Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Toutes les publications (16072)

Trier par

Nostalgie

Il est de vieux lieux qui vous tentent

Si tant est qu’ils ne sont que vent

D’une mémoire si lourde d’histoire

Où se pavanent les pas de l’enfance

Et flânent dans la belle insouciance

Des roses ruelles de l’âge tendre

Les beaux fruits de l’innocence

Et des passions immaculées

Des jeux le long des blanches journées

Et des rêves bleus des nuits sacrées

Des rêves si doux et consacrés

A bâtir de cotonneux châteaux

Cimentés de beaux souvenirs

Aux murs crème de soie drapés

Aux fenêtres sur l’amour ouvertes

Sur le désir de lendemains

Lumineux, de radieux chemins

Vers des Éden parfumés

De joies et de plein de jouissances.

 

Khadija, Agadir, Mercredi 25/7/2012

Lire la suite...

Aura de lumière

Hier, j’entendis dire

Dans un conte lilas

D’une âme lumière, ces dires

Que je n’oublierai pas :

« Si j’avais don d’écrire,

J’aurais décrit la femme

Comme aura de lumière,

Hautaine mais sage et fière,

Des déesses l’héritière.

Qu’elle soit reine de Saba

Ou princesse Amazigh,

Elle garde dans le sang

Les valeurs, le bon sens,

L’amour, la bienveillance.

J’en aurais fait mon guide,

Ma lumière, mon encens.

Car loin de sa douceur

L’homme ne s'rait que néant

Et le monde ténèbres. »

Khadija, Agadir, vendredi 27/7/2012 à 03h15 du matin.

Lire la suite...

Au père

les chênes abattus dans ta forêt

et les vignobles par toi seul

plantées

les fleurs de lin au bord de la route

tout est à toi

et tout t’écoute.

 

froufrous des feuilles séchées

champs de maïs et

champs de blé

la graine

t’attendait

non plus maintenant

raté recours

c’est moi qui attends.

Lire la suite...

Structure

la terre est construite

de cœur sur cœur sur cœur

les cœurs de mes ancêtres

les cœurs et les douleurs

 

la terre brûlée

ma terre cuite

est à la fois en fleurs

et en odeurs

 

la terre ma terre confite

au son des voix

en vain la mort.

Lire la suite...

COMPLAINTE...

Quand le printemps est beau

Et l'amour à zéro...

Contrariété!

Quand les années s'entassent

Que la vie nous dépasse...

Contrariété!

Quand les enfants soudain

Cherchent d'autres lendemains...

Contrariété!

Et quand avec le temps

On oublie d'être amants...

Contrariété

 

Quand les mots font défaut

Ou qu'on les crie trop haut...

Contrariété

 

Quand le corps nous trahit

Et qu'explosent les non-dits...

Contrariété!

 

Quand les rides s'installent

Que la jeunesse détale...

Contrariété!

 

Quand malgré son courage

On est pris dans l'orage...

Contrariété!

 

Quand les oiseaux meurtris

Recherchent en vain leurs nids...

Contrariété!

 

Mais quand des lèvres enfin

Viennent boire nos gros chagrins...

Somptuosité!

J.G.

Lire la suite...

RECIFS & SABLIER

 

L’horizon de tempêtes lourd de nuages en pleurs,

Crève  les   meurtrissures  nées  avec  le  drakkar,

D’une enfance blessée rompue dans les malheurs,

De barbaries portées sur le corps au moindre écart.

 

Fraîcheur  de  la  puberté humiliée par les coups,

Décochés  par  le  hasard  des  haines  parentales,

Sur la gosse symptôme, témoin gênante pour beaucoup,

De leurs profondes rancoeurs  et désunion fatale.

 

Magie  noire  des  chagrins  conduit  au  mariage,

D’un lourd roman reproduit dans le choix de l’inconnu,

Doux et pur d’apparence qui détruit dans ses rages,

                                                   Femme et enfants malmenés sur le terrain bien connu                                                                             ………..des violences psychologiques

 

Combats des passés sombres, de l’au-delà du futur,

Morne, le temps s’égrène en chapelets indigents,

D’un  amour  chimérique,  triste  caricature,

De  rêves  romantiques  à  l’idéal   exigeant.

 

Et  coule  le  sablier  des  instants  inexorables,

Accompagnant le  déclin de veilles sans avenir,

Pour l’histoire qui s’éteint sur des rives de sables,

Jaunis par  l’existence  de  pénibles  souvenirs.

 

Les  vagues  d’amertume  s’éclatent  douloureuses,

En pleurant sur les récifs de désespoirs clandestins,

Dissimulés  dans  le  cœur  de  fièvres  dévoreuses,

De  sagace  conscience  vide  du  feu  des  instincts

……. Morts !

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

 

Lire la suite...

12272817662?profile=originalIl s'agit d'un recueil de quatre dialogues «poetiques, fort antiques, joyeux et facetieux» de Bonaventure des Périers (1510-1543?), publié à Paris sans nom d'auteur chez Jehan Morin en 1537.

 

Sur intervention extraordinaire de François Ier, qui voyait dans l'ouvrage de «grands abus et hérésies», le Parlement de Paris saisit la Sorbonne: bien qu'en désaccord manifeste avec l'opinion du roi, la faculté recommanda la destruction du Cymbalum mundi. L'imprimeur fut emprisonné et Des Périers, identifié comme l'auteur du livre, n'échappa aux conséquences de l'affaire qu'avec l'appui de Marguerite de Navarre.

Comme d'autres textes provocateurs et paradoxaux de la Renaissance _ Pantagruel ou l'Éloge de la Folie _ le Cymbalum mundi puise largement dans les écrits de Lucien de Samosate: dieux et hommes y sont les protagonistes d'une comédie où l'influence rhétorique le dispute à la sotte crédulité; à l'instar de son modèle grec, Des Périers raille la quête d'un savoir manifestement inaccessible à l'homme, et réserve ses critiques les plus mordantes à l'irréductible antagonisme des doctrines et des écoles philosophiques: dénonciation de la vanité intellectuelle, le second dialogue du Cymbalum mundi emprunte plus d'un élément aux Sectes de Lucien.

 

Mercure descend à Athènes pour y faire relier, sur la demande de Jupiter, le Livre des destinées. Dans un cabaret, deux hommes qui feignent de ne pas le reconnaître se joignent à lui. Tandis que Mercure s'éloigne momentanément, ils lui volent le livre, qu'ils remplacent par un autre. Les deux hommes cherchent ensuite querelle au dieu, et Mercure quitte le cabaret (dialogue I). Averti par Trigabus de l'activité des philosophes, qui s'acharnent à chercher dans le sable des morceaux de la pierre philosophale, Mercure, déguisé en vieillard, se rend auprès d'eux: il raille leur «crédulité» et leur «égarement» (II). Mercure exige publiquement, à Athènes, la restitution du livre dérobé; il rencontre Cupidon qui lui révèle comment les deux hommes du cabaret, après s'être emparés du livre, s'en servent pour prédire l'avenir. En «manière de passe-temps», Mercure fait parler un cheval, au grand ébahissement de tous (III). Deux chiens, ayant jadis appartenu à Actéon, s'entretiennent de sujets divers, et notamment de «la sotte curiosité des hommes pour les choses nouvelles et extraordinaires» (IV).

 

L'imprécision embarrassée de l'arrêt du Parlement à l'encontre du Cymbalum mundi («Nous le supprimons bien qu'il ne contienne pas d'erreur en matière de foi, mais parce qu'il est pernicieux») illustre suffisamment la difficulté d'appréhender un tel ouvrage. Si la doctrine religieuse de l'auteur résiste à toute formulation positive, est-il possible au moins d'ouvrir quelques voies d'accès à ce texte insolite?

Moins énigmatique qu'on l'a dit, le titre du recueil dessine une perspective générale qui atténue le caractère disparate des quatre dialogues. Vraisemblablement emprunté à la première Épître aux Corinthiens, le «cymbalum mundi» désigne métaphoriquement un verbalisme bruyant, que ses excès ont coupé des sources vives du sentiment religieux: «Quand je parlerais, dit saint Paul, les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je suis [...] une cymbale qui retentit» (13,1). Le monde que découvre Mercure descendu sur terre est en effet celui du «grand babil et hault caquet» (II): les secrets du Livre des destinées sont divulgués par deux hommes avides de succès faciles, les philosophes persuadés de détenir une parcelle de vérité se transforment en «perroquets injurieux», et même l'un des chiens d'Actéon, doué de parole, est tenté d'éblouir les hommes par cette faculté extraordinaire. C'est indiscutablement le second dialogue qui donne à la satire de l'outrecuidance verbale sa dimension la plus brûlante: les «veaux de philosophes», Rhetulus et Cubercus, qui cherchent dans le sable des morceaux de la pierre philosophale, rappellent irrésistiblement les théologiens incapables de s'entendre sur le sens de l'Évangile; leurs noms mêmes, anagrammes latinisées de Luther et de Bucer, renvoient à l'éclatement de la Réforme en sectes concurrentes. Chargé de réminiscences érasmiennes, l'épisode peut être lu comme l'expression d'un évangélisme soucieux d'établir, par-delà les gloses, une relation d'humilité intellectuelle avec l'Écriture. Le dialogue final des deux chiens d'Actéon semble d'ailleurs confirmer cette interprétation: à son compagnon vaniteux, le second chien, qui «n'ayme point la gloire de causer», oppose un éloge du silence qui rejoint les vers de Marguerite de Navarre sur l'impuissance foncière du langage. Tous les théologiens enflés d'un verbe arrogant, catholiques et réformateurs, seraient ainsi voués à la même réprobation.

 

Il reste qu'une petite phrase du second dialogue mine la cohérence évangélique du recueil, et oriente l'interprétation en un sens nettement libertin: les philosophes, dit Mercure, ne font «aultre chose que chercher ce que à l'avanture il n'est pas possible de trouver, et qui (peut-estre) n'y est pas». Serait-ce que l'Évangile lui-même et les dogmes essentiels du christianisme n'échappent pas au soupçon d'invalidité? Il paraît vraisemblable, depuis les investigations de Lucien Febvre, que Bonaventure des Périers a puisé quelques-unes de ses idées les plus audacieuses chez Celse, polémiste antichrétien du IIe siècle, connu essentiellement par la réfutation qu'en fit Origène dans son Anticelsum. Aux yeux de Celse, l'absurdité de la naissance virginale, de l'Incarnation et de la Résurrection ne fait aucun doute: quelques tours de charlatan ont suffi à Jésus pour accréditer les fables les plus grossières. Des Périers a-t-il été sensible, comme d'autres libertins de la Renaissance, à ces idées radicales? Il n'est pas exclu en tout cas que le Mercure du Cymbalum mundi, faiseur de miracles et émissaire de son père parmi les hommes, soit une transposition dénigrante de la figure du Christ. L'ultime dialogue des chiens prendrait alors une autre dimension, l'apologie du silence impliquant la nécessité de voiler sous une facétie mythologique les provocations religieuses.

 

Condamné à la fois par la Sorbonne et par Calvin dans son Traité des scandales, le Cymbalum mundi résiste, en ces temps de déchirements confessionnels, à toute instrumentalisation doctrinale. Faut-il parler de déisme, d'évangé-lisme, de libertinage spirituel? La réponse importe moins au fond que la question ouverte par Des Périers: s'il est bien improbable que le langage s'articule sur l'être, l'exercice de la parole ne doit-il pas renoncer, enfin, à des présomptions métaphysiques destructrices de toute sociabilité et de tout bonheur de vivre?

Lire la suite...

L'aller et le retour

 

Emportée, doucement, dans la non existence,

Je refais étonnée surface dans la vie,

Sans avoir souvenir d'aucune griserie.

Ne sais ce qu’il advint de moi dans mon errance.

...

Je refais, étonnée, surface dans la vie

Pas d’images venant colorer le silence.

Ne sais ce qu'il advint de moi dans mon errance.

Le soleil est absent de ma rue endormie.

...

Pas d'images venant colorer le silence.

Nul oiseau attardé à courtiser sa mie.

Le soleil est absent de ma rue endormie.

Attentive, j'espère accueillir la brillance.

...

Nul oiseau attardé à courtiser sa mie,

Sans doute qu'a pris fin le temps de leurs vacances.

Attentive, j'espère accueillir la brillance.

Revenue, en santé, où s'écoule ma vie.

...

16 septembre 2005

Lire la suite...

À la case «Âge d'or »

Doux ami,

Soudain, je pense, avec tendresse,
À cette si lointaine adresse,
Où tu m’accompagnais souvent.

Je te taquinais tout le temps.
...
Devant nous, une longue route,
Semée d’embûches et de doutes.
Nous avons fait de notre mieux,
Nous sommes rejoints, déjà vieux.
...
Mais que m’importe l’âge d’or,
S’il ne me cause pas de torts.
Je suis redevenue coquette
Et fais de nouvelles conquêtes.
...
Je ne crie pas sur tous les toits
Que j’eus vingt ans plus d’une fois.
D’ailleurs je n’en suis pas très sûre,
Quand je me réfère à l’usure.
...
À distance, aux jeux de l’esprit,
On échange sans parti-pris.
Je me prévaux de ma sagesse,
Toujours empreinte d'allégresse.
...
Tu vois, je garde mon allant
Et toi, tu en fais tout autant.
Il nous fallut beaucoup de chance,
Du courage et de l’endurance.
...
Rue Rovigo, t'en souviens-tu?
Une impasse peu attrayante,
Dans une ville pétillante.
Alger, la Fac et ce qui fut !

Ier février 2006

Lire la suite...

Le jeu des couleurs

g-ant.jpg

 

La nature, avec art, façonne des volumes

Harmonieusement, les orne de couleurs.

Elle crée en tout temps, possède poils et plumes

Certes, ce qu’il lui faut pour faire des splendeurs.

...

Des teintes et nuances engendrent des émois.

Quand l’ardente lumière active et ensoleille,

On ressent aussitôt une forme de foi.

Le désir de créer, chez certains, se réveille.

...

Je pratique souvent un jeu qui m'impressionne:

Sur du blanc, je répands de multiples couleurs.

Je les vois dessiner des taches, qui m’étonnent,

Les confondre, et former un captivant ailleurs.

...

Alors qu’il faut talent et savoir-faire, en art,

Le jeu que j’ai trouvé n’exige nulle science.

Le résultat dépend strictement du hasard.

Lors, je me sens comblée, quand j’ai eu de la chance.

...

27 novembre 2008

Lire la suite...

Une statuette d'ébène

 

 

Hier, j'ai eu un coup de coeur,

À la vue d'une statuette,

Égarée sur une tablette,

En vente chez un brocanteur.

...

Un Africain d'un noir d'ébène,

Taillé, ciselé avec art,

Qui a captivé mon regard.

Une grâce plus qu'une aubaine!

...

Le sculpteur de cette oeuvre exquise,

N'y a pas incrusté son nom,

N'ayant pas besoin de renom,

De la célébrité qui grise.

...

Je pense aux hommes et aux femmes,

Artisans, dans le monde entier,

Qui excellent dans leur métier,

Dont le travail charme notre âme.

22 juillet 2012

...

Lire la suite...

La Bible

 

 ANCIEN TESTAMENT                                 NOUVEAU TESTAMENT

Livres historiques: 

                    Genèse                                        Evangile de saint Matthieu

                     Exode                                          Evangile de saint Marc

                     Lévitique                                      Evangile de saint Luc

                     Nombres                                      Evangile de saint Jean

                     Deutéronome                                Actes des Apôtres

                     Josué                                            Epîtres de saint Paul

                     Juges                                            aux Romains

                     Ruth                                              aux Corinthiens

                      Samuel                                         aux Galates

                     Rois                                               aux Ephésiens

                     Paralipomènes                               aux Philippiens

                     Esdras                                            aux Colossiens

                     Néhémie                                          aux Thessaloniciens

                     Tobie                                               à Timothée

                     Judith                                               à Tite

                     Esther                                              à Philémon

                     Macchabées                                    aux Hébreux

Livres didactiques:

                     Livre de Job                                    Epîtres canoniques

                     Psaumes                                         saint Jacques  

                     Proverbes                                        saint Jean

                     Cantique des cantiques                     saint Pierre

                     Ecclésiaste                                      saint Jude

Livres prophétiques:

                      Isaïe                     

                     Jérémie                                            Apocalypse de saint Jean

                     Baruch                  

                     Ezéchiel                                            Apocryphes

                     Daniel

                     Osée

                     Joël

                     Amos

                     Abdias

                     Jonas

                     Michée

                     Nahum

                     Habacuc

                     Sophonias

                     Aggée

                     Zacharie

                     Apocryphes

Lire la suite...

Ton p'tit coeur,

 

Je suis éprise de ton p’tit cœur,

tout doux, en velours,

fondant  comme mon premier cachou,

mon roudoudou !

En toi si seul, un peu sauvage, chétif et sage ;

ton p’tit cœur contre le mien,

apprivoisé mais libre,

d’impatience hors de toi palpite,

me touche et me livre

sa géographie, son histoire !

Chacun de ses battements,

 n’est plus un tremblement,

 encore moins un automatisme,

 mais un sursaut de joie, une évidence,

une mélodie que les mots de mon cœur,

de mon âme, rendent accessibles

 aux autres, au Monde.

Cri magistral de bonheur !

Étonnement et découverte tout le temps.

Être aimé et le savoir,

fait grandir à l’infini,

jusqu’à l’atteinte de son propre sommet.

 

 

Lire la suite...

Propos sur le bonheur

"Propos sur le bonheur" est un essai d'Alain, pseudonyme d'Émile Chartier (1868-1951), publié à Nîmes dans les Cahiers du Capricorne en avril 1925, et en volume, dans une version augmentée, à Paris chez Gallimard en 1928.

 

Alain commença à écrire ses premiers «propos», sous le titre de «Propos du dimanche» et «Propos du lundi» dès 1903: de Paris, il envoyait un article hebdomadaire au journal la Dépêche de Rouen et de Normandie. Il traitait les sujets d'actualité avec un grand sérieux. Puis Alain «invente» le «propos»: le 16 février 1906, dans les «Propos d'un Normand», désormais quotidiens, il laisse aller sa plume au gré de ses humeurs. Alain est alors un Normand, au propre et au figuré: originaire de Normandie, il incarne l'homme de bon sens par définition. Le «propos» renvoie à la tradition de l'essai selon Montaigne, où le «sage» s'analyse et exerce sa pensée en toute lucidité. De 1906 à 1936, les «propos» s'imposeront comme une sorte de commentaire, à chaud, de l'actualité politique: les «Propos d'un Normand» (16 février 1906-1er septembre 1914) furent suivis, après la guerre et une interruption due à la «tyrannie de l'opinion», par les Propos (d'avril 1921 à février 1927), puis les Libres Propos (de mars 1927 à septembre 1935) et les Feuilles libres (1935-1936). Certains seront réunis par thème et publiés en volumes: Propos sur la littérature, Propos sur l'éducation, Propos sur l'économique, etc. Dans ses textes, Alain exprime des opinions inspirées du radicalisme et dénonce les errements extrémistes des militaires et des politiques. Il lance aussi l'anathème sur le freudisme, qui ôte à l'individu toute liberté en prétendant le réduire à ses pulsions.

 

Nous nous irritons, nous nous agitons: preuve que nous méconnaissons les causes de notre mal-être. Or, tout est une question de tempérament. Si notre corps souffre, la dépression nous guette. Peu importent les motifs que nous pouvons avoir d'être malheureux: adoptons une vision positive des choses. Il faut vouloir le bonheur et non pas se laisser travailler par la peur de l'avenir. Ne laissons donc pas notre imagination errer, et alimenter sans cause nos appréhensions: rien ne perturbe davantage la santé physique et morale. Ne nous complaisons pas dans la tristesse. Oublions nos angoisses en identifiant leurs facteurs physiologiques, faisons du sport et pallions l'ennui mortifère en nous distrayant. N'accusons pas le sort: soyons lucide, rien ne nous détermine sinon notre propre nature et nous pouvons la transformer. Faisons de notre inquiétude le moteur de notre progrès et ne cessons d'oeuvrer pour notre félicité. Nous trouverons alors notre bonheur non dans une satisfaction illusoire mais, à chaque instant, dans l'action. Une fois en paix avec nous-mêmes, adoptons l'art de vivre que nous dictent la politesse et le respect d'autrui, sans nous laisser influencer par la rhétorique chère aux prêtres et aux poètes. Le bonheur est un devoir social qui se cultive grâce à un art de vivre bien entendu.

 

Les «propos» apparaissent comme des billets d'humeur où l'auteur exprime ses partis pris sur le ton de la conversation. D'une part, le «propos» se définit donc comme un essai libre de toute contention rhétorique, un fragment d'une «imprécision calculée» (Samuel de Sacy). D'autre part, il se veut le procès-verbal d'une réflexion consciente sur son être. Cette double caractéristique en fait le moyen privilégié de traduire une morale ou, plus précisément, un art de vivre. Il ne s'agit pas, pour Alain, d'imposer une norme mais de forger un instrument menant à la connaissance de soi. Dans les Propos sur le bonheur, Alain ramène toutes les angoisses à des troubles physiologiques. Qu'est-ce que le bonheur? Impossible à définir, jamais acquis, il vient d'une disposition de l'esprit, proche de la vertu antique, de la force d'âme virile. Comment forger cette aptitude au bonheur? Pour Alain, d'abord, il convient de se connaître soi-même, puis de cultiver, envers ses semblables, la politesse consistant à bannir des conversations tout motif d'inquiétude. Alain développe donc une philosophie de l'action: le bonheur est à conquérir, ici et maintenant. Quant à l'imagination, la folle du logis, elle fait extravaguer l'homme; elle l'incite à se projeter dans le passé ou l'avenir. De l'action conjuguée de la douleur physique et des délires imaginaires naît la métaphysique, qui se complaît dans la souffrance. Or l'inquiétude ne peut constituer qu'un aiguillon dans la chasse au bonheur. Puisant ses sources chez les stoïciens, Platon, Descartes et Spinoza, Alain incite l'homme à se détacher de ses passions et à les considérer comme extérieures au moi. Thèse évidemment peu compatible avec celles, contemporaines, du docteur Freud.

 

 

Voir en plein écran

Lire la suite...

Le Système des Beaux-arts d'Alain

Dans « Système des beaux-arts » (1920), d’Alain, les développements que renferme cet ouvrage tiennent bien la promesse du titre. Il s'agit d'une exposition systémayique de l'ensemble des productions esthétiques humaines. On peut penser que l'intention systématique esplicite trouve son inspiration chez Hegel, dont le livre d'Alain reprend d'une certaine façon le project: à ceci près que ce n'est pas ici une perspective historique qui structure ici la réflexion, mais une théorie de l' imagination. Celle-ci fait l'objet du livre premier. Les neuf livres suivants sont consacrés successivement à la danse et à la parure, à la poésie et à l' éloquence, à la musique, au théâtre, à l' architecture, à la sculpture, à la peinture, à la prose.

L' art surgit dès le moment où la pensée, libérée de toute nécessité, se reprend elle-même. La notion de "cérémonie" est ici centrale: l' art naît du besoins social de voir les passions maîtrisées. Hegel a donc raison de faire de l' art le lieu où les passions s'expriment, mais Alain ajoute que l' art est le seul moyen que l'homme a trouvé pour que ses passions s'expriment sans que l'ordre humain s'en trouve menacé. Car l'art leur fournit une règle: "l'expression composée". En ce sens, l' art est une discipline.

L' art est aussi une "imitation", parce que l'homme toujours imite. Telle est, en son essence, la danse, qui consiste en une imitation réciproque par les danseurs d'un mouvement identique. Que l' imitation soit au coeur de l' art, cela se prouve aussi par son rôle dans la création elle-même: les créateurs les plus originaux ne se sont trouvés que par l' imitation des maîtres.

L' art est aussi langage, à condition de ne pas croire que la beauté se trouve dans le contenu de l'idée exprimée, qui est toujours banal: le bon est dans l'oeuvre elle-même en tant qu'elle donne corps à l'idée.

Alain reprend également à Hegel l'idée que l' art exprime l'esprit de l'époque; peinture et sculpture égyptiennes signifient "l' immobile coutume" et la seule résolution de continuer", tandis que le profil grec exprime l' âme réconciliée".

Ce bref aperçu de l' esthétique alinienne ne peut en donner qu'une pâle idée. Il faut entrer dans le détail très riche des analyses, qui témoignent d'un rapport vivant aux oeuvres. Il faut aussi lire les "Vingt leçons sur les beaux-arts", ainsi que les écrits qu'Alain a consacrés à certains arts particuliers ("Entretiens chez le sculpteur" et aux écrivains (Balzac, Dickens, Stendhal).

 

 

Voir en plein écran

Lire la suite...

sourire,

Un sourire,

ciel ouvert,

bleu ou vert,

don d’un regard vertigineux,

de moi à vous,

ombre blonde, chaude ;

soleil sur les lèvres posé,

rayonnant, rose ou vert.

Mes yeux jusqu’aux vôtres s’étendent,

les entourent à l’instar de la mer,

insulaires ;

puis arrive cette soudaine pluie,

trop froide, trop chaude,

insupportable et délicieuse ;

désir par nous, trop retenu,

devenu fou !

Éclat de rire alors de nos corps dépossédés,

car désarmés ;

chant de peaux,

mêlé à l’arôme du café,

aux exhalaisons des roses insomniaques,

 juste pour nous.

Lire la suite...

Un effet exorbitant

 

Dépendant du souffle vital,

La machine charnelle s'use.

N'ont raison du terme fatal

Argent, prescience, ni ruse.

...

Quand l'énergie spirituelle

A cessé d'être alimentée,

Subsiste, invulnérable, celle

Qui avait pu s'en échapper.

...

Dans un poème, l'écriture,

Peut révéler de son auteur,

Le charme, l'esprit, la culture,

Des sentiments venus du coeur.

...

Quand se dégrade sa substance,

Jusqu'à devenir résidu,

Il n'est point réduit au silence,

Si ses vers se sont répandus.

...

Prêter sa voix au confident,

Permet de ranimer son âme.

Cet effet semble exorbitant,

D'un feu éteint, sort une flamme!

...

22 juillet 2012

Lire la suite...

Rouge est ce cœur sur la main,
Généreuse offrande enflammée
Venant d’une main bien aimée,
Tout recouvert de doux satin.

Offrande vermeille de timidité
Dans son écharpe raffinée,
Voile hématite au charme inné
Couvrant la gêne de l’invitée.

Un cœur qui bat tout doux tout bas
Pour un être aux sens subtils
Qui pour dire son émoi fébrile
Prend des coloris incarnats.

Rouge et noir ne s’épousent-ils point?
Je les ai vus dans ce bouquet
Si harmonieusement mariés :
Deux amoureux main dans la main !

Pour la joie de le recevoir,
Je n’oublierai cette intention
Si délicate qui, en un instant,
Convertit l’envie en devoir

Envers celui qui l’a donné.
Je me plie à ses volontés
Que je le veuille ou obligée
Parce qu’il sait si bien m’aimer.

KHADIJA , 03/9/2010 à 13h30

Lire la suite...
RSS
M'envoyer un mail lorsqu'il y a de nouveaux éléments –

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles