Si pour un instant Dieu oubliait que je suis une marionnette de chiffon et m’offrait un morceau de vie, je profiterais de ce temps du mieux que je pourrais.Sans doute je ne dirais pas tout ce que je pense, mais je penserais tout ce que je dirais.
Je donnerais du prix aux choses, non pour ce qu’elles valent, mais pour ce qu’elles représentent.
Je dormirais peu, je rêverais plus, sachant qu’en fermant les yeux, à chaque minute nous perdons 60 secondes de lumière.
Je marcherais quand les autres s’arrêteraient, je me réveillerais quand les autres dormiraient.
Si Dieu me faisait cadeau d’un morceau de vie, je m’habillerai simplement, je me coucherais à plat ventre au soleil, laissant à découvert pas seulement mon corps, mais aussi mon âme.
Aux hommes, je montrerais comment ils se trompent, quand ils pensent qu’ils cessent d’être amoureux parce qu’ils vieillissent, sans savoir qu’ils vieillissent quand ils cessent d’être amoureux !
A l’enfant je donnerais des ailes mais je le laisserais apprendre à voler tout seul.
Au vieillard je dirais que la mort ne vient pas avec la vieillesse mais seulement avec l’oubli.
J’ai appris tant de choses de vous les hommes… J’ai appris que tout le monde veut vivre en haut de la montagne, sans savoir que le vrai bonheur se trouve dans la manière d’y arriver.
J’ai appris que lorsqu’un nouveau né serre pour la première fois, le doigt de son père, avec son petit poing, il le tient pour toujours.
J’ai appris qu’un homme doit uniquement baisser le regard pour aider un de ses semblables à se relever.
J’ai appris tant de choses de vous, mais à la vérité cela ne me servira pas à grand chose, si cela devait rester en moi, c’est que malheureusement je serais en train de mourir.
Dis toujours ce que tu ressens et fais toujours ce que tu penses.
Si je savais que c’est peut être aujourd’hui la dernière fois que je te vois dormir, je t’embrasserais très fort et je prierais pour pouvoir être le gardien de ton âme.
Si je savais que ce sont les derniers moments où je te vois, je te dirais "je t’aime" sans stupidement penser que tu le sais déjà.
Il y a toujours un lendemain et la vie nous donne souvent une autre possibilité pour faire les choses bien, mais au cas où elle se tromperait et c’est si c’est tout ce qui nous reste, je voudrais te dire combien je t’aime, que jamais je ne t’oublierais.
Le lendemain n’est sûr pour personne, ni pour les jeunes ni pour les vieux.
C’est peut être aujourd’hui que tu vois pour la dernière fois ceux que tu aimes. Pour cela, n’attends pas, ne perds pas de temps, fais le aujourd’hui, car peut être demain ne viendra jamais, tu regretteras toujours de n’avoir pas pris le temps pour un sourire, une embrassade, un baiser parce que tu étais trop occupé pour accéder à un de leur dernier désir.
Garde ceux que tu aimes prés de toi, dis leur à l’oreille combien tu as besoin d’eux, aime les et traite les bien, prends le temps pour leur dire ‘je regrette’ ‘pardonne-moi’ ‘s’il te plait’ ‘merci’ et tous les mots d’amour que tu connais.
Personne ne se souviendra de toi pour tes pensées secrètes. Demande la force et la sagesse pour les exprimer.
Dis à tes amis et à ceux que tu aimes combien ils sont importants pour toi.
Envoie cette lettre à tous ceux que tu aimes, si tu ne le fais pas, demain sera comme aujourd’hui. Et si tu ne le fais pas cela n’a pas d’importance. Le moment sera passé.
Je vous dis au revoir avec beaucoup de tendresse".
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Editorial de Patrice Breno
Pourquoi écrire ?
« J’écris pour la même raison que je respire, parce que si je ne le faisais pas, je mourrais. » Isaac ASIMOV
Il faut des écrivains pour qu’il y ait des lecteurs, mais aussi des lecteurs pour qu’il y ait des livres édités…
Chacun de nous pense avoir des tas de choses à dire, des événements vécus ou rêvés qu’il pense être le seul à posséder. Soit il les garde pour lui, soit il tente par l’écriture de se confier : encore faut-il que ce qu’il écrit ait une réelle valeur littéraire ! Tout ne sera pas publié, même si l’intention, la volonté de dépasser le cadre intime est là !
L’écrivain retenu, qui a posé son texte et remis son opus à son éditeur, n’a plus qu’à attendre – en croisant les doigts – le retour du lecteur, qui lui, ne se leurre pas et peut se révéler sévère.
Une frustration : il pose des questions, établit un constat à travers son roman, son essai… et n’a pas toujours les retours escomptés. En souhaite-t-il vraiment ? L’écrivain doit sentir son lectorat, savoir ce qu’il peut dire, ce qu’il doit taire, savoir titiller son questionnement, son positionnement. Le lecteur accueille cette nourriture littéraire avec bonheur ou rejet, recherche derrière les mots, les lignes, où l’auteur veut en venir. Il peut rire, pleurer, s’irriter, passer par …
Lire la suite sur le site de Traversées
http://traversees.wordpress.com/2012/07/12/traversees-n65-printemps-2012/
Mon Alouette
O mon alouette des lointains champs
Façonne moi de ta voix sauvage,
De cet appel doux et si ardent
Et prend ma vie dans ton sillage
Dans ton immense et déserte plage
je germerai en toi en mille sons
je grandirai en toi en échelle de tons,
chavirant ,sur mille rivages,
En braises de vagues en rage ,
Attisées à jamais par la brise du temps
A. Mezzine
Tanger 12.7.2012
Eh oui, c’est raté ! Monde moribond, et déchiqueté, au bord du game over, de l’ultime auto désintégration. Regarde-toi en pleine figure. Sans aucun doute, tu ne t’y reconnais plus. Une vraie néo bête, mutante et stérile. Une drosophile, pure produit de je ne sais quel laboratoire de néo idéologie à moitié cybernétique, lorgnant au travers du bocal fumé, sa destinée incertaine et sans issue. C’est encore, une dure besogne que de trouver des termes adéquats et valables pour qualifier ce à quoi t’a rimé. Ça n’aura, sans nul doute, que des significations non moins barbares que mon nom de Meechlokh.
Ah bon sang ! Quel diable de tsunami serait capable de venir à bout de ce giga poubelle crasseuse, puante de crainte, de haine, de violence et de ce néo feeling biomécanique et homophage. Quelle onde de choc serait capable de retourner ces océans pour un ultime lessivage universel de cette méga pourriture sans cesse grandissante et tentaculaire.
Prenez l’échelle qui vous semble bonne et allez-y, titrez la teneur en pureté. C’est peut être plus rationnel et judicieux de quantifier la masse globale de toute cette merde , que de se livrer à la quête de ce qui n’existe plus qu’à l’état de traces, tel un fossile d’espèce dont l’extinction remonte à une lointaine date dans l’archéologie des âmes.
Rares sont les rescapés. La lignée des mutants résistants, traquée à travers cette jungle luisante de métal enduit de sérosités infecte et sordide.
Moi, Meechlokh le messager de la légion des rescapés au front line de cette apocalypse inéluctable.
Suite et fin, .. Hécatombe garantie !
Tanger
05.5.2012
Christian Boeswillwald, cet arpenteur d’étoiles…
Photo de S. Pailler
Christian Boeswillwald est Le créateur par excellence : Poète, Artiste Plasticien, Photographe, il a un talent quasi inné pour exprimer l’être dans sa quintessence et mettre en lumière le monde dans ce qu’il a de plus beau et de plus douloureux aussi.
Né en 1950 à Rouen, il est de cette génération qu’on a appelée « soixante-huitarde », a bourlingué sac à dos sur les routes népalaises, péruviennes, thaïlandaises et bien d’autres… Dès l’adolescence, la poésie s’est littéralement emparée de lui et fut une époque où il s’astreignait à écrire un sonnet par jour, où il rédigeait ses devoirs d’économie et de philosophie en alexandrins, où tout était prétexte à poème, à chanson…
Parallèlement, il s’essayait aux arts plastiques, à la peinture, menant de véritables expériences en s’immergeant dans sa baignoire avec encres et papier et réalisant ainsi de très belles réalisations picturales, proches du tachisme, pleines d’originalité… exposant le fruit de ses recherches en groupe à Strasbourg et ailleurs…
Puis le temps de la maturité est venu et avec lui celui de l’écriture solitaire, dans l’antre de sa chambre, où le verbe se révélait à lui comme une respiration intérieure… Ainsi a-t-il composé des milliers d’œuvres, classiques ou non, publié des recueils, conquis des prix et distinctions… dont dernièrement le Prix Michel Ange 2010 décerné par Le Cénacle Européen des Arts et Lettres pour « Juste une vie qui passe… », ouvrage de photos d’art et de poèmes.
Christian Boeswillwald est tout cela et bien plus encore… Allons par-delà les apparences… Qu’est-ce qu’un curriculum vitae face au talent génial d’un authentique artiste ? Christian Boeswillwald nous enchante l’âme au gré de ses poèmes ciselés, de ses photographies bouleversantes d’humanité, de ses dessins et peintures qui s’enracinent dans l’intime…
Ecrire, peindre, photographier en un mot créer est son seul devenir… Poète jusqu’au bout des doigts, il n’en est pas moins homme parmi les hommes et sait ce que le monde porte de misère, d’horreur, ainsi en témoigne-t-il avec ses maux d’encre, ses instantanés de vie…
Christian Boeswillwald a la faculté de pouvoir s’extraire de la cacophonie des jours pour flâner au pays des voyelles et des couleurs… et nous offrir une vision tout à la fois destinale et revisitée de l’humain.
Dans la terre du chemin, dans l’humus de la forêt, dans la vague océane, il décèle l’indicible et nous en rend compte avec cette délicatesse, cet éblouissement qui le caractérisent… car Christian Boeswillwald est cet enfant vieillissant, qui crinière au vent, regarde les étoiles et se souvient que la mémoire des hommes n’est rien face à l’Univers…
Malgré tout, l’envie de laisser une trace est là et bien là, une empreinte apposée en marge de la folie des hommes pour dire que le beau et l’émouvant existent bel et bien ici-bas… N’est-ce pas le propre de toute création ?…
Christian Boeswillwald sait que du bric à brac d’une vie, seuls quelques fragments de Vérité subsistent au dernier soir… donnant à l’âme, qui sait, cette ultime paix tant espérée…
Avec le trio « Les maux de Coco », Christian Boeswillwald retrouve ses premières amours, celles de la scène, du théâtre… En compagnie de son fils Yacha, aux percussions et de Fred Depret aux instruments à corde et à l’harmonica, il défriche pour nous des terres-poésie où la parole musique le temps, berce les chagrins, redessine les contours de l’être jusque dans son âpreté… Christian Boeswillwald se joue des maux et de l’espace, interprète le poème, la voix pour seul étendard…
S’il s’investit entièrement avec la passion qui est la sienne pour toute forme artistique, il n’en préserve pas moins une distanciation qui lui permet de revendiquer son appartenance à cette foule humaine qu’il vitupère parfois dans ses textes, car le poète a pleinement conscience de l’improbable de toute existence… Il suffirait de si peu pour que tout vole en éclats… C’est donc avec pertinence, sens de la nuance, qu’il observe et s’implique dans cette Humanité aux oripeaux froissés...
Faisant preuve de candeur et de lucidité mêlées, Christian Boeswillwald, sculpte l’espace scénique et nous raconte notre histoire d’hommes et de femmes à travers le kaléidoscope de nos songes et de nos légendes d’êtres… tentant de nous éveiller à nous-mêmes par le Mot.
Christian Boeswillwald est cet arpenteur d’étoiles qui nous murmure à l’oreille que la Vie peut être belle…
Magique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
Docteur en Histoire de l’Art,
Agent d'art, critique, poète.
La douleur muette d’un corps en souffrances,
Murmure dans les yeux l’intensité du mal,
Qui ronge et le détruit, peine l’endurance,
Mais se tait dans les mots d’un état fantomal.
Murmure dans les yeux l’intensité du mal,
Quotidiens ignorés qui éveillent les nuits,
De sueurs cauchemars, calvaire au maximal,
Inondant les chairs quand sonnent les minuits.
Quotidiens ignorés qui éveillent les nuits,
Le silence se tait pour ne pas accabler,
Le rire des autres goûtant aux joies des fruits,
Cédés par la vie le temps de les dribbler*.
Le silence se tait pour ne pas accabler,
Les autres supplices blottis dans les chambres,
Réfugiés dans l’espoir de saluts à combler,
Pour un autre destin passé l’antichambre
………………….du trépas.
Les autres supplices blottis dans les chambres,
Répondant à l’écho de douleurs secrètes,
Massées dans l’esprit se lovant dans les membres,
Amaigris par l’enfer d’épreuves discrètes.
Répondant à l’écho de douleurs secrètes,
L’ambulance hurle la mort qu’elle éloigne.
Les hivers défilent dans le cœur qui s’arrête,
Fatigué de glisser sur les mâts de Cocagne .
Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.
La douleur muette d’un corps en souffrances, Murmure dans les yeux l’intensité du mal, Quotidiens ignorés qui éveillent les nuits.
Le silence se tait pour ne pas accabler, Les autres supplices blottis dans les chambres.
Répondant à l’écho de douleurs secrètes, L’ambulance hurle la mort qu’elle éloigne.
*DRIBBLER : De l'anglais dribble (« couler goutte à goutte ») et terme de football.
Ce "programme" apparaît clairement dans l'oeuvre de Hugo: "William Shakespeare".
Il s'agit d'un manifeste de Victor Hugo publié simultanément à Bruxelles chez Lacroix, Verboeckhoven et Cie et à Paris à la Librairie internationale en 1864.
Livre insolite, considéré par son auteur comme faisant partie intégrante de sa «philosophie» (OEuvres, 1882), cet ouvrage amplifie considérablement ce qui aurait dû initialement être une préface à la traduction des oeuvres deShakespeare par François-Victor Hugo, le fils du poète (réduite à quelques pages, elle paraîtra en 1865). «Manifeste littéraire du XIXe siècle» destiné à «continuer l'ébranlement philosophique et social causé par les Misérables», William Shakespeare mêle poétique et politique, et développe la théorie hugolienne du génie.
Première partie. Après une évocation de la vie de Shakespeare, cet «homme océan» (livre 1), Hugo énumère les «Égaux», génies scandant l'histoire de l'humanité: Homère, Job, Eschyle, Isaïe, Ézéchiel, Lucrèce, Juvénal, Tacite, saint Jean, saint Paul, Dante, Rabelais, Cervantès, Shakespeare (2), puis compare l'art, éternel et non perfectible, et la science, «asymptote de la vérité». On peut donc égaler les génies, en «étant autre» (3). Hugo traite ensuite de «Shakespeare l'ancien», c'est-à-dire Eschyle, «l'aïeul du théâtre» (4), pour méditer ensuite sur la «production des âmes», ce «secret de l'abîme» (5).
Deuxième partie. Après la définition du «génie» de Shakespeare (livre 1) et l'examen des points culminants de son «oeuvre» (2), Hugo expose au nom d'une vraie critique admirative opposée à celle des censeurs pointilleux, la mission du poète: mettre la canaille, «commencement douloureux du peuple», «à l'école de l'honnête» (3-4). Il s'agit de construire le peuple dans le progrès et par la lumière, le beau étant serviteur du vrai, et de «montrer aux hommes l'idéal, ce miroir où est la face de Dieu» (5-6).
Troisième partie. «Conclusion». Après avoir situé Shakespeare comme gloire de l'Angleterre (livre 1), Hugo embrasse le XIXe siècle, «fils d'une idée», la révolution. Le génie moderne n'a pas de modèle, il joint le beau à l'utile et guide l'humanité en la libérant. «L'épopée suprême s'accomplit», sublime spectacle, «le prophète anéantissant le héros, le balayage de la force par l'idée» (2-3).
Immense rêverie, ce livre inclassable entend fonder «le droit de la Révolution française à être représentée dans l'art». Affirmant de nouveau l'unité moderne du «triple mouvement littéraire, philosophique et social», Hugo complète les Misérables, défendus et illustrés par cette réflexion sur la nature du génie poétique. Rejetant les critiques adressées à Shakespeare, étrangement semblables à celles décochées contre le grand roman écrit pour le peuple, Hugo établit la nécessaire appartenance du génie au peuple, dont il est à la fois le fils et le père, comme le XIXe siècle est fils et père de lui-même.
L'art n'a pas d'histoire: perpétuelle réitération et complet renouvellement, domaine des «Égaux», il s'avère pure discontinuité de génie en génie, d'abîme en abîme. Le génie se génère, mais ne se dépasse pas, et prouve la «puissance continuante de Dieu». Le progrès postrévolutionnaire réside dès lors en une pénétration de l'idéal, «type immobile du progrès marchant», et une construction du peuple par le travail du poète, ce phare, cette avant-garde de l'humanité. La litanie des génies de l'Histoire vaut alors comme série emblématique.
Suivant apparemment un ordre chronologique et géographique, sont cités génies antiques et modernes, «sol sacré de l'Asie» et Europe. Mais un prophète hébreu répond chaque fois à Homère et Eschyle, les Romains représentent autant de faces du talent hugolien, du voyant Lucrèce au satirique Juvénal en passant par Tacite l'«historien punissant», les Apôtres renouent avec la tradition hébraïque; Dante, repris par Rabelais et Cervantès, et Shakespeare sont frères, mêlant drame et roman, genre moderne par excellence. Poètes de la démesure, ils ouvrent sur le génie hugolien.
«Moi», «moi et la Révolution»: voilà le sujet principal du livre. Non pas délire mégalomane ni orgueil incommensurable, mais conscience d'être l'homme-siècle. Ce moi définit superbement la cléricature des écrivains, établit la nécessité d'une mission inscrite dans l'Histoire, à la fois réelle et prophétique. Préfigurant une nouvelle harmonie, concrétisant de nouvelles relations sociétaires entre les hommes, proclamant la nouvelle Alliance, il fonde une nouvelle religion, celle du progrès. Événement créateur de la modernité, la Révolution, ce «nom de la civilisation», crée la rupture fondamentale. L'individu génial, homologue du siècle, le contient, tel un microcosme spirituel. Sommet de l'Histoire, le XIXe siècle impose à l'écrivain de devenir pleinement un révolutionnaire. Irruption d'une évidence, éruption du sens: l'écrivain quitte les ténèbres de l'erreur et, à la lumière de la vérité, doit tout recréer, imitant Dieu. Ouvrier du progrès, dévoué à son sacerdoce, il transcrit l'infini dans une littérature authentiquement démocratique, et fait «respirer le genre humain». Son messianisme adjure le siècle de se réaliser et sa parole le constitue en sujet de sa propre histoire. La somme des livres et des discours totalise le XIXe siècle, littéraire par essence, qui s'écrit lui-même par le truchement d'un médium. La poésie devient véritable poiesis: écrire le siècle, c'est le faire.
Transparence de Dieu, le XIXe siècle fait donc du poète un prêtre, «serviteur de Dieu dans le progrès et apôtre de Dieu dans le peuple». La révolution apparaît alors comme l'un des avatars de la Providence et la parole poétique, parole divine. L'«être universel» s'incarne dans le poète. L'écriture ne peut être qu'écriture sainte, Verbe, souffle de l'Esprit. Homme et Dieu à la fois, le poète accomplit un trajet christique. Le XIXe siècle se définit ultimement comme siècle des vraies Lumières, épopée suprême où chacun sera mis à sa juste place. Le temps historique enfin assumé deviendra lisible comme un texte: «La civilisation a des phrases. Ces phrases sont les siècles», et toutes ces phrases, exprimant l'idée divine, «écrivent hautement le mot Fraternité». Le XIXe siècle inscrit la fin de l'Histoire et abolit l'altérité maléfique. Siècle de la finalité, il met fin aux siècles. Adviendra le temps de Dieu et des hommes.
L'ouvrage reçut les injures de la critique, qui n'y voulut voir que galimatias et amphigouri. Somme philosophique hugolienne, proclamation la plus décisive d'une différence de l'écrivain moderne, vision de l'Histoire, William Shakespeare formule la conception la plus élaborée du romantisme prophétique. Prose d'idées où se filent les métaphores, se combinent les anaphores et alternent les formes du récit, de l'essai ou du discours, il offre l'une des plus grandioses productions du génie hugolien.
Il est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close.
Le logis est plein d'ombre et l'on sent quelque chose
Qui rayonne à travers ce crépuscule obscur.
Des filets de pêcheur sont accrochés au mur.
Au fond, dans l'encoignure où quelque humble vaisselle
Aux planches d'un bahut vaguement étincelle,
On distingue un grand lit aux longs rideaux tombants.
Tout près, un matelas s'étend sur de vieux bancs,
Et cinq petits enfants, nid d'âmes, y sommeillent
La haute cheminée où quelques flammes veillent
Rougit le plafond sombre, et, le front sur le lit,
Une femme à genoux prie, et songe, et pâlit.
C'est la mère. Elle est seule. Et dehors, blanc d'écume,
Au ciel, aux vents, aux rocs, à la nuit, à la brume,
Le sinistre océan jette son noir sanglot.
II
L'homme est en mer. Depuis l'enfance matelot,
Il livre au hasard sombre une rude bataille.
Pluie ou bourrasque, il faut qu'il sorte, il faut qu'il aille,
Car les petits enfants ont faim. Il part le soir
Quand l'eau profonde monte aux marches du musoir.
Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
La femme est au logis, cousant les vieilles toiles,
Remmaillant les filets, préparant l'hameçon,
Surveillant l'âtre où bout la soupe de poisson,
Puis priant Dieu sitôt que les cinq enfants dorment.
Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment,
l s'en va dans l'abîme et s'en va dans la nuit.
Dur labeur ! tout est noir, tout est froid ; rien ne luit.
Dans les brisants, parmi les lames en démence,
L'endroit bon à la pêche, et, sur la mer immense,
Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant,
Où se plaît le poisson aux nageoires d'argent,
Ce n'est qu'un point ; c'est grand deux fois comme la chambre.
Or, la nuit, dans l'ondée et la brume, en décembre,
Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant,
Comme il faut calculer la marée et le vent !
Comme il faut combiner sûrement les manoeuvres !
Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres ;
Le gouffre roule et tord ses plis démesurés,
Et fait râler d'horreur les agrès effarés.
Lui, songe à sa Jeannie au sein des mers glacées,
Et Jeannie en pleurant l'appelle ; et leurs pensées
Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du coeur.
III
Elle prie, et la mauve au cri rauque et moqueur
L'importune, et, parmi les écueils en décombres,
L'océan l'épouvante, et toutes sortes d'ombres
Passent dans son esprit : la mer, les matelots
Emportés à travers la colère des flots ;
Et dans sa gaine, ainsi que le sang dans l'artère,
La froide horloge bat, jetant dans le mystère,
Goutte à goutte, le temps, saisons, printemps, hivers ;
Et chaque battement, dans l'énorme univers,
Ouvre aux âmes, essaims d'autours et de colombes,
D'un côté les berceaux et de l'autre les tombes.
Elle songe, elle rêve. - Et tant de pauvreté !
Ses petits vont pieds nus l'hiver comme l'été.
Pas de pain de froment. On mange du pain d'orge.
- Ô Dieu ! le vent rugit comme un soufflet de forge,
La côte fait le bruit d'une enclume, on croit voir
Les constellations fuir dans l'ouragan noir
Comme les tourbillons d'étincelles de l'âtre.
C'est l'heure où, gai danseur, minuit rit et folâtre
Sous le loup de satin qu'illuminent ses yeux,
Et c'est l'heure où minuit, brigand mystérieux,
Voilé d'ombre et de pluie et le front dans la bise,
Prend un pauvre marin frissonnant, et le brise
Aux rochers monstrueux apparus brusquement.
Horreur ! l'homme, dont l'onde éteint le hurlement,
Sent fondre et s'enfoncer le bâtiment qui plonge ;
Il sent s'ouvrir sous lui l'ombre et l'abîme, et songe
Au vieil anneau de fer du quai plein de soleil !
Ces mornes visions troublent son coeur, pareil
A la nuit. Elle tremble et pleure.
IV
Ô pauvres femmes
De pêcheurs ! c'est affreux de se dire : - Mes âmes,
Père, amant, frère, fils, tout ce que j'ai de cher,
C'est là, dans ce chaos ! mon coeur, mon sang, ma chair ! -
Ciel ! être en proie aux flots, c'est être en proie aux bêtes.
Oh ! songer que l'eau joue avec toutes ces têtes,
Depuis le mousse enfant jusqu'au mari patron,
Et que le vent hagard, soufflant dans son clairon,
Dénoue au-dessus d'eux sa longue et folle tresse,
Et que peut-être ils sont à cette heure en détresse,
Et qu'on ne sait jamais au juste ce qu'ils font,
Et que, pour tenir tête à cette mer sans fond,
A tous ces gouffres d'ombre où ne luit nulle étoile,
Es n'ont qu'un bout de planche avec un bout de toile !
Souci lugubre ! on court à travers les galets,
Le flot monte, on lui parle, on crie : Oh ! rends-nous-les !
Mais, hélas ! que veut-on que dise à la pensée
Toujours sombre, la mer toujours bouleversée !
Jeannie est bien plus triste encor. Son homme est seul !
Seul dans cette âpre nuit ! seul sous ce noir linceul !
Pas d'aide. Ses enfants sont trop petits. - Ô mère !
Tu dis : "S'ils étaient grands ! - leur père est seul !" Chimère !
Plus tard, quand ils seront près du père et partis,
Tu diras en pleurant : "Oh! s'ils étaient petits !"
V
Elle prend sa lanterne et sa cape. - C'est l'heure
D'aller voir s'il revient, si la mer est meilleure,
S'il fait jour, si la flamme est au mât du signal.
Allons ! - Et la voilà qui part. L'air matinal
Ne souffle pas encor. Rien. Pas de ligne blanche
Dans l'espace où le flot des ténèbres s'épanche.
Il pleut. Rien n'est plus noir que la pluie au matin ;
On dirait que le jour tremble et doute, incertain,
Et qu'ainsi que l'enfant, l'aube pleure de naître.
Elle va. L'on ne voit luire aucune fenêtre.
Tout à coup, a ses yeux qui cherchent le chemin,
Avec je ne sais quoi de lugubre et d'humain
Une sombre masure apparaît, décrépite ;
Ni lumière, ni feu ; la porte au vent palpite ;
Sur les murs vermoulus branle un toit hasardeux ;
La bise sur ce toit tord des chaumes hideux,
Jaunes, sales, pareils aux grosses eaux d'un fleuve.
"Tiens ! je ne pensais plus à cette pauvre veuve,
Dit-elle ; mon mari, l'autre jour, la trouva
Malade et seule ; il faut voit comment elle va."
Elle frappe à la porte, elle écoute ; personne
Ne répond. Et Jeannie au vent de mer frissonne.
"Malade ! Et ses enfants ! comme c'est mal nourri !
Elle n'en a que deux, mais elle est sans mari."
Puis, elle frappe encore. "Hé ! voisine !" Elle appelle.
Et la maison se tait toujours. "Ah ! Dieu ! dit-elle,
Comme elle dort, qu'il faut l'appeler si longtemps!"
La porte, cette fois, comme si, par instants,
Les objets étaient pris d'une pitié suprême,
Morne, tourna dans l'ombre et s'ouvrit d'elle-même.
VI
Elle entra. Sa lanterne éclaira le dedans
Du noir logis muet au bord des flots grondants.
L'eau tombait du plafond comme des trous d'un crible.
Au fond était couchée une forme terrible ;
Une femme immobile et renversée, ayant
Les pieds nus, le regard obscur, l'air effrayant ;
Un cadavre ; - autrefois, mère joyeuse et forte ; -
Le spectre échevelé de la misère morte ;
Ce qui reste du pauvre après un long combat.
Elle laissait, parmi la paille du grabat,
Son bras livide et froid et sa main déjà verte
Pendre, et l'horreur sortait de cette bouche ouverte
D'où l'âme en s'enfuyant, sinistre, avait jeté
Ce grand cri de la mort qu'entend l'éternité !
Près du lit où gisait la mère de famille,
Deux tout petits enfants, le garçon et la fille,
Dans le même berceau souriaient endormis.
La mère, se sentant mourir, leur avait mis
Sa mante sur les pieds et sur le corps sa robe,
Afin que, dans cette ombre où la mort nous dérobe,
Ils ne sentissent pas la tiédeur qui décroît,
Et pour qu'ils eussent chaud pendant qu'elle aurait froid.
VII
Comme ils dorment tous deux dans le berceau qui tremble !
Leur haleine est paisible et leur front calme. Il semble
Que rien n'éveillerait ces orphelins dormant,
Pas même le clairon du dernier jugement ;
Car, étant innocents, ils n'ont pas peur du juge.
Et la pluie au dehors gronde comme un déluge.
Du vieux toit crevassé, d'où la rafale sort,
Une goutte parfois tombe sur ce front mort,
Glisse sur cette joue et devient une larme.
La vague sonne ainsi qu'une cloche d'alarme.
La morte écoute l'ombre avec stupidité.
Car le corps, quand l'esprit radieux l'a quitté,
A l'air de chercher l'âme et de rappeler l'ange ;
Il semble qu'on entend ce dialogue étrange
Entre la bouche pâle et l'oeil triste et hagard :
- Qu'as-tu fait de ton souffle ? - Et toi, de ton regard ?
Hélas! aimez, vivez, cueillez les primevères,
Dansez, riez, brûlez vos coeurs, videz vos verres.
Comme au sombre océan arrive tout ruisseau,
Le sort donne pour but au festin, au berceau,
Aux mères adorant l'enfance épanouie,
Aux baisers de la chair dont l'âme est éblouie,
Aux chansons, au sourire, à l'amour frais et beau,
Le refroidissement lugubre du tombeau !
VIII
Qu'est-ce donc que Jeannie a fait chez cette morte ?
Sous sa cape aux longs plis qu'est-ce donc qu'elle emporte ?
Qu'est-ce donc que Jeannie emporte en s'en allant ?
Pourquoi son coeur bat-il ? Pourquoi son pas tremblant
Se hâte-t-il ainsi ? D'où vient qu'en la ruelle
Elle court, sans oser regarder derrière elle ?
Qu'est-ce donc qu'elle cache avec un air troublé
Dans l'ombre, sur son lit ? Qu'a-t-elle donc volé ?
IX
Quand elle fut rentrée au logis, la falaise
Blanchissait; près du lit elle prit une chaise
Et s'assit toute pâle ; on eût dit qu'elle avait
Un remords, et son front tomba sur le chevet,
Et, par instants, à mots entrecoupés, sa bouche
Parlait pendant qu'au loin grondait la mer farouche.
"Mon pauvre homme ! ah ! mon Dieu ! que va-t-il dire ? Il a
Déjà tant de souci ! Qu'est-ce que j'ai fait là ?
Cinq enfants sur les bras ! ce père qui travaille !
Il n'avait pas assez de peine ; il faut que j'aille
Lui donner celle-là de plus. - C'est lui ? - Non. Rien.
- J'ai mal fait. - S'il me bat, je dirai : Tu fais bien.
- Est-ce lui ? - Non. - Tant mieux. - La porte bouge comme
Si l'on entrait. - Mais non. - Voilà-t-il pas, pauvre homme,
Que j'ai peur de le voir rentrer, moi, maintenant !"
Puis elle demeura pensive et frissonnant,
S'enfonçant par degrés dans son angoisse intime,
Perdue en son souci comme dans un abîme,
N'entendant même plus les bruits extérieurs,
Les cormorans qui vont comme de noirs crieurs,
Et l'onde et la marée et le vent en colère.
La porte tout à coup s'ouvrit, bruyante et claire,
Et fit dans la cabane entrer un rayon blanc ;
Et le pêcheur, traînant son filet ruisselant,
Joyeux, parut au seuil, et dit : C'est la marine !
X
"C'est toi !" cria Jeannie, et, contre sa poitrine,
Elle prit son mari comme on prend un amant,
Et lui baisa sa veste avec emportement
Tandis que le marin disait : "Me voici, femme !"
Et montrait sur son front qu'éclairait l'âtre en flamme
Son coeur bon et content que Jeannie éclairait,
"Je suis volé, dit-il ; la mer c'est la forêt.
- Quel temps a-t-il fait ? - Dur. - Et la pêche ? - Mauvaise.
Mais, vois-tu, je t 1 embrasse, et me voilà bien aise.
Je n'ai rien pris du tout. J'ai troué mon filet.
Le diable était caché dans le vent qui soufflait.
Quelle nuit ! Un moment, dans tout ce tintamarre,
J'ai cru que le bateau se couchait, et l'amarre
A cassé. Qu'as-tu fait, toi, pendant ce temps-là ?"
Jeannie eut un frisson dans l'ombre et se troubla.
"Moi ? dit-elle. Ah ! mon Dieu ! rien, comme à l'ordinaire,
J'ai cousu. J'écoutais la mer comme un tonnerre,
J'avais peur. - Oui, l'hiver est dur, mais c'est égal."
Alors, tremblante ainsi que ceux qui font le mal,
Elle dit : "A propos, notre voisine est morte.
C'est hier qu'elle a dû mourir, enfin, n'importe,
Dans la soirée, après que vous fûtes partis.
Elle laisse ses deux enfants, qui sont petits.
L'un s'appelle Guillaume et l'autre Madeleine ;
L'un qui ne marche pas, l'autre qui parle à peine.
La pauvre bonne femme était dans le besoin."
L'homme prit un air grave, et, jetant dans un coin
Son bonnet de forçat mouillé par la tempête :
"Diable ! diable ! dit-il, en se grattant la tête,
Nous avions cinq enfants, cela va faire sept.
Déjà, dans la saison mauvaise, on se passait
De souper quelquefois. Comment allons-nous faire ?
Bah ! tant pis ! ce n'est pas ma faute, C'est l'affaire
Du bon Dieu. Ce sont là des accidents profonds.
Pourquoi donc a-t-il pris leur mère à ces chiffons ?
C'est gros comme le poing. Ces choses-là sont rudes.
Il faut pour les comprendre avoir fait ses études.
Si petits ! on ne peut leur dire : Travaillez.
Femme, va les chercher. S'ils se sont réveillés,
Ils doivent avoir peur tout seuls avec la morte.
C'est la mère, vois-tu, qui frappe à notre porte ;
Ouvrons aux deux enfants. Nous les mêlerons tous,
Cela nous grimpera le soir sur les genoux.
Ils vivront, ils seront frère et soeur des cinq autres.
Quand il verra qu'il faut nourrir avec les nôtres
Cette petite fille et ce petit garçon,
Le bon Dieu nous fera prendre plus de poisson.
Moi, je boirai de l'eau, je ferai double tâche,
C'est dit. Va les chercher. Mais qu'as-tu ? Ça te fâche ?
D'ordinaire, tu cours plus vite que cela.
- Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, lès voilà!"
Si tout semble si difficile que le moindre effort te semble être une montagne
Il faut garder espoir , garder l'espérance de vivre autre chose de mieux
Si ton coeur souffre pour tes êtres tant aimés, prend du recul pour ne pas te perdre toi même.
L'important est de t'aimer et de te consoler durant ces périodes où les larmes pleuvent.
Je sais ta tristesse , ton désaroi, oubli les donc quelques instant , ensuite un peu plus longtemps
l'univers est avec toi, à tes cotés, regarde l'aide des autres, même si ta solitude est belle et bien là
Ouvre ton regard à cet autre qui te tends la main , qui t'envoi son amour afin d'apaiser ta souffrance.
Pourquoi être malade , pourquoi, peut être est ce un moyen de se libérer du passé peu à peu
pourquoi ces enfants aux grand coeurs qui ont un handicap mental ou physique , pourquoi..
Peut être sont ils içi pour nous apprendre ce qu'est la compassion et l'amour qu'ils nous portent
Ils ont tant besoin d'être entouré et pour la plupart de ces enfants heureux de vivre ...
Si seulement tu pouvais garder cette force comme un cadeau qui t'es offert
tu y arriveras car tu peux te réaliser , trouver ta place parmis les autres ,
ëtre toi , bien dans ton corps et en accord avec ton âme si belle et si grande.
Alors ne laisse pas ta vie pleurer , laisse là avancer à son rythme
il sera un temps où les portes de la joie s'ouvriront à toi
la souffrance ne peut être continuelle mais bien un passage pour évoluer.
« Agrippe-toi et résiste. Tire sur la bête » je lui avais demandé. « Elle est à mille tentacules, ta bête, Adam. » WL avait raison. De son site TXW7X, ancienne Albaicine, Grenade ressemble à un quartier général de buisness macaques aux yeux en trait de la lignée des Ming, mouvant en cadence régulière pseudo robotique.
Carnet de notes
Attendez, que je vous dise en deux mots,
Qui je suis, ce que je fais.
Et comment je vis. vous voulez bien?
Qui je suis ? Je suis un poète.
Ce que je fais ? J'écris.
Et comment je vis ? Je Vis.
Dans mon heureuse pauvreté,
je prodigue en grand seigneur
les rimes et les chants d'amour.
Grâce aux rêves et aux chimères,
et aux châteaux bâtis en l'air,
j'ai l'âme d'un millionnaire.
Le pays est brisé, montagnes et fleuves pourtant demeurent
La capitale au printemps, herbes et arbres s'épanouissent
Serait-elles émues par les temps ? des fleurs tombent des larmes
Seraient-ils peinés par la séparation ? Les oiseaux ont le coeur qui sursaute
Les feux de la guerre depuis trois mois ne s'interrompent
Une lettre de la famille vaut dix mille onces d'or
Je gratte ma tête blanche, cheveux de plus en plus rares
Impossible désormais de les épingler
Poème tiré de l'album : TU FU Dieux et diables pleurent, Ed Moundarren.
Dessin han 8e siècle
À Rébecca Terniac
Une pensée me sollicite,
Inspirée par une saison,
Ou par une vague raison,
Ma mémoire, aussitôt, récite.
...
Inspirée par une saison,
Qui enchante mais passe vite,
Ma mémoire aussitôt récite.
Je célèbre sa floraison.
...
Qui enchante mais passe vite,
La grâce, au sein de ma maison!
Je célèbre sa floraison,
En m'adonnant au même rite.
...
La grâce, au sein de ma maison,
Ne s'attend ni ne se mérite.
En m'adonnant au même rite,
Je capte des vers à foison.
...
10 juillet 2012
Superbe petit livre numérique qui décrit les liens qui unissaient
Pablo Picasso et les mots, les siens, ceux des autres.
PABLO PICASSO, LE MOT, LE TEXTE ET LE LIVRE ILLUSTRE, par Bernadette Caille
André,
mon voisin, mon ami
toi qui t'est occupé de ma maison quand il le fallait
tu n'est plus......
la mort n'est rien
La mort n'est rien,
je suis seulement passé, dans la pièce à côté.
Je suis moi. Vous êtes vous.
Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné,
parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.
N'employez pas un ton différent,
ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez,
pensez à moi,
priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison
comme il l'a toujours été,
sans emphase d'aucune sorte,
sans une trace d'ombre.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours été.
Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées,
simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.
Jérusalem d'or ("Yeroushalayim chel zahav")
L'air des montagnes est pur comme vin
Et l'odeur des pins
Est portée par le vent du soir
Avec le son des cloches.
Et quand sommeillent l'arbre et la pierre
Enfouie dans son rêve,
S'abime la ville solitaire
Un mur dans le coeur.
[Refrain]
Jérusalem d'or, de bronze et de lumière,
Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon?
Jérusalem d'or, de bronze et de lumière,
Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon?
Comme ils sont à sec les puits!
La place du marché est vide.
Et nul oeil ne guette le Mont du Temple
Dans la vieille ville.
Et dans les grottes des rochers
Hurlent les vents
Et nul ne descend vers la Mer morte
Par la route de Jéricho.
[Refrain]
Mais venue aujourd'hui chanter pour toi
Et te tresser des louanges
Je ne suis pas à la hauteur du moindre de tes enfants
ni du dernier des poètes.
Car ton nom brûle les lèvres
Comme le baiser d'un séraphin
Si je t'oublie, Jérusalem...
Toi qui es toute d'or.
[Refrain]
Nous sommes revenus aux puits des eaux,
au marché et sur la place.
Un shofar appelle sur le Mont du Temple
dans la vieille ville.
Et dans les grottes des rochers
Des milliers de soleil rayonnent
Nous reviendrons et descendrons vers la Mer morte
Par la route de Jéricho.
[Refrain]
· https://www.youtube.com/watch?v=72QC8EGnxTw&feature=fvwrel
Yerushalayim Shel Zahav - Ofra Haza (Live) avec sous titres en anglais : Traduction complète
Une version hébreu par yerushalayim shel zahav,
Naomi Shemer pour la beauté de la voix : une voix d’or pour la ville d’or
Sur Images tragiques d’enfants parmi les autres
Par Hélène Ségara avec traduction et partie en français et partie en hébreu
La célèbre chanson phare : « Jérusalem, ville d’or » chantée toute en hébreu assez joliment
De belles images et traduction française
- https://www.youtube.com/watch?v=OtB-7P1kJJA
Par les Compagnons de la chanson en français
Que savons-nous ? qui donc connaît le fond des choses ?
Le couchant rayonnait dans les nuages roses ;
C'était la fin d'un jour d'orage, et l'occident
Changeait l'ondée en flamme en son brasier ardent ;
Près d'une ornière, au bord d'une flaque de pluie,
Un crapaud regardait le ciel, bête éblouie ;
Grave, il songeait ; l'horreur contemplait la splendeur.
(Oh ! pourquoi la souffrance et pourquoi la laideur ?
Hélas ! le bas-empire est couvert d'Augustules,
Les Césars de forfaits, les crapauds de pustules,
Comme le pré de fleurs et le ciel de soleils !)
Les feuilles s'empourpraient dans les arbres vermeils ;
L'eau miroitait, mêlée à l'herbe, dans l'ornière ;
Le soir se déployait ainsi qu'une bannière ;
L'oiseau baissait la voix dans le jour affaibli ;
Tout s'apaisait, dans l'air, sur l'onde ; et, plein d'oubli,
Le crapaud, sans effroi, sans honte, sans colère,
Doux, regardait la grande auréole solaire ;
Peut-être le maudit se sentait-il béni,
Pas de bête qui n'ait un reflet d'infini ;
Pas de prunelle abjecte et vile que ne touche
L'éclair d'en haut, parfois tendre et parfois farouche ;
Pas de monstre chétif, louche, impur, chassieux,
Qui n'ait l'immensité des astres dans les yeux.
Un homme qui passait vit la hideuse bête,
Et, frémissant, lui mit son talon sur la tête ;
C'était un prêtre ayant un livre qu'il lisait ;
Puis une femme, avec une fleur au corset,
Vint et lui creva l'œil du bout de son ombrelle ;
Et le prêtre était vieux, et la femme était belle.
Vinrent quatre écoliers, sereins comme le ciel.
– J'étais enfant, j'étais petit, j'étais cruel ; –
Tout homme sur la terre, où l'âme erre asservie,
Peut commencer ainsi le récit de sa vie.
On a le jeu, l'ivresse et l'aube dans les yeux,
On a sa mère, on est des écoliers joyeux,
De petits hommes gais, respirant l'atmosphère
À pleins poumons, aimés, libres, contents ; que faire
Sinon de torturer quelque être malheureux ?
Le crapaud se traînait au fond du chemin creux.
C'était l'heure où des champs les profondeurs s'azurent ;
Fauve, il cherchait la nuit ; les enfants l'aperçurent
Et crièrent : « Tuons ce vilain animal,
Et, puisqu'il est si laid, faisons-lui bien du mal ! »
Et chacun d'eux, riant, – l'enfant rit quand il tue, –
Se mit à le piquer d'une branche pointue,
Élargissant le trou de l'œil crevé, blessant
Les blessures, ravis, applaudis du passant ;
Car les passants riaient ; et l'ombre sépulcrale
Couvrait ce noir martyr qui n'a pas même un râle,
Et le sang, sang affreux, de toutes parts coulait
Sur ce pauvre être ayant pour crime d'être laid ;
Il fuyait ; il avait une patte arrachée ;
Un enfant le frappait d'une pelle ébréchée ;
Et chaque coup faisait écumer ce proscrit
Qui, même quand le jour sur sa tête sourit,
Même sous le grand ciel, rampe au fond d'une cave ;
Et les enfants disaient : « Est-il méchant ! il bave ! »
Son front saignait ; son œil pendait ; dans le genêt
Et la ronce, effroyable à voir, il cheminait ;
On eût dit qu'il sortait de quelque affreuse serre ;
Oh ! la sombre action, empirer la misère !
Ajouter de l'horreur à la difformité !
Disloqué, de cailloux en cailloux cahoté,
Il respirait toujours ; sans abri, sans asile,
Il rampait ; on eût dit que la mort, difficile,
Le trouvait si hideux qu'elle le refusait ;
Les enfants le voulaient saisir dans un lacet,
Mais il leur échappa, glissant le long des haies ;
L'ornière était béante, il y traîna ses plaies
Et s'y plongea, sanglant, brisé, le crâne ouvert,
Sentant quelque fraîcheur dans ce cloaque vert,
Lavant la cruauté de l'homme en cette boue ;
Et les enfants, avec le printemps sur la joue,
Blonds, charmants, ne s'étaient jamais tant divertis ;
Tous parlaient à la fois et les grands aux petits
Criaient : «Viens voir! dis donc, Adolphe, dis donc, Pierre,
Allons pour l'achever prendre une grosse pierre ! »
Tous ensemble, sur l'être au hasard exécré,
Ils fixaient leurs regards, et le désespéré
Regardait s'incliner sur lui ces fronts horribles.
– Hélas ! ayons des buts, mais n'ayons pas de cibles ;
Quand nous visons un point de l'horizon humain,
Ayons la vie, et non la mort, dans notre main. –
Tous les yeux poursuivaient le crapaud dans la vase ;
C'était de la fureur et c'était de l'extase ;
Un des enfants revint, apportant un pavé,
Pesant, mais pour le mal aisément soulevé,
Et dit : « Nous allons voir comment cela va faire. »
Or, en ce même instant, juste à ce point de terre,
Le hasard amenait un chariot très lourd
Traîné par un vieux âne éclopé, maigre et sourd ;
Cet âne harassé, boiteux et lamentable,
Après un jour de marche approchait de l'étable ;
Il roulait la charrette et portait un panier ;
Chaque pas qu'il faisait semblait l'avant-dernier ;
Cette bête marchait, battue, exténuée ;
Les coups l'enveloppaient ainsi qu'une nuée ;
Il avait dans ses yeux voilés d'une vapeur
Cette stupidité qui peut-être est stupeur ;
Et l'ornière était creuse, et si pleine de boue
Et d'un versant si dur que chaque tour de roue
Était comme un lugubre et rauque arrachement ;
Et l'âne allait geignant et l'ânier blasphémant ;
La route descendait et poussait la bourrique ;
L'âne songeait, passif, sous le fouet, sous la trique,
Dans une profondeur où l'homme ne va pas.
Les enfants entendant cette roue et ce pas,
Se tournèrent bruyants et virent la charrette :
« Ne mets pas le pavé sur le crapaud. Arrête ! »
Crièrent-ils. « Vois-tu, la voiture descend
Et va passer dessus, c'est bien plus amusant. »
Tous regardaient. Soudain, avançant dans l'ornière
Où le monstre attendait sa torture dernière,
L'âne vit le crapaud, et, triste, – hélas ! penché
Sur un plus triste, – lourd, rompu, morne, écorché,
Il sembla le flairer avec sa tête basse ;
Ce forçat, ce damné, ce patient, fit grâce ;
Il rassembla sa force éteinte, et, roidissant
Sa chaîne et son licou sur ses muscles en sang,
Résistant à l'ânier qui lui criait : Avance !
Maîtrisant du fardeau l'affreuse connivence,
Avec sa lassitude acceptant le combat,
Tirant le chariot et soulevant le bât,
Hagard, il détourna la roue inexorable,
Laissant derrière lui vivre ce misérable ;
Puis, sous un coup de fouet, il reprit son chemin.
Alors, lâchant la pierre échappée à sa main,
Un des enfants – celui qui conte cette histoire, –
Sous la voûte infinie à la fois bleue et noire,
Entendit une voix qui lui disait : Sois bon !
Bonté de l'idiot ! diamant du charbon !
Sainte énigme ! lumière auguste des ténèbres !
Les célestes n'ont rien de plus que les funèbres
Si les funèbres, groupe aveugle et châtié,
Songent, et, n'ayant pas la joie, ont la pitié.
Ô spectacle sacré ! l'ombre secourant l'ombre,
L'âme obscure venant en aide à l'âme sombre,
Le stupide, attendri, sur l'affreux se penchant,
Le damné bon faisant rêver l'élu méchant !
L'animal avançant lorsque l'homme recule !
Dans la sérénité du pâle crépuscule,
La brute par moments pense et sent qu'elle est sœur
De la mystérieuse et profonde douceur ;
Il suffit qu'un éclair de grâce brille en elle
Pour qu'elle soit égale à l'étoile éternelle ;
Le baudet qui, rentrant le soir, surchargé, las,
Mourant, sentant saigner ses pauvres sabots plats,
Fait quelques pas de plus, s'écarte et se dérange
Pour ne pas écraser un crapaud dans la fange,
Cet âne abject, souillé, meurtri sous le bâton,
Est plus saint que Socrate et plus grand que Platon.
Tu cherches, philosophe ? Ô penseur, tu médites ?
Veux-tu trouver le vrai sous nos brumes maudites ?
Crois, pleure, abîme-toi dans l'insondable amour !
Quiconque est bon voit clair dans l'obscur carrefour ;
Quiconque est bon habite un coin du ciel. Ô sage,
La bonté, qui du monde éclaire le visage,
La bonté, ce regard du matin ingénu,
La bonté, pur rayon qui chauffe l'inconnu,
Instinct qui, dans la nuit et dans la souffrance, aime,
Est le trait d'union ineffable et suprême
Qui joint, dans l'ombre, hélas ! si lugubre souvent,
Le grand innocent, l'âne, à Dieu le grand savant.
Voici le dernier article que j'avais consacré dans mon blog français au stage carnet de voyage au Maroc 2012 que j'ai eu le plaisir d'animer dans ce beau pays il y a quelques semaines déjà .
Ce stage fait partie des formations arts plastiques, aquarelle et carnets de voyages que j'ai le bonheur de diriger depuis plus de trois décennies aussi bien en institutionnel qu'en privé dans tout l'Hexagone et en Europe, Afrique et Asie .
Si je partage l'expérience de ce vécu avec vous c'est pour témoigner (s'il en était besoin) de tout ce que peut apporter l'affirmation d'un accomplissement créatif dans des milieux très différents de notre quotidien lorsque l'élan d'une passion commune, du partage, de l'estime et de l'amitié, du respect et de l'enthousiasme s'unissent pour élargir les horizons nous reliant à autrui, au monde et à la vie .
C'est aussi pour vous faire connaître le travail de stagiaires méritoires qui ont suivi un cursus sans prétention mais assez efficace pour procurer un véritable plaisir d'aborder sur le motif des thématiques parfois difficiles sans le moindre complexe .
Aujourd'hui je vous emmène donc avec toute l’équipe de la session «Mystérieuse Marrakech» au pied du Toubkal, en plein Atlas .
Cette fois ce sont des mélodies picturales et sonores très attachantes que vous allez découvrir : il fallait qu’avant de repartir cette atmosphère si particulière
des hautes montagnes d’Afrique du Nord soit un rêve touché du doigt et une nouvelle invitation au voyage pour plus tard, lorsque nos pas et nos aquarelles nous ramèneront ici pour de nouvelles découvertes aussi inoubliables …
Cliquez sur le lecteur ci-dessus : au fond de la vallée c’est Imlil, dominé par les neiges du Toubkal (4167 m) . De toutes parts bondissent les torrents descendus des sommets . Vous approcherez en venant jusqu’ici ce qu’ont découvert les participants à notre stage 2012 : une beauté sauvage, des paysages grandioses et un peuple attachant, dont le cœur est aussi grand que celui des cîmes où il bat … Nous sommes partis de bonne heure et il fait encore frais (nous sommes en

Terres rouges et paysage quasi désertique du plateau contrastent avec la verdoyante vallée de Tahanaoute dans le panoramique de Françoise …
Nos deux premières haltes vues par Martine sur sa page d’amorce illustrant son voyage dans l’Atlas .
Patricia quant à elle aborde toujours ses motifs avec la plus grande synthèse possible, donnant juste sa place à l’essentiel, une autre façon d’être totalement dans le paysage ...
Des profondes gorges de l’oued Ghighaya elle retire cette originale page ou graphisme et couleur pure s’opposent dans la continuité du paysage comme les contrastes d’ombre fraîche et de brûlante lumière auxquels nous sommes confrontés .
Françoise préfère mettre en valeur ces contrastes matinaux par une opposition franche des tonalités (tons chauds - tons froids), et une dualité accentuée des valeurs : c’est aussi une très bonne solution pour traduire ce type de sujet rendu plus difficile encore par l‘effet de contre-jour .
Nous voici avec les musiciens de Martine : on les voit s’approcher et jouer tout près de nous, enchantés d’être aussi bien auditionnés ! (je vous invite à cliquer sur le lecteur audio de fin d'article en regardant ces aquarelles et croquis de voyage)...
Ceux d’Annick mettent bien en valeur les différents instruments : Le ribab à gauche (instrument de musique Amazigh - très utilisé dans le Sous et la région d’Agadir -), le loutar au centre (sorte de banjo), et le bendir à droite (grand tambour plat généralement sur cadre circulaire - mais aussi carré ou rectangulaire -) qui rythme d’un son à la fois métallique et sourd la mélodie .Abdelkarim nous dit dans son blog : «Il y a une langue internationale qu' on sent dans nos âmes , c' est la musique .
Les Berbères sont les premiers habitants du Maroc. Ils sont venus du Yémen . La musique berbère date de ce temps-là . Des
études ont prouvé qu' il y a une même formation des phrases musicales et aussi des rythmes .
La poésie berbère est écrite comme la poésie de la langue arabe littéraire . Elle traite les mêmes sujets : l'amour, la fierté, la
nature, la vie, la mort ... et elle est aussi une poésie philosophique très profonde» .
À voir en bas du carnet le non du village d’Asni noté par l’un des garçons du café en berbère, arabe et français …
Les musiciens de Patricia : traités au crayon aquarelle avec un minimum de couleurs, une autre façon intimiste de s’approcher de l’âme envoûtante de cette musique venue du fond des âges et des vallées reculées de ces hautes montagnes .
Martine nous en indique le chemin avec ses deux aquarelles juxtaposées traduisant les vallées élevées qui nous dominent, dessinés depuis Imlil au pied des plus hauts sommets … Nous sommes encore au milieu des arbres en fleur (à noter le retard de floraison dû à l’altitude en comparaison avec les vergers de la région de Marrakech déjà chargés de fruits) .
Patricia FROT met quant à elle l’accent sur l’abondance du manteau neigeux en altitude . Seul un petit village accroché à la pente se découpe en ombre chinoise, présence de la vie jusque dans les plus hautes contrées …
Enfin ce panoramique double page de Patricia CASANOVA résume à lui seul la splendeur de cette excursion : paysages somptueux, contrastes permanents entre mille beautés, rencontres fortes et intenses moments d’émotion sous un soleil éclatant …Ainsi se termine notre stage carnet de voyage «Mystérieuse Marrakech» .
Avec les deux excursions à Essaouira et au cœur du Haut-Atlas Occidental, c’est à d’autres découvertes que nous sommes invités . Nous y reviendrons plus tard pour nous enfoncer dans les montagnes, pour les traverser et aller à la rencontre d’autres paysages, d’autres aventures, d’autres sonorités …
Et si cette musique si particulière vous a envoûté (e), je vous offre pour terminer ces extraits incomparables qui pourraient accompagner votre voyage si un jour
vous nous suiviez jusqu'ici :
Comme tous les matins, les Choupinoux sortent dans la cour pour satisfaire leurs besoins naturels…
Ce qui l’était bien moins, c’était l’attitude de Nicky : après être venu m’alerter, il s’est mis en arrêt devant la minuscule pièce d’eau… Son regard suppliant m’inquiéta. En m’approchant, je vis un petit corps flottant à la surface. Je n’avais que peu d’illusion concernant cette chose flasque et froide quand je l’ai prise en main.
Si j’admets la mort comme étant la fin normale de toute naissance, j’ai cependant une foi profonde en la vie… Et ne rien faire me semble un abandon un peu trop rapide. J’ai donc tenté le tout pour le tout : la réanimation… massage cardiaque et… bouche à bouche !
Certains qui me liront se diront sans doute : « pouah ! Un hérisson ! »… Ce à quoi je répondrai que, quand on aime vraiment, il n’y a rien qui soit rebutant. Et ce petit être mérite tout autant de vivre que n’importe quel humain.
Tout doucement, le petit cœur a recommencé de battre et la respiration, très saccadée au début, a repris… Coco restait cependant tout mollasson… Je l’ai enveloppé dans de l’éponge et de la flanelle pour le réchauffer. Je l’ai ensuite posé sur le divan, pour qu’il puisse récupérer des forces, toujours enveloppé dans ses loques, sous la surveillance intensive de Nicky.
Que s’est-il passé dans cette petite tête de hérisson pour qu’il s’approche aussi dangereusement de ce point d’eau, en hauteur et assez difficile à atteindre, et qui existe depuis des années ? Je l’ignore mais je me suis attelée, ce jour, à le protéger par un treillis.
Heureusement que je me lève tôt et que Nicky est un petit chien extraordinaire. S’il survit à son aventure périlleuse, il lui devra la vie.
Puisque Coco, remis sur patte, s’est laissé choir du divan, je l’ai remis dans son cabanon. Les deux hérissons dorment en ce moment, roulés en boule l’un contre l’autre. Tout me semble rentré dans l’ordre. J’aurai en tous cas, fait tout ce qui était en mon pouvoir… Inch’Allah.