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Le Rêve Exquis

Partenariat Poésie - Peinture
"Elea Laureen & Gucciardo Salvatore"

sur Arts et Lettres
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Nimbée d'une aura presqu'irréelle
De toute les fleurs, elle caresse mon cœur
A la lisière du bonheur, rayonne sa splendeur
Abandonnée à ses rêves, si sensuelle


Belle endormie au creux d'un paradis
Berce en sa source le secret de la vie
Quand les étoiles alentours papillonnent
Mon cœur et mon âme en émoi frissonnent


Le rêve exquis a la beauté d'une galaxie
Où la femme est déesse de vie et d'amour
Chaque jour, délicatement, il se savoure
Et se magnifie de valeurs et d'envies
Au goût sacré et mêlé d'ambroisie


•⊰✿~•


© Elea Laureen


Merci à Salvatore Gucciardo
pour son partenariat et sa magnifique peinture
à retrouver sur sa page

Le rêve exquis - Arts et Lettres (ning.com)

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                                  LA VISION COSMIQUE, ENTRE PEINTURE ET POÉSIE, DE SALVATORE GUCCIARDO           

Du 04-11 au 28-11-21, l’ESPACE ART GALLERY a le plaisir de vous présenter une exposition consacrée à l’artiste belge, Monsieur SALVATORE GUCCIARDO, intitulée : LYRISME CÉLESTE.    

A’ l’instar de sa poésie, son œuvre picturale est un voyage initiatique basé sur une mythologie personnelle dont les origines, souvent sorties de leur contexte, se rattachent aux mythes de l’Antiquité proche-orientale, européenne du Moyen Age et biblique. Nous retrouvons des constantes telles que la sphère, le culte de la lumière celui de la montagne-pyramide, scellant l’union mystique entre la terre et le ciel ainsi que le culte de la Femme, à la fois spiritualisée et érotisée. Chacune de ces images, intervenant dans des contextes narratifs particuliers, est au service d’une vision cosmique dont le point central est l’Homme (l’Anthropos grec), luttant désespérément pour sortir de sa caverne, infestée d’ombres et de limites. Sa vision cosmique picturale n’est pas dominée par le noir sidéral, comme l’on s’attendrait à la rencontrer lorsqu’il s’agit d’espace mais bien par la couleur et la lumière, figurant par là, la conception d’un univers féerique, se déclinant sur le bleu, le rouge et le jaune. Cette triade chromatique traduit trois états d’âme majeurs de l’artiste : le bleu étant synonyme d’espoir, le rouge symbolisant la passion et le jaune exprimant un état de plénitude absolue. Remarquons, à propos du jaune, que contrairement aux deux expressions chromatiques précédentes, ce dernier ne fait jamais office de couleur dominante. Il se pose à l’apex de la composition, en ce sens qu’il la termine, comme l’on achève un récit mythologique. La vision cosmique devient, au contact de l’œuvre, une longue étendue mobile, aux accents terrestres, flottant à l’intérieur d’une mer céleste dans laquelle l’humanité gravit la pente conduisant vers la lumière. Belge d’origine sicilienne, l’artiste exprime sur la toile les couleurs chaudes, douces et savantes des cultures méditerranéennes. 

L’UNIVERS VERSION BLEU              

HARMONIE HUMAINE (122 x 104/acrylique sur toile)

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Se dégageant sur un fond bleu, l’ensemble résultant de la mixis humaine, entre à la façon d’un Michel-Ange à l’intérieur d’une sphère ouverte trouvant son origine dans le langage poétique de l’artiste. Si nous évoquons Michel-Ange, c’est à cause de l’agglutinement des corps, à la fois nus et musclés, rappelant les « Damnés » de la Sixtine.

Sauf qu’ici, on peut parler de « Bienheureux », tellement l’harmonie spirituelle et corporelle, est manifeste. Cette œuvre, aux accents dantesques, est construite à l’intérieur d’une demi-sphère dans laquelle le genre humain évolue, adoptant une posture en demi-lune, épousant ses limites sphériques. Un socle massif soutient la demi-sphère. L’humanité est amorcée par deux nus sur chaque côté : un homme (à gauche), une femme (à droite). Ils tendent un bras vers le bas, assurant à l’ensemble la verticalité requise. Chaque sommet de cette montagne humaine est terminé par un corps, debout, dont nous ignorons le genre. Au centre de la mixis humaine, se trouve un personnage masculin tendant son bras vers la droite et pointant son doigt vers cette direction. Les rendus physiques sont fort différents. Le personnage central tendant le bras, possède une musculature affirmée, laquelle (bien que fort différente), n’est pas sans rappeler cette celle de Michel-Ange. Les autres typologies physiques varient selon leurs proportions dans l’espace. Chacune d’elles est soulignée par un trait, définissant son volume. Nous évoluons au cœur d’un univers sphérique. Cinq sphères s’affirment au regard : la première (à l’avant-plan) la seconde (celle englobant la scène), la troisième (au début du chemin conduisant vers les hauteurs lumineuses, la quatrième (au-dessus du point lumineux) et la cinquième (englobant l’image de la famille, celle que l’artiste exalte dans sa poésie). A’ l’intérieur de la demi-sphère, diverses petites planètes évoluent au loin. A’ partir de la dominante bleue (en dégradés), figurant l’univers ainsi que de l’ensemble rocheux entourant la route, une autre dominante apparaît, à savoir le rouge (également en dégradés) rehaussé de noir. Quelques touches blanches, à l’avant-plan, entourent l’ensemble massif. Cette montagne humaine se présente en éventail, laissant apparaître le paysage rocheux, en perspective, divisé par une route serpentine, conduisant vers un point irradié d’une lumière à la fois chaude (créée par un jaune, vif et opaque, à la Turner) et blanche, donnant à l’ensemble l’aspect d’une flamme.

L’ÉMERGENCE CÉLESTE (70 x 50 cm - acrylique sur toile)

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Cette œuvre reprend une thématique similaire avec cette différence que dans l’œuvre précédente, l’humanité était à l‘honneur.

Tandis que dans cette œuvre-ci, c’est vers le Christ en croix face à une humanité déchue que le discours se porte. Le Christ est crucifié dans le Monde, affirmant ainsi sa participation dans l’Humanité. Avec ce groupe de huit femmes nues, rampant hors de leur antre en forme de cercle (en haut, à gauche), l’œuvre dégage une atmosphère de « décadence », telle qu’on peut la concevoir dans la sphère biblique, littéraire ou picturale, par rapport à l’image de la lascivité, coïncidant avec la luxure, par conséquent avec le péché et la mort. Un oiseau mort surplombe le Christ mort. A’ partir du troisième plan du tableau, une ville dominée par une architecture à peine cubiste, apparaît. La dialectique scénique est la même que celle de l’œuvre précédente. Il s’agit de la vision dantesque laquelle guide le regard humain à partir du bas pour le guider vers les hautes sphères célestes. Le regard débute son ascension à partir de l’avant-plan pour atteindre la « flèche » dressée, indiquant le chemin lumineux (serpentin comme dans l’œuvre précédente). La position de cette « flèche » coupant, en quelque sorte, la perspective est fort intéressante. Le chromatisme général ne diverge nullement du reste.  

LA MUSE SOLAIRE (70 x 60 cm - acrylique sur toile)

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Au centre d’une structure inconnue, une femme de dos, dont le dessin du vêtement coupe le corps dans sa longueur, regarde devant elle. Nous ne voyons pas son visage. La seule trace corporelle que nous percevons d’elle c’est sa main gauche, tendue vers le bas. Il s’agit d’un être spirituel car elle est Muse, une Parque de la Poésie. 

LA MUSE ÉTOILÉE (60 x 50 cm - huile sur toile)

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De « solaire », la Muse devient « étoilée ». De « spirituelle », elle devient « érotique ». Pour la première fois dans l’œuvre du peintre, Eros s’invite à la fête. La femme exposée, dont la tête est entourée d’une auréole, se montre comprise entre deux cercles cosmiques, elle-même évoluant à l’intérieur d’une sphère de feu, offrant sa féminité érotique. Ses seins, volumineux, deviennent le point d’ancrage du buste, alors que la tête, reposant sur un long cou, penche vers l’épaule gauche (droite par rapport au visiteur). Son bassin joue le rôle mécanique dans son pivotement vers le bas. Les poils pubiens effleurent, ramassés dans un bouquet stylisé. La conception technique du corps de la femme, met en évidence l’amour que l’artiste éprouve pour Amedeo Modigliani. La cassure rythmique opérée par l’épaule gauche (droite par rapport au visiteur) du personnage féminin, permet à la tête de trouver un point d’appui.

L’expression du regard est conforme à celui de Modigliani. Particulièrement, en ce qui concerne ce que le peintre « montparnos » appelait « l’œil intérieur », plongé dans l’intériorité de l’Etre, mis en exergue par une pupille petite et vive, doucement enveloppée par une paupière soulignant le dessin de l’œil. Mais si le regard du nu féminin de Modigliani regarde souvent vers le visiteur, celui de SALVATORE GUCCIARDO couve avec une infinie douceur l’homme à la recherche de la lumière, venu se placer sous sa bienveillance, érotique et maternelle. Le cou penché vers l’épaule, permettant la cassure rythmique (évoquée plus haut) est également conforme à l’esthétique d’Amedeo Modigliani.  

L’UNIVERS VERSION ROUGE

LE MYSTÈRE DE BABEL (122 x 104 cm - acrylique sur toile)

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Cette œuvre est la traduction picturale de l’épisode vétérotestamentaire de la Tour de Babel, revu par la sensibilité de l’artiste. La couleur rouge, symbolisant la passion, est la note dominante sur laquelle s’articule la composition. L’édifice conçu par le peintre est animé non par le style, à proprement parler, mais bien par l’esprit futuriste du début du 20ème siècle. A’ l’intérieur de l’édifice (lequel ressemble à s’y méprendre à une nef intergalactique), diverses niches, semblables à des petites grottes platoniciennes, retiennent prisonnière une humanité en proie à ses peurs, incapable de distinguer leur ombre de la réalité lumineuse. L’avant-plan nous montre un personnage qui s’apprête à gravir le chemin conduisant à la lumière, présenté comme une constante dans l’œuvre de l’artiste. Tandis qu’à sa gauche, vers le bas, un ersatz d’humanité, enfermée à l’intérieur d’une niche, stagne dans ses impasses. Le sujet biblique est détourné par l’artiste, néanmoins, la Tour de Babel demeure. L’outrage de Nemrod envers Dieu, s’avère être positif, malgré la confusion des idiomes qu’il engendre, car il encourage la connaissance de l’Autre malgré l’obstacle linguistique. Il devient, de ce fait,  le tremplin vers la culture et la pensée de l’Autre. Par le détournement qu’en fait l’artiste, la Tour devient à présent, l’image d’un espoir vers la connaissance de soi et du Monde. Remarquons que par sa structure, elle adopte, dans cette excroissance métallique située vers la droite, une tête d’oiseau. 

L’ETRE ASTRAL (90 x 70 cm - acrylique sur toile)

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Voici un personnage qui parsème la poésie du peintre-poète : le Sage.

Celui vers qui le voyageur de la fin du voyage initiatique s’incline. Du Sage, nous ne percevons que la tête, les épaules et les bras, posés sur un symbole, celui du triangle.

Ce triangle, l’artiste le présente onze fois. Comme nous l’avons observé, plus haut, le triangle est le trait d’union entre le haut et le bas. Entre l’ouranien et le chtonien. Il se retrouve sous bien des images : la montagne, la pyramide, les mains jointes en prière et même dans l’image du triangle pubien que l’on retrouve, mis en évidence, sur les statues des Vénus préhistoriques. Les chairs du personnage sont d’une blancheur immaculée, évoquant sa dimension spirituelle. Cette blancheur contraste avec l’ensemble chromatique dominé par le rouge. Passion et spiritualité se mélangent donnant ainsi une consistance dramaturgique et picturale au personnage. Autour du Sage, six cercles gravitent autour de lui. Le cercle est l’union de l’Alpha et de l’Omega. La boucle unissant les deux extrémités du temps (celles du commencement et de la fin) dans leur accomplissement. Considéré déjà chez les présocratiques comme une figure logique, sa forme est associée, notamment au Monde, situé au centre de l’univers. Sa dimension sphérique est considérée comme parfaite parce que d’essence divine. Est-il donc si étonnant de voir figurer ces deux entités géométriques (le triangle et le cercle) dans l’univers de l’artiste? La position des mains est très intéressante : sa main droite (gauche par rapport au visiteur) touche à peine la gauche (droite par rapport au visiteur). A’ la question de savoir ce qui l’a motivé à adopter cette position, l’artiste répond qu’il n’a voulu qu’effleurer l’attitude physique de la prière chrétienne (les mains jointes) sans vouloir l’aborder de front, précisément pour prendre ses distances par rapport aux liturgies séculaires et garder ainsi da propre dialectique.  

SALVATORE GUCCIARDO, considère l’œuvre exposée comme un résumé de sa pensée actuelle, en ce sens qu’elle sanctionne cinquante ans de travail assidu, affirmant sa contribution à l’Humanité actuelle. Nous avons insisté, plus haut, sur le fait que l’artiste est à la fois peintre et poète. Peinture et poésie sont consubstantielles à son œuvre. Les thématiques exposées dans sa peinture se trouvent élaborées en sa poésie, aussi cosmique que son œuvre peinte. C’est par la poésie que l’artiste a commencé à s’exprimer par la lecture de Rimbaud. Autodidacte, il est entré en peinture, comme l’on entre en religion, à l’âge de dix-sept ans.

Sa révélation lui a été donnée par l’œuvre de Modigliani, chose parfaitement perceptible à l’analyse de LA MUSE ÉTOILÉE (citée plus haut). Son écriture picturale est sensuelle, musicale et harmonieuse.

Tout est structuré et pensé, autant dans la couleur que dans le dessin. Techniquement, il a adopté l’acrylique depuis une quinzaine d’années, après s’être exprimé par l’huile pendant quarante-cinq ans. Néanmoins, l’artiste insiste sur le fait qu’il arrive (et c’est absolument discernable) à obtenir la même finesse graphique tant avec l’acrylique qu’avec l’huile.

SALVATORE GUCCIARDO a toujours été à l’écoute des Maîtres de l’Histoire de l’Art. Peintre à l’écriture contemporaine, il jouit d’une grande culture classique et humaniste, résolument tournée vers un futurisme, parsemé d’intemporalité. Son œuvre parle à l’Humanité.

 

François L. Speranza.

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Collection "Belles signatures" © 2021 Robert Paul

 

N.B. : Ce billet est publié à l'initiative exclusive de ROBERT PAUL, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis. 

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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L'artiste SALVATORE GUCCIARDO et François Speranza : interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles. 

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Photos de l'exposition de SALVATORE GUCCIARDO à l'ESPACE ART GALLERY

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Damas - ‘Souk Al Hamidieh’

Damas, ma bien-aimée mystique et envoûtante

L’une des plus anciennes cités au monde

Au cœur de son âme s’enlacent histoire et légende

Sur son sol se croisent civilisations et patrimoines

Son air embaumé de rose et du jasmin

À travers sa silhouette se révèle ‘Souk Al Hamidieh’

Coupole percée d’étoiles et d’étincelles

Éclairent ce chemin de mystères

Petites échoppes serrées en caravanes infinies

Fins artisans au savoir-faire

Dans le brouhaha se bousculent visiteurs et marchands

Pyramides de safran et de cumin

Montagnes de cardamome et de clous de girofle

Moulus grains de coriandre et cannelle

Manège de senteurs et de saveurs

Colliers d’ocra, sirop de grenade et tamarin d’Inde

Verres soufflés aux couleurs jaune citrine et rouge cornaline

Narghilés aux couleur vert olivine et bleu aigue-marine

vitrines d’or scintillantes

S’étalent bracelets, colliers et khilkhals

Étoffes de soie et brocard tramé

Fils d’or et d’argent se brodent de joie

Pétales de nacre et bois de rose

Marqueterie et bois de citronnier

Boîtes de mosaïques et bois de noyer

A l’eau de rose de Damas pâtisseries et caprices

Aux pistaches et vermicelles paklawa de convoitises

09/10/2010

Nada AL-ATTAR

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ADMINISTRATEUR GENERAL

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Chères amies et amis de la galerie,

 

Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter son prochain vernissage du 02 décembre 2021.

 

Lien vers l’exposition de décembre et mon agenda culturel :

https://www.espaceartgallery.eu/espace-art-gallery-vous-presente-son-prochain-vernissage-du-02-12-2021-et-son-agenda-culturel/

Vernissage le jeudi 02 décembre 2021 de 18h 30 à 21h 30.

Finissage les 26 décembre de 11h 30 à 18h 30.

 

Les artistes présents lors de cet événement sont :

Leonard COHEN (photographies et concert le samedi  04 décembre), Éric CHAPEAU (peintures), Marie-Eve PIEL (peintures au couteau), Elisabeth de DORLODOT (encres), Claudio CERMARIA (sculptures en bois et en pierres), Jerry DELFOSSE (encres de Chine), DIELLE (peintures) et l’écurie d’artistes de la galerie (peintures).

 

Il y a actuellement 123 vidéos en ligne sur ma chaîne YouTube « Espace Art Gallery ». À partager sans modération et n’oublier pas de donner des « j’aime » et commentaires sur celles que vous aimez ? Il y a actuellement +/- 25.000 vues sur l’ensemble des vidéos depuis fin juillet 2020 ! Et je compte sur vous TOUS pour faire augmenter ce nombre à l’avenir… Bon visionnage !

 

Pour visionner toutes les vidéos sur YouTube :

https://www.youtube.com/playlist?list=UUzA0FaoQB-FAHQR_UOUCigg

 

Pour ceux qui sont sur Facebook pouvez-vous indiquez que vous « aimer » la page de la galerie (4334 actuellement) ainsi qu’avoir visité ce lieu (124 seulement !). Cela permettra de faire augmenter ses chiffres à l’avenir. Merci d’avance pour votre participation à toutes et à tous…

Au plaisir de vous voir nombreux pour ce prochain événement…

 

Bien cordialement,

 

Jerry Delfosse

Galeriste

Fondateur et propriétaire de l’Espace Art Gallery,

EAG Studio’s  & Les Éditions d’Art EAG

Co-Fondateur et Président de

La Porte dorée ASBL

Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles

GSM: 00.32.497. 577.120

eag.gallery@gmail.com

https://www.espaceartgallery.eu/

https://artsrtlettres.ning.com/

 

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administrateur théâtres

Une grande messe à Bozar

SPECTACLES

De la musique sacrée à Bozar

Le  dimanche 14 novembre 2021 à 15h00 au palais des Beaux-Arts de Bruxelles avait lieu un concert magnifique dans la salle Henry Le Boeuf   avec l’orchestre  national de Belgique sous la direction du chef d’orchestre estonien Mihhail Gertset le  Chœur de Chambre de Namur sous la direction de Riccardo Minasi. Certes, les  meilleurs ingrédients  étaient  réunis :  un public  nombreux enfin de retour dans les fauteuils cramoisis de notre salle mythique, la conduite architecturale du chef estonien, l’enthousiasme des choristes pourtant masqués, le talent des quatre solistes, et la passion de l’écoute en live!  

Peut être un gros plan de 1 personne

Au programme :  La messe en ut mineur K427, dite grande messe,  un chef-d’œuvre inachevé de Wolfgang Amadeus Mozart  écrite entre 1782 et 1783 pour propulser sur la scène musicale  sa nouvelle épouse adorée, Constance Weber, sœur de son ancienne bien-aimée, Aloysia. C’est dire si contrairement  au thème de  la mort, c’est le feu de l’amour qui inspira le compositeur. Seuls les Kyrie, Gloria et Benedictus étaient complets. De l’Agnus Dei et de la seconde moitié du Credo, il n’y a aucune trace. On reconnaît en outre  dans cette messe des allusions  à  la  récente  découverte par Mozart  de l’œuvre de Johann Sebastian Bach  et de  celle de Georg Friedrich Händel,  en particulier l’Hallelujah  dans le Messiah. Une musique de la joie et de la  ferveur heureuse.

Tout de suite, dans le Kyrie le chœur a su produire des ascensions lumineuses de confiance tandis que  naissent ensuite  des profondeurs des Christe Eleison poignants. C’est Jodie Devos qui ouvre avec émotion Le Gloria avec le Laudamus te. L’ensemble  est explosif pour se terminer en caresse apaisante. L’acte de foi rejoint l’émotion profonde avec les vocalises et le timbre joyeux de la soprano belge  tandis que l’orchestre se plaît à broder le bonheur musical. Mais bien sûr le drame est aussi présent, sombre, avec des violons dramatiques, un tempo de marche funèbre, le miserere nobis est fait de larmes, les cordes scandent le  triste vécu du calvaire. Le suscipe deprecationem nostram lumineux des sopranes  est constitué de vagues répétées de supplications  exaltantes tandis que le  miserere nobis flotte comme un radeau de solitude  à la dérive sur les flots des bois et des violons.

 Cela se  palpe au silence ému de la salle : les deux sopranos Jodie Devos et Olivia Vermeulen, mezzo-soprano recueillent une admiration sans conteste de la part du public. Les interventions du ténor écossais Thomas Walker  et surtout  de la basse (Le baryton norvégien Johannes Weisser)  semblent  réduites à la portion congrue, comme si  Mozart avait  délibérément amplifié les rôle des femmes. La voix en rondeur et en vibrato élégant   de Jodie Devos se marie avec bonheur avec celle très affirmée et chaleureuse  et bien colorée d 'Olivia Vermeulen….  Dans le Quoniam tu solus  la première intervention du ténor fait preuve  de beaucoup de vaillance face à ces deux femmes qui ont eu tout le loisir de chauffer leur voix.

Lorsque le chœur achève le Gloria avec le cum sancto spiritu, le plaisir choral inonde la salle comme si de partout jaillissaient des traits de lumière. Les cuivres tressent la venue d’un Amen florissant.  Dans le Credo Le Deum verum de Deo vero est majestueux. Mais sans doute le moment le plus poignant, c’est après le sourire échangé entre Jodie et le chef d’orchestre lorsqu’elle est sur le point de dévoiler avec douceur infinie son solo bouleversant de  l’incarnatus est, comme un moment d’ amitié  exquise et privilégiée avec Dieu. C’est qu’elle offre  à  un public conquis un moment d’ extase personnifié. L’orchestre s’est tu, comme on le fait dans les églises lorsque l’on entend les paroles sacrées  homo factus est,  la soliste est portée par  le très beau  trio instrumental de  flûte, hautbois et basson. C’est le retour des cors dans le Sanctus comme une armée humaine en marche qui ouvre le chemin de la majesté  étincelante de l’hosanna in excelsis final.

Et enfin,  tutti : le chœur et les quatre solistes célèbrent l’heureux homme qui vient au nom du Seigneur dans le  Benedictus, un moment de gloire pour le baryton Johannes Weisser.  

Dimanche 14 novembre 2012 at Bozar https://www.bozar.be/fr/musique-classique

Wolfgang Amadeus Mozart 1756-1791 – Grosse Messe in c-moll 

Belgian National Orchestra Chœur de Chambre de Namur

Riccardo Minasi, direction

Jodie Devos, soprano

Olivia Vermeulen, mezzo-soprano 

Thomas Walker, ténor

Johannes Weisser, baryton

✓ Kyrie

 Gloria

✓ Credo

✓ Sanctus ✓ Benedictus

 durée : ± 1h30

Dominique-Hélène Lemaire pour Arts et Lettres 

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Rêverie

 Partenariat Poésie-Peinture
"Elea Laureen & Chantal Roussel"
sur Arts et Lettres

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En flux et reflux d'une douceur tempérée
Je me laisse bercer par l'odeur salée
Le ciel s'est empourpré d'un ton parme enrubanné
Et le ressac se pose sur un air plus que léger



La plage s'est vidée et le calme s'impose
Seules les mouettes se régalent de ce que la mer dépose
L'air est doux et le soleil va rejoindre la nuit
Bientôt les étoiles révèleront leur origami



Mais profitons encore de ce tendre décor
Pendant que le jour doucement s'évapore
Sur le fil d'Ariane, nos vagues à l'âme
S'enflamment, tissant la trame de notre idéal



Laissons l'écume des jours se dissiper
Car la mer baigne nos pensées souveraines
Et sur la dune au perpétuel frisson de cette marée
Elle sonde et rend l'aube fluorine plus sereine
 

•⊰✿~•
 
© Elea Laureen

Merci à Chantal Roussel
pour ce partenariat et cette très belle peinture
à retrouver sur sa page

https://artsrtlettres.ning.com/photo/dscn5047-2?context=user

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Une tête remplie d'oiseaux de la paix

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Quand la paix est rentrée dans mon esprit, les colombes ce sont envolées.
Soudain j'ai vu le ciel s'habiller de ces couleurs
où le blanc dans sa grâce était le meilleur
et des enfants bras levés
chantant les mélodies de l'amour et de la paix.

Ma main ayant crée l'imaginaire
transpiré le bonheur dans ses mystères
et une pluie de confettis
tombés du ciel ou du paradis
car nos visages illuminés
partagent l'amour désormais.

José Mangano
Poète et artiste

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La jetée d'Ostende

Soleil froid de novembre 
Grand ciel blafard 
Cri de mouettes et vent léger 
L'eau frémissante tantôt bleu grisé tantôt vert jade  
Douces vaguelettes s'écrasant sur les sables de la mer du Nord
En balade le long de la plage 
Cheveux au vent, visage fouetté par l'air marin 
Tout au bout de la jetée, face à un énorme coquillage de bronze
et là- bas plus loin un phare habillé de vert éclatant 
Soudain le parfum iodé nous emporte vers la promenade de Koning Boudewijn 
et le majestueux Thermes Palace de style Art déco 
En compagnie de l'homme que j'aime partageant un succulent déjeuner et quelques verres de vin
Toi et moi reconquis à jamais par cette ville envoûtante, Oostende
12/11/2021
Nada AL-ATTAR
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BAISER MANQUE.

12273415098?profile=originalElle était appuyée au bar, souriante, rayonnante !
Jambes croisées et collants noirs, trop attrayante !
Pas du tout style topless, plutôt très distinguée.
Une chaise haute, tailleur osé et grand décolleté.

Venue se divertir, sortie d'une mère au foyer.
Prendre l'air, changer d'habitudes et s'évader.
Un verre à la main, coupe en provenance d’espagne.
Non, du bon, une excellente coupe de Champagne.

Longs cils, maquillée jusqu'au bout des ongles.
A côté d'elle, je paraissais bien trop sombre.
Ravissante, élégante, une allure exquise.
Ne cherchant que le bonheur sans se dévêtir !

Grande, séduisante au teint hâlé.
Tellement seule et vite remarquée.

J'étais assis là, à quelques mètres.
Dans ce lieu de perdition secret.
Je regardais dans sa direction depuis un moment.
Faire marche arrière, non, plutôt un pas en avant !

Faire connaissance, une attirance étonnante !
Comment se rapprocher d'elle, peu de chance.
Sa bouche mastiquant un chewing-gum à la fraise.
De jolies lèvres pulpeuses qui souvent effraient.

Subitement, elle vide son verre, quitte sa chaise et la range.
Se déplace sur la scène, prend le micro puis chante...

Un spectacle remarquable, minuit moins le quart.
Un baiser tant désiré, je suis arrivé trop tard !

Sans regards échangés et sans signe d'au revoir.
Soirée inachevée, je remets ma veste avec désespoir.
Je m'en vais triste, une nouvelle fois.
Ce doux baiser manqué, ce samedi soir.

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Sommes nous obsédés ?

Dès notre réveil matinal nous nous demandons que faire de notre journée ? Pour certains cette question n'a pas lieu d'être puisque l'engrenage dans lequel ils sont emprisonnés ne leur laisse pas la liberté de décider. Parfois ils sont même qualifiés de courageux par tout les autres tout aussi obsédés qu'eux. Mais obsédés par quoi ? On peut voir deux catégories qui se dessinent. La première rassemble les produits estampillés de la société dite moderne, celle qui travaille pour rembourser des prêts immobiliers souvent importants, des prêts liés aux automobiles qui permettent d'aller au travail et d'autres prêts largement consentis pour l'ameublement et autres inutilités qui tapent à l'œil et la confortent dans l'aisance superflue. Même les vacances sont à crédit ! Cette vie-là gravite autour du crédit octroyé sur la base d'un travail qui le rembourse. Travail devenu si précaire qu'il conduit tout naturellement à l'obsession de tout perdre et de finir à la rue. Cette première catégorie s'inscrit dans le "toujours plus" où tout sens du raisonnable semble avoir disparu. Les pauvres craignent de devenir encore plus pauvres et les riches de tout perdre. Ils sont pareils. Ils ont perdu toute mesure du nécessaire, du " juste assez ". C'est le ravin qui s'approche et hante les rêves nocturnes les plus sombres. La seconde catégorie qui nous touche tous est celle de la mémoire. La mémoire est une obsession perpétuelle. Elle nous fait nous souvenir de nos instants passés. Elle nous rend gais parfois et tristes aussi. Elle engendre par un mécanisme secret des travers indomptables. Nous aimons la faire vivre comme une réalité et lui permettons de prendre le chemin comme un guide de nos jours. A son extinction, il semble bien que la paix revienne et que toutes les obsessions, hormis la dernière sans doute, s'évadent avec elle laissant place à un immense désert. Nous naviguons donc parmi nos obsessions occultes comme nous aimons le chant du petit oiseau dans sa cage où nous l'y avons enfermé afin de le protéger du vilain chat !

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                          LE CUBISME PRIMITIF RESSUSCITÉ DANS L’ŒUVRE PLASTIQUE DE FRANҀOISE BARON

Du 08-10 au 31-10-21, l’ESPACE ART GALLERY (Rue de Laeken 83, 1000 Bruxelles), a consacré une exposition dédiée à la sculptrice française, Madame FRANҀOISE BARON, intitulée : NOUVELLES RÉALITÉS.       

FRANҀOISE BARON s’inscrit, au sein de la continuité de l’évolution artistique, dans le dialogue qui a ouvert avec l’expressionnisme (à partir de 1908), le panorama intellectuel et culturel européen du 20ème siècle, à savoir l’aventure cubiste. De par la taille de l’objet sculpté, elle renoue avec l’esthétique de l’époque, en redéfinissant l’Homme dans les sphères humaine et spatiale.                            

Les pièces exposées de l’artiste se divisent en 3 séries : les danseurs, les musiciens et les « portraits ». C'est-à-dire, les sujets de prédilection du cubisme, au début du 20ème siècle. D’autres pièces apportent une plus value à son discours plastique. Les œuvres présentées attestent d’une utilisation rigoureuse de la grammaire cubiste. Les personnages, et par extension, l’Homme dans sa dimension iconographique, est présenté sous un certain nombre de facettes, le définissant dans l’espace. Les membres des corps sont repliés sur eux-mêmes, dans une dimension géométrique, proche de la mécanique d’horlogerie. Tout se tient dans cet ensemble de segments assemblés. Une coupe en appelle une autre. Et la forme apparaît, issue d’une myriade de coupes sélectives jusqu’à trouver un dialogue formel.

LES DANSEURS

ROCK BRONZE et DANSEURS offrent deux moments opposés de la danse : le mouvement séparant les danseurs et le mouvement les réunissant.

ROCK BRONZE

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DANSEURS  

12273409889?profile=originalCela suppose deux moments rythmiques différents. Un rythme accéléré, « jazzistique » (même si, en l’occurrence, il s’agit de « rock », opposé à un rythme lent, style « slow »). Les deux moments indiquent deux phases pulsionnelles dans le rendu sculptural. Un relâchement permettant au couple de reprendre la lignée rythmique après l’avoir quittée et une fusion les rapprochant dans un enchevêtrement de courbes, créant une série de variations plastiques.

ROCK BRONZE Le rythme endiablé permet aux personnages de s’étirer jusqu’à ce que leurs formes traduisent des stries verticales, matérialisées par le manteau de l’homme et la jupe de la femme, tombant vers le bas ainsi que des angles droits spécifiques du buste, dans la diagonale qu’il forme, chez l’homme et des jambes, également en diagonale, chez la femme, accentuant la phase de séparation. Le bras gauche (droit par rapport au visiteur), que la femme soulève pour accéder à sa tête, offre une forme triangulaire, augmentant le rendu cubiste. La partie arrière de la pièce est structurée par une série de stries, à la fois verticales et horizontales, témoignant de la raideur du mouvement déclenché par les danseurs. Le rythme lent, symbolisant le rapprochement du couple, s’avère être l’antithèse de l’œuvre précédente : plus d’angles droits ni de stries verticales et horizontales.

DANSEURS Tout se joue sur la courbe, par le biais de laquelle la douceur du  rapprochement s’accomplit. Cela se remarque de façon émouvante, à l’arrière de la pièce, lorsque l’on observe la main de la femme caresser la tête de l’homme, dans un geste de tendresse. Pus que tout, c’est la fusion qui s’opère. Et cela se révèle, une fois encore, en observant la partie arrière de l’œuvre, laquelle confirme la fusion des deux personnages en une seule pièce.

LES MUSICIENS    

LE VIOLONCELLISTE

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Nous sommes, avec cette œuvre, en plein cubisme du début du 20ème siècle. Le musicien, surtout le musicien jouant d’un instrument à cordes, tel que la guitare ou le violon, fut l’un des sujets de prédilection des cubistes tant en peinture qu’en sculpture. Cette œuvre nous montre un violoncelliste jouant. Pourquoi évoquer le cubisme du début du 20ème siècle? Parce que le style de cette pièce, dans sa conception plastique, participe de cette esthétique. En réalité, il faut voir dans cette œuvre l’émergence de deux personnages : le musicien et son violoncelle. L’un étant consubstantiel de l’autre. Et surtout, l’un étant issu de l’autre car, vu de face, l’instrument à cordes prend naissance dans le creux du musicien. Dans ses entrailles. Les deux personnages s’entremêlent et se rejoignent dans les angles. Observez le geste penché unissant le violoncelle au musicien. L’on pourrait carrément parler d’une « étreinte amoureuse », tellement le visage du musicien (ou plus exactement, le rendu de son visage) se penche, presque voluptueusement vers les volutes de son instrument, conçues comme un cou féminin. Cela provient de la diagonale formée entre le violoncelle et le corps du celliste. La tête de ce dernier opposée à la partie supérieure de l’instrument à cordes forme l’étreinte de deux corps comme pour un baiser.

PORTRAITS-VISAGES 

Avec les portrais-visages, l’artiste se concède une voie intermédiaire entre le cubisme et un réalisme évoluant dans le temps.

PORTRAIT 1

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Cette pièce nous propose, en quelque sorte, « le visage et son double », en ce sens que l’une de ses parties, la droite (gauche pour le visiteur), est grâce au prognathisme accentué sur cette partie du visage, fort proche du masque à la Picasso. Pensons aux « DEMOISELLES D’AVIGNON 1907) où nous retrouvons le masque africain. La pièce est scindée en deux parties, séparées par un long nez à l’arête fort épatée, se terminant par une petite bouche en cœur, délimitant les deux parties du visage. La partie gauche (droite par rapport au visiteur) est tout à fait lisse et ne présente aucun attribut. La taille de cette dernière à été réalisée dans le but d’accentuer les différences entre les deux parties tout en faisant de sorte que la partie lisse soit, à la fois plus petite que celle sculptée et par conséquent, déséquilibre imperceptiblement le volume de la pièce. Les cheveux sont conçus en de longues stries horizontales. Ce qui s’avère être la signature graphique de l’artiste en ce qui concerne le rendu plastique de la coiffure. 

LES DEMOISELLES D'AVIGNON (FRAGMENT)

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FIER DE SERVIR

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Cette tentation de vouloir flirter avec la réalité dans la représentation du visage humain se retrouve dans cette pièce. Ce visage masculin portant un béret de marin se révèle être un hybridisme entre cubisme et réalisme, à la fois dans le style comme dans les proportions. Mais à y regarder de près, même dans l’effort réaliste, l’artiste ne peut résister à la tentation d’ « encadrer » la partie avant du visage (comprenant l’œil, le nez et la bouche - en leur moitié) à l’intérieur d’un cadre partant de l’arête du nez pour se terminer à hauteur du menton. Ce qui rappelle l’origine cubiste dans la conception de la pièce. L’oreille sort en saillie et se distingue du reste du visage. La partie arrière de l’œuvre nous révèle le béret de marin, parfaitement pensé et réalisé. La partie droite (gauche par rapport au visiteur) n’est qu’un ensemble anguleux. Cette pièce, bien qu’aboutie, donne un sentiment d’inachevé.    

PORTRAIT VIERGE

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L’artiste renoue avec l’iconographie « sacrée » en la personne de la Vierge. L’approche stylistique fait penser à l’art roman. Tous les attributs sont présents : la position de la tête du personnage, au visage allongé, penché vers le bas, en signe de commisération envers le genre humain. Sa position, occupant la gauche (droite par rapport au visiteur), les yeux mi-clos, légèrement soulignés par le creux délicat des cernes ainsi qu’une fine bouche fermée, répondent au vocabulaire des signes médiévaux exprimant la douceur. La chevelure est toujours formée de stries. Celles-ci occupent les deux côtés de la tête avec cette fois-ci, des ondulations bien marquées, contrastant avec les stries lisses présentes sur les autres sculptures. Un voile, posé de trois-quarts, laissant apparaître la chevelure, recouvre la totalité de la tête pour se terminer à la base du buste. Plastiquement, cette pièce est un exploit, car étant réalisée en bronze, son allure, rehaussée par sa patine, donne le sentiment de la pierre blanche et lisse, typique de la sculpture en pierre du Moyen Age.  

PIETA’

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L’artiste s’autorise une liberté, à savoir que le Christ ne repose pas sur les genoux de la Vierge. En fait, celle-ci le porte à bras le corps. Pour mieux exprimer son état de cadavre, le Christ a été conçu comme un pantin désarticulé qui laisse pendre ses membres vidés de leur force. Sa tête, retournée en arrière, accentue ce sentiment d’abandon. Un détail, concernant la Vierge, se situe dans la conception du visage. Celui-ci, réduit à un carré, regarde vers la gauche (droite par rapport au visiteur), ce qui diffère du contexte original de la fin du Moyen Age dans lequel le regard de la Vierge se tourne vers le Christ mort. A’ cette remarque, l’artiste insiste sur le fait que son visage dépasse le stade de la mort pour se tourner vers la Résurrection, c'est-à-dire vers le futur.    

FRANҀOISE BARON a découvert la sculpture à l’âge de vingt ans après avoir « goûté », comme elle le dit, à la terre. Bien qu’elle n’ait pas une formation strictement académique, on ne peut pas la qualifier d’« autodidacte » au sens stricte du terme. En effet, elle a suivi des ateliers de sculpture à Paris qui lui ont donné les bases du métier. Les conseils avisés d’un sculpteur chinois lui ont été primordiaux pour son développement artistique.

Après sa vie professionnelle, elle s’est entièrement consacrée à son art. D’abord sculptrice figurative, elle a éprouvé le besoin de se tourner vers autre chose.

Le cubisme s’est avéré être une révélation, celle de la forme, non plus abordée de façon « réaliste » mais bien transformée en une myriade de segments, chacun d’entre eux à l’origine de l’autre. Cela l’a assurée dans la conviction que l’on peut dire plus de choses par le biais du cubisme. Sa démarche créatrice implique, comme nous l’avons vu, l’emploi d’un langage comportant, à la fois des courbes, des droites et des angles. Ces formes sont les outils tactiles appuyant la manifestation du sentiment dans le rendu plastique. Sa sculpture est, stylistiquement, fort proche du cubisme du début du 20ème siècle. On ne peut s’empêcher de penser à Lipshitz dans l’évolution de la forme et cela est fabuleux car il ne s’agit nullement d’un « retour à l’expéditeur » mais bien du résultat inconscient de sa production artistique, à l’intérieur d’un environnement contemporain. Remarquons que la sculpture cubiste est fille de la peinture du même style. Dès lors, il nous a été impossible de ne pas poser, à l’artiste, la question à savoir si la peinture lui était familière. Elle nous a répondu par la négative, en insistant fortement sur le fait qu’elle ne peut, en aucun cas, concevoir une œuvre de façon préparatoire. Tout au plus, peut-elle avoir une vague idée d’ensemble mais cela s’arrête là.

A’ par trois exceptions, l’artiste aborde le corps humain par la géométrie. Celle-ci trouve sa plénitude dans la formation du carré pour exprimer le visage et les mains (lesquelles attestent la présence de doigts, à peine esquissés). Même s’il lui arrive de céder au rendu réaliste, c’est le cubisme qui reprend le dessus. Techniquement, l’artiste affectionne le bronze. La technique usitée est celle « à cire perdue».

FRANҀOISE BARON, comme tout artiste qui se respecte est « passeuse de culture ». Par la maîtrise de son art, elle ressuscite une époque de très haute culture, témoin des bouleversements majeurs d’un 20ème siècle en formation. Gageons que cette résurrection artistique, associée aux nécessités de notre temps, l’amènera vers d’impossibles contrées.  

François L. Speranza.

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Collection "Belles signatures" © 2021 Robert Paul

 

N.B. : Ce billet est publié à l'initiative exclusive de ROBERT PAUL, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis. 

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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L'artiste FRANCOISE BARON et François Speranza : interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles

12273413876?profile=originalPhotos de l'exposition de FRANCOISE BARON à l'ESPACE ART GALLERY

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Entre Ombre & Lumière

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Il faut ...
Avoir goûté les ombres, avoir osé les affronter
Et surtout ne pas se morfondre et rester figé
Dans un néant qui nous encombre !

Il faut ...
Chercher et avancer, par delà la noirceur la plus profonde
En son intérieur, plonger pour retrouver cette liberté
Et enfin comprendre que la vie n'est qu'une escale !

Il faut ...
A l'éphémère, cueillir le moindre éclat de lueur
Qui, entre le temps et l'espace, fera grandir notre âme
Tel un Phoenix qui s'embrase, la laisser rayonner...

•⊰✿~•

© Elea Laureen

Photo personnelle d'un printemps

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                                              DANS LES SPHÈRES DU DÉSIR : L’ŒUVRE DE CAROLINE DANOIS  

Du 08-10 au 31-10-21, l’ESPACE ART GALLERY (Rue de Laeken 83, 1000 Bruxelles) vous convie à une exposition consacrée à l’artiste belge, Madame CAROLINE DANOIS, intitulée : KISS ME, SI JE VEUX.

L’on remarque, dès la première approche avec son œuvre, que CAROLINE DANOIS se situe entre plusieurs cultures. Plusieurs cultures est synonyme de d’un ensemble de discours esthétiques aux racines multiples. D’origine vietnamienne, élevée en Occident, ayant beaucoup voyagé, sa peinture témoigne d’influences culturelles diverses et importantes. Cela se remarque, notamment, dans l’attitude culturelle de certains de ses personnages, particulièrement en ce qui concerne le langage amoureux dont nous parlerons plus loin. Toujours est-il que ses personnages sont, d’un point de vue physique, de conception orientale. Ceci précisé, ne perdons pas de vue la thématique principale de cette exposition, à savoir le discours, à la fois, sur le désir et sur l’art d’aimer. Néanmoins, le désir est ici pris sous l’angle du désir de l’Homme pour la Femme. Le titre de l’exposition est très explicite sur la philosophie du discours de l’artiste : il s’agit d’une approche amoureuse et sensuelle du masculin vers le féminin, laquelle ne pourra, en définitive n’avoir lieu, uniquement que si le Femme le consent, permettant ainsi à la fusion spirituelle et charnelle de s’accomplir pleinement. Et cela devient l’ordre d’entrée des manifestations amoureuses : le spirituel précède le charnel lesquels devront conduire à l’étreinte épanouie. D’un point de vue chromatique, chaque scène érotique s’inscrits sur deux plans de couleur différente, toujours tendre, créant une belle harmonie : même DANS LES BRAS DE MORPHÉE (que nous évoquerons plus loin), répond à cette esthétique car le contraste saisissant entre les couleurs rouge et blanc, ne perturbe nullement le regard.

TEMARI KISS (huile sur toile-huile sur toile)

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L’attitude amoureuse des personnages dérive directement de l’art érotique japonais que l’on retrouve dans les Shungas de la fin du 17ème siècle, jusqu’au milieu du 19ème siècle (bien que les Shungas soient, dans l’ensemble, plus « osées » par rapport aux œuvres de l’artiste). Cette œuvre présente, en l’occurrence, un baiser langoureux conçu dans le cérémonial de sa pose sur la bouche de l’autre ainsi que dans l’attitude physique qui prélude à l’étreinte. Dans l’art érotique japonais, les bouches de l’Homme et de la Femme s’alignent sur le même plan.

Ici, l’on constate un léger déphasage dans l’alignement des personnages, ce qui a pour résultat que le visage de l’Homme étant plus décalé par rapport à celui de la Femme, sa bouche s’imprime en superposition sur la sienne. La tête de la femme ainsi que les épaules, les mains et le pied (à peine esquissé) contrastent avec le vert de la robe et le pantalon gris à fleurs noires et rouges. Cela est dû au fait (devenu une constante dans l’œuvre de l’artiste) que les corps sont d’une blancheur immaculée. Ce qui a pour effet de les envisager dans une sorte d’évanescence charnelle.

La tête, les mains et le pied de l’homme contrastent harmonieusement avec le vert de la chemise ainsi qu’avec le bandeau qu’il porte sur la tête. La boule de laine qu’il tient dans la main (le temari) est utilisée dans un jeu faisant partie de la tradition thaïlandaise.

Notons que c’est également le vert qui domine l’ensemble chromatique. On le retrouve, notamment, à l’avant-plan largement dominé par le bleu-foncé ainsi que dans l’arrière-plan conçu en vert-clair. Les fleurs, sur le pantalon de l’homme attirent le regard, amplifiant l’intensité de la scène.

FIN DE JOURNÉE (100 x 50 cm-huile sur toile)

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Même si, dans l’œuvre précédente, l’homme est en léger décalage face à la femme, force est de constater, après lecture de l’image, qu’elle occupe une position légèrement dominante sur l’Homme, en ce sens qu’elle le dépasse en hauteur de quelques centimètres. FIN DE JOURNÉE nous donne une image, non pas de domination mais presque de « protection » vis-à-vis de l’Homme. Par sa façon d’être penchée sur lui, la femme donne le sentiment de le « couver » amoureusement. Néanmoins, elle se trouve physiquement sur lui. Ce qui, dans l’art érotique japonais duquel ces œuvres dérivent, est parfaitement impensable. L’Homme a toujours le « dessus » sur la Femme. Inutile d’insister sur le fait que cette chorégraphie sexuelle a été usitée par l’artiste précisément pour « contrebalancer » cet état de choses.

KISS ME, SI JE VEUX (100 x 70 cm-huile sur toile)

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Cette œuvre reprend le titre-même de l’exposition, laquelle est centrée sur la tempérance entre les désirs des deux sexes. Nous sommes ici dans un moment d’incertitude. Va-t-elle se donner à ces hommes? Va-t-elle se refuser à eux? Son corps, immaculé, semble vouloir se donner par l’image de ce soutien-gorge en forme de papillon rouge (couleur à la symbolique érotique de surcroît), lequel ne tient qu’à un fil. Les baiser n’existe, à la fois, que dans l’attente de sa matérialisation ainsi que dans le contact charnel entre la bouche du personnage masculin (en bas à droite) qui embrasse goulument les doigts de la femme. Le cadrage de cette œuvre a été longuement pensé. Il se décline en trois étapes : deux étapes régies par le noir. Un premier carré -noir - sur le périmètre de la toile (extérieur). Ensuite, en partant du bas, un deuxième carré également noir, enserrant le buste ainsi que les jambes du couple, jusqu’au personnage (conçu à moitié corps), embrassant les doigts de la Femme. Le deuxième carré (également noir) s’élance jusqu’aux épaules de la Femme – à l’intérieur. Et ce n’est qu’à partir des épaules de celle-ci que se conçoit la troisième étape dans un troisième carré - couleur or – encadrant les personnages masculin et féminin, dans la partie supérieure de la toile. Il s’agit d’un cadrage intérieur « ouvert », en ce sens qu’il permet simultanément à la main du personnage féminin ainsi qu’au coude du personnage masculin du bas, à droite de la toile, de sortir su cadre. Ce qui permet à l’œuvre de s’amplifier dans un élan d’élasticité. Comme pour l’ensemble de l’œuvre de l’artiste, le jeu des mains constitue un véritable dialogue gestuel : il souligne l’abandon dans les bras baissés de la femme offrant sa main à la bouche du personnage du bas, à droite qui l’embrasse. Mais il indique également la possession dans le geste de l’homme serrant passionnément la taille de la femme. De même que pour TEMARI KISS (mentionné plus haut), un léger déphasage s’opère dans la position des visages de l’homme et de la femme, en ce sens que celui de l’homme est en retrait par rapport à celui de la femme. 

FIN DE JOURNÉE (cité plus haut)

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L’œuvre reprend la même thématique amoureuse. Comme nous l’évoquions précédemment, le jeu des mains (et des pieds dans ce cas-ci) est capital. Mais ici, nous assistons à une sorte de danse « statique », tellement le jeu des membres est agité, à l’intérieur d’une lenteur rituelle. Les mains s’inscrivent dans un fabuleux enchevêtrement des formes. A’ tel point qu’il permet toutes les audaces : remarquez la torsion extrêmement allongée du bras gauche du personnage masculin entourant la femme et ressortant de la gauche de celle-ci. Cette audace, nous retrouverons dans l’œuvre suivante. L’Art permet de transcender la réalité dans l’audace d’une licence artistique. Car dans la réalité, cette extension du bras est physiquement impossible.

Le dialogue des corps se forme dans une danse lente au cours de laquelle le corps de la femme se « glisse » littéralement entre les jambes de l’homme.

Dès lors, par rapport à l’art érotique de culture japonaise, duquel l’artiste s’inspire, les « règles » sont inversées, en ce sens que dans la tradition érotique japonaise, l’homme, de par sa position physique dans l’espace, « domine » la femme, en se plaçant sur elle. Dans cette œuvre, le désir fougueux de l’homme est atténué par la tendresse. Dès lors, cette posture de la femme, embrasse la dialectique qui anime le discours pictural de l’artiste, selon lequel c’est la femme qui a le dernier mot. Par sa posture, elle indique son consentement à la fusion physique, assurant ainsi l’harmonie charnelle. 

BAISER DE MORPHÉE (100 x 100 cm-huile sur toile)

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Situé entre de deux plans par rapport à un chromatisme opposé formé de blanc (vers le bas) et de rouge (vers le haut), le couple s’enlace.

Nous assistons à un splendide jeu de contrastes. Le blanc immaculé de la femme fait de sorte que de par sa blancheur, elle émerge de l’avant-plan, également blanc.

Tandis que l’homme, dans un souci de contrepoint pictural, est revêtu d’un manteau à fleurs de couleur verte. Sa décoration est constituée de quatre notes harmonieuses, à savoir le blanc, le jaune, le bleu et le noir. Une légère note bleu-pâle parsème le bras gauche de la femme et se termine dans sa main. Le jeu des mains est d’ailleurs très intéressant. L’artiste nous démontre par un tour de force qu’en Art, TOUT est possible! Observez la main de l’homme enlaçant la femme, conçue en plan : on la voit dépassant le torse de la femme. Il s’agit toujours d’une licence picturale que l’artiste se permet. Elle consiste à (dé)montrer que l’Art dépasse la réalité, en ce sens que cette extension du bras de l’homme enlaçant la femme est, dans la réalité, tout à fait irréalisable, le bras de l’homme étant trop court pour y arriver. Ce n’est que par une cassure de rythme que l’artiste nous fait croire à l’impossible : le bras, occulté par le corps de la femme, fait apparaître de derrière son dos, une main massive, comme par enchantement. La main de la femme, elle, venant par en-dessous, saisit doucement l’homme par l’épaule. Pour la première fois, concernant les œuvres présentes dans l’exposition, la femme, à l’instar de l’homme, est chauve.

L’artiste renoue, une nouvelle fois, avec la tradition bouddhiste, en ce sens que les cheveux sont considérés comme une perruque. Dès lors, leur rasage constitue une étape vers la simplicité, non dépourvue de sensualité.

La femme porte sur son front un symbole dont le dessin est inspiré de l’art traditionnel thaïlandais. L’homme est  graphiquement affirmé dans le champ visuel par un trait noir, autant appuyé que discret, sur les contours de son vêtement au chromatisme prononcé, le séparant à la fois de son propre visage d’un blanc immaculé ainsi que de la femme. Par contre, aucun trait noir ne délimite le corps de celle-ci face à l’arrière-plan de couleur rouge, devenant ainsi évanescente par rapport à l’homme. Il s’agit, à l’instar de l’ensemble de l’œuvre de l’artiste, d’une vision mystique du désir. Une vision partant d’une ritualisation scénique de préliminaires érotiques conduisant à l’extase du rapport charnel. Ne perdons jamais de vue qu’il s’agit, selon l’artiste, d’un acte-pacte lequel ne peut être approuvé que par la Femme.

FÉLINE (38 x 30 cm-huile sur toile)

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Cette toile est la synthèse d’une typologie de regards englobant délicatesse et désir. Mais ici, un stade supplémentaire a été franchi dans l’image de la séduction. De plus, on la retrouve sur le visage des deux personnages. Le visage de l’homme, posé sur les reins de la femme, semble l’ausculter comme l’on écoute les vibrations de la terre. Cette œuvre est un triptyque reprenant le corps de la femme exposé sur les trois parties de la toile. Celle-ci offre une série chromatique basée sur trois couleurs : le blanc (pour le corps de la femme et le visage de l’homme), le bleu clair (pour le vêtement de l’homme) et le vert de l’arrière-plan.      

LE DIALOGUE DES VISAGES ET DES MAINS

Les visages, issus comme nous l’avons précisé, de la tradition picturale japonaise, dérivant de l’art érotique, parcourent l’œuvre de l’artiste. Ils ont pour fonction d’instaurer un dialogue amoureux et s’ils se font face, c’est pour délimiter le champ de leur désir. Car tout, dans leur nature, est une question d’impulsion directionnelle. Les visages, d’un blanc immaculé à l’instar des corps, souvent penchés et plongés dans la plus sainte douceur, conduisent vers le corps de l’autre par l’intermédiaire du regard qui semble être « à l’écoute ». Les mains, elles, assurent une continuité dans les liens entre les personnages. Elles vivent, comme dans les danses thaïlandaises, en scandant le rythme.

LE DIALOGUE DES VÊTEMENTS

Les vêtements des personnages sont, en réalité, des costumes de scène. Car nous sommes ici dans un vaste théâtre, celui du désir. Notre désir. Car ce sont les costumes qui habillent et dénudent simultanément les personnages, en ce sens qu’aucun d’entre eux n’emprisonne les corps mais le libère en laissant transparaître la blancheur essentielle à son Etre. De plus, ils sont, dans une large mesure, amples, permettant aux membres de s’étirer à souhait.

Ce qui accentue le sentiment de liberté qui anime l’œuvre de l’artiste. Ils sont animés par le contraste, à la fois, pictural et symbolique, qu’ils entretiennent autant entre eux ainsi qu’avec la blancheur des chairs. Il y a, en plus d’une mise en scène de l’esthétique, un érotisme du costume dans sa dimension symbolique. Cette  dimension symbolique se retrouve, notamment, dans la façon dont l’artiste « enveloppe » l’homme, blotti entre les bras de la femme, dans MORPHÉE. Porte-t-il un vêtement ou est-il enroulé dans une couverture le maintenant bien au chaud, au sein d’une chaleur à la saveur presque maternelle? Les costumes sont également l’instrument instaurant le lien affectif avec les différentes cultures dans lesquelles l’artiste a évolué : l’Orient et l’Occident se retrouvent, faisant partie d’un TOUT. Ils habillent geishas et notables mais aussi Vierges de tradition européenne. Ils évoluent au rythme des courbes enrobant les personnages dans le chemin de cette mystique sensuelle.   

 

LES TROIS « MADONNES »  

C’est par cette appellation que l’artiste les nomme après que nous lui ayons fait remarquer la ressemblance stylistique de l’une d’entre elles avec le thème de la « Vierge à l’Enfant » dans la peinture de la Renaissance italienne.

ADOPTED (70 x 60 cm-huile sur toile)

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Tout comme les deux autres, cette œuvre témoigne d’une influence européenne. Comment séparer le symbolisme d’une telle scène d’avec une Vierge à l’Enfant de la Renaissance italienne? L’enfant, placé à la gauche de la mère, est entouré d’une aura rappelant l’auréole chrétienne. La position du visage de la femme, elle-même entourée d’une aura dorée, regarde au loin. Celui de l’enfant regarde vers sa mère. Elle porte une coiffe sortie de l’imagination de l’artiste, néanmoins fort proche de certaines coiffes féminines de la Renaissance italienne.

L’arrière-plan est divisé en une zone dorée incluant une deuxième zone bleue, elle-même incluant la coiffe de la femme. A’ l’instar de KISS ME, SI JE VEUX (mentionné plus haut), le cadre est « ouvert », permettant au bras droit de la femme de s’exposer brièvement vers un extérieur fictif. Le jeu des mains entre la mère et l’enfant témoigne d’une infinie douceur. Insistons, néanmoins, sur le fait que pour l’artiste, aucune inspiration strictement « religieuse » n’est à rechercher dans ce tableau. Il s’agit d’une œuvre de plénitude totale. Œuvre « autobiographique » ? En un certain sens si l’on tient compte que l’artiste, d’origine vietnamienne, a été elle-même adoptée. Cette œuvre est, en fait, une réminiscence d’un épisode majeur de sa vie. 

PETITE MARIE : LA JEUNESSE DE MARIE ON N’EN PARLE PAS (70 x 60 cm-huile sur toile)

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Nous sommes face à une œuvre à l’atmosphère festive et désinvolte. Remarquons que cette fois, le nom de « Marie » est prononcé. Il n’y a donc aucune ambigüité sur le propos. A’ la question : «s’agit-il d’un même et unique personnage féminin représenté deux fois, à deux moments différents de son existence? », l’artiste répond : « pourquoi pas? ». La question reste ouverte. Il s’agit surtout de représenter une fillette qui se penche, au de-là du cadre, conçu comme une fenêtre ouverte sur le Monde. Sa mère la retient doucement, en la mettant gentiment en garde d’un geste contrôlé de la main. Cette main, comprise entre celles de la fillette, forme une entité directrice car on peut y voir la volonté d’une diagonale (à peine perceptible) accompagnant, de façon rythmique, la posture penchée vers la fenêtre de la jeune fille. Remarquez la présence de la coiffe sur la tête de la mère ainsi qu’une copie de celle-ci, conçue de façon géométrique (un rien plus rude) portée par la fillette.

BB NELSON. LE GRAND AVENIR DE NELSON M. (70 x 60 cm-huile sur toile) 

12273396267?profile=original« Nelson M. » est, en fait, Nelson Mandela. Retenons la remarque de l’artiste à propos de cette toile : « Le comble, pour Nelson Mandela, s’il avait eu une maman « européenne »…..aurait-il entrepris la même bataille pour le respect des Noirs? » On peut se le demander. Et, tout en se le demandant, l’on peut remarquer que l’enfant n’est plus « blanc », selon les conventions occidentales de l’art sacré mais bien « noir ». Le jeu des mains de l’enfant dont l’une saisit le sein de sa mère est très émouvant. Notons, concernant ces trois tableaux, la conception du cadre, extrêmement fleuri dont le décor rappelle l’esprit « art déco » que l’on trouve sur les vêtements des personnages.

READ MY LIPS (150 x 100 cm-huile sur toile) 

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Nous sommes en présence d’un diptyque dont la dominante chromatique est vert. Le visage humain se limite aux narines et aux lèvres, rendues charnues par l’artiste.

L’on a le sentiment de se trouver face au totem de quelque société traditionnelle, tellement l’atmosphère qui s’en dégage traduit la pensée « primitive ».

Des motifs végétaux, dérivés de la tradition thaïlandaise, ornent les coins supérieurs ainsi que le bas du visage. Une série d’autres motifs agrémentent le haut et le bas de la composition. Ce sont principalement des bandes horizontales et verticales garnies de motifs géométriques. La bande centrale verticale du bas nous revoie à la dialectique principale de l’œuvre dans la conception de quatre visages antagonistes, l’un présentant un faciès de couleur rouge faisant face à une figure de couleur noire, de profil, sur fond vert (en haut). Ils sont prolongés, en bas, par le même schéma sur fond noir, présentant un visage de couleur verte face à un visage de couleur jaune (tous deux en silhouette). Qu’il soit positif ou négatif, le motif antagonique, symbolise en Histoire de l’art, l’émergence d’un rapport. Par conséquent d’un échange. Mais que vient faire ce bambou, posé horizontalement, entre les deux panneaux du diptyque? Nous remarquons qu’il « coupe » littéralement le visage en deux, à hauteur des lèvres, rendues pour l’occasion, extrêmement charnues. La tige de bambou « bloque » pour ainsi dire la parole, en fendant le visage. En le fendant, il exprime l’impossibilité du personnage d’exister. Le traitement chromatique du visage ne déroge pas de la façon dont l’artiste peint les chairs du corps humain : il est blanc, presque translucide.       

ANALYSE DES DESSINS PRÉPARATOIRES

Celles ou ceux qui n’ont jamais vu les dessins préparatoires de Michel-Ange ne peuvent comprendre leur importance dans la réalisation picturale. Il y a les ajouts et il y a les manques. Les indications techniques qui révèlent, in fine, les allongements et les raccourcis, conduisant aux motivations psychologiques de l’artiste. L’intimité du chef-d’œuvre dévoilée.

CAROLINE DANOIS éveille par ses dessins préparatoires, le même sentiment de curiosité face à la complexité de certaines de ses œuvres.  

PETITE MARIE

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La conception spatiale ne varie pas par rapport au résultat pictural. Le jeu des mains, formant une diagonale (à peine perceptible) est néanmoins présent. Il assure l’inclinaison amorcée par la position de la jeune fille. Les deux personnages portent la même coiffe. Celle-ci structure la gestion de l’espace sur les trois-quarts de la toile. Les vêtements sont laissés vides de motifs ornementaux.

BB NELSON

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Dans le résultat final, les mains de l’enfant tâtent la mère. Elles sont parfaitement positionnées sur le sein gauche de la mère (droit par rapport au visiteur). Dans le dessin, le tâtonnement est très incertain. Les mains de l’enfant semblent presque trouver leur chemin avec difficulté. 

ADOPTED  

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Le jeu des mains semble tout aussi incertain, en ce sens que celles de l’enfant ne sont pas « traversées » par les mains de sa mère. En fait, elles se touchent. Les regards ont été modifiés. Les deux personnages se regardent. Tandis que dans le rendu pictural, celui de la mère fixe le lointain. La conception du cadre est intéressante, en ce sens que la bordure est parsemée de toutes petites fleurs. Dans la toile, il est polychromé (bleu-chromatisme dominant-brun et rouge).

READ MY LIPS

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Le dessin préparatoire va droit au but! Il s’agit d’aller à l’essentiel. L’œuvre s’inscrit, non pas sur un diptyque mais bien sur une entité, malgré le bambou traversant la bouche. Le visage n’a pas encore été scindé. Deux zones bi-chromées (jaune sur la gauche, rouge sur la droite) séparent le bas du visage. Un anneau est accroché à la narine droite (gauche par rapport au visiteur) du personnage. Ce détail est absent dans le rendu pictural. Le bambou, traversant la bouche est prolongé vers les limites du cadre. La dimension « totémique » évoquée plus haut, n’est en rien envisagée dans l’esquisse. Tout s’est accompli lors de la création.

FIN DE JOURNÉE

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Ce dessin est, sans doute, le seul qui « colle » le mieux au rendu pictural. Le couple occupe la zone gauche de l’espace. Le jeu des mains ne diffère nullement de celui de la toile. Il en va de même pour le jeu des pieds. La femme se glisse, à l’instar du rendu final, entre les jambes de l’homme. Comme dans la toile, le couple est laissé entre deux espaces chromatiques (non encore précisés par la couleur), fixant l’avant et l’arrière-plan.   

 

Née à Saïgon, adoptée dès l’enfance par une famille belge, citoyenne du Monde par conviction, elle est issue de plusieurs cultures. CAROLINE DANOIS a passé son enfance à New-York et a fait ses études à l’Ecole Internationale de Bangkok.

Elle a, par la suite, entrepris ses études artistiques à l’Université des Beaux Arts de Silapakorn, en Thaïlande où elle a étudié l’art traditionnel thaïlandais ainsi que le graphisme.

Elle a d’ailleurs enseigné cette matière à la Faculté des Lettres en Côte d’Ivoire. Elle est titulaire d’un Master en Thérapie de Famille et Sexualité.

CAROLINE DANOIS peint à l’huile. Sa peinture, faite d’une matière délicatement étalée sur la toile, est lisse. Cette artiste est riche d’un enseignement traditionnel qu’elle conjugue avec une esthétique résolument contemporaine. Sa peinture peut être qualifiée de « distinguée », à la fois dans le sens premier du terme mais aussi parce que tout se distingue dans l’espace pictural qu’elle parcourt. Rien n’est surchargé. Aucune lourdeur ne vient perturber cette douce harmonie faite de rites et de couleurs. Indépendamment de son univers féerique, son œuvre est avant tout militante, nourrie d’un féminisme lumineux et progressiste. Un humanisme centré sur l’équilibre naturel entre l’Homme et la Femme, blottis à l’unisson du désir. 

François L. Speranza.

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Collection "Belles signatures" © 2021 Robert Paul

 

N.B. : Ce billet est publié à l'initiative exclusive de ROBERT PAUL, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis. 

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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L'artiste CAROLINE DANOIS et François Speranza : interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles

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administrateur théâtres

SPECTACLES

Fête russe à Liège … avec Eugène Onéguine

 Eugène Onéguine, op. 24, est un opéra en trois actes et 7 tableaux composé par Piotr Ilitch Tchaïkovski entre juin 1877 et janvier 1878.

QUE l’ouverture dans les mains  de Speranza Cappucci est envoûtante! Une cheffe créatrice  passionnée, sensible, subtile, précise, attentive au moindre détail !  Fascinante dans sa gestuelle, l’orchestre répond sur le champ et dans une fluidité parfaite.  Les bois sont particulièrement  exaltés, la harpe frissonnante, les cuivres, brillants sans peser. Speranza Cappucci, à l’écoute du destin,  entretient en continu des brasiers de couleurs miroitantes.  La tendre ferveur du  thème  de Tatyana   reflète  le plaisir  d’un  feuilleton passionnant.   En effet, l’opéra de Tchaïkovski prend sa source dans le sublime roman écrit en vers de Pouchkine et publié sous forme de série entre 1825 et 1832.

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 Photos : Jonathan Berger – Opéra Liège Info & Réservation 🔛 bit.ly/oneguin

DES FEMMES s’affairent à déposer des fleurs sur une  longue table, dans un jardin? Une datcha?  Une église orthodoxe?  L ‘imposante veuve Larina ( Zoryana Kushpler) discute avec sa servante Flipyevna (une  pétulante  Margarita Nekrasova). Les filles de Larina, Tatyana et Olga, chantent une chanson d’amour. Larina et la bonne se souviennent  de quand elles aussi étaient jeunes et belles et amoureuses. Tatyana lit  langoureusement un roman de Richardson, tandis que  sa mère lui rappelle que la vraie vie n’est pas  celle des romantiques anglais.

L’HISTOIRE est transposée 100 ans plus tard,  dans la période bolchevik :  point de  costumes ni de fastes mondains ni de décors somptueux…  mais des paysans, des militaires, et  l’étoile rouge qui brille sur l’ensemble et à la boutonnière du costume noir de l’officier Onéguine.  Nouveau parfum à l’opéra de Liège : la mise en scène superbement dépouillée d’Eric Vigié  mérite toute notre considération. Elle se décline  dans toutes les nuances de gris – ce gris haï des routines domestiques ou amoureuses –   et joue avec le rouge vif  de l’espoir communiste. Un espoir qui  se matérialise   grâce à   une étoile vivante : la  très jeune ballerine en tutu  écarlate.  Le fond de la scène est occupé par un store de larges panneaux verticaux ( Gary Mc Cann) qui s’ouvrent comme par magie pour des changements de scène, ouvrir l’horizon ou pour accueillir le chœur (préparés par Denis Segond)  et ses  figurants.  Les yeux convergent chaque fois sur un  point focal fait de  constructions aériennes, presque sculpturales,  symbolisant  la vie quotidienne russe ou la révolution. Effets très réussis. Des lumières qui captent la transparence. (Henri Merzeau)

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L’AMOUREUX d’Olga, Vladimir Lenski  (un attachant Alexei Dolgov) et son ami Eugène Onéguine ( le beau baryton Vasily Ladyuk) arrivent. Lenski  et Olga s’enlacent et chantent la vie. « Espiègle et insouciante est ma nature, On dit de moi que je suis une enfant. La vie me sera toujours belle »  Et c’est le coup de foudre de Tatyana pour le nouveau  voisin,  mais  ce dernier ne lui montre aucun intérêt et semble même détester la vie à la campagne. Misanthrope ?   Dans un crescendo  de passion grandissante, Tatyana  se met à écrire une lettre d’amour enflammée à Onéguine. Moment d’extase et de rêve. « Me voici tout en feu… Je ne sais par quoi commencer ! « Je vous écris !… que vous faut-il de plus ? Que pourrais-je ajouter à cet aveu ? » Elle  envoie  Filippievna  pour la  lui remettre. Le lendemain, Tatyana attend avec impatience  la visite d’ Onéguine. Il se montre insensible et  précise  tout de suite que le mariage n’est pas dans ses projets, et qu’ils ne peuvent être qu’amis. Tatyana  se sent  couverte de honte… D’emblée la superbe voix  de Natalia Tanasii, qui remplace ce dimanche après-midi, Ruzan Mantashyan, souffrante, séduit une salle  sans doute déçue par l’absence de la soprano arménienne.  Mais Natalia Tanasii possède  parfaitement son personnage, elle  assure une présence théâtrale forte et bien construite. Elle fait preuve d’une magnifique projection de voix au timbre chaleureux et souple. Quelle prestation extraordinaire pour une séance faite au pied levé !

 A L’ACTE II, Larina donne un bal pour la fête de Tatyana. Onéguine, furieux de s’être laissé entraîner par Lenski  le provoque  en dansant constamment avec Olga. Emportés par la jalousie et la colère, Lenski  et Onéguine s’engagent dans un duel absurde. Lenski :  « Kuda, kuda… Où donc avez-vous fui, jours radieux de ma jeunesse ? »  Onéguine tire et tue Lenski.

PLUSIEURS ANNÉE PLUS TARD, Tatyana, a épousé le Prince Grémine.  Celui-ci confie à son vieil ami Onéguine l’amour infini que lui inspire son épouse, si différente des codes l’appareil de la société où règne l’esprit de Lénine, statue à l’appui. On a  tout de même moins aimé ce film muet années Great Gastby, sous-titré en russe et projeté pendant la stupéfiante prestation  d’ Ildar Abdrazakov en Prince Grémine  d’une prestance magnifique, à la voix de basse enveloppante et aux phrasés bouleversants. Donc, très déconcentrant de devoir  suivre les deux en même temps.  

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 LA SITUATION EST SANS ISSUE, quand Onéguine reconnaît enfin Tatyana, épouse du prince, et c’est à son tour d’ éprouver de brûlants sentiments, mais Tatyana,  fidèle à son mari, laisse Onéguine seul et désespéré. « Quelle honte! Quelle douleur! Quel sort pitoyable est le mien ! » Une mort intérieure pathétique.

Le clin d’œil facétieux revient au charmant  ténor français Thomas Morris,  un souffleur de bonheur, qui interprétait avec verve le rôle de Monsieur Triquet, l’invité à la fête parisien, haut en couleurs. « A cette fête conviés… »  Oui et pour nous, au-delà du drame romantique, c’est la joie qui l’emporte, celle   assister à  cette inoubliable interprétation de l’opéra de Tchaïkovski  en   splendide langue russe, une véritable  fête au cœur de la beauté  musicale.   

Eugène Onéguine, du 22 au 30 octobre 2021 à L’Opéra de Liège

Dirigé par Speranza Scappucci, mis en scène par Éric Vigié, avec Vasily Ladyuk, Ruzan Mantashyan, Maria Barakova, Alexey Dolgov, Ildar Abdrazakov, Zoryana Kushpler, Margarita Nekrasova, Thomas Morris, Daniel Golossov, Orchestre et Chœur de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège.

   Dominique-Hélène Lemaire Pour Arts et Lettres

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administrateur théâtres

Concerts

Le jeune Brussels Philarmonic Orchestra débute sa saison au Conservatoire de Bruxelles

…In a nutshell, dit-on!  Sachez que le BPO n’est pas le BPO. On pourrait aisément  le confondre avec  l’ orchestre de la VRT, le Brussels Philarmonic –fondé par l’ INR  d’antan (l’Institut National de Radiodiffusion,  cela vous dit sûrement quelque chose …) en 1935, naguère sous le nom de Grand Orchestre Symphonique.   Il est dirigé actuellement  par le grand chef d’orchestre Stéphane Denève en résidence à Flagey.   Ceci n’est pas une pomme, on s’en doutait, juste des  noms similaires…avec des dates de naissances toute différentes.

 Le « Brussels Philharmonic Orchestra », créé lui à Bruxelles, au théâtre Saint- Michel en septembre  2002, poursuit le but louable  d’offrir aux diplômés des conservatoires l’occasion de mettre en pratique leurs  aptitudes musicales en faisant partie d’un grand  orchestre symphonique permanent et de  se lancer ainsi dans leur carrière musicale. Place aux jeunes donc. Place à des répertoires très éclectiques et ambitieux.  Le BPhO …appelons-le ainsi, puisqu’il y a une « h » dans leur adresse électronique,  développe des voies d’avenir. Il est devenu une  réalité confirmée dans la vie artistique de notre pays et à l’étranger.  Les musiciens se réunissent de façon intensive pour préparer les grandes œuvres du répertoire classique et d’autres plus modernes, avec une attention  particulière pour des compositeurs belges.

La vie est belge! Les musiciens du Brussels Philharmonic Orchestra proviennent de vingt-six pays et quatre continents mais avec une prédominance de la nationalité belge, originaire des trois régions et des deux communautés.  La musique au service de l’unité et de la paix.  Tous  sont portés par  le feu de  la musique, la joie du partage, la force des émotions et le souci de rassembler autour des différences. Contribuer ainsi au progrès social et culturel. Pour que le monde vive… au même diapason.

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Les jeunes musiciens épaulés par des instrumentistes chevronnés  sont dirigés avec complicité par le chef  David Navarro Turres, né au Chili. Les organisateurs recherchent également à promouvoir des jeunes solistes belges, une belle occasion pour permettre  ce soir  au jeune  espagnol Andrés Navarro au  piano et Julie Gebhart, soprano,  de se produire  dans la magnifique grande salle du Conservatoire de  Bruxelles lors du très beau concert d’ouverture donné ce samedi 23 octobre 2021, cette fois avec une cinquantaine d’instrumentistes.


C’est  un  vent d’espoir partagé qui flottait ce soir dans la salle du Conservatoire. Une énergie magnifiquement partagée, une petite victoire, sur la pandémie qui nous accable.

Difficile aussi de faire  des choix dans le beau programme présenté. Pour commencer, dans  la Moverture  de Daniel Capelletti, c’est l’atmosphère insouciante et ludique qui prédomine, tout de suite rattrapée par la nostalgie, et des cascades de tendresse, Le premier thème réapparaît, comme une brise connue. La reprise sautillante s’engouffre  alors dans une apothéose de percussions.

 Au centre du programme il y a  le concerto pour piano No. 2 de  Camille Saint-Saëns.  Sostinuto ! Un début massif et puissant, et des contrastes de douceur malgré le sens aigu du drame. Des arabesques élégantes se disputent le souffle épique. Quel créateur, ce chef ! D’abord un peu tendu, le  jeune soliste, Andrés Navarro surveillé de près par-dessus l’ épaule du chef, se lance dans des arpèges de bonheur. Le jeune  a vaincu la peur, il joue avec des sonorités liquides et conclut avec panache. Le deuxième mouvement a des légèretés de ballerines, des jeux d’échos l’agilité des bonheurs bucoliques. Les cordes sont frottées comme autant de cigales. Clin d’œil solaire entre ce que l’on pourrait voir comme … un lien père et fils! La musique est filiation. Le troisième mouvement devient feu  musical ardent avec des  reflets spectaculaires, la frénésie de danses de sorcières ? Le jeune pianiste donne tout : la virtuosité, la maîtrise absolue,  et participe à un final fracassant. En bis ?  Un Granados introspectif… beau  et flûté comme l’ode à l’alouette,  du  poète romantique anglais Percy Bysshe Shelley. Ode to a Skylark. La musique transforme.


 Le Mahler dégage tout de suite une atmosphère de chasse au trésor. On y trouve une matière musical souple, des bois gracieux, des sonorités apaisantes des violons dansants. Et aussi de fracassantes ruptures, de profonds abîmes, et de l’illumination malgré l’horloge du temps qui rappelle la réalité. Notre humilité. Alors la confiance gronde dans le cœur, un fil d’Ariane guide le voyageur -spectateur. L’apparition de Julie Gehbard dans  une lourde jupe de brocart doré et son haut de danseuse ballerine, fait impression. Les cordes dessinent l’automne et son dénuement. La chanteuse se nourrit de la complainte vibrante des cuivre et des cordes en larmes dans une douceur de coucher de soleil. Assise, les mains jointes, le destin va–il frapper ? La vie va-t-elle fleurir ? L’orchestre miroite sous la baguette du chef. La souffrance se lève dans l’orchestre, une affliction grandissante et inexorable. Tuée par cette chose rare, restée tapie au fond de la boite de Pandore, nommée Espérance. Sommes-nous ces poupées pendues à un fil ? Fragiles mais vivantes. La harpe diffuse de l’encens, allume un cierge brillant. La dame s’est levée, elle semble s’adresser à la lune . L‘orchestre la berce lorsque son chant s’éteint. Applaudissements.  La joie de se retrouver dans ce lieu séculaire.

Dominique-Hélène Lemaire  Pour Arts et Lettres

Programme

Daniel Capelletti / Moverture
Camille Saint-Saëns / Piano concerto No. 2
Gustav Mahler / Symphony No.4 (chamber version by David Navarro-Turres)

 3 Prochaines dates:

+ A la Cathédrale le 17/11/2021

réservations: 

www.cathedralisbruxellensis.be

+Concert for Hope      27/11/2021

+  le 16/12/2021 20h00 Grande salle du Conservatoire Royal de Bruxelles

 Au programme :

The Night Before Christmas »  – Daniel Capelletti
« Double concerto Cinq canyons » – André Ristic
« Schéhérazade » – R. Korsakov


Simon DIRICQ – saxophone 
Charles MICHIELS – clarinette basse 
David NAVARRO-TURRES
, chef d ‘orchestre 

Réservations ici

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