l'hiver, qui vit, contre toute apparence d'une vie mystérieuse...

La joie est au bord du cœur, elle tourne derrière cette pierre qui scella ma source.
 
 
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La dame qui m'habite

 

Restée naïve, elle a vieilli dans l'innocence,

Certainement longtemps, sans s'en apercevoir,

Joyeuse, entretenant un enfantin espoir:

Retrouver la saveur d'une tendresse intense.

...

Elle aime à réciter de célèbres poèmes,

Jaillissements d'émois et de riches pensées.

Ne se berce jamais de phrases insensées,

S'émeut à voir pousser les graines qu'elle sème.

...

Depuis un temps lointain, elle existe sans larmes.

Or, en ce bel été, impuissante, blessée,

Ses efforts restants vains, elles insiste, et essaie

Un sourire des yeux. Ô visage sans charme!

...

Renoncer à jamais, s'impose au cours des ans.

Le besoin d'être aimé pousse au souci de plaire.

Elle était embellie, pouvant le satisfaire.

Des photos en témoignent, occultant le présent.

...

Elle recourt au chant pour calmer une peine.

L'harmonie a sur elle un effet apaisant.

En des pauses, elle vit d'indicibles instants.

Son désir essentiel est de rester sereine.

...

12 août 2012

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Les coquelicots, en hommage à Francis Ponge

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Le coquelicot est aussi appelé " coq ", " ponceau ", " pavot des champs ", " pavot rouge ".

Son nom viendrait de "coquelicoq" (1545), variante de l’ancien français " coquerico " désignant le coq par onomatopée. On écrit maintenant  : "cocorico".

La crête du coq est rouge aussi, en effet, mais plus sombre, plus opaque, plus charnue. Le rouge du coquelicot est intense et translucide et quasiment sans support.

Brasier végétal.

Une fleur presque immatérielle. De la couleur à l'état pur, suspendue comme par miracle.

Stridents coquelicots ; on ne sait à quelle forge ils attisent leur incandescence.

Une mauvaise herbe, mais jolie et inoffensive : « Gentil coquelicot, Mesdames, gentil coquelicot, Messieurs.»

Son fruit est une capsule verte qui ressemble à une salière. Mais c'est plutôt du poivre qui en sort. Prenez-en de la graine pour les gâteaux.

Il a des vertus dormitives, comme son cousin, le pavot, mais dans les limites du raisonnable. Ce n’est pas une « Fleur du Mal ».

Entre herbe et fleur, un mutant. Il dépasse les herbes, mais sans orgueil. On le voit de loin. Un solitaire qui fait nappe. Il invite à déjeuner sur l’herbe. Très prisé des Impressionnistes.

Une ivraie en robe de soie qu'on laisse volontiers croître parmi les blés en compagnie de son petit frère, le bleuet, plus rare et plus discret.

Le rouge aux joues de la campagne.

Sur les talus aussi, ça en jette.

Fleur prolétarienne, rouge comme le sang des canuts, de Gavroche. "Je suis tombé par terre, c'est la faute à Voltaire..."

Une ardeur fragile et tenace, comme la colère des pauvres.

C’est aussi la fleur des soldats : il fleurit sur les champs de bataille. Mais son sang à lui n’est pas rouge. Sa tige, fine et velue, laisse échapper un suc laiteux quand on la coupe.

Transparent coquelicot qui tremble sous le vent.

Il a le cœur en deuil, mais on n'y regarde pas de près.

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Federico Garcia Lorca et le "Cante Jondo"

cante-jondo-dame-en-rouge.jpg Il est impossible de parler de Federico Garcia Lorca sans évoquer le Cante Jondo, le chant profond issu des Gitans d'Andalousie, dont le thème central est la personnification de la mort et l'évocation des "pays lointains de la peine".

Garcia Lorca et son ami et père spirituel Manuel de Falla, étaient fascinés par les chants des Gitans et ont essayé dans leurs œuvres, de traduire cette authenticité populaire inspirée et profonde.

Cela les a conduits à organiser en 1922 un grand concours de Cante Jondo où purent se produire les meilleurs "cantaores". Pour la petite histoire, Don Manuel aurait voulu inviter Igor Stravinski et Maurice Ravel, tous deux très intéressés par ce concours, mais la municipalité de Grenade s'y opposa pour des raisons financières.

Les meilleurs chanteurs sont ceux qui interprètent les chants gitans avec duende, cette sorte d'inspiration toujours liée à l'angoisse et au mystère, à la souffrance et à la mort, qui s'empare de l'artiste, musicien, chanteur ou poète, lorsqu'il se livre physiquement au public. C'est au café de Chinitas (chinitas veut dire "babioles", "bibelots") à Grenade que l'on pouvait trouver les vrais "cantaores".

Lorca a harmonisé des chansons populaires espagnoles. Ces chansons sont  liées à l'enfance et à l'adolescence du poète à Fuente Vaqueros ; il les a entendues dans la cuisine de la maison, dans les rues, dans la campagne environnante ; elles sont l'expression de l'âme populaire espagnole que Lorca aimait tant.

Par la suite, au contact de Manuel de Falla, il a cherché à les transcrire et il a ajouté beaucoup de lui-même. Jorge Guillen a dit, dans sa préface aux oeuvres complètes de Lorca, que sa passion pour la peinture, pour la musique et pour le théâtre provenait de la même impulsion poétique. Lorca a inséré ces chansons dans son oeuvre théâtrale ; elles témoignent d'une autre facette de son génie créateur : le Lorca compositeur et musicien.

Par une nuit de lune, racontera Miguel Ceron, Federico et moi nous montions à la Silla del Moro (La chaise du Maure) derrière l'Alhambra de Grenade, par un sentier qui serpentait dans une oliveraie. La brise agitait les branches des arbres à travers lesquelles filtraient les rayons de lune. Federico s'immobilisa soudain, comme s'il avait vu quelque chose d'étrange. "Les oliviers s'ouvrent et se referment comme des éventails", s'exclama-t-il. L'image se retrouve dans les premiers vers du poème de la Siguiriya gitane : Paisaje, extrait du Cante Jondo :

El campo
De olivos
Se abre y se cierra
Como un abanico.
Sobre el olivar
Hay un ciel hundido
Y una lluvia oscura
De luceros frios.
Tiembla junco y penumbra
A la orilla del rio.
Se riza le aire gris.
Los olivos,
Estan cargados
De gritos
Una bandada
De parjaros cautivos,
Que mueven sus larguissimas
Colas en lo sombrio.

Le champ
D'oliviers
S'ouvre et se referme
Comme un éventail.
Sur l'oliveraie
Un ciel plombé
Et une pluie obscurcie
D'astres morts.
Tremblent les joncs dans la pénombre
Du bord de la rivière.
L'air gris se froisse.
Les oliviers
Sont chargés
De cris
Une volée
D'oiseaux captifs
Qui meuvent leurs immenses
Traînes dans l'obscurité.



Une chanson populaire espagnole très connue, transcrite et harmonisée par F.G. Lorca, De los quatros muleros :

 

 

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lorca1_small.jpg Il fut l'une des premières victimes de la guerre civile espagnole. Pendant les vingt années qui suivront sa mort, sous le régime du général Franco, le nom du poète demeurera tabou et son oeuvre interdite. Sa vie fut intense, brève et tragique, son nom est synonyme d'intelligence et de vie jaillissante. Il était la poésie incarnée, l'image radieuse de l'Espagne.


Pianiste, guitariste, conférencier, dessinateur, homme de théâtre, conteur, mime, Lorca fut également capable de chanter et d'harmoniser des chansons populaires avec une grande sensibilité...Il avait tous les dons. Son humour contagieux et ses crises de rire légendaires le rendaient irrésistible.

Révélatrice à cet égard est la nostalgie du critique américain Hershel Brickell qui reçut Lorca chez lui à Manhattan en 1929. Dix ans après l'assassinat du poète, il déclara : "Au cours d'une vie assez longue, j'ai côtoyé toutes sortes d'artistes, mais je n'ai jamais rencontré plus proche du génie à l'état pur que Lorca."

Cependant, derrière l'exubérance andalouse, peu de gens ont soupçonné la face mystérieuse, nocturne et lunaire de l'artiste dont les angoisses et les tourments secrets s'expriment dans les thèmes de la mort et de l'amour frustré. "Lorca était capable du plus grand bonheur du monde, mais comme tous les grands poètes, il n'était pas heureux. Ceux qui l'ont pris pour un oiseau chatoyant qui évoluait avec insouciance dans la vie le connaissaient bien mal", a dit de lui son ami Vincente  Alexandre dans une émouvante évocation écrite en 1937.

Pour Lorca, la poésie n'est pas un jeu de l'esprit, mais une quête existentielle. "Le mystère seul nous permet de vivre, le mystère seul." a écrit le poète au bas de l'un de ses énigmatiques dessins. Sa poésie nous fait pénétrer dans un univers "pré-logique" où la lune est souvent présente et où l'homme, qui n'est qu'un fil dans le tissu de la vie universelle, recherche désespérément la lumière du soleil.

A un ami qui lui demandait un jour de définir la poésie, Federico Garcia Lorca répondit : "Que dirais-je de la poésie ? Que dirais-je de ces nuages, de ce ciel ? Les voir, les voir, les voir...et rien de plus. Tu comprendras qu'un poète ne peut rien dire de la poésie. Laissons cette tâche aux critiques et aux professeurs. Mais ni toi, ni moi, ni aucun poète ne savons ce qu'est la poésie. La voici ; regarde : je porte le feu dans mes mains. Je comprends et je travaille avec lui, mais je ne peux pas en parler."

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Béatitude

 Béatitude

Suave ta voix me subjugue.
Ton air de princesse des mille et une nuits,
Me transporte au-delà des temps.
Bercé par les flocons de nuages, allant, voltigeant,

Vers les cieux du monde des heureux éternels.
Je ne suis pas.
Je n’existe que dans mes pensées,
Quand je les libère du joug d’ici-bas.
Je suis ton parfum au gré des vents.
Oh ! Éole, maître des airs, ne me lâche pas,
Continue à suivre ces senteurs qui m’enivrent.
Oh ! Toi, Éros, maître des cœurs envoutés par la foudre,
Garde-moi sur ton char qui vole vers la lueur, le bonheur, la béatitude.
Fais qu’une étincelle jaillisse de ces yeux
Et, que je puisse enfin,
Libérer ma langue pour avouer mes tourments.
J’ai peur que mes élans ne se heurtent à ce cristal, enchantant.
Peur ? Quel mot affreux ! ne l’avais pas banni de mes songes ?
Que puis –je ? La désillusion me hante.
Courage ! Aie du cœur à l’ouvrage !
Et même un diamant se briserait à ton seul désir.
Il se taillerait de lui-même.
Tu pourras alors le posséder, le caresser l’admirer.
Ses éclats te rafraichiront le cœur.
Tu baigneras alors dans la splendeur.
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Cette célèbre toile de Vincent Van Gogh "représente" la terrasse d'un café, un soir d'été, à Arles.

Le peintre s'est placé perpendiculairement à la terrasse (et non en face), ce qui lui a permis de créer un effet de profondeur et d'enrichir sa toile d'un grand nombre d'éléments, en perspective : un cheval tirant un fiacre avec ses lanternes allumées, le ciel avec des étoiles en forme de fleurs, les maisons, la rue avec ses pavés, des personnages attablés, d'autres, dans la rue, un homme et une femme qui semblent converser, un balcon, l'embrasure d'une porte au premier plan à gauche, la frondaison d'un arbre, à droite.

Le store et les murs du café, éclairés par une lampe à gaz,  sont comme revêtus d'une substance précieuse. On pense à la vue de Delft de Vermeer et au "petit pan de mur jaune" que contemple Bergotte dans "La Recherche du temps perdu".

Les pavés eux-mêmes sont colorés et semblent refléter la lumière qui émane du café et des étoiles ; ils semblent même réverbérer le bleu du ciel nocturne. On y voit toutes les couleurs et les nuances de l'ensemble de la toile. On peut parler de métonymie (la partie pour le tout). Tout est déjà, mais rien n'est encore, nous cheminons sur des pavés disjoints, entre la tristesse et l'extase, la naissance et la mort, au seuil d'un mystère qui nous dépasse. Ces pavés cernés de noir préfigurent l'art abstrait. On les retrouve dans une toile de Paul Klee.

La silhouette blanche, étrangement allongée du garçon de café dans le trois quart inférieur de la toile retient particulièrement le regard. On a le sentiment que tout s'organise autour de cette silhouette. Roland Barthes parlerait du "punctum".

Mais ce garçon de café n'est ni le Christ, ni un ange ; Van Gogh communique un sentiment "mystique", paisible et joyeux, non en peignant un sujet "religieux", mais  à travers une scène de la vie quotidienne.

Tous les éléments de la création sont présents dans cette toile : le monde minéral (les pavés), végétal (la frondaison de l'arbre, les étoiles en forme de fleurs qui font penser au vers de Stéphane Mallarmé "Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées"), animal (le cheval), humain et céleste. Ces éléments sont en profonde harmonie les uns avec les autres.

Le bleu (saphir) et le jaune (d'or) couleurs primaires complémentaires, sont les couleurs dominantes. Il y a également des touches de vert absinthe, (en particulier sur le mur du café et ce n'est sans doute pas un hasard), de vert émeraude, de mauve et de noir. L'embrasure de la porte est de la même couleur que le ciel : bleu saphir et le sol de la terrasse est rouge orangé (la chaleur humaine). Le bleu saphir symbolise le mystère le plus profond, l'amour divin (il n'est d'ailleurs pas tout à fait approprié de dire que les couleurs symbolisent, elles "incarnent") ; nous ne savons pas ce qu'il y a "derrière" cette porte. Il en filtre un peu de cette lueur dorée (la joie parfaite ?) que l'on retrouve sur le mur du café. Le peintre a placé son chevalet près de cette porte. Être homme, c'est se tenir au seuil du mystère.
 
Pour peindre le ciel, le peintre a utilisé plusieurs nuances de bleu, du bleu clair au bleu marine (on parle de "camaïeu"). Ce ciel est à la fois "le ciel qu'on voit" et celui qu'ont découvert les astronomes dans leurs télescopes. On y voit s'y dessiner des galaxies, des trous noirs, des naines blanches, des amas d'étoiles... on y pressent une profondeur infinie. Le ciel révélé par la science est encore plus mystérieux aux yeux de l'artiste. La science ne dissipe pas le mystère, elle le renforce. Ce ciel n'est pas celui de Pascal ("Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie") et n'a rien d'effrayant  ; il est à la fois mystérieux et  familier. C'est aussi le ciel vu par un enfant, un "primitif" : deux étoiles dessinent des yeux, on devine une forme humaine ou angélique à la verticale du garçon de café, les étoiles, on l'a dit, ressemblent à des bouquets de fleurs, mais ce peut être le fruit du hasard, d'une interprétation subjective.
 
L'artiste ne peut se détacher de son époque, il en vit intensément les doutes, les interrogations et les tourments. Si la question de Dieu est au cœur de son œuvre et de sa vie (on sait que le peintre se destinait à la prédication), Van Gogh, contemporain de Nietzsche, sait bien qu'on ne peut plus l'aborder "comme avant". Le génie (Bach, Mozart, Van Gogh...) s'aventure, armé de sincérité, dans l'espace infini qui sépare le signifiant du Signifié, le verbe du Verbe.
 
Un "mystère familier" : "Une odeur de mûres traîne au fond des galaxies.", dit magnifiquement Jean Mambrino.

Des étoiles qui ressemblent à des fleurs, un mur recouvert d'or, des pavés semblables à des pierres précieuses... On reconnaît la figure poétique par excellence de la poésie : la métaphore. La toile de Vincent Van Gogh est une "transfiguration" du monde. "Transfigurer" (le contraire de "défigurer") ne veut pas dire "transformer", embellir, mais révéler, dévoiler. "C'est ainsi que je vois le monde, pourrait nous dire Vincent, c'est ainsi qu'il est vraiment et c'est ainsi que vous le verriez si vous preniez la peine de le regarder avec les yeux du coeur, de l'habiter en poètes (Hölderlin) et non en prédateurs et en blasés."

Dans "Les Portes de la perception", Aldous Huxley se demande si certains artistes comme Van Gogh et certains mystiques n'auraient pas le don naturel de percevoir les choses telles qu'elles sont, d'accéder naturellement (et non, comme le fait Huxley, en absorbant de la mescaline) à ce que les bouddhistes appellent "Sat Chit Ananda" (la félicité de l'avoir conscience), et la mystique rhénane "l'Istigkeit", expression dont maître Eckart aimait à se servir pour définir l'Etre. Cette expérience se caractérise, selon Huxley par un rehaussement des couleurs, une perception particulière du temps et de l'espace et quelque chose d'ineffable qu'il nomme, faute de mieux, "vision de béatitude", "grâce et transfiguration", "présence sacramentelle de la beauté". "Si les portes de la perception étaient nettoyées, disait le peintre et dessinateur anglais William Blake, toute chose apparaîtrait telle qu'elle est."

Le peintre a planté son chevalet en plein air, ici en pleine ville, comme il le fait aussi en plein champs.

Ce qui caractérise la peinture de Van Gogh et celle des Impressionnistes en général est le délaissement des sujets mythologiques ou religieux, des "natures mortes", de la peinture d'atelier  au profit de la peinture "en plein air" au contact de la nature et de la lumière naturelle dont l'artiste s'efforce de capter les nuances changeantes, l'emploi de couleurs pures, le choix de sujets profanes, extraits de la vie quotidienne dont l'artiste magnifie (ou plus exactement "rend visibles") le mystère et la beauté.

L'artiste vraiment créateur, ne se contente pas "d'imiter la nature" (Aristote) ; c'est pourquoi le verbe représenter ("cette toile représente une terrasse de café à Arles, en été, la nuit...") n'est pas adéquat.

Vincent Van Gogh n'a pas "représenté" une terrasse de café, il a rendu visible un étonnement joyeux, une secrète espérance, la nuit transfigurée.
 
 
Apparition 
 
La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
- C'était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S'enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.
J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.
 
 Stéphane Mallarmé
 
 


Ravel - Piano Concerto in G major - Argerich... par PaGoO

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administrateur théâtres

Les concerts de Chambre de l’Orangerie de Seneffe12272747075?profile=original

 

                         Ils se donnent chaque été dans le domaine du Château de Seneffe. La session 2012 a commencé à bureau fermé, c’est dire le succès remporté par cette festivité de charme et de beauté musicale. Le jeudi 19 juillet, « Brillant et Virtuose » a réuni  des compositeurs et des interprètes prodigieux. Fauré, Saint-Saens et Beethoven avec rien moins que Lorenzo Gatto et Jean-Claude Vanden Eynden. Le lendemain « Fêtes Nocturnes »  réunissait Schubert, Brahms, Michel Lysight - une première mondiale - et Martinu avec six artistes d’exception. Les sons du violon et du piano se sont invités avec leurs comparses dans les cœurs qui  ont vibré sous l’archet dynamique de la  talentueuse de Véronique Bogaerts et gémi avec la violoncelliste extraordinaire Marie Hallynck. La créative Sophie Hallynck nous a joué de la harpe d’une  façon innovante et inoubliable. Les musiciens masculins  n’étaient pas en reste avec le jeu subtil au piano de l’impétueux Muhiddin Dürrüoglu, la clarinette pleine de verve de Ronald Van Spaendonck et Vincent Heppe, alto aux modulations élaborées tantôt romantiques, tantôt mutines.

Mais le morceau qui a retenu particulièrement notre attention est cette pièce composée en 2010 par notre compatriote Michel Lysight appelée « Oxymores ». Une musique qui remplirait d’aise Claude Debussy qui trouve que la musique « doit chercher humblement à faire plaisir au public ». Le premier mouvement débute dans des gazouillis qui s’affrontent et se font des pieds-de-nez, clarinette vs violoncelle. Le piano intervient pour remettre un peu de sérieux sur scène. Rappelée à l’ordre, le violoncelle bascule dans une complainte jusqu’aux tréfonds de la gravité. Bien sûr la clarinette prend le contrepied ! Fâcherie syncopée du piano, moquée aussitôt par les deux instruments de mèche. Gloussement indigné du piano et chacun joue ensemble et tout seul. L’oxymore dans toute sa splendeur. Silence assourdissant du public, créativité muette du compositeur.  Le deuxième mouvement change de tempo car le piano a pris les rênes d’une mélodie triste, doucement musée par la clarinette puis par le violon. Les instruments s’entendent sur la tristesse. Le thème lancinant produit de purs soupirs. Un canon à trois voix émerge mais les dissonances sont dans l’air. L’air de rien, ils s’écoutent et des pizzicati en forme de gong scandent le diminuendo. Le troisième mouvement est fait de bulles sèches (oxymore, tu nous tiens !) au piano puis à la clarinette et enfin sous les doigts de Marie Hallynck. Les notes pointées s’accordent avec humour et frénésie. L’interaction  subtile de la partition, des interprètes et du public forme un moment musical inoubliable. Et des applaudissements nourris saluent cette première mondiale. Le compositeur Michel Lysight qui est présent est sans doute ravi.

« Fêtes Nocturnes » (1959), de Bohuslav Martinu est une pièce non moins intéressante et réunit les six artistes. « Yavait-t’une ville » de Nougaro s’insinue dans l’introduction. De subtils mélanges de timbres piano et harpe chatouillent l’imagination tandis que les cordes font superbement bande à part à la façon d’un antique folklore Ecossais ou Irlandais. La clarinette s’insinue dans les pauses et le piano a ri, d’une seule dent. Au deuxième mouvement la harpe sonne le glas, les violons gémissent la clarinette succombe. Puis la harpe se transforme en guitare, Fêtes Galantes ? Les ondes du piano s’y mêlent. C’est Beau. Place aux autres : les  cordes. Un vent s’engouffre par toutes les fenêtres et fait voler les mousselines. On est décidément dans le Lake District avec Keats. Mélancolique, son dernier souffle peut-être. Le troisième mouvement est fantastique, de la berceuse à l’appel au clairon… de la harpe. Souvenirs de boléro de Ravel, Sophie Hallynck, la harpiste frappe les cordes avec un battoir. C’est un mode de Niebelungen ou de Little People façon Murakami (1Q84) qui pirouettent devant un public médusé. Le dernier mouvement rejoué en bis entraîne encore plus d’applaudissements. Une nocturne musicale hors du commun, venez donc  emprunter cette sente magique l’an prochain ! Le plaisir durera jusqu’au dimanche et peut-être au-delàs. 

Préparez-vous à venir écouter les concerts « Classics &Classics »  organisés aussi par L’Orangerie asbl. Ils  se déroulent pendant tout l’automne à Bruxelles  dans la  D’ieteren Gallery. Ils proposent de découvrir des chefs-d’œuvre musicaux et de caresser des yeux  les très belles carrosseries du temps passé.

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La corresondance des arts

Il n'est pas d'art aisé, la critique le sait.
De sévères faiblesses écartent les profanes.
Sans efforts assidus, le vrai talent se fane.
Ont longtemps travaillé ceux qui ont du succès.

...

Les patineurs professionnels font des prouesses.
Dans leurs rangs, il ne peut se glisser d'amateurs.
Les figures imposées, au mépris de la peur,
Ne permettent jamais un geste de faiblesse.

...

La poésie était et restera un art,
En honneur,pratiqué partout, en douce France.
Les odes et ballades, offertes en abondance,
Ravissaient la jeunesse autant que les vieillards.

...

Les arts ont en commun la beauté, l'harmonie.
Ils suivent en cela la sublime Nature,
Qui semble se servir d'un compas qui mesure.
Ainsi et seulement naissent les symphonies.

Les savants soupçonnaient l'énergie esthétique.
Elle les a guidés à découvrir des lois,
Auxquelles sont liés leurs noms,certaines fois.
L'univers entretient des rapports numériques.

...

23/2/2006

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Tu es là, Federico ?

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Tu naquis près de Grenade la Maure, parmi les vergers en fleurs de Fuente Vaqueros, sous les neiges de la Sierra Nevada, où la glace et le feu à la tombée du soir se fiancent en silence, et tes amis vivaient du soleil de ton rire…

 

La balle a percé ta poitrine où sanglotait un rossignol et dans ta gorge où dormait la colombe du soir, ont fleuri des œillets rouges. La nuit a fermé tes paupières, les étoiles de tes beaux yeux se sont fermées…

 

Tu es couché dans la poussière, Federico

Dans le sang et le crépuscule,

Comme Ignacio Sanchez Mejias,

Tué par la corme du taureau

 

Bêtise a pour nom la corne Federico

Bêtise au front de taureau.

 

Tu rayonnais dans la lumière,

Et ta joie réjouissait la nuit,

Tu es couché dans la poussière,

Et qui pourra nous consoler ?

 

Tu portais le feu dans tes mains,

Et la vie paraissait plus belle,

Tu es couché dans la poussière,

Et rien ne peut nous consoler.

 

La violette a perdu son parfum

Et le fleuve sa voix de cristal.

Bêtise a pour nom la corne

Bêtise au nom de taureau.

 

Tu n’avais pas de cape rouge,

Mais les simples mots d’un poète

 

Tu es couché dans la poussière,

Comme Ignacio Sanchez Mejias

 

La lune a perdu son éclat,

Et les étoiles leur parfum

 

Bêtise a pour nom la corne,

Bêtise au front de taureau.

 

L’arène a pour nom la guerre,

Le coup de corne fut pour toi

 

Bêtise a pour nom la corne,

Bêtise au front de taureau.

 

Notre cœur est brûlant, une épée le traverse,

Mais tu revis en nous dans un air de guitare,

Une voix qui s’élève dans la douceur du soir.

A Fuente Vaqueros, les vergers sont en fleurs,

Le crépuscule rougit la Sierra Nevada,

Fiançailles éphémères de la glace et du feu,

Le crépuscule rougit les murs de l’Alhambra.

Dans le ciel de Grenade s’allument les étoiles,

Fontaines et jardins chantent dans la nuit bleue

Les orangers frémissent sous la brise du soir.

La nuit fleurit en nous, comme un fruit délicieux

La lune, lame d’argent, cisèle l’Alhambra…

Un parfum de jasmin s’élève comme un encens

 

La vie est douce à en crier

 

   «  - Tu es là Federico ?

 

      - Bien sûr que je suis là…

     J’ai toujours été là…

     Je ne vous ai jamais quittés. »

 

Note : Ignacio Sanchez Mejias était un célèbre torero espagnol qui fut tué dans l’arène. Deux ans avant sa propre mort, Lorca écrivit en son honneur Chant funèbre pour Ignacio Sanchez Mejias où il exprime son obsession (et peut-être son pressentiment) de la mort violente. Assassiné le 19 août 1936 par la garde franquiste, Federico Garcia Lorca fut l’une des toutes premières victimes de la guerre civile espagnole.

 

 

 

 

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Réflexion.

je comprends peu-à-peu, grâce à l'exercice de ma profession, que l'on peut aimer une personne que l'on accompagne, que l'on soigne, ressentir de l'attachement pour elle, voire de l'affection, et garder une distance, le "vous" et non le "tu", une attitude ; un genre de terrain neutre, intouché,  sur lequel une floraison apparait, une croissance se fait ! 
Jardin insoupçonné, espace nécessaire pour se multiplier, se mouvoir, s'ouvrir aux autres, au Monde.
Distance incolore, ni chaude, ni froide, point lourde ;  indispensable pour contempler et voir "elle" ou "lui", l'entendre.
Distance ; garde-fou !
J'ai pensé à tout cela en début d'après-midi, alors que j'étais assise dans le métro à la "station Parmentier", j'ai bien sûr réfléchi à la relation psychanalytique ; en cela, la continuation d'une psychanalyse est difficile, c'est douloureux de grandir sans l'autre !
Peur du vertige, de la chute, de l'obscurité, d'un cœur battant tout seul.
J'aime les situations équivoques, celles qui me permettent de dessiner,  d'inscrire un scénario dans ma tête : prémices de l'écriture.
 
C'est une forme de maîtrise ; je préfère imaginer que savoir, voir le bleu sur le noir, le mouvement sur l'inerte.
C'est ainsi que je conçois la vie ; pluie jamais mélancolique, tout en couleurs, en plein mois de novembre ; des notes musicales libérées des nuages, sur terre rebondissantes, comme les balles bleues et vertes de mon enfance solitaire, lente !
Tout à l'heure, mon chat a déposé un baiser, ce petit souffle frais échappé de sa truffe rose et douce, un rien humide,  sur mon front clair et lisse, alors que je sommeillais paisible.

Un instant de complicité, de bonheur et de joie !

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ADMINISTRATEUR GENERAL

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Et à titre d’information voici les deux prochaines expositions:

 

-Titre : « La collection permanente à l’espace Yen »

Artistes : collectif d’artistes de la galerie.

Vernissage le 05/09/2012 de 18h 30 à 21h 30 en la galerie même.

Exposition du 05/09 au 28/10/2012 à l’Espace Art Gallery II.

 

-Titre : « Artiste Plurielle »

Artistes : Bernadette Reginster (peintures et sculptures)

Vernissage le 26/09 de 18h 30 à 21h 30 en présence de Françoise Marquet (harpiste)

Exposition du 26/09 au 14/10/2012.

 

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

 

Bien à vous,

 

                                                                  Jerry Delfosse

                                                                  Espace Art Gallery

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Unique en Belgique par son caractère collectif, la Résidence invite une dizaine d’écrivains francophones, chaque année au mois d’août. Au-delà d’être une belle opportunité d’écrire en toute quiétude, dans un décor magique et loin des soucis du quotidien, elle sort l’écrivain de son isolement, le met en exergue, lui offre un espace de travail, de représentation et de rencontres.

Favoriser la création littéraire et créer du lien social entre les écrivains, voici les objectifs de la Résidence d’auteurs du Pont d’Oye.

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Ci-dessous le dossier de presse complet

 

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Alvéoles (13)

Escadrilles

 

En moins d'une matinée, Denis Auger avait déjà planifié dix des vingt-quatre rendez-vous. Si tout se passait bien, il n'aurait qu'à s'occuper du reste ce soir. Il devait dormir, maintenant, car la nuit serait longue.

Jusqu'à présent, le sommeil était toujours venu, mais cette fois-ci, Denis lui courait derrière sans aucun succès. Probablement parce que c'était sa dernière opération, et que ses craintes augmentaient.

Mais que devait-il craindre ? Il avait rempli sa mission sans le moindre souci. À chaque fois, les couveuses avaient fonctionné – du moins en avait-il reçu le message sur son téléphone portable – libérant leur précieuse progéniture avant d'être récupérées.

C'était cela qui gênait Denis : il n'avait aucun contact avec les personnes chargées de récupérer le matériel. Il lui était impossible de savoir si toutes les couveuses avaient été retrouvées, impossible de savoir s'il y avait eu un problème, et si oui, comment le prévenir. Il avait pourtant interrogé son commanditaire. Il ne l'avait rencontré qu'une fois : c'était un grand homme très distingué, d'une extrême politesse. Il recevait ses instructions de cet homme directement sur son ordinateur portable, et pouvait si nécessaire communiquer avec lui par courrier électronique. Toute autre forme de contact était strictement interdite.

La réponse lui était parvenue le lendemain :

J'accuse réception de votre courriel. Notre ami commun, qui vous attend dans quarante-huit heures à l'endroit convenu, sera porteur de toutes les réponses utiles à vos questions.

Et, de fait, Denis s'était retrouvé face à un de ces hommes peu rassurants pour le traditionnel échange de véhicules.

— Vous devriez être porteur d'une réponse de la part...

— En effet.

La main gantée de l'homme s'était abattue à plat sur le visage de Denis, avec une rapidité et une force déconcertantes. Il s'était retrouvé au sol.

— Voici votre réponse.

L'homme était resté immobile et silencieux, face à Denis, pendant tout le temps où ce dernier s'était redressé.

— Vous n'aviez pas besoin faire de cela ! avait gémi Denis. La joue en feu.

L'homme n'avait pas répondu.

— Vous êtes dingue !

La seconde gifle était venue de gauche, encore plus rapidement, projetant à nouveau Denis à terre, les yeux écarquillés de surprise et de rage. L'homme s'était saisi ensuite de son appareil portable et avait composé un numéro abrégé. Deux secondes plus tard, la communication était établie.

— Bonjour, monsieur. Je viens de donner à monsieur Auger les explications que vous souhaitiez lui communiquer. Pardon ? Une correction ? Non, monsieur, je me suis limité au strict minimum. Oui, bien entendu monsieur. Uniquement en cas de récidive. Je suis sûr que monsieur Auger comprendra. Merci monsieur. Au revoir.

En raccrochant, il avait posé son regard sur Denis, qui entre-temps s'était à nouveau relevé. On pouvait y lire comme une envie folle de lui briser les côtes à coups de poing.

— Laissez tomber, dit Denis. J'ai pigé.

L'homme avait tiré de sa poche les clés de la camionnette, et les lui avait tendues. Denis les avait saisies d'un geste circulaire, puis tourné les talons en murmurant : « connard », suffisamment haut pour qu'il soit entendu. L'homme était resté de marbre. Il ne l'avait pas revu depuis.

Denis comprenait bien que la réussite d'une telle opération nécessitait un parfait cloisonnement des tâches. Tout en cherchant un sommeil qui ne viendrait probablement pas, Denis se dit qu'en fin de compte, il n'avait pas demandé grand chose. Il ne voulait pas savoir « qui faisait quoi » – à vrai dire il s'en fichait complètement – mais en revanche il tenait à savoir si cela marchait.

Ceci dit, Denis avait déjà pu satisfaire partiellement sa curiosité, car il avait reconnu une couveuse déjà utilisée lors de l'avant-dernier changement de camionnette. C'était l'une des toutes premières qu'il ait manipulées ; le métal avait été griffé par erreur lorsqu'il avait glissé la couveuse dans un sac à dos. Elles étaient donc remises dans le circuit après recyclage.

Néanmoins sa préoccupation principale – comment les porteurs étaient-ils dissuadés de témoigner, et avec quelle efficacité – demeurait sans réponse valable, et cela le mettait de plus en plus mal à l'aise. Si ne fut-ce qu'un seul porteur était capable de le repérer et de l'identifier, c'est toute l'opération qui serait mise en danger. Denis ignorait si son point de contact aux allures si distinguées était le véritable cerveau de l'affaire, mais il était évident qu'en cas de pépin, Denis serait réduit au silence. Cela faisait partie des risques qu'il avait acceptés au départ.

Denis sentit l'espoir du sommeil lui échapper définitivement lorsqu'une pensée nauséabonde lui traversa l'esprit : peut-être avait-on décidé de le réduire au silence même s'il n'y avait aucun pépin.

 

Milos commençait à s'inquiéter.

Plus d'une heure s'était écoulée depuis le dernier message de Sabrina, et même s'il s'était habitué à la voir apparaître et disparaître selon ses humeurs, ses missions et – parfois il le croyait – la vitesse du vent et la forme des nuages, une pointe d'inquiétude était venue faire son nid dans sa tête, et refusait obstinément d'en sortir.

Autant Sabrina s'était montrée froide et dominante lors de leur premier entretien (et à vrai dire aussi, les rares fois où il l'avait vue au Centre), autant lorsqu'ils étaient ensemble elle se montrait fantasque, enjouée, câline. Il n'avait pas affaire à deux femmes différentes selon les circonstances, mais plutôt à deux sœurs jumelles : l'une était danseuse et peintre, l'autre chercheuse et championne d'athlétisme. Ils avaient été courir un soir ensemble dans la forêt de Soignes, au sud de Bruxelles : Milos avait décidé que ce serait la première et dernière fois. La forme physique de Sabrina était celle d'une athlète de haut niveau.

Elle lui avait aussi fait une forte impression sur le plan technologique lors de leur première réunion. L'entrée en matière avait révélé une femme volontaire, mais lorsque la conversation s'était orientée vers la « chute des dominos », Sabrina s'était montrée très bien informée.

Milos s'était attendu à un feu nourri de questions, et n'avait pas été déçu, mais il était sur son territoire technologique, et s'était senti pleinement en confiance. Il avait commencé son exposé :

— Vous savez mieux que moi que les systèmes d'information les mieux gardés disposent de plusieurs types de protection. Non seulement ils sont équipés de protections diverses destinées à mettre les bâtons dans les roues des gens comme moi, mais aussi, les dernières avancées technologiques leur permettent de tracer tout trafic réseau susceptible d'être à l'origine d'une attaque. Autrement dit : les dragons gardent la chambre de la princesse, et une armée de dobermans est prête à vous donner la chasse à la première occasion.

Morhange avait eu un geste impatient. Milos avait observé ses autres interlocuteurs, impassibles, et avait continué :

— Face à ces deux obstacles, la méthode la plus efficace consiste en l'usurpation d'identité : dès lors, le dragon vous connaît, et les chiens restent en cage. C'est ce qui dissuade nombre de pirates, car pour arriver à leurs fins, ils doivent se transformer en agents secrets : voler une carte magnétique, un code, une grille chiffrée, que sais-je encore : en tout cas quelque chose qu'il leur est impossible de dérober en restant confortablement installé derrière un clavier.

Milos avait beau fouiller ses souvenirs, il ne pouvait affirmer qu'à ce moment Morhange avait exprimé quoi que ce soit, mais Sabrina avait pressé le pas :

— Nous savons tout cela, monsieur Kinski. Pourriez-vous nous dire comment vous avez procédé pour le site de l'OTAN ?

Milos avait fait comme s'il comptait bien y venir directement :

— Dans votre cas, l'usurpation d'identité ne m'aurait probablement pas posé de difficultés, mais je tenais à ce que nous soyons mis en contact, et pour cela il me fallait faire du bruit. J'ai donc fait le nécessaire pour réveiller le dragon, le prendre de vitesse, repeindre la chambre de la princesse en rose avant de tirer ma révérence en entraînant les chiens derrière moi.

— Vous semblez bien vous amuser à user de vos métaphores, avait dit Morhange, mais je crois qu'il est temps de passer au vif du sujet.

Milos avait caché son triomphe : Morhange était intervenu exactement comme prévu pour manifester sa vexation. Il est vrai qu'après l'intrusion de Milos, le « who's who » du site www.nato.int s'était mis à afficher les portraits des principaux responsables de l'organisme la tête en bas. Pour un site Internet aussi visible sur la toile, c'était très vexant. Sabrina avait enchaîné :

— Vous vous êtes introduit dans notre réseau interne.

— Votre réseau parallèle, avait rectifié Milos. Votre LAN1 est double. Votre réseau administratif est assez classique. On peut le comparer à celui d'une entreprise privée. L'autre réseau véhicule vos données sensibles. Aucune station de travail n'est reliée aux deux systèmes. Je l'ai vérifié.

— Vous semblez dominer la topologie de notre réseau, mais cela ne nous en dit pas plus.

— Je suis entré dans votre réseau administratif assez facilement. J'ai appris que l'OTAN avait récemment renouvelé son parc d'imprimantes. Comme c'est de plus en plus souvent le cas, ces machines ne sont pas votre propriété : seules les pages imprimées sont facturées. Ce prix couvre la mise à disposition des machines, leur entretien, etc. Mais pour que votre fournisseur puisse déterminer quel est le montant dont l'OTAN doit s'acquitter à chaque échéance, il faut procéder à un relevé des compteurs. Il y a belle lurette que ceci est automatique : chaque imprimante communique automatiquement le nombre de pages imprimées par période de temps. Ceci suppose qu'une communication sécurisée soit établie entre les imprimantes reliées au réseau administratif de l'OTAN et son fournisseur.

— Et vous avez intercepté ces communications.

— Cela n'a même pas été nécessaire. Je suis entré dans le système de votre fournisseur assez facilement, puis je me suis mis à la recherche des paramètres de communication entre leur système comptable – un vieux truc, croyez-moi – et les imprimantes installées sur le site de l'OTAN. De là, pénétrer votre réseau administratif s'est avéré assez simple.

— Et comment avez-vous fait ensuite ?

— Vos réseaux parallèles ne communiquent pas l'un avec l'autre, mais je me suis dit que, ne fût-ce que pour certaines raisons fonctionnelles, à certains moments, les hauts responsables de l'OTAN doivent faire converger les deux types d'informations – secrètes et non secrètes – vers le même terminal.

— Aucune station de travail n'est reliée aux deux systèmes. Vous l'avez dit vous-même.

— En effet. Si nous nous limitons aux stations de travail.

Milos avait laissé un silence intéressé s'installer, avant que Morhange ne l'invite à continuer.

— Quelques-uns de ces responsables disposent de terminaux bien plus accessibles qu'on ne le pense. Un simple téléphone portable, par exemple.

Un nouvel instant de silence s'était ouvert, puis le dialogue avait repris entre la jeune femme et lehacker, laissant sur la touche les autres responsables, de plus en plus nerveux.

— Ils ne sont pas reliés en permanence non plus, avait soufflé Sabrina.

— C'est vrai. Vos serveurs « poussent »les informations vers ces téléphones portables, mais là encore, les paramètres de communication sont assez faciles à détecter. Quelques instants plus tard, j'étais sur votre réseau « interne », comme vous l'avez appelé.

— Vous n'aviez pas besoin de cela pour pirater le « who's who ».

— Si.

— Monsieur Kinski, ne me dites pas que vous n'avez pas trouvé la DMZ2 où se trouve le serveur web dès que vous avez pénétré notre réseau administratif.

— Je l'ai trouvée. Mais si je m'étais amusé à pirater votre « who's who » à partir de là, cela n'aurait pas été bien grave. N'oubliez pas que je voulais aussi réveiller les dobermans.

— Vous les auriez eu aux trousses de toute façon.

— Peut-être. Mais vous auriez accordé moins d'importance à l'incident. Et quand les chiens seraient revenus bredouilles, vous auriez écrit un joli rapport avec quelques recommandations, et puis basta.

Milos avait fait une pause, puis avait ajouté :

— Si nous sommes ici ensemble à parler d'une éventuelle collaboration, mademoiselle Bassalah, c'est parce que les chiens se sont rués à ma poursuite car l'alerte rouge avait été déclenchée. Et qu'après quelques instants, au moment précis où ils allaient me rattraper, d'un coup, ils m'ont vu disparaître.

 

 

 

1Local Area Network : réseau local

 

2Demilitarized zone : un sous-réseau protégé par un pare-feu.

Alvéoles est disponible en texte intégral ici...

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Inventer des mots

Inventer des mots venus de nulle part, pousser les murs de sa mémoire pour agrandir le monde et  y cacher ses trésors.
Chercher longtemps, trouver quelquefois le bonheur et la joie, se réveiller un matin, après avoir rêvé des nuits entières à des mots de lumière, et se dire que ce qui m'a rendu la plus heureuse …. ce sont les choses qu'on ne dit pas,


Les secrets qu'on garde au fond de soi, c'est souvent dans ce qui reste à dire que sont cachés les plus beaux souvenirs.

Jaire le tour de ses jours au grand complet,  fermer la porte à clé sur son secret, c'est un drôle de jardin rempli de tout ce qui n'est rien pour les autres et qui… pour nous est la vie.
C'est le silence le plus intense que je connaisse où se referment les blessures de nos tendresses, qui me rassure, qui me sourit, et qui me réchauffe le cœur comme un soleil.


C'est parfois dans un regard, dans un sourire que sont cachés les mots qu'on n'a jamais su dire, que l'on garde pour toujours au fond de soi, et qu'on emporte là où….. les mots n'existent pas.

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L'alternance des genres

 

 

On peut opter pour l'un ou l'une.
On a le libre choix des mots.
Chacun, souvent, a sa chacune.
On choisit le plus à propos.

On dit: le décès ou la mort,
Le chemin ou la longue route,
La destinée ou bien le sort,
L'incrédulité ou le doute.

Au gré de notre fantaisie,
On emprunte au vocabulaire,
Soit un pré soit une prairie
Pour créer un espace vert.

Notre poésie est chantante
Car les sons secs du masculin
Sont suivis de notes charmantes,
Grâce infinie du féminin.

16 juin 2006

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